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Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Publié le par Apoutsiak

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Grosse frayeur quand une dalle large de 1 m 50 commence à glisser dans ma direction, juste au dessus de moi, juste le temps de m’aplatir contre la paroi en espérant qu'elle me passe au dessus.

Je suis là pour écrire, le récit complet en dessous...

 

Vidéo :

Topo

Refuge Resegotti :

Se garer au parking de Ponte au Nord d'Alagna Valsesia 1212 m

parking payant

possibilité de prendre la navette pour le bout de la route

même si vous vous sentez en bonne forme, la navette est conseillées la (les) journée (s) sont longues... 1400 m

Suivre la piste qui part en sous bois, en direction Nord Ouest. Elle vient longer le pied d'une barre rocheuse et d'un torrent, on rejoint l'alpe Vigne tout à gauche de la barre avant de revenir vers le Rifugio Barba-Ferrero CAI 2247 m – pause obligatoire !

Ce refuge est incroyable, ambiance jazzy et accueil incroyable du gardien. Une destination en soi.

Passer derrière le refuge et remonter la sente qui louvoie ensuite entre les barres avant de gagner la moraine du glacier de la Cesia (sentier) gagner un replat puis par de grandes dalles rejoindre le glacier. Le remonter direction Nord Est puis basculer vers l'ouest pour venir buter sous le bivouac. Remonter les éboulis désagréables et rejoindre le rifuggio Resegotti 3425 m

Couvertures dans le refuge . Un poêle qui fonctionne, névés à proximité pour l'eau.

 

Cresta Signal

Du refuge bivouac, partir vers l4est en direction du Passo Signal, soit sur la crête soit en contrebas au Sud, ça passe en général assez bien.

Passo Signal 3769 m

On vient buter sur une partie plus raide.

La suite est complexe, un peu flou, on coutourne certaines difficultées par la droite ou par la gauche. Je mets en pièce joitne le topo dessiné, sans être sûr de son exactitude, pourtant il a l'air bien fait. Durant al course on n'a jamais su vraiement où on en était par rapport aux hypothétiques gendarmes.

 

Sortie par l'arête de la cresta et un petit couloir de neige.

 

Descente : par la voie Normale de la Punta Gnifetti

Le téléphérique ramène alors en trois tronçons à Alagna Valsesia

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Récit

 

Elle m'attend

 

Nous voilà à Alagna, traverser le village et trouver le parking, payant... Je déteste les parking payants en fond de vallée. Je trouve que ça entrave ma liberté. C'est sans doute juste mon coté rapia qui ressort.

Bref, je pars en quête de monnaie, mais comme c'est le cas de dizaines de personnes sur le parking, je rentre bredouille. Je finis par aller réserver des places en minibus. Ça tombe bien, c'est 3 € par personne, avec la monnaie ça devrait me faire les 2 jours de parking. Arrivé au parkmètre, je me rends compte que la dame de la cahute ne m'a pas rendu la monnaie correctement. Bref, je n'ai pas assez de monnaie. Je mise tout, tapis dans le parcmètre, même si ça ne suffira pas, à part si on prend un but. Ça fera un petit stress supplémentaire à la descente.

 

Bref on prend un minibus qui nous fait gagner une demi heure, j'ai un peu honte, j'aurai préféré gravir cette partie à pied. Ce soir, je ne le regretterait pas, mais ça, je ne le sais pas encore.

 

Et hop, départ, beaucoup de monde sur cette partie, énormément de randonneurs partis en quête d'un refuge où manger. On se retrouve dans le flot des marcheurs, le sac lourd, le soleil nous assomme, la canicule est là. Premier hameau traversé, première fontaine, on s'abreuve et on refroidi la machine qui déjà est en surchauffe.

Ça repart, le nombre de randonneurs faiblis, nombreux sont ceux dont l'objectif est le refuge Crespi Calderini. Un avantage : le rythme est plus régulier, un inconvénient : je reste toujours un peu fier de marcher au milieu de gens avec un sac garni de matériel technique. Je sais, c'est enfantin, mais c'est comme ça, on ne se refait pas !

Au loin, une jolie jeune fille, aux lignes élégantes. Je vois Benjamin qui allonge le pas. Le bougre ! Comme souvent, je lambine derrière. A la vue de la belle, j’accélère discrètement, avec pour objectif de me retrouver dans les effluves de celle ci. Bon, j'ai beau m'atteler à al tache, je reste à bonne distance. Benjamin, lui, profite du spectacle. J’aperçois même, son œil libidineux devenir salace. Moi, je lambine derrière pour mon plus grand regret.

 

A force d'effort, je réduis mon retard, Benjamin, est déjà loin devant. J'atteins enfin mon but au bout de longues minutes, le visage harassé, la sueur fétide perle de mon corps putride. Pas sûr que mon corps de vieil aventurier fasse l'effet escompté... J'atteins enfin mon but, écrivais je , quand le compagnon de vie de la dame, un grand baraqué aux tatouages imposants lui indique la pause. Je blêmis, tout ça pour ça ! Je n'aurai pas atteint les effluves fleuris, objectif de chacun de ces derniers instants, je repars penaud, je lambine à nouveau derrière...

 

Là haut, elle m'attend.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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Heureusement, le paysage est beau, et je me remets assez rapidement de ma mésaventure. A droite d’impressionnantes cascades, une barre rocheuse coupe l'accès au refuge Barba Ferrero.

Devant, Benjamin, égal à lui même galope, j'en viens à me demander s'il n'a pas déjà repéré une nouvelle gueuse. Rien n'est moins sûr.

 

On remonte sous la barre avant de virer à droite, sur le plateau, pour revenir vers le refuge. Il y a du bruit, beaucoup de bruit, ambiance jazzy, le refuge est incroyable, le gardien aussi, sous cette canicule, des bouteilles de blancs sont rafraîchis dans une fontaine cascade, en dessous, des canettes de coca, une bière, tout cela en libre service. Une corbeille de fruit vient agrémenté le tableau. Il y a du monde, du bruit, l'ambiance est à la fête. On se pause là pour pique niquer. Moi, ma pauvre boite de sardine, tandis que Benjamin s'offre un magnifique panini. Le gardien bien jovial vient nous demander notre objectif : Cresta Signal, le sommet des Français et des Suisses nous lance-t-il

 

L'heure est déjà avancée. Je me souviens de la réponse de Jeff quand je lui est annoncé qu'on partait pour la Cresta Signal : Ça n'est pas très dur, mais la montée au bivouac est hyper longue !
Et nous voilà, quittant ce refuge unique à l'ambiance chaloupée.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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Les premiers pas sont difficiles dans le gazon qui suit le refuge, retrouver la sente, puis la suivre, peu de gens poursuivent au dessus, et ça se voit. On reprend un petit rythme, Benjamin s'est mis dans ma roue, il sait qu'à mon rythme on arrivera en haut, pas vite, mais avec certitude.

Au dessus, les nuages font leur apparition, c'est dommage on aura pas de vue, en contrepartie, on n'a un peu moins chaud, en ces temps de canicule, c'est une chance.

 

La végétation devient moins verte, le paysage devient plus minéral, au dessus, à 4000 m, les nuages sont déjà là. On croise un couple avec deux énormes chiens. « Attention, celui-ci mort » nous annoncent ils sérieusement. Quelle idée de ce balader en montagne avec un chien mordeur au milieu de tant de monde... Ils ne se sont même pas écartés du sentier, nous avons du laisser la place au Cerber.

Court replat au dessus. Le GPS m'indique la marche à suivre. Au loin on aperçoit deux alpinistes qui filent vers la droite sur le glacier. Cool, ça sera tracé.

Quelques dalles nous amènent au glacier, on enfile les crampons. Et zou, reste à suivre les traces, qui partent à droite. Petit doute, Benjamin sort son smartphone, tandis que je consulte la trace GPS de la montre... Les traces de pas partent à droite, le bivouac est à gauche. Qu'est ce qu'ils sont allés faire par là ?

On part sur la gauche, on remonte une pente un peu raide. Deux bouquetins traversent tranquillement au dessus de nous. On repique vers la gauche et on recoupe la trace GPS... Bonne nouvelle on est retrouvé ! Par chance, on retrouve aussi des traces de pas. Sont elles d'aujourd'hui ou d'hier. Je pense plutôt qu'elles datent d'hier mais sans certitude. On avance. Benjamin une dizaine de mètres devant moi. On aperçois le bivouac. La trace vient buter sur la barre rocheuse juste en dessous.

 

On assiste depuis là à l'hélitreuillage d'alpinistes sur le sommet de droite, sommet où sont montés les deux personnes vue sur le glacier deux heures plus tôt. Les nuages nous empêchent de bien voir. A priori, l'hélico n'a pas eu le temps de rapatrier tout le monde...

 

Le passage est délicat, une rimaye puis une dalle gravillonneuse. Tel un chat, Benjamin progresse comme si de rien n'était sur au dessus de l'abîme. Je pars sans conviction, le geste peu sur, je progresse lentement. Si Benjamin ressemble à un chat, moi ça serait plus le pingouin maladroit. Bon, je finis par surmonter l'obstacle. La suite est plus facile même si il faut rester vigilant dans cette barre rocheuse raide.

 

On rejoint le bivouac, il faut accéder par la terrasse et gravir la rembarde. On contourne le bivouac. J'entends que Benjamin salut quelqu'un. Nous ne serons pas seuls ce soir.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

On se pause, on papote avec le guide Suisse et son client. On essaie de comprendre les différents topo qui décrivent l'arête différemment. On se dit que l'autre cordée est là et que c'est signe de beau temps... Eux aussi d'ailleurs, pas sur que notre prévision soit fiable... On profite de l'eau déjà fondue. On mange et on se couche.

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3 h 10, le réveil sonne, la partie dortoir du bivouac reste assez spartiate, humide... Je m'habille et je file déjeuner. Enfin , déjeuner est un bien grand mot, je grignote trois gâteaux secs en buvant un peu d'eau à la boisson énergétique. Je peaufine mon sac. Dehors, il ne fait pas beau. Le guide, qui est sorti le premier, a vu une partie de ciel étoilé, puis ça s'est bouché. Le ciel est sombre, dans la plaine du Pô on aperçois des éclairs, beaucoup d’éclairs... C'est pas gagné.

Le guide et son client partent devant, nous sommes 5 minutes derrière. La première partie est facile, une arête en pente douce avec un gros névé qu'il faut prendre soit sur le fil , soit dans la pente en dessous, rien de bien méchant. Je suis devant, je laisserai Benjamin se taper les passages d'escalade extrême (enfin extrême pour moi parce que Jeff il a dit qu'il n'y avait pas de difficulté, mais méfiance... Jeff, il est très fort ! )

 

20 minutes après le départ, on rattrape l'autre cordée. Les éclairs nous entourent de tout part, le spectacle est assez impressionnant. Chacun essaie de choper du réseau pour consulter la météo. Forcement le guide y parvient le premier. C'est pas pour rien qu'il a eu son diplôme. A priori, c'est bon pour ici. Il y a 20 ans, j'aurais fait demi tour direct. Le orages s'approchent, sur une arête engagée comme celle là... Je ne suis tout de même pas sûr qu'on prenne la bonne décision.

 

Mais on repart, sur cette arête facile. On passe le petit sommet avant de redescendre au col, les Suisses nous ont pris 5 minutes. J'essaie de repérer par où ils passent, ça nous évitera d'avoir à chercher.

 

Plus haut, elle m'attend.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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Et c'est repart vers le haut, la grimpe est facile, la vue est jolie, l'arête enneigée en dessous, au dessus , c'est rocheux et moins élégant. On grimpe, on suit des vires, l'escalade au départ n'est jamais difficile. Par contre, rien n'est bien distinct. Il est difficile de retrouver les détails décrits dans le topo. On avance pour venir buter sur un premier obstacle. Benjamin le franchi avec brio ! J'avoue que je suis un peu apeuré par l'obstacle. Je franchi cette partie plus en rampant contre les parois qu'en grimpant. Le bourrineur des alpes , l'usurpateur des 4000 a encore frappé. Je suis passé.

