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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 09:25

Ca faisait un moment que j'avais repéré cette magnifique face Nord. Et depuis quelques jours ils semblait que les conditions étaient parfaites. Et comme "les faces Nord c'est comme les fruits, il faut les cueillir quand ils sont murs" , ben on est allé trainer nos guêtres du côté de Saas Fee et on n'a pas été déçu !

cette course fait parti d'un périple de 5 jours

Les épisodes précédents :

Piz Bernina Biancograt 4049 m

Sur le fil à3900 m : du Piz Argient au Piz Palu

 

Elle est belle, hein !

 

Vidéo

Topo

 

Cotation : D III 3c

Mischabelhütte 3 h 15

 

Lenzspitze 4 h20

traversée sur le Nadelhorn : 3 h 10

Descente à la cabane 1 h 30

Total 9 h

 

Mischabelhütte 3335 m

De Sass Fee, gagner l'église (au mieux)

prendre le sentier qui monte vers Trift puis Schönegge, de là suivre celui qui va vers le Distelhorn (il passe à l'ouest du sommet) le sentier est excellent et bien indiqué de l'église de Saas Fee, jusqu'à la cabane. Le sentier est excellent dans cette première partie !

Ensuite suivre le balisage (excellent et très rapproché) sur une sorte de via ferrata qui suit en gros l'arête qui mène au refuge.3335 m

 

Lenzspitze

Du refuge, remonter la sente derrière celui ci et gagner le Hohbalmgletscher. Longer le Scwartzhorn et gagner le plateau glacière (3600 m ) Gagner le pied de la face Nord et la Rimaye plutôt à droite

Remonterer au mieux la face Nord 50° de moyenne sur 500 m

Pour mémoire nous sommes sortis à 150 m environ au Nord du sommet.

De là sortie gagner le sommet par une arête neigeuse , parfois en mixte, très effilée !

 

Traversée sur le Nadelhorn

Suivre l'arête Nord Ouest qui permet de gagner le Nadelhorn

Arête mixte. Les gendarmes sur le Nadelhorn sont plus technique sur le coté Nord , ils sont équipés pour d'éventuels rappels ou assurance ! passage en III + .

 

Descente

Le sommet du Nadelhorn se descend soit par l'arête Est soit légèrement dans son coté Nord. Puis suivre l'arête (attention corniches) jusqu'au Windjoch 3845 m.

Du Windjoch on bascule sur le Hohbalmgletscher et on rejoint facilement la trace de montée (crevasses dans la pente raide (entre autre)

Topo photo Face Nord de la Lenzspitze Nadelhorn

Topo photo Face Nord de la Lenzspitze Nadelhorn

Carto , fichier GPS

Fichier GPS au format GPX

Récit

Notre périple a commencé il y a 4 jours, par l'acension de la Bernina par la Biancograt, puis par la traversée des 3900 m de l'arête du Palu pour redescendre . Une nuit dans un hôtel à Laax et 3 heures de "route qui tourne" nous amène à Saas Fee (Route magnifique en vert sur la carte michelin mais qui tournait beaucoup) La météo reste indéchiffrable, je pars sans trop d'espérance, on verra bien !

Voilà le parking (l'un des plus moche du monde dans l'un des plus joli village du monde), on refait les sacs, on stocke une pile de broches à glace. Décollage. On se perd dans les méandres des ruelles du village, encore endormi alors qu'il est déjà midi. On parvient arpès quelques hésitations à rejoindre l'église, où un panneau indicateur est sans équivoque, Mischhabelhütte 4 h 15 ! On n'est pas rendu !

C'est parti d'abord sur une route goudronnée, puis le passage dans une forêt parsemée de fil électrique à chevaux nous pause quelques problèmes (on s'en sort quand même ) Ça grimpe, ça grimpe même dur. Le sentier commence par louvoyer un peu pour passer un gros torrent puis devient idéal, la pente parfaite pour progresser vite ! Nous avançons. Je programme la pause pique nique pour 2300 m (laissant ainsi 1000 m à faire pour gagner le refuge) mais vu qu' 2250, je trouve le rocher idéal pour opérer une pause, je change mon fusil d'épaule et pause le sac !

Le village de Sass Fee s'étend à nos pieds, à droite les télécabines que nous aurions pu prendre pour nous éviter une bonne heure de marche, mais cette solution n'a même pas été évoquée, je connais trop bien Duracell ! Pourtant, les autres alpinistes, ils n'ont pas hésité, eux ! En plus on aurait gagné une heure pour pouvoir glandouiller au refuge et faire une sacrosainte petite sieste...

Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte
Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la MischabelhütteBouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte

Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte

Nous repartons dans les lacets, croisons un chamois qui fait sa pause pique nique.  On papote tranquillement et on rejoint la Viaferrata avant laquelle on dépasse un groupe compagnie des guides de Chamonix en grande tenue (3 guides et une dizaine de clients !)

Viaferrata facile, mais il ne faut pas s'en coller une, c'est sans filet !

Je reste devant mais au cours d'une pause vidéo (à l'échelle , Anne me dépasse et... me largue) Je la vois, loin devant, à fond, je sais qu'elle va engloutir les 2 3 cordées qui nous précèdent.

A mon rythme, je progresse, je rattrape une cordée qu'elle a dépassé il y a 10 bonnes minutes. Je leur dit "vous avez vu passer une fusée" le gars ne parle pas le Français mais a vaguement compris mon propos, il me fait deux cornes avec ses mains , un chamois ! Ben oui, elle galope la cocotte ! On approche du refuge, je la vois loin au dessus sprintant pour dépasser une dernière cordée avant le refuge, elle est impitoyable !

Je la rejoins quelques minutes plus tard. C'est le moment séchage rangeage avant d'entrer dans la Mischhabelhütte

 

 

 

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Comme d'hab, je monte pour m'annoncer

Et là, je suis accueilli par Scarlett Johanson, aide gardienne à la Mischhabelhütte. Je me mets à bafouiller, heureusement, je peux mettre ça sur le compte de la fatigue. Elle m'explique l'heure du diner, le positionnement de nos couchettes, le petit déjeuner. je n'entends rien, mes yeux plongés dans les sien ! Quelle grâce, quelle légereté, je suis tout chose (puré si Sandrine lit ses lignes, je suis mort !... Heureusement ça n'arrive pas souvent et en général, je lui livre une version édulcorée (pour édulcoré, lire censuré...)(Je rappelle ici qu'il s'agit du version romancée... bien entendu)

 

Anne me rejoint, et se rend compte de mon trouble, elle râle, trouvant le prix de la nuité trop élevé. Moi, je nage dans le bonheur, les yeux  dans ceux de ma Scarlett, ses lèvres pulpeuses, sons sourir ravageur, son parphum ... J'entend à peine les récriminations d'Anne, trouvant ceux ci déplacés !

Ah Si ce moment pouvait durer une éternité...

Je ne sais pas comment Anne a réussi à me faire quitter la zone d'accueil ...

 

Non Scarlett, notre idylle débutante n'est pas déjà finie... Scarlett Je...

 

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On se retrouve dans un chouette dortoir, sous la fenêtre (position stratégique pour gérer l'alimentation en air de la communauté) Il y a là des Français, des Italiens et à coté de nous, 2 allemands en pantalon en velour ! En plus la technique est particulière, il est monté en pantalon de toile pour le remplacer une fois au refuge par un pantalon en velour, à l'ancienne (je n'ose imaginer le poids de son sac..)

 

L'heure du repas arrive, 18 h, malheureusement, ça n'est pas ma Scarlett au service mais sa soeur ! C'est efficace et bon ! On se retrouve à 19 heures dans les dortoirs à écouter des MP3 tout en rigolant comme des baleines (les futurs musiques des vidéos !)

