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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Alpinisme

Alpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 m

Apoutsiak — equateur5000expéalpinismeLes 100 plus belles

Le plus haut volcan du monde en activité

Dernière éruption importante : il y a 2 ans

Et ce jour... il fume !

Vidéo :

 

Topo

Cotopaxi voie normale (Nord)

Parking à 4600 m

Refuge Jose F. Rivas - ou refuge du Cotopaxi

Deux solution : soit remonter la combe en cendres volcaniques juste à gauche en montant depuis le parking ( itinéraire à priviliégier à la descente)

Sinon, traverser la combe et prendre le sentier en lacet qui amène au refuge (4840 m)

Cotopaxi 5897 m

Du refuge, partir sur la droite pou monter sur un petit éperon (sente) et remonter au mieux cet éperon en direction du sommet ( point le plus haut sans glacier) il y a une sente jusqu'à l'accès au glacier 5250 m

Sur le glacier, remonter vers le sud et contourner au mieux les crevasses (grosses, c'est plus facile quand c'est tracé) puis partir direction Sud Est pour passer sous la Roccia Negra (que l'on ne voit pas de nuit) Crevasses (toujours)

Rejoindre une zone étonnante, ou la dernière erruption a fait fondre la glace rendant l'endroit un peu brun et noirâtre (glace sale) .  poursuivre sans la même direction (pénitents)

et virer à droite à l'approche du cratère. 5897 m

Descente

Par le même itinéraire

Remarque

il faut être sorti du glacier à 10 h du matin

 

 

topo carte Cotopaxi
topo carte Cotopaxitopo carte Cotopaxi

topo carte Cotopaxi

Récit :

Réveil tranquille dans l'hacienda cuelo de la luna ( la traduction de Cotopaxi en espagnol : le cou de la lune)

Miguel passe nous chercher avec le gros 4X4 avant de prendre la route du parc du Cotopaxi sur laquelle nous récupérons Diego avant de faire quelques courses alimentaires dans une micro épicerie.

Au niveau des rangers, passage au resto et achats de quelques souvenirs. Puis on suit la piste, le Cotopaxi se dévoile légèrement, il y a quelques nuages au sommet. On se sent bien petits !

On est sur le plateau au pied du cotopaxi, la route s'élève doucement, devient terreuse, donc piste. Puis c'est la montée finale, en lacets, jusqu'à 4700 m, presque le Mont Blanc, encore une fois. Au programme 45 minutes pour atteindre le refuge. Ça devrait le faire !

 

montée au refuge du Cotopaximontée au refuge du Cotopaximontée au refuge du Cotopaxi
montée au refuge du Cotopaximontée au refuge du Cotopaximontée au refuge du Cotopaxi

montée au refuge du Cotopaxi

Et donc je pars, avec Anne dans la roue. Thierry lui est devant, il papillonne sur le sentier.  Il fini par nous attendre, et je prends mon rythme, laissant ensemble les deux tourtereaux. Le chemin s'élève, j'avance d'un bon pas. Quelques lacets, quelques touristes laissés sur place malgré mon chargement, et zou, le refuge, 32 minutes ! J'arrive juste après Diego qui est monté directement sans prendre les lacets.

On s'installe, le refuge est très chouette, avec pleins de touristes à l'intérieur.

Il y a des drapeaux de pleins de pays accrochés aux murs et les gens signent sur le drapeau de leu pays.  On voit des Dijonnais s’activer. Ce soir c'est la fête des guides, à priori on sera les seuls au refuge.

Grand dortoir confortable, on s'installe pour une petite sieste.

Puis bon repas dans la salle à manger.

On laisse les guides et les gardiens qui jouent au rami et vont y passer  une partie de la courte nuit (et une partie de leur argent) Pas sur que Diego ai beaucoup dormi... A priori c'est la gardienne qui a raflé la mise !

Je file me coucher tôt, petit comprimé pour dormir ( au fait j'ai lu juste avant de  partir un article qui déconseillait fortement cette pratique...). comprimé pas très efficace, je tourne pendant 3/4 d'heure avant de trouver le sommeil, la faute à la pluie qui pourrait s'inviter à la fête et nous gacher le sommet. Quand je me réveille, à minuit, tout le monde est déjà réveillé !

Refuge du CotopaxiRefuge du Cotopaxi
Refuge du Cotopaxi
Refuge du CotopaxiRefuge du Cotopaxi

Refuge du Cotopaxi

Descente à la cuisine, petit dej, sac à dos, l'envie d'en découdre, même si je n'aime pas trop se terme quelque peu guerrier.  On quitte le refuge, comme d'hab, je scrute le ciel à la recherche d'étoile, il n'y en a pas trop, et il a pas mal de nuages à priori.

L’ordonnancement est le suivant, Diego devant, Miguel derrière et les 3 touristes entre les deux. Je joue les électrons libres avec mon appareil photo wink.

On quitte le refuge pour remonter un sentier un peu plus au Sud avant de remonter une croupe avec une sente. Diego a le sommet dans la peau, il l'a surtout gravi la semaine dernière, on ne devrait pas se perdre. Nuit noire, c'est le cas depuis le début de notre séjour, pas un pet de lune ! Dommage. On imagine à notre droite le glacier. On remonte une pente de sable et Diego nous trouve la trace. la neige tombé cette nuit, nous laisse une ambiance fraiche. on passe comme souvent les 5000 m et 200 m au dessus c'est le glacier; L'occasion d'une bonne pause pour se préparer boire et manger un peu.

 

 

du refuge du Cotopaxi au glacierdu refuge du Cotopaxi au glacierdu refuge du Cotopaxi au glacier
du refuge du Cotopaxi au glacierdu refuge du Cotopaxi au glacier

du refuge du Cotopaxi au glacier

Les cordées sont les mêmes que sur les Illinizas : Diego Thierry et moi ( je ferme la marche) et Miguel avec Anne, on part devant et ça m'arrange, je pourrai filmer la cordée de derrière. On est complètement seuls sur cet immense volcan, à priori, les jours de pleine affluence il y a la queue pour passer les crevasses ! La Chance !

Les crevasses parlons en, au bout de 5 minutes, on croise la première, l'embouchure est fine, bordée de stalactites mais profonde et vaste en dessous, comme une meringue, il y a plein d'air. Elle a dans l'idée de nous happer, mais nous, ben on ne veut pas. Le regel et bon et c'est sans encombre que nous la traversons.

 Plus haut, dans le halo de la frontale, je vois un grand champignon de glace de 15 m de haut. Un sérac à la forme étonnante. Je sens déjà que la descente va être magique. Diego fait quelques pauses pour que les cordées se rattroupent.

On repart, nouvelles crevasses, petits séracs, on avance. Diego connait le chemin par cœur. Je ne sens aucune fatigue, l'acclimatation a été bonne et le rythme lent me laisse profiter de chaque instant ( et le comprimé pour dormir m'a permis d'avoir une bonne nuit...)

Pause sous un sérac, en bordure de crevasse. Le froid n'est pas intense mais il est bien là. Un peu de thé chaud, une barre et on repart. On longe une énorme crevasse, une autre plus petite, perpendiculaire vient nous barrer la route, un piolet au dessus, un grand pas, juste le temps de regarder avec la frontale au fond, mauvaise idée... ça fait peur, de toute façon, la corde se tend, il me faut avancer, et laisser là mon observation des entrailles du glacier. A droite, la crevasse principale me laisse imaginer les trous qu'il y a en dessous.

Le rythme est lent mais on avance bien !

Dans les crevasses du Cotopaxi by night !Dans les crevasses du Cotopaxi by night !Dans les crevasses du Cotopaxi by night !
Dans les crevasses du Cotopaxi by night !Dans les crevasses du Cotopaxi by night !
Dans les crevasses du Cotopaxi by night !Dans les crevasses du Cotopaxi by night !

Dans les crevasses du Cotopaxi by night !

Au dessus, les crevasses et les séracs se succèdent, le jour commence doucement à se lever. On approche une zone où l’éruption d'août 2015 a laissé des traces. La glace a fondu, elle est devenue noirâtre un peu sale. Le glacier prend une forme étonnante. On opère une pause au milieu de  ce chaos. Anne a froid aux mains. Chacun s'active a essayer de la réchauffer, je lui masse les mains, tandis que Miguel lui propose une doudoune qu'elle refuse. Elle souffre d'un onglet de compet'. On prend le temps que la circulation sanguine reparte avant de repartir nous aussi.

Pour la suite, on remonte une pente monotone bordée de pénitents blancs (de petite taille) mais intérieurement je me dis qu'heureusement qu'il y a une trace, ça serait galère de marcher à coté ! Ça sent le sommet. Je sais qu'on va y arriver, je regarde le ciel un peu gris.

 

Nouvelle pause, Anne arrive en pleurs. Dur. Elle fini par accepter la doudoune de Miguel, on se remet à tous à la réchauffer. Et grâce à la grosse doudoune, elle reprend des couleurs. On opère un virage, l'un des derniers, on remonte sur le bord du cratère, j’aperçois le bas de celui ci ! Encore quelques mètres, Sommet !

Bizarrement, tout est calme, pas un bruit, le volcan émet des panaches de gaz toutes les 3 4 minutes... sans bruit (et sans odeur) Il y a peu de vent; on se congratule, Anne et Miguel déboulent derrière. Yes !

Et vu qu'il ne fait pas trop froid, grosse séance photos et vidéo; Je réussi à faire la roue . Anne embraye, la sienne est plus jolie, comme à chaque fois. Faudra un jour que je m'entraine en plaine !  A oui, j'ai oublié de vous dire que c'est mon nouveau record, 2 mètres plus haut que le Kilimandjaro !!! 5897 m !

Sommet du Cotopaxi 5897 mSommet du Cotopaxi 5897 mSommet du Cotopaxi 5897 m
Sommet du Cotopaxi 5897 mSommet du Cotopaxi 5897 m
Sommet du Cotopaxi 5897 mSommet du Cotopaxi 5897 m
Sommet du Cotopaxi 5897 mSommet du Cotopaxi 5897 m

Sommet du Cotopaxi 5897 m

Mais là, j'avoue que je ne pense pas à ce record, je regarde avec admiration le cratère, et les panaches de fumés qui en sortent ! Magique ! Au loin, les autres volcans de l’Équateur, ceux gravis, et le Chimborazo qui sera notre dernier objectif.

Chacun profite de ce spectacle incroyable. Le soleil peine à percer les nuages, mais ça reste magnifique. Je propose à Miguel de faire le tour du cratère, mais l'idée ne l'enchante guerre. Dommage.

On fini par plier les gaules, on aura passé trois quart d'heure au sommet.

Sommet du CotopaxiSommet du Cotopaxi
Sommet du Cotopaxi
Sommet du CotopaxiSommet du CotopaxiSommet du Cotopaxi

Sommet du Cotopaxi

On se lance dans la descente, moi devant , tel un bizuth suicide. Bon le départ est facile, descente le long de la paroi du cratère puis quelques virages dans les pénitents blancs. Tout va bien, on rejoint la zone qui a subi les foudre de l’éruption de 2015...  Pause. Et je repars dans le dédale de crevasses, ça remonte un peu puis ça en longe une. A l'aller on avait pas trop bien vu, au retour c'est vraiment spectaculaire.

Les crevasses sont énormes et les ponts de neige sont impressionnants.

Les obstacles juste aperçus dans le halo de la frontale à la montée , se révèlent dans toute leur splendeur sous le soleil à la descente. C'est incroyable, je profite de chaque instant dans ce paysage unique.

 

 

Les crevasses et séracs du CotopaxiLes crevasses et séracs du Cotopaxi
Les crevasses et séracs du CotopaxiLes crevasses et séracs du Cotopaxi
Les crevasses et séracs du CotopaxiLes crevasses et séracs du Cotopaxi

Les crevasses et séracs du Cotopaxi

Les crevasses s'enchaînent, j'essaie de me faire léger sur chacune d'elle (chose évidemment peu évident quand on me connait) . Par chance, ça passe sans souci aujourd'hui. et la progression vers le bas est rapide, en dépit des nombreuses pauses photos.

Derniers obstacles et c'est la sortie du glacier. La pause est courte, juste le temps de se décorder et de ranger les crampons.

Descente à fond dans le sable volcanique recouvert de neige. Je pars à fond vers le bas. Avec Thierry juste derrière. Il est doué Thierry.  Il passe devant. Je bourrine pour le suivre, ça va vite, le sable glisse sous les chaussures. Le refuge approche à grande vitesse. Faudra penser à freiner si on ne veut pas le rater... On récupère la sente pour les derniers mètres. Et zou, le refuge.

On étale nos affaires pour un court séchage. Et on grignote du maïs grillé, comme d'hab !

Crevasses et séracs - le glacier du CotopaxiCrevasses et séracs - le glacier du CotopaxiCrevasses et séracs - le glacier du Cotopaxi
Crevasses et séracs - le glacier du CotopaxiCrevasses et séracs - le glacier du CotopaxiCrevasses et séracs - le glacier du Cotopaxi
Crevasses et séracs - le glacier du CotopaxiCrevasses et séracs - le glacier du Cotopaxi
Crevasses et séracs - le glacier du CotopaxiCrevasses et séracs - le glacier du Cotopaxi

Crevasses et séracs - le glacier du Cotopaxi

Crevasses...Crevasses...Crevasses...
Crevasses...Crevasses...Crevasses...
Crevasses...Crevasses...
Crevasses...Crevasses...

Crevasses...

Alpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 mAlpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 mAlpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 m
Alpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 mAlpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 mAlpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 m
Alpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 mAlpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 mAlpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 m

Le repos est court, le sac est déjà sur le dos pour la descente à la voiture.

Je pars derrière Miguel, qui, je le sais à présent, est un moins grand descendeur que moi (ou moins bourrin) Je reste sagement 2 minutes derrière lui, puis je passe la surmultipliée. Descente rapide dans la combe en sable volcanique. ca va très vite, je laisse quelques touristes sur place, j'en croise d'autre. Il ne me faudra que 7 minutes pour rejoindre la voiture !!! incroyable !  Bilan, il faut attendre les autres.

La magnifique journée est terminée, reste la longue roue jusqu'à Banos, et le doux repos avant le Chimborazo ... mais nos plans seront contrariés.

Alpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 mAlpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 m

Épilogue

Arrivée à Banos, on décide de faire un petit tour de la ville et de profiter des bains réputés à l'autre bout de la ville. Arrivés au bain, on se rend compte que c'est la fermeture. Bref, on reviendra demain.

Un vieil Équatorien nous aborde; Il nous explique, en anglais, qu'il faut un bonnet de bain et que le tarif est de 2 € , mais que pour moi, l'homme du 3ème âge, ça n'est que 1 € 50 !

Je regarde Thierry qui me regarde. Visiblement on a bien compris qu'il me parlait d'un tarif 3ème âge compte tenu de mon âge avancé.

Le type s'en va

Ça m'a coupé les pattes

Le matin, tu virevoltes en faisant la roue sur un sommet de près de 6000 m

Et l'après midi, quelqu'un vient te dire que tu as l'âge du "3ème âge" !

Ça m'a détruit

Quand on a raconté l'anecdote à Miguel le lendemain, ça lui a fait la journée !

Alpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 mAlpinisme : Volcan Cotopaxi - 5897 m

Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m

Apoutsiak — alpinismeADequateurLes 100 plus belles

Une magnifique montagne, un peu technique mais belle.

Et zou, direction le sommet, beau temps au rendez vous !

Vidéo

Topo

D-

Du refuge des Illiniza (47OOm)

Partir à 'Est au dessus du refuge, non le sentier du col, mais le sentier qui part à gauche et rejoins une épaule au dessus du col

Poursuivre à flanc et venir buter sur une barre rocheuse avec un couloir raide de 30 m . Remonter ce couloir (escalade II III - rocher parfois instable parfois en mixte)

Au dessus, remonter la pente à gauche qui ramène vers le glacier.

Se mettre dans l'axe du glacier et remonter la pente raide 55 - 60° en glace 3 longueurs, elle se couche légèrement  sur le dessus rejoindre une grosse crevasse, la traverser et remonter vers le pied d'une barre  de séracs (avec stalactites) tirer à droite, une longueur en diagonale (qui longe les séracs) à droite permet d'atteindre un replat.