Et on grimpe, de droite puis de gauche. Ça fait longtemps qu'on ne voit plus les deux Suisses. Nous sommes livrés à nous même. Il y a 3 gendarmes « caractéristiques » décris dans le topo, le problème c'est qu'on ne sait pas si on est au premier, au second ou au 3ème. Ça nous fait hésiter régulièrement sur le chemin à suivre.

On rejoint en Nord une partie en neige. Ça fait déjà 4 ou 5 fois que l'on met puis qu'on enlève les crampons. Hésitation, encore, j'hésite à remettre les campons pour une portion qui semble courte. Je vais voir, mais la prudence me fais redescendre. Hop on chausse, on remonte, on a bien fais de cramponner, la glace n'est pas loin, les rochers non plus. Les crampons crissent mais on avance.

On opère une traversée sur la gauche. Une grande vire, on descend comme on peut. Et là , deux choix s'offrent à nous : soit un dièdre à gauche, soit une dalle à droite avec un spit. Bon, ben le spit attire, on remonte jusque là. Rejoindre le spit n'est pas chose facile. Pente gravillonneuse et exposée. Je rejoins Benjamin, la suite semble bien dure, trop dure. On décide d'aller voir de l'autre coté, ou comment perdre 20 minutes dans une hésitation. Je repars vers le bas, re-pente gravillonneuse exposée.

On rejoint le pied du dièdre. Benjamin se lance. Au pris d'un gros effort, il force le passage et installe un relais au dessus. C'est mon tour. La vache, c'est peu prisu. Je pars un pied à droite l'autre à gauche. Mes mains cherchent vainement de gros baquet comme prise. Il faudra se contenter de trucs fuyants... je déteste. Une fois de plus, je rampe. Je bourrine comme un sourd avec les bras, tandis que mes jambes cherchent à trouver d'inexistantes prises. Je suis plus une limace qu'autre chose, mais une limace en difficulté, ma bave n'adhère pas.... Le souffle court, je parviens à surmonte le dièdre. Je m’étale de tout mon long au dessus, je suis passé. Je ne suis vraiment pas un bon grimpeur, faudra que je travaille là dessus ! Bon, bref, je suis passé. Il faut repartir, alors on avance, lentement mais on avance.

 

Un peu plus haut, on se retrouve sur une vire en rocher pourri. Nouvelle hésitation, Benjamin décide de passer au dessus de moi avant de tirer à gauche. Il remonte à ma droite puis traverse au dessus, il met le pied sur une grosse dalle 1 m au dessus de moi. Une bonne grosse dalle de 1m50 sur 2 m. Mon regard perçois le léger mouvement de celle ci. Elle glisse au dessus de moi, je suis direct dans l'axe. Deux solutions s'offrent à moi : soit me déplacer de 2 m sur la droite, solution qui risque de prendre trop de temps ; soit me baisser et me coller à la paroi, la dalle pourrait me passer par dessus, solution rapide mais au résultat incertain. De toute façon, pas le temps de réfléchir, c'est plus un reflex qu'une réflexion, je me couche le long de la paroi. Me calant contre la roche. Dans un fracas la dalle tombe. Elle passe au dessus de moi, mais je ressens une douleur sur la cheville droite. Je hurle. Je me retourne, la première douleur est violente. Me voilà allongé sur le dos. Je ne sais pas quelle est l'étendue de la lésion. Je bouge le pied doucement. À priori, ça fonctionne, il n'y a pas de fracture... Ouf ! Je reprends mon souffle. J'essaie de rassurer Benjamin, mais je ne suis pas encore debout. J'ai encore bien mal, je ne comprends pas comment la dalle n'a pas brisé tous mes os en tombant dessus. Je me relève, lentement, il y a une petite douleur, mais rien de catastrophique, à priori pas d'entorse ! Quelle chance. Je lis dans le regard de Benjamin toute son inquiétude. Je le rassure, ça devrait aller et il n'est pas responsable. C'est juste un coup de malchance.

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On repart, la douleur s'estompe. Je boite à peine. C'est un miracle que la roche n'est touché que mon talon, c'est également un miracle que je parvienne à marcher. La dalle m'attendait, je vous l'avais bien dit ! J'essaie de comprendre, comment se fait il que je m'en sorte indemne. Les questions se bousculent. Est ce que je n'ai pris qu'un autre bloc plus petit sur le pied. ? Avais je le temps de me décaler sur la droite ? Je sens que Benjamin tergiverse. Il se sent responsable, il n'en est rien. On avance dans ces pentes monotone. On remet pour la nième fois les crampons. Des pentes de neige, tracées forcement, les Suisses ont passés par là. Pour le coup on avance bien, on rejoint des dalles faciles puis le fil de l'arête, à gauche dans les nuages, le refuge Margherita marque le sommet. On attaque la partie finale par de l'escalade facile. Benjamin part à gauche. Ça ne passe pas. Il me propose de repasser devant, je m’exécute, ça me fera du bien. Je contourne un gros bloc par la droite puis une pente de neige permet de gagner le plateau sommital. Je me moque de Benjamin qui m'a laissé passer devant pour ça ! On se retrouve heureux de cette jolie sortie au rocher délicat !

 

Reste juste un bout de glacier en dévers pour rejoindre la cabane. On progresse dans un joli paysage, la pointe Dufour à droite, le Lyskamm devant. Reste quelques mètres et nous voilà sur la terrasse du refuge. Le soleil a fait son apparition pour les derniers mètres ! Magnifique !

On prend le temps de se pauser, de faire quelques photos et de discuter.

Que faire demain, ?

On est à peine arrivé qu'on se demande quoi faire demain.

Bon la raison est simple, la météo n'est pas bonne.

 

On décide de manger au refuge et de checker la météo pour faire le point.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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Benjamin commande un bout de pizza, il fait chaud dans le refuge. Les gardiens ont l'air blasés. Mauvais signe, le refuge a l'air de se vider.

Effectivement, la météo n'est pas bonne, demain est annoncé pourri, on ne pourra pas faire grand chose. Soit on reste sur place et on passe la journée à glandouiller , soit on redescend pour trouver un autre objectif et on se repose en bas. (Au départ on avait pensé faire soit la traversée du Lyskamm, soit l'ensemble des 4000 qui descendent sur Gnifetti)

Bon on décide de descendre, notre projet d'ascension du Cervin a du plomb dans l'aile, pas question d'aller sur les pentes du Matterhorn s'il y a de la neige fraîche en quantité. Cette année pour moi , c'est la loose, il fait grand beau tout le temps, sauf quand je pars en montagne, et je suis obligé de jouer avec des systèmes météos compliqués.

 

1 h après on est sur le glacier et on croise une cordée des pays de l'Est. Chargés comme des mules ahanant sur la trace. Ils progressent peu, on les voit le plus souvent.. à l'arrêt pour récupérer du pas précédent (je me moque , mais il y a un peu de vrai)

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

On avance, on sent que le temps tourne. Les nuages s’amoncellent et on n'a pas envie de jouer à chercher la trace sur cet immense glacier trop crevassé.

Je galope donc, observant les 4000 alentour et regrettant de ne pas pouvoir en gravir un ou deux au passage. On passe sous les séracs avant de remonter vers le Lisjoch. A la descente je suis devant, et oui, je ne suis pas un bon grimpeur, mais comme bizuth suicide testeur de crevasse, je suis un champion. Au col hésitation, petit coup de GPS, la trace de celui ci part à gauche alors que la trace à pied semble partir à droite. On joue la sécurité, on part à gauche, en fait , ça va nous faire un détour par le bivouac Giordano et le pied de la pyramide Vincent, rien de bien grave. On laisse le joli bivouac et ses crevasses d'accès, avant de basculer. Au loin, la Punta Giordani me fait de l’œil, le seul 4000 gravi en famille avec tous mes enfants ! Un grand souvenir même si l’ascension en elle même n'a qu'un intérêt tout relatif ! Bref, je profite de la vue dégagé sur notre 4000, avant de poursuivre la descente. On rejoint une cordée qui monte. Le premier me demande l'altitude, en italien. 4000 m , c'était leur objectif du jour. Ils décident de faire demi-tour

 

Nous on poursuit, on récupère l'axe du glacier. En dessous une zone hyper crevassée, 4 grosses crevasses, la dernière est énorme. Plusieurs cordées la traversent et s'arrêtent juste après, on ne sait pas trop s'ils sont sur la première ou la seconde. Regroupement général. Incroyable, inquiétant, ils ne savent même pas s'il y a un pont de neige à cet endroit là. On arrive, je me décale et je décide de leur expliquer qu'ils devraient s'espacer et ne pas rester là (ils sont au moins 12, tous serrés et une autre cordée de leur groupe arrive) Je bafouille en Anglais en leur faisant des gestes, il faut qu'ils s'espacent, c'est dangereux de rester comme ça ! Bon avec mes gestes c'était plus intelligible que juste mon anglais. Le chef du groupe me lance un « ouai ouai » , genre « ouai ouai je gère », mais il ne change rien...

On continue étonné de ce comportement. On poursuit de crevasse en crevasse. On tire à gauche et ça continue, on en longe, on en traverse. Il fait gris à présent. On remonte légèrement pour passer au dessus de Gnifetti, Benjamin négocie une pause, je lui accorde.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

La pause est courte (oui ,je ne suis pas un grand fan des pauses, et encore moins des pauses longues : la pause, ça ne sert à rien , ça casse le rythme!)

On repart sur cette petite glace vive assez désagréable à cramponner. Et bim, Benjamin se tort la cheville ! Flûte. On s'arrête, il râle un peu. Pas sûr qu'il puisse marcher demain si c'est nécessaire. Flûte on a notre projet de Cervin ou d'autre 4000 à gravir.

Je repars, un peu plus lentement. Benjamin marche prudemment mais il marche. On se retrouve dans le brouillard, on a coupé le passage par Gnifetti en prenant par la glace (ça évite les barres rocheuses) mais avec le brouillard ,je je ne suis pas hyper sur de moi, heureusement il y a des traces. On retrouve les rochers, on peut enfin enlever les crampons. Pour la suite, je sais qu'il faut prendre par des vires, et instinctivement, je trouve le début de la via ferrata, non visible depuis le sentier. Et c'est parti pour une partie plus physique, chute interdite. Pas plus interdite qu à 4000 m , mais interdite tout de même, quoique je préférerai mourir au dessus de 4000 m qu'en dessous, je trouve que ça fait plus prestigieux ! ( je sais, ça ne sert à rien, mais bon, cette idée me trotte dans la tête depuis un moment, alors je vous la livre )

 

Bon on descend dans des échelles, des barres pour se retrouver sur des vires. Je me rends compte que ça n'est plus la voie de montée. Je n'en dis rien à Benjamin, qui semble être dans le dur . Sa cheville endolorie y est sans doute pour quelque chose. Vire à droite, je merdouille pour trouver le bon itinéraire. Ça fulmine dans mon dos, mais étant donné que ça a été bien élevé, je n'entends rien. On retrouve le sentier, enfin sentier, il y a quand même de gros blocs à descendre et de grands pas à faire avant de rejoindre le glacier. En glace vive, parfois bien glissante. Il faut rester concentré. Benjamin s'inquiète. On ne voit pas la gare de téléphérique pourtant toute proche. Je le rassure. On poursuit la traversée du glacier puis une courte remontée avant de sortir du glacier et de rejoindre la benne. On achète nos billets. Puis on prend le téléphérique. A la station intermédiaire, il faut de nouveau acheter des billets. La vendeuse interpelle le cabinier lui demandant de nous attendre. Et ben pas cool, il part avant qu'on le rejoigne, il faut encore attendre. J'n profite pour rechercher un hébergement pour la nuit. 20 bonnes minutes plus tard, nous sommes dans sa benne. Un petit coup de télécabine plus tard on rejoint la station. Je laisse Benjamin et file à pied récupérer la voiture, bien loin à mon goût tout au nord du village...

