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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Zermatt

Ski de randonnée : Pollux - 4092 m - récit d'un sauvetage avorté

Apoutsiak — Ski de randonnéeValaisZermattalpinisme4000

Une belle journée de montagne sur un sommet plutôt facile (faut quand même pas mal tirer sur les bras) et une après midi à organiser un sauvetage inutile.

Récit complet de la journée, du pseudo sauvetage et d'un autre sauvetage intercurrent

Bonne lecture

 

Vidéo :

Topo:

Accès départ

Pour info : parking à Täsch ( 15 € par jour)

Train Täsch Zermatt

Traverser Zermatt à pied (Nord Sud 1 km 100)

Prendre alors le téléphérique pour Matterhorn Paradise (Klein Matterhorn) 3817 m

 

Sommet :

De Klein matterhorn, descendre au col 3793 m CNS puis aller jusqu'au Breithornpass en visant le point 3824 m

Longer au mieux les pentes du Breithorn en passant sous le point (3821 m CNS et en allant au plus loin. On repeaute avant l'éperon du bivouac Rossi et Volante. Remettre les peaux et se diriger vers le pied du Pollux. Un couloir évident à droite vous appelle.

Laisse les skis. Remonter le couloir (40 °) en neige (couloir élégant) puis tirer légèrement à gauche dans un système de vire pour rejoindre les chaînes.

Passage un poil physique pour remonter la première partie des chaînes. (on parlera de technique de bourrin !)

On parvient à une breche, prendre alors à gauche, toujours des chaînes, mais plus facile. On sort alors à la vierge. La suite est une jolie arête à 35 ° qui mène au sommet

Descente par le même itinéraire, possibilité de faire deux rappels de 15 m chacun pour redescendre les chaînes sans effort !

 

 

Pollux, couloir d'accès

Pollux, couloir d'accès

Récit :

On a passé la nuit dans un petit hôtel à Randa, et oui, le petit alpiniste s'embourgeoise ! Bref on a bien récupéré de la journée de la veille et de l'ascension du Grand Cornier (point 3714 m)

Enfin c'était pas gagné, Benjamin semblait quand même bien fatigué la veille au soir. Ce matin, le voilà guilleret !

On file au parking géant de Täsch, puis par chance on choppe le premier train, sans attendre. Voilà Zermatt, la magnifique et la huppée. Comme à chaque fois, on remonte la rue principale entourée de boutiques de luxe. C'est toujours étonnant, ces villes de montagne, il semble que parfois  elles aient perdu leur âme, elles sont toutes tournées vers le tourisme de luxe, oubliant ceux qui en font leur réputation : Nous. (Fin de coup de gueule, oui, je sais un peu mou, faudra peut être que je retravaille ce passage !)

Nous ne croisons le premier magasin de montagne qu'après une longue marche.

Benjamin se baffre de viennoiserie dans une jolie boulangerie. Et nous voilà aux caisses des remontées mécaniques. La carte bleu chauffe mais pas au point de rendre le terminal inutilisable. On se met dans la queue des télécabines, au milieu d'autres skieurs de randonnée, mais également de skieurs de piste. Et c'est parti pour une montée à 3800 facile, en 3 tronçons ! On se retrouve dans le dernier télécabine géant (28 places par benne !) les premiers ! Et donc on déboule à 3800 m avec la montagne pour nous. Bon ça ne dure pas longtemps !

Le haut est moche, des cables de téléphérique, des passages de neige damée. Je déteste !

 

 

 

Pollux

Pollux

Et c'est parti, courte descente sur la piste, il faut déjà traverser des fils et les pistes de ski défoncée par les dameuses (je n'ai pas tout compris j'avoue) Ensuite on tente de continuer sans les peaux. Pas forcement le bon choix. On finit par les mettre pour les 5 minutes qui nous séparent su Breithornpass, encore un mauvais choix tactique. Voilà le col, et hop, il faut dépeauter. C'est bien , ça nous occupe !

La neige est béton et pour mon plus grand plaisir, il faut descendre un poil dans le jour blanc. Les skis vibrent au contact du mur blanc, le ski est désagréable. Le temps n'est pas catastrophique mais le ciel est bas et j'ai du mal à estimer les pentes, comme souvent. Je me rends compte qu'il fallait tirer plus à gauche plus à flanc. Je tire alors à gauche en poussant sur les bâtons. Dans les portions descendantes , je suis crispé comme pas possible et Benjamin me le fait remarquer. Je déteste cette neige !!! Dire qu'on a fait du si bon ski hier ! C'est tout crispé que j'enchaine les portions de descente et les portions planes où il faut pousser sur les bâtons. En plus, pas un virage, pied gauche amont, un jour il faudra que je pense, àa faire affuter mes carres...

On fini par accéder au pied ud bivouac Ross et Volante et il faut remettre les peaux. Et repartir vers le haut... en faux plat. C'est toujours mieux qu'une descente à flanc en neige béton. petit youpi !

On avance sur le schwartzor, on voit des traces dans la face Ouest, par endroit, ça a l'air en glace,  et on rejoint le dépôt des skis, petite pause, tout va bien , voici la partie ludique.

 

en direction de Pollux sur le plateau des monts rosesen direction de Pollux sur le plateau des monts rosesen direction de Pollux sur le plateau des monts roses
en direction de Pollux sur le plateau des monts rosesen direction de Pollux sur le plateau des monts rosesen direction de Pollux sur le plateau des monts roses

en direction de Pollux sur le plateau des monts roses

Encordés, moi devant, Benjamin derrière, et on est parti, le couloir se redresse tranquillement, la taille des marches augmentent aussi petit à petit. Je ahane à chaque pas. On opère quelques judicieuses pauses pour faire des vidéos, le petit couloir est très esthétique.

A la sortie du couloir on papote avec deux français, de la suite et de leur projet pour le lendemain.

Je profite du moment, c'est tranquille. Au dessus, la pente se couche, il y a quelques rochers. La trace est profonde, elle nous évite toute hésitation. on remonte vers une vire 5 m avec juste la place pour les crampons, j'avoue que l'on progresse tout en papotant.  puis une petite sente enchaîne, à droite, le Castor nous surveille , et nous annonce des lendemains difficiles avec toute la glace présente !

Voilà enfin les chaînes, je reste devant (bah oui, je fais le fier) je récupère le peu de matos que l'on a emmené. Benjamin bougonne, il trouve qu'on n'a pas été assez prudent et qu'on est parti avec trop peu de matos.  Bon, moi je pense qu'on devrait se débrouiller.

 

Vue de dessous c'est austère : après une courte traversée, il faut remonter sous un bloc coincé légèrement surplombant et remonter sur la gauche pour le passer. Waoutch, ça a l'air chaud ! surtout ne rien en laisser paraitre.

Je traverse, fastoche, puis je remonte. Au départ c'est pas trop difficile, c'est sur de la neige avec des prises à droite et à gauche, on progresse presque en opposition.  Le bloc coincé me rejette en arrière, position désagréable. Je remonte mes pieds au maximum au fond du couloir, mais plus je piétine plus je m'enfonce, hors mon but était de monter ma jambe au plus haut pour trouver la première prise.

Pour la prise de pied, c'est facile, il y a une trace de crampons avec les pointes, tant tout le monde met son crampon au même endroit. Le pied gauche est tout trouvé, le pied droit vient en face, sur la paroi opposée, je bourrine sur la chaîne et passe au dessus du bloc. Yes, c'est passé, mais je suis tout essoufflé ! Je ne me souvenais pas que c'était si physique il y a 20 ans ou presque (je suis passé ici durant l'été 2003)

Je fais venir benjamin à moi, lui donnant au passage quelques précieux conseils (et oui ça donne un petit coté pro) je sais qu'il n'en avait pas besoin, il grimpe mieux que moi ! Je repars vers le haut, rien de bien technique, mais ça reste du gros tirage sur la chaîne. Je parviens à une brêche qui surplombe un bloc coincé sur lequel je me juche  ! (et oui j'ai écris je me juche et c'est sans doute la première fois de ma vie !)

Bref, bien juché, je fais venir à moi Benjamin. Puis je repars, c'est plus facile, il y a des réglettes partout sur les 15 derniers mètres.  et hop, en 3 minutes c'est emballé, je me retrouve a dessus.

 

Pollux ascension finale couloir et chaînes (devant Castor)Pollux ascension finale couloir et chaînes (devant Castor)
Pollux ascension finale couloir et chaînes (devant Castor)Pollux ascension finale couloir et chaînes (devant Castor)
Pollux ascension finale couloir et chaînes (devant Castor)Pollux ascension finale couloir et chaînes (devant Castor)Pollux ascension finale couloir et chaînes (devant Castor)

Pollux ascension finale couloir et chaînes (devant Castor)

reste juste à faire venir Benjamin

Un guide Suisse allemand arrive par le haut, tout en braillant sur sa cliente. sans me poser de question, il installe son relai à coté du mien (ni sans me demander) tout en braillant sur sa cleinte : "Krrrröte Krrrötte !"

Benjamin est déjà parti

La cliente commence déjà à descendre.

Il aurait pu attendre tranquillement que Benjamin arrive, il n'aurait perdu que 2 minutes.

Benjamin est à l'arrêt au milieu des chaînes, j'ai perdu l'audition de mon oreille droite. "KARABINER LINKS - KARABINER LINKS !"  Les décibels sont là, le plaisir d'être ici moins. Je le sens stresser ce guide, stresser de devoir passer sur toutes les cordées qui montent ! La client est enfin en bas. Il arrête enfin de brailler. Il part en désescalade sur la chaîne en lâchant à peine un remerciement... Ca c'est fait, Benjamin reprend son ascension et me rejoint, on débriffe l'événement. Et oui, les guides, il veulent surtout rentrer tôt chez Bobone parfois !

Courte pause à la vierge, il reste une petite centaine de mètres. Je repars , tranquille, il ya une trace, par moment la glace n'est pas loin ! O nprogresse sur l'arête, le Castor à droite, le Lyskamm plus loin.

Déjà les derniers mètres et le bonheur d'être là haut, ensemble, c'est déjà notre 11ème 4000 en commun !!!

 

Pollux - sommetPollux - sommetPollux - sommet
Pollux - sommetPollux - sommet
Pollux - sommetPollux - sommet

Pollux - sommet

Pollux - sommetPollux - sommetPollux - sommet
Pollux - sommetPollux - sommet

Pollux - sommet

La pause est longue, on mitraille, on inspecte la peu avenante face du Pollux qui est notre objectif de demain. Au départ on voulait descendre sur la cabane du Mont Rose, mais vu la tête du glacier, ça fait longtemps qu'on a renoncé à ce projet ambitieux et crevassé !

 

Pollux - la viergePollux - la viergePollux - la vierge

Pollux - la vierge

Il faut attaquer la descente, d'abord la partie en neige puis la pause à la vierge, moins ventée que le sommet.

On laisse passer la cordée qui nous suivait sur le passage des chaînes, pour une fois qu'on n'est pas pressés, on a juste à profiter.  C'est notre tour de descendre les chaînes, on a choisi de le faire en rappel, plus sécur et plus tranquille, l'autre cordée est parti en désescalade.

Benjamin se lance le premier. Première partie facile, rien à dire, je le rejoins assez rapidement. Ensuite on a un doute, un rappel va t'il être suffisant (on n'a que 30 m de corde) On balance la corde et on interroge le dernier de la cordée de dessous. "Pas de problème"  et zou, c'est reparti, Benjamin d'abord puis ma pomme. Il ya juste le passage du bloc coincé qui se révelle peu agréable à descendre , mais ... ça paaaasssse !!!

Me voilà sur la vire du bas, vaché, je rappelle la corde qui gentiment évite le peu de bequets présents. Pendant se temps, Benjamin la love et nous volà reparti vers le bas tout en papotant, notre principale occupation du jour. Les passages sont toujours esthétiques.  On rejoint le haut du couloir et tranquillement les skis. pour une dernière pause.  Il n'y a plus qu'à rejoindre le bivouac, malheureusement, il n'y a pas ou peu de trace.

 

Pollux descentePollux descentePollux descente
Pollux descentePollux descentePollux descente

Pollux descente

On repart avec les peaux pour une courte descente sur le Schwartzore, rapidement traversé, puis je passe devant pour remonter à flanc vers le bivouac, la fin parait raide... Benjamin me fait remarquer qu'il y a une grosse corniche au dessus de nous. La visibilité est mauvaise, j'hésite, il passe devant pour avancer de 10 m et on enlève les skis dans la pente.

Je charge le sac en restant bien concentré, le moindre truc qui tombe descend de 100 m directement sans espérance de l'arrêter. Benjamin a des doutes pour la suite, les pentes lui semblent trop chargées.  Je pars devant. je contourner une première benne puis longe la seconde en biais. J'arrive à faire la trace d'un bon pas dans cette neige ou les pieds s'enfoncent. Je remonte vers le crux, sous une petite barre, j'attends Benjamin puis je repars à gauche, c'est beaucoup plus facile qu'il n'y paraissait, hop, petit passage raide, ensuite, ça se couche et le bivouac est là. On y accède par au dessus, il ne faut pas s'en coller une !!!

Et voilà le mignon bivouac Rossi et Volante avec la surprise : il y a déjà 4 duvets dans le petit espace. Une cordée est à l'approche dans nos traces, on ne sera pas seuls ce soir

Bivouac Rossi et VolanteBivouac Rossi et VolanteBivouac Rossi et Volante
Bivouac Rossi et VolanteBivouac Rossi et VolanteBivouac Rossi et Volante

Bivouac Rossi et Volante

Il est 14 h, on a le temps.

2 Suisses entrent dan le refuge. Il s'agit d'Axel et Fred avec lesquels on va passer une belle après midi.

2 Slovaques arrivent alors.

Il reste 2 duvets appartenants à 2 inconnus qui sont sans doute partis vers la Roccia Nera d'après Fred qui les a vu déposer leurs skis vers midi au dessus du bivouac.

On vaque à nos occupations et nos occupations, c'est faire fondre de l'eau. Il faut notamment aller derrière le refuge, remonter la pente (glissante) et revenir sans perdre son précieux chargement de neige) Bref, ça fond et on papote. Nous on découvre Fred et Axel. qui ont dévalé à ski la pente ouest du Pollux Les Slovaques ne sont pas en reste en offrant de la goutte à tout le monde, voilà qui réchauffe l’atmosphère. L'ambiance est bonne, le temps passe...

 

5 h on commence à s'inquiéter, les 2 qui sont partis devraient être déjà là. la Roccia Nera n'est pas loin (une heure max) et l'aller retour pauses comprises n'aurait du leur prendre que 3 h max. On décide d'attendre un peu avant d’alerter les secours, afin que s'ils sont nécessaires, ils puissent intervenir avant la nuit. Le temps s'est couvert. On ne veut pas déclencher des secours pour rien mais on se demande ce que la cordée fabrique sans ski sur le Breithorn...

17 h 30 on se décide à déclencher les secours alors que je pensais faire une petite sieste. Les Suisses n'ayant que peu de reseau, je suis le candidat pour appeler.

112

attente...

longue attente

"pronto"

forcement je ne parle pas Italien. nouvelle attente, conversation à 3, difficile, il y a un memebre d'une plateforme de secours, , un traducteur, et moi. Sans compter les tonalités qui se surajoutent par moment.

J'explique qu'une cordée est parti à midi pour la Roccia Nera, qu'elle devrait être là vu que le sommet est tout proche, que le plafond et bas et ne permet pas à un hélico de survoler le sommet...

Le gars me demande de rappeler un numéro

panique on n'a pas de paier pour le noter. Axel a la présence d'esprit de prendre son téléphone

Nouvel appel

Je renouvelle mes explications

Le gars me demande un maximum d'information, et de fouiller le matériel. Fred pense assez vite qu'il ya deux groupes. sur la table de la cuisine et en dessous : un téléphone, un piolet, un bruleur et une gamelle et de la bouffe en désordre, d'autre part sur la couchette en haut à gauche, 2 duvets et du matos bien ranger. On découvre qu'il ya une fille dans le groupe, mais pas de papiers.

Une seconde fouille nous permet de trouver dans le téléphone le nom du propriétaire : Gabin Aplic (oui j'ai changé le nom... ;-) )

Il y a une Carte Bleue, une carte vitale, une carde de club d'escalade à Nice, et une carte de rendez vous chez le dentiste. Flûte c'est un Français qui a laissé ce souk dans le refuge, j'ai honte.

Je fais part de nos trouvailles au secouriste, il me dit qu'il me rappelle. Je lui indique aussi que l'on pense qu'il y a deux groupes

On attend,  et on décide de faire monter une équipe vers le sommet. Étant responsable du téléphone, je suis coincé au refuge (dommage j'aurais bien aimé jouer les saint Bernard) Je récupère les portables d'Axel et Fred. Il neigeote à présent

Axel, Fred et Benjamin commence à se préparer. Je leur donne quelques indication sur la configuration du sommet, dans le brouillard qu'il ne se prenne pas la corniche... Surtout pas de suraccident. Je vérifie qu'ils ont des boissons chaudes.

Le type des secours me rappelle. Il m'annonce que Bastien Aplic a été rapatrié il y a 3 jours et que le secours est terminé. Je dois alors me battre pour lui faire comprendre qu'il ya deux personnes sur la montagne et qu'il y a deux groupes. Qu'on a bien retrouvé les affaires de Bastien , mais qu'il y a aussi d'autres personnes. La lutte est dure, il y a une sorte de quiproco de secours. Je finis par le convaincre, on fait le point ur le secours avec lui. Pendant ce temps, les 3 "secouristes" sont prêts. Fred annonec qu'ils vont y aller à ski, "ça ira plus vite" Et là, je me dis que c'est bien que je n'y aille pas. Axel et Fred vont aller à fond, j'ai de la peine pour benjamin qui va galérer à les suivre. Moi, connaissant les lieux, j'y serai aller à pied, tranquillement , à mon rythme. Pauvre Benjamin, je ne l'envie pas finalement.

Bon les 3 sont prêts, j'explique aux secours qu'on envoi des secours, vu la météo , ça nous semble la meilleur solution. A ce moment là, un cri vient du dehors, une cordée est sur le retour, fin de secours. J'annonce la bonne nouvelle à mon interlocuteur, et nous finissons par raccrocher

Les deux allemands arrivent, tout le monde se retrouve dans le refuge. On fini par comprendre qu'ils sont allés à la Roccia Nera puis ils ont attaqué la traversée des Breithorn (comment comptaient ils rentrer ici sans ski...) puis à la selle, il sont descendus dans la face pour revenir par le plateau qui ramène au bivouac. Dans le brouillard, navigation au GPS au milieu des crevasses.

Les Allemands ne se sont pas rendu compte de tout ce qu'on avait mis en place pendant leur absence...

On mange et on se couche (attention il y a une suite)

En direction de CastorEn direction de Castor
En direction de CastorEn direction de Castor
En direction de CastorEn direction de CastorEn direction de Castor

En direction de Castor

Castor
CastorCastorCastor

Castor

La suite :

 

Le lendemain, réveil tranquille vers 5 h . J'ai décidé de prendre le matos d'Alban sur mon sac (piolet, réchaud, téléphone et paiers) Fred et Axel sont partis il y a 1/2 h pour la traversée Castor Lyskamm.

On descend, on rejoint le pied du Castor dans le vent et on laisse les skis. Une énorme  barre de glace barre la face, et pourtant la trace passe par ezlle. Benjamin n'est pas inspiré et son inquiétude est contagieuse. Je lui propose de contourner la glace en passant par la neige à gauche. Je pars devant, d'abord à gauche puis dans la pente raide. Au dessus, ça se couche. Je pense qu'il suffit de revenir sur la droite. Je tire alors à flanc avant de redescendre de 5 m, il ya de la glace partout. On discutaille, on s'arrête, c'est vrai qu'on a  les crampons lights, c'est sans doute un peu juste. On sait aussi qu'on doit redescendre par le même itinéraire. Je pousse sur la droite pour rejoindre la face, je sens la glace sous mes crampons.

Discussion rapide, on signe le but, on reviendra et de toute façon, je suis déjà venu ! Que de glace dans cette face pour la saison ! Incroyable ! ca passait en prenant un peu de risque avac les bons crampons.

Demi tour, on rejoint les skis et zou direction Matterhorn paradise, qui n'en est pas un (pour moi ) On retrouve les pistes, les Italiens qui montent en peaux sur celles ci dré dans le pentu, et on rejoins Trockener steck, fin de l'aventure (ou presque)

 

Il y a encore une suite !

