by Apoutsiak
Alpinisme
Ski de randonnée : les Dômes de Miage à l'envers descente par le glacier de Tré la Tête
J'ai déjà parcouru le bassin de Tré la tête en long, en large et en travers, je n'avais jamais fait les Dômes de Miage à l'envers, c'est chose faite !
Vidéo :
Topo :
Accès refuge :
Se garer à la Bottière en dessous du hameau de Cugnon. Remonter la piste et prendre à droite. 2 sentiers s'offrent à vous, soit par le bas, soit par le haut, c'est assez équivalent !
Rejoindre le refuge de Tré la Tête 1969 m
De là partir vers l'Est sur la crête au dessus du refuge puis en son versant droit pour rejoindre le lieux dit le Mauvais pas (le bien nommé), le traverser au mieux et rejoindre le glacier de Tré la tête. Le remonter d'abord en rive gauche puis le traverser pour gagner le pied de la pente raide en rive droite. La remonter, basculer vers la moraine de la rive droite. Remonter les pentes plus raides qui permettent de gagner le refuge des Conscrits 2602 m
Traversée des Dômes
Du refuge partir vers le Nord et gagner le pied de la partie sommitale de l'aiguille de la Bérangère. mettre les skis sur le sac et par une escalade facile et quelques pentes de neige raide, gagner le sommet 3425 m
Du sommet suivre l'arête II maxi III puis basculer à droite pour rejoindre le col de la Bérangère 3348 m (on descend sur le glacier d'Armancette dans la pente de neige évidente un peu avant celui ci) Remonter vers le Dômes de Miage occidental 3666 m puis le dôme central 3663 m . Deux solutions, soit passer par le col des Dômes pour rejoindre le dôme oriental, soit descendre la pente directement sous le Dôme central, gagner le glacier de tré la tête et descendre celui ci jusqu'à la voiture par l'itinéraire de montée. (et donc la remontée du Mauvais pas)
Récit
Après une bonne soirée chez Yves, un camp de base judicieusement placé (merci encore à mes hôtes pour leur accueil !), nous voilà parti pour de nouvelles aventures en direction des Contamines Montjoie. Bon , petite erreur tactique au départ, on part de cluses à 78 h du mat et on se tape les bouchons liés aux parents qui emmènent leurs enfants à l'école, la sortie de Cluse a été longue. Puis c'est du classique, on arrive au parking de Cugnon, on se prépare, un gros groupe par devant nous. 25 minutes plus tard, c'est notre tour. Le sac est lourd, je sais par internet qu'on ne trouve la neige qu'à 1700 m alors qu'on n'est à moins de 1200 m... on n 'a pas fini de porter ! Yves me laisse devant, ça le contient, je monte à mon rythme, tranquille ! Au bout d'une heure, on rattrape le groupe des guides. En pose... puré, ils ne vont pas vite, me dis-je in petto.
Un peu plus loin on met enfin les skis. Bon o fait un peu de la charpie avec les semelles, il y a pas mal de passages sans neige... On se la joue un peu bourrin mais on ne déchausse pas...
Puis vienne les grands pentes avant Tré la Tête, Yves m'a largué, ben oui in a plus de 60 000 m de déniv dans les pattes cette année donc... Il est en TRÈS grande forme !!!
On se rejoint à Tré la Tête, je fais une pause consultation de ma malléole douloureuse. Je ne fais aucun diagnostic, douleur mystérieuse, mais désagréable... On poursuit vers le haut, vers le mauvais pas. Je suis préposé aux passages techniques. je passe devants, skis sur le sac. On est dans un passage bien merdique, sans doute pas au bon endroit. Une cascade à traverser, tout est humide, glissant, on se fait arroser, quelques prises de main, il faut descendre. Les prises de pied on tendance à fuir. Scabreuse position. Tout glisse; Je me rétablis. Yves suit, j'observe sa main trembler sur le rocher. Le sac le tire en arrière. Croisement de mains, croisement de jambes. Mon Dieu, mais c'est du 6b+ ! Non, c'est simplement le Mauvais Pas ! Il me rejoint, le souffle court et met un certain temps à se remettre de ses émotions. je repars pour la traversée de cascade, bien glissante, je passe. Il suit, hésitant, il faut positionner ses pieds judicieusement, ne pas trop bourriner (ça on ne sait pas trop faire...) car si tu bourrines, tu glisses, et si tu glisses... tu tombes, et si tu tombes, c'est la chute, et si tu chutes ... C'est la t...
Ca passe. on se retrouve plus sur le bon chemin. Il ya des traces. C'est plus facile, il ne faut toujours pas s'en coller une. Le danger est au dessus (chutes de pierre) et en dessous (chute de nous...) Un névé bien raide. des trous à sauter. Je finis par remettre les skis tandis qu'Yves descend à pied, la faut à ses peaux qui ne veulent pas tenir...
Glacier de Tré la Tête, je pars devant, traverse la rivière. (enneigée) et je remonte le glacier qui recule. J'avance plus vite qu'il ne recule, ce qui me permet de progresser... On décide de faire une pause pique nique: fromage et saucisson. Ça fait du bien, et on repart vers la pente raide du glacier. Tandis qu'Yves peste avec ses peaux, je pars devant. Et je suis la trace qui est assez bien faite, bien large et pas trop raide, en 3 virages je suis au dessus. Je progresse encore un peu et attend Yves, il a fini par déchausser et monte à pied, la galère sous le cagnard à 14 h l'après midi. Heureusement qu'il a la caisse, perso, je serai scotché sur la montagne... Arrivé à ma hauteur il tente de remettre ses skis. Chose faite, on repart, moi devant, lui derrière, dans les pentes raies sous le refuge. Le voici, enfin. Les peaux d'Yves ont tenu.
On s'installe, il est tôt, petite sieste, lecture, il y a une impressionnante collection de BD au refuge... et Yves plonge dans les Fluide Glacial , étonnant !
le groupe avec les guide arrive 2 h 1/2 après nous... Le guide en chef, s'est crouté dans le Mauvais pas, il aurait fait une chute d'une 30aine de mètres, et présente une plaie au cuir chevelu que la gardienne soigne avec quelques steri-strips. Plus de peur que de mal !
Le repas arrive tranquillement, il y a 4 groupes : le groupe avec les guides (8 personnes) 2 Français et 4 allemands. On se retrouve à table avec ses deux derniers. et on papote. plutôt en Français. Repas sympa et très bon.
On file au lit, réveil à 5 h.
Bon à 4 h 30 c'est déjà le binz dans le refuge, j'adore ! les gens ne sont pas capable de respecter un horaire... Bref, tu te fais réveiller 1/2 h plus tôt que prévu. Nous on essaie de grapiller quelques minutes sous les couvertures... réveil, petit dej. Les Allemands sont déjà bien avancés, les 2 Français aussi. Peu avant 6 h je sors du refuge, temps pourri, vent à 80 km/h et de gros nuages sur la frontière italienne, pas engageant ! C'est pas gagné.
On part, moi devant, Yves dans mes skis, parfois sur mes skis tant il est proche ! Et on progresse dans les rafales de vent ! Au bout d'une demi heure, on se fait une petite réunion tupperware. Il me semble impossible de réaliser la traversée dans ces conditions. Il est plus sage d'aller faire la Bérangère. Trop de vent pour aller sur l'arête.
Demi tour, on continue en ascendance mais dans l'autre sens. Le vent balaie la neige, le soleil passe sous les nuages, c'est beau. Nos masques nous isolent un peu de cet environnement hostile. On remonte et on se retrouve sous les allemands, les Français, eux, ont poursuivi sur la traversée des Dômes. On remonte les grandes pentes, et on finit par se retrouver au dessus des Allemands qui ont semble t'il un problème. On déchausse pour rien sur une antécîme puis je passe devant dans les pentes plus raides. je fins par rejoindre l'arête où je mets les crampons. Escalade facile, puis desecalade en neige, je suis monté trop haut. avant un petit couloir puis une arête facile, voici le sommet de la Bérangère.
Le vent a faibli, on décide d'aller au col de la Bérangère, delà, soit on descendra sur le glacier d'Armancette soit on remontera vers les Dômes.
Courte pause, avant de repartir vers l'arête.
Je pars devant. L'arête n'est pas tracée. Ça va me faire un bon exercice.
Première partie en neige, puis petite descalade. il y a bien 30 cm de poudreuse sur les rochers. Yves me rejoint, je repars, tapote mon crampon, quand je me rends compte qu'il s'est barré. Flûte... Flûte, je vois la barrette de devant... cassée ! Ouh, là, pas cool, la course s'achève peut être ici. Je remonte vers Yves, me poser à l'abri et réfléchir à la suite. Soit on rentre, soit on fait une réparation de fortune avant de repartir vers le bas.
On prend la seconde option, si ça tient, on poursuit, sinon, demi tour. Un met une sangle pour bloquer l'avant du crampon. On laisse passer les allemands. Le premier virevolte, les autres sont plus empruntés, voir très empruntés. L'un deux me glisse : "c'est la première fois que je fais ça ! C'est vrai que ça manque un peu de grosses marches faciles pour des débutants. L'un des allemands nous passe une sangle. Pas mal pour consolider le montage. Et nous voilà à essayer de faire un truc solide. je passe dessus dedans, dehors, je reviens, j'ai les doigts gelés par la poudreuse froide. je resserre, ça ne sert à rien, ça serre tout de même un peu, beaucoup... à la folie, ça serait parfait.
Bon on verra bien, je vais y aller doucement, d'autant plus que le passage est un peu technique. Je pars, lentement, ça passe mais au bout de 5 mètres, je perds le crampon gauche, décidément. Yves me met en boite, décidément, je suis trop lent ! Je remets le crampon, au dessus du vide, finalement c'est pas mal d'avoir un peu de bouteille en montagne, ça évite de paniquer. On repart et on file, la suite est plus facile, tracée par les Allemands. Je botte, puré ces crampons commencent à me saouler ! on finit par rattraper les allemands puis les dépasser avant de rejoindre le col de la Bérangère. Le crampon a l'air de tenir, même si la chaussure n'est pas tout ç fait dans l'axe.
C'est décidé on va remonter les Dômes à l'envers, le coté Armancette a l'air tout crouté, on redescendra versant Tré la tête, j'imagine que ça sera meilleur ...
Les allemands partent pour la descente directe d'Armancette depuis le col.
Yves par devant, je resserre comme je peux les sangles et réaxe mon pied dans le crampon malade. Il avance tellement vite que je ne peux pas le rattraper... Et ça m'arrange. J'avance à mon rythme dans sa trace. Au bout d'un moment, je le vois qui se retourne, il doit me trouver bien trop loin pour prendre un relais. Je finis tout de même à le rejoindre et finis tout de même à faire un peu de trace... On croise les Français, dans l'autre sens, à ski, le premier passe sans souci, quand je vois le second ,j'ai l'impression de me voir, tout crispé sur les skis avec la grosse difficulté de faire le premier virage pour ce mettre dans le bon sens. Ah mon frère, mon jumeau, le mebre de mon club des gars que ne savent que skier dans la bonne neige....
Il galère, je souffre avec lui, la neige est bien pourrie, on fait bien de faire le tour à l'envers.
J’essaie de voir où nous en sommes, je n'ai jamais parcouru cette arête dans ce sens ci alors que je l'ai déjà parcourue 5 ou 6 fois dans l'autre sens. Je progresse. La pente diminue pour un dernier petit coup de cul, sommet des Dôme, inespéré quand on pense à la météo de ce matin.
Pause coure avant d'enchainer sur l'arête, les traces de la cordée facilitent la progression. On fait de courtes pauses à chaque sommet. on passe devant le couloir qu'on avait "ouvert" avec Claire il ya plus de 10 ans. On rejoint l'avant dernier Dôme. Je propose à Yves de ne pas descendre au col, mais de descendre par l'avant dernière pente.
Le vent est là, on rechausse, neige méga dure sur 20 m puis petite transfo parfaite
Le rêve du skieur de randonnée.
les virages s'enchainent, on fait des pauses pour se repérer... Il y a des crevasses et quelques séracs à contourner Mais on descend et on se retrouve au milieu du glacier. On rejoint les traces de montée sous le refuge. Il y a un monde fou en route pour le refuge. ce soir, il va être complet.
On rejoint le pied du mauvais pas, on papote avec un gros groupe en leur donnant quelques conseils. Puis on remonte, les skis sur le dos. Ca passe assez facilement quand on prend le bon chemin. On rechausse les skis, et on rejoint le refuge de Tré la Têt pour le pique nique...
La pause est bonne, les téléphones se remettent à sonner, les SMS à arriver, c'est le retour à la civilisation. beurk.
On repart vers le bas et on rejoint le groupe des guides. On papote un peu mais on ne traine pas. C'est parti pour la partie la moins sympa, skis sur le sac, on galope vers le bas. Et on rejoint la voiture. On y retrouve les Allemands, à qui je peux rendre la sangle salvatrice et échanger les mails (ils me feront parvenir trois superbes photos)
Pour moi, la journée n'est pas fini
Je dois passer au Vieux Campeur réparer mon crampon
Prendre la route de la Fouly
Dormir, si 'ai le temps
Manger
Et repartir le soir même pour le bivouac de la Maye, rendez vous entre 19 h et 19 h 30 avec Matthieu. Je vais être bien cuit ce soir au bivouac...
A suivre donc...
Vidéo : ski de randonnée - arête Gallet Dolent 3820 m
Avec Matthieu
descente par la voie normale Italienne
Ski de randonnée : Pic de l'Etendard - 3464 m
Ce jour ou, un peu présomptueux, j'ai cru que je pouvais aller plus vite que la perturbation météo, alors qu'il fallait tracer dans une neige profonde...
Vidéo
Topo
De Saint Sorlin, se garer en haut du village
Remonter les pistes de skis, en remontant la Combe de la Balme puis au mieux, le col Nord des lacs. 2533 m
Partir direction sud (descente) et rejoindre le Grand lac puis le lac blanc et enfin le plat 2502 m
Poursuivre jusqu'au glacier de Saint Sorlin et remonter à l'ouest les pentes qui remontent en direction du col de la Barbarate. La pente se redresse (40 - 45°) , remonter au mieux vers le petit col puis l'arête rocheuse le sommet 3464 m.