 

Reste juste à récupérer Benjamin et à rejoindre notre hôtel.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

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Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Publié le par Apoutsiak

L'arête Sud du Täschhorn est superbe

je l'avais déjà parcouru il ya 10 ans lors de notre traversée Täschhorn Dom

Je me souvenais d'une ascension rapide.

Ben aujourd'hui, ce fut long , très long ! (mais superbe !)

Presque sans fin

 

Vidéo

Topo

Topo Mischabeljochbiwak

De Täschhalp (2200 m) remonter légèrement la piste en direction  de la Täschhütte avant de prendre une sente qui permet de longer le torrent de Rotbach (attention, la sente n'est pas tout le temps hyper visible)

Rejoindre la piste vers 2500 m et revenir vers le torrent, on emprunte alors le sentier qui longe le torrent en rive gauche tout en suivant la moraine. Le sentier tourne en direction du Weingartensee. Ne pas rejoindre le lac mais suivre la sente qui remonte le vallon (sur la bosse) .

Repérer le point 3481 m et la vire qui se situe en dessous (cairns) suivre cette vire horizontalement. Pour sortir, continuer sur la gauche et contourner un éperon avant de remonter dans un couloir qui longe un torrent (le couloir présente des gravillons ) traverser le torrent et remonter la sente qui ramène au glacier.

Remonter le Weingartengletscher soit en restant en rive gauche au départ et en traversant les séracs, soit en allant chercher le centre du glacier et en le remontant au mieux.

Le glacier est très crevassé, méfiance (surtout à la descente quand il a bien chauffé)

Remonter en suite le glacier en rive droite et rejoindre le Mischabeljoch 3847 m puis le Mischabeljochbiwak auquel on accède par des échelles qui sont situés en dessous de lui.

Le bivouac est très bien équipé : poêle bois allumettes ustensiles de cuisine 20 lits couvertures et même des livres et des revues.

 

Topo Täschhorn

Depuis le Mischabeljochbiwak, redescendre l'échelle et traverser le col. Remonter versant Est de l'arête. (pieu au départ) Bien suivre les cairns qui indiquent parfaitement le chemin à suivre, soit versant Est soit sur le fil. On arrive à un grand gendarme qu'il faut contourner par la droite (Est) Remonter ensuite l'arête pour parvenir à un replat (4200 m) passer les quelques antécimes , traverser un couloir de glace et gagner le sommet par l'arête Est du sommet (la fin du parcours n'a pas été parcourue lors de cette ascension, et je ne me souviens plus de notre premier passage malheureusement)

descente :

  • soit par le même itinéraire,
  • soit par la Kinhütte (attention, un viaferrata en cul de sac pour cette descente et un glacier méga crevassé vous attendent)
  • soit en traversant sur le Dom
Topo descente du Täschhorn par la Kinhütte - source camp2camp

Topo descente du Täschhorn par la Kinhütte - source camp2camp

Récit

De retour de notre périple au Lauteraarhorn, j'ai un doute. Benjamin veut faire le Täschhorn, mais je ne le sens pas. Je lui propose tout un tas d'autres courses, notamment la traversée du Blumlisapl qui semble en condition. Il y a trop d'inconnu pour moi, le bivouac est officiellement fermé pour cause de Covid (on ne sait même pas s'il est ouvert) l'arête qui ne sera surement pas tracée. La neige qui risque d'être trop présente, les températures qui sont élevées.

Benjamin a insisté, on est quand même parti pour le Täschhorn

Je propose à Benjamin de dormir à Täschalp, pour partir tôt et monter au refuge par le Weingartengletscher dans de bonnes conditions. Le glacier a la réputation d'être crevassé.

On covoiture pour rejoindre le parking. Benjamin installe sa méga tente, tandis que je dors dans la voiture. Il pleut, on mange comme on peut et on se couche tôt. Demain, la montée au bivouac est déjà une course.

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Le réveil étant à 4 h 30, on déjeune, on balance la tente dans la voiture et à 5 h 10 on est parti dans le brouillard, moral au beau fixe, mais dans le brouillard quand même.  On remonte la piste puis on trouve une vague sente après avoir allumé le GPS pour vérifier la trace. La sente devient par moment sentier, Le sentier est bucolique, des fleurs de toutes les couleurs, des arbustes, on réussi à passer au dessus du brouillard, vue magique , du Cervin au Weisshorn avec une énorme mer de nuage qui fait la course avec nous. Le sentier est efficace, on réussi à gravir 450 m en une heure, le rythme est bon, on a quand même pas mal de matos sur le dos.

On fini par gagner la course avec les nuages, c'était pas gagné, ils n'arrêtaient pas de monter. On se retrouve sur une vilaine moraine avec un sentier un peu raide, mais on avance et on rejoint les pentes au dessus du lac au bout de 2 h. Petite pause pour faire le plein d'énergie et profiter du paysage...

On poursuit alors vers le Crux de la journée. Il faut d'abord rejoindre les névés, tout en longeant de loin la Rotgrat de l'Alphubel, gravie en 2007 avec Helmuth et Stinj

Les névés gagné, on remonte les portions raides en passant par les rochers puis on sort les piolets pour une traversé de névés qui permet de rejoindre la vire. Le début de la vire est rando, puis, plus on avance, plus ça devient technique. Hésitation, je fais sournoisement passé Benjamin, meilleur grimpeur que moi, devant...

 

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Après une première tentative dans une dalle bien trop difficile, on décide de partir sur la gauche à flanc. Benjamin contourne un éperon avec brio, je le suis comme je peux. Le style est moche, heurté, haché, mais je passe, là ou Benjamin avait survolé le passage. Bon je suis passé,  et là est le principal. Ensuite on remonte une dalle peu prisue, pleine de gravillon, le rêve. On fini par traverser et gagner la sente qui rejoint le glacier... Mon domaine !

 

On enfile les crampons et je repasse devant, les crevasses, même pas peur, je ne suis pas comme ma petite femme qui passe son temps à les sonder (voir la sortie traversée des Dômes de Miage d'il y a 15 jours où Sandrine avait tenter de sonder les entrailles du glacier... )

Bref je pars devant, Benjamin, 15 m derrière, comme dans les livres, parfait. Au départ on suit une vieille trace, qui s'efface par moment de façon étonnante. Je vise les endroits qui me paraissent les plus "safe" sur ce glacier qui a mauvaise réputation. Heureusement on est en début de saison et on est parti tôt, ça n'est pas très compliqué de trouver  un itinéraire. On voit quand même les perfides crevasses et leur légère dépression de terrain qui lézardent le glacier...

A gauche, des crevasses, à droite, des séracs, on vient buter sur une crevasse plus grosse que les autres. Je choisi de la contourner par la droite, puis je traverse, ça passe, au dessus, il y a encore 3 vaguelettes de crevasse puis plus rien (le terme de vaguelette ne préjuge en rien de la non dangerosité de la crevasse , NDLA)

Le soleil chauffe déjà, l'avant de mon crampon gauche botte, il fait chaud, on cuit. Le col qui paraissait si proche, s'éloigne à chaque pas, à moins que ça soit un mirage. Finalement notre ténacité aura raison de lui, le col se dévoile et la vallée de Saas, le Fletschhorn, le Lagginhorn et le Weissmies.

Je décide de filmer Benjamin tandis qu'il monte au bivouac par les échelles.  Une fois arrivé en haut, il tente vainement d'ouvrir la porte du bivouac, "C'est fermé !"  me lance t'il.

Streeeeeessssss

On avait envisagé cette hypothèse, sachant que les bivouacs sont sensés être fermés durant la période de Covid. On avait même évoqué cette hypothèse et j'avais dit, on bivouaquera dans nos sacs à dos. Ça le fera. J'aurais quand même préféré dormir dans le bivouac.

Heureusement, Benjamin se rend compte qu'il a manipulé les poignées à l'envers, le bivouac est ouvert, je le rejoins. Ouf !

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Le temps de faire une pause, pour manger un peu, j'avoue que je suis pressé d'aller faire une reco sur le sommet comme précisé dans les topos. Benjamin est moins chaud, mais vu qu'il est poli, il fini par venir.

On redescends l'échelle et je pars devant. J'avoue que je m'en suis pas mal sorti, de cairn en cairn, de sente en sente, d'une pente d'éboulis à une autre entrecoupée d'un petit passage d'escalade. Restant parfois face Est, parfois sur l'arête. La vue est superbe, le rocher est chaud, quel bonheur de grimper dans ces conditions. J'avance pendant une heure, je passe une section de neige, puis une autre, et je viens buter sur un menaçant gendarme. Je fais demi tour à son injonction et déclare la reco terminée. On fait une pause sur dalle, face à l'Alphubel qu'on a gravi il y a deux mois. Nos traces sont depuis longtemps effacée ( à se demander si elles ont été jamais écrite)

On repart pour la descente. Et même si on se fourvoie par moment, les cairns nous ramènent dans le droit chemin. On rejoint le col, et le confort du refuge.

Pendant que , telle une frénétique abeille, je m’occupe de mille taches, Benjamin part pour une sieste. Je crois que je l'ai saoulé. J'allume le feux, l'alimente, fais le plein de bois en allant le chercher à l’extérieur, fais fondre la neige. Chercher de la neige derrière le bivouac, la tasser, la ramener, la mettre sur le feux, vérifier le foyer...

Je finis par avoir une quantité d'eau appréciable.

Le refuge est bouillant, le bois est sec, il chauffe bien, trop bien, et le poêle ne permet pas de régler le tirage... Je finis par faire une petite sieste. L'heure du repas est là, les doutes reviennent.

Je prends la météo suisse qui annonce un isoterme 0°C à 5000 m. Non, pas ça, pas maintenant. Mon cerveau a du mal à intégrer cette information, l'isotherme, ils l’annoncent pour la  nuit ou pour la journée ...

Sur météoblue ils annoncent  -7°C au sommet du Dom cette nuit.

Je fais le point avec Benjamin. Les cordées mettent en général 3 h 30 pour atteindre le sommet. En mauvaise condition ça peut prendre 5 h max.

Je sens que mes doutes me reprennent, ce satané mal des rimayes que je traine depuis 3 jours. Pourtant ici, de rimaye, il n'y a point.

Je file au lit avec mes doutes...

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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3 h 30, le réveil sonne. La chaleur du feux est depuis longtemps partie. Les gestes matinaux sont réglés pour ne rien oublier. Ranger le lit et ramener les affaires dans la cuisine, s'habiller, déjeuner, mettre son matos. Il fait beau, c'est la pleine lune, 100 % a annoncé ma montre. Je mange mes gâteau du matin. Un petit thé et c'est parti. On sort encordés du refuge. Descendre les échelles et ne pas s'en coller une pour rejoindre le col, tout est verglacé et la corde qui sert de main courante est en lambeau...

Je pars devant, comme hier, je m'en étais bien tiré, je ne vois pas pourquoi ça ne se reproduirai pas. Il est 4 h 10 et le soleil point déjà derrière le Weissmies. J'avance à un bon rythme en mettant des protections aux endroit que je crois opportun (quand j'en trouve).