 

retour à Zermatt
retour à Zermatt
retour à Zermatt
retour à Zermatt
retour à Zermatt
retour à Zermatt

retour à Zermatt

Ski de randonnée : Pollux - 4092 m - récit d'un sauvetage avortéSki de randonnée : Pollux - 4092 m - récit d'un sauvetage avorté
Ski de randonnée : Pollux - 4092 m - récit d'un sauvetage avortéSki de randonnée : Pollux - 4092 m - récit d'un sauvetage avorté

La suite de la suite :

 

Retour à la maison, et C'est l'inspecteur Apoutsiak qui prend en charge le dossier

Via Messenger j'arrive à joindre la salle d'escalade d'Alban

Ainsi que son Bureau des élèves, Alban est étudiant en médecine

Je compte exploiter tous les indices en ma possession

J'utilise la carte de son dentiste, la secrétaire me dit qu'il n'est pas client mais avec la carte vitale, elle me donne le nom de son médecin traitant, l'enquête progresse, je dois appeler le Dr T , de Nice.

Un sypatique secrétaire m'annonce qu'elle connait la maman d'Alban, l’étau se resserre , je touche au but. Elle me dit de rappeler le lendemain.

De mon coté je cherche sur internet, il y a eu un accident sur Pollux il y a 3 semaines qui pourrait correspondre, deux jeunes de 22 et 17 ans, l'un d'eux est tombé de 200 m en ajustant ses crampons. Tout de suite ça m'amuse moins de prolonger les recherches, mais je suis lancé. Pas sur que ça soit cet accident.

Le lendemain, je rappelle la secrétaire du Dr T, elle me passe le numéro de téléphone de la mère d'A. Je l'appelle, elle est ravie que je l'appelle, son fils va bien et son compagnon de cordée aussi, ils se sont mangé une avalanche et ont du être hélitreuillés

Je prends l'adresse d'Alban et file à la poste lui envoyer le Colissimo

Le lendemain on arrive à se parler au téléphone

En fait ils ont attaqué la traversée du Breithorn, et au milieu de la traversée on choisi de descendre. Alban a fait partir une plaque sur son compagnon Hector.

Hector s'est retrouvé la tête en bas dans la rimaye et Alban a du le dégager alors qu'il avait une fracture de la cheville.

J'ai eu Hector le lendemain, qui m'a raconté la suite. Sans téléphone, il a du descendre le glacier tout seul, au milieu des crevasses (pas glop) jusqu'au refuge des guides du Val d'Ayas à pied pour appeler les secours.

 

Et tout est bien qui fini bien, Alban en a pour quelques mois avant de s'en remettre, ils en seront quitte pour une belle frayeur !

____________________________________

Et voilà, 2 récits de sauvetage en un seul récit, pas mal non

J'envoi plein de bisous à tous les protagonistes croisés ce jour là !

A bientôt là haut !

 

 

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Apoutsiak — alpinismeValais4000ZermattLes 100 plus belleshumeur
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Grosse frayeur quand une dalle large de 1 m 50 commence à glisser dans ma direction, juste au dessus de moi, juste le temps de m’aplatir contre la paroi en espérant qu'elle me passe au dessus.

Je suis là pour écrire, le récit complet en dessous...

 

Vidéo :

Topo

Refuge Resegotti :

Se garer au parking de Ponte au Nord d'Alagna Valsesia 1212 m

parking payant

possibilité de prendre la navette pour le bout de la route

même si vous vous sentez en bonne forme, la navette est conseillées la (les) journée (s) sont longues... 1400 m

Suivre la piste qui part en sous bois, en direction Nord Ouest. Elle vient longer le pied d'une barre rocheuse et d'un torrent, on rejoint l'alpe Vigne tout à gauche de la barre avant de revenir vers le Rifugio Barba-Ferrero CAI 2247 m – pause obligatoire !

Ce refuge est incroyable, ambiance jazzy et accueil incroyable du gardien. Une destination en soi.

Passer derrière le refuge et remonter la sente qui louvoie ensuite entre les barres avant de gagner la moraine du glacier de la Cesia (sentier) gagner un replat puis par de grandes dalles rejoindre le glacier. Le remonter direction Nord Est puis basculer vers l'ouest pour venir buter sous le bivouac. Remonter les éboulis désagréables et rejoindre le rifuggio Resegotti 3425 m

Couvertures dans le refuge . Un poêle qui fonctionne, névés à proximité pour l'eau.

 

Cresta Signal

Du refuge bivouac, partir vers l4est en direction du Passo Signal, soit sur la crête soit en contrebas au Sud, ça passe en général assez bien.

Passo Signal 3769 m

On vient buter sur une partie plus raide.

La suite est complexe, un peu flou, on coutourne certaines difficultées par la droite ou par la gauche. Je mets en pièce joitne le topo dessiné, sans être sûr de son exactitude, pourtant il a l'air bien fait. Durant al course on n'a jamais su vraiement où on en était par rapport aux hypothétiques gendarmes.

 

Sortie par l'arête de la cresta et un petit couloir de neige.

 

Descente : par la voie Normale de la Punta Gnifetti

Le téléphérique ramène alors en trois tronçons à Alagna Valsesia

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Récit

 

Elle m'attend

 

Nous voilà à Alagna, traverser le village et trouver le parking, payant... Je déteste les parking payants en fond de vallée. Je trouve que ça entrave ma liberté. C'est sans doute juste mon coté rapia qui ressort.

Bref, je pars en quête de monnaie, mais comme c'est le cas de dizaines de personnes sur le parking, je rentre bredouille. Je finis par aller réserver des places en minibus. Ça tombe bien, c'est 3 € par personne, avec la monnaie ça devrait me faire les 2 jours de parking. Arrivé au parkmètre, je me rends compte que la dame de la cahute ne m'a pas rendu la monnaie correctement. Bref, je n'ai pas assez de monnaie. Je mise tout, tapis dans le parcmètre, même si ça ne suffira pas, à part si on prend un but. Ça fera un petit stress supplémentaire à la descente.

 

Bref on prend un minibus qui nous fait gagner une demi heure, j'ai un peu honte, j'aurai préféré gravir cette partie à pied. Ce soir, je ne le regretterait pas, mais ça, je ne le sais pas encore.

 

Et hop, départ, beaucoup de monde sur cette partie, énormément de randonneurs partis en quête d'un refuge où manger. On se retrouve dans le flot des marcheurs, le sac lourd, le soleil nous assomme, la canicule est là. Premier hameau traversé, première fontaine, on s'abreuve et on refroidi la machine qui déjà est en surchauffe.

Ça repart, le nombre de randonneurs faiblis, nombreux sont ceux dont l'objectif est le refuge Crespi Calderini. Un avantage : le rythme est plus régulier, un inconvénient : je reste toujours un peu fier de marcher au milieu de gens avec un sac garni de matériel technique. Je sais, c'est enfantin, mais c'est comme ça, on ne se refait pas !

Au loin, une jolie jeune fille, aux lignes élégantes. Je vois Benjamin qui allonge le pas. Le bougre ! Comme souvent, je lambine derrière. A la vue de la belle, j’accélère discrètement, avec pour objectif de me retrouver dans les effluves de celle ci. Bon, j'ai beau m'atteler à al tache, je reste à bonne distance. Benjamin, lui, profite du spectacle. J’aperçois même, son œil libidineux devenir salace. Moi, je lambine derrière pour mon plus grand regret.

 

A force d'effort, je réduis mon retard, Benjamin, est déjà loin devant. J'atteins enfin mon but au bout de longues minutes, le visage harassé, la sueur fétide perle de mon corps putride. Pas sûr que mon corps de vieil aventurier fasse l'effet escompté... J'atteins enfin mon but, écrivais je , quand le compagnon de vie de la dame, un grand baraqué aux tatouages imposants lui indique la pause. Je blêmis, tout ça pour ça ! Je n'aurai pas atteint les effluves fleuris, objectif de chacun de ces derniers instants, je repars penaud, je lambine à nouveau derrière...

 

Là haut, elle m'attend.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Heureusement, le paysage est beau, et je me remets assez rapidement de ma mésaventure. A droite d’impressionnantes cascades, une barre rocheuse coupe l'accès au refuge Barba Ferrero.

Devant, Benjamin, égal à lui même galope, j'en viens à me demander s'il n'a pas déjà repéré une nouvelle gueuse. Rien n'est moins sûr.

 

On remonte sous la barre avant de virer à droite, sur le plateau, pour revenir vers le refuge. Il y a du bruit, beaucoup de bruit, ambiance jazzy, le refuge est incroyable, le gardien aussi, sous cette canicule, des bouteilles de blancs sont rafraîchis dans une fontaine cascade, en dessous, des canettes de coca, une bière, tout cela en libre service. Une corbeille de fruit vient agrémenté le tableau. Il y a du monde, du bruit, l'ambiance est à la fête. On se pause là pour pique niquer. Moi, ma pauvre boite de sardine, tandis que Benjamin s'offre un magnifique panini. Le gardien bien jovial vient nous demander notre objectif : Cresta Signal, le sommet des Français et des Suisses nous lance-t-il

 

L'heure est déjà avancée. Je me souviens de la réponse de Jeff quand je lui est annoncé qu'on partait pour la Cresta Signal : Ça n'est pas très dur, mais la montée au bivouac est hyper longue !
Et nous voilà, quittant ce refuge unique à l'ambiance chaloupée.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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Les premiers pas sont difficiles dans le gazon qui suit le refuge, retrouver la sente, puis la suivre, peu de gens poursuivent au dessus, et ça se voit. On reprend un petit rythme, Benjamin s'est mis dans ma roue, il sait qu'à mon rythme on arrivera en haut, pas vite, mais avec certitude.

Au dessus, les nuages font leur apparition, c'est dommage on aura pas de vue, en contrepartie, on n'a un peu moins chaud, en ces temps de canicule, c'est une chance.

 

La végétation devient moins verte, le paysage devient plus minéral, au dessus, à 4000 m, les nuages sont déjà là. On croise un couple avec deux énormes chiens. « Attention, celui-ci mort » nous annoncent ils sérieusement. Quelle idée de ce balader en montagne avec un chien mordeur au milieu de tant de monde... Ils ne se sont même pas écartés du sentier, nous avons du laisser la place au Cerber.

Court replat au dessus. Le GPS m'indique la marche à suivre. Au loin on aperçoit deux alpinistes qui filent vers la droite sur le glacier. Cool, ça sera tracé.

Quelques dalles nous amènent au glacier, on enfile les crampons. Et zou, reste à suivre les traces, qui partent à droite. Petit doute, Benjamin sort son smartphone, tandis que je consulte la trace GPS de la montre... Les traces de pas partent à droite, le bivouac est à gauche. Qu'est ce qu'ils sont allés faire par là ?

On part sur la gauche, on remonte une pente un peu raide. Deux bouquetins traversent tranquillement au dessus de nous. On repique vers la gauche et on recoupe la trace GPS... Bonne nouvelle on est retrouvé ! Par chance, on retrouve aussi des traces de pas. Sont elles d'aujourd'hui ou d'hier. Je pense plutôt qu'elles datent d'hier mais sans certitude. On avance. Benjamin une dizaine de mètres devant moi. On aperçois le bivouac. La trace vient buter sur la barre rocheuse juste en dessous.

 

On assiste depuis là à l'hélitreuillage d'alpinistes sur le sommet de droite, sommet où sont montés les deux personnes vue sur le glacier deux heures plus tôt. Les nuages nous empêchent de bien voir. A priori, l'hélico n'a pas eu le temps de rapatrier tout le monde...

 

Le passage est délicat, une rimaye puis une dalle gravillonneuse. Tel un chat, Benjamin progresse comme si de rien n'était sur au dessus de l'abîme. Je pars sans conviction, le geste peu sur, je progresse lentement. Si Benjamin ressemble à un chat, moi ça serait plus le pingouin maladroit. Bon, je finis par surmonter l'obstacle. La suite est plus facile même si il faut rester vigilant dans cette barre rocheuse raide.

 

On rejoint le bivouac, il faut accéder par la terrasse et gravir la rembarde. On contourne le bivouac. J'entends que Benjamin salut quelqu'un. Nous ne serons pas seuls ce soir.

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On se pause, on papote avec le guide Suisse et son client. On essaie de comprendre les différents topo qui décrivent l'arête différemment. On se dit que l'autre cordée est là et que c'est signe de beau temps... Eux aussi d'ailleurs, pas sur que notre prévision soit fiable... On profite de l'eau déjà fondue. On mange et on se couche.

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3 h 10, le réveil sonne, la partie dortoir du bivouac reste assez spartiate, humide... Je m'habille et je file déjeuner. Enfin , déjeuner est un bien grand mot, je grignote trois gâteaux secs en buvant un peu d'eau à la boisson énergétique. Je peaufine mon sac. Dehors, il ne fait pas beau. Le guide, qui est sorti le premier, a vu une partie de ciel étoilé, puis ça s'est bouché. Le ciel est sombre, dans la plaine du Pô on aperçois des éclairs, beaucoup d’éclairs... C'est pas gagné.

Le guide et son client partent devant, nous sommes 5 minutes derrière. La première partie est facile, une arête en pente douce avec un gros névé qu'il faut prendre soit sur le fil , soit dans la pente en dessous, rien de bien méchant. Je suis devant, je laisserai Benjamin se taper les passages d'escalade extrême (enfin extrême pour moi parce que Jeff il a dit qu'il n'y avait pas de difficulté, mais méfiance... Jeff, il est très fort ! )

 

20 minutes après le départ, on rattrape l'autre cordée. Les éclairs nous entourent de tout part, le spectacle est assez impressionnant. Chacun essaie de choper du réseau pour consulter la météo. Forcement le guide y parvient le premier. C'est pas pour rien qu'il a eu son diplôme. A priori, c'est bon pour ici. Il y a 20 ans, j'aurais fait demi tour direct. Le orages s'approchent, sur une arête engagée comme celle là... Je ne suis tout de même pas sûr qu'on prenne la bonne décision.

 

Mais on repart, sur cette arête facile. On passe le petit sommet avant de redescendre au col, les Suisses nous ont pris 5 minutes. J'essaie de repérer par où ils passent, ça nous évitera d'avoir à chercher.

 

Plus haut, elle m'attend.

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Et c'est repart vers le haut, la grimpe est facile, la vue est jolie, l'arête enneigée en dessous, au dessus , c'est rocheux et moins élégant. On grimpe, on suit des vires, l'escalade au départ n'est jamais difficile. Par contre, rien n'est bien distinct. Il est difficile de retrouver les détails décrits dans le topo. On avance pour venir buter sur un premier obstacle. Benjamin le franchi avec brio ! J'avoue que je suis un peu apeuré par l'obstacle. Je franchi cette partie plus en rampant contre les parois qu'en grimpant. Le bourrineur des alpes , l'usurpateur des 4000 a encore frappé. Je suis passé.

Et on grimpe, de droite puis de gauche. Ça fait longtemps qu'on ne voit plus les deux Suisses. Nous sommes livrés à nous même. Il y a 3 gendarmes « caractéristiques » décris dans le topo, le problème c'est qu'on ne sait pas si on est au premier, au second ou au 3ème. Ça nous fait hésiter régulièrement sur le chemin à suivre.

On rejoint en Nord une partie en neige. Ça fait déjà 4 ou 5 fois que l'on met puis qu'on enlève les crampons. Hésitation, encore, j'hésite à remettre les campons pour une portion qui semble courte. Je vais voir, mais la prudence me fais redescendre. Hop on chausse, on remonte, on a bien fais de cramponner, la glace n'est pas loin, les rochers non plus. Les crampons crissent mais on avance.

On opère une traversée sur la gauche. Une grande vire, on descend comme on peut. Et là , deux choix s'offrent à nous : soit un dièdre à gauche, soit une dalle à droite avec un spit. Bon, ben le spit attire, on remonte jusque là. Rejoindre le spit n'est pas chose facile. Pente gravillonneuse et exposée. Je rejoins Benjamin, la suite semble bien dure, trop dure. On décide d'aller voir de l'autre coté, ou comment perdre 20 minutes dans une hésitation. Je repars vers le bas, re-pente gravillonneuse exposée.

On rejoint le pied du dièdre. Benjamin se lance. Au pris d'un gros effort, il force le passage et installe un relais au dessus. C'est mon tour. La vache, c'est peu prisu. Je pars un pied à droite l'autre à gauche. Mes mains cherchent vainement de gros baquet comme prise. Il faudra se contenter de trucs fuyants... je déteste. Une fois de plus, je rampe. Je bourrine comme un sourd avec les bras, tandis que mes jambes cherchent à trouver d'inexistantes prises. Je suis plus une limace qu'autre chose, mais une limace en difficulté, ma bave n'adhère pas.... Le souffle court, je parviens à surmonte le dièdre. Je m’étale de tout mon long au dessus, je suis passé. Je ne suis vraiment pas un bon grimpeur, faudra que je travaille là dessus ! Bon, bref, je suis passé. Il faut repartir, alors on avance, lentement mais on avance.

 

Un peu plus haut, on se retrouve sur une vire en rocher pourri. Nouvelle hésitation, Benjamin décide de passer au dessus de moi avant de tirer à gauche. Il remonte à ma droite puis traverse au dessus, il met le pied sur une grosse dalle 1 m au dessus de moi. Une bonne grosse dalle de 1m50 sur 2 m. Mon regard perçois le léger mouvement de celle ci. Elle glisse au dessus de moi, je suis direct dans l'axe. Deux solutions s'offrent à moi : soit me déplacer de 2 m sur la droite, solution qui risque de prendre trop de temps ; soit me baisser et me coller à la paroi, la dalle pourrait me passer par dessus, solution rapide mais au résultat incertain. De toute façon, pas le temps de réfléchir, c'est plus un reflex qu'une réflexion, je me couche le long de la paroi. Me calant contre la roche. Dans un fracas la dalle tombe. Elle passe au dessus de moi, mais je ressens une douleur sur la cheville droite. Je hurle. Je me retourne, la première douleur est violente. Me voilà allongé sur le dos. Je ne sais pas quelle est l'étendue de la lésion. Je bouge le pied doucement. À priori, ça fonctionne, il n'y a pas de fracture... Ouf ! Je reprends mon souffle. J'essaie de rassurer Benjamin, mais je ne suis pas encore debout. J'ai encore bien mal, je ne comprends pas comment la dalle n'a pas brisé tous mes os en tombant dessus. Je me relève, lentement, il y a une petite douleur, mais rien de catastrophique, à priori pas d'entorse ! Quelle chance. Je lis dans le regard de Benjamin toute son inquiétude. Je le rassure, ça devrait aller et il n'est pas responsable. C'est juste un coup de malchance.

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On repart, la douleur s'estompe. Je boite à peine. C'est un miracle que la roche n'est touché que mon talon, c'est également un miracle que je parvienne à marcher. La dalle m'attendait, je vous l'avais bien dit ! J'essaie de comprendre, comment se fait il que je m'en sorte indemne. Les questions se bousculent. Est ce que je n'ai pris qu'un autre bloc plus petit sur le pied. ? Avais je le temps de me décaler sur la droite ? Je sens que Benjamin tergiverse. Il se sent responsable, il n'en est rien. On avance dans ces pentes monotone. On remet pour la nième fois les crampons. Des pentes de neige, tracées forcement, les Suisses ont passés par là. Pour le coup on avance bien, on rejoint des dalles faciles puis le fil de l'arête, à gauche dans les nuages, le refuge Margherita marque le sommet. On attaque la partie finale par de l'escalade facile. Benjamin part à gauche. Ça ne passe pas. Il me propose de repasser devant, je m’exécute, ça me fera du bien. Je contourne un gros bloc par la droite puis une pente de neige permet de gagner le plateau sommital. Je me moque de Benjamin qui m'a laissé passer devant pour ça ! On se retrouve heureux de cette jolie sortie au rocher délicat !

 

Reste juste un bout de glacier en dévers pour rejoindre la cabane. On progresse dans un joli paysage, la pointe Dufour à droite, le Lyskamm devant. Reste quelques mètres et nous voilà sur la terrasse du refuge. Le soleil a fait son apparition pour les derniers mètres ! Magnifique !

On prend le temps de se pauser, de faire quelques photos et de discuter.

Que faire demain, ?

On est à peine arrivé qu'on se demande quoi faire demain.

Bon la raison est simple, la météo n'est pas bonne.

 

On décide de manger au refuge et de checker la météo pour faire le point.

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Benjamin commande un bout de pizza, il fait chaud dans le refuge. Les gardiens ont l'air blasés. Mauvais signe, le refuge a l'air de se vider.

