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Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m Mon 82ème 4000 !

Publié le par Apoutsiak

Bon, ben voilà, j'ai gravi mon 82ème 4000

Mon Graal !!! à chacun le sien.

Une magnifique course en compagnie d'Anne, on a monté le champagne au sommet, et on en a bu... un peu !

 

Vidéo :

 

 

Topo

 

Rothornhütte

De la gare de Zermatt 1605 m

Prendre la Grande rue puis la deuxième rue à droite, remonter le sentier qui mène sur le talus et le sentier et le prendre à gauche. Le sentier rejoint Bodmen (le torrent) puis le traverse avant de remonter le long de sa rive droite pour rejoindre Stellistein: l'hotel de l'Edelweiss 2058 m.

De là le sentier mène à la cabane de Trift - 2337 m il se poursuit vers Vieliboden, attention à ne pas le perdre dans le delta du torrent vers 2600 m. Rejoindre la moraine sous la Rothornhütte et le sentier grimpe jusqu'à la cabane 3198 m

 

Zinalrothorn 4221 m

Partir au Nord de la cabane d'été et rejoindr epar des sentes et des blocs le Rothorngletscher. Remonter sous la barre rocheuse jusqu'à un couloir  qui descend de la barre vers 3400 m (couloir en III + 20 m) Tirer à gauche pour rejoindre une arête secondaire que l'on grimpe, pus traverser une pente de neige et gagner l'arête qui part du point 3761 m CNS.

Rejoindre la belle arête de neige

Que l'on suit sur l'arête.

Gagner le couloir qui descend du Gabel que l'on remonte soit en son centre soit en rive droite.

Du Gabel, remonter l'arête du Zinal sur une 20aine de mètres avant de basculer versant Mountet. Traverser deux dalles en traversée un peu technique.

 

On rejoint le bas des Binner plate : sur une 30 aine de mètres, soit par la dale, soit par la glace à gauche.

De là reprendre l'arête, contourner le gendarme par la droite, une corde est en place pour un pas technique.  de là rejoindre facilement le sommet 4221 m

Récit

Chamonix, Dimanche soir, j'ai rendez vous au gîte la Montagne, après une journée de trail entre Champex et Vallorcine. Au départ le programme est le suivant : dormir à Cham, monter tranquillement au refuge de main pour se rendre au sommet mardi ...

 

Je retrouve Anne au gîte la montagne
Elle est assise sur le banc juste devant l'un des moteurs du Malabar Princess (écrasé sur les pentes du Mont Blanc dans les années 50)
Elle n'a pas réservé le gîte.
Elle me dit qu'elle pense que la météo est meilleur demain et qu'on devrait aller faire le Zinalrothorn demain en se levant méga tôt.
Moi qui souhaitait prendre une douche, me voilà servi !
Moi qui espérait me faire la montée au zinalrothorn en mode cool...

J'hésite,
peu
et on décide de repartir en direction de Zermatt, on dormira dans la voiture (en plus on connait des emplacements de bivouac du fait de nos expéditions antérieures)

Et c'est reparti pour le col des Montets, de la Forclaz, Martigny, la vallée du Rhone et la remontée vers Tasch, forcement, quand on arrive, il fait nuit. On se trouve un emplacement de "bivouac" dans une gravière à Randa.

On se fait un frugal repas tout en faisant nos sacs et préparant notre nuit.
Je dormirai dans la voiture tandis qu'Anne dormira à la belle étoile abritée du bruit de la cascade.

On vérifie les horaires des trains et on se rend compte que ô horreur, il n'y en a pas entre 2 et 5 heures !!! (alors que certains jours il y en a !)

On se couche à 21 h 55, le réveil à minuit 15
La nuit va être courte...

elle sera bercée par le doux grincement des freins des trains
les grosses motos
les délicats battements des hélices des hélicoptères

Je finis par dormir
peu
le réveil me fait sursauter, j'ai du mal à réveiller Anne, pourtant, le compte à rebours est lancé, il ne faut pas rater le train de 1 h 00 !

On s'habille, on enfourne l'ensemble du matos dans la voiture (en vrac) et on file vers tasch. On se gare dans le mega parking (méga cher aussi) et on file pour attendre le train. Un passage par les toilettes pour se débarbouiller. Anne se rend compte ,que la nuit, ça n'est pas un train mais un taxi qui part pour Zermatt, après un petit temps de stress, un minibus déboule. et à 00 h 59, nous voilà partis pour la seconde capitale de l'alpinisme (après Cham'), en 10 minutes, nous y sommes, il faut dire que le chauffeur avait un peu le pied coincé sur l'accélérateur !  Quelques fêtards discrets sont là. Nous ajustons notre sac à dos avant de partir dans les ruelles de la ville, il est 1 h 10 !

Enfin, la journée va démarrer !

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

Nous voilà donc à Zermatt, 1 h 10 du matin, on peaufine les sacs et on part dans la ville.
J'ai bien fait de repérer le départ sur la carte dans la semaine, car ce n'est pas évident. On louvoie dans les ruelles pour trouver une sente, puis un panneau : Rothornhütte 4 h 50. Moi qui espérait mettre moins de 3 heures pour monter au refuge... C'est cuit !

On progresse sur le sentier et on tombe sur des chevreuils, enfin plutôt des yeux de chevreuils, enfin on pense que c'était des chevreuils. Bon, on les voit, on les revoit au lacet au dessus. On avance dans la forêt profonde et la nuit d'encre, le halo de la frontale éclaire les quelques mètres devant moi. La journée va être longue, très longue, on n'est qu'à 1600 m et le sommet culmine à plus de 4200 m, dans quel état vais je arriver là haut...

Les lacets s'enchaînent et, on rejoint une jolie gorge, puis un nouveau sentier à la pente raide et régulière, nous nous retrouvons face au chalet Edelweiss, il porte bien son nom : on y cultive des Edelweiss !!!

On poursuit au dessus, le sentier monte puis descend à plusieurs reprises, toujours un peu décevant et déprimant. Avant d'attaquer de nouveau une belle montée . Je dormiotte tout en marchant. Régulièrement Anne me réveille en me parlant, assez désagréable, je la laisse discourir tout en ponctuant certaines phrases par un "hum" afin qu'elle sente que je suis attentif alors que le cerveau est en mode "off".
Elle parle triathlon, sa nouvelle passion, pour laquelle elle est intarissable (et douée !)

Une battisse apparait au loin, c'est a cabane de Trift : l'ancienne cabane d'où partaient les ascensionnistes, elle est située beaucoup plus bas que la nouveau refuge. On opère une petite pause, la nuit est étoilée, parfait !

On repart vers le haut, le sentier se perd un peu dans un delta sur un replat. On cherchouille 2 minutes avant de retomber dessus. Anne est déjà passée plusieurs fois par là, ça aide. Puis on attaque la méga longue moraine, moi devant, Anne derrière, on croise des bouquetins le long du chemin.
Qu'il est loin ce refuge, on ne le voit jamais. Le jour point, mais légèrement. Je lance des grands coups de frontale à 1200 lumens pour essayer de le trouver, ça me donnera le moral. Mais rien.
Un dernier virage, le voilà, il est fermé, le refuge d'hiver est derrière, 3200 m. J'éblouis un occupant (toujours à 1200 lumens) qui regardait à la fenêtre, on pensait être tous seuls... Il est 5 heures. On a mis 4 heures pour monter.

on rentre dans le vieux refuge, on se pause dans la petite cuisine attenante au dortoir et sans porte. On grignotte et on met le réveils sur 7 h 00, ça nous laisse 1 h 40 pour dormir !!!
Je suis déjà bien entamé.

La deuxième nuit de cette nuit va également être courte....

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

7 h 20
le réveil sonne
il fait jour
Je me lève tranquillement et réveille Anne
on déjeune, tout en discutant (on chuchotait) ce qui réveille les randonneurs hollandais qui nous le font savoir...
Dehors, c'est le grand beau

On refait les sacs en laissant au refuge tout le superflu... sauf la bouteille de champagne qu'il va falloir transbahuter jusqu'au sommet !
Toute trace de fatigue a disparu pour le moment, pour le moment seulement, à quand le coup de bambou...

On part, je suis devant, hyper motivé. Anne me suit. Il fait beau, mais froid, mais beau.
On cramponne, sur le bas du glacier.
On le remonte, je file devant, Anne est encore un peu dans le gaz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le premier glacier (trop facile)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant le Cervin

 

J'ai tellement étudié le topo, que j'identifie tout de suite le passage "escalade", de toute façon il y a plein de traces de descente. On reste décordés et on attaque le couloir en III +, un joli couloir, sur une 20aine de mètres. Au dessus c'est plus plat, et ça permet de gagner le deuxième névé.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

on quitte le glacier pour un couloir en III+

 

 

 

 


Sur les petites arêtes...



Il y a une trace ce qui rend tout plus facile... On accède à une première arête, que l'on quitte pour en rejoindre une seconde, c'est plus raide. Anne lutte contre un bel onglet. On arrive alors à une antécîme où l'on opère une pause...
 

 

Cervin, Obergablehorn et dent Blanche

 

 

 

Face Nord de l'Obergablehorn (gravie l'année dernière...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au pied du couloir qui mène au Gabel (le sommet est à droite au dessus)

 

 

 

 

 

 

 

 

La vue est magnifique. Une petite 30aine de 4000 nous entoure... Je les ai tous gravis Les difficultés dont devant nous. Une petite arête bien fine, en neige, mais bien facile, puis on rejoint le couloir en neige.
Finalement on grimpe le couloir en neige sur une bonne partie avec quelques passages de grimpe en rive droite. On rejoint alors le Gabel, le col sur l'arête finale.

 

 

 

 

 

 

Au Gabel

 

 

 

 

 

 

Les difficultés se corsent, ça devient raide, ça devient technique. D'abord escalade facile puis deux dales en traversée ascendante... Concentration maximale, mais ça passe. S'en suit la Binner plate, une dale d'une 30 aine de mètres. On passe par la glace à gauche, glace bien dure, où Anne peste, elle a pris le piolet light, et le piolet light dans la glace dure, ça ne fait pas bon ménage, c'est souvent la glace qui gagne, elle repousse le piolet !!!
Bon, Anne est têtue et technique, elle finit par remporter la partie et grimpe à présent sur le rocher bien prisu pour rejoindre l'arête.