Tirer à gauche sur 150 m (plat)  et remonter la zone mixte qui permet de gagner le col, de là , à droite par l'arête facile jusqu'au sommet

 

Descente par le même itinéraire.

 

Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m

Récit

Réveil à 3 heures, je m’habille, mécaniquement, j'en ai fait des réveils à 3h  en montagne, c'est presque devenu une habitude, direction la cuisine-salle à manger voisine. Petit dej copieux, je n'ai pas trop faim, mais je me force un peu. Retour dans le dortoir, reste à passer au toilettes avant de mettre le baudrier.

Oui, je vais en profiter pour donner un conseil : Toujours mettre le baudrier au dernier moment, cela permet d'aller aux toilettes un peu moins au dernier moment, et de n'avoir pas à gérer les difficultés liées au retrait, mais surtout à  la remise en place de celui ci... On a trop souvent vu des alpinistes avec le caleçon sur le baudrier !... Fin de l’aparté.

Bref, une fois les petites opérations matinales réalisées, Miguel réalise une rapide check-list du matos et lance le top départ, depuis le refuge. Et notre fine équipe s'ébranle dans le noir, sous le magnifique ciel étoilé.

Diego fait le rythme, nous on se retrouve intercalés et Miguel ferme la marche

Rythme assez lent mais efficace. Devant, on voit les frontales de l'unique cordée qui nous accompagnera aujourd'hui (avec comme guide, celui qui s'est moqué de nous hier).

 On rejoint rapidement le pied des difficultés, l'autre cordée est là, en train de se préparer.

Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m

La cordée de devant part dans un couloir qui semble un poil merdique. Le guide est vite en haut, mais les deux Équatoriens petouillent pas mal, le second perd même son crampon. Diego file l'aider à le remettre. Ça ne semble par hypertechnique, mais ils ont l'air de galérer. Après une attente un peu trop longue, Diego s'engage dans le couloir ,et à fond, notre speedy gonzales des cimes atteint le relai.

Thierry et moi avançons jusqu'au pied des difficultés, et c'est parti, quelques rochers pour les mains, de la neige sous les crampons, on s'élève, je me permets de donner quelques conseils à Thierry qui visiblement n'en a pas vraiment besoin, il est doué, Thierry !

Au relai, on passe devant tout le monde, pour rejoindre la neige, derrière, l'ombre de l'Illiniza Nord, gravi hier. Tout est sombre. Voilà le glacier et les difficultés, une belle pente avec des passages à 60°  par endroit, j'en ai rêvé !

Et zou, on part devant, d'abord en corde tendue, jusqu'à la première broche. De là Diego file vers le haut tel un chat, il porte bien son surnom El Gato : le chat ! Arrivé en haut, les autres cordées, celle de Papasito, le guide avec ses deux Équatoriens et celle de Miguel et Anne, remonte notre corde en l’utilisant comme corde fixe. Bon ben nous , dans les alpes on ne fait jamais ça. Miguel m'a expliqué que la veille, les guides se sont arrangés pour faire cause commune.

Attente un peu longue, puis départ vers le haut, glace noire recouverte d'une fine pellicule de neige. Par chance j'ai eu la bonne idée d'emmener mon quark, qui ancre parfaitement dans cette glace. C'est raide, Thierry, 3 mètres devant, ne voit pas les difficultés, trop fort.

On rejoint le relai, Diego repart, à fond, et tous les autres suivent, une fois que le relai suivant est installé.

Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
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Je sais que c'est ça que je suis venu chercher ici, un couloir raide, des séracs à notre droite, au dessus une grosse crevasse avec des stalactites énormes sur la lèvre supérieure, comme une gueule de requin qui souhaiterait nous manger.

Attention, nous ne sommes pas du menu fretin !

Nous rejoingnons la crevasse, court replat et pause sur la lèvre inférieure. Je suis aux anges, il fait grand beau, le soleil se lève sur l'Illiniza Nord, nous restons dans l'ombre.

On repart vers le haut, traversée du pont de neige puis pente raide avant de se retrouver sur des séracs tout aussi épatants avec leurs stalactites ! Chez nous, ils ne ressemblent pas à ça ! Relais sous les séras, Diego part à droite dans une pente de neige, longeant le pied de la barre de séracs. Nous, on suit, et on rejoint un joli replat pour une pause au soleil !

Boire, manger un  peu avant la suite.

Petite traversée, le long de crevasse masquée que l'on sent imposante. C'est Diego qui joue les bizuths suicides et ça m'arrange. On arrive au pied d'un petit couloir en mixte. Et c'est reparti.

Bon, ben, si de loin, le couloir paraissait difficile, dedans, c'est plus simple.

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on s'élève, que dis je on virevolte, je continue à donner d’inutiles conseils à Thierry, qui poliment, me laisse déblatérer, il se débrouille comme un vieux grigou des montagnes. Sur le haut, le col, magnifique, incroyable, des corniches en crème chantilly, au loin d'autres volcans, dont le Cotopaxi, notre futur objectif, je suis aux anges !!!

C'est beau !

Reste l'arête, elle parait simple, mais j'avais compris que la veille les cordées avaient buté sur celle ci. En fait, la fin est rando, et j'ai l'impression que les cordées d'hier ont fait demi tour tôt, dès les premières difficultés et la glace noire à 60 °...

Bref, quelques mètres de bonheur et d'émotion, des pensées pour plein de mondes, notamment papa, grand randonneur devant l'éternel, qui doit surveiller de prêt cette ascension.

Sommet, congratulation, la cordée Miguel Anne arrive 2 minutes plus tard avant les Equatoriens.

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Classique pause au sommet, des photos, des films, seul, en groupe. Des photos des sommets , des corniches. Attention à ces dernières, la crème Chantilly n'aime pas le passage.

On repart vers le bas

première partie rando, je dépote.

On bascule dans le couloir en mixte, facile jusqu'au replat, où on m'impose une pause.

j'aurais bien continué. Pas grave , on poursuit à flanc, bord de crevasse que l'on longe. C'est jamais bon de suivre une trace qui va dans le sens des crevasses, tu ne sais à aucun moment si tu es dessus. Puis on bascule le long du séra, raide mais facile. En bas, pause. Les autres cordées descendent en main courante sur notre corde.

 

Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
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Partie suivante, descalade d'une première pente raide, entre le sérac et la crevasse, en pointe avant, la neige est correcte, ça passe. Pause dans la crevasse avant de repartir dans les pentes plus raides. Je dois retrouver le relai laissé en place. Trouvé, je me vache puis m'occupe de Thierry qui ne comprend pas trop les manoeuvres et passera la descente à essayer de comprendre, alors que c'est parfois difficile à expliquer (notamment du fait des techniques variées utilisées par nos guides) Diego arrive au relai, je pars devant avec pour mission de brocher en bas. Il me file une borche non vidée de glace le fourbe, mais je m'en rends comtpe et lui en demande une de qualité... On ne me la fait pas ! Je finis par m'executer, et , en bout de corde, je broche, je nous vache. Les autres descendent toujours en utilisant notre corde comme corde fixe. Toujours etonnant. Les Equatoriens passent, on voit que leur technique est imparfaite. Les gestes sont imprécis et ils sont peu à l'aise. Leur guide les assure.

Papacito les descend en moulinettes. Miguele et Anne passent, en desescalade. Anne a du mal à cramponner la glace noire. C'est l'endroit le plus raide Elle en chie comme on dit dans le jargon. Je la vois s'énerver. C'est vrai que la qualité de la glace n'y est pas !

Diego nous organise une moulinette à deux !

Je pars et j'aide Thierry à trouver la bonne position.  On descend assez rapidement cette longueur jusqu'au relai suivant. Anne poursuit vers le bas en désescalade. Notre tour vient. Quelques pas face à la pente, puis on se retourne, les difficutlés sont derrière nous

 

Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 mAlpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
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Reste à rejoindre le petit couloir mixte. La neige à fondu. La descente est aisée.  Reste juste à se décorder et à enlever les crampons. Une jolie rando nous ramène au refuge, on est heureux !

Petite pause le temps de boire un peu et de refaire les sacs. Des groupes d'Equatoriens, partent à l'assaut du sommet nord, bien tard, mal équipés et mal encadrés, comme hier !

Puis on se lance dans la descente.

D'abord la moraine , à fond ! Je rattrape des groupes avant d'attendre les autres. Puis le plat, je me plate un peu de sente, on est trop au dessus de la trace. Anne râle, elle ma suivi et le regrette. Le bon sentier ne me parait pas loin en dessous; Je finis par me résoudre à le rejoindre. Ca pique un peu les guiboles au passage.

Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m
Alpinisme Equateur : Illiniza Sud 5248 m

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 m

Apoutsiak — alpinismeequateurexpé5000Anne

Un sommet gravi un peu à l'arrache

La vengeance du Cayambé...

 

Vidéo :

Topo

Parking de la Vierge 3900 m

Passage obligatoire par la cabane de rangers (inscription obligatoire, entrée du parc gratuite) Le parking est à 5 - 6 km environ de la cabane, piste correcte

Refuge des Illinizas 4700 m

Suivre la piste  pui la sente qui amène à la moraine. Remonter la moraine puis par une traversée , rejoindr ele refuge des Illinizas 4700 m

Illiniza Nord

Quitter le refuge vers l'Est puis le Nord Est pour rejoindre le col des Illinizas.  remonter l'arête Sud en restant versant Est (sente, quelques passages aoù il faut mettre les mains) on vient buter sur un ressaut infranchissable avec de la glace en Chantilly (4950 m) Tirer alors à droite en descendant (II III) et contourner par le Nord. Rester à flanc sur la vire de la Mort  passez un collet et continuer à flanc .

Remonter le couloir soit en son centre (neige glace) soit par les rochers à droite (II III) en haut du couloir, basculer sur la vire à gauche et revenir sur l'arête. Le sommet se gravi en restant versant Sud.

Descente

par le même itinéraire

topo illiniza nord norte
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Récit

Bon, il faut bien avouer en préambule, qu'on avait été bien énervé par notre but au Cayambé. Et qu'on voulait rentabiliser ces deux jours au refuge des Illinizas... Le 4X4 quitte le refuge bien sympathique pour le pied des Illinizas. On récupère Diego, notre second guide sur la route, on passa faire 3 courses dans une supérette à moitié vide. Passage chez les rangers, puis la piste pour rejoindre le parking. Il fait gris, c'est pas grave, pourvu qu'il fasse beau demain !

La piste est bonne et on rejoint rapido le parking. Chacun se prépare tout en discutant. Et c'est parti, Diego se place devant, Miguel derrière, et nous entre les deux guides. On est à l'altitude des grandes herbes. Quelques jolies plantes vienne égayer le paysage. Il y a même de petits arbustes. Je surprend u npeu Diego en galopant devant pour faire des vidéos, il faudra qu'il s'habitue !

On progresse, je me retrouve devant, à faire le rythme, comme j'adore. On a prévu de pique niquer dans un chouette endroit, et je propose à Miguel, les jolis rochers à notre gauche. Choix non validé, il connait un endroit bien meilleur.

Un quart d'heure plus tard il s'arrête dans une zone toute boueuse, très satisfait de son choix ! On n'a pas de place, la zone est humide, il n'y a pas de vu, j'avoue qu'on n'a pas trop compris... Le pique nique est délicieux, il faut dire qu'il y a de très bons avocats !!! on repart vers le haut, il tombe trois goutes. Je suis devant.

On rejoint la moraine, les autres s'arrêtent, je continue, et je me retrouve une centaine de mètres devant le groupe. Il pleut plus fort à présent et l'orage claque au loin. Ca tombe bien on est pile sur l'arête de la moraine, si ça claque ici, ça va être chaud.

Miguel me rattrape et me passe.  La pluie est dense. chacun s'est arrêté pour mettre des vêtements de pluie. J'ai été assez fin, j'ai laissé la cape de pluie dans mon sac dans la vallée... bien joué. La pluie est dense, je finis par m'arrêter, mettre des gants.

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 m

On rejoint la moraine, les autres s'arrêtent, je continue, et je me retrouve une centaine de mètres devant le groupe. Il pleut plus fort à présent et l'orage claque au loin. Ca tombe bien on est pile sur l'arête de la moraine, si ça claque ici, ça va être chaud.

Miguel me rattrape et me passe.  La pluie est dense. chacun s'est arrêté pour mettre des vêtements de pluie. J'ai été assez fin, j'ai laissé la cape de pluie dans mon sac dans la vallée... bien joué. La pluie est dense, je finis par m'arrêter, mettre des gants.

J'avais en tête de monter au sommet Nord dans l'après midi, mais vu la pluie, ce projet est abrogé, on va se contenter d'essayer de faire secher les affaires.

Pendnat mes reflexions, tout le monde m'a passé, même Thierry qui semblait vouloir m'accompagner est devant, et il m'est impossible, même d'imaginer pouvoir marcher à son rythme. Alors, tel le capitaine Haddock , je me morfond, derrière, loin derrière les autres. Il pleut dru, l'orage claque, l'interminable moraine se moque de mon rythme de pachyderme !

 

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Il grêle à présent. Les grêlons viennent frapper la goretex et recouvrir le sol de leur blancheur. Des éclaires viennent sillonner le ciel, le tonnerre me glace le sang. Pas top,d'autant plus que je sais que le refuge est froid, ça 'est pas ce soir qu'on va faire sécher notre matos...

Après la grêle, la neige, Thierry a disparu, Miguel est une centaine de mètres devant moi. Il neige dru. L'avantage c'est que ça mouille moins, mais vu que je suis trempé...

La moraine s'achève un peu au dessus, enfin je peux apercevoir le refuge. Reste 5 minutes à pied. Petite traversée, le voici, il est sombre, froid et humide, ça va être chaud de faire secher les vêtements pour demain. On accroche tout ce qu'on peut aux clous et on file en cuisine pour le gouter. Du maïs, du thé, ça réhydrate et ça permet de se réchauffer. On papote avec Thierry, le temps a l'air de se calmer, on décide d'aller se balader, vers le sommet Nord, on verra bien. On propose à Anne de nous accompagner.

On annonce à Miguel notre intention de sortir nous dégourdir les jambes, sans lui préciser le fond de notre pensée.

Il est déjà tard (15 h 30) , le soleil se couche vers 18 h, il ne faut pas trainer...

 

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Et c'est parti, on galope jusqu'au col (en fait Anne  a pris du retard au décollage et on l'attend au col)

Il fait gris moche avec pas mal de vent. Je repère la sente pour la suite, et on file vers le haut. J'avoue que je suis hyper motivé, alors j'avance à fond, ça me permet d'anticiper et de trouver la sente facilement. Pour l'instant, on reste à gauche de l'arête avec quelques passages où il faut mettre les mains. Pour l'instant, tout va bien. J'ai hâte d'être invisible du refuge, que les guides ne nous voient plus ... on avance bien et on vient buter sur une paroie verticale avec un bout de glace sorbet à la forme bizarre. Courte hésitation, ça doit passer à droite.

Quelques pas d'escalade, prudence, le rocher trempé est glissant. Thierry, tel un chat me suit sans problème, quel surdoué.  On poursuit à flanc, sur la droite pour atteindre une vire. Pas difficile mais peu prisue, la partie superieur en dévers, laissant le corps penché vers l'arrière , vers l'abîme... La neige a fait son apparition et je trace à présent vers un petit collet. On entend des voix mais on ne voit personne, pour l'instant.

Je passe le collet et poursuit.

Devant moi un groupe de jeunes Equatoriens sous équipés (basket lisses, pas de vêtement technique) semblent congelés. Je leur demande combien de temps pour le sommet (en anglais) 1 h me répond t'on, ça va être juste (en fait il nous faudra une grosse dizaine de minutes). Je leur explique comment se réchauffer, et je comprends qu'ils se sont mangés l'orage que l'on a pris en montant au refuge. En plus ils ne sont visiblement pas doué, l'environnement étant particulièrement hostile aujourd'hui. Leurs guides (marrons) mettent du temps dans des manœuvres de corde dangereuses. Ils ont tous l'air tout droit sortis du congel, leur chaussures, lisses, me laissent sans voix !

