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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Alpinisme

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Apoutsiak — Mont BlancMassif du Mont Blancalpinisme4000

Un vieux rêve, enfin réalisé .

 

En chiffres, c'est pas très romantique, mais ça donne :

32 km

3400 m de dénivelé

19 h 35 !

 

Vidéo :

Topo

 

Accès parking :

Après Saint Gervais, sur la route des Contamines Montjoie, prendre la petite route à gauche qui monte raide et rejoint le hameau de Bionnassay puis le parking des Crozats (1405 m) parking gratuit, toilettes.

Mont Blanc depuis le bas (Bionnassay)

Du parking des Crozats (1405 m), rejoindre la piste qui surplombe le parking (et part vers l'est), passer le Planet et poursuivre vers l'Are (on peut également rejoindre Bellevue puis suivre les rails du TMB, mais c'est interdit, et moins joli !)

Le sentier traverse un alpage et commence à monter le long du glacier  de Bionnassay (quelques passages équipés (câbles, marches) puis un bon sentier amène au Nid d'aigle (2372 m)

De là, on prend le sentier qui mène aux Rognes (névés en début de saison) puis le suivant qui ramène à hauteur du refuge de Tête Rousse (baraque de la brigade blanche en haut). Remonter le glacier de Tête Rousse et par une pente puis 2 pas d'escalade rejoindre le Grand Couloir.

Le traverser, prudemment (attention à la descente en général l'après midi, chutes de pierres +++) Remonter ensuite en suivant les câbles puis la sentes qui ramène à l'éperon qui longe le Grand couloir. Rester globalement sur le fil de l'éperon, sauf sur la dernière partie ou on se retrouvera un peu plus à droite. En 2019, des points rouges biens visibles ont été peints, facilitant la recherche de l'itinéraire. En suivant les câbles, on rejoint l'ancien refuge du Gouter.  3817 m.

Remonter derrière le refuge la pente de neige (équipée) et suivre l'arête qui passe au dessus du nouveau refuge du Gouter. On remonte alors les pentes du Dôme du Gouter en contournant la zone de séracs par la droite puis en bifurcant à gauche à 4200 m pour passer à l'épaule du Goûter (4280 m environ) Faux plat descendant pour rejoindre le col des Dômes (4236 m)

Petit coup de cul pour rejoindre le bivouac Vallot (4362 m) La pente se raidit pour atteindre la Grande bosse, puis la petite bosse, on passe à proximité de l'éperon de la tournette avant de gagner le sommet du Mont Blanc par l'arête (4808 m)

Descente

Par le même itinéraire, attention à la traversée du Grand Couloir - chutes de pierres)

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Récit

3400 m ... 3400 m ... 3400 m .... suis je capable de gravir 3400 m de dénivelé en une journée. Mon maximum doit tourner autour de 2700 m, et encore, avec les descentes à ski. Je tourne le problème dans tous les sens, je n'ai pas la réponse. Bon, pour me rassurer, je sais que j'ai déjà gravi le mont Blanc depuis le Nid d'Aigle à la journée, et j'avais du redescendre jusqu'aux Houches au retour, ayant raté le dernier train... Ça rajoute juste 900 m de dénivelé...

J'avoue que l'idée de gravir le Mont Blanc, à la journée depuis le bas, me trotte dans la tête depuis quelques temps. Ça fait parti de ma "todo list".

Je scrute la météo, la semaine précédente, canicule, pas bon pour la traversée du Grand couloir. Chaque jour je me fais un petit point météo. La prévision s'améliore, pas d'orage le soir, par contre la canicule sera bien là, limite température positive au sommet !

J'attends le samedi matin pour prendre ma décision. Météo ok, pas d'infos sur la Chamoniarde concernant les conditions, on fera sans. Feu vert pour le sommet.

 

Bon, ce samedi, je bosse jusqu'à 15 h. Dès que j'ai fini, je charge la voiture, en route pour Chamonix; En fait, je dis en route pour Chamonix, mais c'est plutôt Saint Gervais l'objectif. Arrivé sur zone, je prends la raide petite route de Bionnassay et retrouve le parking du Crozat.

je croise deux randonneurs qui terminent leur rando, un joli tour passant par Bellevue, le Nid d'Aigle et la descente sous le glacier de Bionnassay. On passe un bon moment à échanger nos expériences. La suite, c'est, repas frugal, lecture (La Gouteuse d'Hitler de Rosella Postorino pour ceux que ça intéresse...) et tentative de dodo à 20 h. Pas très efficace. Il y a du passage à tout moment sur le parking, et même si les gens sont plutôt discrets, ça fait du bruit !

Bim, il me semble avoir entendu le réveil. Allez zou je m'habille ... mais... il me semble... je regarde ma montre ... 23 h 45. Flûte, trop tôt, mon cerveau a buggé je me recouche tout habillé. Je ne dors pas ... 00 h 10, ça sonne, pour de vrai ! L'avantage, c'est que je suis déjà habillé, petit déjeuner rapide, un ersatz de Redbull, et c'est parti !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Je gagne, la piste, et je remonte dans la nuit noire vers les cimes. Bon, pour l'instant, on ne s'emballe pas, je n'y suis pas encore. Je passe à coté d'un troupeau de mouton. Un patou aux dents acérés m’aboie dessus. Puré, je vais me faire dévorer à 5 minutes de la voiture, mon projet était plus ambitieux... On retrouvera des lambeaux de corps sur le bord du chemin demain matin. Peut être qu'il ne restera plus rien, je serai porté disparu. Le PGHM ira sans doute en hélico sonder les crevasses du glacier pour retrouver mon corps, puis au bout de 10 jours, l'abandon des recherches sera proclamé, forcément, ils n'auront pas cherché au bon endroit...

Mais, par chance, et uniquement par chance, je suis passé? Sans doute le patou n'avait il pas assez faim, ou ma viande n'est peut être pas appétissante, ça en serait presque vexant ! Je survie donc à ce premier obstacle imprévu. Plus loin, un chevreuil vient me rappeler que j'entre dans le wilderness (pour les non anglicistes, google trad est ton ami). Le halo de ma frontale éclaire mon chemin, qui se met à grimper dur, je rejoins l'alpage de l'are. Les yeux des vaches d'Herens brillent. Je traverse le long plat et le sentier se remet à grimper, ça tombe bien, l'objectif est plus haut...

Je croise une première "échelle", en fait il s'agit d'une succession de marches métalliques, le sentier est ardu, il sillonne dans une falaise, croisant ça et là une cascade, ça doit être beau... De jour, vivement le retour ! Il y a pas mal d'eau lorsqu'il faut traverser les torrents, et j'humidifie le bout de mes baskets dans ces passages  à gué. Rien de grave.

Au dessus, des bouquetins m'accueillent au milieu de la nuit. Leurs yeux brillent, eux aussi, sous les étoiles. En un peu plus de 2 h je rejoins le Nid d'Aigle, déjà 900 m de dénivelé avalés !

Le timing est respecté.

 A pour le timing, je me suis prévu (pour ceux que ça intéresse) :

2 h du parking au nid d'Aigle

2 h Nid d'Aigle - Tête Rousse

2 h Tête Rousse - Goûter

4 h 30 - 5 h Gouter Mont Blanc

Hors pause soit un total de 10 à 12 h en fonction de la forme

Je n'ai rien anticipé pour la descente.

 

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Au dessus, je connais, je suis passé par là à de moultes reprises. J'ai emmené au sommet du Mont Blanc, amis, femme ou fils, sans compter les tentatives en solo avec bivouac au col des Dômes, bivouac au Gouter (ce deux dernières quand c'était autorisé, à la belle époque ! ) , ou ascension à la journée depuis le Nid d'Aigle.

Un petit bout de piste, puis un sentier puis rapidement... la neige. Bon je suis les traces en leur faisant confiance. C'est par moment plus raide, parfois moins . Les baskets n'adhèrent pas top dans cette neige gelée, j'ai prévu de basculer en mode alpiniste à hauteur de Tête Rousse. Pas de lune, le ciel est d'encre, personne à l'horizon, je progresse, je sais que les cordées doivent partir des refuges au dessus.  Ma solitude est complète, elle ne va pas durer. Dans la nuit, j'ai du mal à reconnaitre l'endroit.  Petite hésitation, mais je poursuis et je me retrouve à hauteur des Rognes. la suite est plus facile, il n'y a plus de neige, il suffit juste de retrouver le sentier qui mène à Tête Rousse. A gauche, les lumières de Chamonix, à droite, celles des Contamines... C'est beau, mais je ne traine pas, il y a encore de quoi s'occuper au dessus.

J'arrive enfin à la hauteur de Tête Rousse. Et là tel superman, ou plutôt tel le têtard se transformant en grenouille, la chenille en papillon,  le trailer fatigué, se transforme en alpiniste affuté... ou presque. (ah flute, j'ai oublié de placer mon abracadabra ...)

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Bon, c'est ma première pause, 3130 m environ : ça fait déjà 1700 m de dénivelé, je suis  à la moitié, mais quand on y réfléchi plus précisément, les difficultés sont devant moi : la montée au Gouter plus technique, puis l'altitude au dessus de 4000 m et la fatigue qui va se cumuler , je ne devrai plus être trop frais après 3000 m de déniv. Et je ne compte pas la descente, mais ça, on verra après !

Le jour point, à droite, le refuge de Tête Rousse, dont les derniers candidats au sommet s'extirpent. Derrière, l'aiguille de Bionnassay se dévoile, devant les lucioles sont partis à l'ascension du grand couloir, certains sont même à proximité du refuge du Gouter. Celui ci joue le rôle de phare dans la nuit.  Le tableau est sombre, mais c'est beau.

Et hop, c'est reparti, les crampons sous les pieds. je remonte le glacier et me retrouve derrière une cordée. Visiblement ils viennent des pays de l'Est. On vient buter sur le couloir, je troque mes bâtons contre mon piolet. Je demande à mes Estiens (les habitants des pays de l'Est) si je peux leur passer devant, ils ne sont pas prêts. Et go, je traverse le couloir rapidement, mais sans trop me presser au risque de m'emberlificoter les crampons. Car il y a plusieurs techniques pour traverser le couloir, je vais les décrire ici.

Le Fangio : le Fangio a eu connaissance de la dangerosité de l'endroit. il connait la règle qui veut que moins tu reste au contact du danger , moins tu prends de risque, donc il bourrine, à fond tout en maitrisant sa trajectoire, c'est très spectaculaire à voir, et efficace

Le Ayrton Senna : (j'sais pas si c'est correct d'écrire ce qui suit) De même que le fangio, il speed, mais au détour d'une goulotte, il se prend le crampon dans la lanière de se guêtres, Bilan, il évite les pierres, mais pas la chute qui 'emmène loin la bas au fond du couloir. On a peur rien qu'au moment où il démarre la traversée.

Le Contemplatif : Le contemplatif sait que le danger vient du dessus. Il  avance lentement, inspectant scrupuleusement les pentes au dessus de lui. Il n'a pas trop conscience de la vitesse des chutes de pierre et de leurs rebonds aléatoires. Le contemplatif prend son temps, mais parfois il traverse.

Le prudent : lui, il sait que le danger vient du haut, mais également de sa technique. bilan, il avance prudemment, mais régulièrement, scrutant de temps en temps les affres du couloirs. Je crois que je fais parti de cette dernière catégorie.

le Cartomancien : lui, tout simplement, il ne met pas de casque, il sait que les pierres vont l'éviter, il l'a lu dans sont horoscope ce matin. Les oracles sont favorables et sa allège le sac. Jusqu'au jour où ...

Tiens voilà justement un trailer qui passe... sans casque !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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De l'autre coté du couloir, je range le piolet et les crampons avant d'attaquer la suite. J'avoue que mes quelques expériences me sont du grande aide, sans compter les nouveaux points de peinture rouge très utiles pour s'orienter. Et je galope, je maitrise, tel Thésée, les méandres de ce labyrinthe, toute proportion gardée bien sûr. Je garde un œil sur la gauche, le grand couloir dégueule déjà quelques pierres et nous ne sommes que le matin. Comment se passera t'il tout à l'heure à mon retour ? Je commence  à croiser des cordées, d'abord celles qui ont fait l'ascension hier et redescende du Goûter aujourd'hui, puis celle qui sont partis tôt ce matin. Je dépasse les dernière cordées parties depuis Tête Rousse. Voilà les derniers câbles et l'ancien refuge du Goûter. Il est 7 h , j'appelle Sandrine pour lui indiquer ma position, pour l’instant tout va bien. Je grignote et je remets les crampons. Une cordée sympa dépassée un peu plus bas me repasse devant. Je me remets en route, plus que 1000 m, à présent, il va falloir gérer l'altitude.

Je traverse l'arête du Gouter sans m'arrêter au nouveau refuge. Et j'attaque la grande pente du Dôme du Gouter. Une première cordée me dépasse, puis une seconde. Oh la vache, la fatigue. Je ressemble au capitaine Haddock dans Tintin au Tibet. Je décide de faire une bonne pause à l'épaule du Dôme, mais elle est encore loin l'épaule du Dôme. Une envie de dormir me prend. Mon rythme est devenu très lent. Finalement, il faut que je m'arrête tout de suite. Mais, fort de mon expérience, j'ai la solution (même si c'est la première fois que je l'utilise) Un ersatz de redbull au fond du sac. Je bois l'infâme breuvage,  et bingo, ça marche, en 5 minutes, je suis moins fatigué. Bon, je ne vais pas très vite, mais la grosse fatigue est passée.

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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 Je traverse quelques crevasses, profondes, il faudra se méfier à la descente. A droite, sur l'aiguille de Bionnassay, des cordées tels des funambules sur l'arête, progressent. La corniche est petite à présent, elle s'est effondrée. l'arête est moins jolie !

Je rejoins l'épaule du Dôme ou règne un alpiniste allongé, je prends de ses nouvelles, en anglais, il revient du sommet et tout va bien . Parfait, je poursuis dans la descente, légère , vers le col des Dômes où j'avais bivouaque en 2005, le réveil n'avait pas été facile  !

Et hop, il faut rattaquer la petite pente qui mène à Vallot. Je croise quelques cordées et me retrouve sur le plat. Plus que 400 gros mètres, les plus jolis, sans aucun doute.

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Et c'est reparti vers le haut, je rejoins l'arête de la grande Bosse. Une cordée arrivent du dessus, ente nous, un trou ! Une grosse crevasse. Je branche la Go pro trop tard pour filmer le passage de la cordée. Tant pis, je la laisse tourner, si jamais je tombe dans le trou, ça permettra aux gendarmes de comprendre ce qui s'est réellement passé. Bon par chance, j'évite la chute, le trou était profond et je continue au dessus.  Voilà la petite bosse, jolie, élégante, je la traverse, avant de remonter en direction des rochers de la Tournette. A gauche, d'ancienne trace de ski  me narguent dans la face nord, oui, cette face Nord à ski, c'est mon rêve, j'attends juste les bonnes conditions (et le partenaire dispo pour m'y lancer !)

L'énorme crevasse qui barrait le haut de la face à 4700 m n'est pas un obstacle, pour l’instant cette année. Je sais qu'il ne reste plus grand chose. Je fonds sur deux alpiniste qui peinent à fond. je les dépasse en les encourageants le sommet est à moins de 10 minutes !

Le voici, YES !

 

Et de 12. Oui, c'est la douzième fois que je foule ce sommet, et j'avoue que je ne m'en lasse pas ! J'ai d'ailleurs encore d'autres projets, soit à ski avec descente face nord soit en alpi, j'adorerai gravir la Brenva...

Vu qu'on est au sommet, je me dis que je vais tenter la roue, que j'avais réussie à l'Elbrouz. Bon, là je tente, et je me ramasse. Je me relève, me remets en position de départ, puis je laisse tomber, je sens que je n'ai plus assez de puissance pour la faire... tant pis.

Je me fais une bonne pause, avant de repartir.

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Et zou, il ne reste que 3400 m de descente. J'avoue que je ne me suis pas amusé à calculer le temps de descente, trop aléatoire et dépendant trop de mon état de forme.

Je recroise la cordée sympa 250 m sous le sommet. Ça fait du bien. J'enchaine les passages clefs, quelques nuages s'élèvent, mais ne m’inquiètent pas. Je ne descends pas très rapidement les jambes sont un peu lourdes, je l'avoue. Je rejoins une cordée de catalans ,on discute (ils parlent Français, c'est une chance, car mon catalan est plus que limité !) Puis je leur passe devant avant de filer sur Vallot.

Petite descente et on attaque la rébarbative remontée à l'épaule du Dôme. c'est dans la tête. Il fait chaud, j'ai les jambes qui ont 3400 m de déniv dans les fibres musculaires, mais il faut encore monter. Je parviens en haut et me lance dans la descente du Dôme. Les crevasses sont menaçantes, il faut faire de grand sauts, les réceptions sont aléatoires. Quand tu passes au dessus, tu vois qu'elles sont larges et sans fond. C'est pas le truc le plus intelligent du monde de se balader à cet endroit à cette heure ci non encordé. Trop tard pour renoncer, le salut est vers le bas. Je saute comme je peux les terribles obstacles, amortissant comme je peux les réceptions, ça serait dommage que la lèvre se casse sous mon poids !