 

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2 h 50 réveil, c'est Anne qui me secoue. Je lui réclame 2 minutes. On s'habille dans le noir avant de filer dans la cuisine. C'est encore la soeur de Scarlett à la manoeuvre. toujours aussi sympatique et efficace mais... ça n'est pas Scarlett ! Je machonne mon pain à la confiture pendant de longues minutes. Le déjeuner a du mal à passer. On s'équipe dans le monde et on sort du refuge.

 

Et là, on regrette de ne pas avoir repéré le début de la course du lendemain la veille au soir dans la lumière.

Bref, on tourne comme des malheureux autour du refuge... De longues minutes... et on fini par trouver les frontales ! Il y avait un sentier au bout d'une passerelle ! L'air est frais, les frontales alignées , il fait nuit noire. Au loin, un énorme orage éclair l'italie, les éclairs font des flashs qui nous éclairent aussi... c'est pas gagné !

On rejoint rapidement le glacier, et vu qu'on pensait qu'il fallait remonter sur les rochers, on ne met pas les crampons... erreur ! Bref, on monte en mode rando le bord du glacier sur la neige gelée parsemée de traces de descentes de la  veille. Au passage on dépasse quelques alpinistes.

Au début tout va bien, ça n'est pas raide. Mais ça s'incurve. De plus en plus difificile ! Avec deux bâtons et les semelles Vibram, c'est chaud, et la chute peut couter cher. Je décide de mettre les crampons et de sortir un piolet. on fait ça rapido mais en pleine pente, ç'aurait été mieux, à plat, tout à l'heure ! On le saura pour la prochaine fois !

Frontales sur le glacier

Frontales sur le glacier

En crampons on avale les derniers mètres raides avant le replat du glacier où on opère une pause encordement. Il y a de la neige fraiche 15-20 cm de poudre. Au loin on voit deux cordées un peu en dessous de la face. Leurs puissantes frontales balayent presque toute la face ! à droite, des cordées sont déjà haut sur le Nadelhorn, ils vont arriver avant le lever de soleil à ce rythme !

Nous avons loupé la bifurque pour la face Nord, on doit tracer pour rejoindre la trace de nos prédécesseurs. au loin on aperçoit leurs frontales, ils sont aux prises avec la rimaye, sans doute lugubre ! Après un long moment, des hésitations, l'un d'eux s'élèvent, ils sont passés !

A notre gauche, une autre cordée prend la direction de la Face nord. Le gars n'a pas une frontale, il a un phare !!! Quand il lève la tête, il éclaire toute la face !

Nous progressons au milieu de tout cela, plutôt loin des autres cordées.

A présent nous sommes dans les coulées d'avalanche de la face nord, chaque pas est plus difficile. Nous approchons de la rimaye. Dernière pause avant la face. Nuit toujours aussi noire. C'est parti, Anne est devant (c'est notre technique pour aller plus vite), elle passe la rimaye, Un Grand Pas, et comme dirait Neil Armstrong : "Un grand pas pour Anne, un petit pas pour l'humanité..." et l'humanité, c'est bibi ! Trop facile, pourtant elle avait une salle gueule, cette rimaye.

On remonte en ascendance à gauche pour retrouver l'axe de la face, si tant est qu'il y ait un axe, la face est tellement grande ! De toute façon, on suit bêtement les traces de nos prédécesseurs. La neige est bonne, en traversée, on enfonce juste les pointes des crampons mais ça tient.

Dans la face Nord de la Lenzspitze
Dans la face Nord de la Lenzspitze

Dans la face Nord de la Lenzspitze

C'est parti pour les 500 m de face, en ponte avant. Parfois il y a de belles traces, d'autre moment il n'y en a pas ou peu ! Les 2 piolets ancrent bien, les crampons aussi, c'est monotone mais j'adore ça ! Un crampon - l'autre crampon - un piolet l'autre piolet, je souffle et je recommence. La montée est agrémentée de spindrifts (micro avalanches) qui donnent un caractère alpin à la course... Nous faisons quelques trop rares pauses photos. Le soleil se lève doucement, sans réellement se lever : il fait gris ! On aperçoit au loin nos prédécesseurs en haut de la face alors que nous n'en sommes qu'à la moitié.

Mais c'est le bonheur. On est bien, là, au milieu de cette gigantesque face Nord ! On se met à chanter les musiques écoutées hier soir au MP3, en entrecoupant chaque chant haletant de nos rires. Si quelqu'un nous a entendu il a du se demander ce que c'était. Ben c'était nous, et on est pas des Ténors de l'opéra, mais on était heureux !

Les spindrifts nous balayent régulièrement.

Il faut taper les crampons pour retracer. Les mollets chauffent.

Parfois quelques bouts de glaces viennent dégringoler la face.

On rejoint la zone mixte de la partie supérieur où les rochers affleurent. Un peu plus technique, appuis moins francs et parfois désagréable. On progresse, toujours corde tendue. Il y a par endroit un peu de glace. Derniers mètres, voilà le haut de la face. Anne filme ma sortie. On passe d'un haut de la face à 55° à une fine arête. Ambiance.

On n'est pas au sommet.

Et c'est parti pour une fine arête de neige avec quelques passages rocheux. Jamais très dure mais souvent impressionnant ! Quelques pas de mixte, des passages à "un pied devant l'autre sans s'accrocher les sangles des crampons ni les guêtres"

Et dans l'un de ces passages, je me rends compte que les piolets techniques, c'est très bien, mais sur une arête, c'est nul : c'est trop court. Et je me jure de repasser à l'Alpenstock lorsque je me retrouverai sur la prochaine arête (pas sûr que ça soit génial dans les faces...)

Voilà le sommet de la Lenzspitze, nous sommes heureux. Tant d'année à préparer ce projet, le voici enfin réalisé !!! YES.

Nous observons les cordées sur le Dom, celles sur le Nadelhorn Panorama splendide !

dans la face nord de la Lenzspitze

dans la face nord de la Lenzspitze

Sur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze
Sur l'arête puis au sommet de la LenzspitzeSur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze
Sur l'arête puis au sommet de la LenzspitzeSur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze

Sur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze

Il fait froid, la pause est coute (comme toujours) on file vers le Nadelhorn, annoncé à 3 h d'ici. On repart à l'envers, sur l'arête. on croise la dernière cordée qui semble bien pataude. Le premier de cordée me projetant presque dans la face Nord afin d'avoir un bon passage. Pourtant j'avais déjà les talons au dessus du vide ! Ils n'ont par à l'aise, ni efficace dans leur assurance. Une fois croisé nous filons. Les passages se succèdent. Jamais faciles mais jamais extrême, toujours superbe (Amazing !).

 

Nous parvenons au col entre la Lenzspitze et le Nadelhorn et remontons les gendarmes du Nadelhorn.

Montagnes Russes, régulièrement il faut redescendre les gendarmes et perdre l'altitude précieusement gagnée.

Nous adoptons une technique personelle mais efficace pour nous dans ces descentes (oui, les descentes sont en face Nord un peu verglacées et sont les parties les plus techniques de la course) Je descend en premier en desescalade, Anne m'assure du haut sur des pieux judicieusement placés. Si c'est facile, je l'assure pour qu'elle descendre elle aussi en desescalade. Si c'est technique, je la mouline., elle se vache, se décorde, on récupère la corde et on repart !  Les maneuvres de corde sont chronophages mais par cette méthode on reste assez efficace.  Les gendarmes sont avalés les uns derrirèe les autres. On opère une dernière pause à l'abrit du vent (ou il fait assez froid sur l'arête) pour manger et boire, et on file pour gagner le sommet du Nadelhorn !  Et RE YES !

