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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Acclimatation Elbrus : jour 1

Apoutsiak — expéElbrousElbrusalpinisme
Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1

Ce matin, grand beau toujours, c'est parti pour la grande aventure, nous montons en téléphérique au refuge pour 5 jours sur les pentes de l'Elbrus : objectif : parfaire l'acclimatation. Aujourd'hui, nous devons monter à 4100 m , demain à 4700 m, jeudi, repos à 3800 m au refuge et vendredi sommet si la météo est bonne ou samedi (jour de réserve en cas de mauvaise météo vendredi)

 

Première étape : prendre le matériel de location qui nous manque. Misha, notre guide, m'affirme que ma doudoune peut s'avérer trop light, ainsi que mon pantalon. Bref, je loue l'ensemble ainsi qu'une paire de surgants, les miens pas été livrés à temps...

 

On se retrouve au pied de l'hôtel et ô horreur, c'est le même pilote patibulaire que celui nous a amené depuis l'aéroport, toujours aussi peu loquace. Chacun monte tête basse dans ce qui pourrait bien être notre cercueil. Et c'est parti pour un rallye mouvementé entre notre hôtel et Terskol. Ballottés de droite et de gauche, l'estomac réalisant les même dangereuses oscillations, nous remontons jusqu'à la station de ski.

Le petit dej est remonté dans l'arrière gorge avec une facilité déconcertante... Mais tout va bien, en avalant ma salive, j'évite le pire, reste juste cette petite acidité désagréable qui va accompagner la suite de mon périple

 

Au choix, un télécabine presque neuf ou un vieux téléphérique branlant. La chance tourne, nous optons pour la première solution, des télécabines spacieux où il faut installer nos affaires, chacun à un sac à dos de 30 litres et un autre de 60 ! Il y a 3 tronçons, à chaque fois, il y faut sortir l'intégralité de notre barda et traverser jusqu'au suivant, chargés plus que des mules !!!

 

Au dernier tronçon, surprise : les cabiniers sont munis de matraques !

Ont il deviné que je voulais aller dans la zone interdite, dans la « border not allowed ». Je ne fais pas le malin. Je me vois dépenaillé en Sibérie en train de manger des épluchures de pomme de terre, de la terre noirâtre plein les ongles. Même si la Sibérie et sans doute une contrée fort sympathique, je n’ai pas envie d'y croupir le reste de mes jours.

 

Et là, vous vous dite : pourquoi la matraque ? Je me suis posé la même question.

Différentes hypothèses s'offrent à nous :

  • Pour faire avancer les skieurs / randonneurs pas assez rapides, ce qui éviterait de ralentir le trafic.
  • Pour éviter toute manifestation du peuple Russe, même en altitude.
  • Pour péter la gueule au premier chamois qui passe (oui la matraque peut aussi servir à ça)
  • pour battre son linge à l'ancienne (mais vu la gueule du propriétaire, je doute qu'il fasse ses lessives (d'autant plus à l'ancienne)

Bref, je n'ai pas osé demander la raison de la présence de cet instrument à cet altitude.

 

On a poursuivi jusqu'au dernier tronçon. Le bin'z intégral : des refuges faits avec des containers, à tout de bigouin (mot à trouver dans le dictionnaire des régions méconnues), des dameuses, des motos des neiges (appelées snow-mobile  ici)

On descend à notre refuge qui ne ressemble à rien, une bâtisse de parpaing juste en dessous du téléphérique, romantique à souhait ! Qu'est ce que je fais ici ? Doute. Heureusement, l'intérieur du refuge est impeccable, le gardien va même s'avérer maniaque du nettoyage : On ne pause pas son sac n'importe où, on met ses chaussures à un endroit exact . A chacun de nos passages, un coup de balaie ( et il y avait du boulot, dehors, c'est un mélange de neige de glace et de terre qui fond la journée !)

 

On s'installe puis on file pour la première journée d'acclimatation sur zone. Objectif : un mémorial Russe...

 

On traverse la gare de télécabine puis les snowmobiles rangés un peu partout pour finir par les dameuses (snowcats) ! C'est moche d'autant plus qu'au dessus, il y a pleins de moches containers refuges installés partout, Les motoneiges vrombissent, te balancent de la neige humide dans les guiboles, mon rêve ! Les dameuses transportent les touriste russes. On peut dire, je pense , que c'est n'importe quoi...
 

Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1

On a poursuivi jusqu'au dernier tronçon. Le bin'z intégral : des refuges faits avec des containers, à tout de bigouin (mot à trouver dans le dictionnaire des régions méconnues), des dameuses, des motos des neiges (appelées snow-mobile  ici)

On descend à notre refuge qui ne ressemble à rien, une bâtisse de parpaing juste en dessous du téléphérique, romantique à souhait ! Qu'est ce que je fais ici ? Doute. Heureusement, l'intérieur du refuge est impeccable, le gardien va même s'avérer maniaque du nettoyage : On ne pause pas son sac n'importe où, on met ses chaussures à un endroit exact . A chacun de nos passages, un coup de balaie ( et il y avait du boulot, dehors, c'est un mélange de neige de glace et de terre qui fond la journée !)

 

On s'installe puis on file pour la première journée d'acclimatation sur zone. Objectif : un mémorial Russe...

 

On traverse la gare de télécabine puis les snowmobiles rangés un peu partout pour finir par les dameuses (snowcats) ! C'est moche d'autant plus qu'au dessus, il y a pleins de moches containers refuges installés partout, Les motoneiges vrombissent, te balancent de la neige humide dans les guiboles, mon rêve ! Les dameuses transportent les touriste russes. On peut dire, je pense , que c'est n'importe quoi...

Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1

On rejoint un plateau, vue sur le sommet, devant, une trace de dameuse monte jusque sous le sommet ouest, à plus de 5000 m. Tu peux même y monter en snow-mobile pour faire le sommet : 900 m de dénivelé en moins. Vue du bas, ça fait une trace directe et droite vers les cimes. Vu de prêt, à certains endroits les snow-mobiles font accélérer la fonte de la neige, et tu as des lacs de glace (artificiels) créés par les machines, dans la journée, ça se transforme en mélange d'eau et de glace...

 

Pas très vendeur, me direz vous, c'est vrai, mais le sommet est attirant et les montagnes alentours superbes ! J'ai presque plus envie de les gravir, plutôt que l'Elbrus. De magnifique faces Nord, des glaciers, des séracs, malheureusement, je ne suis pas venu pour ça, et pas mal de sommets sont sur la "border not allowed" : la frontière interdite.

 

Après le plateau, on remonte une zone cradouille, nouveau plateau, encore des refuges, placés ça et là, je comprends qu'en pleine saison, 400 ou 500 personnes montent au sommet chaque jour !!! A la queue leu leu.

 

Misha nous fait faire des pauses. Acclimatation oblige. D'autant plus que le groupe n'a pas un état de forme homogène. Victor et Catalin marche un peu moins vite, tandis que Rachana et moi galopons... Merci les volcans du Mexique !

Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1

Une petite traversée vers une arête morainique, Misha s'arrête à 50 m du sommet. Tout le monde arrive. Je demande à Misha si je peux aller au sommet. Il valide, je pars, un peu de neige et 2 pas d'escalade, 5 minutes plus tard je suis sous l'étoile soviétique du mémorial. Tout le monde enquille, j'aide certains à grimper, et nous voilà tous en haut pour la photo souvenir !

 

Bon ça dure un plus longtemps que prévu, notamment pour Victor et Catalin, l'un fait des photos pour ses sponsors tandis que l'autre photographie pour son compte instagram en noir et blanc.

 

Rachana, Misha et moi sommes en train de faire la sieste plus bas lorsque les 2 fans de réseaux sociaux quittent le sommet.

 

On mange, on sieste, et on repart vers le bas, au milieu des Motoneiges qui vrombissent des des dameuses.

 

Retour au refuge assez rapide.

 

Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1

Je décide d'aller courir, pour me dégourdir les jambes, mon corps réclame encore un peu d'action. Tenue de trail, et je repars pour descendre à la station de téléphérique inférieure. Quand je croise des gens, je les salue (« Priviet ! » ) Mais c'est un peu trop réussi, et les gens, à chaque « Priviet » commencent à discuter avec moi sans discontinuer... Et malheureusement, mes un an de Russe en seconde ne m'ont pas laissé assez de souvenir pour entretenir une conversation ( je sais juste lire les mots sur les publicités avec difficulté) Je passe mon temps à essayer de leur expliquer que je ne par le pas Russe, mais vu que rares sont les Russes qui parlent Anglais... Dialogue de sourds …

 

Je me fais donc la descente à la station 400 m en dessous avant de remonter, bien raide, un vieux camion Russe 4X4 me passe devant, défonçant un peu plus la piste. La remontée se fait en marchant vite, difficile de courir vue la pente. Et je retrouve le refuge, pour le coucher du soleil, magique. Misha nous promet un renard.... qui ne vient pas !

 

 

 à suivre

Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1
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Acclimatation Elbrus : jour 1Acclimatation Elbrus : jour 1

Acclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peak

Apoutsiak — expéElbrusElbrous
Acclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peak

 

Arrivés au Snow Leopard hôtel, mes guibolles me démangent

je prends a plus belle tenue de trail et je pars courir dans Tersko

Malheureusement, le sentier que j'ai entré dans ma montre GPS n'est pas bon, il traverse une zone militaire. Je la contourne, me fais agresser par 2 chiens, bon au final c'est moi qui ai gagné. Je perds la trace, je tourne en rond, je finis par choisir un sentier qui semble monter vers un petit sommet. Je traverse un zone de fermes faites de bric et de broc. Des moutons au large et quelques taurillons. Une fois passé je remonte la large piste de 4X4, la vue est belle, ça me fait du bien de courir. J'enquille les lacets et je croise une famille Russe, on discute un peu (enfin je discute avec la fille qui est la seule à parler anglais) je poursuis jusqu'à un belvédère avant de redescendre, la vue sur les sommes alentours est chouette. Je retrouve l'hôtel, et le groupe avant le repas.

 

Au programme de demain l'acclimatation sur le Cheget.

 

(pour info, j'apprendrais un peu plus tard, en questionnant Misha, que la barrière était en fait la clôture d'une zone  militaire appartenant à une troupe d'élite, le Goulag n'est pas passé loin ...)

 

...

Acclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peak
Acclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peak

Petit dejeuner à 7 h 30 avec le groupe. Il est rigolo notre groupe : le guide Misha est Russe, Cataline est Roumain, Victor est Mexicain et Rachana est Hindoue... Le monde entier au pied de l'Elbruz. Nous parlons Anglais, sauf Victor et moi qui parlons Français (nous sommes dans la même chambre) Victor a vécu 8 ans au Québec.

