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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Vidéo : Combin de Corbassière

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ou presque

Traversée des glaciers de la Vanoise - Dôme de Chasseforêt 3586 m - Dôme de l'Arpont 3601 m

Apoutsiak — VanoiseRaid à skiLes 100 plus bellesSki de randonnéealpinisme

Magnifique traversée réalisée en décembre 2021, complètement hors saison

 

Vidéo :

Topo

à suivre

topo IGN geoprtail traversée des glaciers de la Vanoise - 2ème jour

topo IGN geoprtail traversée des glaciers de la Vanoise - 2ème jour

Récit

Pralognan la Vanoise

  • -4°C, le village est vide, seules quelques voitures sur le parking. Je passe voir l'employé communal en train de déneiger le parking, pour savoir comment rejoindre au plus facile le haut des pistes, il me montre la raide piste rouge. Bastien et moi traversons le village fantôme avant de rejoindre le pied de la station. Puis commence la  longue remontée, les pistes sont parfaitement damées, mais fermées. La première pente est un peu raide, elle nous met dans l'ambiance, on remonte tranquillement mais surement vers le haut des pistes.
Pralognan refuge du col de la VanoisePralognan refuge du col de la Vanoise
Pralognan refuge du col de la VanoisePralognan refuge du col de la Vanoise

Pralognan refuge du col de la Vanoise

Refuge du Col de la Vanoise - refuge Félix Faure

  • 2 h plus tard, on parvient au refuge  du col de la Vanoise (refuge Félix Faure) je me dirige vers ce que je crois être le refuge d'hiver, j'y ai dormi plusieurs fois. La porte est fermée. Petit coup de stress, j'espère qu'il ne fallait pas demander la clef à l'office du tourisme de Pralognan. Une seconde porte est fermée... flûte. Je fais le tour du bâtiment, pas de porte. Le stress augmente, le raid à ski pourrait s'arrêter là si on ne peut pas entrer dans le bâtiment.

Bastien part inspecter le bâtiment principal, la porte, coincée par la neige résiste mais... fini par s'ouvrir... Bingo. On entre dans l'antre ... Le refuge est hyper confort, on fait une courte pause pique nique, avant de repartir vers le haut, on a prévu de monter jusqu'à la pointe de la Réchasse aujourd'hui.

 

Refuge du Col de la VanoiseRefuge du Col de la Vanoise
Refuge du Col de la VanoiseRefuge du Col de la Vanoise

Refuge du Col de la Vanoise

Epaule de la Réchasse

  • On aura peu vu le soleil aujourd'hui, nous sommes le 17 décembre et le soleil est bas. Nous remontons avec les couteaux une vieille trace bien regelée et bien à l'ombre. "Fait pas chaud"

Comme souvent, je ne suis pas très en forme, et Bastien lui, tient la forme de sa vie. Poliment, soit il se cale dans mes traces, soit il me fait la trace tout en m'attendant régulièrement. Nous parvenons enfin à l'épaule, il est déjà tard et le soleil menace de se coucher vite. On décide de faire demi tour ce qui m'arrange bien.

Peaux enlevées on dévale les pentes de la Réchasse. Malheureusement on descend un peu bas et il faut remettre les peaux. J'entends Bastien râler au loin (je ne l'ai pas attendu dans la manœuvre afin d'éviter tout reproche justifié... ) 5 minutes plus tard on rejoint le refuge et son poêle pour une super soirée.

On parvient à faire chauffer la salle à manger , les chambres restent fraiches et humides : il y fait 3°C !!! Heureusement que les couettes sont efficaces !

épaule de la Réchasseépaule de la Réchasse

épaule de la Réchasse

Pointe du Dard

  • Le lendemain, nous sommes remontées à l'épaule de la Réchasse, puis avons traversé l'énorme, que dis je, le gigantesque plat de la pointe du Dard. Les paysages sont grandioses, la grande casse derrière, et devant, la pointe du dard et le Dôme de Chasseforêt tout au loin, objectif du jour, on n'est pas rendu...

Derniers mètres, je décide de 'arrêter pour filmer Bastien qui remonte la dernière pente. je trouve l'image super esthétique. Une fois faite, je le rejoins pour une première pause et une première descente.

On enchaîne de jolis virage sous la pointe du dard avant de plonger dans la pente plein Ouest. Elle est plus raide sur la carte que sous mes skis, tant mieux. Le vent est là, le froid aussi, mais ça reste suportable.

la Réchassela Réchassela Réchasse
la Réchassela Réchassela Réchasse
la Réchassela Réchasse
la Réchassela Réchasse

la Réchasse

Pöinte du DardPöinte du DardPöinte du Dard
Pöinte du DardPöinte du DardPöinte du Dard
Pöinte du DardPöinte du Dard
Pöinte du DardPöinte du Dard

Pöinte du Dard

Pointe du DardPointe du DardPointe du Dard
Pointe du DardPointe du Dard

Pointe du Dard

Dôme des Sonnailles

Après une petite pause pique nique à mi montée, où Bastien a judicieusement fait une offrande de son sandwich au glacier (celui ci ayant décidé de suivre la loi de la gravité poussé par le vent). On ne sait jamais il ne faut jamais se mettre le glacier à dos, surtout en début de saison.

Nous finissons par atteindre le Dôme des Sonailles

La suite est plate, très plate, il faut remonter l'immense faux plat du Dôme de Chasseforêt.

Le paysage est immense, un poil monotone pour celui qui comme moi, ne progresse pas très vite. Dire que certains font l'aller retour depuis Pralognan , à ski, à la journée !!! Voilà qui m'épate particulièrement !

On dépose les skis au pied de l'arête finale (petite erreur, on aurait pu en remonter une partie à ski, mais ça semblait en neige béton) et on remonte la jolie arête facile jusqu'au sommet, YES ! La dernière fois que je suis venu, c'était il y a prêt de 30 ans, j'étais jeune, à l'époque !

Dôme des SonaillesDôme des SonaillesDôme des Sonailles
Dôme des SonaillesDôme des Sonailles
Dôme des SonaillesDôme des SonaillesDôme des Sonailles

Dôme des Sonailles

Dôme de Chasseforêt - Dôme de l'Arpont

  • Mon but restant de faire un maximum de sommet, on ne se refait pas, nous discutons avec Bastien du timing pour aller à l'Arpont. Le soleil a déjà bien entamé sa course descendante en cette journée hivernale. Je taquine mon acolyte, le trouvant bien pessimiste. Nous repartons vers nos skis, puis traversons le col de Chasseforêt à ski (avec les peaux) avant de remonter à ski vers le sommet, et bim, nous y voici avec une vue magnifique, la Dent Parrachée fait la belle devant nous.

On attaque la descente dans le froid, un quart d'heure plus tard, on passe définitivement à l'ombre. 2 minutes plus tard, je me croute dans la croute ! Dur dur de se relever avec un gros sac...

Dôme de ChasseforêtDôme de ChasseforêtDôme de Chasseforêt
Dôme de ChasseforêtDôme de Chasseforêt
Dôme de ChasseforêtDôme de ChasseforêtDôme de Chasseforêt
Dôme de ChasseforêtDôme de Chasseforêt

Dôme de Chasseforêt

Dôme de Chasseforêt - Dôme de l'ArpontDôme de Chasseforêt - Dôme de l'ArpontDôme de Chasseforêt - Dôme de l'Arpont
Dôme de Chasseforêt - Dôme de l'ArpontDôme de Chasseforêt - Dôme de l'ArpontDôme de Chasseforêt - Dôme de l'Arpont

Dôme de Chasseforêt - Dôme de l'Arpont

Refuge de l'Arpont

La descente sur le refuge de l'Arpont s'annonçait rapide, il y avait juste une incertitude pour passer les barres rocheuses à quelques centaines de mètres au dessus de celui-ci, avec un peu de chance, ça passerait bien... Quel optimiste je fais.

D’abord la descente, avec pour objectif d'éviter les zones de crevasses au maximum, nous sommes en début de saison et toutes ne sont pas parfaitement bouchées.

S'en suit la sortie du glacier, galère, il faut louvoyer entre des zones rocheuses raides et essayer de trouver un passage continu. Je m'attelle à la tache, c'est parfois raide, mais on parvient à descendre sans trop déchausser (tout en galérant un peu quand même)

On se retrouve sur le plat du lac de l'Arpont, les skis en position descente, à galérer comme des fous pour avancer. Le lac est long, les berges un peu accidentées ! Je file comme je peux devant afin de trouver le meilleur itinéraire. C'est le début de la galère... Le soleil est bien couché, tout devient gris bleu. Je remonte légèrement et me retrouve au sommet d'une barre, la suite a l'air bien galère. Bastien me rejoint, on enlève les skis et on remonte sur la gauche le long de la barre rocheuse.

Je repère au loin un hypothétique passage. Bastien lui propose de passer par le chemin d'été, j'insiste pour prendre mon itinéraire (je pense que le sien risque de ne pas passer en hiver) . On remet les skis, méga traversée avant de plonger dans un système de couloir. J'essaie d'imaginer où ça passe le mieux tout en espérant ne pas me retrouver au dessus d'une barre infranchissable. Un coup à gauche , un coup à droite (enfin ça reste plutôt à gauche en général) on fini par se retrouver sou la zone des barres rocheuses. On file vers l'ancienne moraine du refuge.

La neige devient ultra pourrie, avec de la poudreuse par endroit et de la grosse croute à l'autre.. Bilan : deux bonnes chutes pour moi !

Il fait presque nuit quand on arrive au refuge.

Il y a plusieurs bâtiments, l'objectif est de trouver la porte. Je propose d'explorer les portes de haut en bas. Première porte du haut fermée. Je file, à ski vers le bâtiment isolé à gauche ... "privé" il est écrit. Bastien a fait le tour du second bâtiment... rien . Je pars en bas contourner le bâtiment principal... porte fermée ! Je décide d'en faire le tour à pied, sans trop d'espoir, une porte à l'arrière du bâtiment serait bien illogique... Je galère à pied, dans une neige semoule, je remonte un muret, là, il y a une porte. et ... bingo, c'est l'entrée du refuge d'hiver. Le stress dimunie, on aurait été dans une belle galère si on c'était retrouvé dehors, de nuit, à cet endroit là !

J'explore le refuge, et la loose, il n'y a pas de couverture (pour cause de Covid), en été ils louent des duvets

Le poele fonctionne bien

bilan, on décide de remonter les matelas depuis le sous sol et de dormir dans la cuisine où il fait bon.

Bon Bastien avait un sac à viande, pour ma part, sans rien la nuit fut bien inconfortable.

Quelle idée de ne rien laisser pour dormir (pour info, la Covid n'est pas résistante dans le milieux extérieur (juste pour info).

Refuge de l'Arpont
Refuge de l'ArpontRefuge de l'ArpontRefuge de l'Arpont

Refuge de l'Arpont

Lac de l'Arpont

Le lendemain, on prend le chemin de la veille, et c'est tout de suite plus facile quand tu es déjà passé et que tu vois les difficultés depuis le bas. Bref on remonte au lac de l'Arpont et là me vient l'idée merveilleuse de le traverser. Il fait froid depuis un moment, je me dis que ça doit passer (on est un aventurier ou on ne l'est pas...) En plus, ça fera une super trace GPS au milieu du lac, argument nul, je l'avoue ! Bref, je traverse, je vois les quelques fissures au milieu de la glace et je parviens de l'autre coté. Je me retourne et je vois mon Bastien paniqué au milieu du lac. "T'es passé par où" "Bah ça passe partout" Je lis sur son visage toute la haine qu'il à envers moi, non, il ne voulait pas traverser le lac, "pourtant ça va nous faire gagner du temps !" , me dis je in petto. Le voilà qui me rejoint , à la fois livide et hargneux, je ne dois jamais recommencer... JAMAIS !!!

lac de l'Arpontlac de l'Arpontlac de l'Arpont
lac de l'Arpont

lac de l'Arpont

Dôme des Nans

Au dessus on rejoint le glacier, le soleil est là, les pentes raides du départ sont avalées, celle du milieux également, je souffre quelque peu dans le grand plat qui ramène au col de l'Arpont, Bastien est loin devant, très loin, trop loin, il me fait payer mon attitude déplorable au lac.

