Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #les 100 plus belles tag

Alpinisme: Äbeni Flue 3962 FACE NORD

Publié le par Apoutsiak

Magnfique face nord gravie avec Ovidiu

 

Vidéo

Topo

refuge : Rottalhütte

Se garer à Rütti (Stechelberg) 910 m

parking 8 CHF/ jour Interdit d'y dormir et d'y pique niquer !!! 2755 m

Remonter la rive droite du torrent sur une piste  puis au niveau prendre à gauche (panneau sur bois peu lisible) sur un sentier. Le sentier remonte pour venir buter sous un e barre rocheuse, il poursuit alors à droite traversant le magnifique torrent de Staldenbach. continuer en ascendance à flanc et rejoindre le chalet d'Altläger (1580 m)

Remonter le sentier qui rejoint le torrent de Schafbach (1720 m) le sentier gagne alors la barre rocheuse de Bäreflue (2096 m) (Attention  à ne pas prendre le sentier de gauche qui mène à la Silberhornhütte)

Remonter le Bäreflue, barre rocheuse équipée de cables et gagner le plateau superieur. le sentier remonte ce plateau pour rejoindre la moraine du glacier (Rottalgletscher) on longe alors celle ci pour gagner la Rottalhütte (quelques pas avec cables juste avant le refuge)

2655 m

 

Äbeni Flue

Descendre du refuge en partant vers l'Est (cairns au départ) tout en descendant au mieux pour rejoindre le glacier.

Traverser le glacier pour rejoindre le pied de la face.

Par un mouvement enveloppant tirer à droite au départ sur le Stuefesteigletscher avant de revenir à gauche sous la rimaye à partir de 3000 m. Rejoindre la rimaye. 3200 m environ. Passer la rimaye.

la face est à 50 55 ° (60° sur le haut si l'on sort tout droit)

Le bas de la face peut être en mixte (rochers) le haut en direct sort entre un sérac peu menaçant et une petite barre rocheuse.

Du haut de la face on rejoint le sommet  en 5 minutes en tirant à gauche.

 

Descente.

Descente classique de l'Äbeni Flue pour rejoindre Hollandiahütte

 

De là 2 options :

Option 1

De Hollandiahütte, gagner  Fafleralp et Blatten ou on peut rejoindre les transports en communs qui permettent de revenir à Lauterbrunnen par le train Goppenstein - Kanderstegg Interlaken

Option 2

L'autre solution est de passer par le haut et la Petersgrat, solution que nous avons adopté !

Elle sera décrite dans l'article suivant

Pour mémoire : Hollandiahütte Lauterbrunnen par la Petersgrat : 1500 m de dénivelé et 31 km !!!

 

 

Récit

Comme souvent, tout commence la veille, j'avais décidé de mettre pas dans ceux d'Ueli Steck (je sais c'est extrêmement prétentieux, mais je voyais ça plus comme une sorte d'hommage). Bref, dans son dernier livre (livre où Anne et moi apparaissons sur une page, aux grandes Jorasses, un peu fatigués... Je reviendrai sur cet épisode dans un prochain article) Ueli décrit une jolie sortie trail qui permet de mener de Lauterbrunnen à Kanderstegg en mode trail, le parcours avait l'air sympa, il y avait juste la quantité de neige qui pourrait me poser des problèmes ainsi que la logistique, il ne fallait pas arriver trop tard à Kanderstegg pour pouvoir prendre le train et revenir à la voiture.

Quelques heures plus tard, j'atteignais seulement le premier col, la SefinaFurgga (premier des deux cols à passer), bien entamé, de toute façon, la quantité de neige ne m'incitait pas à poursuivre et me donnait au passage une bonne excuse pour pouvoir faire demi tour (C'est toujours plus classe que d'avouer que j'étais crevé. Je n'avais pas ou peu couru à la montée, je ferrai pareil à la descente, là où le trailer se transforme en randonneur. Par contre j'avais pu observe tranquillement notre objectif du WE, la Face Nord de l'ÄbeniFlue semblait en condition.

Je regagnai ma voiture à Schetelberg, bien fatigué et m'endormait dans celle ci comme un bienheureux.

Stechelberg (Lauterbrunnen)  Rottalhütte
Stechelberg (Lauterbrunnen)  RottalhütteStechelberg (Lauterbrunnen)  Rottalhütte

Stechelberg (Lauterbrunnen) Rottalhütte

Le lendemain matin, je me lève à 6h.

Vers 7 h , je vois un type dans le parking qui prend en photo ma voiture... Je tente de lui parler dans la langue de Goethe. Je sens que c'est un contrôleur du  parking, que j'ai payé ! Par contre j'ai enfreint  l'interdiction de dormir et il n'a pas l'air content du tout.  Je ne suis pourtant pas en train de dormir et rien ne prouve que j'ai dormi là, mais il n'est pas dupe. Il y a plein de camping car en mode "nuit" sur le parking. Ils dorment encore et ne vont pas se rendre compte de ce contrôle inopiné... Il me montre le panneau, je l'avais bien lu, il est même interdit de pique niquer ! Ca, ça me tue. Bref, je je laisse à ses occupations, je poursuis les miennes, on verra bien, mais je suis quand même un peu énervé (beaucoup).

Ovidiu me rejoint. On fait une navette pour trouver un parking gratuit (ou presque) pour la seconde voiture. Je repaye le parking. Et là, Ovidiu me propose de monter en baskets avec les skis et les chaussures sur le sac, sachant que le portage va sans doute durer ... 1700 m, soit toute la journée. Je ne suis pas sûr que ça soit la meilleur solution, mais bon, je m'incline.

Et on part lourdement chargés de Stechelberg. On gagne le petit sentier. Et là, Ovidiu adopte sa tactique habituelle, il part devant hyper vite, et m'attend pausé sur un rocher 10 minutes plus tard. Il marche deux fois plus vite que moi, impossible de le suivre.

Le sentier est raide, il dénivelle bien on rejoint une magnifique cascade. puis un joli chalet. Le temps est un peu couvert, on n'a pas trop chaud, avec un tel chargement, c'est une chance. Un peu plus haut on opère une pause vers un torrent, l'occasion d'un bon pique nique comté saucisson offert par Alpineis.

Montée a Rottalhütte BäreFlue et chamois
Montée a Rottalhütte BäreFlue et chamoisMontée a Rottalhütte BäreFlue et chamois
Montée a Rottalhütte BäreFlue et chamois

Montée a Rottalhütte BäreFlue et chamois

On repart repus, le sac toujours lourd. Ovidiu gambade devant, je peine derrière. Chaque pas est une souffrance. On rejoint le pied de la barre rocheuse "Bäreflue". D'abord des pentes raides en caillasse puis un passage équipé de cable. Ca se passe bien, on se retrouve au dessus. Je sens que le refuge n'est plus hyper loin. La neige commence à être présente. Avec les baskets, il faut l'éviter. On quitte donc le précieux confort du sentier, pour des pentes herbeuses envahies de rochers. Mais on avance et on rejoint la moraine du glacier. Au détour d'un virage on aperçoit le refuge, tout proche...

Au départ on avance vite, puis un névé nous barre le chemin. Je décide de mettre les chaussures de skis pour le traversée. Ovidiu passe par le bas? Une fois en bas, il m'intime l'ordre de faire le plein d'eau dans la cascade au dessus. Je m'execute. Je remonte un délicat pierrier, prend une douche obligatoire, et me retrouve mes deux pieds dans le raide torrent, la poche à eau dans une main essayant de capter le précieux liquide, tandis que l'eau pénètres par tous les pores de mes vêtements en Goretex HCX... Je redescends , trempé, mais victorieux...

Je reprens mon sac ,traverse le névé et rejoint Ovidiu qui en a fait le tour. Une petite barre rocheuse nous barre le chemin. Elle est équipé mais humide. On remonte les quelques mètres qui nous séparent du refuge, le voilà, enfin !

Installation, je m'occupe du feu qui peine à démarrer (je ne suis pas un pro du barbec) Opération neige pour avoir de l'eau. Thé puis sieste.Repérage du départ de demain, photo de la rimaye pour voir où elle passe, la face reste embrumée... Un bon plat de pâte et au lit.

Rottalhütte
RottalhütteRottalhütte

Rottalhütte

Nous sommes bien, il y a 2 lits dans la cuisine avec le poêle qui ronronne. Je m'offre un épisode musical grâce à mon MP3. J'entends le doux bercement des ronflements d'Ovidiu qui perce les écouteurs et rythme mes musiques. Finalement je passe des écouteurs au boules quies... Mais impossible de dormir. Le doux bercement des ronflements s'est transformé en une fanfare et rapidement il faut me rendre à l'évidence ,je ne dormirai pas dans ces conditions là. Je pèse le pour et le contre. Le calme des autres dortoirs , mais le froid intense qui va y reignier.  Je finis par opter pour l'emigration. Et je quitte la chaude pièce à regret, avec mes couvertures. Je fais le tour de la salle à manger et me hisse sur le lit.

Au bout de 10 minutes je me rends compte que je suis juste au dessus d'Ovidiu, mais dans la pièce voisine. Les couchettes sont imbriquées l'une au dessus de l'autre. J'entends son râle, mais moins proche que tout à l'heure. Je finis par m'endormir...

Äbeni Flue, lever de lune sur la face NordÄbeni Flue, lever de lune sur la face Nord

Äbeni Flue, lever de lune sur la face Nord

4 h, Ovidiu vient me réveiller, habillé, je file à la cuisine pour une rapide petit déjeuner. On quitte le refuge à 4 h 45. Et on débute par une descente de moraine un peu délicate, mais prêt de 30 ans d'alpinisme me permette de descendre sans trop de difficulté. On rejoint le glacier, Ovidiu me propose de m'encorder, je pense que ça devrait jouer sans, d'autant plus que je ne compte pas garder mes skis sur le sac éternellement, il semble que ça ne soit pas son choix. Il part à crampon, je mets mes skis. Quand je me redresse, enfin prêt, il a déjà traversé  le plat du glacier, je m'élance. Je le rejoins de l'autre coté. Il me propose de monté tout droit vers la face, d'après lui, ça passe. J'ai repéré un joli mouvement enveloppant qui devrait permettre de monter à ski à la rimaye sans trop de crevasse. il décide de me suivre, à crampons, je file à ski. Après une partie plus raide, la pente s'aplanit et je le largue. Je sens qu'Ovidiu va tire vers le centre de la face. Je finis par faire une pause pour l'attendre, je ne le vois plus. 5 minutes plus tard, je le vois comme prévu bien à gauche. J'ai toujours dit que j'étais un peu devin. C'est dommage ça semblait bien passer à droite. Bref, je le rejoins au centre, et je le suis. La pente devient plus raide, on est obligé  de mettre les crampons et de s'encorder. Il part, et finit par rejoindre une crête. "Il y a une énorme Crevasse, je ne sais pas si ça va passer" Bravo le passage direct au centre (me dis je in petto)  Ovidiu part sur la gauche, il disparait, la corde file lentement puis plus rapidement, je fins par entendre... C'est bon. C'est mon tour, je rejoins la lèvre de la crevasse, large d'unez dizaine de mètre mais peu profonde (enfin ça devait être surtout un énorme pont de neige, mieux vaut ne pas savoir) Je descends les 2 mètres pour me retrouver sur la crevasse. Mon pied gauche est solide mais mon pied droit fait s'effondre la neige, un trou, béant. Je repère u nendroit plus solide. Je traverse l'énorme crevasse, sur des oeufs... Je rejoins la porte opposée, vérifie mes appuis et remonte la lèvre supérieure, sans trop de difficulté, la rimaye est à portée de fusil. On grimpe jusqu'à elle pour une pause assurage.

Et Ovidiu repart devant, je l'assure depuis la rimaye, qui me protège d'éventuelles chutes de séracs... Il galope et m'enjoint à le suivre. Les piolets ripes dans une neige  pas assez consistance, je finis par enfoncer mes deux manches. je lève le crampon gauche au dessus de la lèvre, quel manque de souplesse... Je me hisse dessu, je tire sur les bras, me voilà passer, ensuite il faut remonter la pente en traversée pour se retrouvée dans l'axe de la face à l'abri des séracs supérieurs. Crampon crampon, piolet piolet (bis). Je prends le rythme. On contourne une zone rocheuse.

on se décorde pour grimper la partie en neige. Et c'est parti pour une ascension un peu monotone, la face fait 700 m, il va falloir être patient et un peu costaux.

 

Äbeni flue : de la Rottalhütte à la rimayeÄbeni flue : de la Rottalhütte à la rimaye
Äbeni flue : de la Rottalhütte à la rimayeÄbeni flue : de la Rottalhütte à la rimaye

Äbeni flue : de la Rottalhütte à la rimaye

Comme souvent, je laisse Ovidiu faire le gros du travail, en gros, je suis passé devant de 3400 à 3500, altitude à laquelle bous avons commencé à broché. Et notre cordée a commencé à se fissurer. Le premier de cordée reprochant à son second, la corde trop tendue , il lui faudrait 2 mètres de mou. Le second reprochant au premier de ne jamais être second de cordées. Et oui, les premiers de cordées ne voient jamais le travail des seconds. Il faut s'adapter au rythme du premier, quand c'est peu raide, c'est pire, lors des virages, le second doit s'arrêter parce que la corde le gêne, puis piquer un sprint pour rejoindre le virage avant que la corde ne soit trop tendue. S'il arrive trop tard, gare à lui, la soufflante du premier peut être terrible, il déteste s'arrêter, et pas la peine d'espérer qu'il ralentisse en sortie de virage pour faciliter la manoeuvre de son suivant.

Dans une face, c'est pareil, trop de moi, c'est pas bon, trop court, c'est pas bon. Il faut veiller à ce que le premier ravance, mais dès qu'il s'arrête, il faut faire de même, Le premier stoppe dans une zone neigeuse bien confortable, son second se retrouvera sans doute sur une zone de glace, quelques milimètres de crampons ancrés dans la glace, les piolets à peine enfoncés , les trémulations de ses mollets lui faisant espérer une séance chez le kiné aussi rapidement que possible ... Mais ça, le premier n'en a que faire, c'est lui qui dirige la cordée, confortablement installé dans une neige dure mais agréable, les talons appuyés sur une neige solide. Le second derrière s'épuise dans ses manoeuvres, courir autant que faire se peut dans la glace pour éviter toute tension de la corde puis s'arrêter dans des endroits malvenus.

C'est ça la galère du second de cordée. Et Ovidiu m'enjoint à marcher avec 2 mètres de corde, tenus en main.

Alors  je décide de m'executer au départ, puis , lorsqu'il est loin, je finis par décider que c'est plus simple avec la corde entre les jambes. Mais, le problème ,c'est que j'avance plus vite que lui, et c'est parfois 10 mètres qui pendouillent. Je m'arête, attend que sa majesté daigne progresser. et repart.

Gare au passage de broche, quand tu arrive à la broche anticipe, tu n'as que 30 secondes pour réaliser l'ensemble des opérations necessaire à son retrait. 1°) récupérer la dégaine, parfois dès cette première opération, la corde se tend et tu as du mal à la déclipser. 2°) plier la dégaine, j'adopte la technique d'Ovidiu, enfin j'essaie, mais avec des gros gant, pas toujours facile à raliser 3°) dévisser la broche, alors que ça fait déjà un moment que tu es sur les pointes avant et tes muscles tressaillent mais pas de joie !  4°) clipser la dégaine sur la broche (ou l'inverse) et 5°) ranger la broche sur ton porte matos, alors que la dégaine n'à qu'une envie, c'est de ne pas se fixer. Pendant toute l'opération la corde s'est tendue et tu prends des a coup, oui, ton premeir de cordée est impatient de progresser.

 

et on repart...

et on progresse

comme des petites fourmis sur cette grande face

Ovidiu dans la face Nord de l'Äbeni Flue (Jungfrau)Ovidiu dans la face Nord de l'Äbeni Flue (Jungfrau)
Ovidiu dans la face Nord de l'Äbeni Flue (Jungfrau)Ovidiu dans la face Nord de l'Äbeni Flue (Jungfrau)
Ovidiu dans la face Nord de l'Äbeni Flue (Jungfrau)Ovidiu dans la face Nord de l'Äbeni Flue (Jungfrau)

Ovidiu dans la face Nord de l'Äbeni Flue (Jungfrau)

Les relais s'enchainent, la glace est bien présente, on progresse généralement corde tendue avec deux broches entre nous.

Pour mémoire nous avons gravi les 2 premiers tiers de la face non encordé avant de tirer des longueurs dans la partie supérieure.

Je vois qu'Ovidiu part tout droit alors que la sortie par la gauche parait plus facile. Non, il souhaite sortir élégamment en sortant tout droit... Une sorte de directissime. c'est élégant, mais c'est plus raide, avec du mixte à la fin ( 60 65° sur le haut, sans doute) La glace est bien là, 100 m sous l'arête. Les piolets font partir des piles d'assiettes quand on les désancre. L'inconvénient, c'est quand on est second (encore un avantage du second) On se prend des morceaux de glace bien régulièrement. et quand les morceaux sont partis 60 mètres plus haut, ils arrivent à 200 km/h, c'est la mitraille sur le pauvre second . Qui n'a qu'à pleurer sous ses lunettes julbo spectron 4*....

