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Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Publié le par Apoutsiak

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Grosse frayeur quand une dalle large de 1 m 50 commence à glisser dans ma direction, juste au dessus de moi, juste le temps de m’aplatir contre la paroi en espérant qu'elle me passe au dessus.

Je suis là pour écrire, le récit complet en dessous...

 

Vidéo :

Topo

Refuge Resegotti :

Se garer au parking de Ponte au Nord d'Alagna Valsesia 1212 m

parking payant

possibilité de prendre la navette pour le bout de la route

même si vous vous sentez en bonne forme, la navette est conseillées la (les) journée (s) sont longues... 1400 m

Suivre la piste qui part en sous bois, en direction Nord Ouest. Elle vient longer le pied d'une barre rocheuse et d'un torrent, on rejoint l'alpe Vigne tout à gauche de la barre avant de revenir vers le Rifugio Barba-Ferrero CAI 2247 m – pause obligatoire !

Ce refuge est incroyable, ambiance jazzy et accueil incroyable du gardien. Une destination en soi.

Passer derrière le refuge et remonter la sente qui louvoie ensuite entre les barres avant de gagner la moraine du glacier de la Cesia (sentier) gagner un replat puis par de grandes dalles rejoindre le glacier. Le remonter direction Nord Est puis basculer vers l'ouest pour venir buter sous le bivouac. Remonter les éboulis désagréables et rejoindre le rifuggio Resegotti 3425 m

Couvertures dans le refuge . Un poêle qui fonctionne, névés à proximité pour l'eau.

 

Cresta Signal

Du refuge bivouac, partir vers l4est en direction du Passo Signal, soit sur la crête soit en contrebas au Sud, ça passe en général assez bien.

Passo Signal 3769 m

On vient buter sur une partie plus raide.

La suite est complexe, un peu flou, on coutourne certaines difficultées par la droite ou par la gauche. Je mets en pièce joitne le topo dessiné, sans être sûr de son exactitude, pourtant il a l'air bien fait. Durant al course on n'a jamais su vraiement où on en était par rapport aux hypothétiques gendarmes.

 

Sortie par l'arête de la cresta et un petit couloir de neige.

 

Descente : par la voie Normale de la Punta Gnifetti

Le téléphérique ramène alors en trois tronçons à Alagna Valsesia

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

Récit

 

Elle m'attend

 

Nous voilà à Alagna, traverser le village et trouver le parking, payant... Je déteste les parking payants en fond de vallée. Je trouve que ça entrave ma liberté. C'est sans doute juste mon coté rapia qui ressort.

Bref, je pars en quête de monnaie, mais comme c'est le cas de dizaines de personnes sur le parking, je rentre bredouille. Je finis par aller réserver des places en minibus. Ça tombe bien, c'est 3 € par personne, avec la monnaie ça devrait me faire les 2 jours de parking. Arrivé au parkmètre, je me rends compte que la dame de la cahute ne m'a pas rendu la monnaie correctement. Bref, je n'ai pas assez de monnaie. Je mise tout, tapis dans le parcmètre, même si ça ne suffira pas, à part si on prend un but. Ça fera un petit stress supplémentaire à la descente.

 

Bref on prend un minibus qui nous fait gagner une demi heure, j'ai un peu honte, j'aurai préféré gravir cette partie à pied. Ce soir, je ne le regretterait pas, mais ça, je ne le sais pas encore.

 

Et hop, départ, beaucoup de monde sur cette partie, énormément de randonneurs partis en quête d'un refuge où manger. On se retrouve dans le flot des marcheurs, le sac lourd, le soleil nous assomme, la canicule est là. Premier hameau traversé, première fontaine, on s'abreuve et on refroidi la machine qui déjà est en surchauffe.

Ça repart, le nombre de randonneurs faiblis, nombreux sont ceux dont l'objectif est le refuge Crespi Calderini. Un avantage : le rythme est plus régulier, un inconvénient : je reste toujours un peu fier de marcher au milieu de gens avec un sac garni de matériel technique. Je sais, c'est enfantin, mais c'est comme ça, on ne se refait pas !

Au loin, une jolie jeune fille, aux lignes élégantes. Je vois Benjamin qui allonge le pas. Le bougre ! Comme souvent, je lambine derrière. A la vue de la belle, j’accélère discrètement, avec pour objectif de me retrouver dans les effluves de celle ci. Bon, j'ai beau m'atteler à al tache, je reste à bonne distance. Benjamin, lui, profite du spectacle. J’aperçois même, son œil libidineux devenir salace. Moi, je lambine derrière pour mon plus grand regret.

 

A force d'effort, je réduis mon retard, Benjamin, est déjà loin devant. J'atteins enfin mon but au bout de longues minutes, le visage harassé, la sueur fétide perle de mon corps putride. Pas sûr que mon corps de vieil aventurier fasse l'effet escompté... J'atteins enfin mon but, écrivais je , quand le compagnon de vie de la dame, un grand baraqué aux tatouages imposants lui indique la pause. Je blêmis, tout ça pour ça ! Je n'aurai pas atteint les effluves fleuris, objectif de chacun de ces derniers instants, je repars penaud, je lambine à nouveau derrière...

 

Là haut, elle m'attend.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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Heureusement, le paysage est beau, et je me remets assez rapidement de ma mésaventure. A droite d’impressionnantes cascades, une barre rocheuse coupe l'accès au refuge Barba Ferrero.

Devant, Benjamin, égal à lui même galope, j'en viens à me demander s'il n'a pas déjà repéré une nouvelle gueuse. Rien n'est moins sûr.

 

On remonte sous la barre avant de virer à droite, sur le plateau, pour revenir vers le refuge. Il y a du bruit, beaucoup de bruit, ambiance jazzy, le refuge est incroyable, le gardien aussi, sous cette canicule, des bouteilles de blancs sont rafraîchis dans une fontaine cascade, en dessous, des canettes de coca, une bière, tout cela en libre service. Une corbeille de fruit vient agrémenté le tableau. Il y a du monde, du bruit, l'ambiance est à la fête. On se pause là pour pique niquer. Moi, ma pauvre boite de sardine, tandis que Benjamin s'offre un magnifique panini. Le gardien bien jovial vient nous demander notre objectif : Cresta Signal, le sommet des Français et des Suisses nous lance-t-il

 

L'heure est déjà avancée. Je me souviens de la réponse de Jeff quand je lui est annoncé qu'on partait pour la Cresta Signal : Ça n'est pas très dur, mais la montée au bivouac est hyper longue !
Et nous voilà, quittant ce refuge unique à l'ambiance chaloupée.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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Les premiers pas sont difficiles dans le gazon qui suit le refuge, retrouver la sente, puis la suivre, peu de gens poursuivent au dessus, et ça se voit. On reprend un petit rythme, Benjamin s'est mis dans ma roue, il sait qu'à mon rythme on arrivera en haut, pas vite, mais avec certitude.

Au dessus, les nuages font leur apparition, c'est dommage on aura pas de vue, en contrepartie, on n'a un peu moins chaud, en ces temps de canicule, c'est une chance.

 

La végétation devient moins verte, le paysage devient plus minéral, au dessus, à 4000 m, les nuages sont déjà là. On croise un couple avec deux énormes chiens. « Attention, celui-ci mort » nous annoncent ils sérieusement. Quelle idée de ce balader en montagne avec un chien mordeur au milieu de tant de monde... Ils ne se sont même pas écartés du sentier, nous avons du laisser la place au Cerber.

Court replat au dessus. Le GPS m'indique la marche à suivre. Au loin on aperçoit deux alpinistes qui filent vers la droite sur le glacier. Cool, ça sera tracé.

Quelques dalles nous amènent au glacier, on enfile les crampons. Et zou, reste à suivre les traces, qui partent à droite. Petit doute, Benjamin sort son smartphone, tandis que je consulte la trace GPS de la montre... Les traces de pas partent à droite, le bivouac est à gauche. Qu'est ce qu'ils sont allés faire par là ?