Je le rejoins au col et repars devant, le vent est là, fort. Quelques longueurs plus loin on parvient au plateau du Dôme des Sonnailles. Difficile de savoir où se trouve exactement le sommet sur cette étendue plate. On le décrète sous nos pieds, on enlève les peaux (un peu tôt on va devoir pousser sur les bâtons) et on file (plus ou moins, c'est assez plat au départ...) vers le bas.

Dôme des NansDôme des NansDôme des Nans
Dôme des NansDôme des Nans

Dôme des Nans

La descente (enfin)

La descente est rapide, on remet les peaux et on remonte vers le col du Pelve, toujours aussi beau.

Bastien me propose de continuer en peaux

Je lui affirme que ça passe bien à ski (sans les peaux)

Bien m'en à pris, on arrive à aller jusqu'à l'épaule de la Réchasse au pris d'un petit coup de pousse bâton sans trop de difficulté (ça c'est l'expérience, je suis déjà passé plusieurs fois par là)

La suite est rapide, on remet les peaux sous le refuge, puis c'est à fond pour rejoindre les pistes, et encore plus à fond pour rejoindre le bas de la station, dans la foule qui skie (et oui, entretemps la station a ouvert)

Traversée dans le monde de Pralognan pour retrouver la voiture et le parking, plein cette fois ci !

refuge du col de la Vanoise - Pralognanrefuge du col de la Vanoise - Pralognanrefuge du col de la Vanoise - Pralognan
refuge du col de la Vanoise - Pralognan

refuge du col de la Vanoise - Pralognan

Vidéo version courte

Vidéo : raquettes à neige au Crêt Monniot

Apoutsiak — randonnéeJuraraquettes à neige

raquettes à neige au Crêt Monniot au départ d'Arc sous Cicon - passage par la neigère et la glacière

Ski de randonnée : Tour du Mont Collon - Pointes d'Oren, du bivouac de l'Aguillette au bivouac des Bouquetins

Apoutsiak — ValaisarollaRaid à skiSki de randonnéealpinisme

Un superbe mini raid à ski au dessus d'Arolla. Du vent et du froid, même dans certains bivouacs. Nous avons du nous adapter chaque jour, seuls sur ces grands glaciers !

 

vidéo :

Topo :

Jour 1 :

Arolla - cabane des Vignettes - col des Vignettes - col de Chermotane - glacier d'Otemma - glacier de Blanchen - Bivouac de l'Aguillette à la Singla.

(idem prévu)

Jour 2 :

Bivouac de l'Aiguillette à la Singla - glacier d'Otemma - glacier du petit Mont Collon - col du Petit Mont Collon - pointe d'Oren Est et centrale - col de l'évêque - Haut glacier d'Arolla - bivouac des Bouquetins

(prévu Gran Blanchen descente sur Nacamuli, remontée aux Pointes d'Oren)

 

Jour 3 :

Haut glacier d'Arolla - bas glacier d'Arolla - grotte de glace d'Arolla - Arolla

(prévu : col du Mont Brulé, Tête de Valpelline, Tête Blanche - col de Bertol - Arolla)

 

Topo : du bivouac de l'aiguillette à la Singla au bivouac des Bouquetins par les pointes d'Oren

Topo : du bivouac de l'aiguillette à la Singla au bivouac des Bouquetins par les pointes d'Oren

Récit :

Comme d'hab, la journée commence par un covoiturage jusqu'à Arolla, on papote et ça passe vite.

Et comme d'hab, Bastien met des plombes à se préparer, et , j'avoue, ça me fait rire de le voir refaire son sac plusieurs fois pour ne rien oublier. Il devient rapidement la source de nos sarcasmes. En route vers les hauteurs, on remonte le long de la piste de ski d'Arolla, et je me remémore la vidéo d'un skieur de piste cette semaine qui se plaignait de la présence de skieur de randonnée sur une piste à Argentière. Nous, on ne dérange pas grand chose, on essaie de se faire touts petits, c'est pas de notre faute si une piste a été placée sur notre itinéraire...

En bas, les hélicoptères vrombissent pour emmener les héliskieurs vers le Pigne d'Arolla.

On quitte la piste pour une traversée puis le vallon qui suit, l'ambiance est bonne, on avance. Le soleil vient et Yves se retrouve en T shirt, le 28 Janvier, il y a un problème !!!

Pause pique nique sur le glacier, juste sous la face Nord du Pigne. On mange, et on repart rapidement, le soleil s'est couché derrière le Pigne, et les températures chutent ! Difficile de se réchauffer après la pause , quel écart de température. Je suis reparti le dernier et Yves et Bastien galopent, l'écart se creuse. Ils montent jusqu'à la cabane tandis que je me dirige directement vers le col, où ils arrivent avant moi.

J'adore le col des Vignettes et sa vue incroyable sur le col de Charmotane et les sommets alentours

par contre, je déteste la traversée qui suit , celle qui permet de rejoindre le dit col.

 

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Cette traversée, je ne l'ai pas parcourue souvent, une fois avec Thib, en 1998 (et oui, ça date)

Une autre fois avec le CAF lors d'une tentative sur l'Evêque et la dernière fois il y a 14 mois lors de notre tour à l'Aouille Tseuque avec Bastien.

Le passage est raide et expo, avec une neige tout le temps pourrie (soit verglacée, soit fondue) et aujourd'hui, on a droit a de la semoule avec une bonne croutasse dessus !!! Je laisse stratégiquement mes coéquipiers passer devant, prétextant tourner des images incroyables.  Je les vois traverser le passage sans aucune émotion (il n'y a pas de justice). Vient mon tour, crispé sur mes spatules, je m'engage, la jambe gauche tendue comme un débutant sur une piste rouge, j'avance lentement, comme je peux, progressant vers ce qui est mon salut. Après la traversée, il y a une partie où il faut faire des virages. Je fais le premier, le talon de mon ski s'enfonce dans la semoule profonde, j'évite la chute mais la sensation est désagréable. Second virage, penché en avant , stem parfait ! je file vers le col de Charmotane  et rejoins mes acolytes qui patientent depuis un moment.

On se lance dans la descente du glacier d'Otemma, il est presque plat, mais légèrement  penché (dans le bon sens), nous le traversons de gauche à droite, je filme tout en skiant, le paysage est grandiose, dominé par l'Aouille Tseuque avec son sommet partiellement en glace, il n'y a vraiment pas beaucoup de neige. Un peu de pousse bâton et voilà le lieu ou l'on remet les peaux

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La suite, on la connait bien , vu qu'on est passé là avec Bastien il y a un peu plus d'un an,  on remonte la rive droite du glacier, le vent nous accueille, il fait froid, on va se peler au bivouac, (il n'y a pas de chauffage dedans !) on repart sur le plat du glacier en direction du col, et on le rejoint, on est battu par les vents. On enlève les peaux comme on peu (tout en évitant de les perdre) et on laisse les skis entre des cailloux en espérant qu'ils ne s'envolent pas pendant la nuit !

Je pars vers le bivouac qui trône 76 m au dessus de nous. je fais la moitié de la montée et stop "faire des images", Yves passe devant et galère dans une neige semoule... on fini par passer et rejoindre le bivouac, bingo.

On passe 5 minutes au bivouac avant de gravir le sommet de l'Aiguillette. Du sommet, on voit sur le plat du glacier Benjamin qui n'est pas loin du col, il aura torché la montée (oui, Benjamin est parti, 2 h après nous et il est déjà là !!!). Retour au bivouac au coucher du soleil. Benjamin nous rejoint et c'est parti pour la fonte de la neige et la préparation du repas. Il fait -2°C dans le bivouac, on reste tout habillé toute la soirée. Le bivouac est très confortable à part cette absence de chauffage.

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Jour 2 - 6 h 30, le réveil sonne, il fait hyper froid dans le bivouac, il faut s'extirper de nos couvertures (pour moi, c'était 5) et préparer un frugal petit dej', s'habiller avec toutes nos couches, refaire les sacs ,  et quitter ce superbe bivouac un poil frisquet. Je sors le dernier et on file vers le bas retrouver nos skis, qui ô chance, n'ont pas été emportés par le vent. Vent qui a forci pendant la nuit. On décide de laisser tomber notre projet de monter au Gran Blanchen et de descendre à Nacamuli, mais de se contenter de passer par le petit col Collon et les pointes d'Oren.

Départ spectaculaire dans le vent. Ça faisait longtemps que je n'avais pas mis ma cagoule, qui traine tout le temps au fond de mon sac.

La neige est skiable, mais pas incroyable elle a été pas mal travaillée par le vent. On rejoint le glacier d'Otemma où l'on remet les peaux. On repart vers le haut, bifurquant sur le glacier du petit Mont Collon. Le vent forci, et balaye le glacier. Je ne regrette pas mes gros gants. Benjamin propose de s'encorder, je valide l'idée, de toute façon il faudra le faire plus haut. On poursuit vers la partie raide. Elle passe relativement bien et on bascule au dessus du col, je prends la direction du pied des Pointes d'Oren. Je cherche où nous allons attaquer  la montagne tout en contournant deux énormes crevasses. A droite, vers la pointe centrale, le haut est en mixte alors que juste à droite de la pointe Est, il semble y avoir une trace de vieille trace ... On file au pied, avant de remonter , de passer la rimaye. La trace est raide mais passe. J'arrive sur une zone crevassée et dure, je décide de mettre les couteaux. Benjamin trouve ça inutile , mais je préfère, Je sens le reste de la cordée désapprouver mon acte, Je me presse à les installer dans le vent tout en sentant le vent sec et désagréable de réprobation qui vient de l'arrière... . Je reprend ma progression. ça passe bien , on parvient au sommet sans souci mais dans un vent à décorner les bœufs. J'indique que je veux aller à pied au sommet central. Au départ, personne n'est motivé, mais après réflexion qui dure bien 5 minutes pour l'ensemble du groupe, tout le monde vient. et nous voilà en balade sur l'arête peu effilée des pointes d'Oren. On s'offre une pause dans un endroit miraculeusement sans vent avant de rejoindre le sommet central. YES.

retour au sommet Est

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Et c'est parti pour la descente, je filme mes camarades démarrer avant de les rejoindre. Ils hésitent quant à la descente. Je finis par repérer nos traces de montées, la sécurité veut que nous passions la rimaye au même endroit. Je file à gauche avant de repartir à droite dès la rimaye franchie, à fond pour tenter de rejoindre le col de l’évêque... bingo , j'y arrive sans trop pousser !

On décide de faire une pause à l'abri, en tirant sur la gauche sous le col, à l'abri de l'évêque. En fait, le vent arrive à balayer de la neige depuis l'arête de celui-ci, sur nos corps à moitié congelé. Bilan, on descend... sans pause.

D'énormes straturgies compliquent la progression. On tire à gauche, je ne le sens pas, le couloir est raide et je ne vois pas s'il passe, on retraverse le glacier pour tirer à droite comme il y a 14 mois, ça passe nickel. C'est pas mal de bien connaitre le coin, ça permet d'éviter les plans foireux sans hésitation.