Je progresse, il faut être bien concentré. chaque appui doit être assuré. Le retrait des broches est un moment clef, il ne faut pas trop tétaniser alors que les appuis sont courts. Je rejoins Ovidiu qui se retrouve juste sous le passage mixte final. Ovidiu repart, il veut passer par la gauche des rochers, je vois bien quà droite, ça semble plus facile. Il fini par m'écouter, il a déjà posé une broche bien à gauche. Il repat à droite, il pause ses piolets sur une petite bande de rochers, une grand pas et il fini par poser ses pieds sur la bande de rochers inférieurs. Dégageant la neige, j'en prends plein la g....  ça a l'air un peu coton, mais ça passe. Mon tour vient... Je progresse dans une glace bien dure vers la broche, enlevée puis je dois traveser à droite. j'ancre les piolets, un dessus, un dessous. Le pas est bien large après quelques hésitations, je finis par poser mon pied droit, et le charge. j'avance mes piolets, mon pied gauche le rejoint. je refais la même opération, c'est plus facile. Il faut ensuite remonter au dessus de la petite barre, j'ancre les piolets au mieux au dessus, et après un grand pas, je passe. Quelques mètres en glace, une nouvelle broche à enlever, la pente est moins raide. Une crevasse masquée, ça se couche. Je poursuis, seul, juste la longue corde devant moi. je finis par voir Ovidiu qui l'avale au loin, je le rejoins, on a sorti la face, parfait.

 

Apoutsiak dans la face Nord de l'ÄbeniFlue
Apoutsiak dans la face Nord de l'ÄbeniFlue
Apoutsiak dans la face Nord de l'ÄbeniFlue
Apoutsiak dans la face Nord de l'ÄbeniFlue

Apoutsiak dans la face Nord de l'ÄbeniFlue

Hésitation quant à la marche à suivre? Ski ou crampons pour les derniers mètres. J'opte pour les skis, Ovidiu m'imite. Au bout de 20 mètres il y a de la glace, m'obligeant à mettre les couteaux. ... On remonte les 60 m de déniv et voilà le sommet. Mon second äbeni Flue. Vue superbe sur les 4000 de l'Oberland et la belle face Nord de l'Aletschhorn.

La cordée est réconciliée (Y a t'il eu réellement altercation ou le récit est il romancé ?)

On remet les skis et on file vers le bas. La neige est revenue, elle se skie assez bien. De toute façon, assez vite, c'est plat. Mais ça passe sans trop pousser. Le décor est magnifique, on se sent touts petits. Sur le bas, on retrouve de grosses creavasses, à priori faciles à contourner. Oui, c'est facile tant qu'on ne tombe pas dedans, et on n'est pas tombés dedans. Voilà le refuge, on aperçoit  2 alpinistes. On les rejoint, on les salut. Et on se pause, il n'est pas tard, pour une fois on va pouvoir glandouiller en refuge !

 

La suite de l'aventure c'est le retour à Lauterbrunnen par la Petersgrat...

Sommet de l'Äbeniflue et descente sur la Hollandiahütte
Sommet de l'Äbeniflue et descente sur la HollandiahütteSommet de l'Äbeniflue et descente sur la HollandiahütteSommet de l'Äbeniflue et descente sur la Hollandiahütte
Sommet de l'Äbeniflue et descente sur la HollandiahütteSommet de l'Äbeniflue et descente sur la Hollandiahütte

Sommet de l'Äbeniflue et descente sur la Hollandiahütte

Voir les commentaires

Ski de randonnée : Tête Blanche 3710 m- Tête de Valpelline 3798 m - descente par le glacier de Ferpècle

Publié le par Apoutsiak

Tête Blanche, vue sur le Cervin et la dent d'Herens

Tête Blanche, vue sur le Cervin et la dent d'Herens

Tête de Valpelline : l'un des plus beau panorama des alpes !!!

 

Vidéo

Topo

Cabane de Bertol

Depuis Arolla rejoindre la cabane soit par le plan de Bertol soit par les dents de Bertol comme nous l'avons fait la veille

Sommet

Tête Blanche

Descendre les escaliers et les échelles de la cabane de Bertol

basculer sur le glacier du Mont Miné (pour info nous n'avons pas mis les peaux et avons utilisés les skis en position descente, je pense qu'on a gagné du temps) Passer sous les Dents de bertol et mettre les peaux au point le plus bas. 3200 m environ.

Remonter en direction du col des bouquetins et bifurquer dans la combe à gauche (Est) en direction du col de Tête Blanche. De là, rejoindre le sommet de Tête Blanche 3710 m.

Tête de Valpelline

Descendre au col de Tête Blanche puis au col de Valpelline (3554 m)

remettre les peaux et rejoindre facilement le sommet de la tête de Valpelline (les derniers mètres se font à pied !)

Descente

Rejoindre le col de Valpelline, et mettre les peaux pour rejoindre le col de Tête Blanche

Descente sur le glacier de Ferpècle d'abord en direction du col d'Herens puis au centre du glacier en évitant les zones de crevasses (notre topo indiquait de passer à l'est de Rota Mota (3232 m) ce que nous n'avons pas fait. Sur le bas , descendre en rive droite du glacier pour prendre une gorge au dessus du point 2057 m. Basculer en rive gauche du vallon, et gagner le barage et la route.

Ski de randonnée : Tête Blanche  3710 m- Tête de Valpelline  3798 m - descente par le glacier de Ferpècle

Récit

Toute ressemblance avec la réalité n'est que purement fortuite (ou presque) . Note de l'auteur...

La soirée

Avec la perte de mon téléphone, je suis arrivé un poil tard au refuge et dans les échelles, Yves m'accueille avec un oeil un brin goguenard. Nous remontons ensemble les escaliers avant de nous poser dans l'entrée. Un passage vers la gardienne, j'observe qu'Yves s'empresse pour m'accompagner... soit ! Nous avons un peu de temps et chacun se livre à la lecture (ou l'inverse). Le repas, excellent, j'observe que l'aide gardienne, Fanny ? est un peu débordé et je m'évertue a donner un coup de main pendant le service. A la fin du repas, je propose à Anne-Marie, la gardienne, de faire la vaisselle. Yves m'accompagne, tout heureux. Et tandis que Fanny se brule les mains dans une eau trop chaude, nous essuyons, verres, assiettes et couverts. notre tâche terminée, je vois qu'Yves fait une inspection des lieux, il découvre l'antre de la gardienne et ça a l'air de l'inspirer.

Un verre de Williamine plus tard, nous descendons au fond du sous marin, (oui ça ressemble un peu à un sous marin) par les escaliers méga raides, il ne faut pas s'en coller une, c'est le Crux de ces deux journées.

Le sommeil est difficile à trouver, je suis coincé entre Yves qui marmonne et un couple un peu trop amoureux... Minuit passe, je suis dans le vague mais toujours éveillé. Mon voisin de droite a quitté sa couche. Je vois sa loupiotte qui grimpe le vertical escalier. Une envie pressante sans doute.

3/4 d'heure plus tard, ne le voyant pas revenir, je m'inquiete, et je décide de mener l'enquête, à mon tour je gravis l'escalier et sors dans le froid glacial vers les toilettes. Le vent est là, je l'entends par accoup, wouïïnner (orthographe imprecise). bref ça wouïïne, mais au bout d'un moment, je me rends compte que ça n'est pas le vent... Je tourne la tête en direction du wouïnement, et là, que vois je par la fenêtre à l'intérieur...

 Yves et Anne-Marie dans une position que la morale réprouve ! Je peux juste ajouter qu'il en faut de la souplesse pour en arriver là. Je décide de laisser les tourtereaux à leur affaire.

Bien plus tard, je vois qu'Yves remonte sur la couche, et s'endort directement, ronflement régulier... Comme un bienheureux.

départ depuis la cabane de Bertol
départ depuis la cabane de Bertoldépart depuis la cabane de Bertol
départ depuis la cabane de Bertol

départ depuis la cabane de Bertol

Le lendemain matin, j'ai du mal à sortir mon acolyte du lit. Alors que les autres cordées font le bin'z depuis bien 20 minutes (allumant même la lumière), Yves dort. Il fini par m'entendre et s'execute. On décolle vers la cuisine, où je croise Anne Marie, la mèche en pétard, la nuit a été courte ! Quand elle croise le regard d'Yves, ben ça fait le même regard que moi  à la Mischhabelhütte sous la Lenzspitze. (Malheureusement pour vous, il fait lire le récit pour comprendre). On finit par déjeuner puis décoller. Enfin, quand je dis décoller, c'est pas tout à fait ça car il faut descendre les 50 m d'escaliers et d'échelles pour rejoindre le col de Bertol, battu par les vents.

Nous croisons une cordée qui part vers les Dents de Bertol, je les informe de la perte de mon téléphone et leur dit de joindre la gardienne s'ils le retrouvent.  Yves part devant. Sur ce glacier bien plat. On n'a pas mis les peaux et on pousse sur les bâtons comme des canards maladroits. Au bout d'un moment, je me rends compte qu'il pleut, en fait non, ce sont des larmes, les larmes d'Yves, 10 m devant moi qui viennent me percuter. je me retourne et je vois la gardienne, elle aussi en larme à sa fenêtre telle une princesse kidnapée par un méchant prince noire. La séparation est cruelle.

Je tiens à rappeler ici que j'ai quelques peu romancé es éléments précédents. Je comprends que j'ai perdu quelques lecteurs au passage, ceux qui ne souhaitaient que des faits. C'est dommage mais c'est comme ça.

Nous rejoignons un assez gros groupe sur la partie basse du glacier. Nous les dépassons en mettant les peaux. Et c'est reparti. Malgré le chagrin, Yves est en forme, il file devant, je vois bien qu'il veut rattraper toutes les cordées parties avant nous ! Le Vent est là, ballyant la neige, faisant des petits tourbillons. Je flâne en faisant quelques photos. Yves est déjà au cul des 3 devant. Je vois qu'il attend que je le rejoigne avant de dépasser. Je reviens tranquillement. Mais dès que je suis là, il entame le dépassement. Il faut bourriner dans la neige non tracée. Je me mets dans le rouge, on dépasse le groupe tout en les saluants. Rapidement ils sont loin derrière, et Yves file devant, sans pitié. Je regarde du coin de l'oeil la cordée progresser vers les dents de Bertol, deux ptits points dans cette immensité.

Le Cervin et la Dent d'Herens finissent par se dégager dans le ciel, fiers ! J'adore, j'adore ces sommets. On rejoint la Tête Blanche, nous n'aurons pas rattrapé la première cordée. Le vent a arasé le sommet et on trouve de la glace sur les derniers mètres. Panorama magique. bonne pause, mais il faut déjà repartir.

le Glacier du Mont Miné - en montant à Tête Blanchele Glacier du Mont Miné - en montant à Tête Blanche
le Glacier du Mont Miné - en montant à Tête Blanchele Glacier du Mont Miné - en montant à Tête Blanche
le Glacier du Mont Miné - en montant à Tête Blanchele Glacier du Mont Miné - en montant à Tête Blanchele Glacier du Mont Miné - en montant à Tête Blanche

le Glacier du Mont Miné - en montant à Tête Blanche

Quelques virages vers le col de Tête Blanche, une longue traversée sous le sommet, je suis la trace puis m'en fait une, à moi, et j'enfourne le ski gauche , bim bam, saut périlleux avant incontrôlé, me voilà la face dans la neige, glacée. J'ai le visage tout irrité. Je me dégage de la neige, penaud. je remets tant bien que mal mes skis, époussette mon materiel, et rejoins Yves au col de Valpelline. On remet les peaux. Je ne me souvenais pas que al pente était si peu raide, je suis venu ici il ya 20 ans avec Thibault, mon frère. La trace est impeccable, raide comme il faut, mais pas trop. Elle vient buter à gauche du sommet sur l'arête  pour profiter de la vue : INCROYABLE. La Dent d'Herens se dévoile avec ses glaciers suspendus qui semblent si proche. Elle est superbe, derrière, le fier Cervin dévoile son arête du Lion. J'adore cet endroit ! La trace remonte encore. et voilà le sommet. On pause les kis pour les derniers mètres avant de faire une pause photo et bouffe. Le saucisson est de sortie. J'observe la Dent d'Herens, gravie il y a 7 ans avec Anne et Thib, Thib un peu en méforme était resté vers 4000 m à nous attendre, il s'était construit un abri en pierre et avait bouffé tous les Bastognes, le chien ! Pendant que nous atteignons le sommet, dans le brouillard, il faudra y retourner !

 

Vue de Tête Blanche
Vue de Tête BlancheVue de Tête BlancheVue de Tête Blanche
Vue de Tête BlancheVue de Tête Blanche
Vue de Tête BlancheVue de Tête Blanche

Vue de Tête Blanche

On repart vers le bas, dans une poudreuse de rêve.

Yves devant, moi, à la Go pro, derrière, on ne se refait pas. Le col est vite là, on croise deux randonneurs en raquettes, toutes mes sincères condoléances !...

Repeautage, et remontée rapide au col de tête Blanche où on repart dans la descente. Alors là, c'est étonnant, il y a d'énormes bosses sans doute formées par le vent. La neige, dessus est correcte, mais les vagues sont parfois tellement grosses qu'elles en deviennent difficile à skier.

On fini par s'habituer, ça se skie, c'est déjà pas mal. Je surveille le paysage, je sais que sur le topo il faut passer à droite de Rota Mota, et toutes les traces prennent à gauche au centre du glacier. On décide, comme tout bon mouton de Panurge... de suivre les traces (il ya toute une étude à faire sur la prise de décision, c'est sûr !)

On bifurque à gauche entre les crevasses et les séracs, c'est magnifique et ça passe très bien. La Dent blanche se révèle, superbe ! La neige, elle est de moins en moins bonne. De plus en plus glacée sur le dessus. On en vient à se retrouver sur une bonne vieille croutasse inskiable ! Alors que visiblement, vu les traces, hier, c'était le paradis, aujourd'hui on ne peut plus skier et on s'en met plein les cuisses !

On rejoint un magnifique canyon, qui passe bien. La suite, ben c'est le peu de neige qui est tombé en début de semaine, sur le néant ! Bilan, on reste sur la trace et on tâche de ne pas toucher les perfides cailloux en dessous !

Bon, on touche un peu, même beaucoup, mais on progresse. C'est plat, le bas du vallon, alors on pousse sur les bâtons. Et on rejoint la route. On peut encore skier un peu , mais la fin est proche et on finit par mettre les skis sur le sac.

Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens
Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens

Tête de Valpelline - vue sur le Cervin et la Dent d'Herens

Une fois sur le sac, il faut marcher en espérant trouver une voiture pour faire la navette à Arolla. Une femme avec son bébé en poussette nous dépasse et nous largue en courant, j'ai profité du dépassement pour négocier de nous faire descendre en stop mais ça n'a pas marché.

Un peu plus tard, une camionette arrive, STOP. Ils nous prennent et nous descendent aux Haudères alors que ça n'était pas leur destination au départ, sympa ! Reste à remonter à Arolla ce qui devrait être plus facile. Une vieille voiture arrive, un papy de 92 ans m'emmène un peu plus haut, il veut juste regarder les combats de Reine depuis le haut , à la jumelle. Me voilà sur un bout de rotue, seul, j'ai laissé Yves aux Haudères, Une voiture passe, deux jeunes, le joint au bec me prennent. Ils vont grimper un blog juste sous la Gouille. Moment sympa de partage de bons plans, ils me déposent à la Gouille et une troisième voiture, deux habitants d'Arolla m'emmène jusqu'auparking, sous le regard amusé d'un chamois.

retour aux Haudères en deux temps trois mouvements pour récupérer Yves et rejoindre Martigny, puis la maison.

 

Un superbe week end sur deux beaux Belvédères. J'adore la tête de Valpelline, je reviendrai ! Yves aussi, mais pour d'autres raisons ;-)

 

 

 

Voir les commentaires

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Publié le par Apoutsiak

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Une magnifique goulotte

en condition, disons, ... , moyenne

Avec Jeff, mon Burgener

et une poudreuse de rêve pour l'approche à ski (en octobre !)

 

Vidéo

Oups, j’ai failli oublier le rappel que j’avais préparé sur le canapé de la maison, la voiture est pleine de matos avec les skis de rando, qui sont de sortie, une première pour moi un mois d’octobre…

Et zou, je file sur les routes de campagne en direction de Sallanche, et de son mythique Vieux Campeur. Je cherche des chaussures pour faire de la goulotte. Je vais direct au rayon, j’ai une bonne idée sur le modèle qui devrait me convenir, et là, c’est le drame, il n’y a pas ma pointure… J’essaie le 46… trop grand, j’essaie le 44… trop petit. J’essaie d’autres marques, mais ça ne va pas, je finis par inspecter l’arrière rayon du rayon, et là, les voilà, elles m’attendaient. Je les essaie parfaite. Il me semble que ce sont des chaussures d’occas, mais je n’en suis pas sûr, tant elles paraissent neuves !

C’est plié, je les embarque, je file au rayon pantalon (ben oui, à force de mettre des coups de crampons dans les bas de pantalon, il faut réinvestir de temps en temps, afin de ne pas grimper en loques… Et l’histoire se répète… je ne sais plus qui a dit ça, mais je place la citation : « L’histoire est un éternel commencement » Bon, c’était sans doute pour la grande histoire avec un grand H, mais ça fonctionne aussi avec la nano histoire avec un nano n !

Bref, je trouve le modèle qui me plait, mais pas la taille. Bon, je ne vais pas vous décrire les tailles que j’essaie, afin de vous cacher le petit bidon (de secours) que je porte, mais je ne trouve pas ma taille.

