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Articles avec #mont blanc tag

Vidéo Alpinisme - Mont Blanc 4810 m - Conseils Techniques - Le Mont Blanc pour les nuls

Publié le par Apoutsiak

Vidéo donnant de multiples conseils pour l'ascension du Mont Blanc par l'arête des bosses

Si vous avez des questions, équipement, acclimatation, nutrition, ou autre, n'hésitez pas à m'en faire  part en commentaire !

Bonne course ! smiley

 

2 fautes d'orthographe, toutes mes excuses, je ne peux plus les enlever ! sad

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Mont Blanc 4810 m - mes 12 ascensions

Publié le par Apoutsiak

 

Mont Blanc arête des Bosses 1992

 

Mont Blanc par les 3 Monts 2000

 

Mont Blanc arête des Bosses 2002

(bivouac au dessus de l'aiguille du Gouter)

 

Mont Blanc arête des Bosses 2005

(bivouac au col des Dômes 4300 m)

 

Mont Blanc traversée de l'aiguille de Bionnassay 2006

 

Mont Blanc Traversée : Arête des Bosses - 3 Monts 2009

 

Mont Blanc arête des Bosses à la journée 2011

 

Le Mont Blanc en Amoureux 2013

voie normale arête des Bosses

 

Mont Blanc Arête de Peuterey puis fin de l'arête du Brouillard - 2016

avec Yannick Grazinani

arête de Peuterey - Bivouac à Eccles - Pointe Louis Amédée - Mont Blanc de Courmayeur

 

Mont Blanc - Mont Maudit 2017

le 81ème 4000 (par l'arête des Bosses et le sommet en aller retour

 

Mont Blanc - Père et fils 2018

arête des Bosses

 

Mont Blanc du bas à la journée 2019

Bionnassay Mont Blanc 32 km - 3400 m de déniv

 

Mont Blanc 4810 m - mes 12 ascensions
Mont Blanc 4810 m - mes 12 ascensionsMont Blanc 4810 m - mes 12 ascensions
Mont Blanc 4810 m - mes 12 ascensionsMont Blanc 4810 m - mes 12 ascensions
Mont Blanc 4810 m - mes 12 ascensionsMont Blanc 4810 m - mes 12 ascensions

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Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Publié le par Apoutsiak

Un vieux rêve, enfin réalisé .

 

En chiffres, c'est pas très romantique, mais ça donne :

32 km

3400 m de dénivelé

19 h 35 !

 

Vidéo :

Topo

 

Accès parking :

Après Saint Gervais, sur la route des Contamines Montjoie, prendre la petite route à gauche qui monte raide et rejoint le hameau de Bionnassay puis le parking des Crozats (1405 m) parking gratuit, toilettes.

Mont Blanc depuis le bas (Bionnassay)

Du parking des Crozats (1405 m), rejoindre la piste qui surplombe le parking (et part vers l'est), passer le Planet et poursuivre vers l'Are (on peut également rejoindre Bellevue puis suivre les rails du TMB, mais c'est interdit, et moins joli !)

Le sentier traverse un alpage et commence à monter le long du glacier  de Bionnassay (quelques passages équipés (câbles, marches) puis un bon sentier amène au Nid d'aigle (2372 m)

De là, on prend le sentier qui mène aux Rognes (névés en début de saison) puis le suivant qui ramène à hauteur du refuge de Tête Rousse (baraque de la brigade blanche en haut). Remonter le glacier de Tête Rousse et par une pente puis 2 pas d'escalade rejoindre le Grand Couloir.

Le traverser, prudemment (attention à la descente en général l'après midi, chutes de pierres +++) Remonter ensuite en suivant les câbles puis la sentes qui ramène à l'éperon qui longe le Grand couloir. Rester globalement sur le fil de l'éperon, sauf sur la dernière partie ou on se retrouvera un peu plus à droite. En 2019, des points rouges biens visibles ont été peints, facilitant la recherche de l'itinéraire. En suivant les câbles, on rejoint l'ancien refuge du Gouter.  3817 m.

Remonter derrière le refuge la pente de neige (équipée) et suivre l'arête qui passe au dessus du nouveau refuge du Gouter. On remonte alors les pentes du Dôme du Gouter en contournant la zone de séracs par la droite puis en bifurcant à gauche à 4200 m pour passer à l'épaule du Goûter (4280 m environ) Faux plat descendant pour rejoindre le col des Dômes (4236 m)

Petit coup de cul pour rejoindre le bivouac Vallot (4362 m) La pente se raidit pour atteindre la Grande bosse, puis la petite bosse, on passe à proximité de l'éperon de la tournette avant de gagner le sommet du Mont Blanc par l'arête (4808 m)

Descente

Par le même itinéraire, attention à la traversée du Grand Couloir - chutes de pierres)

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Récit

3400 m ... 3400 m ... 3400 m .... suis je capable de gravir 3400 m de dénivelé en une journée. Mon maximum doit tourner autour de 2700 m, et encore, avec les descentes à ski. Je tourne le problème dans tous les sens, je n'ai pas la réponse. Bon, pour me rassurer, je sais que j'ai déjà gravi le mont Blanc depuis le Nid d'Aigle à la journée, et j'avais du redescendre jusqu'aux Houches au retour, ayant raté le dernier train... Ça rajoute juste 900 m de dénivelé...

J'avoue que l'idée de gravir le Mont Blanc, à la journée depuis le bas, me trotte dans la tête depuis quelques temps. Ça fait parti de ma "todo list".

Je scrute la météo, la semaine précédente, canicule, pas bon pour la traversée du Grand couloir. Chaque jour je me fais un petit point météo. La prévision s'améliore, pas d'orage le soir, par contre la canicule sera bien là, limite température positive au sommet !

J'attends le samedi matin pour prendre ma décision. Météo ok, pas d'infos sur la Chamoniarde concernant les conditions, on fera sans. Feu vert pour le sommet.

 

Bon, ce samedi, je bosse jusqu'à 15 h. Dès que j'ai fini, je charge la voiture, en route pour Chamonix; En fait, je dis en route pour Chamonix, mais c'est plutôt Saint Gervais l'objectif. Arrivé sur zone, je prends la raide petite route de Bionnassay et retrouve le parking du Crozat.

je croise deux randonneurs qui terminent leur rando, un joli tour passant par Bellevue, le Nid d'Aigle et la descente sous le glacier de Bionnassay. On passe un bon moment à échanger nos expériences. La suite, c'est, repas frugal, lecture (La Gouteuse d'Hitler de Rosella Postorino pour ceux que ça intéresse...) et tentative de dodo à 20 h. Pas très efficace. Il y a du passage à tout moment sur le parking, et même si les gens sont plutôt discrets, ça fait du bruit !

Bim, il me semble avoir entendu le réveil. Allez zou je m'habille ... mais... il me semble... je regarde ma montre ... 23 h 45. Flûte, trop tôt, mon cerveau a buggé je me recouche tout habillé. Je ne dors pas ... 00 h 10, ça sonne, pour de vrai ! L'avantage, c'est que je suis déjà habillé, petit déjeuner rapide, un ersatz de Redbull, et c'est parti !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Je gagne, la piste, et je remonte dans la nuit noire vers les cimes. Bon, pour l'instant, on ne s'emballe pas, je n'y suis pas encore. Je passe à coté d'un troupeau de mouton. Un patou aux dents acérés m’aboie dessus. Puré, je vais me faire dévorer à 5 minutes de la voiture, mon projet était plus ambitieux... On retrouvera des lambeaux de corps sur le bord du chemin demain matin. Peut être qu'il ne restera plus rien, je serai porté disparu. Le PGHM ira sans doute en hélico sonder les crevasses du glacier pour retrouver mon corps, puis au bout de 10 jours, l'abandon des recherches sera proclamé, forcément, ils n'auront pas cherché au bon endroit...

Mais, par chance, et uniquement par chance, je suis passé? Sans doute le patou n'avait il pas assez faim, ou ma viande n'est peut être pas appétissante, ça en serait presque vexant ! Je survie donc à ce premier obstacle imprévu. Plus loin, un chevreuil vient me rappeler que j'entre dans le wilderness (pour les non anglicistes, google trad est ton ami). Le halo de ma frontale éclaire mon chemin, qui se met à grimper dur, je rejoins l'alpage de l'are. Les yeux des vaches d'Herens brillent. Je traverse le long plat et le sentier se remet à grimper, ça tombe bien, l'objectif est plus haut...

Je croise une première "échelle", en fait il s'agit d'une succession de marches métalliques, le sentier est ardu, il sillonne dans une falaise, croisant ça et là une cascade, ça doit être beau... De jour, vivement le retour ! Il y a pas mal d'eau lorsqu'il faut traverser les torrents, et j'humidifie le bout de mes baskets dans ces passages  à gué. Rien de grave.

Au dessus, des bouquetins m'accueillent au milieu de la nuit. Leurs yeux brillent, eux aussi, sous les étoiles. En un peu plus de 2 h je rejoins le Nid d'Aigle, déjà 900 m de dénivelé avalés !

Le timing est respecté.

 A pour le timing, je me suis prévu (pour ceux que ça intéresse) :

2 h du parking au nid d'Aigle

2 h Nid d'Aigle - Tête Rousse

2 h Tête Rousse - Goûter

4 h 30 - 5 h Gouter Mont Blanc

Hors pause soit un total de 10 à 12 h en fonction de la forme

Je n'ai rien anticipé pour la descente.

 

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Au dessus, je connais, je suis passé par là à de moultes reprises. J'ai emmené au sommet du Mont Blanc, amis, femme ou fils, sans compter les tentatives en solo avec bivouac au col des Dômes, bivouac au Gouter (ce deux dernières quand c'était autorisé, à la belle époque ! ) , ou ascension à la journée depuis le Nid d'Aigle.

Un petit bout de piste, puis un sentier puis rapidement... la neige. Bon je suis les traces en leur faisant confiance. C'est par moment plus raide, parfois moins . Les baskets n'adhèrent pas top dans cette neige gelée, j'ai prévu de basculer en mode alpiniste à hauteur de Tête Rousse. Pas de lune, le ciel est d'encre, personne à l'horizon, je progresse, je sais que les cordées doivent partir des refuges au dessus.  Ma solitude est complète, elle ne va pas durer. Dans la nuit, j'ai du mal à reconnaitre l'endroit.  Petite hésitation, mais je poursuis et je me retrouve à hauteur des Rognes. la suite est plus facile, il n'y a plus de neige, il suffit juste de retrouver le sentier qui mène à Tête Rousse. A gauche, les lumières de Chamonix, à droite, celles des Contamines... C'est beau, mais je ne traine pas, il y a encore de quoi s'occuper au dessus.

J'arrive enfin à la hauteur de Tête Rousse. Et là tel superman, ou plutôt tel le têtard se transformant en grenouille, la chenille en papillon,  le trailer fatigué, se transforme en alpiniste affuté... ou presque. (ah flute, j'ai oublié de placer mon abracadabra ...)

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Bon, c'est ma première pause, 3130 m environ : ça fait déjà 1700 m de dénivelé, je suis  à la moitié, mais quand on y réfléchi plus précisément, les difficultés sont devant moi : la montée au Gouter plus technique, puis l'altitude au dessus de 4000 m et la fatigue qui va se cumuler , je ne devrai plus être trop frais après 3000 m de déniv. Et je ne compte pas la descente, mais ça, on verra après !

