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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

Apoutsiak —

Ça faisait longtemps que j'avais repéré ce sommet.

Un peu dans l'ombre du Pourri, c'est tout de même un joli sommet.

Il y avait un bon risque 3 d'avalanche, les frontières étaient fermées, on a  décidé d'aller sur les pentes douces du Dôme de la Sache.

 

Vidéo :

Topo :

Refuge de Turia :

Depuis le village de la Gurraz (1585m) suivre la piste qui part au Nord du parking (le parking est après le village) Attention cette partie est avalancheuse. Rejoindre la forêt éparse et remonter jusqu'au Fenil en essayant de garder la piste en vue. Rejoindre le Fenil puis le Gousset, on gravi alors un petit couloir  puis les pentes qui le suive avant de bifurquer  pour rejoindre le refuge de Turia 2388 m ( 2 h 2 h 30)

Équipement du refuge de Turia

Tout équipé : poêle, bois, gaz, ustensiles de cuisine, couvertures.

Dôme de la Sache - 3588 m

Partir au Sud Sud Est pour passer sous l'épaule Est du Mont de la Gurraz On longe alors le Grand Rocher pour traverser le Glacier Nord de la Gurraz, on passe sous l'épaule Nord Est du Mont Pourri pour rejoindre le glacier Sud de la Gurraz. Remonter le glacier Sud de la Gurraz (assez plat), passer au dessus du point 3194 m puis viser le col à l'Est du Dôme de la Sache, remonter la pente Est du Dôme plus raide

Descente

par le même itinéraire

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m
Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m
Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

Récit :

Bastien m'avait laissé carte blanche. Me laisser carte blanche à moi, Apoutsiak le Grand, quelle inconscience, quelle magistrale erreur. Les frontières étant fermées, et désireux de respecter les directives de l'état, j'avais juste comme consigne de trouver des sommets à gravir, en France, pas trop loin, ben oui, nous n'avions que 3 jours...

L'autre contrainte était la neige en abondance et les risque d'avalanches bien présents, je cherchais une course en altitude pas trop exposée...

Après avoir rapidement survolé les Aravis, je jetais mon dévolu sur la Tarentaise. Le Dôme de la Sache et la Grande Sassière seraient parfait. Pour la Grande Sassière j'avais quand même quelques doutes : la partie finale un peu raide et le passage dans le goulet exposé aux avalanches des pentes, au dessus...

On allait donc commencer par le Dôme de la  Sache, après on verrait bien, le programme était alléchant.

Restait à gérer les impératifs liés au couvre feu (oui, c'est compliqué aujourd'hui de sortir en montagne), Départ précoce pour un rendez vous avec Bastien à 6 h 15 (merci Anne Sophie) en route pour Alberville, on papote et le temps passe vite, les barrières de péage aussi.

On se retrouve dans la Tarentaise, la neige met du temps à venir, on quitte la grand route pour une plus petite. ça louvoie, il y a de la neige, un peu de veglas, mais Bastien, qui pilote, se joue des pièges de la route. On traverse le village de la Gurraz bien verglacé, je suis ravi que ça soit Bastien au commande de l'engin. De l'autre coté, le parking est plus loin, on se plante sur une plaque de verglas, impossible de rejoindre le parking. Quelques essais plus tard, une petite marche arrière, on reprend de l'élan et le parking est là... Yes  !

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m
Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

On s'équipe, et comme souvent, je suis le plus rapide. J'en profite pour faire quelques images. Puis on part, le temps n'est pas au beau et de la neige est annoncée pour le début d'après midi, on devrait se la prendre...

Par chance, il y a une trace de montée , ce qui va nous faciliter la recherche d'itinéraire.

De suite on est dans l'ambiance on traverse une grosse coulée d'avalanche. Un peu plus loin, il y a du sang, sur la trace, beaucoup de sang. A croire que Jacques l'éventreur est passé par là. Je jette un coup d’œil vers le bas, et découvre le cadavre d'un chamois emporté par une avalanche. Est ce le signe de mauvais augure. Je commence à douter de mon choix de sommet. La montée au refuge n'est elle pas trop expo, je me remémore les endroits de la carte où la pente est à plus de 30 °C... on y arrive...

Bon on poursuit avant de croiser une famille qui descend, à ski de rando, la plus jeune a une dizaine d'année. Ça me rappelle la notre il y a quelques temps (quand les enfants étaient plus petits). On attaque la la forêt, c'est tracé, c'est tracé raide mais c'est tracé. Bastien a la jambe légère aujourd'hui (j'ai dit la jambe, hein , pas la cuisse ! ) Il galope devant.

Bon le truc sympa, c'est qu'en France, les refuge sont à 2 - 3 h des parkinfs, alors qu'en Suisse, on es test plutôt sur du 4 à 6 h !!! la montée ne devrait pas être longue. On remonte la piste raide et on débouche sur un premier plateau. On rejoint les chalets, la trace disparait. A nous de tracer !

 

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m
Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

Bastien part devant. Je surveille au GPS qu'on est au bon endroit, le temps est en train de tourner. Il neigeote à présent et le ciel est bas. Il va falloir repérer le passage pour la suite. hésitation quand au passage du couloir. Je pars devant, enchainement de conversion dans une pente un peu raide. je rejoins une petite épaule puis sort du couloir par la droite. La suite a l'air plus simple.

La neige est là, nous avançons dans un grand vallon, au dessus, le GPS m'indique de tourner à droite, et vu que le GPS est un peu mon Dieu à moi, je lui obéi tel Abraham... Non je ne lève pas le glaive sur lui attendant que ce dernier ne retienne mon bras, je suis bêtement la trace indiquée. On devient un peu idiot quand on suit son GPS. Un petit toit apparait à quelques encablures, nous avançons, Bastien trace la dernière partie.

Il rejoint la terrasse du refuge. Le petit stress quand tu arrive au refuge, savoir si la porte s'ouvre... Bon ça s'ouvre, on pénètre dans la cahute, 0°C à l’extérieur et ... -3°C à l’intérieur... Non, vous avez bien lu : 3 degrés centigrades en dessous de zéro. Paglop !

Alors au début ça va, tu as eu chaud lors de la montée, mais au bout de 30 minutes, et vu que je n'ai rien pris pour me changer, tu commences à avoir froid. Dans l’intervalle tu as fait fondre de la neige, tu as allumé le poêle qui ne chauffe pas, oui, il a froid, lui aussi ! On atteint à peine le zéro degré !!!

Et moi, le bourru des alpes, je me caille. Je me balade comme une âme en peine avec une couverture sur le dos !  Je finis par décider d'aller dans le dortoir dormir et essayer de me réchauffer.

Le dortoir est encore plus humide et plus froid que le salle à manger. les matelas sont congelés, il y a même de la glace au sol ! Personne n'a dormi ici depuis au moins 3 mois, c'est aussi ça le ski de rando en Février ! Un couverture en dessous pour m'isoler du matelas et 5 couvertures au dessus pour avoir chaud (ou un peu chaud)... je bouge quand même régulièrement pour me réchauffer, et je finis par dormioter, tandis que Bastien bon prince, alimente le poêle, m'indiquant régulièrement les progrès : "Il fait 4 °C !!! ) belle réussite !