Je prends la référence du modèle pour la commander par internet puis je file au rayon bâton, ben oui, faut que je réinvestisse, vu qu’avec Yannick on a eu la bonne idée dans laisser deux sur les pentes du Lauteraarhorn… Bref, je me retrouve à côté du vendeur spécialise S bâton, avec un client qui visiblement, n’a jamais fait de ski de rando, et je l’entends faire l’apologie du bâton deux brins en ski de rando, tandis que je m’évertue à regarder tous les modèles trois brins. Bon, ça fait un peu khon, mais moi, les bâtons, j’aime bien quand ça ne dépasse pas trop du sac à dos (en plus quand il y a orage, ça attire la foudre quand ça dépasse trop)

Je passe à la caisse, me déleste de quelques euros (voir un peu plus) puis je grignote un morceau dans une cafeteria et retrouve Jeff sur le parking de l’Intermarché.

J’enfourne tout mon matos dans son coffre (et un peu plus) et on file vers le tunnel du Mont Blanc et le téléphérique de l’Hellbronner. On peaufine les sacs, et on part pour la benne, skis et chaussures en main ! La magnifique benne nous emmène en altitude. Le temps est mitigé. On prend l’ascenseur, puis le grand couloir, et nous voilà au refuge, pas trop fatigués !!!

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

On s’équipe en mode ski et on part pour tracer le départ de l’itinéraire de demain, objectif, ne pas se perdre dans les crevasses du glacier du Géant au milieu de la nuit.

Il fait froid, avec pa mal de nuages, mais la visibilité est bonne, et la neige, assez rapidement, devient parfaite. Incroyable en plein mois d’octobre. On se méfie des perfides crevasses, justes masquées par cette fine poudreuse. Les virages s’enchaînent, on a la patate, l’impression de ne pas mériter ses virages faciles. Arrivés en bas, on met les peaux, on s’encorde et on remonte en direction de l’Aiguille du Midi.

A 18 heures, on décide de faire demi-tour, on n’aura pas tracé jusqu’au pied de la goulotte, mais le gros est fait, le reste ne devrait pas poser de grosses difficultés, il y a moins de crevasses.

On dépeaute, on se fait quelques virages pour rejoindre la combe, on repeaute, se réencorde, et on remonte en traçant, vers l’Hellbroner et le refuge Torino. On arrive juste à 19 heures, l’heure du repas, et ce soir, c’est repas Népalais, délicieux, bien que la sauce fut plus épicé que ce à quoi j’ai l’habitude, j’ai eu la main un peu trop lourde…

On file au lit vers 20 h 30, avec le réveil à 4 h…

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

4 h, j’entends vaguement le réveil de Jeff, mauvaise nuit, j’ai mis longtemps a trouver le sommeil. Déjeuner en tête à tête, on est les seuls à se lever à 4 h, les autres cordées ont mis le réveil à 7 h. Installés dans le couloir, sur une table basse avec des fauteuils, situation originale. On englouti la bonne pitance avant de filer.

Dehors, un bon grand froid nous accueille, j’ai les poils du nez qui frisent. Il fait grand beau ! On remonte la petite pente devant le refuge avant d’enlever les peaux, pour une descente dans la poudreuse, à la frontale ! La neige n’a pas changée, elle est toujours aussi délicieuse qu’hier !

J’essaie de m’écarter des linges des crevasses, je n’aimerais pas aller en explorer le tréfond. Le ski est bon, mais court. Il faut déjà repeauter, pour remonter de l’autre côté.

Et on remonte, les douces pentes, puis un peu plus raide. Une courte pause, je passe un peu devant pour les derniers mètres, nous voilà au pied de la Goulotte, c’est raide, très raide !

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du TaculAlpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du TaculAlpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

On passe en mode alpi, je laisse on enlève les skis, on enlève les chaussures de skis et on met les chaussures d’alpi, les fameuses achetées la veille au vieux campeur. Je rerègle les crampons, qui ne me semblent pas assez serrés. 2 piolets, et c’est parti, Jeff se lance, quand les 60 mètres de corde sont déroulés, je fais de même. Il passe la rimaye, vient mon tour, fastoche, un pas à droite, un autre vers le haut, une simple formalité. La pente est comme j’aime, raide mais pas trop, 55°, ça ne va pas durer. Ben oui, on pénètre dans un couloir peu large, et plus raide. 65-70°, Jeff progresse vite, tandis que je suis au relai, Il fait méga froid, et c’est plus un glaçon qui assure plutôt qu’un homéotherme. J’essaie de bouger régulièrement les doigts de pied et ceux des mains, pour y maintenir la circulation…

Je rentre à mon tout dans le goulot, tout se passe bien, ça n’est pas hyper raide, mais ça passe. Je rejoins Jeff. Il faut avouer qu’on a un peu froid. Une longueur de neige s’en suit, fastoche, d’un coup, le soleil se lève et nous réchauffe. Le bonheur du goulottiste ! Le sang épais jusqu’alors, se fluidifie. On se croirait sur la plage de Copacabana un soir d’été, bref, on a chaud, on est bien, manque juste les brésiliennes en maillot et tout serait parfait !

Mais ici, à part le soleil, il n’y a personne, à part deux gus accrochés à une pauvre plaquette.

La longueur de neige est passée, nous voilà à un passage clef. Il faut faire une traversée en rocher sur la gauche.

Jeff, part, tout en dry tooling (pour les ignares, le dry tooling est l’art de grimper avec ses piolets, mais sans neige, et sans les mains ! Un piolet trouve une microprise à gauche, un croisement de mains, je surveille chacun de ses gestes afin de pouvoir les répéter quand viendra mon tour… Ça a l’air fin et je ne sais si je vais être à la hauteur. Je le vois hésiter, je le vois progresser, doucement mais surement. Il dans sur la paroi, mi neige mi rocher, il nettoie la poudreuse pour dégager les prises, une petite traversée, il est passé, et installe un relai un peu plus haut. C’est mon tour, je ne suis pas serein, je me libère du relai, descend de quelques mètres pour attaquer par une portion facile, j’y ai repéré de bonnes prises pour les pieds, pour les mains on verra bien. Je glisse un piolet derrière mon sac à dos, je remonte à présent tout en traversant. Je trouve de fines prises, tout se passe pour le mieux, c’est avec les mains que j’avance, le piolet est plutôt gênant, il ne me sert à rien ! Le Dry tooling ça sera pour une prochaine fois. Une petite traversée, je trouve de bonnes prises pour les pieds et je rejoins Jeff.

 

Il repart, il a deux choix, soit de partir dans la goulotte de gauche, soit de rester sur la neige à droite, et il file à droite. Progression rapide au début, dans une neige toujours aussi fine. Il ralentit. Je le vois gratonner la roche, oui en fait, la belle portion en neige, s’avère en fait, une belle dalle recouverte d’une fine pellicule de neige. Jeff progresse lentement, il est entre 25 et 30 m au-dessus de moi, et pas un point, entre nous, chute interdit. Je stresse, je regarde le relai, qui me parait bien frêle, une seule plaquette, la seconde a été abimée par une chute de pierre, et là-haut, Jeff qui lutte avec les éléments. J’imagine déjà le relai exploser en cas de chute, je calcule mentalement le facteur de chute… bien supérieur à toutes les normes permettant de tenir.

Jeff me lance « tu restes concentré ! », comme s’il y avait besoin de me le préciser, j’ai le cœur qui bat à fond, je vois ses piolets riper sur la roche, cherchant vainement une hypothétique prise. L fléchit, pour mettre son poids sur le bon appui. J’aspire à ce qu’il mette un point, mais je ne dis rien, je sais qu’il sait, qu’il sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Centimètre après centimètre, il grimpe, et pause une sangle sur un grand béquet, ouf, puis il poursuit à gauche, c’est plus facile, il est sorti. Je souffle, j’imagine que plus hait, il souffle aussi. C’est mon tour, je vais tenter le passage à gauche, ça ne peut pas être plus dur qu’à droite. Je rejoins la gorge, un peu de glace, mais qui cramponne bien, je passe un poil sur les rochers, il faut alors aller chercher le point à droite, je rejoins le relai. Quelle longueur !

Nous progressons ensuite sur un terrain plus facile, Jeff me fait passer devant pour rejoindre le pied d’une partie plus raide. La glace est pure, difficile à cramponner, je gravi une dizaine de mètres en glace, plante une broche (en trois coups, les deux premiers, je me suis retrouvé dans la roche et j’ai bien désaffuté la broche !) puis il faut aller chercher le relai, à droite, avec plein de neige sur les prises… invisibles. Je réussi à planter mon piolet gauche, je cherche alors une prise pour mon pied droit. Hésitation. Le pas est large. Je cherche une prise pour le piolet droit, rien, le rocher est fuyant. Non prisu. Je fais plusieurs tentatives, hésitant à basculer mon corps de la gauche vers la droite, de prises assurées, vers un inconnu. Je finis par réussir à poser le crampon droit, et bascule mon corps. Je suis passé. Je remonte la courte pente de neige pulvérulante et chope le relai. Jeff me rejoint.

 

le relai suivant est spectaculaire, la goulotte se redresse à 80° ! Jeff part, il est sûr de lui, brochant tous les 7-8 mètres. La longueur de 60 mètres est avalée, je ne le vois plus, le relai est bien loin. C’est mon tour. Je m’applique, la glace est bien dure, et je cherche à mettre mes ancrages dans ceux de Jeff. Viser la neige, éviter la glace, éviter la roche sous-jacente. Parfois le piolet fait dong, il rebondit sur la glace, sensation bizarre, désagréable.

Mais je progresse, c’est raide, mais on parvient à trouver des ancrages solides.

Je rejoins Jeff.

La longueur suivante, va nécessiter d’être fin, très fin. Il ya une fine pellicule de glace sur du rocher parfois apparent. Qui avait annoncé que ça n’était pas en condition.

Jeff part, je scrute chacun de ses mouvements. Il progresse lentement mais surement. Brochant régulièrement. Il danse sur la glace, m’envoyant au passage de grosses pavaces dans la tronche. C’est de la dance, mais ça reste quand même un bon grand sport de bourrin. Je passe mon temps à me recroqueviller afin d’éviter les multiples projectiles qu’il m’envoie. Après un long moment, il m’annonce qu’il est au relai. Je pars. « Il va falloir être fin » Voilà la phrase que je me répête dès le départ. J’essaie de trouver les ancrages de Jeff, la glace casse à chaque coup de piolet, j’aurais sans doute du affuter mes outils avant de me lancer dans cette grande aventure. Voilà la première sangle, puis la première broche, je tétanise les mollets, le temps de l’enlever. Grimper me fait du bien, ne pas rester sur place ce qui tétanise les muscles. Il faut rester concentré. Les ancrages ont peu profond, il faut trouver le bon emplacement pour placer chaque membre. 2ème broche, nouvelle tétanisation, enlever la dégaine, retirer la broche, remettre la dégaine, et la ranger sur le baudrier. L’opération n’est pas hyper longue, mais suffit à mon malheur. Je repars, visant les maigres traces laissées par Jeff. Et tout à coup, c’est le drame, mes lunettes deviennent intégralement remplies de buées. Je ne vois plus rien. En plein passage technique. Déjà que c’était compliqué avec deux yeux en bon état. Je me retrouve en semi nocturne. Je fais pars à Jeff de mon désarroi. Je plante mon piolet n’importe où, mais n’importe où, statistiquement, il ya de forte chance pour que ça n’ancre pas. Et ça n’ancre pas. Je finis par trouver un ancrage et progresser, mais c’est la galère. Dès que je me retrouve un peu stable, j’enlève mes lunettes et les glisse dans ma poche… Mieux, bien mieux. Je me remets à ancrer aux bons endroits. Jeff n’est plus très loin,

 

Je récupère une dernière dégaine, je me fais une petite traversée pleine de neige et le rejoins au relai.

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Il m’annonce, « on va redescendre » Il ne reste que 2 longueurs.  Une en traversée facile (enfin qui parait facile) puis une fine goulotte, qui de loin ne parait pas tellement en condition. De toute façon, ça me va, je suis content d’être monté jusque-là. La dernière longueur m’a usée, physiquement et mentalement, j’avoue que je suis content de redescendre.

On ne traine pas, en position rappel et c’est parti… c’est long, 9 rappels environ. Où l’on repasse par les endroits techniques gravis il y a peu. Les deux dernières goulottes à 80°, le passage àoù Jeff s’est retrouvé sur la roche, les pentes de neige, et la goulotte du bas. Petit coup de stress, on voit qu’une avalanche a balayé le bas du couloir, pourvu que l’on retrouve notre matos… J’avais fait le dépôt en amont de la base u couloir, bingo, elle est passée bien en dessous.

Dernier rappel, dans l’étroit couloir. En bout de corde, rien, pas de Jeff. Est-il descendu ou l’ai-je dépassé en descendant trop vite. J’opte pour la première hypothèse. Je me vache au bout de la corde a rappelé et je descends. En bas de la goulotte, je vois que Jeff est déjà aux skis. Je redescends la pente à 55°, je passe la rimaye facile puis rejoins facilement les skis.

 

On quitte les chaussures d’alpi pour les chaussures de ski, et on file dans la vallée blanche. A la poursuite du soleil qui ne se laisse pas facilement approcher. On finit par filer jusqu’au lieu du peautage, dans une neige correcte ! Et on voit que c’est jouable de choper la benne, donc on ne fait qu’une petite pause, et c’est à fond pour remonter vers Torino.

Je pars devant, Jeff dans mes skis, les sacs bien lourds. Il faut arquer si on veut avoir la benne. J’ai beau arquer, je me rends compte qu’il va nous manquer 10 minutes un quart d’heure.

Il fait super beau, on aurait pu faire de superbes photos dans ce soleil d’automne… Mais non, on est à fond et on file. A droite, deux alpinistes de retour de course.

On arrive au replat, sous le téléphérique, je vois les agents qui appellent leurs clients. On s’organise, quand on arrive au refuge, Jeff file payer, tandis que je bondirais dans le couloir afin de demander à ce qu’ils nous attendent. On ira alors chercher le matos laissé au refuge. Jeff m’a passé, il arrive au refuge. Quand je le rejoins, il m’annonce que la porte est fermée… la loose. 16 h 20, c’est tôt ! On a 10 minutes de retard.

Direction le bar, pour une pause coca. Avant une petite sieste et un bon repas fort sympathique avec un guide du Mercantour.

Le lendemain, réveil à 7 h 30, il fait déguelasse, comme annoncé par la météo. Quand on sort du refuge, c’est la tempête de neige. Plein vent, pleine neige. Et si la benne ne tournait pas…

On déjeune tranquillement puis on range le matos. A 8 h 30, on se présente à la porte, elle est fermée. Ça sent la loose. On revient au refuge et on annonce aux autres cordées le problème. Tout le monde est dans l’attente, personne n’a envie de rester la perché dans le brouillard, que le mauvais temps cesse. Une autre cordée tente sa chance. C’est ouvert. On file dans le couloir, puis l’ascenseur rejoindre la benne. Qui nous ramène au plancher des vaches, où il pleut ! Forcement !

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Voir les commentaires

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m Mon 82ème 4000 !

Publié le par Apoutsiak

Bon, ben voilà, j'ai gravi mon 82ème 4000

Mon Graal !!! à chacun le sien.

Une magnifique course en compagnie d'Anne, on a monté le champagne au sommet, et on en a bu... un peu !

 

Vidéo :

 

 

Topo

 

Rothornhütte

De la gare de Zermatt 1605 m

Prendre la Grande rue puis la deuxième rue à droite, remonter le sentier qui mène sur le talus et le sentier et le prendre à gauche. Le sentier rejoint Bodmen (le torrent) puis le traverse avant de remonter le long de sa rive droite pour rejoindre Stellistein: l'hotel de l'Edelweiss 2058 m.

De là le sentier mène à la cabane de Trift - 2337 m il se poursuit vers Vieliboden, attention à ne pas le perdre dans le delta du torrent vers 2600 m. Rejoindre la moraine sous la Rothornhütte et le sentier grimpe jusqu'à la cabane 3198 m

 

Zinalrothorn 4221 m

Partir au Nord de la cabane d'été et rejoindr epar des sentes et des blocs le Rothorngletscher. Remonter sous la barre rocheuse jusqu'à un couloir  qui descend de la barre vers 3400 m (couloir en III + 20 m) Tirer à gauche pour rejoindre une arête secondaire que l'on grimpe, pus traverser une pente de neige et gagner l'arête qui part du point 3761 m CNS.

Rejoindre la belle arête de neige

Que l'on suit sur l'arête.

Gagner le couloir qui descend du Gabel que l'on remonte soit en son centre soit en rive droite.

Du Gabel, remonter l'arête du Zinal sur une 20aine de mètres avant de basculer versant Mountet. Traverser deux dalles en traversée un peu technique.

 

On rejoint le bas des Binner plate : sur une 30 aine de mètres, soit par la dale, soit par la glace à gauche.

De là reprendre l'arête, contourner le gendarme par la droite, une corde est en place pour un pas technique.  de là rejoindre facilement le sommet 4221 m

Récit

Chamonix, Dimanche soir, j'ai rendez vous au gîte la Montagne, après une journée de trail entre Champex et Vallorcine. Au départ le programme est le suivant : dormir à Cham, monter tranquillement au refuge de main pour se rendre au sommet mardi ...