Le jour point, à droite, le refuge de Tête Rousse, dont les derniers candidats au sommet s'extirpent. Derrière, l'aiguille de Bionnassay se dévoile, devant les lucioles sont partis à l'ascension du grand couloir, certains sont même à proximité du refuge du Gouter. Celui ci joue le rôle de phare dans la nuit.  Le tableau est sombre, mais c'est beau.

Et hop, c'est reparti, les crampons sous les pieds. je remonte le glacier et me retrouve derrière une cordée. Visiblement ils viennent des pays de l'Est. On vient buter sur le couloir, je troque mes bâtons contre mon piolet. Je demande à mes Estiens (les habitants des pays de l'Est) si je peux leur passer devant, ils ne sont pas prêts. Et go, je traverse le couloir rapidement, mais sans trop me presser au risque de m'emberlificoter les crampons. Car il y a plusieurs techniques pour traverser le couloir, je vais les décrire ici.

Le Fangio : le Fangio a eu connaissance de la dangerosité de l'endroit. il connait la règle qui veut que moins tu reste au contact du danger , moins tu prends de risque, donc il bourrine, à fond tout en maitrisant sa trajectoire, c'est très spectaculaire à voir, et efficace

Le Ayrton Senna : (j'sais pas si c'est correct d'écrire ce qui suit) De même que le fangio, il speed, mais au détour d'une goulotte, il se prend le crampon dans la lanière de se guêtres, Bilan, il évite les pierres, mais pas la chute qui 'emmène loin la bas au fond du couloir. On a peur rien qu'au moment où il démarre la traversée.

Le Contemplatif : Le contemplatif sait que le danger vient du dessus. Il  avance lentement, inspectant scrupuleusement les pentes au dessus de lui. Il n'a pas trop conscience de la vitesse des chutes de pierre et de leurs rebonds aléatoires. Le contemplatif prend son temps, mais parfois il traverse.

Le prudent : lui, il sait que le danger vient du haut, mais également de sa technique. bilan, il avance prudemment, mais régulièrement, scrutant de temps en temps les affres du couloirs. Je crois que je fais parti de cette dernière catégorie.

le Cartomancien : lui, tout simplement, il ne met pas de casque, il sait que les pierres vont l'éviter, il l'a lu dans sont horoscope ce matin. Les oracles sont favorables et sa allège le sac. Jusqu'au jour où ...

Tiens voilà justement un trailer qui passe... sans casque !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

De l'autre coté du couloir, je range le piolet et les crampons avant d'attaquer la suite. J'avoue que mes quelques expériences me sont du grande aide, sans compter les nouveaux points de peinture rouge très utiles pour s'orienter. Et je galope, je maitrise, tel Thésée, les méandres de ce labyrinthe, toute proportion gardée bien sûr. Je garde un œil sur la gauche, le grand couloir dégueule déjà quelques pierres et nous ne sommes que le matin. Comment se passera t'il tout à l'heure à mon retour ? Je commence  à croiser des cordées, d'abord celles qui ont fait l'ascension hier et redescende du Goûter aujourd'hui, puis celle qui sont partis tôt ce matin. Je dépasse les dernière cordées parties depuis Tête Rousse. Voilà les derniers câbles et l'ancien refuge du Goûter. Il est 7 h , j'appelle Sandrine pour lui indiquer ma position, pour l’instant tout va bien. Je grignote et je remets les crampons. Une cordée sympa dépassée un peu plus bas me repasse devant. Je me remets en route, plus que 1000 m, à présent, il va falloir gérer l'altitude.

Je traverse l'arête du Gouter sans m'arrêter au nouveau refuge. Et j'attaque la grande pente du Dôme du Gouter. Une première cordée me dépasse, puis une seconde. Oh la vache, la fatigue. Je ressemble au capitaine Haddock dans Tintin au Tibet. Je décide de faire une bonne pause à l'épaule du Dôme, mais elle est encore loin l'épaule du Dôme. Une envie de dormir me prend. Mon rythme est devenu très lent. Finalement, il faut que je m'arrête tout de suite. Mais, fort de mon expérience, j'ai la solution (même si c'est la première fois que je l'utilise) Un ersatz de redbull au fond du sac. Je bois l'infâme breuvage,  et bingo, ça marche, en 5 minutes, je suis moins fatigué. Bon, je ne vais pas très vite, mais la grosse fatigue est passée.

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

 Je traverse quelques crevasses, profondes, il faudra se méfier à la descente. A droite, sur l'aiguille de Bionnassay, des cordées tels des funambules sur l'arête, progressent. La corniche est petite à présent, elle s'est effondrée. l'arête est moins jolie !

Je rejoins l'épaule du Dôme ou règne un alpiniste allongé, je prends de ses nouvelles, en anglais, il revient du sommet et tout va bien . Parfait, je poursuis dans la descente, légère , vers le col des Dômes où j'avais bivouaque en 2005, le réveil n'avait pas été facile  !

Et hop, il faut rattaquer la petite pente qui mène à Vallot. Je croise quelques cordées et me retrouve sur le plat. Plus que 400 gros mètres, les plus jolis, sans aucun doute.

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Et c'est reparti vers le haut, je rejoins l'arête de la grande Bosse. Une cordée arrivent du dessus, ente nous, un trou ! Une grosse crevasse. Je branche la Go pro trop tard pour filmer le passage de la cordée. Tant pis, je la laisse tourner, si jamais je tombe dans le trou, ça permettra aux gendarmes de comprendre ce qui s'est réellement passé. Bon par chance, j'évite la chute, le trou était profond et je continue au dessus.  Voilà la petite bosse, jolie, élégante, je la traverse, avant de remonter en direction des rochers de la Tournette. A gauche, d'ancienne trace de ski  me narguent dans la face nord, oui, cette face Nord à ski, c'est mon rêve, j'attends juste les bonnes conditions (et le partenaire dispo pour m'y lancer !)

L'énorme crevasse qui barrait le haut de la face à 4700 m n'est pas un obstacle, pour l’instant cette année. Je sais qu'il ne reste plus grand chose. Je fonds sur deux alpiniste qui peinent à fond. je les dépasse en les encourageants le sommet est à moins de 10 minutes !

Le voici, YES !

 

Et de 12. Oui, c'est la douzième fois que je foule ce sommet, et j'avoue que je ne m'en lasse pas ! J'ai d'ailleurs encore d'autres projets, soit à ski avec descente face nord soit en alpi, j'adorerai gravir la Brenva...

Vu qu'on est au sommet, je me dis que je vais tenter la roue, que j'avais réussie à l'Elbrouz. Bon, là je tente, et je me ramasse. Je me relève, me remets en position de départ, puis je laisse tomber, je sens que je n'ai plus assez de puissance pour la faire... tant pis.

Je me fais une bonne pause, avant de repartir.

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Et zou, il ne reste que 3400 m de descente. J'avoue que je ne me suis pas amusé à calculer le temps de descente, trop aléatoire et dépendant trop de mon état de forme.

Je recroise la cordée sympa 250 m sous le sommet. Ça fait du bien. J'enchaine les passages clefs, quelques nuages s'élèvent, mais ne m’inquiètent pas. Je ne descends pas très rapidement les jambes sont un peu lourdes, je l'avoue. Je rejoins une cordée de catalans ,on discute (ils parlent Français, c'est une chance, car mon catalan est plus que limité !) Puis je leur passe devant avant de filer sur Vallot.

Petite descente et on attaque la rébarbative remontée à l'épaule du Dôme. c'est dans la tête. Il fait chaud, j'ai les jambes qui ont 3400 m de déniv dans les fibres musculaires, mais il faut encore monter. Je parviens en haut et me lance dans la descente du Dôme. Les crevasses sont menaçantes, il faut faire de grand sauts, les réceptions sont aléatoires. Quand tu passes au dessus, tu vois qu'elles sont larges et sans fond. C'est pas le truc le plus intelligent du monde de se balader à cet endroit à cette heure ci non encordé. Trop tard pour renoncer, le salut est vers le bas. Je saute comme je peux les terribles obstacles, amortissant comme je peux les réceptions, ça serait dommage que la lèvre se casse sous mon poids !

Arrive le deuxième obstacle casse moral de la descente : la remontée vers les refuges du Gouter.  Tout au mental comme d'hab', sans trop de vitesse mais sans s'arrêter. je passe à nouveau devant le nouveau refuge, sans un regard. Et nouvelle pause à l'ancien refuge pour enlever les crampons. Là 2 Russes semblent perdus, il viennent des 3 monts et ne connaissent pas la descente; Je leur explique, qu'ils doivent suivre l'éperon, les câbles et le grand couloir. Ils veulent descendre à Chamonix, de toute façon, pour le train, il est trop tard. je leur dis de suivre les rails jusqu'à Bellevue, avant de descendre aux Houches avec un H ! Ils semblent satisfaits.

Je peux repartir.

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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Le début de la descente est laborieux. Les câbles me gênent et je ne suis pas positionné comme je voudrai sur les prises. Finalement je finis par trouver le sens de la marche et à être plus efficace.  A droite, le Grand couloir est inquiétant. Une sorte de cascade continue due à la fonte des neiges en haut. Ça emporte des blocs de pierres et les chutes de pierres sont fréquentes. C'est lugubre et assez stressant quand on sait qu'on va passer 400 m en dessous. 

J'avoue avoir averti les alpinistes du bas de grosses chutes avec ma grosse voie. "Pierre !" " Pierre !"

Un gars me rattrape et me suit. Je lui demande s'il veut passer devant. En fait non. Bon ben je lui propose de descendre ensemble et de traverser le couloir ensemble, l'un surveillant l'autre, ça sera plus prudent.

Proposition validée, on descend donc ensemble en papotant. Ce qui est étonnant , c'est qu'il a fait le même truc que moi en partant 2 h avant du parking où il était monté en vélo depuis chez lui ! C'est marrant de se retrouver !

Je suis dans le rythme et on descend tranquillement mais surement. Voilà le départ de la traversée. Je suis prêt en premier, je pars donc en premier tandis qu'il me surveille. Les chutes de pierre ont créé une "ornière" de 3 m de large au milieu du couloir. Ça passe bien pour moi, je me mets à l'abri en face.

C'est son tour, je surveille le haut du couloir qui semble être continuellement en mouvement. Des pierres chutent mais sont parfois arrêtées par la neige. Je donne le feu vert, il part, à mi chemin je lui dit de stopper, une pierre devrait tomber de mon coté. C'est bon, en haut, c'est toujours specaculaire, heureusement la neige bloque pas mal de projectiles. Fin de traversée, on poursuit sur le sentier en crampon avant de basculer sur le glacier de Tête Rousse et de rejoindre la cahute de la brigade Blanche.

 

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Ah la cahute

Il y a la un brigadier (ben oui, c'est la brigade blanche)

"Bonjour, on n'a pas la réservation pour les refuges en dessous on peut passer ?"

Ça le fait sourire

Je lui explique que j'aurais bien aimé savoir, moi s'il m'avait jugé compétent et assez solide pour sortir le Mont Blanc à la journée. Bon ben là c'est trop tard et il ne m'indique pas s'il l'aurait fait. Dommage.

On discute de la brigade, des trains, ah oui, les trains, et ben moi je suis favorable à ce qu'il y aie un train qui parte à 5 - 6 h du mat, ça permettrait aux alpinistes d'éviter le couloir en fin de matinée. Il valide mon idée mais m'avoue que c'est compliqué. C'est toujours facile de critiquer les alpinistes aux mauvaises heures aux mauvais endroit, mais quand on voie que les trains déversent les cordées au Nid d'Aigle à 9 h 9h 30, ben forcement elles se retrouvent vers midi dans le couloir.

Bon j'avoue que je n'ai pas attaqué Jean-Marc Peillex bille en tête, c'est son patron.