De là, il faut contourner l'antécîme par un passage bien aérien avant une escalade avec corde fixe bien engagée
Le sommet est à 5 minutes, on redescend puis on remonte des pentes faciles , pour atteindre le sommet

Youpi !!!

Je sors la bouteille de champagne, mais je reste surpris à la première lampée, il n'y a que de la mousse ! Je partage avec Anne ce moment !
Il fait bien froid avec le vent.
On est heureux !

 

 

 

Sommet

 



On passe une 20aine de minutes au sommet, il faut déjà penser à redescendre, à se reconcentrer. La course est encore longue

On entame la descente

Enivré par la beauté du sommet, mais pas que...

Bon, pour être honnête on n'a pas tellement bu au sommet, on a même fini par reboucher la bouteille pour la torcher au refuge...

En fait, tu viens d'accomplir un "exploit" en atteignant ce sommet, mais au premier mètre de descente, tu oublies complètement cet "exploit" , tu redeviens le simple petit alpiniste qui doit redescendre de cette immense montagne en un seul morceau...

 


 

 

 

 

Deuxième rappel, au dessus du Gabel

Bref on repart, on repasse le passage expo de l'antécîme, puis on fait un rappel sur Binnerplate pour assurer le coup. Un peu de désescalade technique puis de nouveau un rappel et on est au Gabel, en plein vent "frrrrrriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzzzzzzzzzzzzz"
Et on repart dans le couloir pour 4 ou rappels.

 

 

 

 

Dans les rappels du couloir


Tout se passe bien , on sait qu'au pied, après la traversée, le gros des difficultés sera derrière nous.

On fait la traversée puis on se fait la jolie arête de neige pour opérer une pause. On souffle.
 

 

 

 

L'arête de neige

 

L'arête de neige (esthétique)

On reprend la descente, efficace, on n'est toujours pas fatigués alors qu'on a démarré à 1 h du mat et qu'il est près de 17 h... Quelques nuages ont fait leur apparition, l’éclairage d'automne est parfait Quand on arrive dans al zone maudite.

Bon la zone maudite, c'est la zone où, quand tu pauses le pied, tu ne sais pas ce qui va se passer, va t'il tenir en surface ? s'enfoncer ? Venir ce coincer en profondeur sous un rocher (ben oui, avec les pointes de crampons ça fait ça..., te tordre une cheville... ?

Bref, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous entrons dans cette zone. Anne peste derrière, je garde le sourire, je sais que chaque pas nous rapproche du refuge.
Je me gaufre une première fois en avant, je me suis coincé le crampons sous une pierre.

Anne tombe également.
On est fatigués et ce dernier obstacle nous use.

Je tombe une seconde fois, pas de Simon de Sirène pour m'aide à me relever. Dommage, Il n'y a même pas Marie Magdeleine pour m'essuyer le visage...

Je tombe une troisième fois, mais en tombant, mon tibia vient heurter la traitresse pierre. Je jouis ! Puré de douleur. Anne s’inquiète, mais pas trop. Ce calvaire va t'il se terminer ? Bon, logiquement je devrai à présent atteindre facilement mon Golgotha, même si on est dans le sens de la descente... J'aurais bu le calice jusqu'à la lie !
cette troisième chute a eu lieu pile en face d'une harde de bouquetins. Pas classe. Ça les a laissés de marbre... Je me suis même fendu d'un "Je suis moins doué que vous !"

 

 

 

Il se fout de ma gueule là, non ?

 

 

 

On repart entre les bouquetins, on traverse, Anne doute de mon sens de l'itinéraire mais ce qu'elle ignore... C'est qu il y a des traces !!! Un peu de désescalade facile, quand, derrière moi, c'est le drame, Anne a chu et elle hurle.
Je la sécurise et tente de la calmée, elle a tellement hurlé que j'ai pensé qu'elle s'était fait une fracture ou une luxation... Elle a juste fait la bonne vieille technique du coinçage de crampons tombage sur le tibia, bon, il manque visiblement un peu de chaire, mais plus de peur que de mal, quoi que sa douleur a l'air pas mal...

Je la laisse récupérer, quand on repart, on se rend compte qu'il ne restait que 10 mètres à faire avant de sortir des difficultés, dommage ! On installe le dernier rappel (bon, après coup, on sait que c'est le dernier rappel, mais quand on la posé, on se demandait s'il n'en faudrait pas deux)
Et hop, Anne est en bas.
C'est mon tour.
Plus qu'à dévalé le gentil glacier en pente douce, fastoche.
Anne semble un peu fatiguée.
Perso, j'ai encore de l'énergie à revendre..
On enlève les crampons pour une dernière partie de saute caillou de blocs en blocs avant de retrouver le refuge.
Où une cordée Suisse Allemande nous accueille.
18 h !

Retour au refuge

Une Suisse allemande nous y accueille "Tschuss"
"Bonjour"
Bon, elle parle très mal le Français, et, il faut dire que même sans 17 heures de course, je parle, à la base, très mal l'Allemand, malgré 11 ans d'études...
Elle parle peu l'Anglais
Bref, la conversation est assez complexe à suivre, on parle avec les mains, les pieds... au départ, c'est assez simple, vu qu'elle prévoit de faire la course le lendemain, elle souhaite savoir qu'elle est la bonne longueur de corde et quel matos emmener...

Anne part chercher de la neige
Je m'occupe d'allumer le gaz (facile)

Le collègue d'Heidi arrive lui aussi, il parle également peu le Français.
Par contre, il parle fort !

Je leur offre un verre de Champagne, pas sur qu'ils en aient compris la raison.

On se retrouve à 4 dans la petite cuisine.
Les suisse parlent fort.
On mange. Enfin, je n'ai pas très faim.

On file se coucher vers 8 heures
Boules quies...
pas suffisant, j'entends les Suisses comme s'ils me braillaient dans les oreilles
Après de longues minutes de réflexion je me lance :

"Ein Bischen ruhe bitte, wir möchten schlaffen"

Même Anne a été sciée de l'excellence de mon allemand (faut dire que j'ai eu le temps de préparer ma phrase)
Bilan, ils arrêtent complètement de parler et je peux dormir.

Vers minuit, une soif me prend... Je décide de me lever pour boire, mais les suisses ont tout bu ! Il n'y a plus d'eau, Ils n'ont rien laissé dans la gamelle de NOTRE neige... Pas cool, je trouve 3 ml dans un fond de gourde et me recouche, un peu vert, la gorge sèche.

7 h, le lendemain, j'ouvre un œil, et me rends compte que les Suisse ne sont pas partis. Quand je mets le nez dehors, je comprends pourquoi : il a neigé !

Puré, heureusement qu'on a fait la course a la journée, sinon ç'aurait été le but.

On envoie le suisse en quête de neige, lui expliquant que c'est "behind the roof of the new refuge", il revient au bout de 10 minutes n'ayant rien trouvé. Anne me dit : il n'est vraiment pas doué
Je m'y colle, et derrière le toit du refuge, il y a bien plein de neige. J'en ramène une grosse gamelle
On peut enfin déjeuner, faire nos sacs et partir....

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !
Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

On quitte le refuge et nos deux Suisses
pour attaquer une longue descente.

Un peu de neige a été judicieusement étalée sur le sentier.
On descend
D'abord, sur la moraine, tout en parlant triathlon.
Puis sur le delta d'un torrent (tout en parlant triathlon).
puis sur le long sentier qui nous ramène à la cabane de Trift, tout en parlant triathlon... (Anne est incorrigible)

Le ciel gris est devenu bas, un crachin du Nord s'est mis à tombé, on a hésité, et à la cabane de Trift, on sort les Goretex pour éviter d'être rincés...

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

La descente se poursuit, dans la bonne humeur

Je sais que la question qu'on va me pauser est "que va tu faire après"
Et j'envisage toutes les possibilités
Arrêter la montagne : hors de question, même si Sandrine aimerait bien... Par contre je vais peut être lever un peu le pied...
De toute façon, j'ai toujours des projets en tête :

  • L'ascension du Bietschorn, une magnifique pyramide aux belles arêtes, ou l'Eiger, par la face Ouest ou l'arête Mittelegi
  • Gravir les sommets de 3900 m, le plus dur sera de trouver des partenaires pour ces objectifs qui n'attirent en général personne... (j'ai déjà une petite liste)
  • Conquérir les sommets des pays d'Europe, l'occasion de faire des voyages (sachant que les plus durs sont déjà conquis )
  • Ou partir en expe : Kilimandjaro, Aconcagua, ou peut être plutôt des sommets plus techniques en amérique du Sud...


Bon ben j'ai des idées.

Le rêve ultime: gravir la face nord de l'Eiger, mais je n'ai pas le niveau ...

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

On pénètre dans le brouillard, on se retrouve à l'hôtel Edelweiss.On fait 3 photos des Edelweiss et on file
La descente est rapide, voilà déjà Zermatt, on passe par le centre ville avant de rejoindre la gare.

Le train est là qui nous attend.
Je pensais qu'atteindre mon Grahal, me changerait, hors j'ai l'impression que rien n'est changé
je peux juste me présenter : "Bonjour, Guillaume L, 82 4000 " Truc que la plupart des gens ne comprennent pas ....

Je ne repartirai pas à Cham' dans la foulée, j'avais prévu une jolie traversée Vallorcine Servoz via le Buet en mode trail, mais je suis sevré. D'abord, je n'avais pas les jambes et je suis pressé de rentrer partager ma joie avec Sandrine.
On se change dans le moderne et hideux parking de Tasch et on file vers la franche Comté

 

 

 

Encore un grand merci à Anne pour cette jolie balade (et pour tous les autres 4000 gravis)

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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Publié le par Apoutsiak

et leur myriade de sommets

Pointe Young

Pointe Marguerite

Pointe Hélène

Pointe Magali

Pointe Croz

Pointe Whymper

Pointe Walker

Nous avons un peu explosé les timing pour la traversée. Mais ce fut un superbe voyage sur cette arête technique et engagée ! 2 bivouacs : un sur le sommet de la pointe Young, le second sur le sommet de la pointe Whymper et la rencotre avec Ueli Steck à 2 sommets de la fin sur la Walker !!!

