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Articles avec #massif du mont blanc tag

On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"

Publié le par Apoutsiak

On avait croisé l'immense Ueli Steck, avec Anne, lors de notre traversée des Grandes Jorasses. J'avais raconté cet épisode dans le blog, Ueli a mis le  récit dans son livre.

Récits croisés sur cette page.

Dans son récit, on apparait comme fatigués. Et à y bien réfléchir, je crois qu'on était bien naze après les journées passées sur cette arête... (Ca commence page 172 du livre d'Ueli)

On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"

Le récit d'Ueli Steck

J'atteins le bivouac Canzio tôt le matin. C’est une bonne chose, le ciel s'est couvert et des écharpes de brouillard apparaissent. Heureusement, il n'y a pas d'orage ni de précipitations. Le rocher sera sec demain. Ça m’apaise. Ma confiance en moi remonte un peu, je dois me réhabituer à grimper seul. Je suis heureux que le guide Dres Abegglen arrive au bivouac avec un client. L’attente est plus plaisante.

Le lendemain, je pars à 6 heures, il fait clair, ce qui me remonte le moral. Il me faut une ou deux longueur pour me libérer l’esprit. Puis ça revient, je grimpe facile. Avant la pointe Young, l’arête raide et exposée est extraordinaire. Au-dessus de moi, j'entends 1°hélicoptère. Jon et moi nous sommes donnés rendez-vous pour qu'il puisse faire des photos et filmer. J’arrive à cet instant précis sur l'arête. Je poursuis l'escalade à mon rythme. L’arête est tranchante comme un rasoir et toujours aussi exposée.  A droite et à gauche, le vide. Souvent, j'ai les mains agrippées au fil de l'arête et les pieds contre la paroi. Un peu plus loin, je m'engage dans un couloir sur ma droite pour regagner l’arête. Le couloir est en neige mais il y a une trace et je grimpe sans remettre les crampons pour gagner du temps, me confiant à mes seuls piolets. Sur la pointe Margherita, le premier des cinq sommets des Grandes Jorasses, les chauds rayons du soleil m'atteignent. J'ai convenu avec Jon de l'attendre ici, afin qu'il puisse filmer. Je m'assieds au soleil, je bois et je mange. Presque vingt minutes passent avant que l’hélico arrive et que je reprenne l’escalade.

J'ai recouvré ma confiance. Je ne suis ni stressé ni tendu, je continue de grimper comme avant, serein parce que je maîtrise ce que je fais. Je ne pense plus au chrono ou aux difficultés, juste à la descente. Si je continue sur un bon rythme, c'est parce que je veux être assez tôt sur le glacier pour que la neige soit encore dure et le risque de tomber dans une crevasse le plus faible possible. Je passe d'une traite les trois sommets suivants des Grandes Jorasses, Elena, Croz et Whymper. De là, j'aperçois deux alpinistes en train de redescendre de la pointe Walker, le sommet principal. Ils y sont allés tôt. Leurs traces me font dire qu’ils ont bivouaqué ici. Je continue à grimper et ils arrivent vers moi. C’est un couple de Français. Ils ont l’air fatigués. Nous parlons un peu, ils m'expliquent qu'ils ont passé quatre jours sur l'arête. Ils me demandent combien de temps j'ai mis pour venir du bivouac Canzio. Je regarde ma montre et m’assure qu’ils veulent vraiment le savoir. Oui, ils le souhaitent. Je suis en route depuis seulement 2 heures et 20 minutes.

Avant qu'ils reprennent leur descente, je leur donne quelque chose à boire, deux barres énergétiques et leur indique l’itinéraire. Puis je parcours le reste de la voie jusqu'à la pointe Walker. Un immense sentiment de soulagement me saisit. Je viens de poser le pied sur le dernier sommet du massif du Mont-Blanc. « Mist geführt », comme on dit chez nous, ce qui est fait n'est plus à faire.

Il ne reste que le Grand Paradis et la Barre des Écrins. Plutôt simples d'un point de vue technique. La météo n'est donc plus si décisive. Je reste quelques minutes encore au sommet, c'est un moment agréable. Il est assez tôt, le glacier sur lequel je vais descendre n’est pas encore exposé au soleil.

Jusqu'au couloir, je descends au pas de course. Le couple français n'a pas beaucoup progressé, je ne tarde pas à les dépasser. Ils me proposent de m'encorder avec eux afin que je ne me retrouve pas seul sur le glacier. Je refuse. Tout est encore gelé et, à mon rythme, je devrais y être dans une heure au plus tard. Je leur donne ce qu’il me reste de vivres et je poursuis ma course. À lafin de la matinée,j e suis de retour dans la vallée. C'est un sentiment libérateur. Désormais, plus rien ne risque de se gripper. En même temps, je suis un peu triste que ce projet touche à safin. Je me promets de savourer les deux sommets restants. Au camping, je retrouve l'ambiance chaleureuse et familière.

Matteo me félicite avec une bière. Après la douche, je me repose et m'installe avec Dani devant la tente. Nous partons le lendemain.

On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"
On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"

Le récit d'Apoutsiak : ma pomme !

Tout commence après un bivouac sur la pointe Whymper...

 

Au milieu de la nuit je sors la tête du duvet, magnifique nuit étoilée, deux étoiles filantes viennent traverser le ciel, bon présage ?

Je me recouche quelques minutes plus tard, tentant de dormir un peu.

Je m'endors forcement en fin de nuit...

Quand je sors ma tête du duvet, le jour point !

Il fait un temps glacial, nos mains abimées parviennent à appuyer sur le briquet pour démarrer le gaz ! C'est le grand beau. YES ! On glandouille dans les duvets en attendant l'eau chaude espérant retarder au maximum le moment où il faudra en sortir.

 

Au loin j'entends un hélico, il est sur les Jorasses. Et si c'était le PGHM qui s’inquiétait pour nous Je décide de leur faire signe qu'ils ne gâchent pas trop de kerosen pour nous. Je quitte mon duvet et enfile tant bien que mal mes groles gelées ! Bien agréable. Je me positionne sur le sommet de la Whymper, mais l'hélico cherche entre la pointe Marguerite et la pointe Hélène. Je vois qu'il tourne en rond. Je me décide à appeler le PGHM pour les prévenir que tout va bien... trouver le réseau, appeler avec des gros doigts fatigués. Avec les plaies qu'on a sur les mains, dès que l'on touche quelques chose, on saigne, pas pratique, bref, quelques gouttes de sans plus tard, j'ai le gendarme d'astreinte qui m'indique qu'ils ne cherchent personne, bilan, tout va bien, c'est pas pour nous... Et si c'était Ueli Steck ... Je sais qu'il zone dans le coin, et qu'il devrait passer par les Jorasses ces jours ci. L'hélico remonte jusqu'à nous et je distingue la caméra à présent. Peut être même qu'on sera sur le film (à moins qu'on soit coupé au montage...) Je fais signe que tout va bien, et rejoins Anne pour le déjeuner froid. On grignote quelques vivres on range avec difficulté le matos, nos doigts sont pas mal émoussés et on file, avec des réserves en eau minimale, le gaz refusant de fonctionner correctement par ces températures. On a les crampons, un peu de mixte avant la neige, un peu raide, un petit col et une remontée douce vers la Walker : Wooliz, traversée terminée. Reste cette immense descente...

On redescend un peu quand on voit Steck débouler au sommet de la pointe Whymper. Je le reconnais tout de suite à sa démarche efficace, il n'y a aucun doute. On l'encourage comme des spectateurs du tour de France, il nous rejoint. On papote, il nous offre un peu d'eau quand il apprend qu'on est parti léger (la classe) 2 h 30 pour faire Canzio Walker !!! on le laisse filer vers la Walker tandis qu'on entame la descente le long des rochers Whymper.

Pointe avant dans du 45 - 50° En neige d'abord, on entend l'eau sous le glacier, quand on a soif c'est une torture. Steck nous rejoint à mis pente du couloir. Il nous file quelques vivre de course. Et on discute topo, il repart, on le suit, mais il est déjà loin, Un peu de glace, on descend trop bas, il faut virer au dessus de la rimaye, pas mal de glace on tire une longueur en brochant ! Perte de temps en sécurité. Quelques pierres sifflent, il faut filer de là. On sort à hauteur des caméras qui filment les séracs. Et on se rend compte qu'on est trop haut trop tard, demi tour, il faut remettre les crampons et descendre plus bas, au plus logique devrait dire le topo !!!

 

Ueli Steck traversée des Grandes Jorasses - rencontre avec Apoutsiak et AnneUeli Steck traversée des Grandes Jorasses - rencontre avec Apoutsiak et Anne
Ueli Steck traversée des Grandes Jorasses - rencontre avec Apoutsiak et Anne
Ueli Steck traversée des Grandes Jorasses - rencontre avec Apoutsiak et AnneUeli Steck traversée des Grandes Jorasses - rencontre avec Apoutsiak et Anne

Ueli Steck traversée des Grandes Jorasses - rencontre avec Apoutsiak et Anne

On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"
On a croisé Ueli Steck au cours de sa traversée des Grandes Jorasses, et on apparait dans son livre "Une autre vie"

On apparait dans la vidéo, ou plutôt, j'apparais dans la vidéo (je suis un pixel), au réveil je suis allé sur l'arête pour téléphoner au PGHM et j'ai vu l'hélico. Anne est restée dans son duvet faire la grâce mat !

Ueli steck vidéo les grandes Jorasses - Je suis au bout de la flèche sur la pointe Whymper
Ueli steck vidéo les grandes Jorasses - Je suis au bout de la flèche sur la pointe Whymper

Ueli steck vidéo les grandes Jorasses - Je suis au bout de la flèche sur la pointe Whymper

La vidéo ci dessous

Je reconnais : c'est fugace !

J'attendais la sortie du livre avec impatience, j'espérais y figurer, juste pour une ligne, juste un peu fatigué. Et je ne suis pas déçu. La seule erreur, on n'est pas en couple avec Anne, mais il ne pouvait pas le savoir.

Ueli est parti vers d'autres sommets.

On garde le souvenir d'une rencontre, qui , pour nous,  a été extraordinaire.

Alors encore :

MERCI UELI !

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Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Publié le par Apoutsiak

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Une magnifique goulotte

en condition, disons, ... , moyenne

Avec Jeff, mon Burgener

et une poudreuse de rêve pour l'approche à ski (en octobre !)

 

Vidéo

Oups, j’ai failli oublier le rappel que j’avais préparé sur le canapé de la maison, la voiture est pleine de matos avec les skis de rando, qui sont de sortie, une première pour moi un mois d’octobre…

Et zou, je file sur les routes de campagne en direction de Sallanche, et de son mythique Vieux Campeur. Je cherche des chaussures pour faire de la goulotte. Je vais direct au rayon, j’ai une bonne idée sur le modèle qui devrait me convenir, et là, c’est le drame, il n’y a pas ma pointure… J’essaie le 46… trop grand, j’essaie le 44… trop petit. J’essaie d’autres marques, mais ça ne va pas, je finis par inspecter l’arrière rayon du rayon, et là, les voilà, elles m’attendaient. Je les essaie parfaite. Il me semble que ce sont des chaussures d’occas, mais je n’en suis pas sûr, tant elles paraissent neuves !

C’est plié, je les embarque, je file au rayon pantalon (ben oui, à force de mettre des coups de crampons dans les bas de pantalon, il faut réinvestir de temps en temps, afin de ne pas grimper en loques… Et l’histoire se répète… je ne sais plus qui a dit ça, mais je place la citation : « L’histoire est un éternel commencement » Bon, c’était sans doute pour la grande histoire avec un grand H, mais ça fonctionne aussi avec la nano histoire avec un nano n !

Bref, je trouve le modèle qui me plait, mais pas la taille. Bon, je ne vais pas vous décrire les tailles que j’essaie, afin de vous cacher le petit bidon (de secours) que je porte, mais je ne trouve pas ma taille.

Je prends la référence du modèle pour la commander par internet puis je file au rayon bâton, ben oui, faut que je réinvestisse, vu qu’avec Yannick on a eu la bonne idée dans laisser deux sur les pentes du Lauteraarhorn… Bref, je me retrouve à côté du vendeur spécialise S bâton, avec un client qui visiblement, n’a jamais fait de ski de rando, et je l’entends faire l’apologie du bâton deux brins en ski de rando, tandis que je m’évertue à regarder tous les modèles trois brins. Bon, ça fait un peu khon, mais moi, les bâtons, j’aime bien quand ça ne dépasse pas trop du sac à dos (en plus quand il y a orage, ça attire la foudre quand ça dépasse trop)

Je passe à la caisse, me déleste de quelques euros (voir un peu plus) puis je grignote un morceau dans une cafeteria et retrouve Jeff sur le parking de l’Intermarché.

J’enfourne tout mon matos dans son coffre (et un peu plus) et on file vers le tunnel du Mont Blanc et le téléphérique de l’Hellbronner. On peaufine les sacs, et on part pour la benne, skis et chaussures en main ! La magnifique benne nous emmène en altitude. Le temps est mitigé. On prend l’ascenseur, puis le grand couloir, et nous voilà au refuge, pas trop fatigués !!!

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

On s’équipe en mode ski et on part pour tracer le départ de l’itinéraire de demain, objectif, ne pas se perdre dans les crevasses du glacier du Géant au milieu de la nuit.

Il fait froid, avec pa mal de nuages, mais la visibilité est bonne, et la neige, assez rapidement, devient parfaite. Incroyable en plein mois d’octobre. On se méfie des perfides crevasses, justes masquées par cette fine poudreuse. Les virages s’enchaînent, on a la patate, l’impression de ne pas mériter ses virages faciles. Arrivés en bas, on met les peaux, on s’encorde et on remonte en direction de l’Aiguille du Midi.

A 18 heures, on décide de faire demi-tour, on n’aura pas tracé jusqu’au pied de la goulotte, mais le gros est fait, le reste ne devrait pas poser de grosses difficultés, il y a moins de crevasses.

On dépeaute, on se fait quelques virages pour rejoindre la combe, on repeaute, se réencorde, et on remonte en traçant, vers l’Hellbroner et le refuge Torino. On arrive juste à 19 heures, l’heure du repas, et ce soir, c’est repas Népalais, délicieux, bien que la sauce fut plus épicé que ce à quoi j’ai l’habitude, j’ai eu la main un peu trop lourde…

On file au lit vers 20 h 30, avec le réveil à 4 h…

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

4 h, j’entends vaguement le réveil de Jeff, mauvaise nuit, j’ai mis longtemps a trouver le sommeil. Déjeuner en tête à tête, on est les seuls à se lever à 4 h, les autres cordées ont mis le réveil à 7 h. Installés dans le couloir, sur une table basse avec des fauteuils, situation originale. On englouti la bonne pitance avant de filer.

Dehors, un bon grand froid nous accueille, j’ai les poils du nez qui frisent. Il fait grand beau ! On remonte la petite pente devant le refuge avant d’enlever les peaux, pour une descente dans la poudreuse, à la frontale ! La neige n’a pas changée, elle est toujours aussi délicieuse qu’hier !

J’essaie de m’écarter des linges des crevasses, je n’aimerais pas aller en explorer le tréfond. Le ski est bon, mais court. Il faut déjà repeauter, pour remonter de l’autre côté.