Arrive le deuxième obstacle casse moral de la descente : la remontée vers les refuges du Gouter.  Tout au mental comme d'hab', sans trop de vitesse mais sans s'arrêter. je passe à nouveau devant le nouveau refuge, sans un regard. Et nouvelle pause à l'ancien refuge pour enlever les crampons. Là 2 Russes semblent perdus, il viennent des 3 monts et ne connaissent pas la descente; Je leur explique, qu'ils doivent suivre l'éperon, les câbles et le grand couloir. Ils veulent descendre à Chamonix, de toute façon, pour le train, il est trop tard. je leur dis de suivre les rails jusqu'à Bellevue, avant de descendre aux Houches avec un H ! Ils semblent satisfaits.

Je peux repartir.

 

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Le début de la descente est laborieux. Les câbles me gênent et je ne suis pas positionné comme je voudrai sur les prises. Finalement je finis par trouver le sens de la marche et à être plus efficace.  A droite, le Grand couloir est inquiétant. Une sorte de cascade continue due à la fonte des neiges en haut. Ça emporte des blocs de pierres et les chutes de pierres sont fréquentes. C'est lugubre et assez stressant quand on sait qu'on va passer 400 m en dessous. 

J'avoue avoir averti les alpinistes du bas de grosses chutes avec ma grosse voie. "Pierre !" " Pierre !"

Un gars me rattrape et me suit. Je lui demande s'il veut passer devant. En fait non. Bon ben je lui propose de descendre ensemble et de traverser le couloir ensemble, l'un surveillant l'autre, ça sera plus prudent.

Proposition validée, on descend donc ensemble en papotant. Ce qui est étonnant , c'est qu'il a fait le même truc que moi en partant 2 h avant du parking où il était monté en vélo depuis chez lui ! C'est marrant de se retrouver !

Je suis dans le rythme et on descend tranquillement mais surement. Voilà le départ de la traversée. Je suis prêt en premier, je pars donc en premier tandis qu'il me surveille. Les chutes de pierre ont créé une "ornière" de 3 m de large au milieu du couloir. Ça passe bien pour moi, je me mets à l'abri en face.

C'est son tour, je surveille le haut du couloir qui semble être continuellement en mouvement. Des pierres chutent mais sont parfois arrêtées par la neige. Je donne le feu vert, il part, à mi chemin je lui dit de stopper, une pierre devrait tomber de mon coté. C'est bon, en haut, c'est toujours specaculaire, heureusement la neige bloque pas mal de projectiles. Fin de traversée, on poursuit sur le sentier en crampon avant de basculer sur le glacier de Tête Rousse et de rejoindre la cahute de la brigade Blanche.

 

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Ah la cahute

Il y a la un brigadier (ben oui, c'est la brigade blanche)

"Bonjour, on n'a pas la réservation pour les refuges en dessous on peut passer ?"

Ça le fait sourire

Je lui explique que j'aurais bien aimé savoir, moi s'il m'avait jugé compétent et assez solide pour sortir le Mont Blanc à la journée. Bon ben là c'est trop tard et il ne m'indique pas s'il l'aurait fait. Dommage.

On discute de la brigade, des trains, ah oui, les trains, et ben moi je suis favorable à ce qu'il y aie un train qui parte à 5 - 6 h du mat, ça permettrait aux alpinistes d'éviter le couloir en fin de matinée. Il valide mon idée mais m'avoue que c'est compliqué. C'est toujours facile de critiquer les alpinistes aux mauvaises heures aux mauvais endroit, mais quand on voie que les trains déversent les cordées au Nid d'Aigle à 9 h 9h 30, ben forcement elles se retrouvent vers midi dans le couloir.

Bon j'avoue que je n'ai pas attaqué Jean-Marc Peillex bille en tête, c'est son patron.

Parce qu'au fond de moi, je pense qu'il est paradoxal de faire une communication sur Zidane au sommet (monté en hélicoptère au col des Dômes), ou PPDA ou Gérard Holtz, et dire aux mondes que le Mont Blanc n'est pas pour tout le monde.

Il est paradoxal de dire qu'il y a trop de monde sur la voie normale et vouloir rouvrir l'ancien refuge du Gouter...

Il est vrai que ce sommet est gravi par des gens qui n'ont rien à faire là, mais les mesures de restrictions me sont insupportables.

Enfin, que dire des guides qui réservent deux nuitées sur les refuges pour assurer le sommet. Deux nuitées, c'est empêcher quelqu'un de pouvoir réserver. Et ça, personne n'en parle, oui, je dénonce ! (ce blog n'est vraiment pas un blog plan plan, il est engagé ) Une cordée, ça devrait être une nuitée.

Fin du coup de gueule

Je rapelle que je n'ai rien dit de tout  cela au brigadier, reste à espérer que Jean-Marc me lise. J'ai comme un doute.

Et même s'il me lit, il y a peu de chance qu'il se dise : "mais oui, il faut que je contacte ce gars, qui a  de supers idées." Peu de chances....

 

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On est reparti vers le bas, sur le sentier puis dans les névés sous les Rognes. Je suis descendu sur le cul, dans la neige. Au loin, des orages éclatent au  dessus des Contamines. Ça serait pas mal de ne pas se faire tremper avant la voiture. On surveille les éclairs, inquiétant... On va finir comme dans premiers de cordée, foudroyé sur un rocher. Je repense que j'ai un piolet dans le dos, dressé vers le ciel. Tel un paratonnerre, qui ne parerait pas grand chose à part attirer la foudre. Je raconte à Arnaud mes épisodes de foudre aux Dômes de Miage, le plus terrible orage  de ma vie !

On fait une pause pour récupérer de l'eau, ça fait du bien. Je commençais à être complètement déshydraté.

Passage au Nid d'Aigle, fermé. reste les 900 derniers mètres. D'abord un joli sentier avec plein de bouquetins qui ont la fâcheuse tendance à occuper le sentier. Et quand ils daignent nous laisser la place c'est pour descendre sur le lacet suivant.  Ça nous amuse.

Il pleut quelques fines goutes juste de quoi nous rafraichir, on surveille l'orage qui semble passer derrière l'aiguille de Bionnassay pour aller chez nos amis trasalpins, excellent choix, merci à eux.

S'en suit la partie plus technique, des câbles et des pieux qui bringuebalent... On traverse de superbes cascades.

Puis vient la partie finale. J'appelle Sandrine, il ne reste que 20 minutes. Bon, 20 minutes, c'est mon estimation, car 20 minutes plus tard,  je vois un panneau : parking 45 minutes. Je rappelle pour indiquer que je me suis un peu emballé, j'ai pris mes désirs pour des réalités. Je crois que je suis monté plus vite que je ne suis descendu. Arnaud a la pêche, mais il a la gentillesse de m'attendre. On croise des alpinistes qui vont bivouaquer avant le sommet.

Le temps de ralenti, mes pieds frottent dans mes chaussures et j'ai les pieds recroquevillés.

C'est long, c'est beau mais c'est long. Je passe devant le patou à pas feutrés. Il ne m'a pas vu. Ouf. Arnaud quant à lui est parti cherché son vélo caché dans la forêt.

Je parcours les derniers mètres, ouf ! Ils est 20 h

19 h 35 sur la montagne !

32 km et 3400 m de déniv.

 

10 minutes plus tard, je vois Arnaud arrivé, dépité, on lui a piqué son vélo ! La loose absolue. Je le ramène chez lui, mais c'est vrai que ça gâche un peu la fête. Reste juste à espérer que ça soit le propriétaire du champ qui se soit énervé. Ça y est, il pleut l'orage est là. Je laisse Arnaud au Bettex et prend la route e la maison. Bien fatigué. J'arriverai à minuit 10 à la maison, pile 24 h après mon réveil !

 

Fin d'une bonne grosse journée comme je les aime

Qui a dit que j'étais un bourrin ?

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Apoutsiak — ValaisSki de randonnéealpinisme
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Serait ce la journée de la loose 2 après la pire journée de touts les temps la veille

Vous le saurez en lisant le récit (complètement ....)

 

Vidéo

Topo

Je suis parti de Sarmata 1805 m, on peut partir de La Gouille 1834 m, plus logique...

Rejoindre par le sentier le lac bleu : 2100 m puis le Remontze du Ché Blanc 2422 m et les Crosayes sous la cabane des Aiguilles rouges; remonter la combe en direction de la Pointe des Darbonires et passer au Nord, gagner le glacier, remonter Ouest Nord Ouest en direction de la pointe de Vouasson 3490 m

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Récit

Nouvelle nuit dans la voiture, après la journée de la loose, c'est pas gagné !

Je me réveille après avoir bien dormi et je déjeune. La voiture me met un message... Batterie faible, démarrer la voiture et ... bien sûr, elle ne démarre pas. Tant pis, je vais me faire ma journée de ski, je gérerai ça en rentrant ! Ça va sans doute m'occuper l'esprit pendant la balade.

Je m'équipe, et je pars, ski sur le sac, la neige semble bien loin... Je suis à Sarmata, un peu en dessous de la Gouille, le départ habituel, je traverse le hameau endormi avant de remonter une sente qui ramène au sentier classique. Pas de neige. La suite, je connais, aujourd'hui, je ne vais pas me tromper (et oui, lecteur, je sais que tu espères une grossière erreur d'orientation de ma part, mais aujourd'hui, je suis sur MON terrain) !

Le sentier remonte vers le lac bleu, qui est en réalité vert, va comprendre !

Je poursuis, il y a un peu de neige, mais c'est bien trop pauvre pour skier ! Et zou, avec mes deux skis toujours sur le sac, j'avance. La neige merdique sur le sentier, mais pas assez pour skier. 2300 m Enfin, elle est là : LA Neige.

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Et je poursuis, tout en surveillant le vallon de gauche, une trace semble y descendre et j'essaie de deviner d'où elle vient ? d'au dessus de la cabane  ou dans le vallon en biais en dessous. Je finis par trouver le passage, impeccable à la descente, ça devrait me ramener non loin du lac bleu ! Yes !

Je suis seul, c'est rare de se retrouver seul par beau temps sur une course comme ça. Je pense aussi à ma voiture, il va falloir trouver des gens sympathiques qui auront des pinces pour la redémarrer. Tout ça pourra peut être se finir en dépanneuse si ça tourne mal. Pour l'instant, objectif sommet !

Une harde de chamois avance tranquillement au loin. Les marmottes me sifflent, va savoir pourquoi ?

Un lagopède décolle.

Je passe sous le refuge et je rejoins le petit collet au dessus. trop de vent pour faire une pause, flûte, je monte encore un peu, mais le vent forci . Bilan, pause dans le vent ! Mal joué.  Je repars pour les 200 derniers mètres, je quitte les skis pour les sommets sommitaux où je ne traine pas !

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

J'attaque la descente dans le vent. Il m'a toujours été difficile de faire le premier virage. Peur que la neige ne soit pas telle que je l'ai pensée. Peur de me crouter donc . Il n'est pas beau mais il passe. La neige est un poil croutée mais ça passe même si ça n'est pas du grand ski. Je finis par trouver de la bonne poudreuse en versant Nord. Je rejoins le petit collet, je descends un peu pour être à l'abri du vent, et je me fais une petite pause.

Est il trop tôt pour descendre.

La neige a t'elle bien décaillée

Ça serait dommage de descendre trop tôt.

en fait, je réfléchis trop, Il faut descendre MAINTENANT !!!

 

Et Yes, juste le bon moment, juste décaillée.

De la neige de rêve !

C'est le bon moment. J'enchaîne les virages et ça passe vite.

Je me retrouve déjà sous le refuge. Flûte, j'ai skié trop vite et j'ai raté le couloir que je voulais prendre. Où est il, un peu au dessus ? Je remonte en escalier quelques mètres puis j'hésite. En fait, il y a une trace qui part en dessous, pas la peine de remonter.  Je redescends, c'est le bon endroit, je file en traversée rejoindre la grande combe à droite visée ce matin

Je rejoins a combe qui est parfaite, les virages s'enchaînent et je rejoins le replat qui mène au lac bleu. Je déchausse sur une centaine de mètres, une marmotte détalle à mon arrivée.

Je rechausse un peu plus loin et je croise quelques randonneurs qui me font de grands saluts !

Derniers virages dans une combe en soupe, puis je déchausse. Je charge les skis sur le sac et je rejoins le sentier. Il y a moins de 300 m de portage pour ce reste de descente, bien joué. La descente est rapide, je vois ma voiture bien sage, j'espère qu'elle va démarrer. Si ça n'est pas le cas, il faudra arrêter une voiture, espérer qu'elle est des câbles,  et esperer qu'elle démarre. Je resterai en pantalon d'alpi, pas de short ça fait trop touriste,  et je mettrais ma polaire bleu, elle fait un peu gendarme, ça aidera sans doute les gens à s'arrêter. Pour vu qu'elle démarre...

Je croise un chevreuil qui file vers le haut. La journée aura été riche en faune. Je rejoins le village endormi, je le traverse tout en cherchant du regard les voitures, signe de la présence des habitants et j'en repère une.

 

 

 

 

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Ma voiture est à 100 m au milieu d'une zone vide, une voiture quitte la route et vient se garer juste à coté. Je salue le pilote qui en sort et lui demande s'il a des câbles. Réponse affirmative, je lui explique mon problème et la probabilité que ma voiture ne démarre pas. Pas de souci pour lui.

J'AI VRAIMENT de la CHANCE !!!

Et zou, voiture en place, câbles presque mis quand une femme sort de sa voiture. A priori, je comprends qu'ils ont déjà eu problème en voulant aider quelqu'un. Pour tant, moi, qui suis loin d'être un grand bricoleur, je repère facilement le pole + et le pôle - de leur voiture...

Mais elle se braque, on consulte la notice de la voiture, et bien joué, la batterie sur le dessin, n'est pas celle de la voiture !!! On consulte internet, oui, il y a de la 4G à Sarmata ! On reconnait vaguement la batterie. mais la madame est trop anxieuse. Je décide d'aller voir dans le village, trouver de l'aide.

 

Je marche les 300 m qui me sépare de celui ci, je trouve le chalet avec la voiture garée devant, je toque. Un râle m'invite à entrer, je fais répéter puis je finis par m’exécuter. Une odeur de tabac froid me prend à la gorge quand je rentre. Le chalet est sombre et sent la poussière, j'avance presque à tâtons dans un couloir, et me retrouve face à un type en chaussettes, allongé sur son lit ! Je lui explique ma problématique tout en doutant qu'il soit l'homme de la situation.

"J"arrive dans 5 minutes" m'annonce t'il

Retour à la voiture, mes deux anciens, skieurs de randonnée, regardent les batteries avec circonspection. Le pire, je saurai faire. Mais bon.

Le valaisan arrive dans une vielle voiture bleu pétaradante.  Il s'en extirpe. L'homme est petit, maigre, tout dépenaillé, le début de barbe hirsute, j'ai encore son odeur de tabac dans le nez.

On échange les voitures de place, on branche les câbles... ça ne marche pas, le scenic affiche tous les messages d’erreur du monde. Puis un gros panneau STOP Rouge s'affiche sur l'écran de la bête. Et plus aucune réaction quand j'appuie sur Start, c'est grave.

Les deux anciens ne se sentant plus utiles s'en vont (ils ont été sympa de rester et de m'aider)

Je décide d'appeler un garagiste local. Il me conseille de débrancher la batterie.  Le vieux type au tabac froid va cherché des outils chez lui et revient avec  des clefs de compétition. démontage, remontage, ça ne marche pas... Une seconde fois, toujours rien. Je décide de faire une dernière tentative avant d'appeler une dépanneuse... Je débranche, j'attends plus longtemps  que les fois précédentes, je rebranche... Nouvelle tentative, le moteur tourne un peu mais cale, à la seconde tentative, il part ! YEEEEEEEEESSSSSSSS !

Finalement, j'ai de la chance !

Je propose au type de lui payer un coup, il refuse poliment, ce bon samaritain.

Je file en débranchant le stop and start afin d’éviter de tirer sur la batterie. En route vers ma Franche Comté. J'ai vraiment eu du bol !

Ski de Randonnée : La Grande Lui 3509 m

Apoutsiak — Ski de randonnéeValaisMassif du Mont Blancalpinisme

Sortie classique de fin de saison dans un cadre majestueux

Vue sur la magnifique face Nord du Dolent !

 

Vidéo :

Topo :

Se garer à la Fouly 1593 m

Traverser la rivière et le bout du village pour prendre la rive droite du vallon du glacier de l'A Neuve

Le remonter; Au niveau de la pierre Javelle, basculer direction Nord et gagner un replat.

On trouve alors le pied de la combe du refuge.

Remonter cette combe (on peut gagner le refuge par une traversée parfois exposée aux avalanches.)