On part sur la gauche, on remonte une pente un peu raide. Deux bouquetins traversent tranquillement au dessus de nous. On repique vers la gauche et on recoupe la trace GPS... Bonne nouvelle on est retrouvé ! Par chance, on retrouve aussi des traces de pas. Sont elles d'aujourd'hui ou d'hier. Je pense plutôt qu'elles datent d'hier mais sans certitude. On avance. Benjamin une dizaine de mètres devant moi. On aperçois le bivouac. La trace vient buter sur la barre rocheuse juste en dessous.

 

On assiste depuis là à l'hélitreuillage d'alpinistes sur le sommet de droite, sommet où sont montés les deux personnes vue sur le glacier deux heures plus tôt. Les nuages nous empêchent de bien voir. A priori, l'hélico n'a pas eu le temps de rapatrier tout le monde...

 

Le passage est délicat, une rimaye puis une dalle gravillonneuse. Tel un chat, Benjamin progresse comme si de rien n'était sur au dessus de l'abîme. Je pars sans conviction, le geste peu sur, je progresse lentement. Si Benjamin ressemble à un chat, moi ça serait plus le pingouin maladroit. Bon, je finis par surmonter l'obstacle. La suite est plus facile même si il faut rester vigilant dans cette barre rocheuse raide.

 

On rejoint le bivouac, il faut accéder par la terrasse et gravir la rembarde. On contourne le bivouac. J'entends que Benjamin salut quelqu'un. Nous ne serons pas seuls ce soir.

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Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

On se pause, on papote avec le guide Suisse et son client. On essaie de comprendre les différents topo qui décrivent l'arête différemment. On se dit que l'autre cordée est là et que c'est signe de beau temps... Eux aussi d'ailleurs, pas sur que notre prévision soit fiable... On profite de l'eau déjà fondue. On mange et on se couche.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

3 h 10, le réveil sonne, la partie dortoir du bivouac reste assez spartiate, humide... Je m'habille et je file déjeuner. Enfin , déjeuner est un bien grand mot, je grignote trois gâteaux secs en buvant un peu d'eau à la boisson énergétique. Je peaufine mon sac. Dehors, il ne fait pas beau. Le guide, qui est sorti le premier, a vu une partie de ciel étoilé, puis ça s'est bouché. Le ciel est sombre, dans la plaine du Pô on aperçois des éclairs, beaucoup d’éclairs... C'est pas gagné.

Le guide et son client partent devant, nous sommes 5 minutes derrière. La première partie est facile, une arête en pente douce avec un gros névé qu'il faut prendre soit sur le fil , soit dans la pente en dessous, rien de bien méchant. Je suis devant, je laisserai Benjamin se taper les passages d'escalade extrême (enfin extrême pour moi parce que Jeff il a dit qu'il n'y avait pas de difficulté, mais méfiance... Jeff, il est très fort ! )

 

20 minutes après le départ, on rattrape l'autre cordée. Les éclairs nous entourent de tout part, le spectacle est assez impressionnant. Chacun essaie de choper du réseau pour consulter la météo. Forcement le guide y parvient le premier. C'est pas pour rien qu'il a eu son diplôme. A priori, c'est bon pour ici. Il y a 20 ans, j'aurais fait demi tour direct. Le orages s'approchent, sur une arête engagée comme celle là... Je ne suis tout de même pas sûr qu'on prenne la bonne décision.

 

Mais on repart, sur cette arête facile. On passe le petit sommet avant de redescendre au col, les Suisses nous ont pris 5 minutes. J'essaie de repérer par où ils passent, ça nous évitera d'avoir à chercher.

 

Plus haut, elle m'attend.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal
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Et c'est repart vers le haut, la grimpe est facile, la vue est jolie, l'arête enneigée en dessous, au dessus , c'est rocheux et moins élégant. On grimpe, on suit des vires, l'escalade au départ n'est jamais difficile. Par contre, rien n'est bien distinct. Il est difficile de retrouver les détails décrits dans le topo. On avance pour venir buter sur un premier obstacle. Benjamin le franchi avec brio ! J'avoue que je suis un peu apeuré par l'obstacle. Je franchi cette partie plus en rampant contre les parois qu'en grimpant. Le bourrineur des alpes , l'usurpateur des 4000 a encore frappé. Je suis passé.

Et on grimpe, de droite puis de gauche. Ça fait longtemps qu'on ne voit plus les deux Suisses. Nous sommes livrés à nous même. Il y a 3 gendarmes « caractéristiques » décris dans le topo, le problème c'est qu'on ne sait pas si on est au premier, au second ou au 3ème. Ça nous fait hésiter régulièrement sur le chemin à suivre.

On rejoint en Nord une partie en neige. Ça fait déjà 4 ou 5 fois que l'on met puis qu'on enlève les crampons. Hésitation, encore, j'hésite à remettre les campons pour une portion qui semble courte. Je vais voir, mais la prudence me fais redescendre. Hop on chausse, on remonte, on a bien fais de cramponner, la glace n'est pas loin, les rochers non plus. Les crampons crissent mais on avance.

On opère une traversée sur la gauche. Une grande vire, on descend comme on peut. Et là , deux choix s'offrent à nous : soit un dièdre à gauche, soit une dalle à droite avec un spit. Bon, ben le spit attire, on remonte jusque là. Rejoindre le spit n'est pas chose facile. Pente gravillonneuse et exposée. Je rejoins Benjamin, la suite semble bien dure, trop dure. On décide d'aller voir de l'autre coté, ou comment perdre 20 minutes dans une hésitation. Je repars vers le bas, re-pente gravillonneuse exposée.

On rejoint le pied du dièdre. Benjamin se lance. Au pris d'un gros effort, il force le passage et installe un relais au dessus. C'est mon tour. La vache, c'est peu prisu. Je pars un pied à droite l'autre à gauche. Mes mains cherchent vainement de gros baquet comme prise. Il faudra se contenter de trucs fuyants... je déteste. Une fois de plus, je rampe. Je bourrine comme un sourd avec les bras, tandis que mes jambes cherchent à trouver d'inexistantes prises. Je suis plus une limace qu'autre chose, mais une limace en difficulté, ma bave n'adhère pas.... Le souffle court, je parviens à surmonte le dièdre. Je m’étale de tout mon long au dessus, je suis passé. Je ne suis vraiment pas un bon grimpeur, faudra que je travaille là dessus ! Bon, bref, je suis passé. Il faut repartir, alors on avance, lentement mais on avance.

 

Un peu plus haut, on se retrouve sur une vire en rocher pourri. Nouvelle hésitation, Benjamin décide de passer au dessus de moi avant de tirer à gauche. Il remonte à ma droite puis traverse au dessus, il met le pied sur une grosse dalle 1 m au dessus de moi. Une bonne grosse dalle de 1m50 sur 2 m. Mon regard perçois le léger mouvement de celle ci. Elle glisse au dessus de moi, je suis direct dans l'axe. Deux solutions s'offrent à moi : soit me déplacer de 2 m sur la droite, solution qui risque de prendre trop de temps ; soit me baisser et me coller à la paroi, la dalle pourrait me passer par dessus, solution rapide mais au résultat incertain. De toute façon, pas le temps de réfléchir, c'est plus un reflex qu'une réflexion, je me couche le long de la paroi. Me calant contre la roche. Dans un fracas la dalle tombe. Elle passe au dessus de moi, mais je ressens une douleur sur la cheville droite. Je hurle. Je me retourne, la première douleur est violente. Me voilà allongé sur le dos. Je ne sais pas quelle est l'étendue de la lésion. Je bouge le pied doucement. À priori, ça fonctionne, il n'y a pas de fracture... Ouf ! Je reprends mon souffle. J'essaie de rassurer Benjamin, mais je ne suis pas encore debout. J'ai encore bien mal, je ne comprends pas comment la dalle n'a pas brisé tous mes os en tombant dessus. Je me relève, lentement, il y a une petite douleur, mais rien de catastrophique, à priori pas d'entorse ! Quelle chance. Je lis dans le regard de Benjamin toute son inquiétude. Je le rassure, ça devrait aller et il n'est pas responsable. C'est juste un coup de malchance.