Et on remonte, les douces pentes, puis un peu plus raide. Une courte pause, je passe un peu devant pour les derniers mètres, nous voilà au pied de la Goulotte, c’est raide, très raide !

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du TaculAlpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du TaculAlpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

On passe en mode alpi, je laisse on enlève les skis, on enlève les chaussures de skis et on met les chaussures d’alpi, les fameuses achetées la veille au vieux campeur. Je rerègle les crampons, qui ne me semblent pas assez serrés. 2 piolets, et c’est parti, Jeff se lance, quand les 60 mètres de corde sont déroulés, je fais de même. Il passe la rimaye, vient mon tour, fastoche, un pas à droite, un autre vers le haut, une simple formalité. La pente est comme j’aime, raide mais pas trop, 55°, ça ne va pas durer. Ben oui, on pénètre dans un couloir peu large, et plus raide. 65-70°, Jeff progresse vite, tandis que je suis au relai, Il fait méga froid, et c’est plus un glaçon qui assure plutôt qu’un homéotherme. J’essaie de bouger régulièrement les doigts de pied et ceux des mains, pour y maintenir la circulation…

Je rentre à mon tout dans le goulot, tout se passe bien, ça n’est pas hyper raide, mais ça passe. Je rejoins Jeff. Il faut avouer qu’on a un peu froid. Une longueur de neige s’en suit, fastoche, d’un coup, le soleil se lève et nous réchauffe. Le bonheur du goulottiste ! Le sang épais jusqu’alors, se fluidifie. On se croirait sur la plage de Copacabana un soir d’été, bref, on a chaud, on est bien, manque juste les brésiliennes en maillot et tout serait parfait !

Mais ici, à part le soleil, il n’y a personne, à part deux gus accrochés à une pauvre plaquette.

La longueur de neige est passée, nous voilà à un passage clef. Il faut faire une traversée en rocher sur la gauche.

Jeff, part, tout en dry tooling (pour les ignares, le dry tooling est l’art de grimper avec ses piolets, mais sans neige, et sans les mains ! Un piolet trouve une microprise à gauche, un croisement de mains, je surveille chacun de ses gestes afin de pouvoir les répéter quand viendra mon tour… Ça a l’air fin et je ne sais si je vais être à la hauteur. Je le vois hésiter, je le vois progresser, doucement mais surement. Il dans sur la paroi, mi neige mi rocher, il nettoie la poudreuse pour dégager les prises, une petite traversée, il est passé, et installe un relai un peu plus haut. C’est mon tour, je ne suis pas serein, je me libère du relai, descend de quelques mètres pour attaquer par une portion facile, j’y ai repéré de bonnes prises pour les pieds, pour les mains on verra bien. Je glisse un piolet derrière mon sac à dos, je remonte à présent tout en traversant. Je trouve de fines prises, tout se passe pour le mieux, c’est avec les mains que j’avance, le piolet est plutôt gênant, il ne me sert à rien ! Le Dry tooling ça sera pour une prochaine fois. Une petite traversée, je trouve de bonnes prises pour les pieds et je rejoins Jeff.

 

Il repart, il a deux choix, soit de partir dans la goulotte de gauche, soit de rester sur la neige à droite, et il file à droite. Progression rapide au début, dans une neige toujours aussi fine. Il ralentit. Je le vois gratonner la roche, oui en fait, la belle portion en neige, s’avère en fait, une belle dalle recouverte d’une fine pellicule de neige. Jeff progresse lentement, il est entre 25 et 30 m au-dessus de moi, et pas un point, entre nous, chute interdit. Je stresse, je regarde le relai, qui me parait bien frêle, une seule plaquette, la seconde a été abimée par une chute de pierre, et là-haut, Jeff qui lutte avec les éléments. J’imagine déjà le relai exploser en cas de chute, je calcule mentalement le facteur de chute… bien supérieur à toutes les normes permettant de tenir.

Jeff me lance « tu restes concentré ! », comme s’il y avait besoin de me le préciser, j’ai le cœur qui bat à fond, je vois ses piolets riper sur la roche, cherchant vainement une hypothétique prise. L fléchit, pour mettre son poids sur le bon appui. J’aspire à ce qu’il mette un point, mais je ne dis rien, je sais qu’il sait, qu’il sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Centimètre après centimètre, il grimpe, et pause une sangle sur un grand béquet, ouf, puis il poursuit à gauche, c’est plus facile, il est sorti. Je souffle, j’imagine que plus hait, il souffle aussi. C’est mon tour, je vais tenter le passage à gauche, ça ne peut pas être plus dur qu’à droite. Je rejoins la gorge, un peu de glace, mais qui cramponne bien, je passe un poil sur les rochers, il faut alors aller chercher le point à droite, je rejoins le relai. Quelle longueur !

Nous progressons ensuite sur un terrain plus facile, Jeff me fait passer devant pour rejoindre le pied d’une partie plus raide. La glace est pure, difficile à cramponner, je gravi une dizaine de mètres en glace, plante une broche (en trois coups, les deux premiers, je me suis retrouvé dans la roche et j’ai bien désaffuté la broche !) puis il faut aller chercher le relai, à droite, avec plein de neige sur les prises… invisibles. Je réussi à planter mon piolet gauche, je cherche alors une prise pour mon pied droit. Hésitation. Le pas est large. Je cherche une prise pour le piolet droit, rien, le rocher est fuyant. Non prisu. Je fais plusieurs tentatives, hésitant à basculer mon corps de la gauche vers la droite, de prises assurées, vers un inconnu. Je finis par réussir à poser le crampon droit, et bascule mon corps. Je suis passé. Je remonte la courte pente de neige pulvérulante et chope le relai. Jeff me rejoint.

 

le relai suivant est spectaculaire, la goulotte se redresse à 80° ! Jeff part, il est sûr de lui, brochant tous les 7-8 mètres. La longueur de 60 mètres est avalée, je ne le vois plus, le relai est bien loin. C’est mon tour. Je m’applique, la glace est bien dure, et je cherche à mettre mes ancrages dans ceux de Jeff. Viser la neige, éviter la glace, éviter la roche sous-jacente. Parfois le piolet fait dong, il rebondit sur la glace, sensation bizarre, désagréable.

Mais je progresse, c’est raide, mais on parvient à trouver des ancrages solides.

Je rejoins Jeff.

La longueur suivante, va nécessiter d’être fin, très fin. Il ya une fine pellicule de glace sur du rocher parfois apparent. Qui avait annoncé que ça n’était pas en condition.

Jeff part, je scrute chacun de ses mouvements. Il progresse lentement mais surement. Brochant régulièrement. Il danse sur la glace, m’envoyant au passage de grosses pavaces dans la tronche. C’est de la dance, mais ça reste quand même un bon grand sport de bourrin. Je passe mon temps à me recroqueviller afin d’éviter les multiples projectiles qu’il m’envoie. Après un long moment, il m’annonce qu’il est au relai. Je pars. « Il va falloir être fin » Voilà la phrase que je me répête dès le départ. J’essaie de trouver les ancrages de Jeff, la glace casse à chaque coup de piolet, j’aurais sans doute du affuter mes outils avant de me lancer dans cette grande aventure. Voilà la première sangle, puis la première broche, je tétanise les mollets, le temps de l’enlever. Grimper me fait du bien, ne pas rester sur place ce qui tétanise les muscles. Il faut rester concentré. Les ancrages ont peu profond, il faut trouver le bon emplacement pour placer chaque membre. 2ème broche, nouvelle tétanisation, enlever la dégaine, retirer la broche, remettre la dégaine, et la ranger sur le baudrier. L’opération n’est pas hyper longue, mais suffit à mon malheur. Je repars, visant les maigres traces laissées par Jeff. Et tout à coup, c’est le drame, mes lunettes deviennent intégralement remplies de buées. Je ne vois plus rien. En plein passage technique. Déjà que c’était compliqué avec deux yeux en bon état. Je me retrouve en semi nocturne. Je fais pars à Jeff de mon désarroi. Je plante mon piolet n’importe où, mais n’importe où, statistiquement, il ya de forte chance pour que ça n’ancre pas. Et ça n’ancre pas. Je finis par trouver un ancrage et progresser, mais c’est la galère. Dès que je me retrouve un peu stable, j’enlève mes lunettes et les glisse dans ma poche… Mieux, bien mieux. Je me remets à ancrer aux bons endroits. Jeff n’est plus très loin,

 

Je récupère une dernière dégaine, je me fais une petite traversée pleine de neige et le rejoins au relai.

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Il m’annonce, « on va redescendre » Il ne reste que 2 longueurs.  Une en traversée facile (enfin qui parait facile) puis une fine goulotte, qui de loin ne parait pas tellement en condition. De toute façon, ça me va, je suis content d’être monté jusque-là. La dernière longueur m’a usée, physiquement et mentalement, j’avoue que je suis content de redescendre.

On ne traine pas, en position rappel et c’est parti… c’est long, 9 rappels environ. Où l’on repasse par les endroits techniques gravis il y a peu. Les deux dernières goulottes à 80°, le passage àoù Jeff s’est retrouvé sur la roche, les pentes de neige, et la goulotte du bas. Petit coup de stress, on voit qu’une avalanche a balayé le bas du couloir, pourvu que l’on retrouve notre matos… J’avais fait le dépôt en amont de la base u couloir, bingo, elle est passée bien en dessous.

Dernier rappel, dans l’étroit couloir. En bout de corde, rien, pas de Jeff. Est-il descendu ou l’ai-je dépassé en descendant trop vite. J’opte pour la première hypothèse. Je me vache au bout de la corde a rappelé et je descends. En bas de la goulotte, je vois que Jeff est déjà aux skis. Je redescends la pente à 55°, je passe la rimaye facile puis rejoins facilement les skis.

 

On quitte les chaussures d’alpi pour les chaussures de ski, et on file dans la vallée blanche. A la poursuite du soleil qui ne se laisse pas facilement approcher. On finit par filer jusqu’au lieu du peautage, dans une neige correcte ! Et on voit que c’est jouable de choper la benne, donc on ne fait qu’une petite pause, et c’est à fond pour remonter vers Torino.

Je pars devant, Jeff dans mes skis, les sacs bien lourds. Il faut arquer si on veut avoir la benne. J’ai beau arquer, je me rends compte qu’il va nous manquer 10 minutes un quart d’heure.

Il fait super beau, on aurait pu faire de superbes photos dans ce soleil d’automne… Mais non, on est à fond et on file. A droite, deux alpinistes de retour de course.

On arrive au replat, sous le téléphérique, je vois les agents qui appellent leurs clients. On s’organise, quand on arrive au refuge, Jeff file payer, tandis que je bondirais dans le couloir afin de demander à ce qu’ils nous attendent. On ira alors chercher le matos laissé au refuge. Jeff m’a passé, il arrive au refuge. Quand je le rejoins, il m’annonce que la porte est fermée… la loose. 16 h 20, c’est tôt ! On a 10 minutes de retard.

Direction le bar, pour une pause coca. Avant une petite sieste et un bon repas fort sympathique avec un guide du Mercantour.

Le lendemain, réveil à 7 h 30, il fait déguelasse, comme annoncé par la météo. Quand on sort du refuge, c’est la tempête de neige. Plein vent, pleine neige. Et si la benne ne tournait pas…

On déjeune tranquillement puis on range le matos. A 8 h 30, on se présente à la porte, elle est fermée. Ça sent la loose. On revient au refuge et on annonce aux autres cordées le problème. Tout le monde est dans l’attente, personne n’a envie de rester la perché dans le brouillard, que le mauvais temps cesse. Une autre cordée tente sa chance. C’est ouvert. On file dans le couloir, puis l’ascenseur rejoindre la benne. Qui nous ramène au plancher des vaches, où il pleut ! Forcement !

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
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Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
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Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m

Publié le par Apoutsiak

81ème 4000 gravi !

En solo, à défaut de partenaire disponible.

Une jolie ascension dans une météo de rêve.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m

Vidéo

Topo

 

Topo photo du Mont blanc par l'arête des Bosses

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refuge du Gouter

Montée au refuge du Goûter Du refuge de Tête Rousse au refuge du Goûter Du refuge de Tête Rousse au refuge du Goûter - vu depuis ce dernier (du haut)

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Mont Blanc

Du refuge du Goûter au Dôme du Goûter

Du Dôme du Goûter au sommet du Mont Blanc - l'arête des Bosses proprement dite L'arête des Bosses et le Dôme du Gouter vu du dessus

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Topo photo ascension du Mont BlancTopo photo ascension du Mont Blanc
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Topo photo ascension du Mont BlancTopo photo ascension du Mont Blanc

Topo photo ascension du Mont Blanc

Mont Maudit

redescendre les pentes Nord du Mont Blanc. Passer à gauche des petits rochers Rouges et descendre le mur de la cote. rejoindre le col de la Brenva 4303 m

Passer la rimaye et remonter la pente Sud du Mont Maudit (45°) quelques rochers faciles mènent au sommet 4465 m

Le topo est original, il permet d'éviter les crevasses et les séracs du Maudit et du Tacul.

Je suis revenu par le même itinéraire, il ya également la possibilité de descendre sur l'aiguille du Midi par l'itinéraire des 3 Monts.

Récit

L'ordi a bien chauffé !!! J'ai pourtant cherché un partenaire de cordée disponible, d'abord dans mes partenaires habituels, puis sur camp2camp, mais incroyable, personne n'était dispo... bilan, je change de programme, au départ j'avais prévu d'aller faire le Zinalrothorn, et bien je jette mon dévolu sur le Mont Maudit, plus simple à faire en solo et la météo y est annoncée meilleur.

Une place se libère sur le site de réservation du refuge du Gouter, et zou, elle est pour moi. Plus qu'à préparer mon sac, remettre les bons fichiers GPS dans la montre et le GPS. Je recalcule le temps qu'il va me falloir pour gravir le Mont Blanc, redescendre au col de la Brenva, gravir le Maudit, puis en redescendre avant de remonter au Mont Blanc pour en descendre par l'arête des Bosses... Il y a de la distance, il y a du dénivelé : plus de 1800 m.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Récit

Un petit repas du soir en famille, puis je prends la route de Chamonix. Je me gare au col des Montets pour passer la nuit, je suis devenu un adepte de la nuit en voiture, il faut dire, que le fait d'emporter un matelas améliore grandement le confort.

6 h 30, je me réveille, petit dej et départ pour le Fayet. Le premier train est à 8 h 20

Je somnole en profitant du paysage. La montée est longue, 1 h 15 pour atteindre le nid d'Aigle, YAPLUKA !

Bon, je mets un peu de temps à organiser mon sac, et je me retrouve en queue de peloton en direction du refuge. J'ai décidé de monter à un bon rythme, histoire de voir ce que ça donne... il va me falloir dépasser la longue file d'alpiniste, alors je galope, et je dépasse en essayant de ne pas trop déranger... Un guide me lance "on finira tous par arriver en haut", il n'a pas tord, mais je poursuis. Le gros de la file d'alpiniste est vite derrière et me voilà aux Rognes Je continue avec 2 guides à proximité. On arrive assez rapidement à hauteur de Tête Rousse où j'opère une courte pause pour mettre les crampons. 1 h 20 que je marche.

