Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Vidéo : Ski de rando - But au col du Mont Brulé : de la cabane des Bouquetins à Arolla

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakValaisSki de randonnée

J3 du raid à ski autour du Mont Collon, on part avec un timing serré pour Tête blanche ou Tête de Valpelline en passant par le col du Mont Brulé, on doit être à 13 h à Arolla. Assez rapidement on voit que le timing est trop juste on va juste repérer le pied du col Retour à Arolla par le pied de la cabane, et plan Bertol (on n'a pas osé passé par la prise d'eau pensant que ça ne passait pas ! oui, je sais, on est un peu timoré... Bilan : +1 h 30 ! pas glop ! )

Vidéo : Ski de randonnée : Aouille Tseuque - 3554 m

Apoutsiak — Raid à skiSki de randonnéealpinismeLes 100 plus bellesValais

ski de randonnée : Aouille Tseuque depuis la cabane des Vignettes

puis col du Petit Mont Collon

Col de l'evêque

cabane des bouquetins

arrivée à la cabane à la nuit !

Vidéo : Ski de randonnée - Pigne d'Arolla 3787 m à la journée

Apoutsiak — ValaisSki de randonnéeRaid à skialpinisme

Octobre 2020

De la neige, un petit créneau météo, et un raid à ski autour des Petits et grands monts Collon :

Pigne d'Arolla - nuit à la cabane des Vignettes - Aouille Tseuque, col du petit Mont Collon, col de l'évêque, cabane des bouquetins - on avait prévut tête de valpelline, tête blanche retour par bertol le dernier jour, mais le timing était trop serré..

Vidéo de la première journée : Pigne d'Arolla à la journée depuis Arolla

Ascension de l'Etna 3350 m

Apoutsiak — RandoSicilevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Ascension de l'Etna, avec l'agence AITNE

Images : hellordfire (petit Chachou) et Apoutsiak

 

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Apoutsiak — alpinismeValais4000ZermattLes 100 plus belleshumeur
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Grosse frayeur quand une dalle large de 1 m 50 commence à glisser dans ma direction, juste au dessus de moi, juste le temps de m’aplatir contre la paroi en espérant qu'elle me passe au dessus.

Je suis là pour écrire, le récit complet en dessous...

 

Vidéo :

Topo

Refuge Resegotti :

Se garer au parking de Ponte au Nord d'Alagna Valsesia 1212 m

parking payant

possibilité de prendre la navette pour le bout de la route

même si vous vous sentez en bonne forme, la navette est conseillées la (les) journée (s) sont longues... 1400 m

Suivre la piste qui part en sous bois, en direction Nord Ouest. Elle vient longer le pied d'une barre rocheuse et d'un torrent, on rejoint l'alpe Vigne tout à gauche de la barre avant de revenir vers le Rifugio Barba-Ferrero CAI 2247 m – pause obligatoire !

Ce refuge est incroyable, ambiance jazzy et accueil incroyable du gardien. Une destination en soi.

Passer derrière le refuge et remonter la sente qui louvoie ensuite entre les barres avant de gagner la moraine du glacier de la Cesia (sentier) gagner un replat puis par de grandes dalles rejoindre le glacier. Le remonter direction Nord Est puis basculer vers l'ouest pour venir buter sous le bivouac. Remonter les éboulis désagréables et rejoindre le rifuggio Resegotti 3425 m

Couvertures dans le refuge . Un poêle qui fonctionne, névés à proximité pour l'eau.

 

Cresta Signal

Du refuge bivouac, partir vers l4est en direction du Passo Signal, soit sur la crête soit en contrebas au Sud, ça passe en général assez bien.

Passo Signal 3769 m

On vient buter sur une partie plus raide.

La suite est complexe, un peu flou, on coutourne certaines difficultées par la droite ou par la gauche. Je mets en pièce joitne le topo dessiné, sans être sûr de son exactitude, pourtant il a l'air bien fait. Durant al course on n'a jamais su vraiement où on en était par rapport aux hypothétiques gendarmes.

 

Sortie par l'arête de la cresta et un petit couloir de neige.

 

Descente : par la voie Normale de la Punta Gnifetti

Le téléphérique ramène alors en trois tronçons à Alagna Valsesia

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Récit

 

Elle m'attend

 

Nous voilà à Alagna, traverser le village et trouver le parking, payant... Je déteste les parking payants en fond de vallée. Je trouve que ça entrave ma liberté. C'est sans doute juste mon coté rapia qui ressort.

Bref, je pars en quête de monnaie, mais comme c'est le cas de dizaines de personnes sur le parking, je rentre bredouille. Je finis par aller réserver des places en minibus. Ça tombe bien, c'est 3 € par personne, avec la monnaie ça devrait me faire les 2 jours de parking. Arrivé au parkmètre, je me rends compte que la dame de la cahute ne m'a pas rendu la monnaie correctement. Bref, je n'ai pas assez de monnaie. Je mise tout, tapis dans le parcmètre, même si ça ne suffira pas, à part si on prend un but. Ça fera un petit stress supplémentaire à la descente.

 

Bref on prend un minibus qui nous fait gagner une demi heure, j'ai un peu honte, j'aurai préféré gravir cette partie à pied. Ce soir, je ne le regretterait pas, mais ça, je ne le sais pas encore.

 

Et hop, départ, beaucoup de monde sur cette partie, énormément de randonneurs partis en quête d'un refuge où manger. On se retrouve dans le flot des marcheurs, le sac lourd, le soleil nous assomme, la canicule est là. Premier hameau traversé, première fontaine, on s'abreuve et on refroidi la machine qui déjà est en surchauffe.

Ça repart, le nombre de randonneurs faiblis, nombreux sont ceux dont l'objectif est le refuge Crespi Calderini. Un avantage : le rythme est plus régulier, un inconvénient : je reste toujours un peu fier de marcher au milieu de gens avec un sac garni de matériel technique. Je sais, c'est enfantin, mais c'est comme ça, on ne se refait pas !

Au loin, une jolie jeune fille, aux lignes élégantes. Je vois Benjamin qui allonge le pas. Le bougre ! Comme souvent, je lambine derrière. A la vue de la belle, j’accélère discrètement, avec pour objectif de me retrouver dans les effluves de celle ci. Bon, j'ai beau m'atteler à al tache, je reste à bonne distance. Benjamin, lui, profite du spectacle. J’aperçois même, son œil libidineux devenir salace. Moi, je lambine derrière pour mon plus grand regret.

 

A force d'effort, je réduis mon retard, Benjamin, est déjà loin devant. J'atteins enfin mon but au bout de longues minutes, le visage harassé, la sueur fétide perle de mon corps putride. Pas sûr que mon corps de vieil aventurier fasse l'effet escompté... J'atteins enfin mon but, écrivais je , quand le compagnon de vie de la dame, un grand baraqué aux tatouages imposants lui indique la pause. Je blêmis, tout ça pour ça ! Je n'aurai pas atteint les effluves fleuris, objectif de chacun de ces derniers instants, je repars penaud, je lambine à nouveau derrière...

 

Là haut, elle m'attend.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Heureusement, le paysage est beau, et je me remets assez rapidement de ma mésaventure. A droite d’impressionnantes cascades, une barre rocheuse coupe l'accès au refuge Barba Ferrero.

Devant, Benjamin, égal à lui même galope, j'en viens à me demander s'il n'a pas déjà repéré une nouvelle gueuse. Rien n'est moins sûr.

 

On remonte sous la barre avant de virer à droite, sur le plateau, pour revenir vers le refuge. Il y a du bruit, beaucoup de bruit, ambiance jazzy, le refuge est incroyable, le gardien aussi, sous cette canicule, des bouteilles de blancs sont rafraîchis dans une fontaine cascade, en dessous, des canettes de coca, une bière, tout cela en libre service. Une corbeille de fruit vient agrémenté le tableau. Il y a du monde, du bruit, l'ambiance est à la fête. On se pause là pour pique niquer. Moi, ma pauvre boite de sardine, tandis que Benjamin s'offre un magnifique panini. Le gardien bien jovial vient nous demander notre objectif : Cresta Signal, le sommet des Français et des Suisses nous lance-t-il

 

L'heure est déjà avancée. Je me souviens de la réponse de Jeff quand je lui est annoncé qu'on partait pour la Cresta Signal : Ça n'est pas très dur, mais la montée au bivouac est hyper longue !
Et nous voilà, quittant ce refuge unique à l'ambiance chaloupée.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Les premiers pas sont difficiles dans le gazon qui suit le refuge, retrouver la sente, puis la suivre, peu de gens poursuivent au dessus, et ça se voit. On reprend un petit rythme, Benjamin s'est mis dans ma roue, il sait qu'à mon rythme on arrivera en haut, pas vite, mais avec certitude.