On file vers le sommet, on les aidera à la descente...

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Au dessus, une cordée dans un couloir en neige est glace. Je gravis le bord droit du couloir en escalade puis traverse. Le croisement avec ces débutants est particulièrement dangereux. Nouvelle vire, on repasse de l'autre coté de l'arête. Ca sent le sommet, et ça fait du bien. Je grimpe, je file, voilà la croix, dans le brouillard, ça ne fait rien, je suis content d'être là ! à ma place !

Thierry et Anne arrive 1 minute plus tard (il faut dire que j'ai bourriné pour faire la vidéo) Et on se retrouve joyeux mais sans vue, là haut. Anne est montée en pyjama à 5000, une simple sous couche sur les jambes !

La pause est courte, on sait qu'il faut qu'on rentre tôt pour ne pas inquiéter nos guides (et faire sérieux)

 

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Et go, bon des le départ, je suis trop haut, et Anne retrouve la sente. J'avoue qu'autant à la montée tout m'avait paru évident, pendant 5 minutes je ne reconnais plus rien. Jusqu'au début du couloir, dévalé sans souci. Sur la vire, pas de traces des Equatoriens qui ont du descendre directement vers le parking. On entend leurs voix au loin sans les voir.

Anne est devant, Thierry se débrouille derrière et je ferme la marche, on passe les vires de la mort ( on a su après qu'elles s'appelaient comme ça ! C'etait sans doute aussi bien !)

Nous voilà sur l'épaule, le vent, un poil de neige, on sait qu'il n'y a plus de grosses difficultés.

Et on galope vers le bas, j'enlève les lunettes de glacier, le givre en a envahi l'interieur, et il fait bien sombre maintenant. On commence à se demander ce qu'on va dire à Miguel. Je sais d'avance qu'il doit se douter de l'objectif de notre petite balade. on en discute en rigolant, tout en dévalant les sentes. On voit le refuge, voilà le col, toujours le vent, étonnament, lors de la sortie, les vêtements on donner la sensation de secher ...

On s'approche du refuge, je vois Miguel qui fait les 100 pas devant. Anne et Thierry m'ont laissé judicieusement passer devant (quoi, ils ne seraient pas téméraire); Je salue Miguel, je vois qu'il fait un peu la tronche,

"vous etiez où ?",

moi "au sommet nord"  c'est sorti tout seul, de toute façon, je n'aurais pas pu lui mentir !

Miguel "sans casque ?"

Moi "ben non mais on a vu pire"

Je vois qu'il n'ai pas ravi de notre sortie. Moi je suis tellement content que je pense que lui explique la promenande, la vire, les Equatoriens congelés, le couloir, le sommet dans le brouillard.

on rentre dans le refuge. Tout le monde est atablé, on bois du thé en mangeant du maïs (comme d'hab)

Le repas est mangé dans une ambiance bizzare, je comprends qu'un autre guide espagnol se moque de nous "Ils n'ont qu'à aller faire l'Illiniza Sud tout seuls !"

C'est pas grave, on a retrouvé la banane, et le guide Equatorien sera bien content de nous trouver sur sa route demain ! ...

Reste à essayer de faire secher les affaires, à manger et à dormir...

Demain, en route pour l'Illiniza sud, une autre affaire

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
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Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

Apoutsiak — alpinismeequateurbuthumeur

Je pensais qu'on allait au sommet

Une légère incompréhension avec le guide et une grosse déception !

 

Vidéo :

Topo

Accès refuge :

On monte en 4x4 au refuge : à plus de 4700 m

De la ville de Cayambe, prendre la route qui part au sud de la ville vers l'Est. Passer à El halto puis à Monjas Halto. Un peu plus haut se trouve la cabane des rangers, passage obligatoire. reste 10 km de mauvaise piste (après 10 km de piste plus que moyenne). Quelques kilomètres plus haut, une mamy va faire en sorte que vous vous acquittiez d'un péage très local. Une pièce et elle laissera passer votre voiture (possibilité de péage également à la descente)

Seuls les 200 derniers mètres de déniv nécessitent le 4X4 en position 4X4, la route étant de mauvaise qualité.

 

Epaule 5400 m(F)

Penser à repérer le départ la veille (de jour) attention, la sente de descente est bien balisée (poteaux blancs) mais doit être galère à remonter dans du sable volcanique

Remonter au dessus du refuge en légère ascendance à gauche pour venir buter sur une barre rocheuse. (panneau). Barre rocheuse que l'on remonte (II III) pour parvenir à un replat. 4800 m. Poursuivre NNE en descendant un peu avant de remonter au mieux vers le glacier (sente)

Remonter le glacier en direction nord nord est. Laisse l'épaule 5200 m à gauche et poursuivre vers la droite, traverser à flanc et revenir sur le col à 5400 m

Sommet

Louvoyer vers l'Est au mieux entre les crevasses et les séracs.  et après un replat, gagner le sommet ( cette dernière partie n'a pas été vérifiée)

Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

Récit

On descend du Volcan Imbabura, bon, on es allé jusqu'au Primera Cumbre, c'est à dire le premier sommet. Le second était, d'après Miguel, trop loin pour être atteint. Le 4X4 redescend dans la vallée la route bien raide. Puis on sillonne les vallées entre Otavalo et Cayambe. Les glaciers du volcan Cayambe brillent et leurs séracs m'attirent. Pause dans la ville de Cayambe histoire de préparer le pique nique de demain. On reprend la route. La piste est de qualité moyenne, on avance lentement et, au bout de 10 km... je vois un panneau "Refuge 10 km" on n'est pas rendu ! La cabane des rangers est déjà fermée, on poursuit, quand une vieille Mamy se met en travers de la route, au ras du 4x4. Miguel nous explique : "c'est le péage" Il sort une piecette de sa bourse et la Mamy repart dans le bosquet d'où elle avait surgit !

La voie est libre, les pavés sont défonçés par le passage des 4X4. C'est long, mais c'est beau ! On voit de lapins détalés, des cerfs et des biches paitre. Petite pause photo ,le Cayambe brille, c'est beau. Derniers mètres, Miguel met le 4X4 en mode 4X4 et ces mètres sont avalés.

On se gare en face du refuge : 4700 m ... Incroyable pour nous , Européens !

On décharge le matos, on s'installe dans le refuge un peu froid, puis on passe boire du thé et manger du popcorn.

Repas du sort excellent avant d'aller se coucher tôt, demain, on se lève à 3 h

Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
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Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

J'ai bien dormi, passage au petit déjeuner puis équipement, je suis prêt le premier. Dehors, il y a du brouillard à couper au couteau. Anne arrive dans le sas de mauvais poil, elle est la dernière (il n'y a pourtant pas de compétition pour être prêt le premier) Je tente une blague misogyne... erreur (elle était pourtant drôle !) je suis renvoyé dans mes cordes (un vilain uppercut !) , sans le moindre procès.

On quitte le refuge pour entrer dans le brouillard, épais. Les frontales éclairent les fines gouttelettes. On part vers le haut , sur une sente.  Je trace un peu, puis Miguel reprend le leadership pour venir buter sur une barre rocheuse. Il fait quelques pas d'escalade,  Thierry suit, mais il petouille dans une traversée. Sa frontale n'éclaire pas ses pieds. Il finit par traverser. Je suis le dernier, le rocher est humide, mais ça passe. Au dessus, c'est plus facile. On fait une petite pause juste avant 4000 m. Brouillard épais, toujours.

Petit plat, petite descente. Au loin sur le glacier, on voit les cordées parties vers minuit.

On avance bien dans des coulées de lave gelée.  Le glacier est déjà là.

ascension cayambeascension cayambe
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ascension cayambe

Sortie des crampons, des piolets, de la corde. L'ordre de la cordée est assez logique (selon moi) : Miguel, Thierry, Anne puis ma pomme.

Et c'est parti, sur un glacier peu raide et au départ assez en glace. Nous progressons tranquillement, Miguel nous fait le rythme, lent, comme d'hab. La nuit est noire, et une couverture nuageuse dense  nous empêche de voir les étoiles. On progresse. Toutes les 15 minutes, Miguel fait des pauses, courbé sur ses bâtons. On a du mal à comprendre pourquoi, on aurait bien continué au même rythme sans s'arrêter. Il nous explique que c'est pour note acclimatation. Bon, ben on n'en sent pas vraiment le besoin. Nous on aime marcher sans s'arrêter (même si c'est lentement ! )

Et hop on repart, à un petit rythme, mais on avance bien. Je repère le point 5200 m (il était prévu de monter entre 5200 et 5400 m)  Mais je commence à espérer pourvoir aller au sommet. J'en fait part à Anne qui a des doutes; Je vois que les cordées au dessus de nous me semblent proche. Il suffit de passer en mode "boost" et en 2 h on les rattrape.

Le ciel reste gris et bas. Il commence à faire jour, ambiance un peu lugubre.  Miguel fait des pauses mais continue de monter. Je le sens bien ce sommet.  Et on avance, on passe à flanc vers 5300 m puis nouvelle montée vers une épaule.

Je vois les cordées au dessus, la dernière est à moins d'une heure. Ça devrait le faire.

L'épaule approche, le vent est là, il fait froid.

Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
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Bon, j'ai l'impression qu'on a passé le point de non retour, et je suis en mode "Summit", ne reste que 300 gros mètres. 1 h 30 peut être 2 max pour atteindre le sommet.

Pause sur l'épaule,  Miguel nous propose de faire une photo.

On s’exécute, puis il nous annonce qu'on redescend.

Quoi ? Ben non, on peut pas redescendre on est trop prêt du sommet.

Bon, alors je tente une négociation serrée. Du genre :  on est en forme, on a le niveau, et jamais nous on ne serait redescendu.

Mais Miguel est intransigeant, il nous faudrait deux guides pour aller au sommet, tout seul, il ne peut pas.

Je propose de payer une décharge, de payer pour les derniers mètres. Mais Miguel reste sur sa position.

Anne et Thierry sont restés à l'écart, le me laissant les opérations de négociation.

Bon ben échec pour moi et ÉNORME déception, je me voyais déjà au sommet à 5700 m, Miguel m’annonce qu'il reste  au moins  2 h 30 pour aller au sommet. (Il aurait fallu lui dire il y a 2 jours afin qu'il y ai un second guide)

On prend le chemin du retour. La looosse complète. J'avoue, vu que je suis devant, je mène un rythme d'enfer, et je ne me suis pas retourné. J'ai rarement été autant énervé , sentir le goût du sommet, sans pouvoir aller le cueillir.  On aurait été sans guide, on y serait allé ! la loose !

Cayambe volcanCayambe volcan
Cayambe volcanCayambe volcan
Cayambe volcanCayambe volcan

Cayambe volcan

Bref, descente à fond, en 20 minutes on est au pied du glacier. On se décorde et on file vers le bas. A peine a t'on envie de faire les photos du magnifique glacier. On décide de descendre vers le lac vert (laguna verde);

Miguel, qui sent la tension , décide de rester sur la trace de descente.

Au lac, on se retrouve sur une terre glaiseuse craquelée. Je décide de me faire une pause sur des rochers histoire de méditer et de relativiser.

La pause me fait du bien, on papote et on grignote un peu. Au dessus, Miguel fait également une pause. On remonte jusqu'à lui.  Un petit plat et on attaque à nouveau la descente, dans le sable volcanique. En deux temps 3 mouvements on est au refuge.

On remonte ranger le souk qu'on  a laissé dans le dortoir. Miguel vient me voir pour me préciser que ce qu'on a fait c'est ce qui était prévu dans le programme. Je lui explique qu'on aurait du prendre un second guide, et qu'il n'est en rien responsable.

On ne traine pas, je ne veux pas voir les cordées descendre du sommet.

Et zou, on charge le 4X4. Au loin on voit les vainqueurs du jour en passe de rentrer au refuge.

Le 4X4 file pour la longue descente jusqu'à Cayambé.

Cayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verde
Cayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verde
Cayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verde
Cayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verde

Cayambé - descente et lac vert laguna verde

Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

On attaque la longue route pour rejoindre le pied du Cotopaxi ... avec pause  obligatoire sur la ligne de l'Equateur.

 

Pour le Cayambé, faudra malheureusement revenir (ce qui reste compliqué, l'Equateur, c'est loin ! )

même les Alapagas se moquent de notre infortune ! - Eqauteur ! même les Alapagas se moquent de notre infortune ! - Eqauteur ! même les Alapagas se moquent de notre infortune ! - Eqauteur !
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même les Alapagas se moquent de notre infortune ! - Eqauteur !

Vidéo : alpinisme : Volcan Cotopaxi 5897 m

Apoutsiak — equateuralpinisme5000vidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Magnifique ascension du volcan Cotopaxi

Départ 1 h pour un sommet vers 7 h (sans forcer)

Au sommet, fumées du volcan ! et descente magique entre les crevasses (géantes)

 

Vidéo : Alpinisme : Illiniza Sud 5248 m

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakalpinismeequateurexpéAD

Illiniza Sud

Illiniza Sud au départ du refuge des Illinizas

Grand beau temps

course D- - magnifique

Vidéo Alpinisme : Illiniza Nord 5116 m

Apoutsiak — expévidéo - Les vidéos d'Apoutsiakequateuralpinisme

Bon, on est arrivé au refuge, on a fait une petite pause d'une heure, puis on a dit aux guides qu'on allait faire une balade. Et on est monté au sommet (en 1 h 20 !!!)

Pour en redescendre en 1 h, avant la tombée de la nuit (pour rentrer dignes)

Vidéo alpinisme : Volcan Cayambé

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'Apoutsiakequateuralpinisme

Ascension de l'épaule du Volcan Cayambé 5400 m

J'ai pourtant insist épour que nous allions au sommet... sans résultat, malheureusement !

Vidéo : Volcan Tungurahua - 5023 m (Equateur)

Apoutsiak — expé50005000 mvidéo - Les vidéos d'ApoutsiakEquateurRandoTrekkingalpinisme

Ascension du Volcan Tungurahua 5023 m

Malheureusement, pas mal de vent et surtout, du brouillard

Volcan en activité tous les 4 - 5 ans

au repos lors de l'ascension

Au dessus de Banos (Equateur)

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Apoutsiak — alpinisme4000ZermattValais
Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Mon second Dom après le premier, il y a 12 ans, plus classe, on avait fait la traversée Täschhorn Dom !..

Les conditions ce dimanche furent moins bonnes : de la glace, des crevasses bien ouverte, et pas de ramasse, il y a 12 ans on était arrivé à 10 minutes du refuge en ramasse.

Globules Rouges Projekt !

Vidéo

Topo

Refuge Domhütte

Parking payant dans tout le village (5 CHF/jour dans les hôtels, 7 CHF dans les parkings officiels)

Benjamin a négocié à l'hôtel avant le stade, on a payé 5 CHF pour les 2 jours !

Du parking, prendre le sentier qui part au dessus du stade et vers la gauche jusqu'au point 1499 m. Remonter alors vers Tschuggen (1787 m) puis le point 1978 et Höschbiel on retrouve alors la passerelle (bien indiquée sur les panneaux depuis Randa

Traversée la passerelle Charles Kuonen, la plus longue des alpes 497 m !!! Attention, ça tangue un peu. De là gagner le point 2303 CNS au dessus de Europahütte (on ne passe pas à la cabane) Au dessus le sentier se redresse avec une petite via ferrata pas difficile pour gagner un pierrier puis le refuge Domhütte 2937 m

Dom des Mischhabel

Prendre le sentier derrière le refuge et rejoindre la moraine (sentier) la remontée et suivre la sente bien cairnée qui rejoint le glacier vers 3250 m. Remonter le glacier Festigletscher en rive droite, attention : nombreuses crevasses à différents endroits !  Repérer le Festijoch et le gravir II et III (avec gravillon) le truc est de tirer tout le temps vers la gauche pour atteindre le Festijoch 3722 m.

redescendre sur le Hohbarggletscher, traverser rapidement  sous les séracs (expo +++) et remonter en face la pente crevassée pour trouver en gros la rive droite du glacier. Remonter le glacier globalement au centre (crevasses jusqu'à 3780 m, après moins !) et gagner le pied du Lenzjoch. Virer au sud et rejoindre le Festigrat puis le sommet par l'arête  (4545 m)

Descente par le même itinéraire

puis du refuge, descente directe sur Randa sans passer par la passerelle

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Récit

Mon objectif du week end : "faire des globules rouges" en vue du départ pour les sommets de l’Équateur dans 8 jours ... On hésite avec Benjamin, en cette fin de saison les glaciers sont crevassés et  il a neigé dans la semaine , 50 à 70 cm à 4500 m selon le gardien de la Domhütte.

