Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Articles avec #oberland tag

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Publié le par Apoutsiak

et tentative au Studerhorn

Là bas, tout est grand, tout est beau, mais tout est long (très long) ... Peut être trop...

 

Vidéo

Topo :

 

Aar biwak - bivouac de l'Aar 2731 m

Attention, pour la montée au bivouac, certains penseront que c'est long, d'autres... très long !

En 2020, on ne peut pas se garer à l'hospice du Grimsell, l'arche du barrage n’étant pas praticable (travaux) , il faut se garer sur le petit parking en aval (+20 minutes) du petit parking, remonter le sentier taillé dans la roche, et rejoindre le sentier qui vient de la voute du barrage, traverser un tunnel et longer la rive nord du lac de Grimsell. Au bout du barrage, possibilité de quitter le sentier et de longer le torrent par la plage. On rejoint alors un énorme cairn

 

2 possibilités :

  • soit suivre le sentier qui ramène à la Lauteraarhütte 2390 m (superbe, accueil +++)

Il faut alors redescendre par 150 m d'échelles environ sur le glacier.

  • soit remonter la rive gauche du glacier (pénible mais plus rapide) on gagne environ 45 minutes.

Remonter la moraine nord du glacier puis descendre au niveau du verrou en gros bloc pour traverser le torrent glacière et remonter au mieux en rive droite au niveau de la jonction des glaciers.

Remonter alors le Finsteraargletscher qui mène à des poteaux de bois. Ceux ci mènent au Strahlegggletscher puis en remontant une moraine pénible balisée on rejoint le bivouac

Aarbiwac tout confort, manque juste de la nourriture et du chauffage (il y a du gaz, et des boissons pour 5CHF)

 

Lauteraarhorn, face sud et arête sud est

Descendre du bivouac sur le Strahlegggletscher, le remonter en rive droite (pierrier) puis rejoindre le glacier. Au pied du Lauteraarhorn, repérer la cascade et le balisage qui indique la bonne vire.

Remonter la vire et traverser la cascade. Remonter alors les pentes de neige au mieux (ça passe un peu partout (45 - 50°) en contournant les éperons rocheux. Sur le haut la pente s'accentue un poil. (55°) on rejoint un petit col, le gendarme suivant se contourne en prenant à flanc après le col puis en remontant un petit couloir qui ramène à l'arête.

L'arête se prend soit sur le fil soit en versant nord (en restant proche du fil) les pas de II III se succèdent jusqu'au sommet

 

Descente :

par le même itinéraire

C'est long de descendre du bivouac , à la vallée !

 

 

Topo Lauteraarhorn

Topo Lauteraarhorn

Topo face Nord du Studerhorn (itinéraire envisagé mais non parcouru)Topo face Nord du Studerhorn (itinéraire envisagé mais non parcouru)Topo face Nord du Studerhorn (itinéraire envisagé mais non parcouru)

Topo face Nord du Studerhorn (itinéraire envisagé mais non parcouru)

Récit

Au départ, l'idée etait de partir sur la face Nord du Grand Paradis, avant d'enchainer sur la traversée du Cervin ou la Cresta Signal si elles étaient en conditions, tout ça avec Benjamin.

Milieu de semaine, je reçois un mail d'Ovidiu me proposant deux faces Nord méconnues : celle du Studerhorn et celle du Galenstock avec le topo tiré des 100 plus belles. J'avoue que les sommets ne m'attirent pas mais que partir avec Ovidiu est toujours un moment sympa (et technique).

Je trouve la face Nord du Studerhorn plus jolie, on décide de partir par là, on pourra aller faire le Lauteraarhorn en même temps.

Je récupère Benjamin à Yverdon puis c'est la route pour l'Oberland. On retrouve Ovidiu dans une station service au pied du Grimsel pass. On refait les sacs, il pleut mais on est à l’abri dans une station de lavage d'une station service,  puis on file vers l'hospice du Grimsel. Voilà le parking. On est accueilli par une petite bruine. On s'équipe dans la bonne humeur (toujours) on met les ponchos et nous voilà partis.

Il y a des travaux, il faut louvoyer pour rejoindre la voute du barrage dont la traversée est interdite... à  cause de ces même travaux. Retour au parking, on range tout dans la voiture pour trouver un parking en bas du barrage (20 -25 minutes de marche en plus, quand on sait qu'on est parti pour 5 à 7 h de marche...)

Quelques manœuvres plus tard on est en bas, je décide de laisser le poncho, avec un peu de chance, ça fera partir la pluie.

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Nous voilà parti sur un sentier efficace, et particulièrement travaillé : il y a des marches sur les dalles, on rejoint relativement rapidement la hauteur de la voute du barrage, dans le vent et sous la bruine, l’atmosphère est humide, mais l'ambiance reste bonne. On traverse un tunnel pour retrouver l'étendue du lac de Grimsel de l'autre coté.

Tout est trempé, et le sentier monte et descend tout en longeant le lac. On traverse une énorme cascade en crue. Le sentier est vraiment beau, mais, il faut l'avouer, un poil long. Tout est humide et il faut se méfier sur les dalles, de ne pas s'en coller une. La montée, si on peut parler de monter quand on ne gagne pas de dénivelé, se passe tranquillement. Arrivé au bout du lac, Ovidiu, qui a pris pas mal d'avance décide de nous attendre pour un petit pique nique. Le repas est frugal, je n'ai rien prévu part un micro paquet de chips. Je tape dans mes vivres de course en guide de dessert. Pour la suite, on décide de descendre sur ce qui ressemble à une plage en amont du lac. Le passage est agréable, on se croirait à Saint Tropez, sans les monde (et sans les  stars). On n'est même pas gêné par les bateaux ancrés au port !

L’endroit un chouette, bucolique à point. Au loin on aperçoit le front du glacier, sous ses amas de rochers... Ça , ça va être moins bucolique à remonter.

 

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

On progresse donc sur notre plage, le long du torrent glacière avant de rejoindre le sentier et un cairn énorme, orné de drapeau de prière. Le sentier s'élève alors au dessus du glacier... et s'en éloigne. On comprend qu'on est sur la sente de la Lauterhutte. On ne sort pas la carte, sur celle ci, dans mon souvenir, elle surplombe le  glacier d'une cinquantaine de mètres...

Bref, on remonte cette sente agréable, et pour une fois, ça monte !  On longe puis on traverse une jolie cascade, tout est vert, le soleil annoncé par le radar de Benjamin est enfin arrivé. Il y a juste un truc étonnant : on monte beaucoup quand même. Espérons qu'un joli sentier nous ramène au glacier... (qui a dit : "il n'a pas lu le topo". Oui, j'avoue que je suis peut être passé un peu vite sur la lecture du topo concernant la montée au bivouac...

Après chaque croupe, il y a une autre croupe, pour finalement arriver au refuge, perché à prêt de 200 m au dessus du glacier. Il y avait peut être plus court.

Arrivé sur ce magnifique belvédère, on en profite pour prendre des information auprès du gardien (merci à lui). On cherche notamment à trouver une voie de descente pour la face Nord du Studerhorn. Je lui évoque mon idée. Il me fait comprendre que ça passe mais que ça va être merdique, que la face Nord du Studerhorn est peu parcourue ces dernières années. Tu m’étonnes, avec Ovidiu, on fait tout le temps des faces Nord peu parcourues. C'est pas avec ces sommets que tu fais le buzz sur internet...