Au dessus, les nuages font leur apparition, c'est dommage on aura pas de vue, en contrepartie, on n'a un peu moins chaud, en ces temps de canicule, c'est une chance.

 

La végétation devient moins verte, le paysage devient plus minéral, au dessus, à 4000 m, les nuages sont déjà là. On croise un couple avec deux énormes chiens. « Attention, celui-ci mort » nous annoncent ils sérieusement. Quelle idée de ce balader en montagne avec un chien mordeur au milieu de tant de monde... Ils ne se sont même pas écartés du sentier, nous avons du laisser la place au Cerber.

Court replat au dessus. Le GPS m'indique la marche à suivre. Au loin on aperçoit deux alpinistes qui filent vers la droite sur le glacier. Cool, ça sera tracé.

Quelques dalles nous amènent au glacier, on enfile les crampons. Et zou, reste à suivre les traces, qui partent à droite. Petit doute, Benjamin sort son smartphone, tandis que je consulte la trace GPS de la montre... Les traces de pas partent à droite, le bivouac est à gauche. Qu'est ce qu'ils sont allés faire par là ?

On part sur la gauche, on remonte une pente un peu raide. Deux bouquetins traversent tranquillement au dessus de nous. On repique vers la gauche et on recoupe la trace GPS... Bonne nouvelle on est retrouvé ! Par chance, on retrouve aussi des traces de pas. Sont elles d'aujourd'hui ou d'hier. Je pense plutôt qu'elles datent d'hier mais sans certitude. On avance. Benjamin une dizaine de mètres devant moi. On aperçois le bivouac. La trace vient buter sur la barre rocheuse juste en dessous.

 

On assiste depuis là à l'hélitreuillage d'alpinistes sur le sommet de droite, sommet où sont montés les deux personnes vue sur le glacier deux heures plus tôt. Les nuages nous empêchent de bien voir. A priori, l'hélico n'a pas eu le temps de rapatrier tout le monde...

 

Le passage est délicat, une rimaye puis une dalle gravillonneuse. Tel un chat, Benjamin progresse comme si de rien n'était sur au dessus de l'abîme. Je pars sans conviction, le geste peu sur, je progresse lentement. Si Benjamin ressemble à un chat, moi ça serait plus le pingouin maladroit. Bon, je finis par surmonter l'obstacle. La suite est plus facile même si il faut rester vigilant dans cette barre rocheuse raide.

 

On rejoint le bivouac, il faut accéder par la terrasse et gravir la rembarde. On contourne le bivouac. J'entends que Benjamin salut quelqu'un. Nous ne serons pas seuls ce soir.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

On se pause, on papote avec le guide Suisse et son client. On essaie de comprendre les différents topo qui décrivent l'arête différemment. On se dit que l'autre cordée est là et que c'est signe de beau temps... Eux aussi d'ailleurs, pas sur que notre prévision soit fiable... On profite de l'eau déjà fondue. On mange et on se couche.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

3 h 10, le réveil sonne, la partie dortoir du bivouac reste assez spartiate, humide... Je m'habille et je file déjeuner. Enfin , déjeuner est un bien grand mot, je grignote trois gâteaux secs en buvant un peu d'eau à la boisson énergétique. Je peaufine mon sac. Dehors, il ne fait pas beau. Le guide, qui est sorti le premier, a vu une partie de ciel étoilé, puis ça s'est bouché. Le ciel est sombre, dans la plaine du Pô on aperçois des éclairs, beaucoup d’éclairs... C'est pas gagné.

Le guide et son client partent devant, nous sommes 5 minutes derrière. La première partie est facile, une arête en pente douce avec un gros névé qu'il faut prendre soit sur le fil , soit dans la pente en dessous, rien de bien méchant. Je suis devant, je laisserai Benjamin se taper les passages d'escalade extrême (enfin extrême pour moi parce que Jeff il a dit qu'il n'y avait pas de difficulté, mais méfiance... Jeff, il est très fort ! )

 

20 minutes après le départ, on rattrape l'autre cordée. Les éclairs nous entourent de tout part, le spectacle est assez impressionnant. Chacun essaie de choper du réseau pour consulter la météo. Forcement le guide y parvient le premier. C'est pas pour rien qu'il a eu son diplôme. A priori, c'est bon pour ici. Il y a 20 ans, j'aurais fait demi tour direct. Le orages s'approchent, sur une arête engagée comme celle là... Je ne suis tout de même pas sûr qu'on prenne la bonne décision.

 

Mais on repart, sur cette arête facile. On passe le petit sommet avant de redescendre au col, les Suisses nous ont pris 5 minutes. J'essaie de repérer par où ils passent, ça nous évitera d'avoir à chercher.

 

Plus haut, elle m'attend.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Et c'est repart vers le haut, la grimpe est facile, la vue est jolie, l'arête enneigée en dessous, au dessus , c'est rocheux et moins élégant. On grimpe, on suit des vires, l'escalade au départ n'est jamais difficile. Par contre, rien n'est bien distinct. Il est difficile de retrouver les détails décrits dans le topo. On avance pour venir buter sur un premier obstacle. Benjamin le franchi avec brio ! J'avoue que je suis un peu apeuré par l'obstacle. Je franchi cette partie plus en rampant contre les parois qu'en grimpant. Le bourrineur des alpes , l'usurpateur des 4000 a encore frappé. Je suis passé.

Et on grimpe, de droite puis de gauche. Ça fait longtemps qu'on ne voit plus les deux Suisses. Nous sommes livrés à nous même. Il y a 3 gendarmes « caractéristiques » décris dans le topo, le problème c'est qu'on ne sait pas si on est au premier, au second ou au 3ème. Ça nous fait hésiter régulièrement sur le chemin à suivre.

On rejoint en Nord une partie en neige. Ça fait déjà 4 ou 5 fois que l'on met puis qu'on enlève les crampons. Hésitation, encore, j'hésite à remettre les campons pour une portion qui semble courte. Je vais voir, mais la prudence me fais redescendre. Hop on chausse, on remonte, on a bien fais de cramponner, la glace n'est pas loin, les rochers non plus. Les crampons crissent mais on avance.

On opère une traversée sur la gauche. Une grande vire, on descend comme on peut. Et là , deux choix s'offrent à nous : soit un dièdre à gauche, soit une dalle à droite avec un spit. Bon, ben le spit attire, on remonte jusque là. Rejoindre le spit n'est pas chose facile. Pente gravillonneuse et exposée. Je rejoins Benjamin, la suite semble bien dure, trop dure. On décide d'aller voir de l'autre coté, ou comment perdre 20 minutes dans une hésitation. Je repars vers le bas, re-pente gravillonneuse exposée.

On rejoint le pied du dièdre. Benjamin se lance. Au pris d'un gros effort, il force le passage et installe un relais au dessus. C'est mon tour. La vache, c'est peu prisu. Je pars un pied à droite l'autre à gauche. Mes mains cherchent vainement de gros baquet comme prise. Il faudra se contenter de trucs fuyants... je déteste. Une fois de plus, je rampe. Je bourrine comme un sourd avec les bras, tandis que mes jambes cherchent à trouver d'inexistantes prises. Je suis plus une limace qu'autre chose, mais une limace en difficulté, ma bave n'adhère pas.... Le souffle court, je parviens à surmonte le dièdre. Je m’étale de tout mon long au dessus, je suis passé. Je ne suis vraiment pas un bon grimpeur, faudra que je travaille là dessus ! Bon, bref, je suis passé. Il faut repartir, alors on avance, lentement mais on avance.