Pour faire des globules, je souhaite aller au dessus de 4000, reste 3 idée : la  Nadelgratt, avec bivouac, mais l'arête est peut être enneigée  et le retour via le glacier peut être impossible... Le Bietschhorn, juste en dessous de 4000, mais l'arête est peut être en glace (pas de retour). Le Dom, impeccable pour "faire des globules"  On opte pour cette solution, avec option Festigratt si elle est en condition.

Décollage de la maison vers 6 h 45 pour passer prendre Benjamin à Vevey d'où on covoiture en papotant jusqu'à Randa, les montagnes sont belles, elles nous attendent.

Bon dans Randa,  il s'agit de trouver un parking pas trop cher, chose qui n'est pas facile. Après plusieurs tours de village (un vrai manège désenchanté),  Benjamin, fin négociateur, parvient à nous trouver une place à moitié prix sur le parking d'un hôtel. Oui, vous pouvez oublier les places de parking gratuites, c'est inexistant dans le Mattertal.

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Bref, on part, en baskets de trail pour ma part, avec les chaussures sur le sac. La montée est agréable mais raide. On dépasse quelques randonneuses. Fin bricoleur, je transforme une vilaine branche d'arbre, en élégant bâton de marche pour l'une d'elle... Elle remerciera vivement le gentleman. Pas peu fier, je poursuis ma route vers le haut sous le regard envieux de Benjamin, et oui, j'ai failli conclure... Mais vu qu'on avait autre chose à faire...

Ah oui, j'ai oublié de vous dire, bon on monte à Domhütte, mais vu que je suis un vrai touriste, ben on se fait un petit rallongi pour voir la passerelle la plus longue des alpes. Ce qui va nous rallonger le parcours, mais aussi nous faire découvrir la bête...

Bref on avance, le sentier est toujours assez raide, avec pas mal de monde, c'est la fête de la Fédération ce week-end, et les Suisses ont sans doute décidé d'en profiter !

On passe devant un lutin un peu effrayant, sculpté dans le bois et 5 minutes après on est devant la passerelle. Impressionnante. On se lance, tout en prenant garde de ne pas faire toucher les chaussures sur les bords. Ben oui, ça serait dommage de devoir revenir les chercher en dessous de la passerelle. Par chance tout le monde semble marcher dans le même sens, on n'a pas à croiser. Rapidement, on se rend compte que la passerelle bouge.. Pas mal...

Pause photo obligatoire au milieu...

Ca tangue dur, on repart, on doit croiser quelques randonneurs, la manoeuvre n'est pas facile avec notre chargement bien large... Mais ça passe, on rejoint l'autre coté, on grimpe un peu pour trouver une place pour pique niquer. Aire de pique nique trouvée.... avec vue sur la passerelle : Parfait !

 

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Pique nique gargantuesque pour moi, tandis que Benjamin, se nourri d'amour, d'eau fraiche et d'une figue...

A chacun son régime alimentaire. On repart vers le haut, toujours avec pas mal de randonneurs, on passe au dessus de l'Europahütte pour gagner le pied des difficultés : le sentier se redresse, quelques câbles. tout en marchant on calcule le dénivelé négatif demain : 3100 m environ, soit seulement 300 m de moins que lors de mon ascension du Mont Blanc depuis le pied. Les genoux, et les pieds vont couiner !

On est vraiment débile, on aurait du choisir un petit sommet à 3400 3500 m, et profiter 1 h de la vue du sommet, descendre tôt, faire des pauses, éviter les bouchons au retour dans la vallée. Mais non, nous , les quichons des alpes, on vise toujours trop haut, 1000 m de plus, histoire de bien galérer, à la montée quand nos poumons peu acclimatés  auront du mal à capter le peu d'oxygène des hautes altitudes et à la descente, quand nos genoux seront fatigués par de trop longues journées de montagne, nos petons usés et ampoulés par de trop nombreux frottements dans les maudites chaussures...

On est vraiment des quichons.

 

Bon, le sentier s'élève vers les cieux, plus raide , c'est maintenant une via ferrata. On avance bien, on voit deux gars en galère tout en haut d'un couloir exposé. Bon nous on est en bas, mais on se rend compte que la via sort du couloir par la gauche bien en dessous des deux gars. On les rejoint par le haut, et on aide le dernier à sortir, il semblait en mauvaise posture.

Reste quelques échelles, ça ressemble plus à une montée sur la Tour Montparnasse qu'à de l'alpinisme cette histoire...

On sort de la via ferrata pour un sentier dans une moraine.  Le refuge n'est plus très loin.

On y parvient vers 16 h 30.

Une fois les chaussures enlevées, on monte pour se présenter, à l'accueil. Une jolie brune aux yeux verts est là, avenante. Je balbutie, mes yeux sont plongées dans les siens, le vert émeraude, la plage, les alizée, je suis loin, pas dans se refuge froid et humide. Benjamin, plus pragmatique lance : "on a réservé !". Moi, je suis toujours sur cette plage des Seychelles, enlaçant ma gardienne aux yeux verts. Nos courrons sur la plage comme deux amoureux joyeux.

"Oui en demi pension !"

Une tortue marine passe devant nous avec les alliances, bénissant notre union.

"Dortoir Stecknaldelhorn"

Bon alors là, j'avoue que ça m'a un peu sorti de ma plage Seychelloise et des préparatifs du mariage. J'ai fait répéter. "Stecknadelhorn ! " me lance la jolie gardienne. Je finis par comprendre, pourtant je l'ai fait ce sommet de la Nadelgrat, j'ai sans doute mal compris à cause de la distance, il y a long entre la Domhütte et les Seychelles.

Désolé pour ceux qui auraient déjà lu le récit le la Lenzpitze, je suis un coeur d'Artichaud !

Bises à Force Roz, si tu lis ces lignes... ( je romance un poil... C'est pas de ma faute, c'est le lecteur !)

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Après midi à glandouiller, Benjamin se fait rôtir sur la terrasse du refuge, tandis que je profite des dortoirs froids et humides ! J'aime pas le soleil ! Je profite d'un peu de musique, puis on descend pour le repas. Au départ on est seuls à la table, puis 4 tchèques arrivent. Ils reviennent du sommet. Ils ont mis 9 h 30 pour l'atteindre, et la journée pour faire l'aller retour. Ça me semble peu rapide mais bon. Ils sont exténués.

Malheureusement, ma seychelloise aux yeux verts ne fait pas le service. Je pleurs, benjamin a beau me raconter des histoires passionnantes, je mange comme une âme en peine.

Le repas terminé, je monte me coucher à 8 h . J'hésite à prendre un comprimé pour dormir , mais mon éthique, implacable, aura le dessus. Bilan, je tourne et je retourne dans mon lit. Au bout d'une bonne heure, je finis par trouver le sommeil. Un quart d'heure plus tard, je sursaute. Deux suisses entrent dans le petit dortoir bruyamment; Comme s'il n'y avait personne. Ils font un boucan monstre, partent, reviennent, toutes frontales dehors. 

Je n'ai rien dit, mais j'airais du. Me voilà réveillé et énervé. Alors je me remets à tourner de droite et de gauche cherchant vainement le sommeil.

....

Lumière allumée... Boucan du diable...  Petite nuit, je me lève et commence à m'habiller. Benjamin me dit que c'est trop tôt ! Puré, je suis vert, les gars ont allumé la lumière du dortoir à 2 h 35 du matin, le réveil était prévu à 3 h !!!

Bon, je reste au lit 15 minutes sans dormir puis on se lève, pour trouver le réfectoire fermé, il n'ouvre qu'à 3 h.

Message personnel : Cher collègue de dortoir, Suisse de son état, s'exprimant dans la gutturale lange de Goethe (je sais , ça n'est pas de ta faute) , sache que je te hais !!! Ton comportement n'est pas digne d'un occupant de refuge. J'espère juste ne jamais te croiser en montagne. Fin du message personnel

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On petit dej, sous le regard bienveillant de ma Suissesse. Je fais un dernier plongeon dans les eaux vertes de ses yeux, puis je file dans la nuit noire. On est au milieu du peloton. Mais les dernières sorties m'ont montré que Benjamin et moi ne marchions pas trop vite. La tradition est respectée, des cordées nous dépassent. On est lent, comme d'hab.

La pleine lune est là, éclairant le sentier, (oui au début de cet article, j'ai écris nuit noire, mais c'était pour faire le littéraire, c’était pour le contraste avec le vert des yeux de mon adorée NDLA) On garde les frontales pour plus de confort.

On rejoint un paquet de cordées pour mettre les crampons et s'encorder. On repart vers le haut, sur un glacier caillouteux et en glace bien désagréable. Les chevilles se tordent, je suis mal réveillé.  Il faut contourner quelques petites crevasses, c'est raide. Au dessus, passage à flanc, toujours en glace. Je déteste ! Oui, dans la vie, je déteste deux trucs, les passages en glace pourrie à flanc et les mecs qui te réveillent en refuge. La journée s'annonce bien !

Petit passage en rocher ou les blocs ne tiennent pas, ils sont juste pauser là, en déséquilibre, attendant l’intrépide alpiniste, écrabouiller l'imprudent.

On rejoint le glacier, des crevasses, partout, de plus en plus profonde, on va de droite , de gauche, ils n'ont pas du rigoler les premiers qui ont fait la trace, de nuit, ça ne parait pas évident. Les gueules noires et profondes nous menacent. Ne pas faire le pas de trop, ne pas tomber dans l'abime.

Mais on progresse sur ce glacier, et sous la lune. Tout ça pour venir buter, à gauche, sur la paroi du Festijoch. On enlève les crampons, pour quelques pas raides sur la glace, j'adore. S'en suit

 

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On enlève les crampons, pour quelques pas raides sur la glace, j'adore. S'en suit une petite section en gravillon du plus bel effet.  Ça gravine sec, il y a des cordées devant, des cordées derrière (les derniers arrivés n'ont pas mis de crampons jusqu'ici, ne se sont pas encordés... C'était sans doute trop rando !

La suite grimpe, et rapidement, je sens que je ne suis pas dedans. Je ne trouve pas les prises. Je ne me place pas correctement. Moi, qui ai, avec difficulté je l'avoue, gravi le couloir Knubel au Grépon, je me chie dessus dans des petits pas de II+ !... J'suis vraiment un usurpateur ! Bref je petouille, on voit au dessus les frontales des cordées sur l'arête. On hésite. On dépasse une cordée plus lente que nous, pour se fourvoyer dans la face, visiblement, personne n'est passé ici depuis longtemps. Demi tour, on retrouve la cordée dépassée il y 5 minutes. Penauds on demande "you know the way ?" Apparemment il fallait tirer à gauche. Inélégamment, on les redépasse , effectivement, au loin, il y a un cairn, ça grimpe en biais, le terrain devient plus facile, voici le Festijoch, et c'est la fête du col ! (ben oui, joch, ça veut dire col en allemand !)

Petite pause avant de redescendre sur le glacier.

On passe la rimaye facilement, la pente est raide mais sans plus. Puis, c'est moins sympa, la portion est hyper expo à un gigantesque séracs qui trône 500 m au dessus de nous. S'il tombe, on va devenir des crêpes. Et je n'ai pas envie de finir dans un cercueil en forme de poêle...

On ne traine pas, même si je trouve le passage un peu long et on attaque la montée, encore au milieu des crevasses. Il faut de nouveau louvoyer, tel un serpent, la trace  se fraye un passage dans le dédale du glacier. On avance, le soleil point, petite pause pour profite du moment et faire quelques photos dans le ciel malheureusement légèrement voilé. 

 

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On se fait encore dépassé par une cordée, on est vraiment trop lents. La suite est déprimante à souhait, un long plat de glacier, sans crevasse, à  notre gauche, l'austère face de la Nadelgrat, que je trouve beaucoup moins jolie que l'autre coté, à droite, les séracs sous la Festigratt, à priori on est assez loin des potentielles chutes de sérac...

Avec ma nuit mauvaise, la fatigue se fait sentir. Mon pas ralenti, et j'ai une énorme envie de dormir. Je clos mes paupières tout en marchant lentement (ça tombe bien , c'est moi qui trace) On serait quand même bien mieux au fond de son lit plutôt que de se les peller sur un monotone glacier. rhooooon rhoooooon. Fermer les yeux quelques secondes afin de faire des nano-siestes.  Je vais tellement lentement, je suis tellement fatigué, je finis par laisser passer Benjamin devant. Il met du rythme et je me laisse tracter derrière. La fameuse méthode du traineau du père noël,  dans laquelle c'est bibi qui joue les pères-noël. Sans cadeau bien sûr.

Avec Benjamin devant on est plus efficace, même si je suis crevé. Je repense à cette nuit, bien trop hachée pour être récupératrice... Je les haie ! Je m'imagine, tel le bourreau de Calais devant Anne Boleyn, lever mon épée affutée et la faire s'abattre sur le cou de les empêcheurs de dormir en rond. (oui, pour la petite histoire, les anglais avait fait venir un bourreau depuis Calais pour l’exécution de l'ex favorite du Roi Henri VIII, mais je m’égare)

J'exagère à peine, n'en venons pas à de telles extrémités, la violence n'a jamais rien résolu ...

Au bout du glacier sans fin, sous le Lenzjoch, je propose à Benjamin de faire une pause, pour me restaurer. Et récupérer.

Je bois, je grignote quelques barres. Et on file vers le haut

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La pente se redresse, la neige tombée la semaine dernière est bien là, au moins 50 cm tassée, mais la trace est faite, il suffit de mettre ses pieds dans les traces. Ça grimpe, Benjamin adopte un bon rythme, que je parviens à suivre. A gauche, une cordée est sur l'arête entre le Lenzjoch et la Lenzspitze, magnifique, je mitraille, les ombres qui se déplacent sur l'arête.  La pente se couche un peu. Je vais mieux, le coup de barre est passé. Je sens que c'est au tour de Benjamin, qui multiplie les pauses...

La pente se redresse, on est 50 m derrière une cordée qu'on aurait pu rattraper, en fait non. On voit au loin du monde, sur la Festigrat que l'on rejoint. Nouvelle pause, on repart, je suis passé devant, sur l'arête finale. La pente est raide. La cordée devant a l'air de peiner. La pente se couche, c'est le sommet. On se félicite ainsi que l'autre cordée, qui ne reste pas. On a le sommet pour nous tous seuls alors qu'il y a 20 minutes ça devait être la cohue.

Petit tour à la Croix, où la vue est magnifique. Regard à 360°, je suis toujours fier de tous ces 4000 conquis !

Je fais la bise à Jésus (après avoir fait la bise à la vierge du Grépon, ça s'imposait) et j'ai un scoop : il pique.

 

Reste juste 3100 m de descente jusqu'au parking, ma seconde plus longue descente des Alpes après le Mont Blanc depuis Bionnassay

On n'est pas rendu !...

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On repart vers le bas, pour une pause sur la selle, à l'abri du vent. Puis on trace, je sens que benjamin n'a plus trop de jambes. Je le laisse tracer jusqu'au replat ou on opère une pause bouffe. Je passe devant pour la suite afin d'imprimer un bon rythme. Le long plat est avalé, puis le louvoiement entre les crevasses. On essaie de bien rester corde tendue pour éviter une mauvaise surprise... Passage sous les séracs, à fond, je sens dans la tension de la corde toute la fatigue de Benjamin, à chacun son coup de barre...

J'attaque la petite remontée au Festijoch sur un rythme élevé, au bout de 20 m Benjamin me demande de, ralentir, je m’exécute. C'était pas bien malin de vouloir partir trop vite pour lui. Avec un rythme lent mais regulier je remonte le bord du glacier, passe la rimaye et me retrouve sur l'arête. Benjamin me rejoint, bien fatigué, il n'en fait pas pas mystère...