 

La sieste fini, petite tisane pour se réchauffer, puis un repas aux plats déshydratés délicatement mitonnés. Pas génial, mais bon, il faut bien mètre quelques calories dans le moteur pour le lendemain. Et hop, 20 h, au lit, au frais, dans le dortoir humide.

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

Réveil à 6 h, on émerge tranquille, petit dej, équipement. Comme souvent, je suis le premier dehors. Bastien peaufine ses réglages... Ambiance magique, le Mont Turia est légèrement voilé par le brouillard à notre altitude. On débute tranquille, à flanc, Bastien souvent devant, moi je maintiens le cap, tel un capitaine de navire, le nez sur le GPS, le brouillard nous a envahi. Je sais qu'il faut contourner une épaule, et qu'on est quelques dizaines de mètres au dessus de la trace GPS. Un éperon rocheux, on passe au dessus ou en dessous ? Au dessus , c'est à flanc et raide (et on ne voit pas la suite) en dessous, c'est sans doute plus sécur', mais on se rajoute du dénivelé... Bastien est déjà parti, il disparait derrière l'épaule, le ciel d’éclairci, bingo, on est au bon endroit ! on remonte le vallon, la neige est un peu profonde mais ça va. on vire en rive droite, moins raide pour la sortie et on arrive à un collet donnant sur le glacier nord de la Gurraz. Le soleil est là, la mer de nuage est juste en dessous de nous, elle nous reprend par moment, on devrait finir par gagner définitivement le combat de l'accès au soleil.

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Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

Je repars devant, plus on monte, plus il y a de neige, pour l'instant ça va. Avec le soleil on a récupéré le vent, qui nous balaye régulièrement. Équipement d'hiver, 4 couches de vêtements, j'ai encore la Gore tex dans le sac au cas où. Et pour l'instant mes mitaines "couvrables" en guise de gants. température estimée : -15°C, 50 km/h de vent...

On décide de se relayer régulièrement, vu la quantité de neige, il ne faut pas s'user à faire la trace. En gros on trace un quart d'heure avant le passer le relai. C'est sûr, quand on est derrière, on peut virevolter...

La trace n'en ai plus une, on est en train de faire une tranchée ! Si on laisse un trop gros  intervalle avec le traceur, le vent comble la trace de neige et tout est à refaire !!!

On rejoint le point de jonction entre le glacier Nord et Sud de la Gurraz. courte descente, la technique est simple, il faut absolument tracer au plus court, la trace est si dure à faire qu'il faut éviter de rallonger le tracé.

Le glacier Sud est superbe, le vent fait danser la neige en volute, sur les séracs luisants ! je me délecte du spectacle.

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J'avoue, j'ai l'impression que Bastien fait plus la trace que moi. Plus on monte, plus c'est dur, le rythme ralenti, je surveille l'atimètre qui ne monte que trop lentement. Je calcule mentalement : 200 m/h. Dire que s'il y a avait une trace, on ferait du 400 m/ h... au moins !

Il faut prendre notre mal en patience. On monte, on n'est pas au bout de notre vie. On est venu là un poil hors saison donc on savait à quoi s'attendre...

Derrière nous, la Grande Sassière, le sommet prévu demain... 2000 m de dénivelé positif à se farcir, on a le temps d'y réfléchir, mais on commence déjà à discuter de la faisabilité du projet... Ça parait compliquer de tracer 2000 m à la journée alors que là on en a juste 1300, et qu'on va bien puiser dans nos réserves pour accéder au sommet.

On laisse nos réflexions entre deux bourrasques de neige, on semble apercevoir le sommet au loin... Le rythme est lent, mais on devrait y arriver.

On fait des relais de 5 minutes à présent, on s'adapte. par moment, on s'enfonce jusqu'aux cuisses !

Une grande traversée nous ramène sur le plateau terminal, battu par  les vents.

On se met à rêver : nous sommes 10, chacun fait 30 secondes de trace puis passe son relai, ça avance, c'est efficace. On ouvre les yeux (entre deux rafales de vent) bah non, en fait on n'est que 2, c'est la galère !

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m
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Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

Une traversée sur la gauche pour se mettre dans l'axe du petit col puis on rejoint celui ci. La pente finale a l'air chargée, surtout à droite et on se méfie à gauche des corniches... tel Philippe le hardi à son père Jean Le Bon, j'indique a Bastien où passer : "père gardez vous à gauche, père gardez vous à droite" Bon logiquement à la fin c'est le prince noir qui gagne, saleté d'anglais. La montagne nous laissera passer, Bastien bourrinera dur les derniers mètres, empilant les conversions entre la pente raide et la corniche.

On retrouve l'arête, durcie par le vent, et balayée par celui ci, sommet, Yes, 3 photos et on se casse, trop froid, c'est ça aussi, se balader en cette saison  à 3500 !...

On redescend sous la crête pour enlever les peaux, abrités du vent.

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m
Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m
Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

C'est parti pour la descente, il va falloir jouer fin, il y a tellement de neige qu'il va falloir utiliser nos traces de montée pour descendre, si on ne veut pas galérer.

Pour commencer, Bastien fait partir une petite plaque au seul endroit raide de la course, sous le sommet. Ça sentait la plaque, mais delà à ce qu'elle parte...

Ensuite, quelques virages prudents et la suite c'est dans la trace, à fond, la course n'est pas très raide, on l'a choisie pour ça, éviter les zones raides permet d'éviter les avalanches, l'inconvénient, c'est plutôt ça... Moi qui rêvait de champs de poudreuse , il y en a beaucoup trop !

Il faut gérer, prendre de l'élan dans la trace pour anticiper les courtes remontées et finir en escalier quand c'est nécessaire.

Première remontée, on contourne une crevasse par en dessous (on était passé au dessus à l'aller, la flemme de remonter) Bastien a des doutes, ça passe. Je file ensuite à flanc pour éviter les crevasses en dessous. Ensuite, ça skie tranquille, on se fait plaisir avant un grand plat à bien négocier. Je file à droite pour perdre un minimum d'altitude, Bastien lui, se laisse glisser dans le trou... Léger trou mais trou quand même. On a tout les deux les skis fraichements fartés, bilan, c'est galère d'avancer à plat sans les peaux, et ... Bastien repeaute tandis que parviens à me sortir du plat. J'attends de voir s'il s'en sort avant de filer vers la montée suivante. Longue glissage bien négociée, je réussi à remonter la petite pente sans mettre les peaux.

Bastien les a gardé, c'est à se demander ce qui est le plus rentable.