Parce qu'au fond de moi, je pense qu'il est paradoxal de faire une communication sur Zidane au sommet (monté en hélicoptère au col des Dômes), ou PPDA ou Gérard Holtz, et dire aux mondes que le Mont Blanc n'est pas pour tout le monde.

Il est paradoxal de dire qu'il y a trop de monde sur la voie normale et vouloir rouvrir l'ancien refuge du Gouter...

Il est vrai que ce sommet est gravi par des gens qui n'ont rien à faire là, mais les mesures de restrictions me sont insupportables.

Enfin, que dire des guides qui réservent deux nuitées sur les refuges pour assurer le sommet. Deux nuitées, c'est empêcher quelqu'un de pouvoir réserver. Et ça, personne n'en parle, oui, je dénonce ! (ce blog n'est vraiment pas un blog plan plan, il est engagé ) Une cordée, ça devrait être une nuitée.

Fin du coup de gueule

Je rapelle que je n'ai rien dit de tout  cela au brigadier, reste à espérer que Jean-Marc me lise. J'ai comme un doute.

Et même s'il me lit, il y a peu de chance qu'il se dise : "mais oui, il faut que je contacte ce gars, qui a  de supers idées." Peu de chances....

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

On est reparti vers le bas, sur le sentier puis dans les névés sous les Rognes. Je suis descendu sur le cul, dans la neige. Au loin, des orages éclatent au  dessus des Contamines. Ça serait pas mal de ne pas se faire tremper avant la voiture. On surveille les éclairs, inquiétant... On va finir comme dans premiers de cordée, foudroyé sur un rocher. Je repense que j'ai un piolet dans le dos, dressé vers le ciel. Tel un paratonnerre, qui ne parerait pas grand chose à part attirer la foudre. Je raconte à Arnaud mes épisodes de foudre aux Dômes de Miage, le plus terrible orage  de ma vie !

On fait une pause pour récupérer de l'eau, ça fait du bien. Je commençais à être complètement déshydraté.

Passage au Nid d'Aigle, fermé. reste les 900 derniers mètres. D'abord un joli sentier avec plein de bouquetins qui ont la fâcheuse tendance à occuper le sentier. Et quand ils daignent nous laisser la place c'est pour descendre sur le lacet suivant.  Ça nous amuse.

Il pleut quelques fines goutes juste de quoi nous rafraichir, on surveille l'orage qui semble passer derrière l'aiguille de Bionnassay pour aller chez nos amis trasalpins, excellent choix, merci à eux.

S'en suit la partie plus technique, des câbles et des pieux qui bringuebalent... On traverse de superbes cascades.

Puis vient la partie finale. J'appelle Sandrine, il ne reste que 20 minutes. Bon, 20 minutes, c'est mon estimation, car 20 minutes plus tard,  je vois un panneau : parking 45 minutes. Je rappelle pour indiquer que je me suis un peu emballé, j'ai pris mes désirs pour des réalités. Je crois que je suis monté plus vite que je ne suis descendu. Arnaud a la pêche, mais il a la gentillesse de m'attendre. On croise des alpinistes qui vont bivouaquer avant le sommet.

Le temps de ralenti, mes pieds frottent dans mes chaussures et j'ai les pieds recroquevillés.

C'est long, c'est beau mais c'est long. Je passe devant le patou à pas feutrés. Il ne m'a pas vu. Ouf. Arnaud quant à lui est parti cherché son vélo caché dans la forêt.

Je parcours les derniers mètres, ouf ! Ils est 20 h

19 h 35 sur la montagne !

32 km et 3400 m de déniv.

 

10 minutes plus tard, je vois Arnaud arrivé, dépité, on lui a piqué son vélo ! La loose absolue. Je le ramène chez lui, mais c'est vrai que ça gâche un peu la fête. Reste juste à espérer que ça soit le propriétaire du champ qui se soit énervé. Ça y est, il pleut l'orage est là. Je laisse Arnaud au Bettex et prend la route e la maison. Bien fatigué. J'arriverai à minuit 10 à la maison, pile 24 h après mon réveil !

 

Fin d'une bonne grosse journée comme je les aime

Qui a dit que j'étais un bourrin ?

 

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Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Publié le par Apoutsiak

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

J'avais déjà emmené ma petite femme au sommet du Mont Blanc.

J'y suis retournée avec Louis, mon fils, 16 ans et une farouche volonté de parvenir au sommet !

 

vidéo :

Topo

 

Le topo complet est disponible dans l'article : Le Mont Blanc en amoureux

Pour information, partants du Mont Lachat, nous sommes montés par les Rognes, ce qui était une mauvaise idée en début de saison. De gros névés raides et expos rendent la rando bien technique (passage le plus technique sur l'ensemble de toute la course !!!)

Noius sommes redescendus en VTT (montés en tramway) Possibilité de les mettre dans le Tramway seulement dans le premier train le matin, impossibilité de monter les VTT au dessus de Bellevue. Descente par les pistes au plus tard (avec les sacs d'alpi)

Bellevue

Col de Voza

Bionnassay

Saint Gervais

Le Fayet

Excellente solution qui éite d'avoir à attendre le train (+600 m de descente si vous compter monter en train au Nid d'Aigle

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Récit

Louis veut depuis longtemps  "faire" le Mont Blanc. Il a déjà gouté aux joies de l'alpinisme en gravissant quelques jolis sommets (Aiguille du Tour - aiguilles Crochues, Rosablanche...) il a même déjà gravi un 4000 il y a 3 ans : la Punta Giordani (toutes notre petite famille s'est retrouvée au sommet )

 

Première difficulté, trouver une place au refuge du Gouter alors que j'ai loupé la vente des places... Bref , je me connecte bien régulièrement à la centrale de réservation et finit par dégoter 1 place... Pour l'instant, je suis bon pour bivouaquer au dessus du refuge... Je passe les 3 journées suivantes avec le doigts sur la touche F5 de mon ordinateur, la sueur perlant sur mon front, la tendinite du fléchisseur du doigt menaçant. Lundi, 6 h 45, elle est là, LA seconde place. Je me retrouve avec mon smartphone en main, rentrant mes coordonnées et priant que la place ne soit pas vendu pendant mon achat (pire qu'un concert de U2 au stade de France) Arrive la question du Captcha, mes yeux d'ancien ne parviennent pas à bien distinguer les lettres et les chiffres savamment mélangés. J'essaie, mais ça ne valide pas. C'est un torrent de sueur qui coule de mon front, Stressomètre au maximum, je finis par réveiller Marie, ma fille, qui, du premier coup parvient à valider le code ! J'ai la seconde place!!!, Adieu bivouac galère, adieu portage odieux, à moi le confort extrême du refuge du Gouter.

Jeudi, une idée, un plan, plutôt que de galérer à prendre le train à la descente, pourquoi ne descendrions nous pas en VTT, il suffit de les mettre dans le train à l'aller, de les cacher en haut, de les récupérer et de redescendre par les pistes vers le Fayet. Ce qui éviterait d'attendre le Tramway du mont Blanc des heures à la descente !

Je consulte rapido la carte, ça a l'air de passer

Je téléphone à la compagnie du mont blanc à Saint Gervais pour savoir si c'est possible. 2 personnes me le confirment mais uniquement pour le premier tramway, ça tombe bien, c'est celui que nous souhaitons !...

Le sac est préparé, on stocke les deux gros VTT dans la 207 SW, ça tient juste avec les sacs et on file Sallanches pour une petite nuit d'hôtel (mauvaise pour moi). On pèse les sacs, juste pour voir, le mien, c'est 14 kg sans la corde, celui de Louis c'est 7 kg (sans le pique-nique).

Réveil vers 7 h, bon petit dej avant un petit quart d'heure de route. Il faut remonter les VTT, on se rend compte que le mien n'a pas de frein avant, et que celui de Louis n'a pas trop de frein arrière ! trop tard pour réparer, on verra bien.

Je prends les places, je précise qu'on a les VTT. je vois bien une bonne femme dans l'estanco qui fait la tronche. vous ne monterez les VTT à la dernière station que s'il y a de la place, sinon , c'est arrêt à Bellevue ! Étonnant, hier au téléphone, ça ne m'a pas été précisé. OK.

Je fais quelques tours du parvis de la gare, trop heureux de mon plan foireux ! Je papote avec un guide des Ecrins sympathique de la liste de matériel imposée par arrêté municipale par le trop médiatique maire de Saint Gervais, flûte on n'a pris qu'une paire de gant de rabe alors qu'il en faut 2 par personne. Le guide, lui n'a pas pris les masques (oui, la météo est annoncée bonne demain) On en rigole. Non monsieur Peillex, je ne suis pas pour cette montagne réglementée. Merci tout de même de prendre soin de notre santé !

On se retrouve dans le train, presque seuls dans le Wagon. A Saint Gervais, il se rempli un peu plus. Puis lentement la Crémaillère nous monte, lentement, très lentement. C'est long. Je fais la description à Louis : le col du Tricot, l'arête du Tricot, l'aiguille de Bionnassay, son arête qui mène au piton des Italiens. L'aiguille du Gouter se dévoile. Le col de Voza.

Direction Bellevue, pourvu qu'il n'y aie pas trop de monde.

Le train décélère, je calcule rapido que le nombre de personne sur le quai tient dans le train, ça doit être bon, il y a du monde, mais ça devrait jouer !

"Bellevue" annonce le "cabinier" (je ne sais pas comment ça s'appelle)

"Les VTT descendent !"

J'ai mal entendu !

Je me lève pour discuter

J'ai téléphoné hier, j'ai expliqué que je voulais monter jusqu'au Mont Lachat, il ne devait pas y avoir de problème... J'ai eu au téléphone deux personnes de la compagnie du Mont Blanc !

"Vous descendez les VTT"

Je tempête, j'argumente, j'explique, rien n'y fait, le butor est buté !

"Je ne prends pas la responsabilité de vous monter plus haut !"

Quelle responsabilité ? Je ne lui ai rien demandé !

Le monde monte... La pression augmente.

J'entends les employés discuter "On ne fait pas repartir le train tant qu'il y a les VTT à l’intérieur !"

Je sais que c'est mort pour nous, et je n'ai pas l'âme d'un gueulard (pourtant, ça mériterait !)

Je négocie de nous laisser le temps de garer les VTT avant de faire repartir le train. Une employé nous propose de les installer face à la cahute de la gare. On se précipite pour ne pas faire perdre trop de temps au train. La loose. On attache les 2 vélos à une barrière. On ne trouve pas le second cadenas, tant pis, un devrait suffire. J'essaie de calculer le dénivelé supplémentaire à la descente à pied : + 300 m qui viennent déjà s'ajouter au 300 entre le nid d'Aigle et le col du Mont Lachat. Soit 600 m de marche supplémentaire à la descente. Ça va être chaud !

Le train repart, on a perdu nos places assises dans la négociation, les VTT restent là, je suis amèrement déçu. Dommage, on fera avec.

La gare du col du Mont Lachat arrive.  Un petit soleil du matin nous accueille.

L'aventure peut commencer. (enfin)...

 

 

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Et zou, dans la file, d'abord en direction du Nid d'Aigle puis je bifurque vers la gauche, un type me dit : "C'est le chemin des Rognes" Ben oui, c'est mon but, d'autant plus que logiquement, il est interdit de remonter par les rails entre le Mont Lachat et le Nid d'Aigle... Mais tout le monde y passe.

En plus, ça faisait longtemps que je voulais monter par les Rognes.