Hésitation quant à la route à suivre, je vois des traces vers le bas, en fait, ça ne passe pas, on remonte et je pars devant après avoir enlevé les crampons, Benjamin les a gardé.

 

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Au départ, je galope dans les rochers. La pente se raidit, je perd mon assurance. Je n'y suis pas. J'hésite, je merdouille, et pourtant je sais qu'on est déjà passé par là. Benjamin saute de rocher en rocher, n'utilisant qu'une pointe  de ses crampons, une vraie ballerine dans ce monde vertical. Plus on descend, plus je "merde", j'avais souvenir d'un passage facile en 2007, le souvenir est bon, la réalisation beaucoup moins ! Je progresse tout de même jusqu'en bas, je rejoins la glace, mordante, je descends quelques mètres et Benjamin attend patiemment que je remette mes crampons.

 

Et go vers le bas, on retrouve les crevasses qu'on avait pas bien vues ce matin, elles sont profondes, avides de petits alpinistes. On se penche prudemment pour en sonder l'abîme. bilan, c'est noir et profond. Lors des replats, moins de crevasses, une trace file à gauche vers le centre du glacier, quittant la trace principale. rebelle, je décide de la suivre, et par chance, elle passe.

Plus on descend, plus la neige se raréfie. Glace vive, dure, désagréable. Nos chevilles souffrent, elles se plient au gré du glacier. Nos petons chauffent dans nos souliers d'alpinistes. Ils ne vont pas être beau à la réception, en bas !

De sections crevassées en sections crevassées, la descente se poursuit. On louvoie, on observe, on descend, sous le regard permanent et imposant du Weisshorn, le 4000 où j'ai le plus galéré dans ma vie (j'y ai pété mes deux ongles de pieds...)

Dernière portion, toute en dévers pour achever les chevilles. On fini par sortir du glacier. Je sens Benjamin bien las !

On fait une pause et je propose de prendre la corde (mauvaise idée, ne faite pas ça chez vous !) Et, le fourbe, il accepte !

Me voilà chargé comme une mule. On repart vers le bas.

 

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En un il faut retrouver les cairns et la sente qui permettent de rejoindre le refuge. Dire qu'il y a 12 ans, on avait fait de la ramasse depuis le pied du Festijoch jusqu'à 10 minutes du refuge !!!

Bon ben là, tu marches avec ta maison sur ton dos. J'essaie d'encourager Benjamin à ne pas faire de pause, et je ne gagne pas toujours !

Mais nos efforts sont récompensés, on rejoint la Domhütte et sa gardienne aux yeux verts. Longue pause, dont nous ne décrirons pas ici les détails, à vous d'imaginer la suite, laissez libre cours à vos imaginations perverses...

.....

J'ai mis trois petits points exprès, et comme il y en avait un peu plus, je les ai mis quand même !

Départ pour la suite, on est en gros à mi descente. Les pieds ont déjà bien chauffés dans les chaussures. Sentier, via ferrata, visiblement, Benjamin a bien récupéré. Il me suit sans peine. On dépasse quelques cordées croisées ce matin. Hésitation au dessus de la Europahütte, heureusement des alpinistes nous indiquent le bon chemin. On gagne la passerelle sans la traverser, puis on descend directement sur Randa.

Bon, il y a de nouveaux des randonneurs, on les dépasse sans trop de souci malgré notre grosse journée de montagne. Les pieds chauffent mais ça sent l'écurie. Un panneau "Randa 50 minutes" nous fait un instant espérer. On se rend vite compte que l'horaire est impossible à tenir (et pourtant on avance !). Les pieds chauffent, ça sent les ampoules. Le village approche, trop lentement à notre goût.

La fin de la descente est animée par le dépassement d'un grand groupe d'Italien, ça nous occupe et on rejoint le village de Randa, qu'il faut par chance, entièrement traverser, on est au Nord et j'ai eu la bonne idée de garer la voiture tout au Sud ! Pause fontaine pour se réhydrater, une jolie alpiniste blonde nous dépasse tout en papotant moitié en allemand, moitié en français. Ça égaie la fin de descente. Le village est long mais on allonge le pas, et voilà la voiture, courte pause, ranger le matos et repartir en Franche Comté, pour de nouvelles aventures.

 

Globules Rouges Projekt validé !

 

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
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Vidéo : DOM des Mischabel - 4545 m alpinisme

Apoutsiak — Valais4000vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakZermattalpinisme

Dom des Mischabel, voie Normale, depuis Randa, par la Domhütte

Alpinisme : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m

Apoutsiak — alpinismeVanoiseRandoTrail

Une course à l'écart des sentiers battu. Bon forcement, le rocher n'y est pas excellent, par contre les paysages sont magnifiques : Aiguilles d'Arves - Meije, Barre des Ecrins, et magnifique vue sur l'Etendard à la fin !

Aiguille de Laisse

Aiguille Noire

Dôme de la Cochette

Cîme de la Cochette

 

Vidéo

Topo

Du Col de la Croix de fer ( parking) 2065 m

 

Aiguille de Laisse

Prendre le sentier qui part à l'ouest et qui remonte "le vallon" (carte IGN). Possibilité de couper les virages de la piste. Passer le col des Tufs 2525 m et redescendre vers le Grand lac Bramant (contournable à l'est ou à l'ouest (refuge de l'Etendard dans ce cas sur le chemin)

Rejoindre le col Sud des lacs (2476 m ) et longer le lac Blanc par l'Ouest. Un peu avant la fin du lac, remonter les pentes  (barres rocheuses, absence de sente) puis par des Dalles faciles, rejoindre le pied de l'aiguille de Laisse (en restant à l'est de celle ci) puis par une sente le sommet 2879 m

Aiguille Noire

De l'aiguille de Laisse, poursuivre sur l'arête puis en son versant Ouest au mieux (rocher instable par endroit) rejoindre le pied de l'aiguille noire, puis par des gros blocs instables gagner le sommet 2997 m

Dôme de la cochette

Partir Sud ouest et gagner facilement le Dôme de la cochette 3041 m.

Cimes de la Cochette

On redescend au col de l'Oeil des rousses avant de remonter vers le point 3102 m, puis par des dalles, remonter au mieux vers le sommet (escalade jamais difficile, rocher plus solide, tirer à gauche pour rejoindre le sommet 3239 m.

La suite est un peu impressionante mais le rocher reste plutôt solide sur l'arête. Redescendre cette arête un peu effilée et gagner un collet puis par une pente douce rejoindre le deuxième sommet 3240 m

redescendre alors  à la Brèche de la cochette. redescendre vers le glacier par des rochers Ultra pourris puis par des dalles (avec un peu de rocher pourri dessus... ben oui, c'est le thème !

Descendre au mieux le glacier en restant  rive gauche (pas de crevasse. Rejoindre le plat du glacier de Saint Sorlin et le sentier d'accès au glacier.

Retour par l'itinéraire de montée

 

note : pour la sortie du glacier, avec le réchauffement, il a été nécessaire de traversée de bons torrents de déversement des lacs glacières par deux fois

 

total 23.5 km et 1520 m de déniv

F+

Topo : Dôme et Cîmes de la Cochette

Topo : Dôme et Cîmes de la Cochette

Récit

Veille de course. Nous sommes en vacances en famille, à Saint Sorlin avec ma mère, mes 2 frères, ma sœur, leurs époux et les enfants. Je fais un briefing  peu ragoutant. J'annonce du rocher pourri et pas mal d'imprévu.

Bilan, seule Sandrine m'accompagnera...

6 h 30 , on quitte la parking du col de l'Etendard. J'ai juste une petite corde, j'ai laissé les crampons et le casque à l'appart, volontairement : "light is beautifull"

Il fait froid, ce matin, et on avance rapidement. Comme d'hab, Sandrine est en forme,  on attaque les premiers lacets du col des Tufs, et elle me largue !...  Je monte à mon rythme, mon heure viendra !

Col des Tufs, le soleil s'est levé, mais l'arête à l'Est ne nous laisse pas en profiter.

On redescend au lac, que l'on a déjà longé il y a 4 jours lors du trail de l'Etendard ... Une marmotte nous accueille tout sourire au bout du lac. On poursuit  de l'autre versant sur le lac suivant. Et je commence à inspecter les pentes au dessus du lac, il va falloir s'y engager. Je suis sensé trouver une sente, mais je ne vois rien, et on est presque au bout du lac.

Bout du lac, je pars à droite, dans une pente d'herbe entre deux barres, Sandrine me suit, perplexe. Je cherche à progresser vers le haut, sans que nous soyons en difficultés. Je tire à droite, à gauche, cherchant à trouver la faille dans l'itinéraire. Bon, l'inconvénient c'est que je ne vois pas le sommet, je finis par sortir le GPS pour affiner ma position. Il faut aller plus à gauche...

On se retrouve dans des grandes dalles, facile, Sandrine apprécie moins, de dalle en dalle, on se retrouve dans un joli canyon en neige avec le sommet en point de mire. Bon, on est en chaussure de trail, et , malgré les semelles de compet, ben ça ne tient pas grand chose sur la neige dure !

Une courte descente, on fini par trouver une sente qui nous amène au sommet ! Petite pause, Sandrine s'arrêtera là !

 

Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 mAlpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
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Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
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Je poursuis seul, sur une arête d'abord facile puis  qui se complique. Au départ, je reste sur le fil avant de basculer versant ouest, je me retourne pour faire signe à Sandrine qui est toujours au sommet de l'aiguille de Laisse. Versant ouest, c'est plus facile, mais le rocher est pourri, méfiance. Je finis par rejoindre le pied de l'aiguille noire. Une pyramide de rocher pourri, Sandrine a bien fait de faire demi-tour !

Je progresse au mieux, tout bouge sur les 100 derniers mètres.  Ça grimpe dur, mais je parviens au sommet ! Petite pause avant d'enchainer, une courte descente puis une montée peu difficile  et je rejoins le dôme des Cochettes. Au loin, j’aperçois une cordée, qui descend dans le vallon à gauche. Je ne sais ni d'où ils viennent ni où ils vont.

La suite est plus longue, descente tranquille, puis ça se complique, une zone de rochers raides à droite, un névé qui, en chaussures de rando, ne poserait pas de problème. J'opte pour la seconde option, et je note  que les chaussures de trail, même de qualité, c'est de la m.... sur la neige ! Difficile de taper pour qu'elles ancrent dans la neige un peu dure. Je progresse prudemment (autant que je peux, et c'est peu) glissade interdite ! Dès que je peux, je rejoins les rochers. Je commence à stresser pour la descente : Comment va être la descente de la Brèche, si je rencontre un névé raide, je serai obligé de faire demi tour et de me taper  des heures d'escalade en plus.  Bon, je n'y suis pas encore, on verra bien sur place !

Je me fraye un passage au milieu des dalles. Ça grimpe bien, et je ne m'en sors pas trop mal.  Je rejoins alors le plateau sommital, passage entre deux rochers et voici le sommet.

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La suite semble très technique, l'arête est effilée, et ça semble grimper dur. Je me lance, le rocher est solide sur l'arête, je progresse tranquillement vers le col qui sépare les deux sommets de la cime des Cochettes. Une fois au col, je remonte vers le second sommet (et dernier de la journée)

La vue est magnifique, la Meije, le Rateau, et même la barre des Écrins qui me fait un clin d’œil; Plus proche et magnifique, l'Etendard et son glacier trop sec, une cordée à mi pente louvoie entre les crevasses.

Après une petite pause, j'attaque la descente, qui devrait être le Crux de cette balade. La descente de la brèche de la cochette. Bon déjà dans la descente entre le sommet et la Brèche, je suis mis dans l'ambiance : le rocher va être pourri. J'arrive à la brèche, où il y a plein de relais avec sangles et cordelettes (sans doute pour l'hiver à ski, parce que là....)

Et j'attaque la descente de la Brèche , par chance par de névé, par contre, un tas de caillou instable bien incliné, avec des gros blocs. Attention aux chevilles, aux chutes de pierre, aux glissades. Je progresse lentement mais efficacement vers le bas, louvoyant pour trouver le meilleur passage. Dernier stress : le glacier, j’espère que ça ne sera pas trop raide et pas trop en glace.  Je descends sur les rochers au mieux pour trouver la portion de rocher la moins raide. Un petit saut et me voilà sur celui ci. C'est gagné ! Plus qu'à redescendre à la voiture (qui est EXTRÊMEMENT loin ! )

 

Alpinisme  : Traversée des Arêtes de la Cochette 3240 m
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A présent attention aux éventuelles crevasses. Bon, la partie est en glace vive, et il n'y en a pas. Et pour le coup, les chaussures de trail adhèrent bien à cette vieille glace crouteuse (et non pas cette vieille gale crouteuse..., rien à voir !)

Je descends en longeant la rive gauche, retrouve des névés. Je dois alors couper  à droite, dans des dalles raides de bord de glacier. Un poil merdique, mais je m'en sors et retrouve le glacier.

Je descends jusqu'au plat du glacier de Saint Sorlin. Le plus grand du coin (C'est pas le glacier du Géant ni l'Aletschhorn non plus ! )

Suite en petit footing sur glacier, pour gagner un peu de temps. je redescends, vers le front du glacier et le monde. Je commence à croiser quelques personnes juste avant la sortie. Quelques touristes en mal d'aventure progressent sur le front.

Moi, je suis à deux doigts de le quitter, une touriste l’averti : c'est très boueux juste là. Moi, le Grand alpiniste, je ne vais pas écouter le conseil d'une touriste. Bim je  saute, de tout mon poids je m'enfonce dans la fange ! La basket est recouverte d'une substance visqueuse marron ! Bien joué !

Je poursuis, les lacs glacières ont formé des torrents, les passages à gué sont recouverts par l'eau. Je dois traverser.  Les pieds dans l'eau. 20 m dans l'eau froide et rebelote un peu plus loin. Ça séchera en avançant ! Il y a un monde de fou. Les gens viennent randonner jusqu'au glacier ( à juste titre, c'est beau !) Derrière moi, je vois que le temps change. L'Etendard prend des couleurs superbes, mais menaçantes. Il ne faut pas trainer, on va se prendre une bonne rabasse !

Et je galope (c'était prévu), quand je dis, je galope, tout est relatif, je courrotte serait un terme plus adapté.  Je dépasse les randonneurs, qui n'ont pas l'air de s’inquiéter de la tournure de la météo, certains continuent de monter. A ma gauche, un rideau de pluie, sur le sentier c'est sec. Je fais une pause pour mettre une veste de pluie. il se met à pleuvoir dru, à peine la veste enfilée.  Il grêle  un peu. L'Etendard est dans les vapes. Je progresse vite, un lac, puis l'autre. J'attaque la remontée au col des Tuffes. La pluie s'est arrêtée.

Dernière descente. J'avoue que mon corps est fatigué. L'ongle pété qui vient taper dans la chaussure à chaque pas. Un trailer (un vrai) me laisse sur place ! Je poursuis en prenant la piste plutôt que de couper par le sentier raide. Mes muscles et mon ongle trouve ça plus sympa.  Le col est à deux pas. Je trottine jusqu'à lui. Pour le retour : le stop, Sandrine a pris la voiture pour redescendre. A la 3ème voiture, une vacancière me prend.

15 minutes plus tard, je suis sous ma douche... repos !

 

 

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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Dans le cadre de l'ascension des 82 4000 sous le soleil, voici le second 4000 de la liste, après le Rimpfischhorn ce printemps, la Dent d'Herens...

Et bon choix, la vue au sommet est juste magique !

 

La précédente ascension avec Thibault et Anne en 2010

 

Vidéo :

Dent d'Herens - Juillet 2019 avec Benjamin

Topo

 

Refuge Aosta

 

La montée est annoncée en 4-5 heures, la descente est longue aussi (c'est plat !) 14 km aller !