 

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Le glacier de Tête Rousse est traversé, j'enlève les crampons et suis la sente qui mène au Grand Couloir. Il a l'air calme. La bête est endormie, j'en profite pour passer. Une sente est tracée, et le passage est rapide, cet endroit est toujours stressant, j'y ai vu des rochers plus grand que des frigos dévalés les pentes lors de mes précédentes ascensions...

Au dessus, un peu de calme et je rejoins l'éperon. Un peu d'escalade, un peu de sentes, à force de passages, je sais rester au bon endroit sans trop avoir à chercher le bon itinéraire...

Je rejoins le Gouter, l'ancien refuge, et file vers le nouveau pour une courte pause. 3 h 10 depuis mon départ de tête Rousse, temps correct.

Je dépose quelques affaires superflues au refuge et je repars, avec pour objectif, le Dôme du Goûter, ça me dégourdira les jambes, même si je sais que cette "petite" ascension devra être payée demain...

Et oui, tout se paye ma bonne Dame...

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Bref, je repars vers le haut. D'abord sur l'aiguille du Goûter, puis dans les pentes du Dôme, sous la surveillance de l'aiguille de Bionnassay.

Le temps est beau, pas de vent. Je me retrouve rapidement avec un autre gars qui prend ma roue.

On progresse sans un mot. Son pote est loin devant.

L'altitude se fait un peu sentir. Je ralentie le pas. On se retrouve à l'épaule à deux, j'adore ce moment où le Mont Blanc se découvre, magique ! Il monte avec moi au Dôme du Gouter. On papote, il me précise qu'il va descendre du Mont Blanc en parapente, la classe !!! puis part vers sa destinée, je reste là pour faire le Guignol et profiter du paysage...

Au loin, de nombreux alpinistes sont encore à Vallot et sur l'arête des Bosses.

1 h 20 pour monter au Dôme, correct, sans plus !

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Retour au refuge par le même itinéraire. J'ai les pieds qui chauffent. Arrivé au refuge, je m'installe. Accueil efficace. Je vais sur mon lit, me reposer. J'essaie la tecnique du "Je ne m'endors pas, sinon je ne vais pas dormir cette nuit" mais je n'y arrive pas, Morphée me prend dans ses bras... Encore raté Caramba. Je me réveil à 18 h, juste le temps d'aller dans le réfectoire. Je médite, il y a du monde, les guides prennent l'apéro avec le Gardien. A table, focemment, je suis seul avec un groupe de Russe. Bon le point positif, c'est que j'ai fait un an de Russe en seconde, le point négatif, c'est je suis vraiment nul en langue, et que le seul mot qui m'est resté c'est "excusez moi" (Scouzatemnié), pas pratique pour tenir une longue conversation... Le Russe en face de moi a l'air patibulaire, mais je fais mon social, pas envie de manger "dans mon coin". Il ne parle pas Anglais. J'essaie de lui expliquer mes connaissances en Russe. Je sens qu'il s'en fou, l'altitude le rend un peu grogui. De toute façon, il y a un souci, les Russes ne sont pas à cette table. Vu le nom sur le panonceau, je vais avoir droit à des Allemands... Mais non, c'est un groupe de Genevois qui arrive. Ils sont 6 avec 3 guides de la compagnie des guide de Chamonix. Le guide "chef" annonce : "LEDOUX !" " tout seul ?" Je lève la main "C'est moi !" La conversation s'arrête là, je sens qu'il ne valide pas ma montée en solo.

Je me retrouve en bout de table. La conversation est sympa. Elle tourne sur l’ascension des 4000 et des 82 (ben oui, j'ai du avouer que je venais plus pour le Mont Maudit que pour le Mont Blanc) Ce qu'il y a de marrant, c'est que je les connais tous, et que j'ai un avis autorisé sur chaque ascension. Je passe un très bon moment. Et je me gave, de soupe et de poisson (oui, de poisson !) Ce qui fait que j'ai du mal à finir le dessert !

Je passe regarder le coucher de soleil, bon, il faut avouer qu'il y a un léger contraste entre le paysage et l'odeur et la vue des résidus de chiotte qui se déversent 5 mètres sous le refuge. Bon, je ne reste pas ...

Direction les mégas dortoirs pour une mauvaise nuit, il est 20 h 30....

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2 h 50, le violoncelle de mon réveil me réveille. Je m'habille discrêtement, visiblement, il y a encore des gens qui dorment... Le petit déjeuner est avalé avec les Genevois, je me prépare et à 3 h 30, je suis le premier à quiter le refuge. Je lève l'ancre, la nuit est d'encre, tout va bien.

Je progresse sur l'arête du Goûter, le halo de la frontale éclair les quelques mètres devant moi, objectif, arriver dans 3 h 30 au sommet du Mont Blanc. Je reprends les pentes du Dôme, le regel est bon, les crampons crissent. Je parviens à l'épaule, je perds un crampon. Je le remets et repars sur le plat du col des Dôme pour le perdre une seconder fois. Le remettre en place prend pas mal d'énergie. Mes deux crampons se font la malle une troisième fois, le retour de la malédiction du Mont Blanc, il y a 3 ans avec Sandrine, j'avais cassé un crampon dès le glacier de Tête Rousse (Voir Le Mont Blanc en Amoureux)...

Lorsqu'ils partent une nouvelle fois, au niveau de Vallot, je décide de faire une pause réparatrice... pas pour moi, mais pour mes crampons.

Me voilà dans la nuit noire, le couteau Suisse à la main, en train de réparer mes crampons,  objectif, les resserrer, je me gèle les doigts. A présent, quand je les remets, ça tend, mais ça tient mieux, la talonnière s'enfonce dans mon talon, bien désagréable, mais les crampons devraient rester en place.

Au loin, les premières frontales passent le col des Dômes

Je repars vers les bosses, la pente devient raide, j'attends le passage de la crevasse équipée par les guides, je ne me souviens plus où elle est placée exactement.

1ère bosse, RAS, seconde bosse , pareil, et si j'avais passé la crevasse sans m'en appercevoir, je suis si fort à présent... Je monte en direction de l'éperon de la tournette, il ne reste plus grand chose, ah, si, la crevasse, la voilà !

Une énorme crevasse barre l'accès à l'arête, elle devient fine à un endroit, mais est verticale sur 5 mètres environ, les guides y ont taillé un escalier géant ! Une corde fixe a été mise en place. Il y a juste un grand pas. Je franchis l'abîme, puis me retrouve dans la pente. Les marches sont hautes et bêtement, j'ai gardé un piolet en mon bâton. Je finis par m'élever, serré par les parois de la tranchée réalisée par les artisans guides. 2 pas plus tard, tout devient plus facile, l'escalier, entre les deux parois de neige progresse vers le ciel et permet de rejoindre l'arête. Dernier ressaut, dernier bout d'arête, le vent s'est levé, il fait méga froid. Je peine à filmer les derniers instants sans mes gants. Il fait encore nuit, mais les couleurs sont superbes !

Le sommet, je n'y traine pas, je file versant Italien me protéger du vent (et oui, le TRUC, c'est qu'en descendant coté Italien on est souvent bien abrités) Petite pause, j'enfile ma doudoune, je mange une barre, 3 heures et quart depuis mon départ. Impeccable.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Je ne traine pas et j'enquille avec la descente. Le gîvre s'est transformé en morceaux de glaçons assez désagréable à cramponner, je progresse en suivant une pseudo sente, pas hyper rapidement. Je rejoins le haut du mur de la Cote.

Si quand on était passé avec Yannick il ya 1 mois, il ya avait de grosses marches, aujourd'hui, il n'en est rien. Quelques traces de pas, il faut rester concentré. Voilà le col de la Brenva. je poursuis, ça monte, ça descend, je croise deux alpinistes en direction du Mont Blanc. Me voilà au pied du Maudit, l'OBJECTIF !

Je laisse mon sac et pars avec un bâton et mon piolet light. Le départ est peu raide, une pseudo rimaye bien bouchée , puis ça se corse, la pente devient plus forte, la neige laisse place à un peu de glace sous-jacente. il faut ancrer les crampons correctement et j'ai les crampons light, pas forcement le mieux pour un bon ancrage Je reste concentrer et je progresse, je retrouve des pentes moins raides, puis 3 pas d'escalade me laissent accéder au sommet , YOUPI !

81ème 4000, je m'amuse à faire un "direct facebook" juste pour la famille. Je fais quelques photos, le paysage est superbe, une douce brume dans les vallées, et les cimes aux couleur automnales.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Il faut déjà penser à redescendre, mais également à la montée sur le Mont Blanc, au moins 500 m de dénivelé encore...

Je descends la pente raide et rejoins mon sac. 3 Espagnols s’inquiètent du fait que j'ai laissé mon sac là. Ils doivent penser que je suis naze et que mon compagnon de cordée est parti au sommet du Mont Blanc tandis que je l'attends. Je leur précise que tout va bien. On se prend en photo et je les quitte. Je traverse le col de la Brenva et attaque le mur de la Cote. Je prends un rythme lent qui m'amènera au sommet. Au loin, je vois que les Espagnols avancent peu. Je remonte jusqu'au petit rochers rouges. Au dessus, je suis la trace.

Un parapentiste prend un départ un peu taquet juste devant moi. Impressionnant, son collègue m'avoue qu'il n'a pas une grande expérience. Je poursuis et me retrouve au sommet du Mont Blanc encore seul. Juste le temps de prendre en photo mon saut de joie j'attaque la descente, la grosse crevasse est beaucoup plus impressionnante, de jour, un énorme trou, dont on ne peut sonder la profondeur. Je dépasse a l’abord de celle ci une cordée avec guide, assez lente.

 

Je galope dans la descente, les bosses, puis Vallot. J'enchaine sur le col des Dômes , la remontée à l'épaule est rapide. Descente du Dôme, avec deux trailers, qui ne vont pas plus vite que moi, il faut dire que l'un d'eux a l'air dans le dur...

Je ne m'arrête pas au refuge, alors que je sais que j'y ai laissé un précieux paquet de fruits secs... J'enlève les crampons à l'ancien refuge du Gouter avant de basculer. je dépasse d'abord une cordée avec guide, puis me retrouve au "cul" de 3 alpinistes, rapides, mais moins que moi. je parviens à les dépasser à l'occasion d'un passage ou deux options sont possibles. Tout se passe bien. En repérant les alpinistes qui montent on arrive à bien anticiper les endroits où passer. La progression est bonne, je me rends compte que je vais peut être avoir le train de 14 h 45 (et oui, j'ai appris les horaires par cœur, ça permet de ne pas louper un train pour 5 minutes)

Je sais que ça devrait être short alors je ne m'arrête pas.

 

Voilà le grand couloir, une traileuse me laisse passer, j'attaque sans hésiter, pas la peine de tergiverser. Et la bête dort toujours, je passe sans incident. De l'autre coté, je poursuis, deux trailers me passent. je rejoins le glacier puis la terre ferme. Le reste c'est un rythme rapide pour rejoindre le train. Sans courir, mais sur un rythme rapide, je descends, je croise les bouquetins des Rognes et rejoins le groupe des Genevois juste avant l'arrivée au train.

Et là chance, il y a encore de la place dans le train de 14 h 45 , il est 35. Je me pose sur un banc. Nous papotons, ils ont tous réussis le sommet et j'en suis ravi. La journée a été belle.

Bon le train est plein et je voyagerai avachi contre la porte du train, plus de place assise.

Quelle belle et longue journée.

 

Ne reste plus que le Zinalrothorn, tentative dans 15 jours...

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

Publié le par Apoutsiak

Descente par les 3 Monts.

Les grandes et grosses journées se suivent.

Voir la journée de la veille (Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle Eccles)

Vidéo

Topo

Du bivouac Eccles

Désescalader une dizaine de mètres pour rejoindre le glacier le traverser en descendant, une crevasse peut nécessiter un rappel.

Traverser en direction de la base du couloir qui mène au col Emile Rey.

Remonter soit par la droite soit par la gauche le couloir, il n'est pas necessaire de monter jusqu'au col Emile Rey (4030m, on tire à droite une dizaine de mètres en dessous.)

Prendre le système de couloir à droite du col, remonter au mieux (passages courts de IV+) ce large couloir. Quand on atteint la neige, partir en ascendance à droite (50°) et rejoindre le sommet de la pointe Louis Amédée 4460 m.

De là, poursuivre, en contournant par la droite la première tour (rocher pourri) puis gravir les différents ressauts pour rejoindre le Mont Blanc de Courmayeur (4748 m)

Delà, rejoindre facilement le sommet du Mont Blanc - 4810 m

Du sommet du Mont Blanc, je vous laisse le choix pour l'itinréire de descente, vous déconseillant de revenir par là où vous êtes montés...

Mont blanc de courmayeur en vue

Mont blanc de courmayeur en vue

Récit

La journée de la veille, déjà bien longue, est ici...

 

Courte nuit

Après l'accueil glacial des autres alpiniste, j'avais réussi à dormir d'un oeil, serré entre la banquette et Yannick qui faisait sécher ses chaussures. Puis, je me suis rendu compte que le sol était bien dur malgré la fine couverture qui y était pausé. C'est devenu une obsession. Je voulais me retourner, mais le peu de place qui m'était alloué ne me permettait pas le moindre mouvement. Je sentais la dureté du sol du bivouac sur mes hanches, mes épaules. La nuit allait être longue. Je ne suis qu'une Sardine dans cette boite de Sardine, manque juste l'huile d'Olive. Je rêve en pensant à cette idée. A minuit, brans le bas le combat, les cordées se lèvent. Je me retrouve dans une couchette plus confortable, attendant leur départ le temps qu'ils déjeunent s'équipe et filent vers le sommet des alpes.

Je dormiote un peu. A 3 h 30 Yannick me réveille et me lance un peu convainquant, "on y va ?"

Et c'est là qu'on voit que je suis de la motive : Je réponds "OK", alors que je suis dans le pâté, que je n'ai pas dormi, que je sais que la journée va être longue et que mes pompes sont déjà mouillée !

On déjeune lentement, on se fait de l'eau. J'enfile mes humides chaussettes, je mets mes chaussures, dès que je pause le pied, je sens l'eau sous ma voute plantaire. Quel bonheur.

5 h, on quitte la boite de sardine, un peu de desescalade et nous voilà sur le glacier. et là, horreur, une fine croute de glace s'est formée. Et elle casse sous mon poids. la trace est une vraie galère à faire, la journée va être longue.

Je trace aussi vite que je peux, c'est à dire lentement, vers le bas. Quand je me retrouve face à une crevasse géante. On regarde à gauche, à droite, je descends vers la lèvre pour mieux voir, elle doit bien faire 6-7 m de haut.

Et zou, voilà Yannick qui me repropose le coup du corps mort... (voir la journée d'hier)

Il creuse, énervé de perdre tant de temps dès le départ de la course. il fixe la corde et pars tout en finesse passer la crevasse en rappel. Je le vois ressortir en dessous, la crevasse est grosse.

C'est mon tour. Je m'installe, et me lance, tout en finesse, je regrette de ne pas avoir fait de régime cet hiver. Je passe, mes jambes sont dans le vide, mon corps glisse doucement, me voilà suspendu, mais mon reverso se coince dans la lèvre supérieure. Moment de tension. Je donne du mou, il faut s'énerver tout en restant calme. Le réverso progresse avec peine dans la neige, mais fini par passer lui aussi la lèvre de la crevasse, énorme ! je pends dans le vide tel une arraignée au dessus de cette immense crevasse. 6-7 mètres me séparent du sol. Je descends en douceur et me voilà sur la lèvre inférieure. Impressionnant endroit. On se réencorde et on file

A plat puis on remonte le grand couloir du col Emile Rey à 50°.