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On repart, la douleur s'estompe. Je boite à peine. C'est un miracle que la roche n'est touché que mon talon, c'est également un miracle que je parvienne à marcher. La dalle m'attendait, je vous l'avais bien dit ! J'essaie de comprendre, comment se fait il que je m'en sorte indemne. Les questions se bousculent. Est ce que je n'ai pris qu'un autre bloc plus petit sur le pied. ? Avais je le temps de me décaler sur la droite ? Je sens que Benjamin tergiverse. Il se sent responsable, il n'en est rien. On avance dans ces pentes monotone. On remet pour la nième fois les crampons. Des pentes de neige, tracées forcement, les Suisses ont passés par là. Pour le coup on avance bien, on rejoint des dalles faciles puis le fil de l'arête, à gauche dans les nuages, le refuge Margherita marque le sommet. On attaque la partie finale par de l'escalade facile. Benjamin part à gauche. Ça ne passe pas. Il me propose de repasser devant, je m’exécute, ça me fera du bien. Je contourne un gros bloc par la droite puis une pente de neige permet de gagner le plateau sommital. Je me moque de Benjamin qui m'a laissé passer devant pour ça ! On se retrouve heureux de cette jolie sortie au rocher délicat !

 

Reste juste un bout de glacier en dévers pour rejoindre la cabane. On progresse dans un joli paysage, la pointe Dufour à droite, le Lyskamm devant. Reste quelques mètres et nous voilà sur la terrasse du refuge. Le soleil a fait son apparition pour les derniers mètres ! Magnifique !

On prend le temps de se pauser, de faire quelques photos et de discuter.

Que faire demain, ?

On est à peine arrivé qu'on se demande quoi faire demain.

Bon la raison est simple, la météo n'est pas bonne.

 

On décide de manger au refuge et de checker la météo pour faire le point.

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Benjamin commande un bout de pizza, il fait chaud dans le refuge. Les gardiens ont l'air blasés. Mauvais signe, le refuge a l'air de se vider.

Effectivement, la météo n'est pas bonne, demain est annoncé pourri, on ne pourra pas faire grand chose. Soit on reste sur place et on passe la journée à glandouiller , soit on redescend pour trouver un autre objectif et on se repose en bas. (Au départ on avait pensé faire soit la traversée du Lyskamm, soit l'ensemble des 4000 qui descendent sur Gnifetti)

Bon on décide de descendre, notre projet d'ascension du Cervin a du plomb dans l'aile, pas question d'aller sur les pentes du Matterhorn s'il y a de la neige fraîche en quantité. Cette année pour moi , c'est la loose, il fait grand beau tout le temps, sauf quand je pars en montagne, et je suis obligé de jouer avec des systèmes météos compliqués.

 

1 h après on est sur le glacier et on croise une cordée des pays de l'Est. Chargés comme des mules ahanant sur la trace. Ils progressent peu, on les voit le plus souvent.. à l'arrêt pour récupérer du pas précédent (je me moque , mais il y a un peu de vrai)

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On avance, on sent que le temps tourne. Les nuages s’amoncellent et on n'a pas envie de jouer à chercher la trace sur cet immense glacier trop crevassé.

Je galope donc, observant les 4000 alentour et regrettant de ne pas pouvoir en gravir un ou deux au passage. On passe sous les séracs avant de remonter vers le Lisjoch. A la descente je suis devant, et oui, je ne suis pas un bon grimpeur, mais comme bizuth suicide testeur de crevasse, je suis un champion. Au col hésitation, petit coup de GPS, la trace de celui ci part à gauche alors que la trace à pied semble partir à droite. On joue la sécurité, on part à gauche, en fait , ça va nous faire un détour par le bivouac Giordano et le pied de la pyramide Vincent, rien de bien grave. On laisse le joli bivouac et ses crevasses d'accès, avant de basculer. Au loin, la Punta Giordani me fait de l’œil, le seul 4000 gravi en famille avec tous mes enfants ! Un grand souvenir même si l’ascension en elle même n'a qu'un intérêt tout relatif ! Bref, je profite de la vue dégagé sur notre 4000, avant de poursuivre la descente. On rejoint une cordée qui monte. Le premier me demande l'altitude, en italien. 4000 m , c'était leur objectif du jour. Ils décident de faire demi-tour

 

Nous on poursuit, on récupère l'axe du glacier. En dessous une zone hyper crevassée, 4 grosses crevasses, la dernière est énorme. Plusieurs cordées la traversent et s'arrêtent juste après, on ne sait pas trop s'ils sont sur la première ou la seconde. Regroupement général. Incroyable, inquiétant, ils ne savent même pas s'il y a un pont de neige à cet endroit là. On arrive, je me décale et je décide de leur expliquer qu'ils devraient s'espacer et ne pas rester là (ils sont au moins 12, tous serrés et une autre cordée de leur groupe arrive) Je bafouille en Anglais en leur faisant des gestes, il faut qu'ils s'espacent, c'est dangereux de rester comme ça ! Bon avec mes gestes c'était plus intelligible que juste mon anglais. Le chef du groupe me lance un « ouai ouai » , genre « ouai ouai je gère », mais il ne change rien...

On continue étonné de ce comportement. On poursuit de crevasse en crevasse. On tire à gauche et ça continue, on en longe, on en traverse. Il fait gris à présent. On remonte légèrement pour passer au dessus de Gnifetti, Benjamin négocie une pause, je lui accorde.

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La pause est courte (oui ,je ne suis pas un grand fan des pauses, et encore moins des pauses longues : la pause, ça ne sert à rien , ça casse le rythme!)

On repart sur cette petite glace vive assez désagréable à cramponner. Et bim, Benjamin se tort la cheville ! Flûte. On s'arrête, il râle un peu. Pas sûr qu'il puisse marcher demain si c'est nécessaire. Flûte on a notre projet de Cervin ou d'autre 4000 à gravir.

Je repars, un peu plus lentement. Benjamin marche prudemment mais il marche. On se retrouve dans le brouillard, on a coupé le passage par Gnifetti en prenant par la glace (ça évite les barres rocheuses) mais avec le brouillard ,je je ne suis pas hyper sur de moi, heureusement il y a des traces. On retrouve les rochers, on peut enfin enlever les crampons. Pour la suite, je sais qu'il faut prendre par des vires, et instinctivement, je trouve le début de la via ferrata, non visible depuis le sentier. Et c'est parti pour une partie plus physique, chute interdite. Pas plus interdite qu à 4000 m , mais interdite tout de même, quoique je préférerai mourir au dessus de 4000 m qu'en dessous, je trouve que ça fait plus prestigieux ! ( je sais, ça ne sert à rien, mais bon, cette idée me trotte dans la tête depuis un moment, alors je vous la livre )

 

Bon on descend dans des échelles, des barres pour se retrouver sur des vires. Je me rends compte que ça n'est plus la voie de montée. Je n'en dis rien à Benjamin, qui semble être dans le dur . Sa cheville endolorie y est sans doute pour quelque chose. Vire à droite, je merdouille pour trouver le bon itinéraire. Ça fulmine dans mon dos, mais étant donné que ça a été bien élevé, je n'entends rien. On retrouve le sentier, enfin sentier, il y a quand même de gros blocs à descendre et de grands pas à faire avant de rejoindre le glacier. En glace vive, parfois bien glissante. Il faut rester concentré. Benjamin s'inquiète. On ne voit pas la gare de téléphérique pourtant toute proche. Je le rassure. On poursuit la traversée du glacier puis une courte remontée avant de sortir du glacier et de rejoindre la benne. On achète nos billets. Puis on prend le téléphérique. A la station intermédiaire, il faut de nouveau acheter des billets. La vendeuse interpelle le cabinier lui demandant de nous attendre. Et ben pas cool, il part avant qu'on le rejoigne, il faut encore attendre. J'n profite pour rechercher un hébergement pour la nuit. 20 bonnes minutes plus tard, nous sommes dans sa benne. Un petit coup de télécabine plus tard on rejoint la station. Je laisse Benjamin et file à pied récupérer la voiture, bien loin à mon goût tout au nord du village...