 

Je retrouve Anne au gîte la montagne
Elle est assise sur le banc juste devant l'un des moteurs du Malabar Princess (écrasé sur les pentes du Mont Blanc dans les années 50)
Elle n'a pas réservé le gîte.
Elle me dit qu'elle pense que la météo est meilleur demain et qu'on devrait aller faire le Zinalrothorn demain en se levant méga tôt.
Moi qui souhaitait prendre une douche, me voilà servi !
Moi qui espérait me faire la montée au zinalrothorn en mode cool...

J'hésite,
peu
et on décide de repartir en direction de Zermatt, on dormira dans la voiture (en plus on connait des emplacements de bivouac du fait de nos expéditions antérieures)

Et c'est reparti pour le col des Montets, de la Forclaz, Martigny, la vallée du Rhone et la remontée vers Tasch, forcement, quand on arrive, il fait nuit. On se trouve un emplacement de "bivouac" dans une gravière à Randa.

On se fait un frugal repas tout en faisant nos sacs et préparant notre nuit.
Je dormirai dans la voiture tandis qu'Anne dormira à la belle étoile abritée du bruit de la cascade.

On vérifie les horaires des trains et on se rend compte que ô horreur, il n'y en a pas entre 2 et 5 heures !!! (alors que certains jours il y en a !)

On se couche à 21 h 55, le réveil à minuit 15
La nuit va être courte...

elle sera bercée par le doux grincement des freins des trains
les grosses motos
les délicats battements des hélices des hélicoptères

Je finis par dormir
peu
le réveil me fait sursauter, j'ai du mal à réveiller Anne, pourtant, le compte à rebours est lancé, il ne faut pas rater le train de 1 h 00 !

On s'habille, on enfourne l'ensemble du matos dans la voiture (en vrac) et on file vers tasch. On se gare dans le mega parking (méga cher aussi) et on file pour attendre le train. Un passage par les toilettes pour se débarbouiller. Anne se rend compte ,que la nuit, ça n'est pas un train mais un taxi qui part pour Zermatt, après un petit temps de stress, un minibus déboule. et à 00 h 59, nous voilà partis pour la seconde capitale de l'alpinisme (après Cham'), en 10 minutes, nous y sommes, il faut dire que le chauffeur avait un peu le pied coincé sur l'accélérateur !  Quelques fêtards discrets sont là. Nous ajustons notre sac à dos avant de partir dans les ruelles de la ville, il est 1 h 10 !

Enfin, la journée va démarrer !

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

Nous voilà donc à Zermatt, 1 h 10 du matin, on peaufine les sacs et on part dans la ville.
J'ai bien fait de repérer le départ sur la carte dans la semaine, car ce n'est pas évident. On louvoie dans les ruelles pour trouver une sente, puis un panneau : Rothornhütte 4 h 50. Moi qui espérait mettre moins de 3 heures pour monter au refuge... C'est cuit !

On progresse sur le sentier et on tombe sur des chevreuils, enfin plutôt des yeux de chevreuils, enfin on pense que c'était des chevreuils. Bon, on les voit, on les revoit au lacet au dessus. On avance dans la forêt profonde et la nuit d'encre, le halo de la frontale éclaire les quelques mètres devant moi. La journée va être longue, très longue, on n'est qu'à 1600 m et le sommet culmine à plus de 4200 m, dans quel état vais je arriver là haut...

Les lacets s'enchaînent et, on rejoint une jolie gorge, puis un nouveau sentier à la pente raide et régulière, nous nous retrouvons face au chalet Edelweiss, il porte bien son nom : on y cultive des Edelweiss !!!

On poursuit au dessus, le sentier monte puis descend à plusieurs reprises, toujours un peu décevant et déprimant. Avant d'attaquer de nouveau une belle montée . Je dormiotte tout en marchant. Régulièrement Anne me réveille en me parlant, assez désagréable, je la laisse discourir tout en ponctuant certaines phrases par un "hum" afin qu'elle sente que je suis attentif alors que le cerveau est en mode "off".
Elle parle triathlon, sa nouvelle passion, pour laquelle elle est intarissable (et douée !)

Une battisse apparait au loin, c'est a cabane de Trift : l'ancienne cabane d'où partaient les ascensionnistes, elle est située beaucoup plus bas que la nouveau refuge. On opère une petite pause, la nuit est étoilée, parfait !

On repart vers le haut, le sentier se perd un peu dans un delta sur un replat. On cherchouille 2 minutes avant de retomber dessus. Anne est déjà passée plusieurs fois par là, ça aide. Puis on attaque la méga longue moraine, moi devant, Anne derrière, on croise des bouquetins le long du chemin.
Qu'il est loin ce refuge, on ne le voit jamais. Le jour point, mais légèrement. Je lance des grands coups de frontale à 1200 lumens pour essayer de le trouver, ça me donnera le moral. Mais rien.
Un dernier virage, le voilà, il est fermé, le refuge d'hiver est derrière, 3200 m. J'éblouis un occupant (toujours à 1200 lumens) qui regardait à la fenêtre, on pensait être tous seuls... Il est 5 heures. On a mis 4 heures pour monter.

on rentre dans le vieux refuge, on se pause dans la petite cuisine attenante au dortoir et sans porte. On grignotte et on met le réveils sur 7 h 00, ça nous laisse 1 h 40 pour dormir !!!
Je suis déjà bien entamé.

La deuxième nuit de cette nuit va également être courte....

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

7 h 20
le réveil sonne
il fait jour
Je me lève tranquillement et réveille Anne
on déjeune, tout en discutant (on chuchotait) ce qui réveille les randonneurs hollandais qui nous le font savoir...
Dehors, c'est le grand beau

On refait les sacs en laissant au refuge tout le superflu... sauf la bouteille de champagne qu'il va falloir transbahuter jusqu'au sommet !
Toute trace de fatigue a disparu pour le moment, pour le moment seulement, à quand le coup de bambou...

On part, je suis devant, hyper motivé. Anne me suit. Il fait beau, mais froid, mais beau.
On cramponne, sur le bas du glacier.
On le remonte, je file devant, Anne est encore un peu dans le gaz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le premier glacier (trop facile)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant le Cervin

 

J'ai tellement étudié le topo, que j'identifie tout de suite le passage "escalade", de toute façon il y a plein de traces de descente. On reste décordés et on attaque le couloir en III +, un joli couloir, sur une 20aine de mètres. Au dessus c'est plus plat, et ça permet de gagner le deuxième névé.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

on quitte le glacier pour un couloir en III+

 

 

 

 


Sur les petites arêtes...



Il y a une trace ce qui rend tout plus facile... On accède à une première arête, que l'on quitte pour en rejoindre une seconde, c'est plus raide. Anne lutte contre un bel onglet. On arrive alors à une antécîme où l'on opère une pause...
 

 

Cervin, Obergablehorn et dent Blanche

 

 

 

Face Nord de l'Obergablehorn (gravie l'année dernière...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au pied du couloir qui mène au Gabel (le sommet est à droite au dessus)

 

 

 

 

 

 

 

 

La vue est magnifique. Une petite 30aine de 4000 nous entoure... Je les ai tous gravis Les difficultés dont devant nous. Une petite arête bien fine, en neige, mais bien facile, puis on rejoint le couloir en neige.
Finalement on grimpe le couloir en neige sur une bonne partie avec quelques passages de grimpe en rive droite. On rejoint alors le Gabel, le col sur l'arête finale.

 

 

 

 

 

 

Au Gabel

 

 

 

 

 

 

Les difficultés se corsent, ça devient raide, ça devient technique. D'abord escalade facile puis deux dales en traversée ascendante... Concentration maximale, mais ça passe. S'en suit la Binner plate, une dale d'une 30 aine de mètres. On passe par la glace à gauche, glace bien dure, où Anne peste, elle a pris le piolet light, et le piolet light dans la glace dure, ça ne fait pas bon ménage, c'est souvent la glace qui gagne, elle repousse le piolet !!!
Bon, Anne est têtue et technique, elle finit par remporter la partie et grimpe à présent sur le rocher bien prisu pour rejoindre l'arête.

De là, il faut contourner l'antécîme par un passage bien aérien avant une escalade avec corde fixe bien engagée
Le sommet est à 5 minutes, on redescend puis on remonte des pentes faciles , pour atteindre le sommet

Youpi !!!

Je sors la bouteille de champagne, mais je reste surpris à la première lampée, il n'y a que de la mousse ! Je partage avec Anne ce moment !
Il fait bien froid avec le vent.
On est heureux !

 

 

 

Sommet

 



On passe une 20aine de minutes au sommet, il faut déjà penser à redescendre, à se reconcentrer. La course est encore longue

On entame la descente

Enivré par la beauté du sommet, mais pas que...

Bon, pour être honnête on n'a pas tellement bu au sommet, on a même fini par reboucher la bouteille pour la torcher au refuge...

En fait, tu viens d'accomplir un "exploit" en atteignant ce sommet, mais au premier mètre de descente, tu oublies complètement cet "exploit" , tu redeviens le simple petit alpiniste qui doit redescendre de cette immense montagne en un seul morceau...

 


 

 

 

 

Deuxième rappel, au dessus du Gabel

Bref on repart, on repasse le passage expo de l'antécîme, puis on fait un rappel sur Binnerplate pour assurer le coup. Un peu de désescalade technique puis de nouveau un rappel et on est au Gabel, en plein vent "frrrrrriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzzzzzzzzzzzzz"
Et on repart dans le couloir pour 4 ou rappels.

 

 

 

 

Dans les rappels du couloir


Tout se passe bien , on sait qu'au pied, après la traversée, le gros des difficultés sera derrière nous.

On fait la traversée puis on se fait la jolie arête de neige pour opérer une pause. On souffle.
 

 

 

 

L'arête de neige

 

L'arête de neige (esthétique)

On reprend la descente, efficace, on n'est toujours pas fatigués alors qu'on a démarré à 1 h du mat et qu'il est près de 17 h... Quelques nuages ont fait leur apparition, l’éclairage d'automne est parfait Quand on arrive dans al zone maudite.

Bon la zone maudite, c'est la zone où, quand tu pauses le pied, tu ne sais pas ce qui va se passer, va t'il tenir en surface ? s'enfoncer ? Venir ce coincer en profondeur sous un rocher (ben oui, avec les pointes de crampons ça fait ça..., te tordre une cheville... ?

Bref, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous entrons dans cette zone. Anne peste derrière, je garde le sourire, je sais que chaque pas nous rapproche du refuge.
Je me gaufre une première fois en avant, je me suis coincé le crampons sous une pierre.

Anne tombe également.
On est fatigués et ce dernier obstacle nous use.

Je tombe une seconde fois, pas de Simon de Sirène pour m'aide à me relever. Dommage, Il n'y a même pas Marie Magdeleine pour m'essuyer le visage...

Je tombe une troisième fois, mais en tombant, mon tibia vient heurter la traitresse pierre. Je jouis ! Puré de douleur. Anne s’inquiète, mais pas trop. Ce calvaire va t'il se terminer ? Bon, logiquement je devrai à présent atteindre facilement mon Golgotha, même si on est dans le sens de la descente... J'aurais bu le calice jusqu'à la lie !
cette troisième chute a eu lieu pile en face d'une harde de bouquetins. Pas classe. Ça les a laissés de marbre... Je me suis même fendu d'un "Je suis moins doué que vous !"

 

 

 

Il se fout de ma gueule là, non ?

 

 

 

On repart entre les bouquetins, on traverse, Anne doute de mon sens de l'itinéraire mais ce qu'elle ignore... C'est qu il y a des traces !!! Un peu de désescalade facile, quand, derrière moi, c'est le drame, Anne a chu et elle hurle.
Je la sécurise et tente de la calmée, elle a tellement hurlé que j'ai pensé qu'elle s'était fait une fracture ou une luxation... Elle a juste fait la bonne vieille technique du coinçage de crampons tombage sur le tibia, bon, il manque visiblement un peu de chaire, mais plus de peur que de mal, quoi que sa douleur a l'air pas mal...

Je la laisse récupérer, quand on repart, on se rend compte qu'il ne restait que 10 mètres à faire avant de sortir des difficultés, dommage ! On installe le dernier rappel (bon, après coup, on sait que c'est le dernier rappel, mais quand on la posé, on se demandait s'il n'en faudrait pas deux)
Et hop, Anne est en bas.
C'est mon tour.
Plus qu'à dévalé le gentil glacier en pente douce, fastoche.
Anne semble un peu fatiguée.
Perso, j'ai encore de l'énergie à revendre..
On enlève les crampons pour une dernière partie de saute caillou de blocs en blocs avant de retrouver le refuge.
Où une cordée Suisse Allemande nous accueille.
18 h !

Retour au refuge

Une Suisse allemande nous y accueille "Tschuss"
"Bonjour"
Bon, elle parle très mal le Français, et, il faut dire que même sans 17 heures de course, je parle, à la base, très mal l'Allemand, malgré 11 ans d'études...
Elle parle peu l'Anglais
Bref, la conversation est assez complexe à suivre, on parle avec les mains, les pieds... au départ, c'est assez simple, vu qu'elle prévoit de faire la course le lendemain, elle souhaite savoir qu'elle est la bonne longueur de corde et quel matos emmener...

Anne part chercher de la neige
Je m'occupe d'allumer le gaz (facile)

Le collègue d'Heidi arrive lui aussi, il parle également peu le Français.
Par contre, il parle fort !

Je leur offre un verre de Champagne, pas sur qu'ils en aient compris la raison.

On se retrouve à 4 dans la petite cuisine.
Les suisse parlent fort.
On mange. Enfin, je n'ai pas très faim.

On file se coucher vers 8 heures
Boules quies...
pas suffisant, j'entends les Suisses comme s'ils me braillaient dans les oreilles
Après de longues minutes de réflexion je me lance :

"Ein Bischen ruhe bitte, wir möchten schlaffen"

Même Anne a été sciée de l'excellence de mon allemand (faut dire que j'ai eu le temps de préparer ma phrase)
Bilan, ils arrêtent complètement de parler et je peux dormir.

Vers minuit, une soif me prend... Je décide de me lever pour boire, mais les suisses ont tout bu ! Il n'y a plus d'eau, Ils n'ont rien laissé dans la gamelle de NOTRE neige... Pas cool, je trouve 3 ml dans un fond de gourde et me recouche, un peu vert, la gorge sèche.

7 h, le lendemain, j'ouvre un œil, et me rends compte que les Suisse ne sont pas partis. Quand je mets le nez dehors, je comprends pourquoi : il a neigé !

Puré, heureusement qu'on a fait la course a la journée, sinon ç'aurait été le but.

On envoie le suisse en quête de neige, lui expliquant que c'est "behind the roof of the new refuge", il revient au bout de 10 minutes n'ayant rien trouvé. Anne me dit : il n'est vraiment pas doué
Je m'y colle, et derrière le toit du refuge, il y a bien plein de neige. J'en ramène une grosse gamelle
On peut enfin déjeuner, faire nos sacs et partir....

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !
Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

On quitte le refuge et nos deux Suisses
pour attaquer une longue descente.

Un peu de neige a été judicieusement étalée sur le sentier.
On descend
D'abord, sur la moraine, tout en parlant triathlon.
Puis sur le delta d'un torrent (tout en parlant triathlon).
puis sur le long sentier qui nous ramène à la cabane de Trift, tout en parlant triathlon... (Anne est incorrigible)

Le ciel gris est devenu bas, un crachin du Nord s'est mis à tombé, on a hésité, et à la cabane de Trift, on sort les Goretex pour éviter d'être rincés...

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

La descente se poursuit, dans la bonne humeur

Je sais que la question qu'on va me pauser est "que va tu faire après"
Et j'envisage toutes les possibilités
Arrêter la montagne : hors de question, même si Sandrine aimerait bien... Par contre je vais peut être lever un peu le pied...
De toute façon, j'ai toujours des projets en tête :

  • L'ascension du Bietschorn, une magnifique pyramide aux belles arêtes, ou l'Eiger, par la face Ouest ou l'arête Mittelegi
  • Gravir les sommets de 3900 m, le plus dur sera de trouver des partenaires pour ces objectifs qui n'attirent en général personne... (j'ai déjà une petite liste)
  • Conquérir les sommets des pays d'Europe, l'occasion de faire des voyages (sachant que les plus durs sont déjà conquis )
  • Ou partir en expe : Kilimandjaro, Aconcagua, ou peut être plutôt des sommets plus techniques en amérique du Sud...


Bon ben j'ai des idées.

Le rêve ultime: gravir la face nord de l'Eiger, mais je n'ai pas le niveau ...

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

On pénètre dans le brouillard, on se retrouve à l'hôtel Edelweiss.On fait 3 photos des Edelweiss et on file
La descente est rapide, voilà déjà Zermatt, on passe par le centre ville avant de rejoindre la gare.

Le train est là qui nous attend.
Je pensais qu'atteindre mon Grahal, me changerait, hors j'ai l'impression que rien n'est changé
je peux juste me présenter : "Bonjour, Guillaume L, 82 4000 " Truc que la plupart des gens ne comprennent pas ....

Je ne repartirai pas à Cham' dans la foulée, j'avais prévu une jolie traversée Vallorcine Servoz via le Buet en mode trail, mais je suis sevré. D'abord, je n'avais pas les jambes et je suis pressé de rentrer partager ma joie avec Sandrine.
On se change dans le moderne et hideux parking de Tasch et on file vers la franche Comté

 

 

 

Encore un grand merci à Anne pour cette jolie balade (et pour tous les autres 4000 gravis)

Voir les commentaires

Alpinisme : Schreckhorn 4078 m - Lauteraarhorn 4042 m

Publié le par Apoutsiak

Le sommet de la peur

et le sommet du néant

Une course dantesque où il a fallu gravir les deux sommets, en repassant par le bas !