Récit
Mauvaise nuit
Mauvaise nuit, celle qui te conseille de renoncer à ton périlleux projet. Oui, je veux aller à l'Etendard, oui, je suis seul, oui, il y a risque 3 d'avalanche... Je tourne les données dans tous les sens, pesant le pour et le contre. Ah oui, il y a du pour : je suis un alpiniste expérimenté (bon ça je sais que ça n'est pas un énorme argument ...) . La plupart des pentes sont à moins de 30 ° et ne sont pas exposées (sauf sous le sommet) et , j'ai une terrible envie de gravir ce sommet... bon il faut avouer qu'il y a quand même pas mal de voyants au orange voir au rouge : Je suis seul, et il va sans doute falloir tracer l'intégralité du parcours jusqu'au sommet alors qu'il y a plus de 50 cm de poudreuse. Je suis seul et il y a un glacier à traverser. Et il y a une perturbation qui devrait arriver vers 13 h.
En gros tout va bien
Et bilan, je dors mal.
Mon cerveau, tel une machine à laver ressasse les différents éléments... sans trouver de solution.
Mauvaise nuit...
Il faut avouer que j'ai un passif avec cette montagne. Dans mes jeunes années, en 1993 (ou aux alentours) avec Franck un ami étudiant, nous avions envisagé le sommet "à la journée" depuis Lyon en ski de rando ! Bilan : plat de pâtes à 11 h du soir, décollage, voiture, parking au col de la Croix de Fer et longue remontée de nuit pour atteindre le pied du glacier dans un brouillard à couper au couteau. On valide le but à 2700 m environ. Bilan retour, long plat, arrivée à la voiture, il neige, le col est officiellement fermé, aussi, nous ne trainons pas, de peur de se faire coincer... Je suis crevé, je passe le volant à Franck dans la vallée, le reprend après Chambéry et m'endors tranquillement.
Il faut avouer que le bruit de la rambarde de sécurité à 110 km/h nous a bien réveillé. Je me gare sur la bande d'arrêt d'urgence et constate les dégâts. On a l'impression qu'on a pris un obus à gauche de la voiture. Une bonne nouvelle : la voiture roule. On a eu du bol sur ce coup là, on aurait pu y rester... Le reste du voyage se passe bien , ben oui avec l'adrénaline à fond, tu ne dors plus !
Une deuxième tentative en automne, deux ans plus tard, se solde par un succès. Tentative sans histoire, tout avait du bien se passer, ne me reste en souvenir que deux photos jaunies...
Fin de l'historique
Mauvaise nuit (oui c'est pour reprendre le récit)
Le réveil sonne, je venais de m'endormir. - 4 h 20
Hésitation.
Je décolle dans le petit appartement, essayant de ne pas réveiller Louis qui dort dans le canapé. Petit dej, matos - 4 h 50 je suis dehors. Je rejoins les pistes. Il fait frais, très frais (-13°C) Doudoune ET Goretex de rigueur ! Je suis parti et je vois au loin le premier obstacle : les dameuses sont en action dans la combe de la Balme. Je remonte dans leur direction. Ça m'ennuie de les croiser, aussi je décide de filer par la piste noire pour les éviter. Ça monte bien et je rejoins rapidement le haut du premier tronçon des télésièges. Je remonte une piste en biais puis décide de couper au dessus, la pente de la piste n'étant vraiment pas raide. Il faut déjà tracer dans une neige poudreuse assez profonde, traffolée par les passages de skieurs hors piste. Il fait grand beau et grand froid. L'effort me tient au chaud. Je remonte au mieux, observant en bas les dameuses au travail. Leur phares sont tellement puissants qu'ils éclairent la montagne. Ça grimpe et je rejoins le sommet du télésiège. Petite pause toilettes (c'est ça l'avantage des pistes de skis). Il fait grand beau. La silhouette des aiguilles d'Arves se dégage. Un télésiège se met en route tout seul. Ambiance scoubidou quand il y a du suspens ! J'enlève mes peaux.
Petite descente sur la piste puis je quitte la civilisation. Je skie au mieux, dans le halo de ma frontale en direction du lac. Quelques virages plus loin, il faut déjà repeauter. Aussitôt dit, aussitôt fait, c'est plat , mais c'est rigolo (oui c'est rigolo quand tu en es au premier lac !) J'avance bien, au bout du lac une courte montée puis une petite descente m'amène au second lac. Nouvelle traversée. Moins rigolote, mais ça passe. Au loin j'observe un lenticulaire sur la Meije, le mauvais temps va s'installer. Nouvelle montée, nouvelle descente, le "troisième" lac, en fait il doit s'agir un étang, mais avec toute cette neige, impossible de savoir comment c'est en été. Nouvelle montée et petite pause casse croûte. Le ciel grisonne comme mes cheveux. C'est ça, le mimétisme ! Je repars, et me rends compte qu'il faut encore descendre pour rejoindre le pied du glacier. Et je ne suis qu'à 2700 m ! La fatigue commence à se faire sentier. J'ai hâte que ça monte ! Qu'il est loin le pied de la montée. Le ciel commence à vraiment de bâcher. J'ai en tête l'heure de la perturbation : 13 h. Je sais que je suis en retard. J'ai mal calculer la taille du plat !
Enfin, ça monte. Mais je n'avance plus. Il neigeote. Je ne parviens pas à garder de rythme. Je finis par me poser sur mon sac. J'avale quelques barres avant de m'endormir... Bon, je n'ai pas fait une grosse nuit, le froid me réveillait toutes les 2 minutes, et au bout de 10 minutes, je suis reparti... Un peu mieux.
Remonter les pentes en gardant le rythme. Le ciel s'est bâché. Je vois le sommet, mais je ne vois plus le relief. J'ai choisi de remonter les pentes à proximité des rochers pour me donner des repères visuels. Et j'avance, lentement, mais j'avance. J'aurais bien aimé que quelqu'un prenne le relai à ce moment là. Mais en fait, je suis seul. Je ne sais pas si je vais aller jusqu'en haut, mais pour l'instant je continue. Plus je monte, plus je sens que la perturbation est là, bien active. Je me retrouve au pied de la pente finale. Je remonte. les pentes. Pause mon sac, ça sera plus facile sans. Puis me retrouvant sur une zone de neige dure, je finis par laisser les skis. Je remonte la pente raide pour rejoindre le col. Un peu de rochers instables m'amène au sommet. Il fait dégueulasse, il y a juste le cairn à regarder. Je suis rarement resté aussi peu de temps sur un sommet.
Il est aux environs de 13h et je suis très en retard ! Je sais que la descente va être longue. Je reviens en arrière, l'arête, la pente raide, mes skis, mon sac. Visibilité quasi nulle.
Il neige, le vent fait passer les flocons à l'horizontal !
Ma trace a déjà presque disparu. Dans le jour blanc, je tombe à l'arrêt ! Je règle le GPS sur chemin retour. Ça fait longtemps que j'ai abandonné mon projet de redescente par la Cime de la Valette. Ç’aurait été plus rapide mais ne connaissant pas l'itinéraire, je vais bêtement tenter de revenir sur mes pas.
Grâce au GPS , je finis par retrouver ma trace. Que je suis comme je peux. Tout est blanc , et un mince liseret gris me l'indique. La descente s'achève. Il faut à présent pousser sur les bâtons et retracer. Mes traces de montée sont complètement effacées. Je poursuis comme je peux. quand il faut remonter, je tente sans remettre les peaux. Mais mes skis sont bien fartés et ça ne passe pas ! je glisse en arrière en m'épuisant. Je finis par remettre mes peaux, pour 5 minutes, avant de les enlever, redescendre et les remettre à nouveau. Je garde le moral, je sais que je vais y arriver. Mais c'est long. A présent, je garde les peaux. Je traverse les lacs, tout est blanc. Je retrace en gardant le cap . Dernier lac. Il faut à présent remonter au col Nord des lacs.
Je remonte comme je peux. Il y a juste une centaine de mètres, mais c'est long, il faut encore tracer !
Je parviens au col, et j'y suis accueilli par un vent à décorner les bœufs. Rafales de neige. J'enlève les peaux comme je peux. Les skieurs passent à proximité, sans trainer. Je pars vers le bas, mais je me croute à l'arrêt. Je décide de mettre mon masque de ski (oui, depuis le jour, j'ai juste une paire de lunettes) Ça ne marche pas, j'ai tout de suite de la buée. Visibilité quasi nulle. Les skieurs skient en convoi, je décide de faire pareil, ça fait une repère visuel. Vu que je n'ai plus de masque ni lunettes, je me prends plein de neige dans les yeux. C'est la tempête mais je sais que je suis bientôt à l'appart. La combe de la Balme est avalée. Je coupe par un petit hors piste pour finir. Et je rentre juste pour le gouter. Le contraste est saisissant entre le temps dehors et la chaleur de l'appart. Je me déséquipe en soufflant et en racontant mon périple.
Quelle journée ! plus de 10 h dehors !
Rando alpine : Dents du Midi - Haute Crête
Ah les fameuses sorties automnales quand il fait beau !
Vidéo :
Topo :
Refuge :
Parking à Champery au fond du lac d'Illiez - La Grand Paradis
Remonter le sentier qui permet de gagne Bonavau 1550 m
Poursuivre jusqu'au point 1542 m
Prendre le chemin qui monte à droite dans les barres (Pas d'Encel) et gagner le barrage de Gietroz du fond (1798 m) le sentier remonte le vallon de Susanfe jusqu'à la cabane 2102 m.
Haute Cîme
De la cabane remonter le vallon pour gagner le col de Susanfe (2494 m)
Du col un sentier remonte à droite de la crête (Est) pour contourner de petites barres rocheuses (ne jamais rester trop àl'ouest de la crête) Rejoindre le col des Paresseux, puis en mettant un tout petit peu les mains, l'anrtécîme et le sommet
Récit :
C'est là qu'il faut remonter 25 ans en arrière. J'étais alors étudiant et adhérent au club montagne. Et je faisais de la montagne avec Anne, étudiante Erasmus allemande en France.
Nous sommes restés en contact et nos enfants vont et viennent entre les deux pays... Enfin surtout Amira, sa fille, qui parle couramment le Français.
Bref, au cours de son séjour, je lui propose une sortie rando, elle est sportive et hyper motivée, la météo n'est pas parfaite, de la neige est annoncée à basse altitude, je me décide pour la Haute Cîme , objectif raisonnable dans un massif que je ne connais pas !
Et c'est parti, la route, puis le départ, depuis le Paradis, il fait gris et humide !
On part sur le sentier, Amira a la super pêche, j'essaie de faire bonne figure. On rejoint Bonavau avant de faire une pause pique nique un peu plus haut.
On repart pour pénétrer dans al couche nuageuse au dessus. Un poil d'escalade facile, nous permet de rejoindre le barrage. Toujours dans le brouillard on rejoint la cabane de Susanfe.
Dans la cabane il y a un peu d'agitation, c'est le dernier jour et les gardiennes sont occupées à faire l'inventaire.
Ce soir c'est la fête (ça m'a été annoncé lors de ma réservation) il va y avoir du monde, nous sommes les seuls clients ! Il fait frisquet dans le refuge...
Dehors il faut trop pourri pour aller faire une balade, alors on opère une sieste puis lecture.
Le repas du soir tarde à venir, les gens attendus sont partis tard.
Tout commence par un apéro, puis c'est fondue bourguignone !!! Jamais vu ça en refuge. Le vin coule à flot, puis le génépi. Amira , crevée va se coucher. Je papote avec les anciens du club alpin responsable du refuge. A droite, les jeunes alternent les différents alcools tout en braillant. Ca va être chaud pour dormir.
Je finis par m'éclipser avant cette étonnante soirée.
Nuit relativement bonne, on entend les beuglements du bas, et les ronfleurs qui devaient dormir avec le reste de la troupe, viennent dormir dans notre dortoir !!!
Réveil 7 h, on déboule dans la salle à manger
La gardienne a l'air bien fatiguée.
On déjeune.
L'un des jeunes débarque, complètement oxi ! Ca doit être ça, avoir la gueule de bois. Ca nous a fait marrer !
On fini par décoller, température négative, sentier gelé . Amira à fond, je peine à suivre. Il fait super beau, et on fini par trouver le soleil, puis le col !
On voit un militaire galoper sur l'autre versant. On le laisse nous dépasser. Puis on le suit à distance, finalement, il ne va pas si vite ! On suit la sente, que l'on perd puis retrouve. Il y a de la neige, et la crête n'est qu'un tas de cailloux ! La pente devient plus raide, on suit ce qui semble être un sentier versant ouest... mauvaise pioche, je contrôle le GPS : c'est plus à droite. Notre militaire entame la traversée puis se retrouve pour me donner des conseils ! C'est raide mais surtout, rien ne tient. Amira s'en sort parfaitement.
On poursuit vers le haut et on rejoint, en tête, le col des Paresseux ! Petite pause.
On repart devant.
Et on essaie de suivre un hypothétique sentier. Il faut mettre un peu les mains, mais rien d’impossible. La neige est là. Le sentier est parfois verglacé. Dernier virage. puis on rejoint l'antécîme superbe, avec vue sur toutes les Dents du Midi.
Petite traversée pour rejoindre le sommet. Joli berlvédère. Petite pause - casse croute et photos.
on entame la descente. On rejoint le col des Paresseux ou des trailers fous arrivent à fond. La neige a commencé à fondre et le ver glas a disparu, le soleil à fait tout fondre.
Le militaire me raconte sa vie, en fait il n'est qu"apprenti" militaire, son objectif est de rejoindre les forces spéciales Suisses. Il me raconte ses sauts en parachute, ses stages, ses envies, sa maison à quelques kilomètres d'ici.
Dans le mouvement on rejoint le col de Susanfe. Notre militaire part à gauche, on bifurque à droite. 2 randonneurs me demandent les conditions. Je me lance dans une explication fumeuse (du style ça dépend du niveau, bref un truc nul) quand l'un des deux me demande si je sui Apoutsiak ! Damned, je suis reconnu. On papote, il s'agit de benjamin, un fan de la page youtube, toujours un commentaire sympa. On papote un peu, et on les laisse partir vers le haut.