Je louvoie entre la face Est et l'arête, au gré des cairns. La frontale les éclairent un par un. Je me retrouve dans l'ombre du grand gendarme et pourtant il fait nuit. Et comme un cheval devant l'obstacle, je me cabre. Je ne vois pas de solution. Rapidement, je laisse Benjamin passer devant, il semble plus lucide que moi. Il contourne la bête. Je le suis, plein de doute.  Le mal des rimayes est bien là, et je ne sais pas pourquoi. Je ne l'ai jamais eu à ce point là. Le passage sous le gendarme est désagréable, en léger dévers, le sac frotte, les crampons crissent. On remonte sur l'arête, la neige, Benjamin prend un bon rythme. Rien n'est tracé. Il reste juste de vielles traces par endroit. On va devoir tout se taper, surtout Benjamin. Pourtant c'est magnifique, l'arête est fine, on la gravi parfois à l'ouest, versant Täsch, parfois à l'Est versant Saas. C'est spectaculaire  mais c'est ce que j'aime. La vue est splendide. Mais mon envie est restée accrochée sous le grand gendarme. Benjamin me demande même si je veux faire demi-tour. Je décline la proposition alors qu'une partie de moi souhaiterai être ailleurs qu'ici.

Benjamin progresse, le sommet est loin , très loin, le temps passe, et même si on va vite, la progression n'est pas très rapide tant on perd du temps à tracer, à choisir ou ça passe.  Mais je finis par croire qu'on va arriver au sommet, je sens la motivation de mon accolyte.

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Je consulte la montre, 3 h 30 qu'on est parti, on va de ressaut en ressaut, rencontrant des difficultés à chaque passage sans que ça soit irrémédiable. L'alti me donne 4150 m, on n'est peut être un peu plus haut, je ne l'ai pas recalé au bivouac.  Plus on monte, plus il y a de neige. Le paysage est superbe. Le sommet reste inquiétant, on n'a pas bien compris la fin du topo : traverser un couloir de glace puis remonter l'arête Est du Täschhorn, on n'est pas sur de notre coup. Alors on grimpe en regardant le boucler final, essayant d'y imaginer un passage, ça serait si facile si c'était tracé.

On va de bosse en bosse, ça monte, ça descend, Derrière chaque bosse il y a une autre bosse.

On parvient à une corniche. Benjamin hésite il la tapote avec son piolet, sans gros résultat et finit par  me demander de passer. Je suis content, on fait appel à moi quand il s'agit de bourriner... Ma spécialité. C'est mon talent. Je commence par y aller au piolet puis avec de grands coup de crampons et le tour est joué. Je suis tout de même content de passer devant et de ne pas subir ce mal des rimayes. Je trace 5 minutes, je  consulte ma mon alti, déjà 4 h 22 qu'on est parti.

Je regarde le sommet, si loin, le temps de tout tracer... à mon avis 2 h et minimum 1 h pour revenir ici. On va exploser l'horaire et la face Est qui chauffe à vu d’œil, on a déjà vu plusieurs avalanches. Je crois qu'on a assez joué. Il est trop tard, il fait trop chaud, rien n'est tracé. Il est prudent de rentrer !

On s'octroie une pause ou on papote. La décision est collégiale. La prudence engage à faire demi tour.

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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C'est reparti dans l'autre sens. Benjamin devant, fait la trace dans une neige qui se dégrade minute après minute. En face Est on s'enfonce jusqu'au genou, sans trop savoir si tout va partir sous les pieds. Le retour va être long. Benjamin peste, il a plein de neige dans les chaussures. J'avoue que je suis soulagé de ce demi tour, mais je ne serai tranquille qu'au refuge, voir sous les vires...

On progresse lentement, il faut repasser chaque petite bosse. Le col est  au fond, tout au fond, bien loin.  En face ouest, ça va encore, on s'enfonce à présent, mais la neige est correcte, quand on passe à l'Est, elle est trempée , sans consistance. On ne peut même pas espérer que nos traces de montée tiennent. Le gendarme est encore bien loin.

On avance dans la chaleur. Le paysage est magnifique et j'avoue que je profite de certains moments pour faire de jolies photos. Au loin on voit le monde au sommet de l'Alphubel.

Mais je reste concentré. Le terrain est délicat et le gendarme s'approche. Le stress également. Quand on est au dessus, je vois une vieille trace qui pars à gauche, alors que notre trace vient de la droite. Je propose à Benjamin de la suivre. Il s’exécute en pestant "c'est pourri". Je le rejoins puis il plonge à l'Est, il passe une dalle en m'annonçant que c'est mal commode.  Je ne le vois plus quand vient mon tour. Je remonte en longeant le pied du gendarme, je décide de contourner le bloc dalle, qui passe très bien par la neige, j'ai contourné sournoisement cet obstacle; on avance et je me rends compte qu'on est passé du coté clair de la force, le gendarme est derrière nous . Yes, soulagement ! Aujourd'hui, je n'étais vraiment pas  dedans ! Nouvelle pause, on n'en a pas fait beaucoup, puis je repasse devant pour nous guider dans la partie sans neige. De cairn en cairn je ramène notre cordée vers le col, puis vers le bivouac. Une cordée en est à l'approche en provenance de l'Alphubel.

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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On se fait chauffer de l'eau pour un thé.

La cordée entre, Un guide et son client, des Suisses Allemands des grisons. On leur propose à boire. Ils sont surpris de voir le bivouac ouvert. Ils viennent de la Langlfluh (Saas) sont montés à l'Alphubel et compte descendre à la Taschhutte (2700m) pour remonter ici demain et faire le Täschhorn dans la journée. Quelle bambée. D'autant plus qu'ils sont ici... maintenant ! Leur projet me parait incroyable, c'est déjà si long depuis ici, mais pour le coup, ils auront la chance d'avoir nos traces. On donne quelques infos au sympathique guide sur la voie et les conditions. Ils finissent par partir pendant que nous nettoyons le bivouac.

Et ça m'arrange, je ne voulais pas jouer les bizuths suicides sur le glacier crevassé. On les voit par la fenêtre traçant avec difficulté la neige soupe  du glacier. Un peu plus tard, on quitte nous aussi le charmant bivouac.

Descente des échelles et attaque du glacier, sans crampons, on se doute que ça va être "soupe à la grimace" J'avance d'un bon pas, mais Benjamin trouve que c'est trop rapide, j'essaie de ralentir le pas 5 minutes avant de retrouver mon rythme.

On avance et on voit notre trace de montée qui part à gauche, tandis que la trace de la cordée part à droite. A gauche, c'est une trace faite par mes soins à un horaire différent, il va falloir retracer. A droite, nos amis auront eu la courtoisie de tester les éventuels ponts de neige. J'avoue que j'aimais bien ma trace de montée , mais pas au point de vouloir la retester en mauvaise condition. On suit donc la trace de la cordée qui va contourner la grosse crevasse par la droite. Et ben leur solution n'était pas géniale géniale (ils nous ont dit qu'ils avaient repéré le tracé depuis le sommet de l'Alphubel) Bon maintenant qu'on y est, on ne peut plus rebrousser chemin. En contournant la grosse crevasse, on  passe sans doute sur un pont de neige, la crevasse n'est pas loin, on ne traine pas. Arrive plus bas un premier trou : l'un des deux a mis son pied dans une crevasse. Je l'annonce à Benjamin et j'opère un petit saut. On poursuit, tout en traversant le glacier vers la gauche. Et là, je vois un énorme trou ! ils ont du se faire peur : le trou fait 1 m de large, la crevasse est large et profonde, de notre coté on ne peut savoir où est exactement le bord. Dans ces cas là, ne pas tergiverser, il faut avancer . J'annonce l'obstacle à Benjamin, je prends appui sur la trace de ce coté ci de la crevasse (mais pas trop) , je saute, et hop me voilà de l'autre coté. J'avance un peu, une autre crevasse s'annonce, elle est bouchée, mais le ressac a tracé son contour. Malheureusement je vais être dessus quand Benjamin sera sur la grosse.

On se parle pour synchroniser les mouvements. J'attends le top départ tel un champion de formule 1. Des qu'il annonce j'avance, Benjamin fait un énorme saut, il termine en roulé boulé loin du trou (peut être a t'il battu le record du monde de saut en longueur à cette occasion, personne ne le saura jamais, je n'ai pas eu la présence d'esprit de mesurer le saut...) Bon, c'est passé.

On repart, j'avance, traversée légèrement descendante, mon pied gauche s'enfonce , je bascule en avant, flûte, une crevasse, je tente de me relever ,l'autre pied également dans un trou, la même crevasse, je bascule sur le coté, c'est pas rigolo. On était dans le sens de la crevasse. Invisible avant notre passage, l'autre cordée est passée sans dégâts.

Je comprends que l'autre cordée a mis les crampons, comme des moutons, on fait pareil.

Et hop on repart, vers la gauche, ils ont traversé les séracs. D'où les crampons. On les suit, de toute façon il n'y a plus aucune trace de notre montée. On aborde le passage avec prudence. Un peu de glace, de la neige, des trous, tu ne sais plus ce qui est une crevasse ou un pont de neige, de la glace ou pas. Un léger stress parcours la cordée. J’essaie de conseiller Benjamin au mieux.

Je suis la trace tout en vérifiant les endroits où j'ai des doutes. Passage peu agréable d’autant plus que j'ai été échaudé.

On fini par sortir sur la gauche dans des névés sympathique. A coté du glacier, tout parait sympathique et on rejoint la cordée des Suisses pour partager nos déboires glaciaires. Ils finissent par partir en empruntant le dos de l'éperon, tandis que nous avons décidé de partir par la vire, coté Sud (comme à la montée) Je descends une sente, je traverse  un ruisseau , une vilaine dalle non prisue m'accueille. "Coucou Guillaume, comment va ton mal des rimayes ?" me lance t'elle. Elle me parle ! J'hésite, le stress monte, Benjamin m'assure, sur du gravillon ,juste la corde à la main, autant dire que c'est du solo, si je pars, je l'embarque. J'hésite, je refais le geste à faire. Je finis par me lancer, une goutte de sueur perle sur mon front, zero prise, juste en adhérence, rien pour les mains, mon rêve... Je crois que je préfère re-traverser le glacier méga crevassé de tout à l'heure. C'est tout dire !  Mais je passe, le style n'est pas là, mais le résultat, lui, y est ! Je parviens à trouver un béquet pour assurer Benjamin, qui lui virevolte, et passe en deux secondes... je suis vraiment une bille, un usurpateur. Il faut descendre à présent. Hop je repasse devant, la dalle m'annonce "tu ne passeras pas, tu ne passeras pas, si tu tombe, c'est la chute, si tu chutes, c'est la tombe. " Effectivement, il y a du gaz, maladroitement je redescends comme je peux, je sais que le salut n'est pas loin. Enfin la vire. Benjamin me demande de l'assurer, je suis en bout de corde, pas un béquet pour mettre une sangle, pas une fissure où placer un friend... Je lève les yeux, et là, le spit, le spit décrit dans le topo est juste au dessus de ma tête ! Je fais venir Benjamin et lui fait part de ma trouvaille ! Je suis enfin soulagé, le mal des rimaye est passé, je me retourne, je vois la dalle qui fait la gueule, mais je sais qu'elle sera là la prochaine fois, à m'attendre et à me mettre la pression. il y a des jours et des lieux comme ça ! Je file sur la vire et on rejoint le névé

Pour une descente sur les fesses d'anthologie, pas sur que le fond de pantalon en Goretex est apprécié, les petits cailloux judicieusement disséminés sur le névé. On s’octroie une pause un peu plus bas. Benjamin espere secher ses groles complètement trempées, j'ai peu d'espoir !

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Je pars devant, rejoindre un cairn. Benjamin me rejoint, et on attaque la descente, qui il faut le dire, est efficace. Après avoir descendu en ramasse un dernier névé. On chope le sentier et on descend la moraine, le long du torrent qui charrie toute  la neige fondue du glacier. La descente est rapide, on papote, on discute de la prise de décision. Qu'est ce qui nous a fait faire demi tour. Et si ç'avait été le 82ème 4000, que l'hiver s'annonçait et que c'était la dernière fenêtre de beau temps, serait-on allé au sommet. Bien entendu, on n'a pas de réponse, mais prendre la mauvaise décision  pour une mauvaise raison, ça arrive malheureusement parfois. Aujourd'hui, ça serait peut être passé, mais on aurait eu une descente vraiment compliquée, et sur l'arête et sur le glacier !