3ème Nadelhorn pour moi, après un Nadelhorn à ski il y a deux ans et un autre par la chouette et longue Nadelgrat l'année dernière avec Anne.

 

Pas mal d'émotion au sommet, nous savons le gros des difficultés derrière nous, la course a été magnifique, technique et longue. Nous sommes à notre place sur ce sommet !

 

traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn
traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorntraversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn
traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn

traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn

On attaque la descente, concentrés, sur l'arête. Le mixte sommital est avalé. Une cordée en dessous en provenance de la Nadelgrat  passe devant nous.

Voilà l'arête de neige, attention aux corniches !

On reste concentrés mais on file. On rejoint le col on bascule versant Mischhabelhütte puis on opère une pause près d'un autre cordée qui a fait la face Nord. "Dire qu'on a gravi cette face !" lance le guide. Même lui semble impressionné ! Elle est belle, presque parfaite !

On grignotte, se déshabille et rallonge l'encordement.  Traversée du glacier avec quelques trous !  puis descente vers le refuge. RAS ! Voilà le refuge. On décide de pique-niquer et de refaire les sacs avant de redescendre.

 

Je passe voir les gardiennes pour leur dire qu'on est bien rentré. Elles s'inquiètent de la position de la quatrième cordée (les patauds de l'arête). Je les ai juste vu lorsqu'ils en étaient à la moitié puis les gendarmes m'ont empêché de suivre leur progression. Ils ne sont pas rendus. Pas de nouvelle de Scarlett, notre idylle platonique s'arrête sans doute là !

En tout cas l'accueil fut top à cette Mischhabelhütte.

 

Sous le Nadelhorn

Sous le Nadelhorn

Après le "pique nique", pique nique est un bien grand mot car on n'a pas mangé grand chose... on est reparti pour la descente. La "Via ferrata" est avalée, puis nous retrouvons le sentier, parfait ! Nous croisons un homme agé de 75 ans environ qui monte muni d'un piolet ! Le rythme est régulier, impeccable. Pas sûr que je sois moi même capable de gravir le Nadelhorn à 75 ans ! Respect !

Le sentier est excellent. Saas Fee s'approche lentement. Nous déposons un des allemands à coté duquel nous avons dormi. Il boite et marche lentement, dans sa souffrance.

Voilà déjà Saas Fee, il y a une fête de village, et nous sommes accueillis en héros au son de la fanfare ! Nous remontons la grande rue, puis rejoignons le parking. ou il faut trier et ranger le matos avant de prender la route de la maison !

 

Merci anne pour cette belle course partagée !

Windjoch, vue sur la face Nord de la Lenzspitze

Windjoch, vue sur la face Nord de la Lenzspitze

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 13:57

Un projet un peu fou, pas trop, pour cette descente de la Bernina (en lien, la journée de la veille biancograt au Piz Bernina), se faire l'arête complète entre le refuge Marco e Rose, le Piz Argient et le Piz Palu

soit 9 sommets et 4 sommets de 3900 m

Le Piz Argient 3945 m

Le Piz Zupo 3996 m

Bellavista 3922 m

le Piz Palu 3900

(pour les 5 autres sommets : Bellavista 3890 - 3888 - 3799 m - Piz Spinas 3823 m - Piz Palu 3882 m)

Belle moisson non ?

Topo

 

Du refuge Marco e Rosa, partir plein Est en direction de la Fuorcla Cras Aguzza et contourner par le bas le point 3820 CNS (attention zone de crevasse et sérac à traverser.

Remonter les pentes du Piz Zupo, passer la rimaye de la face Nord et remonter la courte face Nord (50° - 100 m) pour gagner le sommet du Piz Argient (3945 m)

 

Du Piz Argient redescendre l'arête de neige effilée pour arriver au col et remonter la pente de neige puis l'arête mixte facile pour gagner le Piz Zupo : 3996 m

 

Du Piz Zupo : partir vers le Nord par l'arête mixte (PD) et rejoindre le col (pass dal Zupo 3840 ) Remonter les pentes mixte et de rocher parfois raide mais toujours facile et prisu qui permettent de gagner Bellavista (3922 m)

 

Les Bellavista se traversent par une belle arête de neige ( attention aux corniches)

Traverser les différents sommets et redescendre directement sur le col Fuorcla Bellavista 3688 m (descente en mixte, sans doute sente lorsqu'il y a moins de neige)

 

Du col remonter l'arête Ouest du Piz Spinas (PD) mixte. De celui ci redescendre et gagner par des pentes de neige facile le Piz Palu 3900 m. rejoindre le Palu oriental 3882 m avant de redescendre par une arête fine et impressionnante (cornichée) vers le col puis par le glacier très crevassé, rejoindre la Fuorcla d'Arlas. De là, suivre l'arête (cairn) et le sentier qui ramène à la Diavolezza. Juste avant celle ci prendre le GR au niveau du haut du télésiège. Suivre le sentier du télésiège et rejoindre la Diavolezza

Carto fichier GPS

 

Fichier GPS au format GPX

Récit

5 h du mat, nous voilà dans la cuisine (vu qu'on n'a pas pu se lever avant !(voir récit de la Biancograt) ) déjeuner rapide et décollage. Dehors, ciel étoilé et bise fraiche. J'en profite pour faire quelques photos. Les premières cordées pressées de rejoindre la Diavolezza sont déjà parties. Notre programme est chargé, 9 sommets, dont 4 de 3900 m, une arête de 5 km environ, vaste programme et c'est moi qui en ai eu l'idée ! La journée va être longue.

On décolle, dans le noir. Je suis devant. On rattrape un groupe de cordée sur la trace. Je fais une pause "vidéo" pour leur laisser reprendre un peu le large. Passage entre les séracs et les crevasses sous le Crast Aguzza, puis "tic tac tic tac" on dépasse une cordée de 4 un peu lente avant de bifurquer à droite, objectif : Piz Argient. Je trace dans la croute : un pas... je m'enfonce, l'autre... Je m'enfonce. Usant. Au bout de 15 minutes, je pense avoir trouvé la solution judicieuse en laissant passer Anne devant. Mais Anne avec ses 50 kg toute mouillée, elle reste en surface et ne s'enfonce pas... Je réfléchis à une autre solution tout en marchant. je finis par utiliser celle du gars qui prend la trace de descente. Et je remonte le glacier en faisant des pas de plus d'un mètre mais sans m'enfoncer ! C'est pas l'idéal, mais c'est ce que j'ai trouvé de moins fatigant.

Sur le fil à 3900 m - Piz Argient- Piz Zupo - Bellavista - Piz Palu
Sur le fil à 3900 m - Piz Argient- Piz Zupo - Bellavista - Piz PaluSur le fil à 3900 m - Piz Argient- Piz Zupo - Bellavista - Piz Palu

 

Au départ j’avais prévu de gravir l'arête Est en aller retour mais la trace mène à la "petite" face Nord, solution tentante et élégante. Passage de rimaye, au dessus, neige dure avec glace à faible distance. Ca se laisse gravir, chute interdite pour chacun de nous on grimpe corde tendue mais nous avons confiance l'un dans l'autre. De toute façon, la face ne fait pas 100 mètres et ça se couche déjà. Voilà le sommet, le premier de la journée, ça fait à peine 2 h que nous sommes partis (1 h 45 pour être précis). La vue est superbe et impressionnante, on voit toute l'arête jusqu'au Palu, bien loin !

