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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Chimborazo : Un but "émeutes" - bloqués à Banos

Apoutsiak — equateurhumeur

Ce matin, c'est le grand jour. On doit partir pour le refuge du Chimborazo, l'occasion de gravir mon premier 6000.  On a rendez vous à 11 h avec Miguel.

Ce matin au petit dej, on voit à la télé (toujours à fond dans les resto Équatoriens)  qu'il y a des grèves importantes à Quito. Mais Quito, c'est loin. On a décidé d'aller profiter des bains de Banos, donc on file et on profite de l'eau à 42 °C !!!

Retour à l'hôtel , on ferme les sacs quand Miguel toque à la porte.

Il y a un souci, il y a des grèves, Diego ne peut pas venir, il est coincé à Quito. Et pas sûr qu'on puis atteindre le refuge, il y a des barrages sur les routes ! Je propose à Miguel de faire une cordée avec Anne, et Thierry sera avec lui. Il valide mon idée. On part chercher une corde et on file sur une piste pour contourner la route principale qui est déjà bloquée.

On suit un pick-up avec plein de monde derrière, dont 3 Européens. Une européenne a un voile, elle se tient debout, et ressemble à Sheherazade. Elle masque son visage pour se protéger de la poussière, son voile vole, elle est magnifique.

Miguel semble se désintéresser de Sheherazade, il connait tout le monde ici et arrête chaque voiture pour demander si ça passe. Et ça ne passe pas. Les chauffeurs en sens inverse sont catégoriques. Demi tour.

La loose absolue, en plus j'ai perdu Sheherazade, même si  elle n'a pas du aller très loin !

Retour en direction de  l'hôtel, des barrages sont installés aux entrées de la ville, impossible de rejoindre l'hôtel. Il faut rentrer à pied avec nos lourds paquetages sur le dos !

Je sais qu'on peut dire Adieu au Chimborazo. Il va falloir se sortir de se guêpier. Je vois mal comment une grève pourrait  se résoudre en 48 h... Et dans 48 h il y a notre vol...

Pour la petite histoire, le président Lénine (oui , c'est son nom) a eu a bonne idée de retirer les aides sur l'essence, bilan augmentation du prix de l'essence de 120 %, il a aussi enlever 2 des 4 semaines de congés aux Équatoriens ainsi que d'autres mesures bien impopulaires...

 

L'après midi, on part faire une rando au Sud de la ville, l'ambiance est tendue. Anne et Thierry marchent à fond, je peine à suivre. On est parti sans carte et on a du mal à trouver les bons chemins. les autochtones nous donnent de mauvaises indications, on tourne pas mal en rond Même les chiens (très (trop) nombreux en Equateur) nous poursuivent, leurs dents acérés menaçants nos frêles mollets  !

 

Voilà le petit texte que j'ai écrit sur les réseaux sociaux ce jour là :

"Mauvaise nouvelle aujourd'hui
Blocage complet du pays depuis minuit
Des Barrages par les taxis et bus sur les routes empêchent de sortir de toutes les villes, le pays est paralysé.

Les espoirs de Chimborazo 6300 m (prévu demain) s'envolent. On espère juste avoir notre vol pour rentrer dans 2 jours. L'aéroport de Quito est bloqué pour le moment... (apparemment c'est l'état d'urgence)

En attendant on s'est fait une rando au dessus de Bagnos après une matinée dans les plus vieux bains de la ville."

Les bains de Banos - Les bains de Banos -
Les bains de Banos - Les bains de Banos - Les bains de Banos -

Les bains de Banos -

La ville de Banos : facile à bloquée !
La ville de Banos : facile à bloquée ! La ville de Banos : facile à bloquée ! La ville de Banos : facile à bloquée !
La ville de Banos : facile à bloquée ! La ville de Banos : facile à bloquée ! La ville de Banos : facile à bloquée !

La ville de Banos : facile à bloquée !

Le lendemain, on est toujours coincés. Tout est intégralement bloqué. Anne et Thierry ont tendance à déprimer. De mon coté je cherche une solution. Partir dans un pays voisin pour prendre un avion si la frontière n'est pas loin. Impossible, la frontière la plus proche est à 400 km et 6 h de voiture (dans le meilleur des cas ! ) . Autre solution, y a t'il un petit aérodrome pour trouver un petit avion qui nous ramènerait à Quito (quitte à le rejoindre en vélo). Le fait de chercher des solutions m'occupe l'esprit. Il faut absolument que je sois rentré lundi pour le boulot . Bon j'avoue  que le premier jour que j'ai fait hier (jeudi) c'est les appeler pour les prévenir de ma situation délicate.

Anne et Thierry restent prostrés et subissent les évènements. C'est vrai que c'était leurs premières grandes vacances depuis 3 ans :-(

On décide de faire une rando, en passant dans le centre ville, on croise une procession

Je décide de la suivre un peu , Anne et Thierry partent devant. On se retrouvera peut être. Ayant exploré les pentes aux sud de la ville hier, on part au Nord. Ça tombe bien, la procession part dans cette direction .