Refuge de l'A Neuve 2735 m

De là remonter la combe en direction du petit Darrey, virer à l'Est, pente un peu plus raide et gagner le plateau supérieur

J'ai gagné le sommet en prenant le couloir de neige à droite du gendarme situé à l'ouest de la Grande Lui (45 50°) puis l'arête facile jusqu'au sommet - 3509 m

 

 

La FoulyLa Fouly

La Fouly

Récit :

 

D'habitude, quand je pars en montagne pour une grosse journée, je me lève aux aurores, et je me fais la route le matin de la course (et quand je dis aurores, c'est plutôt le milieu de la nuit...). Cette fois, ci, je change la méthode... Tin tin tin, suspense, que vais je sortir du chapeau...  Et ben je pars la veille au soir. Je vois, vous êtes déçus, vous pensiez à une révélation incroyable. Et bien désolé, je vous laisse tout de même lire le récit de cette jolie journée.

Bref, Lundi soir, après une belle journée de travail, je rentre à la maison retrouver les enfants. Oui, je ne retrouve pas Force Roz', qui travaille à l’extérieur. Je ne vais pas vous raconter TOUTE ma vie non plu !

Bref, je prépare un bon repas, que l'on déguste ensemble puis je regarde l'émission "Quotidien" jusqu'à la première pub, et je quitte la maison. Non, pas d'inquiétude, Marie et louis ont bientôt 18 ans, ils devraient parvenir à survivre 24 h !!!

L'avantage en partant tard, c'est qu'il y a beaucoup moins de circulation. Donc sur la route , tout va bien... Ou presque. Quelque chose me turlupine. J'ai prévu de gravir le Vélan par le couloir Annibal, Voie sur laquelle j'ai déjà butée 3 fois. Et, la météo est bonne, mais le Bulletin d'évaluation des risques d'avalanche est difficile à interpréter. Je m'explique : Risque 2 d'avalanche, donc plutôt raisonnable mais avec une zone à risque couvrant les versant Ouest Nord et Est au dessus de 2200 m. Le Vélan mesure 3700 m, largement au dessus des 2200 m indiqués dans le bulletin, et le couloir est orienter Sud Ouest, donc si on veut chipoter c'est pas ouest, mais c'est vraiment pour chipoter...

Accessoirement, la pente du couloir est bien supérieur à 30°, pente fatidique pour le déclenchement des avalanches...

Je réfléchis tout en roulant. Et je prends la décision de prudence : changement d'objectif, on va aller faire simplement la grande Lui.

Oui, la météo nous impose une sortie à la journée, pascal n'est dispo qu'aujourd'hui et de toute façon, il fait pourri demain !

 

je passe un coup de téléphone à pascal, et on se donne rendez vous à Martigny

 

Je roule.

La Fouly

La Fouly

Martigny, j'arrive au parking, Pascal est déjà là. J'extirpe mon grand corps dégingandé de la voiture et je salue Pascal, c'est la première fois qu'on se rencontre. Bon, pour vous décrire Pascal, ben c'est assez simple, il ressemble à Jésus, mais avec une Goretex. Même barbe, même stature, de nuit, on apercevrait presque l'auréole !  On ne traine pas sur le parking, en route pour la Fouly, on va tacher de trouver un endroit pour dormir sur la route.  Et on remonte la vallée sauvage, au détour d'un virage, un petit parking fera l'affaire.

 

On papote un peu, et on prépare chacun nos affaires, j'avoue que je suis devenu un spécialiste de la nuit en voiture : J'ai enlevé les sièges arrière, j'ai emmené un matelas, un coussin et mon duvet -15°C ...

Bref, tous les ingrédients pour passer une bonne nuit.

Et je passe une bonne nuit. Réveil à 6 h. -3°C !  Quand je sors de l'habitacle, Pascal est déjà debout. On déjeune rapido et on termine la route qui nous amène à La Fouly.

Sur le parking, un type est déjà là.  A peine le temps de lui dire bonjour, qu'il est déjà parti, vers quel sommet, je ne le sais pas, il y a deux classiques dans le coin : le Dolent et la Grande Lui. Trop tard, El Diablo est parti.

 

en montant à la Grande Luien montant à la Grande Luien montant à la Grande Lui

en montant à la Grande Lui

On traverse les ruelles de la Fouly, puis mon idée est de suivre la route de droite, sur la carte. On trouve la route, mais celle ci ne mène pas à un sentier mais à un camping... En cul de sac. Il faut louvoyer dans les vernes, avec les skis qui accrochent. On retrouve le lit de la rivière, de gros blocs inconfortables pour la marche. On traverse la rivière pour se retrouver sur l'autre rive, et traverser de nouveaux arbustes et enfin , ô Graal suprême, retrouver un sentier. Et la neige. On chausse les skis.

 

Pascal n'a pas une grande expérience, et je luis donne quelques conseils. On est parti, sur la rive droite du vallon, la trace monte dans les pentes pour éviter les arbustes, puis fini par redescendre. Pascal, me demande de boire, et là, tout s'éclaire, Je suis Marie-Madeleine qui vient éponger le front du Christ dans son ascension vers le Golgotha... Et en matière de calvaire, on ne va pas être déçu...

Bref, Jésus boit, et on repart. Moi j'ai mon petit pipeteur qui me permet d'éviter les pauses superflues !

le soleil darde, on commence à cuire, je me retrouve en carline.

 

Pascal se débrouille bien, le rythme est correct et , même si les conversions ne sont pas parfaites, il s'en tire très bien.

On remonte le vallon ,on repasse en rive gauche, il faut louvoyer entre quelques cailloux, ce qui demande un poil de technique. El Diablo est loin devant, il file vers le sommet.

Jésus redemande à boire, je lui indique qu'on fera la pause plus tard, on ne va pas s'arrêter toutes les cinq minutes.

 

Grande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuveGrande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuveGrande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuve
Grande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuve

Grande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuve

S'en suit un long passage à plat, Jésus montre quelques signe de faiblesse ( je ne sais plus comment c'est écrit dans l'évangile, mais l'idée, c'est ça) Et là, point de Simon de Sirène pour venir porter ton sac à dos. J'essaie juste d'adopter un rythme lent mais efficace. Malheureusement, je largue Jésus qui chute pour la première fois. On parvient à un nouveau virage, et Jésus chute, dans sa conversion, pour la seconde fois, retentant immédiatement sa chance, il chute pour la troisème fois... Le calvaire, je vous savais prévenu !

 

Jésus ne parvient plus à avancer. Il fait dix mètres et se pause sur ses bâtons, essoufflé.

On attaque la partie plus raide, sous le refuge. Ce qui n'arrange rien. Je sais qu'il n'ira pas en haut, le risque est trop grand de le retrouver crucifié. Il me propose de me laisser aller au sommet et de m'attendre.

Parfait pour moi, je lui indique que je vais lui laisser du matos superflus à la hauteur du refuge qui est un peu plus haut)

Je l'entends murmurer : "père, père pardonne lui, il ne sais pas ce qu'il fait !"

Grand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A NeuveGrand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A Neuve
Grand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A Neuve
Grand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A NeuveGrand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A NeuveGrand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A Neuve

Grand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A Neuve

Je file, en haut  de la combe, el Diablo n'a pas pris son temps. Je décide de faire un petit pointage. Il me faut 50 minutes pour rejoindre le haut de la Combe,  il me sera impossible de le rattraper.

On arrive à la pente raide, qui donne accès au plateau sommital, le vent froid des glaciers me congèle, je suis toujours en carline, et c'est vraiment trop juste. J'opère une pause "polaire". Les paysages sont magnifiques, la face Nord du dolent, sa jolie arête Gallet, la convoitée A Neuve, superbe !

Le plateau est là, j'essaie de trouver où est El Diablo qui devrait m'avoir fait une jolie trace vers le sommet. Je ne vois rien. J'enquille donc le plateau, je ne vois pas de trace dans la face sous l'arête. Quand je le vois, Satan s'approche en godille. Il s'arrête et m'annonce qu'il n'est pas aller au sommet, mais qu'il y avait des traces là où il s'est arrêté. Parfait, rien à tracer, ça va être les doigts dans le nez. Et le Diable, repart de sa belle godille vers les enfers (ou la Fouly, je ne sais pas)

sur fond de Dolentsur fond de Dolent

sur fond de Dolent

sommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolentsommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolentsommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolent
sommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolentsommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolent

sommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolent

Je dépose les skis, et j'attaque la montée jusqu'à l'arête, tout à gauche du plateau. Une fois sur celle ci, je ne vois aucune trace. Ah, le Diable m'a entourloupé ! Me voilà au mauvais endroit. Je scrute l'arête, ça ne passe pas, ou ça passe peut être, mais il va me falloir des heures pour traverser un énorme gendarme. Je décide de redescendre et d'attaquer la facette sous l'arête à gauche du sommet.

Je redescends, je déplace mes skis, et je traverse à pied pour me retrouver sous la facette.

Et c'est reparti vers le haut, d'abord facile, puis une portion mixte, que j'ai défini, depuis le bas, comme le Crux de la voie. Il a beaucoup neigé, et les prises sont masquées sous une épaisse couche de neige. Les crampons crissent. Le piolet grince. Son ancrage, incertain, me stresse.

Prise à main droite, piolet au dessus, j'élève ma jambe gauche, sur un blog lisse. Si tu as peur, tu n'appuies pas, et si tu n'appuies pas, ça va glisser. Il faut être franc avec l'appui. Ce que j'essaie de faire. Je bascule , su rl pied gauche et je m'élève. Ouf, encore deux pas technique, ensuite la neige, j'vance vers le haut en longeant les quelques rochers qui apparaissent par endroit. Puis dré dans le pentu, tout droit jusqu'à l'arête. Le cardio à fond, quelques pauses pour récupérer  et m'y voici. Le reste est facile : une centaine de mètre d'arête sans difficulté ! YES

Dolent arête Gallet

Dolent arête Gallet

Je redescends, d'abord l'arête puis la face, le pas de mixte est passé facilement, avec mes grandes jambes, c'est plus facile. Jez retraverse jusqu'à mes skis. Je passe un coup de téléphone à Pascal pour lui annoncer que je vais arriver d'ici une demi heure, j'ai bien conscience que j'ai été un peu plus long que prévu.

 

Dolent arête Gallet détail glace
Dolent arête Gallet détail glace

Dolent arête Gallet détail glace

Et zou, descente à ski, d'abord dans une poudreuse tassée, mais toujours dans ce paysage de rêve.  La pente augmente quand on quitte le plateau, je poursuis mes grands virages. J'opère juste quelques pauses pour laisser le temps à mes cuisses de récupérer.

J'enchaine avec la combe à droite du refuge.

La neige est juste transfo à présent, j'en profite toujours. Je scrute le bas de la pente, où il me semble voir mon dépôt de corde. Pascal devrait m'y attendre.

Je file, je surveille qu'il n'y aie pas de trace en direction du refuge, mais vu le risque d'avalanche, peu de chance qu'il se soit dirigé par là .

J'arrive au dépôt de matos, et là, rien, personne. Rien n'a été touché. Bon, il n'a pas eu la force de monter jusque là. Je charge le tout sur mon sac et j'entame la descente. En dessous, personne, Pascal serait-il descendu aux enfers avant de ressusciter ? (d'où son absence) En plus vu qu'il a du croiser El Diablo...

 

Bon en attendant, je cherche mon acolyte dans le vallon. L'appelant de temps à autre pour ne pas le louper, dès fois qu'il fasse une sieste. Je déclenche une petite coulée de neige humide dans une pente un peu raide.

Puis je poursuis en dessous.

je ne le trouve pas. Ma consigne était clair, il devait m'attendre, mais il a du trouver le temps long...

Tout devient terre à terre, je commence à psychoter sur les mesures à prendre.

Au loin, je vois un skieur, qui chute. "Mon Dieu, mais c'est lui ! " Je descends, mais je ne vois rien , j'ai du rêver. J'appelle au cas où, et on me répond, il est juste en dessous, caché par quelques arbustes. Je le retrouve toujours par terre, il n'a pas bougé depuis sa chute !

Je lui fait part de mon inquiétude. Il m'indique, que voyant El Diablo qui lui a affirmé que j'étais quasi au sommet, il avait décidé de redescendre. Satan avait encore sournoisement frappé !

le calvaire de Pascal est allé jusqu'aux vomissements. Sale journée pour lui, mais que fait Ponce Pilate ?

On repart ensemble pour un slalom de fin de saison. Et on est assez efficace pour descendre sans déchausser jusqu'à 1650 . Ne reste que 5 minutes à faire à pied, skis sur le dos, un avant goût de paradis.

On retrouve la voiture, en route pour les bouchons créés par les frontaliers pour moi.

Pour Pascal, Satan frappera une dernière fois, sa voiture rend son dernier souffle sur l'autoroute du retour.

 

Mon Dieu, mais quelle belle journée

(toutes mes excuses auprès de ceux que mes allusions religieuses auront dérangé ...)

 

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Apoutsiak — Ski de randonnéealpinismeValaisAnne

2ème jour de notre séjour dans le massif des Combins

Avec au départ comme objectif le Tournelon Blanc... Mais la météo a quelque peu contrarié nos plans

Magnfique descente par le col de Boveire sur Bourg Saint Pierre

 

Vidéo :

 

 

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Récit :

 

Je n'ai pas trop mal dormi.

Il y a eu du vent toute la nuit, le refuge à couiné, grincé, ce fut une nuit impressionnante.

Je lève un œil, et je vois Thierry déjà en train de se préparer. Je lui demande s'il est l'heure, il me confirme que oui !

En route pour l'aventure, et l'aventure c'est : ce préparer dans la nuit du dortoir, sans réveiller les autre... ou plutôt en tentant de ne pas réveiller tout le monde. En plus , j'ai fait un truc que je fais rarement, j'ai monté mon sac à dos dans ma chambre sans en préparer le contenu. Bref, j'essaie de ne pas éblouir nos voisins, j'essaie de ne pas faire cliqueter cette broche à glace, dont l'unique but dans la vie est de venir faire tintinnabuler sur mes couteaux … tel le traineau du père noël...

 

Se rajoute en plus la fourbure lié à la journée d'hier, et je n'ai aucune souplesse ce matin.

Je descends dans le réfectoire, où le gardien nous accueille. Il surveille particulièrement Anne, qui se sert abondamment. Une tension se crée entre le bourru gardien (pléonasme) et la sportive accomplie ( oui, qui connait un gardien qui n'est pas bourru?) . Je déjeune rapido, je finalise le rangement du sac , et je file dehors préparer mes peaux et mes skis.

Au moins, j'aurais une victoire ce week-end : j'ai mis presque une demi heure à mes deux acolytes pour al sortie du refuge ! Ça sera la seule du week-end.

Je me retrouve donc à glandouiller pendant près d'une demi heure, tandis que les tourtereaux se préparent.

Le vent est là, une alpiniste recherche une de ses peaux, qu'elle avait peu judicieusement laissé à sécher dehors. Le vent l'a emportée...

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Et on démarre. Sur la moraine, je joue mon rôle de leader en menant le petit groupe. Anne lambine derrière, elle démarre en mode Diesel, m'explique Thierry. Le vent est là, le Combin est toujours sous un énorme nuage, à notre gauche, la crête qui mène au Tournelon Blanc est balayée par le vent. C'est pas gagné …

 

Au bout de la moraine, il faut en descendre, c'est glacé, c'est raide, les peaux accrochent mal, je descends prudemment, tandis que je sens la pression d'Anne qui file derrière moi. On se retrouve sur le plat du glacier, le vent forci, on avance d'un bon pas, mais on se fait bousculer par le vent de temps en temps. Il faut de temps en temps s'arrêter, temps les bourrasques nous déstabilisent. Sur la crête du Tournelon Blanc, le vent décoiffe fort, sans doute proche de 100 km/h. Je commence à penser que nous n'irons pas au sommet. On discute avec Anne, on décidera au pied de la pente. En attendant, on avance, bousculés par le vent !

 

Je me pause près d'un rocher, dans un trou abrité du vent, afin de mettre mes lunettes. La tempête est bien là, je décide de renoncer au Tournelon Blanc, il a l'air de faire meilleur à l'ouest du massif... pour l'instant... Je m’inquiète, on va devoir descendre un versant que je ne connais pas, si la tempête s'en mêle, on va devoir jouer du GPS...

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Je poursuis et finis par rejoindre Anne et Thierry au pied du Tournelon Blanc, en fait, pour être honnête, je ne les ai pas rattrapés, ils m'ont attendu... Je leur indique ma décision, vu le vent, ils acceptent, et on file vers l'ouest, traverser le Grand glacier de Panossière. Je stresse un peu au passage de lignes de fissures qui sont sans doute la marque de sournoises crevasses.

Du stress mais pas le choix, il faut traverser. Je finis par retrouver une vieille trace, c'est idiot mais c'est rassurant, alors que le risque est le même. Thierry, Rantaplan, est passé devant. Il prend beaucoup d'avance, je papote avec Anne derrière. Étonnamment, le temps tourne, et il semble faire meilleur sur le Tournelon Blanc. Peut être avons nous pris la mauvaise décision. Anne me propose de faire demi tour. Il est trop tard. On surveille du coin de l’œil si des cordées partent vers le Tournelon... On serait vert.