Piz Argient et Piz Zupo
Piz Argient et Piz Zupo
Piz Argient et Piz Zupo

Piz Argient et Piz Zupo

Sous le sommet du Piz Argient

Sous le sommet du Piz Argient

On repart sur l'arête Est, bien fine, nous rejoignons le col et repartons à l'attaque du Zupo (je déteste les termes guerriers dans la littérature de montagne mais là, c'est venu tout seul) Un poil de neige un peu raide puis du mixte facile sur l'arête et zoup voilà le deuxième sommet de la journée, trop facile (pour mémoire : 45 minutes Argient Zupo et 150 m de déniv +)

Courte pause, 15 minutes devant nous une cordée en provenance elle aussi de Marco e Rosa nous précède. elle a shunté le piz Argient (les nuls ...) ils filent !

Nous arrivons dans le crux de la journée, l'arête entre le piz Zupo et Bellavista, une arête mixte, jamais très difficile (cotée PD + il me semble dans les topos) Je reste devant. Sur le passage, je trouve un bâton pile sur l'arête. Son propriétaire a eu de la chance qu'il ne bascule pas dans une face... 10 minutes, plus tard, nous avons rattrapé la cordée de 3, ils n'avancent pas ! J'annonce notre trouvaille, il est heureux de retrouver son bâton (il ne s'était pas rendu compte de sa perte !) Je peux facilement lui demander de les dépasser ensuite. C'est fait en deux temps trois mouvements. Voilà le col (Pass dal Zupo) et la remontée vers Bellavista. Le rocher est bon et les passages assez évident. Un petit mur raide bien prisu offre une dernière difficilté et volà le sommet. Pause, les pieds dans la face Nord. Ca fait 1 h qu'on a quitté le Zupo !

Arrivée au Piz Zupo, aérien !

Arrivée au Piz Zupo, aérien !

Bellavista
Bellavista
Bellavista

Bellavista

Quelques BN plus tard, on fil sur une arête neigeuse genre Dôme de Miage mais en plus raide ! Elle est tracée, c'est facile, on déroule jusqu'au sommet suivant. La cordée de 3 arrive à ce moment là au sommet principal de Bellavista.

Les sommets s'enchaînent dans la bonne humeur, les paysages sont splendides. On a l'impression d'être tous seuls dans ce gigantesque paysage, l'autre cordée à 1 sommet derrière. Tous les autres ont filé, personne sur le Palu personne en dessous sur les terrasses de Bellevista. Samivel aurait été fier de nous !!! Nous sommes le paysage et j'aime cette sensation !

On se la joue , toute proportion gardée, à la Lionel Daudet, sur le fil de la frontière Italo-Helvétique pendant 5 km, une petite aventure à notre portée ! Au dernier Dôme de Bellavista, hésitation, contourner pour retrouver la voix des Terrasses ou se la tenter tout droit, direct sur le col (à la Dod... ;-) )

La deuxième option est la bonne on file vers le col des Bellavista (Fuorcla Bellavista)

Je sens que la montée aux Palu va me scotcher ! D'autant plus que je pensais virer en face Sud (comme en hiver) et gravir la pente à 45°, alors qu'il va falloir rester sur l'arête mixte avec un rythme bien irrégulier. Je repars sans enthousiasme derrière Anne qui comme à son habitude est en pleine forme (C'est pas pour rien qu'on l'appelle Duracell , surtout moi !)

Nous voilà dans les rochers. L'arête parait longue, le sommet bien loin ! Mais je grimpe, le rocher reste bon, agréable. Je ruisselle de sueur dans ma Goretex, et je négocie une pause "déshabillage et alimentation" ! Duracell dans sa grande bonté accepte en Maugréant : on va perdre du temps... Du temps sur quoi, je ne sais pas, on est attendu nul part ! En fait, on doit être des alpinistes pressés ! C'est pour ça qu'on doit aller vite (quand je dis, aller vite, tout est relatif !!!)

 

On repart et le premier sommet des Palu est vite atteint : Il s'agit en fait du Piz Spinas . Encore un peu de mixte pour atteindre un col, et voilà les pentes douces pour remonter vers le Palu Occidental : à 3900 m tout rond !

Les derniers mètres sont avalés un peu endormis. Et nous voilà au sommet dans un temps mitigé. On opère une longue pause photos et vidéo (oui, pour vous public, je rallonge les pauses, et ma partenaire m'engueule parce que c'est trop long...) (message pour Anne : je romance, bien entendu...)

Piz PaluPiz Palu

Piz Palu

Après la pause, l'arête entre les 2 Palu nous attend, vide omniprésent, nous jouons aux funambules sur la frontière. Déjà le sommet oriental puis la vertigineuse descente vers le col Fuorcla Pers Palu.

On rallonge l'encordement, j'ai souvenir de grosses crevasses au printemps, je vais être servi ! Anne devant, nous suivons la trace et traversons de gigantesque crevasse dans lesquelles il ne faudrait pas tomber... Mais souvenir était en dessous de la réalité.

Tout en marchant je repère la suite de la descente. J'ai prévu de passer par la cabane de Boval et ça va être bien bien long !

Les portions raides et crevassées succèdent aux portions plus planes et vis et versa. Quelques crevasses sont si expo que je ne m'attarde pas à les prendre en photo, pourtant elles étaient belles ! On file. En bas du glacier, à droite un col est attirant et proche (100 - 150 m de déniv maxi) et si de l'autre coté il ya vait un sentier. Malheureusement notre carte ne va pas jusque là. Je me doute que de l'autre coté on retombe sur le col de la Bernina et sa route, on peut juste espérer qu'il y a un sentier. Je l'espère doux et mou comme dans une forêt de Pin. Réunion de crise avec Anne dans un endroit non crevassé et à l’abri des chutes de pierre. pas facile sur le glacier de Pers.

"Est ce qu'on est des aventuriers oui ou non ? ", Je déclare Anne Abenteurerette (ma traduction d'aventurière), on va remonter vers ce col, au pire on devrait pouvoir gagner la Diavolezza ou revenir en arrière (pour info, ce col après étude de la carte, à la maison, c'est le Fuorcla d'Arlas)

On file vers le col, 20 minutes de marche facile sur glacier. On quitte le glacier et là, c'est comme à noël, on ne sait pas quel surprise va sortir du paquet cadeau... Die Überaschung !!! Les quelques pierres qui permettent l'accès au col sont gravies avec une tension particulière... et... Ben il y a plein de barres rocheuses impraticables et c'est hyper raide !!!

 

PERDU !

 

Par contre, il y a pas mal de zone de bivouac, on devrait facilement retrouver le sentier de la Diavolezza...

Pause déshabillage, et "rangeage" dans le sac, en mode corsaire T shirt gros sac.

C'est reparti direction la Diavolezza.

Après un peu de caillou de différentes tailles, nous retrouvons le sentier, croisons un mec avec un piolet, tétanisé par le vide , avec ce qui semblait être un guide... Qu'allait il faire ? On ne le saura jamais, mais on l'imaginait mal sur l'arête des Palu alors que sur le sentier ça semblait être un péril énorme pour lui. Puis nous rattrapons un groupe qui s’avéreront des "Via ferratistes". Malheureusement, j'ai la mauvaise idée de les suivre, pensant qu'ils rentrent à la Diavolezza, bilan 50 m de déniv de plus... Anne me maudit, in petto.

 

Je connais Anne, pas la peine de lui proposer le téléphérique, je sais qu'il faut redescendre à pied. Nous profitons d'un premier névé de la station pour partir en ramasse, puis je trouve les traces d'un GR. Nous l'empruntons. Deuxième névé, deuxième ramasse, je nargue Anne (ben oui, tout ma jeunesse a été passée à faire de la ramasse en Belledonne ou en Vanoise). je ne le sais pas encore, mais c'est une mauvaise idée. Piquée au vif, elle tente de me suivre ... et se ramasse (la technique porte si bien son nom). Elle glisse sur quelques mètres. Elle se relève en maugréant. Elle s'est un peu brulée. Je me fais agonir. Zut, elle n'avait qu'à pas me suivre... Je fais profil bas (comme avec le gardien de Marco e Rosa , voir épisode précédent)

L'orage passe, la descente est longue et agrémentée de (judicieuse ?) montée. J'avoue qu'on en a un peu plein les pattes. Je tente de négocier un échange de sac avec Anne, rien n'y fait, elle ne cède pas ! (pourtant je pense que j'y aurai gagné 4 ou 5 kilo...)