 

Reste juste à récupérer Benjamin et à rejoindre notre hôtel.

Alpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta SignalAlpinisme : Punta Gnifetti - Signalkuppe : 4554 m Cresta Signal

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Publié le par Apoutsiak

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Alpinisme - Weissmies 4023 m dans le dédale des crevasses et des séracs de la face Nord-Ouest

Publié le par Apoutsiak

dans le dédale des séracs et des crevasses de la face nord ouest du Weissmies. Je vous emmène dans le labyrinthe de glace. Quelques passages impressionnants sur ce 4000 "facile" Petite vidéo pour les alpinistes, les anciens alpinistes et ceux qui rêvent de le devenir. Je vous emmène, encordé avec nous dans cette spectaculaire face Nord Ouest. Attention où vous mettez les crampons !

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Bonne année 2020 - rétrospective 2019

Publié le par Apoutsiak

Bonne année à tous

 

Comme chaque année, la petite vidéo rétrospective de nos aventures sur la planète.

2019 fut une année blanche, très blanche (peut être trop ...)

(ben oui, pas de passage à la mer)

Le Kilimanjaro, le Cotopaxi, et bien d'autres jolis sommets !

Bonne lecture, et si vous êtes allergiques au blanc, passez votre chemin !

 

 

Bonne Année.

 

Kilimanjaro - Cotopaxi - Maison (camp de base !) Kilimanjaro - Cotopaxi - Maison (camp de base !) Kilimanjaro - Cotopaxi - Maison (camp de base !)

Kilimanjaro - Cotopaxi - Maison (camp de base !)

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Chimborazo : Un but "émeutes" - bloqués à Banos

Publié le par Apoutsiak

Ce matin, c'est le grand jour. On doit partir pour le refuge du Chimborazo, l'occasion de gravir mon premier 6000.  On a rendez vous à 11 h avec Miguel.

Ce matin au petit dej, on voit à la télé (toujours à fond dans les resto Équatoriens)  qu'il y a des grèves importantes à Quito. Mais Quito, c'est loin. On a décidé d'aller profiter des bains de Banos, donc on file et on profite de l'eau à 42 °C !!!

Retour à l'hôtel , on ferme les sacs quand Miguel toque à la porte.

Il y a un souci, il y a des grèves, Diego ne peut pas venir, il est coincé à Quito. Et pas sûr qu'on puis atteindre le refuge, il y a des barrages sur les routes ! Je propose à Miguel de faire une cordée avec Anne, et Thierry sera avec lui. Il valide mon idée. On part chercher une corde et on file sur une piste pour contourner la route principale qui est déjà bloquée.

On suit un pick-up avec plein de monde derrière, dont 3 Européens. Une européenne a un voile, elle se tient debout, et ressemble à Sheherazade. Elle masque son visage pour se protéger de la poussière, son voile vole, elle est magnifique.

Miguel semble se désintéresser de Sheherazade, il connait tout le monde ici et arrête chaque voiture pour demander si ça passe. Et ça ne passe pas. Les chauffeurs en sens inverse sont catégoriques. Demi tour.

La loose absolue, en plus j'ai perdu Sheherazade, même si  elle n'a pas du aller très loin !

Retour en direction de  l'hôtel, des barrages sont installés aux entrées de la ville, impossible de rejoindre l'hôtel. Il faut rentrer à pied avec nos lourds paquetages sur le dos !

Je sais qu'on peut dire Adieu au Chimborazo. Il va falloir se sortir de se guêpier. Je vois mal comment une grève pourrait  se résoudre en 48 h... Et dans 48 h il y a notre vol...

Pour la petite histoire, le président Lénine (oui , c'est son nom) a eu a bonne idée de retirer les aides sur l'essence, bilan augmentation du prix de l'essence de 120 %, il a aussi enlever 2 des 4 semaines de congés aux Équatoriens ainsi que d'autres mesures bien impopulaires...

 

L'après midi, on part faire une rando au Sud de la ville, l'ambiance est tendue. Anne et Thierry marchent à fond, je peine à suivre. On est parti sans carte et on a du mal à trouver les bons chemins. les autochtones nous donnent de mauvaises indications, on tourne pas mal en rond Même les chiens (très (trop) nombreux en Equateur) nous poursuivent, leurs dents acérés menaçants nos frêles mollets  !

 

Voilà le petit texte que j'ai écrit sur les réseaux sociaux ce jour là :

"Mauvaise nouvelle aujourd'hui
Blocage complet du pays depuis minuit
Des Barrages par les taxis et bus sur les routes empêchent de sortir de toutes les villes, le pays est paralysé.

Les espoirs de Chimborazo 6300 m (prévu demain) s'envolent. On espère juste avoir notre vol pour rentrer dans 2 jours. L'aéroport de Quito est bloqué pour le moment... (apparemment c'est l'état d'urgence)

En attendant on s'est fait une rando au dessus de Bagnos après une matinée dans les plus vieux bains de la ville."

Les bains de Banos - Les bains de Banos -
Les bains de Banos - Les bains de Banos - Les bains de Banos -

Les bains de Banos -

La ville de Banos : facile à bloquée !
La ville de Banos : facile à bloquée ! La ville de Banos : facile à bloquée ! La ville de Banos : facile à bloquée !
La ville de Banos : facile à bloquée ! La ville de Banos : facile à bloquée ! La ville de Banos : facile à bloquée !

La ville de Banos : facile à bloquée !

Le lendemain, on est toujours coincés. Tout est intégralement bloqué. Anne et Thierry ont tendance à déprimer. De mon coté je cherche une solution. Partir dans un pays voisin pour prendre un avion si la frontière n'est pas loin. Impossible, la frontière la plus proche est à 400 km et 6 h de voiture (dans le meilleur des cas ! ) . Autre solution, y a t'il un petit aérodrome pour trouver un petit avion qui nous ramènerait à Quito (quitte à le rejoindre en vélo). Le fait de chercher des solutions m'occupe l'esprit. Il faut absolument que je sois rentré lundi pour le boulot . Bon j'avoue  que le premier jour que j'ai fait hier (jeudi) c'est les appeler pour les prévenir de ma situation délicate.

Anne et Thierry restent prostrés et subissent les évènements. C'est vrai que c'était leurs premières grandes vacances depuis 3 ans :-(

On décide de faire une rando, en passant dans le centre ville, on croise une procession

Je décide de la suivre un peu , Anne et Thierry partent devant. On se retrouvera peut être. Ayant exploré les pentes aux sud de la ville hier, on part au Nord. Ça tombe bien, la procession part dans cette direction .

Et hop, je grimpe derrière les Saints et leurs porteurs. Ils font une pause, je poursuis, je sais que je ne rejoindrai pas Anne et Thierry, trop rapides pour moi. je suis seul et ça fait du bien, en fait pas si seul que ça, un chien se met à me suivre. il a l'air super sympa et je lui donne même un nom : Tungu ! (du nom du volcan qui surplombe la ville que nous avons gravi hier !)

Je grimpe tout en papotant avec mon fidèle compagnon, qui se fait régulièrement courser par les autres chiens quand il entre sur leur territoire. Beaucoup plus haut, je décide de faire demi tour. Je coupe les virages afin d'éviter à Tungu de croiser ses ennemis. Ça me vaut quelques passages un peu verticaux pour rejoindre la route Je demande à un éleveur s'il a vu  Anne et Thierry, en fait non.