Ici, coté petit Combin, le vent est moins important et le soleil perce. C'est quand même plus agréable.

 

On rejoint le plateau, Thierry est vraiment loin maintenant, Anne fini par me larguer elle aussi. Je me retrouve tout seul, comme un malheureux, derrière.

Thierry, qui débute en ski de rando (depuis peu de temps) se met à tracer la pente raide. Avec talent, la trace est parfaite, ni trop raide ni pas assez, les conversions bien placée. Il poursuit même au dessus des dernières traces à pied, dans une pente particulièrement raide. Dépot des skis sous une barre rocheuse.

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Je ne suis pas encore prêt quand ils partent. Tant pis, je serais encore seul dans la partie alpi. Avec un peu de chance, vu qu'ils doivent tracer, je vais peut être les rattraper... Ben non, Anne est repassée devant, et ils galopent. Pente à 50°, Anne est à fond, elle n'a pas usurpé son surnom de Duracell. Thierry, la colle. Je suis 30 m plus bas. La partie raide s'achève sur une jolie arête. J'en profite pour faire quelques photos, reste un peu de glace, une partie mixte facile et le sommet. Yes !

 

Après la photo protocolaire, on part dans la descente... Et … je me fais également larguer ! Y'a pas de justice ! Moi, le vieux briscard des montagnes, je me fais larguer par un jeune chien fous débutant... Rantanplan est vraiment trop fort. Je descends concentré. D'autant plus que je me rends compte que mes crampons bottent. C'est vraiment la loose, ces crampons Camp Corsa Nanotech. Après avoir cassé la barre frontale l'année dernière aux Dômes de Miage, avoir tordu la barre centrale au Mont Blanc avec Louis, je me retrouve avec des crampons qui bottent à fond, alors que j'ai mis du scotch américain en guise d’anti-botte. Ça n'améliore pas mon rythme. Je descends prudemment, mais je descends, tapant bien les crampons pour débotter. Je finis par rejoindre Anne et Thierry. Quand j'enlève les crampons, je vois la neige collée dessous, … et ça fait peur !

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

On chausse les skis, Anne serait chaude pour enchainer avec le Combin de Corbassière, mais j'avoue que je me sens un poil fatigué. Je lui propose de redescendre assez bas pour profiter du ski avant de remonter au col.

Solution validée.

 

Anne part devant, je la rejoins, et Thierry se débat avec la pente. Je passe devant, et je vise le trou créé par une crevasse... enfin, je crois. Hop on remet les peaux, je pars devant, mais rapidement, Duracell et Rantanplan me passent, et me larguent. Je suis vraiment trop nul. Bon, je laisse les deux sportifs partir, impossible de suivre leur rythme au risque d'exploser. Quelques virages suivant, arrive le dépôt des skis, je n'y suis pas encore qu'Anne et Thierry filent dedans, quand je suis au pied, ils sont déjà à mis pente du petit couloir. Je prends le temps de mettre mes skis sur le sac. Et hop, départ pour le couloir, pas trop raide et pas trop long, voici le col et la fin des difficultés, il fait beau. La pause pique nique est la bienvenue. Saucisson, tome de chèvre, reblochon, accompagné de pain au noix, il ne manquait que le vin rouge.

 

Et c'est là qu'est mon heure de gloire, pas due à mes capacités de skieur, mais à la qualité de mes skis, les ZAG Ubac, 95 au patin : ils tournent tout seuls. Et d'un piètre skieur emprunté, la métamorphose donne un chamois des descentes ( si la neige est bonne uniquement …)

Après une petite traversée, on passe à une poudreuse tassée légèrement croûtée, puis, le Graal : de la poudreuse ! Et les Zag, tournent , et font de moi un skieur de compet... Quel plaisir. Anne, avec ses allumettes, s'applique à faire de la godille. J'avoue que je profite des grandes courbes. Quel bonheur !

J’enchaîne les virages à vive allure.

Je fais des pauses pour attendre mes deux comparses.

 

J'avoue que j'ai bien profité de la descente, tout en gérant l'itinéraire.

Après la poudreuse du haut, la transfo en dessous. Puis, à basse altitude, des trous d'eau, le ski qui s'enfonce soudainement dans la fange ! Je parviens à éviter des tomber au prix d'un effort important.

Ce phénomène m'est propre, Thierry et Anne qui doivent peser 20 kg de moins que moi, surnagent malgré leurs skis étroits.

Faudra que je pense à faire un régime...

 

Vient le bas de la neige, un passage sur une piste étroite, avant de quitter les skis à 2OOOm

Reste le portage 40 minutes skis sur le dos pour rejoindre la civilisation.

 

2 belles journées de montagne. Faudra revenir pour le Tournelon Blanc et le Combin de Corbassière !

 

à une prochaine

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Ski de Rando : Petit Combin 3663 m par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats

Apoutsiak — Ski de randonnéealpinismeValaisAnne

Traversée Bourg Saint Pierre - cabane de Panossière

 

pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué... Plutôt que de monter à Panossière par le chemin normal, y acceder en se faisant un joli petit sommet au passage. Bon ça rajoute plein de difficultés et de dénivelés, mais ça offre une jolie course !

 

Vidéo

Topo :

Se garer au Nord de bourg Saint-Pierre en face de la station service (Notre dame de lorette sur la CNS) 1621 m

Remonter la piste qui part vers le nord et rejoindre le Creux du Mat. Poursuivre en direction du torrent d'Allèves.  Passer sous le Boveire d'en Bas 2227 m (Sud) . remonter la Combe de Lane puis virer à droite vers le glacier de Boveire. à 2900 m,  virer dans le couloir en contournant le point 2977 m CNS. Remonter le couloir plein nord avant de basculer vers l'Est dans un couloir secondaire (glacier pendant proprement dit).  Remonter le couloir pour parvenir à la crête; De là, on rejoint le Petit Combin à 200 m.

 

Descente : Par un mouvement enveloppant, rejoindre le glacier des follats que l'on descend surtout en rive droite dnas la seconde partie. traverser le glacier de Panossière avant de remonter sur la moraine qui mène à la cabane (bien visible)

Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats
Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats

Récit :

 

Je le savais...

Je le savais qu'en emmenant Thierry et Anne, j'allais en ch..... Ben oui, ils font du sport H24 ! Elle a passé son temps à aller deux fois plus vite que moi dans mes ascensions des 82 4000 (on a quand même 39 4000 en commun)  et Thierry est un ancien champion d’athlétisme...

Je le savais...

J'allais passer un sale quart d'heure. L'expression est mal à propos, c'est plutôt un sale 10 h ... et 10 h... C'est long !

 

Bref, covoiturage depuis Martigny pour rejoindre Bourg Saint Pierre "La Maudite" ... Ski sur le sac et c'est parti. Il n'y a pas un pêt de neige, on n'a pas fini de porter ...

Comme souvent, on papote. Poliment, mes deux acolytes me laissent devant. Pour faire le rythme, mais surtout pour ne pas me larguer en avançant trop vite. On traverse un torrent comblé par une avalanche et on rejoint le Creux du Mat. Pour l'instant , tout va bien ... Légère hésitation quant à l'itinéraire à suivre, heureusement, j'ai la carte dans ma poche, et zou on repart sur le bon chemin. 2000 m, voilà enfin la neige. Au début on marche dessus pensant qu'il va falloir déchausser. En fait il n'en est rien. on se fait une petite pause pour passer en mode ski. Il y a pas mal de nuages ce qui rend la montée plus facile, on évite le cagnard du printemps. Je trace pour l'instant devant mes deux champions : Duracell et Rantanplan. Bon ben Duracell, vous la connaissez. Rantanplan est le nouveau venu, un peu chien fou qui n'a peur de rien et qui peut suivre son maître pendant des kilomètres en plein désert sans se plaindre. (J'ai longuement hésité entre Rantanplan et Superman... Mais Superman est moins rigolo... NDLA)

 

Pause pique nique avant le couloir.

Pour moi, c'est une boite de filet de merlans à la moutarde. Tout ça en l'honneur d'Yves qui a passé son séjour en Ortles à en manger. J'agrémente ce poisson (Riche en oméga 3 pour les nutritionnistes) avec un petit excellent petit Reblochon, merci Anne et Thierry !

Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats
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On repart vers le haut, dans une neige bien dure et une pente raide. Anne galope devant Thierry qui la colle. Un an à peine qu'il fait du ski de rando, il se balade dans la pente, conversion après conversion... "Il est fort , ce Rantanplan ! " Je jette l'éponge, la pente devient trop raide pour moi, et je chausse les crampons. Thierry a la politesse de m'imiter, tandis qu'Anne galope vers le haut à ski. On se retrouve à deux, en crampons.  Thierry me laisse sur place, méditer sur l'importance de l'entrainement et la nutrition sur la performance... Faudra que je pense à perdre ces quelques kilos en trop... J'arrive bon dernier là ou Anne met les crampons.

On repart vers le haut avant une petite traversée pour rejoindre l'axe du couloir.

Resouci (ou souci derechef, ce qui est plus correct) de poids. Anne trace devant, Thierry passe derrière, et je laboure la trace en m'enfonçant jusqu’aux cuisses par moment... faudra vraiment que je pense à perdre ces kilos superflus... ( Je crois que je me suis trouvé un surnom : le laboureur.)

Et le laboureur, il a un gros défaut : même quand c'est tracé, il s'enfonce encore, et donc se fatigue même quand il est derrière.

On poursuit vers le haut. Quelques zones en neige méga dure, je parviens alors à suivre le rythme de mes deux partenaires, mais dès que c'est plus facile, je perd du terrain, alors qu'Anne se tape la trace !!! Les pauses sont rares, trop rares, je parviens à de rare moment à passer devant pour réaliser une photo ou une vidéo. Ça casse un peu le rythme, mais ça me permet de revenir (sournoisement je l'avoue) aux avant postes !

Il se met à neigeoter. On a bifurqué dans la seconde partie du couloir. Le tout fait prêt de 800 m, jamais hyper raide, mais tout de même un peu. Ça fait chauffer les mollets !!!

Et on avance, Duracell, l’infatigable, devant. Rantanplan à ses basques, Le laboureur est plus ou moins loin... derrière. Je vie ma vie d'alpiniste laborieux. On progresse, on passe à proximité de la glace du glacier pendant. Anne accélère... Ou c'est moi qui ralenti... La loi de la relativité s'applique sans doute ici.

Tiens en parlant de relativité, petit aparté, je vais vous expliquer un truc incroyable.

Imaginons que vous êtes dans un train...

Ce train fait le tour de la terre... (jusque là, tout va bien également)

Il accélère pour atteindre presque la vitesse de la lumière (299 792 458 m/s largement plus rapide que moi dans le couloir, je sais !)  Juste pour info, il n'atteint pas la vitesse de la lumière (c'est impossible). Si vous avancez dans le Wagon, dans le sens de la marche... Et ben le temps va ralentir.  incroyable non ! Et ben c'est ça la relativité. (en plus vous allez vieillir moins vite)

Fin de l’aparté, revenons en à nos moutons...

Je me retrouve derrière. Anne accélère. Thierry dans la roue (ils font beaucoup de cyclisme). Voilà un laboureur dépressif dans la trace. Je les vois qui rejoignent le goulet final. Le rythme ne faibli pas. Je monte à mon rythme et rejoins le haut du couloir, puis le plateau du petit Combin. Le vent nous accueille. Le plateau est verglacé par le vent. Je trace un peu devant, mais Thierry me dépasse et me laisse sur place. Anne a la gentillesse de faire les derniers mètres avec moi.

Sommet, Yes ! 2100 m de déniv tout de même dont 400 m de portage (pour cause d'absence de neige) et 800 m de portage couloir !

Je tente la roue du sommet comme à l'Elbrus ! et ça passe

Anne en fait de même, avec grâce !

 

Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats
Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats

Après la séance photo, il faut penser à la descente. Et je reprends mon rôle de leader. Ben oui, je suis le seul à avoir étudié le topo. On se fait l'arête à ski avant de basculer. On a choisi de descendre par le glacier des follats, plus technique et plus direct (et surtout, je ne l'ai jamais descendu !!!)

La neige est correcte au début

Rantanplan, qui est, je le rappelle, débutant (ou presque) se débrouille comme un chef. Ça me dégoute, il est doué en tout : en athlétisme, en trail, en triathlon, en ski de rando (montée ET descente !); Il a réussi à se faire la descente, sans faire trop de dérapage !

Après la bonne neige, on se retrouve dans une neige hyper dure et trafolée bien désagréable à skier. Il faut contourner quelques crevasses.  J'ouvre la route. Le vent est bien là, un gros foehn annoncé pour les deux jours.

Derniers virages avant de rejoindre le grand glacier de Panossière. Gros schuss. Avec mon poids, j'assure. Les deux poids plumes ne font pas le poids (Ça a aussi ses avantages ...) Un peu de pousse bâton puis on remet les peaux pour remonter la moraine du refuge.

Et c'est bibi qui trace (pour une fois) Ne vous inquiétez pas, Duracell et Rantanplan sont bien calés dans mes skis !  on rejoint le haut de la moraine, puis ensuite le refuge.

Installation, courte sieste (il est 17 h quand on arrive au refuge) puis excellent repas avec spaghetti aux champignons. Seul regret, il n'y avait pas beaucoup de rabe. Et j'avoue que notre gourmandise... Ce qui m'a fait râlé : voir après le repas que certaines tablées n'avaient pas fini leur plat !... :-( J'avoue j'ai un peu enragé ...

 

Demain, l'objectif est le Tournelon blanc avant de rentrer en passant par le Combin de Boveire...

Une grosse journée en perspecive (mais peut etre un peu moins grosse ;-) )

Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats
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Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Apoutsiak — Raid à skiSki de randonnéealpinisme

Ah, le sommet des rois... le Grand Zèbre, ce sommet devait marquer l'apogée de la semaine, la perturbation est venue jouer avec nous. Je crois qu'elle a gagné

 

vidéo

Topo

Depuis le rfuge Pizzini, remonter en direction du gros bastion rocheux évident au Nord. Le contourner par la droite ou par la gauche (on est passé par la gauche et ça m'a paru plus court.

Rejoindre le pied du couloir

Couloir 40-45° qui mène en 200 m au col : Paso di Bottigla

De la remonter en longeant les rochers à main gauche puis remonter la face (50°) pour gagner un petit couloir qui permet de mener au sommet

Note : les 200 derniers mètres n'ont pas été parcourus.

topo du grand Zebru - en vert : non parcouru :-(

topo du grand Zebru - en vert : non parcouru :-(

Récit

Nous avons négocié un réveil à 6 h 30 (logiquement c'est 7 h) j'esperais secrètement devancer la perturbation annoncée dans la journée. Nath restera au refuge (elle a la grippe) on retrouve ainsi l'équipe de choc, à 7 h 30 devant le refuge, globalement nuageux avec quelques percée de soleil.

cette nuit, il a bien neigé, et le vent n'a rien arrangé : il y a de grosses accumulations et plus aucune trace sur le glacier. Il va falloir tracer... Et je m'y colle. Et zou, comme un dessin de Samivel, je m'amuse à faire une trace élégante (c'est important) Je louvoie, de droite, de gauche, essayant de faire une trace logique et esthétique. Le soleil joue avec les nuages, nous offrant de jolies perspectives. Le sommet du Gran Zebru, objectif du jour, reste sous la bonne garde d'un gros nuage.

 

Le sommet, venons en, j'adore son nom : En Italien, Gran Zebru : le Grand Zebre. J'imagine le magnifique animal, broutant au sommet. Avec la tranquilité liée à l'absence de Lion. J'espère juste que nous pourrons le voir.

Son nom Allemand est un appel : Koenigsspitze : le pic des Rois. Bon ben, on est les rois, le pic est là bas, il n'y a plus qu'à s'y rendre et ainsi faire la synthèse. On y sera à notre place.

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)
Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Je trace, je trace, mais je sais que je vais devoir traver la partie alpinisme. J'ai donc l'idée saugrenue, de laisser passer Yves, afin qu'il joue aussi dans la neige fraiche. Grave erreur, comme d'hab, je me retrouve largué, et bien entendu déprimé. Classique. Bon  il fait une  pause et m'attend, je repasse devant avant de refiler me mistigri de la trace. La fin est raide, la neige ultra-dure avec une fine couche de poudreuse dessus. Le temps tourne, le soleil a filé, ne reste  que le plafond nuageux et le vent... Bien présent. C'est pas gagné. La remontée au pied du couloir est un peu galère, les appuis mal assurés.

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Dépôt des skis, crampons, piolet, baudrier encordement.

Je sais que j'ai pris les crampons light, à la voiture, j'ai hésité, crampons classiques sans souci, ou les light avec un souci de réglage... J'ai choisi la légèreté, il va falloir assurer. Jeremotne le couloir, dans la tempête, on se fait balyer par le vent, il neige un peu. A mi couloir, je perds mon crampon gauche, j'avais bien vu deux minutes avant qu'il y avait un souci, mais je pensais , j'esperais que ça tiendrait. Je le refixe. Mais je n'ai plus confiance, je bascule en rive droite du couloir essayant pr là d'éviter le vent. Echec.  Il faut régler le crampon. Tout est compliqué dans la tempête : enlever le sac et le crampon, sortir le couteau suisse, trouver le tournevis et dévisser, tout ça dans une pente à 45°. Le tout dans le vent et les bourrasques de neige... Je dévisse, tour après tour, sans gants !