Et hop, je grimpe derrière les Saints et leurs porteurs. Ils font une pause, je poursuis, je sais que je ne rejoindrai pas Anne et Thierry, trop rapides pour moi. je suis seul et ça fait du bien, en fait pas si seul que ça, un chien se met à me suivre. il a l'air super sympa et je lui donne même un nom : Tungu ! (du nom du volcan qui surplombe la ville que nous avons gravi hier !)

Je grimpe tout en papotant avec mon fidèle compagnon, qui se fait régulièrement courser par les autres chiens quand il entre sur leur territoire. Beaucoup plus haut, je décide de faire demi tour. Je coupe les virages afin d'éviter à Tungu de croiser ses ennemis. Ça me vaut quelques passages un peu verticaux pour rejoindre la route Je demande à un éleveur s'il a vu  Anne et Thierry, en fait non.

Plus bas, je décide de revenir par un autre chemin. Il me semble apercevoir mes acolytes, je les appelle. Mais ils sont loin et avancent quand même. Je finis par les rattraper, mais il ne s'agit pas de Anne et Thierry mais de Sarah et Adrien, 2 Suisses Allemands en balade (eux aussi coincés à Banos) On fait la descente ensemble, je passe un agréable moment. On rentre par Banos par la route, elle aussi bloquée par  des bus.

Dans la ville je vois Tungu me quitter à regret et se mettre à suivre d'autres touristes, qui essaient de le faire fuir à coup de bouteille d'eau ! On aura quand même fait 13 km ensemble ! Chien infidèle ! Adieu Tungu.

Je finis par quitter Sarah et Adrien et retrouver l'hôtel et Thierry et Anne.

Miguel déboule

Le barrage au Nord de la ville a été levé, il faut partir

Et zou, faire les sacs, go vers le 4X4 et on file pour 3 km, on voit les stigmates des barrages, des poteaux en travers de la route. et 5 km plus loin on est bloqué. Miguel part aux nouvelles. L'attente dure, au boit de 3/4 d'heure,  demi tour, ça ne passe pas, fausse alerte. Retour à l’hôtel, Anne qui craque, ambiance lourde. On n'est pas parti.

Miguel  évoque deux solutions pour le lendemain, soit partir en motocross par les pistes, soit en ambulance.

(rien n'est gratuit, c'est 200 dollars par moto ou 240 dollars pour l'ambulance 2 personnes) On n'a pas le choix si on veut quitter la souricière...

On part voir le loueur de motos, mais je vois assez vite qu'il ne veut pas louer ni motos ni pilotes , trop dangereux. Des indigènes leur ont lancé des cailloux ce matin. Miguel négocie, peine perdue. Reste la solution de l'ambulance. Le souci, il n'y a que deux places. Nouvelle négociation, et notre Miguel réussi à obtenir que nous partions à 3... sans bagage ! On les rapatriera plus tard. Les passages de barrages seront chauds demain.

Rendez vous est pris avec l'ambulance, demain à 6 h du matin, Thierry jouera le malade, Anne sa femme et mi le traducteur (avec mes 3 mots d’espagnol ! ) (Sandrine m'avouera à mon retour que ça lui faisait penser à Tintin ! )

On va prendre le repas au resto et Miguel apprend que les barrages sont en train de se lever. Il annule l'ambulance (on est sur ? ...) et on programme un réveil demain à 5 h (perso j'aurais préféré garder l'option ambulance)

Retour à l’hôtel après le repas. Je raconte les épisodes du jours sur les réseaux sociaux , Anne et Thierry sont déjà dans leurs lits quand on tape à la porte. C'est Miguel, il faut partir tout de suite, il y a un convoi de touriste  à rattraper  qui file vers Quito, on est déjà en retard...

 

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"Ecuador news (nouvelles d'Equateur)

Bon, on est toujours coincé, toutes les entrées de la villes sont fermées. Deux hypothèses pour l'instant : soit on quitte la ville à moto soit en ambulance...

Le vol est demain à 20 h

En attendant, j'ai fait une rando seul (Anne et Thierry étaient partis avant) en suivant une procession, puis en trouvant un nouveau compagnon de marche que j'ai appelé Tungu avant de rencontrer deux Suisses Allemands : Sarah et Adrien avec qui j'ai fait la descente !

Tungu m'a délaissé pour d'autres baroudeurs une fois dans Bagnos... Pas très fidèle.
On est dans l'incertitude quand au retour à Quito
Pour le reste pas de souci, la ville est calme (pas comme les images d'émeutes qu'on voit à la télé sur les chaînes d'info dans les grosses villes.

D'autres news, peut être, demain "

Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !
Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !
Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !

Randonnée au dessus de la ville de Banos, bloquée par les grèves !

La route...

Donc hier, après 3 départs de l'hôtel et 3 retours du fait de fausse alerte (départ), je rejoins un appel de Miguel, on part dans 5 minutes. La solution de l'ambulance est écartée, il semble que la grève soit suspendue. Anne et Thierry étaient déjà couchés, et perso, j'envisageai une agréable et méritée douche réparatrice...
On sait que la fenêtre pour quitter Banos risque d'être courte, 5 minutes plus tard on est en bas. La fin des grèves est annoncées mais ça pourrait reprendre demain, Samedi matin.