 

9 heures, tenue de rando, on file dans Terskol pour rejoindre le pied des remontées mécaniques. Et c'est parti, au départ tout le monde est dans les pas de Misha, il faut faire bonne, puis chacun prend son rythme. Je suis souvent devant avec Rachana, Victor et Cataline sont derrière et Misha tente de faire le joins entre l'avant et l'arrière. Au dessus de nous un joli sommet avec un glacier presque en Z. Il culmine à plus de 4000 m mais est interdit d'accès. Les tensions entre la Russie et la Géorgie sont bien présentes et une bande de 5 km est un no mans land... Il est pourtant bien attirant ce sommet.

 

On voit pour la première fois l'Elbruz. Imposant, mais techniquement facile à mon avis. Un grand glacier un peu trop plat permet d'accéder au sommet.

On opère une première pause dans un virage ou la vue est superbe, puis une seconde un pu trop proche à mon goût un peu au dessus, à l'arrivée d'une remontée mécanique. Victor et Cataline sont dans le dur.

 

On repart vers le haut, l'Elbruz se dévoile complètement, avec ses énormes glaciers. On parvient en haut de la seconde section du télésiège une place ! Misha m'explique qu'il est interdit d'accéder au sommet réel, encore cette frontière Russo Géorgienne. Il y a même une cahute pour surveiller d'éventuels récalcitrants. J'avoue que j'aurais bien aimé au mois monter sur la première antécîme mais bon. Je n'ai pas trop envie de me retrouver dans un goulag en Sibérie pour avoir voulu accéder à un sommet de 3400 m...

 

On pique nique sur la terrasse d'un café. On se fait une tonne de photos, surtout Victor, qui a des sponsors, et qui doit rendre des comptes. CA prend du temps.

Acclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peak
Acclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peak

Et on attaque la descente. Je papote avec Rachana, qui prépare une école d'officier de l'armée Indienne, elle a déjà fait plusieurs 6000 m . Elle doit faire la moitié de mon poids et galope sur le sentier. Elle voyage pas mal et adore la montagne.

 

La descente se poursuit,Cataline, qui montrait des signes de faiblesse, nous passe devant d'un coup, je lui demande ce qu'il a mangé... Victor a mal aux genoux et descend lentement, le groupe se reformera quand nous arriverons à Terskol.

 

La suite c'est : petite sieste puis essayage des fringues d'altitude (des duvets pour l’Everest!) je pars ensuite en reconnaissance d'une éventuelle balade pour me rendre compte qu'il n'y a pas de pont ! Alors que ma trace GPS travers un torrent... Il faudra se mouiller les pieds... C'est pas gagné … D'autant plus qu'à tout les coups mon projet est en zone interdite...

Elle commence à me saouler cette guerre... Je l'avais pourtant bien dit : "la guerre, c'est pas bien !" (la faim dans le monde non plus mais ça me touche moins quand je fais l'Elbruz)

 

Je reviens à l'hôtel écrire ces quelques lignes, mon spotify réglé sur Sting.

 

Demain départ pour la grande aventure, on ne redescendra pas avant 5 jours et le sommet, Inch Allah.

Acclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peak
Acclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peakAcclimatation pour l'Elbrouz : Cheget peak

Bons baisers de Russie

Apoutsiak — expéhumeurElbrousElbrus

Le chauffeur a le pied enfoncé sur l’accélérateur, un bon vieux rock Russe sort des Hauts parleurs dans la chaleur du Caucase.

Au fond du van, les cancres, on est secoué par le pilotage à la Russe du véhicule

L’Hindoue devant moi a la tête qui bascule, sa tête vient parfois heurter la vitre du van, ça émet un gros « bang » et forcement la réveille. Katalina, le Roumain, à sa droite, baffré de friandises alors que j'ai le ventre vide, dort du sommeil du juste. Victor, à ma droite, l’œil vitreux, le décalage horaire, ça n'a pas que du bon ; s'enfonce doucement dans le siège tandis que notre chauffeur achève un nouveau dépassement, plus que limite. Nous ne devons notre salut qu'au bon vouloir des autres usagés de la route. Espérons que le Dieu Orthodoxe nous soit favorable.

 

Bienvenue en Russie

.

Revenons en arrière, 12 heures plus tôt aéroport de Zurich, à l'enregistrement, je sais que ça va être limite, le poids maximum des bagages est de 23 kg, j'ai pré pesé à la maison... prêt de 22 kg, pourvu que la balance n'aie pas fait d'erreur. Ça passe. Puis c'est le classique, passage par les rayons X, la douane puis l'attente du vol.

 

L'avions est là, je traverse le long couloir d'accès, et pénètre dans l'habitacle. Ô mon Dieu, les hôtesses sont magnifiques. Superbes, longilignes, de belles brunes à l 'uniforme impeccable, un calot bleu sur la tête aux couleurs de l'aéroflot. La faucille et le marteau sont encore présents sur les armoiries ! Des avions de chasse dans un avion de ligne … ( la phrase n'est peut être pas hyper classe) J'avance, je croise Ludmila, puis Julia, mon regard croise le sien, et s'enfonce jusqu'à la rétine. Je plonge dans l'océan de son iris, je nage, il n'y a qu'elle et moi, la terre peut s'arrêter de tourner ! Je suis pétrifié, l'explosion du Vésuve n'aurait pas fait mieux. Je reste la , coi, à bafouiller quelques mots d'anglais, sans réel sens. Quelle beauté, tout est harmonieux, ses yeux, sa petite bouche au rouge à lèvre délicatement posé, ce visage parfait, la coiffure en chignon, le calot apporte une touche « années 40 »... J'adore.