On essaie de repérer l’itinéraire de descente du Studerhorn, mais quelques nuages nous empêchent de voir le haut... dommage !

On a mis 3 h 45 pour atteindre le refuge, il en reste un peu...

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Et zou on attaque la descente pour rejoindre le glacier. Et, en lieu et place du joli sentier tant espéré..., on se tape 150 m d'échelles bien verticales et plus de 20 minutes pour rejoindre le glacier, couvert de roche. On remonte sur la croupe du glacier, trouvant au passage quelques munitions de l'armée Suisse (ça doit être une zone de tir à certaines périodes.

Nouvelle moraine, bien longue (tout est long dans cette montée en refuge) Ovidiu galope devant. J'avance avec Benjamin tout en papotant. Je perds Ovidiu des yeux dans cette immensité glacière. On descend vers ce qui semble être un verrou. De gros blocs rocheux accumulés permettent de traverser un gros torrent glacière. Le passage me parait évident. On remonte sur la moraine opposée, Je commence à appeler pour essayer de retrouver Ovidiu, qui en fait , nous attend, juste au dessus ! Nouvelle pause.

On est alors sur le Finsteraarhorngletscher et voilà enfin la glace, quelques tables posées sur celle ci. Le paysage est superbe, on commence à apercevoir la face Nord du Studerhorn.

On avance tranquillement, en découvrant les lieux, grandioses. on se sent tout petit. Ovidiu galope, nous on joue les escargots. Des pylônes en bois indiquent le chemin pour sortir du glacier. On fait une pause pour prendre de l'eau et ne pas être en rade arrivés au refuge. La suite est une nouvelle moraine à remonter. Le bivouac apparait alors. Pour nous achever, il faut remonter une pente un peu raide faite de gravillon qui ne demandent qu'à te ramener en bas.  La pente nous achève, Heureusement, le bivouac est là. Deux Suisses nous accueillent. On s'installe, on se rend compte que l'eau est accessible à 30 m du refuge (on a bien fait de faire le plein il y 1/2 h...)

Repas rapidement pris, et au lit, demain on a décidé de monter au Lauteraarhorn, on se réserve la face Nord pour après demain.

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

2 h 52, le réveil sonne (oui, j'ai négocié un réveil à 2 h 52, Ovidiu optait pour 2 h 45, moi pour 3 h, on a coupé la poire en deux, à 3 h 30 on quitte le bivouac pour descendre sur le glacier. Je mène le départ dans le dédale de rocher avant de retrouver le glacier, plat. On avance relativement rapidement pour trouver le pied de la voie, enfin ce qu'on croit être le pied de la voie.  Benjamin et moi laissons nos bâtons. Avant qu'Ovidiu ne décide de revenir en arrière... tant pis pour les bâtons. On se retrouve au vrai départ de la voie. Et hop, on remonte une vire puis on traverse un petit névé merdique avant des sortes de dalles recouvertes de gravillons... mon rêve.

Bref, je suis le maillon faible. Mais par chance, je ne sors pas, je marche juste derrière, prétextant une vidéo à réaliser pour passer devant mes deux acolytes... On rejoint des névés un peu raide, on grimpe, Ovidiu souvent très en avance sur nous. Pour un gars qui avait peur de ne pas être en forme après le confinement...

On s'élève, le soleil se lève, la vue est superbe, fermée par le Studerhorn et sa face Nord, tout au Sud.  On avance de pente raide en pente raide. Jamais extrême, mais peu d'endroit pour faire une pause à plat. Devant, les deux Suisses partis vers 1 h 30 du mat, font une trace, et je n'envie pas leur dur labeur. J'avoue que c'est assez cool de les laisser tracer (de toute façon ils ont trop d'avance) même si j'ai un peu honte (mais pas trop !)

La face Nord du Gross Fisscherhorn apparait, l'Eiger et le Mönch derrière. Au dessus de nous, des pentes de neige et des couloirs. L'avantage c'est que je suis passé ici il y a 4 ans lors de notre double ascension du Schreckhorn et du Lauteraarhorn. Quand on voit l'énergie qu'il faut pour une seule des deux ascensions : j'avais la caisse... Moins aujourd'hui.

 

La pente déjà sévère se redressait encore...

 

Je sens que Benjamin est dans le dur. Il se parle, il râle, un peu. Il faut dire que même avec la trace, ça n'est pas facile. J'avoue que je suis pas mal, même si je ne suis pas très rapide, c'est rien de le dire.
 

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

On aborde le dernier couloir, qui mène à l'arête. Je me décale pour faire une vidéo, je plante le piolet, je pause mes gants, je commence à filmer. "Et merde !" Excusez cette expression triviale, je n'ai rien trouvé d'autre à dire. Un de mes gants se fait la mal dans une pente à 55° ... Pas glop. Je le surveille, espérant qu'une variation de terrain stoppe sa chute avant qu'il ne soit trop loin... En plus je n'ai pas prévu de gants de rechange... pour une fois. Bon, par chance, 50 m plus bas, le gant s’arrête, un peu par miracle.

 

Je laisse mes deux compères et descends cherché le précieux gants. Je m'approche de lui délicatement, je n'ai pas envie qu'il file. Je le récupère, forcement, il est trempé, et j'attaque la remontée. J'ai beau avancer vite, Benjamin et Ovidiu sont déjà loin. Je prends un bon rythme et arrive à l'arête, ganté. Regroupement général.  Ovidiu décide de contourner le gendarme qui suit, il y a d'ailleurs de vieille trace. Petite traversée puis nouveau couloir un peu raide pour rejoindre l'arête.

Dans mon souvenir l'arête n'était pas longue, 10  à 15 minutes tout au plus...

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Bon j'avoue que parfois je ne garde que les bons souvenirs, et je raccourci souvent les timing.

On attaque donc l'arête, pour ce que je pensais une balade de santé avec quelques passages de grimpe. Malheureusement, je suis le dernier de la cordée, c'est moins bon pour "faire" des images... Tant pis. Ça grimpe un peu avant d'arriver à une dalle. Je vois Benjamin qui attaque tout en adhérence... sur ces crampons. Ouh là, je ne suis pas prêt psychologiquement à en arriver à de telles extrémités.  Perché sur ses crampons qui crissent tout en faisant des étincelles, Benjamin progresse. Tout comme mon stress quand je vois le passage. C'est mon tour... Hésitation, je finis par regarder à droite, versant Est, je descends d'un mètre, les pieds dans la neige, les prises de mains inversées. Je progresse, je remonte prudemment, reste un petit couloir et voilà comment j'ai contourné l'obstacle. Pas classe mais efficace et surtout... rassurant !

Et hop on repart  pour un peu de grimpe, plus facile. Devant Ovidiu galope , il a rapidement rattrapé la cordée des Suisses, ce qui a quelque peu ralenti son allure...