Vous pouvez lire la première partie du récit : Traversée des arêtes de Rochefort ici !

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

vidéo version vimeo pour ceux qui ne peuvent pas lire la version youtube...

Topo :

 

La lecture d'un topo officiel me parrait indispensable sachant que

1°) on s'est complètement planté au départ de la Young

2°) les journées ont été longues et je n'ai pas imprimé dans l'ordre tous les passages.

Remarque : dans les topos, quand c'est écrit que ça déroule, méfiez vous, ça ne déroule jamais vraiment. Si c'est raide et technique, le rocher est solide, quand c'est moins technique, le rocher est pourri ! De toute façon , c'est long, c'est trèèèès loooong (sauf pour Ueli Steck !)

Bonne route !

 

1°) Pointe Young

Du bivouac canzio, trouver les deux premières longueurs qui permettent en ascendance à gauche de rejoindre un cirque qui amène par une cheminée tout à gauche du cirque en IV IV sup au sommet de la pointe Young

Bivouac Young : juste en contrebas (3m) derrière la pointe avec gaz à profusion mais possibilité de s'assurer facilement sur béquet pour la nuit

 

2°) Pointe Young - Pointe Whymper

Du sommet de la Young, redescendre à la brêche (désescalade et court rappel)

Remonter en face directement IV ce qui permet d'atteindre un second rappel qui ramène versant italien. On gagne alors le couloir qui est en face de la pointe Young (neige)

Remonter ce couloir (relativement facile) en haut , le couloir file à gauche, il ya une corde fixe qui ne set pas à grand chose, puis la fissure en IV IV sup permet de gagner une brèche, on contourne alors la pointe Marguerite par la face Nord et on atteint son sommet.

De là, c'est plus ou moins sur le fil, souvent raide, très expo et parfois technique pour atteindre la pointe Hélène. (2 gendarmes se passent par dessus, le troisième à droite)

De la pointe Hélène rocher pourri et plutôt en versant Italien pour rejoindre la pointe Croz

Terrain plus facile pour rejoindre la Whymper

Bivouac Whymper à 2 m du sommet en direction de la Walker (possiblement venté !) lever de soleil *****

 

3°) Pointe Whymper pointne Walker :

Rando glacière (ou presque) profitez en, c'est le seul moment ou ça déroule

 

4°) Descente

Attention : la descente est longue complexe, on n'est jamais arrivé sauf quand on trouve le refuge...

De la Walker revenir sous les rochers Whmpers et redescendre le long du sérac en longeant les rochers. 45 - 50° 300 m (chutes de pierre possible) poursuivre bien en bas des rochers les gravir, et descendre sur les rochers (rappels possibles) le long des rochers puis à droite pour rejoindre le glacier tourmenté(5-6 rappels) Le dernier rappel (tout en bas) permet de passer la rimaye. Traverser le glacier soit sous les séracs, soit au dessus pour rejoindre les rochers du reposoir.

Depuis les rochers, descendre plus ou moins sur la crête, et prendre la branche de droite en descendant (corde fixe attirante à gauche mais à mon avis merdique)

8 ou 9 rappels (évitables) permettent de rejoindre le pied du reposoir.

Ensuite c'est louvoyage dans les crevasses du glacier (au centre d'abord puis en rive gauche) Grosses crevasses, ambiance garantie !!!

On rejoint le refuge en suivant les cairns et la sente. Pour info le refuge boccalate est caché derrière la petite butte (il faut remonter une 10aine de mètres pour l'atteindre) il n'est visible qu'au dernier moment

 

5°) Descente du refuge

Sous le refuge on retrouve le sentier : attention au passage de barres et aux torrents. On retrouvera un bon sentier tardivement qui ramène à la civilisation - ouf !!!

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Récit :

 

La première partie est ici : traversée des Arêtes de Rochefort : Torino Canzio

 

Je ne sais pas par où commencer, de peur d'en oublier : ce fut à la fois si long et si court à la fois, si intense. Je sais que partir de Canzio sera ma décision, mais quelle virée incroyable sur cette énorme montagne où l'on se sent si petits.

 

Bref, le réveil sonne à 5 h à Canzio, et à 6 h nous sortons de notre abri. J'ai mal dormi, mais la courte marche d'approche me réveille. On part dans le couloir, je précise à Anne mes doutes, mais elle a l'air sur d'elle... on sort à gauche du couloir, on enlève les crampons et c'est parti pour les longueurs. Au lieu de tirer à gauche comme je pensais le faire, Anne tire droit sur l'arête. On trouve des relais, c'est technique mais ça grimpe. Pourtant, je sais déjà qu'on est trop à droite. Anne m'affirme qu'il est possible de tirer directement par là, de toute façon on est lancés. Sauf que plus on grimpe, moins c'est évident. A présent, au dessus, c'est austère et surplombant, un rocher hyper compact et non prisu, on n'est plus dans le IV... Anne se lance quand même, mais la gravité à tôt fait de la ramener vers moi... Elle repart à l'attaque, dans une fissure mal commode. Elle a décidé de passer à coup de pédale, Gaston Rebuffat à ses plus belles heures. Elle est forte Anne en escalade, mais là, ça me parait bien chaud d'autant plus qu'il va falloir que je passe aussi. Un second retour au plancher des vaches marque la fin de ses nombreuses tentatives. On décide de partir en rappel pour tirer plus à gauche. Au bas du premier rappel, malgré la présence d'un second rappel, on décide d'explorer la vire enneigée à gauche.

 

Ça passe, on avance prudemment avant de retrouver un grand cirque enneigé sous le sommet. Pour moi c'est l'évidence , ça passe en face On rejoint le pied d'un couloir. Mais nous sommes maintenant pas mal entamés. Anne hésite quant à l'itinéraire à suivre. Elle tente tout ce qui est possible, on n'est plus du tout sur de l’endroit où l'on est. Elle tente à gauche, à droite, au centre. Après deux jolis pions, l'un où elle pendule en se ripant les mains, le suivant en faisant sauter le dernier friend. Déjà 3 coinceurs coincés définitivement, mon jeu va y passer... .Je décide d'appeler le PGHM pour lui faire part de notre situation (autant prévenir que guérir, il est déjà 16 h et je ne voudrais pas que la situation devienne critique) Le gendarme me décrit l'endroit où je me situe et m'indique la cheminée à gauche, celle que j'avais pisté dès le départ. Il me conseille soit de redescendre en rappel à Canzio, soit de poursuivre. ( Je suis aussi rassuré qu'il sache que nous sommes embarqués sur les Jorasses) Je suis ravi de savoir que nous sommes sur l'itinéraire. Le moral revient dans la cordée. Anne décide de partir sans sac dans le couloir. Nouvelles pédales pour le départ et Anne s'élève. Elle galope pour rejoindre un relai plus haut.

 

C'est mon tour, 3900 m, plein gaz, je fixe le sac d'Anne 4 m devant moi sur la corde. Opération bourrinage extrême sur les Grandes Jorasses. Il faut pousser le sac dès que je le peux et en même temps grimper dans du IV en grosse, complètement essoufflé par ce double effort !!! Le sac d'Anne rebelle et prend un malin plaisir à se coincer tout le temps. On essaie en braillant de synchronisé nos efforts. Pousser, hurler, grimper et recommencer pour gagner quelques décimètres. Simples fourmis sur cette montagne. Je finis par progresser, pestant contre le sac, ascension un peu galère, mais c'est le prix. Ca passe, l'escalade serait sympa sans le sac à pousser... Relai, j'arrive épuisé. Anne repart vers le sommet, sans doute la dernière longueur. En mixte. Je la suis. Je fais un stock de neige pour avoir de l'eau avant de passer au sommet. Le bivouac est superbe mais à l'ombre, 3 mètres sous le sommet. Anne y descend. Je me précipite quelque peu pour lui passer le sac de neige, et zou, tout se renverse... Bilan je dois repartir en chercher, 10 m de désescalade avant de remonter et de délicatement lui passer mon précieux chargement.

On se vache au sommet, on installe tout le matos sur les sangles arrimés aux nombreux bequets. On s'installe pour la nuit, on aura les pieds dans le vide, baudrier obligatoire. La neige fond dans le réchaud, on peut tranquillement étudier la suite de l'ascension, face à nous la pointe Marguerite nous attend. Demain on ne devrait pas se tromper. Mais la journée va être encore longue.

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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Nuit difficile mais pas catastrophique. J'ai réussi à allonger mes (grandes) jambes sur la vire. La presque pleine lune est venue nous éclairer, elle n'était pas obligée. On se réveille quand même reposés avec le jour qui poing ! Je m’occupe de l'eau. Le briquet ripe sur ma peau tout abimée par le granit des Jorasses. nos doigts ont pris cher. Mais le moral est bon. La météo a tourné, il fait un gris blafard ce matin... Les chaussures humides et froides accueillent nos petons...ambiance...

 

On démarre par une première longueur, Anne revient au départ de celui de la veille, on est bon pour en tirer une seconde tout en traversée. On rejoint l'anneau de rappel et on enquille (bon pour les manœuvres de corde on n'est pas les champions alors quand je dis qu'on enquille, l'opération d'installation a vite fait de prendre une bonne dizaine de minutes. De même que l'opération inverse qui consiste à se réencorder. On repart en face dans une longueur en IV ou l'on se fait plaisir avant d'entammer un gros rappel qui doit nous ramener au pied du couloir de la pointe Marguerite. Je laisse Anne aller au pied tandis que je rappelle le rappel (d'où son nom !) Tout va bien, on repart dans un couloir en neige étroit, au rocher parfois délicat... Premier relai. au second on opère une première pause casse croute avant les longueurs clefs : un dièdre avec un fissure. Anne grimpe, du bas, j'essaie de mémoriser quelques mouvements. c'est sûr, elle est efficace. C'est mon tour. La corde fixe est plus gênante qu'autre chose même si je finis par l'utiliser pour 2 pas.

Tout à coup, difficulté, je ne parviens plus à progresser, je ne trouve pas la solution... Temps de réflexion, Anne avait fait une jolie opposition avec le pied gauche assez loin, je me lance, ça passe, je progresse voilà déjà la brêche, je prends la place d'Anne au relai, un pied en face Nord l'autre en face Sud. ambiance.