 

La descente se poursuit dans un jardin magnifique sous le sifflement des marmottes Des fleurs de toutes les couleurs. Ça agrée cette fin de journée. On rejoint la voiture vers 17 h 15.

Reste à la ranger (ce qui n'est pas une mince affaire)

A séparer le matériel de l'un et de l'autre

Et à se rentrer !

Avant de repartir pour de nouvelles aventures

 

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Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Publié le par Apoutsiak

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Mon second Dom après le premier, il y a 12 ans, plus classe, on avait fait la traversée Täschhorn Dom !..

Les conditions ce dimanche furent moins bonnes : de la glace, des crevasses bien ouverte, et pas de ramasse, il y a 12 ans on était arrivé à 10 minutes du refuge en ramasse.

Globules Rouges Projekt !

Vidéo

Topo

Refuge Domhütte

Parking payant dans tout le village (5 CHF/jour dans les hôtels, 7 CHF dans les parkings officiels)

Benjamin a négocié à l'hôtel avant le stade, on a payé 5 CHF pour les 2 jours !

Du parking, prendre le sentier qui part au dessus du stade et vers la gauche jusqu'au point 1499 m. Remonter alors vers Tschuggen (1787 m) puis le point 1978 et Höschbiel on retrouve alors la passerelle (bien indiquée sur les panneaux depuis Randa

Traversée la passerelle Charles Kuonen, la plus longue des alpes 497 m !!! Attention, ça tangue un peu. De là gagner le point 2303 CNS au dessus de Europahütte (on ne passe pas à la cabane) Au dessus le sentier se redresse avec une petite via ferrata pas difficile pour gagner un pierrier puis le refuge Domhütte 2937 m

Dom des Mischhabel

Prendre le sentier derrière le refuge et rejoindre la moraine (sentier) la remontée et suivre la sente bien cairnée qui rejoint le glacier vers 3250 m. Remonter le glacier Festigletscher en rive droite, attention : nombreuses crevasses à différents endroits !  Repérer le Festijoch et le gravir II et III (avec gravillon) le truc est de tirer tout le temps vers la gauche pour atteindre le Festijoch 3722 m.

redescendre sur le Hohbarggletscher, traverser rapidement  sous les séracs (expo +++) et remonter en face la pente crevassée pour trouver en gros la rive droite du glacier. Remonter le glacier globalement au centre (crevasses jusqu'à 3780 m, après moins !) et gagner le pied du Lenzjoch. Virer au sud et rejoindre le Festigrat puis le sommet par l'arête  (4545 m)

Descente par le même itinéraire

puis du refuge, descente directe sur Randa sans passer par la passerelle

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Récit

Mon objectif du week end : "faire des globules rouges" en vue du départ pour les sommets de l’Équateur dans 8 jours ... On hésite avec Benjamin, en cette fin de saison les glaciers sont crevassés et  il a neigé dans la semaine , 50 à 70 cm à 4500 m selon le gardien de la Domhütte.

Pour faire des globules, je souhaite aller au dessus de 4000, reste 3 idée : la  Nadelgratt, avec bivouac, mais l'arête est peut être enneigée  et le retour via le glacier peut être impossible... Le Bietschhorn, juste en dessous de 4000, mais l'arête est peut être en glace (pas de retour). Le Dom, impeccable pour "faire des globules"  On opte pour cette solution, avec option Festigratt si elle est en condition.

Décollage de la maison vers 6 h 45 pour passer prendre Benjamin à Vevey d'où on covoiture en papotant jusqu'à Randa, les montagnes sont belles, elles nous attendent.

Bon dans Randa,  il s'agit de trouver un parking pas trop cher, chose qui n'est pas facile. Après plusieurs tours de village (un vrai manège désenchanté),  Benjamin, fin négociateur, parvient à nous trouver une place à moitié prix sur le parking d'un hôtel. Oui, vous pouvez oublier les places de parking gratuites, c'est inexistant dans le Mattertal.

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Bref, on part, en baskets de trail pour ma part, avec les chaussures sur le sac. La montée est agréable mais raide. On dépasse quelques randonneuses. Fin bricoleur, je transforme une vilaine branche d'arbre, en élégant bâton de marche pour l'une d'elle... Elle remerciera vivement le gentleman. Pas peu fier, je poursuis ma route vers le haut sous le regard envieux de Benjamin, et oui, j'ai failli conclure... Mais vu qu'on avait autre chose à faire...

Ah oui, j'ai oublié de vous dire, bon on monte à Domhütte, mais vu que je suis un vrai touriste, ben on se fait un petit rallongi pour voir la passerelle la plus longue des alpes. Ce qui va nous rallonger le parcours, mais aussi nous faire découvrir la bête...

Bref on avance, le sentier est toujours assez raide, avec pas mal de monde, c'est la fête de la Fédération ce week-end, et les Suisses ont sans doute décidé d'en profiter !

On passe devant un lutin un peu effrayant, sculpté dans le bois et 5 minutes après on est devant la passerelle. Impressionnante. On se lance, tout en prenant garde de ne pas faire toucher les chaussures sur les bords. Ben oui, ça serait dommage de devoir revenir les chercher en dessous de la passerelle. Par chance tout le monde semble marcher dans le même sens, on n'a pas à croiser. Rapidement, on se rend compte que la passerelle bouge.. Pas mal...

Pause photo obligatoire au milieu...

Ca tangue dur, on repart, on doit croiser quelques randonneurs, la manoeuvre n'est pas facile avec notre chargement bien large... Mais ça passe, on rejoint l'autre coté, on grimpe un peu pour trouver une place pour pique niquer. Aire de pique nique trouvée.... avec vue sur la passerelle : Parfait !

 

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Pique nique gargantuesque pour moi, tandis que Benjamin, se nourri d'amour, d'eau fraiche et d'une figue...

A chacun son régime alimentaire. On repart vers le haut, toujours avec pas mal de randonneurs, on passe au dessus de l'Europahütte pour gagner le pied des difficultés : le sentier se redresse, quelques câbles. tout en marchant on calcule le dénivelé négatif demain : 3100 m environ, soit seulement 300 m de moins que lors de mon ascension du Mont Blanc depuis le pied. Les genoux, et les pieds vont couiner !

On est vraiment débile, on aurait du choisir un petit sommet à 3400 3500 m, et profiter 1 h de la vue du sommet, descendre tôt, faire des pauses, éviter les bouchons au retour dans la vallée. Mais non, nous , les quichons des alpes, on vise toujours trop haut, 1000 m de plus, histoire de bien galérer, à la montée quand nos poumons peu acclimatés  auront du mal à capter le peu d'oxygène des hautes altitudes et à la descente, quand nos genoux seront fatigués par de trop longues journées de montagne, nos petons usés et ampoulés par de trop nombreux frottements dans les maudites chaussures...

On est vraiment des quichons.

 

Bon, le sentier s'élève vers les cieux, plus raide , c'est maintenant une via ferrata. On avance bien, on voit deux gars en galère tout en haut d'un couloir exposé. Bon nous on est en bas, mais on se rend compte que la via sort du couloir par la gauche bien en dessous des deux gars. On les rejoint par le haut, et on aide le dernier à sortir, il semblait en mauvaise posture.

Reste quelques échelles, ça ressemble plus à une montée sur la Tour Montparnasse qu'à de l'alpinisme cette histoire...

On sort de la via ferrata pour un sentier dans une moraine.  Le refuge n'est plus très loin.

On y parvient vers 16 h 30.

Une fois les chaussures enlevées, on monte pour se présenter, à l'accueil. Une jolie brune aux yeux verts est là, avenante. Je balbutie, mes yeux sont plongées dans les siens, le vert émeraude, la plage, les alizée, je suis loin, pas dans se refuge froid et humide. Benjamin, plus pragmatique lance : "on a réservé !". Moi, je suis toujours sur cette plage des Seychelles, enlaçant ma gardienne aux yeux verts. Nos courrons sur la plage comme deux amoureux joyeux.

"Oui en demi pension !"

Une tortue marine passe devant nous avec les alliances, bénissant notre union.

"Dortoir Stecknaldelhorn"

Bon alors là, j'avoue que ça m'a un peu sorti de ma plage Seychelloise et des préparatifs du mariage. J'ai fait répéter. "Stecknadelhorn ! " me lance la jolie gardienne. Je finis par comprendre, pourtant je l'ai fait ce sommet de la Nadelgrat, j'ai sans doute mal compris à cause de la distance, il y a long entre la Domhütte et les Seychelles.

Désolé pour ceux qui auraient déjà lu le récit le la Lenzpitze, je suis un coeur d'Artichaud !

Bises à Force Roz, si tu lis ces lignes... ( je romance un poil... C'est pas de ma faute, c'est le lecteur !)

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Après midi à glandouiller, Benjamin se fait rôtir sur la terrasse du refuge, tandis que je profite des dortoirs froids et humides ! J'aime pas le soleil ! Je profite d'un peu de musique, puis on descend pour le repas. Au départ on est seuls à la table, puis 4 tchèques arrivent. Ils reviennent du sommet. Ils ont mis 9 h 30 pour l'atteindre, et la journée pour faire l'aller retour. Ça me semble peu rapide mais bon. Ils sont exténués.

Malheureusement, ma seychelloise aux yeux verts ne fait pas le service. Je pleurs, benjamin a beau me raconter des histoires passionnantes, je mange comme une âme en peine.

Le repas terminé, je monte me coucher à 8 h . J'hésite à prendre un comprimé pour dormir , mais mon éthique, implacable, aura le dessus. Bilan, je tourne et je retourne dans mon lit. Au bout d'une bonne heure, je finis par trouver le sommeil. Un quart d'heure plus tard, je sursaute. Deux suisses entrent dans le petit dortoir bruyamment; Comme s'il n'y avait personne. Ils font un boucan monstre, partent, reviennent, toutes frontales dehors. 

Je n'ai rien dit, mais j'airais du. Me voilà réveillé et énervé. Alors je me remets à tourner de droite et de gauche cherchant vainement le sommeil.

....

Lumière allumée... Boucan du diable...  Petite nuit, je me lève et commence à m'habiller. Benjamin me dit que c'est trop tôt ! Puré, je suis vert, les gars ont allumé la lumière du dortoir à 2 h 35 du matin, le réveil était prévu à 3 h !!!

Bon, je reste au lit 15 minutes sans dormir puis on se lève, pour trouver le réfectoire fermé, il n'ouvre qu'à 3 h.

Message personnel : Cher collègue de dortoir, Suisse de son état, s'exprimant dans la gutturale lange de Goethe (je sais , ça n'est pas de ta faute) , sache que je te hais !!! Ton comportement n'est pas digne d'un occupant de refuge. J'espère juste ne jamais te croiser en montagne. Fin du message personnel

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On petit dej, sous le regard bienveillant de ma Suissesse. Je fais un dernier plongeon dans les eaux vertes de ses yeux, puis je file dans la nuit noire. On est au milieu du peloton. Mais les dernières sorties m'ont montré que Benjamin et moi ne marchions pas trop vite. La tradition est respectée, des cordées nous dépassent. On est lent, comme d'hab.

La pleine lune est là, éclairant le sentier, (oui au début de cet article, j'ai écris nuit noire, mais c'était pour faire le littéraire, c’était pour le contraste avec le vert des yeux de mon adorée NDLA) On garde les frontales pour plus de confort.

On rejoint un paquet de cordées pour mettre les crampons et s'encorder. On repart vers le haut, sur un glacier caillouteux et en glace bien désagréable. Les chevilles se tordent, je suis mal réveillé.  Il faut contourner quelques petites crevasses, c'est raide. Au dessus, passage à flanc, toujours en glace. Je déteste ! Oui, dans la vie, je déteste deux trucs, les passages en glace pourrie à flanc et les mecs qui te réveillent en refuge. La journée s'annonce bien !