La neige est bonne et on progresse enfin vite. Yannick rejoint le col, il pense que le couloir est à gauche, lui indique qu'il me semble qu'il est de ce coté ci du col. ( et quand je dis il me semble, j'en suis quasiment sur !). On part donc à droite, et on se retrouve dans le couloir. L'escalade est agréable et parfois technique. Le rocher est bon. Les passages techniques mettent bien dans le rouge mais on progresse.

La pente bien raide, s'aplani, le rocher devient moins bon, on retrouve la neige et nos crampons. La pente est de nouveau raide, 50° avec des passages merdiques avec des rochers sous jacents. Je sens que ça n'est pas la grande forme et je prends mon petit rythme qui me menera au bout. On avance pas vite mais on avance tout le temps. Le sommet de la pointe Amédée est bien long à atteindre, mais quand on y est , je suis ravi !

Par contre, ce qui s'annonce a l'air coton. je pensais trouver une jolie arête de neige, et c'est une arête de rocher délité qui nous attend, Yannick m’avait prévenu, la course n'est pas terminée !

Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo

Pointe Louis amédée - Luigi amadeo

On a passé 5 minutes au sommet puis on est reparti pour des montagnes russes. J'ai pris mon rythme hyper lentos. pour avancer sans trop m'arrêter. Escalade jamais hyper technique, mais rocher de piètre qualité ! On contourne un grand gendarme par la droite ce qui nous fait gagner du temps. J'avoue que j'ai un peu mis le cerveau en off en mode "chaque pas te rapproche du sommet" ou "après avoir avancer le pied droit, avance le gauche !"

Et ça marche, je progresse, bon je sens bien qu'au bout de la corde, Yannick souhaiterais que ça aille plus vite, mais perso, je suis à fond. Les courts passages d'escalade un peu technique me mettent un peu dans le rouge. J'avoue que mon acclimatation a été plus que réduite... Mais j'avance. Une arête de neige, un dernier passage rocheux, et le Mont Blanc de Courmayeur est là tout proche, nous y faisons une courte pause, j'avoue que je suis comblé.

Reste à traverser en direction du Mont Blanc, c'est long et plat, pas après pas je rejoins le sommet pour mon 9ème Mont blanc, le plus technique, et de loin !

J'essaie de joindre Sandrine, finalement, je joins marie, ma fille, j'ai la voie tremblotante, c'est du à l'émotion, je cache mon visage, les larmes coulent, le vent cache mes sanglots. Mauvaise idée que celle de téléphoner là haut.

Emotion.

Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc

Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc

Il faut redescendre et Yannick souhaite rejoindre les cosmiques pour descendre par l'aiguille, je sais que ça va être méga long, j'aurais préféré descendre sur le Gouter mais bon.

Je sais également qu'il y a des faux plats et des petits coups de cul qui tuent, ça va être chaud... et long.

On entame la descente sur un bon rythme, en descente, il n'y a pas de souci, on galope, la gravité nous aide. Au col de la Brenva, on est sec, et on décide de faire un peu d'eau (je sais, c'est mon idée, pas la meilleur de la journée). Bref on sort le réchaud et on fait fondre de la neige qui met de longues minutes à fondre. Je raconte à Yannick mon histoire de Khole de prépa (examen) ou un prof m'avait fait calculer le temps de cuisson d'un oeuf au sommet du Mont Blanc et où j'avoue que j'avais pensé que le plus simple aurait sans doute été de faire des essais au sommet (mais ça n'était pas la réponse, un sordide calcul permettait de la trouver)

Bref, le peu de neige fondu au goût de brulé ne nous réhydrate pas et on repart sur le faux plat sous le Maudit qui sera sans doute le dernier 4000 que je gravirai de la liste ...

je regarde le sommet, repérant l'itinéraire de la voie normale, je sais qu'en moins d'une demi heure je pourrais être là haut, mais je me garde ce sommet pour la fin, terminer par un truc plus facile, et peut être partir avec plusieurs amis, pour fêter ça.

Rejoindre l'épaule est vraiment méga long. Il fait à présent gris, les nuages sont là. On rejoint l'épaule et on entend le tonnerre gronder au loin.

Gestes efficaces, on tire un premier rappel, je rejoins Yannick, la corde se coince au dessus de moi, je peine à la décoincer, on refile vers la rimaye pour se ré encorder. L'orage gronde au loin. On galope dans la descente sous les énormes séracs. Impressionnant, mais pas le temps ni l'envie de trainer. On se retrouve sur le plat du col Maudit, déjà long puis il faut remonter sur l'épaule du Tacul. Et c'est encore long. J'ai déjà parcouru deux fois cette descente (une fois lors d'un Mont Blanc en aller retour par les 3 Mots avec mon frère Thib, la seconde lors d'une traversée depuis Tête Rousse avec Anne et Laurent), mais mon cerveau a judicieusement omis de retenir la longueur des passages, ne gardant que le meilleur et l'agréable.

Quelle galère de remonter sur l'épaule du Tacul. J'avance un pied après l'autre, et je refais la même opération lentement, me chantant "Les petits poissons" et je progresse.

Voilà l'épaule et on repart dans la descente. Nous sommes les derniers sur la montagne.

On essaie d'aller au plus vite vers le bas, mais c'est sur que je n'ai pas battu mon record, c'est plutôt mon pire temps. Je regarde mon altimètre qui refuse de baisser rapidement. Et pourtant je descends et on retrouve le col du Midi dans le brouillard. Ca aussi je l'avais oublié : la longueur de ce col. J'essaie de distinguer le refuge des Cosmiques dans la purée de poix mais il est encore bien loin. On finit par se retrouver au pied. Il faut se remettre à monter, la dernière. Je reprends mon rythme bien lent, tout en ne m'arrêtant jamais. Le refuge s'approche, doucement. Il me tend la main. Devant Yannick y est, je le rejoins. 19 h 00 ! Quelle journée, nous sommes joyeux. Quelle méga journée. on se déséquipe et on prend un coca dans un coin calme. Dans la salle à manger les gens mangent et il y a trop de brouhaha pour nous. On papote calmement, profitant de ces instants de calme. On doit avoir des belles gueules de détérés ! Mais on est heureux.

On hésite à prendre un repas, je sais qu'on n'a pas faim. Finalement on s'attable. Je me gave de soupe, mais le joli plat principal ne passe pas, je me force à en manger quelques bouchées, Yannick laisse tout. J'avale le tiramisu et file me coucher. Yannick croise quelques connaissances, qui ont l'air épatés par notre périple. Sacré bambée ,sacrée course. Je me rends compte qu'on a fait un truc assez balaise quand même.

Une crampe me prend, une alpiniste plutôt âgée m'aide à la passer.

Je me retrouve dans les bras de Morphée, le réveille à 7 h ! Yannick remontera plus tôt à l'aiguille pour descendre avec la première benne

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

7 h 00, le réveille sonne, le déjeuner vite avalé , je quitte le refuge. Une magnifique journée débute et j'ai juste à remonter à l'aiguille. C'est ma journée de repos.

Je profite des lumières, des alpinistes vaquant sur les glaciers, de ceux en train de grimper, des lumières. Je vois les Grandes Jorasses me faire un clin d'oeil (enfin je crois)

La journée est belle.

Je vois que ça bouchonne dur au départ des voies de l'aiguille du Midi, sans doute la Rebuffat faudra que je relise le topo, Je croise quelques cordées, je vois les guides décrivant à leur clients les sommets alentours, d'autres leur déconseille d'aller faire le Mont blanc, je remonte, je dépasse une cordée dont la fille est un peu à l'agonie. Reste l'arête de l'aiguille, je pars, je me décale hors de la trace pour laisser passer les cordées de débutants, ça les rassure, on a tous été débutants un jour. Certains guides me remercient. Il fait beau, j'ai le temps, je rejoins l'aiguille, ses touristes Asiatiques, mais je ne traine pas, je file vers le télécabine de l'Hellbronner pour une jolie traversée. Le panorama est magnifique sur le massif.

Arrivé en Italie, je m'offre une demi heure de pause sur la terrasse panoramique, admirant la Blanche de Peuterey, le pilier de l'Angle et le Mont Blanc d'un coté, de l'autre, la Dent du Géant et les Jorasses.

J'observe aussi les gens, qui scrutent les alpinistes au sommet de la Dent, qui cherchent sur les tables d'orientation les sommets qui me sont familiés, je les observe se prendre en photo devant le Mont Blanc, les Selfies vont bon train et je m'y adonne. Je finis par descendre et rejoindre ma voiture en stop.

Un groupe d'Italien m'accueille, ils sont en train de cuisiner et m'offrent du jambon grillés, je n'ai pas faim mais c'est délicieux. Ils sont en partance pour le Mont Blanc via la voie du Pape et sont impressionnés quand je leur décris mon périple. Ils me demandent des conseils, sur l'approche du refuge, la tenue vestimentaire, la difficulté. Je passe un bon moment, me reposant, faisant sécher mes affaires et me restaurant avant de repartir et de me rendre compte que j'ai oublié ma goretex au refuge des Cosmiques.

Un employé du refuge me la redescendra le lendemain matin avec la première benne, ça tombe bien, j'en avais bien besoin pour les journées qui suivent...

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

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Alpinisme : Blanche de Peuterey - 4112 m - Grand Pilier de l'Angle - 4243 m

Publié le par Apoutsiak

Un grand voyage en altitude

(mais aussi un peu long)

J1 : montée à Monzino

J2 : Col de l'Innominata - Dames Anglaises par les vires Schneider - Blanche de Peuterey

Col de Peuterey - Grand pilier de l'Angle - Col de Peuterey - Col d'Eccles bivouac Eccles

J 3 : Bivouac Eccles - Col Emile Rey - Pointe louis Amédée - Mont Blanc de Courmayeur - Mont Blanc - Descente par les 3 Monts - refuge des Cosmiques

J 4 : refuge des Cosmiques - aiguille du Midi... Journée de repos !

Vidéo

Blanche de Peuterey - Grand Pilier de l'Angle - Pointe Louis amédée è Mont Blanc de Courmayeur - Mont Blanc

Blanche de Peuterey

Blanche de Peuterey

Topo

Refuge Monzino (2590 m)

Se garer au parking du frêney et remonter la piste qui permet de passer le pont sur la Doire

Suivre le sentier du lac de marmotte et le quitter à la bifurcation pour remonter vers la rive droite du glacier du Freney

Prendre la via Ferrata la remonter puis par des pentes faciles rejoindre le refuge Monzino (2 - 3 h)

Blanche de Peuterey

De Monzino, gagner le glacier du Chatelet, le remonter et par une escalade relativement facile gagner le col de l'Innominata -3205 m

En 3 rappels de 30 m gagner le glacier du Freney, le traverser au mieux et rejoindre les Vires Schneider qui se situent légèrement au dessus du rognon rocheux en rive gauche du glacier

Remonter les vires (facile) et poursuivre au desssus du bivouac des Dames Anglaises (Craveri) sans y passer. basculer versant Brenva et poursuivre en ascendance tout en restant versant Brenva (rocher ultra pourri)

on rejoint l'arête lorsqu'elle devient neigeuse et on poursuit jusqu'au sommet Est puis ouest par une arête élégante ! redescendre en contrebas à l'ouest pour trouver les rappels (3 je crois de 60 m)

On rejoint alors le col de Peuterey

Grand pilier de l'Angle

Passer la rimaye et gagner la partie rocheuse que l'on remonte, au mieux... pour gagner le sommet

Nous avons choisi de descendre en rappel à l'applomb du sommet (non équipé) 7-8 rappels de 60 m pour passer la rimaye et rejoindre le col de Peuterey

possibilité de gagner le sommet du Mont Blanc de Courmayeur et le sommet du Mont Blanc par une longue et belle arête de neige.

Bivouac Eccles

Du col de Peuterey traverser en direction du pied du col

Remonter le couloir s'il est en neige (50°), sinon ça passe en rive gauche dans du rocher parfois délicat jusqu'au col.

Descente du col en 2 rappels puis neige raide (50° au départ)

passage de la rimaye à l'aide d'un rappel sur corps mort puis on rejoint facilement le bivouac Eccles

Récit

Sur la route de Chamonix, je me rends compte avec horreur, qu'une tique est logée dans ma cuisse. Sur la route, je me rends compte qu'on est Dimanche et que les pharmacies sont fermées. Je croise les doigts pour qu'à Cham j'en trouve une d'ouverte. Se garer, courir (il est bientôt midi) trouver une pharmacie et se faire délester du contenu de son porte monnaie pour une malheureuse pince à tique. Ah, le commerce ...

Sur le premier bans, dans la foules cosmopolite de la capitale de l'alpinisme, je déloge le désagréable intrus de ma cuisse gauche, il lutte puis fini par se rendre, devant le regard médusé des chinois en vadrouille. Enfin, les vacances vont pouvoir commencer. Je file trouver un peu de matos manquant à mon équipement, un pique nique avant de retrouver Yannick.

Rendez vous à la gare SNCF, je sais qu'il est toujours en retard et au bout d'une demi heure, on se rend compte qu'on attend chacun d'un coté de la place ...

Décollage pour l'Italie en passant par le tunnel... et ses bouchons ! et zou, encore une demi heure dans la vue. On déboule en Italie sur le parking du Freney. On s'équipe à coté d'une autre cordée en partance pour Monzino. Et c'est Parti.

Yannick, grand guide, le Zidane de l'alpinisme m'annonce sur de lui : "pas d'orage ce soir !"

On part, sur un bon rythme, confiant dans la prédiction de l'oracle,  d'abord sous le soleil, puis sous les nuages. Je connais le sentier que nous avons emprunté l'année dernière avec Anne lors de mon premier passage dans l'envers du Mont Blanc pour l'ascension du Mont Brouillard et de la pointe Barreti.

Nous remontons les premières via Ferrata, croisant les randonneurs à la descente., certains vaillants, d'autres moins, tous parfaitement équipés Via ferrata !

Nous opérons une courte pause au pied de la partie plus verticale. Les glacier du frêney crachent leur eau de manière spectaculaire, le ciel est sombre.

On remonte la Via, Yannick est devant, je me retrouve avec l'autre cordée. Il se met à pleuvoir, la prédiction du Grand guide s'est avérée foireuse. Deux options , se faire rincer en carline ou sortir la Goretex. J'opte pour la seconde option. Perd un peu de temps sur les autres. Je poursuis, sous la pluie. Tout glisse, les cables, les prises, les rochers. Prudence mais efficacité. On se retrouve sur le replat en dessous du refuge. Je poursuis, et rejoins le refuge, suis bien humide, la pluie dense a fait son effet.

Au refuge, c'est opération séchage et lecture du topo, qu'on ne trouve pas ... Yannick récupère des infos de ses collègues. et on finit par manger un bon diner avant d'aller au lit, le réveil est à 1 h 30 demain !

Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino

Refuge Monzino

1 h 30, debout, un peu dans le gaz on sort du dortoir et on tombe sur des alpinistes endormis un peu partout : sur un mini bans, dans les escaliers, il y en a même un dehors sur la terrasse, pourquoi n'ont ils pas pris une place dans le dortoir, mystère... Yannick essaie de leur expliquer la solution, mais ils restent tous à leur emplacement...

Le déjeuné avalé nous quittons le refuge vers 2 h 15. Par des sentes on gagne le glacier du Chatelet que l'on remonte avant de rencontrer un premier passage hardu et bien humide. Mais ça passe... Un peu d'escalade et nous voilà au col de l'Innominata face au bien crevassé glacier du Frêney (mais il parait que cette année... Ça passe !!!)

3 rappels dont un coincé et on pose le pied sur le glacier. Début de traversée facile puis ça se complique, Yannick veut prendre en bas alors qu'il me semble que les vires Schneider sont au dessus. Après une brève hésitation on décide de passer par le haut, et ça passe et on se retrouve pile poil sur les vires Schneider.

On enlève les crampons, on range les piolets et on remonte ses vires faciles avant de remonter un couloir au dessus du bivouac des Dames Anglaises qu'à mon grand regret nous ne rencontrerons pas ... Ah, les Dames Anglaises.

J'aurais adoré prendre un thé sur leur terrasse...

Bon l'autre nom du bivouac c'est Craveri, et perso, ça me fait moins rêver.

C'est pas le tout de fantasmer, il faut grimper, et ça se met à grimper un peu plus, d'abord versant Frêney, dans du rocher correct , et rapidement versant Brenva, dans du rocher pourri à ultra pourri (parfois un peu moins)

On opère une jolie pause avec une belle vue sur la Noire de Peuterey et tout le Bassin de la Brenva avant de poursuivre. L'escalade n'est jamais difficile mais il faut se méfier de la qualité du rocher. On rejoint l'arête et le sommet par un joli passage en neige.

Courte pause, petite descente petite arête bien effilé entre les deux sommets avant de redescendre vers les rappels. 3 rappels de 60 m dont le dernier permet de passer la rimaye, on se retrouve au col pour une petite pause, les organismes (surtout le mien) commence à fatiguer et la journée n'est pas terminée !

On attaque la base du Grand pilier de l'Angle. Malheureusement le couloir de neige à gauche n'est plus en condition. On remonte des parties mixtes où la neige a déjà bien transformé, et où la glace n'est jamais très loin. Mixte technique et un poil merdique, mais ça passe

Mais on progresse même si c'est long... pour parvenir au sommet ! 2ème 4000 de la journée et 76ème pour moi ! Plus que 6 (dont 2 prévus demain !)

Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle

Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle

 

La suite du programme est originale, mais elle est dictée par les 82 4000. L'objectif est d'aller chercher la pointe Louis Amédée non gravie l'an dernier, la faute à la météo. Bref il nous faut rejoindre le bivouac Eccles. Nous ne poursuivons donc pas cette belle arête qui permet de rejoindre le Mont Blanc mais nous redescendons vers le col de Peuterey en 7 ou 8 rappels de 60 m. On opère une pause pour boire de l'eau avant de repartir, traverser le plat du col de Peuterey alors que des avalanches dévalent les pentes supérieures sous le Mont Blanc de Courmayeur. On file, enfin personnellement j'essaie de filer parce que les jambes sont lourdes. Yannick m'enjoint à galoper dans les parties expo. On finit par atteindre le pied du couloir Eccles que l'on remonte. A mi hauteur, bombardés par des chutes de pierres, Yannick finit par quitter le couloir pour les rochers à droite. Branlants mais moins expos à la mitraille. Parvenus à l'endroit, je dois me taper d'aller enlever un friends intallé 3 m plus haut après un beau passage en glace avant de redescendre et de sortir du couloir sur des rochers plus que branlants : rien ne tient !!!

 

Tel un chat, avec une finesse inespérée, je sors (bon j'ai quand même fait partir un énorme bloc, c'est quand même des courses ou c'est bien quand t'as personne en dessous , remarque personnelle) puis on grimpe. J'espère le bivouac juste sous le col. M'imagine déjà un bon repas, et un bon lit. Quel rêve, quel doux rêve. Mais il faut atteindre le col. Un peu de grimpe plus tard, on l'atteint, il fait gris, le mauvais temps est là, mais pas la pluie, tant mieux. Je comprends alors que le rappel n'est pas à proximité...  Un petit rappel, puis un autre. puis désescalade dans les pente de neige pour arriver à la rimaye. Yannick me lance, "on va faire un corps mort".

Je sens que je ne vais pas être déçu...

Il creuse il creuse le Yannick

Dans de la neige pourri

Très pourri

il installe sa corde

Il teste son ancrage

Ca devrait passer

Il se lance

en rappel

Doucement

Tout doucement

Pas d'à-coup

que du stress

en douceur il passe la lèvre, descend les 3-4 mètres suspendu à se frêle ancrage et se pause

C'est mon tour

O Joie

O Désespoir

O crevasse ennemie

O N'ai je tant gravi que pour cette perfidie.

C'est mon tour

J'installe fébrilement mon reverso

Je me penche pour tirer dans l'axe

Je descend délicatement vers la lèvre de la crevasse

les jambes flageolantes

Elles passent dans le vide.

Je progresse lentement.

Mon corps pend à présent

Et je tombe

Je me retrouve rapidement au sol, les Jambes s'enfoncent, je m'arrête

Des kilos de neige me tombe pile sur le casque pendant de longue secondes

Mais tout va bien rien de cassé

l'ancrage a lâché et je me suis fait 2 m à 2 m 50 de chute sur la lèvre inférieur de la crevasse.

Je suis trempé mais sans bobo

Bon, je suis plus lourd que Yannick

ou plus bourrin.

 

On poursuit dans la neige soupe, très soupe, jusqu'aux cuisses. pour rejoindre le bivouac Eccles par une courte escalade. Le premier affiche complet. On remonte au second

Accueil glacial, il est complet lui aussi.

6 alpinistes occupent les banquêttes

Ils sont peu ravis de nous voir

Personne ne bouge

Personne ne nous fait de place, alors qu'on va dormir par terre.

On s'organise lentement, je finis par pouvoir entrer dans le petit bivouac.

Yannick fait de la flotte pendant que je me pause enfin après 17 h de course, il est 19 h 30.

 

On est pas mal mouillé, notamment les pompes, et pendant que je me mets à dormir dans le peu de place qui m'est alloué, Yannick teste différente méthode pour secher ses chaussures. Il semble que la meilleur soit la petite bouteille de Coca remplie d'eau chaude glissée à l'intérieur.

Je dormiote, on a prévu de se lever à 2 h demain pour la suite

Les autres cordées vont bouger à minuit 30 pour l'arête de l'Innominata

Une courte et incofortable nuit s'annonce...

 

A suivre ici

 

 

 

 

 

Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet

Bivouac et col Eccles - complet

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Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m

Publié le par Apoutsiak

Branche de Gauche

Descente par le glacier du Milieu

Une magnifique course, j’adore ces paysages !

pour la première journée : col d'Argentière voir ici

pour la branche de droite, un vieil article ici

Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m

Vidéo :

 

Topo

 

Du refuge d'Argentière, partir derrière le refuge et remonter la moraine du glacier des Améthystes. Rester en rive drotie du glacier et rejoindre le pied du couloir. Passer la rimaye et basculer par un passage mixte : rocher + glace en ascendance à droite qui permet de se retrouver dans le couloir proprement dit (c'est le crux de la voie !)

Remonter le couloir au mieux (en son centre ça passe bien !)

50 - 55 °

Au 2/3 du couloir le dilemme : branche de gauche ou branche de droite. (la branche de droite ressemble au début du couloir)

La branche de gauche est moins marquée. La remonter et sortir sur l'arête de Flèche Rousse. A noter : la branche de gauche prend relativement tôt le soleil !

L'arête de Flèche Rousse est plus large après la jonction, 2 pas de mixte facile et on rejoint par l'arête le sommet 3901 m

ATTENTION aux CORNICHES.

Descendre sur l'arête Nord Ouest pour rejoindre le col entre la pointe ouest et le sommet principal (CORNICHE)

Descendre le glacier du milieu ( 45°) en haut, étroiture rimaye. Puis le glacier (crevassé l'été !) Rejoindre le glacier d'Argentière puis sa rive gauche et les pistes de Lognan !

Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m
Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m

Récit :

 

Deuxième journée de montagne. Et vu la aftigue de la veille, j'ai dormi comme un bébé. A 5 h 10, la frontale d'Alex vient me sortir de ma torpeur. La nuit a été bonne. Je file en bas dans la salle hors sac pour déjeuner. Je me gave de biscuits accompagnés de Thé. On s'équipe et à 6 h 10 nous sommes dehors, le froid est vif, je dois dégager la glace de mes skis.

On est parti, J'ai mis les couteaux, Alex n'en a pas et se cale dans mes skis. Derrière la cordée de Jules (3 skieurs) , qui a le même objectif que nous nous tallonne. Le départ est un peu verglacé puis ça s'améliore.  Nous, on trace dans un peu de poudreuse tassée.  Je fini assez rapidement par enlever les couteaux.

L'un de nos poursuivant a bien la caisse, il nous rattrape avant d'attender ses deux compères. On remonte le glacier du Tour Noir tranquillement, essayant d'échanger, mais sovuent, le vent emporte nos paroles ...

Arrivés au pied du couloir, c'est le regroupement général. Les Juliens passent devant tandis que nous nous équipons complètement. Nous les repassons sous la rimaye. Alex grimpe le Crux de la voie. il grimpe comme un cabri. Vient mon tour. J'ancre le crampon gauche dans une fine couche de glace. Le droit vaguement poser sur une micro prise. Le piolet droit mord dans un chouilla de glace, le gauche est coincer dans une fine fissure. Je m'élève, pas envie de me retrouver dans la perfide rimaye, qui m'attentd patiaemment 20 m^tres plus bas. Objectif principal : réancrer les piolets plus haut. Mais la neige est inconcistante. Les Juliens doivent bien rigoler de me voir en si facheuse posture. Pourtant, calmement, je parviens à trouvr une zone où l'accroche est meilleur, le piolet gauche fini par tenir, je laisse le piolet droit et me pousse sur une prise à hauteur de ma hanche. Je m'élève, certe pas beaucoup, mais je m'élève ! Je trouve deux précaires prises pour mes pieds, j'ancre mon pilet gauche, le droit, et me voilà au dessus des difficultés. Voilà l'axe du couloir, je rejoins Alex et on repart.

Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m

Au départ, tout va bien, la progression est rapide, la neige est dure, on ancre les pointes avant, ça tire un peu les mollets mais on avance bien. Puis la neige devient croutée. Elle tient puis s'effondre sous nos pas. Nous faisons des relais. Quand on est devant, on galère, quand on est derrière on virevolte... mais les relais reviennent vite. Objectif de celui qui trace : trouver les veines de neige dure, pas évident à identifier. Au loin, les Juliens merdouillent, on les voit à peine en haut du Crux.

Je réalise quelques images. Les relais se succèdent. quand je suis devant, je me demande si je fais autant d'effort qu'Alex. Je lui passe le relai épuisé. Chacun notre tour nous faisons un bel effort.

Au loin les Juliens ont du rebrousser chemin, on ne les voit plus !

Voilà le centre du Y, nous décidons d'y faire une pause avant de nous engager pour al branche de gauche. Nous grignotons en regardant les Juliens monter. Ils sont quasiment sur nous, profitants de notre trace !!! Incroyable. On est montés comme des escargots !

On repart pour la Branche de Gauche, esperants qu'il feront le même choix afin de partager la lourde tâche de tracer ! D'autant plus que les premiers mètres sont une vrai galère : neige hyper croutée !

Nous les voyons arriver à la jonction... et repartir pour la branche de droite. Et flûte !

Je reprends le relai, c'est galère, je me fixe des objectifs simples et faciles à atteindre : être à hauteur du prochain rocher qui est 15 m devant moi. Le soleil est là il et cogne ! Je progresse, faisant des pauses tous les 15 - 20 pas. Gros effort dans cette neige. Alex repasse, mon tour revient bien assez vite d'autant plus qu'il décide de faire une nouvelle pause. Je décide de progresser vers le haut sans trop l'attendre, il prendra le relai quand il me rejoindra.

Je conserve ma technique du petit objectif : choisir un point de repère en bord de couloir pas trop éloigné, je rejoindre avant d'en choisir un autre. Avec une pause dès que je sens que je suis trop dans le dur ! La technique fonctionne, je me retrouve à une dizaine de mètres de l'arête, on tient le bon bout. Alex me rejoint à ce moment là, comme un bolide, je le laisse gravir les derniers mètres. Il se retrouve à califourchon sur l'arête, le passage du cheval blanc !

Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m
Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m

On opère une courte pause sur l'arête de Flèche Rousse, avant de poursuivre vers le haut. Les Juliens sont au loin sur l'arête à la sortie du couloir de Droite : match nul pour el temps de montée ! On progresse rapidement vers le sommet. Superbe, à gauche , les faces Nord du bassin d'Argentière, à droite, le Valais Suisse, le dolent, les Jorasses, le Mont Blanc, j'ADORE !!!

Petite pause papotage. Une cordée de loco repart pour le couloir Barbey, à peine ont ils faient 10 m qu'une corniche s'effondre, le sol vibre, plus de peur que de mal.

J'entame la descente à pied, le haut du glacier du milieu est trop raide pour moi ... Au début, je regrette un peu mon choix, c'est pas si raide, mais dans l'étroiture, je me dis que j'ai tout de même bien fait. Alex me rejoint à ski, lui !

Sous l'étroiture je remetes les skis et j'ai droit à mon petit moment de gloire, u ascensioniste me lance : "C'est toi qui fait des vidéos !" Et ben ouai !, ça en bouche un coin à Alex, et j'avoue que je ne suis pas peu fier...

Bon c'est pas le tout, il y a la descente, nous filons sur le glacier du milieu, J'ai un peu de mal à sortir le premier virage, mais une fois lancé, c'est parti. Le glacier est globalement bien bouché. La descente se fait bien.

On rejoint le glacier d'Argentière et sa longue traversée, avec un peu de pousse bâton en fin de plat On longe le glacier crevassé avant de rejoindre les pistes.

On hésite à couper lognan par les hors piste. Les virages s'enchaînent bien, je finis par enfourner un ski, et c'est la chute, la tête en avant. J'ai pas aimé, ça n'a pas déchaussé... Bon, ça m'a aussi calmé un peu.

On rejoint une noir qui ne secoue un peu avec nos gros sacs ! puis la rouge où nous filons pour rejoindre Argentière

Magnifique sortie, j'adore les points de veue depuis le Y

Merci alex

Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m
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Ski de randonnée : Aiguille d'Argentière couloir en Y - 3901 m

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Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m

Publié le par Apoutsiak

Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m

Ou : un concert au sommet !

Vidéo :

 

Topo

 

Du téléphérique des grands Montets (3230 m)

descendre plein nord sur le glacier des Rognons (attention crevasses !)

Rejoindre le glacier d'Argentière vers 2550 m

Remonter le glacier d'Agentière tout en le traversant tranquillement pour gagner le pied du glacier du Tour Noir (2700m )

Remonter le glacier du Tour Noir d'abord rive droite puis en rive gauche pour gagner le col d'Argentière 3552 m

Descente : par le même itinéraire

Possibilité d'enchainer avec le col du Tour Noir

Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m
Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m

Récit

 

Au puré la mauvaise nuit. A 2 h du mat, les yeux grands écarquillés, je uis encore en train de regarder le petit journal de la veille en replay...