Effectivement, la météo n'est pas bonne, demain est annoncé pourri, on ne pourra pas faire grand chose. Soit on reste sur place et on passe la journée à glandouiller , soit on redescend pour trouver un autre objectif et on se repose en bas. (Au départ on avait pensé faire soit la traversée du Lyskamm, soit l'ensemble des 4000 qui descendent sur Gnifetti)

Bon on décide de descendre, notre projet d'ascension du Cervin a du plomb dans l'aile, pas question d'aller sur les pentes du Matterhorn s'il y a de la neige fraîche en quantité. Cette année pour moi , c'est la loose, il fait grand beau tout le temps, sauf quand je pars en montagne, et je suis obligé de jouer avec des systèmes météos compliqués.

 

1 h après on est sur le glacier et on croise une cordée des pays de l'Est. Chargés comme des mules ahanant sur la trace. Ils progressent peu, on les voit le plus souvent.. à l'arrêt pour récupérer du pas précédent (je me moque , mais il y a un peu de vrai)

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On avance, on sent que le temps tourne. Les nuages s’amoncellent et on n'a pas envie de jouer à chercher la trace sur cet immense glacier trop crevassé.

Je galope donc, observant les 4000 alentour et regrettant de ne pas pouvoir en gravir un ou deux au passage. On passe sous les séracs avant de remonter vers le Lisjoch. A la descente je suis devant, et oui, je ne suis pas un bon grimpeur, mais comme bizuth suicide testeur de crevasse, je suis un champion. Au col hésitation, petit coup de GPS, la trace de celui ci part à gauche alors que la trace à pied semble partir à droite. On joue la sécurité, on part à gauche, en fait , ça va nous faire un détour par le bivouac Giordano et le pied de la pyramide Vincent, rien de bien grave. On laisse le joli bivouac et ses crevasses d'accès, avant de basculer. Au loin, la Punta Giordani me fait de l’œil, le seul 4000 gravi en famille avec tous mes enfants ! Un grand souvenir même si l’ascension en elle même n'a qu'un intérêt tout relatif ! Bref, je profite de la vue dégagé sur notre 4000, avant de poursuivre la descente. On rejoint une cordée qui monte. Le premier me demande l'altitude, en italien. 4000 m , c'était leur objectif du jour. Ils décident de faire demi-tour

 

Nous on poursuit, on récupère l'axe du glacier. En dessous une zone hyper crevassée, 4 grosses crevasses, la dernière est énorme. Plusieurs cordées la traversent et s'arrêtent juste après, on ne sait pas trop s'ils sont sur la première ou la seconde. Regroupement général. Incroyable, inquiétant, ils ne savent même pas s'il y a un pont de neige à cet endroit là. On arrive, je me décale et je décide de leur expliquer qu'ils devraient s'espacer et ne pas rester là (ils sont au moins 12, tous serrés et une autre cordée de leur groupe arrive) Je bafouille en Anglais en leur faisant des gestes, il faut qu'ils s'espacent, c'est dangereux de rester comme ça ! Bon avec mes gestes c'était plus intelligible que juste mon anglais. Le chef du groupe me lance un « ouai ouai » , genre « ouai ouai je gère », mais il ne change rien...

On continue étonné de ce comportement. On poursuit de crevasse en crevasse. On tire à gauche et ça continue, on en longe, on en traverse. Il fait gris à présent. On remonte légèrement pour passer au dessus de Gnifetti, Benjamin négocie une pause, je lui accorde.

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La pause est courte (oui ,je ne suis pas un grand fan des pauses, et encore moins des pauses longues : la pause, ça ne sert à rien , ça casse le rythme!)

On repart sur cette petite glace vive assez désagréable à cramponner. Et bim, Benjamin se tort la cheville ! Flûte. On s'arrête, il râle un peu. Pas sûr qu'il puisse marcher demain si c'est nécessaire. Flûte on a notre projet de Cervin ou d'autre 4000 à gravir.

Je repars, un peu plus lentement. Benjamin marche prudemment mais il marche. On se retrouve dans le brouillard, on a coupé le passage par Gnifetti en prenant par la glace (ça évite les barres rocheuses) mais avec le brouillard ,je je ne suis pas hyper sur de moi, heureusement il y a des traces. On retrouve les rochers, on peut enfin enlever les crampons. Pour la suite, je sais qu'il faut prendre par des vires, et instinctivement, je trouve le début de la via ferrata, non visible depuis le sentier. Et c'est parti pour une partie plus physique, chute interdite. Pas plus interdite qu à 4000 m , mais interdite tout de même, quoique je préférerai mourir au dessus de 4000 m qu'en dessous, je trouve que ça fait plus prestigieux ! ( je sais, ça ne sert à rien, mais bon, cette idée me trotte dans la tête depuis un moment, alors je vous la livre )

 

Bon on descend dans des échelles, des barres pour se retrouver sur des vires. Je me rends compte que ça n'est plus la voie de montée. Je n'en dis rien à Benjamin, qui semble être dans le dur . Sa cheville endolorie y est sans doute pour quelque chose. Vire à droite, je merdouille pour trouver le bon itinéraire. Ça fulmine dans mon dos, mais étant donné que ça a été bien élevé, je n'entends rien. On retrouve le sentier, enfin sentier, il y a quand même de gros blocs à descendre et de grands pas à faire avant de rejoindre le glacier. En glace vive, parfois bien glissante. Il faut rester concentré. Benjamin s'inquiète. On ne voit pas la gare de téléphérique pourtant toute proche. Je le rassure. On poursuit la traversée du glacier puis une courte remontée avant de sortir du glacier et de rejoindre la benne. On achète nos billets. Puis on prend le téléphérique. A la station intermédiaire, il faut de nouveau acheter des billets. La vendeuse interpelle le cabinier lui demandant de nous attendre. Et ben pas cool, il part avant qu'on le rejoigne, il faut encore attendre. J'n profite pour rechercher un hébergement pour la nuit. 20 bonnes minutes plus tard, nous sommes dans sa benne. Un petit coup de télécabine plus tard on rejoint la station. Je laisse Benjamin et file à pied récupérer la voiture, bien loin à mon goût tout au nord du village...

 

Reste juste à récupérer Benjamin et à rejoindre notre hôtel.

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Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Apoutsiak — alpinismeValaisZermattbut4000AD

L'arête Sud du Täschhorn est superbe

je l'avais déjà parcouru il ya 10 ans lors de notre traversée Täschhorn Dom

Je me souvenais d'une ascension rapide.

Ben aujourd'hui, ce fut long , très long ! (mais superbe !)

Presque sans fin

 

Vidéo

Topo

Topo Mischabeljochbiwak

De Täschhalp (2200 m) remonter légèrement la piste en direction  de la Täschhütte avant de prendre une sente qui permet de longer le torrent de Rotbach (attention, la sente n'est pas tout le temps hyper visible)

Rejoindre la piste vers 2500 m et revenir vers le torrent, on emprunte alors le sentier qui longe le torrent en rive gauche tout en suivant la moraine. Le sentier tourne en direction du Weingartensee. Ne pas rejoindre le lac mais suivre la sente qui remonte le vallon (sur la bosse) .

Repérer le point 3481 m et la vire qui se situe en dessous (cairns) suivre cette vire horizontalement. Pour sortir, continuer sur la gauche et contourner un éperon avant de remonter dans un couloir qui longe un torrent (le couloir présente des gravillons ) traverser le torrent et remonter la sente qui ramène au glacier.

Remonter le Weingartengletscher soit en restant en rive gauche au départ et en traversant les séracs, soit en allant chercher le centre du glacier et en le remontant au mieux.

Le glacier est très crevassé, méfiance (surtout à la descente quand il a bien chauffé)

Remonter en suite le glacier en rive droite et rejoindre le Mischabeljoch 3847 m puis le Mischabeljochbiwak auquel on accède par des échelles qui sont situés en dessous de lui.

Le bivouac est très bien équipé : poêle bois allumettes ustensiles de cuisine 20 lits couvertures et même des livres et des revues.

 

Topo Täschhorn

Depuis le Mischabeljochbiwak, redescendre l'échelle et traverser le col. Remonter versant Est de l'arête. (pieu au départ) Bien suivre les cairns qui indiquent parfaitement le chemin à suivre, soit versant Est soit sur le fil. On arrive à un grand gendarme qu'il faut contourner par la droite (Est) Remonter ensuite l'arête pour parvenir à un replat (4200 m) passer les quelques antécimes , traverser un couloir de glace et gagner le sommet par l'arête Est du sommet (la fin du parcours n'a pas été parcourue lors de cette ascension, et je ne me souviens plus de notre premier passage malheureusement)

descente :

  • soit par le même itinéraire,
  • soit par la Kinhütte (attention, un viaferrata en cul de sac pour cette descente et un glacier méga crevassé vous attendent)
  • soit en traversant sur le Dom
Topo descente du Täschhorn par la Kinhütte - source camp2camp

Topo descente du Täschhorn par la Kinhütte - source camp2camp

Récit

De retour de notre périple au Lauteraarhorn, j'ai un doute. Benjamin veut faire le Täschhorn, mais je ne le sens pas. Je lui propose tout un tas d'autres courses, notamment la traversée du Blumlisapl qui semble en condition. Il y a trop d'inconnu pour moi, le bivouac est officiellement fermé pour cause de Covid (on ne sait même pas s'il est ouvert) l'arête qui ne sera surement pas tracée. La neige qui risque d'être trop présente, les températures qui sont élevées.

Benjamin a insisté, on est quand même parti pour le Täschhorn

Je propose à Benjamin de dormir à Täschalp, pour partir tôt et monter au refuge par le Weingartengletscher dans de bonnes conditions. Le glacier a la réputation d'être crevassé.

On covoiture pour rejoindre le parking. Benjamin installe sa méga tente, tandis que je dors dans la voiture. Il pleut, on mange comme on peut et on se couche tôt. Demain, la montée au bivouac est déjà une course.

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Le réveil étant à 4 h 30, on déjeune, on balance la tente dans la voiture et à 5 h 10 on est parti dans le brouillard, moral au beau fixe, mais dans le brouillard quand même.  On remonte la piste puis on trouve une vague sente après avoir allumé le GPS pour vérifier la trace. La sente devient par moment sentier, Le sentier est bucolique, des fleurs de toutes les couleurs, des arbustes, on réussi à passer au dessus du brouillard, vue magique , du Cervin au Weisshorn avec une énorme mer de nuage qui fait la course avec nous. Le sentier est efficace, on réussi à gravir 450 m en une heure, le rythme est bon, on a quand même pas mal de matos sur le dos.

On fini par gagner la course avec les nuages, c'était pas gagné, ils n'arrêtaient pas de monter. On se retrouve sur une vilaine moraine avec un sentier un peu raide, mais on avance et on rejoint les pentes au dessus du lac au bout de 2 h. Petite pause pour faire le plein d'énergie et profiter du paysage...

On poursuit alors vers le Crux de la journée. Il faut d'abord rejoindre les névés, tout en longeant de loin la Rotgrat de l'Alphubel, gravie en 2007 avec Helmuth et Stinj

Les névés gagné, on remonte les portions raides en passant par les rochers puis on sort les piolets pour une traversé de névés qui permet de rejoindre la vire. Le début de la vire est rando, puis, plus on avance, plus ça devient technique. Hésitation, je fais sournoisement passé Benjamin, meilleur grimpeur que moi, devant...

 

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Après une première tentative dans une dalle bien trop difficile, on décide de partir sur la gauche à flanc. Benjamin contourne un éperon avec brio, je le suis comme je peux. Le style est moche, heurté, haché, mais je passe, là ou Benjamin avait survolé le passage. Bon je suis passé,  et là est le principal. Ensuite on remonte une dalle peu prisue, pleine de gravillon, le rêve. On fini par traverser et gagner la sente qui rejoint le glacier... Mon domaine !

 

On enfile les crampons et je repasse devant, les crevasses, même pas peur, je ne suis pas comme ma petite femme qui passe son temps à les sonder (voir la sortie traversée des Dômes de Miage d'il y a 15 jours où Sandrine avait tenter de sonder les entrailles du glacier... )

Bref je pars devant, Benjamin, 15 m derrière, comme dans les livres, parfait. Au départ on suit une vieille trace, qui s'efface par moment de façon étonnante. Je vise les endroits qui me paraissent les plus "safe" sur ce glacier qui a mauvaise réputation. Heureusement on est en début de saison et on est parti tôt, ça n'est pas très compliqué de trouver  un itinéraire. On voit quand même les perfides crevasses et leur légère dépression de terrain qui lézardent le glacier...

A gauche, des crevasses, à droite, des séracs, on vient buter sur une crevasse plus grosse que les autres. Je choisi de la contourner par la droite, puis je traverse, ça passe, au dessus, il y a encore 3 vaguelettes de crevasse puis plus rien (le terme de vaguelette ne préjuge en rien de la non dangerosité de la crevasse , NDLA)

Le soleil chauffe déjà, l'avant de mon crampon gauche botte, il fait chaud, on cuit. Le col qui paraissait si proche, s'éloigne à chaque pas, à moins que ça soit un mirage. Finalement notre ténacité aura raison de lui, le col se dévoile et la vallée de Saas, le Fletschhorn, le Lagginhorn et le Weissmies.

Je décide de filmer Benjamin tandis qu'il monte au bivouac par les échelles.  Une fois arrivé en haut, il tente vainement d'ouvrir la porte du bivouac, "C'est fermé !"  me lance t'il.

Streeeeeessssss

On avait envisagé cette hypothèse, sachant que les bivouacs sont sensés être fermés durant la période de Covid. On avait même évoqué cette hypothèse et j'avais dit, on bivouaquera dans nos sacs à dos. Ça le fera. J'aurais quand même préféré dormir dans le bivouac.

Heureusement, Benjamin se rend compte qu'il a manipulé les poignées à l'envers, le bivouac est ouvert, je le rejoins. Ouf !

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Le temps de faire une pause, pour manger un peu, j'avoue que je suis pressé d'aller faire une reco sur le sommet comme précisé dans les topos. Benjamin est moins chaud, mais vu qu'il est poli, il fini par venir.

On redescends l'échelle et je pars devant. J'avoue que je m'en suis pas mal sorti, de cairn en cairn, de sente en sente, d'une pente d'éboulis à une autre entrecoupée d'un petit passage d'escalade. Restant parfois face Est, parfois sur l'arête. La vue est superbe, le rocher est chaud, quel bonheur de grimper dans ces conditions. J'avance pendant une heure, je passe une section de neige, puis une autre, et je viens buter sur un menaçant gendarme. Je fais demi tour à son injonction et déclare la reco terminée. On fait une pause sur dalle, face à l'Alphubel qu'on a gravi il y a deux mois. Nos traces sont depuis longtemps effacée ( à se demander si elles ont été jamais écrite)

On repart pour la descente. Et même si on se fourvoie par moment, les cairns nous ramènent dans le droit chemin. On rejoint le col, et le confort du refuge.

Pendant que , telle une frénétique abeille, je m’occupe de mille taches, Benjamin part pour une sieste. Je crois que je l'ai saoulé. J'allume le feux, l'alimente, fais le plein de bois en allant le chercher à l’extérieur, fais fondre la neige. Chercher de la neige derrière le bivouac, la tasser, la ramener, la mettre sur le feux, vérifier le foyer...

Je finis par avoir une quantité d'eau appréciable.

Le refuge est bouillant, le bois est sec, il chauffe bien, trop bien, et le poêle ne permet pas de régler le tirage... Je finis par faire une petite sieste. L'heure du repas est là, les doutes reviennent.

Je prends la météo suisse qui annonce un isoterme 0°C à 5000 m. Non, pas ça, pas maintenant. Mon cerveau a du mal à intégrer cette information, l'isotherme, ils l’annoncent pour la  nuit ou pour la journée ...

Sur météoblue ils annoncent  -7°C au sommet du Dom cette nuit.

Je fais le point avec Benjamin. Les cordées mettent en général 3 h 30 pour atteindre le sommet. En mauvaise condition ça peut prendre 5 h max.

Je sens que mes doutes me reprennent, ce satané mal des rimayes que je traine depuis 3 jours. Pourtant ici, de rimaye, il n'y a point.

Je file au lit avec mes doutes...

 

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3 h 30, le réveil sonne. La chaleur du feux est depuis longtemps partie. Les gestes matinaux sont réglés pour ne rien oublier. Ranger le lit et ramener les affaires dans la cuisine, s'habiller, déjeuner, mettre son matos. Il fait beau, c'est la pleine lune, 100 % a annoncé ma montre. Je mange mes gâteau du matin. Un petit thé et c'est parti. On sort encordés du refuge. Descendre les échelles et ne pas s'en coller une pour rejoindre le col, tout est verglacé et la corde qui sert de main courante est en lambeau...

Je pars devant, comme hier, je m'en étais bien tiré, je ne vois pas pourquoi ça ne se reproduirai pas. Il est 4 h 10 et le soleil point déjà derrière le Weissmies. J'avance à un bon rythme en mettant des protections aux endroit que je crois opportun (quand j'en trouve).

Je louvoie entre la face Est et l'arête, au gré des cairns. La frontale les éclairent un par un. Je me retrouve dans l'ombre du grand gendarme et pourtant il fait nuit. Et comme un cheval devant l'obstacle, je me cabre. Je ne vois pas de solution. Rapidement, je laisse Benjamin passer devant, il semble plus lucide que moi. Il contourne la bête. Je le suis, plein de doute.  Le mal des rimayes est bien là, et je ne sais pas pourquoi. Je ne l'ai jamais eu à ce point là. Le passage sous le gendarme est désagréable, en léger dévers, le sac frotte, les crampons crissent. On remonte sur l'arête, la neige, Benjamin prend un bon rythme. Rien n'est tracé. Il reste juste de vielles traces par endroit. On va devoir tout se taper, surtout Benjamin. Pourtant c'est magnifique, l'arête est fine, on la gravi parfois à l'ouest, versant Täsch, parfois à l'Est versant Saas. C'est spectaculaire  mais c'est ce que j'aime. La vue est splendide. Mais mon envie est restée accrochée sous le grand gendarme. Benjamin me demande même si je veux faire demi-tour. Je décline la proposition alors qu'une partie de moi souhaiterai être ailleurs qu'ici.

Benjamin progresse, le sommet est loin , très loin, le temps passe, et même si on va vite, la progression n'est pas très rapide tant on perd du temps à tracer, à choisir ou ça passe.  Mais je finis par croire qu'on va arriver au sommet, je sens la motivation de mon accolyte.

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Je consulte la montre, 3 h 30 qu'on est parti, on va de ressaut en ressaut, rencontrant des difficultés à chaque passage sans que ça soit irrémédiable. L'alti me donne 4150 m, on n'est peut être un peu plus haut, je ne l'ai pas recalé au bivouac.  Plus on monte, plus il y a de neige. Le paysage est superbe. Le sommet reste inquiétant, on n'a pas bien compris la fin du topo : traverser un couloir de glace puis remonter l'arête Est du Täschhorn, on n'est pas sur de notre coup. Alors on grimpe en regardant le boucler final, essayant d'y imaginer un passage, ça serait si facile si c'était tracé.

On va de bosse en bosse, ça monte, ça descend, Derrière chaque bosse il y a une autre bosse.

On parvient à une corniche. Benjamin hésite il la tapote avec son piolet, sans gros résultat et finit par  me demander de passer. Je suis content, on fait appel à moi quand il s'agit de bourriner... Ma spécialité. C'est mon talent. Je commence par y aller au piolet puis avec de grands coup de crampons et le tour est joué. Je suis tout de même content de passer devant et de ne pas subir ce mal des rimayes. Je trace 5 minutes, je  consulte ma mon alti, déjà 4 h 22 qu'on est parti.

Je regarde le sommet, si loin, le temps de tout tracer... à mon avis 2 h et minimum 1 h pour revenir ici. On va exploser l'horaire et la face Est qui chauffe à vu d’œil, on a déjà vu plusieurs avalanches. Je crois qu'on a assez joué. Il est trop tard, il fait trop chaud, rien n'est tracé. Il est prudent de rentrer !

On s'octroie une pause ou on papote. La décision est collégiale. La prudence engage à faire demi tour.

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C'est reparti dans l'autre sens. Benjamin devant, fait la trace dans une neige qui se dégrade minute après minute. En face Est on s'enfonce jusqu'au genou, sans trop savoir si tout va partir sous les pieds. Le retour va être long. Benjamin peste, il a plein de neige dans les chaussures. J'avoue que je suis soulagé de ce demi tour, mais je ne serai tranquille qu'au refuge, voir sous les vires...

On progresse lentement, il faut repasser chaque petite bosse. Le col est  au fond, tout au fond, bien loin.  En face ouest, ça va encore, on s'enfonce à présent, mais la neige est correcte, quand on passe à l'Est, elle est trempée , sans consistance. On ne peut même pas espérer que nos traces de montée tiennent. Le gendarme est encore bien loin.