Je me suis un peu habitué à grimper en crampons (c'est pourtant pas la première fois)

L'arête est bien plus longue que dans mon souvenir et Benjamin me le fait bien remarquer.  Un petit replat et voilà le sommet à portée de mais, ou presque. Les Suisses sont en haut, Ovidiu les talonne, Benjamin et moi remontons les dernières pentes et la dernière arête. Je suis le dernier à rejoindre le sommet exiguë, je n'y resterait pas, pas de place, trop de monde (oui on était 5 mais il n'y a pas de place pour 5, et vu que je suis le dernier arrivé). Je n'aurai pas le loisir d'inspecter le bassin du Schreckhorn, la cabane du même nom dont le gardien terrorisait les alpinistes il y a quelques années

Je reviens rapidement quelques mètres en arrière.

La pause est courte, Ovidiu veut descendre avant les Suisses, qu'il trouve un peu lent.

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Et nous voilà reparti. Et c'est bibi qui fait la "trace" même s'il n'y a rien à tracer et que ça n'est pas compliqué. J'avance prudemment sur cette arête. Le vide à gauche, le vide à droite et l'arête qui n'est si engageante que ça. Bon j'avoue que je ne m'en sors pas trop mal. Plaçant une protection de ci , de là pour protéger, autant que faire ce peu, la progression d'Ovidiu.

Je retrouve la dalle de la montée et opère mon inélégant contournement express. Quelques minutes plus tard nous sommes au col.

On se décorde et on s'engage dans la descente.

Rapidement il faut se rendre à l'évidence. On est dans une soupe infâme

J'avoue que je suis assez à l'aise alors que les conditions ne sont vraiment pas top. De toute façon on n'a pas le choix (qui a dit on a toujours le choix ?) Il faut descendre.

Benjamin peste, il n'a pas de guêtres et la neige s'enfournent dans ses chaussures. Il progresse prudemment.

Je descends à fond, le couloir final puis la grande pente de neige. Je décide de faire une pause sur un plat pour attendre les autres. Ovidiu arrive assez vite et décide de continuer. Benjamin descend plus lentement, je l'entend qui s'énerve discrètement.

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

On repart, mais on ne sais plus bien par où on est monté, nos traces de montée ont fondu. Je passe devant, et je progresse assez rapidement dans les petits couloirs centraux.  On parvient à se laisser glisser sur les fesses sur les porions moins raide. Ça permet de se reposer tout en donnant un petit aspect ludique à la descente. On se trempe dans l’action le fond du pantalon.

 

On voit Ovidiu avancer rapidement bien plus bas. J'empêche Benjamin de faire trop de pauses, j'aimerais bien quitter ses pentes qui pourraient servir de déversoir à avalanche.  On sort le GPS quand on perd la trace. Pas de stress, on est pas mal. Il faut juste tirer sur la gauche. Je reconnais les dalles et le torrent à traverser. Ca passe, on rejoint Ovidiu qui bronze sur la vire. Il a déjà eu le temps de tout faire sécher.

Je propose d'aller chercher les bâtons qui sont un peu plus haut.

Je descends sur le plat du glacier avant de remonter au lieu de dépose. Devant moi le Strahleggpass que nous avions traversé lors de notre double ascension. Le col a l'air vraiment horrible et n'est pas du tout engageant. Je suis content de ne pas avoir à y remonter aujourd'hui.

Je récupère nos bâtons et rejoint Benjamin et Ovidiu un peu plus bas.

Ovidiu choisi de descendre par les rochers, nous choisissons le glacier.

Il fait tellement chaud qu'il est trempé (le glacier !). A chaque pas on risque de se retrouver dans une boue de glace et d'eau. Benjamin a déjà les chaussures trempées. On avance d'un bon rythme, je me retourne de temps en temps pour observe la progression d'Ovidiu.

On rejoint la moraine puis c'est la toujours désagréable montée finale au bivouac. On est tout content d'y arriver : notre maison.

 

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

On pique nique, on se repose puis on s'attaque à l'observation de la face Nord du Studerhorn qui semble avoir été ravagée par les avalanches aujourd'hui. On compare les photos de la veille avec les observations du jour. Pas très engageant. La paroi a été lacérée par des coulées.

Bon on verra bien.

On mange, et après réflexion, ses chaussures étant trempées, Benjamin décide de ne pas nous accompagner... dommage. Mais cette décision semble raisonnable.

Je file au lit à 19 h 30, hyper motivé. le sac prêt et bien lourd...

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Minuit 15, le réveil sonne. Dur de se réveiller en pleine nuit. Je déjeune, en silence pour ne pas réveiller Benjamin.  On quitte le confort du bivouac, dehors, il ne fait pas très froid.

On redescends sur le glacier puis on poursuit en descendant la moraine qui permet de rejoindre le Finsteraarhorngletscher.

Alors que sur le topo des "100 plus belles" , la trace passait par la rive gauche du glacier. Avec les crevasses et les séracs, aujourd’hui cet itinéraire est impossible, il faut rejoindre la partie supérieure du glacier et le pied de la face Nord par la rive droite.

Je marche devant jusqu'à me retrouver nez à nez avec une bediere infranchissable, je la remonte et trouve le passage au dessus. Ovidiu passe devant.  Je me cale 10 m derrière. Terminant ma nuit dans une marche tranquille. Les frontales éclairent à peine les séracs au dessus. Si tout va bien on est à l'abri d'une éventuelle chute

Devant Ovidiu s’arrête.

Il fait trop chaud, trop tôt. On discute et on décide de faire demi-tour. Les conditions ne sont pas là. On va prendre trop de risque dans une face Nord avec ce mauvais regel nocturne.

 

Demi tour, sur le glacier, je passe un peu plus haut et me retrouve dans une bouillasse, mélange de glace et de flotte. Vu que je suis engagé, je ne peux plus reculer. A chaque pas je m'enfonce un peu plus. Mes guêtres risquent d'être débordées. Je ne veux pas finir comme le Titanic !  Finalement je parviens sans trop faire exprès à l'autre rive. Ovidiu, goguenard m'y attend, il a lui réussi à trouver le bon chemin.

On repart et on remonte la grosse moraine puis la pente raide en gravillon qui permettent de rejoindre le bivouac.

Il est 2 h 10 quand on y entre.

Benjamin n'a rien compris il pense que ce sont d'autres alpinistes qui arrivent, et met un peu de temps à comprendre que c'est nous.

On file au lit pour une seconde nuit.

Je dors bien, comme un loir

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m
Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Vers 7 h je sens que tout le monde est réveillé, mais on profite de cette grasse matinée.  Le plaisir de rester au lit quand on sait que la journée va être constituer d'une trop longue descente. Et ben dans ces cas là, tu profites, tu glandouilles.

Bon on fini par émerger, déjeuner et nettoyer le bivouac.

Il est 9 h quand on quitte le bivouac.

Nouvelle descente désagréable, la bonne nouvelle c'est que c'est la dernière.

On rejoint la moraine puis le Finsteraargletscher. On profite du paysage, qui reste magnifique bien qu'il y aie quelques  longueurs... Et hop, on se retrouve sur les cailloux de l'Unteraargletscher. Je parviens à retrouver le verrou qui permet de traverser le torrent. De l'autre coté on remonte sur la moraine pour la descente. De temps en temps, il y a une pseudo sente.