5 h du mat le réveil sonne, Dur, moi qui suis un gros dormeur.

Je décolle vers 5 h 20 et zou dans la voiture, avec un ersatz de Redbull format XL pour me maintenir éveiller. C'est dégueulasse mais ça marche !

C'est le Grand beau, ma berline file sur les routes Franc Comtoises puis Suisse avant de rejoindre Argentière où je retrouve Alex.

Bon pour une obscure raison, je me tape de refaire deux fois mon sac, on se déleste de 24 €aux caisses avant de prendre le téléphérique, blindé de monde. Arrivés à Lognan, il ya encore plus de monde, bilan il faut patienter avant de pénétrer dans la cabine , où je pense que le cabiner a cherché à battre son record de personnes embarqués. Nous ne sommes plus des Sardines mais des Compressions de Cesar ! Le piolet de mon sac à dos traverse le tibia d'une jolies Anglaise, tandis qu'une skieuse plutôt agée se retrouve, sans touché terre, dans mes bras, le début de la lévitation. Enfin perso, j'eus préféré que ce fusse l'inverse...

Arrivé à 3200 m, le téléphérique vomi ses skieurs. Je suis estourbi par l'altitude. Je descends les escaliers et refait une fois de plus mon sac : j'ai eu la bonne idée de laissé la broche à glace d'Alex au fond !

On débute par une descente, malheureusement toute traffolée. Et avec les sacs lours, pas parfaite, mais on se fait tout de même plaisir !!!

 

Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m

Arrivés en bas, on repeaute, et c'est parti pour la longue traversée du glacier d'Argentière. Sous un soleil de plomb. Nous rattrapons quelques gros groupes. Puis trouvons un joli endroit au pied du lacier du Tour noir, sur l'enneigée moraine pour pique niquer et laisser du matos.

Nous repartons le bide rempli. Je sens qu'Alex a la caisse alors que je ressens la fatigue de la nuit, c'est la sacro sainte heure de la sieste ... A mi montée je passe devant. Ne m’arrêtant que rarement pour de courts films et quelques photos. Je rattrape un Suisse, vraiment dans le dur. Il n'enchaîne pas 10 pas ! On discute et je décide d'attendre Alex. Il me rejoint, on repart. Je file devant . Je me décide d'essayer de rattraper qui sont une dizaine de minutes devant moi, et je viens mourir 10 mètres derrière leur spatule au col... Raté !

Bon, le paysage est magnifique, j'adore ce bassin d'Argentière, à la fois Grandiose et Austère ! Le Cervin et le Grand Combin coté Suisses, les faces Nord de l'autre cotée. Un guide nous fait un petit concert d'harmonica . génial, j'ai même vu des Choucas danser !!!

Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 mSki de randonnée : col d'Argentière : 3552 m

C'est l'heure de la descente. Dans la poudreuse : MIAM. Vraiment agréable dans cette neige. Les virages s’enchaînent et ça n'est jamais dur ! Paysage de rêve, grande neige, que demandé de plus.

Rapidement on rejoint la moraine, on recharge les sacs avant de remonter au refuge 10 minutes.

Le soleil glisse derrière les Droites.

L'aiguille du Jardin me fait un clin d'oeil, souvenir de l'été dernier ;-)

Béa, la gardienne du refuge vient nous accueillir. Superbe accueil bien que nous fûmes en hors sac !

Opération fonte de neige, on trouve une source bien compacte à proximité de la porte du refuge. On papote dans la salle hors sac avec une cordée catalon italienne ainsi qu'avec des Roumains. Je fais une micro sieste avant le repas. Pattes au jambon, manquait juste le fromage resté dans la voiture d'Alex...

Un coup de nettoyage puis un peu de lecture (ah tiens faut que je vous dise, j'ai lu un bouqin rouge du refuge sur une fille qui fait l'Everst, et ben j'ai été choqué par sa micro liste de courses ! Aiguille de Toule, Tour Ronde, arête des Cosmique..., ok en Janvier , mais bon techniquement et endurancement, ça m'a paru vraiment light, c'est vrai que j'ai lu le bouquin en diagonale mais bon, en gros, elle fait l'Aconcagua et puis elle se dit, ben pourquoi pas l'Everest,et zou en trois tentative c'est bouclé !... fermeture de la parenthèse )

Bon bref, au bout d'une demi heure j’éteins la lumière et m'endors directement, ben oui, j'suis crevé !

Pour la suite : Couloir en Y à l'aiguille d'Argentière

Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m
Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m
Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m
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Ski de randonnée : col d'Argentière : 3552 m

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Les Bivouacs de 2015

Publié le par Apoutsiak

2015 a été pour moi, l'année des Grandes courses. Et qui dit grandes courses, dit grand bivouac.

Cet article est là juste pour faire un joli inventaire...

 

En premier lieu (c'est l'ordre chronologique), le Bivouac au col Emile Rey : 4030 m !

 

Bivouac du col Emile Rey

Accès :

Depuis Courmayeur, (parking du Frêney) rejoindre le refuge Gonella ( 3071 m) long... très long ! Le lendemain, 2 couloirs de 600 m à 50° vous attendent : le couloir du bivouac Quintino Sella qui mène au glacier du Mont blanc puis le couloir sud du col Emile Rey qui mène au bivouac

 

Descente :

par l'itinéraire de montée ou bien versant nord sur le glacier du Brouillard est ses crevasses parfois infranchissables...

Courses possibles :

 

Mont Brouillard, Pointe Baretti, Pointe Louis Amédée, Mont Blanc

 

Bivouac du col Emile Rey, vue d'ensemble
Bivouac du col Emile Rey, vue d'ensembleBivouac du col Emile Rey, vue d'ensembleBivouac du col Emile Rey, vue d'ensemble
Bivouac du col Emile Rey, vue d'ensembleBivouac du col Emile Rey, vue d'ensemble
Bivouac du col Emile Rey, vue d'ensembleBivouac du col Emile Rey, vue d'ensemble

Bivouac du col Emile Rey, vue d'ensemble

Le Bivouac proprement dit

Bivouac en "neige" situé pile sur le col !

possibilité de faire une plateforme pour 2 et une petite cuisine plus loin.

Pour la partie chambre, creuser et laisser de chaque coté des murets qui empêcheront de basculer dans les couloirs Nord ou Sud...

 

En pratique :

Ben on venait de Gonella. On est arrivé pas trop tard alors on a filé sur le Mont Brouillard et la pointe Baretti. 2 h plus tard, de retour au cool, on se creusait un petit nid douillet (enfin je creusais parce qu'Anne faisait de l'eau ...). Bivouac très impressionnant, perché au dessus du vide. La météo annonçait quelques averses éparses en début de nuit, ce qui fut le cas. Ou presque... il a neigé toute la nuit ! et le matin on était recouvert de neige (et le matos aussi). Bref on a du filer versant Brouillard sans finir la course que nous projetions : Pointe Louis Amédée Mont Blanc.

Descente délicate dans une neige pourri pour rejoindre le glacier du Brouillard et ses crevasses infranchissables. On a fini par s'en sortir après bien des détours...

 

Perso, j'ai bien dormi !

 

 

Bivouac du col Emille Rey - avant / après la peturbation...
Bivouac du col Emille Rey - avant / après la peturbation... Bivouac du col Emille Rey - avant / après la peturbation...

Bivouac du col Emille Rey - avant / après la peturbation...

Bivouac Pointe Young - 3996 m

 

Bivouac utile dans le cadre de la traversée Rochefort Jorasses

 

Accès :

depuis le bivouac Canzio en gravissant la pointe Young

Le bivouac se situe juste en contrebas de la pointe versant Est

Descente :

Ben il n'y en a pas

possibilité en cas de problème de retrouver une lingne de rappel sur l'arête de la pointe Young qui mène à canzio

Pour le reste il faut poursuivre sur les Jorasses... Long, technique et engagé

Courses possibles

Ben... la traversée Rochefort Jorasses.

Le bivouac de la pointe Young - Grandes Jorasses
Le bivouac de la pointe Young - Grandes JorassesLe bivouac de la pointe Young - Grandes Jorasses
Le bivouac de la pointe Young - Grandes JorassesLe bivouac de la pointe Young - Grandes JorassesLe bivouac de la pointe Young - Grandes Jorasses

Le bivouac de la pointe Young - Grandes Jorasses

Le bivouac proprement dit

Un bivouac très montagne

Sur une vire située 3 mètres en contrebas du sommet de la pointe Young versant Est

La vire est une terrasse relativement confortable ou l'on tient à deux (peut être 3), les pieds légèrement dans le vide...

Assurance obligatoire : il y a pas mal de béquets au dessus. A deux on a largement de la place pour faire la cuisine sur le coté.

Accès à l'eau :

Penser à prendre de l'eau en Face Nord avant d'arriver. Le leu peut être sec et c'est assez galère d'aller chercher de la neige...

 

En pratique

Logiquement on arrive au bivouac après un jour de course depuis Torino. Mais nous, on a dormi à canzio et on s'est fourvoyé dans la face de la pointe Young. Après pas mal de tergiversation, on est arrivé tant bien que mal à la pointe Young au coucher du soleil. J'étais chargé de ramener de la neige lors de la dernière longueur, mais tout s'est renversé lorsque j'ai voulu passer le sac de neige à Anne. Bref, j'ai du me retaper la dernière longueur

Repas tranquille avec au loin Courmayeur. Engagement maximum. Pas de retour aisé vers le bas.

Nuit correcte même si on est resté vachés toute la nuit. Anne a glissé un peu dans le vide, on baudard a fait le reste ;-)

Le lendemain, grande journée sur les Grandes Jorasses pour atteindre le bivouac suivant.

 

 

Le bivouac de la pointe Young... AmbianceLe bivouac de la pointe Young... Ambiance

Le bivouac de la pointe Young... Ambiance

Le Bivouac de la pointe Whymper 4184 m

Bivouac également situé sur la traversée des Grandes Jorasses

 

Accès :

soit depuis la traversée des  Grandes Jorasses

Soit pour ceux qui aiment les bivouacs ; depuis la voie normale des Grandes Jorasses

Le bivouac est situé juste en dessous de la pointe Whymper. Rochers en place

 

Descente :

Par la voie normale des grandes Jorasses (long)

 

 

Bivouac Grandes Jorasses - pointe Whymper
Bivouac Grandes Jorasses - pointe WhymperBivouac Grandes Jorasses - pointe Whymper
Bivouac Grandes Jorasses - pointe WhymperBivouac Grandes Jorasses - pointe WhymperBivouac Grandes Jorasses - pointe Whymper

Bivouac Grandes Jorasses - pointe Whymper

Le bivouac proprement dit

relativement plat, il se situe juste en contrebas de la pointe Whymper

Pierre pour "protéger" le bivouac

possibilité de faire plusieurs emplacements !

Vue incroyable sur toutes les alpes !!! avec notamment un coucher et un lever de soleil d'anthologie !!!

Il y a de la neige à proximité pour l'eau.

 

En pratique

On est arrivé fatigués par une grosse journée depuis la pointe Young. Décollage assez tard et beaucoup de neige sur l'itinéraire. Quelques manœuvres de corde ratés notamment un rappel bloqué et on arrive vers 16-17 h au bivouac. On a hésité à aller jusqu'à la pointe Walker mais on l'a laissé pour le lendemain.

Renforcement du bivouac avec des pierres et de la neige

Rapidement, mauvaise nouvelle, je pète mon thermarest sur un rocher.

Coucher de soleil superbe et nuit fraiche (dut au thermarest crevé) Mais magnifique avec un ciel bien étoilé.

Le lendemain on a croisé Ueli Steck, super sympa, dans sa traversée des 82 4000 !

Bivouac pointe Whymper - ambiance
Bivouac pointe Whymper - ambianceBivouac pointe Whymper - ambiance

Bivouac pointe Whymper - ambiance

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Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

Publié le par Apoutsiak

Sans doute les 4000 les plus techniques des alpes

Corne du Diable - 4064 m

Pointe Chaubert - 4074 m

Pointe Mediane - 4097 m

Pointe Carmen - 4109 m

Isolée - 4114 m

et Mont Blanc du Tacul - 4248 m

 

 

 

Vidéo

 

Topo

D+ IV + qq pas de V  

Juste un conseil, prenez un vrai topo, le dernier "4000 m peaks of the alps" (en anglais) est très bien fait !

En gros accès possible depuis les Cosmiques ou Torino

Décrit depuis les Cosmiques :

Rejoindre le pied de la pointe adolphe rey et remontez au mieux le glacier qui mène à la combe Maudite. Le mieux est de remonter le large couloir à gauche du couloir du col du Diable, passer la rimaye puis 40 m au dessus tirer à droite par une vire qui ramène au couloir. Le suivre jusqu'au col du Diable

Remonter en direction du col entre la Corne du Diable et la pointe Chaubert. Remonter la Corne du Diable (annoncé III + j'aurais dit IV bien tassé) jusqu'au sommet de la corne du Diable.

Retour en rappel dans la voie.

Remonter la pointe Chaubert par l'éperon (gazeux à souhait !) et rejoindre le sommet de la pointe Chaubert.

Rappels pour rejoindre le col entre la pointe Chaubert et la Médiane

On monte d'abord en ascendance à drotie puis on rejoint un dièdre. Le gravir en son centre puis tirer à droite sur l'éperon à mi dièdre (relais) On remonte l'éperon sur 10- 15 mètres avant de rebasculer à gauche dans le dièdre. Sangle pour réaliser la traversée du haut du dièdre. De là on remonte à gauche les pentes qui mènent à la Médiane.

Perso , j'ai trouvé la Médiane le sommet le plus technique !

Rappels puis ascension de la pointe Carmen (je ne me souviens plus très bien)

Rappel puis contournement de l'Isolée. Le début d'ascension de l'Isolée n'est pas sur l'arête mais 15 m en dessous (prisu) . En ascendance sur la gauche légèrement. On atteint le sommet et on redescend en rappel dans la voie. La suite est plus ou moins sur l'arête pour rejoindre la bastion final du Mont Blanc du Tacul

descente par la voie Normale du Tacul.

Récit

 

Première journée, décollage de la maison et route jusqu'à Chamonix, temps mitigé, très mitigé. Vers 10 h je pars du Col des Montets en mode trail pour me faire : la fin de l'UTMB. Malheureusement il fait gris, mais le parcours est super sympa, surtout quand n n'a pas 160 kilomètres dans les pattes...

Malheureusement, pas de vue, le temps reste bouché et je retrouve Cham sans trop de difficulté !

Retour en stop à la voiture, et retour à Cham pour quelques emplettes en vue de la course...

Je retrouve Yannick (Graziani, oui le grand, le très grand alpiniste... je ne fais d'ailleurs de la montagne qu'avec des très grands alpinistes...) à l'aiguille et en deux coup de téléphérique nous voilà à 3750 m, ça calme. Brouillard, l'arête de l'aiguille est complètement défoncée, une crevasse longitudinale impose de passer en versant Est.

