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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 09:47

et traversée sur le Nadelhorn

avec Anne

 

Le lien pour visualiser en direct sur youtube

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 14:53

Tout a commencé il y a fort longtemps et Mai 2002, par l'ascension à ski du petit Combin par la voie Normale en dormant à Pannossière. Je fus conquis par l'endroit !

 

Première tentative sur le Grand combin et premier but, en Juin 2008 , avec Steph et Florian. Une fenêtre météo mal calculée, on s'était pris une tempête de neige dans le couloir avec un retour à la base... au GPS

 

Juin 2009, retour sur le site, mais cette fois ci par la face Sud et le refuge de Valsorey. Avec Jean-Marc. La face Sud fut lonnngue ! Arrivée au sommet du Combin de Valsorey nous sommes pris dans le brouillard. Echec pour descendre par le mur de la cote, nous retrouvons le sommet du couloir du Gardien au GPS et descendons à Fionnay dans la neige et la pluie ! Seul le Combin de Valsorey fut atteint !

 

Septembre 2011 je monte au Petit Combin en solo par l'arête des Avagères. Dernière grosse sortie de l'année, à deux doigts du but quand la météo a tournée

 

Juin 2012 : Départ avec Engue depuis Pannossière, traversée des sommets ascension par le couloir du gardien, on monte le Combin de valsorey puis celui de Grafeneire avant de redescendre par l'aiguille du croissant et le mur de la cote... Une heure et demi pour descendre le mur verglacé

 

juin 2014, Bouquet final, le dernier sommet : le Combin de Tsessette, sommet sans importance sauf pour les collectionneurs de 4000 ! il est dans la liste ! Accompagné de Engué à ski, dans une météo de rêve !

Grand Combin traversée des Sommets

 

Voilà, 6 séjours dans le coin des Combins, 4 week end pour enfin parcourir les 3 sommets du Grand Combin... Il en a fallu de l'abnégation !

But au Grand combin, retour dans la tempête - 2008

But au Grand combin, retour dans la tempête - 2008

traversée du Combin de Valsorey - le haut du couloir du Gardien dans le brouillard

traversée du Combin de Valsorey - le haut du couloir du Gardien dans le brouillard

Belle journée sur le Grand combin : valsorey + Grafeneire

Belle journée sur le Grand combin : valsorey + Grafeneire

The last one : retour depuis le combin de Tsessette !

The last one : retour depuis le combin de Tsessette !

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 18:11

A vous de répondre au sondage et de faire des propositions dans les commentaires

Pour visualiser les arêtes, c'est ici !

 

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 13:36

La semaine dernière, je me suis offert le livre de Stéphane Maire "Alpinisme en Suisse"

Dans la page consacrée au Blüemlisalphorn il évoque les arêtes qui mériteraient la palme de plus belle arête des alpes.

 

Fan de ces traversées aériennes, je me suis dit que ça pouvait être un nouveau jeu intéressant

 

Alors, les nominées sont :

 

Parcourue avec Laurent en 2006, superbe arête !

arête et corniche de bionnassay

arête et corniche de bionnassay

Traversée Est Ouest, entre ciel et terre.

Traversée réalise en avec Helmuth et Jean-Marc 2007

 

Liskamm traversée

Liskamm traversée

L'arête est très effilée mais moins longue que les deux autrs courses.

Nous l'avons allongée : en partant du Piz Argient et en poursuivant par le Piz Zupo et les terrasses de Bellavista : plus de 3 km d'arête magnifique !

Traversée réalisée en 2014 avec Anne.

 

Entre les Piz Palü

Entre les Piz Palü

  • Les Arêtes de Rochefort

Que je n'ai pas (encore ) parcourues. A faire dans le cadre d'une traversée Rochefort Jorasses (projet ajourné en 2014 du fait d'un souci de conditions...)

 

 

Arête Rochefort Jorasses

Arête Rochefort Jorasses

  • L'arête Blüemlisalphorn Morgenhorn

Après la jolie face Nord du Blümelisalphorn

Itinéraire que j'ai en tête depuis quelques années

 

 

 

J'ajouterais à cette liste :

 

Sans doute plus aisée, plus classique, mais réellement belle

De nombreuses ascensions par un peu tout les versants (voie Normale, arête Mettrier, couloir Est...)

Traversée des Dômes de Miage : l'arête

Traversée des Dômes de Miage : l'arête

 

A vous de compléter cette liste...

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:32

Le petit Alpiniste à présent sur facebook

Il vous suffit de cliquer ici et de cliquer sur "j'aime"

 

 

 

 

 

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 09:37

Topo :

 

Se garer sur le parking

Suivre le sentier évident qui monte versant ouest

C'est très bien balisé : poteaux blanc tous les 20 à 40 mètres.

Attention tout de même en cas de brouillard (ce qui doit être assez fréquent !)

Attention, escalade II sur la partie finale non balisée ! (à partir du cratère 100 derniers mètres)

En haut, ça passe partout, et c'est raide.

 

 

Rando Trail : Pico des Açores 2351 m
Rando Trail : Pico des Açores 2351 m
Rando Trail : Pico des Açores 2351 m

Récit

 

Août 2014

En arrivant à notre gîte, le gars m'avait prévenu : le Pico des Açores c'est 6 - 8 h de marche, il faut compter la journée... Fort de ce conseil, je me décide à le tenter en mode trail, départ prévu à 17 h après la visite des grottes de lave "grutta da torres"

17 h 15, je suis le parking en tenue, Sandrine me dépose, pour la récup, on verra bien, je lui donne rendez vous pour 20 h 30 environ, ça devrait suffire. sac léger, une gourde, un appareil photo, un GPS de rando pour ne pas se perdre, une polaire si il fait froid au sommet ! Ben oui, au milieu de l'atlantique à 2300 mètres, il peut y avoir du vent.

C'est parti pour la montée, je cours un peu, végétation encore un peu importante.

Je croise quelques randonneurs, partis ce matin, qui s'écartent gentiment à mon passage. Le sommet est encore bien loin. Je vois au cardio que je suis parti un peu fort... La pente devient raide, je marche. Quand je croise des randonneurs, je mets un petit coup de booste, il faut qu'ils en aient pour leur argent...

Certains m'encouragent, certains rigolent, d'autres m'annoncent que la police est derrière moi !

Plus j'avance, moins il y a de randonneurs (descendants) , il ne reste que les plus fatigués, certains en difficultés sur le sentier abrasif et raide.

L'avantage, avec les volcans, c'est que les chaussures tiennent hyper bien ! Le sentier est balisé tip top, avec de grands poteaux blancs comme repairs, il suffit de lever la tête pour repérer le bon passage.