 

Le bas du téléphérique approche, je profte de ce retour à la civilisation pour prendre la météo auprès de ma routeuse météo : Sandrine (ma dulcinée). Ça reste toujours aussi incompréhensible que depuis 8 jours... Voilà la Diavolezza.

Et c'est parti pour une séance de stop. Un italien s'arrête et nous prend, il a une conduite à l'Italienne ! C'est à dire TRES sportive ! On est bien secoué pendant les 10 km de route, à peine le temps de voir la magnifique Biancograt entre deux virages. Les dépassements sont vifs, on se rabat en mode "queue de poisson rapide" ! L’estomac balloté, je sens l'acidité envahir mon arrière gorge. Heureusement Pontresina arrive vite et je n'aurais pas à repeindre l'habitacle... Le gars, sympa nous dépose à notre voiture. Je quitte le bolide avec joie tout en remerciant notre transporteur transalpin !

 

D'aucun affirment  que j'ai vomi dès qu'il a fait demi tour... D'autres pensent que c'est une légende !

 

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 13:47

Une des plus belles arêtes des alpes

Après un but il y a 3 ans (avril 2011), l'objectif était de réussir le 4000 le plus oriental des alpes (et le plus loin de chez moi), je n'aurais plus à y revenir. J'y a joutais une belle arête à 3900 m le lendemain pour faire une belle balade autour des 4000 m !

 

Vidéo

Topo

Refuge

Depuis Pontresina (parking payant partout, se garer vers la gare, 6 CHF par jour)

Possibilité de monter en calèche jusqu'à Roseg, pour les faignants et les non-radins (18CHF par personnes et 5 CHF le bagage !), ça gagne 1 h 15. Pas trop dur à pied

De Roseg suivre le sentier à gauche qui amène vers la moraine du Vadret da Tschierva et rejoindre le refuge : cabane de Tschierva 2584 m.

 

Biancograt

Le sentier pour rejoindre le glacier n'est pas évident, tout est bien expliqué au refuge. Il est bien balisé !

Partir droit sur une 50 aine de mètres prendre à gauche (attention, tout droit, c'est direction le Piz Roseg : ne pas prendre !!!) Remonter passer deux barres (équipement) (on remonte jusqu'à 2800 m environ) puis le sentier prend à flanc. Poursuivre jusqu'aux abords du glacier . ne pas prendre à gauche trop tôt) Gagner le glacier passer la rimaye et rejoindre par un couloir étroit la Fuorcla Prievlusa à 3427 m (col entre le piz Prievlus et le piz Bianco).

Du col le premier gendarme se contourne par la droite, les deux suivants par la gauche, on gange alors la Biancograt proprement dite, arête de neige à 45 °. remonter l'arête jusqu'au piz Bianco : 3995 m. De là suivre l'arête légèrement en contrebas à gauche puis traverser 2 ou 3 gendarmes (descente en rappel) avant de remonter au sommet du Piz Bernina 4049 m par une dernière pente raide mais facile lorsqu'elle est en condition.

Descente :

rejoindre la Spedla (4020 m) par une arête aérienne mais esthétique. Puis descendre l'éperon Est de celle ci (III maxi) rappels possibles On rejoint alors le refuge Marco e Rosa par les pentes douces du glacier 3597 m

Carto fichier GPS

Fichier GPS au format GPX

Récit

Et nous voilà repartis pour la Bernina. J'ai réussi à convaincre Anne de faire le long déplacement vers l'Engadine, lui ventant la beauté de la Biancograt et de l'arête à 3900 m entre le Piz Argient et le Palu pour le jour suivant. La dernière fois nous avions pris un but météo avec Steph et Sophie , pas question de prendre un but cette fois ci, la météo est incertaine comme chaque jour en cet été 2014.

A 14 h nous arrivons à Pontresina, je décide d'aller prendre le ticket de parking. Une boite à ticket pour tous les gens garés près de la gare, et vu qu'on est à près de 200 m de son emplacement... flûte, ça ne prend pas les billets... retour à la voiture (400 m) je prends mon porte monnaie... Je refile (600 m) Je commence à lire les instructions, flûte, il faut le numéro de place de parking Aïe, retour (800 m) j'en profite pour passer par les toilettes (gratuites !) de la gare. Anne se fou un peu de ma tronche le temps que je reparte avec le numéro de place de parking en tête. Un peu d'allemand avec le parcmètre et je récupère mon précieux ticket. Ouf (1200 m) "C'est comme ça, c'est pour moi !"

(et noté qu'ici, on a encore officiellement pas marché !)

Je m'équipe avec un peu de retard (oui, notez qu'Anne a eu le temps de faire et refaire son sac pendant mes différents allez retour) Me voilà prêt , à l'arrache, on est parti, on laisse les carioles à touristes (ben oui, nous on fait de la montagne "by fait mean" par souci écologique et aussi par souci économique... à 18 CHF par personne et 5 CHF le sac les 5 km on a trouvé que ça faisait chèr l'heure de gagnée. On refera pareil à la descente en se tapant la descente de la Diavolezza à pied, sous le téléphérique ... puis stop pour le retour à Pontresina, mais ça, c'est une autre histoire (voir "sur le fil à 3900 m")

Cabane Tscherva - Piz Rosegg
Cabane Tscherva - Piz RoseggCabane Tscherva - Piz Rosegg

Cabane Tscherva - Piz Rosegg

Donc nous sommes partis sur le bien nommé chemin "carrossable" étant donné qu'on y croise moults carrosses (mais aussi pas mal de VTT)

Nous croisons quelques larges calèches (un gros commerce lucratif de la valéle visiblement) et en 1 h 15 nous avons économisés nos 23 CHF chacun (20 € environ)

Petite pause avant d'attaquer la montée (ben oui parce qu'avant c'était plutôt plat) Anne me laisse devant (sans doute pour éviter de me larguer trop vite) Nous progressons tout en admirant le paysage, le piz Roseg et sa face nord apparaissent, au loin nous essayons de distinguer la cabane Coaz où j'étais passé lors de notre raid à ski.  Ca fait du bien de se lancer dans un grand projet. Nous croisons quelques randonneurs, je fais une courte pause photo, Anne passe devant et me largue... ça sert à quoi le fait que je me sois tapé de faire du trail tout l'hiver pour ne pas vois mes progrès le jour J...

Dernière boucle et arrivée au refuge. Accueil excellent. Dortoirs petits et confortables (8 places) comme j'aime. Le temps de quelques étirements, de relire le topo. D'essayer de faire comprendre à une suisse Allemande en allemand que ça serait plus simple si elle dormait à coté de son guide plutôt que sur deux places séparées (bon, elle a feint de ne pas comprendre, je ne sais pas si son guide avait une haleine de chacal ou quoi, mais impossible de la faire changer d'avis ...)

Seul doute, on doit être une petite quinzaine de cordée sur la Biancograt et Anne décide qu'on partira les derniers. "Comme ça on ne bouchonnera pas". J'ai des doutes concernant cette tactique mais ne lui en fait pas part. On risque de rattraper des cordées plus lentes et de bouchonner quand même. A la fois on n'est pas pressé...

Un bon repas plus tard, on file au lit, Réveil 3 h !

Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m
Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 mAlpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m
Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m

2 h 30 une cordée se lève, la suivante à 2 h 40 puis 2 h 50... a 3 h la salle à manger est vide, tous partis. La Tête dans le ... je m'approche du buffet. Dur, petite nuit, l'impression de ne pas dormir. La gardienne vient à mon secour et m'explique le fonctionnmeent du petit déjeuner. Je vais devoir vraiment une tête des mauvais jour... (merci à la gardienne)

On décolle à 3 h 50... les derniers (comme prévu).

Je me fais le début devant. Le sentier est bon, bien balisé. On hésite peu de temps sur une dalle mais ça passe, c'est ça l'inconvénient de ne pas suivre les guide, il peut y avoir quelques hésitations. La nuit est noire, les cordées précédentes loin de nous. On se retrouve sous le Piz Tschierva, on voit au loin les cordées qui vont au Roseg et plus proches, celles qui nous précèdent. Il fait tiède et sombre, pas de lune et pas d'étoile il y a des nuages au dessus de nos têtes. J'ai chaud. Nous rattrapons une cordée (couple). Lui "Vous êtes la dernière cordée ?" Anne "étions !" Lui : "Ah !" Je dépasse sa dulcinée qui est à l'agonie. Si proche du départ, la journée va être longue pour elle...

 

Nous rejoignons une seconde cordée. qui tire à gauche dans des éboulis pourris (très pourris) Étonnant vu que le sentier était excellent jusque là ... Je me fais un coup de GPS tandis qu'Anne poursuit à flanc. dans les barres. Perso je décide de contourner l'obstacle en revenant sur mes pas. Bizarrement les deux autres cordées suivent mon choix tactique. On repasse dans les éboulis hyper pourris et on rejoint la trace 50 m en dessous.

On contourne les barres par dessous puis on remonte. je scrute pour voir si je vois la frontale d'Anne. Je l'appelle, au départ pas de réponse puis je l'entends. nous nous rejoignons et poursuivons vers le haut. On vient de perdre un bon quart d'heure dans la manœuvre. Les vires suivantes sont faciles. Voilà le glacier. Nous finissons par nous encorder. Le couple est loin derrière, les deux autres nous passent devant. Anne prend la tête, direction la rimaye(un bon pas) puis la remontée vers le col sans problème. Nous retrouvons la deuxième cordée. Dès la base du premier gendarme nous les dépassons (à priori Anne a su trouver les mots pour les convaincre de nous laisser dépasser)

Le premier gendarme présente des passages d'escalade un peu gazeux, d'autant plus qu'il fait froid et que c'est mieux de garder les gants.

Biancograt
BiancogratBiancogratBiancograt

Biancograt

On file vers le haut. Anne galope, j'essaie de suivre. J'ai l'impression quelle connait la course et qu'elle l'a déjà faite. Pour elle, l'itinéraire est évident alors que j'hésite derrière. Chaque pas d'escalade est une hésitation, ne serait ce pas meilleur là, quelques mètres plus à gauche... On bascule à gauche, vue magnifique sur les glaciers, les sommets de Bellavista au Palu, prévus demain. Un névé suspendu nous permet un contournement aisé du dernier gendarme !!!

Je repasse devant pour la Biancograt, dont le sommet est dans les nuages. Faut bien que je sois un peu en tête pour justifié mon statut de "Grand Conquérant des 4000" quelque peu usurpé. Bon dès que je suis devant, je sens qu'Anne piétine derrière mais bon. Ça fait quand même du bien ! Le rythme est sans doute plus lent mais on avance. L'arête est belle mais pas trop difficile (45 ° environ) Anne repasse devant pour la fin, les nuages laissent la place au soleil pour ce qui est peut être le plus haut des "pas 4000" : le piz Bianco 3995 m !

Sommet du Piz Bianco
Sommet du Piz BiancoSommet du Piz Bianco

Sommet du Piz Bianco

La pause est courte, nous filons sur l'arête, la première partie rapide, agréable, au soleil. puis nous enchainons avec des rappels, à l'ombre. Au relai, c'est glacial, le vent s’engouffre dans les vêtements... on gèle. La partie est un peu plus technique, nous tirons de rapides longueurs. L'action réchauffe le grimpeur tandis que l'assureur est frigorifié... Les 3 petits gendarmes sont lentement avalés et la dernière pente nous amène au sommet de ce Piz Bernina où nous sommes accueillis par une cordée autrichienne fort sympathique. Longue pause pique nique avec le peu que nous avons emporté et sous le chaud soleil du sommet, nous profitons de la vue.

 

Une pensée pour Steph et Sophie avec qui je on avait pris un but il y a 3 ans

Pensée pour Franck, le trailer du team raidlight passé dans ces contrées pour le Swiss iron trail, une épreuve de malade !!!

 

S'en suit alors la descente. Fine et magnifique arête jus qu'à la Spedla où nous croisons une cordée avec une technique peu académique. On est passé au travers ce qui fut efficace en terme de durée mais pas très élégant en terme de relation sociale... Désolé... On pourrait appeler ça la technique à la Hussarde...

Pour la suite, nous progressons comme des funambules sur l'arête avant d'attaquer une descente en mixte, pas si évidente que ça, la fatigue se ferait elle sentir ? Reste une ressaut, nous décidons de afire un dernier rappel. Et c'est là qu'Anne a une idée de génie : Se projeter un mousqueton dans le nez alors qu'elle débute le rappel. Bilan, elle saigne abondament et la neige devient rose tel le plus magnifique des lever ou des coucher de soleil ! Plus la peine de se lever tôt pour que les montagnes se teintent de couleurs uniques, faites de la montagne avec Anne et laisser kui manipuler un mousqueton. Le résultat est comment dirais je ... coloré.

Ce qui est moins cool, c'est que la Goretex verte est également repeinte en rose...

Bref, le nez saigne (au fil !) Je donne quelques conseils à Anne étant donné que je suis UN PEU de la partie. Elle tente de juguler le torrent tout en descendant. Manœuvre audacieuse ! Je me lance à mon tour dans le rappel. La trace est bien marquée à présent, rose. J'aurais du dire à Anne de tracer des flèches, ç'aurait été plus parlant pour nos suiveurs.

Un dernier couloir à descendre et la trace devient plane, nous croisons une cordée qui hésite à monter au sommet à cette heure tardive et rejoignons le refuige

youhou !

les gendarmesles gendarmes

les gendarmes

Sommet du Piz Bernina
Sommet du Piz BerninaSommet du Piz BerninaSommet du Piz Bernina

Sommet du Piz Bernina

Soirée à Marco e Rosa 3600 m

Je rentre dans le refuge, je suis accueilli par un gardien mi homme mi sauvage. Je fais profil bas afin que tout se passe bien. Faire profil bas, je sais faire. Après avoir rangé nos affaires, nous filons pour la sacrosaint sieste en refuge. 30 minutes plus tard, nous sommes réveillés par l'aide gardien, qui nous demande, en Italien ce que nous souhaitons en entrée pour le repas.

 

Le repas arrive, enfin, et là, l'aide gardien cherche les plats commandés par chaque personne de chaque table. Plat principal on recommence, d'abord passage pour la commande puis nouveau passage pour la distribution, l'aide gardien ne parle qu'Italien et à la plupart des tables personne ne parle italien. Bon nous on a pris viande ! (Carne) Un de ces souk !

Fin de repas, on passe payer. Le gardien, ours mal léché des Carpathes, engueule la cordée croisée ce matin (le petit couple). Ils souhaitent juste qu'on leur attribue un lit et le gardien leur braille qu'il a autre chose à faire (en Italien bien sûr mais on a bien compris) . La fille a l'air crevée (elle avait déjà l'air bien fatiguée ce matin avant les difficultés).

