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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Alpinisme : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m

Apoutsiak — alpinismeVanoiseRandoTrail

Une course à l'écart des sentiers battu. Bon forcement, le rocher n'y est pas excellent, par contre les paysages sont magnifiques : Aiguilles d'Arves - Meije, Barre des Ecrins, et magnifique vue sur l'Etendard à la fin !

Aiguille de Laisse

Aiguille Noire

Dôme de la Cochette

Cîme de la Cochette

 

Vidéo

Topo

Du Col de la Croix de fer ( parking) 2065 m

 

Aiguille de Laisse

Prendre le sentier qui part à l'ouest et qui remonte "le vallon" (carte IGN). Possibilité de couper les virages de la piste. Passer le col des Tufs 2525 m et redescendre vers le Grand lac Bramant (contournable à l'est ou à l'ouest (refuge de l'Etendard dans ce cas sur le chemin)

Rejoindre le col Sud des lacs (2476 m ) et longer le lac Blanc par l'Ouest. Un peu avant la fin du lac, remonter les pentes  (barres rocheuses, absence de sente) puis par des Dalles faciles, rejoindre le pied de l'aiguille de Laisse (en restant à l'est de celle ci) puis par une sente le sommet 2879 m

Aiguille Noire

De l'aiguille de Laisse, poursuivre sur l'arête puis en son versant Ouest au mieux (rocher instable par endroit) rejoindre le pied de l'aiguille noire, puis par des gros blocs instables gagner le sommet 2997 m

Dôme de la cochette

Partir Sud ouest et gagner facilement le Dôme de la cochette 3041 m.

Cimes de la Cochette

On redescend au col de l'Oeil des rousses avant de remonter vers le point 3102 m, puis par des dalles, remonter au mieux vers le sommet (escalade jamais difficile, rocher plus solide, tirer à gauche pour rejoindre le sommet 3239 m.

La suite est un peu impressionante mais le rocher reste plutôt solide sur l'arête. Redescendre cette arête un peu effilée et gagner un collet puis par une pente douce rejoindre le deuxième sommet 3240 m

redescendre alors  à la Brèche de la cochette. redescendre vers le glacier par des rochers Ultra pourris puis par des dalles (avec un peu de rocher pourri dessus... ben oui, c'est le thème !

Descendre au mieux le glacier en restant  rive gauche (pas de crevasse. Rejoindre le plat du glacier de Saint Sorlin et le sentier d'accès au glacier.

Retour par l'itinéraire de montée

 

note : pour la sortie du glacier, avec le réchauffement, il a été nécessaire de traversée de bons torrents de déversement des lacs glacières par deux fois

 

total 23.5 km et 1520 m de déniv

F+

Topo : Dôme et Cîmes de la Cochette

Topo : Dôme et Cîmes de la Cochette

Récit

Veille de course. Nous sommes en vacances en famille, à Saint Sorlin avec ma mère, mes 2 frères, ma sœur, leurs époux et les enfants. Je fais un briefing  peu ragoutant. J'annonce du rocher pourri et pas mal d'imprévu.

Bilan, seule Sandrine m'accompagnera...

6 h 30 , on quitte la parking du col de l'Etendard. J'ai juste une petite corde, j'ai laissé les crampons et le casque à l'appart, volontairement : "light is beautifull"

Il fait froid, ce matin, et on avance rapidement. Comme d'hab, Sandrine est en forme,  on attaque les premiers lacets du col des Tufs, et elle me largue !...  Je monte à mon rythme, mon heure viendra !

Col des Tufs, le soleil s'est levé, mais l'arête à l'Est ne nous laisse pas en profiter.

On redescend au lac, que l'on a déjà longé il y a 4 jours lors du trail de l'Etendard ... Une marmotte nous accueille tout sourire au bout du lac. On poursuit  de l'autre versant sur le lac suivant. Et je commence à inspecter les pentes au dessus du lac, il va falloir s'y engager. Je suis sensé trouver une sente, mais je ne vois rien, et on est presque au bout du lac.

Bout du lac, je pars à droite, dans une pente d'herbe entre deux barres, Sandrine me suit, perplexe. Je cherche à progresser vers le haut, sans que nous soyons en difficultés. Je tire à droite, à gauche, cherchant à trouver la faille dans l'itinéraire. Bon, l'inconvénient c'est que je ne vois pas le sommet, je finis par sortir le GPS pour affiner ma position. Il faut aller plus à gauche...

On se retrouve dans des grandes dalles, facile, Sandrine apprécie moins, de dalle en dalle, on se retrouve dans un joli canyon en neige avec le sommet en point de mire. Bon, on est en chaussure de trail, et , malgré les semelles de compet, ben ça ne tient pas grand chose sur la neige dure !

Une courte descente, on fini par trouver une sente qui nous amène au sommet ! Petite pause, Sandrine s'arrêtera là !

 

Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
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Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m

Je poursuis seul, sur une arête d'abord facile puis  qui se complique. Au départ, je reste sur le fil avant de basculer versant ouest, je me retourne pour faire signe à Sandrine qui est toujours au sommet de l'aiguille de Laisse. Versant ouest, c'est plus facile, mais le rocher est pourri, méfiance. Je finis par rejoindre le pied de l'aiguille noire. Une pyramide de rocher pourri, Sandrine a bien fait de faire demi-tour !

Je progresse au mieux, tout bouge sur les 100 derniers mètres.  Ça grimpe dur, mais je parviens au sommet ! Petite pause avant d'enchainer, une courte descente puis une montée peu difficile  et je rejoins le dôme des Cochettes. Au loin, j’aperçois une cordée, qui descend dans le vallon à gauche. Je ne sais ni d'où ils viennent ni où ils vont.

La suite est plus longue, descente tranquille, puis ça se complique, une zone de rochers raides à droite, un névé qui, en chaussures de rando, ne poserait pas de problème. J'opte pour la seconde option, et je note  que les chaussures de trail, même de qualité, c'est de la m.... sur la neige ! Difficile de taper pour qu'elles ancrent dans la neige un peu dure. Je progresse prudemment (autant que je peux, et c'est peu) glissade interdite ! Dès que je peux, je rejoins les rochers. Je commence à stresser pour la descente : Comment va être la descente de la Brèche, si je rencontre un névé raide, je serai obligé de faire demi tour et de me taper  des heures d'escalade en plus.  Bon, je n'y suis pas encore, on verra bien sur place !

Je me fraye un passage au milieu des dalles. Ça grimpe bien, et je ne m'en sors pas trop mal.  Je rejoins alors le plateau sommital, passage entre deux rochers et voici le sommet.

Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m

La suite semble très technique, l'arête est effilée, et ça semble grimper dur. Je me lance, le rocher est solide sur l'arête, je progresse tranquillement vers le col qui sépare les deux sommets de la cime des Cochettes. Une fois au col, je remonte vers le second sommet (et dernier de la journée)

La vue est magnifique, la Meije, le Rateau, et même la barre des Écrins qui me fait un clin d’œil; Plus proche et magnifique, l'Etendard et son glacier trop sec, une cordée à mi pente louvoie entre les crevasses.

Après une petite pause, j'attaque la descente, qui devrait être le Crux de cette balade. La descente de la brèche de la cochette. Bon déjà dans la descente entre le sommet et la Brèche, je suis mis dans l'ambiance : le rocher va être pourri. J'arrive à la brèche, où il y a plein de relais avec sangles et cordelettes (sans doute pour l'hiver à ski, parce que là....)

Et j'attaque la descente de la Brèche , par chance par de névé, par contre, un tas de caillou instable bien incliné, avec des gros blocs. Attention aux chevilles, aux chutes de pierre, aux glissades. Je progresse lentement mais efficacement vers le bas, louvoyant pour trouver le meilleur passage. Dernier stress : le glacier, j’espère que ça ne sera pas trop raide et pas trop en glace.  Je descends sur les rochers au mieux pour trouver la portion de rocher la moins raide. Un petit saut et me voilà sur celui ci. C'est gagné ! Plus qu'à redescendre à la voiture (qui est EXTRÊMEMENT loin ! )

 

Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m

A présent attention aux éventuelles crevasses. Bon, la partie est en glace vive, et il n'y en a pas. Et pour le coup, les chaussures de trail adhèrent bien à cette vieille glace crouteuse (et non pas cette vieille gale crouteuse..., rien à voir !)

Je descends en longeant la rive gauche, retrouve des névés. Je dois alors couper  à droite, dans des dalles raides de bord de glacier. Un poil merdique, mais je m'en sors et retrouve le glacier.

Je descends jusqu'au plat du glacier de Saint Sorlin. Le plus grand du coin (C'est pas le glacier du Géant ni l'Aletschhorn non plus ! )

Suite en petit footing sur glacier, pour gagner un peu de temps. je redescends, vers le front du glacier et le monde. Je commence à croiser quelques personnes juste avant la sortie. Quelques touristes en mal d'aventure progressent sur le front.

Moi, je suis à deux doigts de le quitter, une touriste l’averti : c'est très boueux juste là. Moi, le Grand alpiniste, je ne vais pas écouter le conseil d'une touriste. Bim je  saute, de tout mon poids je m'enfonce dans la fange ! La basket est recouverte d'une substance visqueuse marron ! Bien joué !

Je poursuis, les lacs glacières ont formé des torrents, les passages à gué sont recouverts par l'eau. Je dois traverser.  Les pieds dans l'eau. 20 m dans l'eau froide et rebelote un peu plus loin. Ça séchera en avançant ! Il y a un monde de fou. Les gens viennent randonner jusqu'au glacier ( à juste titre, c'est beau !) Derrière moi, je vois que le temps change. L'Etendard prend des couleurs superbes, mais menaçantes. Il ne faut pas trainer, on va se prendre une bonne rabasse !

Et je galope (c'était prévu), quand je dis, je galope, tout est relatif, je courrotte serait un terme plus adapté.  Je dépasse les randonneurs, qui n'ont pas l'air de s’inquiéter de la tournure de la météo, certains continuent de monter. A ma gauche, un rideau de pluie, sur le sentier c'est sec. Je fais une pause pour mettre une veste de pluie. il se met à pleuvoir dru, à peine la veste enfilée.  Il grêle  un peu. L'Etendard est dans les vapes. Je progresse vite, un lac, puis l'autre. J'attaque la remontée au col des Tuffes. La pluie s'est arrêtée.

Dernière descente. J'avoue que mon corps est fatigué. L'ongle pété qui vient taper dans la chaussure à chaque pas. Un trailer (un vrai) me laisse sur place ! Je poursuis en prenant la piste plutôt que de couper par le sentier raide. Mes muscles et mon ongle trouve ça plus sympa.  Le col est à deux pas. Je trottine jusqu'à lui. Pour le retour : le stop, Sandrine a pris la voiture pour redescendre. A la 3ème voiture, une vacancière me prend.

15 minutes plus tard, je suis sous ma douche... repos !

 

 

Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
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Alpinisme : Aiguille du Grépon 4482 m - Grépon Mer de Glace

Apoutsiak —

La sortie mythique en grimpe pour moi !

Mon rêve etait de faire une jolie voie dans les aiguilles de Chamonix ! J'ai été servi

Avec Yannick Graziani (guide) MERCI !!!

 

Vidéo

Topo

Bon ben là, j'avoue mon incompétence en matière de topo de grimpe, et je vous renvoie sur l'excellent topo de camp2camp : Grépon Mer de glace

Juste une remarque : le temps de descente : 3 h à 5 h... Compter plutôt proche de 5 h (en 3 h ça me semble complètement infaisable pour le commun des mortels ! )

 

Et, comme je ne veux pas vous laisser sans repère: voici le topo du guide Vallot de 1947 !

Il y a même le détail pour grimper la fissure Knubel pas à pas (j'aurais du le lire avant !)

 

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Récit

Qu'est ce que moi, piètre grimpeur, je suis allé faire dans l'envers des Aiguilles ? Ben la réponse est simple, je voulais juste vivre mes rêves et j'allais être servi ! Mon rêve était simple, gravir une des aiguilles de Chamonix (hors aiguille du plan) si possible par le versant envers...

 

Afin d'éviter d'emmener un partenaire de cordée dans cette galère, et pour profiter de la compagnie de Yannick que je n'ai pas vu depuis notre énorme périple sur les 4000 (Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle et    Schreckhorn Lauteraarhorn. J'avoue que j'ai compris, avec Yannick, tu tiens l'horaire...

 

Bref, journée glandouille à Chamonix, passée à acheter des bouquins dans les librairies (pour refaire le stock pour l'hiver) et à regarder les dernières nouveauté en matière de matos. Je m'offre un cher mais excellent petit resto, puis une petite sieste dans un parc avant de revenir à ma voiture préparer mon matos et à filer à la gare du Montenvers attendre Yannick.