C'est long, Yves, poli, ne me fait aucune remarque, alors que j'ai déjà cassé ces crampons, sur l'arête de la Bérangère aux Dômes de Miage, au plus mauvais moment.

Je dévisse, tout en essayant de ne pas sortir complètement la vis, il me faudrait alors retrouver le pas de vis, et dans ces conditions, ce serait alors mission impossible. Enfin j'y suis, je sers le  crampons de un cran... Et je revisse. J'y suis, je réenclenche la talonnière du crampon. ca force mais ça passe; Pourvu que rien ne casse à présent. Ça serait dommage de prendre un but maintenant...

 

On poursuit vers le haut et on rejoint le col, dans le vent, devant nous la Grande Face du Mont Zébru apparait en partie, oui , nous allons pénétrer dans les nuages.

La suite se fait le long des rochers, à gauche de la grande pente de neige; Un passage assez raide mais pour l'insntant on voit bien les traces . Il neige à gros flocons, avec le vent, parfois à l'horizontale !

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Au dessus la trace part dans la face, en diagonale. J'arrive à la suivre, même si je dois tout retracer, la neige est bien présente et bien accumulée. J'avance, je sais qu'il ne reste pas grand chose, 200 250 m tout au plus, une grosse heure pour arriver au sommet. Malheureusement, il n'y a plus de trace. Je poursuis droit vers le haut. Je me prends une première spindrift, je sais que la fac est énorme, attention à une éventuelle accumulation. J'avance tout en cogitant. Je ne vois plus rien, 10 m tout au plus. Brouillard vent et neige .  Je n'ai que les lunettes de soleil, mais j'y vois assez bien. Je réfléchis à la situation, je me retourne, je vois Yves  qui me demande ce qu'on fait ? Bon ben quand on est deux à se demander si c'est raisonnable, c'est sans doute qu'il est temps de faire demi tour. Pas envie de se prendre la montagne sur la tronche, pas envie de galérer pour retrouver la trace à la descente, sachant que delà, ça ne va déjà pas être simple.

Les rabasses de neige sont là pour nous aider dans notre choix si ça n'avait pas déjà été fait.

Demi tour donc. en dessous, plus de trace dans cette pente à 50°; On perd de l'altitude relativement rapidement en essayant de trouver le petit couloir le long des rochers à main gauche. Je scrute le GPS, les lunettes me gênent, je les soulève, erreur, le givre les envahie et me défonce les yeux. Bon pour la parie GPS on est à 10-15 m de la trace... Yves repère l'entrée du couloir, le reste ne demande plus de s'orienter.  La descente le long des rochers est difficile, mes lunettes se remplissent de buée. Quand je les ôte, je me prends la neige en plein sur la cornée. Les conditions sont difficiles. on rejoint le  col. De là, on galope dos à la pente dans le couloir pour rejoindre nos skis.

 

Toujours le vent, toujours la neige, mais le brouillard est au dessus. A nous la poudreuse. On est vite sur les skis, premier virage, sous la douce poudreuse, de la glace travaillée par le vent. Et bim, le ski qui se coince. Et boum arrêté , et vlan... par terre ! Je bascule lourdement à gauche et tombe sur mon bâton.  Pile sur la plaie qui avait du mal à cicatriser suite à un gros soleil en VTT il ya 15 jours. J'ai mal au bras... J'ai mal à l'épaule. La neige est pourrie. Flûte ! Je me redresse... contus !

Je repars prudemment dans la pente, en fait la neige est dégueulasse dans le raide, je vois qu'Yves galère à ma gauche.  On se retrouve quand c'est moins raide, la neige est bien meilleur. C'est agréable. Nos jolies traces de ce matin on complètement disparue.

Le sommet du Grand Zèbre reste dans les nuages. Retour au refuge, le temps s'est un peu calmé. Je passe voir le gardien lui annoncer notre mauvaise fortune.

On passe le reste de l'après midi à papoter, à bouquiner, à dormir, à reagrder les groupes arriver ou partir du refuge.

Et la soirée à manger le délicieux repas gargantuesque des gardiens.

Le gardien nous a proposé soupe de carotte ou gnocchi

Au départ on souhait, Yves et moi , gouter les gnocchi, mais le gardien nous fait comprendre que..

va pour la soupe de carotte.

Bilan : une soupe à tomber par terre, et, bien entendu, des gnocchi ... avec du rabe .... et ce ne fut que l'entrée ! Bon on a accompagné tout ça d'un bon vin rouge de la vallée. La vie est belle !

 

 

 

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m

Apoutsiak — Raid à skiSki de randonnéealpinisme

Deuxième belle grosse journée de montagne, comme je les aime.

 

Vidéo

Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m

Topo

Monte Pasquale 3553 m :

Depuis le refuge Cesare Branca, remonter le vallon Nord Nord Est au dessus du refuge en direction du col Pasquale.

venir buter contre la partie raide

Remonter la base de cette partie raide puis prendre le couloir de gauche

Plusieurs choix s'offrent à vous.

1°) Rester dans le couloir le plus à gauche pour déboucher juste sous le Monte Pasquale.

2°) rebasculer dans le couloir de droite et sortir au col à gauche. De là, longer la base des rochers sur 50 m avant de remonter un petit couloir qui permet d’accéder à un plateau qui mène assez logiquement au sommet

3°) Accès direct au Monte Cevedale en montant au col de droite puis remonter l'arête du Monte cevedale, traverser à gauche (pente raide parfois en glace) et rejoindre la voie Normale du Monte Cevedale

 

Monte Cevedale 3769 m

Du col Pasquale, redescendre sur le plateau à 3200 m du Monte Cevedale

Remettre les peaux, remonter le glacier assez raide 35° (voir un peu plus) vire à droite sous la barre rocheuse qui coupe la pente, puis remonter en direction de l'arête (séracs et crevasses à main droite) Du dépot des skis, on longe l'arête versant Sud  puis sur le fil sur les 100 derniers mètres (facile quand tracé ...)

 

Descente :

Par le même itinéraire jusqu'à 3200 m puis évident pour rejoindre le refuge Pizzini

 

Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m
Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m

Récit

 

Les départs en Italie sont tardifs... Oui, avec un réveil à 7 h, il n'est que 8 h quand tu te retrouves sur la terrasse du refuge ski aux pieds. Tout le monde est dehors, personne ne démarre, finalement, on se décide, on sera devant.  Et notre petit groupe s’élève au dessus du refuge, avec un groupe de 4 derrière. Je mène les hostilités , imprimant un classique rythme, lent mais régulier.  La vue est superbe sur les sommets atteints hier : Pizzo Tresero et Punta San Matteo. Les appareils photos en ont vibré de plaisir !

On maintient le rythme jusqu'au pied du col, la pente se redresse, l'occasion d'une petite pause ravito bienvenue.  On met les couteaux et on repart vers le haut. Le groupe de 4 qui nous a rejoint pour la pause, nous demande de ne pas faire une trace trop raide, et ça tombe bien, "c'est pas le genre de la maison" . En plus , la trace, et il faut dire qu'elle est parfaite, même si elle a été parfois couper sauvagement par des descendeurs.  Je suis donc la trace, Nath derrière moi, et Yves en serre fil. On est obligé de le mettre là, dans le cas contraire, il file devant et on ne le revoit plus !

 Bref, ça grimpe, 2 "collants pipettes" nous déposent dans la montée, sans couteaux, ils avancent à une vitesse supersonique.

Je les observe avec admiration : C'est raide et verglacé quand même.  Nath, voyant la pente, et la qualité de la neige, décide de monter à pied... Mauvaise idée. C'est désagréable à ski, mais ça passe. Avec Yves, on poursuit. La trace est moins nette, il faut plus assurer. Plus on monte, plus la pente est raide, les deux collants pipettes, toujours sans couteaux, parviennent à remonter un passage que tout le monde passe à pied ... Trop fort. Bon ben nous on met, plus classiquement les skis sur le sac, Yves prend ses crampons, j'y pars sans, 12 m à 45°, nous voici au col. Nos collants pipettes ont pris la direction du Monte Cevedale par l'arête. Il ne reste que 300 m, ça semble dans la poche.

Quand Yves arrive, il est moins optimiste. Nath est dans le dure en dessous. Elle ne souhaite pas monter au Monte Cevedale, et la pente en dessous semble bien pentue pour la skier.

Bilan, changement de programme, il faut aller à l'autre col, redescendre la partie raide, contourner un sommet rocheux au milieu du col et remonter de l'autre coté...

Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m
Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m
Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m
Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m

Sitôt dit, sitôt fait, on se retrouve du coté du col qui permet de descendre plus facilement. On change d’objectif, on va essayer de faire monter Nath au Monte Pasquale. Un groupe avec guide monte à pied par l'arête. J'ai repéré un judicieux couloir un peu plus à droite en neige. Au dessus, c'est magnifique. par contre le manque de neige de ce début 2019 est flagrant, des portions de glaces apparents sans un centimètre de neige. Même avec les crampons ,c'est spectaculaire d'y marcher. On remonte jusqu'au sommet, où on retrouve un groupe de Français. Nath, en dessous, à retrouvé son Dom Juan, guide Italien. Ils sont déjà en train de faire des photos avant d'arriver au sommet. Vous la sentez la nouvelle idylle.

Au sommet, ben c'est la classique séance photo, Yves avec les chocolats aromatisés à l'alcool, Nath et son drapeau de lutte contre l'endométriose, et moi... sans rien.

Au loin, on voit des barbelés, stigmates de la première guerre mondiale et de la guerre des glacier entre les Autrichiens et les Italiens. Il y a même des baraquements sur certains sommets...
 

Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m

On redescend à pied au col. Puis on chausse les skis pour une partie raide. Tandis qu'Yves virevolte dans la raide face. Les deux champions du dérapage se font concurrence. J'ai juste un avantage par rapport à Nath, je vais un poil plus vite (mais ça ne se joue à pas grand chose)

Voilà la rimaye, sournoise (les rimayes sont toujours sournoises), avide de cher fraîche, mais maquée d'une fine pellicule de neige instable (enfin je n'en suis pas sûr, mais j'imagine) Bref dérapage avant, pour aller à ce qui semble le plus solide, Je me retrouve dans des gravillons, virage. Yves me gueule, "je t'avais dit de tourner avant" trop tard. La rimaye ne veut pas de moi, ça passe Nath met quelques minutes à nous rejoindre, elle suivra le bon itinéraire, elle.

On arrive à enquiller quelques virage que voilà déjà le lieu du divorce. On laissera là Nath qui descendra avec Dom Juan tandis que je parviens, difficilement, à convaincre Yves de monter au Monte Cevedale. Je fus même à deux doigts d'échouer.

Nath étant entre de très bonnes mains (trop) On repart vers le haut

Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m
Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m
Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m

Bon, j'avoue, le temps est en train de tourner. Les nuages sont là, un peu plus haut, ils nous attendent. Et ça n'est pas très engageant. Je suis devant, Yves, derrière , vient régulièrement taper dans l'arrière de mes skis, je ne dois pas aller assez vite. Je fais quelques images , et Yves passe devant et fini par me larguer. Flûte... On bascule le long de grosses crevasses. A présent, il neige, pourvu qu'Yves ne se démotive pas (sa motivation n'était déjà pas énorme au départ) Mais non, je le vois  qui avance. On est dans le brouillard, la visibilité se réduit. Tout est blanc. la vue ne va pas être énorme au sommet. La trace d'Yves avec la neige s’efface. On est passé du beau temps au mauvais, en une heure...

 

Le dépôt des skis arrivent, il y a une 30 aine de skis là. Mais les cordées redescendent. Seul un groupe de 8 est en partance pour le sommet.  On laisse les skis et les sacs, n'emportant qu'appareil photos et équipés de piolet crampons.

Une énorme trace nous permet de suivre facilement le chemin du sommet. On passe la rimaye, le groupe est juste au dessus de nous, on les aperçoit quand les vagues de brume se dissipent un peu.

Dernière arête, on contourne un baraquement empli de neige et on rejoint les autrichiens au sommet. Dans le brouillard. On papote avec eux, ils partent. On ne fait pas long feux, un trou dans les nuages nous permet d'envisager la course du dernier jour entre ce sommet et le Palon de la Mare, mais on n'en est pas là...

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Descente...

Au bout de 5 minutes on rattrape les Autrichiens qui nous laissent gentiment passer. Puis on galope jusqu'aux skis. Visibilité nulle heureusement qu'il y a la trace. On ne perd pas de temps, et nous voilà à ski, la suite va  se faire au GPS, et je sens qu'Yves s'en remet complètement à moi. Moi qui deste skier dans le jour blanc, me voilà servi. Et pas la peine d'attendre les autrichiens, ils ne descendent pas par ici.

Je skie doucement, essayant de trouver d'hypothétiques traces, faisant le point sur le GPS bien régulièrement. La couche nuageuse ne doit pas être si longue que ça. J'essaie de retrouver quelques vagues repères notés à la montée. Le souci, c'est que les repères, ce sont des crevasses ou des séracs. Je propose à Yves de passer devant, pour me reposer un peu, il décline mon invitation. Dommage, je sens que je nous ai mis dans la mouise et que je dois nous en tirer.

Avec le GPS et les rares repère visuels, je parviens à progresser, et à passer sous les nuages... YES !

On y voit clair (ou presque)

Reste la grande pente, et moi, je dis, à grande pente, grande traversée, je commence par couper la pente pour trouver la meilleur neige... Ben non, neige dure et trafolée. Pas glop, mais ça passe, j’enchaîne les  virages, Yves aussi, on se retrouve à 3200 m, les difficultés derrière nous.

Raid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 mRaid à ski en Ortles Jours 3 : Monte Pasquale 3553 m - Monte Cevedale 3769 m
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Les grand schuss vont se succéder avec pour objectif, d'atteindre Pizzini au mieux, sans avoir à trop pousser. On fait peu de pause, on cherche à tout moment la meilleur trajectoire pour enrouler ce grand vallon glacière. Quelques petites remontées et voilà Pizzini

 

Nath sort nous accueillir (oui son chevalier servant est redescendu dans la vallée) Le refuge est nul : pas de téléphone, pas de WIFI

Mais Nath , il n'y a pas qu'internet dans la vie.

En fait le refuge est pas mal du tout, chambre de 6 pour nous 3, et nourriture 5 * (voir même plus) avec rabe à l'infini !

On a le temps de se poser, de faire secher, de se reposer avant de manger.

Demain, l’objectif, c'est le Gran Zebru, si la météo le permet, rien n'est moins sûr, la perturbation semble déjà là...

Raid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m et Punta San Matteo 3678 m

Apoutsiak — Raid à skiSki de randonnéealpinisme

Première grosse journée de ski

 

Vidéo

Raid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 mRaid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 m

Topo :

Pizzo Tresero

Depuis le refuge branca, rejoindre le bas du glacier et le traverser. contourner la pointe Isola Persa par un mouvement enveloppant. On se retrouve sur un grand plateau glaciaire que l'on traverse pour arriver sous la pointe San Giacomo. remonter la pente pour gagner un petit plateau puis par une pente raide, le pied de l'arête où l'on laisse les skis Gagner l'arête et la petite facette pour rejoindre le sommet.

 

Descente : par le même itinéraire jusqu'au plateau glaciaire que l'on traverse pour gagner le pied de l'éperon 2800 m

 

Punta San Matteo :

remonter la pente à gauche de l'épaule, puis virer dans la grande traversée vers le sud (séracs à gauche) ganger un collet et remotner vers la pente raide à main gauche. Laisser les skis pour 50 m à 45° (glace possible) on gagne le grand plateau sommital 3400 m . remettre les skis en direction de l'arête Sud est puis du sommet

 

descente : traverser complètement le plateau glaciaire de 3400 m et engager la descente dans un petit couloir avec à droite des séracs (raide) la descente est plus facile et évidente ensuite. Il faut gagner la rive droite du glacier de Forni puis longer le glacier pour revenir sous le refuge de Branca

 

2150 m de déniv pour les deux sommets

 

 

Raid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 m
Raid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 mRaid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 mRaid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 m

Récit

Ce matin, grand beau, comme annoncé, objectif, le Pizzo Tresero, et , si la forme est là, la Punta San Matteo.

Pour la forme, on verra plus tard. On a réfléchi à une tactique, Nath, qui est fatiguée ne fera que le premier sommet, nous on continuerait sur le second, inch allah...

La neige est dure, on redescend 3 minutes la piste verglacée. Puis on met les peaux au milieu des troupeaux de skieurs. Tout est multinational, allemands, italiens, autrichiens, suisses, américains, anglais... Chaque groupe a son objectif, le départ est commun.