On descend sur un sentier gadouilleux et glissant et je finis par glisser et choir ! Amira et morte de rire : le Grand Apoutsiak les 4 fers en l'air. Je lui inique qu'il serait inconvenant qu'elle raconte ça à quiconque, j'ai une réputation !
On rejoint le refuge où l'on salut les protagonistes de la veille en plein repas. Les anciens ont démonté une passerelle.
Petite pause pique nique avant de repartir.
On galope vers le bas, le barrag eet les barres rocheuses. Pour la suite on va prendre une variante à droite. Sur une superbe passerelle. puis de jolies pâtures. Une descente un poil raide, mais ça change. On rejoint la vallée puis la voiture. La jolie rando est terminée.
Petite Dent de Morcles voie du Roc Champion - Grande Dent de Morcles 2969 m
Quand Apoutsiak se met à grimper, ça n'est pas beau à voir.
Mais ça change...
Et ça fait du bien, surtout quand on sait que la course se terminbe par une descente à VTT !
Vidéo
Topo
Parking : Depuis Morcles remonter la route jusqu'aux Martinaux et se garer le plus haut possible (barrière)
De là, possibilité de remonter la piste en VTT jusqu'à Riondaz (table)
Remonter le sentier qui permet de rejoindre la grande vire (2585 m) écrit en rouge sur un rocher. Tirer à gauche et rejoindre par cette vre le col Champion.
L'escalade débute un peu à droite du Roc Champion (III) Gagner une petite brèche (doigt à gauche) remonter à droite au niveau de la brèche.
Remonter ensuite au mieux pour gagner le bastion sommital.
Prendre légèrement à droite un dièdre (IV) de 15 m Au deuxième piton partir légèrement à droite (petit surplomb) et remonter pour ganger l'arête (physique)
De là rester sur l'arête pour gagner le sommet de la Petite Dent de Morcles.
Suivre les points rouges et descendre par des vires sous la Grande Dent de Morcles.
Contourner la Grande Dent de Morcles par des vires. On parvient à l'Est au dessus d'un col. A gauche une peinture "souriez" vous invite à l'escalade facile. Par des gradins on parvient à s'élever facilement vers le sommet (points rouges et jaunes) de la Grande Dent de Morcles 2969 m
Descente
par le même itinéraire de la Dent de Morcles, on retrouve les vires de celle ci en direction de l'ouest.
Basculer au plus bas sur un sentier qui ramène à Rionda puis au parking.
Récit
Tout commence la veille, par une sortie VTT au coeur du Jura, à cheval sur la frontière Franco suisse, par une jolie balade entre le Mont d'Or et le sommet du Suchet. Parcourant les alpages, ou plutôt les Jurapages ;-) je file, sur un sentier. Au loin une route ascendante se profile, je sais qu'elle va être assez raide et je vais anticiper. Le regard au delà de la ligne bleu des Vosges , j'anticipe, je maitrise, je pilote. Quand je baisse les yeux, à 2 mètres devant moi, une clôture barbelée agressive me menace, il est trop tard pour freiner, je roule à 17 km/h environ, le choc va être rude.
Et choc il y a , je viens m'empaler sur la clôture. La roue avant est bloquée, le guidon se tord, le VTT bascule en avant, et ma pomme fait un joli soleil. Ca ripe ça grince et je retombe lourdement du coté opposé. Mon VTT, mon espada, tel un cheval récalcitrant a décidé de rester en amont !
Je reste assez longuement au sol. Je bouche lentement chaque membre. Je suis bien contus !
J'ai mal partout (pléonasme). Je me redresse, les cuisses sont défoncées par les pico des barbelés, ça saigne, c'est moche. Je réenfourche mon VTT, penaud, pour finir mon tour. Le sang coule de mes cuisses. J'immortalise les blessures et je file, la sortie fait 50 km et je n'en ai fait que les deux tiers !
Retrouver la voiture, filer à Aigle chez Gianluca et Maria, me doucher (et nettoyer mes plaies), dormir, et me lever tôt pour gravir la petite Dent de Morcles, avec pour objectif, de ne pas rentrer trop tard, je dois manger au resto avec mes beaux parents à la maison.
On décolle à 7 heures moins le quart et on rejoint le parking à 7 h 1/2.
Je fais quelques réglages sur mon VTT (oui, les vitesse du pignon sont mal réglées), Gianluca est déjà parti, avec un vélo de ville et je pense pouvoir le rattraper.
Et c'est parti, lourdement parti. Le sac à dos semble peser une tonne alors que je n'ai pas pris beaucoup de matos. Sur le VTT, c'est bien désagréable. La piste est raide, et le sac me fait de temps en temps lever la roue avant . Au dessus ,je vois Gianluca, qui tel Fausto Copi, virevolte. Je ne vais jamais le rattraper.
Les virages se succèdent. Gianlucas est au dessus de moi. J’espère qu'il fera une pause, afin de pouvoir le rattraper et de faire une pause moi aussi. Quand enfin il en fait une , je n'ai pas le temps de le rejoindre qu'il est déjà parti. Je fins par faire une opportune pause photo, tant pis, je ne le rattraperai jamais. Je ne sais pas comment il fait avec son vélo de ville aux développements sans doute inadaptés.
Enfin nous arrivons au parking, Gianluca est en pleine forme, je suis complètement usé.
Changement de chaussures, rangement des VTT, on passe en mode rando.
Et ca grimpe, tranquillement. Et Gianluca, parle, tout le temps, intensément, passionnément, sans répit, j'écoute. Il se moque de la taille de mon sac, insinuant que je transporte des patates et que ça ne sert à rien. C'est vrai que mon sac est gros, mais je n'ai pas grand chose sorti du matos d'escalade, d'une doudoune et d'un peu de bouffe. On recherche la vir edu topo, à l'altimètre, et on finit par tomber dessus facilement, pas de risque, un gros rocher est tagué d'un "Vire" rouge, inloupable.
Et ca roule sur cette jolie vire, le paysage est magnifique, vue sur le massif du Mont Blanc et les Dents du Midi. Ca grimpe un peu par moment mais ça passe. On parvient à une épaule où on hésite un peu. Gianluca revient en arrière "pour voir" tandis que je consulte les oracles... mon GPS, qui m'annonce qu'on est pile sur la voie.
On part pour une escalade relativement facile, non encordés. Tout se passe bien, le rocher est parfois délité, mais rien de bien technique, voilà le col. et le début de l'escalade proprement dite.
On s'encorde et Gianluca passe devant. premières longueurs tranquille, le temps a tourné, le brouillard est là., dans les prises, on trouve du verglas, de la neige et un bel onglet pour nos petits doigts sensibles. Changement d'ambiance, c'est déjà l'hiver.
Ça grimpe dans le 3 - 4, avec les doigts gourres et des obstacles dans les prises. O nparvient à un collet à droite d'un doigt.
Gianluca redescends de l'autre coté pour attaquer un dièdre difficile. Malheureusement je ne le vois pas, mais je vois qu'il galère. Ça va être chaud pour ma pomme. Je me pelle sous la neige. La corde n'avance pas, j'entends Gianluca pester. Il progresse lentement, très lentement, plaçant judicieusement ses protections. Bizarrement, je serai monté droit au dessus du relai, mais bon. Le temps passe. Il parvient à se hisser en haut du dièdre. place une cordelette sur un rocher e hésite. A gauche une énorme dalle sans prise, à droite une traversée périlleuse. Il décide de redescendre. Je le mouline lentement vers le bas, retour à la case départ. Il finit par repartir vers le haut, dans du rocher verglacé, mais ça passe, c'est moins facile que vu du bas, mais on arrive à grimper.
Relais sur l'arête. Je passe devant pour une longueur suivante. Elle n'est pas trop dure et ça me va bien. Pour le coup on progresse mais je sais que je ne serait pas au resto à la maison ce soir. Ob parvient au pied du crux de la voie. Un dièdre vertivcal d'une dizaine de mètres.
Gianluca part, ça a l'air chaud, il se coince dans la fissure et grimpe en ahanant. Centimètre par centimètre il s'élève, tel un reptile vertical. Un piton par ci , un dièdre par là, il parvient avec nombre difficulté à remonter le dièdre. Je lui indique que le topo précise qu'au deuxième piton, c'est à droite. Petit surplomb, le corps en arrière, les bras tétanisés, il progresse et s'élève. et parvient au pris de mille périls à sortir la longueur, c'est mon tour !
Il a cessé de neiger, et le passage est si raide que les prises ne sont pas verglacées, chance. Je décide partir en opposition, le pied gauche en adhérence sur le dièdre, le droit dans al fissure. Premier friend puis premier piton, j'en chie mais ça passe. Je poursuis ma technique, j'avoue que je pense être dans le vrai, mais je ne regrette pas d'avoir à faire la longueur en second. Je sors au second piton, petit surplomb, surtour ne pas trainer dessous au risque de tétaniser mes bras peu exercés... Les prises de main sont fuyantes, bosselées. Je finis par m'élever , plus je grimpe moins c'est dur, je rejoins Gianluca. Ouf !
On tergiverse un peu puis on remonte l'arête et ça s'avère facile. On fini à ce qui semble être un sommet. Avec le brouillard on a un léger doute, mais à priori, c'est bon... YES
Puis on pique nique, il est déjà 15 h 15 !!!
C'est le départ pour une partie rando avec peut être option grande Dent de Morcles. On redescend des vires bien balisées. La grande Morcles se montre panachée de brouillard. Il faut rester concentré, on rejoint le pied de la grande Dent de Morcles, je décide d'aller voir. Une magnifique vire contourne son socle.
Arrivez au bout, ça grimpe un peu, facilement, Gianluca aborde notre sujet fétiche, le sommet du Mont Blanc est il intégralement en France. Ses théories sont fumeuses, je laisse ses propos se faire emporter par le vent. Moi qui suis venu par l'Italie, j'ai bien senti que dès le Mont Blanc de Courmayeur gravi, ça sentait la France. Mais ça, Gianluca, il a du mal à le comprendre !
Le sommet est déjà là, on opère une nouvelle pause
Avant d'attaquer la descente, rapide, on retrouve le socle puis un magnifique sentier, un incroyable sentier, au milieu d'un pierrier infâme, étonnant ! Sans doute les militaires Suisses ! Tandis que Gianluca déblatère toujours sur le sommet du Mont Blanc, j'accélère le pas, ça me permet de n'entendre qu'un doux bruissement, et Gianluca est tout heureux de faire un monologue. Je rejoins les VTT, Gianluca me rejoint.
On file alors à Vélo vers le bas, Gianluca à 10 km/h, il a peur d'abîmer son beau vélo de ville.
Je file à fond sur mon beau VTT. Ce qui me permet de faire quelques vidéo de mon acolyte un peu à la ramasse sur le joli chemin. Voilà déjà le parking. Il faut tout ranger dans la voiture. Enfin ranger, c'est un bien grand mot. J'ai rarement mis un tel souk dans une voiture. Les sacs sont éventrés, le VTT démonté pour tenir. Pas grave, le soleil se cuche, ne reste que la route pour rentrer.
Merci Gianluca, et encore toutes mes condoléances pour le sommet du Mont Blanc !
Alpinisme: Äbeni Flue 3962 FACE NORD
Magnfique face nord gravie avec Ovidiu
Vidéo
Topo
refuge : Rottalhütte
Se garer à Rütti (Stechelberg) 910 m
parking 8 CHF/ jour Interdit d'y dormir et d'y pique niquer !!! 2755 m
Remonter la rive droite du torrent sur une piste puis au niveau prendre à gauche (panneau sur bois peu lisible) sur un sentier. Le sentier remonte pour venir buter sous un e barre rocheuse, il poursuit alors à droite traversant le magnifique torrent de Staldenbach. continuer en ascendance à flanc et rejoindre le chalet d'Altläger (1580 m)
Remonter le sentier qui rejoint le torrent de Schafbach (1720 m) le sentier gagne alors la barre rocheuse de Bäreflue (2096 m) (Attention à ne pas prendre le sentier de gauche qui mène à la Silberhornhütte)
Remonter le Bäreflue, barre rocheuse équipée de cables et gagner le plateau superieur. le sentier remonte ce plateau pour rejoindre la moraine du glacier (Rottalgletscher) on longe alors celle ci pour gagner la Rottalhütte (quelques pas avec cables juste avant le refuge)
2655 m
Äbeni Flue
Descendre du refuge en partant vers l'Est (cairns au départ) tout en descendant au mieux pour rejoindre le glacier.
Traverser le glacier pour rejoindre le pied de la face.
Par un mouvement enveloppant tirer à droite au départ sur le Stuefesteigletscher avant de revenir à gauche sous la rimaye à partir de 3000 m. Rejoindre la rimaye. 3200 m environ. Passer la rimaye.
la face est à 50 55 ° (60° sur le haut si l'on sort tout droit)
Le bas de la face peut être en mixte (rochers) le haut en direct sort entre un sérac peu menaçant et une petite barre rocheuse.
Du haut de la face on rejoint le sommet en 5 minutes en tirant à gauche.
Descente.
Descente classique de l'Äbeni Flue pour rejoindre Hollandiahütte
De là 2 options :
Option 1
De Hollandiahütte, gagner Fafleralp et Blatten ou on peut rejoindre les transports en communs qui permettent de revenir à Lauterbrunnen par le train Goppenstein - Kanderstegg Interlaken
Option 2
L'autre solution est de passer par le haut et la Petersgrat, solution que nous avons adopté !
Elle sera décrite dans l'article suivant
Pour mémoire : Hollandiahütte Lauterbrunnen par la Petersgrat : 1500 m de dénivelé et 31 km !!!