Plus bas, je décide de revenir par un autre chemin. Il me semble apercevoir mes acolytes, je les appelle. Mais ils sont loin et avancent quand même. Je finis par les rattraper, mais il ne s'agit pas de Anne et Thierry mais de Sarah et Adrien, 2 Suisses Allemands en balade (eux aussi coincés à Banos) On fait la descente ensemble, je passe un agréable moment. On rentre par Banos par la route, elle aussi bloquée par  des bus.

Dans la ville je vois Tungu me quitter à regret et se mettre à suivre d'autres touristes, qui essaient de le faire fuir à coup de bouteille d'eau ! On aura quand même fait 13 km ensemble ! Chien infidèle ! Adieu Tungu.

Je finis par quitter Sarah et Adrien et retrouver l'hôtel et Thierry et Anne.

Miguel déboule

Le barrage au Nord de la ville a été levé, il faut partir

Et zou, faire les sacs, go vers le 4X4 et on file pour 3 km, on voit les stigmates des barrages, des poteaux en travers de la route. et 5 km plus loin on est bloqué. Miguel part aux nouvelles. L'attente dure, au boit de 3/4 d'heure,  demi tour, ça ne passe pas, fausse alerte. Retour à l’hôtel, Anne qui craque, ambiance lourde. On n'est pas parti.

Miguel  évoque deux solutions pour le lendemain, soit partir en motocross par les pistes, soit en ambulance.

(rien n'est gratuit, c'est 200 dollars par moto ou 240 dollars pour l'ambulance 2 personnes) On n'a pas le choix si on veut quitter la souricière...

On part voir le loueur de motos, mais je vois assez vite qu'il ne veut pas louer ni motos ni pilotes , trop dangereux. Des indigènes leur ont lancé des cailloux ce matin. Miguel négocie, peine perdue. Reste la solution de l'ambulance. Le souci, il n'y a que deux places. Nouvelle négociation, et notre Miguel réussi à obtenir que nous partions à 3... sans bagage ! On les rapatriera plus tard. Les passages de barrages seront chauds demain.

Rendez vous est pris avec l'ambulance, demain à 6 h du matin, Thierry jouera le malade, Anne sa femme et mi le traducteur (avec mes 3 mots d’espagnol ! ) (Sandrine m'avouera à mon retour que ça lui faisait penser à Tintin ! )

On va prendre le repas au resto et Miguel apprend que les barrages sont en train de se lever. Il annule l'ambulance (on est sur ? ...) et on programme un réveil demain à 5 h (perso j'aurais préféré garder l'option ambulance)

Retour à l’hôtel après le repas. Je raconte les épisodes du jours sur les réseaux sociaux , Anne et Thierry sont déjà dans leurs lits quand on tape à la porte. C'est Miguel, il faut partir tout de suite, il y a un convoi de touriste  à rattraper  qui file vers Quito, on est déjà en retard...

 

_________________________________

"Ecuador news (nouvelles d'Equateur)

Bon, on est toujours coincé, toutes les entrées de la villes sont fermées. Deux hypothèses pour l'instant : soit on quitte la ville à moto soit en ambulance...

Le vol est demain à 20 h

En attendant, j'ai fait une rando seul (Anne et Thierry étaient partis avant) en suivant une procession, puis en trouvant un nouveau compagnon de marche que j'ai appelé Tungu avant de rencontrer deux Suisses Allemands : Sarah et Adrien avec qui j'ai fait la descente !

Tungu m'a délaissé pour d'autres baroudeurs une fois dans Bagnos... Pas très fidèle.
On est dans l'incertitude quand au retour à Quito
Pour le reste pas de souci, la ville est calme (pas comme les images d'émeutes qu'on voit à la télé sur les chaînes d'info dans les grosses villes.

D'autres news, peut être, demain "

Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !
Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !
Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !

Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !

La route...

Donc hier, après 3 départs de l'hôtel et 3 retours du fait de fausse alerte (départ), je rejoins un appel de Miguel, on part dans 5 minutes. La solution de l'ambulance est écartée, il semble que la grève soit suspendue. Anne et Thierry étaient déjà couchés, et perso, j'envisageai une agréable et méritée douche réparatrice...
On sait que la fenêtre pour quitter Banos risque d'être courte, 5 minutes plus tard on est en bas. La fin des grèves est annoncées mais ça pourrait reprendre demain, Samedi matin.

Départ pour Quito dans le 4X4 de Miguel, on remonte la route, où, bonne surprise, il n'y a plus de barrage. On parvient à Ambato, situé à une 20aine de kilomètres de Banos. Et là, on se fait coincer par de nombreux Indigènes qui bloquent un rond point : il y a des fagots devant les routes, et quelques feux. Demi tour, pour passer par les pistes... Et ça passe... mais il faut plus de 20 minutes pour se retrouver de l'autre coté du barrage bloqué.  5 km plus loin, nouveau barrage, en train de se monter : des pneus, de l'essence, un briquet.
Miguel descend du 4X4 et fin négociateur (et avec 5 dollars) le barrage s'ouvre avant de se refermer derrière nous.
On a déjà perdu 1 heure !

On est sensé rejoindre un convoi militaire qui nous assurerai d'aller à Quito sans embûche.

Sur la route il y des arbres, des restes calcinés, des bouts de goudron encore fumants.

On s'embarque sur la 2 X 3 voies de la Panaméricaine. Pas grand monde. On dépasse le convoi chargé d’emmener les touristes à Quito : voiture de police, militaires et devant, un camion avec un bulldozer pour enlever d'éventuels barrages !!!
Miguel, assez confiant, pense que ça va rouler sans problème jusqu'à Quito et dépasse le convoi à vive allure.
20 km plus loin, énorme bouchon. A l'arrêt pendant ¾ d'heure. Des voitures qui font demi tour sur l'autoroute, des ambulances qui se faufilent comme elles peuvent, oui, les gens utilisent aussi la bande d'arrêt d'urgence.

La loose complète, on voit le convoi de touriste passer sur l'autre voie en sens inverse alors qu'on est coincé dans le trafic. Notre chance est peut être passée.
L'attente est longue mais ça repart. Tout le monde est à fond, les camions, les voitures, on sent toute la tension du pays.
7 km plus loin, on est encore à l'arrêt. Avant de repartir après de longues minutes. On passe près des anciens barrages : pneus brûlés, goudron complètement fondu par la chaleur, cailloux en travers de l'autoroute, arbres en feux sur les bords Une fumée noire impénétrable par moment, une circulation hyperdense et parfois trop rapide. Il reste régulièrement des traces des affrontements...

Mais on avance, pas rapidement mais on avance. Je finis par m'endormir lors d'un arrêt bouchon. Le redémarrage me réveille.

On parvient aux abords de Quito. La circulation se fait fluide, en centre ville il n'y a personne. Miguel veut nous pauser à l'hôtel en centre ville. On lui dit qu'on préférerait dormir dans l'aéroport ou dans un hôtel à coté de celui ci, on n'a pas envie de se retrouver coincés demain... Finalement comme on est crevé (il est 3 h du mat, on accepte de dormir dans l'hôtel du centre ville).
Miguel sonne, il y a un problème, comme on n'est par arrivé avant 22h et que les places n'ont pas été confirmées par l'agence, elles ont été réattribuées... C'est pas de la chance ça !

On reprend la route, longue, il faut sortir du centre ville et rejoindre l'aéroport, 50 minutes de route, sans voir grand monde, par chance. On rejoint l'aéroport, Miguel nous pause, on lui demande s'il n'y pas un hôtel, il part en quête. Perso je me dis qu'il y a peu de chance de trouver une chambre de libre alors que c'est la crise ici.

Je pars en quête d'un endroit pour dormir dans nos duvets dans l’aéroport. "La galère , c'est comme les échecs, il faut toujours avoir un coup d'avance..." Je sais aussi, que trouver des solutions dans ces conditions là permet d'éviter la déprime. Anne et Thierry restent à dormioter vers les sacs.