 

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m
Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

La suite est plus pentue, je pars devant dans la pente, longeant la longue face du Mont Pourri sur un petit dôme bien esthétique pour revenir au petit col de sortie du glacier. Bastien arrive, tout de peaux vêtu, il galère un peu dans les pentes raides. Quelle tristesse de garder les peaux à la descente. Il me rejoint, et fini par enlever ses peaux. On bascule sous le col, dans la brume qui est toujours là, petit coup de GPS  pour nous ramener dans le bon vallon, quelques bons virages avant la longue traversée, à fond, le refuge s’éclaire entre deux nuages, on se laisse glisser, sous l’impressionnant Turia.

Séance rangement des sacs et nettoyage.

Bah oui, quand tu trouver un refuge aussi accueillant, t'as envie de le laisser aussi propre que tu l'as trouvé aux suivants. Je sais , ça fait un peu faillot, mais c'est la réalité, on a fait nos sacs puis après on a essayé de tout bien ranger avant de passer un petit coup de balais, le refuge est parfait, mais toujours aussi froid !

 

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

On quitte le joli refuge pour la vallée, un premier schuss puis une petite remontée, la dernière. Ensuite, la poudreuse nous accueille, mais aussi les traces. Les gens sont venus faire du ski de rando jusqu'ici voir un poil plus haut. Ça devient plus dur de trouver de la neige vierge, elle est pourtant très bonne; les virage s'enchaînnent, on rejoint la forêt, la qualité de la neige se dégrade. On passe de la poudreuse parfaite , à la crouteuse regelée avec des boulettes de glace infâme. Le plaisir est passé, le but est juste de descendre dans la vallée.

La pente est raide, parfois, je me débrouille comme je peux, quand, au cours d'un virage ou je force un peu sur le talon pour reprendre une trajectoire correcte, mon talon déchausse. Je parviens à rester sur les skis et à le refixer en appuyant, sueur froide... L'opération se reproduit à trois reprise, je n'ai plus confiance dans l'arrière de mon ski droit. Prudence, j'essaie de ne pas forcer, ça passe.

Nous perdons de l'altitude et rejoignant le chamois mort. Il a été déchiqueté, sans doute par des renards, il nous reste juste à traverser les coulées d'avalanche, bien tracées à présent. Voilà déjà la voiture, le repos.

On n'a plus qu'à aller retrouver notre appart à Seez pour tirer des plans pour la prochaine journée. On sait qu'on ne tentera pas la Grande Sassière, on pense aller vers la Grande Motte, pour une fois que la station est fermée, ça vaut le coup de la tenter !

Ski de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 mSki de randonnée : Dôme de la Sache - 3588 m

Vidéo : ski de randonnée - Dôme de la Sache - 3588 m

Apoutsiak — VanoiseSki de randonnéealpinismevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Ascension

Ascension du Dôme de la Sache depuis la Gurraz (Sainte Foy Tarentaise)

par le refuge de Turia

et le glacier de la voie normale

vent tempétueux lors de la montée au sommet et neige profonde. On a fait plus une tranchée qu'une trace

Presque trop de neige à la descente

ascension avec Bastien

 

 

Vidéo : Ski de randonnée : La Grande Motte - 3653 m

Apoutsiak — VanoiseSki de randonnéealpinismevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Ascension de la Grande Motte depuis Tignes Val Claret

par le glacier de la Grande Motte

Année Covid 19, remotnée mécanique fermée, le rêve.

Sommet en crampons, beaucoup de vent, neige béton sur la fin

Magnifiques vues sur la Grande casse (entre autre)

avec Bastien

 

 

Ski de randonnée : Traversée Suchet - Aiguilles de Baulmes Jura

Apoutsiak — Ski de randonnéeJura

Dans le cadre de notre série "moi je, moi je"

je vous propose quelques images de la traversée Suchet Aiguilles de Baulmes

Neige délicieuse

météo capricieuse

journée de rêve

 

à refaire !

Vidéo : Ski de randonnée - Suchet - 1588 m

Apoutsiak — Juravidéo - Les vidéos d'ApoutsiakSki de randonnée

Première sortie de l'année 2021 (1er janvier 2021)

Et première sur le Suchet ( massif du Jura) au départ de Jougnes

Avec Bastien

Rétrospective 2020

Apoutsiak — humeur

Je vous souhaite une bonne année 2021

 

Et comme chaque année, je vous ai concocté une petite rétrospective de l'année. On a quand même réussi à réaliser de jolis trucs même si notre projet d’expédition au Pérou a été annulé.

C'est remis pour 2021 !

Deux versions pour la vidéo, une longue, pour ceux qui ne veulent rien rater, et une courte pour les plus pressés.

Bonne lecture

et rendez vous là haut en 2021

 

 

Rétrospective 2020 - Version longue

Rétrospective 2020 - Version Courte

Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m

Apoutsiak — alpinismeValais4000
Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m

Un 4000 facile, par une voie pas "normale" mais néanmoins facile.

Une jolie journée de montagne...

 

Vidéo :

 

Topo :

Parking à l'entrée de Saas Fee payant et obligatoire.

Traverser une partie du village pour prendre les télécabines et rejoindre Felskinn en 2 tronçons.

De là, rejoindre le métro Alpin et indiquer au préposé que vous souhaitez descendre à la station intermédiaire (le préposé prépose dans la cahute qui se situe à gauche avant le contrôle des forfaits, il ne parlait pas le Français lors de notre passage, pour information) . Il faut alors signer une attestation. (décharge)

Prendre le métro, descendre à la station intermédiaire (dans le tunnel). Il y a deux portes logiquement automatique (pour nous elles ne fonctionnaient pas, on a du les ouvrir manuellement)

On débouche sur la moraine au dessus du glacier Hohlaubgletscher vers 3200 m environ.

Redescendre sur le glacier, sente puis moraine raide sur le bas. Traverser le glacier vers le sud puis remonter les pentes plus raides en direction de l'arête (crevasses) Traverser des bandes rocheuses.

Le suite se situe en général sur l'arête ou sur son versant Nord. On poursuit en direction du sommet (ouest), la pente se redresse et vient buter sur une barre rocheuse.

traverser à droite sur 20 m sur une vire "sableuse" pour remonter un couloir de 10 m.

Prendre alors la vire sur la gauche qui ramène sur un plateau (broches scellées, descellées ) rejoindre le plateau. Monter en ascendences à gauche sur l'arête et venir sous une petite barre rocheuse. La contourner en passant par la droite et rejoindre le sommet par une arête facile.

 

Descente

Du sommet revenir en arrière sur 20 m, puis par un mouvement enveloppant, descendre en direction du Feejoch (col) de là, globalement au Nord en évitant les (très) grosses crevasses, puis vers 3650 m, prendre au Nord Est, en gardant un œil sur les séracs au dessus.

Rejoindre les pistes de ski qui ramènent  à la station de Mittleallalin et au métro alpin.

 

 

Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m

Récit :

Il est bien tôt quand nous quittons l'hôtel. Nous laissons les sacs inutiles dans une petite pièce et on traverse la Perle des Alpes encore endormie. Il ne fait pas grand beau, mais ça, on s'y attendait. La station semble encore endormie.