On part à gauche donc, sur un sentier qui grimpe bien. En dessous de nous, un gros groupe de randonneurs nous suit, suivi d'un autre. Louis a la gambette légère, il galope sur le sentier. On papote et ça grimpe. On traverse des zones d'éboulement monstrueux où le sentier est recouvert de centaine de mètres cubes de roche... On monte tout en espérant qu'il n'y ai pas trop de neige. Le risque c'est que ça soit trop exposé et qu'il faille redescendre  pour reprendre en bas le chemin du Nid d'Aigle. Et plus on monte, plus le "rebroussage" de chemin serait long.

La neige s'approche. On part pour une première traversée expo, un névé raide à remonter puis à traverser sur la gauche. Ne pas s'en coller une, il y a de bonnes traces mais la chute est interdite, une pente à 45-50° sans fin ! On sort les piolets. Et on avance.  La traversée est réellement impressionnante, je surveille Louis du coin de l'oeil, tout se passe bien. Louis trouve un appareil photo entre un rocher et le névé. Étonnant. il le récupère , on poursuit (histoire de l'appareil photo en fin d'article)

On se retrouve au sec, sur du rocher mais toujours expo. Le sentier est parfois apparent, parfois il disparait sous la neige. Quelques vires équipées de câbles. on suit une trace dans le névé, puis plus rien. hésitation, petit point GPS, ça part sur la droite, deux choix, soit on met les crampons et on travers un névé exposé, soit on redescend pour trouver une hypothétique sente. J'opte pour la première solution. Puré, les Rognes, c'est chaud. on dépense une énergie folle. Je trace la traversée. Louis galère derrière, le soleil tape, la pente est raide, très raide. Il faut assurer chaque pas (on ne le sait pas mais un accident a eu lieu ici même il y a 48 h... Je rejoins un rocher et Louis vient à moi, on retrouve la trace, ouf, c'est plus facile, un névé, une échelle et voici le col des rognes, enfin, on a perdu 1 h , les autres cordées sont loin devant !

Pause

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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On repart sur les grands névés puis le bon sentier qui permet d’accéder à hauteur de Tête Rousse, on papote et on avance bien sur cette portion enfin facile.

Pique nique  près de la baraque de Tête Rousse. On met les crampons, on sort les piolets et on repart sur le glacier de Tête Rousse. Un long plat, une petite remontée merdique, un pas d'escalade, voilà le Grand Couloir, également appelé couloir de la mort, ça veut tout dire. Peu de monde, couloir en neige, top départ. Traverser rapidement sans courir, ça n'est pas la peine de s'en coller une. Traversée sans histoire, on enlève les crampons de l'autre coté. Un guide, file des médicaments à un couple de médecin, lui est malade, sans doute la mal des montagnes, l'envie de vomir, le guide à la pression, prescrire des médicaments à un médecin, c'est pas mal. Vu la tête du praticien, je doute qu'il arrive au Gouter, j'entends le guide l'encourager, mais un longue progression me semble peu probable. Je leur souhaite bon courage et on file. C'est parti pour 2 h de grimpette sur l'éperon le long du grand Couloir. D'abord les câbles puis la petite épaule, on contourne la base de l'éperon par la droite, plus facile, mais plus gravilloneux, puis ce sont les pas de 2 sur l'éperon. On progresse, on croise quelques cordées. C'est long mais on progresse, je commence à connaître les subtilités de l'itinéraire, je reconnais parfois certains passages. Voilà enfin les cables de la fin et le refuge du Gouter. on remonte vers l'arête, on traverse et on fait une pause "snap" pour lui, pause qui rencontrera un grand succès. Et voilà le nouveau refuge du Gouter, archi complet ! pas une place pour s'assoir, pas une place pour ranger son matos, une humidité à 125% dans la salle du bas. L'avantage c'est qu'on n'y reste pas, je monte pour l'accueil, puis Louis s'installe pour la nuit pendant que je prépare le matos pour demain. Je lutte contre la sieste. puis on file manger. A notre table, je retrouve le guide de ce matin, Claude, et son client. Claude a gravi 739 le Dôme ou la barre des Ecrins. Je calcule mentalement... Et ça fait plus de 4 ans de sa vie passés sur la montagne ! record mondial sans doute. On passe une bonne soirée avec deux pompiers de Paris, Claude, son client Mathieu.

Le repas terminée, c'est les dents et au lit !

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Pour une mauvaise nuit - 8 h 30... 9 h... 10 h ... 11 h ... j'opère une sortie pour me dégourdir les jambes ... 1 h 40, les premiers guguss se lèvent, alors que la porte du réfectoire n'ouvre qu'à 2 h ! à moins 5 on se lève, on s'habille, on file dans la cuisine pour un petit déjeuner continental !

2 h 45 on quitte le refuge. Tout le monde est devant la porte, finalement on s'encorde rapidement et on se retrouve devant tout le monde. Il y a juste 3 cordées déjà bien hautes sur le Dôme du Gouter. Derrière nous une file de frontale, magnifique. La lune est presque pleine, elle éclaire le sud de la montagne, projetant nos ombres vers le nord. Les frontales finissent par se rapprocher et nous dépasser, pas grave. Je monte à mon rythme, lent et efficace, je ne souhaite pas faire sprinter Louis, je veux qu'il garde des forces. On avance bien, même si les autres progressent plus vite. L'épaule du Dôme est atteinte, j'y perd un crampon. Je commence à en avoir mal de ces crampons camp. Je remarque que la barre du dessous se tord. En fait, plus tu les perds, plus tu les serres, plus la barres en dessous se tord et tu continues de les perdre. Bon à plat ça n'est pas trop grave... C'est des crampons qui ne doivent servir qu'à rester dans le sac des skieurs alpinistes comme matériel obligatoire ...

Je repars, on se retrouve dans le trafic à l'approche de Vallot, ça bouchonne un peu, mais la trace est déjà raide, ça n'est pas la peine de se mettre dans le rouge, je reste sagement derrière. Et voilà Vallot, jolie pause pour mettre la doudoune, tandis que Louis ajoute une polaire.

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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On mange un peu et on repart. On se retrouve rapidement dans un petit bouchon dans le premier raidillon. Ca passe, on finit par passer tout ce petit monde, zou , une bosse, celle du dromadaire, je ne sais pas, je n'ai jamais su si c'était la première... Et on enquille la seconde (celle du chameau ?) C'est magnifique, on éteint les frontales, le soleil se lève, ça rosit assez vite, le temps d'une photo  et on repart. ça grimpe, on se retrouve derrière une cordée d'Italiens, ils avancent à fond puis s'arrêtent, essoufflés et repartent... On se rapproche d'eux sans jamais les reprendre. Voilà la crevasse de 4650 m, elle est bouchée, une tranchée profonde permet de la remonter. Au dessus on tombe sur l'ombre du Mont Blanc, une magnifique pyramide noire qui part vers l'ouest.  On finit par rattraper les 2 italiens, l'Italienne me lance good job.

Je sais que j'ai la bonne méthode, marcher lentement, mais sans s'arrêter. Il ne doit rester que 3 ou 4 cordées devant, on a dépasser tout le monde...

Dernier raidillon, puis c'est l'arête finale, longue, très longue. Plus longue que dans chacun de mes souvenirs, le Mont Blanc sait se faire apprerecier. Je sais que Louis derrière est au maxi, mais on avance, la pente diminue et on rejoint les autres cordées.

Yeeeessssss !

Louis me lance, "j'suis mort, j'veux descendre en parapente" en souriant.

il a raison, la voiture est 4200 m plus bas (dont 3000 à faire à pied), mais ça on ne l'a pas encore calculé...

Il se pause. je mitraille.

Le temps est beau.

Je profite

J'adore venir au Mont Blanc en famille !!!

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

On saute une dernière fois avant de repartir.

L'arête, Louis toujours poli, s’arrête pour laisser passer les cordées qui montent. J'avoue que je préférerai qu'il fasse sa manœuvre au dernier moment histoire de ne pas perdre trop de temps, on repart, on repasse la crevasse, on croise beaucoup de monde... Louis montre des signes de faiblesse, quelques maux de tête et l'envie de s'arrêter tout le temps. Rapide diagnostic : petit mal des montagnes couplé avec une trop petite nuit, j'ai déjà vécu ça, on dormira au refuge... La descente va être longue, il faut éviter de s'arrêter tout le temps.

Je repasse devant sur les bosses pour donner le rythme dans les montées. et reprend ma place à l'arrière quand ça descend, tout en le motivant ! On rejoint Vallot ou l'on se pause un peu. Louis fait une petite sieste. Je l'averti que la remontée à l'épaule du Dôme ne va pas être amusante... On descend au col, il trouve débile que j'ai bivouaquer là, sans tente, il y a quelques années... C'est vrai que l'endroit est austère et un peu inquiétant... La remontée, comme annoncée , est galère Je reprends la tête pour donner le rythme, et on progresse, j'encourage, je donne des indications, enfin l'épaule, ouf ! Et ça redescend, Louis opte pour une technique peu académique, sur le cul, en levant les crampons, et il glisse sans trop se fatiguer (et en s'amusant), l'important c'est que l'on avance. Et Louis se laisse glisser.  Bon on se fourvoie et on passe à droite des séracs au lieu de passer à gauche, bilan, une grosse crevasse à traverser et des séracs un peu au dessus de la tronche un peu désagréable, on retrouve la trace plus bas. Il y a plein de monde qui montent, c'est presque incroyable !

Un petit coup de cul bien géré et rejoins le refuge où on grignote. Je sieste allongé par terre dans la salle à manger, Louis dans ses bras sur la table.

il faut repartir, on rejoint nos amis pompiers à l'ancien refuge du Gouter. La descente est lancée. Il faut croiser, se faire dépasser, gérer, sans faire tomber de pierre

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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il faut repartir, on rejoint nos amis pompiers à l'ancien refuge du Gouter. La descente est lancée. Il faut croiser, se faire dépasser, gérer, sans faire tomber de pierre. On progresse, lentement, mais on progresse vers le bas. On se retrouve derrière une Autrichienne jeune et jolie. Le fils ressemble au père, son sang ne  peut mentir, il semble intéressé, mais ses jambes ne peuvent soutenir le rythme imposé par la Teutonne. J'ai bien senti la légère accélération. Je l'ai pourtant motivé, un bon pretexte pour avancer. Mais rien n'y a fait, la cordée de Casques à pointes nous a largué lentement mais surement. Quand on arrive au Grand Couloir, plus trace de l'être aimé. Seule une larme perle et coule sur la joue de Louis.

 

Au Grand Couloir, on s'est fait un peu  grillé....  On a rejoint les pompiers, qui partent quand on arrive. On met les crampons, c'est fait, une cordée arrivée du dessus, déjà en crampons ;-S ... En face deux cordées sont arrivées et s'engagent, on les laisse passer alors qu'on était là avant ! ils progressent en courant  au risque que l'un d'eux tombent !!! je scrute le 3ème de cordée qui galope à perdre haleine. Une fois les deux cordées passées, ceux de notre sens nous passent devant ! Bon ben faut encore attendre notre tour. Dès qu'ils sont passés, on part et on passe sans encombre. Le couloir du Gouter aura été clément !

En face on se mange un peu de désescalade puis on rejoint le glacier de Tête Rousse ou on se fait un petit toboggan avant la pause pique nique où on rejoint nos pompiers préférés.