Il s'est mis à neigeoté, la météo annonçait une perturbation dans l'après midi, elle est déjà là. Esperons que le rocher ne glisse pas trop ! En deux longueurs de mixte nous atteignons le sommet de la pointe Marguerite, il n'y a pas trop de place, on ne s'éternise pas.

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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La suite est annoncée aérienne, et on ne va pas être déçu, il y a du gaz partout même si on ne voit pas tout à cause des nuages. On avance corde tendu avec quelques points entre nous et quand ça devient plus technique on tire de vrai longueurs...

Un rappel va nous faire gagner du temps, on tente le rappel derrière béquet, qui forcement se coince et on perd un temps fou à remonter le décoincer et à trouver la bonne méthode pour descendre...

Rarement vu une ambiance pareil par endroit, le vide à gauche, le vide à droite, et quelques pises judicieusement cachées. Tout est gris, les nuages, Anne au loin qui parfois disparait soit derrière un rocher, soit derrière dans les nuages !

On passe deux gendarmes, on contourne le 3ème par la droite dans du rocher pourri, ça devient plus facile, mais franchement pourri, bilan, faut rester concentré. On monte on descend, on traverse, on fini par atteindre la pointe Croz, enfin l'une des pointes Croz, et vu que debout je suis au dessus des autres, je décrête que c'est le bon sommet (c'est même Anne qui me l'a confirmé !!!) On poursuit sur l'arête, le vent est important, il y a de plus en plus de neige, du mixte plutôt facile pour rejoindre la pointe Whymper  au moment ou le ciel se déchire, le beau temps devrait revenir. Il est déjà 18h, après avoir un peu hésité on décide de se poser là, il y a un bel emplacement de bivouac, on fera la Walker demain avant de redescendre...

Et, ô joie de l'alpiniste, quand t'as fini il y en a encore : il faut renforcer le bivouac par des pierres et de la neige, faire fondre de la neige pour avoir de l'eau, préparer le bivouac et sortir trois bonnes blagues pour bien rigoler... On fait quand même l'inventaire de nos victuailles, demain , on sera à sec !!!

Je pète mon thermarest au moment de l'essayage, bilan, je serai directement sur la neige, dommage ! (trop fragile )

Repas de luxe avec le butagaz qui travaille en mode léger, trop froid pour lui ! On finit avec une mousse au chocolat déshydratée succulente ! merci Anne !

Les nuages virevoltent, le vent est fort, mais le petit muret nous en protège un peu. Le coucher de soleil est splendide, on voit Courmayeur en bas dans al vallée, Nous sommes seuls perdus sur cette immense paroi, demain ça devrait se simplifier...

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Au milieu de la nuit je sors la tête du duvet, magnifique nuit étoilée, deux étoiles filantes viennent traverser le ciel, bon présage ?

Je me recouche quelques minutes plus tard, tentant de dormir un peu.

Je m'endors forcement en fin de nuit

Quand je sors ma tête du duvet, le jour poin !

Il fait un temps glacial, nos mains abimées parviennent à appuyer sur le briquet pour démarrer le gaz ! C'est le grand beau. YES ! On glandouille dans les duvets en attendant l'eau chaude esperant retarder au maximum le moment où il faudra en sortir.

 

Au loin j'entend un hélico, il est sur les Jorasses. Et si c'était le pghm qui s’inquiétait pour nous Je décide de leur faire signe qu'ils ne gachent pas trop de kerosen pour nous. Je quitte mon duvet et enfile tant bien que mal mes groles gelées ! Bien agréable. Je me positionne sur le sommet de la Whymper, mais l'hélico cherche entre la pointe Marguerite et la pointe Hélène. Je vois qu'il tourne en rond. Je me décide à appeler le PGHM pour les prévenir que tout va bien... trouver le reseau, appeler avec des gros doigts fatigués. Avec les plaies qu'on a sur les mains, dès que l'on touche quelques chose, on saigne, pas pratique, bref, quelques gouttes de sans plus tard, j'ai le gendarme d'astreinte qui m'indique qu'ils ne cherchent personne, bilan, tout va bien, c'est pas pour nous... Et si c'était Ueli Steck ... Je sais qu'il zone dans le coin, et qu'il devrait passer par les Jorasses ces jours ci. L'hélico remonte jusqu'à nous et je distingue la caméra à présent. Peut être même qu'on sera sur le film (à moins qu'on soit coupé au montage...) Je fais signe que tout va bien, et rejoins Anne pour le déjeuner froid. On grignote quelques vivres on range avec difficulté le matos, nos doigs sont pas mal émoussés et on file, avec des réserves en eau minimale, le gaz refusant de fonctioner correctement par ces températures. On a les crampons, un peu de mixte avant la neige, un peu raide, un petiit col et une remontée douce vers la Walker : Wooliz, traversée terminée. Reste cette immense descente...

On redescend un peu quand on voit Steck déboulé au sommet de la pointe Whymper. Je le reconnais tout de suite à sa démarche efficace, il n'y a aucun doute. On l'encourage comme des spectateurs du tour de France, il nous rejoint. On papote, il nous offre un peu d'eau quand il apprend qu'on est parti léger (la classe) 2 h 30 pour faire Canzio Walker !!! on le laisse filer vers la Walker tandis qu'on entame la descente le long des rochers Whymper.

Pointe avant dans du 45 - 50° En neige d'abord, on entend l'eau sous le glacier, quand on a soif c'est une torture. Steck nous rejoint à mis pente du couloir. Il nous file quelques vivre de course. Et on discute topo, il repart, on le suit, mais il est déjà loin, Un peu de glace, on descend trop bas, il faut virer au dessus de la rimaye, pas mal de glace on tire une longueur en brochant ! Perte de temps en sécurité. Quelques pierres sifflent, il faut filer de là. On sort à hauteur des caméras qui filment les séracs. Et on se rend compte qu'on est trop haut trop tard, demi tour, il faut remettre les crampons et descendre plus bas, au plus logique devrait dire le topo !!!

Voilà le bon passage, on se met à tirer des rappels dès le premier relai, sans doute une erreur, on aurait pu desescalader, tant pis, on se lance.

On fini par trouver la cadence et au bout de 5 - 6 ou 7 rappels on se retrouve au dessus du glacier. Dernier rappel pour passer la rimaye. Je rejoins Anne on se réencorde et on file pour passer sous le sérac. Anne n'a plu de jus, elle n'avance pas et ça n'est pas le meilleur endroit. Je l'encourage dans la remontée sur l'autre rive. Un dernier passage un peu merdique pour quitter le glacier et gagner les rochers du reposoir, un peu d'escalade et voilà le reposoir, une belle dalle propice au bivouac, mais pas pour nous... On va tout de même se reposer et faire fondre de la neige pour boire. On vide les sacs de toute trace de nourriture ou presque. 3 dernière tranche de saucisson pour faire fête ! le repos fait du bien. On boit à fond, enfin le réchaud marche, il fait chaud ! Seul souci, je pensais qu'au reposoir on était sorti...

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Et, le truc pas mal avec les Jorasses c'est que ça n'est jamais fini ! Alors que je pensais qu'au reposoir il fallait juste un petit quart d'heure de marche facile pour gagner le glacier, en fait, il faut louvoyer (pas trop technique quand même) sur la crête, hésiter quant à l'itinéraire à suivre, puis entamer des rappels, plein de rappel. Une cordée avec un guide et sa cliente nous rattrape. Et en 4 rappels nous passe, il faut dire que al technique est simple : le guide mouline sa cliente et que lui file en désescalade tel un cabri !!!

On se retrouve enfin au glacier après un nombre incalculable de rappel, Recramponage, réencordage, et on est reparti pour un louvoyage entre d'énormes crevasses ! Bon pour nous il suffit de suivre les traces. Pas dur ! on passe par une première zone bien impressionnante entre 2 ou 3 crevasses très proche. A présent il y a un peu de glace sur le glacier, il faut également faire attention à ne pas se gauffrer dans les quelques passages raides. Tiens en parlant de passage raide, une petite pente en glace à 45 ° sur 7-8 mètres puis une sorte de plongeoir avec une réception bien précise à faire, 2 m plus bas sur la lèvre inférieur de la crevasse. Anne se lance et lance un youhou à la réception. J'ai juste à l'imiter. Sans hésitation je m'execute, et me réceptionne sur les 40 cm2 propices ... on repart, encore des crevasses mais voilà la sortie du glacier. On rejoint le guide et sa cliente. Reste une petite rando pour rejoindre le refuge. On y arrive à 17 h et vu qu'on n'est pas pressé on décide d'y manger et d'y dormir..

On rêve de steak frites, de salades de pates ...

Bilan, refuge en mode hiver avec juste des sachets de sel, de sucre et des mini pots de confiture à la cerise. Pas de gros gardien barbu et sauvage pour nous materner, grosse déception !

On négocie avec le guide des nouilles chinoises en échange de l'usage de notre briquet ! (je crois qu'on n'y a pas perdu au change) De toute façon, mon estomac a du se rétrécir là haut : je n'ai plus faim !!! Je mangeotte et file au lit !

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Nuit pas géniale, sans doute ne suis je plus habitué au confort ...

Le réveil du guide nous sort du lit

Petit déjeuner frugal avant un grand rangement et le départ !

Et pour changer il faut rester vigilant : quelques barres rocheuses,, des cordes, du gravillon glissant, des traversées de torrent, pendant plus d'une heure le terrain demande de la concentration. On a gardé nos gants pour préserver nos mains défoncées. En bas on retrouve le sentier puis la Val Ferret Italien et plampaintieux

Séance de stop, ma pire en montagne depuis longtemps. Tout en marchant on fait du stop. Mais personne ne nous prendra , pas même 3 camionnettes vides de la compagnie des guides de Chamonix : pas classe et assez décevant ! Un italien fini par nous prendre et nous ramener au parking du téléphérique.

On défait les sacs et on se change avant de repartir pour de nouvelles aventures.

Mais déjà quelle aventure que ces magnifiques journées passées là haut !

 

 

 

MERCI ANNE !!!