Récit
Comme souvent, tout commence la veille, j'avais décidé de mettre pas dans ceux d'Ueli Steck (je sais c'est extrêmement prétentieux, mais je voyais ça plus comme une sorte d'hommage). Bref, dans son dernier livre (livre où Anne et moi apparaissons sur une page, aux grandes Jorasses, un peu fatigués... Je reviendrai sur cet épisode dans un prochain article) Ueli décrit une jolie sortie trail qui permet de mener de Lauterbrunnen à Kanderstegg en mode trail, le parcours avait l'air sympa, il y avait juste la quantité de neige qui pourrait me poser des problèmes ainsi que la logistique, il ne fallait pas arriver trop tard à Kanderstegg pour pouvoir prendre le train et revenir à la voiture.
Quelques heures plus tard, j'atteignais seulement le premier col, la SefinaFurgga (premier des deux cols à passer), bien entamé, de toute façon, la quantité de neige ne m'incitait pas à poursuivre et me donnait au passage une bonne excuse pour pouvoir faire demi tour (C'est toujours plus classe que d'avouer que j'étais crevé. Je n'avais pas ou peu couru à la montée, je ferrai pareil à la descente, là où le trailer se transforme en randonneur. Par contre j'avais pu observe tranquillement notre objectif du WE, la Face Nord de l'ÄbeniFlue semblait en condition.
Je regagnai ma voiture à Schetelberg, bien fatigué et m'endormait dans celle ci comme un bienheureux.
Le lendemain matin, je me lève à 6h.
Vers 7 h , je vois un type dans le parking qui prend en photo ma voiture... Je tente de lui parler dans la langue de Goethe. Je sens que c'est un contrôleur du parking, que j'ai payé ! Par contre j'ai enfreint l'interdiction de dormir et il n'a pas l'air content du tout. Je ne suis pourtant pas en train de dormir et rien ne prouve que j'ai dormi là, mais il n'est pas dupe. Il y a plein de camping car en mode "nuit" sur le parking. Ils dorment encore et ne vont pas se rendre compte de ce contrôle inopiné... Il me montre le panneau, je l'avais bien lu, il est même interdit de pique niquer ! Ca, ça me tue. Bref, je je laisse à ses occupations, je poursuis les miennes, on verra bien, mais je suis quand même un peu énervé (beaucoup).
Ovidiu me rejoint. On fait une navette pour trouver un parking gratuit (ou presque) pour la seconde voiture. Je repaye le parking. Et là, Ovidiu me propose de monter en baskets avec les skis et les chaussures sur le sac, sachant que le portage va sans doute durer ... 1700 m, soit toute la journée. Je ne suis pas sûr que ça soit la meilleur solution, mais bon, je m'incline.
Et on part lourdement chargés de Stechelberg. On gagne le petit sentier. Et là, Ovidiu adopte sa tactique habituelle, il part devant hyper vite, et m'attend pausé sur un rocher 10 minutes plus tard. Il marche deux fois plus vite que moi, impossible de le suivre.
Le sentier est raide, il dénivelle bien on rejoint une magnifique cascade. puis un joli chalet. Le temps est un peu couvert, on n'a pas trop chaud, avec un tel chargement, c'est une chance. Un peu plus haut on opère une pause vers un torrent, l'occasion d'un bon pique nique comté saucisson offert par Alpineis.
On repart repus, le sac toujours lourd. Ovidiu gambade devant, je peine derrière. Chaque pas est une souffrance. On rejoint le pied de la barre rocheuse "Bäreflue". D'abord des pentes raides en caillasse puis un passage équipé de cable. Ca se passe bien, on se retrouve au dessus. Je sens que le refuge n'est plus hyper loin. La neige commence à être présente. Avec les baskets, il faut l'éviter. On quitte donc le précieux confort du sentier, pour des pentes herbeuses envahies de rochers. Mais on avance et on rejoint la moraine du glacier. Au détour d'un virage on aperçoit le refuge, tout proche...
Au départ on avance vite, puis un névé nous barre le chemin. Je décide de mettre les chaussures de skis pour le traversée. Ovidiu passe par le bas? Une fois en bas, il m'intime l'ordre de faire le plein d'eau dans la cascade au dessus. Je m'execute. Je remonte un délicat pierrier, prend une douche obligatoire, et me retrouve mes deux pieds dans le raide torrent, la poche à eau dans une main essayant de capter le précieux liquide, tandis que l'eau pénètres par tous les pores de mes vêtements en Goretex HCX... Je redescends , trempé, mais victorieux...
Je reprens mon sac ,traverse le névé et rejoint Ovidiu qui en a fait le tour. Une petite barre rocheuse nous barre le chemin. Elle est équipé mais humide. On remonte les quelques mètres qui nous séparent du refuge, le voilà, enfin !
Installation, je m'occupe du feu qui peine à démarrer (je ne suis pas un pro du barbec) Opération neige pour avoir de l'eau. Thé puis sieste.Repérage du départ de demain, photo de la rimaye pour voir où elle passe, la face reste embrumée... Un bon plat de pâte et au lit.
Nous sommes bien, il y a 2 lits dans la cuisine avec le poêle qui ronronne. Je m'offre un épisode musical grâce à mon MP3. J'entends le doux bercement des ronflements d'Ovidiu qui perce les écouteurs et rythme mes musiques. Finalement je passe des écouteurs au boules quies... Mais impossible de dormir. Le doux bercement des ronflements s'est transformé en une fanfare et rapidement il faut me rendre à l'évidence ,je ne dormirai pas dans ces conditions là. Je pèse le pour et le contre. Le calme des autres dortoirs , mais le froid intense qui va y reignier. Je finis par opter pour l'emigration. Et je quitte la chaude pièce à regret, avec mes couvertures. Je fais le tour de la salle à manger et me hisse sur le lit.
Au bout de 10 minutes je me rends compte que je suis juste au dessus d'Ovidiu, mais dans la pièce voisine. Les couchettes sont imbriquées l'une au dessus de l'autre. J'entends son râle, mais moins proche que tout à l'heure. Je finis par m'endormir...
4 h, Ovidiu vient me réveiller, habillé, je file à la cuisine pour une rapide petit déjeuner. On quitte le refuge à 4 h 45. Et on débute par une descente de moraine un peu délicate, mais prêt de 30 ans d'alpinisme me permette de descendre sans trop de difficulté. On rejoint le glacier, Ovidiu me propose de m'encorder, je pense que ça devrait jouer sans, d'autant plus que je ne compte pas garder mes skis sur le sac éternellement, il semble que ça ne soit pas son choix. Il part à crampon, je mets mes skis. Quand je me redresse, enfin prêt, il a déjà traversé le plat du glacier, je m'élance. Je le rejoins de l'autre coté. Il me propose de monté tout droit vers la face, d'après lui, ça passe. J'ai repéré un joli mouvement enveloppant qui devrait permettre de monter à ski à la rimaye sans trop de crevasse. il décide de me suivre, à crampons, je file à ski. Après une partie plus raide, la pente s'aplanit et je le largue. Je sens qu'Ovidiu va tire vers le centre de la face. Je finis par faire une pause pour l'attendre, je ne le vois plus. 5 minutes plus tard, je le vois comme prévu bien à gauche. J'ai toujours dit que j'étais un peu devin. C'est dommage ça semblait bien passer à droite. Bref, je le rejoins au centre, et je le suis. La pente devient plus raide, on est obligé de mettre les crampons et de s'encorder. Il part, et finit par rejoindre une crête. "Il y a une énorme Crevasse, je ne sais pas si ça va passer" Bravo le passage direct au centre (me dis je in petto) Ovidiu part sur la gauche, il disparait, la corde file lentement puis plus rapidement, je fins par entendre... C'est bon. C'est mon tour, je rejoins la lèvre de la crevasse, large d'unez dizaine de mètre mais peu profonde (enfin ça devait être surtout un énorme pont de neige, mieux vaut ne pas savoir) Je descends les 2 mètres pour me retrouver sur la crevasse. Mon pied gauche est solide mais mon pied droit fait s'effondre la neige, un trou, béant. Je repère u nendroit plus solide. Je traverse l'énorme crevasse, sur des oeufs... Je rejoins la porte opposée, vérifie mes appuis et remonte la lèvre supérieure, sans trop de difficulté, la rimaye est à portée de fusil. On grimpe jusqu'à elle pour une pause assurage.
Et Ovidiu repart devant, je l'assure depuis la rimaye, qui me protège d'éventuelles chutes de séracs... Il galope et m'enjoint à le suivre. Les piolets ripes dans une neige pas assez consistance, je finis par enfoncer mes deux manches. je lève le crampon gauche au dessus de la lèvre, quel manque de souplesse... Je me hisse dessu, je tire sur les bras, me voilà passer, ensuite il faut remonter la pente en traversée pour se retrouvée dans l'axe de la face à l'abri des séracs supérieurs. Crampon crampon, piolet piolet (bis). Je prends le rythme. On contourne une zone rocheuse.
on se décorde pour grimper la partie en neige. Et c'est parti pour une ascension un peu monotone, la face fait 700 m, il va falloir être patient et un peu costaux.
Comme souvent, je laisse Ovidiu faire le gros du travail, en gros, je suis passé devant de 3400 à 3500, altitude à laquelle bous avons commencé à broché. Et notre cordée a commencé à se fissurer. Le premier de cordée reprochant à son second, la corde trop tendue , il lui faudrait 2 mètres de mou. Le second reprochant au premier de ne jamais être second de cordées. Et oui, les premiers de cordées ne voient jamais le travail des seconds. Il faut s'adapter au rythme du premier, quand c'est peu raide, c'est pire, lors des virages, le second doit s'arrêter parce que la corde le gêne, puis piquer un sprint pour rejoindre le virage avant que la corde ne soit trop tendue. S'il arrive trop tard, gare à lui, la soufflante du premier peut être terrible, il déteste s'arrêter, et pas la peine d'espérer qu'il ralentisse en sortie de virage pour faciliter la manoeuvre de son suivant.
Dans une face, c'est pareil, trop de moi, c'est pas bon, trop court, c'est pas bon. Il faut veiller à ce que le premier ravance, mais dès qu'il s'arrête, il faut faire de même, Le premier stoppe dans une zone neigeuse bien confortable, son second se retrouvera sans doute sur une zone de glace, quelques milimètres de crampons ancrés dans la glace, les piolets à peine enfoncés , les trémulations de ses mollets lui faisant espérer une séance chez le kiné aussi rapidement que possible ... Mais ça, le premier n'en a que faire, c'est lui qui dirige la cordée, confortablement installé dans une neige dure mais agréable, les talons appuyés sur une neige solide. Le second derrière s'épuise dans ses manoeuvres, courir autant que faire se peut dans la glace pour éviter toute tension de la corde puis s'arrêter dans des endroits malvenus.
C'est ça la galère du second de cordée. Et Ovidiu m'enjoint à marcher avec 2 mètres de corde, tenus en main.
Alors je décide de m'executer au départ, puis , lorsqu'il est loin, je finis par décider que c'est plus simple avec la corde entre les jambes. Mais, le problème ,c'est que j'avance plus vite que lui, et c'est parfois 10 mètres qui pendouillent. Je m'arête, attend que sa majesté daigne progresser. et repart.
Gare au passage de broche, quand tu arrive à la broche anticipe, tu n'as que 30 secondes pour réaliser l'ensemble des opérations necessaire à son retrait. 1°) récupérer la dégaine, parfois dès cette première opération, la corde se tend et tu as du mal à la déclipser. 2°) plier la dégaine, j'adopte la technique d'Ovidiu, enfin j'essaie, mais avec des gros gant, pas toujours facile à raliser 3°) dévisser la broche, alors que ça fait déjà un moment que tu es sur les pointes avant et tes muscles tressaillent mais pas de joie ! 4°) clipser la dégaine sur la broche (ou l'inverse) et 5°) ranger la broche sur ton porte matos, alors que la dégaine n'à qu'une envie, c'est de ne pas se fixer. Pendant toute l'opération la corde s'est tendue et tu prends des a coup, oui, ton premeir de cordée est impatient de progresser.
et on repart...
et on progresse
comme des petites fourmis sur cette grande face
Les relais s'enchainent, la glace est bien présente, on progresse généralement corde tendue avec deux broches entre nous.
Pour mémoire nous avons gravi les 2 premiers tiers de la face non encordé avant de tirer des longueurs dans la partie supérieure.
Je vois qu'Ovidiu part tout droit alors que la sortie par la gauche parait plus facile. Non, il souhaite sortir élégamment en sortant tout droit... Une sorte de directissime. c'est élégant, mais c'est plus raide, avec du mixte à la fin ( 60 65° sur le haut, sans doute) La glace est bien là, 100 m sous l'arête. Les piolets font partir des piles d'assiettes quand on les désancre. L'inconvénient, c'est quand on est second (encore un avantage du second) On se prend des morceaux de glace bien régulièrement. et quand les morceaux sont partis 60 mètres plus haut, ils arrivent à 200 km/h, c'est la mitraille sur le pauvre second . Qui n'a qu'à pleurer sous ses lunettes julbo spectron 4*....
Je progresse, il faut être bien concentré. chaque appui doit être assuré. Le retrait des broches est un moment clef, il ne faut pas trop tétaniser alors que les appuis sont courts. Je rejoins Ovidiu qui se retrouve juste sous le passage mixte final. Ovidiu repart, il veut passer par la gauche des rochers, je vois bien quà droite, ça semble plus facile. Il fini par m'écouter, il a déjà posé une broche bien à gauche. Il repat à droite, il pause ses piolets sur une petite bande de rochers, une grand pas et il fini par poser ses pieds sur la bande de rochers inférieurs. Dégageant la neige, j'en prends plein la g.... ça a l'air un peu coton, mais ça passe. Mon tour vient... Je progresse dans une glace bien dure vers la broche, enlevée puis je dois traveser à droite. j'ancre les piolets, un dessus, un dessous. Le pas est bien large après quelques hésitations, je finis par poser mon pied droit, et le charge. j'avance mes piolets, mon pied gauche le rejoint. je refais la même opération, c'est plus facile. Il faut ensuite remonter au dessus de la petite barre, j'ancre les piolets au mieux au dessus, et après un grand pas, je passe. Quelques mètres en glace, une nouvelle broche à enlever, la pente est moins raide. Une crevasse masquée, ça se couche. Je poursuis, seul, juste la longue corde devant moi. je finis par voir Ovidiu qui l'avale au loin, je le rejoins, on a sorti la face, parfait.