On avance dans la chaleur. Le paysage est magnifique et j'avoue que je profite de certains moments pour faire de jolies photos. Au loin on voit le monde au sommet de l'Alphubel.

Mais je reste concentré. Le terrain est délicat et le gendarme s'approche. Le stress également. Quand on est au dessus, je vois une vieille trace qui pars à gauche, alors que notre trace vient de la droite. Je propose à Benjamin de la suivre. Il s’exécute en pestant "c'est pourri". Je le rejoins puis il plonge à l'Est, il passe une dalle en m'annonçant que c'est mal commode.  Je ne le vois plus quand vient mon tour. Je remonte en longeant le pied du gendarme, je décide de contourner le bloc dalle, qui passe très bien par la neige, j'ai contourné sournoisement cet obstacle; on avance et je me rends compte qu'on est passé du coté clair de la force, le gendarme est derrière nous . Yes, soulagement ! Aujourd'hui, je n'étais vraiment pas  dedans ! Nouvelle pause, on n'en a pas fait beaucoup, puis je repasse devant pour nous guider dans la partie sans neige. De cairn en cairn je ramène notre cordée vers le col, puis vers le bivouac. Une cordée en est à l'approche en provenance de l'Alphubel.

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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On se fait chauffer de l'eau pour un thé.

La cordée entre, Un guide et son client, des Suisses Allemands des grisons. On leur propose à boire. Ils sont surpris de voir le bivouac ouvert. Ils viennent de la Langlfluh (Saas) sont montés à l'Alphubel et compte descendre à la Taschhutte (2700m) pour remonter ici demain et faire le Täschhorn dans la journée. Quelle bambée. D'autant plus qu'ils sont ici... maintenant ! Leur projet me parait incroyable, c'est déjà si long depuis ici, mais pour le coup, ils auront la chance d'avoir nos traces. On donne quelques infos au sympathique guide sur la voie et les conditions. Ils finissent par partir pendant que nous nettoyons le bivouac.

Et ça m'arrange, je ne voulais pas jouer les bizuths suicides sur le glacier crevassé. On les voit par la fenêtre traçant avec difficulté la neige soupe  du glacier. Un peu plus tard, on quitte nous aussi le charmant bivouac.

Descente des échelles et attaque du glacier, sans crampons, on se doute que ça va être "soupe à la grimace" J'avance d'un bon pas, mais Benjamin trouve que c'est trop rapide, j'essaie de ralentir le pas 5 minutes avant de retrouver mon rythme.

On avance et on voit notre trace de montée qui part à gauche, tandis que la trace de la cordée part à droite. A gauche, c'est une trace faite par mes soins à un horaire différent, il va falloir retracer. A droite, nos amis auront eu la courtoisie de tester les éventuels ponts de neige. J'avoue que j'aimais bien ma trace de montée , mais pas au point de vouloir la retester en mauvaise condition. On suit donc la trace de la cordée qui va contourner la grosse crevasse par la droite. Et ben leur solution n'était pas géniale géniale (ils nous ont dit qu'ils avaient repéré le tracé depuis le sommet de l'Alphubel) Bon maintenant qu'on y est, on ne peut plus rebrousser chemin. En contournant la grosse crevasse, on  passe sans doute sur un pont de neige, la crevasse n'est pas loin, on ne traine pas. Arrive plus bas un premier trou : l'un des deux a mis son pied dans une crevasse. Je l'annonce à Benjamin et j'opère un petit saut. On poursuit, tout en traversant le glacier vers la gauche. Et là, je vois un énorme trou ! ils ont du se faire peur : le trou fait 1 m de large, la crevasse est large et profonde, de notre coté on ne peut savoir où est exactement le bord. Dans ces cas là, ne pas tergiverser, il faut avancer . J'annonce l'obstacle à Benjamin, je prends appui sur la trace de ce coté ci de la crevasse (mais pas trop) , je saute, et hop me voilà de l'autre coté. J'avance un peu, une autre crevasse s'annonce, elle est bouchée, mais le ressac a tracé son contour. Malheureusement je vais être dessus quand Benjamin sera sur la grosse.

On se parle pour synchroniser les mouvements. J'attends le top départ tel un champion de formule 1. Des qu'il annonce j'avance, Benjamin fait un énorme saut, il termine en roulé boulé loin du trou (peut être a t'il battu le record du monde de saut en longueur à cette occasion, personne ne le saura jamais, je n'ai pas eu la présence d'esprit de mesurer le saut...) Bon, c'est passé.

On repart, j'avance, traversée légèrement descendante, mon pied gauche s'enfonce , je bascule en avant, flûte, une crevasse, je tente de me relever ,l'autre pied également dans un trou, la même crevasse, je bascule sur le coté, c'est pas rigolo. On était dans le sens de la crevasse. Invisible avant notre passage, l'autre cordée est passée sans dégâts.

Je comprends que l'autre cordée a mis les crampons, comme des moutons, on fait pareil.

Et hop on repart, vers la gauche, ils ont traversé les séracs. D'où les crampons. On les suit, de toute façon il n'y a plus aucune trace de notre montée. On aborde le passage avec prudence. Un peu de glace, de la neige, des trous, tu ne sais plus ce qui est une crevasse ou un pont de neige, de la glace ou pas. Un léger stress parcours la cordée. J’essaie de conseiller Benjamin au mieux.

Je suis la trace tout en vérifiant les endroits où j'ai des doutes. Passage peu agréable d’autant plus que j'ai été échaudé.

On fini par sortir sur la gauche dans des névés sympathique. A coté du glacier, tout parait sympathique et on rejoint la cordée des Suisses pour partager nos déboires glaciaires. Ils finissent par partir en empruntant le dos de l'éperon, tandis que nous avons décidé de partir par la vire, coté Sud (comme à la montée) Je descends une sente, je traverse  un ruisseau , une vilaine dalle non prisue m'accueille. "Coucou Guillaume, comment va ton mal des rimayes ?" me lance t'elle. Elle me parle ! J'hésite, le stress monte, Benjamin m'assure, sur du gravillon ,juste la corde à la main, autant dire que c'est du solo, si je pars, je l'embarque. J'hésite, je refais le geste à faire. Je finis par me lancer, une goutte de sueur perle sur mon front, zero prise, juste en adhérence, rien pour les mains, mon rêve... Je crois que je préfère re-traverser le glacier méga crevassé de tout à l'heure. C'est tout dire !  Mais je passe, le style n'est pas là, mais le résultat, lui, y est ! Je parviens à trouver un béquet pour assurer Benjamin, qui lui virevolte, et passe en deux secondes... je suis vraiment une bille, un usurpateur. Il faut descendre à présent. Hop je repasse devant, la dalle m'annonce "tu ne passeras pas, tu ne passeras pas, si tu tombe, c'est la chute, si tu chutes, c'est la tombe. " Effectivement, il y a du gaz, maladroitement je redescends comme je peux, je sais que le salut n'est pas loin. Enfin la vire. Benjamin me demande de l'assurer, je suis en bout de corde, pas un béquet pour mettre une sangle, pas une fissure où placer un friend... Je lève les yeux, et là, le spit, le spit décrit dans le topo est juste au dessus de ma tête ! Je fais venir Benjamin et lui fait part de ma trouvaille ! Je suis enfin soulagé, le mal des rimaye est passé, je me retourne, je vois la dalle qui fait la gueule, mais je sais qu'elle sera là la prochaine fois, à m'attendre et à me mettre la pression. il y a des jours et des lieux comme ça ! Je file sur la vire et on rejoint le névé

Pour une descente sur les fesses d'anthologie, pas sur que le fond de pantalon en Goretex est apprécié, les petits cailloux judicieusement disséminés sur le névé. On s’octroie une pause un peu plus bas. Benjamin espere secher ses groles complètement trempées, j'ai peu d'espoir !

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Je pars devant, rejoindre un cairn. Benjamin me rejoint, et on attaque la descente, qui il faut le dire, est efficace. Après avoir descendu en ramasse un dernier névé. On chope le sentier et on descend la moraine, le long du torrent qui charrie toute  la neige fondue du glacier. La descente est rapide, on papote, on discute de la prise de décision. Qu'est ce qui nous a fait faire demi tour. Et si ç'avait été le 82ème 4000, que l'hiver s'annonçait et que c'était la dernière fenêtre de beau temps, serait-on allé au sommet. Bien entendu, on n'a pas de réponse, mais prendre la mauvaise décision  pour une mauvaise raison, ça arrive malheureusement parfois. Aujourd'hui, ça serait peut être passé, mais on aurait eu une descente vraiment compliquée, et sur l'arête et sur le glacier !

 

La descente se poursuit dans un jardin magnifique sous le sifflement des marmottes Des fleurs de toutes les couleurs. Ça agrée cette fin de journée. On rejoint la voiture vers 17 h 15.

Reste à la ranger (ce qui n'est pas une mince affaire)

A séparer le matériel de l'un et de l'autre

Et à se rentrer !

Avant de repartir pour de nouvelles aventures

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Apoutsiak — alpinisme4000ZermattValais
Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Mon second Dom après le premier, il y a 12 ans, plus classe, on avait fait la traversée Täschhorn Dom !..

Les conditions ce dimanche furent moins bonnes : de la glace, des crevasses bien ouverte, et pas de ramasse, il y a 12 ans on était arrivé à 10 minutes du refuge en ramasse.

Globules Rouges Projekt !

Vidéo

Topo

Refuge Domhütte

Parking payant dans tout le village (5 CHF/jour dans les hôtels, 7 CHF dans les parkings officiels)

Benjamin a négocié à l'hôtel avant le stade, on a payé 5 CHF pour les 2 jours !

Du parking, prendre le sentier qui part au dessus du stade et vers la gauche jusqu'au point 1499 m. Remonter alors vers Tschuggen (1787 m) puis le point 1978 et Höschbiel on retrouve alors la passerelle (bien indiquée sur les panneaux depuis Randa

Traversée la passerelle Charles Kuonen, la plus longue des alpes 497 m !!! Attention, ça tangue un peu. De là gagner le point 2303 CNS au dessus de Europahütte (on ne passe pas à la cabane) Au dessus le sentier se redresse avec une petite via ferrata pas difficile pour gagner un pierrier puis le refuge Domhütte 2937 m

Dom des Mischhabel

Prendre le sentier derrière le refuge et rejoindre la moraine (sentier) la remontée et suivre la sente bien cairnée qui rejoint le glacier vers 3250 m. Remonter le glacier Festigletscher en rive droite, attention : nombreuses crevasses à différents endroits !  Repérer le Festijoch et le gravir II et III (avec gravillon) le truc est de tirer tout le temps vers la gauche pour atteindre le Festijoch 3722 m.

redescendre sur le Hohbarggletscher, traverser rapidement  sous les séracs (expo +++) et remonter en face la pente crevassée pour trouver en gros la rive droite du glacier. Remonter le glacier globalement au centre (crevasses jusqu'à 3780 m, après moins !) et gagner le pied du Lenzjoch. Virer au sud et rejoindre le Festigrat puis le sommet par l'arête  (4545 m)

Descente par le même itinéraire

puis du refuge, descente directe sur Randa sans passer par la passerelle

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Récit

Mon objectif du week end : "faire des globules rouges" en vue du départ pour les sommets de l’Équateur dans 8 jours ... On hésite avec Benjamin, en cette fin de saison les glaciers sont crevassés et  il a neigé dans la semaine , 50 à 70 cm à 4500 m selon le gardien de la Domhütte.

Pour faire des globules, je souhaite aller au dessus de 4000, reste 3 idée : la  Nadelgratt, avec bivouac, mais l'arête est peut être enneigée  et le retour via le glacier peut être impossible... Le Bietschhorn, juste en dessous de 4000, mais l'arête est peut être en glace (pas de retour). Le Dom, impeccable pour "faire des globules"  On opte pour cette solution, avec option Festigratt si elle est en condition.

Décollage de la maison vers 6 h 45 pour passer prendre Benjamin à Vevey d'où on covoiture en papotant jusqu'à Randa, les montagnes sont belles, elles nous attendent.

Bon dans Randa,  il s'agit de trouver un parking pas trop cher, chose qui n'est pas facile. Après plusieurs tours de village (un vrai manège désenchanté),  Benjamin, fin négociateur, parvient à nous trouver une place à moitié prix sur le parking d'un hôtel. Oui, vous pouvez oublier les places de parking gratuites, c'est inexistant dans le Mattertal.

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
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Bref, on part, en baskets de trail pour ma part, avec les chaussures sur le sac. La montée est agréable mais raide. On dépasse quelques randonneuses. Fin bricoleur, je transforme une vilaine branche d'arbre, en élégant bâton de marche pour l'une d'elle... Elle remerciera vivement le gentleman. Pas peu fier, je poursuis ma route vers le haut sous le regard envieux de Benjamin, et oui, j'ai failli conclure... Mais vu qu'on avait autre chose à faire...

Ah oui, j'ai oublié de vous dire, bon on monte à Domhütte, mais vu que je suis un vrai touriste, ben on se fait un petit rallongi pour voir la passerelle la plus longue des alpes. Ce qui va nous rallonger le parcours, mais aussi nous faire découvrir la bête...

Bref on avance, le sentier est toujours assez raide, avec pas mal de monde, c'est la fête de la Fédération ce week-end, et les Suisses ont sans doute décidé d'en profiter !

On passe devant un lutin un peu effrayant, sculpté dans le bois et 5 minutes après on est devant la passerelle. Impressionnante. On se lance, tout en prenant garde de ne pas faire toucher les chaussures sur les bords. Ben oui, ça serait dommage de devoir revenir les chercher en dessous de la passerelle. Par chance tout le monde semble marcher dans le même sens, on n'a pas à croiser. Rapidement, on se rend compte que la passerelle bouge.. Pas mal...

Pause photo obligatoire au milieu...

Ca tangue dur, on repart, on doit croiser quelques randonneurs, la manoeuvre n'est pas facile avec notre chargement bien large... Mais ça passe, on rejoint l'autre coté, on grimpe un peu pour trouver une place pour pique niquer. Aire de pique nique trouvée.... avec vue sur la passerelle : Parfait !

 

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
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Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Pique nique gargantuesque pour moi, tandis que Benjamin, se nourri d'amour, d'eau fraiche et d'une figue...

A chacun son régime alimentaire. On repart vers le haut, toujours avec pas mal de randonneurs, on passe au dessus de l'Europahütte pour gagner le pied des difficultés : le sentier se redresse, quelques câbles. tout en marchant on calcule le dénivelé négatif demain : 3100 m environ, soit seulement 300 m de moins que lors de mon ascension du Mont Blanc depuis le pied. Les genoux, et les pieds vont couiner !

On est vraiment débile, on aurait du choisir un petit sommet à 3400 3500 m, et profiter 1 h de la vue du sommet, descendre tôt, faire des pauses, éviter les bouchons au retour dans la vallée. Mais non, nous , les quichons des alpes, on vise toujours trop haut, 1000 m de plus, histoire de bien galérer, à la montée quand nos poumons peu acclimatés  auront du mal à capter le peu d'oxygène des hautes altitudes et à la descente, quand nos genoux seront fatigués par de trop longues journées de montagne, nos petons usés et ampoulés par de trop nombreux frottements dans les maudites chaussures...

On est vraiment des quichons.

 

Bon, le sentier s'élève vers les cieux, plus raide , c'est maintenant une via ferrata. On avance bien, on voit deux gars en galère tout en haut d'un couloir exposé. Bon nous on est en bas, mais on se rend compte que la via sort du couloir par la gauche bien en dessous des deux gars. On les rejoint par le haut, et on aide le dernier à sortir, il semblait en mauvaise posture.

Reste quelques échelles, ça ressemble plus à une montée sur la Tour Montparnasse qu'à de l'alpinisme cette histoire...

On sort de la via ferrata pour un sentier dans une moraine.  Le refuge n'est plus très loin.

On y parvient vers 16 h 30.

Une fois les chaussures enlevées, on monte pour se présenter, à l'accueil. Une jolie brune aux yeux verts est là, avenante. Je balbutie, mes yeux sont plongées dans les siens, le vert émeraude, la plage, les alizée, je suis loin, pas dans se refuge froid et humide. Benjamin, plus pragmatique lance : "on a réservé !". Moi, je suis toujours sur cette plage des Seychelles, enlaçant ma gardienne aux yeux verts. Nos courrons sur la plage comme deux amoureux joyeux.

"Oui en demi pension !"

Une tortue marine passe devant nous avec les alliances, bénissant notre union.

"Dortoir Stecknaldelhorn"

Bon alors là, j'avoue que ça m'a un peu sorti de ma plage Seychelloise et des préparatifs du mariage. J'ai fait répéter. "Stecknadelhorn ! " me lance la jolie gardienne. Je finis par comprendre, pourtant je l'ai fait ce sommet de la Nadelgrat, j'ai sans doute mal compris à cause de la distance, il y a long entre la Domhütte et les Seychelles.

Désolé pour ceux qui auraient déjà lu le récit le la Lenzpitze, je suis un coeur d'Artichaud !

Bises à Force Roz, si tu lis ces lignes... ( je romance un poil... C'est pas de ma faute, c'est le lecteur !)

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Après midi à glandouiller, Benjamin se fait rôtir sur la terrasse du refuge, tandis que je profite des dortoirs froids et humides ! J'aime pas le soleil ! Je profite d'un peu de musique, puis on descend pour le repas. Au départ on est seuls à la table, puis 4 tchèques arrivent. Ils reviennent du sommet. Ils ont mis 9 h 30 pour l'atteindre, et la journée pour faire l'aller retour. Ça me semble peu rapide mais bon. Ils sont exténués.

Malheureusement, ma seychelloise aux yeux verts ne fait pas le service. Je pleurs, benjamin a beau me raconter des histoires passionnantes, je mange comme une âme en peine.

Le repas terminé, je monte me coucher à 8 h . J'hésite à prendre un comprimé pour dormir , mais mon éthique, implacable, aura le dessus. Bilan, je tourne et je retourne dans mon lit. Au bout d'une bonne heure, je finis par trouver le sommeil. Un quart d'heure plus tard, je sursaute. Deux suisses entrent dans le petit dortoir bruyamment; Comme s'il n'y avait personne. Ils font un boucan monstre, partent, reviennent, toutes frontales dehors. 

Je n'ai rien dit, mais j'airais du. Me voilà réveillé et énervé. Alors je me remets à tourner de droite et de gauche cherchant vainement le sommeil.

....

Lumière allumée... Boucan du diable...  Petite nuit, je me lève et commence à m'habiller. Benjamin me dit que c'est trop tôt ! Puré, je suis vert, les gars ont allumé la lumière du dortoir à 2 h 35 du matin, le réveil était prévu à 3 h !!!

Bon, je reste au lit 15 minutes sans dormir puis on se lève, pour trouver le réfectoire fermé, il n'ouvre qu'à 3 h.

Message personnel : Cher collègue de dortoir, Suisse de son état, s'exprimant dans la gutturale lange de Goethe (je sais , ça n'est pas de ta faute) , sache que je te hais !!! Ton comportement n'est pas digne d'un occupant de refuge. J'espère juste ne jamais te croiser en montagne. Fin du message personnel

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On petit dej, sous le regard bienveillant de ma Suissesse. Je fais un dernier plongeon dans les eaux vertes de ses yeux, puis je file dans la nuit noire. On est au milieu du peloton. Mais les dernières sorties m'ont montré que Benjamin et moi ne marchions pas trop vite. La tradition est respectée, des cordées nous dépassent. On est lent, comme d'hab.

La pleine lune est là, éclairant le sentier, (oui au début de cet article, j'ai écris nuit noire, mais c'était pour faire le littéraire, c’était pour le contraste avec le vert des yeux de mon adorée NDLA) On garde les frontales pour plus de confort.

On rejoint un paquet de cordées pour mettre les crampons et s'encorder. On repart vers le haut, sur un glacier caillouteux et en glace bien désagréable. Les chevilles se tordent, je suis mal réveillé.  Il faut contourner quelques petites crevasses, c'est raide. Au dessus, passage à flanc, toujours en glace. Je déteste ! Oui, dans la vie, je déteste deux trucs, les passages en glace pourrie à flanc et les mecs qui te réveillent en refuge. La journée s'annonce bien !

Petit passage en rocher ou les blocs ne tiennent pas, ils sont juste pauser là, en déséquilibre, attendant l’intrépide alpiniste, écrabouiller l'imprudent.