On déboule au téléphérique, il y a une queue monstre de skieurs des équipes nationales de pleins de pays qui font la queue. Fort heureusement, nous alpinistes, on est prio pendant 10 minutes. Et zoup, on coupe la file d'attente, on sera les premiers à prendre les billets quand ils ouvriront la porte.

De toute façon, un gars vient annoncer que ça n'est pas skiable aujourd'hui, et les pauvres skieurs doivent retourner dans leurs lits. C'est quand même la loose de se lever à point d'heure pour ça. On se débarrasse de quelques francs suisses superflus aux caisses et on se retrouve les premiers dans les œufs. C'est bizarre de prendre des œufs de nuit. J'en profite pour mettre de la crème solaire, ça fera peut être venir le soleil que la météo annonce timide aujourd'hui.

 

Arrivés à la station intermédiaire, nous rejoignons le pied du métro alpin. Il faut alors signer une décharge au cabinier pour sortir à la station intermédiaire Hohlaubgrat du métro. Forcement le type ne parle pas un traître mot de français. Je crois que j'ai signé dans la case guide. L'usurpateur est de retour. A la fois, le document ainsi que les explications n'étaient pas hyper claire. Par contre, tout est clair quand il faut nous expliquer l'ouverture et la fermeture des portes.

 

Métro alpin, un peu déçu, je m'attendais à des installations rutilantes, alors que le truc est vieillot. Bon , ma déception passe vite. On atteint rapidement la station Hohlaubgletscher. On est les seuls à sortir du métro alpin sous l’œil étonné des quelques autres alpinistes. On ouvre la porte, qui s'ouvre assez difficilement et est encore plus difficile à refermer. On marche dans un tunnel et on débouche devant un tunnel en tôle, sur une moraine, 100 m au dessus du glacier. Une sente nous permet de descendre presque en bas. Malheureusement, un éboulement nous oblige à être fin sur le bas, c'est raide, en gravillon, toute chute serait extrêmement désagréable. Et quand c'est fin, ça n'est pas mon terrain... mais je passe...

Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m

Voilà le glacier, les crampons, la corde et la motivation. Je pars devant, et oui, aujourd'hui, la course est facile, je devrais m'en sortir. Au loin, on voit deux cordées, parties de la cabane Britania, une est de l'autre coté du glacier, un peu au dessus de nous, la première est bien plus haut, presque sur l'arête.

Et hop, c'est parti, les crampons crissent dans la glace vive. Le ciel est gris, le lever de soleil se fait tout en nuances : violacées.

Et j'avance, surveillant les quelques crevasses judicieusement réparties. La partie est plane, aisée. Une cordée est loin au dessus, presque sur l'arête.

 

Une fois la traversée réalisée, vient la montée. C'est plus raide, mais pas extrême. La trace est bonne. Il suffit de rester concentré. On passe une petite rimaye, ça grimpe au dessus et on rejoint l'arête. Il y a un peu de vent. Et pas mal de nuages sur les sommes alentours. Un poil de glace pour contourner les rochers puis vient l'arête proprement dite. L'Allalinhorn se voile de nuages puis se dévoile. La mariée est jolie.

 

Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m
Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m
Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m

Je profite de la patience de Benjamin pour effectuer une pause vidéo bien longue, pour filmer les mouvements des nuages et la cordée précédente qui progresse. On aborde la dernière pente de neige, un peu plus raide. Il y a un peu de glace, on s'est encordé court. Pour le coup rien de bien technique, on remonte la pente facilement pour buter sur les rochers.

Le brouillard nous couvre. Je pars devant, petite traversée à droite, puis bien un couloir délité. Une fois de plus, le topo ne correspond pas : une main courante était annoncée, il n'y a rien, mais ça n'est pas très technique. Je traverse à gauche, petite passage plus raide. Une barre métallique vient m'accueillir, mais ô horreur, elle bringuebale. Je poursuis mon chemin en quête d'un endroit sûr où poser un point. Seuls des blocs de schistes instables se présentent à ma vue. Je finis par trouver un béquet potable , je fais venir Benjamin à moi. Le béquet pli, mais ne rompt point.

J'ai presque rejoint la cordée de devant. Ils sont partis à droite, ils sont tout proches mais le brouillard donne l'impression qu'ils sont loin... Je pars sur la gauche, une sente accueillante précède un petit pas d'escalade facile. Au dessus, je traverse légèrement vers la droite, sous une barre rocheuse. Le brouillard est là, mais nous sommes à l'abri du vent. Petite pause, le sommet ne semble plus très loin, mais on ne sait pas ce qu'il nous reste à parcourir.

On contourne la barre la trace part en ligne droite, 3 minutes plus loin, voilà le sommet et le monde : les gens montés par la voie normale sont déjà là ! C'est la queue pour faire un petit selfie au sommet, nous prenons notre ticket, oui, au sommet de l'Allalinhorn, il faut faire la queue et prendre son ticket pour gravir les 3 derniers mètres.

Notre patience est mise à rude épreuve mais on parvient à la croix. Et zou, un joli sommet pas trop difficile validé !

Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m
Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m
Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m
Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m
Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m
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Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m

On papote avec un couple de Français qui ont vécu longtemps en Nouvelle Zélande, c'est le retour à la montagne après diverses opérations des genoux ! Bravo à eux !

Le brouillard est là, on décide d'attendre une éclaircie, ça doit être bien joli, la vue de ce sommet lors d'une éclaircie.

Alors on attend...

Lentement...

Sournoisement, le froid s'insinue par chaque pore de nos vêtements, et au bout de 20 minutes, on jette l'éponge. Dans l'itnervale, des cordées sont arrivées puis reparties. Sans attendre l'hypothétique éclaircie sur laquelle nous avions parié.

 

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Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m

Et c'est parti, avec le brouillard on y a voit pas plus qu'à 20-30 m, pas intérêt de paumer la trace sur le glacier hyper crevassé . On bifurque à droite dans la partie rocheuse avec une sente. La glace n'est pas loin, il fait froid dans ce ban de brouillard. On avance, on suit la trace qui rejoint le col. Je bifurque à droite afin d'éviter de remonter vers l'Alphubel, ça serait ballot.

On y voit goutte. On rejoint les deux anciens un peu plus loin à l'approche des premières crevasses. J'avoue qu'on les a un peu laissé sur place. Bon on progresse prudemment, bien corde tendue, tout en gardant le rythme. J'avoue que je sais qu'après la descente il y aura le long retour vers la maison. Alors j'avance. On passe sous la couche de brouillard. Vue sur le glacier de l'Allalin et ses pistes de skis. Véritable verrues dans ce paysage. On croise des cordées, pas encordées ! Au milieu de crevasses sans fond ! On en croise une, réellement spectaculaire, pont de neige épais juste assez large, mais de chaque coté, un grand vide. On ne traine pas. Plus bas, on croise l'escalier qui permet de traverser la grosse crevasse d'accès au bas du glacier. Bah oui, ici, il y a un escalier pour traverser les crevasses. C'est dommage de ne pas pouvoir imaginer qu'une course n'est pas en condition à un moment dans la saison et de reporter ses envies de montagne sur un autre sommet. Bon pour l'instant , le triste escalier de crevasse est en mode stockage en attendant la fin de saison. Nouvelle plaie dans ce paysage. La perle des alpes porterait elle mal son nom ?