Vidéo

Topo

Schreckhornhütte

Grindelwald

Prendre le téléphérique de Pfingstegg 1392 m.

remonter le sentier qui permet de rejoindre Bäregg 1772 m.

De là, ça redescend le sentier qui surplombe l'under Ischmeer.

La suite est en Via Ferrata facile et permet de rejoindre le refuge.

Schreckhorn

Du refuge redescendre le sentier et rejoindre le glacier

Le remonter et repérer le départ du sentier qui mène à Gaag (l'idéal est d'avoir repéré la veille parce que de nuit, on n'a rien vu !)

Remonter jusqu'à Gaag(pour info, il y a une sente. 3200 m

Longer la base de l'arête entre le Schreckhorn et le Lauteraarhorn. Retrouver la base d'un couloir qui provient de l'arête Ouest du Schreckhorn. Remonter son bord Est, le traverser et remonter l'éperon ouest de ce couloir. rejoindre l'arête Est et la remonter au mieux jusqu'au sommet.

L'escalade se fait dans du rocher solide.

descente en rappel au départ puis en désescalade.

Lauteraarhorn

Depuis Gaag, partir vers le col Strahlegpass (332 m) et descendre ce col versant Est désescalade et rappels.

Descnedre au pied du couloir qui vient de l'arête du Lauteraarhorn (3000 m environ)

Remonter soir par le couloir soit par les rochers à gauche. On remonte d'un couloir à l'autre. tout en ascendance à gauche jusqu'à l'arête (point 3915 m)

remonter l'arête jusqu'au sommet soit par l'arête (bon rocher) soit versant Nord

Descente par le même itinéraire.

la remonter au Strahleggpass demande pas mal d'énergie...

descente de Gaag vers le refuge par le même itinéraire.

réaliser l'ensemble des 2 sommets : 24 km - 3600 m de dénivelé positif

On a mis 21 h

Alpinisme : Schreckhorn 4078 m  - Lauteraarhorn 4042 m

Récit

Yannick est tout le temps en retard, et aujourd'hui, il ne déroge pas à cette règle, on avait rendez vous à 9 h 30, puis 10 h , on part de Cham à 11 h pour rejoindre Grindelwald. On se gare sur le parking, on pique nique et on prend nos billets de téléphérique, il est déjà 15 h00.

Au milieu des touristes Jordaniens, on fait un peu tache, mais perso c'est pas mal de prendre le téléphérique ambiance palais des milles et une nuit. Les princesses sont superbes... Et c'est parti pour une montée au refuge qui est annoncée longue (plus de 4 h) on va être en retard pour le repas.

On discutte pendant la première partie de la montée. Yannick me raconte ses histoires de cœur. Sa vie, c'est Santa Barbara, en plus intense !!! Je n'en raconterai pas plus, mais ça vaudrait le coup d'écrire un roman (à succès sans aucun doute), je ne sais plus très bien si j'ai le rôle de confident ou de conseillé conjugal, faut peut être que je pense à me recycler. Et étonnamment la montée passe vite, malgré les montées descentes qui se succèdent et nous dépriment !

Je fais quelques pauses et Yannick part devant.

Le beau temps du départ a laissé la place aux nuages, et à une bonne averse ! Le paysage reste splendide, les 4000 de l'Oberland, cachés par les nuages nous laissent admirer le bas de leurs glaciers. Grandiose !

Un long passage en Via ferrata, il faut traverser quelques torrents, vu que la journée est avancée et qu'il a fait chaud, les traversées sont délicates et je finis par prendre une vague, dans la chaussure : pied gauche trempé !

Je poursuis, surveillant l'heure... 18 h passe, au loin, Yannick galope au refuge.

Je finis par l'atteindre à 18 h 34, juste l'heure du repas, pile poil, on aura mis 3 h et 1/4 seulement pour monter !

Je rentre dans le refuge avec mon légendaire sourire et là, je vois le masque sur celui de Yannick. Il vient de rencontrer le gardien, qui lui a fait un accueil peu accueillant !!!

"Qu'est ce que vous faites là ?" lui a t'il demandé en suisse Allemand, et Yannick lui explique que nous avons réservé et que nous souhaitons nous restaurer et dormir.

La réponse a fusé en Suisse Allemand elle aussi, mais vu le ton, ça devait pas être hyper sympa.

A oui, il y a une règle a toujours respecter en refuge : Ne jamais se mettre à dos le gardien, et la seconde règle capital : ne pas le contrarier pour ne pas se le mettre à dos.

Vu que j'ai loupé le premier épisode, je fais le dos rond, en attendant la suite. je m'assois face à Yannick, le gardien, une sorte d'énorme ours mal léché s'approche de moi, me toise d'un regard dédaigneux et s'en retourne. J'ai juste l'impression d'être face à un ogre qui va me dévorer. Heureusement la femme de l'ogre, comme dans le petit poucet, elle est sympa et nous apporte une sorte de thé d'accueil (sans doute pour compenser celui fait par son mari...)

Ce soir, je dévore, on est avec un guide Tessinois, Nikita et son client Jurgen, repas très agréable à échanger. Nikita est arrivé sur mes talons et a eu droit à l'accueil local !

On rigole sous cape à chaque fois qu'on voit l'ogre arrivé, et on s'explique à présent le nom de la montagne : Schreckhorn : sommet de la frayeur, C'est le gardien qui a donné son nom à celle ci , plus de doute !

Le repas terminé, il faut aller négocié l'heure du lever. La règle, c'est 2 h au plus tôt , c'est écrit en gros sur les murs du refuge, mais vu qu'on veut faire la traversée Schreckhorn Lauteraarhorn, on souhaiterais se lever à 1 h. Le gardien se braque, Yannick insiste, Nikita lui aussi, on fini par obtenir un petit déj' à 1 h 30, mais c'est lui qui nous réveille !!! La négociation a été houleuse, je suis étonné qu'il ai cédé ! A priori, la traversée n'a pas été faite cette année, nous sommes les premières cordées à la tenter !

Au lit, une grosse journée nous attend (et une petite nuit).

Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur
Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur
Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur
Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur
Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur

Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur

1 h 15... La douce voit de l'Ogre nous réveille, j'ai cru que c'était pour nous dévorer. Je m'habille, arrivé en bas Yannick m'annonce qu'il vient de se faire engueuler, nous n'avons pas dormi au bon endroit dans le dortoir... Encore eut il fallut qu'on nous indique les lits ... On déjeune d'un excellent fromage blanc aux fruits dont seul la femme de l'ogre a le secret.

Et c'est parti, nous sommes la troisième cordée. Cette course commence par une bonne descente pour rejoindre le glacier sur un sentier pas mal marqué. Le halo des frontales éclaire le chemin, une cordée tous les 100 m. Sur le glacier, hésitation, chacun sait que le pasage pour passer la barre rocheuse et remonter est difficile à trouver de nuit. 2 GPS en route, le mien refuse de trouver son emplacement, celui d'un Suisse le fait, on se retrouve tous dans une pente de neige raide. finalement on prend des vires pour se faire doucher par une grosse cascade, à 2 h du mat !!!

On poursuit dans les vires et la pente s’aplanit, on remonte à présent des éboulis raides. Avant de trouver une sente, lieu de regroupement des 3 cordées. On repart vers le haut, au loin, à gauche un guide suisse a choisi la voie directe et exposée qui monte directement du refuge. Il va nous mettre une heure. Je sens que Yannick regrette de ne pas être monté par là !

On arrive à Gaag pour une pause générale équipement et restauration avant de repartir sur le glacier. On galope tous, on papote un peu, il fait encore nuit. La traversée sous l'arête passe vite et on se retrouve tous à la rimaye, j'ai cru qu'il y avait une réunion tupperware !

La rimaye passe facilement, puis la courte escalade au dessus, on traverse le couloir et nous voilà sur l'éperon. on enlève les crampons et on part vers le haut, le soleil est là, le rocher excellent et pas trop dur. Je profite, et je garde des forces pour l'arête. on arrive sur l'épaule, et poursuivons vers le haut. e vent fait son apparition, il était annoncé fort, il est là. Les nuages sont là aussi, petit à petit l'ambiance change, on passe de l'été à l'hiver. Les passages d'escalade un peu plus technique mais toujours agréable. Je suis à ma place. Nous sommes la 3ème cordée, les deux jeunes en dessous ont du faire demi tour. Au dessus, les autres sont dans les nuages. Voilà la neige, la pente s'adoucit, un petite antécîme et voilà le sommet. Et de 79 ! Chacun félicite les autres et je regarde la suite, qui est dans un brouillard complet. Il y a énormément de neige sur l'arête et le rocher est verglacé (sur le haut de notre versant il l'était déjà)

Je vois Yannick faire quelques mètres vers l'arête et réfléchir.

Nikita a déjà annoncé qu'il redescendait avec son client.

Yannick se retourne et le verdict tombe, on redescend. Il me propose d'enchainer avec le Lauteraarhorn par le bas.

On finis par se dire qu'on verra bien quand on sera en bas.

Et on pars dans le brouillard pour atteindre les rappels.

Brouillard, vent, la corde vole.

Dans les rappels, le piolet de Yannick vole, je pensais l'avoir bien fixé sur son sac, mais de la neige a du bloquer le clip de fermeture... et un piolet de moins ! :-(

On retrouve l'épaule et le soleil. On désescalade à présent dans un temps plus clément. On avance bien. le petite couloir est retraversé, on passe la rimaye et on se pause un peu plus loin pour manger et discuter un peu avec Nikita et Jurgen.

Discussion, Hésitation, que faire, Yannick souhaiterai redescendre tôt demain et moi je ne souhaite pas passer à coté du Lauteraarhorn qui est si proche.

Chacun présente ses arguments, et la synthèse est : on fera le deuxième sommet dans la foulée du premier. Perso j'aurai préféré dormir au Lauteraarbivouac avant de remonter, mais Yannick, lui, souhaitais descendre.

Synthèse.

Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn

Schreckhorn

On descend à Gaag, on laisse un peu de matos et on repart vers le col. Rythme lent, neige déjà molle, il est déjà 14 h. On atteint le Strahleggpass. Que l'on redescend en neige hyper molle. Chaque pas déclenche des petites coulées. On prend sur le rocher délité, le versant Est est bien raide ! un poil de neige, 2 petits rappels et nous voilà sur le névé du bas, ça va être coton de repasser ici ce soir ! Je stresse à l'avance !

On file sur le glacier (Strahlegggletscher) et Yannick décide d'attaquer par les rochers plutôt que de prendre les coulées d'avalanche, trop de risque de s'en prendre une. C'est raide, mais ça grimpe bien, puis ça s’aplanit et on finit même par trouver une source, l'occasion de faire le point d'eau et une petite pause bienvenue. On est parti dans une sacrée aventure, Yannick prévoit un retour refuge pour 20 h, je penche plutôt pour 23 h ...

On repart, alternant des passages de rochers et de neige, avant de se retrouver dans les grandes pentes de neige. C'est parti, on s'enfonce pas mal, jusqu'au genou parfois, mais on grimpe. C'est assez raide, entre 45 et 50°. On reprend les rochers où le rythme est plus dur à tenir (mais là au moins, je ne m'enfonce pas) avant de reprendre une seconde pente de neige. Plus on monte, plus c'est raide, plus de 50° à présent, dans une neige soupe à souhait. Je vois l'épaule où il faut rejoindre l'arête. Yannick doute de mon alti et pense qu'on est plus haut que les 3700 m annoncés. Je ne me fais pas d'illusion, au mieux, l'erreur est de 20 mètres. Je m'enfonce bien régulièrement jusqu'aux cuisses. L'effort est intense et on a déjà pas mal de dénivelé dans les pattes ! Dur de prendre un rythme quand tous les huit pas, ça s'enfonce et tu patines, le deuxième pied n'arrive pas à tenir et s'enfonce lui aussi. Je redouble d'effort, tandis que l’Himalayiste vole !

On délcneche quelques coulées qui prennent de l'ampleur en dessous. Proche des passages rocheux, il y a de la glace, cachée par une bonne couche de neige soupe, il faut rester bien concentré et se motiver pour poursuivre. On pause chacun un bâton à récupérer à la descente à un endroit différent. On rejoint l'épaule. Ca grimpe mieux à présent, plus de neige, des passages rocheux un peu technique, juste comme il faut. J'essaie de garder le rythme, mais le souffle est court. Un replat, encore un peu de grimpe. Yannick annonce le sommet sans en être sur, il y a une antécîme sur l'arête du Schreckhorn, je vois la petite boite du sommet, c'est le bon, on s'y rejoint, hilares, usés mais heureux : mon 80ème 4000 ! le deuxième de cette journée dantesque, il est déjà 17 h 30 . Yannick appelle le gardien pour lui annoncer qu'on serait en retard et qu'il nous laisse un peu à manger pour notre retour, celui ci lui rétorque d'aller au bivouac, mais Yannick lui précise que c'est bien dans son refuge que nous comptons aller.

J'appelle Sandrine lui annoncer le sommet.

On ne traine pas et on attaque la descente. désescalade , puis spectre de broken, que je ne parviens pas à photographier. Vient la neige, on est trempé dans les chaussures depuis longtemps. Je désescalade aussi vite que je peux les pentes de neige, tout en repérants nos traces. Des coulées partent, j'ai les gants trempés et les doigts congelés par la neige soupe dans laquelle j'enfonce mes mains à chaque pas,  limite onglet !  On ne parvient pas à retrouver nos bâtons dans les rochers, un partout , la balle au centre !

on poursuit, dans la neige en traversée puis dans les rochers. J'essaie de progresser au plus vite, et au plus vite après 16 h de course, ça reste assez lent. Mais on descend, alternant les grandes pentes de neige soupe ou tu t'enfonces jusqu'aux cuisses, ou les coulées partent, où tu te méfies de la glace, et les passages de rochers, relativement bons. Nouvelle pente de neige, , derniers passages de rochers, nous sommes sur le plat du glacier. Il va falloir remonter au Strahleggpass.

"Chaque pas te ramène un peu plus au refuge"

Et je vois la partie raide du col, lentement s'approcher. Yannick attaque, survole, je monte, je stresse un peu, quel manque de confiance, en fait, ça passe plutôt bien. la partie rocheuse terminée , je suis rassuré, reste la neige, il faut être doux, on est dans une soupe infâme, mais on grimpe, lentement certe pour ma part, mais on grimpe, et on se retrouve au col. Yes ! plus que de la descente.

Et on lance les hostilités de la descente, on rejoint Gaag. Pour une courte pause, on voit à présent le refuge.

on attque la descente par la sente puis les grands névés. que l'on descend en ramasse. Nouveau passage de sentier, j'allume la frontale, Yannick aussi. C'est toujours bizarre de rallumer une frontale le soir à la fin d'une grosse course. Nouveau névé, nouvelle ramasse, à fond, je me fais larguer par Yannick, et je me prends une bonne grosse gamelle en allant trop vite . Pas de bobo, je reprends, un peu plus lentement. Je rejoins Yannick et on trouve la sente qui permet de rejoindre le plat du glacier plutôt facilement. On repart à plat, je repère au GPS la remontée. Petite pause technique avant de remonter, je laisse Yannick filer. Dernière montée, il est 23 h, 21 h que l'on marche sans grosse pause, et je garde le rythme, lent certe, mais je le garde, je pourrais continuer de marcher si le refuge était plus loin. Je vois le refuge, je m'imagine que le gardien va être là pour nous accueillir, peut être va t'il nous gronder mais il sera là, il est prévenu que nous serons là tardivement ce soir.

Le refuge s'approche, je fais un dernier film, je suis heureux, la journée a été méga longue, dantesque mais magnifique. Je rentre dans le refuge, et je trouve Yannick et deux tasses de thé : c'est tous que le gardien a trouvé à nous laisser. Pas une tranche de jambon, pas de petite soupe, rien ! Sympa, on a bien fait de prévenir. On se déséquipe lentement, tout en papotant chuchotant.

2 tasses de thé, c'est quand même incroyable !

Je grignote une dernière barre, une pomme. De toute façon je n'ai pas faim.

 

Je regarde les données GPS, et je lis : 24 km et 3600 m de déniv !!! Incroyable, si j'avais su qu'on se lançait vers ça, jamais je ne l'aurais tenté, comme quoi. Déjà avec 2800 m de déniv, j'aurais hésité !

 

Je repère dans la salle à manger le dortoir qui se lève à 4 h et je monte le trouver. J'ouvre la porte, un énorme ronflement m'accueille. Je la referme et stoppe dans le couloir. Il faut quand même y aller. Deuxième tentative, je trouve un lit. M'y couche, et fini par m'endormir malgré les ronflements. C'est ça aussi la haute montagne !

Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn

Lauteraarhorn

4 h 15, Yannick me réveille, il faut se lever si on veut déjeuner.

Je retrouve avec bonheur le fromage blanc aux fruits, le gardien dort encore, c'est la gardienne qui nous accueille.

Je retrouve avec un autre bonheur, mes chaussures trempées. Le doux contact de la semelle humide avec ma chaussettes sèche, qui ne l'est déjà plus. Je lace les lacets trempés, refais mon sac une dernière fois et on quitte le refuge.

On ne fera pas de Selfie avec l'ogre alors que c'était notre ultime objectif, mais de toute façon, je crois que je n'aurais pas osé lui demander ...