Hésitation quant à la marche à suivre? Ski ou crampons pour les derniers mètres. J'opte pour les skis, Ovidiu m'imite. Au bout de 20 mètres il y a de la glace, m'obligeant à mettre les couteaux. ... On remonte les 60 m de déniv et voilà le sommet. Mon second äbeni Flue. Vue superbe sur les 4000 de l'Oberland et la belle face Nord de l'Aletschhorn.
La cordée est réconciliée (Y a t'il eu réellement altercation ou le récit est il romancé ?)
On remet les skis et on file vers le bas. La neige est revenue, elle se skie assez bien. De toute façon, assez vite, c'est plat. Mais ça passe sans trop pousser. Le décor est magnifique, on se sent touts petits. Sur le bas, on retrouve de grosses creavasses, à priori faciles à contourner. Oui, c'est facile tant qu'on ne tombe pas dedans, et on n'est pas tombés dedans. Voilà le refuge, on aperçoit 2 alpinistes. On les rejoint, on les salut. Et on se pause, il n'est pas tard, pour une fois on va pouvoir glandouiller en refuge !
La suite de l'aventure c'est le retour à Lauterbrunnen par la Petersgrat...
Vidéo alpinisme : Äbeni Flue - 3962 m Face Nord
J1: Schetelberg (Lauterbrunnen) Rottalhütte
J2: Rottalhütte - äbeni Flue (3962 m) face nord descente sur Hollandiahüte
J3: Hollandiahütte Fafleralp Petersgrat (3115m) Schetelberg
Ski de randonnée : Wetterhorn 3692 m
Jolie course de l'Est de l'Oberland
Coin pour le peu, méconnu pour moi.
Le jour où j'ai skié avec le dompteur d'avalanche ...
Vidéo
Topo
Bivouac de Rosenlaui (Rosenlauibiwak)
pour mémoire nous sommes passés par le chemin d'été
Se garer en face de l'hôtel ou un peu plus haut (1327 m)
Remonter le sentier qui longe la Rosenlauischlucht (canyon) traverser la passerelle au point 1487 m et remonter le sentier jusqu'à 1673 m.
Partir au sud sur le sentier à plat
avant de remonter vers la Moraine du Dossenweg. Attention aux avalanches venant des pentes superieures. remonter les pentes puis le verou (ça passe à gauche ou à droite) puis par un mouvement rejoindre le bivouac
Bivouac
11 places, couvertures, pas de gaz mais des embouts, des gamelles et des assiettes mais pas de couverts
Neige à proximité
Sommet
Traverser le Tossenpleteschen et rejoindre le glacier (Rosenlauigletscher) le remonter avant de traverser vers 2500 m (crevasses - séracs). rester en rive gauche et gagner le Wellhornsattel (3199 m)
Basculer versant Nord (Hengsterengletscher) en prenant à flanc, passer une zone de crevasse et rejoindre le pied de la partie raide finale (rimaye) remonter au mieux les pentes finales pour gagner le sommet (maxi 50° corniche à la fin)
Récit
Météo merdique, il a beaucoup neigé, Adieu face nord, Adieu course engagée. On se dirige vers une course de ski de rando dans un secteur méconnu pour moi : Objectif Wetterhorn.
Je rejoins Ovidiu à Meringen, on se fait délester de 8 CHF pour le péage qui donne l'accès à Rosenlaui et nous voilà sur le parking. Il a tellement neigé qu'il ya de la neige à proximité du parking. Il est midi et on commence par un petit pique nique, on s'équipe et on part sac sur le dos vers le haut. 30 mètres plus haut on hésite à la première intersection. On sort la carte, le GPS et on repart. Le long d'un magnifique canyon équipé pour les touristes, il faudra revenir et payer pour découvrir ses profondeurs !
Il ya de la neige un peu partout, les dalles du sentier glissent u peu, et je sens Ovidiu en grande forme. Il avance, m'attend, avance de nouveau, m'attends. On papote lorsqu'il est à proximité, je reste dans mes penées quand je suis seul.
On passe une petite passerelle, et on remonte le sentier quelque peu enneigé. Pas mal de dalles, il faut se méfier de ne pas glisser. On opère une première pause, puis on poursuit à flanc. Le sentier rejoint le torrent, nous croisons quelques randonneurs. On parvient dans un vallon bien enneigé. On fait le point pour voir où ça passe, rien n'est tracé. On suit le chemin de la moraine, au dessus des avalanches se déclenchent, le soleil a fait son apparition et ça chauffe. On stope pour faire le point. M^me si en restant sur la moraine ça devrait passer en ne se prenant que le soufle des avalanches, o njoue la sécurité et on décide d'attendre le regel.
On assiste à de multiples avalanches assez spectaculaires, bien à l'abri au pied de la moraine. On décide d'attendre 2-3 h, le temps que tout se calme. On se demande dans quelle condition on va trouver le ressaut sous le refuge (un peu raide).
On parle d'un éventuel bivouac, on discute d'Ueli Steck, le temps passe vite, les avalanches s'espacent. Puis plus rien, le soleil s'est caché derrière les nuages, il fait froid.
On décide d'attendre encore un quart d'heure pur voir ce que ça donne. Tout a l'air calme, on se remet en route, les skis toujours sur le sac. Une fois arrivé à la moraine, on voit que les avalanches n'atteignent pas celle ci. On met les skis , enfin, on remonte vers le verrou, Ovidiu trace raide, je déteste, et retrace à ma façon... Quelle perte d'énergie. on se retrouve sous le verrou, il part devant, à pied, ça passe, je le suis, on remet vite les skis. Je finis par passer devant pour tracer le dernier grand virage et je rejoins le refuge. Petite boite de Sardine adossée à la montagne.
L'intérieur est accueillant et assez bien équipé, manque juste des couverts et un petit poëlle pour avoir chaud.
Tout de suite on s'attaque à faire fondre de la neige, à boire du thé puis à préparer notre repas. Visiblement, on risque d'être seuls. On réfléchis à la tactique pour demain. Il faudra rentrer tôt pour éviter les avalanches au dessus de la moraine. on décide de se lever à 4 h. Et de ne pas trainer.
Et au dodo, il est 8 h, et rapidement je me rends compte, qu'Ovidiu ronfle hyper fort ! Je finis par enfoncer deux boules quies, qui viennent appuyer fortement sur mon tympan. C'est désagréable, mais enfin, je n'entends plus ce bruit de rotor d'hélicoptère. Et je finis par m'endormir.
A 4 heures, je vois deux jambes descendre de la couchette supérieure, c'est l'heure. On se lève, on s'habille on plie les couvertures. "Ovidiu, tu es bien réveillé ?" "Approximatif" me répond t il. L'eau boue, On sirote notre thé, tout en mangeant quelques gâteaux. on sort du refuge, il fait froid, gros regel, on décide de mettre les couteaux pour être tranquille. Et c'est parti, le jour point. Les frontales éclairent devant nous. On fait un dépôt de matos à un endroit repérable, et on file vers le haut, les couteaux mordent dans la neige bien regelée. Ovidiu est devant. Je suis à petite distance. On rejoint un plateau à 2500 et on hésite, soit passer par le haut (une pente raide) soit traverser le glacier par une série de crevasses.
On décide partir par au dessus. Puis rapidement on se rend compte que ça passait peut être mieux à droite. Ovidiu hésite, mais je sens que ça passe et je pars devant, encordé... On passe quelques bosses, on surveille les crevasses, les séracs. et on rejoint le passage par le bas. le soleil se lève, la vue est superbe, à droite une mer de nuage dans la vallée, à gauche les séracs et le glacier tourmenté. Les passages sont jolis, entre les crevasses, et pas trop impressionant. on se retrouve en rive droite et on remonte. Passage dans la pente un peu raide, au loin, 3 skieurs apparaissent, ils sont partis du bas. Plus le temps passe, plus ils s'approchent, puré on n'est pourtant pas des billes avec Ovidiu. Mais on perd du temps. Je décide d'arriver en tête au Wellhornstattel, je sais, ça n'a aucun intérêt, mais j'aime bien me lancer des petits défits, je fais ça depuis que je suis petit. Bon, là le défit n'est pas impressioant, mais l'adversaire a l'air affuté. J'avance et en plus je trace. Plus question de faire un film ou une photo, objectif arriver en tête à ce col. L'adversaire se rapproche, mais le col est bien proche et je gagne ce petit défit. On opère une pause pique nique, eux aussi ! On repart devant. En traversée descendante puis sur le glacier. Je trace, entre deux grosses crevasses puis sur le plat, le club des 3 nous suit, puis fini par faire sa trace, à droite, sous la face Nord du Mittlehorn. Il nous dépasse de loin, de toute façon, je ne lutte plus, je sais qu'ils sont plus forts. je finis même par rejoindre leurs traces, c'est tout de même plus facile. Je sens Ovidiu qui scrute toutes les faces Nord du coin, elle exercent sur lui une grosse fascination. Je le suspecte presque d'être un pervers des faces Nord... Il faudra que j'enquête un jour...
On aborde le pied de la face, un grand virage nous ramène à la rimaye, on dépose les skis, eux devant et nous derrière. Skis sur le sac, je sens qu'Ovidiu souhaite les laisser tracer, alors que je me verrais presque le faire. De toute façon, je veux faire des films ou des photos. Je me glisse donc derrière le club des 3 à bonne distance. Je remonte tranquillement la pente finale, on sent parfois la roche pas loin sous les frêles crampons en alu, pourvu qu'ils ne plient pas !
Les deux de devant on une caisse pas possible. On sent le pas surs. Derrière j'avance bien , les marches sont bien marqués en troisième position. Dernière pente. En haut, ils pètent la corniche. Je les suis quelques minutes plus tard. Youpi c'est le sommet !
J'observe Ovidiu en dessous, qui monte tranquillement. On se retrouve sur ce magnifique sommet avec vue sur le Schreckhorn et sa face Nord, le Mönch et l'Eiger offrent une vie originale d'ici. On mange, on fait quelques photos, puis je passe dans la face. Je file le club des 3 qui eux, skient la face (très impressionnant).
On se retrouve au pied, une coulée a emporté nos skis et nos sacs sur quelques mètres, conclusion, il fait déjà chaud. On décide de filer vers le Mittelhorn. Je descends et attends Ovidiu au col. Quand il me rejoint il n'a pas l'air hyper motivé. Le club des 3 est déjà à mi pente. J'avoue que je me vois déjà au sommet. Mais Ovidiu voudrait tenir l'horaire, il me propose d'y aller seul, je refuse. On choisi de descendre ensemble. Je reviendrai !
J'ai du mal à enchainer les premier virages, puis tout va mieux. On file sur le petit glacier entre les crevasses puis on repeaute pour quelques mètres. On repart vers le bas en optimisant pour éviter les remontées. Paysages magnifiques. On se retrouve au milieu des crevasses, à éviter de se planter. Puis on recherche notre dépôt, pas si évident à trouver... Passage dans le gouter bien raide, et bien verglacé, on ne serait pas descendus un peu tôt Ovidiu. puis c'est neige bien dure au dessus de la moraine. 2 avions de chasse me laissent sur place, je suis vraiment un mauvais skieur !
On descends la moraine puis on enlève les skis, trop de rochers.
Je pars devant chercher un endroit bucolique pour pique niquer, et je le trouve, le long du torrent, de jolies dalles plates.
Pause, sèchage, pique nique et papotage. On profite de l'eau fraiche du torrent et du soleil ardent. On repart vers le bas, la neige a bien fondue. On voit bien le sentier à présent. et on rejoint rapidement Rosenlaui.
Course terminée, nouveau coin découvert.
Il faudra revenir
Ski de randonnée : Tête Blanche 3710 m- Tête de Valpelline 3798 m - descente par le glacier de Ferpècle
Tête de Valpelline : l'un des plus beau panorama des alpes !!!
Vidéo
Topo
Cabane de Bertol
Depuis Arolla rejoindre la cabane soit par le plan de Bertol soit par les dents de Bertol comme nous l'avons fait la veille
Sommet
Tête Blanche
Descendre les escaliers et les échelles de la cabane de Bertol
basculer sur le glacier du Mont Miné (pour info nous n'avons pas mis les peaux et avons utilisés les skis en position descente, je pense qu'on a gagné du temps) Passer sous les Dents de bertol et mettre les peaux au point le plus bas. 3200 m environ.
Remonter en direction du col des bouquetins et bifurquer dans la combe à gauche (Est) en direction du col de Tête Blanche. De là, rejoindre le sommet de Tête Blanche 3710 m.
Tête de Valpelline
Descendre au col de Tête Blanche puis au col de Valpelline (3554 m)
remettre les peaux et rejoindre facilement le sommet de la tête de Valpelline (les derniers mètres se font à pied !)
Descente
Rejoindre le col de Valpelline, et mettre les peaux pour rejoindre le col de Tête Blanche
Descente sur le glacier de Ferpècle d'abord en direction du col d'Herens puis au centre du glacier en évitant les zones de crevasses (notre topo indiquait de passer à l'est de Rota Mota (3232 m) ce que nous n'avons pas fait. Sur le bas , descendre en rive droite du glacier pour prendre une gorge au dessus du point 2057 m. Basculer en rive gauche du vallon, et gagner le barage et la route.
Récit
Toute ressemblance avec la réalité n'est que purement fortuite (ou presque) . Note de l'auteur...
La soirée
Avec la perte de mon téléphone, je suis arrivé un poil tard au refuge et dans les échelles, Yves m'accueille avec un oeil un brin goguenard. Nous remontons ensemble les escaliers avant de nous poser dans l'entrée. Un passage vers la gardienne, j'observe qu'Yves s'empresse pour m'accompagner... soit ! Nous avons un peu de temps et chacun se livre à la lecture (ou l'inverse). Le repas, excellent, j'observe que l'aide gardienne, Fanny ? est un peu débordé et je m'évertue a donner un coup de main pendant le service. A la fin du repas, je propose à Anne-Marie, la gardienne, de faire la vaisselle. Yves m'accompagne, tout heureux. Et tandis que Fanny se brule les mains dans une eau trop chaude, nous essuyons, verres, assiettes et couverts. notre tâche terminée, je vois qu'Yves fait une inspection des lieux, il découvre l'antre de la gardienne et ça a l'air de l'inspirer.