Petit passage en rocher ou les blocs ne tiennent pas, ils sont juste pauser là, en déséquilibre, attendant l’intrépide alpiniste, écrabouiller l'imprudent.

On rejoint le glacier, des crevasses, partout, de plus en plus profonde, on va de droite , de gauche, ils n'ont pas du rigoler les premiers qui ont fait la trace, de nuit, ça ne parait pas évident. Les gueules noires et profondes nous menacent. Ne pas faire le pas de trop, ne pas tomber dans l'abime.

Mais on progresse sur ce glacier, et sous la lune. Tout ça pour venir buter, à gauche, sur la paroi du Festijoch. On enlève les crampons, pour quelques pas raides sur la glace, j'adore. S'en suit

 

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On enlève les crampons, pour quelques pas raides sur la glace, j'adore. S'en suit une petite section en gravillon du plus bel effet.  Ça gravine sec, il y a des cordées devant, des cordées derrière (les derniers arrivés n'ont pas mis de crampons jusqu'ici, ne se sont pas encordés... C'était sans doute trop rando !

La suite grimpe, et rapidement, je sens que je ne suis pas dedans. Je ne trouve pas les prises. Je ne me place pas correctement. Moi, qui ai, avec difficulté je l'avoue, gravi le couloir Knubel au Grépon, je me chie dessus dans des petits pas de II+ !... J'suis vraiment un usurpateur ! Bref je petouille, on voit au dessus les frontales des cordées sur l'arête. On hésite. On dépasse une cordée plus lente que nous, pour se fourvoyer dans la face, visiblement, personne n'est passé ici depuis longtemps. Demi tour, on retrouve la cordée dépassée il y 5 minutes. Penauds on demande "you know the way ?" Apparemment il fallait tirer à gauche. Inélégamment, on les redépasse , effectivement, au loin, il y a un cairn, ça grimpe en biais, le terrain devient plus facile, voici le Festijoch, et c'est la fête du col ! (ben oui, joch, ça veut dire col en allemand !)

Petite pause avant de redescendre sur le glacier.

On passe la rimaye facilement, la pente est raide mais sans plus. Puis, c'est moins sympa, la portion est hyper expo à un gigantesque séracs qui trône 500 m au dessus de nous. S'il tombe, on va devenir des crêpes. Et je n'ai pas envie de finir dans un cercueil en forme de poêle...

On ne traine pas, même si je trouve le passage un peu long et on attaque la montée, encore au milieu des crevasses. Il faut de nouveau louvoyer, tel un serpent, la trace  se fraye un passage dans le dédale du glacier. On avance, le soleil point, petite pause pour profite du moment et faire quelques photos dans le ciel malheureusement légèrement voilé. 

 

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On se fait encore dépassé par une cordée, on est vraiment trop lents. La suite est déprimante à souhait, un long plat de glacier, sans crevasse, à  notre gauche, l'austère face de la Nadelgrat, que je trouve beaucoup moins jolie que l'autre coté, à droite, les séracs sous la Festigratt, à priori on est assez loin des potentielles chutes de sérac...

Avec ma nuit mauvaise, la fatigue se fait sentir. Mon pas ralenti, et j'ai une énorme envie de dormir. Je clos mes paupières tout en marchant lentement (ça tombe bien , c'est moi qui trace) On serait quand même bien mieux au fond de son lit plutôt que de se les peller sur un monotone glacier. rhooooon rhoooooon. Fermer les yeux quelques secondes afin de faire des nano-siestes.  Je vais tellement lentement, je suis tellement fatigué, je finis par laisser passer Benjamin devant. Il met du rythme et je me laisse tracter derrière. La fameuse méthode du traineau du père noël,  dans laquelle c'est bibi qui joue les pères-noël. Sans cadeau bien sûr.

Avec Benjamin devant on est plus efficace, même si je suis crevé. Je repense à cette nuit, bien trop hachée pour être récupératrice... Je les haie ! Je m'imagine, tel le bourreau de Calais devant Anne Boleyn, lever mon épée affutée et la faire s'abattre sur le cou de les empêcheurs de dormir en rond. (oui, pour la petite histoire, les anglais avait fait venir un bourreau depuis Calais pour l’exécution de l'ex favorite du Roi Henri VIII, mais je m’égare)

J'exagère à peine, n'en venons pas à de telles extrémités, la violence n'a jamais rien résolu ...

Au bout du glacier sans fin, sous le Lenzjoch, je propose à Benjamin de faire une pause, pour me restaurer. Et récupérer.

Je bois, je grignote quelques barres. Et on file vers le haut

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La pente se redresse, la neige tombée la semaine dernière est bien là, au moins 50 cm tassée, mais la trace est faite, il suffit de mettre ses pieds dans les traces. Ça grimpe, Benjamin adopte un bon rythme, que je parviens à suivre. A gauche, une cordée est sur l'arête entre le Lenzjoch et la Lenzspitze, magnifique, je mitraille, les ombres qui se déplacent sur l'arête.  La pente se couche un peu. Je vais mieux, le coup de barre est passé. Je sens que c'est au tour de Benjamin, qui multiplie les pauses...

La pente se redresse, on est 50 m derrière une cordée qu'on aurait pu rattraper, en fait non. On voit au loin du monde, sur la Festigrat que l'on rejoint. Nouvelle pause, on repart, je suis passé devant, sur l'arête finale. La pente est raide. La cordée devant a l'air de peiner. La pente se couche, c'est le sommet. On se félicite ainsi que l'autre cordée, qui ne reste pas. On a le sommet pour nous tous seuls alors qu'il y a 20 minutes ça devait être la cohue.

Petit tour à la Croix, où la vue est magnifique. Regard à 360°, je suis toujours fier de tous ces 4000 conquis !

Je fais la bise à Jésus (après avoir fait la bise à la vierge du Grépon, ça s'imposait) et j'ai un scoop : il pique.

 

Reste juste 3100 m de descente jusqu'au parking, ma seconde plus longue descente des Alpes après le Mont Blanc depuis Bionnassay

On n'est pas rendu !...

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On repart vers le bas, pour une pause sur la selle, à l'abri du vent. Puis on trace, je sens que benjamin n'a plus trop de jambes. Je le laisse tracer jusqu'au replat ou on opère une pause bouffe. Je passe devant pour la suite afin d'imprimer un bon rythme. Le long plat est avalé, puis le louvoiement entre les crevasses. On essaie de bien rester corde tendue pour éviter une mauvaise surprise... Passage sous les séracs, à fond, je sens dans la tension de la corde toute la fatigue de Benjamin, à chacun son coup de barre...

J'attaque la petite remontée au Festijoch sur un rythme élevé, au bout de 20 m Benjamin me demande de, ralentir, je m’exécute. C'était pas bien malin de vouloir partir trop vite pour lui. Avec un rythme lent mais regulier je remonte le bord du glacier, passe la rimaye et me retrouve sur l'arête. Benjamin me rejoint, bien fatigué, il n'en fait pas pas mystère...

Hésitation quant à la route à suivre, je vois des traces vers le bas, en fait, ça ne passe pas, on remonte et je pars devant après avoir enlevé les crampons, Benjamin les a gardé.

 

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Au départ, je galope dans les rochers. La pente se raidit, je perd mon assurance. Je n'y suis pas. J'hésite, je merdouille, et pourtant je sais qu'on est déjà passé par là. Benjamin saute de rocher en rocher, n'utilisant qu'une pointe  de ses crampons, une vraie ballerine dans ce monde vertical. Plus on descend, plus je "merde", j'avais souvenir d'un passage facile en 2007, le souvenir est bon, la réalisation beaucoup moins ! Je progresse tout de même jusqu'en bas, je rejoins la glace, mordante, je descends quelques mètres et Benjamin attend patiemment que je remette mes crampons.

 

Et go vers le bas, on retrouve les crevasses qu'on avait pas bien vues ce matin, elles sont profondes, avides de petits alpinistes. On se penche prudemment pour en sonder l'abîme. bilan, c'est noir et profond. Lors des replats, moins de crevasses, une trace file à gauche vers le centre du glacier, quittant la trace principale. rebelle, je décide de la suivre, et par chance, elle passe.

Plus on descend, plus la neige se raréfie. Glace vive, dure, désagréable. Nos chevilles souffrent, elles se plient au gré du glacier. Nos petons chauffent dans nos souliers d'alpinistes. Ils ne vont pas être beau à la réception, en bas !

De sections crevassées en sections crevassées, la descente se poursuit. On louvoie, on observe, on descend, sous le regard permanent et imposant du Weisshorn, le 4000 où j'ai le plus galéré dans ma vie (j'y ai pété mes deux ongles de pieds...)

Dernière portion, toute en dévers pour achever les chevilles. On fini par sortir du glacier. Je sens Benjamin bien las !

On fait une pause et je propose de prendre la corde (mauvaise idée, ne faite pas ça chez vous !) Et, le fourbe, il accepte !

Me voilà chargé comme une mule. On repart vers le bas.

 

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En un il faut retrouver les cairns et la sente qui permettent de rejoindre le refuge. Dire qu'il y a 12 ans, on avait fait de la ramasse depuis le pied du Festijoch jusqu'à 10 minutes du refuge !!!

Bon ben là, tu marches avec ta maison sur ton dos. J'essaie d'encourager Benjamin à ne pas faire de pause, et je ne gagne pas toujours !

Mais nos efforts sont récompensés, on rejoint la Domhütte et sa gardienne aux yeux verts. Longue pause, dont nous ne décrirons pas ici les détails, à vous d'imaginer la suite, laissez libre cours à vos imaginations perverses...

.....

J'ai mis trois petits points exprès, et comme il y en avait un peu plus, je les ai mis quand même !

Départ pour la suite, on est en gros à mi descente. Les pieds ont déjà bien chauffés dans les chaussures. Sentier, via ferrata, visiblement, Benjamin a bien récupéré. Il me suit sans peine. On dépasse quelques cordées croisées ce matin. Hésitation au dessus de la Europahütte, heureusement des alpinistes nous indiquent le bon chemin. On gagne la passerelle sans la traverser, puis on descend directement sur Randa.

Bon, il y a de nouveaux des randonneurs, on les dépasse sans trop de souci malgré notre grosse journée de montagne. Les pieds chauffent mais ça sent l'écurie. Un panneau "Randa 50 minutes" nous fait un instant espérer. On se rend vite compte que l'horaire est impossible à tenir (et pourtant on avance !). Les pieds chauffent, ça sent les ampoules. Le village approche, trop lentement à notre goût.

La fin de la descente est animée par le dépassement d'un grand groupe d'Italien, ça nous occupe et on rejoint le village de Randa, qu'il faut par chance, entièrement traverser, on est au Nord et j'ai eu la bonne idée de garer la voiture tout au Sud ! Pause fontaine pour se réhydrater, une jolie alpiniste blonde nous dépasse tout en papotant moitié en allemand, moitié en français. Ça égaie la fin de descente. Le village est long mais on allonge le pas, et voilà la voiture, courte pause, ranger le matos et repartir en Franche Comté, pour de nouvelles aventures.

 

Globules Rouges Projekt validé !

 

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Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Publié le par Apoutsiak

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Cette année, c'est l'année des sommets déjà faits...

L'Alphubel n'échappe pas à cette règle

Déjà gravi à deux reprises, une fois par la Rottgratt avec Helmuth et Stinj, avant la traversée Täschhorn Dom

la seconde avec Steph en ski de rando par la voie Normale.