On part, Yannick prend un bon rythme, je le suis à distance, m’arrêtant par moment, la journée est belle pour les photos. Il m'attend au refuge intermédiaire. Et c'est la première fois de ma vie que je prends un sandwich au saucisson cornichon à 7 h du mat ! L'accueil est à l'opposé du refuge supérieur. Un énorme coca accompagne la libation. Ne reste qu'une petite descente pour rejoindre le téléphérique. Celui ci descend à notre arrivé, parfait.

L'énorme course est terminée, l'énorme semaine aussi, je suis heureux, tout s'est presque passé comme sur des roulettes.

Merci Yannick pour les belles et longues heures passées là haut !

Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger

Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger

Voir les commentaires

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

Publié le par Apoutsiak

Descente par les 3 Monts.

Les grandes et grosses journées se suivent.

Voir la journée de la veille (Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle Eccles)

Vidéo

Topo

Du bivouac Eccles

Désescalader une dizaine de mètres pour rejoindre le glacier le traverser en descendant, une crevasse peut nécessiter un rappel.

Traverser en direction de la base du couloir qui mène au col Emile Rey.

Remonter soit par la droite soit par la gauche le couloir, il n'est pas necessaire de monter jusqu'au col Emile Rey (4030m, on tire à droite une dizaine de mètres en dessous.)

Prendre le système de couloir à droite du col, remonter au mieux (passages courts de IV+) ce large couloir. Quand on atteint la neige, partir en ascendance à droite (50°) et rejoindre le sommet de la pointe Louis Amédée 4460 m.

De là, poursuivre, en contournant par la droite la première tour (rocher pourri) puis gravir les différents ressauts pour rejoindre le Mont Blanc de Courmayeur (4748 m)

Delà, rejoindre facilement le sommet du Mont Blanc - 4810 m

Du sommet du Mont Blanc, je vous laisse le choix pour l'itinréire de descente, vous déconseillant de revenir par là où vous êtes montés...

Mont blanc de courmayeur en vue

Mont blanc de courmayeur en vue

Récit

La journée de la veille, déjà bien longue, est ici...

 

Courte nuit

Après l'accueil glacial des autres alpiniste, j'avais réussi à dormir d'un oeil, serré entre la banquette et Yannick qui faisait sécher ses chaussures. Puis, je me suis rendu compte que le sol était bien dur malgré la fine couverture qui y était pausé. C'est devenu une obsession. Je voulais me retourner, mais le peu de place qui m'était alloué ne me permettait pas le moindre mouvement. Je sentais la dureté du sol du bivouac sur mes hanches, mes épaules. La nuit allait être longue. Je ne suis qu'une Sardine dans cette boite de Sardine, manque juste l'huile d'Olive. Je rêve en pensant à cette idée. A minuit, brans le bas le combat, les cordées se lèvent. Je me retrouve dans une couchette plus confortable, attendant leur départ le temps qu'ils déjeunent s'équipe et filent vers le sommet des alpes.

Je dormiote un peu. A 3 h 30 Yannick me réveille et me lance un peu convainquant, "on y va ?"

Et c'est là qu'on voit que je suis de la motive : Je réponds "OK", alors que je suis dans le pâté, que je n'ai pas dormi, que je sais que la journée va être longue et que mes pompes sont déjà mouillée !

On déjeune lentement, on se fait de l'eau. J'enfile mes humides chaussettes, je mets mes chaussures, dès que je pause le pied, je sens l'eau sous ma voute plantaire. Quel bonheur.

5 h, on quitte la boite de sardine, un peu de desescalade et nous voilà sur le glacier. et là, horreur, une fine croute de glace s'est formée. Et elle casse sous mon poids. la trace est une vraie galère à faire, la journée va être longue.

Je trace aussi vite que je peux, c'est à dire lentement, vers le bas. Quand je me retrouve face à une crevasse géante. On regarde à gauche, à droite, je descends vers la lèvre pour mieux voir, elle doit bien faire 6-7 m de haut.

Et zou, voilà Yannick qui me repropose le coup du corps mort... (voir la journée d'hier)

Il creuse, énervé de perdre tant de temps dès le départ de la course. il fixe la corde et pars tout en finesse passer la crevasse en rappel. Je le vois ressortir en dessous, la crevasse est grosse.

C'est mon tour. Je m'installe, et me lance, tout en finesse, je regrette de ne pas avoir fait de régime cet hiver. Je passe, mes jambes sont dans le vide, mon corps glisse doucement, me voilà suspendu, mais mon reverso se coince dans la lèvre supérieure. Moment de tension. Je donne du mou, il faut s'énerver tout en restant calme. Le réverso progresse avec peine dans la neige, mais fini par passer lui aussi la lèvre de la crevasse, énorme ! je pends dans le vide tel une arraignée au dessus de cette immense crevasse. 6-7 mètres me séparent du sol. Je descends en douceur et me voilà sur la lèvre inférieure. Impressionnant endroit. On se réencorde et on file

A plat puis on remonte le grand couloir du col Emile Rey à 50°.

La neige est bonne et on progresse enfin vite. Yannick rejoint le col, il pense que le couloir est à gauche, lui indique qu'il me semble qu'il est de ce coté ci du col. ( et quand je dis il me semble, j'en suis quasiment sur !). On part donc à droite, et on se retrouve dans le couloir. L'escalade est agréable et parfois technique. Le rocher est bon. Les passages techniques mettent bien dans le rouge mais on progresse.

La pente bien raide, s'aplani, le rocher devient moins bon, on retrouve la neige et nos crampons. La pente est de nouveau raide, 50° avec des passages merdiques avec des rochers sous jacents. Je sens que ça n'est pas la grande forme et je prends mon petit rythme qui me menera au bout. On avance pas vite mais on avance tout le temps. Le sommet de la pointe Amédée est bien long à atteindre, mais quand on y est , je suis ravi !

Par contre, ce qui s'annonce a l'air coton. je pensais trouver une jolie arête de neige, et c'est une arête de rocher délité qui nous attend, Yannick m’avait prévenu, la course n'est pas terminée !

Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo

Pointe Louis amédée - Luigi amadeo

On a passé 5 minutes au sommet puis on est reparti pour des montagnes russes. J'ai pris mon rythme hyper lentos. pour avancer sans trop m'arrêter. Escalade jamais hyper technique, mais rocher de piètre qualité ! On contourne un grand gendarme par la droite ce qui nous fait gagner du temps. J'avoue que j'ai un peu mis le cerveau en off en mode "chaque pas te rapproche du sommet" ou "après avoir avancer le pied droit, avance le gauche !"

Et ça marche, je progresse, bon je sens bien qu'au bout de la corde, Yannick souhaiterais que ça aille plus vite, mais perso, je suis à fond. Les courts passages d'escalade un peu technique me mettent un peu dans le rouge. J'avoue que mon acclimatation a été plus que réduite... Mais j'avance. Une arête de neige, un dernier passage rocheux, et le Mont Blanc de Courmayeur est là tout proche, nous y faisons une courte pause, j'avoue que je suis comblé.

Reste à traverser en direction du Mont Blanc, c'est long et plat, pas après pas je rejoins le sommet pour mon 9ème Mont blanc, le plus technique, et de loin !

J'essaie de joindre Sandrine, finalement, je joins marie, ma fille, j'ai la voie tremblotante, c'est du à l'émotion, je cache mon visage, les larmes coulent, le vent cache mes sanglots. Mauvaise idée que celle de téléphoner là haut.

Emotion.

Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc

Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc

Il faut redescendre et Yannick souhaite rejoindre les cosmiques pour descendre par l'aiguille, je sais que ça va être méga long, j'aurais préféré descendre sur le Gouter mais bon.

Je sais également qu'il y a des faux plats et des petits coups de cul qui tuent, ça va être chaud... et long.

On entame la descente sur un bon rythme, en descente, il n'y a pas de souci, on galope, la gravité nous aide. Au col de la Brenva, on est sec, et on décide de faire un peu d'eau (je sais, c'est mon idée, pas la meilleur de la journée). Bref on sort le réchaud et on fait fondre de la neige qui met de longues minutes à fondre. Je raconte à Yannick mon histoire de Khole de prépa (examen) ou un prof m'avait fait calculer le temps de cuisson d'un oeuf au sommet du Mont Blanc et où j'avoue que j'avais pensé que le plus simple aurait sans doute été de faire des essais au sommet (mais ça n'était pas la réponse, un sordide calcul permettait de la trouver)

Bref, le peu de neige fondu au goût de brulé ne nous réhydrate pas et on repart sur le faux plat sous le Maudit qui sera sans doute le dernier 4000 que je gravirai de la liste ...

je regarde le sommet, repérant l'itinéraire de la voie normale, je sais qu'en moins d'une demi heure je pourrais être là haut, mais je me garde ce sommet pour la fin, terminer par un truc plus facile, et peut être partir avec plusieurs amis, pour fêter ça.

Rejoindre l'épaule est vraiment méga long. Il fait à présent gris, les nuages sont là. On rejoint l'épaule et on entend le tonnerre gronder au loin.

Gestes efficaces, on tire un premier rappel, je rejoins Yannick, la corde se coince au dessus de moi, je peine à la décoincer, on refile vers la rimaye pour se ré encorder. L'orage gronde au loin. On galope dans la descente sous les énormes séracs. Impressionnant, mais pas le temps ni l'envie de trainer. On se retrouve sur le plat du col Maudit, déjà long puis il faut remonter sur l'épaule du Tacul. Et c'est encore long. J'ai déjà parcouru deux fois cette descente (une fois lors d'un Mont Blanc en aller retour par les 3 Mots avec mon frère Thib, la seconde lors d'une traversée depuis Tête Rousse avec Anne et Laurent), mais mon cerveau a judicieusement omis de retenir la longueur des passages, ne gardant que le meilleur et l'agréable.

Quelle galère de remonter sur l'épaule du Tacul. J'avance un pied après l'autre, et je refais la même opération lentement, me chantant "Les petits poissons" et je progresse.

Voilà l'épaule et on repart dans la descente. Nous sommes les derniers sur la montagne.

On essaie d'aller au plus vite vers le bas, mais c'est sur que je n'ai pas battu mon record, c'est plutôt mon pire temps. Je regarde mon altimètre qui refuse de baisser rapidement. Et pourtant je descends et on retrouve le col du Midi dans le brouillard. Ca aussi je l'avais oublié : la longueur de ce col. J'essaie de distinguer le refuge des Cosmiques dans la purée de poix mais il est encore bien loin. On finit par se retrouver au pied. Il faut se remettre à monter, la dernière. Je reprends mon rythme bien lent, tout en ne m'arrêtant jamais. Le refuge s'approche, doucement. Il me tend la main. Devant Yannick y est, je le rejoins. 19 h 00 ! Quelle journée, nous sommes joyeux. Quelle méga journée. on se déséquipe et on prend un coca dans un coin calme. Dans la salle à manger les gens mangent et il y a trop de brouhaha pour nous. On papote calmement, profitant de ces instants de calme. On doit avoir des belles gueules de détérés ! Mais on est heureux.

On hésite à prendre un repas, je sais qu'on n'a pas faim. Finalement on s'attable. Je me gave de soupe, mais le joli plat principal ne passe pas, je me force à en manger quelques bouchées, Yannick laisse tout. J'avale le tiramisu et file me coucher. Yannick croise quelques connaissances, qui ont l'air épatés par notre périple. Sacré bambée ,sacrée course. Je me rends compte qu'on a fait un truc assez balaise quand même.

Une crampe me prend, une alpiniste plutôt âgée m'aide à la passer.

Je me retrouve dans les bras de Morphée, le réveille à 7 h ! Yannick remontera plus tôt à l'aiguille pour descendre avec la première benne

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

7 h 00, le réveille sonne, le déjeuner vite avalé , je quitte le refuge. Une magnifique journée débute et j'ai juste à remonter à l'aiguille. C'est ma journée de repos.

Je profite des lumières, des alpinistes vaquant sur les glaciers, de ceux en train de grimper, des lumières. Je vois les Grandes Jorasses me faire un clin d'oeil (enfin je crois)

La journée est belle.

Je vois que ça bouchonne dur au départ des voies de l'aiguille du Midi, sans doute la Rebuffat faudra que je relise le topo, Je croise quelques cordées, je vois les guides décrivant à leur clients les sommets alentours, d'autres leur déconseille d'aller faire le Mont blanc, je remonte, je dépasse une cordée dont la fille est un peu à l'agonie. Reste l'arête de l'aiguille, je pars, je me décale hors de la trace pour laisser passer les cordées de débutants, ça les rassure, on a tous été débutants un jour. Certains guides me remercient. Il fait beau, j'ai le temps, je rejoins l'aiguille, ses touristes Asiatiques, mais je ne traine pas, je file vers le télécabine de l'Hellbronner pour une jolie traversée. Le panorama est magnifique sur le massif.

Arrivé en Italie, je m'offre une demi heure de pause sur la terrasse panoramique, admirant la Blanche de Peuterey, le pilier de l'Angle et le Mont Blanc d'un coté, de l'autre, la Dent du Géant et les Jorasses.

J'observe aussi les gens, qui scrutent les alpinistes au sommet de la Dent, qui cherchent sur les tables d'orientation les sommets qui me sont familiés, je les observe se prendre en photo devant le Mont Blanc, les Selfies vont bon train et je m'y adonne. Je finis par descendre et rejoindre ma voiture en stop.

Un groupe d'Italien m'accueille, ils sont en train de cuisiner et m'offrent du jambon grillés, je n'ai pas faim mais c'est délicieux. Ils sont en partance pour le Mont Blanc via la voie du Pape et sont impressionnés quand je leur décris mon périple. Ils me demandent des conseils, sur l'approche du refuge, la tenue vestimentaire, la difficulté. Je passe un bon moment, me reposant, faisant sécher mes affaires et me restaurant avant de repartir et de me rendre compte que j'ai oublié ma goretex au refuge des Cosmiques.

Un employé du refuge me la redescendra le lendemain matin avec la première benne, ça tombe bien, j'en avais bien besoin pour les journées qui suivent...

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

Voir les commentaires

Alpinisme : Blanche de Peuterey - 4112 m - Grand Pilier de l'Angle - 4243 m

Publié le par Apoutsiak

Un grand voyage en altitude

(mais aussi un peu long)

J1 : montée à Monzino

J2 : Col de l'Innominata - Dames Anglaises par les vires Schneider - Blanche de Peuterey

Col de Peuterey - Grand pilier de l'Angle - Col de Peuterey - Col d'Eccles bivouac Eccles

J 3 : Bivouac Eccles - Col Emile Rey - Pointe louis Amédée - Mont Blanc de Courmayeur - Mont Blanc - Descente par les 3 Monts - refuge des Cosmiques

J 4 : refuge des Cosmiques - aiguille du Midi... Journée de repos !

Vidéo

Blanche de Peuterey - Grand Pilier de l'Angle - Pointe Louis amédée è Mont Blanc de Courmayeur - Mont Blanc

Blanche de Peuterey

Blanche de Peuterey

Topo

Refuge Monzino (2590 m)

Se garer au parking du frêney et remonter la piste qui permet de passer le pont sur la Doire

Suivre le sentier du lac de marmotte et le quitter à la bifurcation pour remonter vers la rive droite du glacier du Freney

Prendre la via Ferrata la remonter puis par des pentes faciles rejoindre le refuge Monzino (2 - 3 h)

Blanche de Peuterey

De Monzino, gagner le glacier du Chatelet, le remonter et par une escalade relativement facile gagner le col de l'Innominata -3205 m

En 3 rappels de 30 m gagner le glacier du Freney, le traverser au mieux et rejoindre les Vires Schneider qui se situent légèrement au dessus du rognon rocheux en rive gauche du glacier

Remonter les vires (facile) et poursuivre au desssus du bivouac des Dames Anglaises (Craveri) sans y passer. basculer versant Brenva et poursuivre en ascendance tout en restant versant Brenva (rocher ultra pourri)

on rejoint l'arête lorsqu'elle devient neigeuse et on poursuit jusqu'au sommet Est puis ouest par une arête élégante ! redescendre en contrebas à l'ouest pour trouver les rappels (3 je crois de 60 m)

On rejoint alors le col de Peuterey

Grand pilier de l'Angle

Passer la rimaye et gagner la partie rocheuse que l'on remonte, au mieux... pour gagner le sommet

Nous avons choisi de descendre en rappel à l'applomb du sommet (non équipé) 7-8 rappels de 60 m pour passer la rimaye et rejoindre le col de Peuterey

possibilité de gagner le sommet du Mont Blanc de Courmayeur et le sommet du Mont Blanc par une longue et belle arête de neige.

Bivouac Eccles

Du col de Peuterey traverser en direction du pied du col

Remonter le couloir s'il est en neige (50°), sinon ça passe en rive gauche dans du rocher parfois délicat jusqu'au col.

Descente du col en 2 rappels puis neige raide (50° au départ)

passage de la rimaye à l'aide d'un rappel sur corps mort puis on rejoint facilement le bivouac Eccles

Récit

Sur la route de Chamonix, je me rends compte avec horreur, qu'une tique est logée dans ma cuisse. Sur la route, je me rends compte qu'on est Dimanche et que les pharmacies sont fermées. Je croise les doigts pour qu'à Cham j'en trouve une d'ouverte. Se garer, courir (il est bientôt midi) trouver une pharmacie et se faire délester du contenu de son porte monnaie pour une malheureuse pince à tique. Ah, le commerce ...