On pourra prendre des VTT pour aller de Place Moulin jusqu'à Prarayer (voir un peu au dessus)

 

Du barrage de Place Moulin (1920 m env) suivre la piste qui longe la rive droite du lac des Places de Moulin, rejoindre Praraye et son refuge de Prarayé (2010 m). Poursuivre le long du torrent Buthier (belles cascades) et passer devant l'arbre Magnifique (plus de 500 ans) Vers 2200 m ça monte enfin pour rejoindre un lac et une sorte de Delta à 2400 m par des dalles équipées (balisage - cairn), balisage, rejoindre le refuge Aosta 2781 m

(il y a également un sentier à droite dans les moraines, apparemment moins sympa, mais non testé par nos soins ! )

 

Dent d'Herens

 

Du refuge , descendre sous le refuge 50 m (sentier) et rejoindre le pied de la moraine. Remonter la moraine (cairns) puis sentier jusqu'au glacier sous la tête de Valpelline (3000 m ) chausser les crampons et remonter au mieux le glacier passer sous le Tiefmatenjoch. (3400 m environ) Remonter le couloir du Tiefmatenjoch, équipé de corde. Attention, rocher ultrapeteux. Il est plus safe de s'y retrouver seul (pas toujours évident).

Du col (3562 m), remonter l'arête de Tiefmatten, tantôt sur le fil, tantôt versant Nord.  Le passage des cordées laisse des traces de crampons sur les rochers. Le rocher devient ultra pourri quand on quitte trop l'itinéraire. La portion de rocher n'est pas très longue, on rejoint le glacier vers 3700 m.

Remonter le glacier en restant globalement le long de l'arête ouest (40 - 45° max).  On se retrouve sur les rochers à 3900 m.

Le rocher  est de bonne qualité (équipé de broches scellées tous les 20 m, rejoindre l'antécîme puis par des rochers aériens mais solides, le sommet. 4171 m

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Récit

J'adore monté au col du Grand saint Bernard. Deux raisons à cela :

La première, moins avouable, est que l'économie du passage par le col, plutôt que de prendre le tunnel, est importante (en plus, on ne perd que 20 minutes environ !) Et comme, comme dirait mon frère Thibault à ses enfants   "Chez les Ledoux on est radin de père en fils !"

La seconde : ce col est beau, et , moi qui n'aime pas vraiment conduire, j'adore enchainer ses virages ! Le paysage est chouette, des aiguilles tordues, des sommets enneigés, J'adore !

Bref, je louvoie de droite et de gauche, derrière une voiture, un peu lente, j'ai assez vite compris qu'il était illusoire de vouloir dépasser. Trop dangereux, et, devant la voiture un peu lente, il y en a d'autres... toutes aussi lentes !

Bon, vous n'êtes pas venu pour avoir le récit d'un automobiliste égaré, mais plutôt celui d'un alpiniste éclairé... par quoi ? Dieu seul le sait.

Une heure de route qui tourne plus  tard, ("j'ai les dents du fond qui baignent !" aurait on dit il y a 30 ans ) je suis à Place maison, avec un monde de fou. Il y a des voitures garées partout. Je me trouve une petite place à 500 m du parking. Benjamin m'appelle 10 minutes plus tard. Je lui indique de se garer et de se préparer, on se retrouve après !

Et on part, tout en papotant, dans le monde des touristes des randonneurs et des rares alpinistes. On n'est pas tout seul. Tout est beau, la couleur émeraude de l'eau du lac, le vert des arbre, le blanc des cascades et le bleu du ciel.

On arrive à Prarayer où il y a une jolie fontaine, j'ai bien fait d'embarquer 3 litres d'eau :-( .  Des VTT nous dépassent. On en avait discuté avec benjamin, mais la logistique était trop compliquée pour moi de les emmener... On le regrettera plus tard.

Au dessus de Prarayer, on trouve un endroit calme, parfait pour le pique nique.

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Après avoir partagé quelques graines, on repart vers le haut. Enfin quand je dis vers le haut, tout est relatif : c'est très plat cette montée en refuge, mais très long !!! Il n'y a que 700 m de dénivelé, mais tout est dans la longueur. On traverse un torrent en furie, la canicule n'y est pas pour rien. Puis on croise un arbre remarquable : plus de 500 ans ! Il a connu Charles Quint, Henri VIII et François 1er, le magnifique camp du Drap d'Or, la bataille de Marignan, mais également celle de Pavie, souvent oubliée par les manuels d'histoire de France, étonnant quand on sait que c'est une énorme défaite de François 1er, fait prisonnier par Charles Quint et emmené en Espagne en prison, et échangé avec ses fils après une longue négociation (Henri II s'en souvient encore ! ).... Mais je m'égare, même si l'épisode est passionnant !

Quelques photos plus tard, on se retrouve dans de jolies pozzines, humides et fraiches. La végétation grasse.  Nouvelle ascension, belvédère sur des cascades gigantesques, au dessus, des glaciers géant, le paysage est grandiose, varié. C'est long, mais c'est beau !  Reste un nouveau plat, au loin le grand glacier qui permet en hiver de rejoindre le col du Mont Brulé et la Tête de Valpelline.

On passe le long d'un joli lac puis vient la portion technique : une petite via ferrata dans les rochers. Ça fait du bien de grimper un peu. C'est toujours aussi joli.  A droite, le refuge, sous nos pieds : de grandes dalles équipées, à gauche, une énorme cascade, au dessus le magnifique Haut glacier d'Arolla.

Reste quelques mètres à parcourir pour rejoindre le refuge. et son repos, ses Edelweiss.

 

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Le lendemain matin, ou plutôt au milieu de la nuit , les frontales brillent, telles des étoiles, sous les étoiles. benjamin est en forme, moi moins... je ne dois pas être du matin.  Je marche à mon rythme, Benjamin reste dans mes roues, je sens qu'il pourrait aller deux fois plus vite. On remonte une moraine sans fin, déprimante au possible, un jour, quand je serai Dieu, je supprimerai les moraines. Faudra pas que j'oublie !

Bref, on remonte cette trop longue moraine sous un coucher de lune et on rejoint le glacier, et les autres cordées.  J'ai la bizarre impression d'aller vraiment lentement. On met les crampons, et on se fait gratter par tout le monde. Première pente raide, la corde, les crevasses. On progresse. On se retrouve sous  l'inhospitalier couloir du Tiefmattenjoch. Deux cordées sont engagées, ça parpine dur, du gravillon, mais quelques blocs aussi. On attend que les cordées soient plus haut et on part.  La partie est physique. Une chaîne permet de passer un passage qui pourrait être le Crux de la voie sans celle-ci. La partie est physique, tout dans les bras, légèrement en dévers. On arrive à l'aube au col, les bras fourbus. La météo a tourné, il fait moche, les nuages sont là, je vais encore me retrouver au sommet sans la vue, comme en 2010... la loose !

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Je prends la tête de la cordée sur l'arête. Je m'applique à trouver le bon itinéraire, et à la montée, je me montre assez doué ! Je passe parfois sur l'arête, parfois dans son flanc Nord. Peu d'hésitation, je suis assez fier du résultat, on progresse vite, même si on est la dernière cordée sur la montagne !  Je grimpe des portions faciles (ça ne dépasse pas le III), à gauche, le raide glacier Nord-Ouest de la Dent d'Herens donne des idées d'ascension (pour plus tard)  et on rejoint la fin de l'arête rocheuse. Les cordées précédentes terminent leur pause tandis qu'on remet les crampons. On doit être à proximité de l'endroit où Thibault avait jeté l'éponge il y a 9 ans ! Il nous avait dit qu'il s’était construit un petit refuge (et en avait profité pour bouffer tous les Bastogne, le fourbe !) Pas de trace de son refuge, ni de miettes des précieux gâteaux !

il y a un peu de glace sur le glacier, et on avance prudemment dans la pente.  On croise une première cordée, un guide et son client, ce dernier a décidé de faire demi tour, trop fatigué. Étonnant, ils allaient beaucoup plus vite que nous !

On quitte les crampons un peu plus haut, avant de croiser une nouvelle cordée, en provenance du sommet, ... ils ont plus de 2 h d'avance sur nous ! On est vraiment des escargots ! La suite est en bon rocher, on se fait plaisir dans des dalles, pour rejoindre l'arête. Petite pause sous celle ci. On repart vers le haut pour, ce qui est dans mon souvenir un passage vertigineux (la faute sans doute aussi à Alpineiss qui a publié une vidéo où il n'en menait pas large, bon il faut avouer que pour lui, il y avait de la neige... Pour nous c'est tout sec !)

Bref, je passe la dalle vertigineuse avec brio,  je poursuis vers le haut, rien de bien difficile, juste faire attention à ne pas s'en coller une, ne pas se prendre un crampon dans les sangles de l'autre.

Derniers mètres, une cordée de 4 Italiens nous accueille au sommet ! Le temps est dégagé, il fait Grand beau ! ce sommet, c'est quand même mieux avec le soleil .

Le temps de consulter mon GPS... qui tombe en rade ! Puré, c'est énervant, tu achètes une montre, valeur marchande 700 €, régulièrement elle tombe en rade (2 fois au départ d'un trail !!!)  et là, après une belle ascension, Zou , plus rien. Et le SAV de Suunto qui me répond que tout va bien, que ça ne vient pas de la montre !

Bon bref, c'est énervant, mais vu qu'il fait beau, le moral reste bon.

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Les Italiens sont partis, vient notre tour

Et zou sur l'arête, superbe !

Puis dans la facette en rocher où on merdouille plus, on a du mal à trouver la voie.

On rejoint le glacier, et c'est reparti. On déroule sur le glacier tout en restant prudents.  On regagne les rochers de l'arête de Tiefmatten, et comme pour le haut, on merdouille pour retrouver le bon itinéraire, alors que la montée avait été parfaite. La fatigue, sans doute. Bon heureusement, ça passe un peu partout et on s'en sort quand même. finalement, la descente est presque aussi longue que la montée !

On arrive au col. Reste sa descente, périlleuse. Benjamin passe devant et m'attend à un endroit un peu abrité, je le rejoins. Le délicat passage est là, en léger dévers, je l'assure lors de sa descente. Vient mon tour. Les gravillons partent sous mes chaussures peu précise. Agrippé à la corde je contourne l'obstacle. C'est physique, les mains sont crispés, le corps en arrière, la gravité qui l'attire vers le bas, vers le vide, vers la chute. Je dois récupérer les protections laissées par Benjamin, manœuvres qui prennent un peu de temps et un peu d'énergie à mes bras tous tétanisés. Je bascule sous l'obstacle. Les mains sont crispées sur la corde élimée, la chaussure cherche un appui précaire sur du gravillon instable. Par chance, ça tient, je progresse, délicatement, je déplace mon poids, que dis-je, ma masse, d'un appui vers l'autre. Benjamin me voyant dans une situation délicate m'encourage "après c'est fini" Tu parles. Je finis par avancer vers lui, la chute d'une grosse pavasse marque la fin du passage... Ouf. reste quelques mètres délicats, mais rien en comparaison au contournement du dévers.

Nous voilà sur le glacier, fin des difficultés, ou presque...

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

On attaque dré dans le pentu, puis sur le plat, et rapidement on se rend compte du problème lié au glacier : les crevasses. Une première, gentille, un pont de neige solide même si la neige commence à fondre. Corde tendue, 15 m entre nous, classique et efficace. Pas de problème. Puis une seconde, insondable, placer ses pieds, éviter de choir, pas envie d'explorer ses entrailles !  On poursuit, moi, devant, j'annonce les crevasses, je les passe puis benjamin m'indique de ralentir quand c'est à lui de passer l'obstacle.

Je n'avais pas compris les louvoiement de la trace cette nuit, de jour, tout est plus clair, il s'agissait de contourner des crevasses ! Les virages nous ralentissent un peu, ça augmente les manœuvres !

Dernière crevasse, la pire, la neige instable, un gros saut, réception incertaine, sauter loin mais rester léger et souple à la réception sous peine de tester la stabilité du manteau neigeux au niveau de la lèvre.  Tels deux danseurs étoiles, nous exécutons l'entrechat. Bon, avec les crampons , les fringues et le gros sac, c'est sans doute moins léché mais bon.

Au retour au refuge, le gardien nous avouera son inquiétude quant à l'évolution du glacier lié à la canicule.

 

On rejoint le sentier pour quitter la corde et les crampons.

Deux solutions s'offrent à nous : l'infâme moraine ou de gentils névés qui devraient se prêter à la ramasse. Je finis par convaincre Benjamin du gain de temps et d'énergie si on prend l'option neige. J'avoue, j'avais tout de même un doute quant à la raideur de la pente.

En fait, il sont nickels : la neige juste revenue, la pente est parfaite. On glisse presque jusqu'au sentier qui permet  de remonter au refuge, où on arrive quand même un poil fatigués !

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Les Italiens du sommet y font un bon repas. Nous, on opte pour une pause courte, si je ne veux pas arriver à point d'heure à Chamonix ce soir, il ne faut pas trainer. Bilan : on a 1 h de repos !

Juste le temps de refaire le sac, de se changer avant d'attaquer la descente.

Je n'ai pas pris d'eau, on va faire la descente d'une traite, on s'arrêtera juste à la fontaine de Prarayer pour boire...

C'est étonnant, à la montée, on avait adoré : les paysages variés, les falaises, les torrents, les glaciers, les cascades. Au retour, tu n'as qu'une seule idée : retrouver ta voiture. Et la descente est lonnnngue, très longue ! Tu n'avais pas remarqué à la montée : la via ferrata prend le même temps à la descente qu'à la montée. Le plat du lac est plus long que prévu (ça remonte même par endroit) Les pozzines sont beaucoup plus loin qu'avant, il y a même un plat que tu n'avais pas noté (en face des cascades, mais au retour tu t'en fous, tu les avais déjà vue ! ) L'arbre remarquable est super loin, il y a même de petites montées qui viennent te tuer ! Deuxième pause, deuxième fois que benjamin partage avec moi son eau, précieux breuvage. Bien joué, l'idée de se délester d'un litre d'eau pour économiser du poids ! 

Que c'est long, le retour après lui est infini, tu ne te souvenais même plus de l'endroit où vous avez pique niqué !

Enfin le refuge, grosse pause pour m'abreuver à la fontaine ! L'eau est fraîche, revigorante !

Reste le lac... le très long lac, le trop long lac. Je me souvenais juste qu'en 2010, Thib avait galéré pour se rentrer. J'ai complètement oublié pourquoi... La descente est ultra longue, et le lac aussi. Je regarde, versant opposé les cascades, pour prendre des repères et voir si je progresse !

Les Italiens nous rattrapent... En VTT ! Ils ont fait le bon choix, eux ! Bon, ben comme des "quichons", on se morfond à pied. Je finis par larguer benjamin, qui, je l'apprendrai plus tard, a fait la cours à une touriste... L'histoire ne dit pas ou, quand et comment otut ça s'est terminé, mais je note que je suis arrivé au parking très peu de temps avant lui. A  vous d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

 

Fin de la longue journée

Il est 17 h

Reste à reprendre la voiture et prendre la route de Chamonix pour la suite des vacances, qui sont parfaitement lancées !

Merci, Benjamin, pour ses heures en altitude

Le récit est, comme souvent, légèrement romancé. Chaque évènement est basé sur un fait réel, plus ou moins amplifié (en fait, c'est le principe du "romancé" )

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Vidéo : alpinisme - Cîmes de la Cochette

Apoutsiak — Vanoisealpinismevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

refuge de l'Etentard

Aiguille de laisse

Aiguille noire

Dôme de la Cochette

Cimes de la cochette

Brèche de la Cochette

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Apoutsiak — Mont BlancMassif du Mont Blancalpinisme4000

Un vieux rêve, enfin réalisé .

 

En chiffres, c'est pas très romantique, mais ça donne :

32 km

3400 m de dénivelé

19 h 35 !

 

Vidéo :

Topo

 

Accès parking :

Après Saint Gervais, sur la route des Contamines Montjoie, prendre la petite route à gauche qui monte raide et rejoint le hameau de Bionnassay puis le parking des Crozats (1405 m) parking gratuit, toilettes.

Mont Blanc depuis le bas (Bionnassay)

Du parking des Crozats (1405 m), rejoindre la piste qui surplombe le parking (et part vers l'est), passer le Planet et poursuivre vers l'Are (on peut également rejoindre Bellevue puis suivre les rails du TMB, mais c'est interdit, et moins joli !)