 

Ovidiu essaie de me motiver pour une éventuelle future ascension de la face nord du Schreckhorn enchainée avec celle du Studerhorn. La taille des glaciers me font hésiter. Je ne sais pas si je serai motivé pour revenir ici. Ca nous occupe, on observe au mieux les lieux pour en comprendre les secrets...

On passe sous les impressionnantes échelles de la Lauteraarhutte.

Un chamois vient nous distraire

Puis on attaque la partie qu'on ne connait pas, la sortie du glacier. Elle est barrée de crevasses. remplie de cailloux. On passe d'une lame à l'autre.  Ovidiu s'amuse m'aime à balancer de gros blocs dans les pentes...

On retrouve la plage, Ovidiu persiste à rester sur le sentier tandis que nous optons pour l'option plage et sable blanc (ou presque). Il fait bien chaud pour le sentier qui borde le lac. Il ne cesse de monter et de descendre. On opère une dernière pause près de la cascade puis c'est le final et la courte descente qui ramène à la voiture.

 

Quel périple !

 

Alpinisme : Lauteraarhorn - 4042 mAlpinisme : Lauteraarhorn - 4042 m

Voir les commentaires

Les 9 4000 de l'Oberland

Publié le par Apoutsiak

Les 9 4000 de l'Oberland

Par ordre d'ascension

 

Le Finsteraarhorn 4274 m (Juillet 1999)

L'Aletschhorn 4193 m (Mai 2006)

Le Gross Fiescherhorn 4049 m (avril 2009)

L'Hinter Fiescherhorn 4021 m (avril 2009)

Le Mönch 4107 m (Septembre 2009)

Le Gross Grünhorn 4044 m (Avril 2014)

La Jungfrau 4158 m (Avril 2014)

Le Schreckhorn 4078 m (Août 2016)

La Lauteraarhorn 4042 m (Août 2016)

 

 

 

 

Les 9 4000 de l'Oberland

Finsteraarhorn

 

Aletschhorn

 

Hinterfierscherhorn

 

Gross Fiescherhorn

 

Gross Grunhorn

 

Jungfrau

Mönsch

Schreckhorn Lauteraarhorn

Voir les commentaires

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m

Publié le par Apoutsiak

Ma seconde ascension du Wildhorn, arrivée au sommet dans une petite tempête de neige

Encore une course un peu trop plate par endroit !

 

Vidéo

Topo

Se garer aux Rousses 1766 m, au dessus d'Ayent, Valais (parking gratuit)

Remonter la piste de ski puis au mieux sous le télésiège pour gagner 1900 m (entre 1884 et 1997 m CNS), virer au Nord pour gagner le pied de la combe des Andins.

Remonter la combe  jusqu'au collet sous le Sé Rouge.

Poursuivre au mieux (montée descente, plutôt plat), pour rejoindre le pied des pentes qui permettent de gagner le glacier du Wildhorn (on passe au passage au dessus de la cabane des Audannes 2452 m (on n'y passe pas sauf si on souhaite faire la course sur deux jours)

Remonter jusqu'au glacier du Téné (glacier du Wildhorn) les pentes sont plus raides. Remonter le glacier  puis la pente finale plus raide pour gagner un collet. De là, quelques pas d'escalade permettent de gagner le sommet

Descente par le même itinéraire.

 

Récit :

36 h plus tôt, Jeff me propose le couloir Lagarde aux Droites. J'ai des doutes quant à mes capacités à gravir ce couloir en toute sécurité. Ça sent l'alpiniste au taquet. Je contacte Alpineiss. "T’inquiètes pas ça déroule corde tendue !" . Bon si c'est corde tendue, ça doit le faire. La Face Nord des Droites, c'est quand même mythique. Alpineiss me renvoie un message, "la rimaye est quand même technique" Je l'avais lu dans son compte rendu sur camp 2 camp... Au pire j'aurais le mal des rimayes...

Reste un problème de timing. Jeff veut être rentré le samedi midi, et moi je bosse le jeudi jusqu'à 18 h 30 ! Bon je refais le calcule plusieurs fois, mais ça ne va pas le faire, je ne suis malheureusement ni Kilian Jornet, ni Ueli Steck. (ça c'est joué de peu mais c'est comme ça)...

Je finis par jeter l'éponge...

Je sais que je n'aurai pas 36 occasions de gravir le Lagarde. Je pourrai toujours dire que j'ai failli le faire. Et c'est déjà pas mal.

Bon ça ne résout pas non plus mon problème, trouver un partenaire pour vendredi...

Et comme souvent, je me retrouve seul, je décide d'aller gravir le Wildhorn, une course que j'ai faite il y a longtemps (11 ans en fait !) , un chouette sommet à cheval entre Valais et Oberland.

Et zou, lever tôt, et un peu plus tard, j'arrive dans le Valais, je merdouille un peu dans la montée sur Ayent, puis voilà Les Rousses, son parking, personne...

Et c'est parti ! :-)

D'abord par la piste puis ça grimpe plus dur sur une trace verglacée. Je ne m'en sors pas trop mal, il fait grand beau, ça frise les poils du nez, j'adore ! Et hop, un petit replat, je file à droite, direction la combe des Andins. le soleil est là, la vue grandiose.

C'est un petit faux plat montant qui permet de gagner le frigo de la combe des Andins. oui, elle est belle mais elle est bien abritée du soleil. Bilan : il y fait encore plus froid.

 

 

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 mSki de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 mSki de randonnée - Wildhorn - 3251 mSki de randonnée - Wildhorn - 3251 m

Assez vite, je sors les couteaux, et je suis les vagues traces présentes. De conversion en conversion, je progresse vers le haut.

A mi pente, je vois une silhouette en bas. Silhouette qui devrait sans doute me rattraper.

Je poursuis vers le haut, la combe est assez longue, coincée entre des montagnes à droite et une grande barre rocheuse à gauche. Austère !

J'en viens à bout, et je m'offre une bonne pause, histoire de pique niquer. Oui, j'ai faim et il est l'heure de manger. La silhouette a bien grossi, en fait c'est une skieuse d'un certain âge ! Et ça me fait mal de d'écrire ça, parce qu'elle doit avoir aux alentour de mon âge ! Je ne rajeuni pas ! Bref elle a mangé du Lion ! Elle me demande comment on accède au Sé Rouge, chose que je ne sais pas. Et elle repart pour une traversée à flanc bien merdique, me laissant à mes agapes : chips et sandwichs !

Au loin, le sommet du Wildhorn se couvre d'un gros lenticulaire, ça sent pas bon !

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 mSki de randonnée - Wildhorn - 3251 mSki de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m

Pour moi, c'est courte descente puis nouvelle montée, s'en suit une sorte de plat qui ne dit pas son nom. Quand j'en arrive au bout, je me rends compte qu'il y a deux skieurs derrière moi. Bon, rapidement ils passent devant. Les pentes pour accéder au glacier sont raides. Ils tracent sur la droite, moi, sur la gauche, je suis une vieille trace.  Je me retrouve devant au dessus. , je continue. Petite pause au glacier, ils repassent devant (de toute façon, ils ont la soquette plus légère que moi, pas la peine d'essayer de lutter)

Le vent a forci, le temps a tourné complètement, il neigeote, le ciel est bas, je fais une pause pour sortie la cagoule et la goretex. pas la peine d'attendre le dernier moment.