En l'attendant, je regarde les gens qui arrivent pour prendre le train, les pressés, les assoiffés, les tranquilles, les spécialistes, ce qui m'occupe l'esprit, quand enfin, Yannick arrive. Il me refile le pass 3 jours de son client précédent et on prend le train suivant, bondé, oui, c'est l'été à Chamonix !

Arrivé en haut, on peaufine les réglages et on lance les hostilités.

Il galope, et j'essaie de le suivre, comme un chien fou, mais je sais que c'est risqué. On quitte les touristes et on retrouve les échelles. Prudence. Les échelles, c'est long, et j'ai encore l'impression qu'il y en a plus que la dernière fois. J'essaie vainement de retrouver quelle course j'ai faite la dernière fois... Pas trouvé !

La mer de glace a reculé, énormément. La glace y est à peine visible et bien basse. On remonte sur sa crête tout en restant rive gauche. Le rythme est rapide, on n'est pas en avance, le repas est à 18 h 30, on a quitté le Montevers à 16 h et le topo annonce 3 h de montée ! On traverse quelques rivières sur glace, on croise quelques cordées et nous voici au pied des échelles, de longues échelles.

Yannick part, je le suis.

Elles sont mégalongues et quand il n'y en a plus, ben y'en a encore ! Sans fin, une petite sente et zou, encore des échelles, "Y'en a un peu plus, je vous le mets quand même !"

Pour le reste, le paysage est fantastique ! La vallée blanche et le glacier du Géant, les Grandes Jorasses et les arêtes de Rochefort, à droite, la tour Ronde, derrière l'aiguille verte, les Drus les Droites et les Courtes, grandiose. Bon, le temps est couvert, inconvénient, la lumière est moins belle, avantage, on ne cuit pas dans cette montée en cette période de canicule.

Au dessus, les aiguilles de Chamonix regardent l'intrus incongru dans leur domaine, qu'est ce que je fais là. J'ose à peine regarder vers le haut. Je n'ai sans doute rien à faire là. Je suis sans doute trop prétentieux ! On rattrape une cordée, puis on traverse sous le refuge.

Dernière montée, quelques lacets, petite descente, on se retrouve sur la terrasse du refuge... Que des grimpeurs, le matériel qui cliquette, les cordes qui sèchent, qu'est ce que je fais là ?

Moi, je sais faire les faces Nord à 50°, les arêtes en AD à 4000, mais là, c'est 800 m de grimpe pure qui m'attendent, et c'est peut être une des courses les plus abordables de ce versant... Avec du V sup à la fin !

Le doute m'habite !

Pas pour longtemps, la gardienne nous appelle pour manger

 

 

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
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Et au menu, c'est Croziflette ! YEEEEEEEESSSSSS

Délicieuse.

Yannick veut commander un coca. Je lui indique que c'est un sacrilège, il persiste et va en cuisine. La gardienne est entièrement d'accord avec moi et refuse de le servir. On ne boit pas de coca avec une croziflette !

Bon, à table, je vois bien que je suis le vilain petit canard. Ça discute friend, dièdre, dalle et surplomb. Heureusement que la course est mythique... J'ai un peu la pression. trouvez l'usurpateur...

Le discussion dérive sur l'accès au Mont Blanc, les réservations de 2 jours par les guides, le Train du Mont blanc qui part trop tard, la mégalomanie du mer de S... G....

Le repas terminé, on a la chance d'avoir une chambre pour nous deux. Un petit comprimé pour dormir (j'avoue) et bonne nuit.

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Le réveil sonne à 3 h 30

Et zou, habillé, c'est parti pour le déjeuner, comme souvent, pas trop faim. J'enfile mon baudard, et on se retrouve dehors, il fait tiède. C'est partir, il est 4 h 15, la nuit est noire, pas une petite lune pour venir éclairer le ciel. On passe entre deux gros blocs et on retrouve le glacier. D'abord sans crampons puis quand a pente se redresse avec !

Le halo de ma frontale éclaire Yannick, on avance vite, c'est la seule portion facile de l'ascension. Là me vient une envie de "chier" oui je sais c'est pas classe, mais je trouvais que "déféquer" à cette altitude, ça ne passait pas. Et les récits occultent trop souvent nos petits problèmes du quotidien d'alpiniste. Je vais donc en profiter pour m’appesantir quelque peu ... désolé pour les âmes sensibles ou ceux qui pensaient encore que, comme les princesses, les alpinistes n'allaient pas aux toilettes. (pour les âmes sensibles, je vous propose de sauter ce chapitre, en tout bien tout honneur, et de vous retrouver après la prochaine série de photo laugh)

Bref, une petite envie, compte tenu de la situation, la pente raide, les crampons, je me dis que la rimaye, avec sa lèvre inférieur bien plate fera une bonne zone d’atterrissage pour mon étron. Le problème, c'est que la rimaye est loin et que mon envie augmente.

Malheureusement, j'ai mal jaugé entre la progression de ma future déjection et ma vitesse d'ascension. Une légère erreur de calcul (je me définie pourtant comme un scientifique !) . J'arrive à la rimaye, annonce mon intention à Yannick, mon corps a déjà décidé d'expulser. Dégrafer le baudard, le péristaltisme envoie dernière alerte, ça coince, flûte c'est pas le moment, je tente d’accélérer le mouvement, enfin ça passe, je sens que le sphincter est à bout. Sous les coups de boutoirs ils s'entrouvre, mon bide se contracte, une sensation d'humidité se fait sentir sur ma jambe droite, noooonn (bon je n'ai pas crié pour ne pas inquiéter mon guide) et ce pantalon qui ne veut pas s'ouvrir, trop tard, le mal est en parti fait. Enfin en position, je termine le travail, plus classiquement. Je nage dans la fange ! De ma frontale, j'inspecte rapidement les dégâts, avec un peu de neige et deux feuilles de PQ, je nettoie comme je peux les dégâts. Cette course sent mauvais.

Je termine cette aparté peu ragoutante, mais la qualité journaliste passe par ce genre de détail, malheureusement.

Je sais que pour certain, un mythe tombe ! Pour le moment, le mythe, je suis dedans, il va falloir gravir cette double rimaye gigantesque.

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Et c'est parti pour la première rimaye, j'assure Yannick qui descend dedans, un pont de neige fragile, il remonte de l'autre coté broche et m'attend au dessus. C'est mon tour, une pente peu inclinée pouyr entrer dans les entrailles du monstre. Un bloc de glace en guise de pont, pour combien de temps. Délicatement, je franchis l'obstacle, je me retrouve sur les rochers sous la lèvre supérieure, je rejoins Yannick. on attaque la lèvre supérieure. Corde fixe, qui s'étend quand tu la tires. Combien de fois faudra  t'il dire qu'on met une corde statique et non une corde dynamique en guise de main courante !!! Bilan, tu tires, et tu as l'impression d'être avec un élastique en main. Le passage est physique, simple mise en jambe. On rejoint la deuxième rimaye, dont je ne me souviens plus bien du passage. En rive gauche je crois, avec corde fixe et bourrinage, bilan je suis passé reste à sortir du glacier. Yannick est déjà haut, ses crampons ont crissé sur le rocher, de belles étincelles éclairants ses pas.

Vient mon tour, le glacier est séparé de la paroi par un espace de 50 cm, mais le dernier pas se fait sur une boule de glace qui ne demande qu'à s'effondrer. Derrière, la rampe est verticale. La vache ! Après avoir longuement hésité je me lance : être léger, mais ne pas rester dix plombes sur le bout de glace, au risque de le voir s'effondrer. Comme un chat (mais un chat lourdement équipé) je pause un pied sur la boule, bascule mon corps en avant, trouve une prise pour mon pied gauche sur la roche et me redresse. Ouf, ça a tenu. A mon tour de faire des étincelles ! Je devrai envoyer un film ou une photo à tous ceux qui prétendent que je ne suis pas une lumière; démenti formel ! (au moins là !)

Je rejoins Yannick, on enlève les crampons, les chaussures et on met les chaussons, une première pour moi depuis longtemps ! Le soleil se lève, la vue est magnifique, A nous deux, Grépon !

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Le départ est sympa, des dalles, de l'escalade en III , en IV, en chaussons, c'est quand même top ! C'est facile, on avance, le soleil fait son apparition, et chauffe la paroi. Ça y est, je grimpe ! Et j'aime ça. Le granit est bon, et les passages s’enchaînent. Des dalles en adhérence, des vires plus faciles, des dièdres... Yannick me donne quelques conseils.  J'essaie de progresser vite. J'essaie de grimper propre (ça change !)

Quelques dülfer, quelques passages en opposition, l'escalade est belle, le soleil nous réchauffe à présent. On passe au dessus de l'ancien refuge de la Tour, en ruine.

On approche de l'aiguille de Roc, Magnifique. Une vire permet de bien en profiter. Un petit rappel et on repart.

Les Dièdres s’enchaînent, et mon entrainement spécifique commence à se fait sentir, en entrainement spécifique , j'entends... l'absence de grimpe depuis 3 ans !

Et le résultat est là, les avants bras en feux ! Je les étire comme je peux pendant les pauses.

Un quart d'heure plus tard, ce sont les doigts qui crampent. Pas de grosses douleurs mais la main qui se referme sans que que je le lui demande. Impossible de la rouvrir sans utiliser mon autre main. Promis, la prochaine fois je m'entraine. reste encore 200 m , je vais en ch...er !

Un dièdre, je me hisse comme je peux, la polaire crisse le long du rocher. Je bourrine mais je m'élève.  J'ai remarqué, plus on s’élève, et plus la pente est raide. Le niveau augmente, mais mes capacités à grimper diminuent.

Je profite des passages d'escalade, tout en essayant de m’étirer des que je peux. Un V sup m'attend pour le final.

Autre dièdre. Je n'entend pas le conseils de Yannick qui m'annonce de ne pas m'y jeter. Je suis sur la dalle, tout en adhérence. Je dois traverser, vers le dièdre (en fait c'est trop tôt) , la prise est fine, je ne charge sans doute pas assez mon pied, qui ripe, Vlam, me voilà au fond du baudrier, dans le dièdre ! J'ai chu. Yannick, à juste titre, m'engueule, il fallait traverser au dessus !  Je repars, dans le dièdre (oui, la chute m'y  a emmenée), je le remonte, empoignant des grosses prises avec mes mains crampées. Je le rejoins.

On repart ver le haut. le paysage est magnifique, et je parviens à gérer mes muscles endoloris. J'avoue que j'ai parfois tiré sur les clous ... On rejoint le petit col qui permet de basculer versant Chamonix. Reste juste la fissure Knubel. Yannick part, sans sac. Je pensais qu'elle était longue cette fissure, mais il est vite au sommet.

Vient mon tour, je grimpe comme je peux. Mon corps entier grimpe, pas une portion qui n'est pas participée à l'ascension. Je sais, ça doit être moche à voir, mais il n'y a personne dans la voie et le bloc coincé empêche Yannick de me voir. Yannick, assez finement, donne des petites impulsions à la corde qui me permettent de lever mon postérieur ! Et voilà le sommet, Incroyable. Quelques photos, et Yannick est déjà reparti. Je papote avec la vierge, qui elle, reste peu loquace !  On se quitte bons amis, premier rappel, et pause dans la vire à son pied. Yannick me partage le coca qu'il a eu la bonne idée de montéer ! Le coca c'est bien meilleur là qu'avec la Croziflette  !

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
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Nouveau rappel avant une petite traversée vers le gendarme caractéristique qui marque le début des grands rappels !

Et c'est parti, le glacier des Nantillons est peu avenant ! 

Un rappel... On enchaîne... 2 rappels ...  ... ... 7 ou 8 rappels (on ne sait plus) Et hop, atterrissage sur le   glacier.

On se ré encorde et on remet les crampons pour une traversée express du glacier. Au pas de charge, pour éviter les chutes de séracs puis les chutes de pierre en provenance de la Blaitière. Et je galope sous les encouragements de Yannick. Et je ne mollie pas, 5 grosses minutes bien intense ! On se retrouve dans les rochers, ayant réussi à éviter un hypothétique projectile.

Le temps de récupérer et on repart vers le bas. Je sais qu'il y a une petite ligne de rappel (de 25m) mais Yannick préfère désescalader.