 

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Alpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 mAlpinisme : Allalinhorn Hohlaubgrat 4027 m

On passe donc au dessus de la petite crevasse que l'escalier servira à franchir plus tard en saison.

On croise de nombreuse cordées, dont certaines avec des chiens, Benjamin est fan, il opère des pauses photos pour immortaliser les instants. Reste une partie exposée aux séracs. On reste sur notre rythme rapide. Je surveille inquiet, les séracs menaçants au dessus de nous. On fini par sortir du passage exposé.

 

On fini par enlever les crampons. Une autre cordée, à la montée est en train de les mettre. On a de l'avance. Reste une piste de ski à longer. Les traces de dameuses sont assez désagréable à suivre. Reste une remontée. Une nouvelle piste , mi boue, mi glace nous ramène à la station supérieure du métro alpin. Derrière nous, le sommet de l'Allalinhorn se découvre, juste pour nous narguer. Trop tard, on ne va pas remonter maintenant.

 

Reste à redescendre en métro, puis en benne, à traverser le village pour rejoindre l'hôtel, nous changer en rentrer à la maison.

 

Merci à Benjamin pour ces jolies journées de montagne

Mon second Allalinhorn après le premier, à ski, depuis le bas. en dormant à Britannia

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Vidéo : Trail dans la vallée de la loue Rocher du Moine, Source de la Loue - Gorges de Noailles

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retour

Crue Janvier février 2021

Que d'eau !

 

Vidéo : Ski de rando - But au col du Mont Brulé : de la cabane des Bouquetins à Arolla

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakValaisSki de randonnée

J3 du raid à ski autour du Mont Collon, on part avec un timing serré pour Tête blanche ou Tête de Valpelline en passant par le col du Mont Brulé, on doit être à 13 h à Arolla. Assez rapidement on voit que le timing est trop juste on va juste repérer le pied du col Retour à Arolla par le pied de la cabane, et plan Bertol (on n'a pas osé passé par la prise d'eau pensant que ça ne passait pas ! oui, je sais, on est un peu timoré... Bilan : +1 h 30 ! pas glop ! )

Vidéo : Ski de randonnée : Aouille Tseuque - 3554 m

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ski de randonnée : Aouille Tseuque depuis la cabane des Vignettes

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arrivée à la cabane à la nuit !

Vidéo : Ski de randonnée - Pigne d'Arolla 3787 m à la journée

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Octobre 2020

De la neige, un petit créneau météo, et un raid à ski autour des Petits et grands monts Collon :

Pigne d'Arolla - nuit à la cabane des Vignettes - Aouille Tseuque, col du petit Mont Collon, col de l'évêque, cabane des bouquetins - on avait prévut tête de valpelline, tête blanche retour par bertol le dernier jour, mais le timing était trop serré..

Vidéo de la première journée : Pigne d'Arolla à la journée depuis Arolla

Ascension de l'Etna 3350 m

Apoutsiak — RandoSicilevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Ascension de l'Etna, avec l'agence AITNE

Images : hellordfire (petit Chachou) et Apoutsiak

 

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Apoutsiak — alpinismeValais4000ZermattLes 100 plus belleshumeur
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Grosse frayeur quand une dalle large de 1 m 50 commence à glisser dans ma direction, juste au dessus de moi, juste le temps de m’aplatir contre la paroi en espérant qu'elle me passe au dessus.

Je suis là pour écrire, le récit complet en dessous...

 

Vidéo :

Topo

Refuge Resegotti :

Se garer au parking de Ponte au Nord d'Alagna Valsesia 1212 m

parking payant

possibilité de prendre la navette pour le bout de la route

même si vous vous sentez en bonne forme, la navette est conseillées la (les) journée (s) sont longues... 1400 m

Suivre la piste qui part en sous bois, en direction Nord Ouest. Elle vient longer le pied d'une barre rocheuse et d'un torrent, on rejoint l'alpe Vigne tout à gauche de la barre avant de revenir vers le Rifugio Barba-Ferrero CAI 2247 m – pause obligatoire !

Ce refuge est incroyable, ambiance jazzy et accueil incroyable du gardien. Une destination en soi.

Passer derrière le refuge et remonter la sente qui louvoie ensuite entre les barres avant de gagner la moraine du glacier de la Cesia (sentier) gagner un replat puis par de grandes dalles rejoindre le glacier. Le remonter direction Nord Est puis basculer vers l'ouest pour venir buter sous le bivouac. Remonter les éboulis désagréables et rejoindre le rifuggio Resegotti 3425 m

Couvertures dans le refuge . Un poêle qui fonctionne, névés à proximité pour l'eau.

 

Cresta Signal

Du refuge bivouac, partir vers l4est en direction du Passo Signal, soit sur la crête soit en contrebas au Sud, ça passe en général assez bien.

Passo Signal 3769 m

On vient buter sur une partie plus raide.

La suite est complexe, un peu flou, on coutourne certaines difficultées par la droite ou par la gauche. Je mets en pièce joitne le topo dessiné, sans être sûr de son exactitude, pourtant il a l'air bien fait. Durant al course on n'a jamais su vraiement où on en était par rapport aux hypothétiques gendarmes.

 

Sortie par l'arête de la cresta et un petit couloir de neige.

 

Descente : par la voie Normale de la Punta Gnifetti

Le téléphérique ramène alors en trois tronçons à Alagna Valsesia

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Récit

 

Elle m'attend

 

Nous voilà à Alagna, traverser le village et trouver le parking, payant... Je déteste les parking payants en fond de vallée. Je trouve que ça entrave ma liberté. C'est sans doute juste mon coté rapia qui ressort.

Bref, je pars en quête de monnaie, mais comme c'est le cas de dizaines de personnes sur le parking, je rentre bredouille. Je finis par aller réserver des places en minibus. Ça tombe bien, c'est 3 € par personne, avec la monnaie ça devrait me faire les 2 jours de parking. Arrivé au parkmètre, je me rends compte que la dame de la cahute ne m'a pas rendu la monnaie correctement. Bref, je n'ai pas assez de monnaie. Je mise tout, tapis dans le parcmètre, même si ça ne suffira pas, à part si on prend un but. Ça fera un petit stress supplémentaire à la descente.

 

Bref on prend un minibus qui nous fait gagner une demi heure, j'ai un peu honte, j'aurai préféré gravir cette partie à pied. Ce soir, je ne le regretterait pas, mais ça, je ne le sais pas encore.