On rejoint le glacier, des crevasses, partout, de plus en plus profonde, on va de droite , de gauche, ils n'ont pas du rigoler les premiers qui ont fait la trace, de nuit, ça ne parait pas évident. Les gueules noires et profondes nous menacent. Ne pas faire le pas de trop, ne pas tomber dans l'abime.

Mais on progresse sur ce glacier, et sous la lune. Tout ça pour venir buter, à gauche, sur la paroi du Festijoch. On enlève les crampons, pour quelques pas raides sur la glace, j'adore. S'en suit

 

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On enlève les crampons, pour quelques pas raides sur la glace, j'adore. S'en suit une petite section en gravillon du plus bel effet.  Ça gravine sec, il y a des cordées devant, des cordées derrière (les derniers arrivés n'ont pas mis de crampons jusqu'ici, ne se sont pas encordés... C'était sans doute trop rando !

La suite grimpe, et rapidement, je sens que je ne suis pas dedans. Je ne trouve pas les prises. Je ne me place pas correctement. Moi, qui ai, avec difficulté je l'avoue, gravi le couloir Knubel au Grépon, je me chie dessus dans des petits pas de II+ !... J'suis vraiment un usurpateur ! Bref je petouille, on voit au dessus les frontales des cordées sur l'arête. On hésite. On dépasse une cordée plus lente que nous, pour se fourvoyer dans la face, visiblement, personne n'est passé ici depuis longtemps. Demi tour, on retrouve la cordée dépassée il y 5 minutes. Penauds on demande "you know the way ?" Apparemment il fallait tirer à gauche. Inélégamment, on les redépasse , effectivement, au loin, il y a un cairn, ça grimpe en biais, le terrain devient plus facile, voici le Festijoch, et c'est la fête du col ! (ben oui, joch, ça veut dire col en allemand !)

Petite pause avant de redescendre sur le glacier.

On passe la rimaye facilement, la pente est raide mais sans plus. Puis, c'est moins sympa, la portion est hyper expo à un gigantesque séracs qui trône 500 m au dessus de nous. S'il tombe, on va devenir des crêpes. Et je n'ai pas envie de finir dans un cercueil en forme de poêle...

On ne traine pas, même si je trouve le passage un peu long et on attaque la montée, encore au milieu des crevasses. Il faut de nouveau louvoyer, tel un serpent, la trace  se fraye un passage dans le dédale du glacier. On avance, le soleil point, petite pause pour profite du moment et faire quelques photos dans le ciel malheureusement légèrement voilé. 

 

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On se fait encore dépassé par une cordée, on est vraiment trop lents. La suite est déprimante à souhait, un long plat de glacier, sans crevasse, à  notre gauche, l'austère face de la Nadelgrat, que je trouve beaucoup moins jolie que l'autre coté, à droite, les séracs sous la Festigratt, à priori on est assez loin des potentielles chutes de sérac...

Avec ma nuit mauvaise, la fatigue se fait sentir. Mon pas ralenti, et j'ai une énorme envie de dormir. Je clos mes paupières tout en marchant lentement (ça tombe bien , c'est moi qui trace) On serait quand même bien mieux au fond de son lit plutôt que de se les peller sur un monotone glacier. rhooooon rhoooooon. Fermer les yeux quelques secondes afin de faire des nano-siestes.  Je vais tellement lentement, je suis tellement fatigué, je finis par laisser passer Benjamin devant. Il met du rythme et je me laisse tracter derrière. La fameuse méthode du traineau du père noël,  dans laquelle c'est bibi qui joue les pères-noël. Sans cadeau bien sûr.

Avec Benjamin devant on est plus efficace, même si je suis crevé. Je repense à cette nuit, bien trop hachée pour être récupératrice... Je les haie ! Je m'imagine, tel le bourreau de Calais devant Anne Boleyn, lever mon épée affutée et la faire s'abattre sur le cou de les empêcheurs de dormir en rond. (oui, pour la petite histoire, les anglais avait fait venir un bourreau depuis Calais pour l’exécution de l'ex favorite du Roi Henri VIII, mais je m’égare)

J'exagère à peine, n'en venons pas à de telles extrémités, la violence n'a jamais rien résolu ...

Au bout du glacier sans fin, sous le Lenzjoch, je propose à Benjamin de faire une pause, pour me restaurer. Et récupérer.

Je bois, je grignote quelques barres. Et on file vers le haut

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La pente se redresse, la neige tombée la semaine dernière est bien là, au moins 50 cm tassée, mais la trace est faite, il suffit de mettre ses pieds dans les traces. Ça grimpe, Benjamin adopte un bon rythme, que je parviens à suivre. A gauche, une cordée est sur l'arête entre le Lenzjoch et la Lenzspitze, magnifique, je mitraille, les ombres qui se déplacent sur l'arête.  La pente se couche un peu. Je vais mieux, le coup de barre est passé. Je sens que c'est au tour de Benjamin, qui multiplie les pauses...

La pente se redresse, on est 50 m derrière une cordée qu'on aurait pu rattraper, en fait non. On voit au loin du monde, sur la Festigrat que l'on rejoint. Nouvelle pause, on repart, je suis passé devant, sur l'arête finale. La pente est raide. La cordée devant a l'air de peiner. La pente se couche, c'est le sommet. On se félicite ainsi que l'autre cordée, qui ne reste pas. On a le sommet pour nous tous seuls alors qu'il y a 20 minutes ça devait être la cohue.

Petit tour à la Croix, où la vue est magnifique. Regard à 360°, je suis toujours fier de tous ces 4000 conquis !

Je fais la bise à Jésus (après avoir fait la bise à la vierge du Grépon, ça s'imposait) et j'ai un scoop : il pique.

 

Reste juste 3100 m de descente jusqu'au parking, ma seconde plus longue descente des Alpes après le Mont Blanc depuis Bionnassay

On n'est pas rendu !...

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On repart vers le bas, pour une pause sur la selle, à l'abri du vent. Puis on trace, je sens que benjamin n'a plus trop de jambes. Je le laisse tracer jusqu'au replat ou on opère une pause bouffe. Je passe devant pour la suite afin d'imprimer un bon rythme. Le long plat est avalé, puis le louvoiement entre les crevasses. On essaie de bien rester corde tendue pour éviter une mauvaise surprise... Passage sous les séracs, à fond, je sens dans la tension de la corde toute la fatigue de Benjamin, à chacun son coup de barre...

J'attaque la petite remontée au Festijoch sur un rythme élevé, au bout de 20 m Benjamin me demande de, ralentir, je m’exécute. C'était pas bien malin de vouloir partir trop vite pour lui. Avec un rythme lent mais regulier je remonte le bord du glacier, passe la rimaye et me retrouve sur l'arête. Benjamin me rejoint, bien fatigué, il n'en fait pas pas mystère...

Hésitation quant à la route à suivre, je vois des traces vers le bas, en fait, ça ne passe pas, on remonte et je pars devant après avoir enlevé les crampons, Benjamin les a gardé.

 

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Au départ, je galope dans les rochers. La pente se raidit, je perd mon assurance. Je n'y suis pas. J'hésite, je merdouille, et pourtant je sais qu'on est déjà passé par là. Benjamin saute de rocher en rocher, n'utilisant qu'une pointe  de ses crampons, une vraie ballerine dans ce monde vertical. Plus on descend, plus je "merde", j'avais souvenir d'un passage facile en 2007, le souvenir est bon, la réalisation beaucoup moins ! Je progresse tout de même jusqu'en bas, je rejoins la glace, mordante, je descends quelques mètres et Benjamin attend patiemment que je remette mes crampons.

 

Et go vers le bas, on retrouve les crevasses qu'on avait pas bien vues ce matin, elles sont profondes, avides de petits alpinistes. On se penche prudemment pour en sonder l'abîme. bilan, c'est noir et profond. Lors des replats, moins de crevasses, une trace file à gauche vers le centre du glacier, quittant la trace principale. rebelle, je décide de la suivre, et par chance, elle passe.

Plus on descend, plus la neige se raréfie. Glace vive, dure, désagréable. Nos chevilles souffrent, elles se plient au gré du glacier. Nos petons chauffent dans nos souliers d'alpinistes. Ils ne vont pas être beau à la réception, en bas !

De sections crevassées en sections crevassées, la descente se poursuit. On louvoie, on observe, on descend, sous le regard permanent et imposant du Weisshorn, le 4000 où j'ai le plus galéré dans ma vie (j'y ai pété mes deux ongles de pieds...)

Dernière portion, toute en dévers pour achever les chevilles. On fini par sortir du glacier. Je sens Benjamin bien las !

On fait une pause et je propose de prendre la corde (mauvaise idée, ne faite pas ça chez vous !) Et, le fourbe, il accepte !

Me voilà chargé comme une mule. On repart vers le bas.

 

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En un il faut retrouver les cairns et la sente qui permettent de rejoindre le refuge. Dire qu'il y a 12 ans, on avait fait de la ramasse depuis le pied du Festijoch jusqu'à 10 minutes du refuge !!!

Bon ben là, tu marches avec ta maison sur ton dos. J'essaie d'encourager Benjamin à ne pas faire de pause, et je ne gagne pas toujours !

Mais nos efforts sont récompensés, on rejoint la Domhütte et sa gardienne aux yeux verts. Longue pause, dont nous ne décrirons pas ici les détails, à vous d'imaginer la suite, laissez libre cours à vos imaginations perverses...

.....

J'ai mis trois petits points exprès, et comme il y en avait un peu plus, je les ai mis quand même !

Départ pour la suite, on est en gros à mi descente. Les pieds ont déjà bien chauffés dans les chaussures. Sentier, via ferrata, visiblement, Benjamin a bien récupéré. Il me suit sans peine. On dépasse quelques cordées croisées ce matin. Hésitation au dessus de la Europahütte, heureusement des alpinistes nous indiquent le bon chemin. On gagne la passerelle sans la traverser, puis on descend directement sur Randa.

Bon, il y a de nouveaux des randonneurs, on les dépasse sans trop de souci malgré notre grosse journée de montagne. Les pieds chauffent mais ça sent l'écurie. Un panneau "Randa 50 minutes" nous fait un instant espérer. On se rend vite compte que l'horaire est impossible à tenir (et pourtant on avance !). Les pieds chauffent, ça sent les ampoules. Le village approche, trop lentement à notre goût.

La fin de la descente est animée par le dépassement d'un grand groupe d'Italien, ça nous occupe et on rejoint le village de Randa, qu'il faut par chance, entièrement traverser, on est au Nord et j'ai eu la bonne idée de garer la voiture tout au Sud ! Pause fontaine pour se réhydrater, une jolie alpiniste blonde nous dépasse tout en papotant moitié en allemand, moitié en français. Ça égaie la fin de descente. Le village est long mais on allonge le pas, et voilà la voiture, courte pause, ranger le matos et repartir en Franche Comté, pour de nouvelles aventures.

 

Globules Rouges Projekt validé !

 

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
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Vidéo : DOM des Mischabel - 4545 m alpinisme

Apoutsiak — Valais4000vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakZermattalpinisme

Dom des Mischabel, voie Normale, depuis Randa, par la Domhütte

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Apoutsiak — ValaisSki de randonnée4000Zermattalpinisme
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Cette année, c'est l'année des sommets déjà faits...

L'Alphubel n'échappe pas à cette règle

Déjà gravi à deux reprises, une fois par la Rottgratt avec Helmuth et Stinj, avant la traversée Täschhorn Dom

la seconde avec Steph en ski de rando par la voie Normale.

 

Vidéo

Topo :

Tächhütte 2701 m

Parking à Täschalp (gratuit !!!) remonter le sentier qui amène à la Täschhütte

500 m de déniv - 1 h 15

Alphubel 4206 m
 
Emprunter le sentier qui part à droite  puis remonter les pentes  qui mènent à Chummibodmen (sentier quand il n'y a plus de neige) Rejoindre l'Alphubelgletscher et prendre la branche de droite en montant.  La suite s'est en écharpe (pente un poil raide) pour  rejoindre l'Alphubeljoch 3772 m.
Tirer plein nord pour atteindre les pentes sous le point 3860 m (à flanc)  Remonter au mieux les pentes raides et exposés (séracs - crevasses) qui montent à l'est de l'antécîme 4188 m de l'alphubel  puis par l'arête facile rejoindre le sommet (4206 m)
 
Descente :
Par le même itinéraire ! (perso, j'ai fait un petit détour par le Feechopf 3887 m, pour la vue (20 minutes de montée en plus)

 

 

Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Récit :

je suis parti tard... j'arrive donc tard à Täschalp. Cette année très enneigée laisse sur les bords de la route les stigmates d'énormes avalanches peu habituelles ces dernières année.

Je me gares sur le petit parking, il est prêt de 18 h. On voit déjà le refuge, 500 m plus haut !

1 h 30 maxi d'ici, mais je suis chargé lourdement : objectif : Alphubel et Rimpfischhorn ! Gaz gamelles et bouffe pour 3 jours, sans compter les skis sur le sac. Quand je charge le sac, ça n'est pas le meilleur moment.

Je connais le sentier, c'est parti, ce vallon est sauvage et vraiment joli. Juste à l'écart de Zermatt et ses touristes. Ici, il n'y a personne. Peut être vais je être seul au refuge.

Je grimpe, je filme un peu (pour toi, public !) j'appelle Sandrine, on papote, j'avance.

Une traversée de torrent, un névé au dessu, il ya des traces mais il est 18 h et la neige ne tient pas. Je finis par glisser, simple petit coup de stress, ça passe. Tout va bien. Sous le refuge, quelques névés viennent compliquer la progression. Je vois qu'il y a quelques personnes sur la terrasse.  La fin est plus longue que dans ma mémoire mais je finis par atterrir sur la terrasse. il y a beaucoup plus de monde que je ne le pensais.

Je m'installe sur la seule couchette qui reste (refuge 9 places) Ca n'est vraiment pas la meilleur. à l'étage, sans bordure, le long du vide avec un poteau au niveau de mes pieds à droite.

Je ferais avec ...

Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Une description des différents protagonistes s'impose, même si je n'ai pas bien eu le temps de les observer vu mon arrivée tardive. En gros il y a 8 suisses et un petit Français, ma pomme. Enfin quand je dis 8 Suisses, il y 7 Suisses et une jolie Suissesse, Tatiana.

Tatiana, elle a les cheveux blonds

Tatiana elle a les cheveux longs

Tatiana elle a un corps de rêve (enfin chacun l'imagine parce que sous la combinaison de ski, on ne voit pas bien les formes)

Et bon, vous imaginez bien que quand il y a Tatiana dans un refuge avec 8 velus. Ca crèe une ambiance, comment dirais je ... plein de testostérone .... oui c'est le bon terme.

L'un se prend pour un shadock, il se met à faire des pompes, sans fin, il a du en faire plus de mille dans la soirée.

L'autre se balade torse nu, des abdos en tablette de chocolat à la vue de tout le monde, flûte je ne peux pas lutter

Un troisième, au physique plus ingrat, se met à réciter du Baudelaire. Chacun ses atouts.

Tatiana fait mine de ne rien voir, installée délicatement sur la rambarde du refuge, cheveux au vent, nez au soleil, elle rayonne et lui fait concurrence.

Le quatrième montre la plage, bandant ces biceps pour insister sur la direction.

Le troisième après avoir fini Baudelaire (il est très rapide) s'attaque à Hugo "Demain, dès l'aube, à l'heure ou blanchit la campagne.

Ce qui suit a ruiné nos vies. Un Alpiniste, non que disje pas un Alpiniste, un Athlète, déboule du fin fond du refuge, il vient s'installer à coté de la Belle. Non Non ! Tous ces efforts... le temps s'arrête, seconde suspendue. Ô temps suspend ton vol, ô cruelle destinée. Il enlace l'objet de convoitise... Non Non, et l'embrasse langoureusement. Je pleurs, nous pleurons. Le bellâtre jubile, tout en possédant la bouche de sa partenaire. Chacun baisse les yeux, humilié.

Les pompes ralentissent, le T shirt se baisse, la plage s'éloigne et Hugo va rejoindre Harfeur, bien loin de nos montagnes valaisannes. Le soleil glisse de tristesse derrière un nuage noir... pour pleurer longuement

Je file dans la cuisine, ne souhaitant pas assister à la suite de ce triste spectacle. J'engloutis mon sandwich de gare ainsi que quelques chips; Je me change et file au lit bouquiner et déprimer quelle triste fin de journée...

"Triste et le jour sera pour moi comme la nuit."

 

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Nuit difficile

La peur de tomber de cette couchette exposée

La tristesse d'une soirée pleine d'espoir que l'autre est venu toute gacher

Minuit trente

Une frontale vient éclairer le dortoir.

Qui cela peut être ?

Je finis par comprendre que ça vient de dehors...

Ils discutent, Fort.

bon quand il rentrent dans le dortoir, ils se rendent compte de leur c....

Ils discutent encore mais un peu moins fort, et pour eux , c'est la loose, il n'y a plus de couchette, le mec à deux places à ma droite, se dresse et fixe les nouveaux entrants de ses yeux de kalachnikov (oui, les yeux de kalachnikov, ces comme des yeux avec des  mitraillettes mais en pire !) je pense qu'ils se sont installés par terre...

Je me rendors

Vers 3 h 15 c'est déjà le bin'z j'essaie de dormir

3 h 30, c'est pire, je finis par me lever (j'avais prévu 4 h 05 !) Mais vu le bruit, je ne peux plus rien espérer. je me lève. Les 2 arrivés fort tard hier soir ont récupéré deux places dans les couchettes libérées.

Cacun se précipite dans, l'entrée. Oui Tatiana et son Jules se sont levés les premiers. On aspire tous a voir Tatiana en dessous (même si on ne se l'avoue pas)... Mais Tatiana a de la réserve, elle s’éclipse dans les toilettes pour effectuer l'opération. Pas de dessous affriolants, pas même  une petite brassière, c'est presque  un ours qui revient de la fange...

Je grignote mes quelques gâteaux, l'âme en peine.

 

Les cordées lasses, quittent la cabane les unes derrières les autres.

Je sors... le dernier.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
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Il faut d'abord prendre le petit sentier et traversé quelques névés. J'arrive à la neige proprement dite. Les autres cordées sont juste devant. J'ai moins de 10 minutes de retard.

C'est parti. Mais je me rends vite compte que je n'avance pas. Le mauvais rhume de cette semaine a laissé des séquelles : je rencoye (alors petit aparté : Rencoyer, en terme Franc comtois ça veut dire avoir plein de glaires dans la gorge, fin de l'aparté. ) Pas de lune, juste ma frontale, la neige et au lon les autres cordées. Je ne parviens pas à les rattraper. La pente est plus ou moins raide, mais ça passe. Je visualise, une cordée de 3 qui me parait très rapide et deux cordées de deux.

Je finis par rattraper une cordée de 2  que je dépasse.

Je rejoins le passage raide qui permet d’accéder aux pentes sous le col et opère une pause.

Je repars vers le col et m'en fait une seconde (pause) histoire de laisser la corde et mob second piolet que j'avais initialement pris au cas ou je ferai le Rimpfischhorn. Le paysage est magnifique. Je file versant Saas Fee, je sais que le glacier est très crevassé, et j'avoue que ça me stresse un peu.   Je me permets une petite sieste d'un quart d'heure avant d'attaquer la montée finale.

Je parviens à rattraper une cordée de 2, le second est à l'agonie. Son premier essaie de le motiver, mais il est au bout de sa vie !!! Je les laisse un peu sur place. avant de gravir les derniers mètres où je croise Tatiana et son Jules. Elle virevolte, elle rayonne, le soleil a de la concurrence. Elle ne s'est même pas arrêté pour un salut amical... Quand on a la loose...

Derniers mètres et sommet ! Je rejoins la cordée de 3 qui y a fait sa pause.

On papote et on profite.

J'ai juste un peu de mal à avaler les fruits secs que j'avais pris ce matin.

Les 3 repartent, la cordée de 2 arrive, épuisée pour le second. A mon tour de quitter le sommet.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Quelques jolis virages dans la pente raide avant d'attaquer a longue traversée vers le col..

Je remets les peaux pour aller au Feechopf (dont je ne connais pas le nom au moment  où je m'y dirige. J'avais envisagé d'aller jusqu'à l'Allalinhorn ce qui aurait été classe. Mais ça n'est pas la grande forme et les grande journée chaude ne laisse pas un beaucoup de temps pour réaliser la traversée en aller retour...

Bref le petit sommet est assez vite atteint. Je profite quelques minutes du paysage avant de rejoindre le col et récupérer ma corde et mon piolet.