Un verre de Williamine plus tard, nous descendons au fond du sous marin, (oui ça ressemble un peu à un sous marin) par les escaliers méga raides, il ne faut pas s'en coller une, c'est le Crux de ces deux journées.
Le sommeil est difficile à trouver, je suis coincé entre Yves qui marmonne et un couple un peu trop amoureux... Minuit passe, je suis dans le vague mais toujours éveillé. Mon voisin de droite a quitté sa couche. Je vois sa loupiotte qui grimpe le vertical escalier. Une envie pressante sans doute.
3/4 d'heure plus tard, ne le voyant pas revenir, je m'inquiete, et je décide de mener l'enquête, à mon tour je gravis l'escalier et sors dans le froid glacial vers les toilettes. Le vent est là, je l'entends par accoup, wouïïnner (orthographe imprecise). bref ça wouïïne, mais au bout d'un moment, je me rends compte que ça n'est pas le vent... Je tourne la tête en direction du wouïnement, et là, que vois je par la fenêtre à l'intérieur...
Yves et Anne-Marie dans une position que la morale réprouve ! Je peux juste ajouter qu'il en faut de la souplesse pour en arriver là. Je décide de laisser les tourtereaux à leur affaire.
Bien plus tard, je vois qu'Yves remonte sur la couche, et s'endort directement, ronflement régulier... Comme un bienheureux.
Le lendemain matin, j'ai du mal à sortir mon acolyte du lit. Alors que les autres cordées font le bin'z depuis bien 20 minutes (allumant même la lumière), Yves dort. Il fini par m'entendre et s'execute. On décolle vers la cuisine, où je croise Anne Marie, la mèche en pétard, la nuit a été courte ! Quand elle croise le regard d'Yves, ben ça fait le même regard que moi à la Mischhabelhütte sous la Lenzspitze. (Malheureusement pour vous, il fait lire le récit pour comprendre). On finit par déjeuner puis décoller. Enfin, quand je dis décoller, c'est pas tout à fait ça car il faut descendre les 50 m d'escaliers et d'échelles pour rejoindre le col de Bertol, battu par les vents.
Nous croisons une cordée qui part vers les Dents de Bertol, je les informe de la perte de mon téléphone et leur dit de joindre la gardienne s'ils le retrouvent. Yves part devant. Sur ce glacier bien plat. On n'a pas mis les peaux et on pousse sur les bâtons comme des canards maladroits. Au bout d'un moment, je me rends compte qu'il pleut, en fait non, ce sont des larmes, les larmes d'Yves, 10 m devant moi qui viennent me percuter. je me retourne et je vois la gardienne, elle aussi en larme à sa fenêtre telle une princesse kidnapée par un méchant prince noire. La séparation est cruelle.
Je tiens à rappeler ici que j'ai quelques peu romancé es éléments précédents. Je comprends que j'ai perdu quelques lecteurs au passage, ceux qui ne souhaitaient que des faits. C'est dommage mais c'est comme ça.
Nous rejoignons un assez gros groupe sur la partie basse du glacier. Nous les dépassons en mettant les peaux. Et c'est reparti. Malgré le chagrin, Yves est en forme, il file devant, je vois bien qu'il veut rattraper toutes les cordées parties avant nous ! Le Vent est là, ballyant la neige, faisant des petits tourbillons. Je flâne en faisant quelques photos. Yves est déjà au cul des 3 devant. Je vois qu'il attend que je le rejoigne avant de dépasser. Je reviens tranquillement. Mais dès que je suis là, il entame le dépassement. Il faut bourriner dans la neige non tracée. Je me mets dans le rouge, on dépasse le groupe tout en les saluants. Rapidement ils sont loin derrière, et Yves file devant, sans pitié. Je regarde du coin de l'oeil la cordée progresser vers les dents de Bertol, deux ptits points dans cette immensité.
Le Cervin et la Dent d'Herens finissent par se dégager dans le ciel, fiers ! J'adore, j'adore ces sommets. On rejoint la Tête Blanche, nous n'aurons pas rattrapé la première cordée. Le vent a arasé le sommet et on trouve de la glace sur les derniers mètres. Panorama magique. bonne pause, mais il faut déjà repartir.
Quelques virages vers le col de Tête Blanche, une longue traversée sous le sommet, je suis la trace puis m'en fait une, à moi, et j'enfourne le ski gauche , bim bam, saut périlleux avant incontrôlé, me voilà la face dans la neige, glacée. J'ai le visage tout irrité. Je me dégage de la neige, penaud. je remets tant bien que mal mes skis, époussette mon materiel, et rejoins Yves au col de Valpelline. On remet les peaux. Je ne me souvenais pas que al pente était si peu raide, je suis venu ici il ya 20 ans avec Thibault, mon frère. La trace est impeccable, raide comme il faut, mais pas trop. Elle vient buter à gauche du sommet sur l'arête pour profiter de la vue : INCROYABLE. La Dent d'Herens se dévoile avec ses glaciers suspendus qui semblent si proche. Elle est superbe, derrière, le fier Cervin dévoile son arête du Lion. J'adore cet endroit ! La trace remonte encore. et voilà le sommet. On pause les kis pour les derniers mètres avant de faire une pause photo et bouffe. Le saucisson est de sortie. J'observe la Dent d'Herens, gravie il y a 7 ans avec Anne et Thib, Thib un peu en méforme était resté vers 4000 m à nous attendre, il s'était construit un abri en pierre et avait bouffé tous les Bastognes, le chien ! Pendant que nous atteignons le sommet, dans le brouillard, il faudra y retourner !
On repart vers le bas, dans une poudreuse de rêve.
Yves devant, moi, à la Go pro, derrière, on ne se refait pas. Le col est vite là, on croise deux randonneurs en raquettes, toutes mes sincères condoléances !...
Repeautage, et remontée rapide au col de tête Blanche où on repart dans la descente. Alors là, c'est étonnant, il y a d'énormes bosses sans doute formées par le vent. La neige, dessus est correcte, mais les vagues sont parfois tellement grosses qu'elles en deviennent difficile à skier.
On fini par s'habituer, ça se skie, c'est déjà pas mal. Je surveille le paysage, je sais que sur le topo il faut passer à droite de Rota Mota, et toutes les traces prennent à gauche au centre du glacier. On décide, comme tout bon mouton de Panurge... de suivre les traces (il ya toute une étude à faire sur la prise de décision, c'est sûr !)
On bifurque à gauche entre les crevasses et les séracs, c'est magnifique et ça passe très bien. La Dent blanche se révèle, superbe ! La neige, elle est de moins en moins bonne. De plus en plus glacée sur le dessus. On en vient à se retrouver sur une bonne vieille croutasse inskiable ! Alors que visiblement, vu les traces, hier, c'était le paradis, aujourd'hui on ne peut plus skier et on s'en met plein les cuisses !
On rejoint un magnifique canyon, qui passe bien. La suite, ben c'est le peu de neige qui est tombé en début de semaine, sur le néant ! Bilan, on reste sur la trace et on tâche de ne pas toucher les perfides cailloux en dessous !
Bon, on touche un peu, même beaucoup, mais on progresse. C'est plat, le bas du vallon, alors on pousse sur les bâtons. Et on rejoint la route. On peut encore skier un peu , mais la fin est proche et on finit par mettre les skis sur le sac.
Une fois sur le sac, il faut marcher en espérant trouver une voiture pour faire la navette à Arolla. Une femme avec son bébé en poussette nous dépasse et nous largue en courant, j'ai profité du dépassement pour négocier de nous faire descendre en stop mais ça n'a pas marché.
Un peu plus tard, une camionette arrive, STOP. Ils nous prennent et nous descendent aux Haudères alors que ça n'était pas leur destination au départ, sympa ! Reste à remonter à Arolla ce qui devrait être plus facile. Une vieille voiture arrive, un papy de 92 ans m'emmène un peu plus haut, il veut juste regarder les combats de Reine depuis le haut , à la jumelle. Me voilà sur un bout de rotue, seul, j'ai laissé Yves aux Haudères, Une voiture passe, deux jeunes, le joint au bec me prennent. Ils vont grimper un blog juste sous la Gouille. Moment sympa de partage de bons plans, ils me déposent à la Gouille et une troisième voiture, deux habitants d'Arolla m'emmène jusqu'auparking, sous le regard amusé d'un chamois.
retour aux Haudères en deux temps trois mouvements pour récupérer Yves et rejoindre Martigny, puis la maison.
Un superbe week end sur deux beaux Belvédères. J'adore la tête de Valpelline, je reviendrai ! Yves aussi, mais pour d'autres raisons ;-)
Ski de randonnée : Dents de Bertol 3524 m
Traversée Arolla cabane de Bertol
Premier jour d'un raid de deux, qui va nous emmener à la Tête Blanche et à la Tête de Valpelline, retour sous la dent blanche par le glacier de Ferpècle
Vidéo
Topo
Montée
Se garer au parking des remontées mécaniques d'Arolla. 2000 m
Prendre la route du vallon qui mène au bas glacier d'Arolla en suivant la Borgne d'Arolla et venir buter sous la face nord du Mont Collon. Bifurquer à l'est et rejoindre le bas du Haut glacier d'Arolla.
remonter la pente entre les ponts 2818 et 2838 m de la CNS et poursuivre jusqu'au pied du glacier des Dents de Bertol (glacier que je qualifierai de semi suspendu) Remonter le glacier puis par des pentes moins raide gagner le sommet.
Descente
descendre au Nord puis à l'Est, un passage raide sur 10 mètres puis rejoindre le glacier u Mont Miné. Remettre les peaux pour rejoindre le col de Bertol, puis par 2 séries d'échelles et des escaliers, l'accueillante cabane de Bertol (mais assez perchée !)
La légende de Bertol
Le petit Bertol Wallez habitait Arolla. Il avait deux parents qui ne s'aimaient pas. Et, ce qui devait arriver arriva, ils divorcèrent (bouhouhou) Sa mère, de la vallée voisine, retourna vivre sur ses terres à Salay. Devant le juge de Sion, ils optèrent pour la garde alternée. Les semaines paires chez maman, les impaires chez papa. Simple et efficace. Et chaque week-end, Bertol devait aller à pied de l'un à l'autre, la triste vie des enfants de divorcés. Ce week_end là, Bertol était chez sa mère, et il ne vit pas le temps passer. Quand il quitta Salay il était déjà tard. Il remontait le grand glacier louvoyant entre les gourmandes crevasses pour passer le petit col sans nom. Malheureusement la nuit était là et il n'osa pas basculer sur l'autre versant. Il passa la nuit à l'abri d'un rocher, luttant contre le sommeil et le froid mordant de cette nuit d'encre. Le lendemain matin, aux premières lumières de l'aube, il reprit sa route et rejoint Arolla. Son père l'accueillit. Enfin le terme d'accueil est sans doute mal choisi car il était furieux. Jamais un Wallez n'était arrivé en retard ! Les insultes fusèrent et Il envoya une mandale à Bertol dont les dents valsairent dans la montagne. Et c'est ainsi que vous pourrez aujourd'hui retrouver les Dents de Bertol, sur les cîmes du Valais, le col de sa nuit alpine porte aujourd'hui son nom ! (et le refuge du même nom) Les Wallez, de leur côté, en hommage à Bertol, ne sont plus jamais à l'heure ! mais ça, c'est une autre histoire |
Récit
La semaine étant maussade, nous l'avions shuntée en deux : d'abord la Ruinette et le Pigne d'Arolla en début de semaine, nous avions passé chacun quelques jours "at home" avant de rejoindre Arolla pour une seconde session.
La veille la météo était mauvaise et les bulletins météo pas géniaux. Le risque d'avalanche était annoncé à 3 en Suisse et à 4 en Haute Savoie. J'inspectais les cartes IGN et CNS sur skitrack afin de trouver les itinéraires les moins exposés. Je jetais mon dévolu sur la Tête Blanche et la Tête de Valpelline qui ne présentaient que de rares portions expos, je connaissais un peu le coin pour l'avoir parcouru il y a 20 ans avec mon frère, Thibault.
Via facebook, Enguerran et Gianluca me recommandait la prudence, l'un en m'envoyant un lien vers le bulletin des risques d'avalanche de Haute Savoie, plutôt très alarmiste, l'autre en insitant pour aller faire une course plus bas dans la vallée, sur la carte avalanche de suisse, le risque était indiqué à 2, mais j'en connaissais la raison : l'absence de neige à basse altitude ...
Bilan : juste de quoi faire monter mon stress, je tentais de les rassurer en leur assurant que j'avais choisi mon itinéraire avec soin, ce qui n'était pas faux. Mais avec ça, j'ai mal dormi, j'avais un peu la pression...
9 h 30, j'embarque Yves à Martigny, nous filons dans la vallée du Rhône avant de remonter le val d'Herens et ses pyramides d'Euseigne et Arolla. Par chance la route n'est pas enneigée, j'ai enlevé mes pneus neiges cette semaine. On s'équipe, on déclenche les Suunto, on marche jusqu'au bout du parking, et on met les skis sous les pieds. C'est parti. D'abord au fond du vallon, dans l'ombre du Mont Collon. Et là, réflexion, si je suis au pied du Collon... Alors... je suis l'anus ! Le vent apporte sa petite confirmation. Je suis au bon endroit. Mais pas hyper agréable. Il me faut remonter vers l'intestin grêle, mal nommé sur la carte suisse : Haut glacier d'Arolla.
Au loin quelques téméraires skient les pentes raides sous la cabane des Vignettes. Jamais je n'aurais osé avec le risque annoncé. Nos ventres crient famine ! On décide de faire une pause au Plan de Bertol. Mais il fait trop faim, on s'arrête en bas du haut glacier d'Arolla. La pause fait du bien. On repart repus, les estomacs bien remplis, avec une décision : nous passerons par les dents de Bertol, de là où nous sommes, nous observons une trace. (et c'est vrai qu'à la maison j'avais envisagé cette possibilité). Ca repart, d'abord à plat, sous le cagnard de ce début d'après midi. Je sue, je sue du chyle. Puré ce qu'il fait chaud. Puis ça commence à monter, et voilà le vent froid qui nous assaille. De dos, ça va, le sac à dos protège de l'agressif zéphir, mais de face, il vient congeler ma sueur sur mon frêle Thorax. Yves est déjà loin devant.