 

Vidéo

Topo :

Tächhütte 2701 m

Parking à Täschalp (gratuit !!!) remonter le sentier qui amène à la Täschhütte

500 m de déniv - 1 h 15

Alphubel 4206 m
 
Emprunter le sentier qui part à droite  puis remonter les pentes  qui mènent à Chummibodmen (sentier quand il n'y a plus de neige) Rejoindre l'Alphubelgletscher et prendre la branche de droite en montant.  La suite s'est en écharpe (pente un poil raide) pour  rejoindre l'Alphubeljoch 3772 m.
Tirer plein nord pour atteindre les pentes sous le point 3860 m (à flanc)  Remonter au mieux les pentes raides et exposés (séracs - crevasses) qui montent à l'est de l'antécîme 4188 m de l'alphubel  puis par l'arête facile rejoindre le sommet (4206 m)
 
Descente :
Par le même itinéraire ! (perso, j'ai fait un petit détour par le Feechopf 3887 m, pour la vue (20 minutes de montée en plus)

 

 

Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Récit :

je suis parti tard... j'arrive donc tard à Täschalp. Cette année très enneigée laisse sur les bords de la route les stigmates d'énormes avalanches peu habituelles ces dernières année.

Je me gares sur le petit parking, il est prêt de 18 h. On voit déjà le refuge, 500 m plus haut !

1 h 30 maxi d'ici, mais je suis chargé lourdement : objectif : Alphubel et Rimpfischhorn ! Gaz gamelles et bouffe pour 3 jours, sans compter les skis sur le sac. Quand je charge le sac, ça n'est pas le meilleur moment.

Je connais le sentier, c'est parti, ce vallon est sauvage et vraiment joli. Juste à l'écart de Zermatt et ses touristes. Ici, il n'y a personne. Peut être vais je être seul au refuge.

Je grimpe, je filme un peu (pour toi, public !) j'appelle Sandrine, on papote, j'avance.

Une traversée de torrent, un névé au dessu, il ya des traces mais il est 18 h et la neige ne tient pas. Je finis par glisser, simple petit coup de stress, ça passe. Tout va bien. Sous le refuge, quelques névés viennent compliquer la progression. Je vois qu'il y a quelques personnes sur la terrasse.  La fin est plus longue que dans ma mémoire mais je finis par atterrir sur la terrasse. il y a beaucoup plus de monde que je ne le pensais.

Je m'installe sur la seule couchette qui reste (refuge 9 places) Ca n'est vraiment pas la meilleur. à l'étage, sans bordure, le long du vide avec un poteau au niveau de mes pieds à droite.

Je ferais avec ...

Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Une description des différents protagonistes s'impose, même si je n'ai pas bien eu le temps de les observer vu mon arrivée tardive. En gros il y a 8 suisses et un petit Français, ma pomme. Enfin quand je dis 8 Suisses, il y 7 Suisses et une jolie Suissesse, Tatiana.

Tatiana, elle a les cheveux blonds

Tatiana elle a les cheveux longs

Tatiana elle a un corps de rêve (enfin chacun l'imagine parce que sous la combinaison de ski, on ne voit pas bien les formes)

Et bon, vous imaginez bien que quand il y a Tatiana dans un refuge avec 8 velus. Ca crèe une ambiance, comment dirais je ... plein de testostérone .... oui c'est le bon terme.

L'un se prend pour un shadock, il se met à faire des pompes, sans fin, il a du en faire plus de mille dans la soirée.

L'autre se balade torse nu, des abdos en tablette de chocolat à la vue de tout le monde, flûte je ne peux pas lutter

Un troisième, au physique plus ingrat, se met à réciter du Baudelaire. Chacun ses atouts.

Tatiana fait mine de ne rien voir, installée délicatement sur la rambarde du refuge, cheveux au vent, nez au soleil, elle rayonne et lui fait concurrence.

Le quatrième montre la plage, bandant ces biceps pour insister sur la direction.

Le troisième après avoir fini Baudelaire (il est très rapide) s'attaque à Hugo "Demain, dès l'aube, à l'heure ou blanchit la campagne.

Ce qui suit a ruiné nos vies. Un Alpiniste, non que disje pas un Alpiniste, un Athlète, déboule du fin fond du refuge, il vient s'installer à coté de la Belle. Non Non ! Tous ces efforts... le temps s'arrête, seconde suspendue. Ô temps suspend ton vol, ô cruelle destinée. Il enlace l'objet de convoitise... Non Non, et l'embrasse langoureusement. Je pleurs, nous pleurons. Le bellâtre jubile, tout en possédant la bouche de sa partenaire. Chacun baisse les yeux, humilié.

Les pompes ralentissent, le T shirt se baisse, la plage s'éloigne et Hugo va rejoindre Harfeur, bien loin de nos montagnes valaisannes. Le soleil glisse de tristesse derrière un nuage noir... pour pleurer longuement

Je file dans la cuisine, ne souhaitant pas assister à la suite de ce triste spectacle. J'engloutis mon sandwich de gare ainsi que quelques chips; Je me change et file au lit bouquiner et déprimer quelle triste fin de journée...

"Triste et le jour sera pour moi comme la nuit."

 

Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Nuit difficile

La peur de tomber de cette couchette exposée

La tristesse d'une soirée pleine d'espoir que l'autre est venu toute gacher

Minuit trente

Une frontale vient éclairer le dortoir.

Qui cela peut être ?

Je finis par comprendre que ça vient de dehors...

Ils discutent, Fort.

bon quand il rentrent dans le dortoir, ils se rendent compte de leur c....

Ils discutent encore mais un peu moins fort, et pour eux , c'est la loose, il n'y a plus de couchette, le mec à deux places à ma droite, se dresse et fixe les nouveaux entrants de ses yeux de kalachnikov (oui, les yeux de kalachnikov, ces comme des yeux avec des  mitraillettes mais en pire !) je pense qu'ils se sont installés par terre...

Je me rendors

Vers 3 h 15 c'est déjà le bin'z j'essaie de dormir

3 h 30, c'est pire, je finis par me lever (j'avais prévu 4 h 05 !) Mais vu le bruit, je ne peux plus rien espérer. je me lève. Les 2 arrivés fort tard hier soir ont récupéré deux places dans les couchettes libérées.

Cacun se précipite dans, l'entrée. Oui Tatiana et son Jules se sont levés les premiers. On aspire tous a voir Tatiana en dessous (même si on ne se l'avoue pas)... Mais Tatiana a de la réserve, elle s’éclipse dans les toilettes pour effectuer l'opération. Pas de dessous affriolants, pas même  une petite brassière, c'est presque  un ours qui revient de la fange...

Je grignote mes quelques gâteaux, l'âme en peine.

 

Les cordées lasses, quittent la cabane les unes derrières les autres.

Je sors... le dernier.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Il faut d'abord prendre le petit sentier et traversé quelques névés. J'arrive à la neige proprement dite. Les autres cordées sont juste devant. J'ai moins de 10 minutes de retard.

C'est parti. Mais je me rends vite compte que je n'avance pas. Le mauvais rhume de cette semaine a laissé des séquelles : je rencoye (alors petit aparté : Rencoyer, en terme Franc comtois ça veut dire avoir plein de glaires dans la gorge, fin de l'aparté. ) Pas de lune, juste ma frontale, la neige et au lon les autres cordées. Je ne parviens pas à les rattraper. La pente est plus ou moins raide, mais ça passe. Je visualise, une cordée de 3 qui me parait très rapide et deux cordées de deux.

Je finis par rattraper une cordée de 2  que je dépasse.

Je rejoins le passage raide qui permet d’accéder aux pentes sous le col et opère une pause.

Je repars vers le col et m'en fait une seconde (pause) histoire de laisser la corde et mob second piolet que j'avais initialement pris au cas ou je ferai le Rimpfischhorn. Le paysage est magnifique. Je file versant Saas Fee, je sais que le glacier est très crevassé, et j'avoue que ça me stresse un peu.   Je me permets une petite sieste d'un quart d'heure avant d'attaquer la montée finale.

Je parviens à rattraper une cordée de 2, le second est à l'agonie. Son premier essaie de le motiver, mais il est au bout de sa vie !!! Je les laisse un peu sur place. avant de gravir les derniers mètres où je croise Tatiana et son Jules. Elle virevolte, elle rayonne, le soleil a de la concurrence. Elle ne s'est même pas arrêté pour un salut amical... Quand on a la loose...

Derniers mètres et sommet ! Je rejoins la cordée de 3 qui y a fait sa pause.

On papote et on profite.

J'ai juste un peu de mal à avaler les fruits secs que j'avais pris ce matin.

Les 3 repartent, la cordée de 2 arrive, épuisée pour le second. A mon tour de quitter le sommet.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Quelques jolis virages dans la pente raide avant d'attaquer a longue traversée vers le col..

Je remets les peaux pour aller au Feechopf (dont je ne connais pas le nom au moment  où je m'y dirige. J'avais envisagé d'aller jusqu'à l'Allalinhorn ce qui aurait été classe. Mais ça n'est pas la grande forme et les grande journée chaude ne laisse pas un beaucoup de temps pour réaliser la traversée en aller retour...

Bref le petit sommet est assez vite atteint. Je profite quelques minutes du paysage avant de rejoindre le col et récupérer ma corde et mon piolet.

Je file vers le bas sur une neige encore bien dure. Puis passage à proximité d'un joli petit lac. Avant la soupe des derniers mètres. Je reprends le skis sur le dos et rejoint le refuge. Je rejoins 2 autres cordées. Petite sieste, petit repas et descente à pied vers la voiture.

Il n' y aura pas de Rimpfischhorn, ce que j'avais initialement prévu, la météo n'est pas top, il faut rentrer.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
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Topo Photo Nadelhorn Nadelgrat

Publié le par Apoutsiak

Dirruhorn (Durrenhorn)

Hohberghorn

Stecknadelhorn

Nadelhorn

Du Dirruhorn au Nadelhorn : la Nadelgratt

Du Dirruhorn au Nadelhorn : la Nadelgratt

Topo traversée de la Nadelgrat Nadelhorn

Topo traversée de la Nadelgrat Nadelhorn

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Alpinisme : Nadelgrat - traversée Dürrenhorn - Hohberghorn - Stecknadelhorn - Nadelhorn !

Publié le par Apoutsiak

La vidéo de ces 3 Jours à la Bordierhütte : traversée de la Nadelgrat et tentative sur l'Ulrichshorn

4 4000 en 1 journée

Dürrenhorn 4035 m

Hohberghorn 4142 m

Stecknadelhorn 4241 m

Nadelhorn 4327 m

Encore une belle et longue journée de montagne

 

 

Topo

Accès à la Bordierhutte

De Gasenried au dessus de Grächen (se garer sur la petite place)

Emprunter la route qui part dans le vallon puis le sentier (panneau Bordierhutte)

Passer au point 1930 m

Rejoindre l'alpage de l'Alpja en traversant la moraine Ouest.

Remonter l'alpage en suivant le sentier d'été (point 2407 m puis 2707 m CNS)

traverser le glacier au mieux (ni trop près des crevasses au nord, ni trop près des séracs au sud)

Remonter un bastion rocheux en passant soit par le chemin d'été (escaliers main courante) soit à ski (à droite lorsqu'il y a encore de la neige)!

Et rejoindre la cabane Bordier - Bordierhutte 2886 m

 

Nadelgratt

AD - Long - Ne pas négliger que l'on grimpe à 4000 m !

De la Bordierhütte remonter les premières pentes qui mènent à un goulet sous le point 3211 m. Monter le couloir entre les rochers et les séracs. (Ca peut passer à droite par le glacier à skis lorsqu'il n'est pas trop crevassé) De là remonter le Riedgletscher .

On peut pauser les skis sur la crête au dessus du point 3332 m.

 

Rejoindre le pied du couloir accédant au Dirrujoch (attention aux chutes de séracs !)

Remonter le couloir 45 - 50° lorsqu'il est en neige, sinon emprunter les rochers en rive gauche - beaucoup plus long). L'accès au col est barré d'une corniche parfois difficile à franchir !...