Je ne cours presque plus tant c'est raide !

Je commence à dépasser des randonneurs en route vers le sommet, leur objectif : bivouaquer dans le cratère.

Le terrain est minéral, la pente s'adoucit et permet de courir sur certaines portions ! J'en profite, ça fait du bien de courir. Le soleil descend sur l'horizon et les couleurs sont superbes !

Voilà le bord du cratère. Il n' y a plus de balise. Courte hésitation avant de poursuivre, le Pico est un "pico" sur le bord du cratère... bien raide. Il faut mettre les mains. C'est raide mais ça passe bien. Et youhou, voilà le sommet !

1 h 20 (le record est de 1 h 03 à priori d'après mes infos) ... mais j'ai pas forcé !

1122 m de déniv et 3 km 500 !

Rando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 m
Rando Trail : Pico des Açores 2351 m
Rando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 m

Photo, vidéo et début de descente. Ambiance magnifique avec l'océan atlantique, les nuages et ce cratère bien haut sur une si petite île (Pico doit faire 40 km de long sur une 20 aine de large !)

Sous le cratère, un gars me hèle, en Anglais. Je ne comprends pas trop (ben oui, je suis pas le meilleur anglophone qui soit) Il comprend que je suis Français, ça tombe bien, lui aussi. Il me demande mon temps, on partage un bon moment, ils repartent vers le bivouac, moi vers le bas, dans cette superbe portion roulante : un joli sentier fait de pierre de lave, tout en descente douce !

Ca ne dure pas, voilà déjà les portions raides. Il faut parfois mettre les mains, mais je déroule.

A présente je suis seul sur cette portion de volcan. Le soleil décline. Les couleurs sont superbes. Je retrouve la végétation. Au loin l'île de Faïal. , paysage magnifique !

J'en profite pour faire quelques photos.

La route s'approche. Je commence déjà à préparer mon rapatriement, J'ai donné rendez vous à Sandrine vers 8 h 30, je lui ai dit que je 'appelais mais son téléphone refuse de fonctionner !

Rando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 m
Rando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 m
Rando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 m
Rando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 m

Voilà la route, portion officielle de volcan terminée.

Je comptais faire du stop, mais il n'y a quasiement plus de voiture... Je croise un gars qui me demande en anglais si j'ai fait le check out. Je lui fais comprendre que je ne savais pas qu'il y avait de check in !  Il laisse tomber en me souriant, j'apprendrais plus tard qu'il ya un permis d'ascension du sommet (10 € je crois) en quittant le gars je pensais qu'il s'agissait d'une affaire de 2 ou 3 €...

 

Je prends mon rythme sur la route, n'arrivant pas à tenir le 10 km/h et pourtant ça descend. Le soleil continue de décliner.

Je suis bien fatigué. Au bout de 3 km une voiture arrive, je fais du stop, et me voilà à l'arrière d'un pick up conduit par des éleveurs locaux qui me dépassent 2-3 km plus loin sur la route longitudinale (route que nous appelons la route 66 tant elle est droite)

Personne à l'horizon. Je remonte en marchant en direction de Lajès do Pico. et voilà notre Suzuki Colt de location avec Sandrine à l'intérieur !

Youhou !

 

 

 

Rando Trail : Pico des Açores 2351 mRando Trail : Pico des Açores 2351 m

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 15:35

Ma première voie dans le triangle du tacul

Avec une météo plutôt capricieuse (comme souvent cette année !). Jolie goulotte pour faire chauffer les mollets. Heureusement, on y trouve de rafraichissantes spindrifts !

 

 

 

Vidéo

Topo

Descendre de l'aiguille du midi au refuge des Cosmiques (ou au col du Midi si l'on y dort pas !) rejoindre le pied de la goulotte. De là remonter cette goulotte (évident) bien marquée à droite du triangle du Tacul !

D 4 II P3

 

 

Carto fichier GPS

Fichier GPS au format GPX

Récit

 

Maudit, je suis maudit, ça fait 3 semaines que c’est le grand beau, voilà que mon week end dispo arrive, et ils annoncent du moche.

Au départ, Jeff voulait m'emmener faire l'Innominata au Mont Blanc, je luis annonce que je suis plus intéressé par la Blanche de Peuterey ou l'arête du Brouillard, deux itinéraires qui rapportent plus au chasseur de 4000...

En début de semaine, la météo s'annonçant moyenne sur le Mont Blanc et meilleur en Valais, je propose l'Obergabelhorn ou le Zinalrothorn.

 

 

Mais la météo s'assombrit

Je connais Jeff, et je sens la proposition de goulotte au Tacul.

 

Bim, bonne pioche, il me propose la Bodin Afanasieff... Connais pas. Au départ je pensais que c'était à droite de la Chéré (ben oui, je connaissais pas) mais en cherchant dans le Damilano, je me rends compte qu'elle est toute à droite de l'épaule du Tacul. Superbe itinéraire, bien engagé, Ca me plait !

 

Rendez vous est pris à 16 h ce Vendredi pour prendre la benne. Après un footing matinal avec ma dulcinée, je rejoins Chamonix. Un coup de benne plus tard, nous voilà à l'aiguille. Temps (très) mitigé ! On s'équipe devant les touristes (classique) et on décolle sur l'arête. Toujours aussi effilée, c'est sûr que pour les débutants, elle peut être impressionnante !

Une arête plus tard, un petit plat plus tard et une courte remontée (mais à fond, je suis avec Jeff, on arrive au refuge essoufflés (26 minutes tout de même, c'est le GPS qui l'a dit ! ).

Bon accueil, il y a la un groupe en partance pour le Mont blanc (ils vont butter) et un guide et ses deux clients Belge en cours d'acclimatation pour le même Mont blanc la semaine prochaine.

Petite sieste pour Jeff, je bouquine et délicieux repas (lasagne) avec Rab de dessert !!! en compagnie du guide et de ses deux Bruxellois. On a passé une excellente soirée !

Cordée de guide et des deux belges le matin en direction de l'arête des Cosmiques

Cordée de guide et des deux belges le matin en direction de l'arête des Cosmiques

Nuit difficile, le vent qui frappe le refuge, la chambre est froide, les éclairs qui éclairent la fenêtre... ça ne sent pas bon. Je me lève à minuit... ciel étoilé, on voit la vallée... Miam !

Je me recouche, dors par intermittence...