 

Un peu plus haut, on se retrouve sur une vire en rocher pourri. Nouvelle hésitation, Benjamin décide de passer au dessus de moi avant de tirer à gauche. Il remonte à ma droite puis traverse au dessus, il met le pied sur une grosse dalle 1 m au dessus de moi. Une bonne grosse dalle de 1m50 sur 2 m. Mon regard perçois le léger mouvement de celle ci. Elle glisse au dessus de moi, je suis direct dans l'axe. Deux solutions s'offrent à moi : soit me déplacer de 2 m sur la droite, solution qui risque de prendre trop de temps ; soit me baisser et me coller à la paroi, la dalle pourrait me passer par dessus, solution rapide mais au résultat incertain. De toute façon, pas le temps de réfléchir, c'est plus un reflex qu'une réflexion, je me couche le long de la paroi. Me calant contre la roche. Dans un fracas la dalle tombe. Elle passe au dessus de moi, mais je ressens une douleur sur la cheville droite. Je hurle. Je me retourne, la première douleur est violente. Me voilà allongé sur le dos. Je ne sais pas quelle est l'étendue de la lésion. Je bouge le pied doucement. À priori, ça fonctionne, il n'y a pas de fracture... Ouf ! Je reprends mon souffle. J'essaie de rassurer Benjamin, mais je ne suis pas encore debout. J'ai encore bien mal, je ne comprends pas comment la dalle n'a pas brisé tous mes os en tombant dessus. Je me relève, lentement, il y a une petite douleur, mais rien de catastrophique, à priori pas d'entorse ! Quelle chance. Je lis dans le regard de Benjamin toute son inquiétude. Je le rassure, ça devrait aller et il n'est pas responsable. C'est juste un coup de malchance.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

On repart, la douleur s'estompe. Je boite à peine. C'est un miracle que la roche n'est touché que mon talon, c'est également un miracle que je parvienne à marcher. La dalle m'attendait, je vous l'avais bien dit ! J'essaie de comprendre, comment se fait il que je m'en sorte indemne. Les questions se bousculent. Est ce que je n'ai pris qu'un autre bloc plus petit sur le pied. ? Avais je le temps de me décaler sur la droite ? Je sens que Benjamin tergiverse. Il se sent responsable, il n'en est rien. On avance dans ces pentes monotone. On remet pour la nième fois les crampons. Des pentes de neige, tracées forcement, les Suisses ont passés par là. Pour le coup on avance bien, on rejoint des dalles faciles puis le fil de l'arête, à gauche dans les nuages, le refuge Margherita marque le sommet. On attaque la partie finale par de l'escalade facile. Benjamin part à gauche. Ça ne passe pas. Il me propose de repasser devant, je m’exécute, ça me fera du bien. Je contourne un gros bloc par la droite puis une pente de neige permet de gagner le plateau sommital. Je me moque de Benjamin qui m'a laissé passer devant pour ça ! On se retrouve heureux de cette jolie sortie au rocher délicat !

 

Reste juste un bout de glacier en dévers pour rejoindre la cabane. On progresse dans un joli paysage, la pointe Dufour à droite, le Lyskamm devant. Reste quelques mètres et nous voilà sur la terrasse du refuge. Le soleil a fait son apparition pour les derniers mètres ! Magnifique !

On prend le temps de se pauser, de faire quelques photos et de discuter.

Que faire demain, ?

On est à peine arrivé qu'on se demande quoi faire demain.

Bon la raison est simple, la météo n'est pas bonne.

 

On décide de manger au refuge et de checker la météo pour faire le point.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Benjamin commande un bout de pizza, il fait chaud dans le refuge. Les gardiens ont l'air blasés. Mauvais signe, le refuge a l'air de se vider.

Effectivement, la météo n'est pas bonne, demain est annoncé pourri, on ne pourra pas faire grand chose. Soit on reste sur place et on passe la journée à glandouiller , soit on redescend pour trouver un autre objectif et on se repose en bas. (Au départ on avait pensé faire soit la traversée du Lyskamm, soit l'ensemble des 4000 qui descendent sur Gnifetti)

Bon on décide de descendre, notre projet d'ascension du Cervin a du plomb dans l'aile, pas question d'aller sur les pentes du Matterhorn s'il y a de la neige fraîche en quantité. Cette année pour moi , c'est la loose, il fait grand beau tout le temps, sauf quand je pars en montagne, et je suis obligé de jouer avec des systèmes météos compliqués.

 

1 h après on est sur le glacier et on croise une cordée des pays de l'Est. Chargés comme des mules ahanant sur la trace. Ils progressent peu, on les voit le plus souvent.. à l'arrêt pour récupérer du pas précédent (je me moque , mais il y a un peu de vrai)

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

On avance, on sent que le temps tourne. Les nuages s’amoncellent et on n'a pas envie de jouer à chercher la trace sur cet immense glacier trop crevassé.

Je galope donc, observant les 4000 alentour et regrettant de ne pas pouvoir en gravir un ou deux au passage. On passe sous les séracs avant de remonter vers le Lisjoch. A la descente je suis devant, et oui, je ne suis pas un bon grimpeur, mais comme bizuth suicide testeur de crevasse, je suis un champion. Au col hésitation, petit coup de GPS, la trace de celui ci part à gauche alors que la trace à pied semble partir à droite. On joue la sécurité, on part à gauche, en fait , ça va nous faire un détour par le bivouac Giordano et le pied de la pyramide Vincent, rien de bien grave. On laisse le joli bivouac et ses crevasses d'accès, avant de basculer. Au loin, la Punta Giordani me fait de l’œil, le seul 4000 gravi en famille avec tous mes enfants ! Un grand souvenir même si l’ascension en elle même n'a qu'un intérêt tout relatif ! Bref, je profite de la vue dégagé sur notre 4000, avant de poursuivre la descente. On rejoint une cordée qui monte. Le premier me demande l'altitude, en italien. 4000 m , c'était leur objectif du jour. Ils décident de faire demi-tour

 

Nous on poursuit, on récupère l'axe du glacier. En dessous une zone hyper crevassée, 4 grosses crevasses, la dernière est énorme. Plusieurs cordées la traversent et s'arrêtent juste après, on ne sait pas trop s'ils sont sur la première ou la seconde. Regroupement général. Incroyable, inquiétant, ils ne savent même pas s'il y a un pont de neige à cet endroit là. On arrive, je me décale et je décide de leur expliquer qu'ils devraient s'espacer et ne pas rester là (ils sont au moins 12, tous serrés et une autre cordée de leur groupe arrive) Je bafouille en Anglais en leur faisant des gestes, il faut qu'ils s'espacent, c'est dangereux de rester comme ça ! Bon avec mes gestes c'était plus intelligible que juste mon anglais. Le chef du groupe me lance un « ouai ouai » , genre « ouai ouai je gère », mais il ne change rien...

On continue étonné de ce comportement. On poursuit de crevasse en crevasse. On tire à gauche et ça continue, on en longe, on en traverse. Il fait gris à présent. On remonte légèrement pour passer au dessus de Gnifetti, Benjamin négocie une pause, je lui accorde.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

La pause est courte (oui ,je ne suis pas un grand fan des pauses, et encore moins des pauses longues : la pause, ça ne sert à rien , ça casse le rythme!)

On repart sur cette petite glace vive assez désagréable à cramponner. Et bim, Benjamin se tort la cheville ! Flûte. On s'arrête, il râle un peu. Pas sûr qu'il puisse marcher demain si c'est nécessaire. Flûte on a notre projet de Cervin ou d'autre 4000 à gravir.