Et la chance tourne, un peu, un pompier nous distribue sandwichs et boissons (ils ont fait ça dans tout l'aéroport, avec les grèves énormément de monde dormait dedans ). Miguel revient, il a trouvé un hôtel pas trop loin pour 15 dollars par personne.

On remonte nos affaires dans le 4X4

2 km plus loin, un petit hôtel. On se retrouve dans une grande chambre à 5 lits. J'envoie quelques nouvelles pour rassurer Sandrine et Maman.
Je me retrouve sans un lit d'enfant , avec comme tête de lit, Spiderman, Louis aurait adoré !

Demain, au pire, on peut aller à l'aéroport à pied (avec 33 kg sur le dos), mais ça pourrait se faire.

Je m'endors comme un bébé dans les bras de Morphée.

On n'a jamais été aussi près du but !

Chimborazo : Un but "émeutes" - bloqués à Banos
Chimborazo : Un but "émeutes" - bloqués à Banos

Retour à la maison
un peu fade
Avion presque à l'heure
RER RAS ( avec 32 kg sur le dos quand même !)
TGV RAS (pour l'instant)

Merci à tous pour vos messages ( qui maintiennent le moral au beau fixe !)
Plus qu'à organiser le prochain voyage... On ne se refait pas !

 

FIN !

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Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

Publié le par Apoutsiak

Je pensais qu'on allait au sommet

Une légère incompréhension avec le guide et une grosse déception !

 

Vidéo :

Topo

Accès refuge :

On monte en 4x4 au refuge : à plus de 4700 m

De la ville de Cayambe, prendre la route qui part au sud de la ville vers l'Est. Passer à El halto puis à Monjas Halto. Un peu plus haut se trouve la cabane des rangers, passage obligatoire. reste 10 km de mauvaise piste (après 10 km de piste plus que moyenne). Quelques kilomètres plus haut, une mamy va faire en sorte que vous vous acquittiez d'un péage très local. Une pièce et elle laissera passer votre voiture (possibilité de péage également à la descente)

Seuls les 200 derniers mètres de déniv nécessitent le 4X4 en position 4X4, la route étant de mauvaise qualité.

 

Epaule 5400 m(F)

Penser à repérer le départ la veille (de jour) attention, la sente de descente est bien balisée (poteaux blancs) mais doit être galère à remonter dans du sable volcanique

Remonter au dessus du refuge en légère ascendance à gauche pour venir buter sur une barre rocheuse. (panneau). Barre rocheuse que l'on remonte (II III) pour parvenir à un replat. 4800 m. Poursuivre NNE en descendant un peu avant de remonter au mieux vers le glacier (sente)

Remonter le glacier en direction nord nord est. Laisse l'épaule 5200 m à gauche et poursuivre vers la droite, traverser à flanc et revenir sur le col à 5400 m

Sommet

Louvoyer vers l'Est au mieux entre les crevasses et les séracs.  et après un replat, gagner le sommet ( cette dernière partie n'a pas été vérifiée)

Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

Récit

On descend du Volcan Imbabura, bon, on es allé jusqu'au Primera Cumbre, c'est à dire le premier sommet. Le second était, d'après Miguel, trop loin pour être atteint. Le 4X4 redescend dans la vallée la route bien raide. Puis on sillonne les vallées entre Otavalo et Cayambe. Les glaciers du volcan Cayambe brillent et leurs séracs m'attirent. Pause dans la ville de Cayambe histoire de préparer le pique nique de demain. On reprend la route. La piste est de qualité moyenne, on avance lentement et, au bout de 10 km... je vois un panneau "Refuge 10 km" on n'est pas rendu ! La cabane des rangers est déjà fermée, on poursuit, quand une vieille Mamy se met en travers de la route, au ras du 4x4. Miguel nous explique : "c'est le péage" Il sort une piecette de sa bourse et la Mamy repart dans le bosquet d'où elle avait surgit !

La voie est libre, les pavés sont défonçés par le passage des 4X4. C'est long, mais c'est beau ! On voit de lapins détalés, des cerfs et des biches paitre. Petite pause photo ,le Cayambe brille, c'est beau. Derniers mètres, Miguel met le 4X4 en mode 4X4 et ces mètres sont avalés.

On se gare en face du refuge : 4700 m ... Incroyable pour nous , Européens !

On décharge le matos, on s'installe dans le refuge un peu froid, puis on passe boire du thé et manger du popcorn.

Repas du sort excellent avant d'aller se coucher tôt, demain, on se lève à 3 h

Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

J'ai bien dormi, passage au petit déjeuner puis équipement, je suis prêt le premier. Dehors, il y a du brouillard à couper au couteau. Anne arrive dans le sas de mauvais poil, elle est la dernière (il n'y a pourtant pas de compétition pour être prêt le premier) Je tente une blague misogyne... erreur (elle était pourtant drôle !) je suis renvoyé dans mes cordes (un vilain uppercut !) , sans le moindre procès.

On quitte le refuge pour entrer dans le brouillard, épais. Les frontales éclairent les fines gouttelettes. On part vers le haut , sur une sente.  Je trace un peu, puis Miguel reprend le leadership pour venir buter sur une barre rocheuse. Il fait quelques pas d'escalade,  Thierry suit, mais il petouille dans une traversée. Sa frontale n'éclaire pas ses pieds. Il finit par traverser. Je suis le dernier, le rocher est humide, mais ça passe. Au dessus, c'est plus facile. On fait une petite pause juste avant 4000 m. Brouillard épais, toujours.

Petit plat, petite descente. Au loin sur le glacier, on voit les cordées parties vers minuit.

On avance bien dans des coulées de lave gelée.  Le glacier est déjà là.

ascension cayambeascension cayambe
ascension cayambeascension cayambeascension cayambe
ascension cayambeascension cayambeascension cayambe

ascension cayambe

Sortie des crampons, des piolets, de la corde. L'ordre de la cordée est assez logique (selon moi) : Miguel, Thierry, Anne puis ma pomme.

Et c'est parti, sur un glacier peu raide et au départ assez en glace. Nous progressons tranquillement, Miguel nous fait le rythme, lent, comme d'hab. La nuit est noire, et une couverture nuageuse dense  nous empêche de voir les étoiles. On progresse. Toutes les 15 minutes, Miguel fait des pauses, courbé sur ses bâtons. On a du mal à comprendre pourquoi, on aurait bien continué au même rythme sans s'arrêter. Il nous explique que c'est pour note acclimatation. Bon, ben on n'en sent pas vraiment le besoin. Nous on aime marcher sans s'arrêter (même si c'est lentement ! )

Et hop on repart, à un petit rythme, mais on avance bien. Je repère le point 5200 m (il était prévu de monter entre 5200 et 5400 m)  Mais je commence à espérer pourvoir aller au sommet. J'en fait part à Anne qui a des doutes; Je vois que les cordées au dessus de nous me semblent proche. Il suffit de passer en mode "boost" et en 2 h on les rattrape.

Le ciel reste gris et bas. Il commence à faire jour, ambiance un peu lugubre.  Miguel fait des pauses mais continue de monter. Je le sens bien ce sommet.  Et on avance, on passe à flanc vers 5300 m puis nouvelle montée vers une épaule.

Je vois les cordées au dessus, la dernière est à moins d'une heure. Ça devrait le faire.

L'épaule approche, le vent est là, il fait froid.

Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

Bon, j'ai l'impression qu'on a passé le point de non retour, et je suis en mode "Summit", ne reste que 300 gros mètres. 1 h 30 peut être 2 max pour atteindre le sommet.

Pause sur l'épaule,  Miguel nous propose de faire une photo.

On s’exécute, puis il nous annonce qu'on redescend.

Quoi ? Ben non, on peut pas redescendre on est trop prêt du sommet.