Je me prends une boite sur le plat du glacier juste sous le col Collon et on passe l'épaule sous le Brulé.

J'arrive à déclencher une petite plaque en passant une moraine (c'est tout de même fou, il y a un risque 1 d'avalanche sur toute la suisse et je parviens tout de même à déclencher une plaque ... on a la loose ou on ne l'a pas !) On se retrouve sous le bivouac des boquetins et on remet les peaux.

 

Ski de randonnée : Tour du Mont Collon - Pointes d'Oren, du bivouac de l'Aguillette au bivouac des BouquetinsSki de randonnée : Tour du Mont Collon - Pointes d'Oren, du bivouac de l'Aguillette au bivouac des BouquetinsSki de randonnée : Tour du Mont Collon - Pointes d'Oren, du bivouac de l'Aguillette au bivouac des Bouquetins
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Et c'est parti, au loin on apperçoit un gars en raquette qui remonte lui aussi vers le bivouac. O navance et il nous demande quel est le bon chemin pour y monter, je lui indique que le mieux est de faire le grand tour par la droite, que ça sera moins raide. Il nous explique qu'il fait parti d'un groupe avec un guide et que, vu qu'il n'était pas en forme, le guide lui a dit de rentrer au bivouac... seul... Étonnant sachant que même si le glacier n'est pas très crevassé, ça reste un glacier. Le raquettiste s'est ensuite perdu sur le glacier et s'est retrouvé en mauvaise posture avant de remonter vers le bivouac, une petite galère pour lui...  On poursuit, et on le largue. Je profite de la vue sur les pointes d'Oren pour faire de jolies photos (et quelques vidéos) et voilà le bivouac.

Le groupe du guide s'est étalé, Benoit, le raquettiste du groupe arrive un peu après nous, on négocie avec lui la répartition des couchettes, on prend le quart nord tandis qu'ils gardent le quart sud. Il est tôt on va pouvoir, pour une fois, profiter de cet après midi en refuge.

Et comme occupation, à part allumer le feux et faire fonde de l'haut , il y a : surveiller le groupe du guide.  Tous les 1/4 d'heure, je sors du bivouac, faire l'état des lieux.

Le groupe de 5 se scinde en deux de l'autre coté du glacier, j'imagine que les eux plus faible revient  au refuge. les 3 autres remontent vers le col de Tsa de Tsan.

Leur comportement est étonnant, ils s'arrêtent régulièrement sous la face Nord du Mont Brulé et ses séracs menaçants ! Les deux autres remontent vers nous.

Quand il arrive, je me rends compte que c'est LE Guide !!! on papote un peu (il faut toujours se mettre bien avec un guide dans un bivouac, ça évite toute friction ultérieure inutile - oui, je suis un manipulateur calculateur pervers !) Il nous indique que les 3 autres montent au col de tsa de Tsan seuls (pour info ils n'ont aucune expérience de la montagne l'hiver !!!

Le gars derrière le guide arrive chancelant. Il a un énorme sac à dos et s'écroule sur lui même dès le plat devant le refuge atteint. Benoit vient à sa rescousse lui enlever sac et raquettes... Il lui dit dans un dernier souffle "t'as bien fait de pas venir... c'était hyper physique..."  Le malheureux est pale comme un linge, plus pale que la neige qui l'entoure c'est pour dire. Après de longue minutes, il parvient à se trainer jusqu'à une couchette dans le refuge réchauffé. Il ne la quittera qu'à de rares moments...

Au loin, le groupe de 3 progressent, les deux premiers plutôt rapidement, le 3ème a distance, on sent qu'il est dans le dur.

Le guide surveille, (de loin, et c'est rien de le dire) ses "protégés", par la petite fenêtre du bivouac. Ils atteignent le pied du col.

Avec Benjamin on papote et on se rend compte que le guide s'est endormi. La surveillance a du plomb d'en l'aile, on est mort de rire? A sa décharge, c'est la septième fois que le guide encadrer un groupe dans ce refuge cette année ! Mais bon, j'avoue que notre fou-rire est difficile à cacher !

Le groupe de 3 parvient au col puis à renter au bivouac sans encombre.

La soirée se poursuit, on mange, puis le groupe nous propose de la fondue. Le guide , assez âgé (pour un guide) nous raconte sa vie incroyable, ses 10 ans de maratons autour du monde et sa traversée de l'atlantique en canoë ! Et je me rends compte que nous nous sommes déjà croisé au refuge Victorio Sella en Italie (je l'ai reconnu quand il a parlé de  l'histoire des marathons tous les jours, 960, je crois, avec sa femme comme assistance technique) alors qu'on était parti avec Gianluca pour la traversée des Breithorn.

On a bien profité de la fondue et on se met au lit, le refuge à 6 h, la journée va être longue.

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Le vent souffle.

Le vent souffle toute la nuit.

Je sens même l'air qui parvient à traverser le refuge.

Ma nuit est bonne mais j'ai quand même bien entendu que le vent a forci. On va se faire décalquer si on va à Tête de valpelline ou Tête blanche. En plus les conditions ne sont pas bonnes, de loin, on a bien vu la glace sous le col de Valpelline.  6 h, le réveil sonne, le vent est là ! Je décide sans consulter les autres d'attendre une heure voir si le vent molli un peu. On se rendort... 7 h 20, toujours du vent, je me lève et vais allumer le feux, ça m'occupera. Je prépare un thé. Ma décision est prise, on redescends. Et oui, je suis un bon vieux dictateur !!! Je n'ai rien a envier à Mussolini, Hitler et Staline... Le guide se réveille et me remercie pour le feux; Il salue notre décision prudente (d'habitude, c'est pas mon genre...) Après avoir déjeuner, on fait nos sacs et on se couvre, dehors Éole nous attend, et il n'est pas de bonne humeur !

On quitte le refuge, première pente skiente. on rejoint le plat du glacier. Puis il faut jouer au plus fin pour ne pas trop pousser, viser les moraines, éviter les replats. On fait régulièrement des pauses pour faire le point et nous mettre d'accord sur la direction à suivre. On rejoint le plat du glacier, il faut pousser sur les bâtons. Bastien, le skieur de fond, s'en sort à merveille. Yves et moi lambinons au fond de la classe.

On descend la pente entre le haut et le bas glacier d'Arolla et la voilà : la grotte de glace. Je me croute, une fois de plus) à son abord ... je la sentais venir celle là. On met les skis sur le sac, et on part pour la traversée. Chacun y va se sa petite photo, la grotte est magnifique et immense, plus de 20 m de large sur 20 m de haut (à la louche quand même) et 200 m de long.

Progression magique, tout en faisant attention à la glace bien plane et glissante qui affleure par endroit. Au plafond, des blocs de roche sont coincés dan la glace, ils ne demandent qu'à tomber. Étonnamment, sur les bords la glace est transparente, on y voit plein de petits  morceau de terre ou de roche à l'intérieur. C'est superbe. On fini par ressortir de l'autre coté et remettre les skis.

une autre petite arche est présente un peu plus loin, on ne fait que la longer, on file à flanc puis la route d'Arolla. La route est ultra dammée par le monde qui monte à la grotte . Et , je finis par tomber lourdement suite à une faute de quart. Je me relève et repart, penaud. heureusement il y a un peu de pente ce qui me permet de ne pas avoir à trop pousser.

On file, on longe la rout eet on fini par arriver au parking, où des dizaibes de personnes se préparent à partir en raquette pour : la grotte de glace ! C'est l'attraction hivernale d'Arolla et effectivement, ça vaut le coup.

On laisse bejamin à sa voiture et on retrouve celle de bastien pour le retour à la maison, après de belles journées de montagne

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Vidéo : Raquettes à Neige Valmorel - Traversée des Arêtes de Crève Tête

Apoutsiak — raquettes à neigeVanoise

Raquettes à neige à Valmorel

Raquettes à neige à Valmorel

Traversée des arêtes de Crève Tête

depuis Valmorel, par le refuge Pierre Larron, le sommet, descente sur le col du Gollet et les remontées mécaniques de Pierrefort

attention, passages potentiellement avalancheux dans la montée au refuge Pierre Larron et sur l'arête

un poil d'alpinisme sur l'arête pour accéder au sommet

bonne lecture

Bonne Année 2022 !!! ------ rétrospective 2021 en vidéo ! -----

Apoutsiak — humeurvidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Et, comme chaque année, je vous propose une petite rétrospective de l'année précédente (donc 2021 pour cette fois ci) avec une version longue pour les plus gourmands et une version courte pour les plus pressés (un condensé de 2021, vous allé adorer !)

 

je suis désolé pour les allergiques à la mer, il y en a un petit peu cette année, ça ne se reproduira pas en 2022 !!!

Encore bonne année et bonne lecture !

 

Rétrospective 2021, la version longue

Rétrospective 2021 : la version courte

Bon, on a déjà des images en stock pour la vidéo 2022...

Bonne Année 2022 !!!                   ------ rétrospective 2021 en vidéo !  -----

Vidéo : traversée des glaciers de la Vanoise - Dôme de Chasseforêt - 3586 m - Dôme de l'Arpont - 3601 m

Ci dessous, la version courte, de refuge à refuge... sur les longs mais magnifiques plats de glaciers !

Vidéo : Randonné sur l'Ohué et le Pahia - Bora Bora - polynésie Française

Apoutsiak — RandoBora Bora

Jolie randonnée un peu sauvage sur les seconds et troisième sommet de l'ile de Bora Bora

Attention, entre T4 et T5 (notamment pour le Pahia, un peut pas d'escalade avec une corde à bourriner

 

fichier GPS de la rando sur simple demande

 

 

Adieu Suunto !

Apoutsiak — humeur

Ce petit article me tient à cœur, prêt de 20 ans que j'utilise le matériel de la marque Finlandaise, mais les dernières évolutions me font changer de marque...

 

il y a une vingtaine d'année, je me procure l'altimètre qui répond parfaitement à mes besoins : LA Suunto Vector. La réputation de la marque en matière de précision n'est pas à faire. La montre est d'une précision incroyable et je l'utilise pendant 6 ou 7 ans.

Viennent alors les montres avec GPS et je jette mon dévolu sur la Suunto Ambit 2. Le site Movescount n'est pas parfait et il est améliorable mais globalement je suis satisfait de la montre.

Le plus, les internautes peuvent créer des petites applis que l'on télécharge sur la montre (genre le calcul en live de ton temps sur 10 km) ou faire biper la montre tous les 100 m. Il y a des milliers d'appli dont certaines très intéressantes. J'imagine qu'il y a eu des bugs à cause des ces applis, cette fonctionnalité n'a jamais été reprise sur les versions ultérieures et pourtant, c'était génial !

Sur la Suunto ambit, on peut créer des écrans à loisir.

Le seul souci, le cardio qui ne fonctionne pas trop bien quand on su (à priori) et vu que je fais parti de ce public... les données cardio sont parfois délirantes.

Pour le reste, je l'adorais cette Suunto Ambit 2

Je suis alors passé à la Suunto Spartan Ultra HR

Au départ, ça n'allait pas trop mal, quelques bugs récurrents dus au cardio, j'ai l'habitude.

Le truc négatif par rapport à l'ambit 2 : impossibilité de charger des petites applis utiles créées par la communauté.

On reçoit un mail juste avant le premier confinement, le site movecount ne sera plus utilisable ! Possibilité d'utiliser uniquement une appli de smartphone : l'appli Suunto

Le confinement va repousser l'échéance, puis finalement le passage à l'appli devient obligatoire.