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Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort

Publié le par Apoutsiak

Première partie d'un long périple

du refuge Torino au bivouac Canzio

 

 

La Vidéo

Topo

 

Montée au refuge Torino :

Téléphérique de l'Helbronner, panoramique, 2 tronçons (33 € l'aller simple) puis ascenseur en descendant 5 étages avant 100 m de galerie pour atteindre le refuge.

Traversée des arêtes de Rochefort

Du refuge Torino, partir derrière le refuge (coté galerie) et rejoindre le glacier.

Remonter en directino de la Dent du Géant en passant sous les aiguilles Marbrées et le col de Rochefort. Remonter le petit couloir ( rimaye - couloir à 45°) et atteindre un petit replat. De là, remonter vers la place du déjeuner en contournant le dernier gendarme par la droite.

De la place du déjeuner suivre l'arête en restant soit sur le fil soit versant Italien. On passe d'abord la corniche en restant bien à droite ( elle devrait céder incessamment sous peu) on remonte alors sur le fil de l'arête pour passer une première bosse puis une seconde (main courante à la descente de cette seconde) avant d'attaquer l'aiguille du Rochefort au mieux

sommet 4001 m

Redescendre versant Est le plateau en regard du Mont Mallet, puis passer un gendarme en mixte avant d'escalader le Dôme de Rochefort. Descente en mixte pour rejoindre la Calotte de Rochefort puis passages de gendarmes avant d’atteindre les 5 rappels qui ramène au col des Grandes Jorasses et au bivouac Canzio 3825 m

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort

Récit

Premier jour, journée passée à attendre Anne sous la pluie à Courmayeur. Avec le tunnel du Mont Blanc qui bouchonne, son covoitureur a décidé judicieusement de faire le tour par Martigny. La situation paraissait au départ compromise pour avoir une benne dans la journée, s’éclaircit, on devrait avoir un peu de temps pour monter. Pourtant il pleut toujours...

Anne arrive, on prépare le matos (toujours sous la pluie) et on quitte le parking, lourdement chargé, (matos technique + bouffe pour 3 jours + bivouac !)

La gare de téléphérique est moderne et bien réussie et l'autochtone accueillant, on allège nos portefeuilles à la caisse et zou, c'est parti pour la Mont Blanc Skyway, malheureusement dans le brouillard, on en n'a pas profité ! Aujourd'hui c'est plutôt la Cloudway mais bon, on n'a pas le temps d'aller trouver les dirigeants  de la compagnie du Mont Blanc Italienne pour leur faire part de notre remarque.  Deuxième tronçon, puis visite de la gare supérieure, où nous profitons des écrans tactiles géants pour repérer nos futurs itinéraires sur de grandes photos. Il faut ensuite prendre l'ascenseur et traverser un long couloir pour trouver le refuge Torino. On se présente, on révise le topo, on mange dans le self (bof) avant de se coucher dans notre petite chambre individuelle. Voilà une première journée pas trop fatigante physiquement !!!

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
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Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
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Le réveil sonne à 4 h , on sort du refuge vers 5 h 20, pétouillage dès le départ, on part sous le refuge, pas bon. Je l'avais pourtant bien dit qu'il fallait TOUJOURS faire le repérage de la marche d'approche le soir... On repart par au dessus et en 5 minutes on trouve facilement le glacier ! Encordement crampons et c'est parti, on dépasse rapidement l'autre cordée et on file vers le petit couloir. Rimaye avalée (et pourtant bien ouverte) puis couloir en 5 minutes. Tout va bien. Petite pause avant d'enchaîner. Au dessus, il ya 20 à 30 cm de neige fraiche déposée la veille ! 3 ou 4 cordée sont devant et ont bien marqué la trace.

C'est rando, dire que "le brevet d'escalade avait fait des relais dans cette portion roulante" ( voir 23 h sur la Dent du géant.)

Sur le haut quelques passages techniques. On se goure un coup de chemin (trop à droite). Il y a quelques grands pas à faire mais on fini par débouler à la salle à manger. Ca tombe bien, on va avoir du temps...

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort

Au programme la Dent du géant, on enlève nos crampons et on part pour la file d'attente : 4 cordées plus une déjà engagée. Le soleil est là, je m’assoupis, assis sur un rocher peu confortable. La cordée nous précédant est une cordée de Français, nous papotons, j'ai juste l'impression qu'ils étaient partis pour les arêtes de Rochefort, mais devant l'absence de trace, il me semble qu'ils ont préféré aller vers le Monde. Moutons de panurges, il se retrouvent comme nous dans la queue. C'est long. Je dormiote. Au bout d'une heure et seulement une cordée de partie, j'annonce à Anne qu'il faut laisser tomber, on reviendra... Trop long. On retourne aux crampons, et on part, au total c'est prêt de 1 h 1/2 de perdu. D'autres cordées sont passé devant sur les arêtes de Rochefort. On attaque l'arête, c'est magnifique comme dans les livres, sauf que la grosse corniche présente une énorme crevasse qui présage d'une rupture de celle ci dans peu de temps.

En regard de la corniche on bouchonne, C'est le périph un Dimanche soir de retour de Week-end (de l'ascension) ou Fourvière pour les Lyonnais ! Deux cordées devant : un guide et ses 2 clients et 3 basques ou catalans ( je ne parle ni le basque, ni le catalan). Tout a l'air long au dessus et assez rapidement, Anne, ma Duracell préférée montre de gros signes d’impatience... Elle veut dépasser. L'endroit me parait inopportun et les cordées , encordées long sont à mon avis extrêmement difficile à passer, en plus , ça ne se fait pas... Je temporise et essaie de calmer mon dragon.On progresse hyper lentement passant beaucoup de temps arrêtés. Devant, ça brasse. Devant, ça fulmine. Je me demande même si à un moment, ça n'a pas craché du feu... Mais il est possible que j'ai rêvé...

Voilà la corde fixe. Anne peste devant la perte de temps, elle décide de passer à l'acte. Elle passe le dernier Catalan, je fais de même, baissant la tête , de honte de la scène qui est en train de se jouer. Mais je passe. Corde fixe, à la descente, je galope, c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment de difficulté dans ces conditions. Je rattrape le second Catalan en faisant attention à "the rope" comme ce me fut précisé à mon passage. Contournement, escalade rapide, à 4000, je m'essouffle, voilà le premier Catalan au relais. C'est fait. On est passé mais ça a bien pris 10 minutes. On poursuit devant pour se retrouver assez rapidement derrière les deux clients du guide au pied de l'aiguille de Rochefort.

Il faut attendre, les Catalans, goguenards se retrouvent 10 mètres en dessous à attendre.

On repart et on passe par une manœuvre élégante les deux clients du guide. Escalade efficace pour atteindre le sommet de l'Aiguille de Rochefort en même temps que le guide. Premier 4000 de la série, on n'est pas en avance. Et pour le reste, il va falloir tracer !

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
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Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
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Descente facile de l'aiguille de Rochefort pour gagner un plateau. puis un petit gendarme en neige présente une rimaye que nous passons facilement. Quelques gendarmes, un peu d'escalade peu engagée et voilà le Dôme de Rochefort, nouvelle pause et 2ème 4000. La course est longue, le col des Grandes Jorasses parait encore bien loin.

 

Je n'ai pas aimé la descente du Dôme. Les dalles recouvertes de neige ne m'inspirait pas confiance. Bref, petouillage monstre du grand alpiniste que je suis dans des passages faciles. Heureusement il n'y avait personne pour me voir , à part Anne qui galope devant... En fait, ces arêtes de Rochefort sont beaucoup plus longues que je ne le pensais quand on s'enfile toute l'arête.

Quelques gendarmes, un peu de grimpe, un ou deux rappels. puis une dernier passage rocheux nous amène au rappel. Et c'est parti, tout en hésitation quant à la ligne à suivre.

A droite ou à gauche de l'éperon, il y a des relais et des anneaux partout. Quelques feintes de coinçage de rappel, juste pour stimuler le palpitant. Stressss ! Mais ça passe. En bourrinant dur, le rappel vient. Et au bout de 5 rappels nous voilà au col des Jorasses, on se réencorde pour aller jusqu'à Canzio il est déjà 20 h 40.

 

Là, bonne nouvelle : il y a un petit lac juste devant le refuge. Petit lac gelé, mais en creusant avec une gamelle on trouve l'eau facilement. Quel luxe. On aura pas la corvée de fonte !!! Je m'attelle à remplir les bouteilles. Anne cuisine. Elle n'a pas son pareil pour vous cuire un plat déshydraté. On ne fait pas de vieux os, au lit, il est déjà tard et la journée de demain va être longue !

 

 

 

La suite : la traversée des Grandes Jorasses

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
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Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

Publié le par Apoutsiak

Traversée depuis Gonella vers Monzino

Grande, Grande Aventure dans l'envers du Mont Blanc.

Vidéo

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

Topo :

Refuge Gonella 3071 m

Attention : Cotation T5 en randonnée ( qui compte 5 niveaux) Compter 6 - 8 h !

Du parking du Frêney, remonter la Doire et traverser les deux ponts (note : il n'y a plus de pont en bas) Suivre le sentier qui longe la paroi sud du Mont blanc : bien balisé et bien tracé.Rejoindre le lac des marmottes.

Du lac, nous vous conseillons de poursuivre au Sud Ouest pour traverser le glacier du Miage. Ne pas suivre la sente qui monte sur la moraine rive gauche, la descente de la moraine est périlleuse (le sentier est malheureusement bien noté sur la carte).

Rejoindre la rive droite du glacier du Miage et le remonter (cairns) au mieux jusqu'à l'altitude de 2500 m.

Virer à droite pour retrouver une vire qui mène à un sentier qui permet de gagner par des passages de via ferrata et des sentes le refuge Gonella 3071 m

Col Emile Rey 4030 m

C'est la voie historique

Elle n'est plus pratiquée d'après le gardien de Gonella ( gardien depuis 17 ans il n'a vu personne y monter depuis qu'il est gardien...)

Mais elle passe encore très bien (vu qu'on est passé !)

Note : attention il faut remonter successivement 2 couloirs de 700 m environ chacun, ce qui fait 1400 m de dénivelé sur les mollets...

Du refuge Gonella, partir derrière le refuge en légère descente : sentes et névés.