Je repars, un peu plus lentement. Benjamin marche prudemment mais il marche. On se retrouve dans le brouillard, on a coupé le passage par Gnifetti en prenant par la glace (ça évite les barres rocheuses) mais avec le brouillard ,je je ne suis pas hyper sur de moi, heureusement il y a des traces. On retrouve les rochers, on peut enfin enlever les crampons. Pour la suite, je sais qu'il faut prendre par des vires, et instinctivement, je trouve le début de la via ferrata, non visible depuis le sentier. Et c'est parti pour une partie plus physique, chute interdite. Pas plus interdite qu à 4000 m , mais interdite tout de même, quoique je préférerai mourir au dessus de 4000 m qu'en dessous, je trouve que ça fait plus prestigieux ! ( je sais, ça ne sert à rien, mais bon, cette idée me trotte dans la tête depuis un moment, alors je vous la livre )

 

Bon on descend dans des échelles, des barres pour se retrouver sur des vires. Je me rends compte que ça n'est plus la voie de montée. Je n'en dis rien à Benjamin, qui semble être dans le dur . Sa cheville endolorie y est sans doute pour quelque chose. Vire à droite, je merdouille pour trouver le bon itinéraire. Ça fulmine dans mon dos, mais étant donné que ça a été bien élevé, je n'entends rien. On retrouve le sentier, enfin sentier, il y a quand même de gros blocs à descendre et de grands pas à faire avant de rejoindre le glacier. En glace vive, parfois bien glissante. Il faut rester concentré. Benjamin s'inquiète. On ne voit pas la gare de téléphérique pourtant toute proche. Je le rassure. On poursuit la traversée du glacier puis une courte remontée avant de sortir du glacier et de rejoindre la benne. On achète nos billets. Puis on prend le téléphérique. A la station intermédiaire, il faut de nouveau acheter des billets. La vendeuse interpelle le cabinier lui demandant de nous attendre. Et ben pas cool, il part avant qu'on le rejoigne, il faut encore attendre. J'n profite pour rechercher un hébergement pour la nuit. 20 bonnes minutes plus tard, nous sommes dans sa benne. Un petit coup de télécabine plus tard on rejoint la station. Je laisse Benjamin et file à pied récupérer la voiture, bien loin à mon goût tout au nord du village...

 

Reste juste à récupérer Benjamin et à rejoindre notre hôtel.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Vidéo : Randonnée sur l'île de Vulcano , îles Eoliennes

Apoutsiak — randonnéetrekkingfamilleAgatheMarieLouisSandrine

Randonéne en famille sur l'île de Vulcano - îles Eoliennes - Sicile

Vidéo : Alpinisme - Cresta Signal Punta Gnifetti 4554 m

Apoutsiak — 4000Valaisalpinismevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Vidéo de l'ascension de la Punta gnifetti par la Cresta Signal. départ d'Alagna Valsesia, refuge Barba Ferrero, refuge bivouac Resegotti, Cresta signal, Punta Gnifetti, Signakuppe, cabane Margherita, redescente sur le refuge Gnifetti et la Punta Indren au dessus de Gressoney la trinité

Alpinisme D

Canyoning :Rio Laghetto - Campertogno - Val d'Aoste Italie

Apoutsiak —

Un peu de fraicheur dans ce monde de brute

dans la vallée d'Alagna Valsesia

sortie avec Eddyline

Retrouvez Le Petit Alpiniste sur les reseaux sociaux :

Apoutsiak — humeur

Pour me retrouver sur les reseaux sociaux, rien de plus simple :

facebook : https://www.facebook.com/lepetitalpiniste/

Pour se tenir au courant de l'actualité et de la sortie des articles

 

 

Instagram : https://www.instagram.com/Apoutsiak.4000/

Quelques jolies photos partagées

 

 

Strava : https://www.strava.com/athletes/7178795

Pour comprendre les secrets de mes entrainements. Comment fait il pour aller si lentement en montagne ?

 

Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCPGYrdM_PdLULiJq21d-59Q?

Toutes les vidéos, même les plus vieilles. Des heures de lecture...

Retrouvez Le Petit Alpiniste sur les reseaux sociaux : Retrouvez Le Petit Alpiniste sur les reseaux sociaux :

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

Apoutsiak — alpinisme4000ValaisLes 100 plus belles

Une magnifique course comme on les aime.

Une journée magique où tout se déroule sans problème... La journée de rêve !

Une cordée typée cancoillotte...

 

Sur un sommet gravi il y a longtemps et surlequel j'ai également pris un but, à 10 minutes du sommet

Les 2 ascensions :

Juin 2007 : But à 3972 m sur l'arête Sud Est du Weissmies

Juin 2014 : Ascension par la Face Nord-ouest à ski

 

Vidéo :

2 vidéos pour cette traversée du Weissmies : une classique, la version intégrale : du parking au parking.
La seconde , uniquement tournée avec la Go Pro, pour bien visualiser les obstacles à la descente (crevasses et séracs !)

Je vous conseille de regarder les deux !

Vidéo de l'intégralité de l'ascension du Weissmies

Crevasses et séracs lors de la descente face Nord (Go pro hero 6 HD)

Topo

Almagellerhütte

Depuis Saas Almagel

Se garer sur le parking à gauche à l'entrée du village (5CHF par jour)  1670 m

Il faut remonter le sentier qui mène à Almagelleralp (2192 m)
puis toujours en suivant le sentier , rejoindre le refuge 2892 m sous le Dri Horlini - Almagellerhütte (3-4 h)

Sommet :

Le deuxième jour, remonter les pentes du Zwischenberengpass (3270 m) puis prendre au nord (à gauche de l'arête) pour passer le premier  mamelon avant de rejoindre la neige sur l'autre versant (Est) . 
Le but du jeux est de remonter le névé le plus haut possible pour rejoindre l'arête Sud Est. Ensuite il s'agit de suivre l'arête jusqu'à l'antécimes 3967 m (pas de II III max) puis de suivre l'arête neigeuse effilée puis les rochers jusqu'au sommet.  Compter 4 h environ pour le sommet (ça peut pas mal bouchonner les jours d'affluence)

 

Descente :

Le retour peut se faire par la même voie ou par la voie normale (glacière)

Descente face Nord ouest

Descendre l'arête Sud Ouest jusqu'au col précédent le point 3815 CNS- Prendre alors la direction Nord Ouest  et descendre au mieux avant de bifurquer Nord Est afin de passer entre les crevasses

Rejoindre le bas du glacier, le traversée et rejoindre la station de Hohsaas (3101 m)

Nous sommes redescendus à pied jusqu'à Kreutzboden (2398 m) , possibilité de louer des Monstertrotti pour rejoindre Saas Grund (19 CHF)

Un bus permet de rejoindre Saas Almagel (3.6 CHF)

Topo Weissmies arête Sud Est

Topo Weissmies arête Sud Est

Un Dimanche de libre au milieu d'un océan de journée de travail avec le grand beau annoncé. Dans ma petite tête de petit alpiniste, l'occasion  était belle pour aller gravir le Pleureur en solo. Dans un coin de ma tête il y a une autre option : Gravir le Weissmies depuis le pied , et en faire la traversée. Ça serait assez classe, mais il me faut un partenaire de cordée. Bastien, avec qui je suis en contact depuis un moment est dispo, ça sera l'occasion de le rencontrer sur une jolie course. Et ça me changera des cordées internationales, Belgo-Suisse, Italo-Suisse, Roumaino-Française ou autre. Là, on va former une cordée qui fleur bon la cancoillotte ou le Comté, une belle cordée Franc-Comtoise, si tant est que la Haute-Saône fasse parti de la franche Comté...

Bref, Samedi soir, en route vers le Saastal, je récupère Bastien et nous voilà papotant sur la route des Alpes.

On a tellement papoté, qu'on est déjà arrivé. Il est 19 h 30 , le parking est au cœur du village et assez peu propice à une nuit dans la voiture. On se fait un petit pique nique dans le champs d'à coté. J'organise ma petite voiture en mode nuit et j'essaie de dormir. Il est 20 h 30. Bastien est parti dormir dans la forêt au dessus, on s'est donné rendez vous à 1 h 30 demain

C'est la loose, il y a plein de piétons qui passent juste devant ma voiture et un minibus qui n’arrête pas de faire des aller retour, La nuit est plutôt mauvaise...

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

1 h 30, forcement, je me suis endormi, et l’alarme du téléphone me tire un peu brutalement des bras de Morphée. Je m'habille, Bastien me rejoint, on déjeune en peaufinant nos sacs. L'idée est de gravir le Weissmies à la journée en montant par l'arête Sud Est, en descendant Face Nord Ouest jusqu'à Kreuzboden, puis louer des Monster Trotti pour rejoindre Saas Grund.