Alors je ne sais pas s'il y a des gens chez Suunto qui font de l'alpi ou de la rando, mais préparer un fichier GPS sur un smartphone, je trouve ça nul !!! Je les ai contacté (sans retour !) On n'est peut être pas nombreux à préparer nos sorties comme ça ! Bilan, je prépare mes fichiers GPS sur ordinateur, avant de me les envoyer sur mon smartphone et de les charger ... L'opération est beaucoup plus longue.

J'ai l'impression d'avoir compris le but de Suunto : concurrencer STRAVA avec plusieurs années de retard. Et bilan de l'opération, je n'ai jamais reçu un seul petit pouce en l'air, et n'en ai jamais mis à personne (je n'ai pas d'amis !)

Avec l'appli Suunto a disparu un truc hyper utilise qui existait sur Movescount : on pouvait enlever un cardio ou limiter le nombre de point d'enregistrement pour augmenter l'autonomie de la montre. Bilan ici , avant elle tenait environ 48 h, et aujourd'hui au bout de 12 14 h d'enregistrement, la batterie est quasiment vide !!!

Et dernier point, je ne sais pas pour quelle raison, mais la montre devient beaucoup plus imprécise qu'avant, les points GPS sont beaucoup moins précis, et parfois, on "jardine" grâce à la montre !

J'ai appelé le SAV ( tout un art) un jour en semaine vers 14 h 30, je tombe sur la messagerie : "nous sommes en train de conquérir de nouveau territoire !" A 14 h 30, j'aurais aimé qu'ils me répondent, et qu'ils me laissent les conquérir, ces nouveau territoires.

Je suis passé par l'appli pour joindre le SAV ( le but était de signaler l’imprécision GPS et de savoir s'il était possible de limiter la consommation de la spartan), j'ai reçu un message réponse plus d'un mois 1/2 après !!! Quelle efficacité.

J'ai fini pas joindre le SAV téléphonique, qui n'a rien résolu ! :-(

Voilà, j'ai vu l'évolution, d'un service parfait à un service qui ne me correspond plus. C'est dommage, j'en ai fait la promo auprès de plein de monde, je pense que la Garmin Fenix 6X pro, remplacera avantageusement ma Suunto (au moins il y a un site internet)

 

A suivre....

 

 

 

 

 

Suunto spartan ultra sommet du mont blanc - imprécision - 4810 m vs 4580 m !!!

Suunto spartan ultra sommet du mont blanc - imprécision - 4810 m vs 4580 m !!!

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

Apoutsiak — 4000OberlandAD

Les journées d'octobre sont courtes et ça fait toujours bizarre de rallumer les frontales le soir parce que t'es trop en retard...

Une superbe course, bien sauvage, on était seuls du matin au soir, avec juste quelques randonneurs au refuge...

Vidéo :

Topo :

Voir topo camp2camp (en attendant que je prenne le temps d'écrire MA version )

carto topo aletschhorn - fichier gps sur simple demande

carto topo aletschhorn - fichier gps sur simple demande

Récit :

On s'était pourtant bien dit que la journée allait être longue, on n'a pas été déçu.

Au départ, on avait hésité entre un tour Pleureur - Mont Blanc de Cheillon et un autre tour Aletschhorn Fusshorn. Et Benjamin, le chasseur de 4000 de l'équipe (moi officiellement, c'est fini) aura eu gain de cause (il n'aura pas eu à nous pousser beaucoup)

Bref en route pour Blatten au fond du Valais, ou je récupère la cordée au fil des kilomètres.

Nous voilà garé, Benjamin file récupérer la clef du Fusshornbiwak à l'office du tourisme (50 CHF/ personne quand même pour information), on se presse on file au téléphérique pour prendre la benne de 50 (oui il y a une benne à 20 et 50 de chaque heure pour information). Bingo, on arrive juste à l'heure, à la minute et le téléphérique nous projette à Belalp au milieu des nombreux touristes et randonneurs, il fait grand beau.

C'est parti, comme souvent on papote tout en admirant le paysage... magnifique !

Je scrute le front du glacier d'Aletsch afin de pouvoir comparer à d'autres photos ultérieurement.

On rejoint la petite chapelle avant de descendre la grande pente avec un chemin parfait qui nous emmène 100 m en dessous. Plus loin, la plupart des randonneurs descendent vers le glacier et sa passerelle, nous on continue à flanc.

Le sentier est agréable, on profite de la vue à 360 ° et on rejoint l'épaule avant de descendre dans la gorge, un jolie passerelle au dessus du torrent du glacier puis un valaisan a taillé la montagne pour que les randonneurs puissent remonter sur l'autre versant, un travail de Sisyphe, incroyable, la falaise est striée par le passage !

au dessus c'est l'heure du pique nique... On englouti nos sandwichs avant la suite...

 

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

La suite parlons en, un sentier à flan incroyable, il monte il descend, entre deux falaises, il y a quelques chaines pour assurer, mais elles sont souvent inutiles, encore un magnifique sentier. On s’inquiète de l'eau, la gardienne a prévenu, il faudrait prendre de l'eau 40 minutes avant le refuge, et ça, compter les minutes précédent un hypothétique événement, on n'a pas su faire. En plus on avait pas pris de bouteille d'eau vide. Bilan, on arrive au refuge presque à sec, il faudra gérer l'approvisionnement en eau (C'est presque comme de Koh lanta, mais personne n'est venu te préparer une source à coté de ton campement !).

Pendant que Bastien et Bejamin partent en repérage, je m'occupe du feux, qui fini par partir à la seconde tentative (bon, là contrairement à Koh lanta, j'avais intelligemment  pensé à prendre un briquet avant de partir, il y en a là dedans ! )

Bastien e Benjamin reviennent et on part en quête d'eau, en savate du refuge. On commence par essayer de récupérer la neige au nord du refuge d'été, mais en fait c'est de la glace, peine perdue.

On trouve l'eau, un peu au dessus du refuge d'hiver. Elle ne m'inspire pas tellement, une sorte de lac d'accumulation, alors qu'il y a des crottes d'animaux un peu partout sur les sentiers... Il faudra la faire bouillir !

On redescend, tous les 3 en savattes, sur les raides pentes chardonneuses au dessus du bivouac avec nos bassines à la main !

On revient, et on prépare la soirée. Deux randonneurs suisses allemands arrivent. On leur propose d'utiliser notre eau. Ça n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, ils utiliseront des quantités d'eau astronomiques, sans regarder à la dépense, notamment pour faire la vaisselle... Ils auraient pu économiser...

19 h 30 au lit, le réveil est à 2 h 30...

 

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
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Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

2 h 30, se lever, s'habiller, le bruit du jetboil qui ronronne, le thé rapidement bu, les 5 gateaux qui vont avec. On quitte le refuge, on remonte vers le refuge d'été avant de basculer vers le bas, il faut rejoindre le plat du glacier, 200 m plus bas, Ô réchauffement climatique, Ô époque peu magique...

Et pour descendre, des vires escarpées et des échelles aventureuses. Le halo de nos frontales nous les font découvrir au dernier moment. On descend tranquille, mais on descend, on sait que tout à l'heure il faudra les remonter et que la forme ne sera pas la même.

Pied des échelles, nez sur la montre et son GPS pour retrouver la trace, il suffit de suivre la crête d'une douce moraine, assez étonnamment, ça déroule assez bien.

Au bout d'une demi heure, je commence à me demander à quel moment on va tourner à droite poir prendre les pentes sous l'Aletschhorn, visiblement c'est encore trop tôt...

Bien plus tard, enfin, il semble qu'on y parvienne, ce plat de glacier est bien long. Ca s'annonce merdique, on part à gauche dans un ébouli avant une traversée raide et en terre dure pour rejoindre une chaîne. On se hisse sur la moraine délitée et raide, ça parpine, on essaie de rester proche pour limiter les risques. Le passage n'est pas top, au dessus ça s'aplani, on retouve une sente. Et on avance vers l'obstacle suivant.

Tiens, le voilà, une gorge bien raide, et ravinée, une partie du sentier a été emportée par un éboulement. il faut descendre la gorge traverser puis remonter. Je me lance, rien ne tient, mais ça passe, de l'autre coté, même exercice. On opère une petite pause boisson. Et ça repart !

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

Bon, là, j'avoue avoir pris un petit éclat, je vois les frontales de Bastien et Benjamin, progresser à vive allure une centaine de mètres devant moi. J’accélère le pas, mais ça ne suffit pas à réduire la distance. La journée va être longue, si je passe mon temps à me morfondre loin à l'arrière du "peloton". Finalement, ils ont la riche idée (et surtout bienveillante) de m'attendre. Cool ! On repart, dans des gros blocs, la neige fait son apparition. Benjamin à le topo dans le sang, il virevolte d'un cairn à l'autre sans aucune hésitation, je suis bluffé. Plus on monte, plus il y a de neige, Benjamin doit parfois faire la trace dans une petite neige croutée. Nous tranquille, on suit, ne proposant à aucun moment de passer devant, faudrait pas qu'on se fatigue non plus.

On fini par mettre les crampons et on poursuit en direction du glacier. l'ordre est immuable, Benjamin qui trace, Bastien derrière, et moi au fond de la classe prêt du radiateur. J'avoue que cette position resulte d'un savant calcul, qui veut que le troisième à passer fait quand même beaucoup moins d'effort que les deux autres, la trace étant parfaitement faite !

Voilà le glacier, enfin, Bastien monte sur un promontoire inutile, il faut descendre devant le front du glacier avant de le remonter.

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

On s'encorde, enfin et nous voilà parti, et c'est bibi en tête de cordée, faut bien que je fasse un peu de travail ... petite traversée le long du promontoire, puis portion bien raide avec un poil de glace pour monter sur le front du glacier et se retrouver sur le plat de celui-ci. Corde tendu on avance. Je décide d'opérer un grand virage à droite pour éviter une zone que je trouve crevassée. Pendant ce temps, derrière, Bastien, passe les deux jambes dans un trou, ça commence bien, j'ai à peine le temps de m'en rendre compte qu'il est déjà sorti ! La joie des sorties hors saison, c'est aussi ça, il va falloir être prudent. J'avance, dans la neige croutée, puis dans la glace légère avant de retrouver la neige croutée sur le plateau supérieur. Difficile de déceler les crevasses avec la neige fraiche. Je ne m'en sors pas trop mal.

Après un bon effort, je laisse Benjamin repasser devant, je ne le sens pas trop enthousiaste pour passer la rimaye en tête, mais il avance quand même... On remonte jusqu'à la grosse rimaye, on la longe vers la gauche avant de passer un pont qui semble solide. Au dessus, on rejoint les cailloux, un passage raide et voilà l'épaule. Je filme Bastien en lui demandant comment il se sent "ça va, c'est pas la grande forme mais ça va !"

On repart, Benjamin, qui a mangé du Lion avance bien. La pente se redresse un peu, et , je ne sais pas si c'est l'effet "eau croupie du refuge" ou l'altitude, mais plus on monte, plus Bastien pâli. Il opère de fréquentes pauses et finie par jeter l'éponge.

"Je vais vous attendre là"

Il reste 300 m de déniv et l'endroit n'est pas venté. Bastien, mon Bucheron du Jura n'est pas sensible au froid, on décide de poursuivre sans lui, on devrait être de retour dans 3 h si tout va bien...

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

On laisse Bastien après des séparations douloureuses.