Je fatigue un peu et mon manque de lucidité est peu approprié à cette désescalade facile. On rejoint les abords du glacier on remet les crampons... Il va encore falloir courir

Les même projectiles que précédemment peuvent à nouveau nous atteindre. c'est gai, cette descente. Je savais que le glacier des Nantillons était mythique, mais là ...  On rejoint le glacier, on remonte, en courant, une pente de neige et glace à 40 ° puis on traverse, sur une petite glace péteuse pour se retrouver sous la paroi des Grands Charmoz... Charmant ! légère descente à l'abri (en fait, on ne le savait pas, mais il y a  eu  un énorme éboulement rocheux un peu au dessus de là où on était 15 jours plus tard... Oups ! )

Bref, on se sent à l'abri, et on rebascule pour une nouvelle traversée du glacier ! Pour enfin rejoindre le haut de la moraine et la fin des difficultés.

On s'offre une bonne pause pour papoter

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
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In peto je me dis que dans une demi heure on est arrivé. C'est mal avoir étudié le topo (ou regarder les photos des aiguilles de Cham)

On démarre la descente. Et je vois, au loin, au très loin, le dernier pylone de l'aiguille .. Oh la vache, je ne voyais pas les choses comme ça.

En plus la traversée pour revenir est merdique, dans les blocs, on descend une moraine, on traverse comme on peut, on remonte. Yannick a la bonne idée de m'annoncer un torrent salvateur qui fera office de pause. En pratique, aucun torrent, on entendra juste le bruit de l'eau, à un moment, sous la moraine.

Et, derrière la moraine suivante.. on est toujours loin. Je prends mon mal en patience. C'est vrai que la course est terminée et que j'aimerai me reposer. Pense aux randonneurs, Guillaume, ils viennent là par plaisir.

Mon pouce de pied me rappelle à l'ordre, c'est vrai qu'il est cassé.

Dernière descente, enfin, le plan de l'aiguille s'approche. Dernière montée. Il y a plus de touristes, le lac, le monde.

Et le Plan de l'Aiguille. il y a une queue d'au moins 50 m à l’extérieur du bâtiment pour prendre le téléphérique à la descente. On prend 2 Cocas mérités en terrasse. Puis la queue, 50 minutes, je m'assoie quand elle se stoppe, enfin la descente, la benne bondée, les gens qui crient au passage des pylones  et Chamonix. Yannick fait un bout de chemin avec moi. Puis direction la voiture, surchauffée, sur le parking.

Reste à rentré chez ma maman pour me reposer un jour ou deux et préparer la suite des vacances !

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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Apoutsiak — alpinisme4000Les 100 plus bellesValaisAD
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Dans le cadre de l'ascension des 82 4000 sous le soleil, voici le second 4000 de la liste, après le Rimpfischhorn ce printemps, la Dent d'Herens...

Et bon choix, la vue au sommet est juste magique !

 

La précédente ascension avec Thibault et Anne en 2010

 

Vidéo :

Dent d'Herens - Juillet 2019 avec Benjamin

Topo

 

Refuge Aosta

 

La montée est annoncée en 4-5 heures, la descente est longue aussi (c'est plat !) 14 km aller !

On pourra prendre des VTT pour aller de Place Moulin jusqu'à Prarayer (voir un peu au dessus)

 

Du barrage de Place Moulin (1920 m env) suivre la piste qui longe la rive droite du lac des Places de Moulin, rejoindre Praraye et son refuge de Prarayé (2010 m). Poursuivre le long du torrent Buthier (belles cascades) et passer devant l'arbre Magnifique (plus de 500 ans) Vers 2200 m ça monte enfin pour rejoindre un lac et une sorte de Delta à 2400 m par des dalles équipées (balisage - cairn), balisage, rejoindre le refuge Aosta 2781 m

(il y a également un sentier à droite dans les moraines, apparemment moins sympa, mais non testé par nos soins ! )

 

Dent d'Herens

 

Du refuge , descendre sous le refuge 50 m (sentier) et rejoindre le pied de la moraine. Remonter la moraine (cairns) puis sentier jusqu'au glacier sous la tête de Valpelline (3000 m ) chausser les crampons et remonter au mieux le glacier passer sous le Tiefmatenjoch. (3400 m environ) Remonter le couloir du Tiefmatenjoch, équipé de corde. Attention, rocher ultrapeteux. Il est plus safe de s'y retrouver seul (pas toujours évident).

Du col (3562 m), remonter l'arête de Tiefmatten, tantôt sur le fil, tantôt versant Nord.  Le passage des cordées laisse des traces de crampons sur les rochers. Le rocher devient ultra pourri quand on quitte trop l'itinéraire. La portion de rocher n'est pas très longue, on rejoint le glacier vers 3700 m.

Remonter le glacier en restant globalement le long de l'arête ouest (40 - 45° max).  On se retrouve sur les rochers à 3900 m.

Le rocher  est de bonne qualité (équipé de broches scellées tous les 20 m, rejoindre l'antécîme puis par des rochers aériens mais solides, le sommet. 4171 m

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Récit

J'adore monté au col du Grand saint Bernard. Deux raisons à cela :

La première, moins avouable, est que l'économie du passage par le col, plutôt que de prendre le tunnel, est importante (en plus, on ne perd que 20 minutes environ !) Et comme, comme dirait mon frère Thibault à ses enfants   "Chez les Ledoux on est radin de père en fils !"

La seconde : ce col est beau, et , moi qui n'aime pas vraiment conduire, j'adore enchainer ses virages ! Le paysage est chouette, des aiguilles tordues, des sommets enneigés, J'adore !

Bref, je louvoie de droite et de gauche, derrière une voiture, un peu lente, j'ai assez vite compris qu'il était illusoire de vouloir dépasser. Trop dangereux, et, devant la voiture un peu lente, il y en a d'autres... toutes aussi lentes !

Bon, vous n'êtes pas venu pour avoir le récit d'un automobiliste égaré, mais plutôt celui d'un alpiniste éclairé... par quoi ? Dieu seul le sait.

Une heure de route qui tourne plus  tard, ("j'ai les dents du fond qui baignent !" aurait on dit il y a 30 ans ) je suis à Place maison, avec un monde de fou. Il y a des voitures garées partout. Je me trouve une petite place à 500 m du parking. Benjamin m'appelle 10 minutes plus tard. Je lui indique de se garer et de se préparer, on se retrouve après !

Et on part, tout en papotant, dans le monde des touristes des randonneurs et des rares alpinistes. On n'est pas tout seul. Tout est beau, la couleur émeraude de l'eau du lac, le vert des arbre, le blanc des cascades et le bleu du ciel.

On arrive à Prarayer où il y a une jolie fontaine, j'ai bien fait d'embarquer 3 litres d'eau :-( .  Des VTT nous dépassent. On en avait discuté avec benjamin, mais la logistique était trop compliquée pour moi de les emmener... On le regrettera plus tard.

Au dessus de Prarayer, on trouve un endroit calme, parfait pour le pique nique.

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Après avoir partagé quelques graines, on repart vers le haut. Enfin quand je dis vers le haut, tout est relatif : c'est très plat cette montée en refuge, mais très long !!! Il n'y a que 700 m de dénivelé, mais tout est dans la longueur. On traverse un torrent en furie, la canicule n'y est pas pour rien. Puis on croise un arbre remarquable : plus de 500 ans ! Il a connu Charles Quint, Henri VIII et François 1er, le magnifique camp du Drap d'Or, la bataille de Marignan, mais également celle de Pavie, souvent oubliée par les manuels d'histoire de France, étonnant quand on sait que c'est une énorme défaite de François 1er, fait prisonnier par Charles Quint et emmené en Espagne en prison, et échangé avec ses fils après une longue négociation (Henri II s'en souvient encore ! ).... Mais je m'égare, même si l'épisode est passionnant !

Quelques photos plus tard, on se retrouve dans de jolies pozzines, humides et fraiches. La végétation grasse.  Nouvelle ascension, belvédère sur des cascades gigantesques, au dessus, des glaciers géant, le paysage est grandiose, varié. C'est long, mais c'est beau !  Reste un nouveau plat, au loin le grand glacier qui permet en hiver de rejoindre le col du Mont Brulé et la Tête de Valpelline.

On passe le long d'un joli lac puis vient la portion technique : une petite via ferrata dans les rochers. Ça fait du bien de grimper un peu. C'est toujours aussi joli.  A droite, le refuge, sous nos pieds : de grandes dalles équipées, à gauche, une énorme cascade, au dessus le magnifique Haut glacier d'Arolla.

Reste quelques mètres à parcourir pour rejoindre le refuge. et son repos, ses Edelweiss.

 

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Le lendemain matin, ou plutôt au milieu de la nuit , les frontales brillent, telles des étoiles, sous les étoiles. benjamin est en forme, moi moins... je ne dois pas être du matin.  Je marche à mon rythme, Benjamin reste dans mes roues, je sens qu'il pourrait aller deux fois plus vite. On remonte une moraine sans fin, déprimante au possible, un jour, quand je serai Dieu, je supprimerai les moraines. Faudra pas que j'oublie !

Bref, on remonte cette trop longue moraine sous un coucher de lune et on rejoint le glacier, et les autres cordées.  J'ai la bizarre impression d'aller vraiment lentement. On met les crampons, et on se fait gratter par tout le monde. Première pente raide, la corde, les crevasses. On progresse. On se retrouve sous  l'inhospitalier couloir du Tiefmattenjoch. Deux cordées sont engagées, ça parpine dur, du gravillon, mais quelques blocs aussi. On attend que les cordées soient plus haut et on part.  La partie est physique. Une chaîne permet de passer un passage qui pourrait être le Crux de la voie sans celle-ci. La partie est physique, tout dans les bras, légèrement en dévers. On arrive à l'aube au col, les bras fourbus. La météo a tourné, il fait moche, les nuages sont là, je vais encore me retrouver au sommet sans la vue, comme en 2010... la loose !

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Je prends la tête de la cordée sur l'arête. Je m'applique à trouver le bon itinéraire, et à la montée, je me montre assez doué ! Je passe parfois sur l'arête, parfois dans son flanc Nord. Peu d'hésitation, je suis assez fier du résultat, on progresse vite, même si on est la dernière cordée sur la montagne !  Je grimpe des portions faciles (ça ne dépasse pas le III), à gauche, le raide glacier Nord-Ouest de la Dent d'Herens donne des idées d'ascension (pour plus tard)  et on rejoint la fin de l'arête rocheuse. Les cordées précédentes terminent leur pause tandis qu'on remet les crampons. On doit être à proximité de l'endroit où Thibault avait jeté l'éponge il y a 9 ans ! Il nous avait dit qu'il s’était construit un petit refuge (et en avait profité pour bouffer tous les Bastogne, le fourbe !) Pas de trace de son refuge, ni de miettes des précieux gâteaux !

il y a un peu de glace sur le glacier, et on avance prudemment dans la pente.  On croise une première cordée, un guide et son client, ce dernier a décidé de faire demi tour, trop fatigué. Étonnant, ils allaient beaucoup plus vite que nous !

On quitte les crampons un peu plus haut, avant de croiser une nouvelle cordée, en provenance du sommet, ... ils ont plus de 2 h d'avance sur nous ! On est vraiment des escargots ! La suite est en bon rocher, on se fait plaisir dans des dalles, pour rejoindre l'arête. Petite pause sous celle ci. On repart vers le haut pour, ce qui est dans mon souvenir un passage vertigineux (la faute sans doute aussi à Alpineiss qui a publié une vidéo où il n'en menait pas large, bon il faut avouer que pour lui, il y avait de la neige... Pour nous c'est tout sec !)

Bref, je passe la dalle vertigineuse avec brio,  je poursuis vers le haut, rien de bien difficile, juste faire attention à ne pas s'en coller une, ne pas se prendre un crampon dans les sangles de l'autre.

Derniers mètres, une cordée de 4 Italiens nous accueille au sommet ! Le temps est dégagé, il fait Grand beau ! ce sommet, c'est quand même mieux avec le soleil .

Le temps de consulter mon GPS... qui tombe en rade ! Puré, c'est énervant, tu achètes une montre, valeur marchande 700 €, régulièrement elle tombe en rade (2 fois au départ d'un trail !!!)  et là, après une belle ascension, Zou , plus rien. Et le SAV de Suunto qui me répond que tout va bien, que ça ne vient pas de la montre !

Bon bref, c'est énervant, mais vu qu'il fait beau, le moral reste bon.

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Les Italiens sont partis, vient notre tour

Et zou sur l'arête, superbe !

Puis dans la facette en rocher où on merdouille plus, on a du mal à trouver la voie.