4 h 45, Le réveil de Jeff sonne. On se réveille difficilement. Direction le petit dej, son pain croustillant et son Nutella, j'en fais discrètement une orgie ! Bon, tout n'est pas rose : dehors, la visibilité est nulle, il neige et les flocons voyagent à l'envers : du bas vers le haut ! Quelqu'un aurait il retourné le refuge cette nuit ???

Il y a 20 à 30 cm de poudre légère. Et ça continue de tomber ! On décide de se recoucher... Jeff me réveille à 8 h 30.

Le brouillard est tombé.

On part pour la Chéré (Ben oui, pour la Bodin Afanassieff, il y avait le risque d'errer au sommet du Tacul dans le brouillard sans compter la neige fraiche tombée... pas top !)

La gardienne : vous avez des masques ? Jeff répond que oui... Je sens qu'on va manger de la poudreuse !

Sommet de la Goulotte Chéré

Sommet de la Goulotte Chéré

9 h 11, on quitte le refuge, derrière la cordée Franco Belge qui file vers l'arête des Cosmiques bien platrée. Visibilité corrrecte pour le moment. on descend vers le col du Midi puis on avance vers le Tacul. Les nuages nous dévorent. Visibilité 20 mètres. Jeff progresse lentement (ça change !) on aperçoit une ombre grise, sans doute la rimaye.

Pause sous la rimaye, on laisse les sacs et on essaie de repérer le départ de la goulotte à l'occasion d'une éclaircie. C'est bon ! Jeff part, rimaye passée efficacement puis remontée  pour rejoindre la barre rocheuse à fond. C'est mon tour, bon, j'avance assez vite (à mon goût) mais beaucoup moins que Jeff. Pente à 45 - 50 ° gavée de neige, ça cramponne bien... premier relai.

 

Jeff repart, je l'assure, la corde fait des siennes, il me faut et l'assurer et déméller les torons... Et vu qu'il avance vite, je dois réaliser les deux opérations de concert ce qui n'est pas une mince affaire. Relais. A mon tour, je contourne l'éperon rocheux et me voilà dans la pente. Je peine à trouver un rythme efficace. J'essaie d'assurer chaque appui. La pente devient raide, bien raide ! Quelques broches plus tard, je suis au relais suivant.

 

...

 

Relais suivant, il est sur la droite, légèrement protégé par un bloc rocheux. Vaché à la cordelette, Jeff est déjà parti. Les spindrifts déjà présente s'intensifient ! Les plus grosses recouvrent l'intégralité de la goulotte ! Jeff disparait dans le brouillard de poudre ! Je mange dur, les spindrifts d'une part et quelques morceaux de glaçons envoyés par Jeff. Et pim, un glaçon dans le genou : Aïe !

 

C'est mon tour. Je m'applique dans cette portion raide. Les piolets ancrent bien malgré leur âge avancé : 13 ans ! Les crampons, eux, dans leur prime jeunesse, s'avèrent efficace.

C'est le passage à 85°, sur une 15aine de mètres. C'est raide, mais ça passe bien. J'arrive au relai suivant tout de même bien essoufflé.

 

 

 

 

Le guide 'No bonjour" et son client !

Le guide 'No bonjour" et son client !

Nous sommes sortis des grosses difficultés. La pente se couche (55-60° tout de même) A mon tour de passer devant. C'est bien concentré que je pars . Une broche, une pente raide, en glace. Je donne de tout petits coups de piolet pour assurer les ancrages. Ca grimpe parfaitement. De temps en temps , ça éclate la glace et il faut replanter. Alors j'ancre à fond, et parès je galère à retirer le piolet ! Classique.

Une broche, une dégaine et une autre broche suivante, je me retrouve au relais, fier comme Artaban Je serai passé en tête un court moment dans cette goulotte. Je suis bien essouflé. Et Jeff me rejoint quelques secondes plus tard ... Trop fort.

 

Il me propose de repartir devant, perso, j'ai les mollets en feux et il est monté si vite que je n'ai pas eu le temps de récupérer. Je le laisse donc terminer. Il file, et là, c'est un peu la galère. Il va tellement vite que j'ai du mal à suivre avec la corde. Assurage hyper rapide. Fatigant aussi pour les avants bras. Enfin il est en haut !

je pars, la longueur est facile (c'est pour ça qu'il filait, le bougre) un petit passage mixte, en traversée. Puis de la bonne neige (j'avais tout de même pas les talons pausés) Un petit ressaut et voici le sommet de la goulotte !

 

Jeff, me fait un petit topo sur les sorties des goulottes du Triangle et zou, on bascule sur les rappels ! Alors les rappels, c'est classique, il part devant, je me prépare, quand c'est libre je file, puis quand j'arrive, une fois vaché, MA mission : Rappeler la corde... Et 2 fois 60 m, c'est hyper dur à rappeler ! il faut tirer comme une brute tout en restant homogène dans le tirage. Le souci , c'est qu'à chaque rappel, il faut recommencer... J'ai les avants bras en feux, les doigts cripsés sur la corde. Chaque rappel augmente ma douleur !

Souffrance !

 

Au milieu de la voie, on croise une autre cordée. Un guide et son client, sans doute, je lance un bonjour, un mugissement me répond, bon, le guide n'a pas l'air de très bonne humeur.

Il file à la vitesse de l'éclair (comme Jeff) sautillant des piolets vers les crampons, je suis scotché !)

Jeff m'annoncera qu'il n'a pas eu de réponse  à son bonjour... lui aussi !

 

 

Vue du bas, encore un peu de soleil...

Vue du bas, encore un peu de soleil...

Plus bas, le client est plus sympathique (et plus lent), chaque piolet est ancré profondément, les pas sont lents, très lents !

Et moi pendant ce temps, je dois me taper de rappeler les rappels ! Tout en prenant des bouts de glaçon dans le Genou ... Ouïe !

Dernier rappel, rimaye traversée, je passe l'obstacle, facile, je descend rejoindre Jeff, tout en rappelant la corde. la corde vient tranquillement. elle descend... et bascule en partie dans la rimaye. Je rappelle, et là, c'est le drâme ! la corde est coincée au fond de la rimaye. Je remonte vers celle ci, la voilà, profonde et tortueuse, tourmentée et sombre ! Je reste prudemment sur la lèvre inférieure ! J' essaie de décoincer la corde , le premier brin coince , mais le second vient ! Je le tire délicatement... 5 minutes plus tard, tout est remonté ! Je redescends vers Jeff.

On avalle la corde, et on file, pause sur le glacier au soleil. On remonte au refuge pour grailler une croûte au fromage délicieuse ! (Depuis la veille je l'avais repérée sur le menu).