Et on démarre dans le troupeau, avec les couteaux sur cette neige verglacée.  On se retrouve dans une file de teutons (sans leurs casques à pointe...) Moi en tête de mon petit groupe derrière une dizaine de fiers chevaliers. A l'occasion d'une difficulté, Yves et Nath, s'engagent en dessous, dépassent une bonne partie de la file, tandis que, mouton de Panurge, je suis mes compagnons d'outre Rhin... Bilan , notre groupe est éclaté, son avant garde, bien avant (d'où son nom) et son arrière garde, c'est à dire moi, lambinant penaud derrière les teutons.  Bon à la pause suivante on les a tous laissé sur place, ça sentait sans doute trop la saucisse ( je sais, c'est facile, mas je suis lancé)

Dans le froid on remonte, un coup on met les couteaux, un coup on les enlève, la neige ne sais pas ce qu'elle veut (et nous non plus sans doute) Ça cliquette soit sur le baudrier soit sous les pieds, mais ça cliquette. Une pente un peu raide , précède un joli plateau. Une longue traversée est nécessaire pour en venir à bout ... pause...

 

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Tout en haut, deux gars sont aux prises avec une pente qui semble bien raide. On ne sait pas si ça passe par là ou derrière, et derrière, on ne voit pas. Une goutte de sueur glacée glisse le long de mon échine Ça ne va pas être facile. Je vois dans le regard de Nath qu'elle n'en mène pas large, j'y lis même de la terreur. Un gros groupe navigue 10 minutes devant nous. Je pense les rattraper. Mais à l'arrière du notre, Nath montre des signes de faiblesses. Le dilemme : jouer les fiers à bras en accélérant (et tenter de rattraper le groupe qui nous précède), ou, plus en douceur, ralentir pour accompagner Nath et lui permettre de gagner le sommet.

J'hésite...

Et j'opte , un peu à contre cœur pour la seconde solution. Et là, je me rends compte que Nath est bien fatiguée. Plus que ce que je ne pensais. J’essaie de lui donner un rythme, mais, trop facilement je la largue.

 

Plus on s'approche de la pente raide et plus son moral baisse. C'est chaud. Elle s'effondre sur ses bâtons à chaque pause. Dur ! Je rejoins Yves qui a déjà son pronostic : "pas assez la pêche !". Pourtant j'y cois encore. Je crois que je suis le seul. Ni Yves, ni Nath ne sont optimistes.  On remet les couteaux ( pour la 10ème fois et j'attaque la pente raide et glacée. Il y a une fine trace. Je pars devant, pour "faire" le rythme.  Une conversion, deux conversion. Flûte, ils ont un virage de retard.  Je suis dans le pentu verglacé, plus question de patienter, je poursuis. Derrière je vois mes acolytes déchausser pour monter à pied. Pourtant, ça passe à ski.  Je poursuis pour sortir de la partie technique. Derrière ça galère, puis étant donné que je passe une épaule, je ne vois plus rien.

 

Et Yves arrive

"Nath a abandonné"

Dommage, il ne reste plus grand chose.

Tant pis, à nous le sommet. On remonte quelques mètres à ski.

Puis on troque les skis pour les crampons. Il fait chaud, Yves emmène un petit blouson en bandoulière... L’expérience...

On remonte une jolie arête puis une petite facette.

Et voilà le sommet, où, traditionnellement, Yves me laisse passer. Par tradition, il laisse passer "son" "guide"... Titre un peu ronflant, qui fait de moi un honnête usurpateur.

Arrivé au sommet, je me rends compte qu'il avait raison, je me retrouve comme un Khon, juste avec une carline, et juste ce petit vent frais qui te refroidit à la vitesse grand V.  Il a de l’expérience Yves, il enfile avec un grand sourire narquois son blouson, et me regarde me frigorifier au fur et à mesure que les minutes passent.

Je ne traine pas, de toute façon, Nath nous attend plus bas.  Et zou on file sur l'arête, on croise, puis on rejoint le dépôt des skis. On chausse, au début ça n'est pas trop raide.

Raid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 mRaid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 m
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Je ne traine pas, de toute façon, Nath nous attend plus bas.  Et zou on file sur l'arête, on croise, puis on rejoint le dépôt des skis. On chausse, au début ça n'est pas trop raide, je fais quelques virages, puis vient la pente raide. J'adopte la technique de "la grande traversée en dérapage qui permet d'essayer de trouver une hypothétique bonne neige" mais, comme à chaque fois, je ne trouve rien, c'est tout verglacé. Alors je me décide à réaliser quelques virages, priant à chaque virage de ne pas croiser les skis. Finalement ,on rejoint Nath, qui a galéré et à la montée, et à la descente, ne parvenant pas à trouve un terrain adequat pour chausser...

 

On repart vers le bas. La neige est meilleur, il fait beau. On se prépare à gravir le second sommet, auparavant, il faut traverser jusqu'au pied. Le grand plateau à fond puis je louvoie en tête entre de grosses crevasses, m’attendant à tout moment à tomber dans leur trefonds. Mais par chance, aujourd'hui, les ponts de neige tiennent . Ou peut être est ce mon immense expérience de la montagne ... Autant dire que j'ai eu de la chance, ou que le glacier n'avait pas faim.  Je suis passé, puis je me suis retourné pour voir si le sort n'avait pas décidé de prendre un de mes acolytes. Et ben non. On se retrouve tous ensemble, pour se séparer, Nath, vers le refuge, et nous pour le second sommet.

Nous décidons de surveiller Nath qui descend vers un autre skieur. Puis on repart vers le haut. Grosse journée. Plus de 2000 m de déniv annoncé avec un gros sac plein de matos technique. Le temps change, le ciel est voilé, il fait un peu moins chaud, et je fais une grossière erreur, je filme Yves et le laisse passer. Je ne le reverrai pas avant longtemps. Je me retrouve derrière, ... loin derrière... Tout seul presque. Il n'y a plus de skieur sur la montagne.  On remonte une grande pente avec de gros séracs à notre gauche, à priori, on devrait être  à l'abri d'une éventuelle chute. Pourvu que cet axiome soit vrai... Au loin, Yves est déjà sur un col, il a la gentillesse de m'attendre et de me laisser passer devant.  Je trace jusqu'à un passage raide. On chausse les crampons, et on file dans la pente raide. 50°, bien tracé.  Je suis devant, les skis d'Yves sur son sac, viennent me chatouiller le fondement. Dommage, ça n me grattait pas. Nous finissons par trouver la bonne distance, nous permettant d'éviter ce contact intime et rapproché. Oui, je sais tous qu'on a tous un petit coté homosexuel (à développer), et loin de moi l'idée d'avoir des propos homophobes, mais sache, cher lecteur, que je n'ai pas aimé ce doux frottement du ski, sur mes dessous en soie... Voilà, je tenais à faire cette importante mise au point... Mais je m'égare...

Raid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 mRaid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 m
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Revenons en à nos moutons... Tiens, en parlant de moutons, les nuages commencent à moutonner. La perturbation du milieu de semaine serait elle déjà là (on est lundi) On fini par se retrouver sur le plateau sommital, Yves saute dans ses skis, tandis que je trainaille derrière.  Le vent a défoncé le plateau, alternant zones dures et zones glacées. Aucunement régulier. Pas mal d'alpinistes sont montés en crampons, vu leurs traces, pourtant, le plateau est long et skiable. Yves est déjà sur l'arête. Comme le veut SA tradition, il m’attend sous le sommet, et j'arrive presque en tête en haut, pas tout à fait car je le filme...

Une sorte de grésil nous tombe dessus, accompagné d'un petit soleil et de quelques nuages, météo étonnante...

Yves me propose de partager sont Filet de merlans  accompagné de quelques chips en guise de pique nique

 

Pour la descente nous avons deux choix : soit descendre par la trace de montée, soit  essayer  de suivre la trace qui part tout au Nord (les traces sont nombreuses). On opte pour cette seconde solution qui pourrait nous éviter d'avoir à rechausser les crampons.

Et c'est parti pour traverser le plateau sommital , bien travaillé par le vent. Je finis par me crouter en butant un ski dans une congère verglacé, Congère 1... ski Zéro. Tel un mur elle a arrêté net, l'avancée de ma spatule !

On rejoint le haut d'un couloir raide, calé entre une barre de séracs et un éperon lui aussi raide. Yves se lance et virevolte. Je suis plus hésitant, au début , malgré l'exposition, je me fais quelques virages, puis c'est la technique du dérapage arrière sur plusieurs dizaines de mètres. Assez inélégant, je le reconnais, mais terriblement efficace pour perdre du dénivelé en pente raide quand t'as pas trop le niveau.

Bref, je descends la pente raide bien gelée sans aucun style. Je finis par enquiller un virage, puis un autre... Je perçois le regard moqueur d'Yves. Mais, j'enchaîne. Chaque virage te rapproche du refuge ! Ca deviendrait presque bon !

 

Raid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 mRaid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 mRaid à ski en Ortles : Jour 2 Pizzo Tresero 3602 m  et Punta San Matteo 3678 m
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Encore quelques virages, la pente est moins raide, je me lâche et c'est bon, même s'il y a des traces presque partout.  On traverse l'énorme cirque rapidement et on se retrouve  rive droite. Là, l'objectif est d'aller le plus loin possible sans pousser, sans tomber dans un trou en rive du glacier. Les pauses sont rares, juste quelques mots pour affiner l'endroit où l'on va passer. En gros, c'est à fond, il faut juste lever les skis au passage des rochers .

On regagne la piste où il faut remettre les peaux pour rejoindre le refuge à quelques encablures.

Je vois alors Yves, repartit à fond, il me laisse sur place, et rejoins un groupe de deux allemandes. Je le vois bouriner encore pour rattraper deux gars, peine perdu, il arrivera sur leurs talons... mais derrière eux !

 

Je monte assez rapidement (pour moi), je n'aurais qu'une allemande fatiguée à mon palmarès. Quand je déboule sur la bruyante terrasse Yves est déjà douché. Nath est en pleine discussion avec un beau brun ténébreux et ne semble pas insensible à son charme. Il porte beau, l'Italien , un magnifique buff Dynafit dans sa chevelure dense.

Ma présence ne semble en aucun cas perturber la discussion. Moi qui pensait arriver en jouant les héros, me voilà à ranger discrètement mes affaires. Ne reste qu'à lire un peu et c'est l'heure du copieux repas italien.

A suivre...

Ski de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont mallet

Où j'ai reformé la mythique cordée avec Anne.

 

Vidéo :

Topo :

Prendre le téléphérique de l'aiguille du midi ( 50 € l'aller simple, info mars 2019).

Descendre à pied l'arête effilée et chausser au pied de l'arête, descendre soit la vallée blanche classique, soit le grand envers soit le petit envers (ou même la vallée noire en rive droite)

Sous le refuge du requin ( 2516 m) traverser au mieux le glacier au niveau de la salle à manger (séracs) Gagner le pied du glacier des periades. Le remonter en rive droite.  Vers 3100 m passer la rimaye et mettre les crampons pour remonter le couloir ( 45°)

Jusqu'à la brèche puiseux. 3432 m

remonter l'arête à gauche jusqu'au bivouac des Periades.

Un rappel de 60 m ( ou 2 de 30-40m) permettre d’accéder au glacier du Mont Mallet.

Descente à ski (crevasses séracs) de la rive gauche du glacier. ainsi que de celui de Leschaux

Descendre la mer de glace et remonter à la buvette des Mottets avant la descente par la piste sur Chamonix

Ski de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont mallet
Ski de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont malletSki de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont mallet
Vallée BlancheVallée Blanche
Vallée BlancheVallée Blanche
Vallée BlancheVallée Blanche

Vallée Blanche

Récit :

 

Les cordées se font et se défont. J'avais proposé la sortie à Nath, qui m'appelle quand je suis sur la route, trop malade pour envisager le projet. La loose. Heureusement que j'avais également proposé à Anne la sortie. On va reformer la mythique cordée des 82 4000...

Je me retrouve à Cham' un peu tôt. J'ai le temps de trouver une place de stationnement. Et je me fourvoie comme un débutant pour trouver la caisse de l'aiguille du Midi, où je m'octroie une petite sieste.

Je me pose. Je suis le deuxième dans la queue !!! Anne arrive avec Thierry (qui a prévu de faire du vélo pendant que nous skierons) .

On papote, notre dernière course ensemble, mon 82ème 4000, le Zinalrothorn, plus de 2 ans, déjà !

Et zou, un téléphérique, et zou un second. Les sardines biens serrées dans leur boite, mais c'est le prix à payer... On s'équipe dans le couloir et on file. Erreur, avec ma haute taille, mes skis, sur le sac,  touchent le haut de la grotte, m'obligeant à des contorsions me permettant de ne pas abimer mes précieux engins...  Paysages magnifiques après la grotte de glace, Go !

Descente tranquille sur l'arête. On chausse et on décide de partir pour le grand envers. La neige est bien dure et dégue alors qu'elle était annoncée bonne. Petite déception. Elle reste skiable. On tire à gauche, tout en se méfiant des crevasses et des séracs. Quelques passages raides. Ca passe pour l'instant. On se retrouve dans le couloir sous l'aiguille du Plan. Reste à descendre. Il fait froid, un froid vif, qui te gèle les poils du nez, on a tout enfilé : doudoune, goretex et mes nouveaux gants millets dont je suis pleinement satisfait ! ( non, non, je n'ai aucun sponsor !!! Enfin, si quelqu'un de chez millet lit ses lignes... à bon entendeur )

Le glacier est sec, il y a quelques passages bien raides, bien glacés, qui nous font hésiter. On se retrouve au dessus du refuge du requin et on rejoint la vallée blanche. On traverse le glacier et c'est la pause pour remettre les peaux.

Anne arrive 5 minutes plus tard, elle s'est croutée sur la plat, je n'avais rien vu !

 

 

 

Remontée du glacier des PeriadesRemontée du glacier des PeriadesRemontée du glacier des Periades
Remontée du glacier des PeriadesRemontée du glacier des Periades
Remontée du glacier des PeriadesRemontée du glacier des PeriadesRemontée du glacier des Periades

Remontée du glacier des Periades

Il y a du monde bien au dessus de nous. On est un peu en retard. Rien d’inquiétant. C'est parti sur le glacier des Periades. La trace est bonne mais verglacées. Ça grimpe bien dans un toujours magnifique paysage. On discute, Je sens bien que comme d'hab, je freine Anne qui a beaucoup plus la pêche que moi, Rien n'a changé ! dans l'ombre, il fait toujours aussi froid.

Au loin on voit des skieurs dans le dur, mais on ne les rattrape pas. Le couloir apparait au dernier moment. 15 alpinistes sont dedans. On arrive à la rimaye, où un gars sympa me reconnait. Il me dit qu'il fait demi tour. J'essaie de l'encourager, en lui disant qu'il ne reste plus grand chose mais je sens que son guide n'est pas prêt de changer sa décision. Il me conseille de passer par la droite du glacier à la descente.  Conseil noté ! Petite pause, on remonte jusqu'au dépôt des skis. Puis on file dans le couloir, crampons au pied, tout en discutant (on n'a pas arrêté !)

Je profite du paysage pour faire quelques images. Trô Bô !

Anne trépigne derrière.

Je la laisse passer, et me fait larguer direct. J'avais pourtant l'impression d'avancer. Retour à la dure réalité pour moi, je pensais être rapide comme le guépard, je ne suis qu'un escargot qui avance avec peine !

Avec l'excuse des vidéos , je parviens à reprendre ma position de leader, l'honneur est sauf.

De l'ombre, nous sommes passés au soleil, c'est l'été d'un coup. Je sue à grosse goutte, on a hâte de faire une pause afin d'enlever des couches de vêtement. La raideur du couloir y est peu propice. Les acides gouttes de sueur viennent sournoisement jouer le rôle de collyre dans mes yeux. Ça piiiiiiqueeeee !

dire qu'il faut atteindre le bivouac pour changer de tenue.

Couloir de la Brèche PuiseuxCouloir de la Brèche Puiseux
Couloir de la Brèche PuiseuxCouloir de la Brèche PuiseuxCouloir de la Brèche Puiseux
Couloir de la Brèche PuiseuxCouloir de la Brèche Puiseux
Couloir de la Brèche PuiseuxCouloir de la Brèche Puiseux

Couloir de la Brèche Puiseux

Ski de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont mallet

J'arrive donc en tête à la brèche, ma sournoise manœuvre ayant portée ses fruits.

Bon, la brèche porte bien son nom, il n'y a pas de place. C'est le périph aux heures de pointe. J'ai même du mal à voir le paysage de l'autre coté. Les guides descendent en moulinettes leurs clients à la vitesse de la lumière. Pressés de rentrer à Cham' voir leurs épouses.

Étant donné qu'on avait pris la décision de monter au bivouac. Je pars à gauche, sous les cordées pour rejoindre l'arête. Et gravir les 50 m qui nous séparent du bivouac. Quelques pas d'escalade faciles, et nous arrivons à ce bijou : le bivouac des Periades. Pause pique nique et photo, le lieu s'y prête !