Bon, sous la poussée des autres passagés, mécontents et pressés de décoller, il me faut bien avancer, je suis au fond de l'avion, le voyage va être long, mais il commence vraiment bien !...

 

L'avions finit par décoller, fait 3 petits tours au dessus de Zurich avant de prendre la direction de Moscou.

Je ne parviendras pas à faire une phrase correcte en Anglais durant tout le vol. Bafouillant à chaque fois des mots difficilement compréhensibles.

 

 

3 h plus tard nous atterrissons en Russie,

Je sors de l'avion en croisant à nouveau son regard

« Googbye sir » me lance t 'elle avec un joli sourire.

J'espere juste que ça ne soit qu'un au revoir et pas un adieu

La vie est cruelle...

 

Après avoir changé de terminal, je m'offre une petite nuit grâce à mon duvet et à mon karimat gonflable (oui, il est 3 h à mon arrivée). La voie du micro appelant les passagers en retard me réveillant malheureusement régulièrement.

7 h, je plie mon campement et me retrouve dans le vol pour Minerale vodie au nord du Caucase. Les hôtesses sont toujours aussi jolies, je vais finir par m'habituer. Et 2 h plus tard on atterri dans le toute petit aéroport. C'est plat, pas une montagne à l'horizon. Est on au bon endroit, on est sensé faire de l'alpi à 5000 m à 3 h d'ici. Une fille de l'agence m'accueille, je récupère mon gros sac North face tandis que Cataline , le Roumain, n'a pas la chance d'avoir le sien, il prendra sans doute le vol suivant... On retrouve Michal notre guide, puis Victor le Mexicain et l’Hindoue dont je n'ai pas bien compris le prénom. (en fait elle s'appelle Rachana)

 

Le chauffeur nous embarque pour un voyage que vous avez déjà lu au début

Les kilomètres défilent

Le soleil est là

la chaleur aussi

 

Bons baisers de Russie

 

à suivre...

Bons baisers de RussieBons baisers de Russie
Bons baisers de RussieBons baisers de RussieBons baisers de Russie

Vidéo : Pico de Orizaba 5632 m Mexique

Apoutsiak — Mexiquevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

et nouveau record d'altitude...

Portfolio : Trou de la Mouche

Apoutsiak — portfolio

Portofolio : Mont Blanc - arête des Bosses

Apoutsiak — portfolio
Sur l'arête des Bosses - Mont Blanc

Sur l'arête des Bosses - Mont Blanc

Portfolio - Les Droites

Apoutsiak — portfolio

Portfolio Biancograt

Apoutsiak — portfolio

Portfolio Aiguilles du Diable

Apoutsiak — portfolio
Yannick Graziani - aiguilles du Diable

Yannick Graziani - aiguilles du Diable

Portfolio Piz Bernina

Apoutsiak — Berninaportfolio
Piz bernina depuis le Piz bianco

Piz bernina depuis le Piz bianco

Quand le soleil vient se coucher pile entre le Cervin et la dent d'Herens

Apoutsiak — portfolioMonts Roses
Vue depuis la cabane des Monts Roses

Vue depuis la cabane des Monts Roses

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Apoutsiak — Mont BlancMassif du Mont BlancfamilleLouisalpinisme4000
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

J'avais déjà emmené ma petite femme au sommet du Mont Blanc.

J'y suis retournée avec Louis, mon fils, 16 ans et une farouche volonté de parvenir au sommet !

 

vidéo :

Topo

 

Le topo complet est disponible dans l'article : Le Mont Blanc en amoureux

Pour information, partants du Mont Lachat, nous sommes montés par les Rognes, ce qui était une mauvaise idée en début de saison. De gros névés raides et expos rendent la rando bien technique (passage le plus technique sur l'ensemble de toute la course !!!)

Noius sommes redescendus en VTT (montés en tramway) Possibilité de les mettre dans le Tramway seulement dans le premier train le matin, impossibilité de monter les VTT au dessus de Bellevue. Descente par les pistes au plus tard (avec les sacs d'alpi)

Bellevue

Col de Voza

Bionnassay

Saint Gervais

Le Fayet

Excellente solution qui éite d'avoir à attendre le train (+600 m de descente si vous compter monter en train au Nid d'Aigle

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Récit

Louis veut depuis longtemps  "faire" le Mont Blanc. Il a déjà gouté aux joies de l'alpinisme en gravissant quelques jolis sommets (Aiguille du Tour - aiguilles Crochues, Rosablanche...) il a même déjà gravi un 4000 il y a 3 ans : la Punta Giordani (toutes notre petite famille s'est retrouvée au sommet )

 

Première difficulté, trouver une place au refuge du Gouter alors que j'ai loupé la vente des places... Bref , je me connecte bien régulièrement à la centrale de réservation et finit par dégoter 1 place... Pour l'instant, je suis bon pour bivouaquer au dessus du refuge... Je passe les 3 journées suivantes avec le doigts sur la touche F5 de mon ordinateur, la sueur perlant sur mon front, la tendinite du fléchisseur du doigt menaçant. Lundi, 6 h 45, elle est là, LA seconde place. Je me retrouve avec mon smartphone en main, rentrant mes coordonnées et priant que la place ne soit pas vendu pendant mon achat (pire qu'un concert de U2 au stade de France) Arrive la question du Captcha, mes yeux d'ancien ne parviennent pas à bien distinguer les lettres et les chiffres savamment mélangés. J'essaie, mais ça ne valide pas. C'est un torrent de sueur qui coule de mon front, Stressomètre au maximum, je finis par réveiller Marie, ma fille, qui, du premier coup parvient à valider le code ! J'ai la seconde place!!!, Adieu bivouac galère, adieu portage odieux, à moi le confort extrême du refuge du Gouter.