Puis décollage pour rejoindre l'aiguille du midi, dans le brouillard. On remonte relativement rapidement. L'arête est fine, mais passe bien. On se retrouve à l'aiguille. On file vers le téléphérique où il faudra attendre la benne 25 minutes (on en profite pour trier le matos) et le retour, en héros (ben oui, on a quand même 2 piolets techniques dans le dos ! )

 

Dernière course d'alpinisme de 2015 ? ... A suivre

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 09:15
Vidéo : Alpinisme - Triangle du Tacul - Goulotte Chéré

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 09:25

Ca faisait un moment que j'avais repéré cette magnifique face Nord. Et depuis quelques jours ils semblait que les conditions étaient parfaites. Et comme "les faces Nord c'est comme les fruits, il faut les cueillir quand ils sont murs" , ben on est allé trainer nos guêtres du côté de Saas Fee et on n'a pas été déçu !

cette course fait parti d'un périple de 5 jours

Les épisodes précédents :

Piz Bernina Biancograt 4049 m

Sur le fil à3900 m : du Piz Argient au Piz Palu

 

Elle est belle, hein !

 

Vidéo

Topo

 

Cotation : D III 3c

Mischabelhütte 3 h 15

 

Lenzspitze 4 h20

traversée sur le Nadelhorn : 3 h 10

Descente à la cabane 1 h 30

Total 9 h

 

Mischabelhütte 3335 m

De Sass Fee, gagner l'église (au mieux)

prendre le sentier qui monte vers Trift puis Schönegge, de là suivre celui qui va vers le Distelhorn (il passe à l'ouest du sommet) le sentier est excellent et bien indiqué de l'église de Saas Fee, jusqu'à la cabane. Le sentier est excellent dans cette première partie !

Ensuite suivre le balisage (excellent et très rapproché) sur une sorte de via ferrata qui suit en gros l'arête qui mène au refuge.3335 m

 

Lenzspitze

Du refuge, remonter la sente derrière celui ci et gagner le Hohbalmgletscher. Longer le Scwartzhorn et gagner le plateau glacière (3600 m ) Gagner le pied de la face Nord et la Rimaye plutôt à droite

Remonterer au mieux la face Nord 50° de moyenne sur 500 m

Pour mémoire nous sommes sortis à 150 m environ au Nord du sommet.

De là sortie gagner le sommet par une arête neigeuse , parfois en mixte, très effilée !

 

Traversée sur le Nadelhorn

Suivre l'arête Nord Ouest qui permet de gagner le Nadelhorn

Arête mixte. Les gendarmes sur le Nadelhorn sont plus technique sur le coté Nord , ils sont équipés pour d'éventuels rappels ou assurance ! passage en III + .

 

Descente

Le sommet du Nadelhorn se descend soit par l'arête Est soit légèrement dans son coté Nord. Puis suivre l'arête (attention corniches) jusqu'au Windjoch 3845 m.

Du Windjoch on bascule sur le Hohbalmgletscher et on rejoint facilement la trace de montée (crevasses dans la pente raide (entre autre)

Topo photo Face Nord de la Lenzspitze Nadelhorn

Topo photo Face Nord de la Lenzspitze Nadelhorn

Carto , fichier GPS

Fichier GPS au format GPX

Récit

Notre périple a commencé il y a 4 jours, par l'acension de la Bernina par la Biancograt, puis par la traversée des 3900 m de l'arête du Palu pour redescendre . Une nuit dans un hôtel à Laax et 3 heures de "route qui tourne" nous amène à Saas Fee (Route magnifique en vert sur la carte michelin mais qui tournait beaucoup) La météo reste indéchiffrable, je pars sans trop d'espérance, on verra bien !

Voilà le parking (l'un des plus moche du monde dans l'un des plus joli village du monde), on refait les sacs, on stocke une pile de broches à glace. Décollage. On se perd dans les méandres des ruelles du village, encore endormi alors qu'il est déjà midi. On parvient arpès quelques hésitations à rejoindre l'église, où un panneau indicateur est sans équivoque, Mischhabelhütte 4 h 15 ! On n'est pas rendu !

C'est parti d'abord sur une route goudronnée, puis le passage dans une forêt parsemée de fil électrique à chevaux nous pause quelques problèmes (on s'en sort quand même ) Ça grimpe, ça grimpe même dur. Le sentier commence par louvoyer un peu pour passer un gros torrent puis devient idéal, la pente parfaite pour progresser vite ! Nous avançons. Je programme la pause pique nique pour 2300 m (laissant ainsi 1000 m à faire pour gagner le refuge) mais vu qu' 2250, je trouve le rocher idéal pour opérer une pause, je change mon fusil d'épaule et pause le sac !

Le village de Sass Fee s'étend à nos pieds, à droite les télécabines que nous aurions pu prendre pour nous éviter une bonne heure de marche, mais cette solution n'a même pas été évoquée, je connais trop bien Duracell ! Pourtant, les autres alpinistes, ils n'ont pas hésité, eux ! En plus on aurait gagné une heure pour pouvoir glandouiller au refuge et faire une sacrosainte petite sieste...

Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte
Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la MischabelhütteBouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte

Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte

Nous repartons dans les lacets, croisons un chamois qui fait sa pause pique nique.  On papote tranquillement et on rejoint la Viaferrata avant laquelle on dépasse un groupe compagnie des guides de Chamonix en grande tenue (3 guides et une dizaine de clients !)

Viaferrata facile, mais il ne faut pas s'en coller une, c'est sans filet !

Je reste devant mais au cours d'une pause vidéo (à l'échelle , Anne me dépasse et... me largue) Je la vois, loin devant, à fond, je sais qu'elle va engloutir les 2 3 cordées qui nous précèdent.

A mon rythme, je progresse, je rattrape une cordée qu'elle a dépassé il y a 10 bonnes minutes. Je leur dit "vous avez vu passer une fusée" le gars ne parle pas le Français mais a vaguement compris mon propos, il me fait deux cornes avec ses mains , un chamois ! Ben oui, elle galope la cocotte ! On approche du refuge, je la vois loin au dessus sprintant pour dépasser une dernière cordée avant le refuge, elle est impitoyable !