Et c'est parti, il fait nuit noire, et on remonte le sentier, sous la lueur des frontale. Saas Almagel étale ses quelques lumières en dessous, une cascade invisible chante dans la nuit. On prend un petit rythme tranquille, mais efficace. La balade nocturne se passe bien. et on rejoint Almagelleralp et ce qui ressemble à un hôtel. On ne traine pas, la promenade se poursuit. On aperçoit les frontales de deux alpinistes qui nous précèdent. Et rapidement, on se rend compte qu'il y en a  d'autres qui nous succèdent. On aspire à rattraper nos prédécesseurs tout en espérant ne pas se faire laisser sur place par nos successeurs. J’imagine que le même type de pensée doit leur traverser l'esprit... Ah ce monde de compétition.

Bref on avance sur le sentier qui grimpe bien.

On passe à coté d'une tente au milieu de nul part, et puis zou... plus de sentier. Bon on essaie d'imaginer où il a bien pu passer mais on ne trouve rien, heureusement les frontale des précédents nous aspirent, ils sont en train de faire une pause sur le sentier à notre gauche. Parfait ! Nous revoilà parti vers la cabane qui s'approche à grands pas. Je propose une pause, validée par Bastien. Cela fait 3 h qu'on marche, on est dans le timing "rapide" que j'avais imaginé. Parfait !

  Les dernières cordées qui ont dormi là quittent le refuge.  Nous on se ravitaille. Je me bois un petit red bull, en guise de café (je sais c'est mal, mais c'est ma façon de gérer ces journées à rallonge....)

 

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

La pause est courte, on est déjà reparti, à l'arrière des cordées repues par un bon sommeil  au refuge. La suite est balisée de façon impressionnante, des flèches bleues et blanches inratables ! On avance, on rejoint les premiers névés, quelques dalles à remonter en adhérence. Les soleil point, faisant rougir la chaînes des Mischabel, je vois même le Täschhorn qui me nargue !

Quand prendre LA bonne photo, on avance, on s'arrête, la vue est différente, la couleur aussi, cela passe du violet, au rose, puis à l'orangée avant de donner leur couleur "normale" aux montagnes.

Avec le lever de soleil, que l'on espérait avoir au col, on a perdu un peu de temps à mitrailler le moment. On dépasse les premières cordées juste avant celui-ci. On en profite pour admirer le paysage, les rochers rougis du sommet juste au sud et la mer de nuage sur la plaine du Pô.

On repart, avançant assez efficacement, on rejoindre le gros névé en versant Est. Le soleil nous réchauffe, on a la pêche et la journée est magnifique. Au dessus de nous des dizaines de cordées. On en dépasse une de temps en temps, la remontée du vallon neigeux est facile, mais la neige est bien gelée ce matin et vu qu'on n'a pas mis les crampons, prudence quand même.

Au dessus, il faut les mettre, petite pause avant de repartir, toujours dans le vallon. On opte pour la variante qui reste dans le vallon neigeux avant de rejoindre l'arête. Les cordées sur l'arête se détachent avec derrière l'Allalinhorn... magnifique !

On rejoint l'arête pour la partie grimpe, on enlève les crampons et c'est parti.

 

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

On a décidé de ne pas s'encorder. L'idée est bonne , mais on dénote avec les autres, qui tous ont choisi la corde pour se relier. La grimpe, dans mon souvenir, n'est jamais très technique (j'avais gravi l'arête en solo, avec de la neige en 2007 ! et oui, ça commence à faire un moment ) l'avantage, c'est qua ça ne prend pas longtemps pour dépasser.

L'ambiance est bonne, on papote, j'avoue que je me sens en pleine forme, l'avantage de faire des 4000 tous les 15 jours, l'acclimatation devient un peu permanente.  Je partage quelques mots avec quelques uns des alpinistes sur l'arête. Tout en en profitant pour faire des images pour la vidéo (voir au dessus ;-) )

Comme souvent, je suis surpris par les raideurs de quelques passages rocheux, mes souvenirs les ayants complètements effacés ! Faudra que je travaille la mémoire. Le rocher reste bon, la plupart du temps , c'est de la rando, à d'autres, ça grimpe un peu, ça n'est jamais très dur de trouver des prises. Il y a parfois du monde, on patiente, mais souvent, les cordées nous laissent gentiment passer ! Et hop on poursuit la progression, passant d'un groupe de Suisse en cours de validation chef de course CAS, à un guide avec deux débutants, qui tire ses boulets sur la course.

On rejoint tranquillement l'antécîme, juste le temps de mettre les crampons et de s'encorder pour l'arête finale.

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

Le paysage est magnifique, on est sur cette jolie arête, les Mischabel à gauche et le Lagginhorn et le Fletschhorn à droite. Une petite partie en mixte amène à une seconde antécîme  qui elle permet de gagner le sommet ! Yes !

Superbe, lors de mon ascension de 2014, par le versant Nord Ouest, j'avais atteint le sommet dans le brouillard. Là, c'est un superbe ciel sans nuage qui nous accueille !

Bon, lors de mes deux ascensions, j'étais seul, là, il y a du monde je cherche un endroit un peu abrité du vent pour la pause.

Photos, vidéo, on profite presque une demi heure au sommet !

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

On change d'encordement, on allonge, pour la descente, annoncée spectaculaire cette année ! Et c'est parti, on traverse les premières petites crevasses un peu en dessous du sommet. Juste pour se mettre dans l'ambiance, on parvient à un collet pour une pause technique, oui, je pensais avoir un problème avec la Go Pro, en fait, ce n'était rien.

On repart vers le bas, pour croiser la première grosse crevasse alors que je chantais "Yellow submarine" avec mon joli brin de voix. Bon, j'avoue que ça m'a calmé, je me suis tu pendant la traversée.

On commence à croiser des cordées en provenance de Hohsaas. Souvent des cordées avec guide. Et, étonnamment, autant les guides versant Saas-Almagel étaient sympa et avenant, autant ceux là semblent faire la gueule. Aucun ne me lancera un bonjour avant d'avoir reçu le mien, et leur bonjour ressemblera souvent plus à un grognement qu'à une véritable salutation. J'essaie de comprendre ce phénomène. Peut être la routine de monter sur un glacier exposé pour gagner sa croûte...

Bastien fait pourtant des efforts pour ne jamais gêner les cordées qui montent, sortant de la trace bien avant de les croiser et s'arrêtant si nécessaire.

 

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

En dessous, on croise un gars en solo, en cette saison , avec les crevasses qu'il y a , ça doit être chaud !

On rejoint une petite épaule avant de bifurquer à droite, au cœur du glacier. Bim, une énorme crevasse, plus spectaculaire que dangereuse. Ensuite, la trace louvoie, en longeant une lèvre  supérieure. Elle traverse à droite, à gauche, je scrute du regard les séracs au dessus... Pas sûr qu'on soit bien à l'abri.

On parvient au spectaculaire passage de la descente, dans la crevasse. Bastien se lance, je le suis , la crevasse a la bonne idée de craquer à mon passage, pas glop !

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

De l'autre coté, il reste une descente raide, la sentier glacière fait de jolis virages tout en coupant une crevasse verticale par 3 fois.

Premier pas , un peu impressionnant mais ça passe... en dessous, c'est plus large, il faut sauter avec un pied d'appui précaire. Petit coup de stress, et petit saut, j'observe au passage l'abîme, la crevasse est gigantesque, du dessus elle parait petite...  Le troisième passage est une promenade de santé, on se retrouve sur le plat du glacier que l'on traverse pour rejoindre la rive droite. Courte désescalade avant d'enlever les crampons !

Alors que toutes les cordées vont s'arrêter à Hohsaas, on a décide de descendre à pied jusqu'à Kreuzboden.  On parle de projets montagnes mais pas que. Une randonneuse en jupette vient égayer notre descente. Nos yeux avides et concupiscents sont en accords avec nos esprits débauchés. De projets "montagne" on en vient à parler projets "mariage". Seulement il y a un os, et de taille, la belle a déjà un Don Juan. Et le type à l'allure patibulaire ne semble pas homme à se laisser piquer sa dulcinée sans broncher.

C'est un peu penaud que nous poursuivons la descente, des images plein la tête...