Rejoindre le glacier du Miage (3027 m) traverser au mieux le glacier en évitant les crevasses et rejoindre la base du couloir Quintino Sella (celui qui est en face du refuge) Passer la ou les rimayes et le remonter au mieux. Le couloir d’élargi et on laisse le bivouac Quintino Sella à droit e(on en voit juste le toit. Vers 3660 m, on arrive à une épaule qui permet de basculer sur le glacier du Mont Blanc. Le glacier est assez crevassé. Nous avons utilisé les coulées d'avalanche pour le descendre en son centre, sinon privilégier la rive gauche. Rejoindre la base du couloir Est du col Emile Rey - 3335 m

Passer la rimaye (pour nous à droite)

Remonter le couloir au mieux et gagner le col Emile Rey

Col Emile Rey - Mont Brouillard - Pointe Baretti

Du col traverser vers le second col. Grimper alors sur l'arête au mieux pour rejoindre le sommet du Mont Brouillard.

Du sommet passer versant Est pour rejoindre l'antécîme Nord de celui ci. On suit alors une arête plutôt facile pour rejoindre le pied de la punta Baretti. Gravir un petit couloir qui permet de rejoindre l'arête et le sommet. retour par le même itinéraire, possibiltié de réaliser un rappel au petit couloir

Compter 3-4 heures

Descente par le glacier du Brouillard.

Basculer versant Est, le couloir est raide 50°. Il faut rester à proximité de la paroie sud du Mont Blanc. Basculer sur le plateau en face du bivouac des Eccles. Si c'est possible, remonter au bivouac des Eccles pour retrouver la voir de montée. Nous avons choisi de descendre le glacier du Brouillard, hyper crevassé ! Tout en cherchant à atteindre la rive gauche et la voir normale de montée. GLACIER EXTRÊMEMENT CREVASSE !!!

Passer sur la rampe qui se situe sous la pointe de l'innominata puis après cette rampe descendre directement dans la pente avant le point 3376 m. Descendre la branche de gauche du glacier puis quitter celui ci. et rejoindre le refuge Monzino 2590 m

Du refuge Monzino, c'est un joli sentier avec une grosse via ferrata qui permet de descendre à la Doire. Attention, sentier également coté T5 !!! On ertouve le senter de motnée à Gonella et le parking du Frêney !

Récit

Dans la quête des 4000, il y a pour moi 4 grands problèmes qui se situent tous dans le massif du Mont Blanc : l'arête du Brouillard, Peuterey Pilier de l'Angle, la traversée des Jorasses et la traversée des Aiguilles du Diable.

Avec Anne nous avons décidé de nous frotter au premier problème et de découvrir l'envers du Mont Blanc.

Bref, long voyage matinal avant d'arriver à Courmayeur par le col du Grand Saint Bernard. On s’équipe sur le parking du Frêney. Et c'est parti. Premier stress, il n'y a pas de pont en face du parking (alors que le sentier passe là sur la carte) heureusement, c'est déjà réparé un peu plus haut, ils ont fabriqué un beau pont en bois, tut beau, tout neuf ! On remonte le joli sentier qui passe sur une moraine. Les discussions tournent autour du trail et du triathlon, chacun sa spécialité ! Nous retrouvons le bas du gigantesque glacier du Miage et rejoignons le lac des marmottes, que dis je, le bucolique lac des marmottes !

Pause photo et respiration. Nous remontons alors la jolie combe qui passe derrière la moraine de la rive gauche du glacier. On croise des os de chamois ! Mauvais augure ? Le sentier est parfois éffondré sur la moraine. Et au bout, il n'y a rien, juste un vieil éboulement ! Le versant glacier de la moraine n'est vraiment pas accueillant, une bonne pente à 50° en gravillon infâme et gros blocs, sur 20 m de déniv ! ! On revient en arrière pour trouver un passage. Si ça se trouve il faudra retourner au lac des marmottes et perdre une heure. La montée au refuge est déjà assez longue !

Un collet me semble un bon endroit pour passer (au moins aç réduit la hauteur de la moraine ! Anne essaie, je lui conseille de remonter, on va voir 10 m plus loin. Je trouve une vieille corde fixe cachée. Mon sang ne fait qu'un tour, amarrage, et zou en route pour la descente à l'aide la corde ! Anne passe, je la suis, je me brûle un peu les mains dans la manœuvre. On ressort avec les mains toutes jaunes, la couleur de la corde mais on est sur le plat rocailleux du glacier ! En face on voit sur la moraine, des skieurs avancer , leurs skis sur le sac, ils n'ont pas fini de porter !

O remonte le glacier pour trouver la rive droite et les cairns.

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

L'heure de la pause pique nique, il est déjà bien tard ! Et on repart guilleret, sur ce looooong glacier du Miage. Et Anne prend quelques imperceptibles mètres de retard. (pour une fois, ça change !) Je reste devant à tracer, la neige est apparu. On passe sous le glacier du Mont Blanc, austère et magnifique ! Ambiance magique ! Je me demande comment on peut bien accéder par là, sans risque, au bivouac Quintino Sella. Mais pour nous l'objectif (finalement) du jour sera Gonella.

pendant ce temps, Anne perd mètre après mètre. Il reste encore 600 m de dénivelé. Je m'arrange pour être juste assez loin pour ne pas l'entendre pester... On opère une pause pour recharger les batteries. Le temps est gris, l'ambiance maussade. Au loin les skieurs sont dans la partie finale. Je calcule mentalement le temps qu'ils ont en avance sur nous... 30 minutes ! On repart, et on quitte le glacier pour un sentier puis des névés raides. Il ne faut pas s'en coller une sinon c'est 200 m de chute au bas mot ! On traverse un gros névé et on sort par un passage ultradélicat pour rejoindre le pied d'une viaferrata. Grosse corde et bourrinage. J'attends Anne régulièrement. Elle peste, elle râle, elle souffle. mais elle avance !

Pour le coup, c'est moi qui galope, c'est moi qui virevolte et pourtant j'ai mal au dos, sous ce lourd sac à dos prévu pour le bivouac ! Enfin le voici, juste au dessus de nos têtes. Il a l'air ouvert. J'entre, je m'annonce. Le sympathique gardien italien m'accueille. Le refuge est sympa, on doit juste faire la bouffe dans le refuge d'hiver, pas de problème ! Il y a même de l'eau accessible au refuge !

Assez vite on fait la bouffe. Je vais voir le gardien pour lui annoncer notre projet

Il me regarde avec des yeux ébaubis ! "17 ans que je suis gardien ici, jamais vu personne passer par là !" J'ai juste l'impression d'être un guignol. Et Anne va me tuer si on ne passe pas ! Je lui réponds, que c'est ça l'aventure ! Il me confirme que oui, mais je vois dans son œil rieur qu'il s'attend à nous revoir assez vite...

Voilà, j'ai le doute...

J'en fais part à Anne qui me dis que pour elle c'était bien par Eccles que ça montait et non pas par ici. Mon seul argument, j'ai trouvé une trace GPS (de descente) qui passait par ici. Bon c'est pas gagné ! (d'autant plus qu'on voyait bien sur la trace GPS qu'ils avaient galéré sur le glacier du Mont Blanc aux crevasses profondes.

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Nuit de doute, à rêver en boucle à des crevasses infranchissables sur le glacier du Mont blanc. A des dalles de bout de glacier verglacées et en-gravillonnées ! A des séracs menaçants. Et si on rentrait tout de suite...

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3 h le réveil, les gens du refuge sont déjà partis à 1 h pour le Mont Blanc par les aiguilles grises. On s'habille et on file vers le refuge d'hiver qui est... fermé de l’intérieur. Quelqu'un a du s'y enfermer pour dormir. On entrouvre comme on peut la porte, et j'éclaire avec ma puissante frontale. S'il vous plait, on aimerait déjeuner et récupérer notre bouffe. 5 minutes de stress et j'aperçois que ça bouge, un type bient nous ouvrir et retourne sur sa couche, houf ! On déjeune aussi discrètement que possible , on fait les sacs et on part. On rejoint le glacier et on commence le sport national de l'envers du Mont Blanc : le contournement de crevasse. Il faut dire qu'on s'en sort pas trop mal !!!

Et on rejoint la base du couloir Est de Quintino Sella.

C'est parti pour un premier rush de 700 m sur les pointes de crampon. Monotone mais on avance, à environ 200 m heure, on es pas des Ueli steck (et pourtant on a presque le même objectif, seule la durée diffère, nous on s'octroie 80 ans pour boucler notre périple !).

Bref : c'est le bon vieux rythme crampon - crampon - piolet - piolet, avec sa variante crampon - piolet - crampon - piolet que nous prenons ! Avec quelques pauses vidéo, spécialement pour vous, lecteur. En haut le couloir d’élargi, mais oh surprise, ça continue de grimper ! Donc on grimpe en laissant le bivouac, au loin , à droite. Voilà l'épaule et le crevassé glacier du Mont Blanc. De grosses avalanches l'ont balayé.

On traverse le glacier, l'objectif est de suivre au mieux la trace GPS qui passe en rive gauche. On traverse les coulées et nous voilà dans les pentes raides de la rive gauche. C'est bien, question crevasse, mais c'est raide. Finalement on décide de basculer au milieu du glacier sur les coulées d'avalanche, ça semble passer. Et zou, bibi en tête, avec pour titre le bizuth suicide testeur de crevasse ! Je m’attelle à ma tache avec succès. L'énorme coulée d'avalanche à bien bouché les trous. La progression n'est pas facile mais on avance. Parfois on fait le point pour se mettre d'accord sur l’itinéraire à suivre. L'avantage c'est que souvent encordés ensemble, on n'a pas besoin de longues discussion pour se mettre d'accord. Dernier louvoiement, dernière crevasse, on quitte la partie crevassée, partie que je craignais depuis la menace du gardien. On est passé !!!

On fait une bonne pause, le deuxième couloir du jour s'annonce ! avec encore 700 m. Anne part devant. Je lma suis et nous passons la rimaye tout à droite sans problème avant de tirer à gauche pour se remettre dans l'axe du couloir. On progresse lentement, le soleil fini par faire son apparition. Quelques rares pauses nous avançons, même si Anne râle, le couloir lui parait plus long que prévu. C'est vrai qu'il est long ! (Ce récit aussi non ?)