Les deux autres ont filé. Je les aperçois au loin.

Le glacier est battu par le vent, la cagoule m'isole du reste du monde, elle me coupe aussi un peu le souffle. Je progresse à mon rythme, suivant au loin les deux autres.

En bas du collet, je les vois qui hésitent. Pas bon signe, l'un d'eux déchausse puis rechausse au dessus. Je parviens à passer sans déchausser. J'arrive au col, je ne les vois plus, ils doivent être déjà au sommet.

J'y file, petite escalade facile, mais il ne faut pas se gaufrer sur la neige pulvérulente.  j'arrive au sommet, personne. Ils doivent être sur l'autre sommet, à l'ouest.

Ma pause est courte, je redescends, et décide de monter au sommet ouest, pour voir, il y a un petit  rayon de soleil, autant en profiter !

J'arrive au second sommet

là aussi, personne. Ils ont, tout bonnement, disparu.

Flûte, je cherche d'hypothétique trace,mais avec le vent. deux hypothèse, soit ils sont descendus par un versant que je ne connais pas, soit ils sont tombé versant nord et ont péris dans une affreuse et douloureuse chute versant nord. Un coup d’œil dégouté versant nord plus tard ( on y voit pas à plus de 100 m de toute façon) , j'écarte la seconde hypothèse. Je me dis que je regarderai sur strava plus tard au cas où (et ma recherche s’avérera veine, pas de trace des deux skieurs !)

 

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m

Je redescends à mes skis, et attaque la descente.

sans lunettes, trop de buée...

L'inconvénient c'est que je mange des flocons de la cornée, phénomène assez désagréable, j'ai beau plisser mes yeux de néandertaliens, ça ne suffit pas ! , je descends tout de m^me, la pente raide puis le plat du glacier. J'avale les pentes raides en dessous, sans problème, les virages s’enchaînent.

Ensuite, c'est la galère pour rejoindre la combe des Andins, il faut pousser sur les bâtons, ça n'avance pas ! Il neige.

Je bourre comme je peux, et je remets les peaux pour rejoindre le collet. Ouf.

La combe des Andins, en neige dure, est avalée, en bas, je dois à nouveau remettre les peaux pour en sortir !

Dernière descente, pour rejoindre les pistes de skis, et jolie descente de fin de journée pour gagner la voiture

Je ne me souvenais pas que cette sortie etait si plate !

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m

Voir les commentaires

Alpinisme : face Nord du Doldenhorn

Publié le par Apoutsiak

Une magnifique face nord sur un sommet méconnu

D+ 800 m de face - 1100 m depuis le refuge

 

Vidéo :

Topo :

Fründenhütte

Se garer sur le parking du télépherique de Nidermatti (1195 m)

et remonter la piste aui mène à Oeschinensee (1522 m) le suivre le long de sa rive sud. remonter le sentier qui passe dans des pentes avalancheuses (I defründe) Le sentier est efficace il passe par Mittlechnubel, tout est équipé en été pour éviter les chutes (barres, garde fou...) on rejoint facilement la Fründenhutte (2561 m)

 

Face Nord du Dodlenhorn

Ne pas hésiter à demander au gardien qui n'est pas avare d'explication concernant l'approche ! (merci à lui)

Du refuge , redescendre derrière le refuge et rejoindre le glacier. Prendre à flanc et ne pas suivre les cairns pour venir buter sur les falaises et une vire (à repérer la veille) équipée d'un calbe que l'on remonte avant de trouver des marques jaunes puis un petit goulet à nouveau équipé d'un cable (toujours sur la vire) on débouche sur l'arête Gallet.

Remonter le névé pour gagner le pied d'une barre rocheuse. Gravir le ressaut III, torrent et glace sur les prises sur une quinzaine de mètres. Au dessus, repartir sur les névés de l'arête Gallet avant de bifurquer en direction de la face sur le replat. vers 2900 m.

Traverser le glacier et remonter à l’aplomb de la rimaye. Remonter la face nord au mieux et venir buter sous les rochers sommitaux (un petit col entre l'arête Gallet et les rochers). 55-60°

Un accueillant cable vous amène à une échelle métallique bien physique puis une corde prend le relai  avant un dernier névé qui vous amène au sommet 3638 m.

Descente du Doldenhorn

La descente est longue !

Redescendre vers le col 3436 m puis le long de la falaise à gauche nattention aux crevasses. sortir du glacier tout à gauche (Ouest) par le couloir évident le plus à gauche (45 - 50° 100 m rimaye potentiellement délicate)

Puis par les pentes de neige puis le sentier gagner la Doldenhornhütte (1915 m), de là par le sentier, retour au parking.

 

 

Alpinisme : face Nord du Doldenhorn

Récit

Il est difficile , en Suisse, de trouver une place de parking gratuite...

Ça se vérifie, on a prévu de covoiturer avec Ovidiu et impossible de trouver une place entre Bern et Thun. Finalement, vers Kiesen, on trouve le départ d'un parcours sportif. Et on laisse ma petite Berline de marque Française à l'ombre d'un châtaignier.

Je me retrouve avec Ovidiu et Jean-Pierre, en route vers Kandersteg. Une heure plus tard, nous sommes sur zone, pour un parking pas bucolique du tout : sur le parking (payant) du téléphérique ! Les sandwichs avalés, les vessies vidées, les sacs bien bombés...

Un groupe de jeunes allemands part devant.

Et zou, c'est parti. Incroyable le monde qui randonne à Kandersteg en semaine en ce début Juin. Au fil de la discussion, je comprend que Jean-Pierre a fait l'Eiger, et pas par n'importe quelle voie, il a fait l'Eiger par la face Nord , la voie Heickmar, mon rêve !  Et je ne sais pas pourquoi, je sais à partir de ce moment là, que je vais galérer... et ça commence... Tout de suite !

Les deux champions me larguent tranquillement, ils me laissent tout à ma sueur derrière. Je tache de faire bonne figure, mais je souffre... Je n'avance pas. Eux ont la jambe légère...

Regroupement au lac Oeschinensee.

On repart sur un sentier étroit, d'abord en bord de lac puis cela s'élève. Quelques traversées de torrent, quelques névés gelés et raides. Nous progressons. Nous dépassons deux téméraires randonneurs qui viennent sur nos terres.  Les sentier est efficace. Au dessus, on se rapproche du groupe des jeunes alpinistes allemands. Nous les dépassons un par un. Le sentier se fait plus scabreux. L'équipement est parfait : câbles, corde, garde fou (il en faut), je finis par débouler au refuge, dans le brouillard.

Celui ci est ouvert alors que nous le pensions fermé, nous avons monté la bouffe pour 3 jours !

 

Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn

Et là, il faut reconnaitre, que les gardiens de la Fründenhütte permettent de se réconcilier avec les gardiens suisses.

On ne prenait pas la demi pension, ils nous ouvrent la porte du local d'hiver pour faire notre bouffe et nous propose de manger dans la salle à manger.

Nous auront droit en soirée à une excellente explication concernant l'accès à la vire depuis le refuge (explication détaillée).

Tout ce qu'on attend d'un gardien !