Sur le premier bans, dans la foules cosmopolite de la capitale de l'alpinisme, je déloge le désagréable intrus de ma cuisse gauche, il lutte puis fini par se rendre, devant le regard médusé des chinois en vadrouille. Enfin, les vacances vont pouvoir commencer. Je file trouver un peu de matos manquant à mon équipement, un pique nique avant de retrouver Yannick.

Rendez vous à la gare SNCF, je sais qu'il est toujours en retard et au bout d'une demi heure, on se rend compte qu'on attend chacun d'un coté de la place ...

Décollage pour l'Italie en passant par le tunnel... et ses bouchons ! et zou, encore une demi heure dans la vue. On déboule en Italie sur le parking du Freney. On s'équipe à coté d'une autre cordée en partance pour Monzino. Et c'est Parti.

Yannick, grand guide, le Zidane de l'alpinisme m'annonce sur de lui : "pas d'orage ce soir !"

On part, sur un bon rythme, confiant dans la prédiction de l'oracle,  d'abord sous le soleil, puis sous les nuages. Je connais le sentier que nous avons emprunté l'année dernière avec Anne lors de mon premier passage dans l'envers du Mont Blanc pour l'ascension du Mont Brouillard et de la pointe Barreti.

Nous remontons les premières via Ferrata, croisant les randonneurs à la descente., certains vaillants, d'autres moins, tous parfaitement équipés Via ferrata !

Nous opérons une courte pause au pied de la partie plus verticale. Les glacier du frêney crachent leur eau de manière spectaculaire, le ciel est sombre.

On remonte la Via, Yannick est devant, je me retrouve avec l'autre cordée. Il se met à pleuvoir, la prédiction du Grand guide s'est avérée foireuse. Deux options , se faire rincer en carline ou sortir la Goretex. J'opte pour la seconde option. Perd un peu de temps sur les autres. Je poursuis, sous la pluie. Tout glisse, les cables, les prises, les rochers. Prudence mais efficacité. On se retrouve sur le replat en dessous du refuge. Je poursuis, et rejoins le refuge, suis bien humide, la pluie dense a fait son effet.

Au refuge, c'est opération séchage et lecture du topo, qu'on ne trouve pas ... Yannick récupère des infos de ses collègues. et on finit par manger un bon diner avant d'aller au lit, le réveil est à 1 h 30 demain !

Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino

Refuge Monzino

1 h 30, debout, un peu dans le gaz on sort du dortoir et on tombe sur des alpinistes endormis un peu partout : sur un mini bans, dans les escaliers, il y en a même un dehors sur la terrasse, pourquoi n'ont ils pas pris une place dans le dortoir, mystère... Yannick essaie de leur expliquer la solution, mais ils restent tous à leur emplacement...

Le déjeuné avalé nous quittons le refuge vers 2 h 15. Par des sentes on gagne le glacier du Chatelet que l'on remonte avant de rencontrer un premier passage hardu et bien humide. Mais ça passe... Un peu d'escalade et nous voilà au col de l'Innominata face au bien crevassé glacier du Frêney (mais il parait que cette année... Ça passe !!!)

3 rappels dont un coincé et on pose le pied sur le glacier. Début de traversée facile puis ça se complique, Yannick veut prendre en bas alors qu'il me semble que les vires Schneider sont au dessus. Après une brève hésitation on décide de passer par le haut, et ça passe et on se retrouve pile poil sur les vires Schneider.

On enlève les crampons, on range les piolets et on remonte ses vires faciles avant de remonter un couloir au dessus du bivouac des Dames Anglaises qu'à mon grand regret nous ne rencontrerons pas ... Ah, les Dames Anglaises.

J'aurais adoré prendre un thé sur leur terrasse...

Bon l'autre nom du bivouac c'est Craveri, et perso, ça me fait moins rêver.

C'est pas le tout de fantasmer, il faut grimper, et ça se met à grimper un peu plus, d'abord versant Frêney, dans du rocher correct , et rapidement versant Brenva, dans du rocher pourri à ultra pourri (parfois un peu moins)

On opère une jolie pause avec une belle vue sur la Noire de Peuterey et tout le Bassin de la Brenva avant de poursuivre. L'escalade n'est jamais difficile mais il faut se méfier de la qualité du rocher. On rejoint l'arête et le sommet par un joli passage en neige.

Courte pause, petite descente petite arête bien effilé entre les deux sommets avant de redescendre vers les rappels. 3 rappels de 60 m dont le dernier permet de passer la rimaye, on se retrouve au col pour une petite pause, les organismes (surtout le mien) commence à fatiguer et la journée n'est pas terminée !

On attaque la base du Grand pilier de l'Angle. Malheureusement le couloir de neige à gauche n'est plus en condition. On remonte des parties mixtes où la neige a déjà bien transformé, et où la glace n'est jamais très loin. Mixte technique et un poil merdique, mais ça passe

Mais on progresse même si c'est long... pour parvenir au sommet ! 2ème 4000 de la journée et 76ème pour moi ! Plus que 6 (dont 2 prévus demain !)

Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle

Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle

 

La suite du programme est originale, mais elle est dictée par les 82 4000. L'objectif est d'aller chercher la pointe Louis Amédée non gravie l'an dernier, la faute à la météo. Bref il nous faut rejoindre le bivouac Eccles. Nous ne poursuivons donc pas cette belle arête qui permet de rejoindre le Mont Blanc mais nous redescendons vers le col de Peuterey en 7 ou 8 rappels de 60 m. On opère une pause pour boire de l'eau avant de repartir, traverser le plat du col de Peuterey alors que des avalanches dévalent les pentes supérieures sous le Mont Blanc de Courmayeur. On file, enfin personnellement j'essaie de filer parce que les jambes sont lourdes. Yannick m'enjoint à galoper dans les parties expo. On finit par atteindre le pied du couloir Eccles que l'on remonte. A mi hauteur, bombardés par des chutes de pierres, Yannick finit par quitter le couloir pour les rochers à droite. Branlants mais moins expos à la mitraille. Parvenus à l'endroit, je dois me taper d'aller enlever un friends intallé 3 m plus haut après un beau passage en glace avant de redescendre et de sortir du couloir sur des rochers plus que branlants : rien ne tient !!!

 

Tel un chat, avec une finesse inespérée, je sors (bon j'ai quand même fait partir un énorme bloc, c'est quand même des courses ou c'est bien quand t'as personne en dessous , remarque personnelle) puis on grimpe. J'espère le bivouac juste sous le col. M'imagine déjà un bon repas, et un bon lit. Quel rêve, quel doux rêve. Mais il faut atteindre le col. Un peu de grimpe plus tard, on l'atteint, il fait gris, le mauvais temps est là, mais pas la pluie, tant mieux. Je comprends alors que le rappel n'est pas à proximité...  Un petit rappel, puis un autre. puis désescalade dans les pente de neige pour arriver à la rimaye. Yannick me lance, "on va faire un corps mort".

Je sens que je ne vais pas être déçu...

Il creuse il creuse le Yannick

Dans de la neige pourri

Très pourri

il installe sa corde

Il teste son ancrage

Ca devrait passer

Il se lance

en rappel

Doucement

Tout doucement

Pas d'à-coup

que du stress

en douceur il passe la lèvre, descend les 3-4 mètres suspendu à se frêle ancrage et se pause

C'est mon tour

O Joie

O Désespoir

O crevasse ennemie

O N'ai je tant gravi que pour cette perfidie.

C'est mon tour

J'installe fébrilement mon reverso

Je me penche pour tirer dans l'axe

Je descend délicatement vers la lèvre de la crevasse

les jambes flageolantes

Elles passent dans le vide.

Je progresse lentement.

Mon corps pend à présent

Et je tombe

Je me retrouve rapidement au sol, les Jambes s'enfoncent, je m'arrête

Des kilos de neige me tombe pile sur le casque pendant de longue secondes

Mais tout va bien rien de cassé

l'ancrage a lâché et je me suis fait 2 m à 2 m 50 de chute sur la lèvre inférieur de la crevasse.

Je suis trempé mais sans bobo

Bon, je suis plus lourd que Yannick

ou plus bourrin.

 

On poursuit dans la neige soupe, très soupe, jusqu'aux cuisses. pour rejoindre le bivouac Eccles par une courte escalade. Le premier affiche complet. On remonte au second

Accueil glacial, il est complet lui aussi.

6 alpinistes occupent les banquêttes

Ils sont peu ravis de nous voir

Personne ne bouge

Personne ne nous fait de place, alors qu'on va dormir par terre.

On s'organise lentement, je finis par pouvoir entrer dans le petit bivouac.

Yannick fait de la flotte pendant que je me pause enfin après 17 h de course, il est 19 h 30.

 

On est pas mal mouillé, notamment les pompes, et pendant que je me mets à dormir dans le peu de place qui m'est alloué, Yannick teste différente méthode pour secher ses chaussures. Il semble que la meilleur soit la petite bouteille de Coca remplie d'eau chaude glissée à l'intérieur.

Je dormiote, on a prévu de se lever à 2 h demain pour la suite

Les autres cordées vont bouger à minuit 30 pour l'arête de l'Innominata

Une courte et incofortable nuit s'annonce...

 

A suivre ici

 

 

 

 

 

Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet

Bivouac et col Eccles - complet

Voir les commentaires

Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m

Publié le par Apoutsiak

Où, comme un saumon,je suis remonté à la source, à ma source...

3 Jours de montagne

Jour 1 : Pointe de la Réchasse - Pointe du Dard depuis Pralognan

Jour 2 :Couloir des Italiens - Grande Casse

Jour 3 : Charbonnel - face Nord

Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m

Vidéo

Topo

Se garer dans la vallée d'Averole, juste avant le village de Vincendière

Prévoir un départ tôt afin de se taper les 2000 m de dénivelé sans souci !

Il y a également possibilité de bivouaquer durant la course (mais il y a peu de replat)

Du parking, avancer un peu sur la rout eet prendr le pont qui permet de gagner l'autre rive du torrent d'Averole. Le suivr en direction de Bessasns sur quelques centaines de mètres puis prendre à la bifurcation, le sentier qui monte à gauche.

Au bout de cette piste, il faut trouver le sentier qui part plutôt à droite et pénètre dans le bois (le sentier n'est pas évident à trouver de nuit mais prendre le temps de le trouver vous evitera de nombreuses galères et vous fera gagner du temps) il remonte entre le ruisseau de charbonnel et le ruisseau de chanaillon avant de basculer n traversée vers la gauche vers 2300 m

Traversée de ruisseaux coulées d'avalanches expo et raide , le matin le couple crampon piolet peut s'avérer utile.

Après le sentier de Charbonnel, le sentier poursuit toujours en ascendance à gauche pour ramener au pied d'un raidillon (en neige pour moi) passage à 45 ° qui amène à une rampe en faux plat (2700 m - 3100 m)

Tirer à droit pour rejoindre le plateau supérieur (45° 100 m)

De là remonter les longues pentes débonnaires qui amènent sous le sommet. La rimaye se contourne par la gauche (glace possible) on passe sous les rochers sommitaux pour y accéder par l'arête à droite

Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m

Récit

Préambule

J'ai passé pas mal de vacances de mon enfance à Bessans en Vanoise. Tous les 2 - 3 ans nous louions le 3ème étage de la maison de Madame Personnaz, une femme qui me semblait hors d'âge à l'époque, pour des vacances à la montagne. La maison est celle qui donne sur la place du village en face du Calvaire de Bessans

Bref, j'ai baigné dans le monde du Diable ...

Nous nous louions à Bessans, et nos cousins, les Bolon, louaient à Bonneval sur Arc, 5 km plus au nord, le village parfait, tout en pièr eet en toit de Lauze. Les Bolon, pour nous, c'était des héros. Il faisait des randos mieux que nous, de l'alpinisme parfois et de l'escalade au col de la Madeleine ou aux rochers d'Averole.

On avait la chance que nos parents avaient la bonne idée de nous faire participer à des activités communes, et pour moi, c'était un délice.

A l'adolescence, Jacques (le père) et Emmanuel, l'ainé, ont commencé à m'emmener faire de l'alpinisme, mon rêve. On a commencé par le Mont Seti depuis l'Echo, depuis le bas, Une escalade en rocher pourri, avec des vires délicates (enfin elle m'avait paru délicate à 16 ans !)

Forcement en haut, je fus fier comme Artaban !

En fin de séjour, ils programmaient l'Albaron, le Graal d'un séjour là bas... Je me portais candidat et ma candidature fut retenue ! Youpi. Arrivés sur la moraine du glacier, vers 3000 m, un vent important et des nuages pressés, nous ont fait faire demi tour. C'est avec une grosse amertume que je fis demi tour, mais ce ne fu que partie remise...

1 ou 2 ans plus tard, nouvelles vacances à Bessans, Je pars avec mon frère Seb, pour l'ascension du sommet des sommets :l'Albaron. Bivouac épique sur la moraine du glacier et sommet dans une météo merveilleuse. C'est sans doute là que je suis devenu alpiniste (avant de devenir montagnard à la verte )

Je suis revenu dans le coin avec mon autre frère , Thibault et ma petite femme, pour gravir l'Albaron par les Evettes en 1997, puis je ne suis pas revenu en Haut Maurienne, laissant au passage, le seigneur des lieux : le Charbonnel !

Dans un coin de mon esprit, je gardait en tête cette ascension. La programmait à ski lors d'un raid annulé entre Albaron et Face Nord de la Grande Ciamarella. Je le gardais tout le temps dans un coin de ma tête. Mais la haute Maurienne ,c'est loin, quand on habite la Franche Comté...

Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m

Récit proprement dit ;-)

Fin de l'introduction, longue mais nécessaire pour comprendre l'attractivité de ce sommet pour moi. Je me retrouve à Bessans, où je fais un mini pelerinage sur la place, retrouvant au passage la maison de Madame Personnaz, le diable sur la fontaine (je ne sais pas s'ilétait là à l'époque, l'église et la chapelle Saint Antoine.

Je passe à l'office du Tourisme (oui, je n'ai pas la carte, j'ai juste le fichier GPS à ski !). Je leur parle de mon projet , et à peine le mot Charbonnel prononcé, il me pousse à aller au bureau des guides alors que je leur demandait juste de regarder la carte... Je sais au pays des Diables, cette montagne maléfique fait peur... L'officienne finit par me sortir la top 25 qui va bien, et en 20 secondes chrono, je mémorise le début de l'ascension, j'ai potassé un topo la veille au refuge du col de la vanoise, et je compte mémoriser la fin de visu , ce soir.

Après 3 courses dans le village je me retrouve à lancien camping dans la vallée d'Averole, et à 17 h 30 (le 24 juin) le soleil est déjà couché !

Je repère l'itinéraire du haut, les vires et les passages qui me semblent logiques.

Je passe mon début de soirée à chercher ma cuillère/fourchette dans la voiture et ses bagages (en fait elle est restée à la maison)

Je prépare mon matos, le repas, mon lit dans la voiture

Je dine et au lit , il est 19 h 30 et je suis crevé (oui, j'ai fait le couloir des Italiens aujourd'hui en partant à 2 h ce matin !!!) je m'endors dans la foulée !!!

Le réveil est resté sur 2 h (volontairement)

Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 mAlpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m

2 h du mat, ça sonne

J'émerge

Je déjeune dans le noir , la lune est levée mais de l'autre coté de la crête du Charbonnel, je serais à l'ombre. Je range ma voiture et la la déplace de 500 m jusqu'au départ.

C'est parti.

Frontale, Nuit.

D'abord une piste, fastoche, je l'avais repéré sur la carte hier. en haut, plus rien, j'hésite à prendre l'éperon de gauche, ou l'éperon de droite, ou bien même dans la coulée d'avalanche. J'opte pour la coulée, mauvaise idée, je parviens à des barres... Je décide de basculer à gauche. Et là, c'est l'horreur, c'est raide, pleins d'arbres couchés par les avalanches, sur un terrain instable, moussu, terreux, avec quelques barres en travers pour complexifier l'itinéraire... Je galère. La malédiction des Diables de Bessans. 1 h de galère dans la forêt vierge. sans savoir si je vais déboucher au bon endroit. Sur le GPS, je voi s bien la trace de ski, 100 m à droite, dans la coulée d'avalanche, mais en cette saison, c'est trop tard, ça ne passe plus !

La galère s’atténue, je suis à présent sur des vernes. peu pratique mais un peu moins rapide et un peu moins raide. Je progresse. Plus facilement. Je me retrouve enfin au niveau du resserrement. Je mets les crampons et sors le piolet. La coulée d'avalanche est bien dure et bien sale, je progresse facilement jusqu'à l'étroiture. Je saute un trou le long des rochers et me retrouve au dessus, je remonte les pentes u peu raide de la coulée. Je sais qu'il faut sortir sur l'éperon de gauche. Je reperds une faiblesse dans le rocher, une sorte de vire. Je sors du névé, enlève les crampon set me lance dans la traversée, expo. Les prises de mains et la vire est déversantes ! Le sac même s'il est léger , me tire en arrière. Stresserais je ? Une goutte de sueur perle sur mon frond, elle glisse sournoisement vers ma paupière pour bien m'imbiber l’œil dans ce moment critique. La sensation désagréable de sel sur ma cornée est une torture, et mes bras tétanisés sur la roche ne peuvent aller frotter l’œil douloureux. J'avance les pieds en hésitant, testant chaque prise, et me rendant compte que le rocher, ici, n'a pas changé... Il est toujours aussi pourri (ça se saurait, s'il y avait du granit de Chamonix en Vanoise ...