Le couloir se rétrécit, la neige devient plus dure, on touche la glace dessous, le col n'est plus très loin. Quelques mètres, le voilà. On sait qu'on va dormir là, il y a juste la place pour deux.

Il fait grand beau on est heureux.

On décide d'enquiller tout de suite avec les deux sommets.

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On laisse les sacs au col, j'emmène une bouteille d'eau quelques barres du matos et un piolet et on est parti. Anne se lance, il faut tracer dans 20 à 30 cm de neige. Elle se débrouille avec maestria, se jouant de toutes les difficultés. Elle trouve rapidement le bon itinéraire comme si elle était téléguidée !

On passe sur le second col puis au sommet du Mont Brouillard. courte pause avant de repartir vers la point Baretti qui est à Tataouïne ! (bon en fait je viens de regarder, il y a juste 500 m de distance, mais je vous promets que là haut on aurait dit qu'il ya avait 10 km !!!)

Bref on part et Anne continue ses prouesses, un crampon à gauche, un à droite. Chaque fois que je lui suggère un itinéraire, j'ai faux. Je finis par la laisser me guider avec son sens inné de l'itinéraire(moi qui pensais en posséder un...) Elle parviens même à deviner ce qu'il y a derrière une montagne ! On passe des antécîmes. Des arêtes de neige vertigineuses. Mais on avance pour rejoindre la base de la Punta Baretti.

Ça repart un peu raide, par un couloir. De grands pas permettent de rejoindre l'arête et voilà le sommet : Youhou !!! On fête ça dignement, sans trompettes ni cotillons ! Mais on est content. On va pouvoir revenir au col Emile Rey par l'arête déjà tracée : fastoche.

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Enfin fastoche, c'est vite dit par ce qu'il faut quand même rester vigilant. On opère un court rappel toronnant à la base de la pointe Baretti et on file sur l'arête. On passe les deux pointes non répertoriées, on passe sous le Mont Brouillard et c'est seulement la petite descente sur le col qui nous posera de petits problèmes, des dalles de rochers sous la neige à gérer. Mais aç passe, voilà le bivouac et la pause ? Non, il faut préparer le bivouac et le repas du soir.

C'est là que l'on retrouve notr e belle société machiste et patriarcale : Je m'attelle à la construction du gîte tandis qu'Anne s’occupe du couvert. Je lui crée un petit espace cuisine de moins de un mètre carré (duquel s'il est fait un pas en arrière elle retombe 700 m plus bas sur le glacier du Mont Blanc).

De mon coté, je façonne la chambre, creusant l'arête sur 50 cm et faisant des parois pour nous protéger du vent. Anne m'interrompt régulièrement pour me prévenir d'éviter de traverser la corniche. Mais je suis lancé et satisfait de la tournure du projet : que je nomme Apoutsiak's bivouac's projekt, ça fait plus classe !

Régulièrement, je m'allonge pour vérifier que je tiens (oui parce que c'est sûr, Anne, elle, elle tient large !)

On se fait un petit diner ou j'ai un peu de mal à manger les pattes déshydratée. Je préfère les sprits ! Une tisane et au lit. L'occasion de tester mon matelas rempli d'air et mon super duvet conseillé par Jeff !

Tout de suite, j'ai chaud et j'enlève couche après couche pour me sentir mieux ! Au fond du sac les chaussures sont très désagréables. Je me fais une soirée mp3 tandis qu'Anne ronfle à coté !

Il se met à neigeoté. Pas grave c'est annoncé par la météo et ça devrait s'arrêter... Je emmitoufle sous mon duvet et fini par m'endormir.

Régulièrement l'absence d'air dans le duvet (ou l'excès de CO2 me réveille, j'aère , et je sens qu'il neige toujours. Anne râle régulièrement elle a froid !

Je tente différente solution. La tête dehors, on se fait tremper par la neige, dedans, il faut maintenir une ouverture pour respirer correctement. Mais je dors, par accoup, mais je dors.

Lors de mes réveils, j'essaie de sentir à la main si la neige est arrêtée ou si l'on voit les étoiles, amis rien. Il neige toujours

Nous sommes perdus sur ce col à 4035 m installés sur une petite plateforme de 2 m sur 1 m 50. Avec deux parois vertigineuses de chaque coté. J'imagine un dezoomage géant de notre frêle bivouac vers la terre ! Et me sens alors tout petit, tout fragile !

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

J'ouvre les yeux. Il fait jour.

Anne à coté, grelotte, pourtant emmitouflée dans son duvet. Elle a même eu droit à ma goretex par dessus !

Je regarde l'heure : 7 h ! On n'est pas en avance ! Je m'habille en essayant de rester au sec. Tout st blanc, il a neigé 20 cm de neige. Tout a disparu autour du bivouac sous l'épais manteau blanc. Une fois lentement habillé il faut agir. Je mets en route le gaz pour préparer une tisane avec de la neige. Anne me semble avoir passer une nuit passablement mauvaise, alors que, j'ai honte, mais même si je me suis réveillé régulièrement, je pense avoir pas mal dormi. Elle grelote, je me demande si elle va être en mesure de bouger ! Je commence à chercher nos affaires sous la neige, mon baudard, mes gants ! mes crampons. Le vent est là, glacial, il nous amène un peu de neige supplémentaire. Le temps est gris, on sent que le soleil est levé, mais caché, il ne nous réchauffera pas.

Anne fini par s'extirper de son duvet, trempé. Elle grelotte. Je luis fais boire une première tisane, puis une deuxième. Le gaz a du mal à fonctionner, c'est un vielle appareil et le froid le limite dans la puissance On grignote et on continue de ranger.

Anne est congelée, je tente de la réchauffer. Je pense un peu à appeler les secours s'il elle ne va pas mieux, mais elle fini par prendre le dessus.

On discute de la suite, monter au Mont Blanc par le pic Louis Amédée et le Mont Blanc de Courmayeur semble difficile. Reste à descendre, les deux couloirs gravis la veille me semblent bien longs à descendre. Reste à descendre versant Eccles, inconnu pour nous mais sans doute plus court. On consulte la carte, et on décide de fuir par le glacier du Brouillard sous le bivouac Eccles.

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

On décolle, on passe la corniche, laissant notre bivouac au dessus. Tout de suite, al neige semble hyper pourri, on s'y enfonce par moment jusq'aux cuisses. C'est raide. Il neige. On progresse. Pente à 50- 55° Neige profonde, croutée, inégale ! Mais on avance. Objectif numéro 1 rejoindre le plat du glacier sous le bivouac des Eccles, de là, on avisera.

On y parvient. Je monte sur une sérac en pente douce et essaie de mémoriser u trajet dans les premières crevasses : but du jeux : traverser le premier champ de crevasse et retrouver la rive gauche et la voir normale de montée au bivouac.

On repart pour contourner deux crevasses en rive gauche, on avance., il ya d'énorme crevasses ,des séracs menaçants, on se sent touts petits. on louvoie, un coup à gauche un coup à droite. Le jour blanc nous empêche d'anticiper beaucoup. Quand la pente se raidi , on hésite on essaie de faire rouler la neige pour voir à quelle vitesse elle chute. Les demis tours s’enchaînent mais on avance. A chaque demi tour, on change de leader, derrière c'est cool, il n'y a pas à tracer ! Anne tente à gauche, elle trouve ça trop crevassé, je pars alors sur la droite. Je vois une crevasse en 3 étages. Je descends, le bâtons dedans, puis le pied, en dessous, se retrouve dans le vide. Je remonte réfléchir les deux pieds au sol (c'est mieux que les pieds dans le vide) Je propose à Anne de la mouliner, qu'elle bourrine la rimaye et je passerais quand tout sera au clair. On hésite et on se dit que peut être plus haut, ça passait mieux à gauche pour rejoindre la voie normale.

On remonte mais le passage envisagé est peu avenant. On décide de tout remonter jusqu'au bivouac des Eccles. Et on remonte. Finalement ça n'est pas si long que ça (on n' a pas tant avancé que ça en fait) Mais en haut il faut se rendre à l'évidence. A cette heure avancée avec de al neige jusqu'aux cuisses, une rimaye peut être infranchissable, ça va peut être être (sans doute) opération impossible

Nous voilà, assis sur la neige à 10 m l'un de l'autre. Appeler les secours ? J'envisage sérieusement cette possibilité. Mais en Italie l'évacuation non sanitaire est payante. J'envisage de mentir (je sais, c'est mal, mais j'ai l'honnêteté de livrer toute ma réflexion du moment) et de prétexter une entorse. Le pire c'est que ce matin, si Anne était restée dans le même état, j'aurais appelé sans état d'âme. Mais là, on est coincé comme deux cons sur ce glacier méga crevassé sans parvenir à trouver la sortie ! Et puis, pas classe de finir une course en hélicoptère, est ce que ça la valide ? Et Anne va t'elle accepter de mentir ? Peut être est ce à moi de mentir, je boite un peu, hélicoptère, hosto, radio, rien de grave (forcement il n'y a rien à voir) et hop, on est dehors. (puré il y a des procès en France pour usage abusif des secours. Et là, on est en danger ou pas. On pourrait toujours nous rétorquer qu'on a qu'à rebivouaquer, on a de la bouffe et on sait faire. Ouai, mais Anne, je ne pense pas qu'elle supporte un second bivouac dans elle froid, la nuit d'hier l'a déjà bien entamée ... Et on est sur un gruyère plein de trou, pas l'endroit idéal pour se regrouper pour un bivouac.

Bon l'assurance CAF prendrait en charge l'intervention, à moins que ...

Pourtant ça doit être sympa de descendre en hélicoptère le glacier du brouillard (dernière réflexion faite à postériori !) Puis on serait vite à la maison !...