 

En attendant, nous sommes dans le brouillard, la météo de demain n'est pas top, on va sans doute pouvoir faire une grasse matinée... Yes (enfin je dis Yes, mais pas trop fort pour ne pas que mes compagnons de cordée entendent...)

Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn

à 20 h 30, je ronfle

à minuit 12, je pique la bouteille de Jean-Pierre pour m'abreuver

à 02 h 42, je suis réveillé par la frontale d'Ovidiu, c'est l'heure.

J'attends qu'il vérifie la météo.

A priori, grand beau, go.

Je m'habille et vérifie la météo, on ne sait jamais, on pourrait se recoucher. On descend dans la fraicheur de la salle des chaussures pour déjeuner. Quelques gâteaux, du thé et nous voilà dehors, à 3 h du mat. Je suis déjà derrière, mes deux purs-sangs galopent. Je peine, mais je finis par les rejoindre, je reconnais le névé "crochu" décrit par le gardien, Ovidiu voudrait passer plus bas, mais je le reconnais il est là, et Jean-Pierre a déjà trouvé le câble. Il s'élève, je pars en second, Ovidiu fermera la marche.

Jean-Pierre il a fait l'Eiger...

Jean-Pierre il a fait l'Eiger !

Jean-Pierre il a fait l'Eiger !!!

Il y a moins de 2 mois !

Bref il grimpe à fond, et je suis pataud derrière.  Le câble, puis les points jaunes décrits par le gardien, la vire étroite sur laquelle il faut se baisser, heureusement qu'on n'a pas pris les skis, ça aurait frotté ! Voilà l'arête Gallet, on repart vers le haut, sur un névé dont la pente ne fait qu'augmenter. D'abord facile ça se raidit pour venir buter sur une barre rocheuse et un couloir dans lequel coule un torrent.

Je vois bien qu'Ovidiu et Jean-Pierre se battent pour prendre la tête. Je passe mon tour. Jean-Pierre part en premier. " Il ya de la galce sur les rochers" lance t'il. Ouh là, je n'aime pas ça, en 30 secondes ilest déjà en haut du couloir. C'est mon tour. J'hésite déjà quand au premier pas., où poser ce p... de pied droit. Je tire sur les bras, ça passe, je m'élève, 2 m plus haut, il ya de la glace partout sur les rochers de gauche, ceux qu'on serait tenté de prendre en temps normal, à droite, la sale, sèche ,est lisse. Au milieu, un petit torrent te mouille tranquillement le pantalon. Je progresse lentement, à gauche, tout glisse, normal, c'est lisse. A droite, le dévers, peu accueillant, je m'élève quand même , hésitant à chaque pas pour le choix de mes prises.

A main nue, sur la glace, tu as vite froid ! après pas mal d'hésitation, de non-choix, je finis tout de même par rejoindre Jean-Pierre, le pantalon mouillé, ah la joie de grimper une cascade.

Ovidiu n'a pas autant d'état, d'âme, il déboule peu de temps après moi !

Il est déjà reparti, sur le névé au dessus, enfin on aperçoit la face. Zone plus facile, petite pause, j'ai à peine le temps de grignoter qu'on est déjà reparti ! Tagadam Tagadam, on galope vers la rimaye comme si on avait un train à prendre et qu'on était en retard. Nouvelle pause équipement. Cool !

Alpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn

Ovidiu attaque la rimaye. Sans être extrême il y a un bon pas et au dessus une pente inclinée à 55° en bonne neige. Il file comme le vent. Vient mon tour, je plante les piolets, grime mes crampons sur la lèvre inférieure de la crevasse. La neige semble dure mais la couche est peu épaisse, elle pourrait céder. Je me redresse, ça tient, je progresse pour quitter la zone de danger. Devant, ça bourrine, derrière, ça bourrine, je fais ce que je peux au milieu.

Petite pause, Jean-Pierre en profite pour reprendre le leadersheap. Et c'est reparti, la pente est raide, quelques passages en glace, peu d'endroit où bien protéger. On avance vite. Nouveau regroupement. Ovidiu préfère grimper seul qu'encordé sans point. J'avoue que la corde me rassure, je me dis qu'on pourra trouver un endroit où assurer de temps en temps. Jean-Pierre file, je suis juste derrière Ovidiu, position idéale pour filmer, je ne m'en prive pas.  Je finis par dépasser Ovidiu. Devant Jean-Pierre, l'homme de l'Eiger, ne fait jamais de pause. On avance en permanence et on largue Ovidiu. D'abord on bifurque sur une rampe à droite, puis après un passage raide en glace on retrouve des pentes de neige. Au 2/3 de la face on opère une pause. Ovidiu est loin mais il nous fait comprendre que tout va bien. Et on repart, on passe des portions de mixte, la sortie n'est plus très loin. Tandis que Jean-Pierre prend la direction de la barre sommitale directement, Ovidiu choisi de passer par dessous.

Perso, j'aurai fait pareil, la neige a l'air meilleur, alors qu'au dessus on sent qu'il y a de petites barres rocheuses avec du mixte incertain... Mais je suis encordé à Jean-Pierre, l'homme de l'Eiger donc, à mon grand regret, je dois aborder la difficulté, pour moi, c'est tout droit.

Assez finement, Jean-Pierre trouve un passage dans les barres, et les difficultés restent raisonnables. On longe l'énorme barre rocheuse terminale, Un dernier couloir en neige et nous voilà sur l'arête Gallet sous la barre terminale.

Ovidiu arrive un peu plus tard. Le topo indique qu'il reste des difficultés avec cette barre. Jean-Pierre file, un cable puis une échelle métallique, verticale, avant de disparaitre. C'est mon tour, jusqu'à l'échelle, tout va bien, puis ça devient méga physique, il faut s'élever, l'échelle bouge, les crampons viennent buter contre la roche. Mais je grimpe, essoufflé. Au dessus, on retrouve un câble puis un névé, Jean-Pierre atteint le sommet, vient mon tour puis celui d'Ovidiu. Le vent est là aussi, les effusions sont de courte durée, on repart vers le bas

Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn

Une petite arête d'abord puis une petite facette pour rejoindre un col où nous avons prévu une bonne pause à l'abri du vent.

Ovidiu se décorde pour descendre en ramasse (couché) . D'abord technique classique puis, face à la pente avec les deux piolets plantés. Très impressionnant, mais très efficace. On rejoint le petit col pour se restaurer.

La descente se poursuit, Ovidiu tout a sa technique jusqu' à une zone de crevasse apparaisse. On se réencorde. On passe puis c'est reparti pour les pentes où Ovidiu reprend sa technique, il nous attend de longues minutes. on traverse à gauche pour trouver l'entrée d'un couloir avec un câble selon le topo. Le souci, c'est qu'on ne trouve rien. Ovidiu part à gauche, Jean-Pierre au milieu, il y a plein de petits couloirs mais comment savoir lequel est le bon. Déprime, Ovidiu file à l'extrême gauche, et décrète le bon couloir. On suit, moi devant. pente de neige puis mixte merdique plein de petits cailloux. J'évite d'en envoyer plus bas (ben oui, il ya Ovidiu devant), Nouvelle pente de neige. Rimaye à la noix, j'hésite, je tente à droite, me retrouve sur un rocher branlant, je redescends le névé un peu, Ovidiu me conseil de partir à gauche (dans quel sens ?)  une petite langue de neige qui menace de s'effondrer... ça tient, 2 pas de désescalade, j'ai passé la rimaye.