On rejoint le glacier, et c'est reparti. On déroule sur le glacier tout en restant prudents.  On regagne les rochers de l'arête de Tiefmatten, et comme pour le haut, on merdouille pour retrouver le bon itinéraire, alors que la montée avait été parfaite. La fatigue, sans doute. Bon heureusement, ça passe un peu partout et on s'en sort quand même. finalement, la descente est presque aussi longue que la montée !

On arrive au col. Reste sa descente, périlleuse. Benjamin passe devant et m'attend à un endroit un peu abrité, je le rejoins. Le délicat passage est là, en léger dévers, je l'assure lors de sa descente. Vient mon tour. Les gravillons partent sous mes chaussures peu précise. Agrippé à la corde je contourne l'obstacle. C'est physique, les mains sont crispés, le corps en arrière, la gravité qui l'attire vers le bas, vers le vide, vers la chute. Je dois récupérer les protections laissées par Benjamin, manœuvres qui prennent un peu de temps et un peu d'énergie à mes bras tous tétanisés. Je bascule sous l'obstacle. Les mains sont crispées sur la corde élimée, la chaussure cherche un appui précaire sur du gravillon instable. Par chance, ça tient, je progresse, délicatement, je déplace mon poids, que dis-je, ma masse, d'un appui vers l'autre. Benjamin me voyant dans une situation délicate m'encourage "après c'est fini" Tu parles. Je finis par avancer vers lui, la chute d'une grosse pavasse marque la fin du passage... Ouf. reste quelques mètres délicats, mais rien en comparaison au contournement du dévers.

Nous voilà sur le glacier, fin des difficultés, ou presque...

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

On attaque dré dans le pentu, puis sur le plat, et rapidement on se rend compte du problème lié au glacier : les crevasses. Une première, gentille, un pont de neige solide même si la neige commence à fondre. Corde tendue, 15 m entre nous, classique et efficace. Pas de problème. Puis une seconde, insondable, placer ses pieds, éviter de choir, pas envie d'explorer ses entrailles !  On poursuit, moi, devant, j'annonce les crevasses, je les passe puis benjamin m'indique de ralentir quand c'est à lui de passer l'obstacle.

Je n'avais pas compris les louvoiement de la trace cette nuit, de jour, tout est plus clair, il s'agissait de contourner des crevasses ! Les virages nous ralentissent un peu, ça augmente les manœuvres !

Dernière crevasse, la pire, la neige instable, un gros saut, réception incertaine, sauter loin mais rester léger et souple à la réception sous peine de tester la stabilité du manteau neigeux au niveau de la lèvre.  Tels deux danseurs étoiles, nous exécutons l'entrechat. Bon, avec les crampons , les fringues et le gros sac, c'est sans doute moins léché mais bon.

Au retour au refuge, le gardien nous avouera son inquiétude quant à l'évolution du glacier lié à la canicule.

 

On rejoint le sentier pour quitter la corde et les crampons.

Deux solutions s'offrent à nous : l'infâme moraine ou de gentils névés qui devraient se prêter à la ramasse. Je finis par convaincre Benjamin du gain de temps et d'énergie si on prend l'option neige. J'avoue, j'avais tout de même un doute quant à la raideur de la pente.

En fait, il sont nickels : la neige juste revenue, la pente est parfaite. On glisse presque jusqu'au sentier qui permet  de remonter au refuge, où on arrive quand même un poil fatigués !

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Les Italiens du sommet y font un bon repas. Nous, on opte pour une pause courte, si je ne veux pas arriver à point d'heure à Chamonix ce soir, il ne faut pas trainer. Bilan : on a 1 h de repos !

Juste le temps de refaire le sac, de se changer avant d'attaquer la descente.

Je n'ai pas pris d'eau, on va faire la descente d'une traite, on s'arrêtera juste à la fontaine de Prarayer pour boire...

C'est étonnant, à la montée, on avait adoré : les paysages variés, les falaises, les torrents, les glaciers, les cascades. Au retour, tu n'as qu'une seule idée : retrouver ta voiture. Et la descente est lonnnngue, très longue ! Tu n'avais pas remarqué à la montée : la via ferrata prend le même temps à la descente qu'à la montée. Le plat du lac est plus long que prévu (ça remonte même par endroit) Les pozzines sont beaucoup plus loin qu'avant, il y a même un plat que tu n'avais pas noté (en face des cascades, mais au retour tu t'en fous, tu les avais déjà vue ! ) L'arbre remarquable est super loin, il y a même de petites montées qui viennent te tuer ! Deuxième pause, deuxième fois que benjamin partage avec moi son eau, précieux breuvage. Bien joué, l'idée de se délester d'un litre d'eau pour économiser du poids ! 

Que c'est long, le retour après lui est infini, tu ne te souvenais même plus de l'endroit où vous avez pique niqué !

Enfin le refuge, grosse pause pour m'abreuver à la fontaine ! L'eau est fraîche, revigorante !

Reste le lac... le très long lac, le trop long lac. Je me souvenais juste qu'en 2010, Thib avait galéré pour se rentrer. J'ai complètement oublié pourquoi... La descente est ultra longue, et le lac aussi. Je regarde, versant opposé les cascades, pour prendre des repères et voir si je progresse !

Les Italiens nous rattrapent... En VTT ! Ils ont fait le bon choix, eux ! Bon, ben comme des "quichons", on se morfond à pied. Je finis par larguer benjamin, qui, je l'apprendrai plus tard, a fait la cours à une touriste... L'histoire ne dit pas ou, quand et comment otut ça s'est terminé, mais je note que je suis arrivé au parking très peu de temps avant lui. A  vous d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

 

Fin de la longue journée

Il est 17 h

Reste à reprendre la voiture et prendre la route de Chamonix pour la suite des vacances, qui sont parfaitement lancées !

Merci, Benjamin, pour ses heures en altitude

Le récit est, comme souvent, légèrement romancé. Chaque évènement est basé sur un fait réel, plus ou moins amplifié (en fait, c'est le principe du "romancé" )

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Vidéo : Kilimanjaro 5895 m - seconde partie ! [summit day]

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'Apoutsiakexpé5000 m

Voie machamé

de J5 à J7

Summit Day

Guides : Emmanuel et Holson

La première partie est ici !

Vidéo : Kilimanjaro 5895 m - première partie !

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Voie machamé

Du premier jour au quatrième jour !

 

La seconde partie est ici (J5 J7 Summit day) !

Vidéo : alpinisme - Cîmes de la Cochette

Apoutsiak — Vanoisealpinismevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

refuge de l'Etentard

Aiguille de laisse

Aiguille noire

Dôme de la Cochette

Cimes de la cochette

Brèche de la Cochette

 

Portfolio : Aiguille d'Argentière couloir en Y

Apoutsiak — portfolio
Portfolio : Aiguille d'Argentière couloir en Y

Nostalgie : un peu de fraicheur en vidéo : à la découverte des Lofoten en ski de randonnée

Apoutsiak —

L'ensemble des articles sur les Lofoten :

 

ICI

Portfolio Cervin arête du Lion

Apoutsiak —
Cervin arête du Lion depuis breuil Cervinia

Cervin arête du Lion depuis breuil Cervinia

Cervin Traversée Lion Hörnli (Récit, topo et vidéo)

 

et pour ceux que ça intéressent : le topo

Portfolio Cervin arête du Lion

Portfolio Dent d'Herens

Apoutsiak —
Dent d'Herens depuis le bivoauc Carrel Cervin

Dent d'Herens depuis le bivoauc Carrel Cervin

Mont Blanc 4810 m - mes 12 ascensions

Apoutsiak — Mont BlancMassif du Mont Blanc

 

Mont Blanc arête des Bosses 1992

 

Mont Blanc par les 3 Monts 2000

 

Mont Blanc arête des Bosses 2002

(bivouac au dessus de l'aiguille du Gouter)

 

Mont Blanc arête des Bosses 2005

(bivouac au col des Dômes 4300 m)

 

Mont Blanc traversée de l'aiguille de Bionnassay 2006

 

Mont Blanc Traversée : Arête des Bosses - 3 Monts 2009

 

Mont Blanc arête des Bosses à la journée 2011

 

Le Mont Blanc en Amoureux 2013

voie normale arête des Bosses

 

Mont Blanc Arête de Peuterey puis fin de l'arête du Brouillard - 2016

avec Yannick Grazinani

arête de Peuterey - Bivouac à Eccles - Pointe Louis Amédée - Mont Blanc de Courmayeur

 

Mont Blanc - Mont Maudit 2017

le 81ème 4000 (par l'arête des Bosses et le sommet en aller retour

 

Mont Blanc - Père et fils 2018

arête des Bosses

 

Mont Blanc du bas à la journée 2019

Bionnassay Mont Blanc 32 km - 3400 m de déniv

 

Mont Blanc 4810 m - mes 12 ascensions
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Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Apoutsiak — Mont BlancMassif du Mont Blancalpinisme4000

Un vieux rêve, enfin réalisé .

 

En chiffres, c'est pas très romantique, mais ça donne :

32 km

3400 m de dénivelé

19 h 35 !

 

Vidéo :

Topo

 

Accès parking :

Après Saint Gervais, sur la route des Contamines Montjoie, prendre la petite route à gauche qui monte raide et rejoint le hameau de Bionnassay puis le parking des Crozats (1405 m) parking gratuit, toilettes.

Mont Blanc depuis le bas (Bionnassay)

Du parking des Crozats (1405 m), rejoindre la piste qui surplombe le parking (et part vers l'est), passer le Planet et poursuivre vers l'Are (on peut également rejoindre Bellevue puis suivre les rails du TMB, mais c'est interdit, et moins joli !)

Le sentier traverse un alpage et commence à monter le long du glacier  de Bionnassay (quelques passages équipés (câbles, marches) puis un bon sentier amène au Nid d'aigle (2372 m)

De là, on prend le sentier qui mène aux Rognes (névés en début de saison) puis le suivant qui ramène à hauteur du refuge de Tête Rousse (baraque de la brigade blanche en haut). Remonter le glacier de Tête Rousse et par une pente puis 2 pas d'escalade rejoindre le Grand Couloir.

Le traverser, prudemment (attention à la descente en général l'après midi, chutes de pierres +++) Remonter ensuite en suivant les câbles puis la sentes qui ramène à l'éperon qui longe le Grand couloir. Rester globalement sur le fil de l'éperon, sauf sur la dernière partie ou on se retrouvera un peu plus à droite. En 2019, des points rouges biens visibles ont été peints, facilitant la recherche de l'itinéraire. En suivant les câbles, on rejoint l'ancien refuge du Gouter.  3817 m.

Remonter derrière le refuge la pente de neige (équipée) et suivre l'arête qui passe au dessus du nouveau refuge du Gouter. On remonte alors les pentes du Dôme du Gouter en contournant la zone de séracs par la droite puis en bifurcant à gauche à 4200 m pour passer à l'épaule du Goûter (4280 m environ) Faux plat descendant pour rejoindre le col des Dômes (4236 m)

Petit coup de cul pour rejoindre le bivouac Vallot (4362 m) La pente se raidit pour atteindre la Grande bosse, puis la petite bosse, on passe à proximité de l'éperon de la tournette avant de gagner le sommet du Mont Blanc par l'arête (4808 m)

Descente

Par le même itinéraire, attention à la traversée du Grand Couloir - chutes de pierres)

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Récit

3400 m ... 3400 m ... 3400 m .... suis je capable de gravir 3400 m de dénivelé en une journée. Mon maximum doit tourner autour de 2700 m, et encore, avec les descentes à ski. Je tourne le problème dans tous les sens, je n'ai pas la réponse. Bon, pour me rassurer, je sais que j'ai déjà gravi le mont Blanc depuis le Nid d'Aigle à la journée, et j'avais du redescendre jusqu'aux Houches au retour, ayant raté le dernier train... Ça rajoute juste 900 m de dénivelé...

J'avoue que l'idée de gravir le Mont Blanc, à la journée depuis le bas, me trotte dans la tête depuis quelques temps. Ça fait parti de ma "todo list".

Je scrute la météo, la semaine précédente, canicule, pas bon pour la traversée du Grand couloir. Chaque jour je me fais un petit point météo. La prévision s'améliore, pas d'orage le soir, par contre la canicule sera bien là, limite température positive au sommet !

J'attends le samedi matin pour prendre ma décision. Météo ok, pas d'infos sur la Chamoniarde concernant les conditions, on fera sans. Feu vert pour le sommet.