 

Et hop, départ, beaucoup de monde sur cette partie, énormément de randonneurs partis en quête d'un refuge où manger. On se retrouve dans le flot des marcheurs, le sac lourd, le soleil nous assomme, la canicule est là. Premier hameau traversé, première fontaine, on s'abreuve et on refroidi la machine qui déjà est en surchauffe.

Ça repart, le nombre de randonneurs faiblis, nombreux sont ceux dont l'objectif est le refuge Crespi Calderini. Un avantage : le rythme est plus régulier, un inconvénient : je reste toujours un peu fier de marcher au milieu de gens avec un sac garni de matériel technique. Je sais, c'est enfantin, mais c'est comme ça, on ne se refait pas !

Au loin, une jolie jeune fille, aux lignes élégantes. Je vois Benjamin qui allonge le pas. Le bougre ! Comme souvent, je lambine derrière. A la vue de la belle, j’accélère discrètement, avec pour objectif de me retrouver dans les effluves de celle ci. Bon, j'ai beau m'atteler à al tache, je reste à bonne distance. Benjamin, lui, profite du spectacle. J’aperçois même, son œil libidineux devenir salace. Moi, je lambine derrière pour mon plus grand regret.

 

A force d'effort, je réduis mon retard, Benjamin, est déjà loin devant. J'atteins enfin mon but au bout de longues minutes, le visage harassé, la sueur fétide perle de mon corps putride. Pas sûr que mon corps de vieil aventurier fasse l'effet escompté... J'atteins enfin mon but, écrivais je , quand le compagnon de vie de la dame, un grand baraqué aux tatouages imposants lui indique la pause. Je blêmis, tout ça pour ça ! Je n'aurai pas atteint les effluves fleuris, objectif de chacun de ces derniers instants, je repars penaud, je lambine à nouveau derrière...

 

Là haut, elle m'attend.

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Heureusement, le paysage est beau, et je me remets assez rapidement de ma mésaventure. A droite d’impressionnantes cascades, une barre rocheuse coupe l'accès au refuge Barba Ferrero.

Devant, Benjamin, égal à lui même galope, j'en viens à me demander s'il n'a pas déjà repéré une nouvelle gueuse. Rien n'est moins sûr.

 

On remonte sous la barre avant de virer à droite, sur le plateau, pour revenir vers le refuge. Il y a du bruit, beaucoup de bruit, ambiance jazzy, le refuge est incroyable, le gardien aussi, sous cette canicule, des bouteilles de blancs sont rafraîchis dans une fontaine cascade, en dessous, des canettes de coca, une bière, tout cela en libre service. Une corbeille de fruit vient agrémenté le tableau. Il y a du monde, du bruit, l'ambiance est à la fête. On se pause là pour pique niquer. Moi, ma pauvre boite de sardine, tandis que Benjamin s'offre un magnifique panini. Le gardien bien jovial vient nous demander notre objectif : Cresta Signal, le sommet des Français et des Suisses nous lance-t-il

 

L'heure est déjà avancée. Je me souviens de la réponse de Jeff quand je lui est annoncé qu'on partait pour la Cresta Signal : Ça n'est pas très dur, mais la montée au bivouac est hyper longue !
Et nous voilà, quittant ce refuge unique à l'ambiance chaloupée.

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Les premiers pas sont difficiles dans le gazon qui suit le refuge, retrouver la sente, puis la suivre, peu de gens poursuivent au dessus, et ça se voit. On reprend un petit rythme, Benjamin s'est mis dans ma roue, il sait qu'à mon rythme on arrivera en haut, pas vite, mais avec certitude.

Au dessus, les nuages font leur apparition, c'est dommage on aura pas de vue, en contrepartie, on n'a un peu moins chaud, en ces temps de canicule, c'est une chance.

 

La végétation devient moins verte, le paysage devient plus minéral, au dessus, à 4000 m, les nuages sont déjà là. On croise un couple avec deux énormes chiens. « Attention, celui-ci mort » nous annoncent ils sérieusement. Quelle idée de ce balader en montagne avec un chien mordeur au milieu de tant de monde... Ils ne se sont même pas écartés du sentier, nous avons du laisser la place au Cerber.

Court replat au dessus. Le GPS m'indique la marche à suivre. Au loin on aperçoit deux alpinistes qui filent vers la droite sur le glacier. Cool, ça sera tracé.

Quelques dalles nous amènent au glacier, on enfile les crampons. Et zou, reste à suivre les traces, qui partent à droite. Petit doute, Benjamin sort son smartphone, tandis que je consulte la trace GPS de la montre... Les traces de pas partent à droite, le bivouac est à gauche. Qu'est ce qu'ils sont allés faire par là ?

On part sur la gauche, on remonte une pente un peu raide. Deux bouquetins traversent tranquillement au dessus de nous. On repique vers la gauche et on recoupe la trace GPS... Bonne nouvelle on est retrouvé ! Par chance, on retrouve aussi des traces de pas. Sont elles d'aujourd'hui ou d'hier. Je pense plutôt qu'elles datent d'hier mais sans certitude. On avance. Benjamin une dizaine de mètres devant moi. On aperçois le bivouac. La trace vient buter sur la barre rocheuse juste en dessous.

 

On assiste depuis là à l'hélitreuillage d'alpinistes sur le sommet de droite, sommet où sont montés les deux personnes vue sur le glacier deux heures plus tôt. Les nuages nous empêchent de bien voir. A priori, l'hélico n'a pas eu le temps de rapatrier tout le monde...

 

Le passage est délicat, une rimaye puis une dalle gravillonneuse. Tel un chat, Benjamin progresse comme si de rien n'était sur au dessus de l'abîme. Je pars sans conviction, le geste peu sur, je progresse lentement. Si Benjamin ressemble à un chat, moi ça serait plus le pingouin maladroit. Bon, je finis par surmonter l'obstacle. La suite est plus facile même si il faut rester vigilant dans cette barre rocheuse raide.

 

On rejoint le bivouac, il faut accéder par la terrasse et gravir la rembarde. On contourne le bivouac. J'entends que Benjamin salut quelqu'un. Nous ne serons pas seuls ce soir.

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On se pause, on papote avec le guide Suisse et son client. On essaie de comprendre les différents topo qui décrivent l'arête différemment. On se dit que l'autre cordée est là et que c'est signe de beau temps... Eux aussi d'ailleurs, pas sur que notre prévision soit fiable... On profite de l'eau déjà fondue. On mange et on se couche.

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3 h 10, le réveil sonne, la partie dortoir du bivouac reste assez spartiate, humide... Je m'habille et je file déjeuner. Enfin , déjeuner est un bien grand mot, je grignote trois gâteaux secs en buvant un peu d'eau à la boisson énergétique. Je peaufine mon sac. Dehors, il ne fait pas beau. Le guide, qui est sorti le premier, a vu une partie de ciel étoilé, puis ça s'est bouché. Le ciel est sombre, dans la plaine du Pô on aperçois des éclairs, beaucoup d’éclairs... C'est pas gagné.