Jeudi, une idée, un plan, plutôt que de galérer à prendre le train à la descente, pourquoi ne descendrions nous pas en VTT, il suffit de les mettre dans le train à l'aller, de les cacher en haut, de les récupérer et de redescendre par les pistes vers le Fayet. Ce qui éviterait d'attendre le Tramway du mont Blanc des heures à la descente !

Je consulte rapido la carte, ça a l'air de passer

Je téléphone à la compagnie du mont blanc à Saint Gervais pour savoir si c'est possible. 2 personnes me le confirment mais uniquement pour le premier tramway, ça tombe bien, c'est celui que nous souhaitons !...

Le sac est préparé, on stocke les deux gros VTT dans la 207 SW, ça tient juste avec les sacs et on file Sallanches pour une petite nuit d'hôtel (mauvaise pour moi). On pèse les sacs, juste pour voir, le mien, c'est 14 kg sans la corde, celui de Louis c'est 7 kg (sans le pique-nique).

Réveil vers 7 h, bon petit dej avant un petit quart d'heure de route. Il faut remonter les VTT, on se rend compte que le mien n'a pas de frein avant, et que celui de Louis n'a pas trop de frein arrière ! trop tard pour réparer, on verra bien.

Je prends les places, je précise qu'on a les VTT. je vois bien une bonne femme dans l'estanco qui fait la tronche. vous ne monterez les VTT à la dernière station que s'il y a de la place, sinon , c'est arrêt à Bellevue ! Étonnant, hier au téléphone, ça ne m'a pas été précisé. OK.

Je fais quelques tours du parvis de la gare, trop heureux de mon plan foireux ! Je papote avec un guide des Ecrins sympathique de la liste de matériel imposée par arrêté municipale par le trop médiatique maire de Saint Gervais, flûte on n'a pris qu'une paire de gant de rabe alors qu'il en faut 2 par personne. Le guide, lui n'a pas pris les masques (oui, la météo est annoncée bonne demain) On en rigole. Non monsieur Peillex, je ne suis pas pour cette montagne réglementée. Merci tout de même de prendre soin de notre santé !

On se retrouve dans le train, presque seuls dans le Wagon. A Saint Gervais, il se rempli un peu plus. Puis lentement la Crémaillère nous monte, lentement, très lentement. C'est long. Je fais la description à Louis : le col du Tricot, l'arête du Tricot, l'aiguille de Bionnassay, son arête qui mène au piton des Italiens. L'aiguille du Gouter se dévoile. Le col de Voza.

Direction Bellevue, pourvu qu'il n'y aie pas trop de monde.

Le train décélère, je calcule rapido que le nombre de personne sur le quai tient dans le train, ça doit être bon, il y a du monde, mais ça devrait jouer !

"Bellevue" annonce le "cabinier" (je ne sais pas comment ça s'appelle)

"Les VTT descendent !"

J'ai mal entendu !

Je me lève pour discuter

J'ai téléphoné hier, j'ai expliqué que je voulais monter jusqu'au Mont Lachat, il ne devait pas y avoir de problème... J'ai eu au téléphone deux personnes de la compagnie du Mont Blanc !

"Vous descendez les VTT"

Je tempête, j'argumente, j'explique, rien n'y fait, le butor est buté !

"Je ne prends pas la responsabilité de vous monter plus haut !"

Quelle responsabilité ? Je ne lui ai rien demandé !

Le monde monte... La pression augmente.

J'entends les employés discuter "On ne fait pas repartir le train tant qu'il y a les VTT à l’intérieur !"

Je sais que c'est mort pour nous, et je n'ai pas l'âme d'un gueulard (pourtant, ça mériterait !)

Je négocie de nous laisser le temps de garer les VTT avant de faire repartir le train. Une employé nous propose de les installer face à la cahute de la gare. On se précipite pour ne pas faire perdre trop de temps au train. La loose. On attache les 2 vélos à une barrière. On ne trouve pas le second cadenas, tant pis, un devrait suffire. J'essaie de calculer le dénivelé supplémentaire à la descente à pied : + 300 m qui viennent déjà s'ajouter au 300 entre le nid d'Aigle et le col du Mont Lachat. Soit 600 m de marche supplémentaire à la descente. Ça va être chaud !

Le train repart, on a perdu nos places assises dans la négociation, les VTT restent là, je suis amèrement déçu. Dommage, on fera avec.

La gare du col du Mont Lachat arrive.  Un petit soleil du matin nous accueille.

L'aventure peut commencer. (enfin)...

 

 

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Et zou, dans la file, d'abord en direction du Nid d'Aigle puis je bifurque vers la gauche, un type me dit : "C'est le chemin des Rognes" Ben oui, c'est mon but, d'autant plus que logiquement, il est interdit de remonter par les rails entre le Mont Lachat et le Nid d'Aigle... Mais tout le monde y passe.

En plus, ça faisait longtemps que je voulais monter par les Rognes.