 

 

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

C'est reparti pour la tranquille descente de Tête Rousse, Louis ralenti. Il a mal aux genoux. La fatigue s'accumule. La fin va lui paraitre longue. La grosse blague c'est de lui faire croire que l'on va descendre par les Rognes, mais il n'est pas dupe ! Un petit coup de névé, nous voilà au niveau des Rognes pour basculer vers le Nid d'Aigle, très enneigé. Louis glisse sur les fesses, je le fais quand c'est raide, sinon je ramasse.  On avance toujours lentement. Hell Lord fire n'a plus de guibole, c'est un fait ! Je prends le sac de Louis pour lui faciliter la progression.

Je croise un guide, au téléphone avec sa dulcinée :

"On va au Mont blanc" affirme t'il tout en faisant non de la tête

"Le problème, c'est le rythme !" Et effectivement, 50 m plus bas, je trouve le client, ruisselant de sueur et peinant sur le sentier. Ça va être chaud de le monter au sommet du Mont Blanc me dis-je in petto. "A l'impossible nul n'est tenu !"

Je comprends mieux la tête du guide...

Voilà le Nid d'Aigle, on attaque la descente du tramway, à pied, d'abord dans les tunnels puis le long de la voie, en cours de restauration. Louis marche à son rythme du moment, c'est à dire assez lentement. Je fais des pauses pour nous rattraper. On rejoint le col du Mont Lachat pour une bonne pause mini sieste (Louis a négocié 10 minutes de sieste, je lui les offre mais pas une de plus)

Et la Compagnie du Mont Blanc nous offre 300 m de déniv de descente de plus, nous ayant interdit de monter nos VTT ici. Bref on prend le sentier, assez vite je largue Louis. Vu que j'ai les deux sacs, je file, je descends 100 m de dénivelé puis je l'attends pour rattraper notre groupe de 2. Je refais l'opération 2 fois et ô surprise, je me retrouve au téléphérique de Bellevue; Je fais signe à Louis que c'est bon. Il me rejoint, on va s'abreuver dans les toilettes du téléphérique puis on descend au train.

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

La "cabinière" nous accueille, bon pour le coup elle est sympa. Les VTT sont là. Petite pause à l'ombre de la gare. Avec notre méthode ce qu'il ya de bien, c'est qu'on peut repartir tout de suite, pas la peine d'attendre le train de 17 h 10 !!!

Il faut remonter un petit coup de cul avant de rouler. Puis c'est parti sur des pistes plutôt large. Au col de Voza Louis me réclame une pause Coca. Comment lui refuser... Un Coca plus tard on se lance dans la descente  sur le village de Bionnassay. Sans trop de freins. Donc on ne roule pas à fond pour ne pas avoir à faire de freinages en urgence.  Et on papote, on se suit, on se dépasse, on se fait des pauses pour se soulager les mains crispées sur les freins.

Bionnassay.... la route est là, c'est plus facile. On rejoint la route de Saint Gervais , enfin on peut lâcher les freins.

On passe dans Saint Gervais, une clameur, pas pour nous, à priori, c'est la France qui vient de marquer un but ! (on aura la confirmation plus tard) puis à fond vers le Fayet. On arrive ensemble à la gare, il fait 32°C, la voiture est à 50°, toutes les boissons sont bouillantes !

4200 m de descente, 1200 m de descente en VTT, en voilà une bonne idée. Reste juste à rentrer à la maison !

Premier 4000 pour Louis, et 11ème pour moi.

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

L'histoire de l'appareil photo

Nous avons donc trouvé un appareil photo dans une vire en montant aux Rognes. (enfin c'est Louis qui l'a trouvé )

De retour à la maison, opération retrouver le propriétaire, même si j'ai peu d'espoir, nous sommes dans le massif du Mont Blanc et il ya beaucoup d'étrangers, qui n'utilisent pas les forums francophones.

On sort la carte SD et on se rend compte que l'appareil photo n'est pas en parfait état. Peut être lié à sa chute. On regarde les dates, les dernières photos datent d'il y a deux jours. Agathe, ma fille est à fond dans l'enquête. Elle regarde les photos, je reconnais Bellevue et la montée aux Rognes. On essaie de comprendre la langue, le son n'est pas très bon, langue des pays de l'Est. Mon sang ne fait qu'un tour,. Il y a eu un accident mortel il ya deux jours dans ce secteur, des polonais. Et si c'était leur appareil photo.

Je consulte les photos un peu plus précisément, on reausculte le son, j'ai failli sortir le stéthoscope... 

on a trouvé l'appareil photo dans une zone raide et sous un passage raide 50-100 m au dessus

Je décide de téléphoner au PGHM. Le gars m'annonce que l’adjudant en charge du dossier va me rappeler. Le jour suivant, un appel, à priori il s'agit bien de l'appareil photo du groupe. Je renvoie la carte SD à la gendarmerie.

Sensation bizzard que cette trouvaille. Via cet appareil photo on a touché un drame. Ils étaient heureux, ravis de se retrouver sur les montagnes. Une faute inattention sans doute et la vie qui bascule.

Je pense à ce groupe et à cette famille. La montagne peut aussi être cruelle.

 

 

 

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Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m

Publié le par Apoutsiak

81ème 4000 gravi !

En solo, à défaut de partenaire disponible.

Une jolie ascension dans une météo de rêve.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m

Vidéo

Topo

 

Topo photo du Mont blanc par l'arête des Bosses

N'hésitez pas à me contacter par mail pour plus d'informations, ou ajouter des commentaires !

refuge du Gouter

Montée au refuge du Goûter Du refuge de Tête Rousse au refuge du Goûter Du refuge de Tête Rousse au refuge du Goûter - vu depuis ce dernier (du haut)

Voir les photos ci dessous

Mont Blanc

Du refuge du Goûter au Dôme du Goûter

Du Dôme du Goûter au sommet du Mont Blanc - l'arête des Bosses proprement dite L'arête des Bosses et le Dôme du Gouter vu du dessus

Voir les photos ci dessous

Topo photo ascension du Mont BlancTopo photo ascension du Mont Blanc
Topo photo ascension du Mont BlancTopo photo ascension du Mont Blanc
Topo photo ascension du Mont BlancTopo photo ascension du Mont Blanc

Topo photo ascension du Mont Blanc

Mont Maudit

redescendre les pentes Nord du Mont Blanc. Passer à gauche des petits rochers Rouges et descendre le mur de la cote. rejoindre le col de la Brenva 4303 m

Passer la rimaye et remonter la pente Sud du Mont Maudit (45°) quelques rochers faciles mènent au sommet 4465 m

Le topo est original, il permet d'éviter les crevasses et les séracs du Maudit et du Tacul.

Je suis revenu par le même itinéraire, il ya également la possibilité de descendre sur l'aiguille du Midi par l'itinéraire des 3 Monts.

Récit

L'ordi a bien chauffé !!! J'ai pourtant cherché un partenaire de cordée disponible, d'abord dans mes partenaires habituels, puis sur camp2camp, mais incroyable, personne n'était dispo... bilan, je change de programme, au départ j'avais prévu d'aller faire le Zinalrothorn, et bien je jette mon dévolu sur le Mont Maudit, plus simple à faire en solo et la météo y est annoncée meilleur.

Une place se libère sur le site de réservation du refuge du Gouter, et zou, elle est pour moi. Plus qu'à préparer mon sac, remettre les bons fichiers GPS dans la montre et le GPS. Je recalcule le temps qu'il va me falloir pour gravir le Mont Blanc, redescendre au col de la Brenva, gravir le Maudit, puis en redescendre avant de remonter au Mont Blanc pour en descendre par l'arête des Bosses... Il y a de la distance, il y a du dénivelé : plus de 1800 m.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 mAlpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m

Récit

Un petit repas du soir en famille, puis je prends la route de Chamonix. Je me gare au col des Montets pour passer la nuit, je suis devenu un adepte de la nuit en voiture, il faut dire, que le fait d'emporter un matelas améliore grandement le confort.

6 h 30, je me réveille, petit dej et départ pour le Fayet. Le premier train est à 8 h 20

Je somnole en profitant du paysage. La montée est longue, 1 h 15 pour atteindre le nid d'Aigle, YAPLUKA !

Bon, je mets un peu de temps à organiser mon sac, et je me retrouve en queue de peloton en direction du refuge. J'ai décidé de monter à un bon rythme, histoire de voir ce que ça donne... il va me falloir dépasser la longue file d'alpiniste, alors je galope, et je dépasse en essayant de ne pas trop déranger... Un guide me lance "on finira tous par arriver en haut", il n'a pas tord, mais je poursuis. Le gros de la file d'alpiniste est vite derrière et me voilà aux Rognes Je continue avec 2 guides à proximité. On arrive assez rapidement à hauteur de Tête Rousse où j'opère une courte pause pour mettre les crampons. 1 h 20 que je marche.

 

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 mAlpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Le glacier de Tête Rousse est traversé, j'enlève les crampons et suis la sente qui mène au Grand Couloir. Il a l'air calme. La bête est endormie, j'en profite pour passer. Une sente est tracée, et le passage est rapide, cet endroit est toujours stressant, j'y ai vu des rochers plus grand que des frigos dévalés les pentes lors de mes précédentes ascensions...

Au dessus, un peu de calme et je rejoins l'éperon. Un peu d'escalade, un peu de sentes, à force de passages, je sais rester au bon endroit sans trop avoir à chercher le bon itinéraire...

Je rejoins le Gouter, l'ancien refuge, et file vers le nouveau pour une courte pause. 3 h 10 depuis mon départ de tête Rousse, temps correct.

Je dépose quelques affaires superflues au refuge et je repars, avec pour objectif, le Dôme du Goûter, ça me dégourdira les jambes, même si je sais que cette "petite" ascension devra être payée demain...

Et oui, tout se paye ma bonne Dame...

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Bref, je repars vers le haut. D'abord sur l'aiguille du Goûter, puis dans les pentes du Dôme, sous la surveillance de l'aiguille de Bionnassay.

Le temps est beau, pas de vent. Je me retrouve rapidement avec un autre gars qui prend ma roue.

On progresse sans un mot. Son pote est loin devant.

L'altitude se fait un peu sentir. Je ralentie le pas. On se retrouve à l'épaule à deux, j'adore ce moment où le Mont Blanc se découvre, magique ! Il monte avec moi au Dôme du Gouter. On papote, il me précise qu'il va descendre du Mont Blanc en parapente, la classe !!! puis part vers sa destinée, je reste là pour faire le Guignol et profiter du paysage...

Au loin, de nombreux alpinistes sont encore à Vallot et sur l'arête des Bosses.

1 h 20 pour monter au Dôme, correct, sans plus !

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Retour au refuge par le même itinéraire. J'ai les pieds qui chauffent. Arrivé au refuge, je m'installe. Accueil efficace. Je vais sur mon lit, me reposer. J'essaie la tecnique du "Je ne m'endors pas, sinon je ne vais pas dormir cette nuit" mais je n'y arrive pas, Morphée me prend dans ses bras... Encore raté Caramba. Je me réveil à 18 h, juste le temps d'aller dans le réfectoire. Je médite, il y a du monde, les guides prennent l'apéro avec le Gardien. A table, focemment, je suis seul avec un groupe de Russe. Bon le point positif, c'est que j'ai fait un an de Russe en seconde, le point négatif, c'est je suis vraiment nul en langue, et que le seul mot qui m'est resté c'est "excusez moi" (Scouzatemnié), pas pratique pour tenir une longue conversation... Le Russe en face de moi a l'air patibulaire, mais je fais mon social, pas envie de manger "dans mon coin". Il ne parle pas Anglais. J'essaie de lui expliquer mes connaissances en Russe. Je sens qu'il s'en fou, l'altitude le rend un peu grogui. De toute façon, il y a un souci, les Russes ne sont pas à cette table. Vu le nom sur le panonceau, je vais avoir droit à des Allemands... Mais non, c'est un groupe de Genevois qui arrive. Ils sont 6 avec 3 guides de la compagnie des guide de Chamonix. Le guide "chef" annonce : "LEDOUX !" " tout seul ?" Je lève la main "C'est moi !" La conversation s'arrête là, je sens qu'il ne valide pas ma montée en solo.