Le guide et son client partent devant, nous sommes 5 minutes derrière. La première partie est facile, une arête en pente douce avec un gros névé qu'il faut prendre soit sur le fil , soit dans la pente en dessous, rien de bien méchant. Je suis devant, je laisserai Benjamin se taper les passages d'escalade extrême (enfin extrême pour moi parce que Jeff il a dit qu'il n'y avait pas de difficulté, mais méfiance... Jeff, il est très fort ! )

 

20 minutes après le départ, on rattrape l'autre cordée. Les éclairs nous entourent de tout part, le spectacle est assez impressionnant. Chacun essaie de choper du réseau pour consulter la météo. Forcement le guide y parvient le premier. C'est pas pour rien qu'il a eu son diplôme. A priori, c'est bon pour ici. Il y a 20 ans, j'aurais fait demi tour direct. Le orages s'approchent, sur une arête engagée comme celle là... Je ne suis tout de même pas sûr qu'on prenne la bonne décision.

 

Mais on repart, sur cette arête facile. On passe le petit sommet avant de redescendre au col, les Suisses nous ont pris 5 minutes. J'essaie de repérer par où ils passent, ça nous évitera d'avoir à chercher.

 

Plus haut, elle m'attend.

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Et c'est repart vers le haut, la grimpe est facile, la vue est jolie, l'arête enneigée en dessous, au dessus , c'est rocheux et moins élégant. On grimpe, on suit des vires, l'escalade au départ n'est jamais difficile. Par contre, rien n'est bien distinct. Il est difficile de retrouver les détails décrits dans le topo. On avance pour venir buter sur un premier obstacle. Benjamin le franchi avec brio ! J'avoue que je suis un peu apeuré par l'obstacle. Je franchi cette partie plus en rampant contre les parois qu'en grimpant. Le bourrineur des alpes , l'usurpateur des 4000 a encore frappé. Je suis passé.

Et on grimpe, de droite puis de gauche. Ça fait longtemps qu'on ne voit plus les deux Suisses. Nous sommes livrés à nous même. Il y a 3 gendarmes « caractéristiques » décris dans le topo, le problème c'est qu'on ne sait pas si on est au premier, au second ou au 3ème. Ça nous fait hésiter régulièrement sur le chemin à suivre.

On rejoint en Nord une partie en neige. Ça fait déjà 4 ou 5 fois que l'on met puis qu'on enlève les crampons. Hésitation, encore, j'hésite à remettre les campons pour une portion qui semble courte. Je vais voir, mais la prudence me fais redescendre. Hop on chausse, on remonte, on a bien fais de cramponner, la glace n'est pas loin, les rochers non plus. Les crampons crissent mais on avance.

On opère une traversée sur la gauche. Une grande vire, on descend comme on peut. Et là , deux choix s'offrent à nous : soit un dièdre à gauche, soit une dalle à droite avec un spit. Bon, ben le spit attire, on remonte jusque là. Rejoindre le spit n'est pas chose facile. Pente gravillonneuse et exposée. Je rejoins Benjamin, la suite semble bien dure, trop dure. On décide d'aller voir de l'autre coté, ou comment perdre 20 minutes dans une hésitation. Je repars vers le bas, re-pente gravillonneuse exposée.

On rejoint le pied du dièdre. Benjamin se lance. Au pris d'un gros effort, il force le passage et installe un relais au dessus. C'est mon tour. La vache, c'est peu prisu. Je pars un pied à droite l'autre à gauche. Mes mains cherchent vainement de gros baquet comme prise. Il faudra se contenter de trucs fuyants... je déteste. Une fois de plus, je rampe. Je bourrine comme un sourd avec les bras, tandis que mes jambes cherchent à trouver d'inexistantes prises. Je suis plus une limace qu'autre chose, mais une limace en difficulté, ma bave n'adhère pas.... Le souffle court, je parviens à surmonte le dièdre. Je m’étale de tout mon long au dessus, je suis passé. Je ne suis vraiment pas un bon grimpeur, faudra que je travaille là dessus ! Bon, bref, je suis passé. Il faut repartir, alors on avance, lentement mais on avance.

 

Un peu plus haut, on se retrouve sur une vire en rocher pourri. Nouvelle hésitation, Benjamin décide de passer au dessus de moi avant de tirer à gauche. Il remonte à ma droite puis traverse au dessus, il met le pied sur une grosse dalle 1 m au dessus de moi. Une bonne grosse dalle de 1m50 sur 2 m. Mon regard perçois le léger mouvement de celle ci. Elle glisse au dessus de moi, je suis direct dans l'axe. Deux solutions s'offrent à moi : soit me déplacer de 2 m sur la droite, solution qui risque de prendre trop de temps ; soit me baisser et me coller à la paroi, la dalle pourrait me passer par dessus, solution rapide mais au résultat incertain. De toute façon, pas le temps de réfléchir, c'est plus un reflex qu'une réflexion, je me couche le long de la paroi. Me calant contre la roche. Dans un fracas la dalle tombe. Elle passe au dessus de moi, mais je ressens une douleur sur la cheville droite. Je hurle. Je me retourne, la première douleur est violente. Me voilà allongé sur le dos. Je ne sais pas quelle est l'étendue de la lésion. Je bouge le pied doucement. À priori, ça fonctionne, il n'y a pas de fracture... Ouf ! Je reprends mon souffle. J'essaie de rassurer Benjamin, mais je ne suis pas encore debout. J'ai encore bien mal, je ne comprends pas comment la dalle n'a pas brisé tous mes os en tombant dessus. Je me relève, lentement, il y a une petite douleur, mais rien de catastrophique, à priori pas d'entorse ! Quelle chance. Je lis dans le regard de Benjamin toute son inquiétude. Je le rassure, ça devrait aller et il n'est pas responsable. C'est juste un coup de malchance.

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On repart, la douleur s'estompe. Je boite à peine. C'est un miracle que la roche n'est touché que mon talon, c'est également un miracle que je parvienne à marcher. La dalle m'attendait, je vous l'avais bien dit ! J'essaie de comprendre, comment se fait il que je m'en sorte indemne. Les questions se bousculent. Est ce que je n'ai pris qu'un autre bloc plus petit sur le pied. ? Avais je le temps de me décaler sur la droite ? Je sens que Benjamin tergiverse. Il se sent responsable, il n'en est rien. On avance dans ces pentes monotone. On remet pour la nième fois les crampons. Des pentes de neige, tracées forcement, les Suisses ont passés par là. Pour le coup on avance bien, on rejoint des dalles faciles puis le fil de l'arête, à gauche dans les nuages, le refuge Margherita marque le sommet. On attaque la partie finale par de l'escalade facile. Benjamin part à gauche. Ça ne passe pas. Il me propose de repasser devant, je m’exécute, ça me fera du bien. Je contourne un gros bloc par la droite puis une pente de neige permet de gagner le plateau sommital. Je me moque de Benjamin qui m'a laissé passer devant pour ça ! On se retrouve heureux de cette jolie sortie au rocher délicat !