La gardien monte dans les aiguës, le gars essaie de la calmer et laisse tomber l'affaire. Nous on décide de négocier avec l'aide gardien un réveil à 3h 30 du mat. Mais à Marco e Rosa c'est comme avec la CGT : on ne négocie pas : Ça sera 5 heures. Vu l'ambiance on laisse tomber l'affaire, pas envie de se retrouver avec le gardien sur le paletot ! Et on file se coucher ...

 

...

 

1/2 heures que nous sommes couchés, on entend la grosse voix du gardien braillant dans le couloir des dortoirs... Il engueule quelqu'un , peut être le petit couple.  Ca réveille tout le monde mais là n'est pas l'essentiel.

Une belle journée de montagne qui se termine par une vilaine soirée en refuge, goût amer. Le lendemain matin on ne trainera pas !

 

A suivre : sur le fil des 3900 m ...

SpedlaSpedla

Spedla

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 09:49
Vidéo : sur le fil à 3900 m - Piz Argient - Piz Zupo - bellavista - Piz PalüVidéo : sur le fil à 3900 m - Piz Argient - Piz Zupo - bellavista - Piz Palü
Vidéo : sur le fil à 3900 m - Piz Argient - Piz Zupo - bellavista - Piz PalüVidéo : sur le fil à 3900 m - Piz Argient - Piz Zupo - bellavista - Piz Palü

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 07:35
Vidéo : Alpinisme Piz Bernina 4049 m -  Biancograt

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 06:36

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 13:02

Récit photos et vidéo dans la soirée ou demain....

 

J 1 : Montée à la cabane Tscherva depuis Pontresina

J 2 : Biancograt Piz Bernina nuit au refuge Marco e Rosa

J 3 : à l'abordage des 3900 :

            Piz Argent - Piz Zupo - BellaVista - Piz Palu et descente au col de la Bernina

J 4 : Montée à la Mischabelhutte

J 5 : Face Nord Nord Est de la Lenzspitze et traversée sur le Nadelhorn

 

 

A Venir : Biancograt au Piz bernina et Face Nord Nord Est de la Lenzspitze
A Venir : Biancograt au Piz bernina et Face Nord Nord Est de la Lenzspitze
A Venir : Biancograt au Piz bernina et Face Nord Nord Est de la Lenzspitze
A Venir : Biancograt au Piz bernina et Face Nord Nord Est de la Lenzspitze

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 16:01

La dernière course

 

Je reprends ce titre à Joe Simpson, la comparaison s'arête là, je n'ai ni ses talents d'alpinistes, ni ceux d'écrivain

 

Juillet 2005, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai proposé à ma mère, de réaliser une jolie course d'alpinisme. Et elle a accepté. Il faut dire qu'elle a un joli passé : nombreuses rando dans les alpes, et quelques sorties « alpinisme » dans sa jeunesse. Bref elle ne part pas dans l'inconnu.

 

Sauf que lorsque je la retrouve, je me rends compte que son entrainement cet année est proche de zéro et qu'elle n'a même pas essayé les chaussures d'alpi que mon frère lui avait passé alors que la sortie est prévue de longue date.

 

La météo pour le séjour n'est pas parfaite, orages annoncés dans l'après midi pour le retour des Dômes. Il ne faudra pas trainer.

 

Départ à 8 heures du matin, de Luthézieu. Nous vérifions les sacs sous l'oeil attentif de Claude et Sandrine, nos époux respectifs... à 10 heures, nous sommes aux Contamines, le temps est magnifique, un peu trop...

La montée à Tré la Tête se fait en une heure vingt, pardois à 500 mètres heures, ce qui me parraît assez élevé étant donné l'âge de maman, mais je profite de sa forme pour me dégourdir les jambes.

Arrivés sur place, nous pique-niquons, règlons son sac et ses problèmes d'ampoules.

 

Nous repartons pour le passage du mauvais pas, où elle a du mal à trouver son souffle, nous passons le premier névé et c'est le début du glacier de Tré la Tête, couvert de cailloux ! Le monstrueux coup de barre frappe Geneviève, nous faisons une pause avant de traverser le glacier, nous passons sous le chemin classique mais éboulé du refuge, pour gagner la rive droite du glacier et cheminer entre celui-ci et les barres rocheuses, sur des blocs particulièrement instables (super pour le rythme) Arrivés au niveau du drapeau, nous remontons le sentier et gagneons le refuge, Geneviève est exténuée...

 

Le gardien, voyant l'âge de ma coéquipière nous attribua une chambre de guide ( 4 couchettes) où nous siègerons à deux ! C'est la première fois que ça m'arrive.... (et la dernière, pourtant j'y ai dormi un paquet de fois aux Conscrits !...)

 

Après un repérage, le rangement du matériel, et un bon repas, nous nous couchons vers huit heure et demi.

 

A 4 heures, il est l'heure, le déjeuner vite avalé, nous fillons vers le glacier , à flanc de montagne. 1 heure plus tard, nous sommes encordés. Geneviève est moyennement en forme, mais nous restons au milieu des cordées. Nous nous dirigeons vers le bien nommé col infranchissable et nous bifurquons plein ouest vers le col des Dômes . Je sens que Geneviève n'est pas au mieux, le vent souffle à présent très fort, la fenêtre météo prédite est bien là, mais le temps change, et comme prévu, il devrait pleuvoir cette après-midi.

 


 

Enfin au col, je sens Geneviève très faible. Pâe comme un cachet d'aspirine. Le vent est glacial et balie l'endroit, difficle de se parler, impossible de rester là sans rien faire,  je laisse tomber rapidement mon idée de la laisser une demi heure seule et de me faire le sommet en solo avant de la récupérer, il fait trop froid et il y a trop de vent, elle est très fatiguée. Nous décidons de redescendre rapidement après une courte pause.


 


 

 

 

 

 


 

Sur le replat du glacier, tout va mieux, nous en profitons pour faire quelques photos avant de redescendre. Geneviève fait quelques chutes mémorables, se prenant les crampons.

 

Nous arrivons au refuge des Conscrits, le temps est couvert, la pluie n'est pas loin. Nous le quittons un quart d'heure plus tard. Le passage le long du glacier est bien "merdique"... les rochers et gravillons glissent sur la glace, emportant le pied de l'alpiniste fatigué

 

Sur le plat du glacier, les premières gouttes tombent, l'averse est rapidement énorme, nous sommes trempés en moins d'une minute et c'est l'orage qui arrive derrière le mont Tondu, il faut se réfugier à Tré la Tête. Il est seulement midi et quart et le mauvais est déjà là !  Je prends le sac de Maman qui est morte de fatigue, et lui dis de droper! Nous passons le mauivais pas sous la pluie avant de rejoindre Tré la Tête au triple galop et sous la pluie batante.

Nous décidons d'opérer une bonne pause en attendant que ça se calme. Une salade pour se restaurer, le temps à l'air de se stabiliser, Maman n'a pas trop faim, et je menfile presque les deux salades (salade de Tré la tête : excellente soit dit en passant)

Nous nous changeons, ça fait du bien d'être au sec !...

 

 

 

      

 

Nous repartons, il ne pleut plus, un quart d'heure après c'est le déluge, de pluie et d'orage.

"Mère gardez vous à droite, mère gardez vous à gauche !", tel Philippe à la bataille de Poitier en 1356, je conseille mon aïeul. Mais les Anglais éclairs sont trop nombreux... Le Prince noir va t'il récidiver ? 

Le ciel est blanc d'éclairs, ambiance électrique, les sentiers ne sont plus que ruisseau. Nous sommes trempés derecher, jusqu'aux os !

 

Les éclairs tombent tout prêt de de nous, le tonnerre gronde en permanence, c'est le déluge, l'apocalypse ! trop tard pour remonter à Tré la tête, il faut filer vers le bas. nous décampons comme nous pouvons vers la voiture, sursautant lors des éclairs trop proches ! A 15 h 40 nous y sommes, trempés mais heureux...