Je me retrouve en bout de table. La conversation est sympa. Elle tourne sur l’ascension des 4000 et des 82 (ben oui, j'ai du avouer que je venais plus pour le Mont Maudit que pour le Mont Blanc) Ce qu'il y a de marrant, c'est que je les connais tous, et que j'ai un avis autorisé sur chaque ascension. Je passe un très bon moment. Et je me gave, de soupe et de poisson (oui, de poisson !) Ce qui fait que j'ai du mal à finir le dessert !

Je passe regarder le coucher de soleil, bon, il faut avouer qu'il y a un léger contraste entre le paysage et l'odeur et la vue des résidus de chiotte qui se déversent 5 mètres sous le refuge. Bon, je ne reste pas ...

Direction les mégas dortoirs pour une mauvaise nuit, il est 20 h 30....

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2 h 50, le violoncelle de mon réveil me réveille. Je m'habille discrêtement, visiblement, il y a encore des gens qui dorment... Le petit déjeuner est avalé avec les Genevois, je me prépare et à 3 h 30, je suis le premier à quiter le refuge. Je lève l'ancre, la nuit est d'encre, tout va bien.

Je progresse sur l'arête du Goûter, le halo de la frontale éclair les quelques mètres devant moi, objectif, arriver dans 3 h 30 au sommet du Mont Blanc. Je reprends les pentes du Dôme, le regel est bon, les crampons crissent. Je parviens à l'épaule, je perds un crampon. Je le remets et repars sur le plat du col des Dôme pour le perdre une seconder fois. Le remettre en place prend pas mal d'énergie. Mes deux crampons se font la malle une troisième fois, le retour de la malédiction du Mont Blanc, il y a 3 ans avec Sandrine, j'avais cassé un crampon dès le glacier de Tête Rousse (Voir Le Mont Blanc en Amoureux)...

Lorsqu'ils partent une nouvelle fois, au niveau de Vallot, je décide de faire une pause réparatrice... pas pour moi, mais pour mes crampons.

Me voilà dans la nuit noire, le couteau Suisse à la main, en train de réparer mes crampons,  objectif, les resserrer, je me gèle les doigts. A présent, quand je les remets, ça tend, mais ça tient mieux, la talonnière s'enfonce dans mon talon, bien désagréable, mais les crampons devraient rester en place.

Au loin, les premières frontales passent le col des Dômes

Je repars vers les bosses, la pente devient raide, j'attends le passage de la crevasse équipée par les guides, je ne me souviens plus où elle est placée exactement.

1ère bosse, RAS, seconde bosse , pareil, et si j'avais passé la crevasse sans m'en appercevoir, je suis si fort à présent... Je monte en direction de l'éperon de la tournette, il ne reste plus grand chose, ah, si, la crevasse, la voilà !

Une énorme crevasse barre l'accès à l'arête, elle devient fine à un endroit, mais est verticale sur 5 mètres environ, les guides y ont taillé un escalier géant ! Une corde fixe a été mise en place. Il y a juste un grand pas. Je franchis l'abîme, puis me retrouve dans la pente. Les marches sont hautes et bêtement, j'ai gardé un piolet en mon bâton. Je finis par m'élever, serré par les parois de la tranchée réalisée par les artisans guides. 2 pas plus tard, tout devient plus facile, l'escalier, entre les deux parois de neige progresse vers le ciel et permet de rejoindre l'arête. Dernier ressaut, dernier bout d'arête, le vent s'est levé, il fait méga froid. Je peine à filmer les derniers instants sans mes gants. Il fait encore nuit, mais les couleurs sont superbes !

Le sommet, je n'y traine pas, je file versant Italien me protéger du vent (et oui, le TRUC, c'est qu'en descendant coté Italien on est souvent bien abrités) Petite pause, j'enfile ma doudoune, je mange une barre, 3 heures et quart depuis mon départ. Impeccable.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Je ne traine pas et j'enquille avec la descente. Le gîvre s'est transformé en morceaux de glaçons assez désagréable à cramponner, je progresse en suivant une pseudo sente, pas hyper rapidement. Je rejoins le haut du mur de la Cote.

Si quand on était passé avec Yannick il ya 1 mois, il ya avait de grosses marches, aujourd'hui, il n'en est rien. Quelques traces de pas, il faut rester concentré. Voilà le col de la Brenva. je poursuis, ça monte, ça descend, je croise deux alpinistes en direction du Mont Blanc. Me voilà au pied du Maudit, l'OBJECTIF !

Je laisse mon sac et pars avec un bâton et mon piolet light. Le départ est peu raide, une pseudo rimaye bien bouchée , puis ça se corse, la pente devient plus forte, la neige laisse place à un peu de glace sous-jacente. il faut ancrer les crampons correctement et j'ai les crampons light, pas forcement le mieux pour un bon ancrage Je reste concentrer et je progresse, je retrouve des pentes moins raides, puis 3 pas d'escalade me laissent accéder au sommet , YOUPI !

81ème 4000, je m'amuse à faire un "direct facebook" juste pour la famille. Je fais quelques photos, le paysage est superbe, une douce brume dans les vallées, et les cimes aux couleur automnales.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Il faut déjà penser à redescendre, mais également à la montée sur le Mont Blanc, au moins 500 m de dénivelé encore...

Je descends la pente raide et rejoins mon sac. 3 Espagnols s’inquiètent du fait que j'ai laissé mon sac là. Ils doivent penser que je suis naze et que mon compagnon de cordée est parti au sommet du Mont Blanc tandis que je l'attends. Je leur précise que tout va bien. On se prend en photo et je les quitte. Je traverse le col de la Brenva et attaque le mur de la Cote. Je prends un rythme lent qui m'amènera au sommet. Au loin, je vois que les Espagnols avancent peu. Je remonte jusqu'au petit rochers rouges. Au dessus, je suis la trace.

Un parapentiste prend un départ un peu taquet juste devant moi. Impressionnant, son collègue m'avoue qu'il n'a pas une grande expérience. Je poursuis et me retrouve au sommet du Mont Blanc encore seul. Juste le temps de prendre en photo mon saut de joie j'attaque la descente, la grosse crevasse est beaucoup plus impressionnante, de jour, un énorme trou, dont on ne peut sonder la profondeur. Je dépasse a l’abord de celle ci une cordée avec guide, assez lente.

 

Je galope dans la descente, les bosses, puis Vallot. J'enchaine sur le col des Dômes , la remontée à l'épaule est rapide. Descente du Dôme, avec deux trailers, qui ne vont pas plus vite que moi, il faut dire que l'un d'eux a l'air dans le dur...

Je ne m'arrête pas au refuge, alors que je sais que j'y ai laissé un précieux paquet de fruits secs... J'enlève les crampons à l'ancien refuge du Gouter avant de basculer. je dépasse d'abord une cordée avec guide, puis me retrouve au "cul" de 3 alpinistes, rapides, mais moins que moi. je parviens à les dépasser à l'occasion d'un passage ou deux options sont possibles. Tout se passe bien. En repérant les alpinistes qui montent on arrive à bien anticiper les endroits où passer. La progression est bonne, je me rends compte que je vais peut être avoir le train de 14 h 45 (et oui, j'ai appris les horaires par cœur, ça permet de ne pas louper un train pour 5 minutes)

Je sais que ça devrait être short alors je ne m'arrête pas.

 

Voilà le grand couloir, une traileuse me laisse passer, j'attaque sans hésiter, pas la peine de tergiverser. Et la bête dort toujours, je passe sans incident. De l'autre coté, je poursuis, deux trailers me passent. je rejoins le glacier puis la terre ferme. Le reste c'est un rythme rapide pour rejoindre le train. Sans courir, mais sur un rythme rapide, je descends, je croise les bouquetins des Rognes et rejoins le groupe des Genevois juste avant l'arrivée au train.

Et là chance, il y a encore de la place dans le train de 14 h 45 , il est 35. Je me pose sur un banc. Nous papotons, ils ont tous réussis le sommet et j'en suis ravi. La journée a été belle.

Bon le train est plein et je voyagerai avachi contre la porte du train, plus de place assise.

Quelle belle et longue journée.

 

Ne reste plus que le Zinalrothorn, tentative dans 15 jours...

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

Publié le par Apoutsiak

Descente par les 3 Monts.

Les grandes et grosses journées se suivent.

Voir la journée de la veille (Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle Eccles)

Vidéo

Topo

Du bivouac Eccles

Désescalader une dizaine de mètres pour rejoindre le glacier le traverser en descendant, une crevasse peut nécessiter un rappel.

Traverser en direction de la base du couloir qui mène au col Emile Rey.

Remonter soit par la droite soit par la gauche le couloir, il n'est pas necessaire de monter jusqu'au col Emile Rey (4030m, on tire à droite une dizaine de mètres en dessous.)

Prendre le système de couloir à droite du col, remonter au mieux (passages courts de IV+) ce large couloir. Quand on atteint la neige, partir en ascendance à droite (50°) et rejoindre le sommet de la pointe Louis Amédée 4460 m.

De là, poursuivre, en contournant par la droite la première tour (rocher pourri) puis gravir les différents ressauts pour rejoindre le Mont Blanc de Courmayeur (4748 m)

Delà, rejoindre facilement le sommet du Mont Blanc - 4810 m

Du sommet du Mont Blanc, je vous laisse le choix pour l'itinréire de descente, vous déconseillant de revenir par là où vous êtes montés...

Mont blanc de courmayeur en vue

Mont blanc de courmayeur en vue

Récit

La journée de la veille, déjà bien longue, est ici...

 

Courte nuit

Après l'accueil glacial des autres alpiniste, j'avais réussi à dormir d'un oeil, serré entre la banquette et Yannick qui faisait sécher ses chaussures. Puis, je me suis rendu compte que le sol était bien dur malgré la fine couverture qui y était pausé. C'est devenu une obsession. Je voulais me retourner, mais le peu de place qui m'était alloué ne me permettait pas le moindre mouvement. Je sentais la dureté du sol du bivouac sur mes hanches, mes épaules. La nuit allait être longue. Je ne suis qu'une Sardine dans cette boite de Sardine, manque juste l'huile d'Olive. Je rêve en pensant à cette idée. A minuit, brans le bas le combat, les cordées se lèvent. Je me retrouve dans une couchette plus confortable, attendant leur départ le temps qu'ils déjeunent s'équipe et filent vers le sommet des alpes.

Je dormiote un peu. A 3 h 30 Yannick me réveille et me lance un peu convainquant, "on y va ?"

Et c'est là qu'on voit que je suis de la motive : Je réponds "OK", alors que je suis dans le pâté, que je n'ai pas dormi, que je sais que la journée va être longue et que mes pompes sont déjà mouillée !

On déjeune lentement, on se fait de l'eau. J'enfile mes humides chaussettes, je mets mes chaussures, dès que je pause le pied, je sens l'eau sous ma voute plantaire. Quel bonheur.

5 h, on quitte la boite de sardine, un peu de desescalade et nous voilà sur le glacier. et là, horreur, une fine croute de glace s'est formée. Et elle casse sous mon poids. la trace est une vraie galère à faire, la journée va être longue.