 

Avec le vent on a gardé nos couches de vêtements, d'autant plus que la suite est à l'ombre, la nuit tombe vite sur le glacier du Mont Mallet.

 

S'en suit le rappel. Anne part le poser, mais il me semble qu'elle hésite. On a perdu nos automatismes. Je délove la corde et lui passe, incompréhension, hésitation. On a failli balancer le rappel sans l'attacher. Ça ne nous est jamais arrivé. Je finis par contrôler chacune des ces actions. Elle hésite même lorsqu'elle met en place son Machard. A la fois, une bonne hésitation vaut mieux qu'une chute certaine ...

Nous qui avons fait plus 100 rappels en haute montagne ! ...

Finalement elle part, doucement, dans ce couloir  assez long. Vient mon tour. Go, je pars, le sac lourd avec les skis dessus, qui me tire en arrière. La corde est longue à passer. J'arrive en bas tout essoufflé.

Brèche Puiseux - Bivouac des PeriadesBrèche Puiseux - Bivouac des Periades
Brèche Puiseux - Bivouac des Periades
Brèche Puiseux - Bivouac des PeriadesBrèche Puiseux - Bivouac des PeriadesBrèche Puiseux - Bivouac des Periades

Brèche Puiseux - Bivouac des Periades

Ski de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont malletSki de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont malletSki de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont mallet

Le glacier est déjà en grande partie à l'ombre, mi février, sou la face Nord des Jorasses, le soleil se couche tôt. On a décidé de suivre les conseils du guide croisé à la montée. Passer sous les Jorasses pour avoir la meilleur neige. Le défaut, c'est qu'on a pas le temps de remonter pour basculer de l'autre côté. Il faut traverser au milieu et au milieu il y a des crevasses et des séracs. Coup de chance il y a une trace qui y part.

On suit donc la spectaculaire trace. Entre crevasses et séracs. Le ski léger, très léger, on a bien conscience de skier sur des œufs, et si la coquille se brise... c'est la grosse chute ! Longer un sérac, louvoyer entre deux crevasses.  Finalement, la trace tente de traverser le complexe glacier mais n'y parvient pas, il faut remonter un peu pour retrouver la descente classique, en rive gauche. On parvient à enchainer les virages. La neige est bonne même s'il y a eu beaucoup de passage !

 

Le paysage est impressionnant : Les arêtes de Rochefort et les Grandes Jorasses, pleine face nord,

La verte les Droites les Courtes ! Tant de jolis sommets déjà gravis ! :-)

Championnats du monde de Verticalité ou de sommets mythiques (quoi que les guides russes à l'Elbrouz ne connaissaient pas la verte, ça m'a déçu !)

Descente glacier du Mont MalletDescente glacier du Mont Mallet
Descente glacier du Mont MalletDescente glacier du Mont Mallet
Descente glacier du Mont MalletDescente glacier du Mont MalletDescente glacier du Mont Mallet
Descente glacier du Mont MalletDescente glacier du Mont Mallet

Descente glacier du Mont Mallet

Enfin on skie, de jolis virages dans une bonne neige. L'imposante face nord des Jorasses observe nos circonvolutions. Le cadre est magique ! On rejoint le glacier de Leschaux pour un gros schuss. On retrouve les cailloux à la jonction de la mer de glace. Puré que c'est sec !  Attention les semelles des skis ! au départ ça passe encore. Ensuite, ça devient compliquer ! On repique sur la gauche pour rejoindre la trace de la vallée blanche, d'où les derniers skieurs descendent . On skie en slalomant entre les quelques rochers affleurants.  Bas de mer de glace, petit canyon, toujours quelques maléfiques rochers en quête de fragile semelle. Hormis quelques touchettes, ça passe. On dépasse quelques groupes.  Et nous voilà au pied de la remontée des Mottets.

Et là, je sais qu'il y a un segment STRAVA (strava étant une application pour sportif connecté) Bref, j'suis un peu bête, mais je me décide de la faire à bon rythme. Je pars à peu prêt en même temps qu'Anne. Et je marche d'un bon pas. Le sac est un peu lourd (oui , on a pris un rappel de 60 m et le matos de sécurité !) Anne perd du terrain (pour une fois) elle n'a pas du comprendre (oui, il faut avouer que je ne l'ai pas avertie !). Je l'entend râler que c'est long ! Ah ça fait du bien de l'entendre râler, ça prouve que c'est bien elle ! je marche à fond? La trace a regelé et glisse pas mal par endroit. Ne pas molir. Le passage est long, je le sens, mais surtout j'entends les commentaires d'Anne derrière. Replat final, je ne me désunie pas et je file à la Buvette des Mottets, j'ai sans doute fait un bon temps !

Je fais le chemin inverse pour retrouver Anne un peu plus bas avec sa tête des jours moyens, elle n'a pas aimé la remontée !

Petite pause avant la descente finale sur la piste. Attention aux cailloux

On s'amuse bien quand même.  Une pause pour couper les rails du funiculaires, rejoindre les pistes du Montenvers et le bas des pistes où Thierry nous attend. Le pauvre, avec la glace il n'a pas pu faire de vélo comme il le pensait. Et nous attend, frigorifié. On rejoint ma voiture, on papote puis c'est l'heure du départ pour un long voyage avec 50 minutes de bouchons en prime autour du lac Léman

C'était sans doute le prix à payer !

 

Merci Anne et Thierry !

 

Ski de Rando : Brèche Puiseux - glacier du Mont mallet
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Nostalgie

Juin 2013

 

Alpinisme : Elbrus - 5642 m елбрус

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Forcement, le sommeil ne vient pas

je tourne et retourne

Je change l'oreillé de sens (oui, j'aime quand il est frais)

et le rechange, espérant une hypothétique amélioration

Bon je patiente

 

enfin 11 h sonne (du soir bien sûr)

Je me lève, m'habille dans le couloir et récupère mon matos

je le descends et file dans le réfectoire, la gardienne est devant un film sur Edward Snowden... Oui, ça fait un peu film de propagande en Russie...

 

La gardienne vient nous servir des œuf, de la saucisse et du porridge.

J'attaque l’œuf .. à 11 h du soir au réveil … la saucisse … au même horaire …. puis le pooridge... bon je stoppe à la moité du pooridge.

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On se prépare, je suis prêt le premier à moins le quart ( 45 minutes c'est mon temps moyen pour me préparer le matin en refuge...) Misha et Rachana sont prêt à minuit, à minuit deux on est dehors, dans le froid de la nuit caucasienne. Et c'est parti, Misha devant, Rachana puis moi pour fermer le ban.

Pour la tenue : en bas : un pantalon d'alpi et par dessus, un pantalon type doudoune !

En haut : un carline + une polaire manche longue + une polaire manche courte + une doudoune légère + une Gore tex + une doudoune épaisse

Sur la tête : une cagoule + bandana Népal

 

Je n'ai pas trop froid, il fait entre – 20 et -25°C

 

On traverse le haut de la station de ski endormie, les motoneiges au repos, les dameuses somnolent, en attendant demain. Nous montons, traversons le plateau, la lune elle nous fait bye bye , elle part se coucher à l'ouest, je remarque qu’étonnamment, il y a assez peu d'étoiles dans le ciel, et je ne comprends pas pourquoi, la pollution lumineuse est faible et le ciel est clair. Truc à éclaircir, y aurait il une autre pollution dans le coin ( il y a 10 fois moins d'étoiles que dans les alpes)...

 

Au bout du plateau séance cramponnage avant de repartir, on remonte la piste puis le second plateau

L'œuf a du mal à passer, la saucisse aussi, ça doit être la journée de la digestion et je suis servi... On passe sous le mémorial toujours dans le même ordre, sans s'arrêter, très lentement et je finis par remarquer que Rachana, marche un pas derrière Misha, avec le même rythme qui lui... EXACTEMENT. Et ça me fait flipper, j'avais déjà remarqué qu'elle restait toujours calée derrière lui, mais là, ça fait peur. (suffit de regarder la vidéo pour ceux qui douteraient de mon affirmation)

 

C'est son ombre... The shadow.

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Derrière, parfois je suis sans trop de souci, le rythme est lent. Je monte soit derrière soit en zigzagant (Mishal a tendance à tracer dré das le pentu ( à la Suisse) ) J'ai même eu l'autorisation, hier, de passer devant pour prendre quelques photos et vidéos , alors j'en profite.

 

On progresse et débute la mégapente des Pashtukov rocks (que j'aurais appelé pastafolrocks toute la semaine...) . À 30 - 35 °, sans fin.

 

Je m'amuse lors des pauses à passer devant Rachana. Dans la nuit, elle me lance un regard noir, empoigne son piolet et vient me le planter, tel les sbires de Staline sur Trotsky, dans le crâne.  Je souffre le martyre, le sang jailli du pertuis, mais j'ai la présence d'esprit de boucher le trouve avec le fond de crème solaire que j'ai dans la poche. Ouf. L'Hindoue a son petit caractère... On ne m'y reprendra plus

Derrière nous une rivière de sang fini par geler, laissant ainsi la trace de ma souffrance ainsi que la couleur du communisme sur le glacier Caucasien .

 

Ça avance et je commence à regarder en dessous si les motoneiges sont en route, nous avons rendez vous à 5 h au Pastafol rocks et ils ne sont plus très loin.

Misha finit par m'expliquer qu'on se retrouve plus haut, au virage avant la traversée. Je braque la frontale à fond, puissance maximium, la pente et sans fin, déprimante à souhait. Et plus raide qu'en bas. On est à 4700 m, je suis sûr qu'il y a encore 300 m de déniv comme ça.

 

Heureusement, c'était sans compter le lever de soleil, magique. D'abord un léger changement de couleur du ciel, à l'est. Pour finir par un superbe embrasement. On mitraille, et les motoneiges finissent par nous dépasser et déposer Boris, Victor et Cataline au virage, 150 m au dessus de nous.

On opère une pause avant la jonction , sur une dameuse en panne, envahie de neige à prêt de 5000 m ! On remonte encore les 50 m qui nous séparent du reste du groupe. Retrouvaille, joie d'être à nouveau réuni. Ils ont vraiment shunté la partie sans intérêt.

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On repart dans la traversée. Enfin un « sentier de glacier » fait de pas d'homme et non de machines. Rachana, the shadow, est à sa place, puis vient Cataline, Victor et Boris, qui ferme la marche.

Je suis l'électron libre, en forme, je peux me permettre de m'arrêter, de faire des photos , de repasser devant et de recommencer, sans véritablement réguler mon allure. Le soleil est rasant, la lumière magnifique. Misha et moi en profitons pour faire de multiples photos (et vidéos pour moi)

 

Le groupe se scinde un peu en deux, devant Misha, the shadow et Catalin, derrière, Victor et Borris, j'ai tendance à faire la jonction entre les deux.

 

Après la traversée, on prend la direction du col entre les deux sommets, pause au col, où Victor se met à jouer au Mexicain, il braille dans la montagne des insultes mexicaines. El loco !

 

Il faut repartir, Misha s'encorde avec Rachana et moi tandis que Boris prend Catalin et Victor.

On galope dans la pente un peu raide au dessus du col. Une corde fixe est en place, c'est presque trop facile. On déboule sur un plateau. Pause pour attendre les autres.

 

Je reviens en arrière, au virage pour faire une petite vidéo, ils sont 50 m derrière, je vois Boris qui tempête, il faut dire qu'il a Victor a gérer et il ne va pas très vite. En fait, Victor perd son baudrier, il descend sous ses genoux !!! Bref, ils mettent des plombes, là où je suis, le vent est là, les -20° annoncés par Boris au col, me calment. Je finis par prendre une photo de trop loin et remonter jusqu'à Rachana blottie dans une sorte de trou dans la neige. Je surveille du coin de l’œil, tout mouvement suspect de son piolet... Ils finissent par arriver. Le sommet est tout proche. On repart à fond (pour les 3 premiers) petite pente, un passage horizontal, Misha accélère, j'embraye , YES ! 5642 m Rachana nous rejoint, belle émotion, même si la course n'a pas été hyper dur, nous sommes heureux d'être là, ensemble ! Catalin fini par arriver et Victor et Boris achèvent notre succès !

 

Quelle joie d'avoir tous réussi !

Alpinisme : Elbrus - 5642 m                       елбрусAlpinisme : Elbrus - 5642 m                       елбрус
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Summet de l'Elbrus
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Alpinisme : Elbrus - 5642 m                       елбрус

Après les embrassade, c'est la traditionnelle séance photo, la mienne est rapide, je fais 3 petits sauts, que Misha met dans la boite ! On se fait une photo de groupe puis c'est plus long, Catalin, peaufine ses photos en noir et blanc pour son Instagram, Rachana a plusieurs drapeau dont le drapeau Indien avec lequel elle veut une photo et le pire,  El Meixano, Victor a un énorme drapeau du Mexique et une casquette de certains de ses sponsors ! (oui Victor a des sponsors, LUI!) Le pire, c'est que c'est Catalin qui prend les photos, et qu'à priori, elles seront floues (la faute au froid?) Heureusement, je me suis amusé à prendre des photos de toute cette agitation, ce qui permettra à Victor de remercier ses généreux mécènes ! (oui Victor est une star dans sa ville au Mexique!)

 

Misha reprend en main le groupe, il ne faut pas rater la dernière benne. On file, je cours un peu sur le petit plateau sous le sommet et invite Misha à en faire autant ! Quel bonheur d'être là. On se réencorde, à 4, Victor et Boris, vivant une belle histoire d'amour sont ensemble. Je file vers le bas, tête de cordée , Malheureusement je vais un peu vite et il faut ralentir, Cataline à du mal à suivre mon rythme. Dommage, mais « la sécurité avant tout » je baisse le curser. Le col est vite atteint.

 

Je mets au défit Mishal de sauter un bâton trouvé sur le col, fixé entre me deux bâtons (à 1 m du sol environ, peut être un peu plus). Et vu qu'il se dégonfle et me réponds de le faire, je m’exécute. 10 m d'élan, envolée, réception. Je cours comme un footballer ayant marqué un but lors de la champion's league, attention, à cette altitude, tu ne fais pas un 100 m à fond au risque de te griller les poumons … Les autres trouvent la barre trop haute, c'est vrai qu'en saut, j'ai mon petit niveau. Et la nouvelle épreuve olympique de saut à 5300 m a lieu, Misha échoue lamentablement tandis que Rachana passe allègrement la barre.

Boris nous prend pour un groupe de cinglés mais me met au défit de faire une roue, il l'a fait, je suis obligé de tenter... Ça fait 25 ans que je n'en ai pas faite... Course d'élan, appel, bim, les mains, les crampons décollent, ça passe YEEEEEESSSSSS ! Comme souvent, je suis tout fier, ça m'arrive souvent

Alpinisme : Elbrus - 5642 m                       елбрус
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Bon, tout se fini en ravitaillement, petite sieste et nouveau départ, vers le bas.

 

Comme d'hab, Boris et Victor ferment la marche, Victor a les genoux en feu. Devant, on galope, on croise la seule cordée du jour à tenter le sommet avec nous (partis beaucoup plus tard)

 

Devant nous, un homme dans le sens de la descente, en rouge, vêtements de ski élimés, il avance tout hésitant sur la trace. Je vois le drame arriver gros comme une maison, 700 m de pente, j'ai pas envie de le voir dévisser, j'en parle à Misha. On prend en charge le type qui n'a visiblement pas le niveau et s'est retrouvé dans une fâcheuse position. Il est Russe, tandis que Misha lui explique comment se servir du piolet (que je lui ai sorti) je fais les manips pour ranger le bâton et sortir le piolet. Je lui place la main sur le piolet afin qu'il comprenne comment se tient l'engin, on repart, une fois au milieu de notre groupe, le gars est rassuré et avance d'un bien meilleur pas, on a bien failli assister une catastrophe.

On parvient au virage à 5000 m

Le type hésite à poursuivre sans nous.

Misha lui propose de prendre une motoneige, il refuse. Et continue sa route.

 

On a tous rendez vous ici, donc regroupement général, Victor et Cataline doivent descendre en motoneige. Malheureusement, pour eux, les conditions de neige ne sont pas bonne, et la motoneige ne peut que monter au niveau en dessous !

 

On se tape de descendre au Kangourou, nouvelle pause, la motoneige arrive, la manœuvre est délicate, le pilote n'en mène pas large, dans la pente à 35° l'engin menace de basculer, son pilote aussi.

Rachana et moi regardons ça de loin. On nous propose de prendre nos sacs à dos, Rachana refuse, et par solidarité (et parce que ça m'aurait bien saoulé d'utiliser une motoneige pour l'ascension, je fais pareil), on repart, Victor n'est pas encore là, Misha va l'attendre avec Boris, ils descendront plus tard. Nous voilà à deux dans la descente, on rattrape un polonais, un autre Boris, avec lequel on fait une partie de la descente. Je papote avec lui, il n'a pas réussi à monter au sommet, trop fatigué ! Le Russe en difficulté, finit par prendre une motoneige pour redescendre en bas.

Je ramasse quelques bouteilles d 'eau jetées sur le chemin !