Voilà Kreuzboden

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

Voilà Kreuzboden. Mais où sont les Monster trotti qu'on avait loué lors de notre descente au Lagginhorn. On fini par entrer dans la station, ils sont là... Yes. L'employé de la station me donne une fiche avec les instructions, logiquement, il faut une pièce d'identité. On a tout laissé à la voiture (chut , faut pas le dire !) Je négocie nos sacs à dos, remplis d'ors et d'encens, qui feront office de caution, le type accepte. Re Yes.

On paye, et on demande des VTT plutôt que des trottinettes. Il n' y a pas assez de VTT, on aura droit à un VTT et une trottinette, à partager.

Et c'est parti pour une jolie descente bucolique. On a vite l'impression que les engins n'ont jamais été révisés, les freins grinces, les amortisseurs couinent, la direction est imprécise. On s'amuse quand même sur la piste puis la route. Les kilomètres s'enchainent dans ces magnifiques paysages, juste le temps de rejoindre Saas Grund, je parviens à choper assez vite un bus qui m'amène à Saas Almagell ou la voiture m'attend, reste juste à rentrer

 

Merci Bastien !

 

Vidéo alpinisme : Weissmies 4023 m - traversée Arête Sud-Est - Face Nord-Ouest

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakValais4000

Depuis Saas Almagell par l'Almagellerhutte l'arête Sud Est, le sommet, le glacier verant Nord ouest , la station Hohsaas et la station Kreuzboden

Retour à Saas Grund en Monster Trotti

Tout ça à la journée ! 7 h depuis Saas Almagell au sommet

Alpinisme - Weissmies 4023 m dans le dédale des crevasses et des séracs de la face Nord-Ouest

Apoutsiak — alpinisme4000humeurValais

dans le dédale des séracs et des crevasses de la face nord ouest du Weissmies. Je vous emmène dans le labyrinthe de glace. Quelques passages impressionnants sur ce 4000 "facile" Petite vidéo pour les alpinistes, les anciens alpinistes et ceux qui rêvent de le devenir. Je vous emmène, encordé avec nous dans cette spectaculaire face Nord Ouest. Attention où vous mettez les crampons !

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Apoutsiak — alpinismeOberlandAD

et tentative au Studerhorn

Là bas, tout est grand, tout est beau, mais tout est long (très long) ... Peut être trop...

 

Vidéo

Topo :

 

Aar biwak - bivouac de l'Aar 2731 m

Attention, pour la montée au bivouac, certains penseront que c'est long, d'autres... très long !

En 2020, on ne peut pas se garer à l'hospice du Grimsell, l'arche du barrage n’étant pas praticable (travaux) , il faut se garer sur le petit parking en aval (+20 minutes) du petit parking, remonter le sentier taillé dans la roche, et rejoindre le sentier qui vient de la voute du barrage, traverser un tunnel et longer la rive nord du lac de Grimsell. Au bout du barrage, possibilité de quitter le sentier et de longer le torrent par la plage. On rejoint alors un énorme cairn

 

2 possibilités :

  • soit suivre le sentier qui ramène à la Lauteraarhütte 2390 m (superbe, accueil +++)

Il faut alors redescendre par 150 m d'échelles environ sur le glacier.

  • soit remonter la rive gauche du glacier (pénible mais plus rapide) on gagne environ 45 minutes.

Remonter la moraine nord du glacier puis descendre au niveau du verrou en gros bloc pour traverser le torrent glacière et remonter au mieux en rive droite au niveau de la jonction des glaciers.

Remonter alors le Finsteraargletscher qui mène à des poteaux de bois. Ceux ci mènent au Strahlegggletscher puis en remontant une moraine pénible balisée on rejoint le bivouac

Aarbiwac tout confort, manque juste de la nourriture et du chauffage (il y a du gaz, et des boissons pour 5CHF)

 

Lauteraarhorn, face sud et arête sud est

Descendre du bivouac sur le Strahlegggletscher, le remonter en rive droite (pierrier) puis rejoindre le glacier. Au pied du Lauteraarhorn, repérer la cascade et le balisage qui indique la bonne vire.

Remonter la vire et traverser la cascade. Remonter alors les pentes de neige au mieux (ça passe un peu partout (45 - 50°) en contournant les éperons rocheux. Sur le haut la pente s'accentue un poil. (55°) on rejoint un petit col, le gendarme suivant se contourne en prenant à flanc après le col puis en remontant un petit couloir qui ramène à l'arête.

L'arête se prend soit sur le fil soit en versant nord (en restant proche du fil) les pas de II III se succèdent jusqu'au sommet

 

Descente :

par le même itinéraire

C'est long de descendre du bivouac , à la vallée !

 

 

Topo Lauteraarhorn

Topo Lauteraarhorn

Topo face Nord du Studerhorn (itinéraire envisagé mais non parcouru)Topo face Nord du Studerhorn (itinéraire envisagé mais non parcouru)Topo face Nord du Studerhorn (itinéraire envisagé mais non parcouru)

Topo face Nord du Studerhorn (itinéraire envisagé mais non parcouru)

Récit

Au départ, l'idée etait de partir sur la face Nord du Grand Paradis, avant d'enchainer sur la traversée du Cervin ou la Cresta Signal si elles étaient en conditions, tout ça avec Benjamin.

Milieu de semaine, je reçois un mail d'Ovidiu me proposant deux faces Nord méconnues : celle du Studerhorn et celle du Galenstock avec le topo tiré des 100 plus belles. J'avoue que les sommets ne m'attirent pas mais que partir avec Ovidiu est toujours un moment sympa (et technique).

Je trouve la face Nord du Studerhorn plus jolie, on décide de partir par là, on pourra aller faire le Lauteraarhorn en même temps.

Je récupère Benjamin à Yverdon puis c'est la route pour l'Oberland. On retrouve Ovidiu dans une station service au pied du Grimsel pass. On refait les sacs, il pleut mais on est à l’abri dans une station de lavage d'une station service,  puis on file vers l'hospice du Grimsel. Voilà le parking. On est accueilli par une petite bruine. On s'équipe dans la bonne humeur (toujours) on met les ponchos et nous voilà partis.

Il y a des travaux, il faut louvoyer pour rejoindre la voute du barrage dont la traversée est interdite... à  cause de ces même travaux. Retour au parking, on range tout dans la voiture pour trouver un parking en bas du barrage (20 -25 minutes de marche en plus, quand on sait qu'on est parti pour 5 à 7 h de marche...)

Quelques manœuvres plus tard on est en bas, je décide de laisser le poncho, avec un peu de chance, ça fera partir la pluie.

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Nous voilà parti sur un sentier efficace, et particulièrement travaillé : il y a des marches sur les dalles, on rejoint relativement rapidement la hauteur de la voute du barrage, dans le vent et sous la bruine, l’atmosphère est humide, mais l'ambiance reste bonne. On traverse un tunnel pour retrouver l'étendue du lac de Grimsel de l'autre coté.

Tout est trempé, et le sentier monte et descend tout en longeant le lac. On traverse une énorme cascade en crue. Le sentier est vraiment beau, mais, il faut l'avouer, un poil long. Tout est humide et il faut se méfier sur les dalles, de ne pas s'en coller une. La montée, si on peut parler de monter quand on ne gagne pas de dénivelé, se passe tranquillement. Arrivé au bout du lac, Ovidiu, qui a pris pas mal d'avance décide de nous attendre pour un petit pique nique. Le repas est frugal, je n'ai rien prévu part un micro paquet de chips. Je tape dans mes vivres de course en guide de dessert. Pour la suite, on décide de descendre sur ce qui ressemble à une plage en amont du lac. Le passage est agréable, on se croirait à Saint Tropez, sans les monde (et sans les  stars). On n'est même pas gêné par les bateaux ancrés au port !

L’endroit un chouette, bucolique à point. Au loin on aperçoit le front du glacier, sous ses amas de rochers... Ça , ça va être moins bucolique à remonter.

 

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

On progresse donc sur notre plage, le long du torrent glacière avant de rejoindre le sentier et un cairn énorme, orné de drapeau de prière. Le sentier s'élève alors au dessus du glacier... et s'en éloigne. On comprend qu'on est sur la sente de la Lauterhutte. On ne sort pas la carte, sur celle ci, dans mon souvenir, elle surplombe le  glacier d'une cinquantaine de mètres...