Benjamin file déjà vers le haut, et hop, je me mets dans la trace, ça remonte, ça remonte, et c'est plus raide.  On traverse à gauche puis on remonte un couloir mi glace pourrie mi neige inconstante, le rêve ! En haut, hésitation, soit un grand pas (avec appuie sur la neige inconsistante, soit contournement du bloc par la droite, l’issue étant incertaine. Je n'ai pas le temps de donner mon avis que Benjamin est déjà en train de gravir la directissime, un grand pas, et zou, il est au dessus et rejoint le premier relais.

Derrière, je n'en mène pas large, les pieds glissent dans la neige, je rejoins le pied du passage, pointe de crampon à gauche dans un rocher, le pas est énorme, je me hisse comme je peux, tirant sur les bras comme un mort de faim, je hisse alors mon pied droit tout en cherchant vainement ou placer mon appuis, finalement, je parviens à loger un bout de crampon dans une fissure, et hop, me voilà au dessus; Benjamin m'assure, j'essaie de ne pas lui montrer que je suis à bout de souffle, inutilement, je fais le bruit d'une vieille locomotive à vapeur en fin de vie !

Pour la suite, c'est plus évident, il suffit de suivre au mieux les relais sur pieux, placés tous les 30 m environ. Malheureusement les chutes de neige de la semaine vont compliquer notre tache (surtout celle de Benjamin) On ne sait pas exactement où ça passe !

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

Bon , on progresse, voilà une petite traversée qui ne m'inspire pas. Benjamin, lui, le virtuose est déjà passé !  J'avance prudemment vers la dalle, il faut faire une petite traversée en ascendance à droite pour retrouver l'axe d'un couloir. Pied droit placé,  je croise mes jambes pour trouver la prise suivante. Pour les mains, rien de bon, juste une dalle arrondie peu prisue, j'y appuie une main mal à l'aise, et fini par monter mon pied, je récupère alors mon piolet, judicieusement placé dans mon dos, pour prendre un appui franc dans la neige au dessus de la dalle. Et hop, c'est reparti, couloir, j'avoue que je suis nettement plus à l'aise en neige qu'en rocher... Et je galope pour rejoindre Benjamin au relai suivant.

Le temps s'étire, on progresse tout en hésitant de temps en temps. L'escalade n'est jamais extrême, mais il faut rester concentré et il y a quelques passages un peu expo.

Mais le temps passe et on se sent loin du sommet, quand tout à coup, la croix, là haut, elle n'est pas si loin. On avait l'impression qu'il fallait encore ce taper une longue arête.

La vision divine (ou de son fils) nous donne du baume au cœur. On file vers le haut et 5 minutes plus tard, nous voilà à la croix, au même endroit qu'il y a 15 ans lors de ma première ascension avec Anne

 

Sommet de l'AletschhornSommet de l'AletschhornSommet de l'Aletschhorn
Sommet de l'AletschhornSommet de l'Aletschhorn
Sommet de l'AletschhornSommet de l'Aletschhorn

Sommet de l'Aletschhorn

Yes !

Je grimpe jusqu'au vrai sommet , une 20 aine de mètres derrière la croix, pas de corniche , et on peut voir la mgnifique vue sur le Glacier d'Aletsch et tous les 4000 de l'Oberland !

On revient à la croix faire une pause ravitaillement. il est déjà 12 h 30, Bastien va nous attendre longtemps. J'essaie de le joindre pour lui dire qu'on est au sommet, je tombe sur la messagerie.

On admire le paysage, le ciel est limpide, et on est seuls avec personne à des kilomètres à la ronde (sauf Bastien), pas une trace dans le bassin d'Aletsch ni vers Hollandiahütte, si proche et si loin à la fois...

On ne traine pas, il faut déjà descendre, Bastien doit nous attendre

sommet de l'Aletschhorn

sommet de l'Aletschhorn

Et c'est parti, cette fois je suis devant. On assure comme on peut sur les pieux, souvent la corde est un peu courte, il y a des passages sans assurance, le niveau n'est pas très élevé, mais toute sortie est définitive !

Je contourne certains obstacles en privilégiant la neige, on ne peut pas assurer, mais c'est plus facile à désescalade. je redescends les différents crux (oui il y a plein de petits crux dans cette voie !)

Bon je vous passe les différents passages techniques ce qui serait redondant, et nous voici au dessus de Bastien , descendant pas à pas vers le bucheron slovaque. Nous avons mi 4 h 20 pour l'aller retour au lieu de 2 h 30 -  3 h escomptés, pas rapides !

Petite pause, à présent, c'est Benjamin qui est malade, on opère un petit debrieffing, je sens que je vais devoir rentrer mes deux acolytes pas hyper en forme, la course est encore longue

 

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

Et zou, on repart vers le bas, moi devant puis Bastien et enfin Benjamin. Je file jusqu'à l'épaule puis jusqu'au couloir rocheux qui donne accès au haut du glacier.

La vache, la neige a bien transformé, le soleil a fait son œuvre, la partie glacière ne va pas être une partie de plaisir... Je descends jusqu'à la rimaye, et je passe le pont de neige en me faisant aussi léger que possible, il y a du boulot, j'avoue que je n'en mène pas large, une goutte de sueur perle sur mon front plissé de concentration. "Une plume , tu es une plume !" 

En dessous j'entame la traversée. On parle beaucoup pour synchroniser les avancées de chacun des membres de la cordée et maintenir la corde tendue. Bastien passe puis Benjamin, je décide alors de descendre directement sous la rimaye plutôt que de suivre le chemin de l'aller. Dré dans le pentu mais efficace, on retrouve la trace plus bas. C'est moins raide, on avance bien. Derrière j'entends mes partenaires stressés par les crevasses. J'avance, je sais que même sur la trace de montée, gelée ce matin, on peut s'en manger une, expression mal choisie, parce que c'est plutôt les crevasses qui nous mangent. Je fais mon virage, descends la petite pente verglacée, elle a décaillé à présent, puis vient le plat du bas du glacier. Et bim, Bastien se retrouve les deux pieds dans une crevasse, zou, je tire, il me fait comprendre qu'il préférerait du mou pour passer l'obstacle, sitôt dit, sitôt fait, le voilà sorti d'affaire. On est sur un gruyère avec beaucoup de trou, mais quelqu'un a tout recouvert d'une fine couche de beurre... Benjamin met le pied de dans, puis c'est à nouveau Bastien. On maintient la corde bien tendue tout en progressant.

Mon corps part en avant, et mon pied trou, la fine croute. Je ressors. Je finis par comprendre que cette dernière crevasse et dans notre axe de progression, bizarrement elle file vers le front du glacier, original.

Je fais passer Bastien et Benjamin du même coté que moi puis nous avançons de 10 m avant de rebasculer de l'autre coté, vue dessus, elle est invisible... On passe, il faut alors descendre la pente raide en glace, les conditions sont meilleurs, c'est avalé !

Sortie de glacier

il reste à se décorder.

Et nous voilà repartis, Je sens que Benjamin et Bastien sont dans le dur. La batterie de ma montre est à zero %, il va falloir que je trouve les passages pour rejoindre le refuge. Je file devant pour trouver le tracé. de gros blocs, des dalles et des passages en adhérence, avec pour varier des passages en neige !

J'entends alors un hurlement, Bastien a glissé sur une dalle, il est tombé sur le coccyx. Je commence à remonter vers lui quand il se relève, rien de grave mais il a hyper mal. Il devrait parvenir à marcher.

Derrière, Benjamin lutte avec un estomac délicat et un tube digestif qui, visiblement, n'apprécie pas trop l'eau croupie, même bouillie de l'oberaletschhütte. Je sens la pression, il ne faut pas que la situation s'aggrave.

Je poursuis ma quête du sentier avec Bastien et Benjamin qui derrière mettent en doute mes choix. Je vais de cairn en cairn, est on trop à gauche, trop prêt de l'arête, de temps en temps je reconnais un passage où nous sommes passés, de nuit, ce matin, et j'avoue que ça me rassure.

On parvient au passage des gros blocs, j'avoue que je file d'un cairn à l'autre pour ouvrir le chemin, j'entends derrière les révolutionnaires affirmer que c'était plus à droite, mais ils n'ont pas la force de me renverser, alors ils avancent, et vu que je reconnais certains passages, j'avance !

Après le gros bloc, on se retrouve en haut d'un petit couloir, on le dévale, avant de bifurquer à gauche. Bon, là c'est moi qui me fourvoie, je croyais que la gorge en terrain pourri etait là, elle est beaucoup plus loin. On passe sous des dalles avec des cascades, l'occasion de faire le plein d'eau, je suis à sec depuis un moment !

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Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -

On poursuit la traversée, et on retrouve la petite gorge en terre pourrie, petite descente et petite remontée.  La journée est déjà bien avancée, on sait déjà qu'il va falloir allumer les frontales tout à l'heure !

Je redescends la petite sente et trouve la première chaîne. On décide de descendre ensemble, ça évitera de se balancer des pierres. Le terrain est vraiment pourri, j'ai même un doute sur les blocs qui tiennent les chaînes. La première est avalée, pour la suivante (et dernière) on avancera un par un . Je pars devant, avant le bas, je file à droite dans une traversée en terrain caillouteux bien raide. Je sors de la zone. Bastien me rejoint puis Benjamin décide de faire la traversée chaîne à la main. Problème, la chaîne décroche quelques blocs qui dévalent la pente, l'idée n'était pas bonne . Plus de peur que de mal.

Reste à retrouver le plat du glacier (sous des tonnes de roche) C'est un peu raide, j'attaque un peu bille en tête, je glisse, et je me croute, réception sur la main, quand je me relève, ça saigne abondamment (ou presque) C'est quand même dommage, 10 m plus loin, s'en était fini des difficultés.

Bon le plat de ma main saigne beaucoup (pas énorme mais c'est gênant) on décide de faire une petite pause pansement, Bastien, notre infirmier en chef (il n'est pas QUE bucheron ! ) parvient à me faire un truc qui tient et qui évite que je ne repende mon sang partout sur le glacier ! (pourtant ça serait joli, un glacier tout rouge, ça serait original !, plus la peine d'attendre le lever ou le coucher du soleil pour avoir des couleurs chaudes)

On repart, il fait plus sombre, on n'a pas de GPS, pour l’instant la visibilité est bonne mais ça baisse à chaque minute. Petite pause flotte réclamée un peu plus loin, on décide de remettre les frontales sur les casques, ça évitera d'avoir à les sortir plus tard.

Un quart d'heure plus tard, on les allume, déjà ! Je continue d'avancer d'un bon pas, pour donner le rythme. Benjamin m'enjoint régulièrement à faire des points avec son téléphone (oui, je lui ai passé le fichier GPS de la course et on peut vérifier qu'on est au bon endroit)

Bilan, à un moment, je tire sur la mauvaise moraine, trop à droite. Râlage général, bon, ils ne sont que deux, je gère, je file en bas de la moraine, avant de remonter sur la suivante, on a perdu moins de 5 minutes, c'est vrai qu'on a plu tellement les jambes pour faire des rallongis.

Et j'avance sur la moraine, bizarrement, si ce matin, j'avais trouvé que c'était roulant, ce soir, je ne retrouve pas la sente matinale. Benjamin râle, je ne ne fais pas assez de pause vérification de la trace, et quand il fait une pause, j'ai tendance à repartir sitôt la validation donnée.

Autre donnée, il a eu la bonne idée de laisser son bâton au pied d'un cairn géant. Donc il faut qu'on repasse par le cairn. De nuit, le moindre gros bloc, ressemble à un cairn géant. Je vais donc d'hypothétique cairn géant à un autre hypothétique cairn géant. Parfois c'est un bloc, par fois c'est un cairn, mais jamais le bon.