Alpinisme : Elbrus - 5642 m                       елбрус

Et on rejoint le cirque de la station, le bruit des motoneiges, des dameuses, les gens qui crient (oui, ils ont peur sur la motoneige)

 

Au loin un énorme groupe d'alpiniste vient de la petite arête de gauche, rocher pourri garanti. Je lance à Rachana, « Un groupe comme ça, ça ne peut être que des militaires » On s'approche, j'ai un doute, ils sont tout habillés dépareillés. Et vu qu'on va plus vite qu’eux, on va en savoir plus. Après mon premier Priviet qui a une fois de plus débouché sur une réponse en Russe, on dépasse tout le groupe croisant quelques motoneiges, à fond, sur l'étroite piste , j'ai failli me prendre une gerbe de neige, de flotte et de boue mêlée dans la tronche, ça ne s'est joué à rien ; avant de retrouver le tronc d'arbre où l'on enlève les crampons. L'un d'eux nous interpelle en Anglais pour connaître les conditions sur l'Elbrus. Je finis par poser la question qui me brule les lèvres : Miltary or Tourist ? Nous avons des têtes de Touristes ? me répond t ' il . C'est vrai qu'ils sont dépareillés mais pas mal en militaire quand même. On salut Boris qui nous a rejoint et reste à discuter et on redépasse toute la troupe : On marche plus vite que l'armée Rouge !!! C'est pas classe, ça ! Le replat passé, on rejoint le bin'z du bas, les motoneiges nous dépassent, les Dameuses... Horreur !

 

On passe devant des touristes interloqués par notre équipement et on retrouve le refuge. Victor et Catalin sont là !

 

Je monte ranger mes affaires, quand je redescends, je retrouve Misha et Boris qui viennent d'arriver. On fait les sacs et on file. Dommage on avait rendez vous avec le Polonais Boris. De toute façon, le couple de gardien est dans l'entrée, sac à main... en main, attendant qu'on quitte les lieux pour fermer le refuge. Je sens la gardienne s'impatienter devant le temps qu'on met à boucler nos sacs (pourtant on a été rapide). On quitte les lieux et on remonte les quelques mètres qui nous séparent du télécabine. Zoup, c'est parti pour une descente peu fatigante. On recroise les carabiniers à matraque !!! Fin de cette belle ascension.

 

Le lendemain, étant un jour de réserve, Misha nous emmène découvrir le Caucase profond. Un lac, un col magnifique, et une gorge profonde !

5342 m sommet de l'Elbrus

5342 m sommet de l'Elbrus

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Vol SL 1308 Minerali Vodie Moscou, siège 26 C ( couloir pour les ignares)

Au dessus de la Sainte Russie

 

Le type à coté de moi à une tête de terroriste...

Je m’inquiète

As t'il caché une kalachnikov dans son bagage à main ? Je le surveille du coin de l’œil avec toute la discrétion qui s'impose.. Je scrute chacun de ses gestes , guettant le moment où il va se trahir.

 

Étonnamment il regarde les yeux bleus de la blonde hôtesse de l'air lors des conseils de vol, tout en les lisant !!! A priori, un terroriste devrait se désintéresser des consignes de vol. J'ai des doutes.

 

A ma droite, une dame plutôt âgée, marquée par une vie de dur labeur, tourne les pages beauté du magazine aéroflot. Elle reste les yeux fixés sur une crème de jour dont elle aurait fort besoin, même si je doute qu'elle retrouve la tête est surtout les fesses du mannequin en tangua qui figure sur la pub. Je lis la déception sur son visage. Elle ne retrouvera pas ce corps de 20 ans (qui suis je pour commenter tout ça)...

 

A ma droite, mon hypothétique terroriste, feuillette lui aussi le magazine, les pages tournent, visiblement, il ne trouve pas chaussures à son pied en dépit d'un choix important d'article et de photos.

Je me suis sans doute trompé, le vol va se poursuivre sans souci, dans 2 h nous sommes à Moscou pour une escale de 5 h... Avant de repartir vers Zurich et la maison arrivée prévue sans doute entre 1 h et 2 h du matin

 

Tiens, mon terroriste s'est endormi...

 

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Je remercie l'ensemble du goupe Elbrustours : Rachana, Victor, Catalin, Boris et Misha,

Cette  semaine fut incroyable

Spaciba Bolchoï

Благодарю вас

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Mauvaise nuit, je ne dors pas... ou trop peu, l'altitude sans doute

 

Réveil à 6 h pour une nouvelle journée d'acclimatation. Rendez vous à 8 h dehors. Je suis avec Misha, on attend les autres 10 minutes en discutant.

Quand ils arrivent, il s’énerve un tout petit peu : l'heure c'est l'heure ( bon quand Misha s'énerve, je vous rassure, c'est tout doux !) Et hop, en route.

La technique de Misha est simple, marcher lentement et faire des pauses toutes les heures ( comme avec ma tante Jehanne quand on partait en rando quand j'étais petit). Un peu long à mon goût mais très efficace.

Malheureusement , c'est le même chemin qu’hier avec les mêmes inconvénients. La glace sur la trace des motoneiges, le bruit, l'odeur de pétrole quand les engins te dépassent ou te croisent. Pause après pause, on progresse.

Visiblement, Rachana a une grosse patate, je me débrouille pas trop mal, Catalin un peu moins et Victor, le Mexicain est plus dans le dur. Sac à dos plus 2 sacs en bandoulières ( pour son appareil photo et son ravito en vol)

C'est rigolo, c'est Catalin et Victor, les 2 candidats aux Seven summits ( les 7 plus hauts sommets des 7 continents) qui avancent le moins vite...

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La sortie n'est pas extraordinaire, mais le pire , c'est que la fin est pire. Une pente à 35 Degrés, une trace de dameuse large, rectiligne, homogène, un paysage qui ne change à aucun moment. Et dire qu’il va falloir remonter tout ça das 2 jours, le jour du sommet.

Catalin s'arrête à 4500 m, lors d'une pause, nous repartons, Misha accélère, au départ je parviens à suivre, puis plutôt que d'exploser, je prends mon rythme, seule Rachana parvient à le suivre. Victor est loin derrière. Les 200 derniers mètres sont tout aussi déprimants, même pente, même vue, même large trace rectiligne. Le pire du pire c'est qu'il n'y a pas vraiment d'objectif, on doit juste passer au dessus d'une bande de cailloux : le "pashtukov" rocks cailloux qui ressemblent vaguement à un kangourou ! Le point maximum : 4700 m , un lieu de retournement des motoneiges ! On se pause, j'arrive 2 minutes après Rachana et Misha. Victor met longtemps à nous rejoindre, nous l'encourageons de loin. A son rythme (lui aussi) il nous rejoint.

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Presque le Mont Blanc, pas tout à fait. Assis dans la neige, devant le superbe paysage, les montagnes du Caucases, quelques 5000 et pas mal de 4000 avec de belles faces nord, qui me font , il faut bien l'avouer plus envie que ce fromage blanc qu'est l’Elbrouz...

Au dessus de nous, la trace se poursuit, toujours rectiligne, toujours monotone pour venir taper sur une bande de rochers, alors elle tourne à gauche , du bas , on ne voit pas bien où. On verra bien dans 48 h, à présent il faut redescendre.

La neige a été travaillée par le soleil, la descente est aisée, pause auprès de Misha, Victor a des problèmes de genoux et avance lentement.

 

Le groupe repart vers le bas, multipliant les pauses pour attendre Victor.

De toute façon on n'est pas pressés. On croise à nouveau des motoneiges, à fond, dans la soupe, et on se prend des gerbe de neige mouillée dans la tronche. Pas cool, d'autant plus que les motoneiges sont prioritaires, et n'ont en aucun cas obligation de ralentir. A toi de t'écarter avant de la croiser. Attention obligatoire.

On rejoint le téléphérique puis le refuge. Catalin se fait alpaguer par un Russe qui fêter un truc au refuge. Et c'est Vodka à gogo alors qu'il me semble qu' à notre arrivée, l'homme était déjà bien imbibé. Séance Sunset pictures (photos du coucher du soleil) puis tardivement, le renard fait son apparition, timide, trop sombre, les photos ne resteront pas dans les annales.

 

Au lit, j'ai du sommeil en retard.

 

Bonne nuit, enfin, je me réveil à 8 h après prêt de 12 h de sommeil !

 

 

 à suivre

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Acclimatation Elbrus : jour 1

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Acclimatation Elbrus : jour 1
Acclimatation Elbrus : jour 1

Ce matin, grand beau toujours, c'est parti pour la grande aventure, nous montons en téléphérique au refuge pour 5 jours sur les pentes de l'Elbrus : objectif : parfaire l'acclimatation. Aujourd'hui, nous devons monter à 4100 m , demain à 4700 m, jeudi, repos à 3800 m au refuge et vendredi sommet si la météo est bonne ou samedi (jour de réserve en cas de mauvaise météo vendredi)

 

Première étape : prendre le matériel de location qui nous manque. Misha, notre guide, m'affirme que ma doudoune peut s'avérer trop light, ainsi que mon pantalon. Bref, je loue l'ensemble ainsi qu'une paire de surgants, les miens pas été livrés à temps...

 

On se retrouve au pied de l'hôtel et ô horreur, c'est le même pilote patibulaire que celui nous a amené depuis l'aéroport, toujours aussi peu loquace. Chacun monte tête basse dans ce qui pourrait bien être notre cercueil. Et c'est parti pour un rallye mouvementé entre notre hôtel et Terskol. Ballottés de droite et de gauche, l'estomac réalisant les même dangereuses oscillations, nous remontons jusqu'à la station de ski.

Le petit dej est remonté dans l'arrière gorge avec une facilité déconcertante... Mais tout va bien, en avalant ma salive, j'évite le pire, reste juste cette petite acidité désagréable qui va accompagner la suite de mon périple

 

Au choix, un télécabine presque neuf ou un vieux téléphérique branlant. La chance tourne, nous optons pour la première solution, des télécabines spacieux où il faut installer nos affaires, chacun à un sac à dos de 30 litres et un autre de 60 ! Il y a 3 tronçons, à chaque fois, il y faut sortir l'intégralité de notre barda et traverser jusqu'au suivant, chargés plus que des mules !!!

 

Au dernier tronçon, surprise : les cabiniers sont munis de matraques !

Ont il deviné que je voulais aller dans la zone interdite, dans la « border not allowed ». Je ne fais pas le malin. Je me vois dépenaillé en Sibérie en train de manger des épluchures de pomme de terre, de la terre noirâtre plein les ongles. Même si la Sibérie et sans doute une contrée fort sympathique, je n’ai pas envie d'y croupir le reste de mes jours.

 

Et là, vous vous dite : pourquoi la matraque ? Je me suis posé la même question.

Différentes hypothèses s'offrent à nous :

  • Pour faire avancer les skieurs / randonneurs pas assez rapides, ce qui éviterait de ralentir le trafic.
  • Pour éviter toute manifestation du peuple Russe, même en altitude.
  • Pour péter la gueule au premier chamois qui passe (oui la matraque peut aussi servir à ça)
  • pour battre son linge à l'ancienne (mais vu la gueule du propriétaire, je doute qu'il fasse ses lessives (d'autant plus à l'ancienne)

Bref, je n'ai pas osé demander la raison de la présence de cet instrument à cet altitude.

 

On a poursuivi jusqu'au dernier tronçon. Le bin'z intégral : des refuges faits avec des containers, à tout de bigouin (mot à trouver dans le dictionnaire des régions méconnues), des dameuses, des motos des neiges (appelées snow-mobile  ici)

On descend à notre refuge qui ne ressemble à rien, une bâtisse de parpaing juste en dessous du téléphérique, romantique à souhait ! Qu'est ce que je fais ici ? Doute. Heureusement, l'intérieur du refuge est impeccable, le gardien va même s'avérer maniaque du nettoyage : On ne pause pas son sac n'importe où, on met ses chaussures à un endroit exact . A chacun de nos passages, un coup de balaie ( et il y avait du boulot, dehors, c'est un mélange de neige de glace et de terre qui fond la journée !)

 

On s'installe puis on file pour la première journée d'acclimatation sur zone. Objectif : un mémorial Russe...

 

On traverse la gare de télécabine puis les snowmobiles rangés un peu partout pour finir par les dameuses (snowcats) ! C'est moche d'autant plus qu'au dessus, il y a pleins de moches containers refuges installés partout, Les motoneiges vrombissent, te balancent de la neige humide dans les guiboles, mon rêve ! Les dameuses transportent les touriste russes. On peut dire, je pense , que c'est n'importe quoi...
 

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On a poursuivi jusqu'au dernier tronçon. Le bin'z intégral : des refuges faits avec des containers, à tout de bigouin (mot à trouver dans le dictionnaire des régions méconnues), des dameuses, des motos des neiges (appelées snow-mobile  ici)

On descend à notre refuge qui ne ressemble à rien, une bâtisse de parpaing juste en dessous du téléphérique, romantique à souhait ! Qu'est ce que je fais ici ? Doute. Heureusement, l'intérieur du refuge est impeccable, le gardien va même s'avérer maniaque du nettoyage : On ne pause pas son sac n'importe où, on met ses chaussures à un endroit exact . A chacun de nos passages, un coup de balaie ( et il y avait du boulot, dehors, c'est un mélange de neige de glace et de terre qui fond la journée !)

 

On s'installe puis on file pour la première journée d'acclimatation sur zone. Objectif : un mémorial Russe...

 

On traverse la gare de télécabine puis les snowmobiles rangés un peu partout pour finir par les dameuses (snowcats) ! C'est moche d'autant plus qu'au dessus, il y a pleins de moches containers refuges installés partout, Les motoneiges vrombissent, te balancent de la neige humide dans les guiboles, mon rêve ! Les dameuses transportent les touriste russes. On peut dire, je pense , que c'est n'importe quoi...

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On rejoint un plateau, vue sur le sommet, devant, une trace de dameuse monte jusque sous le sommet ouest, à plus de 5000 m. Tu peux même y monter en snow-mobile pour faire le sommet : 900 m de dénivelé en moins. Vue du bas, ça fait une trace directe et droite vers les cimes. Vu de prêt, à certains endroits les snow-mobiles font accélérer la fonte de la neige, et tu as des lacs de glace (artificiels) créés par les machines, dans la journée, ça se transforme en mélange d'eau et de glace...

 

Pas très vendeur, me direz vous, c'est vrai, mais le sommet est attirant et les montagnes alentours superbes ! J'ai presque plus envie de les gravir, plutôt que l'Elbrus. De magnifique faces Nord, des glaciers, des séracs, malheureusement, je ne suis pas venu pour ça, et pas mal de sommets sont sur la "border not allowed" : la frontière interdite.

 

Après le plateau, on remonte une zone cradouille, nouveau plateau, encore des refuges, placés ça et là, je comprends qu'en pleine saison, 400 ou 500 personnes montent au sommet chaque jour !!! A la queue leu leu.

 

Misha nous fait faire des pauses. Acclimatation oblige. D'autant plus que le groupe n'a pas un état de forme homogène. Victor et Catalin marche un peu moins vite, tandis que Rachana et moi galopons... Merci les volcans du Mexique !

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Une petite traversée vers une arête morainique, Misha s'arrête à 50 m du sommet. Tout le monde arrive. Je demande à Misha si je peux aller au sommet. Il valide, je pars, un peu de neige et 2 pas d'escalade, 5 minutes plus tard je suis sous l'étoile soviétique du mémorial. Tout le monde enquille, j'aide certains à grimper, et nous voilà tous en haut pour la photo souvenir !

 

Bon ça dure un plus longtemps que prévu, notamment pour Victor et Catalin, l'un fait des photos pour ses sponsors tandis que l'autre photographie pour son compte instagram en noir et blanc.

 

Rachana, Misha et moi sommes en train de faire la sieste plus bas lorsque les 2 fans de réseaux sociaux quittent le sommet.

 

On mange, on sieste, et on repart vers le bas, au milieu des Motoneiges qui vrombissent des des dameuses.

 

Retour au refuge assez rapide.

 

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Je décide d'aller courir, pour me dégourdir les jambes, mon corps réclame encore un peu d'action. Tenue de trail, et je repars pour descendre à la station de téléphérique inférieure. Quand je croise des gens, je les salue (« Priviet ! » ) Mais c'est un peu trop réussi, et les gens, à chaque « Priviet » commencent à discuter avec moi sans discontinuer... Et malheureusement, mes un an de Russe en seconde ne m'ont pas laissé assez de souvenir pour entretenir une conversation ( je sais juste lire les mots sur les publicités avec difficulté) Je passe mon temps à essayer de leur expliquer que je ne par le pas Russe, mais vu que rares sont les Russes qui parlent Anglais... Dialogue de sourds …

 

Je me fais donc la descente à la station 400 m en dessous avant de remonter, bien raide, un vieux camion Russe 4X4 me passe devant, défonçant un peu plus la piste. La remontée se fait en marchant vite, difficile de courir vue la pente. Et je retrouve le refuge, pour le coucher du soleil, magique. Misha nous promet un renard.... qui ne vient pas !

 

 

 à suivre

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