Je la rejoins quelques minutes plus tard. C'est le moment séchage rangeage avant d'entrer dans la Mischhabelhütte

 

 

 

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Comme d'hab, je monte pour m'annoncer

Et là, je suis accueilli par Scarlett Johanson, aide gardienne à la Mischhabelhütte. Je me mets à bafouiller, heureusement, je peux mettre ça sur le compte de la fatigue. Elle m'explique l'heure du diner, le positionnement de nos couchettes, le petit déjeuner. je n'entends rien, mes yeux plongés dans les sien ! Quelle grâce, quelle légereté, je suis tout chose (puré si Sandrine lit ses lignes, je suis mort !... Heureusement ça n'arrive pas souvent et en général, je lui livre une version édulcorée (pour édulcoré, lire censuré...)(Je rappelle ici qu'il s'agit du version romancée... bien entendu)

 

Anne me rejoint, et se rend compte de mon trouble, elle râle, trouvant le prix de la nuité trop élevé. Moi, je nage dans le bonheur, les yeux  dans ceux de ma Scarlett, ses lèvres pulpeuses, sons sourir ravageur, son parphum ... J'entend à peine les récriminations d'Anne, trouvant ceux ci déplacés !

Ah Si ce moment pouvait durer une éternité...

Je ne sais pas comment Anne a réussi à me faire quitter la zone d'accueil ...

 

Non Scarlett, notre idylle débutante n'est pas déjà finie... Scarlett Je...

 

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On se retrouve dans un chouette dortoir, sous la fenêtre (position stratégique pour gérer l'alimentation en air de la communauté) Il y a là des Français, des Italiens et à coté de nous, 2 allemands en pantalon en velour ! En plus la technique est particulière, il est monté en pantalon de toile pour le remplacer une fois au refuge par un pantalon en velour, à l'ancienne (je n'ose imaginer le poids de son sac..)

 

L'heure du repas arrive, 18 h, malheureusement, ça n'est pas ma Scarlett au service mais sa soeur ! C'est efficace et bon ! On se retrouve à 19 heures dans les dortoirs à écouter des MP3 tout en rigolant comme des baleines (les futurs musiques des vidéos !)

 

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2 h 50 réveil, c'est Anne qui me secoue. Je lui réclame 2 minutes. On s'habille dans le noir avant de filer dans la cuisine. C'est encore la soeur de Scarlett à la manoeuvre. toujours aussi sympatique et efficace mais... ça n'est pas Scarlett ! Je machonne mon pain à la confiture pendant de longues minutes. Le déjeuner a du mal à passer. On s'équipe dans le monde et on sort du refuge.

 

Et là, on regrette de ne pas avoir repéré le début de la course du lendemain la veille au soir dans la lumière.

Bref, on tourne comme des malheureux autour du refuge... De longues minutes... et on fini par trouver les frontales ! Il y avait un sentier au bout d'une passerelle ! L'air est frais, les frontales alignées , il fait nuit noire. Au loin, un énorme orage éclair l'italie, les éclairs font des flashs qui nous éclairent aussi... c'est pas gagné !

On rejoint rapidement le glacier, et vu qu'on pensait qu'il fallait remonter sur les rochers, on ne met pas les crampons... erreur ! Bref, on monte en mode rando le bord du glacier sur la neige gelée parsemée de traces de descentes de la  veille. Au passage on dépasse quelques alpinistes.

Au début tout va bien, ça n'est pas raide. Mais ça s'incurve. De plus en plus difificile ! Avec deux bâtons et les semelles Vibram, c'est chaud, et la chute peut couter cher. Je décide de mettre les crampons et de sortir un piolet. on fait ça rapido mais en pleine pente, ç'aurait été mieux, à plat, tout à l'heure ! On le saura pour la prochaine fois !

Frontales sur le glacier

Frontales sur le glacier

En crampons on avale les derniers mètres raides avant le replat du glacier où on opère une pause encordement. Il y a de la neige fraiche 15-20 cm de poudre. Au loin on voit deux cordées un peu en dessous de la face. Leurs puissantes frontales balayent presque toute la face ! à droite, des cordées sont déjà haut sur le Nadelhorn, ils vont arriver avant le lever de soleil à ce rythme !

Nous avons loupé la bifurque pour la face Nord, on doit tracer pour rejoindre la trace de nos prédécesseurs. au loin on aperçoit leurs frontales, ils sont aux prises avec la rimaye, sans doute lugubre ! Après un long moment, des hésitations, l'un d'eux s'élèvent, ils sont passés !

A notre gauche, une autre cordée prend la direction de la Face nord. Le gars n'a pas une frontale, il a un phare !!! Quand il lève la tête, il éclaire toute la face !

Nous progressons au milieu de tout cela, plutôt loin des autres cordées.

A présent nous sommes dans les coulées d'avalanche de la face nord, chaque pas est plus difficile. Nous approchons de la rimaye. Dernière pause avant la face. Nuit toujours aussi noire. C'est parti, Anne est devant (c'est notre technique pour aller plus vite), elle passe la rimaye, Un Grand Pas, et comme dirait Neil Armstrong : "Un grand pas pour Anne, un petit pas pour l'humanité..." et l'humanité, c'est bibi ! Trop facile, pourtant elle avait une salle gueule, cette rimaye.

On remonte en ascendance à gauche pour retrouver l'axe de la face, si tant est qu'il y ait un axe, la face est tellement grande ! De toute façon, on suit bêtement les traces de nos prédécesseurs. La neige est bonne, en traversée, on enfonce juste les pointes des crampons mais ça tient.

Dans la face Nord de la Lenzspitze
Dans la face Nord de la Lenzspitze

Dans la face Nord de la Lenzspitze

C'est parti pour les 500 m de face, en ponte avant. Parfois il y a de belles traces, d'autre moment il n'y en a pas ou peu ! Les 2 piolets ancrent bien, les crampons aussi, c'est monotone mais j'adore ça ! Un crampon - l'autre crampon - un piolet l'autre piolet, je souffle et je recommence. La montée est agrémentée de spindrifts (micro avalanches) qui donnent un caractère alpin à la course... Nous faisons quelques trop rares pauses photos. Le soleil se lève doucement, sans réellement se lever : il fait gris ! On aperçoit au loin nos prédécesseurs en haut de la face alors que nous n'en sommes qu'à la moitié.

Mais c'est le bonheur. On est bien, là, au milieu de cette gigantesque face Nord ! On se met à chanter les musiques écoutées hier soir au MP3, en entrecoupant chaque chant haletant de nos rires. Si quelqu'un nous a entendu il a du se demander ce que c'était. Ben c'était nous, et on est pas des Ténors de l'opéra, mais on était heureux !

Les spindrifts nous balayent régulièrement.

Il faut taper les crampons pour retracer. Les mollets chauffent.

Parfois quelques bouts de glaces viennent dégringoler la face.

On rejoint la zone mixte de la partie supérieur où les rochers affleurent. Un peu plus technique, appuis moins francs et parfois désagréable. On progresse, toujours corde tendue. Il y a par endroit un peu de glace. Derniers mètres, voilà le haut de la face. Anne filme ma sortie. On passe d'un haut de la face à 55° à une fine arête. Ambiance.