A ce petit jeux, j'en oublie (ou oserais-je écrire, nous oublions ...) notre mission première, retrouver le pied des échelles. J'avance, j'avance... on se retrouve dans un endroit merdique... Je tourne la tête, et je vois une lumière se réfléchir sur la paroi, on a passé les échelles, flûte ! Benjamin fait le point, effectivement, on a passé les échelles... Alors là, comment vous dire, l'ambiance  n'était pas la meilleur, Benjamin me reproche d'avancer trop sans faire le point, et je sens que Bastien a choisi son camp, le sien !

Je garde mon optimisme, il faut juste remonter un petit peu, c'est aussi ça, l'AVENTURE (avec un grand A !) . Bon c'est vrai qu'avec leur problèmes gastriques, la situation n'est pas idéale et on risque de ne pas retrouver le bâton de Benjamin. A la fois, je sais que c'est TOUJOURS une mauvaise idée de laisser du matos à part à un endroit au passage obligatoire (à bon lecteur ... ;-) )

Je descends un peu la moraine sur la gauche puis attaque la remontée. Au départ les révolutionnaires me suivent, puis, comme par hasard, ils prennent leur propre chemin, devisant de l'opportunité de ne pas faire de pause carto GPS dans une descente de nuit. Je sens la pression, Danton et Robespierre préparent leur vengeance et ça me terrifie.

Finalement, en moins de 10 minutes on rejoint le pied des échelles, Danton et Robespierre n'auront pas eu le temps de sortir leur guillotine, je garde mon chef, et c'est très bien ainsi. Je fixe mon bâton sur mon sac, et en route pour les échelles. Benjamin me suit, rapidement l’atmosphère s'apaise... et rapidement, étonnamment, on a l'impression d'être en haut, alors qu'on a pas fait 10 % de la remontée. On fini par s'en rendre compte, petite dépression ! La longue remontée se passe bien, il faut tout de même se méfier de la glace présente par endroit. La dernière traversée est sans fin, on se retrouve au niveau du refuge d'été, ne reste qu'une légère descente et nous voilà au refuge d'hiver. Il est 20 h 30, la lune se lève !

Ah oui, si au départ le plan était de rejoindre le Fusshorn bivouac pour faire le Fusshorn le lendemain, il n'en est à présent plus question, il nous reste juste à rentrer à la voiture !!!

 

 

Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée - Alpinisme : Aletschhorn 4194 m - arête Sud Ouest - une bien longue journée -
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Superbe ascension sur ce sommet incroyable

topo et fichier GPS sur simple demande !

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Ascension de l'arête Sud Ouest de l'Aletschhorn

depuis l'oberaleteschhutte

avec Bastien et Benjamin

longue course non tracée (en plus les réflecteur ont été enlevés !)

Pour le reste, superbe avec de jolis paysages d'automne

on a un peu explosé l'horaire ; départ 3 h 10 - sommet 12 h 30 retour refuge 20 h 30 (by night)

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Dive n smile

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#divensmile #borabora #plongée #manta #raiemanta

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Mont Blanc à ski - Réalisé !

Barrhorn - Schöllihorn (Turtmanhutte)

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les Volcans de Bolivie (6000 m) organisation en 2020 ou 2021

Pérou - Alpamayo - Chopicalqui

Pic Lenine - 7134 m

Cho Oyu - 8201 m

Denali - 6190 m

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Mont Blanc à ski 2021 - 4810 m

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ascension du Mont Blanc, de nuit, au dessus des grands Mulets

ascension du Mont Blanc, de nuit, au dessus des grands Mulets

Deux grands et belles journées

Départ du Plan de l'aiguille pour gagner le refuge des grands Mulets par la terrifiante jonction.

De là, on rejoint le col des Dômes par le petit et le Grand Plateau aux séracs aussi fascinants que dangereux.

Puis on déroule sur l'arête des Bosses, toujours aussi jolie.

Partis à 5, sommet à 5, descente par la face Nord pour mes 4 acolytes , perso je préfère me contenter de partir de Vallot.

Accident à la jonction, 2 personnes dans une crevasse. Nous apporterons une modeste contribution au sauvetage. Et retour au plan de l'Aiguille par l'ancienne gare des glaciers.

 

Vidéo :

Vidéo : ascension du Mont Blanc à ski depuis les grands Mulets

Topo :

à suivre (désolé)

 

topo Mont Blanc à ski depuis les Grands Muletstopo Mont Blanc à ski depuis les Grands Mulets

topo Mont Blanc à ski depuis les Grands Mulets

Récit :

J'avais réuni la fine fleur de l’alpinisme européen... ou presque..., tous mes amis candidats au mont blanc à ski s'étaient rendus disponibles pour ces 2 journées.  Les voyants étaient aux verts, j'étais aux anges. J'avais donné  rendez vous à tout le monde à 10 h à la benne de l'aiguille, ça me laissait le temps de partir tranquille le matin pour arriver à Chamonix…

C'était sans compter Yves…

"Allo"

"Ils annoncent température caniculaires, ça serait mieux de partir tôt"

"Effectivement, ils annoncent chaud" … il faut changer les plans, au dernier moment, je décide d'avancer le rendez vous à 7 h 45. Prévenir tout le monde, et partir rapido à cham' ce soir plutôt que demain matin. C'est quand même un peu dommage. Il est 18 h 30 Je boucle mon sac, je bouffe à la va vite, et je file.

La nuit tombe, l'autoroute Suisse ferme entre Saint Maurice et Martigny. La loose. Me voilà sur des petites routes à louvoyer. Je finis par me retrouver sur le parking des Grands Montets. J'installe la voiture en mode "nuit" et me couche... Voilà une course qui début bien dans la précipitation

 

Le lendemain matin, je me réveille à 7 h moins 10, Bastien est garé à coté de moi, on file à Cham, on se gare on retrouve Benjamin et on prend les tickets. J'appelle Yves, il s'est trompé d'heure ! Bilan on fera deux groupes pour aller au refuge. C'est assez désorganisé pour un début de course.

Plan de l'AiguillePlan de l'Aiguille

Plan de l'Aiguille

Une fois que la benne nous ai déposé au plan de l'aiguille et après un crémage en règle, on est parti. Le gardien m'a conseillé de partir par le bas, par le chemin d'été. Pas vraiment engageant, ça ressemble vraiment à un chemin d'été avec des pentes expos et beaucoup de déchaussage  alors qu'en haut, il y a une belle trace, presque continue et des cordées lointaines qui nous attirent (on ne le sait pas encore mais il y a aussi un sérac au dessus de l'éperon Frendo qui menace de s'effondrer avec ses 10 à 20 000 m3 de glace, ça nous aurait sans doute aidé à prendre la décision... (mais on ne le savait pas, et on ne voyait rien).

Bref on descend rejoindre la neige et on part avec nos peaux vers le haut. Petite hésitation pour descendre la moraine, on skie alors des coulées d'avalanche avant de remettre les peaux. Tout va bien. 

Deux petites descentes un peu raides et voilà le grand glacier qui mène à la jonction… Nous y sommes...

Mont Blanc à ski 2021 - 4810 mMont Blanc à ski 2021 - 4810 mMont Blanc à ski 2021 - 4810 m
Mont Blanc à ski 2021 - 4810 mMont Blanc à ski 2021 - 4810 m

Encordés, nous voilà partis, moi devant, Bastien en second et Benjamin ferme la marche. Je mène la cordée à mon rythme, la trace est loin des séracs, mais plus on avance plus je vois que le chemin est truffé de crevasses, il y en a tellement que parfois tu te rends compte qu'il y a un trou... quand tu as le ski dessus ! Vraiment pas agréable comme sensation. On avance corde tendue, puis on remonte vers les séracs, vers la trace de de "descente" Un gros sérac est là, je sais que François mon cousin est décédé par ici il y a bientôt 20 ans. Le paysage est aussi spectaculaire qu'il est inquiétant. On passe sous l'énorme bloc qui pourrait nous transformer en crêpe si l'envie lui venait. Et on arrive au lieu de déchaussage des skis. Je  demande à deux cordées si ça passe bien sans crampons. Elles me confirment. On fera comme ça. Et bim on part pour la jonction proprement dite. Un chaos de glace impressionnant entre 2 grands glaciers. On commence par descendre dans le trou par une sente en glace qui passe bien. Il faut remonter en face, le premier pas est grand, sans crampons, il faut poser le genou, oui , on aurait peut être du les mettre, mais à présent il est trop tard, à la fois , ça n'est pas non plus catastrophique. 

En haut, voilà une cordée,  il faut croiser. Je papote avec la première avant de rejoindre le second un peu en dessous. Je fais venir Bastien, il y a 3 pas en glace un peu raide. En arrimant correctement mon piolet, ça passe bien, la suite est plus facile, on remonte sur le second glacier, avant de le longer et de retrouver une zone chaotique, avec des trous et de la glace salle, attention à ne pas tomber, on fini par sortir du passage... Impressionnant .

passage de la jonction ce jour là, caméra embarquée - en continue pour la partie chaotique

juste avant la Jonction proprement dite, en montant au refuge des Grands Muletsjuste avant la Jonction proprement dite, en montant au refuge des Grands Mulets
juste avant la Jonction proprement dite, en montant au refuge des Grands Muletsjuste avant la Jonction proprement dite, en montant au refuge des Grands Mulets

juste avant la Jonction proprement dite, en montant au refuge des Grands Mulets

traversée de la Jonction, en montant au Grands Muletstraversée de la Jonction, en montant au Grands Muletstraversée de la Jonction, en montant au Grands Mulets
traversée de la Jonction, en montant au Grands Muletstraversée de la Jonction, en montant au Grands Muletstraversée de la Jonction, en montant au Grands Mulets
traversée de la Jonction, en montant au Grands Muletstraversée de la Jonction, en montant au Grands Muletstraversée de la Jonction, en montant au Grands Mulets

traversée de la Jonction, en montant au Grands Mulets

On remet les skis, il commence à faire chaud, et on remonte les pentes un peu raide (puis moins) sous le refuge. L'ambiance est bizarre au dépôt des skis. On croise les vainqueurs du Mont Blanc du jour, de retour de leur exploit. Pour nous, tout reste à faire. 

On remonte la via ferrata et on arrive au refuge. 

Yves et Bertrand arriveront une bonne heure plus tard, Bertrand avec de la Tomme de Savoie (entière) et un bon petit saucisson qui aura un grand succès.

Comme souvent, le programme se divise en sieste, papotage et admiraion du paysage, notamment la vue des toilettes, les plus belles toilettes du monde à mon humble avis.

Repas du soir et tout le monde au lit, demain on se réveil à 2 h 30

montée aux grands Mulets, sous le refugemontée aux grands Mulets, sous le refugemontée aux grands Mulets, sous le refuge
montée aux grands Mulets, sous le refugemontée aux grands Mulets, sous le refugemontée aux grands Mulets, sous le refuge
montée aux grands Mulets, sous le refugemontée aux grands Mulets, sous le refuge

montée aux grands Mulets, sous le refuge

le refuge des Grands Mulets

le refuge des Grands Mulets

les plus belles toilettes du Monde, Refuge des grands Muletsles plus belles toilettes du Monde, Refuge des grands Mulets

les plus belles toilettes du Monde, Refuge des grands Mulets

Nuit correcte, réveillé, habillé, nourri, et hop dehors. Petite via ferrata nocturne (faux pas se la coller quand même) et on retrouve nos skis. Toutes les cordées sont déjà parties, on est les derniers à quitter le refuge

Et c'est parti, on part dans la nuit avec les peaux et les couteaux, Je suis devant,  avec mes 4 acolytes en file indienne derrière . Chamonix en bas brille de mille feux.  la neige est dure on aperçoit juste la trace que l'on suit comme des moutons. 