Je file vers le bas sur une neige encore bien dure. Puis passage à proximité d'un joli petit lac. Avant la soupe des derniers mètres. Je reprends le skis sur le dos et rejoint le refuge. Je rejoins 2 autres cordées. Petite sieste, petit repas et descente à pied vers la voiture.

Il n' y aura pas de Rimpfischhorn, ce que j'avais initialement prévu, la météo n'est pas top, il faut rentrer.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
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Topo Photo Nadelhorn Nadelgrat

Apoutsiak — ValaisZermatt

Dirruhorn (Durrenhorn)

Hohberghorn

Stecknadelhorn

Nadelhorn

Du Dirruhorn au Nadelhorn : la Nadelgratt

Du Dirruhorn au Nadelhorn : la Nadelgratt

Topo traversée de la Nadelgrat Nadelhorn

Topo traversée de la Nadelgrat Nadelhorn

Alpinisme : Nadelgrat - traversée Dürrenhorn - Hohberghorn - Stecknadelhorn - Nadelhorn !

Apoutsiak — Ski de randonnéealpinismeZermatt4000Les 100 plus bellesValaisAnne

La vidéo de ces 3 Jours à la Bordierhütte : traversée de la Nadelgrat et tentative sur l'Ulrichshorn

4 4000 en 1 journée

Dürrenhorn 4035 m

Hohberghorn 4142 m

Stecknadelhorn 4241 m

Nadelhorn 4327 m

Encore une belle et longue journée de montagne

 

 

Topo

Accès à la Bordierhutte

De Gasenried au dessus de Grächen (se garer sur la petite place)

Emprunter la route qui part dans le vallon puis le sentier (panneau Bordierhutte)

Passer au point 1930 m

Rejoindre l'alpage de l'Alpja en traversant la moraine Ouest.

Remonter l'alpage en suivant le sentier d'été (point 2407 m puis 2707 m CNS)

traverser le glacier au mieux (ni trop près des crevasses au nord, ni trop près des séracs au sud)

Remonter un bastion rocheux en passant soit par le chemin d'été (escaliers main courante) soit à ski (à droite lorsqu'il y a encore de la neige)!

Et rejoindre la cabane Bordier - Bordierhutte 2886 m

 

Nadelgratt

AD - Long - Ne pas négliger que l'on grimpe à 4000 m !

De la Bordierhütte remonter les premières pentes qui mènent à un goulet sous le point 3211 m. Monter le couloir entre les rochers et les séracs. (Ca peut passer à droite par le glacier à skis lorsqu'il n'est pas trop crevassé) De là remonter le Riedgletscher .

On peut pauser les skis sur la crête au dessus du point 3332 m.

 

Rejoindre le pied du couloir accédant au Dirrujoch (attention aux chutes de séracs !)

Remonter le couloir 45 - 50° lorsqu'il est en neige, sinon emprunter les rochers en rive gauche - beaucoup plus long). L'accès au col est barré d'une corniche parfois difficile à franchir !...

Dürrenhorn 4035 m

Du Dirrujoch on monte au Dürrenhorn (ou Dirruhorn par des rochers plutôt sur le fil de l'arête, puis versant ouest vers le sommet choix évident)

Revenir au Dirrujoch par le même itinéraire.

Hohberghorn - (Hobärghorn) 4219 m

Remonter le pied de l'arête plutôt versant ouest

escalade mixte (Anne a trouvé que c'était le passage le plus délicat)

On accede à une bande de neige que l'on remonte

La pente se redresse, on bascule légèrement versant est pour gravir des gradins faciles en rochers délités.

Stecknadelhorn 4241 m

redescendre par la pente de neige vers le point 4144 m

On attaque l'arête du Stecknadelhorn

Les difficultés se franchissent en passant versant ouest.

Accès au sommet par le fil

Nadehorn 4327 m

redescendre par une pente mixte au stecknadeljoch puis suivre l'arête neigeuse.

Gravir le gendarme sur le fil puis basculer en versant ouest pour le contourner, on rejoitn un poitn situé légèrement au dessus d'un col juste après le gendarme

Du col, remonter au mieux vers l'arête ouest (attention mixte un peu glissant - glace parfois) et gagner par l'arête le sommet

Descente

Du sommet on redescent par l'arête Est, soit en franchissant directemetn les passages rocheux soit en basculant versant Nord (attention glace parfois)

Du Windjoch on bascule sur le Riedgletscher et on rejoint le dépot des skis par une marche à plat dont on ne manquera pas de profiter...

Carto fichier GPS

Fichier GPS au foramt GPX

 

Récit

J’avais fait plein de propositions à Anne, la météo semblait meilleur au cœur du Valais, alors Adieux Mont Blanc, adieux face Nord de la Grande Ciamarella, à nous les 4000 aux noms imprononçables de la Nadelgrat !

Nous nous retrouvons ce vendredi midi à Gasenried, village bien connu car j'avais été déposé en hélicoptère lors d'une reconnaissance précédente avec Steph.

L'avantage c'est que je connais un petit parking pique nique... avec fontaine !

Il fait beau, on pique nique, puis on se lance dans une jolie montée sous les sapins.

 

Arrivés à l'alpja, Anne souffre un peu du manque de sommeil, j'en profite, les moments où je suis devant sont si rares ! Au bout du vallon, on met les skis, je trace dans cette neige sombre et dans les coulées d'avalanche ( plus nombreux et plus gros cette année que l'année dernière.) L'ambiance est bonne 2 déchaussages permettent de rejoindre le glacier. Nous opérons une longue traversée, croisant une bordée de randonneurs italiens en goguette (à pied) , de la neige jusqu'aux cuisses qui procèdent au début de la descente, ils ont visité le refuge Nous leur souhaitons bon courage et poursuivons vers les échelles. Un coup d'échelles, puis un petit coup de ski et voici le refuge !

 

Opération bois et fonte de neige. Le poëlle tourne. Au lit à 21 h , le réveil est à 3 heures

 

Mauvaise nuit

 

Le lendemain matin, 3 heures, l'impression de ne pas avoir dormi. Nous avons décidé de déjeuner froid ( pas le temps de faire un feux et pas de gaz) Anne râle (c'est bon signe). On se retrouve skis aux pieds à 3 h 50 et c'est parti pour la montée. Anne file devant, assez vite je mets les couteaux, la neige est bien dure et je souhaite continuer de dormir pour finir ma nuit. Je la garde à distance, voilà le passage raide du glacier, 3200 m mais ça a l'air de passer sans souci à droite sur celui ci, Ca passe à ski. Le soleil se lève, la Nadelgrat rosie, Nous pausons les skis à mi chemin entre le pied du couloir et le retour en optimisant le lieu pour ne pas avoir à remettre les peaux .

 

Crampons corde, nous filons vers le couloir du Dirruhorn. On passe sous des séracs , dans le bou de la zone d'éjection. Bientôt le couloir. tout à coup fracas, c'est un sérac qui tombe. 5 minutes plus tôt on aurait au moins été pris dans l'aérosol, je crois que je n'aurais pas aimé du tout. 5 minutes plus tard, nouvelle alerte, nous sommes déjà loin, pause au pied du couloir. Anne est largement plus en forme que moi, je la laisse remonter le couloir. On réalise quelques vidéos esthétiques (voir là) .

 

Les 200 m de couloir sont assez vite avalés, en haut la corniche nous barre la route. Anne tente à gauche, elle se retrouve dans de la semoule impossible à remonter. Elle décide après de longue minute de tenter à droite, la corniche menaçante comme la gueule d'un requin ne se laisse pas approcher. Une assurance fort à propos se présente. Hop je demi-cabestane (du verbe demi-cabestaner : faire un demi cabestan pour assurer son ou sa partenaire) Anne s'escrime face à l'obstacle. Son sac est rejeté en arrière par la lèvre de la crevasse, tandis que la partie accessible est en neige pulvérulente, ni les piolets ni les crampons ne tiennent. Le stress augmente. Par quelques subtils conseils, j'essaie d'organiser l'assaut, tel un général bien à l'abriit dans son blockaus, mais rien n'y fait, il va falloir que je m'emploie, comme souvent , ça n'est pas par ma technique que je m'illustre, mais par ma taille (ça m'a rappelé la rimaye de l'arête gallet au Dolent !) C'est un peu vexant, mais c'est la réalité.

Me voilà sur zone, je comment par un peu de terrassement en nettoyant la corniche avec la panne de mon piolet. Étant donné la surface de la panne de mon piolet comparé à la taille de la corniche ça prend du temps.

Après, je plante mes piolets au dessus de la corniche, au plus loin.

Le seul souci, ça sera pour pauser les pieds sur la corniche... Quand il faudra pousser dessus...

 

Piolets pausés, je lance ma jambe gauche au dessus du monstre, je tire sur les bras, ma jambe droite décolle, je pousse sur la jambe gauche, et là, c'est le drame, la corniche explose, mon corps part en arrière. Je ne tiens que par les piolets qui bougent un peu mais on l'air de rester fidèles. Je pense au demi-cabestan et à son amarrage en dessous qui ont des chances d’être sollicités ... Je suis déjà essoufflés, il faut sortir tout de suite. Je tire sur mes bras pour ramener mon corps au piolet, je trouve une zone solide pour amarrer mon crampons gauche, ouf, je gagne un mètre et le tour est joué, je m'effondre face contre neige, éprouvé par un tel effort (ben oui, je suis pas un grimpeur à la base).

Anne me rejoint, dans une technique assez personnelle, elle a les bras trop petits pour atteindre les piolets que je lui aie délicatement placé en zone solide. Je tire comme un malade sur la corde, elle se tracte et me retrouve au dessus du maudit obstacle ! Je crois qu'on a mis 3/4 d'heure pour parcourir 3 mètres !

 

 

Après une bonne pause nous repartons vers le Durrenhorn. De jolis passages d'escalade se succèdent. Je fais s'affaisser une corniche (sensation assez désagréable) sur l'arête. Si l'escalade est belle, elle est également sans fin, les antécîmes et les gendarmes se succèdent. Sur le topo on croirait que le sommet se fait d'un claquement de doigt

Enfin le voilà, quel plaisir d'être sur ce sommet, et mon adage , "il n'y a pas de 4000 facile !" se vérifie, une fois de plus !

Nous redescendons au col sans encombre pour une nouvelle pause. J'annonce à Anne que je n'ai pas la grande forme (je ne sais pas si c'est le manque de sommeil ou l'altitude, le manque d’acclimatation).

 

 

Nous repartons vers l'Hohberghorn. Le départ m'achève, pas de rythme, es passages d'escalade mixte (pas hyper dur mais je ne parviens pas à trouver mon souffle). Je réclame des pauses (ce qui n'est pas mon style !) pour reprendre mon souffle. Anne me demande d'aller jusqu'au sommet suivant. Intérieurement je sais que si on atteint le 4000 suivant, on ira au bout de l'arête. Je décide de poursuivre, on verra bien.

voilà une bande de neige judicieusement placée. Anne s'enfonce et ralentie le rythme, tandis que je me refais un peu la cerise! elle fait même des pauses ! Trop cool. Arrivés à la troisième partie, rocheuse celle là, je vais mieux , et les 60 derniers mètres sont vites avalés !

2ème 4000 de la journée : Hohberghorn

 

 

Le temps tourne, il fait gris, on engage la descente pour se retrouver face à l'austère Stecknadelhorn. De mon point de vue ça me parraît infranchissable, il commence à neiger, de toute façon, je n'ai pas le choix Anne progresse ! C'est étonnant, il me parraissait si compliqué, et on atteint le sommet "relativement" facilement ! Quand je dis relativement, c'est assez relatif, car on progresse dans une tempête de neige du plus bel effet !

 

Sommet, (Stecknadelohorn) pause et nouvelle descente. Partie plus cool,arête en neige, sur le topo il précise que techniquement, contourner le dernier gendarme, est plus facile ! C'est mal connaître ma partenaire de cordée. Elle file droit devant, arête qui devrait être sèche, gavée de neige poudreuse ! devant elle bataille, je suis , sans conviction. Basculement versant ouest, vertigineux. Quelques vires, c'est hostiles, le brouillard et la neige font qu'on se croirait dans les Carpates , ou plutôt sur un sommet himalayens mais pas un jour de sommet !

 

La progression est lente, mais continue. Je ne sais pas comment Anne a fait pour trouver la sortie, au dessus du petit col avant le nadelhorn. La suite je la connais, je l'ai faite l'an dernier, on va terminer l'arête !

Il faut préciser ici, que j'ai essayé de négocier de ne pas faire ce dernier sommet (je l'ai déjà fait, et on peut très bien le faire en traversée avec la Lenzpitze, mais la négociation a tourné court : on ne négocie pas avec le diable !)

 

L'escalade du Nadelhorn est désagréable, on a l’impression, que les prises sont à l’envers et que les crampons n'accrochent pas sur les dalles ! On avance tout de même, voici l'arête et le sommet. Nous sommes très fiers, il est 17 h , la visibilité est réduite, mais nous avons réussis !

 

Descente, d'abord dans le mixte pourri puis sur l'arête. Ca passe mais c'est long. Anne se méfie des corniches, elle a raison, un de mes pieds traversera celle ci alors que je suis sur la trace. Le windjoch arrive enfin, nous optons pour la descente directe sur le glacier , au GPS (oui, on y voit à 10 m environ depuis le début de la descente.) On passe la rimaye facilement pour retrouver le plat du glacier. Le GPS m'indique le dépôt des skis et sa distance : 1 km 300. On marche, longtemps, je rescrute le GPS, 1 km 100, ça va être long. On avance, je me vautre en me prenant mes crampons dans mon pantalon, il faut dire que je n'étais pas très concentré !

On ne doit plus être très loin, j'indique la direction de mon bras, en regardant au loin, le matos est au bout des doigts, à 100 m. On se ré équipe en mode ski, tout est gelé, les sangles des crampons, les peaux, les fixes des skis. Et c'est parti, les premiers virages dans le jour blanc, avec la fatigue et la neige travaillée sont un calvaire, on n'y voit rien. Nous débouchons au passage clef sans problème, la neige devient meilleur, et on en profite. Nous optimisons la descente pour éviter les montées ! Le ski devient excellent, Anne possède l'art de skier dans le jour blanc, et moi, je possède l'art de suivre Anne comme point de repère visuel dans le jour blanc !

Une dernière montée en mode canard et voilà le refuge. 21 h

Je rentre, j'appelle Sandrine pour la rassurer (on avait prévu de rentrer beaucoup plus tôt) Je mange trois gâteaux, bois trois vers d'eau et file me coucher dans un état de fatigue rarement atteint !

 

Photo

 

Pour les photos en mode "tout voir d'un coup" (et non diaporama) c'est par là ! 

 

 

Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération

Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération

Vidéo : traversée du Lyskamm : "Le mangeur d'homme" 4527 m

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakValaisZermattLes 100 plus bellesvidéo

Liskamm

28 Juillet 2007

Avec Helmuth et Jean-Marc

4527 m

8ème sommet des alpes !

 

http://img.over-blog.com/500x375/0/08/49/95/alpinisme/travers--e-du-Lyskamm-l-ar--te-cord--es-alpinistes-photo-Guillaume-Ledoux-Apoutsiak.JPG

 

 


 

Une femme Alpiniste

Apoutsiak — humeurCervinZermattAnne

 

Une femme est montée au sommet du Cervin,

Qui, presque pareil à un monument est pointé vers le ciel,

A peine moins raide que le fil d'une sonde

Suspendue, - que personne ne pourrait gravir, sinon une mouche

Cette femme a aussi escaladé le Weisshorn

Et ce qui est bien mieux, l'a aussi descendu

Les pieds les premiers; ce Weisshorn, on pourrait bien l'appeler "Icehorn"

Tant il est glissant, et ce n'est pas une petite affaire de s'y hisser !

Aucun glacier ne l'a fait reculer, aucun précipice ne l'arrête, Aucun pic n'est trop haut pour elle, si sublime soit-il !

Accordez trois fois des hurras en l'honneur de l'intrépide Miss Walker.

Dites donc, mes garçons, croyez vous qu'elle sait grimper !

 

Le Punch (revue britannique)

 

 

On pourra remplacer le nom de Miss Walker par celui de Miss Guillouzic (une Bretonne et non Grande Bretonne) qui a accompli de similaires exploits !

 

P1030289

 

 

 

Les Exploits de Miss Guillouzic au Cervin

 

Les exploits de Miss Guillouzic au Weisshorn

Vidéo Cervin Traversée Lion Hörnli

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakvidéoCervin4000AnneZermattLes 100 plus belles

Cervin, 4478 m - Traversée Lion Hörnli

Breuil Cervinia - Zermatt - col Theodule

 

Version longue (20 minutes) 


Cervin 4478 m Traversée Lion Hörnli par Apoutsiak

 

  Version courte : 8 minutes


Cervin 4478 m - Traversée Lion Hörnli

Apoutsiak — alpinismeCervinAnneZermattValaisLes 100 plus belles

 

Nous l'avons fait !

La course est magnifique.

Après la déception d'il y a 1 mois et demi , nous avons enfin foulé le sommet du Toblerone.

 

P1030279

 

 

Vidéo

 

Version longue 20 minutes

 

 
Version courte 8 minutes
 

 

 

 

Cervin 2

 

Topo

 

Topo complet à venir

 

Carto fichier GPS

 

 

 

Récit

 

Le week-end approchait, avec lui ces incertitudes concernant la météo. Le Cervin me fascinait au plus haut point. Il y a un moi et demi, notre tentative s'était soldé par un échec météo, et je savais que c'était la dernière tentative de l'année. En cas de nouvelle déconvenue, il allait falloir attendre un an : l'été 2013 est bien loin !

Je prévoyais un plan B dans l'Oberland, mais je savais qu'Anne n'avait qu'un but : gravir ce magnifique sommet !

 

Elle me rejoignais et nous faisions route le samedi soir pour dormir à Saint Oyen, à château Verdun.

Après une nuit de repos, nous reprenons la route pour rejoindre le Valtournenche et Breuil Cervinia

Il fait froid, et tout gris. Nous démarrons à 9 heures , et rattrapons rapidement un gros groupe de  randonneurs  en vadrouille au refuge du duc des Abruzzes. Comme d'hab, Anne est en forme.Avec le brouillard, il fait frais, on ne souffre pas de la chaleur.

Passage à proximité d'une cascade, puis sortie du brouillard pour une mer de nuage

A l'approche du refuge Orionde (l'autre nom du refuge du duc des Abruzzes), je me rends compte que quelques randonneurs sont en passe de me rattraper, j'accélère le pas pour éviter l'affront de me faire passer dans les derniers mètres, ça passe, l'honneur est sauf.

Nous profitons d'un coca au refuge et papotons avec les gardiennes qui ne nous avaient pas oublié ! Je les interroge sur le lien de parenté avec Jean-Joseph Maquignaz, celui qui a ouvert la partie sommitale du Cervin (tel que nous le gravissons aujourd'hui, carrel ayant pris par la galerie Carrel) et comprends que c'est un aïeul de son mari !

 

Nous reprenons la route au milieu des randonneurs

 

Je fais une courte pause à la Croix Carrel tandis qu'Anne file devant. La montée est efficace et nous approchons rapidement du col du Lion. Je n'en revient pas, il y a 150 il bivouaquait là sous tente, l'endroit me parait peu approprié !  après nous être restaurés, nous poursuivons vers les dalles, la cheminée et le ressaut sous le refuge. Il y a un peu de neige, mais rien comparé à ce que m'avait annoncé la fille de la compagnie des guide de Breuil hier ! D'après elle ont cramponnait avant le col du Lion (et en pratique on n' a pas mis les vrampons avant le sommet ! )

Deux allemands nous dépassent au ressaut vertical : ils ne sont pas encordés et ne se pausent pas la question de savoir s'ils le font avec ou sans la corde : C'est super bourrin tirant sur la corde.

Nous on a hésité, le rocher est détrempé par une petite cascade qui coule au dessus, bilan : on a tiré sur la corde en essayant de ne pas trop bourriner ...

A part ce passage, on a tout fait sans corde, le rocher est bon, et le plaisir de l'escalade est là. Un petit virage, le refuge est là.

 

A peine entré, Anne est déjà la vaisselle, je connais mon rôle : approvionner en haut le refuge : (récolte de neige et "fondage" dans les grosses casseroles !

Je fais une petite sieste, tandis qu'Anne  se repose sur la DZ au dessus du refuge.

Coucher de soleil magnifique sur la dent d'Herens

Repas en compagnie des Suisses

Nous sommes 14 au refuge, ça fait 7 cordées, ça fait pas mal de monde.

 

Veillée d'arme.