 

Bon, ce samedi, je bosse jusqu'à 15 h. Dès que j'ai fini, je charge la voiture, en route pour Chamonix; En fait, je dis en route pour Chamonix, mais c'est plutôt Saint Gervais l'objectif. Arrivé sur zone, je prends la raide petite route de Bionnassay et retrouve le parking du Crozat.

je croise deux randonneurs qui terminent leur rando, un joli tour passant par Bellevue, le Nid d'Aigle et la descente sous le glacier de Bionnassay. On passe un bon moment à échanger nos expériences. La suite, c'est, repas frugal, lecture (La Gouteuse d'Hitler de Rosella Postorino pour ceux que ça intéresse...) et tentative de dodo à 20 h. Pas très efficace. Il y a du passage à tout moment sur le parking, et même si les gens sont plutôt discrets, ça fait du bruit !

Bim, il me semble avoir entendu le réveil. Allez zou je m'habille ... mais... il me semble... je regarde ma montre ... 23 h 45. Flûte, trop tôt, mon cerveau a buggé je me recouche tout habillé. Je ne dors pas ... 00 h 10, ça sonne, pour de vrai ! L'avantage, c'est que je suis déjà habillé, petit déjeuner rapide, un ersatz de Redbull, et c'est parti !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Je gagne, la piste, et je remonte dans la nuit noire vers les cimes. Bon, pour l'instant, on ne s'emballe pas, je n'y suis pas encore. Je passe à coté d'un troupeau de mouton. Un patou aux dents acérés m’aboie dessus. Puré, je vais me faire dévorer à 5 minutes de la voiture, mon projet était plus ambitieux... On retrouvera des lambeaux de corps sur le bord du chemin demain matin. Peut être qu'il ne restera plus rien, je serai porté disparu. Le PGHM ira sans doute en hélico sonder les crevasses du glacier pour retrouver mon corps, puis au bout de 10 jours, l'abandon des recherches sera proclamé, forcément, ils n'auront pas cherché au bon endroit...

Mais, par chance, et uniquement par chance, je suis passé? Sans doute le patou n'avait il pas assez faim, ou ma viande n'est peut être pas appétissante, ça en serait presque vexant ! Je survie donc à ce premier obstacle imprévu. Plus loin, un chevreuil vient me rappeler que j'entre dans le wilderness (pour les non anglicistes, google trad est ton ami). Le halo de ma frontale éclaire mon chemin, qui se met à grimper dur, je rejoins l'alpage de l'are. Les yeux des vaches d'Herens brillent. Je traverse le long plat et le sentier se remet à grimper, ça tombe bien, l'objectif est plus haut...

Je croise une première "échelle", en fait il s'agit d'une succession de marches métalliques, le sentier est ardu, il sillonne dans une falaise, croisant ça et là une cascade, ça doit être beau... De jour, vivement le retour ! Il y a pas mal d'eau lorsqu'il faut traverser les torrents, et j'humidifie le bout de mes baskets dans ces passages  à gué. Rien de grave.

Au dessus, des bouquetins m'accueillent au milieu de la nuit. Leurs yeux brillent, eux aussi, sous les étoiles. En un peu plus de 2 h je rejoins le Nid d'Aigle, déjà 900 m de dénivelé avalés !

Le timing est respecté.

 A pour le timing, je me suis prévu (pour ceux que ça intéresse) :

2 h du parking au nid d'Aigle

2 h Nid d'Aigle - Tête Rousse

2 h Tête Rousse - Goûter

4 h 30 - 5 h Gouter Mont Blanc

Hors pause soit un total de 10 à 12 h en fonction de la forme

Je n'ai rien anticipé pour la descente.

 

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Au dessus, je connais, je suis passé par là à de moultes reprises. J'ai emmené au sommet du Mont Blanc, amis, femme ou fils, sans compter les tentatives en solo avec bivouac au col des Dômes, bivouac au Gouter (ce deux dernières quand c'était autorisé, à la belle époque ! ) , ou ascension à la journée depuis le Nid d'Aigle.

Un petit bout de piste, puis un sentier puis rapidement... la neige. Bon je suis les traces en leur faisant confiance. C'est par moment plus raide, parfois moins . Les baskets n'adhèrent pas top dans cette neige gelée, j'ai prévu de basculer en mode alpiniste à hauteur de Tête Rousse. Pas de lune, le ciel est d'encre, personne à l'horizon, je progresse, je sais que les cordées doivent partir des refuges au dessus.  Ma solitude est complète, elle ne va pas durer. Dans la nuit, j'ai du mal à reconnaitre l'endroit.  Petite hésitation, mais je poursuis et je me retrouve à hauteur des Rognes. la suite est plus facile, il n'y a plus de neige, il suffit juste de retrouver le sentier qui mène à Tête Rousse. A gauche, les lumières de Chamonix, à droite, celles des Contamines... C'est beau, mais je ne traine pas, il y a encore de quoi s'occuper au dessus.

J'arrive enfin à la hauteur de Tête Rousse. Et là tel superman, ou plutôt tel le têtard se transformant en grenouille, la chenille en papillon,  le trailer fatigué, se transforme en alpiniste affuté... ou presque. (ah flute, j'ai oublié de placer mon abracadabra ...)

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Bon, c'est ma première pause, 3130 m environ : ça fait déjà 1700 m de dénivelé, je suis  à la moitié, mais quand on y réfléchi plus précisément, les difficultés sont devant moi : la montée au Gouter plus technique, puis l'altitude au dessus de 4000 m et la fatigue qui va se cumuler , je ne devrai plus être trop frais après 3000 m de déniv. Et je ne compte pas la descente, mais ça, on verra après !

Le jour point, à droite, le refuge de Tête Rousse, dont les derniers candidats au sommet s'extirpent. Derrière, l'aiguille de Bionnassay se dévoile, devant les lucioles sont partis à l'ascension du grand couloir, certains sont même à proximité du refuge du Gouter. Celui ci joue le rôle de phare dans la nuit.  Le tableau est sombre, mais c'est beau.

Et hop, c'est reparti, les crampons sous les pieds. je remonte le glacier et me retrouve derrière une cordée. Visiblement ils viennent des pays de l'Est. On vient buter sur le couloir, je troque mes bâtons contre mon piolet. Je demande à mes Estiens (les habitants des pays de l'Est) si je peux leur passer devant, ils ne sont pas prêts. Et go, je traverse le couloir rapidement, mais sans trop me presser au risque de m'emberlificoter les crampons. Car il y a plusieurs techniques pour traverser le couloir, je vais les décrire ici.

Le Fangio : le Fangio a eu connaissance de la dangerosité de l'endroit. il connait la règle qui veut que moins tu reste au contact du danger , moins tu prends de risque, donc il bourrine, à fond tout en maitrisant sa trajectoire, c'est très spectaculaire à voir, et efficace

Le Ayrton Senna : (j'sais pas si c'est correct d'écrire ce qui suit) De même que le fangio, il speed, mais au détour d'une goulotte, il se prend le crampon dans la lanière de se guêtres, Bilan, il évite les pierres, mais pas la chute qui 'emmène loin la bas au fond du couloir. On a peur rien qu'au moment où il démarre la traversée.

Le Contemplatif : Le contemplatif sait que le danger vient du dessus. Il  avance lentement, inspectant scrupuleusement les pentes au dessus de lui. Il n'a pas trop conscience de la vitesse des chutes de pierre et de leurs rebonds aléatoires. Le contemplatif prend son temps, mais parfois il traverse.

Le prudent : lui, il sait que le danger vient du haut, mais également de sa technique. bilan, il avance prudemment, mais régulièrement, scrutant de temps en temps les affres du couloirs. Je crois que je fais parti de cette dernière catégorie.

le Cartomancien : lui, tout simplement, il ne met pas de casque, il sait que les pierres vont l'éviter, il l'a lu dans sont horoscope ce matin. Les oracles sont favorables et sa allège le sac. Jusqu'au jour où ...

Tiens voilà justement un trailer qui passe... sans casque !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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De l'autre coté du couloir, je range le piolet et les crampons avant d'attaquer la suite. J'avoue que mes quelques expériences me sont du grande aide, sans compter les nouveaux points de peinture rouge très utiles pour s'orienter. Et je galope, je maitrise, tel Thésée, les méandres de ce labyrinthe, toute proportion gardée bien sûr. Je garde un œil sur la gauche, le grand couloir dégueule déjà quelques pierres et nous ne sommes que le matin. Comment se passera t'il tout à l'heure à mon retour ? Je commence  à croiser des cordées, d'abord celles qui ont fait l'ascension hier et redescende du Goûter aujourd'hui, puis celle qui sont partis tôt ce matin. Je dépasse les dernière cordées parties depuis Tête Rousse. Voilà les derniers câbles et l'ancien refuge du Goûter. Il est 7 h , j'appelle Sandrine pour lui indiquer ma position, pour l’instant tout va bien. Je grignote et je remets les crampons. Une cordée sympa dépassée un peu plus bas me repasse devant. Je me remets en route, plus que 1000 m, à présent, il va falloir gérer l'altitude.

Je traverse l'arête du Gouter sans m'arrêter au nouveau refuge. Et j'attaque la grande pente du Dôme du Gouter. Une première cordée me dépasse, puis une seconde. Oh la vache, la fatigue. Je ressemble au capitaine Haddock dans Tintin au Tibet. Je décide de faire une bonne pause à l'épaule du Dôme, mais elle est encore loin l'épaule du Dôme. Une envie de dormir me prend. Mon rythme est devenu très lent. Finalement, il faut que je m'arrête tout de suite. Mais, fort de mon expérience, j'ai la solution (même si c'est la première fois que je l'utilise) Un ersatz de redbull au fond du sac. Je bois l'infâme breuvage,  et bingo, ça marche, en 5 minutes, je suis moins fatigué. Bon, je ne vais pas très vite, mais la grosse fatigue est passée.

 

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 Je traverse quelques crevasses, profondes, il faudra se méfier à la descente. A droite, sur l'aiguille de Bionnassay, des cordées tels des funambules sur l'arête, progressent. La corniche est petite à présent, elle s'est effondrée. l'arête est moins jolie !

Je rejoins l'épaule du Dôme ou règne un alpiniste allongé, je prends de ses nouvelles, en anglais, il revient du sommet et tout va bien . Parfait, je poursuis dans la descente, légère , vers le col des Dômes où j'avais bivouaque en 2005, le réveil n'avait pas été facile  !

Et hop, il faut rattaquer la petite pente qui mène à Vallot. Je croise quelques cordées et me retrouve sur le plat. Plus que 400 gros mètres, les plus jolis, sans aucun doute.

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Et c'est reparti vers le haut, je rejoins l'arête de la grande Bosse. Une cordée arrivent du dessus, ente nous, un trou ! Une grosse crevasse. Je branche la Go pro trop tard pour filmer le passage de la cordée. Tant pis, je la laisse tourner, si jamais je tombe dans le trou, ça permettra aux gendarmes de comprendre ce qui s'est réellement passé. Bon par chance, j'évite la chute, le trou était profond et je continue au dessus.  Voilà la petite bosse, jolie, élégante, je la traverse, avant de remonter en direction des rochers de la Tournette. A gauche, d'ancienne trace de ski  me narguent dans la face nord, oui, cette face Nord à ski, c'est mon rêve, j'attends juste les bonnes conditions (et le partenaire dispo pour m'y lancer !)

L'énorme crevasse qui barrait le haut de la face à 4700 m n'est pas un obstacle, pour l’instant cette année. Je sais qu'il ne reste plus grand chose. Je fonds sur deux alpiniste qui peinent à fond. je les dépasse en les encourageants le sommet est à moins de 10 minutes !

Le voici, YES !

 

Et de 12. Oui, c'est la douzième fois que je foule ce sommet, et j'avoue que je ne m'en lasse pas ! J'ai d'ailleurs encore d'autres projets, soit à ski avec descente face nord soit en alpi, j'adorerai gravir la Brenva...

Vu qu'on est au sommet, je me dis que je vais tenter la roue, que j'avais réussie à l'Elbrouz. Bon, là je tente, et je me ramasse. Je me relève, me remets en position de départ, puis je laisse tomber, je sens que je n'ai plus assez de puissance pour la faire... tant pis.

Je me fais une bonne pause, avant de repartir.

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Et zou, il ne reste que 3400 m de descente. J'avoue que je ne me suis pas amusé à calculer le temps de descente, trop aléatoire et dépendant trop de mon état de forme.

Je recroise la cordée sympa 250 m sous le sommet. Ça fait du bien. J'enchaine les passages clefs, quelques nuages s'élèvent, mais ne m’inquiètent pas. Je ne descends pas très rapidement les jambes sont un peu lourdes, je l'avoue. Je rejoins une cordée de catalans ,on discute (ils parlent Français, c'est une chance, car mon catalan est plus que limité !) Puis je leur passe devant avant de filer sur Vallot.