On part à gauche donc, sur un sentier qui grimpe bien. En dessous de nous, un gros groupe de randonneurs nous suit, suivi d'un autre. Louis a la gambette légère, il galope sur le sentier. On papote et ça grimpe. On traverse des zones d'éboulement monstrueux où le sentier est recouvert de centaine de mètres cubes de roche... On monte tout en espérant qu'il n'y ai pas trop de neige. Le risque c'est que ça soit trop exposé et qu'il faille redescendre  pour reprendre en bas le chemin du Nid d'Aigle. Et plus on monte, plus le "rebroussage" de chemin serait long.

La neige s'approche. On part pour une première traversée expo, un névé raide à remonter puis à traverser sur la gauche. Ne pas s'en coller une, il y a de bonnes traces mais la chute est interdite, une pente à 45-50° sans fin ! On sort les piolets. Et on avance.  La traversée est réellement impressionnante, je surveille Louis du coin de l'oeil, tout se passe bien. Louis trouve un appareil photo entre un rocher et le névé. Étonnant. il le récupère , on poursuit (histoire de l'appareil photo en fin d'article)

On se retrouve au sec, sur du rocher mais toujours expo. Le sentier est parfois apparent, parfois il disparait sous la neige. Quelques vires équipées de câbles. on suit une trace dans le névé, puis plus rien. hésitation, petit point GPS, ça part sur la droite, deux choix, soit on met les crampons et on travers un névé exposé, soit on redescend pour trouver une hypothétique sente. J'opte pour la première solution. Puré, les Rognes, c'est chaud. on dépense une énergie folle. Je trace la traversée. Louis galère derrière, le soleil tape, la pente est raide, très raide. Il faut assurer chaque pas (on ne le sait pas mais un accident a eu lieu ici même il y a 48 h... Je rejoins un rocher et Louis vient à moi, on retrouve la trace, ouf, c'est plus facile, un névé, une échelle et voici le col des rognes, enfin, on a perdu 1 h , les autres cordées sont loin devant !

Pause

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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On repart sur les grands névés puis le bon sentier qui permet d’accéder à hauteur de Tête Rousse, on papote et on avance bien sur cette portion enfin facile.

Pique nique  près de la baraque de Tête Rousse. On met les crampons, on sort les piolets et on repart sur le glacier de Tête Rousse. Un long plat, une petite remontée merdique, un pas d'escalade, voilà le Grand Couloir, également appelé couloir de la mort, ça veut tout dire. Peu de monde, couloir en neige, top départ. Traverser rapidement sans courir, ça n'est pas la peine de s'en coller une. Traversée sans histoire, on enlève les crampons de l'autre coté. Un guide, file des médicaments à un couple de médecin, lui est malade, sans doute la mal des montagnes, l'envie de vomir, le guide à la pression, prescrire des médicaments à un médecin, c'est pas mal. Vu la tête du praticien, je doute qu'il arrive au Gouter, j'entends le guide l'encourager, mais un longue progression me semble peu probable. Je leur souhaite bon courage et on file. C'est parti pour 2 h de grimpette sur l'éperon le long du grand Couloir. D'abord les câbles puis la petite épaule, on contourne la base de l'éperon par la droite, plus facile, mais plus gravilloneux, puis ce sont les pas de 2 sur l'éperon. On progresse, on croise quelques cordées. C'est long mais on progresse, je commence à connaître les subtilités de l'itinéraire, je reconnais parfois certains passages. Voilà enfin les cables de la fin et le refuge du Gouter. on remonte vers l'arête, on traverse et on fait une pause "snap" pour lui, pause qui rencontrera un grand succès. Et voilà le nouveau refuge du Gouter, archi complet ! pas une place pour s'assoir, pas une place pour ranger son matos, une humidité à 125% dans la salle du bas. L'avantage c'est qu'on n'y reste pas, je monte pour l'accueil, puis Louis s'installe pour la nuit pendant que je prépare le matos pour demain. Je lutte contre la sieste. puis on file manger. A notre table, je retrouve le guide de ce matin, Claude, et son client. Claude a gravi 739 le Dôme ou la barre des Ecrins. Je calcule mentalement... Et ça fait plus de 4 ans de sa vie passés sur la montagne ! record mondial sans doute. On passe une bonne soirée avec deux pompiers de Paris, Claude, son client Mathieu.

Le repas terminée, c'est les dents et au lit !

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Pour une mauvaise nuit - 8 h 30... 9 h... 10 h ... 11 h ... j'opère une sortie pour me dégourdir les jambes ... 1 h 40, les premiers guguss se lèvent, alors que la porte du réfectoire n'ouvre qu'à 2 h ! à moins 5 on se lève, on s'habille, on file dans la cuisine pour un petit déjeuner continental !

2 h 45 on quitte le refuge. Tout le monde est devant la porte, finalement on s'encorde rapidement et on se retrouve devant tout le monde. Il y a juste 3 cordées déjà bien hautes sur le Dôme du Gouter. Derrière nous une file de frontale, magnifique. La lune est presque pleine, elle éclaire le sud de la montagne, projetant nos ombres vers le nord. Les frontales finissent par se rapprocher et nous dépasser, pas grave. Je monte à mon rythme, lent et efficace, je ne souhaite pas faire sprinter Louis, je veux qu'il garde des forces. On avance bien, même si les autres progressent plus vite. L'épaule du Dôme est atteinte, j'y perd un crampon. Je commence à en avoir mal de ces crampons camp. Je remarque que la barre du dessous se tord. En fait, plus tu les perds, plus tu les serres, plus la barres en dessous se tord et tu continues de les perdre. Bon à plat ça n'est pas trop grave... C'est des crampons qui ne doivent servir qu'à rester dans le sac des skieurs alpinistes comme matériel obligatoire ...