 

Nous décidons de nous lever à 4 h, c'est peut être un peu trop, il ne faudrait pas se perdre du fait du manque de visibilité ! le soleil ne se lève que vers 6 h 30 !

 

Mauvaise nuit

 

a 4 heures, ça sonne, je propose de dormir , une demi heure de plus (j'ai mal dormi), validé par Anne, A 4 h 10, je prends un énorme coup de poing dans l'épaule, ça doit vouloir ire "lève toi !" en Breton. La méthode est un peu brutale, mais efficace : je m'exécute.

Dans la foulée, les espagnols se lèvent. Déjeuner chuchotant. Tout le monde dans le pâté !

5 heures : Nous quittons le refuge. Anne attaque les cordes du réveil en râlant : c'est déversant, c'est merdique, ça ne lui va pas. On a les espagnols aux trousses. Il fait une nuit noir d'encre ! pas de lune à l'horizon pour aider notre progression. Assez vite on prend plaisir à l'escalade.  Anne sort le topo régulièrement pour faire le point. On trouve vraiment facilement les passages, sans hésitation.

Voilà le mauvais pas, escalade en opposition, spectaculaire à regarder mais agréable à pratiquer. Le linceul est déjà là. Anne se fourvoie légèrement avant son accès mais c'est vite récupéré. Bon, le linceul est un peu décevant quand on connaît celui des grandes Jorasses, là c'est un mélange de neige et de rochers, il n'y a pas une belle pente de neige comme on pourrait s'y attendre. Voilà la chaîne Tyndall, qui porte le nom du célèbre alpiniste Anglais, qui était dans la course au sommet, et qui a été le premier a réalisé la traversée !

Nous parvenons  à gravir le passage sans la chaîne !

Peu après elle, sur l'arête nous découvrons un alpiniste qui a bivouaqué là, je le salue et lui demande si tout va bien. Il grommelle des onomatopées que je ne parviens pas bien à traduire. Je vois qu'il a du gaz, et que celui-ci fonctionne, il a du passer là une nuit bien fraîche !

Nous poursuivons dans du mixte facile, légèrement en face Nord et rejoignons le plateau du Pic Tyndall nous opérons une courte pause à son sommet. C'est là que Tyndall s'était arrêté, pensant que le passage de l'enjambée était impossible  De là, la partie finale est bien visible : l'échelle Jordan, la corde Pirovano, le col Félicité, la galerie Carrel !

 

Nous repartons, le passage de l'enjambée est spectaculaire mais facile. Un rocher solide permet la traversée. De l'autre coté , ça passe, nous passons au col Félicitée. Qui porte le prénom de la fille Maquignaz qui a attendu là que ses deux frangins gravissent le sommet directement lors de la 3ème ascension du sommet et non par la galerie Carrel qui passe dans la face Nord (première ascension par l'arête du Lion) Il fallait oser tirer tout droit dans la face !!!

Voilà les cordes, nous grimpons sans les utiliser; puis l'échelle Jordan, je filme l'ambiance, la corde pirovano vientpresque clore l'ascension. Voilà le sommet Italien. Quelle joie, Nous décidons de faire la grande pause au sommet Suisse.

 

Nous profitons de ces instants magique, sur ce sommet magistral, les jambes pendante dans la face Est !

 

C'est le départ pour la longue descente : il y a 1200 m de dénivelé jusqu'à la Hörnlihütte, Ca va être long !

Le début est en glace, sur l'arête et versant Nord. Les traces de crampons sont bien marquées, mais faux pas interdit. Nous dépassons un guide et sa cliente qui vont mettre, à notre avis, très longtemps à descendre. Puis une cordée typée "pays de l'Est",  Nous progressons dans ces pentes stressantes. Nous avons du passer à coté du lieu de l'accident de Whymper lors de la première ascension à la descente. 4 alpinistes dont Michel Croz avaient perdu al vie à cet endroit là, dévissant dans la face nord. Seuls Whymper et les deux Taugwalder avaient eu la vie sauve !

A 4200 la neige laisse la place aux cailloux, nous enlevons les crampons. Les Suisses ouvrent le voie, nous suivons, et les Espagnols nous talonnent.

L'ambience est bonne. Il faut rester concentré ! Nous parvenons à Solvay, anne lance : "il ne reste que 200 m !" Ben non,  Anne, Solvay est à 4000, le refuge à 3200 m il reste 800 m  technique, on n'a fait qu'un tiers de la descente !

On poursuit, sur l'arête ou plutôt tout le temps légèrement dans la face Est.

A un moment, on arrive à un ressaut vertical. Les Espagnols et les Suisses nous larguent. Assez rapidement on perd la trace, et on se retrouve dans un couloir en rocher pourri. Ça parpine sec. Si on voulait tester l'adage du "si c'est du rocher pourri c'est que t'es plus sur la trace !" C'est réussi. On la retrouve la trace, un peu plus bas. Une dernière corde, et 5 minutes plus tard, la Hörnlihutte !

Nous discutons avec les espagnols et refaisons nos sacs. Une bière, un coca. J'ai déjà mal aux jambes alors que nous avons prévu de rentrer au Breuil dès ce soir (on bosse demain) Je prends un comprimé de cortisone pour soulager mes jambes bien dures et me donner du peps ! et voilà le jour où j'ai basculé dans le dopage !

 

Départ vers le bas. nous croisons d'improbables candidats au sommet. Nous ne le savons pas mais nous avons plus de 20 km à parcourir avec le col Theodule à passer à 3290 m soit plus de 700 m de dénivelé. Je crois qu'il vallait mieux ne pas le savoir !

Nous gagnons le pied de la face Est du Cervin avant de remonter par le sentier vers le glacier du Theodule (Theodule gletscher)

Nous traversons à flanc, le soleil se couche, c'est magnifique, mais le faux plat est interminable. La couronne de Zermatt s'embrase. Petite hésitation, point GPS, on repart. La nuit nous emporte. Je sors la frontale. Nous croisons une dameuse espérant secrètement que son pilote s'arrête et nous dépose au col Theodule. Mais nos rêves secrets ne se réalisent pas. La dameuse poursuit son chemin tout  phares allumés, nous laissant suels dans cette immensité ! Nous remontons vers le col Theodule, il fait maintenant nuit noire. Passage au col. Début de descentee et pause ravito, il est plus de 21 heures ! Nous picorons, mais l'appétit n'est pas là !

 

La descente va ête bien longue sur les énormes piste de ski. Anne file devant. La grande ourse vient au dessus du Cervin , le décorer s'il en vait besoin. Je découvre des massifs d'étoiles inconnus. J'ai les quadriceps comme du béton. Mais ça avance. Voilà plan Maison. Nous poursuivons. Plus loin, hésitation GPS, finalement on retrouve une piste, Anne est loin. Arrivé sur Breuil, deux chiens agressifs m'agressent. Ma puissante frontale les maintient à distance. Ces cerbères sont ils les gardiens de l'enfer ? Je poursuis sous les aboiements. Et si Anne avait été dévorée par les molosses. S'il ne restait plus de leur forfait qu'une branche de lunette ou de sangle de sac à dos... Elle n'avait qu'à pas partir devant. Je sauve ma peau en filant par le bas. Jze vois déjà les gros titres dans les journaux : "Une Jeune alpiniste Vainqueuse (Vaincrice ?) du Cervin, disparait dévorée par des chiens à la descente ! " et le débat sur camp to camp pour savoir si elle avait le niveau pour cette course , pour savoir s'il est prudent de marcher de nuit, à proximité d'une bergerie...

 

Voilà Breuil, enfin, la ville est endormie. J'entends un appel, c'est Anne. Elle est vivante ! Nous gagnons la voiture, changement de tenue, rangement rapide et départ pour un long retour en voiture.

 

Quel sommet !

 

Photos

 

 

P1030102La Croix Carrel

 

P1030104Au sortir du premier couloir

 

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Le perchoir !

 

 

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dans les dalles sous le refuge

 

 

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la dalle du bourrineur !

 

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refuge bivouac Carel

 

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Coucher de soleil sur la Dent d'Herens

 

P1030187sur la terrase : "en passant par la Lorraine !"

 

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Corde (chaine ?) Tyndall

 

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Le soomet Italien

 

P1030234

L'échelle Jordan

 

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La Dent Blanche

 

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P1030238Vue sur les Monts Roses

 

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Passage de l'enjambée

 

P1030247Pic Tyndall

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Pas de Mammouth

 

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L'échelle Jordan

 

P1030279Summit !

 

P1030285Heureux !

 

 

 

 

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La Croix Italienne

 

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En traversant sur le sommet Suisse

 

P1030306Sommet

 

P1030311Début de descente de l'arête du Hörnli

 

P1030317Les Espagnols

 

P1030320Hörnli

 

P1030325cabane Solvay - 4000 m

 

P1030334

 

 

P1030338

Hörnlihütte : enfin !

 

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Les Monts Roses

 

P1030361Embrasement final avant la nuit !

 

P1030365Le seigneur des lieux !

Cervin

Apoutsiak — alpinismeCervin4000butValaisZermattAnne

... ou presque ...

 

Vidéo

 

 

 

 

Carto fichier GPS

 

à venir (ou disponible sur simple demande dans le formulaire contact !)

 

Cervin-suite.jpg

 

Cervin carte topo 1922Topo du Cervin , Guide des Alpes valaisannes volume II 1922

pour le topo écrit voir en bas d'article

 

Récit

 

Après m'être bien défoncé les ongles de pied sur le Weisshorn, le réveil est difficile sur la camping de Randa.

Je décide de réaliser la technique quand on a les ongles des  pouces de pieds cassés : les élastoplaster avec leur voisin  !

Bon j'ai encore un peu mal, mais ça devrait passer. De toute façon il est hors de question de changer d'objectif : c'est traversée du Cervin ou rien (j'ai pourtant essayer de placer un petit Obergabelhorn mais bon)

 

On rejoint notre parking préféré, un petit coup de stop et nous voilà à Täsch le train, puis le téléphérique (hyper long !) J'en profite pour téléphoner à ma  routeuse météo préférée, la Yahn Gizendanner des alpinistes de seconde zone : ma femme ! "Jeudi, cumulus dans l'après midi orageux ensuite..." je lui fait répéter plusieurs fois les infos afin de m'assurer que la météo est un peu floue... De toute façon on est déjà à moitié parti.

Arrivés au Matterhorn paradise (sic) qui n'a de paradise que le nom, étant donné qu'on est entouré d'énorme filets qui gâchent complètement la vue, la journée commence par 400 m de descente jusqu'à la testa Grigia par des pistes de ski d'été au milieu des dameuses et des pelleteuses occupées à boucher des crevasses et à retenir des séracs ?!?Arrivés à la testa Grigia  nous pique-niquons. Anne entame la descente sur Plan Maison à pied par le col Theodule, je me paie un téléphérique pour soulager mes pieds. La vue sur le Cervin est très impressionnante ! De Plan Maison un panneau indique refuge du Duc des Abruzzes 2 heures. De là, il parait hyper loin ! Je file , les jambes ne vont pas trop mal, la douleur au niveau des ongles est supportable sauf lorsque je tape un caillou ....

 

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Je compte les moraines : 3, le premier passage à gué est sport, le torrent coule plein pot, il est déjà 16h ! en face de moi le public des randonneurs est nombreux , à attendre un faux pas et une chute dans les eaux glaciales, je m'en sors assez bien !  J'apprendrai plus tard qu'Anne n'a pas réussi à le passer, elle a du remonter le torrent et perdre 20 minutes pour l'obstacle...

La suite sous la face sud du Cervin se passe bien, même si la vue de l'arête du Lion me tétanise un petit peu. Je parviens au luxieux refuge du Duc des Abruzzes (ou Orionde) où la chambre dispose d'une salle de bain attenante avec douche dont je profite avec délectation en attendant Anne.

Point météo avec notre routeuse.

 

Le repas est à la hauteur du refuge, succulent

et c'est parti pour une bonne nuit de récup avant les choses sérieuses !

 

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  La Croix Carrel

 

Lever 7 h , départ 7 h 30, sous un beau soleil matinal ! Nous rejoignons rapidement la Croix Carrel, hommage au premier vainqueur de l'arête du Lion, décédé à cet endroit là.  Nous poursuivons jusqu'à un couloir, casque de rigueur. L'ambiance est bonne, j'essaie de faire bonne figure derrière une Anne toujours en grande forme (est il nécessaire de le préciser) Nous dépassons des alpinistes en petite forme, en croisons d'autres qui ont butés (en général vers le pic Tyndall à cause de la glace)  et sont sur le retour. Un peu de neige, du rocher pourri, et voilà le col du Lion avec vue imprenable sur la face nord !!! La pause est courte il y a du vent. Nous poursuivons vers le haut, escalade facile, puis un peu plus technique, les premières cordes fixes. Anne m'épate en les évitant soigneusement, j'ai essayé, puis me suis dit que ça serait plus simple avec.

Nous arrivons à un impressionnant ressaut vertical d'une dizaine de mètres ! On s'encorde (enfin) Anne part devant avec la même politique : pas de corde fixe. Elle commence à se plaindre , le rocher serait froid. Moi j'ai annoncé la couleur dès le départ, ça sera AVEC corde fixe. Puré le père Carrel, il était sacrément balaise !

Pendant ce temps Anne a posé le premier point, elle passe sous la corde fixe et se retrouve dans une position inconfortable, la corde au dessus de son sac. Je l'écoute pester contre la température du rocher et la lourdeur de son sac, à croire que j'ai rempli le mien d'hélium...

Elle se repose sur un point, fini, pour mon plus grand bonheur par utiliser la corde, je jubile ! Elle prétexte le sac, le froid, elle repart et sort.Quel plaisir de voir qu'elle rejoint le camp des nullos qui utilisent la corde, je ne suis plus seul !

 

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Dans les cordes fixes

 

C'est mon tour, j'attaque la paroie bille en tête, en tirant sur la corde, au premier point je suis tout essoufflé, les avant bras tétanisés. Je poursuis de point en point, le souffle court, les bras durcis par l'effort ! Moi qui pensait qu'avec la corde, c'était rando ! Je me demande même si ça n'est pas plus difficile ! Je passe devant pour la longueur suivante, plus facile et attends Anne au dessus. Le refuge est juste au dessus perché ! Un névé et le voilà. Nous pénétrons dans l'antre et 2 espagnols nous accueillent avec un Lituanien !

Nous papotons, les espagnols ont fait le sommet et sont arrivés hier à 2 h du mat au refuge... ils s'apprêtent à descendre.

le refuge est un taudis et Anne décide de remettre tout en ordre. Avec en numéro 1, gérer la vaisselle qui est nombreuse et intégralement dégueulasse ! Je file casser de la glace devant le refuge, et la mettre à bouillir, Anne se lance dans une énorme vaisselle, les gens sont des porcs ! Je m'affecte au nettoyage du reste du refuge avec dans l'ordre les tables, triage des poubelles, nettoyage astiquage puis balais, s'en suit un pliage des couvertures , tache pour laquelle j'engage le lituanien qui s'avère assez doué (jusque là, il nous avait observé un peu interloqué !)

Anne s'est attaqué au tri de la nourriture, conservant les denrées non périssables, lançant par dessus bord les produits périmés ou immangeables, laissant ainsi les choucas faire bombance au risque de s'exploser la panse !

 

Le refuge propre a un aspect coquet, mes premiers alpinistes qui arrivent sont impressionnés et Anne leur fait savoir l'état dans lequel nous l'avons trouvé et le temps qu'il nous a fallu pour nettoyer. (plus de 2 h 1/2 de nettoyage tout de même !)

tel un Cerbère elle surveille chacun afin que notre havre de paix , le reste, au moins jusqu'à notre départ ...

Et je peux vous dire que la plupart des alpinistes n'ont pas mouvetés...

 

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  Les nettoyeurs de l'extrême

On fait un peu peur

 

Voilà le repas, nous sommes nombreux, et c'est cosmopolites, des Français (des pyrénéistes pour être plus précis) des Allemands, des Espagnols, des Lituaniens, des Anglais, des Suisses... 

 

Au lit avec 1/2 comprimé  pour bien dormir, l'autre moitié étant pour Anne. Une demi heure plus tard, on se prend un fou rire, aucun de nous ne dort !!! Discretos, je prends un deuxième demi comprimé pour me rendre compte à minuit qu'Anne ne dort pas, elle non plus !Quelle efficacité, faudra que j'en parle à mon pharmacien !

Dehors on entend la pluie et la tempête... moyen, enfin, à la Meije avec Claire on avait eu un orage la nuit et le lendemain, c'était passé !

2 h, mon  Ibère voisin se lève et vient se recoucher, c'est mauvais signe...

3 heures, mon alti sonne, l'Ibère m'interrompt et me dit "lot's of snow and ice !"

Bon en gros, il a neigé et verglacé ! et pour le Cervin, c'est mort !

Anne veut aller voir d'elle même, elle revient , dépitée !

 

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  La veille  ...                                                                            ...  Le lendemain

 

5 h 30 on se réveille, j'ai annoncé à Anne la couleur, on file les premiers pour ne pas bouchonner dans les rappels !

On déjeune et on file. Tout le monde a la tête des mauvais jours , Anne la première !

dehors tout est blanc, et verglacé, c'est sûr que c'est mort !

On attaque la descente bien merdique, de la neige sur 2 à 3 mm de glace sur le rocher. Le terrain est méconnaissable et je suis mal réveillé. Je pétouille les premiers mètres. On arrive à la première corde, complètement verglacée.

Anne a déjà mis en place le rappel, elle file avec un tronche digne des grognards de Napoleon au passage de la Berezina ! " Libre" c'est mon tour, j'enchaîne, la montagne est blanchie par la neige, les crampons crissent sur le rocher en perçant la gangue de glace, il fait froid, nous sommes emmitouflés comme une hivernale alors qu'hier nous sommes montés en short !

Second rappel, avec passage du "mur" vertical ! Nous enchaînons facilement. Je stresse au rappel de la corde, je n'ai pas envie de remonter la paroie et la corde verglacée afin la  décoincer. La vue est magnifique. Au 5ème rappel (environ) nous désecaladons quelques mètres et retrouvons le col du Lion. Une porcherie lui aussi, des alpinistes ont bivouaqué là cette nuit et laissé tout en plan : bouteille d'eau, couverture de survie... Nous nettoyons le col avant de poursuivre. Anne est toujours devant, à fond, l'humeur maussade (quoique maussade, ça n'est pas tout à fait le bon terme, elle a l'humeur massacrante en fait ! )

 

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  Col du Lion

 

J'essaie de tenir le rythme avec mes ongles qui détestent la descente. cherchant vainement à retrouver la croix Carrel, nous la loupons, en venant du haut, difficile de la trouver !

 

Voilà le refuge du Duc des Abruzzes où nous opérons une courte pause (pour laisser les déchets des autres...)

Puis c'est le départ pour le col Theodule. Je pensais que nous l'avalerions mais en fait c'est super long ! Dans les montées Anne me largue, et je refais en parti mon retard sur les plats. Il y a de la distance, et c'est moche ! Oui, les pistes de ski, l'été, c'est moche ! Voilà le col, qui est très moche, c'est la graduation de la mochitude !

On bascule sur le glacier en Suisse. Glace humide, sorbet, torrent glacière, soupe.

Nous contournons la face Nord du Cervin et je crois observer son oeil un brin moqueur ! C'est vrai qu'avoir passer 3 jours sur la montagne sans sommet, c'est pas mal !

Nous rentrons penaud le long des téléskis d'été qui ne fonctionnent plus depuis un moment !

Voilà la station la station de Trockener Steg, mètre étalon dans ce qui peut se faire de plus moche ! des cailloux broyés , du béton armé en veux tu en voilà, des téléskis, des télésièges et des câbles de téléphériques. Ce coin de glacier a perdu tout son charme.

 

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Trockerner Steg : c'est moche

 

Nous prenons un dernier coup d'aspirateur à porte monnaie en prenant nos tickets retour. Et hop, dans les oeufs, puis traversée de Zermatt à pied avec pèlerinage au cimetière puis train puis stop et enfin courte marche pour retrouver la voiture !

 

Merci Anne pour ce beau périple

Et ce qu'il y a de bien, c'est que le Cervin reste dans les trucs à faire !

 

Photo

 

P1020315Le Cervin vu de Matterhorn paradise

 

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Vue de Plan Maison : l'arête du Lion

 

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le breithorn et le petit cervin

 

P1020359Coucher de soleil

 

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Coucher de soleil et lever de lune

 

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le refuge Orionde - refuge du Duc des Abruzzes

 

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Anne

 

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La Croix Carrel

 

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Sous le Cervin

 

 

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Aux abords du col du Lion

 

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La Dent Blanche, le sommet de l'été passé !