On s'équipe et on décolle, dans la purée de pois, visibilité par moment 10 mètres ! Jour blanc ! Je parviens à suivre la trace relativement facilement. Par contre je ne reconnais rien, il ya des crevasses partout dans la première partie. Une courte montée, et nous voilà au refuge. 25 minutes d'approche pour le refuge, c'est raisonnable !

Petite séance d'étirements, excellent repas fait de lasagnes et de pana cota (miam miam) et au lit à 8 h, réveil à 3 h...

Je cauchemarde en me disant que je vais faire les aiguilles du Diable par la combe Maudite... Qui a dit mauvais présage...

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

3 h moins cinq, mon réveil sonne, dans le dortoir, ça fait déjà 10 bonnes minutes qu'il ya du remue ménage... Habillage expresse pour se retrouver à attendre 3 minutes devant la porte du réfectoire fermée, trop tôt (et pourtant j'avais visé court !) La porte s'ouvre. J'attends Yannick, il arrive 10 minutes plus tard, panne de réveil !!!

On déjeune au nutella avec du pain frais excellent !

Je m'équipe et file dehors filmer les cordées qui partent. Bizzarement elles n’apprécient pas les 1200 lumens de ma frontale pleine face. "Ah oui flûte" me dis je in petto. Finalement j'ai pas filmé grand chose pour ne pas les déranger. Dommage (Désolé Jules et Alexis...)

Yannick me rejoins, et on part au grand galop vers la combe Maudite. Quand je dis au grand galop, c'est au sens propre du terme, on est à fond. Au départ sur un terrain facile, puis entre d'énormes crevasses Ouhaou.

Arrivés en bas de la combe Maudite, sous la pointe Adolphe Rey, on repart vers le haut, D’abord quelques crevasses, pas trop technique, puis on en longe une plus grosse. Yannick hésite puis décide de passer à droite, le long de la pointe Adolphe Rey. Perso j'aurais suivi la trace, mais il a décidé que c'était la bonne solution. Et nous voilà sur des lames de crevasses à virevolter à droite à gauche, à contourner, à slalomer. Les trous sont énormes. Les passages délicats, quelques mètres verticaux en glace. Un pied à judicieusement placer entre deux trous, et le cauchemar annoncé de ne peut être pas trouver de solution de sortie par le haut (et de devoir tout se taper à reculons... Et pourtant au bout d'une demi heure riche en émotion (c'est rien de le dire) on se retrouve sur le plateau au dessus. Dire que je pensais que ça serait rando jusqu'aux aiguilles...

Et 5 minutes plus tard... c'est le Drame ! Une énorme crevasse nous barre la route. A gauche elle s'enfile dans un amas de séracs, à droite elle file jusqu'aux rochers. 10 mètres de large environ, même le meilleur sauteur en longueur du monde ne passerait pas (d'autant plus s'il a un sac à dos...) Purée, il va falloir tout redescendre. Yannick, lui croit en notre bonne étoile, et tel Moïse il avance vers le haut de la crevasse, le long des rochers... Infime espoir, ça passe, ça passe même facile, la crevasse se referme nous laissant passer. Après avoir ouvert les eaux, Moïse a refermé le pont de neige, permettant aux hébreux (nous) de traverser...

Bon dans l'opération , les deux autres cordées se retrouvent devant, on aurait peut être du passer à gauche, mais Yannick est trop sûr de lui pour que je mette en doute son choix. On poursuit au galop vers le pied du couloir.

C'est parti pour quelques mètres de couloir en neige. A l'approche de la rimaye, la cordée du dessus nous annonce "pierre !!!". On tire tous les deux à gauches, pensant que la pierre allait tomber à droite. Erreur, le frigo (petit mais frigo quand même) arrive à gauche, On repart en contre sens, laissant passer l'énorme bloc. Mais dans l'autre sens, il y a un petit bloc qui fuse au dessus de nos scalps. Fusé n'est pas touché, la cordée du dessus s'excuse, Yannick rale un peu, et on repart. On atteint le rocher. On décramponne et on file en traversée à droite rejoindre le bon couloir, quasiment vierge de neige.

Escalade facile, même si le rocher n'est pas bon. Il faut mille précaution pour ne pas faire partir de blocs. On progresse en parallèle avec la cordée de Jules et d'Alexis, mes éclairés du matin ! Pause au col du Diable, on va bientôt attaquer les choses sérieuses.

On repart vers le col entre la Corne et la pointe Chaubert. Hésitation, la corne fait elle partie des 4000, je ne sais plus, doute, Yannick me propose d'y grimper. J’accepte, ça m'échauffera; et il file tel un chat vers le sommet. Je me pelle un peu au relai. Mon tour vient, je décolle, sans sac (chouette !) le rocher est froid, mais la grimpe agréable et je rejoins Yannick au sommet de la Corne du Diable. Et de un !

Rappel, et on repart vers la pointe Chaubert. Jules et Alexis on shunté la Corne, et se retrouve donc, devant nous. Yannick part bille en tête. Je me retrouve derrière. Je sens qu'il veut rapidement dépasser. Escalade aérienne. J'ai mis mes gants de jardinage, fraichement achetés... erreur, ils sont élastiques et me coupent la circulation. Je ne sens plus mes doigts. Je les enlève rapido, mais c'est trop tard, j'ai déjà un bel onglet. Je rejoins tout le monde au sommet de la pointe Chaubert. Et de deux.

On file en rappel vers le col.

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

Et on repart. La Médiane, du bas, parait plus technique. Le départ est easy, mais ensuite ça se corse. Un dièdre peu prisu avec juste de quoi glisser un chaussure au fond du dièdre. Pas franc. Je me retrouve donc dans ce dièdre froid, quelque peu en difficulté. Peu de prise de main (ou je m'y prends mal) et les pieds qui ont tendance à zipper. Le froid qui me gèle les paluche et empêche une bonne préhension... Et ce qui devait arriver arriva... je zippe. Bon pas beaucoup. Bon petit coup de stress quand même. Je me reprends et repars. Négociant mieux le passage. S'en suit une traversée tout en finesse, sur la droite pour rejoindre le relai et l'arête.

La suite , c'est une dizaine de mètres sur cette arête aérienne avant de rebasculer dans le dièdre. Yannick y va tout en douceur pour traverser. Il retrouve l'autre coté et installe un relai au dessus. C'est mon tour. Le départ au dessus du relai un peu technique est facilement avalé. Puis il faut traverser. La sangle dans une main, je suis trop petit pour atteindre directement l'autre coté du dièdre (et pourtant le petit alpiniste est assez grand en réalité...) Je me retrouve en fâcheuse posture, tiraillé entre la "sangle main courante" et la paroi lointaine. La corde se tend, me permettant d’accéder au graal, je suis du bon côté.

Reste à remonter les derniers mètres vers la pointe Médiane. Je crois même avoir vu Yannick poser un genou dans l'un des passages. On se retrouve dans une sorte de tunnel. Après avoir pas mal hésité sur la technique à adopter, je finis par progresser en opposition sur les deux bord du passage. Ça frotte, ça fritte mais je progresse. et voilà enfin le sommet de la Médiane Ouf !

Les rappels pour descendre sont spectaculaires : en fil d'araignée, pleins gaz ! Ascension de la pointe Carmen, bien pointue, un poil physique et esthétique.

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

On refile alors en rappel vers l'Isolée. Que l'on contourne par la droite. La neige est bien présente à présent, ça change !

 

Courte pause. Yannick décide de traverser directement pour rejoindre la voie. J'avais pourtant bien vu qu'il y avait peu de prises... Très peu de prises ! Le voilà en traversée. La corde passe dans un vieux piton. et délicatement, tendu sur la corde il me demande du mou au fur et à mesure, pour progresser en équilibre sur d'hypothétique grattons, et la corde qui le tiraille à l'opposé. Après 10 minutes d'un intense combat il a traversé. Je me propose de redescendre un peu pour reprendre un chemin qui me semble plus facile. Bingo, c'est facile, il y a plein de petites prises partout. Je rejoins le relai avec une rare maestria...

 

Yannick bascule alors de l'autre coté d'un feuillet et je ne vois pas la suite. Rien que le basculement a l'air technique.  Il fait toujours froid à attendre au relai. J'ai bien le temps de cogiter sur le passage qui semble bien technique.

Mais viens mon tour, je bascule sur l'autre versant, et retrouve quelques prises. Je remonte délicatement une vire ascendante. Ma progression est lente mais régulière. Je finis par arriver sous le relai, mais je chope une crampe... au petit doigt !!! étonnant non. A la fois une crampe à l'auriculaire, c'est facile à passer, il suffit de l'étendre ! Chose faite.

 

Après le relai, c'est plus simple, le sommet est atteint, on aura fait les 5 4000 des aiguilles du Diable, et l'isolée n'aura pas été si difficile que ça !

 

Descente en rappel, pour une jolie pause ravitaillement et longue remontée dans des passages en II et III vers le Tacul. J'ai l'impression de me trainer mais je ne m’arrête pas. Un petit passage à flanc, sur la neige , et voilà l'antécîme du tacul pour une nouvelle pause. On rejoint ensuite le Tacul en papotant. Mon deuxième Tacul, la dernirèe fois c'était il y a fort longtemps avec Sandrine !!!

 

Quelques photos avant de redescendre, et dépasser les cordées un peu lente...

 

Puis , c'est le passage grandiose entre les crevasses et les séracs de la face Nord du Tacul. Grandiose mais dangereux. On file vers le bas, laissant sur place des cordées dont on ne sait si elles montent ou descendent. Je suis heureusement surpris, il n'y a pas de passage technique, une sente de glace louvoie entre les différentes crevasses avec un parcours assez logique. En bas du Tacul on papote avec un guide que Yannick connait bien avant d'attaquer la trop longue remontée à l'aiguille.

 

Montée au train, sans s’arrêter, et voilà l'aiguille et l'arête bien défoncée. J'ai failli me crouter sur la glace dans le tunnel !!! Ç’aurait été dommage devant tant de publique !!!

 

Bilan : une magnifique course, bien technique pour moi

Merci Yannick !!!

 

 

 

 

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Publié le par Apoutsiak

et leur myriade de sommets

Pointe Young

Pointe Marguerite

Pointe Hélène

Pointe Magali

Pointe Croz

Pointe Whymper

Pointe Walker

Nous avons un peu explosé les timing pour la traversée. Mais ce fut un superbe voyage sur cette arête technique et engagée ! 2 bivouacs : un sur le sommet de la pointe Young, le second sur le sommet de la pointe Whymper et la rencotre avec Ueli Steck à 2 sommets de la fin sur la Walker !!!

Vous pouvez lire la première partie du récit : Traversée des arêtes de Rochefort ici !

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

vidéo version vimeo pour ceux qui ne peuvent pas lire la version youtube...

Topo :

 

La lecture d'un topo officiel me parrait indispensable sachant que

1°) on s'est complètement planté au départ de la Young

2°) les journées ont été longues et je n'ai pas imprimé dans l'ordre tous les passages.

Remarque : dans les topos, quand c'est écrit que ça déroule, méfiez vous, ça ne déroule jamais vraiment. Si c'est raide et technique, le rocher est solide, quand c'est moins technique, le rocher est pourri ! De toute façon , c'est long, c'est trèèèès loooong (sauf pour Ueli Steck !)

Bonne route !

 

1°) Pointe Young

Du bivouac canzio, trouver les deux premières longueurs qui permettent en ascendance à gauche de rejoindre un cirque qui amène par une cheminée tout à gauche du cirque en IV IV sup au sommet de la pointe Young

Bivouac Young : juste en contrebas (3m) derrière la pointe avec gaz à profusion mais possibilité de s'assurer facilement sur béquet pour la nuit

 

2°) Pointe Young - Pointe Whymper

Du sommet de la Young, redescendre à la brêche (désescalade et court rappel)

Remonter en face directement IV ce qui permet d'atteindre un second rappel qui ramène versant italien. On gagne alors le couloir qui est en face de la pointe Young (neige)

Remonter ce couloir (relativement facile) en haut , le couloir file à gauche, il ya une corde fixe qui ne set pas à grand chose, puis la fissure en IV IV sup permet de gagner une brèche, on contourne alors la pointe Marguerite par la face Nord et on atteint son sommet.

De là, c'est plus ou moins sur le fil, souvent raide, très expo et parfois technique pour atteindre la pointe Hélène. (2 gendarmes se passent par dessus, le troisième à droite)

De la pointe Hélène rocher pourri et plutôt en versant Italien pour rejoindre la pointe Croz

Terrain plus facile pour rejoindre la Whymper

Bivouac Whymper à 2 m du sommet en direction de la Walker (possiblement venté !) lever de soleil *****

 

3°) Pointe Whymper pointne Walker :

Rando glacière (ou presque) profitez en, c'est le seul moment ou ça déroule

 

4°) Descente

Attention : la descente est longue complexe, on n'est jamais arrivé sauf quand on trouve le refuge...

De la Walker revenir sous les rochers Whmpers et redescendre le long du sérac en longeant les rochers. 45 - 50° 300 m (chutes de pierre possible) poursuivre bien en bas des rochers les gravir, et descendre sur les rochers (rappels possibles) le long des rochers puis à droite pour rejoindre le glacier tourmenté(5-6 rappels) Le dernier rappel (tout en bas) permet de passer la rimaye. Traverser le glacier soit sous les séracs, soit au dessus pour rejoindre les rochers du reposoir.

Depuis les rochers, descendre plus ou moins sur la crête, et prendre la branche de droite en descendant (corde fixe attirante à gauche mais à mon avis merdique)

8 ou 9 rappels (évitables) permettent de rejoindre le pied du reposoir.

Ensuite c'est louvoyage dans les crevasses du glacier (au centre d'abord puis en rive gauche) Grosses crevasses, ambiance garantie !!!

On rejoint le refuge en suivant les cairns et la sente. Pour info le refuge boccalate est caché derrière la petite butte (il faut remonter une 10aine de mètres pour l'atteindre) il n'est visible qu'au dernier moment

 

5°) Descente du refuge

Sous le refuge on retrouve le sentier : attention au passage de barres et aux torrents. On retrouvera un bon sentier tardivement qui ramène à la civilisation - ouf !!!

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Récit :

 

La première partie est ici : traversée des Arêtes de Rochefort : Torino Canzio

 

Je ne sais pas par où commencer, de peur d'en oublier : ce fut à la fois si long et si court à la fois, si intense. Je sais que partir de Canzio sera ma décision, mais quelle virée incroyable sur cette énorme montagne où l'on se sent si petits.

 

Bref, le réveil sonne à 5 h à Canzio, et à 6 h nous sortons de notre abri. J'ai mal dormi, mais la courte marche d'approche me réveille. On part dans le couloir, je précise à Anne mes doutes, mais elle a l'air sur d'elle... on sort à gauche du couloir, on enlève les crampons et c'est parti pour les longueurs. Au lieu de tirer à gauche comme je pensais le faire, Anne tire droit sur l'arête. On trouve des relais, c'est technique mais ça grimpe. Pourtant, je sais déjà qu'on est trop à droite. Anne m'affirme qu'il est possible de tirer directement par là, de toute façon on est lancés. Sauf que plus on grimpe, moins c'est évident. A présent, au dessus, c'est austère et surplombant, un rocher hyper compact et non prisu, on n'est plus dans le IV... Anne se lance quand même, mais la gravité à tôt fait de la ramener vers moi... Elle repart à l'attaque, dans une fissure mal commode. Elle a décidé de passer à coup de pédale, Gaston Rebuffat à ses plus belles heures. Elle est forte Anne en escalade, mais là, ça me parait bien chaud d'autant plus qu'il va falloir que je passe aussi. Un second retour au plancher des vaches marque la fin de ses nombreuses tentatives. On décide de partir en rappel pour tirer plus à gauche. Au bas du premier rappel, malgré la présence d'un second rappel, on décide d'explorer la vire enneigée à gauche.