Petite descente et on attaque la rébarbative remontée à l'épaule du Dôme. c'est dans la tête. Il fait chaud, j'ai les jambes qui ont 3400 m de déniv dans les fibres musculaires, mais il faut encore monter. Je parviens en haut et me lance dans la descente du Dôme. Les crevasses sont menaçantes, il faut faire de grand sauts, les réceptions sont aléatoires. Quand tu passes au dessus, tu vois qu'elles sont larges et sans fond. C'est pas le truc le plus intelligent du monde de se balader à cet endroit à cette heure ci non encordé. Trop tard pour renoncer, le salut est vers le bas. Je saute comme je peux les terribles obstacles, amortissant comme je peux les réceptions, ça serait dommage que la lèvre se casse sous mon poids !

Arrive le deuxième obstacle casse moral de la descente : la remontée vers les refuges du Gouter.  Tout au mental comme d'hab', sans trop de vitesse mais sans s'arrêter. je passe à nouveau devant le nouveau refuge, sans un regard. Et nouvelle pause à l'ancien refuge pour enlever les crampons. Là 2 Russes semblent perdus, il viennent des 3 monts et ne connaissent pas la descente; Je leur explique, qu'ils doivent suivre l'éperon, les câbles et le grand couloir. Ils veulent descendre à Chamonix, de toute façon, pour le train, il est trop tard. je leur dis de suivre les rails jusqu'à Bellevue, avant de descendre aux Houches avec un H ! Ils semblent satisfaits.

Je peux repartir.

 

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Le début de la descente est laborieux. Les câbles me gênent et je ne suis pas positionné comme je voudrai sur les prises. Finalement je finis par trouver le sens de la marche et à être plus efficace.  A droite, le Grand couloir est inquiétant. Une sorte de cascade continue due à la fonte des neiges en haut. Ça emporte des blocs de pierres et les chutes de pierres sont fréquentes. C'est lugubre et assez stressant quand on sait qu'on va passer 400 m en dessous. 

J'avoue avoir averti les alpinistes du bas de grosses chutes avec ma grosse voie. "Pierre !" " Pierre !"

Un gars me rattrape et me suit. Je lui demande s'il veut passer devant. En fait non. Bon ben je lui propose de descendre ensemble et de traverser le couloir ensemble, l'un surveillant l'autre, ça sera plus prudent.

Proposition validée, on descend donc ensemble en papotant. Ce qui est étonnant , c'est qu'il a fait le même truc que moi en partant 2 h avant du parking où il était monté en vélo depuis chez lui ! C'est marrant de se retrouver !

Je suis dans le rythme et on descend tranquillement mais surement. Voilà le départ de la traversée. Je suis prêt en premier, je pars donc en premier tandis qu'il me surveille. Les chutes de pierre ont créé une "ornière" de 3 m de large au milieu du couloir. Ça passe bien pour moi, je me mets à l'abri en face.

C'est son tour, je surveille le haut du couloir qui semble être continuellement en mouvement. Des pierres chutent mais sont parfois arrêtées par la neige. Je donne le feu vert, il part, à mi chemin je lui dit de stopper, une pierre devrait tomber de mon coté. C'est bon, en haut, c'est toujours specaculaire, heureusement la neige bloque pas mal de projectiles. Fin de traversée, on poursuit sur le sentier en crampon avant de basculer sur le glacier de Tête Rousse et de rejoindre la cahute de la brigade Blanche.

 

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Ah la cahute

Il y a la un brigadier (ben oui, c'est la brigade blanche)

"Bonjour, on n'a pas la réservation pour les refuges en dessous on peut passer ?"

Ça le fait sourire

Je lui explique que j'aurais bien aimé savoir, moi s'il m'avait jugé compétent et assez solide pour sortir le Mont Blanc à la journée. Bon ben là c'est trop tard et il ne m'indique pas s'il l'aurait fait. Dommage.

On discute de la brigade, des trains, ah oui, les trains, et ben moi je suis favorable à ce qu'il y aie un train qui parte à 5 - 6 h du mat, ça permettrait aux alpinistes d'éviter le couloir en fin de matinée. Il valide mon idée mais m'avoue que c'est compliqué. C'est toujours facile de critiquer les alpinistes aux mauvaises heures aux mauvais endroit, mais quand on voie que les trains déversent les cordées au Nid d'Aigle à 9 h 9h 30, ben forcement elles se retrouvent vers midi dans le couloir.

Bon j'avoue que je n'ai pas attaqué Jean-Marc Peillex bille en tête, c'est son patron.

Parce qu'au fond de moi, je pense qu'il est paradoxal de faire une communication sur Zidane au sommet (monté en hélicoptère au col des Dômes), ou PPDA ou Gérard Holtz, et dire aux mondes que le Mont Blanc n'est pas pour tout le monde.

Il est paradoxal de dire qu'il y a trop de monde sur la voie normale et vouloir rouvrir l'ancien refuge du Gouter...

Il est vrai que ce sommet est gravi par des gens qui n'ont rien à faire là, mais les mesures de restrictions me sont insupportables.

Enfin, que dire des guides qui réservent deux nuitées sur les refuges pour assurer le sommet. Deux nuitées, c'est empêcher quelqu'un de pouvoir réserver. Et ça, personne n'en parle, oui, je dénonce ! (ce blog n'est vraiment pas un blog plan plan, il est engagé ) Une cordée, ça devrait être une nuitée.

Fin du coup de gueule

Je rapelle que je n'ai rien dit de tout  cela au brigadier, reste à espérer que Jean-Marc me lise. J'ai comme un doute.

Et même s'il me lit, il y a peu de chance qu'il se dise : "mais oui, il faut que je contacte ce gars, qui a  de supers idées." Peu de chances....

 

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On est reparti vers le bas, sur le sentier puis dans les névés sous les Rognes. Je suis descendu sur le cul, dans la neige. Au loin, des orages éclatent au  dessus des Contamines. Ça serait pas mal de ne pas se faire tremper avant la voiture. On surveille les éclairs, inquiétant... On va finir comme dans premiers de cordée, foudroyé sur un rocher. Je repense que j'ai un piolet dans le dos, dressé vers le ciel. Tel un paratonnerre, qui ne parerait pas grand chose à part attirer la foudre. Je raconte à Arnaud mes épisodes de foudre aux Dômes de Miage, le plus terrible orage  de ma vie !

On fait une pause pour récupérer de l'eau, ça fait du bien. Je commençais à être complètement déshydraté.

Passage au Nid d'Aigle, fermé. reste les 900 derniers mètres. D'abord un joli sentier avec plein de bouquetins qui ont la fâcheuse tendance à occuper le sentier. Et quand ils daignent nous laisser la place c'est pour descendre sur le lacet suivant.  Ça nous amuse.

Il pleut quelques fines goutes juste de quoi nous rafraichir, on surveille l'orage qui semble passer derrière l'aiguille de Bionnassay pour aller chez nos amis trasalpins, excellent choix, merci à eux.

S'en suit la partie plus technique, des câbles et des pieux qui bringuebalent... On traverse de superbes cascades.

Puis vient la partie finale. J'appelle Sandrine, il ne reste que 20 minutes. Bon, 20 minutes, c'est mon estimation, car 20 minutes plus tard,  je vois un panneau : parking 45 minutes. Je rappelle pour indiquer que je me suis un peu emballé, j'ai pris mes désirs pour des réalités. Je crois que je suis monté plus vite que je ne suis descendu. Arnaud a la pêche, mais il a la gentillesse de m'attendre. On croise des alpinistes qui vont bivouaquer avant le sommet.

Le temps de ralenti, mes pieds frottent dans mes chaussures et j'ai les pieds recroquevillés.

C'est long, c'est beau mais c'est long. Je passe devant le patou à pas feutrés. Il ne m'a pas vu. Ouf. Arnaud quant à lui est parti cherché son vélo caché dans la forêt.

Je parcours les derniers mètres, ouf ! Ils est 20 h

19 h 35 sur la montagne !

32 km et 3400 m de déniv.

 

10 minutes plus tard, je vois Arnaud arrivé, dépité, on lui a piqué son vélo ! La loose absolue. Je le ramène chez lui, mais c'est vrai que ça gâche un peu la fête. Reste juste à espérer que ça soit le propriétaire du champ qui se soit énervé. Ça y est, il pleut l'orage est là. Je laisse Arnaud au Bettex et prend la route e la maison. Bien fatigué. J'arriverai à minuit 10 à la maison, pile 24 h après mon réveil !

 

Fin d'une bonne grosse journée comme je les aime

Qui a dit que j'étais un bourrin ?

 

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Vidéo : TWENTY - An accidental history of freeriding by Guido Perrini

Apoutsiak — Vidéo - Mountains around the world

20

Un petit bout (accidentel) de l'histoire du freeride

Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle - Cascades du Hérisson - Lac de Narlay

Apoutsiak — JuraRandoTrail

L'une des plus belle rando du massif du jura !

Avec pas mal d'option

Pleins de choses à voir

 

Vidéo :

 

Vidéo pour vous faire une idée !

topo rando jura - source géoportail IGN - pic de l'aigle cascades du hérisson - lac de narlay

topo rando jura - source géoportail IGN - pic de l'aigle cascades du hérisson - lac de narlay

Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay
Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay
Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay
Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay
Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay
Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay

Topo

Se garer soit au Frasnois soit au joli parking au bout du lac du petit Maclu.

Le topo est décrit depuis ce point

Remonter la cote de Maclu et suivre l'arête (pleins de belvédères sur les lacs) on suit l'arête jusqu'au pic de l'Aigle

Descendre sud est le sentier raide et rejoindre le GR 559A. (Du pied du pic de l'Aigle démarre l'option longue décrite plus loin Sentier des cairns, lac de Bonlieu)

Rejoindre Ilay et le haut des cascades du Hérisson. descendre le sentier des cascades (magnfique) sans oublier de traverser sous le Grand saut et de profiter de l'ombre de la grotte située un peu plus loin (depuis quelques années, le passage sous le grand saut semble interdit. Dommage !)

On termine par l'éventail.

On quitte alors les cascades pour remonter à Menetrux en Joux puis par la route on gagne la Fruitière et sa jolie chapelle. La suite se déroule sur des pistes forestières pour passer au Belvédère de la Grande roche et descente sur le Frasnois.

On contourne alors le joli lac de Narlay avant d'attquer la dernière mais rude montée (attention, le sentier de départ n'est pas bien visible) On rejoint alors le Mont des Ifs et la caverne à la vieille (il faut quitter le chemin et descendre un peu hors sentier pour la trouver)

retour au parking par sentier et piste

 

Le topo GPS est à télécharger ici

29 km et 950 m de dénivelé pour le petit parcours

 

Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay
Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay
Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay

Option longue

Depuis le pied du pic de l'Aigle rejoindre les Saillards (sentier en pierrier superbe)

 puis emprunter le sentier des cairns (toujours superbe !)

Rejoindre le Belvedere de Maguenay puis descendre pour rejoindre le joli lac de Bonlieu

Delà on rejoint le village de bonlieu puis la crête qu isurplombe les cascades du Hérisson (on ne les voit pas) jusqu'au Belvedere de la Dame Blanche.

Descente technique pour rejoindre le pied des cascades. Remonter les Cascades (Eventail, grand saut, Gour Bleu , saut de la Forge, saut Girard). En haut des cascades on rejoint le hameau : la Fromagerie, que l'on traverse. Puis un sentier en lapiaz permet de rejoindre le Frasnois, retour à la voiture par le Mont des Ifs (ou pas, selon la forme)

 

Pour info : 34 km et 1270 m de dénivelé pour la version longue !

le fichier GPS est téléchargeable ici

J'ai parcouru les deux circuits.

Le premier en mode trail tourisme, le second en compétition de trail lors du trail trait morbier (randons à césar ce qui est à césar)

en cas de souci avec les fichiers GPS, n'hésitez pas à me les demander dans le formulaire de contact

Topo Rando Jura : Pic de l'Aigle -  Cascades du Hérisson - Lac de Narlay

Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m

Apoutsiak —
Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m

J'en avais foulé la cime en 2011 avec Steph, malheureusement, le brouillard nous avait accueilli au sommet. L'idée etait de faire ce sommet par beau temps

 

Vidéo :

Topo
 
Montée  à la Täschhütte 2701 m
En voiture, de Täsch, traverser le village et prendre à gauche une petite rue qui monte à l'Est. La suivre jusqu'à Täschalp et Ottafe 2205 m. Pour info, il y a un refuge de l'Europaweg à Täschalp !
Remonter la piste de 4x4 qui longe les paravalanches de Rotbach puis la piste qui part à flanc sous la Wissgrat. Prendre le sentier qui raccourci la piste ! toujours à flanc . Par un petit sentier en lacet atteindre le refuge !
 