Vient le tour de Jean-Pierre, qui sans une hésitation passe l'obstacle ! Ben oui, Jean-Pierre il a fait l'Eiger, c'est pas une petite rimaye qui va le perturber. On fini par se décorder et tout le monde me largue. Regroupement en bas du névé , j'avoue que je suis un peu fatigué.

La pause est courte. Je repars devant sur de nouveau névés et descends au plus bas.  Plus de neige, j'enlève les crampons et troque mon pantalon pour mon short.

Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn
Alpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du DoldenhornAlpinisme : face Nord du Doldenhorn

On part à la recherche du sentier, et grâce à mon excellent sens de l'orientation, je suis le dernier à trouver ! et ça file jusqu'au refuge (Doldenhornhütte) ou la gardienne nous accueille. Petite pause, on papote avant de repartir.

Ovidiu a mal aux pieds (enfin on a tous mal aux pieds mais Ovidiu semble réellement souffrir) Il aurait trop serré ses chaussures pendant la montée. Bilan il avance au ralenti. Je l'accompagne. Une courte pause dans un torrent pour des bains de pied et tenter d'améliorer la situation. Puis c'est la longue descente vers Kandersteg à allure tanquille. On arrive en bas fatigués mais content. On a plein de projets, pour moi ça serait l'éperon de la Brenva au Mont Blnac

Mais pour celle ci, c'est une autre histoire...

 

Voir les commentaires

Ski de randonnnée : Giglistock 2900

Publié le par Apoutsiak

Une sortie ou j'ai failli renoncer à de nombreuses reprises.

Mais  comme je suis un peu têtu et que mon envie d'aller voir un peu plus loin est plus forte que mon envie de rebrousser chemin, je suis parvenu au sommet.

 

Vidéo :

Topo :

Aller à Gadmen, Gadmen se situe sur la route du Sustenpass après interlaken et remonter jusqu'au virage de Saageli - 1357 m (places de parking à l'intérieur du virage)

Emprunter le sentier en face , il ramène à la rivière.Steinwasser.

Rester sur la rive droite et traveverser le tunnel (j'ai traversé) et remonter au mieux le vallon (il faut passer assez vite en rive gauche, nombreuses coulées d'avalanche) Remonter au delà de Wyssemad. De là on commence à monter au Sud en suivant le sentier sur la carte. Direcction Lischen 1811 m puis le Giglibach. Remonter au mieux les pentes en direction du collet à l'ouest du Brunnenstock (2763 m) la fin est à 50° sur 20 m

Basculer versant Sud et remonter les pentes qui amènent au sommet du Giglstock : 2920 m.

Récit :

 

Pas de partenaire en ce premier jour de sortie au Sustenhorn (j'ai rendez vous le lendemain avec René de C2C) Bref, je pars tout seul (je sais, c'est mal) tôt le matin, dans ma petite voiture en direction du Sustenpass. Le temps est beau. J'arrive à Gadmen vers 9 h 30.

 

Je prépare mon sac, et là, c'est le drâme ! Mon GPS indique fièrement : batterie 12% ! Et moi, sans GPS, je ne joue plus. Mon sang ne fait qu'un tour. J'ai opportunément emmené un chargeur. Je vais lentement faire mon sac pendant que ça charge, avec un peu de chance, ça doit passer.

Donc je fais lentement mon sac, surveillant du coin de l’œil que pépère GPS augmente sa charge. Au bout d'une demi heure, j'ai pris mon temps, il indique 37 %, ça devrait suffir, au moins pour la montée.

Et je pars, à ski, à plat puis en légère descente, passer sous un tronc d'arbre. Je parviens au lit du torrent, traversée sur un barrage. Ce que je ne sais pas, c'est que rive droite il y avait un petit tunnel qui m'aurait évité des surprises...

Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900
Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900

Je repars donc en rive droite, sur une trace raide et complètement regelée. Je finis par enlever mes skis, pas envie de me retrouver dans le petit lac, juste en contrebas de cette pente bien raide. Ça doit être ça , une pente expo !  Je rechausse les skis au dessus, par pour longtemps. Une petite falaise me coupe le chemin. De nouveau j'enlève les skis, pour descendre une 20 aine de mètres dans un pierrier infâme et dans les vernes.

Le parcours a l'air plus facile ensuite, ça doit passer à ski, mais en 20 minutes, je n'ai pas beaucoup avancé... Je poursuis donc, c'est un peu plus facile mais il faut tout de même remonter les énormes coulées d'avalanches de cette année 2018. Et c'est pas toujours facile à remonter une avalanche, il y a des gros blocs de neige, des murs de neige, je galère, sans rythme... mais je remonte le vallon. Le GPS m'indique qu'il est temps de remonter vers le sommet et de quitter le lit du ruisseau, enfin ! Je remonte des pentes un peu raides  mais qui passent relativement, suivant parfaitement le GPS. Puis il bifurque dans une forêt coupée de falaises. Je merdouille un peu au départ. Puis je me rends compte que ça devient méga raide ,je vais devoir monter à pied.

Je quitte le skis, les fixe sur le sac et j'entreprends la montée, 3 pas faciles puis la galère commence. Une couche de croute puis en dessous, une neige sans portance, jusqu'aux cuisses ! Il me parait impossible de monter longtemps comme ça. Je redescends en dessous et me pose, tout essoufflé. Que faire, puré si je m'en retourne, c'est la loose, mais remonter plus haut me semble trop physique. Je fais le tour des différentes hypothèses.  Redescendre et remonter au sustenpass pour atteindre le sommet par un autre versant... trop long. Si je revient à la voiture, je trouve qu'il est méga tôt pour buter.  Finalement je décide de forcer un peu le passage, on verra bien au dessus.

Et je suis reparti, pour une galère. les skis dans les branches des sapins, les pieds s'enfonçant sous la croute de neige. Chaque pas est bien galère. Je progresse tout de même. Il y a des passages ou la neige est inconsistante, d'autre où elle est un peu plus dur. Je progresse entre les  barres rocheuses, lentement.

Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900
Ski de randonnnée : Giglistock 2900
Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900

La pente devient plus raide. J'hésite à progresser. Je peux encore faire demi tour. C'est vraiment raide et expo. Le GPS m'indique que je suis au bon endroit, j'ai quand même des doutes. Je regrette de ne pas l'avoir vérifié sur la carte, truc que je fais toujours d'habitude. Au dessus, il semble que la pente s'aplanisse, ça me motive. Et je pars dans cette pente raide, la neige est bien dure à présent. Je progresse, remonte un petit couloir et me retrouve enfin dans des pentes plus cool. J'opère une pause, c'est passé, pas très agréable quand même.