En face du Collon, il était nécessaire... de couler un bronze, chose promise chose due. Je repars allégé, les sphincters détendus. Rodin et Claudel n'ont qu'à bien se tenir...
Et on poursuit, on croise 4 skieurs un peu en difficulté à la descente, dans cette neige collante, pourtant, vu de montée, elle avait l'air correcte... Je rejoins Yves et on repart sur le glacier des dents de Bertol. Le passage est raide, mais la trace est bien faite. On passe une sorte de pylore étroit au pied du glacier avant de remonter la pente. Les descendeurs ont tout gâchés et Yves doit retracer quelques passages. Au dessus, on déroule, une sorte de grand oesophage à rebours...
C'est bien logiquement que nous parvenons à la dent de Bertol. oui le sommet s'appelle les Dents de Bertol, mais vu qu'on n'en gravi qu'une, je parle de la dent... sans doute une incisive, trop petite pour une molaire et pas assez pointue pour une canine. Belle pause au sommet.
Je fais quelques photos, j'envoie un petit SMS à Sandrine pour lui annoncer que les conditions sont correctes. Le SMS ne veut pas partir si le portable est trop bas, je décide de le garder dans ma poche, le réseau est meilleur en hauteur.
On mets les skis, et on file dans une excellente poudreuse vers le bas. Un passage raide sur une sorte de col, je m'engage en premier. Tout ce que j'aime, c'est étroit, c'est raide, et c'est en neige béton. Les skis vibrent sur la neige dure. Et Yves qui a la bonne idée de partir juste derrière moi. Je me prends des coulées de glaçons. Ca dégueule (forcément, ça devait arriver !) Je passe, la neige est moins bonne, un poil coutée et dure.
On fini par faire quelques virages pour rejoindre le plat du glacier, il faut déjà remettre les peaux.
Et là, c'est le drâme !
Il me semble que j'avais mi mon téléphone dans ma poche. il n'est dans aucune de mes nombreuses poches , ni dans celles de mon sac. Je l'ai laissé au sommet ou perdu dans la descente. Le Khon ! Je revérifie rapidement chaque possibilité mais il n'y est pas. Je calcule le temps qu'il va me falloir pour remonter redescendre et vérifier que je ne vais pas arriver trop tard au refuge. il est aux alentours de 17 h, le repas devrait être vers 18 h 30, ça doit jouer, faut pas trainer. J'estime mes chances de réussite à 50 %. Je repars à fond, en mode polaire sans gants... Je laisse Yves rejoindre le refuge.
Bon rapidement je me rends compte que partir sans gant est une erreur, il y a le passage raide que je vais devoir remonter à pied et qui est déjà dans l'ombre. Je remonte la pente en scrutant chaque endroit. Voilà le passage raide, je déchausse et grimpe à pied. Je parviens à retrouver les entailles d'une vieille trace. Par contre, sans gant, je vais avoir droit à bon petit onglet : les skis d'une main, les bâtons de l'autre. Les mains non protégée dégustent la neige glacée ! Quand j'arrive au dessus, c'est l'onglet, mais je n'ai pas le temps de m'apitoyer, ça passera en avançant. Et j'avance en rejoignant la trace de montée et je retrouve le sommet. Bon, inspection rapide, mauvaise nouvelle : pas de téléphone. Les chances de "retrouvailles" tombent à 12 %. Aïe. Je retourne aux skis. et je file vers le bas en suivant ma trace, j'ai eu la bonne idée lors de ma première descente de m'écarter bien à gauche des autres traces. Je ne trouve rien. Je me retape le goulet, re-joie !!! quel bonheur de revoir les skis vibrer !
Je retrouve ma trace en dessous, mais je ne trouve rien. contournement des quelques crevasses . Choux blanc, tout ça pour rien. Chance de "retrouvaille"... moins de 1% peu être plutôt un pour mille. Je réinspecte mon sac, on ne sait jamais... mais toujours rien. Je file vers le refuge. J'avance bien sur ce terrain plutôt plat. Je rejoins le col de Berthol. pause les skis et file vers les échelle, flûte, j'ai oublié de laisser mes bâtons avec les skis.. je remonte les échelles. je vois Yves en haut qui m'attend l'air goguenard, il s'enquiert, un rictus à la bouche de ma réussite... ben non !
Je rentre dans le refuge, la gardienne m'accueille : "ah le fameux Guillaume Ledoux" je suis connu comme le loup blanc ! On attend le service de 19 h, puis on mange un délicieux repas avant d'aider Anne-Marie, la gardienne et son aide à la vaisselle. Un petit coup de Williamine plus tard on est au lit avec la sensations d'une journée bizzare, bien réussie du point de vue montagnard mais un poil gâchée par la perte de mon téléphone...
A suivre
Tête Blanche Tête de Valpelline
Ski de rando : La Ruinette 3875 m et le Pigne d'Arolla 3790 m
magnifique tour dans le Valais au dessus d'Arolla
Arolla
Pas de Chèvre
Cabane des Dix
Col de Cheilon
Col du Mont Rouge
Couloir du col de Lire Rose
Ruinette 3875 m
Jonction du glacier de la Serpentine et du Brenay
Col de la Serpentine
Serpentine
Pigne d'Arolla 3790 m
Col des Vignettes
Arolla
Vidéo
Topo
cabane des Dix
D'Arolla, gagner les pistes de ski (possibilité de prendre une piste raquettes ou prendre les téléskis !) et remonter la piste des Hôtels jusqu'au sommet du téléski Passer au sud du Mont Rouge (point 2581 m CNS) le point 2738 m CNS pour gagner le pas de Chèvres (2855 m)
Descendre les 2 séries d'échelles puis gagner le glacier de Cheillon et rejoindre la cabane des Dix en passant au Sud de celle-ci par un mouvement enveloppant !
cabane des Dix 2928 m
La Ruinette
de la cabane des Dix, gagner par un long faux plat le col de Cheilon (ça se raidit sur la fin - 3237 m.
Toujours en faux plat, rejoindre le col du Mont Fort - 3326 m.
Descendre en direction du col de Lire Rose (raide au départ) et repérer le couloir qui part à gauche avant le col de Lire Rose.
Remonter ce couloir (bas du couloir 3130 m environ)
Le couloir aboutit au point 3386 m de la CNS (donc 250 m de couloir à 45° bien tassés par endroit !)
Partir sur la droite pour rejoindre le glacier de la Ruinette
Rejoindre le collet à droite du point 3710 m. Remonter l'arête, au dessus de la première bosse, basculer à droite et rejoindre un petit couloir de 12 m en III+ (crux).(rappel équipé pour la descente)
Puis remonter l'arête au mieux, soit sur le fil soit en versant sud. Gagner le sommet.
Descente par le même itinéraire puis au milieu du glacier (attention, un petit couloir pas évident à trouver depuis le haut permet de gagner la moraine du glacier de la Serpentine (voir fichier GPS)
Pigne d'Arolla
remonter le glacier de la Serpentine en contournant la barre de sérac par la gauche, rejoindre le col de la Serpentine, puis remonter la Serpentine en la contournant soit par la gauche, soit par la droite., de là, gagner le Pigne d'Arolla
Descente
Descendre et rejoindre la cabane des Vignettes et de la cabane , Arolla
Récit
Tout commence par un devoir citoyen, je me retrouve à 8 h du ma à aller voter et zou, direction le Valais dans ma puissante berline de marque française...
Je retrouve Yves avec lequel j'avais gravi le Gross Grunhorn et le Jungfrau il y a 3 ans. On pique nique, on s'habille, on porte les skis 2 minutes jusqu'au pied de la piste de ski, et on chausse. Pendant qu'on chausse deux chevreuils traversent la piste juste au dessus de nous, deux skieurs à la descente nous en avertissent, malheureusement, le temps que nous prêtions attention à leur appel, les chevreuils on quasiment disparus... :-(
Et c'est parti, sur cette piste de ki en fin de vie, de toute façon on n'a pas le choix, ailleurs, il n'y a pas de neige... On remonte au mieux la piste, croisant pas mal de skieur à la descente, et observant en contrebas, ceux qui montent ou descendent de la cabane des Vignettes. Yves et poli, il me suit, je sens que son rythme est bien plus rapide, il faut dire que c'est un GRAND skieur de randonnée, et qu'il fait beaucoup plus de dénivelé que moi. On opère une petite pause avant de quitter la piste. Puis on poursuit, j'oserve au loin 3 skieurs, je sens qu'on va les rattraper, je commence à faire une truc pas très classe mais qui permet de passer le temps, je mesure le temps qui me sépare du groupe. D'abord prendre un point de repère bien repérable, puis consulter la montre, mémoriser l'heure, et quand c'est mon tour de passer le point, calculer l'écart. Je complique parfois ma tache en prenant plusieurs points en même temps, ce qui nécessite au cerveau de réaliser plusieurs calculs à la fois. Sous le cagnard, comme aujourd'hui, pas toujours évident. Et je me rends compte qu'on fond sur le groupe. 3 minutes... 1 minute 40... 1 minute. En fait ce sont 3 filles, qui papotent. Je me retrouve dans les effluves de parfums, je les rejoins, les salue et les dépasse. Je poursuis vers le Pas de Chèvre, la pente se raidit, le col est déjà là, on fait une petite pause.
Au col, un couple et leurs deux filles s'apprêtent à descendre. Les deux filles sont magnifiques, deux blondes au cheveux long... " Ah si j'avais été plus jeune" Mais le poids des années ne joue pas en ma faveur... On verra au refuge, qui sait...
Les 3 grâces rejoignent à leur tour le col. (Attention, j'ai écrit grâce et non grasse ! Cela fait référence à 3 déesses de la mythologie : celle du charme, de la beauté et de la créativité - fin de la parenthèse comme indiqué ci-après)
Bref, les 3 Grâces discutent toujours, interrogent un autre type sur les courses possibles.
Nous quittons le pas de Chèvre pour nous engager sur les échelles. C'est le périph à l'heure de pointe. Il faut s'informer et vérifier que personne n'est engagé dans l'autre sens. Les croisements sont courtois, et tout se passe bien malgré les quelques bouchons. On descend à pied jusqu'au glacier et on rejoint le couple et les deux "Heidi". Tout le monde rechausse, Maman part devant , suivie d'Yves puis de Heidi 1, que je ne tarde pas à dépasser. Le glacier est super grand et il fait méga chaud. On fini par retrouver le couloir d'accès au refuge. Un gars sans sac à l'air de bien galérer. C'est un ancien et je m'enquiers de son état. Sa fille est venue lui prendre son sac et il me dit qu'il gère. Je poursuis, on remonte le couloir et on retrouve le plat juste avant le refuge où il semble ya voir une grosse ambiance... C'est sûr, il y a des Italiens. Arrivé au refuge, bingo, un gros groupe d'Italien fête un anniversaire avec chapeaux, ballons et cotillons, et musique !
On range, on fait sécher, on s'installe, tout le monde fini par arriver au refuge. et je me rends compte qu'il y a beaucoup de fille dans le refuge, et que toute sont des bombasses (bon, je sais, c'est pas très classe, mais c'est vrai que chacune était jolie) de splendides Italiennes, des Suisses Allemandes, des Françaises. Un petit avant goût de Paradis ! Et aucune ne me trouve le rôle de Roméo... C'est vraiment trop injuste. (Et ma petite femme qui va lire ça... Aïe ! pas sur la tête !)
Bref, je nage presque en plein bonheur. Un hélico en profite pour venir vomir ses héliskieurs, enfin je n'ai pas trop compris la manoeuvre, dépose de gens équipés au pied du refuge.
les trois Grâces sont en pleine discussion sur la place de la femme dans la préhistoire avec de grandes théories. Bon je n'ai rien dit mais ce qui est bien avec la préhistoire, c'est que comme son nom l'indique, on n'a pas d'écrit, donc on peut lui faire dire n'importe quoi (leur théorie était que les femmes dominaient les hommes à une époque). Yves moi participons discrêtement à la conversation. Je pars faire une petite sieste. Et c'est déjà l'heure du repas.
A table, on se retrouve avec les trois Grâces et le l'ancien et sa fille. Les gardiens nous offrent un petit verre defendant. L'ambiance est sympa, l'ancien est Franc Comtois, sa fille chasseur alpin, on discute montagne, comme souvent en refuge. L'une des Trois Grâce entâme une consultation de médecine parallèle sur ses deux amies, les questions sont plus bizarres les unes que les autres, elle compte les points sur un petit papier, je n'ai pas entendu le résultat de ces consultations, mais les questions avaient de quoi surprendre "as tu une bonne circulation sanguine" " combien de fois vas tu au toilettes" "tes règles sont elles douloureuses"... J'avoue être resté perplexe. elle en profite pour raconter sa vie compliquée avec un oncle, très compliquée.
Le repas se termine avec les résultats du premier tour de l'élection présidentielle, visiblement, la droite de la table semble plutôt modérée, tandis que du coté des trois Grâces, c'est l'affliction, j'en déduis la présence de 3 Mélanchonistes avec nous. Mais peut être me trompes je !
Nous filons nous coucher, nous avons négocié un petit dej à 4 h alors que le reste du refuge décolle à 6 h 30.
On se couche les premiers, mais il y a vite de l'animation. En face, un chauve s'énerve avec le dortoir voisin (les italiens ?) il tape le mur avec force et énervement. 1 fois... 2 fois... 3 fois, il fini par se lever et aller engueuler directement les auteurs. J'ajouterai juste que quand il est rentré dans le dortoir endormi, il a allègrement allumé la lumière, sans rien n'y trouver à redire...
Une fois le chauve calmé, je m'endors, mais je suis réveillé par les trois Grâces qui arrivent un peu bourrée, elles ont pris un digestif avec un guide suisse de leur connaissance. Bref, elles discutent encore et mon endormissement est cassé.