Rimpfischhorn
de Täschhutte remonter vers Chumibodmen (sentier quand il n'y a plus de neige !) et poursuivre vers la partie gauche de l'alphubelgletscher. remonter vers 3450 m au "sommet" du Vorder wand. Le conseil : venir "taper" au plus loin de l'arête, la descente est plus facile (sous le point 3761 m CNS)
 De là, 80 m de descente bien négociée permettent de rejoindre le glacier de Mellich à ski (Mellich gletscher)
Remonter le glacier en passant sous les 2 éperons 3550 m puis 3650 m avant de passer sous la face Nord Rejoindre le Rimpfischsattel (Crevasses... Grosses sur le haut), lieu du dépôt des skis.
Vu du sattel, il y a deux couloirs,  à droite d'un gros éperon. Remonter le couloir de gauche sur les 2 /3 puis basculer à gauche vers la face Nord (III) Remonter un second couloir au mieux (relais en place à contrôler !) et gagner l'antécîme puis le sommet du Rimpfischhorn 4198,9 m par une arête aérienne puis des rochers faciles !
(On peut également remonter l'arête de l'antécîme sur son intégralité, ça passe ! II et III max)
 
Descente
Par le même itinéraire.
 
ou :
 
Variante 1 (de 2011) , pour éviter la remontée sur l'alphubelgletscher on peut descendre  le mellichgletscher puis rejoindre la moraine et le sentier (en rive droite) passer sous le point 2731 m puis suivre le sentier à flanc avant de remonter à la Täschutte (en fait c'est pas très rentable, mais vu qu'on l'a fait, je la propose...)
 
Variante 2 (2019)
Du sattel, redescendre  la combe par l’itinéraire de montée, on peut soit viser le point 3394 m (ce qu'on a fait) ou, plus logiquement et plus facilement, viser le point  3310 m CNS au sud de ce point et de la barre, il y a une rampe que l'on peut  suivre sur le bord du glacier. (Du point 3394 m il faut traverser le glacier pour rejoindre le pied de la barre rocheuse, et la rampe.)  Retraverser le glacier au sud avant de ressortir du glacier.
 
 
topo Rimpfischhorn ski (source Swiss geo map) variante 2

topo Rimpfischhorn ski (source Swiss geo map) variante 2

Récit

 

Un beau week-end de pentecôte s'annonce, et, avec Ovidiu, on a prévu "l'aventure extrême" : l'ascension de la Jungfrau par la Guggiroute.  C'était sans compter la météo capricieuse, qui fait qu'Ovidiu jette l'éponge.  On est jeudi, la fenêtre météo se limite à Vendredi Samedi et je n'ai pas de partenaire de cordée. J'aimerai bien aller au Rimpfischhorn... Mais je me laisserai emmener où le vent me mènera...  Ovidiu m'a fait passé le mail d'un de ses potes, ... qui veut grimper... et moi, en matière de grimpe.  On laisse tomber. Un grande réunion m'empêche de poursuivre mes recherches l'après midi. J'active mes réseaux dans la soirée.

Le partenaire de cordée, c'est comme une truite, il faut ferrer et pour celà, il faut un bon appat sur l'hameçon.

Bref, je propose mon Rimpfischhorn, et Benjamin, avec qui je n'ai jamais fait de montagne semble intéressé, sauf qu'il bosse. J'ai l'argument qu'il faut : la montée au refuge ne dure que 1 h 15, je vais même jusqu'à lui  calculer son heure d'arrivée (heure qui s’avérera juste ! ) Il ne me garantie pas de venir. Le plan est qu'on se retrouvera au refuge le soir s'il vient.

 

Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m

Je pars tranquille dans la matinée et je rejoins Täschalp. Au programme une petite sortie trail sur le sentier balcon qui surplombe la vallée entre Täsch et Zermatt ( de Taschhalp à Tuftra)

Je croise un randonneur, je file à flanc, ça reste agréablement assez roulant. Malheureusement, les sommets sont un peu bouchés. Je passe sous un glacier rocheux. J'ai vu un  reportage sur l’excellente chaîne MBlive sur ces glaciers rocheux qui provoquent des glissements de terrain. Là tout est organisé pour prévenir le randonneur : panneaux et abris. Je traverse la zone dangereuse et je passe 40 m ou un glissement de terrain a emporté le sentier. Je passe un gars hors d'âge, qui nettoie le sentier avec un balai. Quelques névés viennent ralentir ma progression. Ça passe.  Je rejoins le petit hameau endormi de Tuftra, il n'y a pas âme qui vive.

Le temps de faire quelques photos puis demi tour.

 Je repasse devant l'ancien, qui me dit de faire attention lors de la traversée du pied du glacier rocheux  (je ne sais pas s'il ne m'a pas reconnu). Je lui indique que je serai prudent. Oiseau de mauvais augure, j'ai d'un seul coup un doute. Et si je me prenais une pierre... Si je faisais un faux pas, basculant dans le vide, on retrouverait mon corps déchiqueté, les yeux mangés par les corbeaux quelques jours plus tard en contrebas du sentier. Les gens sur camp2camp analyseraient avec précision les raisons de ma chute, mes erreurs commises, mon inexpérience chronique...

Par chance, je parviens à traverser le périlleux passage, peut être l'oracle s'est il juste trompé de 24 h, demain, il faudra être prudent. Je file vers la voiture où je change de tenue, je passe du trailer au skieur alpiniste...

et là

ô horreur

Quelle buse

j'ai oublié mon ARVA (DVA pour les plus jeunes... J'aime ces changements de dénomination)

Bref, c'est la loose. Pour une fois, je n'ai pas eu le temps de faire ma checkliste avant de partir (j'ai oublié aussi ma go pro, mais c'est moins grave...)

Je pars tout de même, un peu moins lourd.

Je suis déjà monté à Täschhütte 3 fois, une fois l'été pour réaliser la traverser l'Alphubel par la Rottgratt puis la grandiose traversée  Täschhorn Dom, une seconde fois pour gravir l'Alphubel et le Rimpfischhorn à ski avec Steph (mon 41ème 4000) et enfin l'an dernier, pour mon 83ème 4000, l'Alphubel en solo à ski. Bref , je connais la montée, elle est courte : 1 h 15 - 1 h 20 si tout va bien. Je vois que le sentier qui coupait la route du départ a disparu, tant pis. Je m'élève tranquillement, quand le téléphone sonne. Un bip strident, insupportable. Je regarde le message, c'est l'un de White Risk, l'application Suisse d'avalanche, qui, fort judicieusement, en cas de gros risque, envoie un message d'alerte... Et c'est le cas. Et moi, le looser, qui ai oublié mon ARVA.  Je ne pensais pas qu'on aurait des risques d'avalanche, il faudra être prudent. Ça fait tout de même la deuxième alerte après le vieil homme croisé au pied du glacier rocheux... Une goutte de sueur perle dans mon coût, froide, elle vient glisser le long de mes vertèbres, glaciale, j'ai peur. La Pythie n'est pas favorable à l'ascension.

 

Je poursuis pourtant vers le haut. Il me semble que le refuge est ouvert, j'aperçois ce qui semble être un drapeau qui flotte.

Derniers virages, voici le refuge. Je m'annonce, je me repose un peu puis je surveille Benjamin depuis le haut.  Il progresse assez vite. Je vais à sa rencontre (enfin par hyper loin non plus, je suis en crocs du refuge). Finalement il a déjà mangé. Je mange tout en papotant et en partageant quelques graines avec Benjamin. Le groupe voisin, nous file leurs dessert. Parfait. On se couche vers 10 h.

 

Malheureusement, les enfants de même groupe font le souk dans le dortoir voisin.  J'entends Benjamin qui s'énerve, et je finis par aller gueuler ! (Non en fait je suis resté calme et ça s'est avéré très efficace), 10 minutes après, le calme est revenu.

Je n'ai pas bien dormi pour autant.

réveil à 3 h 30

Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m
Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m

3 h 20, je sens que benjamin est réveillé, bonne pioche, il me propose de dormir les 10 minutes prévues initialement. 10 minutes plus tard, mon téléphone hurle et réveille tout le refuge. Je tarde à arriver à l'éteindre "euh... désolé ! "

On s'habille et on descend déjeuner. Puis partir, ski sur le sac.  On suit le sentier et on rejoint la combe, d'habitude enneigée, à 5 minutes du refuge. Pas de neige, on poursuit jusqu'à la combe suivante que l'on remonte. Voilà la neige, pour éviter de faire trop de manip on continue de porter. Mais la neige est inconsistante. Les alpinistes à pied qui veulent aller à l'Alphubel vont en chier ...  On fini par chausser. Je sens que Benjamin a plus la caisse que moi, mais il préfère se mettre dans ma trace pour ne pas bruler des cartouches. Il fait froid, le vent est glacial et j'ai eu la bonne idée de ne pas prendre de doudoune par économie de poids. J'ai eu du nez ?

Tranquillement on s'élève. L'avantage quand tu connais le coin, c'est que tu ne stresses  pas de faire des erreurs d'itinéraire.

on arrive à la barre rocheuse de 3400 m. On commence à vouloir la descendre en laissant les peaux, mais on se rend compte que c'est nul (surtout Benjamin) bref, on enlève les peaux et on zou, neige béton, raide, mais ça passe, faut juste ne pas faire d'erreur, sinon c'est descente méga rapide en bas.

Je reste concentré tandis que Benjamin enchaîne les jolis virages. En bas, repeautage. Le soleil est là, malheureusement il ne chauffe pas. Encordés, nous remontons le long faux plat qui ramène sous le Rimfischhorn.

 

Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m
Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m
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Je tache de prendre l'itinéraire le plus efficace et le moins exposé. La neige est dure et les couteaux sont bien utiles, rythmant notre ascension de leur tintinnabulement. On commence à voir des crevasses. De plus en plus grosses, de plus en plus perfides. Les couteaux dans la glace peinent à pénétrer. Mais on progresse tranquillement. Une grosse crevasse, en réalité une sorte de rimaye dans laquelle nous avions du skier avec Steph en 2011, nous barre la route. Un pont de neige verglacé en permet le passage. Nous la traversons sans encombre.  et remontons la dernière partie qui amène au col pour une bonne pause. Reste 200 m !

Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m

Je repars devant, les crampons ont remplacés les skis,  d'abord la pente est douce, mais elle se redresse et devient verglacée. On pause les bâtons derrière un rocher, ne gardant que les piolets. Pente à 45° bien tracée. je file, puis bascule à gauche comme le propose le topo ( en plus il y a des traces, donc fastoche)

 

on rejoint LA Dalle, parce qu'avec steph, on avait bien hésité lors de ce passage, une dalle inclinée mais peu prisue. Je passe, que dire, je virevolte, je suis presque déçu... Le mixte n'est jamais dur, on fini par rejoindre l'arête. J'hésite, deux choix s'offrent à moi, à gauche, la pente à 50° verglacée ou longer les rochers. Après avoir hésité on se lance le long de l'arête (en fait on aurait pu rester dans les rochers... C'était mieux) . De toute façon, je vais passer ma montée à hésiter sur l'itinéraire.  Mais on progresse même si la partie technique nous parait plus longue que prévue.  On déboule sur l'antécîme, la vue est magique sur le sommet.  Courte descente impressionnante et dernière escalade facile, voilà le sommet, , la vue, le vent, le froid. Je me cale contre un rocher un peu abrité du vent pour la pause.

 

Pause courte on a laissé les sacs au col, bilan : un peu de photos , une barre avalée et on file !

Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m
Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m
Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m
Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m

Finalement , en descente ça déroule. on voit mieux les passages et... on est déjà passés par là ! On croise une cordée qui a choisi l'option couloir raide en glace et qui broche à tire larigot. tout se passe bien, au point que je ne vois même pas la dalle qui m'avait semblé être le crux de la voie la dernière fois ! On se retrouve dans le couloir au dessus du col puis au Sattel pour une petite pause. Mais il fait froid, toujours, donc elle ne  dure pas.

 

On file vers le bas avec mon plan en tête, essayer de rejoindre le fond du vallon de Taschhalp, j'ai repéré hier que la neige descendait très bas.

C'est partir, d'abord en neige dure puis ça s'adoucit. Passage de la grosse crevasse sans souci puis bon ski. La transfo est là,  On longe la longue arête du Rimfischhorn. puis on tire à gauche, on va skier à vu pour la descente.

 

Et c'est là qu'il faut que je vous parle du plan foireux

Un plan foireux est, comme son nom l'indique, un plan qui aurait pu être simple, mais qui , à l'aide  d'un cerveau torturé, devient complexe, dangereux ou bien moins facile que prévu.