Départ pour Quito dans le 4X4 de Miguel, on remonte la route, où, bonne surprise, il n'y a plus de barrage. On parvient à Ambato, situé à une 20aine de kilomètres de Banos. Et là, on se fait coincer par de nombreux Indigènes qui bloquent un rond point : il y a des fagots devant les routes, et quelques feux. Demi tour, pour passer par les pistes... Et ça passe... mais il faut plus de 20 minutes pour se retrouver de l'autre coté du barrage bloqué.  5 km plus loin, nouveau barrage, en train de se monter : des pneus, de l'essence, un briquet.
Miguel descend du 4X4 et fin négociateur (et avec 5 dollars) le barrage s'ouvre avant de se refermer derrière nous.
On a déjà perdu 1 heure !

On est sensé rejoindre un convoi militaire qui nous assurerai d'aller à Quito sans embûche.

Sur la route il y des arbres, des restes calcinés, des bouts de goudron encore fumants.

On s'embarque sur la 2 X 3 voies de la Panaméricaine. Pas grand monde. On dépasse le convoi chargé d’emmener les touristes à Quito : voiture de police, militaires et devant, un camion avec un bulldozer pour enlever d'éventuels barrages !!!
Miguel, assez confiant, pense que ça va rouler sans problème jusqu'à Quito et dépasse le convoi à vive allure.
20 km plus loin, énorme bouchon. A l'arrêt pendant ¾ d'heure. Des voitures qui font demi tour sur l'autoroute, des ambulances qui se faufilent comme elles peuvent, oui, les gens utilisent aussi la bande d'arrêt d'urgence.

La loose complète, on voit le convoi de touriste passer sur l'autre voie en sens inverse alors qu'on est coincé dans le trafic. Notre chance est peut être passée.
L'attente est longue mais ça repart. Tout le monde est à fond, les camions, les voitures, on sent toute la tension du pays.
7 km plus loin, on est encore à l'arrêt. Avant de repartir après de longues minutes. On passe près des anciens barrages : pneus brûlés, goudron complètement fondu par la chaleur, cailloux en travers de l'autoroute, arbres en feux sur les bords Une fumée noire impénétrable par moment, une circulation hyperdense et parfois trop rapide. Il reste régulièrement des traces des affrontements...

Mais on avance, pas rapidement mais on avance. Je finis par m'endormir lors d'un arrêt bouchon. Le redémarrage me réveille.

On parvient aux abords de Quito. La circulation se fait fluide, en centre ville il n'y a personne. Miguel veut nous pauser à l'hôtel en centre ville. On lui dit qu'on préférerait dormir dans l'aéroport ou dans un hôtel à coté de celui ci, on n'a pas envie de se retrouver coincés demain... Finalement comme on est crevé (il est 3 h du mat, on accepte de dormir dans l'hôtel du centre ville).
Miguel sonne, il y a un problème, comme on n'est par arrivé avant 22h et que les places n'ont pas été confirmées par l'agence, elles ont été réattribuées... C'est pas de la chance ça !

On reprend la route, longue, il faut sortir du centre ville et rejoindre l'aéroport, 50 minutes de route, sans voir grand monde, par chance. On rejoint l'aéroport, Miguel nous pause, on lui demande s'il n'y pas un hôtel, il part en quête. Perso je me dis qu'il y a peu de chance de trouver une chambre de libre alors que c'est la crise ici.

Je pars en quête d'un endroit pour dormir dans nos duvets dans l’aéroport. "La galère , c'est comme les échecs, il faut toujours avoir un coup d'avance..." Je sais aussi, que trouver des solutions dans ces conditions là permet d'éviter la déprime. Anne et Thierry restent à dormioter vers les sacs.

Et la chance tourne, un peu, un pompier nous distribue sandwichs et boissons (ils ont fait ça dans tout l'aéroport, avec les grèves énormément de monde dormait dedans ). Miguel revient, il a trouvé un hôtel pas trop loin pour 15 dollars par personne.

On remonte nos affaires dans le 4X4

2 km plus loin, un petit hôtel. On se retrouve dans une grande chambre à 5 lits. J'envoie quelques nouvelles pour rassurer Sandrine et Maman.
Je me retrouve sans un lit d'enfant , avec comme tête de lit, Spiderman, Louis aurait adoré !

Demain, au pire, on peut aller à l'aéroport à pied (avec 33 kg sur le dos), mais ça pourrait se faire.

Je m'endors comme un bébé dans les bras de Morphée.

On n'a jamais été aussi près du but !

Chimborazo : Un but "émeutes" - bloqués à Banos
Chimborazo : Un but "émeutes" - bloqués à Banos

Retour à la maison
un peu fade
Avion presque à l'heure
RER RAS ( avec 32 kg sur le dos quand même !)
TGV RAS (pour l'instant)

Merci à tous pour vos messages ( qui maintiennent le moral au beau fixe !)
Plus qu'à organiser le prochain voyage... On ne se refait pas !

 

FIN !

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