Le sentier traverse un alpage et commence à monter le long du glacier  de Bionnassay (quelques passages équipés (câbles, marches) puis un bon sentier amène au Nid d'aigle (2372 m)

De là, on prend le sentier qui mène aux Rognes (névés en début de saison) puis le suivant qui ramène à hauteur du refuge de Tête Rousse (baraque de la brigade blanche en haut). Remonter le glacier de Tête Rousse et par une pente puis 2 pas d'escalade rejoindre le Grand Couloir.

Le traverser, prudemment (attention à la descente en général l'après midi, chutes de pierres +++) Remonter ensuite en suivant les câbles puis la sentes qui ramène à l'éperon qui longe le Grand couloir. Rester globalement sur le fil de l'éperon, sauf sur la dernière partie ou on se retrouvera un peu plus à droite. En 2019, des points rouges biens visibles ont été peints, facilitant la recherche de l'itinéraire. En suivant les câbles, on rejoint l'ancien refuge du Gouter.  3817 m.

Remonter derrière le refuge la pente de neige (équipée) et suivre l'arête qui passe au dessus du nouveau refuge du Gouter. On remonte alors les pentes du Dôme du Gouter en contournant la zone de séracs par la droite puis en bifurcant à gauche à 4200 m pour passer à l'épaule du Goûter (4280 m environ) Faux plat descendant pour rejoindre le col des Dômes (4236 m)

Petit coup de cul pour rejoindre le bivouac Vallot (4362 m) La pente se raidit pour atteindre la Grande bosse, puis la petite bosse, on passe à proximité de l'éperon de la tournette avant de gagner le sommet du Mont Blanc par l'arête (4808 m)

Descente

Par le même itinéraire, attention à la traversée du Grand Couloir - chutes de pierres)

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Récit

3400 m ... 3400 m ... 3400 m .... suis je capable de gravir 3400 m de dénivelé en une journée. Mon maximum doit tourner autour de 2700 m, et encore, avec les descentes à ski. Je tourne le problème dans tous les sens, je n'ai pas la réponse. Bon, pour me rassurer, je sais que j'ai déjà gravi le mont Blanc depuis le Nid d'Aigle à la journée, et j'avais du redescendre jusqu'aux Houches au retour, ayant raté le dernier train... Ça rajoute juste 900 m de dénivelé...

J'avoue que l'idée de gravir le Mont Blanc, à la journée depuis le bas, me trotte dans la tête depuis quelques temps. Ça fait parti de ma "todo list".

Je scrute la météo, la semaine précédente, canicule, pas bon pour la traversée du Grand couloir. Chaque jour je me fais un petit point météo. La prévision s'améliore, pas d'orage le soir, par contre la canicule sera bien là, limite température positive au sommet !

J'attends le samedi matin pour prendre ma décision. Météo ok, pas d'infos sur la Chamoniarde concernant les conditions, on fera sans. Feu vert pour le sommet.

 

Bon, ce samedi, je bosse jusqu'à 15 h. Dès que j'ai fini, je charge la voiture, en route pour Chamonix; En fait, je dis en route pour Chamonix, mais c'est plutôt Saint Gervais l'objectif. Arrivé sur zone, je prends la raide petite route de Bionnassay et retrouve le parking du Crozat.

je croise deux randonneurs qui terminent leur rando, un joli tour passant par Bellevue, le Nid d'Aigle et la descente sous le glacier de Bionnassay. On passe un bon moment à échanger nos expériences. La suite, c'est, repas frugal, lecture (La Gouteuse d'Hitler de Rosella Postorino pour ceux que ça intéresse...) et tentative de dodo à 20 h. Pas très efficace. Il y a du passage à tout moment sur le parking, et même si les gens sont plutôt discrets, ça fait du bruit !

Bim, il me semble avoir entendu le réveil. Allez zou je m'habille ... mais... il me semble... je regarde ma montre ... 23 h 45. Flûte, trop tôt, mon cerveau a buggé je me recouche tout habillé. Je ne dors pas ... 00 h 10, ça sonne, pour de vrai ! L'avantage, c'est que je suis déjà habillé, petit déjeuner rapide, un ersatz de Redbull, et c'est parti !

 

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Je gagne, la piste, et je remonte dans la nuit noire vers les cimes. Bon, pour l'instant, on ne s'emballe pas, je n'y suis pas encore. Je passe à coté d'un troupeau de mouton. Un patou aux dents acérés m’aboie dessus. Puré, je vais me faire dévorer à 5 minutes de la voiture, mon projet était plus ambitieux... On retrouvera des lambeaux de corps sur le bord du chemin demain matin. Peut être qu'il ne restera plus rien, je serai porté disparu. Le PGHM ira sans doute en hélico sonder les crevasses du glacier pour retrouver mon corps, puis au bout de 10 jours, l'abandon des recherches sera proclamé, forcément, ils n'auront pas cherché au bon endroit...

Mais, par chance, et uniquement par chance, je suis passé? Sans doute le patou n'avait il pas assez faim, ou ma viande n'est peut être pas appétissante, ça en serait presque vexant ! Je survie donc à ce premier obstacle imprévu. Plus loin, un chevreuil vient me rappeler que j'entre dans le wilderness (pour les non anglicistes, google trad est ton ami). Le halo de ma frontale éclaire mon chemin, qui se met à grimper dur, je rejoins l'alpage de l'are. Les yeux des vaches d'Herens brillent. Je traverse le long plat et le sentier se remet à grimper, ça tombe bien, l'objectif est plus haut...

Je croise une première "échelle", en fait il s'agit d'une succession de marches métalliques, le sentier est ardu, il sillonne dans une falaise, croisant ça et là une cascade, ça doit être beau... De jour, vivement le retour ! Il y a pas mal d'eau lorsqu'il faut traverser les torrents, et j'humidifie le bout de mes baskets dans ces passages  à gué. Rien de grave.

Au dessus, des bouquetins m'accueillent au milieu de la nuit. Leurs yeux brillent, eux aussi, sous les étoiles. En un peu plus de 2 h je rejoins le Nid d'Aigle, déjà 900 m de dénivelé avalés !

Le timing est respecté.

 A pour le timing, je me suis prévu (pour ceux que ça intéresse) :

2 h du parking au nid d'Aigle

2 h Nid d'Aigle - Tête Rousse

2 h Tête Rousse - Goûter

4 h 30 - 5 h Gouter Mont Blanc

Hors pause soit un total de 10 à 12 h en fonction de la forme

Je n'ai rien anticipé pour la descente.

 

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Au dessus, je connais, je suis passé par là à de moultes reprises. J'ai emmené au sommet du Mont Blanc, amis, femme ou fils, sans compter les tentatives en solo avec bivouac au col des Dômes, bivouac au Gouter (ce deux dernières quand c'était autorisé, à la belle époque ! ) , ou ascension à la journée depuis le Nid d'Aigle.

Un petit bout de piste, puis un sentier puis rapidement... la neige. Bon je suis les traces en leur faisant confiance. C'est par moment plus raide, parfois moins . Les baskets n'adhèrent pas top dans cette neige gelée, j'ai prévu de basculer en mode alpiniste à hauteur de Tête Rousse. Pas de lune, le ciel est d'encre, personne à l'horizon, je progresse, je sais que les cordées doivent partir des refuges au dessus.  Ma solitude est complète, elle ne va pas durer. Dans la nuit, j'ai du mal à reconnaitre l'endroit.  Petite hésitation, mais je poursuis et je me retrouve à hauteur des Rognes. la suite est plus facile, il n'y a plus de neige, il suffit juste de retrouver le sentier qui mène à Tête Rousse. A gauche, les lumières de Chamonix, à droite, celles des Contamines... C'est beau, mais je ne traine pas, il y a encore de quoi s'occuper au dessus.

J'arrive enfin à la hauteur de Tête Rousse. Et là tel superman, ou plutôt tel le têtard se transformant en grenouille, la chenille en papillon,  le trailer fatigué, se transforme en alpiniste affuté... ou presque. (ah flute, j'ai oublié de placer mon abracadabra ...)

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Bon, c'est ma première pause, 3130 m environ : ça fait déjà 1700 m de dénivelé, je suis  à la moitié, mais quand on y réfléchi plus précisément, les difficultés sont devant moi : la montée au Gouter plus technique, puis l'altitude au dessus de 4000 m et la fatigue qui va se cumuler , je ne devrai plus être trop frais après 3000 m de déniv. Et je ne compte pas la descente, mais ça, on verra après !

Le jour point, à droite, le refuge de Tête Rousse, dont les derniers candidats au sommet s'extirpent. Derrière, l'aiguille de Bionnassay se dévoile, devant les lucioles sont partis à l'ascension du grand couloir, certains sont même à proximité du refuge du Gouter. Celui ci joue le rôle de phare dans la nuit.  Le tableau est sombre, mais c'est beau.

Et hop, c'est reparti, les crampons sous les pieds. je remonte le glacier et me retrouve derrière une cordée. Visiblement ils viennent des pays de l'Est. On vient buter sur le couloir, je troque mes bâtons contre mon piolet. Je demande à mes Estiens (les habitants des pays de l'Est) si je peux leur passer devant, ils ne sont pas prêts. Et go, je traverse le couloir rapidement, mais sans trop me presser au risque de m'emberlificoter les crampons. Car il y a plusieurs techniques pour traverser le couloir, je vais les décrire ici.

Le Fangio : le Fangio a eu connaissance de la dangerosité de l'endroit. il connait la règle qui veut que moins tu reste au contact du danger , moins tu prends de risque, donc il bourrine, à fond tout en maitrisant sa trajectoire, c'est très spectaculaire à voir, et efficace

Le Ayrton Senna : (j'sais pas si c'est correct d'écrire ce qui suit) De même que le fangio, il speed, mais au détour d'une goulotte, il se prend le crampon dans la lanière de se guêtres, Bilan, il évite les pierres, mais pas la chute qui 'emmène loin la bas au fond du couloir. On a peur rien qu'au moment où il démarre la traversée.

Le Contemplatif : Le contemplatif sait que le danger vient du dessus. Il  avance lentement, inspectant scrupuleusement les pentes au dessus de lui. Il n'a pas trop conscience de la vitesse des chutes de pierre et de leurs rebonds aléatoires. Le contemplatif prend son temps, mais parfois il traverse.

Le prudent : lui, il sait que le danger vient du haut, mais également de sa technique. bilan, il avance prudemment, mais régulièrement, scrutant de temps en temps les affres du couloirs. Je crois que je fais parti de cette dernière catégorie.

le Cartomancien : lui, tout simplement, il ne met pas de casque, il sait que les pierres vont l'éviter, il l'a lu dans sont horoscope ce matin. Les oracles sont favorables et sa allège le sac. Jusqu'au jour où ...

Tiens voilà justement un trailer qui passe... sans casque !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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De l'autre coté du couloir, je range le piolet et les crampons avant d'attaquer la suite. J'avoue que mes quelques expériences me sont du grande aide, sans compter les nouveaux points de peinture rouge très utiles pour s'orienter. Et je galope, je maitrise, tel Thésée, les méandres de ce labyrinthe, toute proportion gardée bien sûr. Je garde un œil sur la gauche, le grand couloir dégueule déjà quelques pierres et nous ne sommes que le matin. Comment se passera t'il tout à l'heure à mon retour ? Je commence  à croiser des cordées, d'abord celles qui ont fait l'ascension hier et redescende du Goûter aujourd'hui, puis celle qui sont partis tôt ce matin. Je dépasse les dernière cordées parties depuis Tête Rousse. Voilà les derniers câbles et l'ancien refuge du Goûter. Il est 7 h , j'appelle Sandrine pour lui indiquer ma position, pour l’instant tout va bien. Je grignote et je remets les crampons. Une cordée sympa dépassée un peu plus bas me repasse devant. Je me remets en route, plus que 1000 m, à présent, il va falloir gérer l'altitude.

Je traverse l'arête du Gouter sans m'arrêter au nouveau refuge. Et j'attaque la grande pente du Dôme du Gouter. Une première cordée me dépasse, puis une seconde. Oh la vache, la fatigue. Je ressemble au capitaine Haddock dans Tintin au Tibet. Je décide de faire une bonne pause à l'épaule du Dôme, mais elle est encore loin l'épaule du Dôme. Une envie de dormir me prend. Mon rythme est devenu très lent. Finalement, il faut que je m'arrête tout de suite. Mais, fort de mon expérience, j'ai la solution (même si c'est la première fois que je l'utilise) Un ersatz de redbull au fond du sac. Je bois l'infâme breuvage,  et bingo, ça marche, en 5 minutes, je suis moins fatigué. Bon, je ne vais pas très vite, mais la grosse fatigue est passée.

 

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 Je traverse quelques crevasses, profondes, il faudra se méfier à la descente. A droite, sur l'aiguille de Bionnassay, des cordées tels des funambules sur l'arête, progressent. La corniche est petite à présent, elle s'est effondrée. l'arête est moins jolie !

Je rejoins l'épaule du Dôme ou règne un alpiniste allongé, je prends de ses nouvelles, en anglais, il revient du sommet et tout va bien . Parfait, je poursuis dans la descente, légère , vers le col des Dômes où j'avais bivouaque en 2005, le réveil n'avait pas été facile  !

Et hop, il faut rattaquer la petite pente qui mène à Vallot. Je croise quelques cordées et me retrouve sur le plat. Plus que 400 gros mètres, les plus jolis, sans aucun doute.

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Et c'est reparti vers le haut, je rejoins l'arête de la grande Bosse. Une cordée arrivent du dessus, ente nous, un trou ! Une grosse crevasse. Je branche la Go pro trop tard pour filmer le passage de la cordée. Tant pis, je la laisse tourner, si jamais je tombe dans le trou, ça permettra aux gendarmes de comprendre ce qui s'est réellement passé. Bon par chance, j'évite la chute, le trou était profond et je continue au dessus.  Voilà la petite bosse, jolie, élégante, je la traverse, avant de remonter en direction des rochers de la Tournette. A gauche, d'ancienne trace de ski  me narguent dans la face nord, oui, cette face Nord à ski, c'est mon rêve, j'attends juste les bonnes conditions (et le partenaire dispo pour m'y lancer !)

L'énorme crevasse qui barrait le haut de la face à 4700 m n'est pas un obstacle, pour l’instant cette année. Je sais qu'il ne reste plus grand chose. Je fonds sur deux alpiniste qui peinent à fond. je les dépasse en les encourageants le sommet est à moins de 10 minutes !

Le voici, YES !

 

Et de 12. Oui, c'est la douzième fois que je foule ce sommet, et j'avoue que je ne m'en lasse pas ! J'ai d'ailleurs encore d'autres projets, soit à ski avec descente face nord soit en alpi, j'adorerai gravir la Brenva...

Vu qu'on est au sommet, je me dis que je vais tenter la roue, que j'avais réussie à l'Elbrouz. Bon, là je tente, et je me ramasse. Je me relève, me remets en position de départ, puis je laisse tomber, je sens que je n'ai plus assez de puissance pour la faire... tant pis.

Je me fais une bonne pause, avant de repartir.

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Et zou, il ne reste que 3400 m de descente. J'avoue que je ne me suis pas amusé à calculer le temps de descente, trop aléatoire et dépendant trop de mon état de forme.

Je recroise la cordée sympa 250 m sous le sommet. Ça fait du bien. J'enchaine les passages clefs, quelques nuages s'élèvent, mais ne m’inquiètent pas. Je ne descends pas très rapidement les jambes sont un peu lourdes, je l'avoue. Je rejoins une cordée de catalans ,on discute (ils parlent Français, c'est une chance, car mon catalan est plus que limité !) Puis je leur passe devant avant de filer sur Vallot.

Petite descente et on attaque la rébarbative remontée à l'épaule du Dôme. c'est dans la tête. Il fait chaud, j'ai les jambes qui ont 3400 m de déniv dans les fibres musculaires, mais il faut encore monter. Je parviens en haut et me lance dans la descente du Dôme. Les crevasses sont menaçantes, il faut faire de grand sauts, les réceptions sont aléatoires. Quand tu passes au dessus, tu vois qu'elles sont larges et sans fond. C'est pas le truc le plus intelligent du monde de se balader à cet endroit à cette heure ci non encordé. Trop tard pour renoncer, le salut est vers le bas. Je saute comme je peux les terribles obstacles, amortissant comme je peux les réceptions, ça serait dommage que la lèvre se casse sous mon poids !