On n'est pas au sommet.

Et c'est parti pour une fine arête de neige avec quelques passages rocheux. Jamais très dure mais souvent impressionnant ! Quelques pas de mixte, des passages à "un pied devant l'autre sans s'accrocher les sangles des crampons ni les guêtres"

Et dans l'un de ces passages, je me rends compte que les piolets techniques, c'est très bien, mais sur une arête, c'est nul : c'est trop court. Et je me jure de repasser à l'Alpenstock lorsque je me retrouverai sur la prochaine arête (pas sûr que ça soit génial dans les faces...)

Voilà le sommet de la Lenzspitze, nous sommes heureux. Tant d'année à préparer ce projet, le voici enfin réalisé !!! YES.

Nous observons les cordées sur le Dom, celles sur le Nadelhorn Panorama splendide !

dans la face nord de la Lenzspitze

dans la face nord de la Lenzspitze

Sur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze
Sur l'arête puis au sommet de la LenzspitzeSur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze
Sur l'arête puis au sommet de la LenzspitzeSur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze

Sur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze

Il fait froid, la pause est coute (comme toujours) on file vers le Nadelhorn, annoncé à 3 h d'ici. On repart à l'envers, sur l'arête. on croise la dernière cordée qui semble bien pataude. Le premier de cordée me projetant presque dans la face Nord afin d'avoir un bon passage. Pourtant j'avais déjà les talons au dessus du vide ! Ils n'ont par à l'aise, ni efficace dans leur assurance. Une fois croisé nous filons. Les passages se succèdent. Jamais faciles mais jamais extrême, toujours superbe (Amazing !).

 

Nous parvenons au col entre la Lenzspitze et le Nadelhorn et remontons les gendarmes du Nadelhorn.

Montagnes Russes, régulièrement il faut redescendre les gendarmes et perdre l'altitude précieusement gagnée.

Nous adoptons une technique personelle mais efficace pour nous dans ces descentes (oui, les descentes sont en face Nord un peu verglacées et sont les parties les plus techniques de la course) Je descend en premier en desescalade, Anne m'assure du haut sur des pieux judicieusement placés. Si c'est facile, je l'assure pour qu'elle descendre elle aussi en desescalade. Si c'est technique, je la mouline., elle se vache, se décorde, on récupère la corde et on repart !  Les maneuvres de corde sont chronophages mais par cette méthode on reste assez efficace.  Les gendarmes sont avalés les uns derrirèe les autres. On opère une dernière pause à l'abrit du vent (ou il fait assez froid sur l'arête) pour manger et boire, et on file pour gagner le sommet du Nadelhorn !  Et RE YES !

3ème Nadelhorn pour moi, après un Nadelhorn à ski il y a deux ans et un autre par la chouette et longue Nadelgrat l'année dernière avec Anne.

 

Pas mal d'émotion au sommet, nous savons le gros des difficultés derrière nous, la course a été magnifique, technique et longue. Nous sommes à notre place sur ce sommet !

 

traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn
traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorntraversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn
traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn

traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn

On attaque la descente, concentrés, sur l'arête. Le mixte sommital est avalé. Une cordée en dessous en provenance de la Nadelgrat  passe devant nous.

Voilà l'arête de neige, attention aux corniches !

On reste concentrés mais on file. On rejoint le col on bascule versant Mischhabelhütte puis on opère une pause près d'un autre cordée qui a fait la face Nord. "Dire qu'on a gravi cette face !" lance le guide. Même lui semble impressionné ! Elle est belle, presque parfaite !

On grignotte, se déshabille et rallonge l'encordement.  Traversée du glacier avec quelques trous !  puis descente vers le refuge. RAS ! Voilà le refuge. On décide de pique-niquer et de refaire les sacs avant de redescendre.

 

Je passe voir les gardiennes pour leur dire qu'on est bien rentré. Elles s'inquiètent de la position de la quatrième cordée (les patauds de l'arête). Je les ai juste vu lorsqu'ils en étaient à la moitié puis les gendarmes m'ont empêché de suivre leur progression. Ils ne sont pas rendus. Pas de nouvelle de Scarlett, notre idylle platonique s'arrête sans doute là !

En tout cas l'accueil fut top à cette Mischhabelhütte.

 

Sous le Nadelhorn

Sous le Nadelhorn

Après le "pique nique", pique nique est un bien grand mot car on n'a pas mangé grand chose... on est reparti pour la descente. La "Via ferrata" est avalée, puis nous retrouvons le sentier, parfait ! Nous croisons un homme agé de 75 ans environ qui monte muni d'un piolet ! Le rythme est régulier, impeccable. Pas sûr que je sois moi même capable de gravir le Nadelhorn à 75 ans ! Respect !

Le sentier est excellent. Saas Fee s'approche lentement. Nous déposons un des allemands à coté duquel nous avons dormi. Il boite et marche lentement, dans sa souffrance.

Voilà déjà Saas Fee, il y a une fête de village, et nous sommes accueillis en héros au son de la fanfare ! Nous remontons la grande rue, puis rejoignons le parking. ou il faut trier et ranger le matos avant de prender la route de la maison !

 

Merci anne pour cette belle course partagée !

Windjoch, vue sur la face Nord de la Lenzspitze

Windjoch, vue sur la face Nord de la Lenzspitze

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 13:57

Un projet un peu fou, pas trop, pour cette descente de la Bernina (en lien, la journée de la veille biancograt au Piz Bernina), se faire l'arête complète entre le refuge Marco e Rose, le Piz Argient et le Piz Palu

soit 9 sommets et 4 sommets de 3900 m

Le Piz Argient 3945 m

Le Piz Zupo 3996 m

Bellavista 3922 m

le Piz Palu 3900

(pour les 5 autres sommets : Bellavista 3890 - 3888 - 3799 m - Piz Spinas 3823 m - Piz Palu 3882 m)

Belle moisson non ?

Topo

 

Du refuge Marco e Rosa, partir plein Est en direction de la Fuorcla Cras Aguzza et contourner par le bas le point 3820 CNS (attention zone de crevasse et sérac à traverser.