Bon, alors je tente une négociation serrée. Du genre :  on est en forme, on a le niveau, et jamais nous on ne serait redescendu.

Mais Miguel est intransigeant, il nous faudrait deux guides pour aller au sommet, tout seul, il ne peut pas.

Je propose de payer une décharge, de payer pour les derniers mètres. Mais Miguel reste sur sa position.

Anne et Thierry sont restés à l'écart, le me laissant les opérations de négociation.

Bon ben échec pour moi et ÉNORME déception, je me voyais déjà au sommet à 5700 m, Miguel m’annonce qu'il reste  au moins  2 h 30 pour aller au sommet. (Il aurait fallu lui dire il y a 2 jours afin qu'il y ai un second guide)

On prend le chemin du retour. La looosse complète. J'avoue, vu que je suis devant, je mène un rythme d'enfer, et je ne me suis pas retourné. J'ai rarement été autant énervé , sentir le goût du sommet, sans pouvoir aller le cueillir.  On aurait été sans guide, on y serait allé ! la loose !

Cayambe volcanCayambe volcan
Cayambe volcanCayambe volcan
Cayambe volcanCayambe volcan

Cayambe volcan

Bref, descente à fond, en 20 minutes on est au pied du glacier. On se décorde et on file vers le bas. A peine a t'on envie de faire les photos du magnifique glacier. On décide de descendre vers le lac vert (laguna verde);

Miguel, qui sent la tension , décide de rester sur la trace de descente.

Au lac, on se retrouve sur une terre glaiseuse craquelée. Je décide de me faire une pause sur des rochers histoire de méditer et de relativiser.

La pause me fait du bien, on papote et on grignote un peu. Au dessus, Miguel fait également une pause. On remonte jusqu'à lui.  Un petit plat et on attaque à nouveau la descente, dans le sable volcanique. En deux temps 3 mouvements on est au refuge.

On remonte ranger le souk qu'on  a laissé dans le dortoir. Miguel vient me voir pour me préciser que ce qu'on a fait c'est ce qui était prévu dans le programme. Je lui explique qu'on aurait du prendre un second guide, et qu'il n'est en rien responsable.

On ne traine pas, je ne veux pas voir les cordées descendre du sommet.

Et zou, on charge le 4X4. Au loin on voit les vainqueurs du jour en passe de rentrer au refuge.

Le 4X4 file pour la longue descente jusqu'à Cayambé.

Cayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verde
Cayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verde
Cayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verde
Cayambé - descente et lac vert laguna verdeCayambé - descente et lac vert laguna verde

Cayambé - descente et lac vert laguna verde

Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m
Alpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 mAlpinisme : Epaule du Volcan Cayambe - 5400 m

On attaque la longue route pour rejoindre le pied du Cotopaxi ... avec pause  obligatoire sur la ligne de l'Equateur.

 

Pour le Cayambé, faudra malheureusement revenir (ce qui reste compliqué, l'Equateur, c'est loin ! )

même les Alapagas se moquent de notre infortune ! - Eqauteur ! même les Alapagas se moquent de notre infortune ! - Eqauteur ! même les Alapagas se moquent de notre infortune ! - Eqauteur !
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Voyage en Equateur, "à l'assaut des volcans" , le voyage

Publié le par Apoutsiak

Lundi matin, 5 h 15, le réveil sonne, ma garde se termine, une bonne grosse semaine de garde bien usante. Je me suis arrangé pour que mon associé me fasse les 2 dernières heures. Petit dej', et Sandrine a la gentillesse de me poser à la gare TGV de Besançon.

Et là, c'est la loose, la première du voyage. Le TGV a deux parties, une qui va à la gare de Lyon (la mienne) l'autre va directement à Roissy !!!. J'ai pas osé monter dans l'autre rame...  Ça va être la galère, il va me falloir traverser Paris avec 30 kilos sur le dos !

En route pour l’Équateur a plus de 300 km/h. Je bouquine un peu, et c'est déjà Paris, les couloirs du métro, la queue pour récupérer deux tickets (au moins 20 minutes pour ces malheureux tickets) puis le RER en retard, j'ai heureusement prévu large. Enfin, le voilà qui part.  malheureusement, la dernière gare de RER est fermée (celle de mon terminal) Bref, je me trimbale mes deux énormes sacs dans le Roissyval... puis je finis par trouver le comptoir d'enregistrement. Me voilà allégé de 20 kg !!!

Je me dirige vers la porte d'embarquement et je retrouve Thierry et Anne.

Voilà l'avion, bien installé, un Équatorien vient s'assoir à ma droite (j'apprendrai plus tard que c'est un Indigène). C'est marrant, quand tu es dans l'avion, tu espères toujours que Scarlett Johanson vienne s'assoir à coté de toi. Mais non, Guillaume, Scarlett elle est en classe affaire (quand elle ne se déplace pas en Jet privé!) Et, toi, tu te retrouves avec une fille moyenne voir très moyenne (selon tes critères, forcement ! ) à coté de toi. Notez au passage, que je ne suis pas Tom Cruise non plus.

Je me fais une série de film (dont 120 battements par minute, que je vous conseille ! ) sans m'intéresser outre mesure au personnel navigant ... 

La fille moyenne s'endort, elle vient pauser sa tête contre mon épaule... Quelques pellicules viennent se pauser sur ma polaire Millet bleu argent. Je n'ose la réveiller. C'est à ce moment là qu'une hôtesse de l'air avec une tête d'Angelina, passe dans le couloir, voit l’idylle naissante entre la passagère au cheveux sec qui nécessiterait un shampoing antipelliculaire approprié, et son voisin un bientôt vieux beau, qui se croit toujours jeune.

Elle me fait un gros clin d’œil complice, du style : bien joué !. Mais moi, j'ai rien joué du tout, j'ai juste essayé de ne pas réveiller la fille Moyenne qui dormait du sommeil du juste...

Par contre, Angelina Jolie... Ben oui, je me doute que c'est loupé...

"Encore raté Carmaba !"

La fin est longue (pas le film, le vol ) , on survole les caraïbes puis le Nord de l’Amérique du Sud, mon épaule blanche de pétales de pellicules, le doux bruissement du ronflement de ma "Moyenne". Enfin, vers 22 h , l'avion atterri. 

On quitte l'avion, ma "Moyenne" est largement défraichie, le chemisier à carreau à moitié rentré dans le pantalon, le haut mal boutonné, le mascara a coulé, une trace de mon épaule reste marqué sur sa joue . Je ne suis pas à mon avantage non plus. On passe devant Angelina, les cheveux tirés, comme pendant tout le vol, à 4 épingles. Elle me lance un gros, au revoir et bonne chance ! Du style, n'oubliez pas de m'envoyer un carton d'invitation pour le mariage ! Je perds de vue ma "Moyenne" et retrouve Thierry et Anne qui n'ont rien vu.

On récupère les sacs puis on cherche notre guide à la sortie de l'aéroport. Le voilà, parfait, dernier effort jusqu'à la voiture.

L'hôtel est en centre ville, c'est à dire loin (50 minutes ). La route est encore longue et on est bien crevé. L'hôtel est près de l'assemblée Nationale (c'est un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup, surtout lors de notre retour... comment dirais je ... mouvementé ! (à suivre donc)

Dernier effort du dernier effort, l'hôtel est tout en hauteur, il faut monter des escaliers méga raides , toujours avec nos sacs lourds. J'arrive en haut repu. Une douche  et au lit.

 

Voyage en Equateur, "à l'assaut des volcans" , le voyageVoyage en Equateur, "à l'assaut des volcans" , le voyageVoyage en Equateur, "à l'assaut des volcans" , le voyage
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Hôtel : l'Auberg' Inn

Hôtel : l'Auberg' Inn

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J'aurais voulu faire un 4000 ...

Publié le par Apoutsiak

...Mais la météo en a décidé autrement.