Bref, on remonte cette sente agréable, et pour une fois, ça monte !  On longe puis on traverse une jolie cascade, tout est vert, le soleil annoncé par le radar de Benjamin est enfin arrivé. Il y a juste un truc étonnant : on monte beaucoup quand même. Espérons qu'un joli sentier nous ramène au glacier... (qui a dit : "il n'a pas lu le topo". Oui, j'avoue que je suis peut être passé un peu vite sur la lecture du topo concernant la montée au bivouac...

Après chaque croupe, il y a une autre croupe, pour finalement arriver au refuge, perché à prêt de 200 m au dessus du glacier. Il y avait peut être plus court.

Arrivé sur ce magnifique belvédère, on en profite pour prendre des information auprès du gardien (merci à lui). On cherche notamment à trouver une voie de descente pour la face Nord du Studerhorn. Je lui évoque mon idée. Il me fait comprendre que ça passe mais que ça va être merdique, que la face Nord du Studerhorn est peu parcourue ces dernières années. Tu m’étonnes, avec Ovidiu, on fait tout le temps des faces Nord peu parcourues. C'est pas avec ces sommets que tu fais le buzz sur internet...

On essaie de repérer l’itinéraire de descente du Studerhorn, mais quelques nuages nous empêchent de voir le haut... dommage !

On a mis 3 h 45 pour atteindre le refuge, il en reste un peu...

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Et zou on attaque la descente pour rejoindre le glacier. Et, en lieu et place du joli sentier tant espéré..., on se tape 150 m d'échelles bien verticales et plus de 20 minutes pour rejoindre le glacier, couvert de roche. On remonte sur la croupe du glacier, trouvant au passage quelques munitions de l'armée Suisse (ça doit être une zone de tir à certaines périodes.

Nouvelle moraine, bien longue (tout est long dans cette montée en refuge) Ovidiu galope devant. J'avance avec Benjamin tout en papotant. Je perds Ovidiu des yeux dans cette immensité glacière. On descend vers ce qui semble être un verrou. De gros blocs rocheux accumulés permettent de traverser un gros torrent glacière. Le passage me parait évident. On remonte sur la moraine opposée, Je commence à appeler pour essayer de retrouver Ovidiu, qui en fait , nous attend, juste au dessus ! Nouvelle pause.

On est alors sur le Finsteraarhorngletscher et voilà enfin la glace, quelques tables posées sur celle ci. Le paysage est superbe, on commence à apercevoir la face Nord du Studerhorn.

On avance tranquillement, en découvrant les lieux, grandioses. on se sent tout petit. Ovidiu galope, nous on joue les escargots. Des pylônes en bois indiquent le chemin pour sortir du glacier. On fait une pause pour prendre de l'eau et ne pas être en rade arrivés au refuge. La suite est une nouvelle moraine à remonter. Le bivouac apparait alors. Pour nous achever, il faut remonter une pente un peu raide faite de gravillon qui ne demandent qu'à te ramener en bas.  La pente nous achève, Heureusement, le bivouac est là. Deux Suisses nous accueillent. On s'installe, on se rend compte que l'eau est accessible à 30 m du refuge (on a bien fait de faire le plein il y 1/2 h...)

Repas rapidement pris, et au lit, demain on a décidé de monter au Lauteraarhorn, on se réserve la face Nord pour après demain.

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

2 h 52, le réveil sonne (oui, j'ai négocié un réveil à 2 h 52, Ovidiu optait pour 2 h 45, moi pour 3 h, on a coupé la poire en deux, à 3 h 30 on quitte le bivouac pour descendre sur le glacier. Je mène le départ dans le dédale de rocher avant de retrouver le glacier, plat. On avance relativement rapidement pour trouver le pied de la voie, enfin ce qu'on croit être le pied de la voie.  Benjamin et moi laissons nos bâtons. Avant qu'Ovidiu ne décide de revenir en arrière... tant pis pour les bâtons. On se retrouve au vrai départ de la voie. Et hop, on remonte une vire puis on traverse un petit névé merdique avant des sortes de dalles recouvertes de gravillons... mon rêve.

Bref, je suis le maillon faible. Mais par chance, je ne sors pas, je marche juste derrière, prétextant une vidéo à réaliser pour passer devant mes deux acolytes... On rejoint des névés un peu raide, on grimpe, Ovidiu souvent très en avance sur nous. Pour un gars qui avait peur de ne pas être en forme après le confinement...

On s'élève, le soleil se lève, la vue est superbe, fermée par le Studerhorn et sa face Nord, tout au Sud.  On avance de pente raide en pente raide. Jamais extrême, mais peu d'endroit pour faire une pause à plat. Devant, les deux Suisses partis vers 1 h 30 du mat, font une trace, et je n'envie pas leur dur labeur. J'avoue que c'est assez cool de les laisser tracer (de toute façon ils ont trop d'avance) même si j'ai un peu honte (mais pas trop !)

La face Nord du Gross Fisscherhorn apparait, l'Eiger et le Mönch derrière. Au dessus de nous, des pentes de neige et des couloirs. L'avantage c'est que je suis passé ici il y a 4 ans lors de notre double ascension du Schreckhorn et du Lauteraarhorn. Quand on voit l'énergie qu'il faut pour une seule des deux ascensions : j'avais la caisse... Moins aujourd'hui.

 

La pente déjà sévère se redressait encore...

 

Je sens que Benjamin est dans le dur. Il se parle, il râle, un peu. Il faut dire que même avec la trace, ça n'est pas facile. J'avoue que je suis pas mal, même si je ne suis pas très rapide, c'est rien de le dire.
 

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

On aborde le dernier couloir, qui mène à l'arête. Je me décale pour faire une vidéo, je plante le piolet, je pause mes gants, je commence à filmer. "Et merde !" Excusez cette expression triviale, je n'ai rien trouvé d'autre à dire. Un de mes gants se fait la mal dans une pente à 55° ... Pas glop. Je le surveille, espérant qu'une variation de terrain stoppe sa chute avant qu'il ne soit trop loin... En plus je n'ai pas prévu de gants de rechange... pour une fois. Bon, par chance, 50 m plus bas, le gant s’arrête, un peu par miracle.

 

Je laisse mes deux compères et descends cherché le précieux gants. Je m'approche de lui délicatement, je n'ai pas envie qu'il file. Je le récupère, forcement, il est trempé, et j'attaque la remontée. J'ai beau avancer vite, Benjamin et Ovidiu sont déjà loin. Je prends un bon rythme et arrive à l'arête, ganté. Regroupement général.  Ovidiu décide de contourner le gendarme qui suit, il y a d'ailleurs de vieille trace. Petite traversée puis nouveau couloir un peu raide pour rejoindre l'arête.

Dans mon souvenir l'arête n'était pas longue, 10  à 15 minutes tout au plus...

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Bon j'avoue que parfois je ne garde que les bons souvenirs, et je raccourci souvent les timing.

On attaque donc l'arête, pour ce que je pensais une balade de santé avec quelques passages de grimpe. Malheureusement, je suis le dernier de la cordée, c'est moins bon pour "faire" des images... Tant pis. Ça grimpe un peu avant d'arriver à une dalle. Je vois Benjamin qui attaque tout en adhérence... sur ces crampons. Ouh là, je ne suis pas prêt psychologiquement à en arriver à de telles extrémités.  Perché sur ses crampons qui crissent tout en faisant des étincelles, Benjamin progresse. Tout comme mon stress quand je vois le passage. C'est mon tour... Hésitation, je finis par regarder à droite, versant Est, je descends d'un mètre, les pieds dans la neige, les prises de mains inversées. Je progresse, je remonte prudemment, reste un petit couloir et voilà comment j'ai contourné l'obstacle. Pas classe mais efficace et surtout... rassurant !

Et hop on repart  pour un peu de grimpe, plus facile. Devant Ovidiu galope , il a rapidement rattrapé la cordée des Suisses, ce qui a quelque peu ralenti son allure...