Dürrenhorn 4035 m

Du Dirrujoch on monte au Dürrenhorn (ou Dirruhorn par des rochers plutôt sur le fil de l'arête, puis versant ouest vers le sommet choix évident)

Revenir au Dirrujoch par le même itinéraire.

Hohberghorn - (Hobärghorn) 4219 m

Remonter le pied de l'arête plutôt versant ouest

escalade mixte (Anne a trouvé que c'était le passage le plus délicat)

On accede à une bande de neige que l'on remonte

La pente se redresse, on bascule légèrement versant est pour gravir des gradins faciles en rochers délités.

Stecknadelhorn 4241 m

redescendre par la pente de neige vers le point 4144 m

On attaque l'arête du Stecknadelhorn

Les difficultés se franchissent en passant versant ouest.

Accès au sommet par le fil

Nadehorn 4327 m

redescendre par une pente mixte au stecknadeljoch puis suivre l'arête neigeuse.

Gravir le gendarme sur le fil puis basculer en versant ouest pour le contourner, on rejoitn un poitn situé légèrement au dessus d'un col juste après le gendarme

Du col, remonter au mieux vers l'arête ouest (attention mixte un peu glissant - glace parfois) et gagner par l'arête le sommet

Descente

Du sommet on redescent par l'arête Est, soit en franchissant directemetn les passages rocheux soit en basculant versant Nord (attention glace parfois)

Du Windjoch on bascule sur le Riedgletscher et on rejoint le dépot des skis par une marche à plat dont on ne manquera pas de profiter...

Carto fichier GPS

Fichier GPS au foramt GPX

 

Récit

J’avais fait plein de propositions à Anne, la météo semblait meilleur au cœur du Valais, alors Adieux Mont Blanc, adieux face Nord de la Grande Ciamarella, à nous les 4000 aux noms imprononçables de la Nadelgrat !

Nous nous retrouvons ce vendredi midi à Gasenried, village bien connu car j'avais été déposé en hélicoptère lors d'une reconnaissance précédente avec Steph.

L'avantage c'est que je connais un petit parking pique nique... avec fontaine !

Il fait beau, on pique nique, puis on se lance dans une jolie montée sous les sapins.

 

Arrivés à l'alpja, Anne souffre un peu du manque de sommeil, j'en profite, les moments où je suis devant sont si rares ! Au bout du vallon, on met les skis, je trace dans cette neige sombre et dans les coulées d'avalanche ( plus nombreux et plus gros cette année que l'année dernière.) L'ambiance est bonne 2 déchaussages permettent de rejoindre le glacier. Nous opérons une longue traversée, croisant une bordée de randonneurs italiens en goguette (à pied) , de la neige jusqu'aux cuisses qui procèdent au début de la descente, ils ont visité le refuge Nous leur souhaitons bon courage et poursuivons vers les échelles. Un coup d'échelles, puis un petit coup de ski et voici le refuge !

 

Opération bois et fonte de neige. Le poëlle tourne. Au lit à 21 h , le réveil est à 3 heures

 

Mauvaise nuit

 

Le lendemain matin, 3 heures, l'impression de ne pas avoir dormi. Nous avons décidé de déjeuner froid ( pas le temps de faire un feux et pas de gaz) Anne râle (c'est bon signe). On se retrouve skis aux pieds à 3 h 50 et c'est parti pour la montée. Anne file devant, assez vite je mets les couteaux, la neige est bien dure et je souhaite continuer de dormir pour finir ma nuit. Je la garde à distance, voilà le passage raide du glacier, 3200 m mais ça a l'air de passer sans souci à droite sur celui ci, Ca passe à ski. Le soleil se lève, la Nadelgrat rosie, Nous pausons les skis à mi chemin entre le pied du couloir et le retour en optimisant le lieu pour ne pas avoir à remettre les peaux .

 

Crampons corde, nous filons vers le couloir du Dirruhorn. On passe sous des séracs , dans le bou de la zone d'éjection. Bientôt le couloir. tout à coup fracas, c'est un sérac qui tombe. 5 minutes plus tôt on aurait au moins été pris dans l'aérosol, je crois que je n'aurais pas aimé du tout. 5 minutes plus tard, nouvelle alerte, nous sommes déjà loin, pause au pied du couloir. Anne est largement plus en forme que moi, je la laisse remonter le couloir. On réalise quelques vidéos esthétiques (voir là) .

 

Les 200 m de couloir sont assez vite avalés, en haut la corniche nous barre la route. Anne tente à gauche, elle se retrouve dans de la semoule impossible à remonter. Elle décide après de longue minute de tenter à droite, la corniche menaçante comme la gueule d'un requin ne se laisse pas approcher. Une assurance fort à propos se présente. Hop je demi-cabestane (du verbe demi-cabestaner : faire un demi cabestan pour assurer son ou sa partenaire) Anne s'escrime face à l'obstacle. Son sac est rejeté en arrière par la lèvre de la crevasse, tandis que la partie accessible est en neige pulvérulente, ni les piolets ni les crampons ne tiennent. Le stress augmente. Par quelques subtils conseils, j'essaie d'organiser l'assaut, tel un général bien à l'abriit dans son blockaus, mais rien n'y fait, il va falloir que je m'emploie, comme souvent , ça n'est pas par ma technique que je m'illustre, mais par ma taille (ça m'a rappelé la rimaye de l'arête gallet au Dolent !) C'est un peu vexant, mais c'est la réalité.

Me voilà sur zone, je comment par un peu de terrassement en nettoyant la corniche avec la panne de mon piolet. Étant donné la surface de la panne de mon piolet comparé à la taille de la corniche ça prend du temps.

Après, je plante mes piolets au dessus de la corniche, au plus loin.

Le seul souci, ça sera pour pauser les pieds sur la corniche... Quand il faudra pousser dessus...

 

Piolets pausés, je lance ma jambe gauche au dessus du monstre, je tire sur les bras, ma jambe droite décolle, je pousse sur la jambe gauche, et là, c'est le drame, la corniche explose, mon corps part en arrière. Je ne tiens que par les piolets qui bougent un peu mais on l'air de rester fidèles. Je pense au demi-cabestan et à son amarrage en dessous qui ont des chances d’être sollicités ... Je suis déjà essoufflés, il faut sortir tout de suite. Je tire sur mes bras pour ramener mon corps au piolet, je trouve une zone solide pour amarrer mon crampons gauche, ouf, je gagne un mètre et le tour est joué, je m'effondre face contre neige, éprouvé par un tel effort (ben oui, je suis pas un grimpeur à la base).

Anne me rejoint, dans une technique assez personnelle, elle a les bras trop petits pour atteindre les piolets que je lui aie délicatement placé en zone solide. Je tire comme un malade sur la corde, elle se tracte et me retrouve au dessus du maudit obstacle ! Je crois qu'on a mis 3/4 d'heure pour parcourir 3 mètres !

 

 

Après une bonne pause nous repartons vers le Durrenhorn. De jolis passages d'escalade se succèdent. Je fais s'affaisser une corniche (sensation assez désagréable) sur l'arête. Si l'escalade est belle, elle est également sans fin, les antécîmes et les gendarmes se succèdent. Sur le topo on croirait que le sommet se fait d'un claquement de doigt

Enfin le voilà, quel plaisir d'être sur ce sommet, et mon adage , "il n'y a pas de 4000 facile !" se vérifie, une fois de plus !

Nous redescendons au col sans encombre pour une nouvelle pause. J'annonce à Anne que je n'ai pas la grande forme (je ne sais pas si c'est le manque de sommeil ou l'altitude, le manque d’acclimatation).

 

 

Nous repartons vers l'Hohberghorn. Le départ m'achève, pas de rythme, es passages d'escalade mixte (pas hyper dur mais je ne parviens pas à trouver mon souffle). Je réclame des pauses (ce qui n'est pas mon style !) pour reprendre mon souffle. Anne me demande d'aller jusqu'au sommet suivant. Intérieurement je sais que si on atteint le 4000 suivant, on ira au bout de l'arête. Je décide de poursuivre, on verra bien.

voilà une bande de neige judicieusement placée. Anne s'enfonce et ralentie le rythme, tandis que je me refais un peu la cerise! elle fait même des pauses ! Trop cool. Arrivés à la troisième partie, rocheuse celle là, je vais mieux , et les 60 derniers mètres sont vites avalés !

2ème 4000 de la journée : Hohberghorn

 

 

Le temps tourne, il fait gris, on engage la descente pour se retrouver face à l'austère Stecknadelhorn. De mon point de vue ça me parraît infranchissable, il commence à neiger, de toute façon, je n'ai pas le choix Anne progresse ! C'est étonnant, il me parraissait si compliqué, et on atteint le sommet "relativement" facilement ! Quand je dis relativement, c'est assez relatif, car on progresse dans une tempête de neige du plus bel effet !

 

Sommet, (Stecknadelohorn) pause et nouvelle descente. Partie plus cool,arête en neige, sur le topo il précise que techniquement, contourner le dernier gendarme, est plus facile ! C'est mal connaître ma partenaire de cordée. Elle file droit devant, arête qui devrait être sèche, gavée de neige poudreuse ! devant elle bataille, je suis , sans conviction. Basculement versant ouest, vertigineux. Quelques vires, c'est hostiles, le brouillard et la neige font qu'on se croirait dans les Carpates , ou plutôt sur un sommet himalayens mais pas un jour de sommet !

 

La progression est lente, mais continue. Je ne sais pas comment Anne a fait pour trouver la sortie, au dessus du petit col avant le nadelhorn. La suite je la connais, je l'ai faite l'an dernier, on va terminer l'arête !

Il faut préciser ici, que j'ai essayé de négocier de ne pas faire ce dernier sommet (je l'ai déjà fait, et on peut très bien le faire en traversée avec la Lenzpitze, mais la négociation a tourné court : on ne négocie pas avec le diable !)

 

L'escalade du Nadelhorn est désagréable, on a l’impression, que les prises sont à l’envers et que les crampons n'accrochent pas sur les dalles ! On avance tout de même, voici l'arête et le sommet. Nous sommes très fiers, il est 17 h , la visibilité est réduite, mais nous avons réussis !

 

Descente, d'abord dans le mixte pourri puis sur l'arête. Ca passe mais c'est long. Anne se méfie des corniches, elle a raison, un de mes pieds traversera celle ci alors que je suis sur la trace. Le windjoch arrive enfin, nous optons pour la descente directe sur le glacier , au GPS (oui, on y voit à 10 m environ depuis le début de la descente.) On passe la rimaye facilement pour retrouver le plat du glacier. Le GPS m'indique le dépôt des skis et sa distance : 1 km 300. On marche, longtemps, je rescrute le GPS, 1 km 100, ça va être long. On avance, je me vautre en me prenant mes crampons dans mon pantalon, il faut dire que je n'étais pas très concentré !

On ne doit plus être très loin, j'indique la direction de mon bras, en regardant au loin, le matos est au bout des doigts, à 100 m. On se ré équipe en mode ski, tout est gelé, les sangles des crampons, les peaux, les fixes des skis. Et c'est parti, les premiers virages dans le jour blanc, avec la fatigue et la neige travaillée sont un calvaire, on n'y voit rien. Nous débouchons au passage clef sans problème, la neige devient meilleur, et on en profite. Nous optimisons la descente pour éviter les montées ! Le ski devient excellent, Anne possède l'art de skier dans le jour blanc, et moi, je possède l'art de suivre Anne comme point de repère visuel dans le jour blanc !

Une dernière montée en mode canard et voilà le refuge. 21 h

Je rentre, j'appelle Sandrine pour la rassurer (on avait prévu de rentrer beaucoup plus tôt) Je mange trois gâteaux, bois trois vers d'eau et file me coucher dans un état de fatigue rarement atteint !

 

Photo

 

Pour les photos en mode "tout voir d'un coup" (et non diaporama) c'est par là ! 

 

 

Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
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Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
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Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération

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