 

 

 

Les pieds de Geneviève se souvendont longtemps de cette balade, avec mes excuses pour les âmes sensibles. Elle mettra un peu de temps à récupérer...

 

 

 

 

Ce fut la dernière course de mamaman. Cet orage fut le pire de ma "petite " experience d'alpiniste, le plus impressionnant.

 

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Published by Apoutsiak - dans humeur
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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 06:36

Sortie classique avec Louis (mon fils de 12ans)

Et son nouveau record !

4ème génération à passer au sommet !

Topo :

 

Refuge Albert 1er

3 options s'offrent à vous :

Depuis le tour par la morraine : long, rébarbatif mais ECONOMIQUE

Depuis le haut de la télécabine du Charamillon

ou depuis le haut du télésiège du col de balme par le sentier balcon (1 h 45)

 

Aiguille du Tour par le col Supérieur du Tour 3542 m

Du refuge, partir derrière le refuge (à repérer la veille) cairn et gagner le plat du glacier sous le col du Midi des Grands vers 2840 m. Contourner par la droite les 3 éperons (2 de l'aguille du Tour 1 de l'aiguille de Purtscheller) remonter le couloir en provenance du col supérieur du Tour et par 30 mètres d'escalade (II III max) gagner le col 3289 m

 

Basculer versant Trient. Remonter le glacier jusque sous al rimaye sous le sommet de l'aiguille sud. Passer la rimaye et gravir en diagonal vers la droite pour rejoindre l'arête Nord de l'aiguille Sud du Tour (30 mètres au dessus du col environ. Remonter cette arête jusqu'au sommet (II III)

 

Descente : par le même itinéraire

 

Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m

Récit :

 

Tout est une histoire de météo

Elle annonçait Beau temps avec quelques averses l'après midi, on a été servi

11 h, il pleut à Argentière, on décide de "glandouiller un peu en attendant que ça se lève. On sandwiche dans le coffre de la voiture tandis que les averses passent. Le ciel bleu apparait on file au Tour, coup de télécabine, il fait beau, au milieu du télésiège, ça se gatte, il bruine et le brouillard est là. En haut, il pleut, FORT. On est trempé. On sort les blousons. on garde les shorts pour laisser les pantalons au sec !

C'est parti sous cette flotte. on espère que la météo a dit vrai, on rêve d'éclaircie. aux averses presque permanentes succèdent des périodes de vent glacial. Dire qu'à la télé hoer, le monsieur météo expliquait que le vent était du à une tempête tropicale... j'ai pas bien senti le coté tropical de la tempête !

On file dans ce brouillard, trempés jusqu'aux os. Louis garde le moral. Les conditions ne sont vraiment pas top, trop tard pour renoncer. Je fais quelques vidéo grâce à mon nouvel appareil photo étanche, l'occasion est trop belle pour ne pas le tester !

le refuge ne se dévoile que lorsque nous sommes à 50 mètres de celui ci. On y entre trempés. Malheureusement, les places sont chers même pour les vêtements !

Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m

Après midi en refuge classique, Un chocolat pour se réchauffer, séchage des affaires (comme on peut), lecture, sieste... réveillée par un tintamarre dans le couloir. quelqu'un court dans le couloir. ça ne peut être qu'un enfant. avec le parquet flottant le bruit de course emplit le refuge. Le bruit va d'un bout à l'autre du couloir et revient. Le souci c'est que ça dure plus d'une demi heure. De toute façon, je suis réveillé. Je décide de sortir et d'expliquer au gêneur que pour beaucoup, la sieste, c'est sacré !

Je sors, et croise, un adulte en train de courir, sans doute un gars qui s'entraine pour l'UTMB, je luis annonce "vous savez que ça raisonne et que vous réveillez tout le refuge" "Ah bon ! " il file... vers les escaliers, je le retrouve là, en train de faire des montées descentes... ils sont fous ces UTMBistes !

 

Repas sympa avec une grande tablée de jeunes, de guides et d'hollandais ! puis corvée de vaisselle pour Louis et moi et au lit.

Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m

Réveil 3 h 40, décollage 4 h 45, on louvoie dans la nuit sur les rochers menant au glacier. cairns gigantesques. Sur le glacier on file. parfois derrière une cordée, parfois devant une autre. Ça ne bouchonne pas, le regel est bon. On passe la passage à Marie. Le soleil peine à se lever, j'ai encore des courbatures de mon trail avant hier. Louis est en forme. Il y a pas mal de nuages dans le ciel, et le vent nous glace un peu !

Courte pause avant de repartir pour le col Supérieur du Tour, un passage d'escalade et voilà le col dans le vent, je suis congelé, on ne traine pas et on bascule coté Trient.

 

Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m

On galope jusqu'à la rimaye. Un Grand pas on remonte jusqu'aux rochers et zou escalade facile. Perso , ça m'a paru beaucoup plus long que les autres coups. J'aide un gars qui a le crampon qui se fait la malle. on suit cette cordée jusqu'au sommet. Louis me suit en stressant pour la descente, saura t'il se refaire les pas d'escalade à la descente. il faut dire qu'il y a parfois de grands pas !

 

Sommet, record battu (de 9 mètres) pour Louis (ça efface des tablettes le col du Tour Noir !)

4ème génération au sommet après mon Grand-père, sans doute ma Grand-mère, ma mère, et moi !!! (et je ne compte pas les oncles et tantes) il y a de la génétique au sommet ! L'amour de la montagne est il ancré dans les gênes, vous avez 2 heures !!!

 

On sort notre phrase : "à 3500 mètres, l'oxygène se fait rare !" pour la vidéo , phrase tirée d'un reportage de M6 à l'aiguille du Tour qui nous avait fait explosée de rire et qu'on se sort régulièrement en famille ! Ils sont trop forts ces journalistes !

Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m

Descente rapide, tout se passe bien, je film une "belle" chute de pierre sur la rimaye qui aurait pu mal tourner ... mais tout se termine heureusement bien. On file vers le col supérieur du Tour, puis sur le plat du glacier. Je filme le passage d'une crevasse pour belle maman, elle va me tuer si elle sait que son petit fils passe là !... On galope jusqu'en bas du glacier puis jusqu'au refuge .

Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m

Après avoir ingurgité un délicieux brunies - chantilly et papoté avec les gens de notre tablée de la veille, nous filons vers le bas dans le monde, il fait beau à présent et le sentier est noir de monde, randonneurs , alpinistes ( je ne sais pas pourquoi ils montent, demain, il fait pourri...) nous rejoignons facilement la Balme puis la voiture, tout content  de notres jolies sortie !

Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m
Alpinisme : aiguille du Tour - 3542 m

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 16:19

Les 9 4000 de l'Oberland

Par ordre d'ascension

 

Le Finsteraarhorn 4274 m (Juillet 1999)

L'Aletschhorn 4193 m (Mai 2006)

Le Gross Fiescherhorn 4049 m (avril 2009)

L'Hinter Fiescherhorn 4021 m (avril 2009)

Le Mönch 4107 m (Septembre 2009)

Le Gross Grünhorn 4044 m (Avril 2014)

La Jungfrau 4158 m (Avril 2014)

Le Schreckhorn 4078 m (reste à gravir)

La Lauteraarhorn 4042 m (reste à gravir)

 

 

 

 

Les 9 4000 de l'Oberland

Finsteraarhorn

 

Aletschhorn

 

Hinterfierscherhorn

 

Gross Fiescherhorn

 

Gross Grunhorn

 

Jungfrau

Mönsch

Schreckhorn Lauteraarhorn

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Published by Apoutsiak - dans Oberland alpinisme 4000
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