 

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Le Lion et la Dent d'Herens

 

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Dans les cordes fixes

 

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Dans les cordes devant le lion et le col du Lion

 

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Cabane Carrel

 

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Anne a encore le sourire, pas de panique, ça va passer !

 

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Les cordes du réveil

 

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les Espagnols dans la descente du refuge

 

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Nettoyage du gourbi

 

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5 h 30, il a neigé

 

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Le beau temps est pourtant là !

 

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Dent d'Herens

 

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Anne au col du Lion

 

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Trockener Steg

 

Cervin 1

Cervin 2

 

Cervin 3Cervin4

Alpinisme : Weisshorn 4508 m

Apoutsiak — alpinismeValaisZermatt4000Les 100 plus bellesAnne

La vidéo

 

 

 

 

Topo

 

AD III

 

img106-2Le topo du Guide des alpes valaisannes  Volume II datant de 1922

 

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Weisshornhütte


Depuis Randa, petit parking avant Randa à coté d'un torrent, à gauche dans un virage (parking gratuit , 3 places environ)

Départ en face de la gare !

 

Rejoindre Eien 1403 m

Remonter à Rötiboden 1970 m

Puis Jatz 2246 m

et par le sentier la Weisshornhutte 2932 m

 

De Täsch

Rejoindre le parking des bus (point 1428 m Schali) , passer le lac et trouver le sentier raide (panneaux Weisshornhütte)  qui mène au point 1727 m

Rejoindre l'alpage de Jatz 2246 m et par le sentier la Weisshornhütte 2932 m

 

Weisshorn

 

Il est conseillé de reperer la veille, attention le bon reperage est long, il faut gravir la cote 3145 m et non rester à son pied !

Rejoindre le Schaligletscher et le traverser, à flanc, d'abord en montant légerement puis en descendant.

On arrive au pied d'une paroie imposante, sur la carte ça ne se voit pas !

Tirer d'abord à gauche en traversant par le torrent : avant de rejoindre une vire 20 ou 30 m au dessus  pour tirer à drotie (cairns)

de nuit on a tendance à prendre les vires en bas à droite, et ça ne passe pas.

Un indice important : il faut avaoir les mains mouillées assez vite !

 

La vire par donc à droite puis à gauche, evident !

Point 3145 m Suivre l'eperon au mieux et gagner le haut du Schaligletscher vers 3500 m

Traverser legerement vers la gauche un névé (pour retrouver le rocher (cairn)

Remonter au mieux dans du rocher pourri mais facile pour rejoindre l'arête Est proprement dite ! Frühstückplatz 3916m

Gravir l'arête par le fil en commençant par le Lochmaterturm (plaque) (crux)

Les difficultés sont de III

C'est long.

Vers 4000 m on rejoint la neige et l'arête finale qui se gravit versant Nord (évident)

Le sommet se gravit en contournant les difficultés par la droite (mixte)

 

Carto fichier GPS

à suivre, disponible sur simple demande (formulaire contact)

 

Récit :

 

Tout avait pourtant  bien commencé, on avait même trouvé LA place de parking gratuite de la vallée...

Un petit coup de stop, et un autochtone  nous amène quasi jusqu'à Täsch nous affirmant qu'il connait, en réalité, il ne devait pas connaitre grand chose... Bon, on l'arête  pour revenir en arrière à pied et repérer un autre sentier menant à la Weisshornhütte.

 

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  "Pour l'instant , tout va bien ! " photo Anne

 

Je pars devant pour contenir Anne (voir raid à ski au Dammastock 2012, stratégie efficace, j'ai l'impression d'être en forme. Nous parlons montagne, sous le caillouteux Mettelhorn. Les 4000 de la couronne de Zermatt sont magnifiques, et sont presque tous passés sous mes crampons pour ma plus grande fierté !!!

Nous dépassons un asiatique lourdement chargé à l'alpage de Jatz puis opérons une courte pause avant le final ou Anne me passe et me largue ! Quelques moutons d'une autochtone race nous croise, voilà la cabane.

Etonnement de notre part, nous sommes seuls avec un allemant en solo en partance pour l'arête Est

Plus une famille en rando

Et c'est tout

Dire que c'est la pleine saisons en alpinisme et que la météo annonce grand beau ...

Anne part faire un reperage jusqu'au glacier tandis que je me repose.

Repas et bonne nuit, lever 3 h

 

Départ 4 h

Nous filons jusqu'au glacier, à fond, Anne me propose de couper au plus court tandis que je luis propose de suivre mon fichier GPS qui remonte le glacier avant de descendre, j'emporte la decision tandis qu'elle peste derrière moi contre  cette avancée technologique majeure qu'est le GPS !

Un peu de glace nous oblige à mettre les crampons, mais on ne se débrouille pas trop mal on rattrape l'Allemand qui a choisi de traverser au plus court... Il est en pleine réflexion au pied de la paroi 3145 m. Je décide de partir sur la droite, rapido, ça devient surplombant et infranchissable. Retour à la case départ. Notre sympathique Allemand trouve un cairn sur la gauche (perso, je ne l'ai pas vu) Nous redescendons, remontant dans un ruisseau, les mains bien mouillées sur des dalles et gagnons les fameuses vires. Le glacier a perdu une trentaine de mètres en dix quinze ans et les vires ne sont plus à fleur de glacier ! Réchauffement climatique quand tu nous tient !

 En deux coups de cuillère à pot nous sommes au dessus. Remonter d'une sorte d'éperon d'abord facile puis parfois un peu technique, ce qui est cool, c'est que quand c'est technique, le rocher est bon. L'allemand nous précède de 5 minutes environ .

 

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  A la sortie du rocher pourri photo Anne

 

Courte pause à 3500 avant de traverser un névé et de gagner les rochers pourris qui suivent. Bon c'est pourri, mais c'est facile, c'est ma spécialité. Anne trotte dans les difficultés .

Nous rejoignons la frustuckplatz ou place du déjeuner pour les non germanophones, pour la première difficulté : le Lochmatterturm. Ca passe tout seul, rocher agréable et ça se poursuit correctement, l'arête est hyper longue , du rocher, du mixte, quelques névés (bien raides surtout sans crampons), je me suis même retrouvé à califourchon sur l'arête pour progresser en sécurité. On chausse les crampons vers 3900 m pour la fin du rocher. Je suis un peu asphyxié, gros coup de fatigue, nous opérons une pause à 4100. La fin va être longue...

Je ne peux rien dire, Stéphane m'avait prévenu : le Weisshorn, c'est très long , je vais être servi...

 

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  Sortie sur l'arête de neige - photo Anne

 

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  Fatigue extrême ! photo Anne

 

il ne reste donc que 400 m , mais 400 m à 4000 m d'altitude, ça use dure ! J'essaie de prendre un rythme hyper lent mais régulier me fixant de petits objectifs atteignables relativement facilement !

on avance , devant Anne essaie de me faire un rythme correct, c'est long, l'Allemand à 3/4 d'heure d'avance sur nous, il progresse également lentement. C'est beau, mais je suis cuit, plus de souffle ni de jambes.  Voilà le mixte sous le sommet, ça passe, et voilà le sommet, sa croix, l'arête Nord, la Schaligratt. Le vent nous accueille, le froid également, nous n'allons pas traîner, on repart pour la descente, je passe devant, et progresse au mieux. à 4100 nous opérons une pause, où je dors !  J'entends dans mon sommeil le bruit de l'appareil photo de Anne qui me prend en photo, je grignote et nous repartons. Pour gagner du temps, elle me mouline par endroit, l'arête est longue, mais on progresse, on se broie un peu les mains dans  une manoeuvre à la c.. en haut du Lochmatterturm, le voilà passé. La descente de la Frustuckplatz se fait au GPS, on se perd par moment dans des combes bien merdique en rocher pourri, tout se ressemble, pour finalement rejoindre le névé à 3500 m.

 

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Descente sur l'arête


On merdouille un peu la partie suivante, ne trouvant pas quelques passages, je me pète les ongles en tapant dans un rocher , le gauche puis le droit à 100 m d'intervalle !  Je propose à Anne de rejoindre le névé et descendre en ramasse. Opération validée et exécutée sur les fesses pour ma part en réalisant une sorte de dévissage contrôlé ...

Ça descend vite mais c'est un peu fatigant. Nous voilà au point 3145 m

Anne a filé dans les vires , le torrent est énorme, il est 17 h , le glacier fond, et le ruisseau de ce matin est devenu un gros torrent.  On ne reconnaît plus rien et on décide de descendre sur les dalles, dans la flotte ! bien merdique, avec la peur de glisser sur les rochers mouillés, là, on a été servi !

 

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On rejoint le glacier

Anne veut couper tout droit, à l'Allemande, je lui propose de repasser par le haut. Elle insiste, je la suis, et on merdouille, il faut tout remonter pour retrouver notre trace du matin ! en passant par les crevasses ! Anne file devant et on arrive au refuge vers 18 h , je suis un peu explosé mais ça devrait aller ...

 

Je rentre dans la grande salle commander une bière et un coca et là, bizarrement il y a une dizaine d'alpiniste qui ne parlent pas ! Ambiance étrange !

Je propose à Anne de rester dormir ici, je connais sa réponse, elle veut enchaîner avec le Cervin. Je sais que la descente à Randa va être galère, mais si ça lui dit, si tout va bien on devrait être vers 20 h 30 21 h en bas.

 

il est 19 h quand nous quittons le refuge, mes pieds me font mal mais c'est supportable, je descends à environ 500 m / h, utilisant mes bâtons pour limiter l'appui sur les ongles de pieds et ma souffrance. Assez vite je me rends compte que je ne tiens pas le rythme, ma vitesse descente a baissé de 500 à 400 voir 300 m / h. Je sens derrière moi Anne qui peste contre mes doigts de pied fragiles à moins que ce ne soit contre un coéquipier pas au point onguleusement. Ca y est, c'est la galère, le soleil se couche, le Taschhorn et le Dom s'embrase avant la nuit, c'est à moins de 300 m / h que se poursuit la descente. Un chemin de croix, sans Simon de Sirène pour m'aider à porter ma croix, sans Marie Magdeleine pour m'éponger à mi descente. On n' a plus d'eau. Je ne parviens même plus à chanter pour me changer les idées. Il fait nuit noire à présent,je sais qu'on ne sera en bas que vers 23 h , je calcule que même en marchant lentement , on aurait été plus vite à la montée ! Anne allume sa frontale tandis que je progresse en m'aidant de son éclairage, nous croisons un animal que nous ne parvenons pas à identifier, Chamois, bouquetin, Cerf ou chevreuil ?  dans la nuit noire, seule une grosse ombre a filé. A moins de 200 m / h la descente dure une éternité, on a l'impression d'être arrivé, et ce qui devrait prendre 1/4 d'heure, prend 1 h ...

Enfin la rivière de la vallée, dans la nuit nous rejoignons la route et la voiture, il est 23 h . Nous filons au camping il faut encore monter la tente (c'est là que je regrette de ne pas avoir une tente 2 secondes de Decathlon) je file prendre une douche, et voit les dégâts : j'ai les 2 ongles de pouce  complètement défoncé et vert ! il rentre à leur base dans mes pieds, tout gonflés eux aussi. Je me couche sans manger tandis qu'Anne prend soin de se restaurer. Je crois que je me suis endormi tout de suite... Les projets de Cervin bien loin de moi.

 

 

Epilogue

Le lendemain, nous avons traversée de la Suisse vers l'Italie et le refuge du Duc des Abruzzes (le gros du trajet en téléphérique), le surlendemain nous sommes montés à Carrel avant de redescendre le 3ème jour devant la montagne complètement enneigée et verglacée ! Le jour suivant je suis allé chez le médecin qui m'a percé les 2 ongles ! un geyser de sérum est apparu (plus de 10 cm au dessus de mes ongles tout de même !), et les douleurs ont disparu lentement.

10 jours plus tard, j'ai perdu mes ongles dans l'atlantique...

 

P1020165Départ sous Castor et pollux

 

 

P1020174Lyskamm Castor Pollux

 

P1020182Les moutons autochtones

 

P1020188La Weisshornhütte

 

P1020216Pointe Dufour Monts Roses

 

P1020217Lyskamm

 

P1020220La lune avant la nuit

 

P1020230Lever de soleil sur le Fletschhorn

 

P1020234Dans les éboulis sous l'arête

 

P1020235Le Cervin

 

P1020239Sur l'arête Est

 

P1020253Panorama de compet

 

P1020255Ca grimpe

 

P1020271Sommet

Ski de randonnée : Rimpfischhorn 4199 m

Apoutsiak — Ski de randonnéealpinisme4000ValaisStephZermatt

 

Topo
 
Montée  à la Täschhütte 2701 m
En voiture, de Täsch, traverser le village et prendre à gauche une petite rue qui monte à l'Est. La suivre jusqu'à Täschalp et Ottafe 2205 m. Pour info, il y a un refuge de l'Europaweg à täschalp !
Remonter la piste de 4x4 qui longe les paravalanches de Rotbach puis la piste qui part à flanc sous la Wissgrat. Prendre le sentier qui raccourci la piste ! toujours à flanc . Par un petit sentier en lacet atteindre le refuge !
 
Rimpfischhorn
de Täschhutte remonter vers Chumibodmen (sentier quand il n'y a plus de neige !) et poursuivre vers la partie gauche de l'alphubelgletscher.
remonter vers 3450 m au "sommet" du Vorder wand.
 De là, 80 m de descente bien négociée permettent de rejoindre le glacier de Mellich à ski (Mellich gletscher)
Remonter le glacier en passant sous les 2 éperons 3550 m puis 3650 m avant de passer sous al face Nord Rejoindre le Rimpfischsattel (Crevasses... Grosses sur le haut), lieu du dépot des skis.
Vu du sattel, il y a deux couloirs,  à droite d'un gros éperon. Remonter le couloir de gauche sur les 2 /3 puis basculer à gauche vers la face Nord (III) Remonter un second couloir au mieux (relais en place à contrôler !) et gagner l'antécîme puis le sommet du Rimpfischhorn 4198,9 m par une aérêt aérienne puis des rochers faciles !
Descente
Par le même itinéraire.
ou :
Variante , pour éviter la remotnée sur l'alphubelgletscher on peut descendre  le mellichgletscher puis rejoindre la morraine et le sentier (en rive droite) passer sous le point 2731 m puis suivre le sentier à flanc avant de remonter à la Täschutte (en fait c'est pas très rentable, mais vu qu'on l'a fait, je la propose...
 
Carto Fichier GPS
 
 
Récit
 
Comme souvent, tout commence à Martigny, sur l'aire du Grand Saint Bernard. Et zou, dans la voiture de Steph avec armes et bagages, direction Täsch. On merdouille un peu pour trouver la route de Täschalp, puis remontée jusqu'à l'alpage. Position gros portage, ski sur le sac, bouffe et matos d'alpi. Heureusement, il n'y a qu'une heure de marche.  Je pars devant, et file comme le vent, la forme a l'air là ... (à suivre) Refuge en vue, marmottes à foison, tout va bien.
Dans le refuge d'hiver, c'est grand confort, poëlle, buches, eau à volonté, toilettes 3*, Rien à redire !
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Le lendemain matin, parès une nuit torride (oui, on avait mis plein de buches au couchage et ça avait chauffé... ), réveil 3 h 15 ! A 3 h 45 nous sommes en route , skis sur le sac, pour atteindre la mise en place des skis une heure plus tard. La lune nous offre un spectacle magnifique, elle, joue à saute Cervin au milieu de la nuit !
 
C'est parti pour une longue journée de ski !Il fait toujours nuit mais la lune nous éclaire bien !  Couteaux en place, une première pente un peu raide, je laisse choir mon baton (et oui, je ne suis pas trop bien réveillé) ce qui me permet de me taper une courte descent een escalier puis une motnée (et oui, il y avait des rochers à cet endroit là !)
 
On repart, les pentes sont tranquilles à présent. Je file devant petit papillon, qui, comme il se doit... papillonne ! Je fais une pause vers 3450 m en Haut de Vor der Wand (je ne sais pas ce que ça veut dire, c'est dommage ..) Steph me rejoint, on hésite puis on opte pour la traversée coté opposé pour descendre vers le Mellich gletscher. Bon choix ! Ca passe, mais la neige est hyper dure, et les virages vibrants ! Puis nous suivons des traces qui partent rive gauche, ça devient raide! je pars en éclaireur à pied. Je vois des traces de crampons en bas ! Ca doit être par là. Crampons piolet et ski sur le sac, c'est parti. Je passe devant, c'est raide (45 - 50) mais ça passe. Je trouve une longue de neige plaquée que je descends, Steph me suit à distance. Petit pas sur reglette (en crampons) ... grand pas sur reglette (là, Steph a moins aimé ! pour terminer par Grand pas sur  reglette, nappée de gravillons instables (là, il n'arien dit, mais je crois qu'il ma m'audit !) Perso, je m'en suis assez bien tiré, je coterais ça présomptueusement IV en crampon sur dale ... (peut être présomptueux)
Nous rechaussons les skis, pour voir un peu plus loin que notre passage etait parfaitement évitable ! en passant au centre de la langue glacière ! comment perdre une grosse demi heure pour faire 25 m de descente !
Ca repart, sur le grand glacier de Mellich
Ca monte doucement sous le soleil bien agréable.
Nous opérons une pause restauration sous le deuxième éperon.
Ensuite c'est sous la magnifique face Nord que nous progressons. Il faut faire la trace, nous nous partageons la tache. Et c'est Steph qui gagne le droit de passer DANS la crevasse en premier (et oui, il y a une crevasse où il faut passer à l'intérieur ! Bon il  a déjà des vielles traces et c'est rassurant, mais je trouve plutôt bien que Steph passe en premier ! Courageux mais pas téméraire en fait !  De toute façon , Steph avec ses 45 kilo, il ne doit pas lui faire bien mal à la crevasse, et ça ne garantie  en rien  un passage aisé pour moi !
Bon ça passe, c'est spectaculaire (et ça fera de belles images pour ma vidéo ;-)
La suite, c'est une remontée tranquille vers le Rimpfischsattel, le temps se couvre. On déchausse et on s'encore pour remonter un couloir à la neige inconsistante. Je trace avec parfois de la neige jusqu'au cuisse (ah oui, il faut préciser ici, que pour un petit alpiniste, je suis plutôt grand ! (deuxième précision : par la taille, pas par le talent la grandeur...) Fin de cette double précision ! et suite du récit. Bref, je progresse devant dans une neige profonde et dure à tracer. Je bagarre. Steph me signale de prendre à gauche au deux tier du couloir comme indiqué dans le topo, je pensais que c'etait au premier tiers, mais Steph a le topo inscrit dans les neurones. Et hop, un passage rocheux tout en adhérence (du IV ?) je maitrise, et Steph merdouille, c'est pas son jour, ça doit être  des passages typés GRAND ! Dans l'action il perd un gant que je vois filer sur le névé puis par dessus une barre rocheuse !  On poursuit, il passe devant pour un peu d'escalade et une traversée puis remotnée de couloir en face Nord.  Vien alors l'antécîme (je suis repassé devant ) il termine par l'arête finale et le sommet. quand j'y arrive, on est dans le brouilalrd et on voit juste l'antécîme dommage.  
redescente, Steph passe devant, je suis, on est toujours dans le brouillard. Crux de la voie, je repasse devant, joli pas d'escalade (au retour comme à l'allé ) Steph choisi un autre itinéraire qui passe également. On retrouve le couloir, ca descend rapidement dans de bonnes conditions. On finit par se décorder et se donner rendez vous aux skis !
en bas du couloir git le gant de Steph. On le récu^père et s'est parti pour la descente. On contourne la grande crevasse par le bas puis c'est la déception, on s'attendait à trouver une poudreuse légère, et la neige est diffcile às kier et crouter ensuite. Avant de devenir TRES croutée !
On décide de descendre par le glacier de mellich avant de retrouver un sentier pour le retour au refuge. On parvient à skier une neige légèrement transformée par plaque, presque agréable. 3000 m sortie du glacier, skis sur le sac, gros tas de caillou, morraine immonde, bienvenue  en mai 2012 avec du ski de rando maxi portage ! Heureusement chamois et bouquetins sont de la partie pour ega yer ma descente !
Ca roule, je surveille Steph dans le retro qu'il ne loupe pas les passages clefs !
Ensuite c'est une traversée sur sentier à flanc avant de remonter par un sentier raide vers la Täschhutte  et ses marmottes ! J'ouvre la porte,il est 18 h , -> 14 h 15 dehors ! content de retrouver notre logi, son poëlle  et son confort !
 
Photo
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