 

Ça passe, on avance prudemment avant de retrouver un grand cirque enneigé sous le sommet. Pour moi c'est l'évidence , ça passe en face On rejoint le pied d'un couloir. Mais nous sommes maintenant pas mal entamés. Anne hésite quant à l'itinéraire à suivre. Elle tente tout ce qui est possible, on n'est plus du tout sur de l’endroit où l'on est. Elle tente à gauche, à droite, au centre. Après deux jolis pions, l'un où elle pendule en se ripant les mains, le suivant en faisant sauter le dernier friend. Déjà 3 coinceurs coincés définitivement, mon jeu va y passer... .Je décide d'appeler le PGHM pour lui faire part de notre situation (autant prévenir que guérir, il est déjà 16 h et je ne voudrais pas que la situation devienne critique) Le gendarme me décrit l'endroit où je me situe et m'indique la cheminée à gauche, celle que j'avais pisté dès le départ. Il me conseille soit de redescendre en rappel à Canzio, soit de poursuivre. ( Je suis aussi rassuré qu'il sache que nous sommes embarqués sur les Jorasses) Je suis ravi de savoir que nous sommes sur l'itinéraire. Le moral revient dans la cordée. Anne décide de partir sans sac dans le couloir. Nouvelles pédales pour le départ et Anne s'élève. Elle galope pour rejoindre un relai plus haut.

 

C'est mon tour, 3900 m, plein gaz, je fixe le sac d'Anne 4 m devant moi sur la corde. Opération bourrinage extrême sur les Grandes Jorasses. Il faut pousser le sac dès que je le peux et en même temps grimper dans du IV en grosse, complètement essoufflé par ce double effort !!! Le sac d'Anne rebelle et prend un malin plaisir à se coincer tout le temps. On essaie en braillant de synchronisé nos efforts. Pousser, hurler, grimper et recommencer pour gagner quelques décimètres. Simples fourmis sur cette montagne. Je finis par progresser, pestant contre le sac, ascension un peu galère, mais c'est le prix. Ca passe, l'escalade serait sympa sans le sac à pousser... Relai, j'arrive épuisé. Anne repart vers le sommet, sans doute la dernière longueur. En mixte. Je la suis. Je fais un stock de neige pour avoir de l'eau avant de passer au sommet. Le bivouac est superbe mais à l'ombre, 3 mètres sous le sommet. Anne y descend. Je me précipite quelque peu pour lui passer le sac de neige, et zou, tout se renverse... Bilan je dois repartir en chercher, 10 m de désescalade avant de remonter et de délicatement lui passer mon précieux chargement.

On se vache au sommet, on installe tout le matos sur les sangles arrimés aux nombreux bequets. On s'installe pour la nuit, on aura les pieds dans le vide, baudrier obligatoire. La neige fond dans le réchaud, on peut tranquillement étudier la suite de l'ascension, face à nous la pointe Marguerite nous attend. Demain on ne devrait pas se tromper. Mais la journée va être encore longue.

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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Nuit difficile mais pas catastrophique. J'ai réussi à allonger mes (grandes) jambes sur la vire. La presque pleine lune est venue nous éclairer, elle n'était pas obligée. On se réveille quand même reposés avec le jour qui poing ! Je m’occupe de l'eau. Le briquet ripe sur ma peau tout abimée par le granit des Jorasses. nos doigts ont pris cher. Mais le moral est bon. La météo a tourné, il fait un gris blafard ce matin... Les chaussures humides et froides accueillent nos petons...ambiance...

 

On démarre par une première longueur, Anne revient au départ de celui de la veille, on est bon pour en tirer une seconde tout en traversée. On rejoint l'anneau de rappel et on enquille (bon pour les manœuvres de corde on n'est pas les champions alors quand je dis qu'on enquille, l'opération d'installation a vite fait de prendre une bonne dizaine de minutes. De même que l'opération inverse qui consiste à se réencorder. On repart en face dans une longueur en IV ou l'on se fait plaisir avant d'entammer un gros rappel qui doit nous ramener au pied du couloir de la pointe Marguerite. Je laisse Anne aller au pied tandis que je rappelle le rappel (d'où son nom !) Tout va bien, on repart dans un couloir en neige étroit, au rocher parfois délicat... Premier relai. au second on opère une première pause casse croute avant les longueurs clefs : un dièdre avec un fissure. Anne grimpe, du bas, j'essaie de mémoriser quelques mouvements. c'est sûr, elle est efficace. C'est mon tour. La corde fixe est plus gênante qu'autre chose même si je finis par l'utiliser pour 2 pas.

Tout à coup, difficulté, je ne parviens plus à progresser, je ne trouve pas la solution... Temps de réflexion, Anne avait fait une jolie opposition avec le pied gauche assez loin, je me lance, ça passe, je progresse voilà déjà la brêche, je prends la place d'Anne au relai, un pied en face Nord l'autre en face Sud. ambiance.

Il s'est mis à neigeoté, la météo annonçait une perturbation dans l'après midi, elle est déjà là. Esperons que le rocher ne glisse pas trop ! En deux longueurs de mixte nous atteignons le sommet de la pointe Marguerite, il n'y a pas trop de place, on ne s'éternise pas.

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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La suite est annoncée aérienne, et on ne va pas être déçu, il y a du gaz partout même si on ne voit pas tout à cause des nuages. On avance corde tendu avec quelques points entre nous et quand ça devient plus technique on tire de vrai longueurs...

Un rappel va nous faire gagner du temps, on tente le rappel derrière béquet, qui forcement se coince et on perd un temps fou à remonter le décoincer et à trouver la bonne méthode pour descendre...

Rarement vu une ambiance pareil par endroit, le vide à gauche, le vide à droite, et quelques pises judicieusement cachées. Tout est gris, les nuages, Anne au loin qui parfois disparait soit derrière un rocher, soit derrière dans les nuages !

On passe deux gendarmes, on contourne le 3ème par la droite dans du rocher pourri, ça devient plus facile, mais franchement pourri, bilan, faut rester concentré. On monte on descend, on traverse, on fini par atteindre la pointe Croz, enfin l'une des pointes Croz, et vu que debout je suis au dessus des autres, je décrête que c'est le bon sommet (c'est même Anne qui me l'a confirmé !!!) On poursuit sur l'arête, le vent est important, il y a de plus en plus de neige, du mixte plutôt facile pour rejoindre la pointe Whymper  au moment ou le ciel se déchire, le beau temps devrait revenir. Il est déjà 18h, après avoir un peu hésité on décide de se poser là, il y a un bel emplacement de bivouac, on fera la Walker demain avant de redescendre...

Et, ô joie de l'alpiniste, quand t'as fini il y en a encore : il faut renforcer le bivouac par des pierres et de la neige, faire fondre de la neige pour avoir de l'eau, préparer le bivouac et sortir trois bonnes blagues pour bien rigoler... On fait quand même l'inventaire de nos victuailles, demain , on sera à sec !!!

Je pète mon thermarest au moment de l'essayage, bilan, je serai directement sur la neige, dommage ! (trop fragile )

Repas de luxe avec le butagaz qui travaille en mode léger, trop froid pour lui ! On finit avec une mousse au chocolat déshydratée succulente ! merci Anne !

Les nuages virevoltent, le vent est fort, mais le petit muret nous en protège un peu. Le coucher de soleil est splendide, on voit Courmayeur en bas dans al vallée, Nous sommes seuls perdus sur cette immense paroi, demain ça devrait se simplifier...

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Au milieu de la nuit je sors la tête du duvet, magnifique nuit étoilée, deux étoiles filantes viennent traverser le ciel, bon présage ?

Je me recouche quelques minutes plus tard, tentant de dormir un peu.

Je m'endors forcement en fin de nuit

Quand je sors ma tête du duvet, le jour poin !

Il fait un temps glacial, nos mains abimées parviennent à appuyer sur le briquet pour démarrer le gaz ! C'est le grand beau. YES ! On glandouille dans les duvets en attendant l'eau chaude esperant retarder au maximum le moment où il faudra en sortir.

 

Au loin j'entend un hélico, il est sur les Jorasses. Et si c'était le pghm qui s’inquiétait pour nous Je décide de leur faire signe qu'ils ne gachent pas trop de kerosen pour nous. Je quitte mon duvet et enfile tant bien que mal mes groles gelées ! Bien agréable. Je me positionne sur le sommet de la Whymper, mais l'hélico cherche entre la pointe Marguerite et la pointe Hélène. Je vois qu'il tourne en rond. Je me décide à appeler le PGHM pour les prévenir que tout va bien... trouver le reseau, appeler avec des gros doigts fatigués. Avec les plaies qu'on a sur les mains, dès que l'on touche quelques chose, on saigne, pas pratique, bref, quelques gouttes de sans plus tard, j'ai le gendarme d'astreinte qui m'indique qu'ils ne cherchent personne, bilan, tout va bien, c'est pas pour nous... Et si c'était Ueli Steck ... Je sais qu'il zone dans le coin, et qu'il devrait passer par les Jorasses ces jours ci. L'hélico remonte jusqu'à nous et je distingue la caméra à présent. Peut être même qu'on sera sur le film (à moins qu'on soit coupé au montage...) Je fais signe que tout va bien, et rejoins Anne pour le déjeuner froid. On grignote quelques vivres on range avec difficulté le matos, nos doigs sont pas mal émoussés et on file, avec des réserves en eau minimale, le gaz refusant de fonctioner correctement par ces températures. On a les crampons, un peu de mixte avant la neige, un peu raide, un petiit col et une remontée douce vers la Walker : Wooliz, traversée terminée. Reste cette immense descente...

On redescend un peu quand on voit Steck déboulé au sommet de la pointe Whymper. Je le reconnais tout de suite à sa démarche efficace, il n'y a aucun doute. On l'encourage comme des spectateurs du tour de France, il nous rejoint. On papote, il nous offre un peu d'eau quand il apprend qu'on est parti léger (la classe) 2 h 30 pour faire Canzio Walker !!! on le laisse filer vers la Walker tandis qu'on entame la descente le long des rochers Whymper.

Pointe avant dans du 45 - 50° En neige d'abord, on entend l'eau sous le glacier, quand on a soif c'est une torture. Steck nous rejoint à mis pente du couloir. Il nous file quelques vivre de course. Et on discute topo, il repart, on le suit, mais il est déjà loin, Un peu de glace, on descend trop bas, il faut virer au dessus de la rimaye, pas mal de glace on tire une longueur en brochant ! Perte de temps en sécurité. Quelques pierres sifflent, il faut filer de là. On sort à hauteur des caméras qui filment les séracs. Et on se rend compte qu'on est trop haut trop tard, demi tour, il faut remettre les crampons et descendre plus bas, au plus logique devrait dire le topo !!!

Voilà le bon passage, on se met à tirer des rappels dès le premier relai, sans doute une erreur, on aurait pu desescalader, tant pis, on se lance.

On fini par trouver la cadence et au bout de 5 - 6 ou 7 rappels on se retrouve au dessus du glacier. Dernier rappel pour passer la rimaye. Je rejoins Anne on se réencorde et on file pour passer sous le sérac. Anne n'a plu de jus, elle n'avance pas et ça n'est pas le meilleur endroit. Je l'encourage dans la remontée sur l'autre rive. Un dernier passage un peu merdique pour quitter le glacier et gagner les rochers du reposoir, un peu d'escalade et voilà le reposoir, une belle dalle propice au bivouac, mais pas pour nous... On va tout de même se reposer et faire fondre de la neige pour boire. On vide les sacs de toute trace de nourriture ou presque. 3 dernière tranche de saucisson pour faire fête ! le repos fait du bien. On boit à fond, enfin le réchaud marche, il fait chaud ! Seul souci, je pensais qu'au reposoir on était sorti...

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Et, le truc pas mal avec les Jorasses c'est que ça n'est jamais fini ! Alors que je pensais qu'au reposoir il fallait juste un petit quart d'heure de marche facile pour gagner le glacier, en fait, il faut louvoyer (pas trop technique quand même) sur la crête, hésiter quant à l'itinéraire à suivre, puis entamer des rappels, plein de rappel. Une cordée avec un guide et sa cliente nous rattrape. Et en 4 rappels nous passe, il faut dire que al technique est simple : le guide mouline sa cliente et que lui file en désescalade tel un cabri !!!

On se retrouve enfin au glacier après un nombre incalculable de rappel, Recramponage, réencordage, et on est reparti pour un louvoyage entre d'énormes crevasses ! Bon pour nous il suffit de suivre les traces. Pas dur ! on passe par une première zone bien impressionnante entre 2 ou 3 crevasses très proche. A présent il y a un peu de glace sur le glacier, il faut également faire attention à ne pas se gauffrer dans les quelques passages raides. Tiens en parlant de passage raide, une petite pente en glace à 45 ° sur 7-8 mètres puis une sorte de plongeoir avec une réception bien précise à faire, 2 m plus bas sur la lèvre inférieur de la crevasse. Anne se lance et lance un youhou à la réception. J'ai juste à l'imiter. Sans hésitation je m'execute, et me réceptionne sur les 40 cm2 propices ... on repart, encore des crevasses mais voilà la sortie du glacier. On rejoint le guide et sa cliente. Reste une petite rando pour rejoindre le refuge. On y arrive à 17 h et vu qu'on n'est pas pressé on décide d'y manger et d'y dormir..

On rêve de steak frites, de salades de pates ...

Bilan, refuge en mode hiver avec juste des sachets de sel, de sucre et des mini pots de confiture à la cerise. Pas de gros gardien barbu et sauvage pour nous materner, grosse déception !

On négocie avec le guide des nouilles chinoises en échange de l'usage de notre briquet ! (je crois qu'on n'y a pas perdu au change) De toute façon, mon estomac a du se rétrécir là haut : je n'ai plus faim !!! Je mangeotte et file au lit !

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Nuit pas géniale, sans doute ne suis je plus habitué au confort ...

Le réveil du guide nous sort du lit

Petit déjeuner frugal avant un grand rangement et le départ !

Et pour changer il faut rester vigilant : quelques barres rocheuses,, des cordes, du gravillon glissant, des traversées de torrent, pendant plus d'une heure le terrain demande de la concentration. On a gardé nos gants pour préserver nos mains défoncées. En bas on retrouve le sentier puis la Val Ferret Italien et plampaintieux

Séance de stop, ma pire en montagne depuis longtemps. Tout en marchant on fait du stop. Mais personne ne nous prendra , pas même 3 camionnettes vides de la compagnie des guides de Chamonix : pas classe et assez décevant ! Un italien fini par nous prendre et nous ramener au parking du téléphérique.

On défait les sacs et on se change avant de repartir pour de nouvelles aventures.

Mais déjà quelle aventure que ces magnifiques journées passées là haut !

 

 

 

MERCI ANNE !!!

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