Mais je finis par m'endormir.
Et d'un coup, un cri, strident, énorme, ça me boulverse le coeur, c'est une des trois Grâce qui a du cauchemarder. Elle a du réveiller tout le refuge. Bon ça m'a bien stressé.
Il n'y aura pas de guerre de la fenêtre ouverte, mais le début de nuit a été bien agité...
3 h 45, le réveil, puré je dormais bien.. Je secoue Yves et on décolle, en essayant d'être discrêts. Petit dej au thé, c'est pas ma tasse de thé, ben si ! On s'équipe et on sort du refuge à 4 h 30, les couteaux dans la poche, il fait froid. On s'égare un peu juste après le refuge, on descend un peu trop, on corrige le tire et voilà la trace. Au bout d'1/2 heure je consulte mon alti on n'a gagné que 100 mètres, je pensais que le col serait déjà là. Le rythe est bon. Yves se colle derrière moi pour ne pas me larguer. La trace se raidit, on est sous le col (de Cheillon). Adhérence des peaux parfois limite mais voilà le col, il fait nuit noire. Courte pause et on poursuit à plat vers le col du Mont Rouge. C'est plat, on observe la trace qui part à droite vers le Mont Blanc de Cheillon. Nous suivons une vieille trace qui nous permet de ne pas nous enfoncer. Je surveille la face nord, je suis sûr que c'est jouable de passer par là, mais je suis équipé de mes crampons light et de mon piolet light... euh ... un peu light.
Col du Mont Rouge, il fait froid, j'hésite à mettre la doudoune sous la Gore Tex. Je repère un petit couloir au dessus du col de Lire Rose qui pourrait nous permettre de gagner le glacier de la Ruinette sans descendre trop bas.
Bon, il faut d'abord gérer la première pente sous le col, bien raide et en neige béton. Yves part, je le suis, tout en dérapage, les skis vibrent à fond sur la neige méga dure. je finis par enchainer les virages. La pente est moins raide, c'est agréable. Un petit schuss dans les coulées d'avalanche nous permet d'accéder au pied de notre petit couloir nous passerons par là.
Je pars devant, et je laisse Yves qui me talonne prendre rapidement le relais. J'en profite pour faire des vidéos et des films. Yves passe l'étroiture, je passe de nouveau devant. Je trouve mon rythme. Je m'arête juste sous la sortie, faire une petite vidéo. Yves passe devant et termine, on se retrouve sur l'arête , et là, bonne surprise, pas de souci pour gagner le glacier (j'avais peur que ça ne soit galère vu qu'on a un peu inventé le passage)
On remet les skis sur un glacier parfois verglacé, les peaux glissent, mais pas toujours vers l'avant. sur le plateau, on retrouve des traces. Deux skieurs sont passés par là (il s'avérera après que je retrouverait leur compte rendu sur camp2camp). Nous prenons leur trace. nous metons les couteaux sur le haut et déposons les skis.
Crampons, piolet, et c'est parti. assez rapidement on se retrouve au pied d'un petit couloir d'une 15aine de mètres, bien raide. Je me lance, appliqué, pas le droit à l'erreur. Chaque pied en opposition, les crampons crissent, on trouve quelques prises de mains, je progresse. Je finis par tomber sur une pierre branlante, qui ne l'annonçait pas. Flûte elle est pile ou je voulais poser mes pieds. Je l'évite afin qu'Yves ne la prenne pas sur la tronche. En haut, j'attends Yves avant de repartir. La suit eest plus facile, sur le fil de l'arête ou plus souvent versant Sud. On galope sur l'arête. Les traces nous aident à éviter d'hésiter. J'aime ses arêtes en PD. Celle ci est particulièrement esthétique avec le Grand Combin en toile de fond. Les passages sont variés, un dernier sur le fil, en plein ciel. et voilà le sommet, Youpi !
On regarde le paysage, le Mont Blanc de Cheillon tout proche et les 10aines de skieurs de rando sur son antécîme. On grignote, et on repart pour la descente.
La descente est rapide, les passages techniques bien négociés, on opère un petit rappel dans le petit couloir et on rejoint les skis.
on attaque la descente, la neige est plus que correcte. Je prends en charge les opérations et je propose à Yves d'aller skier rive gauche du glacier, là où la neige n'a pas trop ris le soleil. Nous laissons les traces de nos prédécesseurs au centre du glacier et y filons. Au bout de plusieurs minutes nous avons un doute... Est ce que ça va passer jusqu'en bas. Sur la carte, oui, mais en pratique... on décide de rejoindre les traces. Et zou, traverser à droite du glacier, on retrouve les traces qui nous amènent à un couloir bien raide. On déclenche de petites coulées à chaque virage. Yves par devant, je le suis. Ca se skie pas trop mal. On fini par sortir en bas sur le plat du glacier, on regarde juste où on avait envisagé de passer, il ya d'énormes barres rocheuses infranchissables... Parfois, on a du pif...
j'avais prévu de remonter le glacier du Brenay jusqu'au Pigne d'Arolla. mais force est de constater qu'il n'y pas de trace et que ça va être galère de passer le long des séracs. Je finis, un peu déçu par jeter l'éponge, on passera par la Serpentine.
On repeaute, et nous voilà en plein cagnard sur le long et plat glacier de la Serpentine. 3 km à parcourir jusqu'au col.
C'est parti, assez rapidement je vois qu'Yves coule une petite bielle, je le surveille du coin de l'oeil, mais il avance, à distance. Au loin, deux skieurs. Je rejoue au jeux du timing. Premier point 35 minutes. Ca va être chaud pour les rattraper. La trace remonte sous les séracs, elle traverse en rive droite, j'opère une pause pour attendre Yves. Puis repars, nouvelle pause. Les deux devant sont à présent à 20 minutes. Je file, tranquille, que ce glacier est long... et plat. Un poil plus de pente sur le col, et je tombe, sur un Italien, je les ai rattrapé. Il part, je fais ma pause, attendant Yves, qui arrive quelques minutes plus tard. On boit et on bouffe. Avant de repartir. On longe la Serpentine et on met les couteaux avant le passage raide. Les deux Italiens sont juste devant, on va les avaler. Je pars devant, Yves juste derrière, on dépasse les Italiens, la fille est vraiment dans le dur. On se retrouve sur le plateau de la Serpentine. J'enlève les couteaux, et je décide de jouer au jeux du... je rattrape la cordée devant. mon seul problème : il ont la moitié du trajet d'avance ! Je tente le coup, Yves a des doutes.
Premier pointage, 13 minutes, ça va être chaud. Après 2000 m de déniv ,je ne vais quand même plus très vite, même à fond. Mais faire des calculs et avoir pour objectif de réduire le temps m'occupe et je serai plus vite au sommet. 8 minutes, il ne reste plus grand chose avant le sommet... 5 minutes... dernier virage. C'est raté, mais je fins, 3 minutes derrière le groupe (j'apprendrais sur Strave que j'ai le 5ème temps sur 35 Stravaïste sur cette portion !)
Au sommet, un anglais s'approche et me demande si j'ai une chaîne Youtube. damned, je suis une fois de plus reconnu. On papote un peu (pas trop avec mon anglais trop basique)
Yves fini par arriver.
On fait quelques photos, on mange (on arrête en fait jamais de manger) on fini les derniers centilitres d'eau.
l'Italien fini par arriver, il a laissé sa dulciné et sa galère. Elle fait du surplace au loin. La bonne vieille galère. J'observe la scène. Il fini par descendre (je pense pour récupérer son sac)
Et zou, il faut descendre.
Les peaux enlevées, on part, à fond, neige un peu dure, on a la sensation qu'elle a regelée avec les nuages. Les virages s'enchaînent, on fait régulièrement le point pour ne pas louper l'accès au Vignette. Bingo, une belle pente bien verglacée nous accueille, je déteste. Mais c'est court. on passe devant la cabane des Vignettes et son col et on plonge au Nord dans une neige traffolée.
On skie assez vite et on perd du dénivelé rapidement. La neige devien transfo, un peu collante, mais elle se laisse skier. Il faut juste éviter les cailloux. On fini par déchausser sur une passerelle pour rechausser 50 m plus loins sur la piste de ski. Derniers mètres dans une neige soupe skiable. Nous voilà en bas. Il fait 20° mais on est habillé comme à 3800 m : polaire Goretex, il faut un peu chaud. On descend les derniers mètres à pied et on gagne la voiture.
24 km et 2200 m de dénivelé , une belle aventure en montagne, comme je les aime !
Ski de Randonnée - Blanc de Moming 3657 m
Magnifique sortie sur un magnifique sommet.
Vidéo
Topo
Départ :
Départ de la cabane de l'Arpitetta que l'on gagne soit depuis Zinal directement, soit depuis le col de Milon au dessus de la cabane
Sommet :
Depuis la cabane de l'Arpitetta (2786 m) prendre à flanc (à l'est de la cabane) et longer le cirque glacière pour rejoindre le point 2707 m et le pied de la rampe du glacier de Moming.
Remonter à flanc cette rampe. On rejoint le glacier de Moming au dessus de la grande barre rocheuse. Remonter le glacier de Momin gen rive gauche.
Remonter en direction de la pointe Sud de Moming. Puis bifurquer vers le point 3582 m (petit col -superbe vue)
De là rejoindre facilement le Dôme 3651 m
Descente :
Par le même itinéraire jusqu'à 3000 m puis en restant rive gauche du glacier on longe ensuite la base de l'arête avant de plonger vers le pont (en cas de faible enneigement il peut être intéressant de repartir vers l'amont de la rivière. De là on passe le pont et on rejoint Zinal par la piste
Récit
Bonne nuit dans le petit refuge de l'Arpitetta.
Le réveil de mes voisins sonne (5 h 45), je me réveille. les 6 de la tablée d'hier se lèvent, on a tous pour objectif le Blanc de Moming. Je descends et croise les deux derniers alpinistes d'un groupe de 9 qui sont en partance. On aura près de 3/4 d'heure de retard sur eux.
Petit dej, pain maison, j'ai failli vomir quand un cheveux de la patissière est venu s'enrouler sur ma glotte. Ca a failli mal se terminer, mais , grâce à ma pratique intensive du Yoga, j'ai pu maîtriser ma réaction et éviter un drâme. Je finis , avec difficulté, à ressortir l'intrus : Ce fut juste.
CE matin, le pain a du mal à passer, je ne parviens pas à l'avaler. Alors je mâchonne, je mâchonne, tel un bovin ruminant du bon foin. Je bois du thé pour faire passer. Je finis par terminer et filer me préparer.
Quand je sors du refuge, vers 6 h 30, le jour point. Je mets la frontale, je sais que ça ne sera pas pour longtemps et je pars. Je suis le premier du deuxième groupe. Après une hésitation quand à la direction à prendre ,je finis par trouve le bon angle de départ. La neige a bien regelé et je suis les traces qui vont d'une moraine à l'autre à flanc. Je me rends compte que les deux Suisses me suivent. Ils me dépassent sur une moraine, ça tombe bien ils n'auront pas à voir mon style apocalyptique. Ils passent devant, donc, et je les suis derrière. On parviens au prix d'un dernier schuss au début de la montée. On peaute, je repasse devant.
Le départ est un peu raide et je fais une petite pause pour mettre les couteaux. Un passage raide, mal réveillé, je merdouille un peu mais ça passe. ca sera le dernier, ensuite, c'est cool. La trace longe le dessous du glacier. Elle est bien faite, elle monte en pente douce. Je finis par débouler sur le glacier. Trace impeccable, je vois au loin le groupe de 9; 2 ou 300 mètres au dessus de moi. Je remonte encore pour m'offrir une petite pause aux alentours de 3000 m.
Je repars, le soleils de lève, il fait grand beau. Magnfique journée, paysage magnifique dans ce cirque, à gauche, le Weisshorn, le Zinalrothorn, l'arête du Blanc de Moming, le Blanc de Moming, et le Besso à droite. Je profite tout en avançant. Plat du glacier, nouvelle petite pause lunettes. Je poursuis, la trace va longer la base de l'arête du Blanc, je fais une dernière pause boisson et bouffe sous le col. J'arrière garde du groupe de 9 est à 5 minutes devant moi. je repars et je les rejoins au col. La vue est magnifique, l'Obergabelhorn, la Dent d'Herens, la Dent blanche ... Petite pause photo, je repars devant l'un des 9 et derrière un autre. Je profite des derniers mètres. et rejoins le sommet. Un belvédère 5 étoiles !
pause ravitaillement avant d'attaquer la descente. Tout le haut en poudreuse, le soleil n'a pas fait son oeuvre. j'en profite ! Les plats sont passé rapidement puis je reoins la côte 3000 où je quitte la trace de montée. Je vois un trou passer sous mes skis pour me rappeler que je suis sur un glacier. Je me fais bien plaisir, la neige, plein Nord est excellente (alors qu'il n'y en a presque plus en face Sud) Je bascule de petits couloirs en petits couloirs , la neige est dure maintenant, ce qui devient presque utile car il ya des petites remontées, ça permet de conserver de la vitesse !
Je rejoins "les dessus" du vallon de l'Arpitetta. Il commence à y avoir des Vernes, puis quelques cailloux, puis beaucoup dehttp://alpinisme.over-blog.net/2017/04/ski-de-randonnee-blanc-de-moming-3657-m.html Vernes ... et beaucoup de cailloux. Il faut descendre , monter ,skier sur les vernes, lever un ski pour passer un caillou, lever l'autre. Louvoyer.
La trace repars à gauche dans le vallon. de plus en plus merdique. Mais ça passe à ski. puis ça revient le long du torrent pour rejoindre le pont.
Je déchausse, puis c'est parti pour la sessions chaussage déchaussage... Trop fréquents à mon goût. cette année est vraiment triste pour la quantité de neige. une dernière portion à ski, puis c'est fini, il faut porter. Pour le long plat de Zinal. Tout bouillasseux, tout cradouille. Je marche dans Zinal, il me faut faire du stop, mais les voitures ne sont pas légion. A la sortie de zinal un sympathique automobilisite fini par me prendre et me ramène à Mottec
périple terminé !
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