 

Nath m'avait gentiment proposé d'aller dormir à Gnifetti, d'y manger des pâtes puis d'aller faire un 4000 à ski au dessus. Proposition alléchante ! J'avais hésité, c'était un peu loin, mais mon attirance pour les 4000 est toujours là.

Jeudi , je prends le bulletin des risques d'avalanche Suisse avant de m'engager. Risque 4 !!! :-( ... sur presque toute la Suisse.

Bref , c'est la loose. Vendredi, je ne sais pas par quel miracle, le bulletin redescends à 3, avec un risque marqué au dessus de 2000 m et de grosses accumulations dues au vent.

Je laisse tomber les 4000 des Monts Roses, je vais me contenter d'un petit Chasseron.

 

Aussi, je me fais un bon petit week end sport : 16 km de trail Vendredi au dessus de Vesoul.

Samedi, un joli Chasseron. Bon , je m'attendais à une poudreuse de neige, Ce fut une neige un peu humide qui m'a accompagnée.  Une fois que j'ai compris où il fallait skier, je me suis fait de belles descentes ... 1400 m de déniv et un joli soleil !

Et Dimanche, nous sommes montés à Nancy pour le semi marathon de Nancy ( tout ça pour être dans un bon sas lors de Marseille Cassis...) ( oui Sandrine a décidé que nous ferions Marseille Cassis cet automne...). J'avais pour objectif faire moins d' 1 h 30... Bon alors ma semaine sport à fond, plus un vent de face continu ( pourtant la course faisait des boucles mais j'ai eu l'odieuse sensation de courir en permanence face au vent ... ) la fin du semi étant dantesque : une énorme averse pendant les 20 dernières minutes (certains on eu la grêle). Bilan de mon plan d'entrainement catastrophique, de ces conditions météo peu favorables et de mon léger surpoids... 1 h 33 et 34 secondes. Bon, je me suis bien amusé, et ça me permettra de ne pas me mêler à la plèbe lors de Marseille Cassis !

Heureusement qu'il y a les semaines de garde pour récupérer !!!

J'aurais voulu faire un 4000 ...
J'aurais voulu faire un 4000 ...
J'aurais voulu faire un 4000 ...
J'aurais voulu faire un 4000 ...
J'aurais voulu faire un 4000 ...
J'aurais voulu faire un 4000 ...

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Bonne année 2019 !

Publié le par Apoutsiak

et comme chaque année, on vous propose une petite rétrospective de l'année précédente.

une version longue, pour ceux qui ne veulent rien rater

et une version courte, un condensé de 2018 - un extrait du nectar de  2018 au parfum d'aventure

 

Bonne lecture à  tous !

version longue

version courte

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Acclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et repos

Publié le par Apoutsiak

3ème jour au refuge, jour d'apprentissage technique et de repos.

 

A 9 h, je suis déjà dehors avec piolets et crampons, et j'en profite pour explorer la zone. Un névé d'exercice blindé de rocs. Je me fais toute les pentes raides, à la montée, à la descente. En travers.d'un sens, de l'autre. 45 minutes à me balader, j'ai fait des traecs partout ! Je rentre, assez satissfait de mon petit exercice. Le rendez bous est à 10 h. Chaucun sort et Misha, très pédagogue aborde les bases (le cramponnage, la position du piolet, le dévissage. On parcours une pente courte mais un peu raide, loin de mes pente préalablement traversées, puis un l'exercice de dévissage tourne au fiasco, la pente est trop peu raide et je ne glisse pas, sans intérêt pour s'arrêter.

 

Misha ne nous propose pas d'aller sur les pentes plus raide (je pense à cause des blocs de rochers...) et la matinée se termine un poil en queue de poisosn, conditions de terrain oblige.

Acclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et reposAcclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et repos

Nous mangeons à 14 h ( oui, en Russie, le repas de midi et pris entre 14 et 16 h ! ( je ne sais pas si c'est en Russie ou ici)

Et c'est l'occasion de parler des gardiens, en particulier de la gardienne, qui, je 'ai écrit dans un épisode précédent, nettoie et renettoie la bâtisse à chacun de nos passages. Elle est peu loquasse, et marmonne quand je lui parle en Russe : A mon priviet (bonjour) à mon spaciba bolchoï (merci beaucoup) à mon da svidania quand je quitte le refuge (au revoir) elle marmonne. Dur de lui faire même esquisser un sourire. Elle semble presser que la semaine s'achève. Exécute ses taches avec soin , mais sans allants et sans joie de vivre, aucune.

Avait elle prévue des vacances à la plage avant notre arrivée ?

Nul ne le sait, et je n'ai , aujourd'hui, encore pas trouvé de réponse , à cette attitude peu commerçante...

 

Fin de l’aparté

Acclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et reposAcclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et repos

et suite

Pendant le repas, je prends conscience que la journée de repos est faite pour se reposer (pas khon!) le réveil, ce soir va sonner à 10 h 30 pour un départ à minuit. Ouille ! 10 h devrait être nécessaire pour atteindre le sommet. Misha propose à Victor de monter en motoneige à 4700 m, Catalin est candidat à la même opération. J'encourage Victor à le faire, même si je déteste ce concept, je sais qu'il lui sera difficile de parvenir au sommet sans ça (et surtout d'en redescendre!) En plus il est monté à 4700 m aujourd'hui, c'est comme s'il repartait de là haut !

 

Je négocie avec Misha ½ h de sommeil en plus, et magnanime il accepte, on se lèvera à 11 h pour un départ à minuit, je lui ssuer que Rachana et moi ne mettrons pas plus d'une heure à nous préparer.

 

Direction le dortoir, où j'enquille les livres : l'ascension de l'Ogre dans la Karakorum par Dougal Haston, puis je termine le dernier Montagnes Magazines, avant d'attquer l'Art de la guerre de Sun Tzu, un des rare livre, en Français, présent au refuge (il n'y a quasiment rien à lire à part, ce livre, un magazine de moto en Anglais et un magazine Russe.

 

Moi qui est tendance à être super actif et à détester ne rien faire, me voilà servi. Je me repose sans drmir, esperant pouvoir le faire cette "nuit"

Acclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et reposAcclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et reposAcclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et repos
Acclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et reposAcclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et repos
Acclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et repos
Acclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et reposAcclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et repos

On reste calés l'après midi dans le dortoir, sommeillants, lisants, le corps tout entier concentré sur la suite.

Je finis par estimer que Rachana et moi serons bien avant Victor et Catalin au Pastafol Rocks. Ils se lèvent à 4 h pour un départ à 5 h , je fais mentalement le calcule et j'time qu'on va devoir les attendre au moins une heure. Mishal a l'air serein, j'ai peur qu'il ne souhaire faire de méga longues pauses dans le froid... Je lui explique mon interrogation, il m'affirme qu'il ne devrait pas y avoir de souci, je suis sceptiue, je nous ai vu marcher et nous avançons vite ! À suivre donc.

 

17 h : coucher de soleil, toujours magnifique, puis le reanrd fait son apparition, Misha tente de le faire s'approcher avec 3 bouts de fromage, l'animal est curieux mais méfiant, je parviens à faire de jolies photos. Toujours un moment magique de croisé ce bel animal.

D'une main, Mishal tente de le photographier, tel le Corbeau de l'autre il tient le fromage. Par l'odeur alléché, le renard lui tiet à peu prêt ce langage «  Misha, Misha, je préfère que tu m'envoie le fromage plutôt que de venir le chercher dans ta main » Le corbeau, enfin Misha, ne se sent plus de joie, il ouvre grande sa main et envoie le fromage » Le renard sans saisi et dit... Ben je me barre maintenant, tu n'auras pas ta photo !

J'avoue, pendant que Misha tentait d'amadouer Goupil, et ben j'ai mitraillé...

 

Vient le repas, ma gardienne préférée nous sert un bon repas à 18 h et à 19 h au lit

 

Demain, c'est le grand jour !

Acclimatation Elbrus - Jour 3 : Technique et repos

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