Remonter les pentes du Piz Zupo, passer la rimaye de la face Nord et remonter la courte face Nord (50° - 100 m) pour gagner le sommet du Piz Argient (3945 m)

 

Du Piz Argient redescendre l'arête de neige effilée pour arriver au col et remonter la pente de neige puis l'arête mixte facile pour gagner le Piz Zupo : 3996 m

 

Du Piz Zupo : partir vers le Nord par l'arête mixte (PD) et rejoindre le col (pass dal Zupo 3840 ) Remonter les pentes mixte et de rocher parfois raide mais toujours facile et prisu qui permettent de gagner Bellavista (3922 m)

 

Les Bellavista se traversent par une belle arête de neige ( attention aux corniches)

Traverser les différents sommets et redescendre directement sur le col Fuorcla Bellavista 3688 m (descente en mixte, sans doute sente lorsqu'il y a moins de neige)

 

Du col remonter l'arête Ouest du Piz Spinas (PD) mixte. De celui ci redescendre et gagner par des pentes de neige facile le Piz Palu 3900 m. rejoindre le Palu oriental 3882 m avant de redescendre par une arête fine et impressionnante (cornichée) vers le col puis par le glacier très crevassé, rejoindre la Fuorcla d'Arlas. De là, suivre l'arête (cairn) et le sentier qui ramène à la Diavolezza. Juste avant celle ci prendre le GR au niveau du haut du télésiège. Suivre le sentier du télésiège et rejoindre la Diavolezza

Carto fichier GPS

 

Fichier GPS au format GPX

Récit

5 h du mat, nous voilà dans la cuisine (vu qu'on n'a pas pu se lever avant !(voir récit de la Biancograt) ) déjeuner rapide et décollage. Dehors, ciel étoilé et bise fraiche. J'en profite pour faire quelques photos. Les premières cordées pressées de rejoindre la Diavolezza sont déjà parties. Notre programme est chargé, 9 sommets, dont 4 de 3900 m, une arête de 5 km environ, vaste programme et c'est moi qui en ai eu l'idée ! La journée va être longue.

On décolle, dans le noir. Je suis devant. On rattrape un groupe de cordée sur la trace. Je fais une pause "vidéo" pour leur laisser reprendre un peu le large. Passage entre les séracs et les crevasses sous le Crast Aguzza, puis "tic tac tic tac" on dépasse une cordée de 4 un peu lente avant de bifurquer à droite, objectif : Piz Argient. Je trace dans la croute : un pas... je m'enfonce, l'autre... Je m'enfonce. Usant. Au bout de 15 minutes, je pense avoir trouvé la solution judicieuse en laissant passer Anne devant. Mais Anne avec ses 50 kg toute mouillée, elle reste en surface et ne s'enfonce pas... Je réfléchis à une autre solution tout en marchant. je finis par utiliser celle du gars qui prend la trace de descente. Et je remonte le glacier en faisant des pas de plus d'un mètre mais sans m'enfoncer ! C'est pas l'idéal, mais c'est ce que j'ai trouvé de moins fatigant.

Sur le fil à 3900 m - Piz Argient- Piz Zupo - Bellavista - Piz Palu
Sur le fil à 3900 m - Piz Argient- Piz Zupo - Bellavista - Piz PaluSur le fil à 3900 m - Piz Argient- Piz Zupo - Bellavista - Piz Palu

 

Au départ j’avais prévu de gravir l'arête Est en aller retour mais la trace mène à la "petite" face Nord, solution tentante et élégante. Passage de rimaye, au dessus, neige dure avec glace à faible distance. Ca se laisse gravir, chute interdite pour chacun de nous on grimpe corde tendue mais nous avons confiance l'un dans l'autre. De toute façon, la face ne fait pas 100 mètres et ça se couche déjà. Voilà le sommet, le premier de la journée, ça fait à peine 2 h que nous sommes partis (1 h 45 pour être précis). La vue est superbe et impressionnante, on voit toute l'arête jusqu'au Palu, bien loin !

Piz Argient et Piz Zupo
Piz Argient et Piz Zupo
Piz Argient et Piz Zupo

Piz Argient et Piz Zupo

Sous le sommet du Piz Argient

Sous le sommet du Piz Argient

On repart sur l'arête Est, bien fine, nous rejoignons le col et repartons à l'attaque du Zupo (je déteste les termes guerriers dans la littérature de montagne mais là, c'est venu tout seul) Un poil de neige un peu raide puis du mixte facile sur l'arête et zoup voilà le deuxième sommet de la journée, trop facile (pour mémoire : 45 minutes Argient Zupo et 150 m de déniv +)

Courte pause, 15 minutes devant nous une cordée en provenance elle aussi de Marco e Rosa nous précède. elle a shunté le piz Argient (les nuls ...) ils filent !

Nous arrivons dans le crux de la journée, l'arête entre le piz Zupo et Bellavista, une arête mixte, jamais très difficile (cotée PD + il me semble dans les topos) Je reste devant. Sur le passage, je trouve un bâton pile sur l'arête. Son propriétaire a eu de la chance qu'il ne bascule pas dans une face... 10 minutes, plus tard, nous avons rattrapé la cordée de 3, ils n'avancent pas ! J'annonce notre trouvaille, il est heureux de retrouver son bâton (il ne s'était pas rendu compte de sa perte !) Je peux facilement lui demander de les dépasser ensuite. C'est fait en deux temps trois mouvements. Voilà le col (Pass dal Zupo) et la remontée vers Bellavista. Le rocher est bon et les passages assez évident. Un petit mur raide bien prisu offre une dernière difficilté et volà le sommet. Pause, les pieds dans la face Nord. Ca fait 1 h qu'on a quitté le Zupo !

Arrivée au Piz Zupo, aérien !

Arrivée au Piz Zupo, aérien !

Bellavista
Bellavista
Bellavista

Bellavista

Quelques BN plus tard, on fil sur une arête neigeuse genre Dôme de Miage mais en plus raide ! Elle est tracée, c'est facile, on déroule jusqu'au sommet suivant. La cordée de 3 arrive à ce moment là au sommet principal de Bellavista.

Les sommets s'enchaînent dans la bonne humeur, les paysages sont splendides. On a l'impression d'être tous seuls dans ce gigantesque paysage, l'autre cordée à 1 sommet derrière. Tous les autres ont filé, personne sur le Palu personne en dessous sur les terrasses de Bellevista. Samivel aurait été fier de nous !!! Nous sommes le paysage et j'aime cette sensation !

On se la joue , toute proportion gardée, à la Lionel Daudet, sur le fil de la frontière Italo-Helvétique pendant 5 km, une petite aventure à notre portée ! Au dernier Dôme de Bellavista, hésitation, contourner pour retrouver la voix des Terrasses ou se la tenter tout droit, direct sur le col (à la Dod... ;-) )

La deuxième option est la bonne on file vers le col des Bellavista (Fuorcla Bellavista)

Je sens que la montée aux Palu va me scotcher ! D'autant plus que je pensais virer en face Sud (comme en hiver) et gravir la pente à 45°, alors qu'il va falloir rester sur l'arête mixte avec un rythme bien irrégulier. Je repars sans enthousiasme derrière Anne qui comme à son habitude est en pleine forme (C'est pas pour rien qu'on l'appelle Duracell , surtout moi !)