 

Reste juste un bout de glacier en dévers pour rejoindre la cabane. On progresse dans un joli paysage, la pointe Dufour à droite, le Lyskamm devant. Reste quelques mètres et nous voilà sur la terrasse du refuge. Le soleil a fait son apparition pour les derniers mètres ! Magnifique !

On prend le temps de se pauser, de faire quelques photos et de discuter.

Que faire demain, ?

On est à peine arrivé qu'on se demande quoi faire demain.

Bon la raison est simple, la météo n'est pas bonne.

 

On décide de manger au refuge et de checker la météo pour faire le point.

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Benjamin commande un bout de pizza, il fait chaud dans le refuge. Les gardiens ont l'air blasés. Mauvais signe, le refuge a l'air de se vider.

Effectivement, la météo n'est pas bonne, demain est annoncé pourri, on ne pourra pas faire grand chose. Soit on reste sur place et on passe la journée à glandouiller , soit on redescend pour trouver un autre objectif et on se repose en bas. (Au départ on avait pensé faire soit la traversée du Lyskamm, soit l'ensemble des 4000 qui descendent sur Gnifetti)

Bon on décide de descendre, notre projet d'ascension du Cervin a du plomb dans l'aile, pas question d'aller sur les pentes du Matterhorn s'il y a de la neige fraîche en quantité. Cette année pour moi , c'est la loose, il fait grand beau tout le temps, sauf quand je pars en montagne, et je suis obligé de jouer avec des systèmes météos compliqués.

 

1 h après on est sur le glacier et on croise une cordée des pays de l'Est. Chargés comme des mules ahanant sur la trace. Ils progressent peu, on les voit le plus souvent.. à l'arrêt pour récupérer du pas précédent (je me moque , mais il y a un peu de vrai)

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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On avance, on sent que le temps tourne. Les nuages s’amoncellent et on n'a pas envie de jouer à chercher la trace sur cet immense glacier trop crevassé.

Je galope donc, observant les 4000 alentour et regrettant de ne pas pouvoir en gravir un ou deux au passage. On passe sous les séracs avant de remonter vers le Lisjoch. A la descente je suis devant, et oui, je ne suis pas un bon grimpeur, mais comme bizuth suicide testeur de crevasse, je suis un champion. Au col hésitation, petit coup de GPS, la trace de celui ci part à gauche alors que la trace à pied semble partir à droite. On joue la sécurité, on part à gauche, en fait , ça va nous faire un détour par le bivouac Giordano et le pied de la pyramide Vincent, rien de bien grave. On laisse le joli bivouac et ses crevasses d'accès, avant de basculer. Au loin, la Punta Giordani me fait de l’œil, le seul 4000 gravi en famille avec tous mes enfants ! Un grand souvenir même si l’ascension en elle même n'a qu'un intérêt tout relatif ! Bref, je profite de la vue dégagé sur notre 4000, avant de poursuivre la descente. On rejoint une cordée qui monte. Le premier me demande l'altitude, en italien. 4000 m , c'était leur objectif du jour. Ils décident de faire demi-tour

 

Nous on poursuit, on récupère l'axe du glacier. En dessous une zone hyper crevassée, 4 grosses crevasses, la dernière est énorme. Plusieurs cordées la traversent et s'arrêtent juste après, on ne sait pas trop s'ils sont sur la première ou la seconde. Regroupement général. Incroyable, inquiétant, ils ne savent même pas s'il y a un pont de neige à cet endroit là. On arrive, je me décale et je décide de leur expliquer qu'ils devraient s'espacer et ne pas rester là (ils sont au moins 12, tous serrés et une autre cordée de leur groupe arrive) Je bafouille en Anglais en leur faisant des gestes, il faut qu'ils s'espacent, c'est dangereux de rester comme ça ! Bon avec mes gestes c'était plus intelligible que juste mon anglais. Le chef du groupe me lance un « ouai ouai » , genre « ouai ouai je gère », mais il ne change rien...

On continue étonné de ce comportement. On poursuit de crevasse en crevasse. On tire à gauche et ça continue, on en longe, on en traverse. Il fait gris à présent. On remonte légèrement pour passer au dessus de Gnifetti, Benjamin négocie une pause, je lui accorde.

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La pause est courte (oui ,je ne suis pas un grand fan des pauses, et encore moins des pauses longues : la pause, ça ne sert à rien , ça casse le rythme!)

On repart sur cette petite glace vive assez désagréable à cramponner. Et bim, Benjamin se tort la cheville ! Flûte. On s'arrête, il râle un peu. Pas sûr qu'il puisse marcher demain si c'est nécessaire. Flûte on a notre projet de Cervin ou d'autre 4000 à gravir.

Je repars, un peu plus lentement. Benjamin marche prudemment mais il marche. On se retrouve dans le brouillard, on a coupé le passage par Gnifetti en prenant par la glace (ça évite les barres rocheuses) mais avec le brouillard ,je je ne suis pas hyper sur de moi, heureusement il y a des traces. On retrouve les rochers, on peut enfin enlever les crampons. Pour la suite, je sais qu'il faut prendre par des vires, et instinctivement, je trouve le début de la via ferrata, non visible depuis le sentier. Et c'est parti pour une partie plus physique, chute interdite. Pas plus interdite qu à 4000 m , mais interdite tout de même, quoique je préférerai mourir au dessus de 4000 m qu'en dessous, je trouve que ça fait plus prestigieux ! ( je sais, ça ne sert à rien, mais bon, cette idée me trotte dans la tête depuis un moment, alors je vous la livre )

 

Bon on descend dans des échelles, des barres pour se retrouver sur des vires. Je me rends compte que ça n'est plus la voie de montée. Je n'en dis rien à Benjamin, qui semble être dans le dur . Sa cheville endolorie y est sans doute pour quelque chose. Vire à droite, je merdouille pour trouver le bon itinéraire. Ça fulmine dans mon dos, mais étant donné que ça a été bien élevé, je n'entends rien. On retrouve le sentier, enfin sentier, il y a quand même de gros blocs à descendre et de grands pas à faire avant de rejoindre le glacier. En glace vive, parfois bien glissante. Il faut rester concentré. Benjamin s'inquiète. On ne voit pas la gare de téléphérique pourtant toute proche. Je le rassure. On poursuit la traversée du glacier puis une courte remontée avant de sortir du glacier et de rejoindre la benne. On achète nos billets. Puis on prend le téléphérique. A la station intermédiaire, il faut de nouveau acheter des billets. La vendeuse interpelle le cabinier lui demandant de nous attendre. Et ben pas cool, il part avant qu'on le rejoigne, il faut encore attendre. J'n profite pour rechercher un hébergement pour la nuit. 20 bonnes minutes plus tard, nous sommes dans sa benne. Un petit coup de télécabine plus tard on rejoint la station. Je laisse Benjamin et file à pied récupérer la voiture, bien loin à mon goût tout au nord du village...

 

Reste juste à récupérer Benjamin et à rejoindre notre hôtel.

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