Je trace aussi vite que je peux, c'est à dire lentement, vers le bas. Quand je me retrouve face à une crevasse géante. On regarde à gauche, à droite, je descends vers la lèvre pour mieux voir, elle doit bien faire 6-7 m de haut.

Et zou, voilà Yannick qui me repropose le coup du corps mort... (voir la journée d'hier)

Il creuse, énervé de perdre tant de temps dès le départ de la course. il fixe la corde et pars tout en finesse passer la crevasse en rappel. Je le vois ressortir en dessous, la crevasse est grosse.

C'est mon tour. Je m'installe, et me lance, tout en finesse, je regrette de ne pas avoir fait de régime cet hiver. Je passe, mes jambes sont dans le vide, mon corps glisse doucement, me voilà suspendu, mais mon reverso se coince dans la lèvre supérieure. Moment de tension. Je donne du mou, il faut s'énerver tout en restant calme. Le réverso progresse avec peine dans la neige, mais fini par passer lui aussi la lèvre de la crevasse, énorme ! je pends dans le vide tel une arraignée au dessus de cette immense crevasse. 6-7 mètres me séparent du sol. Je descends en douceur et me voilà sur la lèvre inférieure. Impressionnant endroit. On se réencorde et on file

A plat puis on remonte le grand couloir du col Emile Rey à 50°.

La neige est bonne et on progresse enfin vite. Yannick rejoint le col, il pense que le couloir est à gauche, lui indique qu'il me semble qu'il est de ce coté ci du col. ( et quand je dis il me semble, j'en suis quasiment sur !). On part donc à droite, et on se retrouve dans le couloir. L'escalade est agréable et parfois technique. Le rocher est bon. Les passages techniques mettent bien dans le rouge mais on progresse.

La pente bien raide, s'aplani, le rocher devient moins bon, on retrouve la neige et nos crampons. La pente est de nouveau raide, 50° avec des passages merdiques avec des rochers sous jacents. Je sens que ça n'est pas la grande forme et je prends mon petit rythme qui me menera au bout. On avance pas vite mais on avance tout le temps. Le sommet de la pointe Amédée est bien long à atteindre, mais quand on y est , je suis ravi !

Par contre, ce qui s'annonce a l'air coton. je pensais trouver une jolie arête de neige, et c'est une arête de rocher délité qui nous attend, Yannick m’avait prévenu, la course n'est pas terminée !

Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo

Pointe Louis amédée - Luigi amadeo

On a passé 5 minutes au sommet puis on est reparti pour des montagnes russes. J'ai pris mon rythme hyper lentos. pour avancer sans trop m'arrêter. Escalade jamais hyper technique, mais rocher de piètre qualité ! On contourne un grand gendarme par la droite ce qui nous fait gagner du temps. J'avoue que j'ai un peu mis le cerveau en off en mode "chaque pas te rapproche du sommet" ou "après avoir avancer le pied droit, avance le gauche !"

Et ça marche, je progresse, bon je sens bien qu'au bout de la corde, Yannick souhaiterais que ça aille plus vite, mais perso, je suis à fond. Les courts passages d'escalade un peu technique me mettent un peu dans le rouge. J'avoue que mon acclimatation a été plus que réduite... Mais j'avance. Une arête de neige, un dernier passage rocheux, et le Mont Blanc de Courmayeur est là tout proche, nous y faisons une courte pause, j'avoue que je suis comblé.

Reste à traverser en direction du Mont Blanc, c'est long et plat, pas après pas je rejoins le sommet pour mon 9ème Mont blanc, le plus technique, et de loin !

J'essaie de joindre Sandrine, finalement, je joins marie, ma fille, j'ai la voie tremblotante, c'est du à l'émotion, je cache mon visage, les larmes coulent, le vent cache mes sanglots. Mauvaise idée que celle de téléphoner là haut.

Emotion.

Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc

Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc

Il faut redescendre et Yannick souhaite rejoindre les cosmiques pour descendre par l'aiguille, je sais que ça va être méga long, j'aurais préféré descendre sur le Gouter mais bon.

Je sais également qu'il y a des faux plats et des petits coups de cul qui tuent, ça va être chaud... et long.

On entame la descente sur un bon rythme, en descente, il n'y a pas de souci, on galope, la gravité nous aide. Au col de la Brenva, on est sec, et on décide de faire un peu d'eau (je sais, c'est mon idée, pas la meilleur de la journée). Bref on sort le réchaud et on fait fondre de la neige qui met de longues minutes à fondre. Je raconte à Yannick mon histoire de Khole de prépa (examen) ou un prof m'avait fait calculer le temps de cuisson d'un oeuf au sommet du Mont Blanc et où j'avoue que j'avais pensé que le plus simple aurait sans doute été de faire des essais au sommet (mais ça n'était pas la réponse, un sordide calcul permettait de la trouver)

Bref, le peu de neige fondu au goût de brulé ne nous réhydrate pas et on repart sur le faux plat sous le Maudit qui sera sans doute le dernier 4000 que je gravirai de la liste ...

je regarde le sommet, repérant l'itinéraire de la voie normale, je sais qu'en moins d'une demi heure je pourrais être là haut, mais je me garde ce sommet pour la fin, terminer par un truc plus facile, et peut être partir avec plusieurs amis, pour fêter ça.

Rejoindre l'épaule est vraiment méga long. Il fait à présent gris, les nuages sont là. On rejoint l'épaule et on entend le tonnerre gronder au loin.

Gestes efficaces, on tire un premier rappel, je rejoins Yannick, la corde se coince au dessus de moi, je peine à la décoincer, on refile vers la rimaye pour se ré encorder. L'orage gronde au loin. On galope dans la descente sous les énormes séracs. Impressionnant, mais pas le temps ni l'envie de trainer. On se retrouve sur le plat du col Maudit, déjà long puis il faut remonter sur l'épaule du Tacul. Et c'est encore long. J'ai déjà parcouru deux fois cette descente (une fois lors d'un Mont Blanc en aller retour par les 3 Mots avec mon frère Thib, la seconde lors d'une traversée depuis Tête Rousse avec Anne et Laurent), mais mon cerveau a judicieusement omis de retenir la longueur des passages, ne gardant que le meilleur et l'agréable.

Quelle galère de remonter sur l'épaule du Tacul. J'avance un pied après l'autre, et je refais la même opération lentement, me chantant "Les petits poissons" et je progresse.

Voilà l'épaule et on repart dans la descente. Nous sommes les derniers sur la montagne.

On essaie d'aller au plus vite vers le bas, mais c'est sur que je n'ai pas battu mon record, c'est plutôt mon pire temps. Je regarde mon altimètre qui refuse de baisser rapidement. Et pourtant je descends et on retrouve le col du Midi dans le brouillard. Ca aussi je l'avais oublié : la longueur de ce col. J'essaie de distinguer le refuge des Cosmiques dans la purée de poix mais il est encore bien loin. On finit par se retrouver au pied. Il faut se remettre à monter, la dernière. Je reprends mon rythme bien lent, tout en ne m'arrêtant jamais. Le refuge s'approche, doucement. Il me tend la main. Devant Yannick y est, je le rejoins. 19 h 00 ! Quelle journée, nous sommes joyeux. Quelle méga journée. on se déséquipe et on prend un coca dans un coin calme. Dans la salle à manger les gens mangent et il y a trop de brouhaha pour nous. On papote calmement, profitant de ces instants de calme. On doit avoir des belles gueules de détérés ! Mais on est heureux.

On hésite à prendre un repas, je sais qu'on n'a pas faim. Finalement on s'attable. Je me gave de soupe, mais le joli plat principal ne passe pas, je me force à en manger quelques bouchées, Yannick laisse tout. J'avale le tiramisu et file me coucher. Yannick croise quelques connaissances, qui ont l'air épatés par notre périple. Sacré bambée ,sacrée course. Je me rends compte qu'on a fait un truc assez balaise quand même.

Une crampe me prend, une alpiniste plutôt âgée m'aide à la passer.

Je me retrouve dans les bras de Morphée, le réveille à 7 h ! Yannick remontera plus tôt à l'aiguille pour descendre avec la première benne

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

7 h 00, le réveille sonne, le déjeuner vite avalé , je quitte le refuge. Une magnifique journée débute et j'ai juste à remonter à l'aiguille. C'est ma journée de repos.

Je profite des lumières, des alpinistes vaquant sur les glaciers, de ceux en train de grimper, des lumières. Je vois les Grandes Jorasses me faire un clin d'oeil (enfin je crois)

La journée est belle.

Je vois que ça bouchonne dur au départ des voies de l'aiguille du Midi, sans doute la Rebuffat faudra que je relise le topo, Je croise quelques cordées, je vois les guides décrivant à leur clients les sommets alentours, d'autres leur déconseille d'aller faire le Mont blanc, je remonte, je dépasse une cordée dont la fille est un peu à l'agonie. Reste l'arête de l'aiguille, je pars, je me décale hors de la trace pour laisser passer les cordées de débutants, ça les rassure, on a tous été débutants un jour. Certains guides me remercient. Il fait beau, j'ai le temps, je rejoins l'aiguille, ses touristes Asiatiques, mais je ne traine pas, je file vers le télécabine de l'Hellbronner pour une jolie traversée. Le panorama est magnifique sur le massif.

Arrivé en Italie, je m'offre une demi heure de pause sur la terrasse panoramique, admirant la Blanche de Peuterey, le pilier de l'Angle et le Mont Blanc d'un coté, de l'autre, la Dent du Géant et les Jorasses.

J'observe aussi les gens, qui scrutent les alpinistes au sommet de la Dent, qui cherchent sur les tables d'orientation les sommets qui me sont familiés, je les observe se prendre en photo devant le Mont Blanc, les Selfies vont bon train et je m'y adonne. Je finis par descendre et rejoindre ma voiture en stop.

Un groupe d'Italien m'accueille, ils sont en train de cuisiner et m'offrent du jambon grillés, je n'ai pas faim mais c'est délicieux. Ils sont en partance pour le Mont Blanc via la voie du Pape et sont impressionnés quand je leur décris mon périple. Ils me demandent des conseils, sur l'approche du refuge, la tenue vestimentaire, la difficulté. Je passe un bon moment, me reposant, faisant sécher mes affaires et me restaurant avant de repartir et de me rendre compte que j'ai oublié ma goretex au refuge des Cosmiques.

Un employé du refuge me la redescendra le lendemain matin avec la première benne, ça tombe bien, j'en avais bien besoin pour les journées qui suivent...

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

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Alpinisme : Blanche de Peuterey - 4112 m - Grand Pilier de l'Angle - 4243 m

Publié le par Apoutsiak

Un grand voyage en altitude

(mais aussi un peu long)

J1 : montée à Monzino

J2 : Col de l'Innominata - Dames Anglaises par les vires Schneider - Blanche de Peuterey

Col de Peuterey - Grand pilier de l'Angle - Col de Peuterey - Col d'Eccles bivouac Eccles

J 3 : Bivouac Eccles - Col Emile Rey - Pointe louis Amédée - Mont Blanc de Courmayeur - Mont Blanc - Descente par les 3 Monts - refuge des Cosmiques

J 4 : refuge des Cosmiques - aiguille du Midi... Journée de repos !