Je me suis un peu habitué à grimper en crampons (c'est pourtant pas la première fois)

L'arête est bien plus longue que dans mon souvenir et Benjamin me le fait bien remarquer.  Un petit replat et voilà le sommet à portée de mais, ou presque. Les Suisses sont en haut, Ovidiu les talonne, Benjamin et moi remontons les dernières pentes et la dernière arête. Je suis le dernier à rejoindre le sommet exiguë, je n'y resterait pas, pas de place, trop de monde (oui on était 5 mais il n'y a pas de place pour 5, et vu que je suis le dernier arrivé). Je n'aurai pas le loisir d'inspecter le bassin du Schreckhorn, la cabane du même nom dont le gardien terrorisait les alpinistes il y a quelques années

Je reviens rapidement quelques mètres en arrière.

La pause est courte, Ovidiu veut descendre avant les Suisses, qu'il trouve un peu lent.

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Et nous voilà reparti. Et c'est bibi qui fait la "trace" même s'il n'y a rien à tracer et que ça n'est pas compliqué. J'avance prudemment sur cette arête. Le vide à gauche, le vide à droite et l'arête qui n'est si engageante que ça. Bon j'avoue que je ne m'en sors pas trop mal. Plaçant une protection de ci , de là pour protéger, autant que faire ce peu, la progression d'Ovidiu.

Je retrouve la dalle de la montée et opère mon inélégant contournement express. Quelques minutes plus tard nous sommes au col.

On se décorde et on s'engage dans la descente.

Rapidement il faut se rendre à l'évidence. On est dans une soupe infâme

J'avoue que je suis assez à l'aise alors que les conditions ne sont vraiment pas top. De toute façon on n'a pas le choix (qui a dit on a toujours le choix ?) Il faut descendre.

Benjamin peste, il n'a pas de guêtres et la neige s'enfournent dans ses chaussures. Il progresse prudemment.

Je descends à fond, le couloir final puis la grande pente de neige. Je décide de faire une pause sur un plat pour attendre les autres. Ovidiu arrive assez vite et décide de continuer. Benjamin descend plus lentement, je l'entend qui s'énerve discrètement.

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

On repart, mais on ne sais plus bien par où on est monté, nos traces de montée ont fondu. Je passe devant, et je progresse assez rapidement dans les petits couloirs centraux.  On parvient à se laisser glisser sur les fesses sur les porions moins raide. Ça permet de se reposer tout en donnant un petit aspect ludique à la descente. On se trempe dans l’action le fond du pantalon.

 

On voit Ovidiu avancer rapidement bien plus bas. J'empêche Benjamin de faire trop de pauses, j'aimerais bien quitter ses pentes qui pourraient servir de déversoir à avalanche.  On sort le GPS quand on perd la trace. Pas de stress, on est pas mal. Il faut juste tirer sur la gauche. Je reconnais les dalles et le torrent à traverser. Ca passe, on rejoint Ovidiu qui bronze sur la vire. Il a déjà eu le temps de tout faire sécher.

Je propose d'aller chercher les bâtons qui sont un peu plus haut.

Je descends sur le plat du glacier avant de remonter au lieu de dépose. Devant moi le Strahleggpass que nous avions traversé lors de notre double ascension. Le col a l'air vraiment horrible et n'est pas du tout engageant. Je suis content de ne pas avoir à y remonter aujourd'hui.

Je récupère nos bâtons et rejoint Benjamin et Ovidiu un peu plus bas.

Ovidiu choisi de descendre par les rochers, nous choisissons le glacier.

Il fait tellement chaud qu'il est trempé (le glacier !). A chaque pas on risque de se retrouver dans une boue de glace et d'eau. Benjamin a déjà les chaussures trempées. On avance d'un bon rythme, je me retourne de temps en temps pour observe la progression d'Ovidiu.

On rejoint la moraine puis c'est la toujours désagréable montée finale au bivouac. On est tout content d'y arriver : notre maison.

 

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

On pique nique, on se repose puis on s'attaque à l'observation de la face Nord du Studerhorn qui semble avoir été ravagée par les avalanches aujourd'hui. On compare les photos de la veille avec les observations du jour. Pas très engageant. La paroi a été lacérée par des coulées.

Bon on verra bien.

On mange, et après réflexion, ses chaussures étant trempées, Benjamin décide de ne pas nous accompagner... dommage. Mais cette décision semble raisonnable.

Je file au lit à 19 h 30, hyper motivé. le sac prêt et bien lourd...

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Minuit 15, le réveil sonne. Dur de se réveiller en pleine nuit. Je déjeune, en silence pour ne pas réveiller Benjamin.  On quitte le confort du bivouac, dehors, il ne fait pas très froid.

On redescends sur le glacier puis on poursuit en descendant la moraine qui permet de rejoindre le Finsteraarhorngletscher.

Alors que sur le topo des "100 plus belles" , la trace passait par la rive gauche du glacier. Avec les crevasses et les séracs, aujourd’hui cet itinéraire est impossible, il faut rejoindre la partie supérieure du glacier et le pied de la face Nord par la rive droite.

Je marche devant jusqu'à me retrouver nez à nez avec une bediere infranchissable, je la remonte et trouve le passage au dessus. Ovidiu passe devant.  Je me cale 10 m derrière. Terminant ma nuit dans une marche tranquille. Les frontales éclairent à peine les séracs au dessus. Si tout va bien on est à l'abri d'une éventuelle chute

Devant Ovidiu s’arrête.

Il fait trop chaud, trop tôt. On discute et on décide de faire demi-tour. Les conditions ne sont pas là. On va prendre trop de risque dans une face Nord avec ce mauvais regel nocturne.

 

Demi tour, sur le glacier, je passe un peu plus haut et me retrouve dans une bouillasse, mélange de glace et de flotte. Vu que je suis engagé, je ne peux plus reculer. A chaque pas je m'enfonce un peu plus. Mes guêtres risquent d'être débordées. Je ne veux pas finir comme le Titanic !  Finalement je parviens sans trop faire exprès à l'autre rive. Ovidiu, goguenard m'y attend, il a lui réussi à trouver le bon chemin.

On repart et on remonte la grosse moraine puis la pente raide en gravillon qui permettent de rejoindre le bivouac.

Il est 2 h 10 quand on y entre.

Benjamin n'a rien compris il pense que ce sont d'autres alpinistes qui arrivent, et met un peu de temps à comprendre que c'est nous.

On file au lit pour une seconde nuit.

Je dors bien, comme un loir

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Vers 7 h je sens que tout le monde est réveillé, mais on profite de cette grasse matinée.  Le plaisir de rester au lit quand on sait que la journée va être constituer d'une trop longue descente. Et ben dans ces cas là, tu profites, tu glandouilles.

Bon on fini par émerger, déjeuner et nettoyer le bivouac.

Il est 9 h quand on quitte le bivouac.

Nouvelle descente désagréable, la bonne nouvelle c'est que c'est la dernière.

On rejoint la moraine puis le Finsteraargletscher. On profite du paysage, qui reste magnifique bien qu'il y aie quelques  longueurs... Et hop, on se retrouve sur les cailloux de l'Unteraargletscher. Je parviens à retrouver le verrou qui permet de traverser le torrent. De l'autre coté on remonte sur la moraine pour la descente. De temps en temps, il y a une pseudo sente.

 

Ovidiu essaie de me motiver pour une éventuelle future ascension de la face nord du Schreckhorn enchainée avec celle du Studerhorn. La taille des glaciers me font hésiter. Je ne sais pas si je serai motivé pour revenir ici. Ca nous occupe, on observe au mieux les lieux pour en comprendre les secrets...

On passe sous les impressionnantes échelles de la Lauteraarhutte.

Un chamois vient nous distraire

Puis on attaque la partie qu'on ne connait pas, la sortie du glacier. Elle est barrée de crevasses. remplie de cailloux. On passe d'une lame à l'autre.  Ovidiu s'amuse m'aime à balancer de gros blocs dans les pentes...

On retrouve la plage, Ovidiu persiste à rester sur le sentier tandis que nous optons pour l'option plage et sable blanc (ou presque). Il fait bien chaud pour le sentier qui borde le lac. Il ne cesse de monter et de descendre. On opère une dernière pause près de la cascade puis c'est le final et la courte descente qui ramène à la voiture.

 

Quel périple !

 

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 > >>