Je repars, on se retrouve dans le trafic à l'approche de Vallot, ça bouchonne un peu, mais la trace est déjà raide, ça n'est pas la peine de se mettre dans le rouge, je reste sagement derrière. Et voilà Vallot, jolie pause pour mettre la doudoune, tandis que Louis ajoute une polaire.

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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On mange un peu et on repart. On se retrouve rapidement dans un petit bouchon dans le premier raidillon. Ca passe, on finit par passer tout ce petit monde, zou , une bosse, celle du dromadaire, je ne sais pas, je n'ai jamais su si c'était la première... Et on enquille la seconde (celle du chameau ?) C'est magnifique, on éteint les frontales, le soleil se lève, ça rosit assez vite, le temps d'une photo  et on repart. ça grimpe, on se retrouve derrière une cordée d'Italiens, ils avancent à fond puis s'arrêtent, essoufflés et repartent... On se rapproche d'eux sans jamais les reprendre. Voilà la crevasse de 4650 m, elle est bouchée, une tranchée profonde permet de la remonter. Au dessus on tombe sur l'ombre du Mont Blanc, une magnifique pyramide noire qui part vers l'ouest.  On finit par rattraper les 2 italiens, l'Italienne me lance good job.

Je sais que j'ai la bonne méthode, marcher lentement, mais sans s'arrêter. Il ne doit rester que 3 ou 4 cordées devant, on a dépasser tout le monde...

Dernier raidillon, puis c'est l'arête finale, longue, très longue. Plus longue que dans chacun de mes souvenirs, le Mont Blanc sait se faire apprerecier. Je sais que Louis derrière est au maxi, mais on avance, la pente diminue et on rejoint les autres cordées.

Yeeeessssss !

Louis me lance, "j'suis mort, j'veux descendre en parapente" en souriant.

il a raison, la voiture est 4200 m plus bas (dont 3000 à faire à pied), mais ça on ne l'a pas encore calculé...

Il se pause. je mitraille.

Le temps est beau.

Je profite

J'adore venir au Mont Blanc en famille !!!

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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On saute une dernière fois avant de repartir.

L'arête, Louis toujours poli, s’arrête pour laisser passer les cordées qui montent. J'avoue que je préférerai qu'il fasse sa manœuvre au dernier moment histoire de ne pas perdre trop de temps, on repart, on repasse la crevasse, on croise beaucoup de monde... Louis montre des signes de faiblesse, quelques maux de tête et l'envie de s'arrêter tout le temps. Rapide diagnostic : petit mal des montagnes couplé avec une trop petite nuit, j'ai déjà vécu ça, on dormira au refuge... La descente va être longue, il faut éviter de s'arrêter tout le temps.

Je repasse devant sur les bosses pour donner le rythme dans les montées. et reprend ma place à l'arrière quand ça descend, tout en le motivant ! On rejoint Vallot ou l'on se pause un peu. Louis fait une petite sieste. Je l'averti que la remontée à l'épaule du Dôme ne va pas être amusante... On descend au col, il trouve débile que j'ai bivouaquer là, sans tente, il y a quelques années... C'est vrai que l'endroit est austère et un peu inquiétant... La remontée, comme annoncée , est galère Je reprends la tête pour donner le rythme, et on progresse, j'encourage, je donne des indications, enfin l'épaule, ouf ! Et ça redescend, Louis opte pour une technique peu académique, sur le cul, en levant les crampons, et il glisse sans trop se fatiguer (et en s'amusant), l'important c'est que l'on avance. Et Louis se laisse glisser.  Bon on se fourvoie et on passe à droite des séracs au lieu de passer à gauche, bilan, une grosse crevasse à traverser et des séracs un peu au dessus de la tronche un peu désagréable, on retrouve la trace plus bas. Il y a plein de monde qui montent, c'est presque incroyable !

Un petit coup de cul bien géré et rejoins le refuge où on grignote. Je sieste allongé par terre dans la salle à manger, Louis dans ses bras sur la table.

il faut repartir, on rejoint nos amis pompiers à l'ancien refuge du Gouter. La descente est lancée. Il faut croiser, se faire dépasser, gérer, sans faire tomber de pierre

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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il faut repartir, on rejoint nos amis pompiers à l'ancien refuge du Gouter. La descente est lancée. Il faut croiser, se faire dépasser, gérer, sans faire tomber de pierre. On progresse, lentement, mais on progresse vers le bas. On se retrouve derrière une Autrichienne jeune et jolie. Le fils ressemble au père, son sang ne  peut mentir, il semble intéressé, mais ses jambes ne peuvent soutenir le rythme imposé par la Teutonne. J'ai bien senti la légère accélération. Je l'ai pourtant motivé, un bon pretexte pour avancer. Mais rien n'y a fait, la cordée de Casques à pointes nous a largué lentement mais surement. Quand on arrive au Grand Couloir, plus trace de l'être aimé. Seule une larme perle et coule sur la joue de Louis.

 

Au Grand Couloir, on s'est fait un peu  grillé....  On a rejoint les pompiers, qui partent quand on arrive. On met les crampons, c'est fait, une cordée arrivée du dessus, déjà en crampons ;-S ... En face deux cordées sont arrivées et s'engagent, on les laisse passer alors qu'on était là avant ! ils progressent en courant  au risque que l'un d'eux tombent !!! je scrute le 3ème de cordée qui galope à perdre haleine. Une fois les deux cordées passées, ceux de notre sens nous passent devant ! Bon ben faut encore attendre notre tour. Dès qu'ils sont passés, on part et on passe sans encombre. Le couloir du Gouter aura été clément !