On avance, les conversions s'enchaînent, la pente se raidit, on décide de mettre les crampons, ça sera plus safe. Et hop c'est fait, on remonte la pente, qui continue de devenir plus raide (c'est sans fin) Heureusement la trace est profonde, on fini par rattraper une première cordée. Les discussions sont réduites , juste prendre des nouvelles de celui qui te suit... de temps en temps. Chacun termine sa nuit.

La trace va buter sur un petit sommet, il faut alors redescendre  à flanc pour faire une petite pause.

Départ pour le Mont Blanc, de nuitDépart pour le Mont Blanc, de nuitDépart pour le Mont Blanc, de nuit
Départ pour le Mont Blanc, de nuitDépart pour le Mont Blanc, de nuit

Départ pour le Mont Blanc, de nuit

On repart, encordés, comme hier;  la première : Apoutsiak, Bastien et Benjamin, derrière, les anciens Bertrand et Yves. On a choisi de garder les skis sur le sac ,on pense être plus efficace. Une cordée n'a pas fait le même choix, elle reste sur les skis. Nous partons devant et prenons  rapidement le large. On longe au maximum le bord du plateau afin de rester, au maximum, à l'abri des séracs. On est exposé aux séracs en serrant à gauche, nous a annoncé le gardien, je suis sa prescription à la lettre. A droite, au dessus, d'énormes séracs menacent, on voit bien que de temps en temps, ça tombe, il y a les stigmates sur le plateau. J’accélère légèrement, on sort de la zone de danger, plus de trace de bloc sur la trace. On repart à droite vers un collet, quelques crevasses, nous voici sur le Grand Plateau avec la Face Nord du Mont Blanc pile en face de nous et le soleil qui vient nous réchauffer.

L'occasion d'une petite pause fort sympathique. Je peauffine ma décision, non, je ne descendrais pas la face Nord à ski, le bas me semble raide, la face est toute traffolée, elle semble bien dure, sans doute verglacée par endroit. Ca fait un moment que je réfléchis à la décision, je vais me contenter de descendre à ski depuis Vallot, ça sera déjà pas mal. Je la skierai dans une prochaine vie, la mienne est déjà bien remplie !

 

Ski entre le petit et le Grand Plateau, Mont BlancSki entre le petit et le Grand Plateau, Mont BlancSki entre le petit et le Grand Plateau, Mont Blanc
Ski entre le petit et le Grand Plateau, Mont BlancSki entre le petit et le Grand Plateau, Mont Blanc

Ski entre le petit et le Grand Plateau, Mont Blanc

ski entre le petit et le Grand plateau, Mont Blancski entre le petit et le Grand plateau, Mont Blancski entre le petit et le Grand plateau, Mont Blanc
ski entre le petit et le Grand plateau, Mont Blancski entre le petit et le Grand plateau, Mont Blanc
ski entre le petit et le Grand plateau, Mont Blancski entre le petit et le Grand plateau, Mont Blanc

ski entre le petit et le Grand plateau, Mont Blanc

On repart, toujours dans le même ordre, Bastien galère avec la corde, en seconde position, elle prend la fâcheuse habitude de passer sous ses skis puis de l'emberlificoter ... O n s'arrête, Bastien fait un saut périlleux pour se libérer de la corde, et on repart. Bon parfois c'est un peu plus complexe que ça mais on fait ça dans la bonne humeur.

On repart vers le haut, petit rythme tranquille, à ma façon, grand virage et on revient vers le col des Dômes. Il y a un peu de glace par endroit, je veille à l'éviter.  à droite, les cordées à pied en provenance du Gouter, croisent celles  en provenance du sommet. On ne devrait pas avoir trop de monde sur l'arête, la marée est déjà passée !

Et zou, direction la pente sous Vallot où nous opérons une petite pause technique : mettre les skis sur le sac pour mes acolytes, laisser mes skis là pour moi.

Entre le Grand Plateau et le col des Dômes - Mont Blanc depuis les Grands MuletsEntre le Grand Plateau et le col des Dômes - Mont Blanc depuis les Grands Mulets
Entre le Grand Plateau et le col des Dômes - Mont Blanc depuis les Grands MuletsEntre le Grand Plateau et le col des Dômes - Mont Blanc depuis les Grands MuletsEntre le Grand Plateau et le col des Dômes - Mont Blanc depuis les Grands Mulets
Entre le Grand Plateau et le col des Dômes - Mont Blanc depuis les Grands MuletsEntre le Grand Plateau et le col des Dômes - Mont Blanc depuis les Grands Mulets

Entre le Grand Plateau et le col des Dômes - Mont Blanc depuis les Grands Mulets

Entre le Grand plateau et Vallot - Mont Blanc deuis les Grands MuletsEntre le Grand plateau et Vallot - Mont Blanc deuis les Grands MuletsEntre le Grand plateau et Vallot - Mont Blanc deuis les Grands Mulets
Entre le Grand plateau et Vallot - Mont Blanc deuis les Grands MuletsEntre le Grand plateau et Vallot - Mont Blanc deuis les Grands MuletsEntre le Grand plateau et Vallot - Mont Blanc deuis les Grands Mulets

Entre le Grand plateau et Vallot - Mont Blanc deuis les Grands Mulets

Je rejoins la trace, on a réduit l'encordement, et on remonte vers Vallot, c'est raide et en neige dure, rapidement on rejoint Vallot pour quelques photos, j'adore ce petit abri posé sur cet éperon, je trouve l'endroit magique même si je déconseille à mes compagnons de rentrer dedans, car dedans, tout est violet, il n'y a que des gens ultra fatigués, qui sont à la limite de vomir ... Dans mon souvenir, je n'y suis rentré que 3 fois, c'est la couleur violette qui domine, la halte n'est pas recommandée.

La suite est vers le haut, la première pente sous la première bosse est raide. Je l'attaque d'un  bon rythme, je sens que je ne suis pas trop mal. Derrière, je sens que Bastien a un léger coup de mou, "pour une fois !" me dis je !

Oui parce que ma cordée, faite d'alpinistes d'un haut niveau, est arrivé ici un peu émoussée : Bastien a eu la bonne idée de faire le 110 km du Swiss Canyon trail la semaine dernière et Benjamin, sort de nombreuses sorties montagne, notamment 2 4000 des Monts Roses les deux derniers jours. Et donc , ce qui devait arriver arrive, la corde se tend derrière moi, je suis obligé de ralentir (un peu, et ça m’arrangerait presque !)

Bref, tout se passe bien , on se retrouve dans la partie plus raide qui mène à la première bosse et on croise quelques cordées, toujours dans la bonne humeur. J'essaie de nous décaler quand je vois des cordées dite de débutants à la descente, notre cordée expérimentée supporte facilement ces écarts.

Première bosse, superbe, courte pause et on repart.

du bivouac Vallot à la première Bosse - Mont Blancdu bivouac Vallot à la première Bosse - Mont Blancdu bivouac Vallot à la première Bosse - Mont Blanc
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du bivouac Vallot à la première Bosse - Mont Blanc

J'attaque la seconde, tout va bien, je fins par me rendre compte que j'ai un avantage par rapport à mes compagnons de cordée, je ne porte pas mes skis, ce qui explique sans doute une partie de ma bonne forme. A la fois, ils n'avaient qu'à laisser leurs skis à Vallot... Bref, je vais bien. La trace longe la deuxième bosse et vient traverser une crevasse en plein milieu de l'arête, ça c'est nouveau, je n'ai jamais vu de crevasse à cet endroit là. On rentre dans la large, et peu profonde crevasse, puis on déboule de l'autre coté, c'est un peu plus raide au dessus. J'avance. Derrière, mes deux  compagnons passent leur temps à me demander des pauses pour scruter la face Nord, la bonne excuse ! "alors là, tu vois, on va longer le sérac, puis là, il faudra traverser la crevasse sans tirer trop à gauche... Et là, en bas ?" "Ben là en bas, je ne vois pas trop..." , "faudra peut être prendre à droite" "à droite... - hésitation' sans doute !"

Bon, moi j’insiste pour ne pas faire de pause inutile, je sais que ça casse le rythme, et si ça ne casse pas LE rythme, ça casse MON rythme, et mon corps n'aime pas ça .

On arrive à la grosse crevasse de 4700 m, cette année elle est sympa, elle est bouchée et le retour sur l'arête est facile, et hop, on est juste sous l'éperon de la Tournette, jolie vue sur le bassin de Tré la Tête.

Je repars vers le haut, je sais qu'il ne reste rien, mais qu'on n'est pas tout à fait arrivé. Petit replat, une cordée "pas douée douée arrive du dessus" on hésite à s'élancer, il y a ceux qui attendraient qu'elle soit en bas pour s'engager, et les autres, dont je suis, qui proposent de se décaler au moment où on les croisera. Et comme, "c'est moi le chef !", ben on repart. On arrive à hauteur de la cordée, très lente, on se décale et on continue de monter hors trace, ça fait un bon exercice. Au dessus la pente fini par se coucher, c'est la longue arête finale.

Des Bosses au sommet du Mont BlancDes Bosses au sommet du Mont BlancDes Bosses au sommet du Mont Blanc
Des Bosses au sommet du Mont BlancDes Bosses au sommet du Mont Blanc
Des Bosses au sommet du Mont BlancDes Bosses au sommet du Mont Blanc

Des Bosses au sommet du Mont Blanc

Tranquillement on remonte vers la cime, avec comme souvent à ce moment là un peu d'émotion. L'occasion de penser à tous ceux qui nous ont appris la montagne et qui ne sont plus là. C'est bête mais ça me le fait souvent quand je suis sur la partie finale du Mont Blanc. Je pense à papa, qui n'était pas le champion dans le choix de ses randos avec nous , je pense à Jacques, qui m'a un jour dit que je grimpais comme un chamois, ça  n’était sans doute pas vraiment la réalité, je n'ai jamais vraiment bien grimpé, mais ça n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, j'y pense encore aujourd'hui !

Je ne vais pas faire la liste de tous ceux à qui j'ai pensé, l'arête (et la liste) est longue.

On commence à voir les cordées stoppées au sommet, vient notre tour, je me retourne, on se congratule avec Bastien et Benjamin (dont c'est le premier Mont Blanc, j'attends toujours le champagne !) Bertrand et Yves suivent, frais comme des gardons, leur cordée a prêt de 120 ans !

Et Bertrand nous sort sa tomme, pour le meilleur morceau de tomme... du monde, à 4800 m. On se régale.

Sommet du Mont Blanc et Tomme de SavoieSommet du Mont Blanc et Tomme de SavoieSommet du Mont Blanc et Tomme de Savoie
Sommet du Mont Blanc et Tomme de SavoieSommet du Mont Blanc et Tomme de SavoieSommet du Mont Blanc et Tomme de Savoie
Sommet du Mont Blanc et Tomme de SavoieSommet du Mont Blanc et Tomme de Savoie
Sommet du Mont Blanc et Tomme de SavoieSommet du Mont Blanc et Tomme de Savoie

Sommet du Mont Blanc et Tomme de Savoie

Une fois les traditionnelles photos réalisées, j'attaque la descente, je laisse les 4 fantastiques à leur face Nord.

Je galope sur l'arête (sans courir mais d'un bon pas)

Je me décale quand je croise les cordées et j'avance (tout en oubliant pas de faire quelques photos) J’avale la première partie, je me finis par dépasser une longue cordée des pays de l'Est, il sont 5. J'arrive au col entre les bosses et je m'arrête pour regarder et filmer les 4 fantastiques... Ils sont tout petits dans cette immense face Nord.  Delà , je perçois leur concentration, le choix de l'itinéraire. Je les vois se diriger vers la crevasse qui barre le haut de la face et la traverser, un par un.