Vidéo

Blanche de Peuterey - Grand Pilier de l'Angle - Pointe Louis amédée è Mont Blanc de Courmayeur - Mont Blanc

Blanche de Peuterey

Blanche de Peuterey

Topo

Refuge Monzino (2590 m)

Se garer au parking du frêney et remonter la piste qui permet de passer le pont sur la Doire

Suivre le sentier du lac de marmotte et le quitter à la bifurcation pour remonter vers la rive droite du glacier du Freney

Prendre la via Ferrata la remonter puis par des pentes faciles rejoindre le refuge Monzino (2 - 3 h)

Blanche de Peuterey

De Monzino, gagner le glacier du Chatelet, le remonter et par une escalade relativement facile gagner le col de l'Innominata -3205 m

En 3 rappels de 30 m gagner le glacier du Freney, le traverser au mieux et rejoindre les Vires Schneider qui se situent légèrement au dessus du rognon rocheux en rive gauche du glacier

Remonter les vires (facile) et poursuivre au desssus du bivouac des Dames Anglaises (Craveri) sans y passer. basculer versant Brenva et poursuivre en ascendance tout en restant versant Brenva (rocher ultra pourri)

on rejoint l'arête lorsqu'elle devient neigeuse et on poursuit jusqu'au sommet Est puis ouest par une arête élégante ! redescendre en contrebas à l'ouest pour trouver les rappels (3 je crois de 60 m)

On rejoint alors le col de Peuterey

Grand pilier de l'Angle

Passer la rimaye et gagner la partie rocheuse que l'on remonte, au mieux... pour gagner le sommet

Nous avons choisi de descendre en rappel à l'applomb du sommet (non équipé) 7-8 rappels de 60 m pour passer la rimaye et rejoindre le col de Peuterey

possibilité de gagner le sommet du Mont Blanc de Courmayeur et le sommet du Mont Blanc par une longue et belle arête de neige.

Bivouac Eccles

Du col de Peuterey traverser en direction du pied du col

Remonter le couloir s'il est en neige (50°), sinon ça passe en rive gauche dans du rocher parfois délicat jusqu'au col.

Descente du col en 2 rappels puis neige raide (50° au départ)

passage de la rimaye à l'aide d'un rappel sur corps mort puis on rejoint facilement le bivouac Eccles

Récit

Sur la route de Chamonix, je me rends compte avec horreur, qu'une tique est logée dans ma cuisse. Sur la route, je me rends compte qu'on est Dimanche et que les pharmacies sont fermées. Je croise les doigts pour qu'à Cham j'en trouve une d'ouverte. Se garer, courir (il est bientôt midi) trouver une pharmacie et se faire délester du contenu de son porte monnaie pour une malheureuse pince à tique. Ah, le commerce ...

Sur le premier bans, dans la foules cosmopolite de la capitale de l'alpinisme, je déloge le désagréable intrus de ma cuisse gauche, il lutte puis fini par se rendre, devant le regard médusé des chinois en vadrouille. Enfin, les vacances vont pouvoir commencer. Je file trouver un peu de matos manquant à mon équipement, un pique nique avant de retrouver Yannick.

Rendez vous à la gare SNCF, je sais qu'il est toujours en retard et au bout d'une demi heure, on se rend compte qu'on attend chacun d'un coté de la place ...

Décollage pour l'Italie en passant par le tunnel... et ses bouchons ! et zou, encore une demi heure dans la vue. On déboule en Italie sur le parking du Freney. On s'équipe à coté d'une autre cordée en partance pour Monzino. Et c'est Parti.

Yannick, grand guide, le Zidane de l'alpinisme m'annonce sur de lui : "pas d'orage ce soir !"

On part, sur un bon rythme, confiant dans la prédiction de l'oracle,  d'abord sous le soleil, puis sous les nuages. Je connais le sentier que nous avons emprunté l'année dernière avec Anne lors de mon premier passage dans l'envers du Mont Blanc pour l'ascension du Mont Brouillard et de la pointe Barreti.

Nous remontons les premières via Ferrata, croisant les randonneurs à la descente., certains vaillants, d'autres moins, tous parfaitement équipés Via ferrata !

Nous opérons une courte pause au pied de la partie plus verticale. Les glacier du frêney crachent leur eau de manière spectaculaire, le ciel est sombre.

On remonte la Via, Yannick est devant, je me retrouve avec l'autre cordée. Il se met à pleuvoir, la prédiction du Grand guide s'est avérée foireuse. Deux options , se faire rincer en carline ou sortir la Goretex. J'opte pour la seconde option. Perd un peu de temps sur les autres. Je poursuis, sous la pluie. Tout glisse, les cables, les prises, les rochers. Prudence mais efficacité. On se retrouve sur le replat en dessous du refuge. Je poursuis, et rejoins le refuge, suis bien humide, la pluie dense a fait son effet.

Au refuge, c'est opération séchage et lecture du topo, qu'on ne trouve pas ... Yannick récupère des infos de ses collègues. et on finit par manger un bon diner avant d'aller au lit, le réveil est à 1 h 30 demain !

Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino
Refuge Monzino

Refuge Monzino

1 h 30, debout, un peu dans le gaz on sort du dortoir et on tombe sur des alpinistes endormis un peu partout : sur un mini bans, dans les escaliers, il y en a même un dehors sur la terrasse, pourquoi n'ont ils pas pris une place dans le dortoir, mystère... Yannick essaie de leur expliquer la solution, mais ils restent tous à leur emplacement...

Le déjeuné avalé nous quittons le refuge vers 2 h 15. Par des sentes on gagne le glacier du Chatelet que l'on remonte avant de rencontrer un premier passage hardu et bien humide. Mais ça passe... Un peu d'escalade et nous voilà au col de l'Innominata face au bien crevassé glacier du Frêney (mais il parait que cette année... Ça passe !!!)

3 rappels dont un coincé et on pose le pied sur le glacier. Début de traversée facile puis ça se complique, Yannick veut prendre en bas alors qu'il me semble que les vires Schneider sont au dessus. Après une brève hésitation on décide de passer par le haut, et ça passe et on se retrouve pile poil sur les vires Schneider.

On enlève les crampons, on range les piolets et on remonte ses vires faciles avant de remonter un couloir au dessus du bivouac des Dames Anglaises qu'à mon grand regret nous ne rencontrerons pas ... Ah, les Dames Anglaises.

J'aurais adoré prendre un thé sur leur terrasse...

Bon l'autre nom du bivouac c'est Craveri, et perso, ça me fait moins rêver.

C'est pas le tout de fantasmer, il faut grimper, et ça se met à grimper un peu plus, d'abord versant Frêney, dans du rocher correct , et rapidement versant Brenva, dans du rocher pourri à ultra pourri (parfois un peu moins)

On opère une jolie pause avec une belle vue sur la Noire de Peuterey et tout le Bassin de la Brenva avant de poursuivre. L'escalade n'est jamais difficile mais il faut se méfier de la qualité du rocher. On rejoint l'arête et le sommet par un joli passage en neige.

Courte pause, petite descente petite arête bien effilé entre les deux sommets avant de redescendre vers les rappels. 3 rappels de 60 m dont le dernier permet de passer la rimaye, on se retrouve au col pour une petite pause, les organismes (surtout le mien) commence à fatiguer et la journée n'est pas terminée !

On attaque la base du Grand pilier de l'Angle. Malheureusement le couloir de neige à gauche n'est plus en condition. On remonte des parties mixtes où la neige a déjà bien transformé, et où la glace n'est jamais très loin. Mixte technique et un poil merdique, mais ça passe

Mais on progresse même si c'est long... pour parvenir au sommet ! 2ème 4000 de la journée et 76ème pour moi ! Plus que 6 (dont 2 prévus demain !)

Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle
Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle

Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle

 

La suite du programme est originale, mais elle est dictée par les 82 4000. L'objectif est d'aller chercher la pointe Louis Amédée non gravie l'an dernier, la faute à la météo. Bref il nous faut rejoindre le bivouac Eccles. Nous ne poursuivons donc pas cette belle arête qui permet de rejoindre le Mont Blanc mais nous redescendons vers le col de Peuterey en 7 ou 8 rappels de 60 m. On opère une pause pour boire de l'eau avant de repartir, traverser le plat du col de Peuterey alors que des avalanches dévalent les pentes supérieures sous le Mont Blanc de Courmayeur. On file, enfin personnellement j'essaie de filer parce que les jambes sont lourdes. Yannick m'enjoint à galoper dans les parties expo. On finit par atteindre le pied du couloir Eccles que l'on remonte. A mi hauteur, bombardés par des chutes de pierres, Yannick finit par quitter le couloir pour les rochers à droite. Branlants mais moins expos à la mitraille. Parvenus à l'endroit, je dois me taper d'aller enlever un friends intallé 3 m plus haut après un beau passage en glace avant de redescendre et de sortir du couloir sur des rochers plus que branlants : rien ne tient !!!

 

Tel un chat, avec une finesse inespérée, je sors (bon j'ai quand même fait partir un énorme bloc, c'est quand même des courses ou c'est bien quand t'as personne en dessous , remarque personnelle) puis on grimpe. J'espère le bivouac juste sous le col. M'imagine déjà un bon repas, et un bon lit. Quel rêve, quel doux rêve. Mais il faut atteindre le col. Un peu de grimpe plus tard, on l'atteint, il fait gris, le mauvais temps est là, mais pas la pluie, tant mieux. Je comprends alors que le rappel n'est pas à proximité...  Un petit rappel, puis un autre. puis désescalade dans les pente de neige pour arriver à la rimaye. Yannick me lance, "on va faire un corps mort".

Je sens que je ne vais pas être déçu...

Il creuse il creuse le Yannick

Dans de la neige pourri

Très pourri

il installe sa corde

Il teste son ancrage

Ca devrait passer

Il se lance

en rappel

Doucement

Tout doucement

Pas d'à-coup

que du stress

en douceur il passe la lèvre, descend les 3-4 mètres suspendu à se frêle ancrage et se pause

C'est mon tour

O Joie

O Désespoir

O crevasse ennemie

O N'ai je tant gravi que pour cette perfidie.

C'est mon tour

J'installe fébrilement mon reverso

Je me penche pour tirer dans l'axe

Je descend délicatement vers la lèvre de la crevasse

les jambes flageolantes

Elles passent dans le vide.

Je progresse lentement.

Mon corps pend à présent

Et je tombe

Je me retrouve rapidement au sol, les Jambes s'enfoncent, je m'arrête

Des kilos de neige me tombe pile sur le casque pendant de longue secondes

Mais tout va bien rien de cassé

l'ancrage a lâché et je me suis fait 2 m à 2 m 50 de chute sur la lèvre inférieur de la crevasse.

Je suis trempé mais sans bobo

Bon, je suis plus lourd que Yannick

ou plus bourrin.

 

On poursuit dans la neige soupe, très soupe, jusqu'aux cuisses. pour rejoindre le bivouac Eccles par une courte escalade. Le premier affiche complet. On remonte au second

Accueil glacial, il est complet lui aussi.

6 alpinistes occupent les banquêttes

Ils sont peu ravis de nous voir

Personne ne bouge

Personne ne nous fait de place, alors qu'on va dormir par terre.

On s'organise lentement, je finis par pouvoir entrer dans le petit bivouac.

Yannick fait de la flotte pendant que je me pause enfin après 17 h de course, il est 19 h 30.

 

On est pas mal mouillé, notamment les pompes, et pendant que je me mets à dormir dans le peu de place qui m'est alloué, Yannick teste différente méthode pour secher ses chaussures. Il semble que la meilleur soit la petite bouteille de Coca remplie d'eau chaude glissée à l'intérieur.

Je dormiote, on a prévu de se lever à 2 h demain pour la suite

Les autres cordées vont bouger à minuit 30 pour l'arête de l'Innominata

Une courte et incofortable nuit s'annonce...

 

A suivre ici

 

 

 

 

 

Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet
Bivouac et col  Eccles - complet

Bivouac et col Eccles - complet

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