En face on se mange un peu de désescalade puis on rejoint le glacier de Tête Rousse ou on se fait un petit toboggan avant la pause pique nique où on rejoint nos pompiers préférés.

 

 

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

C'est reparti pour la tranquille descente de Tête Rousse, Louis ralenti. Il a mal aux genoux. La fatigue s'accumule. La fin va lui paraitre longue. La grosse blague c'est de lui faire croire que l'on va descendre par les Rognes, mais il n'est pas dupe ! Un petit coup de névé, nous voilà au niveau des Rognes pour basculer vers le Nid d'Aigle, très enneigé. Louis glisse sur les fesses, je le fais quand c'est raide, sinon je ramasse.  On avance toujours lentement. Hell Lord fire n'a plus de guibole, c'est un fait ! Je prends le sac de Louis pour lui faciliter la progression.

Je croise un guide, au téléphone avec sa dulcinée :

"On va au Mont blanc" affirme t'il tout en faisant non de la tête

"Le problème, c'est le rythme !" Et effectivement, 50 m plus bas, je trouve le client, ruisselant de sueur et peinant sur le sentier. Ça va être chaud de le monter au sommet du Mont Blanc me dis-je in petto. "A l'impossible nul n'est tenu !"

Je comprends mieux la tête du guide...

Voilà le Nid d'Aigle, on attaque la descente du tramway, à pied, d'abord dans les tunnels puis le long de la voie, en cours de restauration. Louis marche à son rythme du moment, c'est à dire assez lentement. Je fais des pauses pour nous rattraper. On rejoint le col du Mont Lachat pour une bonne pause mini sieste (Louis a négocié 10 minutes de sieste, je lui les offre mais pas une de plus)

Et la Compagnie du Mont Blanc nous offre 300 m de déniv de descente de plus, nous ayant interdit de monter nos VTT ici. Bref on prend le sentier, assez vite je largue Louis. Vu que j'ai les deux sacs, je file, je descends 100 m de dénivelé puis je l'attends pour rattraper notre groupe de 2. Je refais l'opération 2 fois et ô surprise, je me retrouve au téléphérique de Bellevue; Je fais signe à Louis que c'est bon. Il me rejoint, on va s'abreuver dans les toilettes du téléphérique puis on descend au train.

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

La "cabinière" nous accueille, bon pour le coup elle est sympa. Les VTT sont là. Petite pause à l'ombre de la gare. Avec notre méthode ce qu'il ya de bien, c'est qu'on peut repartir tout de suite, pas la peine d'attendre le train de 17 h 10 !!!

Il faut remonter un petit coup de cul avant de rouler. Puis c'est parti sur des pistes plutôt large. Au col de Voza Louis me réclame une pause Coca. Comment lui refuser... Un Coca plus tard on se lance dans la descente  sur le village de Bionnassay. Sans trop de freins. Donc on ne roule pas à fond pour ne pas avoir à faire de freinages en urgence.  Et on papote, on se suit, on se dépasse, on se fait des pauses pour se soulager les mains crispées sur les freins.

Bionnassay.... la route est là, c'est plus facile. On rejoint la route de Saint Gervais , enfin on peut lâcher les freins.

On passe dans Saint Gervais, une clameur, pas pour nous, à priori, c'est la France qui vient de marquer un but ! (on aura la confirmation plus tard) puis à fond vers le Fayet. On arrive ensemble à la gare, il fait 32°C, la voiture est à 50°, toutes les boissons sont bouillantes !

4200 m de descente, 1200 m de descente en VTT, en voilà une bonne idée. Reste juste à rentrer à la maison !

Premier 4000 pour Louis, et 11ème pour moi.

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

L'histoire de l'appareil photo

Nous avons donc trouvé un appareil photo dans une vire en montant aux Rognes. (enfin c'est Louis qui l'a trouvé )

De retour à la maison, opération retrouver le propriétaire, même si j'ai peu d'espoir, nous sommes dans le massif du Mont Blanc et il ya beaucoup d'étrangers, qui n'utilisent pas les forums francophones.

On sort la carte SD et on se rend compte que l'appareil photo n'est pas en parfait état. Peut être lié à sa chute. On regarde les dates, les dernières photos datent d'il y a deux jours. Agathe, ma fille est à fond dans l'enquête. Elle regarde les photos, je reconnais Bellevue et la montée aux Rognes. On essaie de comprendre la langue, le son n'est pas très bon, langue des pays de l'Est. Mon sang ne fait qu'un tour,. Il y a eu un accident mortel il ya deux jours dans ce secteur, des polonais. Et si c'était leur appareil photo.

Je consulte les photos un peu plus précisément, on reausculte le son, j'ai failli sortir le stéthoscope... 

on a trouvé l'appareil photo dans une zone raide et sous un passage raide 50-100 m au dessus

Je décide de téléphoner au PGHM. Le gars m'annonce que l’adjudant en charge du dossier va me rappeler. Le jour suivant, un appel, à priori il s'agit bien de l'appareil photo du groupe. Je renvoie la carte SD à la gendarmerie.

Sensation bizzard que cette trouvaille. Via cet appareil photo on a touché un drame. Ils étaient heureux, ravis de se retrouver sur les montagnes. Une faute inattention sans doute et la vie qui bascule.

Je pense à ce groupe et à cette famille. La montagne peut aussi être cruelle.

 

 

 

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