De là où je suis, je n'arrive pas à les distinguer, mais j'imagine qu'Yves a pris le leadership pour la descente, c'est celui qui mange le plus de dénivelé.

Sous la crevasses, ils enchainent quelques virages que j'immortalise. Avant de filer, bon, les slovaques (je sais pas s'ils sont slovaques, mais je ne sais pas (non plus) si comment on appelle les habitants des pays de l'Est (les Estivaux ?) Bref, les Slovaques me sont repassés devant, et je dois me les refaire dans la montée à la petite bosse. Ils ne vont pas très vite alors le dépassement se fait plutôt rapidement. puis c'est la descente un peu raide qui mène à Vallot, je rejoins rapidement mes skis.

 

Descente du Mont Blanc, du sommet à Vallot (par les bosses)Descente du Mont Blanc, du sommet à Vallot (par les bosses)Descente du Mont Blanc, du sommet à Vallot (par les bosses)
Descente du Mont Blanc, du sommet à Vallot (par les bosses)Descente du Mont Blanc, du sommet à Vallot (par les bosses)
Descente du Mont Blanc, du sommet à Vallot (par les bosses)Descente du Mont Blanc, du sommet à Vallot (par les bosses)

Descente du Mont Blanc, du sommet à Vallot (par les bosses)

Et là, bingo, la neige est super bonne juste transfo. Je me fais une super descente pour rejoindre le Grand Plateau, une petite traversée et je rejoins le reste du groupe au point de rendez vous, ils sont arrivés là, il y a seulement 5 minutes.... J'ai été relativement rapide sur l'arête des Bosses.

On fait une pause, apparemment, j'ai bien fait de ne pas descendre la face Nord, ils ont eu des passages chauds, je lis encore la frayeur sur leur visage. La face, un peu trop traffolée, et des passages en glace ou en neige béton dans des parties à plus de 45°. Sachant que la neige sous Vallot etait excellente, je ne regrette pas mon choix.

 

On attaque la descente, sous les mégas séracs à gauche, objectif, ne pas trainer, à la descente c'est plus facile qu'à la montée. Je ferme la marche avec mes petites cuisses qui ne pensent qu'à une chose : faire une pause tant elles sont pleines d'acide lactique. Bon, les 4 Fantastiques n'ont pas mes soucis, ils filent à vive allure vers le petit plateau puis en dessous.

On se retrouve au dessus du refuge, dans une zone avec des crevasses, étonnant, je n’avais rien remarqué ce matin, dans la nuit noire...

On fait une pause vers le refuge, Bertrand doit ramener sa frontale au gardien. A son retour, il nous descends une bouteille d'eau, cool !

Descente sur les Grands MuletsDescente sur les Grands MuletsDescente sur les Grands Mulets
Descente sur les Grands MuletsDescente sur les Grands Mulets

Descente sur les Grands Mulets

Départ vers le bas, dans une neige qui devient soupe, il ne va pas falloir trainer à la jonction

Quelques virages plus tard, nous sommes sur zone : LA JONCTION

On enlève nos skis et une femme au milieu de la jonction nous interpelle de loin : "N'avancez pas, il y a des personnes qui sont tombées dans une crevasse" Il y a de l'agitation sur zone, nous sommes bloqués.  Je ne suis pas optimiste, on va passer la jonction à la mauvaise erreur, sachant que la suite est assez expo...

Bref on attend, l'hélico de la sécurité civile fait un premier passage, puis vient se poser à 30 m de moi. 2 gendarmes du PGHM en descendent, ils nous passent devant pour aller vers les victimes. Sur place, vu l'exposition des deux types qui sont dans une zone chaotique, ils décident des les moufler avant de les médicaliser.  Ils reviennent, je propose à l'un des deux gendarmes de les aider s'ils ont besoin d'aide.

Les 2 victimes reviennent à pied, le premier à quelques écorchures sur la face , le second a plus de sang et semble plus touché. Ils médicalisent le second dans une coquille à mes pieds et me demandent de brancarder le gars jusqu'à l'hélico. Le tout doit se faire encordé, Il va falloir synchroniser le brancardage avec l'assurance de Bastien et Benjamin.

Je me retrouve au chevet du blessé, le cuir chevelu semble avoir pris, ça n'est pas forcement grave mais ça saigne pas mal. Pourquoi ne pas avoir mis de casque à cet endroit. Bon ça n'est pas le moment de faire des remarques au gars, j'essaie de le rassurer, je vois qu'il a froid, je luis explique que le vent s'est levé, c'est la raison de son frisson (peut être pas que).

Début du brancardage, je suis à la tête du gars, on avance relativement vite dans une neige soupe, le gars est super lourd, je titube presque, in petto je me dis "ne pas tomber, ne pas tomber !" , mes crampons font ce qu'ils veulent, me tordant les chevilles, je brancard va de gauche et de droite, "surtout, ne pas tomber" "la vache qu'est ce qu'il est lourd !" On pose le brancard à l'endroit ou l'hélico doit atterrir.

Le gendarme me briffe sur ce que je dois faire ensuite, on se décorde dans un premier temps, la corde ne doit pas se prendre dans les pales de l'hélico.

L'hélico arrive dans un bruit assourdissant, je suis à présent du coté des pieds du brancard avec mission de le grimper dans l'hélico, et hop, c'est fait, ensuite il faut charger le matos des deux alpinistes suisses dans l'hélico.  Les skis, les sacs, le matos de secours, les bâtons. Une fois le tout chargé, les deux secouristes montent dans l'hélico et je me tiens accroupi, en attendant que l'hélico parte. Le gendarme secouriste me fait un signe d'au revoir, le mécanicien surveille les abords de l'hélico, je suis à 2 m de lui, la turbine balaye tout, l'hélico décolle, le mécanicien me fait "petit pouce en l'air" (je me suis cru sur facebook) avant qu'un nuage de neige recouvre tout, je mets ma tête entre mes jambes en attendant l'accalmie, qui ne tarde pas. 30 secondes plus tard, c'est le SILENCE !

Les gendarmes auront été efficaces.

 

Nous on esperait presque qu'ils nous proposent de nous emmener...

hélico de la sécurité civile à l'approche PGHM - secours à la jonction - Mont Blanchélico de la sécurité civile à l'approche PGHM - secours à la jonction - Mont Blanc

hélico de la sécurité civile à l'approche PGHM - secours à la jonction - Mont Blanc

On ne traine pas, je me ré encorde, skis sur le sac et on avance. Pendant le secours, François D'Haene est passé, il ne s'est (même) pas arrêté. Bastien l'a reconnu, pas moi, il a déjà filé.

Quand on se remet en route, Bertrand et Yves sont déjà de l'autre coté de la Jonction

On part un peu stressé, l'accident n'y est pas pour rien. On passe les blocs, on arrive à la zone où on pense que les deux gars sont tombés (à priori, le premier est tombé, son acolyte l'a retenu un moment, a réussi à amortir sa chute, par contre il a fini par basculer  lui aussi et est tombé sans assurance, 7 m de chute dans cette zone peu sympathique). On ne traine pas, la zone chaotique, la petite traversée puis la descente. En bas, Benjamin est déjà remonté, gros bruit, je lance "pierre", une grosse pierre de 40 cm de rayon environ  vient de tomber à moins de 2 m de Bastien, elle a du glisser sur le sérac au dessus. Nouveau bon coup de stress, l'adrénaline à fond et on n'est pas sortis. On galope vers la sortie, ouf !

Bertrand et Yves nous ont attendu.

On rechausse les skis et on file, croisant au passage quelques cordées qui montent. Il est trop tard et je le sais bien, le sauvetage nous a mis dedans...  Le parcours est magnifique et effrayant, à droite,  les centaines de séracs du glacier, plus ou moins menaçants, sous nos pieds , de temps en temps, une crevasse, simple petite trace, mais on voit bien qu'elles sont profondes. On skie vite, espérant que si le pont de neige s'effondre, on sera déjà de l'autre coté. Quelques virages avant une longue traversée.  Ca n'est pas mon passage préféré, on va bientôt sortir de ce coupe gorges (mieux que Roland à Ronceveau)

 

Jonction au retourJonction au retourJonction au retour

Jonction au retour

On est sorti du glacier, enfin.

A présent la consigne du gardien est claire, il faut passer par le chemin d'été

Et le chemin d'été, je ne me fais pas d'illusion, c'est raide et expo, surtout à cette heure un peu avancée. Malheureusement, le chemin d'hiver , que nous avons pris hier est expo, un énorme sérac menace sous l'aiguille du midi, 20 000 m3 de glace d'après le gardien. Ça fait beaucoup, même si je ne me rends pas compte exactement de la quantité.

Bref, on part vers le bas avec un avantage, on sait que Yves et Bertrand sont montés par là. Si c'est trop expo, on pourra toujours rejoindre la gare des glaciers et descendre sur le tunnel.

On part pour une traversée à flanc avec quelques portages. La traversée est raide, par endroit il en faut pas s'en coller une , sinon, c'est le grand saut. Bref, on traverse, on déchausse, on rechausse , on file. En dessous de nous, par moment, le vide se creuse, il me tétanise, je n'en montre rien...  pas glop. On fini par arriver à la gare des glaciers  pour une petite pause. La décision est prise de continuer vers le plan de l'aiguille. Flûte moi j'étais parti pour une bonne pause. Benjamin est stressé de rater la benne. Pour moi, il ne devrait pas y avoir de problème, mais tout le monde est reparti alors que j'ai encore mon sac grand ouvert. Encore une fois, je galope derrière. Je finis par rejoindre le groupe lors d'un déchaussage. On avance , même si c'est encore loin. On a repéré au dessus François D'Haene qui n'a pas respecté la consigne, il va passer sous les mètres cubes de glace, sans doute sans le savoir.  Bon, ils skis tellement vite que si le sérac tombe, il ne pourra sans doute pas le rattraper.

Pendant ce temps, nous on déchausse et on rechausse, sans oublier de nous moquer d'Yves et Bertrand qui sont incapables de nous décrire ce qu'ils ont vu à la montée (pourtant c'était de jour !)

Dernier déchaussage, j'essaie d'optimiser au max, puis on remonte skis sur le sac vers le plan de l'aiguille que l'on rejoint, enfin ! Et voilà, un joli Mont Blanc validé, et pas de souci pour la benne , on est hyper large !

 

 

de la jonction au plan de l'Aiguillede la jonction au plan de l'Aiguillede la jonction au plan de l'Aiguille
de la jonction au plan de l'Aiguille

de la jonction au plan de l'Aiguille

voilà le reportage de france 3 concernant la menace de chute de glacier sur l'itinéraire d'accès au refuge des Grands Mulets

Épilogue

Dans la benne on a retrouvé le guide et sa cliente qui ont mouflé les deux suisses, en fait, personne ne les avait vu tombé, le guide traversait, il a vu un bâton et entendu une voix qui venait du fond de la crevasse. Ils (avec le PGHM) ont décidé de moufler les deux Suisses, vu le risque de sur accident (tout aurait pu leur tomber dessus)

 

Sur le parking à Chamonix, le Suisse (peu blessé) est arrivé en taxi pour récupérer sa voiture, à priori sont partenaire de cordée n'est que peu atteint, le séjour à l'hopital de Sallanche devrait se terminer ce soir... Bonne nouvelle !

 

Finalement, tout est bien qui fini bien

 

 

 

 

A Arnaud, François et Marshal

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