Là on est pile dans ce cadre, mais on ne le sait pas encore, la vie est mal faite...

 

 

Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m

Bref, premier arrêt pour voir où ça passe, le but est de tirer sur la gauche pour rejoindre un vallon bien enneigé. Et on tire à gauche, mais, oui, il y a un mais, la pente devient raide et des séracs apparaissent. ca ne semble pas passer. On repart sur la droite, on se retrouve sur un éperon. Benjamin me propose, fort à propos de sortir la carte. Ça semble passer entre les rochers et les séracs.  Et zou, c'est raide mais ça passe (et c'est magnifique) . Bon ça ne résout pas le problème de rejoindre la combe de gauche mais ça permet de descendre. Un peu plus bas, nouvel obstacle, encore des séracs à gauche. Flûte. Et benjamin qui semble fatigué. Ce coup ci il faut remonter, en canard. Je commence à évaluer le dénivelé qu'il va falloir accomplir pour ce sortir de ce mauvais pas. Je traverse le glacier à plat en évitant comme je peux les crevasses , tout en position descente.  Je ne prends pas une pente qui semble bonne entre deux zones de séracs (trop dangereux mais on verra depuis le bas que ça passait)  Finalement on rejoint une rampe. Ça passe... pour l'instant. (voir la carte du topo pour ceux qui souhaitent suivre nos pérégrinations précisément.)

J'attends que Benjamin me rejoigne avant de repartir vers le bas, la neige est bonne, on en profite, mais on n'est pas sortis, après la grande traversée à droite que nous venons de faire, je souhaite tirer à fond à gauche pour trouver ma combe.  Je file donc en traversée. Et j'arrive au bord du glacier, glace vive, raide. Et Merde. Je vois bien que Benjamin fatigue, mais poliment il ne dit rien, il ne m'insulte pas alors qu'il serait en droit. Bon, j'avoue, j'ai de la ressource et je sens que ça peut passer au dessus, il semble y avoir une rampe qui permette de sortir du glacier  et de rejoindre ma fameuse combe enneigée, tout ça s'il n'y a pas de crevasse infranchissable entre deux .

je déchausse et remonte de 30 m à pied, skis en main. En haut j'attends Benjamin, à mon avis ça passe

Je rechausse, entame la traversée dans la neige lourde (plein sud) Ca y est je vois bien l'ensemble, ça passe !!! Plan foireux presque... terminé !

Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m
Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m Ski de rando : Rimpfischhorn 4199 m

Benjamin me rejoint. on est passé. Maintenant, ça n'est plus du grand ski mais il suffit de descendre au mieux cette combe. La neige est lourde, il y a même parfois des trous d'eau et des rochers. Je mène toujours. Quand la neige est bonne, je file, c'est agréable. Je passe près d'un rocher, la vache il y a un chamois. Apeuré il se met à galoper juste devant moi. La neige étant lourde il peine à progresser (même s'il avance quand même) J'ai failli le percuter. Je le vois haletant, avec ma vitesse, je suis juste 5 mètres derrière et le moment dure, je finis par m'arrêter, il poursuit son énorme effort pour me fuir. Moment incroyable (ça me fait penser à Agathe, ma fille, qui avait failli percuter elle aussi un chamois à Metabief... tel père, tel fille ! )

Bas de combe

Neige méga lourde

Les skis qui s'enfoncent dans prévenir. Benjamin est mort. Je reste devant pour tenter de trouver le meilleur passage. La neige n'a jamais été aussi lourde. C'est ça de vouloir skier à basse altitude en juin, le fameux revers de la médaille.

Je m'en sors bien et déchausse assez bas. Je descends sur une pelouse pour le pique nique. Opération séchage. Benjamin me rejoint et on partage le frugal repas.

Il souhaite rentrer à son rythme, et j'avoue que je suis un peu pressé, j'ai mon anniversaire à fêter en famille, et mon petit plan foireux nous a fait perdre une petite heure.

On se sépare et je file sur la piste vers le bas.

Une grosse demi heure plus tard je suis à Taschalp

dans la soirée je suis à la maison pour fêter mon anniv et préparer mon matos: demain, au programme : la montée du Poupet en course à pied à Salin les Bains. Mais ça, c'est une autre histoire !

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Apoutsiak — ValaisSki de randonnéealpinisme
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Serait ce la journée de la loose 2 après la pire journée de touts les temps la veille

Vous le saurez en lisant le récit (complètement ....)

 

Vidéo

Topo

Je suis parti de Sarmata 1805 m, on peut partir de La Gouille 1834 m, plus logique...

Rejoindre par le sentier le lac bleu : 2100 m puis le Remontze du Ché Blanc 2422 m et les Crosayes sous la cabane des Aiguilles rouges; remonter la combe en direction de la Pointe des Darbonires et passer au Nord, gagner le glacier, remonter Ouest Nord Ouest en direction de la pointe de Vouasson 3490 m

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Récit

Nouvelle nuit dans la voiture, après la journée de la loose, c'est pas gagné !

Je me réveille après avoir bien dormi et je déjeune. La voiture me met un message... Batterie faible, démarrer la voiture et ... bien sûr, elle ne démarre pas. Tant pis, je vais me faire ma journée de ski, je gérerai ça en rentrant ! Ça va sans doute m'occuper l'esprit pendant la balade.

Je m'équipe, et je pars, ski sur le sac, la neige semble bien loin... Je suis à Sarmata, un peu en dessous de la Gouille, le départ habituel, je traverse le hameau endormi avant de remonter une sente qui ramène au sentier classique. Pas de neige. La suite, je connais, aujourd'hui, je ne vais pas me tromper (et oui, lecteur, je sais que tu espères une grossière erreur d'orientation de ma part, mais aujourd'hui, je suis sur MON terrain) !

Le sentier remonte vers le lac bleu, qui est en réalité vert, va comprendre !

Je poursuis, il y a un peu de neige, mais c'est bien trop pauvre pour skier ! Et zou, avec mes deux skis toujours sur le sac, j'avance. La neige merdique sur le sentier, mais pas assez pour skier. 2300 m Enfin, elle est là : LA Neige.

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Et je poursuis, tout en surveillant le vallon de gauche, une trace semble y descendre et j'essaie de deviner d'où elle vient ? d'au dessus de la cabane  ou dans le vallon en biais en dessous. Je finis par trouver le passage, impeccable à la descente, ça devrait me ramener non loin du lac bleu ! Yes !

Je suis seul, c'est rare de se retrouver seul par beau temps sur une course comme ça. Je pense aussi à ma voiture, il va falloir trouver des gens sympathiques qui auront des pinces pour la redémarrer. Tout ça pourra peut être se finir en dépanneuse si ça tourne mal. Pour l'instant, objectif sommet !

Une harde de chamois avance tranquillement au loin. Les marmottes me sifflent, va savoir pourquoi ?

Un lagopède décolle.

Je passe sous le refuge et je rejoins le petit collet au dessus. trop de vent pour faire une pause, flûte, je monte encore un peu, mais le vent forci . Bilan, pause dans le vent ! Mal joué.  Je repars pour les 200 derniers mètres, je quitte les skis pour les sommets sommitaux où je ne traine pas !

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
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J'attaque la descente dans le vent. Il m'a toujours été difficile de faire le premier virage. Peur que la neige ne soit pas telle que je l'ai pensée. Peur de me crouter donc . Il n'est pas beau mais il passe. La neige est un poil croutée mais ça passe même si ça n'est pas du grand ski. Je finis par trouver de la bonne poudreuse en versant Nord. Je rejoins le petit collet, je descends un peu pour être à l'abri du vent, et je me fais une petite pause.

Est il trop tôt pour descendre.

La neige a t'elle bien décaillée

Ça serait dommage de descendre trop tôt.

en fait, je réfléchis trop, Il faut descendre MAINTENANT !!!

 

Et Yes, juste le bon moment, juste décaillée.

De la neige de rêve !

C'est le bon moment. J'enchaîne les virages et ça passe vite.

Je me retrouve déjà sous le refuge. Flûte, j'ai skié trop vite et j'ai raté le couloir que je voulais prendre. Où est il, un peu au dessus ? Je remonte en escalier quelques mètres puis j'hésite. En fait, il y a une trace qui part en dessous, pas la peine de remonter.  Je redescends, c'est le bon endroit, je file en traversée rejoindre la grande combe à droite visée ce matin

Je rejoins a combe qui est parfaite, les virages s'enchaînent et je rejoins le replat qui mène au lac bleu. Je déchausse sur une centaine de mètres, une marmotte détalle à mon arrivée.

Je rechausse un peu plus loin et je croise quelques randonneurs qui me font de grands saluts !

Derniers virages dans une combe en soupe, puis je déchausse. Je charge les skis sur le sac et je rejoins le sentier. Il y a moins de 300 m de portage pour ce reste de descente, bien joué. La descente est rapide, je vois ma voiture bien sage, j'espère qu'elle va démarrer. Si ça n'est pas le cas, il faudra arrêter une voiture, espérer qu'elle est des câbles,  et esperer qu'elle démarre. Je resterai en pantalon d'alpi, pas de short ça fait trop touriste,  et je mettrais ma polaire bleu, elle fait un peu gendarme, ça aidera sans doute les gens à s'arrêter. Pour vu qu'elle démarre...

Je croise un chevreuil qui file vers le haut. La journée aura été riche en faune. Je rejoins le village endormi, je le traverse tout en cherchant du regard les voitures, signe de la présence des habitants et j'en repère une.

 

 

 

 

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Ma voiture est à 100 m au milieu d'une zone vide, une voiture quitte la route et vient se garer juste à coté. Je salue le pilote qui en sort et lui demande s'il a des câbles. Réponse affirmative, je lui explique mon problème et la probabilité que ma voiture ne démarre pas. Pas de souci pour lui.

J'AI VRAIMENT de la CHANCE !!!

Et zou, voiture en place, câbles presque mis quand une femme sort de sa voiture. A priori, je comprends qu'ils ont déjà eu problème en voulant aider quelqu'un. Pour tant, moi, qui suis loin d'être un grand bricoleur, je repère facilement le pole + et le pôle - de leur voiture...

Mais elle se braque, on consulte la notice de la voiture, et bien joué, la batterie sur le dessin, n'est pas celle de la voiture !!! On consulte internet, oui, il y a de la 4G à Sarmata ! On reconnait vaguement la batterie. mais la madame est trop anxieuse. Je décide d'aller voir dans le village, trouver de l'aide.

 

Je marche les 300 m qui me sépare de celui ci, je trouve le chalet avec la voiture garée devant, je toque. Un râle m'invite à entrer, je fais répéter puis je finis par m’exécuter. Une odeur de tabac froid me prend à la gorge quand je rentre. Le chalet est sombre et sent la poussière, j'avance presque à tâtons dans un couloir, et me retrouve face à un type en chaussettes, allongé sur son lit ! Je lui explique ma problématique tout en doutant qu'il soit l'homme de la situation.

"J"arrive dans 5 minutes" m'annonce t'il

Retour à la voiture, mes deux anciens, skieurs de randonnée, regardent les batteries avec circonspection. Le pire, je saurai faire. Mais bon.

Le valaisan arrive dans une vielle voiture bleu pétaradante.  Il s'en extirpe. L'homme est petit, maigre, tout dépenaillé, le début de barbe hirsute, j'ai encore son odeur de tabac dans le nez.

On échange les voitures de place, on branche les câbles... ça ne marche pas, le scenic affiche tous les messages d’erreur du monde. Puis un gros panneau STOP Rouge s'affiche sur l'écran de la bête. Et plus aucune réaction quand j'appuie sur Start, c'est grave.

Les deux anciens ne se sentant plus utiles s'en vont (ils ont été sympa de rester et de m'aider)

Je décide d'appeler un garagiste local. Il me conseille de débrancher la batterie.  Le vieux type au tabac froid va cherché des outils chez lui et revient avec  des clefs de compétition. démontage, remontage, ça ne marche pas... Une seconde fois, toujours rien. Je décide de faire une dernière tentative avant d'appeler une dépanneuse... Je débranche, j'attends plus longtemps  que les fois précédentes, je rebranche... Nouvelle tentative, le moteur tourne un peu mais cale, à la seconde tentative, il part ! YEEEEEEEEESSSSSSSS !

Finalement, j'ai de la chance !

Je propose au type de lui payer un coup, il refuse poliment, ce bon samaritain.

Je file en débranchant le stop and start afin d’éviter de tirer sur la batterie. En route vers ma Franche Comté. J'ai vraiment eu du bol !

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