Arrive le deuxième obstacle casse moral de la descente : la remontée vers les refuges du Gouter.  Tout au mental comme d'hab', sans trop de vitesse mais sans s'arrêter. je passe à nouveau devant le nouveau refuge, sans un regard. Et nouvelle pause à l'ancien refuge pour enlever les crampons. Là 2 Russes semblent perdus, il viennent des 3 monts et ne connaissent pas la descente; Je leur explique, qu'ils doivent suivre l'éperon, les câbles et le grand couloir. Ils veulent descendre à Chamonix, de toute façon, pour le train, il est trop tard. je leur dis de suivre les rails jusqu'à Bellevue, avant de descendre aux Houches avec un H ! Ils semblent satisfaits.

Je peux repartir.

 

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Le début de la descente est laborieux. Les câbles me gênent et je ne suis pas positionné comme je voudrai sur les prises. Finalement je finis par trouver le sens de la marche et à être plus efficace.  A droite, le Grand couloir est inquiétant. Une sorte de cascade continue due à la fonte des neiges en haut. Ça emporte des blocs de pierres et les chutes de pierres sont fréquentes. C'est lugubre et assez stressant quand on sait qu'on va passer 400 m en dessous. 

J'avoue avoir averti les alpinistes du bas de grosses chutes avec ma grosse voie. "Pierre !" " Pierre !"

Un gars me rattrape et me suit. Je lui demande s'il veut passer devant. En fait non. Bon ben je lui propose de descendre ensemble et de traverser le couloir ensemble, l'un surveillant l'autre, ça sera plus prudent.

Proposition validée, on descend donc ensemble en papotant. Ce qui est étonnant , c'est qu'il a fait le même truc que moi en partant 2 h avant du parking où il était monté en vélo depuis chez lui ! C'est marrant de se retrouver !

Je suis dans le rythme et on descend tranquillement mais surement. Voilà le départ de la traversée. Je suis prêt en premier, je pars donc en premier tandis qu'il me surveille. Les chutes de pierre ont créé une "ornière" de 3 m de large au milieu du couloir. Ça passe bien pour moi, je me mets à l'abri en face.

C'est son tour, je surveille le haut du couloir qui semble être continuellement en mouvement. Des pierres chutent mais sont parfois arrêtées par la neige. Je donne le feu vert, il part, à mi chemin je lui dit de stopper, une pierre devrait tomber de mon coté. C'est bon, en haut, c'est toujours specaculaire, heureusement la neige bloque pas mal de projectiles. Fin de traversée, on poursuit sur le sentier en crampon avant de basculer sur le glacier de Tête Rousse et de rejoindre la cahute de la brigade Blanche.

 

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Ah la cahute

Il y a la un brigadier (ben oui, c'est la brigade blanche)

"Bonjour, on n'a pas la réservation pour les refuges en dessous on peut passer ?"

Ça le fait sourire

Je lui explique que j'aurais bien aimé savoir, moi s'il m'avait jugé compétent et assez solide pour sortir le Mont Blanc à la journée. Bon ben là c'est trop tard et il ne m'indique pas s'il l'aurait fait. Dommage.

On discute de la brigade, des trains, ah oui, les trains, et ben moi je suis favorable à ce qu'il y aie un train qui parte à 5 - 6 h du mat, ça permettrait aux alpinistes d'éviter le couloir en fin de matinée. Il valide mon idée mais m'avoue que c'est compliqué. C'est toujours facile de critiquer les alpinistes aux mauvaises heures aux mauvais endroit, mais quand on voie que les trains déversent les cordées au Nid d'Aigle à 9 h 9h 30, ben forcement elles se retrouvent vers midi dans le couloir.

Bon j'avoue que je n'ai pas attaqué Jean-Marc Peillex bille en tête, c'est son patron.

Parce qu'au fond de moi, je pense qu'il est paradoxal de faire une communication sur Zidane au sommet (monté en hélicoptère au col des Dômes), ou PPDA ou Gérard Holtz, et dire aux mondes que le Mont Blanc n'est pas pour tout le monde.

Il est paradoxal de dire qu'il y a trop de monde sur la voie normale et vouloir rouvrir l'ancien refuge du Gouter...

Il est vrai que ce sommet est gravi par des gens qui n'ont rien à faire là, mais les mesures de restrictions me sont insupportables.

Enfin, que dire des guides qui réservent deux nuitées sur les refuges pour assurer le sommet. Deux nuitées, c'est empêcher quelqu'un de pouvoir réserver. Et ça, personne n'en parle, oui, je dénonce ! (ce blog n'est vraiment pas un blog plan plan, il est engagé ) Une cordée, ça devrait être une nuitée.

Fin du coup de gueule

Je rapelle que je n'ai rien dit de tout  cela au brigadier, reste à espérer que Jean-Marc me lise. J'ai comme un doute.

Et même s'il me lit, il y a peu de chance qu'il se dise : "mais oui, il faut que je contacte ce gars, qui a  de supers idées." Peu de chances....

 

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On est reparti vers le bas, sur le sentier puis dans les névés sous les Rognes. Je suis descendu sur le cul, dans la neige. Au loin, des orages éclatent au  dessus des Contamines. Ça serait pas mal de ne pas se faire tremper avant la voiture. On surveille les éclairs, inquiétant... On va finir comme dans premiers de cordée, foudroyé sur un rocher. Je repense que j'ai un piolet dans le dos, dressé vers le ciel. Tel un paratonnerre, qui ne parerait pas grand chose à part attirer la foudre. Je raconte à Arnaud mes épisodes de foudre aux Dômes de Miage, le plus terrible orage  de ma vie !

On fait une pause pour récupérer de l'eau, ça fait du bien. Je commençais à être complètement déshydraté.

Passage au Nid d'Aigle, fermé. reste les 900 derniers mètres. D'abord un joli sentier avec plein de bouquetins qui ont la fâcheuse tendance à occuper le sentier. Et quand ils daignent nous laisser la place c'est pour descendre sur le lacet suivant.  Ça nous amuse.

Il pleut quelques fines goutes juste de quoi nous rafraichir, on surveille l'orage qui semble passer derrière l'aiguille de Bionnassay pour aller chez nos amis trasalpins, excellent choix, merci à eux.

S'en suit la partie plus technique, des câbles et des pieux qui bringuebalent... On traverse de superbes cascades.

Puis vient la partie finale. J'appelle Sandrine, il ne reste que 20 minutes. Bon, 20 minutes, c'est mon estimation, car 20 minutes plus tard,  je vois un panneau : parking 45 minutes. Je rappelle pour indiquer que je me suis un peu emballé, j'ai pris mes désirs pour des réalités. Je crois que je suis monté plus vite que je ne suis descendu. Arnaud a la pêche, mais il a la gentillesse de m'attendre. On croise des alpinistes qui vont bivouaquer avant le sommet.

Le temps de ralenti, mes pieds frottent dans mes chaussures et j'ai les pieds recroquevillés.

C'est long, c'est beau mais c'est long. Je passe devant le patou à pas feutrés. Il ne m'a pas vu. Ouf. Arnaud quant à lui est parti cherché son vélo caché dans la forêt.

Je parcours les derniers mètres, ouf ! Ils est 20 h

19 h 35 sur la montagne !

32 km et 3400 m de déniv.

 

10 minutes plus tard, je vois Arnaud arrivé, dépité, on lui a piqué son vélo ! La loose absolue. Je le ramène chez lui, mais c'est vrai que ça gâche un peu la fête. Reste juste à espérer que ça soit le propriétaire du champ qui se soit énervé. Ça y est, il pleut l'orage est là. Je laisse Arnaud au Bettex et prend la route e la maison. Bien fatigué. J'arriverai à minuit 10 à la maison, pile 24 h après mon réveil !

 

Fin d'une bonne grosse journée comme je les aime

Qui a dit que j'étais un bourrin ?

 

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Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Apoutsiak — ValaisSki de randonnéealpinisme
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Serait ce la journée de la loose 2 après la pire journée de touts les temps la veille

Vous le saurez en lisant le récit (complètement ....)

 

Vidéo

Topo

Je suis parti de Sarmata 1805 m, on peut partir de La Gouille 1834 m, plus logique...

Rejoindre par le sentier le lac bleu : 2100 m puis le Remontze du Ché Blanc 2422 m et les Crosayes sous la cabane des Aiguilles rouges; remonter la combe en direction de la Pointe des Darbonires et passer au Nord, gagner le glacier, remonter Ouest Nord Ouest en direction de la pointe de Vouasson 3490 m

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Récit

Nouvelle nuit dans la voiture, après la journée de la loose, c'est pas gagné !

Je me réveille après avoir bien dormi et je déjeune. La voiture me met un message... Batterie faible, démarrer la voiture et ... bien sûr, elle ne démarre pas. Tant pis, je vais me faire ma journée de ski, je gérerai ça en rentrant ! Ça va sans doute m'occuper l'esprit pendant la balade.

Je m'équipe, et je pars, ski sur le sac, la neige semble bien loin... Je suis à Sarmata, un peu en dessous de la Gouille, le départ habituel, je traverse le hameau endormi avant de remonter une sente qui ramène au sentier classique. Pas de neige. La suite, je connais, aujourd'hui, je ne vais pas me tromper (et oui, lecteur, je sais que tu espères une grossière erreur d'orientation de ma part, mais aujourd'hui, je suis sur MON terrain) !

Le sentier remonte vers le lac bleu, qui est en réalité vert, va comprendre !

Je poursuis, il y a un peu de neige, mais c'est bien trop pauvre pour skier ! Et zou, avec mes deux skis toujours sur le sac, j'avance. La neige merdique sur le sentier, mais pas assez pour skier. 2300 m Enfin, elle est là : LA Neige.

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Et je poursuis, tout en surveillant le vallon de gauche, une trace semble y descendre et j'essaie de deviner d'où elle vient ? d'au dessus de la cabane  ou dans le vallon en biais en dessous. Je finis par trouver le passage, impeccable à la descente, ça devrait me ramener non loin du lac bleu ! Yes !

Je suis seul, c'est rare de se retrouver seul par beau temps sur une course comme ça. Je pense aussi à ma voiture, il va falloir trouver des gens sympathiques qui auront des pinces pour la redémarrer. Tout ça pourra peut être se finir en dépanneuse si ça tourne mal. Pour l'instant, objectif sommet !

Une harde de chamois avance tranquillement au loin. Les marmottes me sifflent, va savoir pourquoi ?

Un lagopède décolle.

Je passe sous le refuge et je rejoins le petit collet au dessus. trop de vent pour faire une pause, flûte, je monte encore un peu, mais le vent forci . Bilan, pause dans le vent ! Mal joué.  Je repars pour les 200 derniers mètres, je quitte les skis pour les sommets sommitaux où je ne traine pas !

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
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J'attaque la descente dans le vent. Il m'a toujours été difficile de faire le premier virage. Peur que la neige ne soit pas telle que je l'ai pensée. Peur de me crouter donc . Il n'est pas beau mais il passe. La neige est un poil croutée mais ça passe même si ça n'est pas du grand ski. Je finis par trouver de la bonne poudreuse en versant Nord. Je rejoins le petit collet, je descends un peu pour être à l'abri du vent, et je me fais une petite pause.

Est il trop tôt pour descendre.

La neige a t'elle bien décaillée

Ça serait dommage de descendre trop tôt.

en fait, je réfléchis trop, Il faut descendre MAINTENANT !!!

 

Et Yes, juste le bon moment, juste décaillée.

De la neige de rêve !

C'est le bon moment. J'enchaîne les virages et ça passe vite.

Je me retrouve déjà sous le refuge. Flûte, j'ai skié trop vite et j'ai raté le couloir que je voulais prendre. Où est il, un peu au dessus ? Je remonte en escalier quelques mètres puis j'hésite. En fait, il y a une trace qui part en dessous, pas la peine de remonter.  Je redescends, c'est le bon endroit, je file en traversée rejoindre la grande combe à droite visée ce matin

Je rejoins a combe qui est parfaite, les virages s'enchaînent et je rejoins le replat qui mène au lac bleu. Je déchausse sur une centaine de mètres, une marmotte détalle à mon arrivée.

Je rechausse un peu plus loin et je croise quelques randonneurs qui me font de grands saluts !

Derniers virages dans une combe en soupe, puis je déchausse. Je charge les skis sur le sac et je rejoins le sentier. Il y a moins de 300 m de portage pour ce reste de descente, bien joué. La descente est rapide, je vois ma voiture bien sage, j'espère qu'elle va démarrer. Si ça n'est pas le cas, il faudra arrêter une voiture, espérer qu'elle est des câbles,  et esperer qu'elle démarre. Je resterai en pantalon d'alpi, pas de short ça fait trop touriste,  et je mettrais ma polaire bleu, elle fait un peu gendarme, ça aidera sans doute les gens à s'arrêter. Pour vu qu'elle démarre...

Je croise un chevreuil qui file vers le haut. La journée aura été riche en faune. Je rejoins le village endormi, je le traverse tout en cherchant du regard les voitures, signe de la présence des habitants et j'en repère une.

 

 

 

 

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Ma voiture est à 100 m au milieu d'une zone vide, une voiture quitte la route et vient se garer juste à coté. Je salue le pilote qui en sort et lui demande s'il a des câbles. Réponse affirmative, je lui explique mon problème et la probabilité que ma voiture ne démarre pas. Pas de souci pour lui.

J'AI VRAIMENT de la CHANCE !!!

Et zou, voiture en place, câbles presque mis quand une femme sort de sa voiture. A priori, je comprends qu'ils ont déjà eu problème en voulant aider quelqu'un. Pour tant, moi, qui suis loin d'être un grand bricoleur, je repère facilement le pole + et le pôle - de leur voiture...

Mais elle se braque, on consulte la notice de la voiture, et bien joué, la batterie sur le dessin, n'est pas celle de la voiture !!! On consulte internet, oui, il y a de la 4G à Sarmata ! On reconnait vaguement la batterie. mais la madame est trop anxieuse. Je décide d'aller voir dans le village, trouver de l'aide.

 

Je marche les 300 m qui me sépare de celui ci, je trouve le chalet avec la voiture garée devant, je toque. Un râle m'invite à entrer, je fais répéter puis je finis par m’exécuter. Une odeur de tabac froid me prend à la gorge quand je rentre. Le chalet est sombre et sent la poussière, j'avance presque à tâtons dans un couloir, et me retrouve face à un type en chaussettes, allongé sur son lit ! Je lui explique ma problématique tout en doutant qu'il soit l'homme de la situation.

"J"arrive dans 5 minutes" m'annonce t'il

Retour à la voiture, mes deux anciens, skieurs de randonnée, regardent les batteries avec circonspection. Le pire, je saurai faire. Mais bon.

Le valaisan arrive dans une vielle voiture bleu pétaradante.  Il s'en extirpe. L'homme est petit, maigre, tout dépenaillé, le début de barbe hirsute, j'ai encore son odeur de tabac dans le nez.

On échange les voitures de place, on branche les câbles... ça ne marche pas, le scenic affiche tous les messages d’erreur du monde. Puis un gros panneau STOP Rouge s'affiche sur l'écran de la bête. Et plus aucune réaction quand j'appuie sur Start, c'est grave.

Les deux anciens ne se sentant plus utiles s'en vont (ils ont été sympa de rester et de m'aider)

Je décide d'appeler un garagiste local. Il me conseille de débrancher la batterie.  Le vieux type au tabac froid va cherché des outils chez lui et revient avec  des clefs de compétition. démontage, remontage, ça ne marche pas... Une seconde fois, toujours rien. Je décide de faire une dernière tentative avant d'appeler une dépanneuse... Je débranche, j'attends plus longtemps  que les fois précédentes, je rebranche... Nouvelle tentative, le moteur tourne un peu mais cale, à la seconde tentative, il part ! YEEEEEEEEESSSSSSSS !

Finalement, j'ai de la chance !

Je propose au type de lui payer un coup, il refuse poliment, ce bon samaritain.

Je file en débranchant le stop and start afin d’éviter de tirer sur la batterie. En route vers ma Franche Comté. J'ai vraiment eu du bol !

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