Nous voilà dans les rochers. L'arête parait longue, le sommet bien loin ! Mais je grimpe, le rocher reste bon, agréable. Je ruisselle de sueur dans ma Goretex, et je négocie une pause "déshabillage et alimentation" ! Duracell dans sa grande bonté accepte en Maugréant : on va perdre du temps... Du temps sur quoi, je ne sais pas, on est attendu nul part ! En fait, on doit être des alpinistes pressés ! C'est pour ça qu'on doit aller vite (quand je dis, aller vite, tout est relatif !!!)

 

On repart et le premier sommet des Palu est vite atteint : Il s'agit en fait du Piz Spinas . Encore un peu de mixte pour atteindre un col, et voilà les pentes douces pour remonter vers le Palu Occidental : à 3900 m tout rond !

Les derniers mètres sont avalés un peu endormis. Et nous voilà au sommet dans un temps mitigé. On opère une longue pause photos et vidéo (oui, pour vous public, je rallonge les pauses, et ma partenaire m'engueule parce que c'est trop long...) (message pour Anne : je romance, bien entendu...)

Piz PaluPiz Palu

Piz Palu

Après la pause, l'arête entre les 2 Palu nous attend, vide omniprésent, nous jouons aux funambules sur la frontière. Déjà le sommet oriental puis la vertigineuse descente vers le col Fuorcla Pers Palu.

On rallonge l'encordement, j'ai souvenir de grosses crevasses au printemps, je vais être servi ! Anne devant, nous suivons la trace et traversons de gigantesque crevasse dans lesquelles il ne faudrait pas tomber... Mais souvenir était en dessous de la réalité.

Tout en marchant je repère la suite de la descente. J'ai prévu de passer par la cabane de Boval et ça va être bien bien long !

Les portions raides et crevassées succèdent aux portions plus planes et vis et versa. Quelques crevasses sont si expo que je ne m'attarde pas à les prendre en photo, pourtant elles étaient belles ! On file. En bas du glacier, à droite un col est attirant et proche (100 - 150 m de déniv maxi) et si de l'autre coté il ya vait un sentier. Malheureusement notre carte ne va pas jusque là. Je me doute que de l'autre coté on retombe sur le col de la Bernina et sa route, on peut juste espérer qu'il y a un sentier. Je l'espère doux et mou comme dans une forêt de Pin. Réunion de crise avec Anne dans un endroit non crevassé et à l’abri des chutes de pierre. pas facile sur le glacier de Pers.

"Est ce qu'on est des aventuriers oui ou non ? ", Je déclare Anne Abenteurerette (ma traduction d'aventurière), on va remonter vers ce col, au pire on devrait pouvoir gagner la Diavolezza ou revenir en arrière (pour info, ce col après étude de la carte, à la maison, c'est le Fuorcla d'Arlas)

On file vers le col, 20 minutes de marche facile sur glacier. On quitte le glacier et là, c'est comme à noël, on ne sait pas quel surprise va sortir du paquet cadeau... Die Überaschung !!! Les quelques pierres qui permettent l'accès au col sont gravies avec une tension particulière... et... Ben il y a plein de barres rocheuses impraticables et c'est hyper raide !!!

 

PERDU !

 

Par contre, il y a pas mal de zone de bivouac, on devrait facilement retrouver le sentier de la Diavolezza...

Pause déshabillage, et "rangeage" dans le sac, en mode corsaire T shirt gros sac.

C'est reparti direction la Diavolezza.

Après un peu de caillou de différentes tailles, nous retrouvons le sentier, croisons un mec avec un piolet, tétanisé par le vide , avec ce qui semblait être un guide... Qu'allait il faire ? On ne le saura jamais, mais on l'imaginait mal sur l'arête des Palu alors que sur le sentier ça semblait être un péril énorme pour lui. Puis nous rattrapons un groupe qui s’avéreront des "Via ferratistes". Malheureusement, j'ai la mauvaise idée de les suivre, pensant qu'ils rentrent à la Diavolezza, bilan 50 m de déniv de plus... Anne me maudit, in petto.

 

Je connais Anne, pas la peine de lui proposer le téléphérique, je sais qu'il faut redescendre à pied. Nous profitons d'un premier névé de la station pour partir en ramasse, puis je trouve les traces d'un GR. Nous l'empruntons. Deuxième névé, deuxième ramasse, je nargue Anne (ben oui, tout ma jeunesse a été passée à faire de la ramasse en Belledonne ou en Vanoise). je ne le sais pas encore, mais c'est une mauvaise idée. Piquée au vif, elle tente de me suivre ... et se ramasse (la technique porte si bien son nom). Elle glisse sur quelques mètres. Elle se relève en maugréant. Elle s'est un peu brulée. Je me fais agonir. Zut, elle n'avait qu'à pas me suivre... Je fais profil bas (comme avec le gardien de Marco e Rosa , voir épisode précédent)

L'orage passe, la descente est longue et agrémentée de (judicieuse ?) montée. J'avoue qu'on en a un peu plein les pattes. Je tente de négocier un échange de sac avec Anne, rien n'y fait, elle ne cède pas ! (pourtant je pense que j'y aurai gagné 4 ou 5 kilo...)

 

Le bas du téléphérique approche, je profte de ce retour à la civilisation pour prendre la météo auprès de ma routeuse météo : Sandrine (ma dulcinée). Ça reste toujours aussi incompréhensible que depuis 8 jours... Voilà la Diavolezza.

Et c'est parti pour une séance de stop. Un italien s'arrête et nous prend, il a une conduite à l'Italienne ! C'est à dire TRES sportive ! On est bien secoué pendant les 10 km de route, à peine le temps de voir la magnifique Biancograt entre deux virages. Les dépassements sont vifs, on se rabat en mode "queue de poisson rapide" ! L’estomac balloté, je sens l'acidité envahir mon arrière gorge. Heureusement Pontresina arrive vite et je n'aurais pas à repeindre l'habitacle... Le gars, sympa nous dépose à notre voiture. Je quitte le bolide avec joie tout en remerciant notre transporteur transalpin !

 

D'aucun affirment  que j'ai vomi dès qu'il a fait demi tour... D'autres pensent que c'est une légende !

 

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Published by Apoutsiak - dans 3900 m Bernina
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