 

Je remets les skis et je repars vers le haut. La première partie m'a bien calmé La suite a l'air plus tranquille, mais je vais devoir faire la trace tout du long, il n'y a que de vagues traces de descente, et je ne sais pas d'où elle vienne ! Je repars à flanc vers la droite. Je suis tout seul dans cet immense endroit.  Je progresse vers le haut; visant une sorte de vallon. La neige y est poudreuse ,"c'est là qu'il faudra prendre à la descente" me dis je.  A la montée, je prends les pentes plus verglacées à droites, pas parfaites mais plus faciles à tracer ! Je rebascule dans le vallon puis remonte la moraine du glacier Taleggigletscher. Le col est bientôt là. Le temps s'est gâté , pleins de nuages, de la neige...  La pente est bien raide sous le col. J'opère une pause. Le GPS a rendu l'âme, ou plutôt sa batterie .  Vais je aller jusqu'au col. Hésitation , je suis bien naze et le col est raide... 2 arguments pour redescendre. Mais je ne connais pas la vue du col. Un argument pour aller voir au dessus. Et , contrairement à ce que les mathématiques me proposent ainsi que mon corps... Je décide d'aller voir au dessus. Je remonte les quelques mètres à 50°, la neige est correcte et je suis vite en haut.  Je me fais une pause. C'est étonnant, neige, il y a du soleil, des nuages et du ciel bleu ! Je grignote, j'appelle ma routeuse météo qui glandouille au Portugal (d’ailleurs ce titre de routeuse météo va bientôt disparaitre à l'heure de la 4G, plus besoin de l'appeler pour savoir où aller !). Je fais une petite vidéo où j'annonce le but (voir vidéo !)

 

Le soleil point

Le sommet parait si proche...

Moins d'une demi heure à vue de nez (toujours s'en méfier)

Je consulte la carte... Il n'est vraiment pas loin.

 

Je décide de descendre chercher mes skis pour aller au sommet.

 

Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900
Ski de randonnnée : Giglistock 2900

Je descends.

Je charge les skis sur le sac...

Je remonte.

Je remets les skis tout en laissant le matos inutile au col. le GPS à nouveau en charge.

Et je file. De ce coté ci, c'est la fournaise. Le soleil tape, je cuit. Au début c'est un faux plat, puis la pente se redresse sous le sommet . Yes. J'ai bien cru ne jamais y arriver à ce sommet. Et pourtant il n'a pas une grande renommée.

Je me décide à faire un tuto enlevage des peaux sans déchausser. Truc que je me suis mis à faire depuis les Lofoten. En gros, c'est la troisième fois, dont une première ratée !

Je branche la caméra, j'enlève la première peaux sans souci. Je me lance pour la seconde. Au  départ, tout va bien, puis la peau se coince... Je tire vainement, le skis en l'air, la pointe coincée dans la neige... Je vais m'effondrer. Impossible de décoller la peau qui  a du gelé sur le skis. Dans un effort herculéen, je parviens à la dégager. YES... "On coupera au montage", en fait, je n'ai rien coupé, j'ai juste accéléré le passage pour ne pas y passer la nuit.

C'est déjà l'heure de redescendre. J'ai l'impression de voir au loin des choucas en train de bouffer mon dépot de matos (et de bouffe !!!....)

Le col est vite atteint dans une neige revenue sympa. Je désescalade le col et rechausse. Point de choucas, ouf !  La poudreuse est assez lourde et tassée, parfois un peu croutée. Je ne fais pas du grand ski, mais je me débrouille. La poudreuse envisagée au milieu du vallon est trop dense. Je me débrouille sur la neige dure revenue. Je bascule vers la droite, et poursuis tout au fond de la combe à l'est (je n'y suis pas passé à la montée mais ça doit être le bon chemin) Je suis des traces de skis, à flanc, c'est techniqiue mais ça passe. Quelques courts passages raides. Puis un passage en croutasse infâme me ramène au fond du vallon qu'il faut redescendre. Le départ se fait très bien puis il faut repasser par les coulées d'avalanches. Je ne me débrouille pas trop mal. Et je repasse les obstacles, la petite remontée de la falaise infâme et la petite descente en glace, toute revenue à présent. Je traverse le lac et je vois un tunnel, je vais y jeter un coup d’œil. Il m'aurait éviter 10 minutes de galère sur le mauvais versant... je remonte vers la voiture, qui, fidèle, m'attend patiemment ! Tout en faisant l'iventaire des moments ou j'ai failli renoncer ! Incroyable que je sois arrivé en haut .

Voir les commentaires

Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m

Publié le par Apoutsiak

Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m

Jolie traversée d'un long (et plat glacier)

Météo moyenne malheureusement

Vidéo

Topo :

Depuis la Tierberglihütte rejoindre le plat du glacier Steigletscher. Le traverser et remonter les pentes  le long des séracs.

Traverser le plat du glacier (Sustenlimi) et remonter la rampe qui mène au Sustenhorn - 3502 m.

Redescendre au Sustenlimi.

Par les pentes tranquille rejoindre le Gwächtenhorn (3404 m)

Redescendre par le Steigletscher sur le Sustenpass

Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 mSki de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m
Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 mSki de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m

Récit

 

Après la bonne soirée de la veille, départ tranquille ce matin. Petit déj avalé, ski sous les pieds. Neige béton, et courte descente un peu raide.  Un virage... Deux virages. Je me casse la gueule. Vu que la neige est béton et la pente raide, je glisse, vite. J'enfonce mes bras dans la neige, autant que je peux. ça finit par freiner...  Je déteste les départs comme ça ! Je me redresse, rené se moque, il a raison, le truc qui est dommage, c'est qu'on ne pourra pas prendre d'élan pour le plat du glacier. Le truc qui est bien : personne n'a vu ma mésaventure, à part René, l'honneur est sauf. Je repars, penaud, et transi, j'ai un peu de neige dans le cou, un peu dans les chaussures ... pas cool. Petit à petit, rené me largue.  Et comme un âne, je filme et je photographie, donc je perds de plus en plus de temps. Je progresse à mon rythme, je remonte sur l'énorme plat du Sustenlimi. René est loin, je sens qu'on ne se retrouvera qu'au sommet... Il fait gris, très gris, c'est dommage. Je rattrape un ancien avant de le laisser sur place. Puis je perds les traces de montée. Tant pis, je fais sans, au loin, rené atteint le sommet. Je finis par le rejoindre. On fait une petite pause avant de redescendre. Neige un poil pourri mais skiable. Comme il fait gris , pas de moquette, pas de dégel. C'est limite crouté !

Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 mSki de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m
Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m
Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 mSki de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 mSki de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m

On redescend donc comme on peut au col. Longue traversée et on repart vers le Gwächetenhorn.  Le second sommet est vite atteint. Nouvelle pause. avant de repartir à rebours !  Visibilité moyenne, voir limite jour blanc. rené tombe... Je tombe...

La neige est dure, parfois croutée. On finit par en trouver de la bonne dans une pente un peu raide.  Grosse descente bien cuissue du Steigletscher. La neige est vraiment pourrie ! Mais ça descend bien et on rejoint facilement le pied du Sustenpass. La suite est à plat, le long de la route enneigée. A fond. Quelques passages expos, deux tunnels enneigés à traverser. Un chouilla de marche et voilà déjà la voiture, Week end terminé. Sustenhorn enfin atteint !

 

Merci René

Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m
Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 mSki de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m
Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 mSki de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m
Ski de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 mSki de randonnée - Sustenhorn 3502 m - Gwächtenhorn 3404 m

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 > >>