Je grimpe en ayant l'impression de laisser des passages quasiment infranchissables à la descente, des aller sans retours... Sensation désagréable, mais on verra bien

Enfin, le pied est placé, je dépasse mon centre de gravité, également appelé ma masse, et le mot est sans doute mieux choisi, vers la gauche, et je passe, je rejoins l'arbuste visé. La suite, c'est raide, mais c'est plus facile. Je louvoie entre des barres rocheuses, tandis que ma frontale montre des signes de faiblesses. Et la lune qui ne se levera pas, elle m'aurait bien été utile ... J'imagine les gens, là bas, dans la vallée, voir la petite frontale progresser dans cette immense face !

Plus j'avance, plus c'est facile, je m'attache juste à contourner les barres rocheuses, souvent par la gauche. Par contre, pas de sentier, c'est seulement du terrain herbeux à chamois (ou à vache pour les péjoratifs)

La frontale fini par ne plus éclairer, ...

Flûte

La visibilité est réduite, mais le soleil point et ça passe

D'ailleurs je finis par trouver un sentier !!! incroyable sur cette montagne si peu fréquentée... Des hommes ont tracé un sentier. Malheureusement je le trouve 50 mètres avant de trouver la neige... on a la loose oui on ne l'a pas !

Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 mAlpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m

Je chausse et je fais le plein d'eau sur le petit torrent attenant. Déjà 1000 m de parcourus en 3 h ce qui est correct compte tenu des difficultés rencontrées.

Je démarre sur le névé, qui se raidit en une petite gorge à 45 ° en neige dure, impeccable, je me retrouve sur la première longue rampe en neige. D'abord la neige est pourrie, puis un peu moins, mais il faut tracer ! Je progresse tranquillement tandis que le soleil se lève, le feignant, pendant que moi, ça fait 3 h que je marche !

De virages en virages je parviens pas loin des séracs, , je repère le passage pour accéder au plateau supérieur, et m'engage dans cette portion. La neige s'enfonce un peu mais pas trop. Je contourne une barre rocheuse avant d'attaquer tranquillou le couloir. Ça se remonte bien, un petit 45°, en haut, un filet d'eau m'accueille, j'en profite pour boire contre la roche, un régal, je sais qu'il va en falloir, de l'eau, aujourd'hui !

Sur le plateau supérieur, la neige est deg, et quad je dis deg, , je n’exagère rien. Je pause le pied, craque la couche supérieure, avant de m'enfoncer dans la fange ... et je remets ça pour le pas suivant. L'exercice est difficile, j'essaie vainement de trouver des filons de bonne neige. Finalement plus je monte, meilleur c'est. Le plateau est grand, et long... Au loin, l'Albaron, la Ciamarella, à droite, la pointe de Ronce et la Pointe de Lamet. Il y a de al concentration mais un peu d'émotion dans chaque pas. Depuis le temps que j'en rêvais. Je sais que le sommet est a porté de fusil. Je repense à ses vacances à Bessans, ces petites ascensions, et ce sommet imposant qui m'attirait déjà. Et me voilà sur les pentes sommitales. Je croise une coccinelle à 3500 m , sans doute une tentative de record pour une coccinelle, mais la pauvre est dans un sale état. Après un examen clinique approfondi, je déclare l'individu décédée ! J'ai sans doute croisé la Mallory des coccinelles...

Je fais une dernière pause 200 m sous le sommet, histoire de récupérer, avant de repartir, sur la gauche de la Rimaye pour éviter les embrouilles. Un poil de glace au dessus, puis une dernièr pente en neige. je retrouve la neige, et la crête finale, Youp, me voilà au sommet. Emotion simple, je suis tout seul sur ce géant. Personne à la ronde, personne avec qui partager, et une longue descente qui m'attend. Je repense à ceux qui m'ont appris l'alpinisme, Jacques, Emmanuel, Jacques-Yves, Jehanne. A ceux qui vont être impressionné par cet blitz ascension. Je pense à Claire, à Etienne, à grand-père et grand-mère. Elle voit à présent comment je pratique l'alpinisme...

La pause est courte, je me lance dans la descente au galop.

Si à la montée, je parvenais à me tenir en surface, à la descente, je perce la couche de croute superficielle systématiquement, et l'effort est intense, je bloque même parfois les pointes avant des crampons pour sortir mon pied.

10 minutes après avoir quitté le sommet un hélico du PGHM vient tournoyer autour de moi avant de se pauser au sommet et de repartir faire des zig zag, sur l'Albaron et la vallée d'Averole, ...pas compris !

Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 mAlpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m

Suite de la descente directe

dans la pente, d'abord peu raide sur la partie supérieure

puis dans la neige soupe dans le couloir à 45 °, pas de problème

Je poursuis sur la rampe, me méfiant des zones orangées ou je note rapidement que mes crampons se mettent à botter

Je retrouve le pied des névés prudemment pour récupérer de l'eau et opérer une petite pause . 1 petite heure pour descendre 1000 m !!!

Je repars en suivant le sentier, on verra bien. L'important est de ne pas le perdre en quand il passe sous les névés. Il part plutôt à flanc, perdant peu d'altitude et vient rejoindre le grand bassin avalancheux. Je le traverse prudemment, je ne voudrai pas traverser la neige et me retrouver dans al cascade dessous !

Le sentier poursuit sa course vers l'ouest, et croise un couloir d'avalanche, je ressors le piolet ! traversée courte mais expo, je retrouve le sentier en bas, et je continue, toujours plus à l'ouest. Dernier passage, encore un couloir, neige bien dure et assez raide. Je repère la sortie du sentier de l'autre coté. La couche de neige n'a pas l'ai épaisse mais ça doit passer. Je traverse à l'endroit que je juge le plus judicieux, et poursuit, je pense que les difficultés sont derrière moi !!!

Le sentier fini par se mettre à descendre, il est parfois un peu difficile à suivre, mais un œil entrainé, en plein jour ... Je profite du moment, la vallée est belle et la course réussie. Un passage sans sente, je le retrouve plus bas, pas de souci, la forêt traversée est dense, mais le sentier aide bien , je profite de ces instants, alors que d'habitude je suis presser de rejoindre la voiture, aujourd'hui ça n'est pas le cas. un coq de bruyère (je crois) s'envole devant moi, les fleurs sont multicolores, les odeurs me rappellent ma jeunesse.

Comme le saumont, je suis remonté aux sources !

Je rejoins la piste, là ou je me suis planté ce matin à 3 h du matin, ifficile de trouver l'entrée du sentier dans le noir; Je le saurais pour la prochaine fois, mais je doute qu'il y est une prochaine fois, le chemin est long et perilleux pour atteindre le sommet, mais sans réel intérêt technique, il y a peu de chance que je revienne, c'est un sommet qu'on ne gravi qu'une fois. après... qui sait ???

voilà la piste, le petit pont, je vois deux randonneurs, anciens, je les imagine m'acclamer, il n'en est rien, je rejoins la voiture, cest la fournaise, plus qu'à me changer, ranger et me rentrer, demain est annoncé le mauvais.

Je suis un saumon

reste la ciamarella et sa face nord...

Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m
Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m
Alpinisme : pointe de Charbonnel - 3752 m

Voir les commentaires

Alpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 m

Publié le par Apoutsiak

Couloir des Italiens descente par les Grands couloirs (voie normale)

3 Jours de montagne

Jour 1 : Pointe de la Réchasse - Pointe du Dard depuis Pralognan

Jour 2 :Couloir des Italiens - Grande Casse

Jour 3 : Charbonnel - face Nord

Alpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 m

Vidéo

Topo

Depuis le refuge du col de la Vanoise 2516 m, descendre vers le lac long et remonter la morraine du seuil de l'ouille. (2600 m) Gagner le glacier de la Grande Casse, le remonter et rejoindre le col de la Grande Casse 3091 m.

Remonter en diagonale les pentes qui permettent de gagner le pied du couloir des Italiens.

Le remonter 500 m (50°)

Passer le long du dérac, et sur le haut, le couloir tire à gauche, possibilité de sortir tout droit ou légèrement à droite.

De la crête on rejoint le sommet de la Grande casse 3855 m par l'arête.

Alpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 m

Récit

8 h, je suis déjà dans mon lit dans ce confortable nouveau refuge. Une alpiniste vient me voir et s'enquiert de mon projet. Je lui explique que mon but est de faire le couloir des Italiens , eux partiraient sur la petite face Nord. On échange sur l'heure du réveil. Je leur dis que pour moi ça sera 2 h, pour eux 2 h 30. A leur guise.

Je me couche

30 minutes plus tard, une cordée bruyante fait son apparition. Le dortoir Gypaète est en ébullition. Frontale bruits, discussions inutiles, tout y est. Je patiente. Les 3 finissent par se coucher, sans doute vont ils à la grande Casse par la voie normale.

2 h, le réveil me réveille brutalement ! D'autant plus que celui de la cordée de 3 sonne pile au même moment créant au passage une belle cacophonie. J’éteins le mien, mais le chef de cordée des 3 mais bien 2 minutes à éteindre le sien, j'entends les dortoirs voisins râler...

Je m'habille, c'est le Grand jour pour une grande course. Je file à la cuisine, où je retrouve la cordée de 3, un homme et deux filles, je dirai qu'il est le copain d'une des deux et que ce sont deux sœurs, mais ce ne sont là que de simples supposition. Tout le monde déjeune en silence (enfin me direz vous), je me surprends à observer leur bouilles encore endormis.

3 tartines, un bolle de chocolat, un verre de jus d'orange plus tard, je suis devant la porte, avec les deux filles, je me permets de leur demander leur projet, me permettant ainsi d'étancher ma curiosité

"La Réchasse" m'affirment elle

"Vous allez revenir avant le lever du soleil" leur affirmais je (et en plus sérieusement : Départ 2 h 40, montée 2 h descente 1 h ,retour au refuge à 5 h 40 !!! avant le lever du soleil

"On a un rendez vous à Cham à 14 h" m'affirma l'une des deux Donzelle

la classe

J'adorerai pouvoir dire cette phrase : J'ai un rendez vous à Cham

Mais je n'ai pas de dentiste à Cham

A la fois , habiter Cham et venir en Vanoise faire la Réchasse, il y a un truc qui m’échappe mais bon. Cham, c'est surfait !

Alpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 m
Alpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 mAlpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 m

Mais je m'égare et revenons à notre ascension. Ah oui, dans la nuit j'ai décidé de laisser le matos de ski au refuge et de monter à pied pour être light dans le couloir et dans la descente... je suis un piètre skieur.

Et c'est parti, je descends vers le lac ... RAS

Je remonte par des névés sur la moraine... C'est raide mais RAS

Je bascule sur le plat du glacier, et là, c'est le Drâme (avec l'accent d'M6 !)

Neige qui s'enfonce presque au mollet à chaque pas, avec une surface un peu dure histoire d'esperer à chaque fois que ça tienne.

Un pas...; je m'enfonce, un autre... je m'enfonce. Progression lente mais régulière.

J'avance.

J’aperçois la frontale de mes 2 acolytes du jour, au loin, derrière, je dois avoir 1/2 heure d'avance sur eux.

J'essaie de trouver les passages où la neige porte le mieux. Mais je suis toujours déçu.

C'est un peu la galère.

Je vois les deux autres me revenir dessus à vive allure.

J'enrage un peu quand je les suspecte de vouloir faire une pause alors qu'il pourrait me dépasser et me prendre le relai. Simple paranoïa. Je poursuis, il me rattrape, je les laisse passer. A eux de jouer, je suis crevé. Cette course sens le but à plein nez. Aucun regel nocturne. La face va être dangereuse. Le seul objectif à présent est d'atteindre le col et de regarder la face.

Ils tracent, et je parviens tout juste à aller à leur rythme alors que je suis dans les traces !!! Les premières heures m'ont bien entamées.

Le lever du jour point, on éteint les frontales, le rythme est lent , on arrive au col, 3 h pour faire 600 m de déniv : NUL !!!

On discute, on grignote et on décide d'aller voir le pied, juste pour voir.

Alpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 mAlpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 m

Je pars devant, Madame fait une pause technique, et monsieur m'emboite le pas. Vu la qualité de la neige, il finit par me rattraper, je le laisse passer un peu jusqu'à ce qu'il s'arrête.

Je repasse. je traverse sous les séracs et e voilà au pied du couloir, en bonnes conditions, la neige est dure.

OK, je me lance.

Et si c'était le hold up du jour

Moral au beau fixe, je progresse dans ce couloir de 500 m, me fixant, selon ma bonne vieille habitude, des objectifs atteignables facilement en opérant des pauses, bien, trop , régulièrement.

Je me retourne, mais je ne vois pas mes deux acolytes qui ont du rebrousser chemin.

En petit 1 atteindre les rochers, contourner la base par la gauche puis rejoindre en traversée le couloir proprement dit. traverser la coulée d'avalanche un peu verglacé puis remonter vers une nervure en neige. Essayer de ne pas s'arrêter jusqu'à elle, essayer, j'ai dit, j'ai fait au moins trois petites pauses. Objectif suivant, le sérac, qui sépare le bas , du haut du couloir et en marque la moitié. Je remonte, lentement, comme une fourmi, mais les couloirs comme ça, en condition quasi optimale, je sais faire, il faut juste prendre le temps. planter chaque piolet correctement puis monter chaque pied, trouver le bon rythme et éviter les pauses, qui chez moi sont trop fréquentes, mais c'est comme ça.

A gauche j'apperçois ce qui pourrait être une trace. Je me déporte pour voir ... Et oui, à 100 m de la sortie, je trouve enfin une trace de montée. Puré comme c'est confortable, il suffit juste de retaper les pieds. je suis monté 50 m à droite sans la voir !!!

Rien de grave , ça m'a fait du bien de tracer, et ça me fait du bien à présent de suivre. Un passage étroit, en ascendance à gauche, fait que je perds la trace. Je remonte, et hésite entre la sortie à gauche dans la neige et à droite , dans les rochers , mais plus courte. J'opte pour la droite, ça doit passer.

Je progresse dans du mixte relativement facile.

un peu de rocher enneigé sur lequel j'avance prudemmment, un dernier grand pas et me voilà sur la crête. Je retrouve une trace qui mène au sommet, cette courte portion me parait bien longue alors que je suis passé par là il y a 20 ans !

A présent c'est tracé, plus de difficulté.

10 minutes plus tard, me voilà au sommet.

Je fais quelques photos, envoie un MMS à Sandrine avec ma tronche dessus et engage la descente, il ne faut pas trainer, le soleil plombe et avec l'isotherme à 4600 m, ç apeut devenir galère dans les grands couloirs.

Alpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 m

Je file en suivant la trace, bizarre, elle suit la crête en direction du sommet de la petite face Nord

Je finis par filer à gauche pour passer en haut des Grands couloirs entre la Grande Casse et la pointe Mathews, logique. Puis je tire à droite, la neige est bonne, bien dure et cramponne facilement. Ca n'est pas si raide. Je descends pour me retrouver dans les coulées d'avalanche. Je tire au maximum à droite, c'est la consigne des gardiens. J’obtempère !

Au loin, je vois le refuge, et j'ai l'impression que tout le monde m'y surveille (en fait je me fous le doigt dans l'oeil, arrivé sur place, ils me demanderons d'où je viens !)

En bas dans les boules des coulées, la galère commence, neige soupe, archi soupe, archi archi soupe. Quelle idée que cet isotherme à 4600 m dans cette année 2016 polaire ... Je m'enfonce parfois jusqu'aux cuisses, il faut m'arrêter pour sortir mes guiboles des trous. Gros effort. A la fois je m'y attendais; Je finis par sortir des coulées pour retrouver la trace... de raquettes ! je me tiens dessus, au début ça s'enfonce moins. Mais ça reste un exercice physique.

Depuis le refuge j'avais bien repéré l’itinéraire de descente mais avec les traces, ça va être easy !

Je longe les rochers, dans la soupe puis dans les passages raide, je me laisse glisser sur les fesses. Je m'arrête avant que les coulées de neige ne deviennent trop importante autour de moi.

Je progresse, les pieds trempés , forcement.

Un dernier couloir de débrit d'avalanche. Une sorte de rimaye au niveau d'une barre rocheuse nécessite un petit saut. Me voilà sorti.

Le reste est une balade de santé sur des névés un peu profond. Une petite mais trop longue remontée au refuge où je retrouve les gardiens en train de déjeuner.

J'apprends que la cordée de 3 sur la Rechasse a buté malgré son départ à 2 h du mat. Deux excuses annoncées : l'excès de vent ( je sais pas où ils l'ont trouvé) ou le MAM d'une des deux filles (sans doute plus probable)

Alpinisme - Grande Casse couloir des Italiens 3855 m

Un coca plus tard, il me faut redescendre

je file à ski, enfin, je file tout est relatif, il faut d'abord remonter au dessus u refuge skis au pied avant de basculer , mais remonter au dessus des zones rocheuses, enfin ça skie, en dévers, quelques virages, et je m'applique avant de m'arrêter, un groupe de 70 collégiens fait une pause au lac des vaches quand j'y arrive "trop bien les skis" et moi, je pense que pour le trop bien, c'est pas faux, mais 600 m de portage m'attendent, et ça, c'est moins "trop bien"

Je descends, j'assiste à un combat de gladiateur de marmottes. La descente est longue, mais passe bien. il fait une chaleur à crever, l'air est sec.

Voilà la voiture, une étuve, mais j'ai réussi, depuis le temps que je rêvais de faire les Italiens, c'est chose faite !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 > >>