Bon, on décide de retenter par le bas, et zou, on redescend. On commence à connaître par coeur la zone. Et on arrive à ma crevasse. Il ne faut pas hésiter, je mouline Anne, elle passe la triple crevasse assez facilement. A mon tour, délicatement je pause les pieds sur les frêles lèvres de la goulue (oui, parce qu'elle a l'air goulue) je finis par passer ! Ouf, on continue. Mais à chaque changement de pente apporte une surprise, souvent mauvaise. Il faut louvoyer, revenir en arrière, contourner, se faire extrêmement léger. Deux crevasses parallèles, Anne progresse lentement, stressant. un pied dans le trou, elle ne scille pas. C'est bizzard, on s'est habitué au danger et on avance prudemment mais sans trop de peur. Elle passe, ensuite, si tout va bien on va pouvoir longer la rimaye et rejoindre la voir normale d'Eccles. Ca passe. Je n'arrive pas à y croire et m'attend à voir un nouvel obstacle se présenter devant nous ! Mais non, tous les feux sont au vert ! Enfin , on va pouvoir descendre. Je crois qu'on a mis près de 5 heures à descendre 400 m !

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
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Pause après ces émotions. Je fais part à Anne de mes réflexions. On poursuis sur le glacier suspendu en dévers et raide. Je déteste marcher en crabe, pourtant il le faut. On repart dans un couloir raide pour rejoindre le plat du glacier. A présent nous disposons de mon fichier GPS qui nous permet de progresser sans trop d'hésitation Le plat est court. On retrouve une zone avec des crevasses et un peu de glace. C'est toujours un peu raide, ça doit être ch... de monter à Eccles par là ! Mais il le faudra bien, un jour ...

Derniers névés, on quitte le glacier, voilà le refuge Monzino.

On emprunte le sentier et on rejointe le refuge. L'aboiement du chien du gardien nous annonce. Nous passons 1/2 h à papoter avec lui, moment sympa. Avant de redescendre. Mais cette course ne sera jamais terminée, reste une Via Ferrata "toutdanslesbras) à se taper. L'équipeur a eu l'idée de mettre des barreaux bien régulièrement sauf à certains endroits ! Bref, il faut rester concentré !

Voilà le sentier. Enfin, on progresse tranquillement, la voiture n'est plus loin. J'ai Anne dans les pattes, ça n'est pas pour rien qu'on l'appelle Duracell ! Elle faisait moins la fier ce matin (ben oui, c'est comme une pile, quand il fait froid, ça marche moins bien !) Je sens que si elle passe devant, elle me largue en deux seconde.

Retour, les ponts, et la voiture enfin.

Suis heureux de cette belle aventure, et un peu déçu de ne pas avoir sorti le Mont Blanc par Amédée, je sais qu'il faudra revenir (sans doute par Eccles cette fois ci) pour finir le "travail" il nous faudra encore 3 jours !

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

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Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord 4063 m

Publié le par Apoutsiak

Obergabehorn face Nord

Une des plus belles face Nord des alpes...

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Topo

 

Cabane du Mountet

 

Depuis Zinal parking 1675 m

traverser le pont et suivre la piste qui longe la Navisence en rive gauche (plat 2 km environ)

la piste monte jusqu'au Vichieso, puis redescend pour atteindre un pont vers 1920 m Le traverser et prendre la direction du Grand mountet (c'est bien balisé) le chemin grimpe et passe par les points 2299 m CNS puis 2430 m CNS avant de prendre à flanc. Vers 2600 m une gorge profonde peu poser quelques problèmes avec la neige en début de saison (après la Tsina de Vio) poursuivre au Sud et passer l'éperon qui descend du Besso puis poursuivre sous l'arête du Mammouth et rejoindre la cabane du Mountet.

 

On peut aussi gagner la cabane du Mountet par le glacier en début de saison. C'est ce que nous avons fait pour la descente, mais nous avons beaucoup cherché l'itinéraire en bas au niveau du delta pour rejoindre le pont sous la cabane du petit Mountet. Il faut peut être envisager depuis le pont de rester en rive gauche et prendre au départ la piste du petit Mountet avant de rejoindre le glacier en rive gauche. Ensuite plein sud sur le glacier de Zinal jusqu 'au virage direction Est d'où l'on peut emprumpter la rive droite et gagner la cabane du Mountet 2886 m.

 

un autre itinéraire passe par la cabane du Petit Mountet avant de rejoindre le glacier.

 

Obergabelhorn Face Nord.

 

De la cabane du Mountet

 

Descendre sur le glacier de l'Obergabelhorn (2780 m environ), le traverser et rejoindre la pente raide située en aval de l'arête du coeur 3000 m environ. Remonter ses pentes 45 – 50° légèrement en diagonale à gauche jusqu'à 3500 m environ. On passe alors entre des séracs à gauche et la base de l'arête à droite. Rejoindre plein Sud le pied de la face nord proprement dite. Passer la rimaye remonter au mieux les pentes de la face nord pour rejoindre l'arête du coeur. Remonter l'arête du Coeur jusqu'au sommet de l'Obergabelhorn 4063 m

 

descente :

soit par le même itinéraire

soit par l'arête du coeur

soit par la voie normale et la Wellenkuppe

soit par l'Arbengrat

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Récit

 

On en avait déjà plein les pattes, la veille on avait passé la journée (au sens propre du terme, on y avait passé 23 h) à réaliser la traversée l'aiguille du jardin, la Grande Rocheuse et la Verte, en arrivant au refuge du Couvercle à 23 h 20. Ce matin, descente du refuge à 9 h pour arriver au Montenvers vers midi et prendre le train pour rejoindre la voiture. 1 h 30 plus tard nous sommes à Zinal, et vers 16 h nous « décollons », sans les skis, l'expérience de la Verte nous aura servi de leçon …

Le panneau annonce 4 h 10 de montée. Une arrivée vers 20 h c'est un peu tard, mais bon vu qu'au départ on a une grosse demi journée de retard, on ne se plaint pas. Arrivés au pont on a gagné du temps, le timing annoncé nous laisse envisager une arrivée vers 19 h 45. Et on devrait encore en gagner. Mais nous nous souvenons des deux randonneurs rencontrés dans le refuge du Couvercle, randonneurs de type Oracle, de type, Pythie de Delphe,  « On a du rebrousser chemin il y 2 jours à cause d'un passage exposé » Et malheureusement je ne me souviens plus ni de la cause ni de l'altitude de ce renoncement... On monte, un peu stressé de savoir ce que l'on va trouver. Il y a vite de la neige, et Anne, ma Duracell préférée se met à la tache. En gros, on a réparti les taches de la façon suivante : moi je choisi les courses et je trouve le jour où elles sont en conditions, et elle, elle trace !

Bref ça trace, on s'enfonce un peu, beaucoup, parfois passionnément ou à la folie mais rarement pas du tout. Ce qui fait que notre rythme ralenti mais pas pas notre cardio. Dans cette neige pourrie, c'est usant; en bas, on vise au maximum les portions rocheuses. Mais plus on monte, plus la neige est présente et il faut alors faire au mieux dans le grand blanc. Je finis par prendre de gros relais, ma Duracell montrant des signes de faiblesse. On passe sous le Besso, et je me rends compte qu'il faut encore tirer à flanc jusque sous le Mammouth... loin !

 

Je trace au mieux, loin des pierres, loin des trous (ou presque) Je largue même Anne dans la manoeuvre mais ce qu'il y a de bien, c'est que pour me retrouver, elle n'a qu'à suivre mes traces... Le soleil est couché maintenant, au détour d'un virage, l'Obergabelhorn se dévoile. Le refuge un peu plus tard. Je scrute sa face Nord tout en marchant, hésitant sur l'itinéraire à suivre demain. Voilà le refuge , il est 9 h ½ : 1 h ½ de retard sur l'horaire prévu. La neige ne nous aura pas facilité la tache.

 

A présent opération Buche - feu et fabrique de l'eau. Anne au brasero, moi à la récupération de neige, à 9 h 30 du soir, c'est pas cool. Mais on s'en sort pas mal, il faut dire que le refuge est bien équipé. Nous dinons et à 23 h, nous sommes couchés, réveil à 3 h 45.

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Doux bruit du réveil, Anne pas motivée, elle n'a pas digéré les deux grosses dernières journées. Et quand elle n'est pas motivée, elle le fait sentir par une humeur... délicate... Je fais semblant de rien. Habillage, déjeuner, cramponnage, et départ vers 5 h. Anne trouve qu'on descend trop, j'avais indiqué 2800 m altitude minimale de l'approche et on est descendu à 2780 m quel drâme ! Mauvaise foi !!!  Sa mauvaise humeur est là, je la resens, mais je fais avec. On descend de la morraine du refuge, on s'encorde, on traverse le glacier et on remonte pour trouver la petite face Nord au pied de l'arête du coeur qui semble en conditions, il y a apparament un peu de glace en son centre, mais ça devrait être contournable... (3000 m)

 

On s'équipe tout en laissant les bâtons et un peu de matos en bas

C'est parti pour 400 – 500 m de progression « verticale » 45 – 50° en neige mototone, mais Duracell est devant, à fond, et c'est bien confortable de progresser derrière. On progresse rapidement dans cette face en condition, pas de glace. Par contre tout en traversée légère de gauche à droite. Les mouvements sont répétitifs mais il faut rester concentrés. On sort avec à gauche, un sérac et à droite l'arête, on vérifie notre position au GPS avant de repartir directement en direction de la face Nord en longeant le pied de l'arête du coeur .

On prend à présent le soleil. La Face nord est en fait orientée pas mal à l'Est et baigne de lumière. On l'aborde en biais. Je vois qu'Anne peine. Je prends le relais, fier comme Artaban, c'est pas souvent. Je vais lui montrer qui c'est le patron. Bon alors là, j'avoue que je n'ai pas tracé au bon endroit. C'est à dire que la consistance de la neige était des plus aléatoires... Un coup bien dur, un coup crouté. Et avec ma masse est celle de mon sac à dos (surtout celle de mon sac à dos), j'ai pas mal morfler. Au bout de 10 minutes, tel une bête fourbue, j'ai rendu les armes. L'honneur bafoué, j'ai vu Anne passer devant et relancer l'allure. Le pire, c'est que j'ai vu qu'elle gambadait en restant en surface tandis que je m'enfonçais lamentablement dans la fange. Scrounch, scrounch. Il faut se rendre à l'évidence, elle est plus forte que moi !

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
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Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

La partie gauche de la face est en glace, il semble judicieux d'emprunter la partie droite, qui semble en neige et de rejoindre l'arête du cour à droite du sommet. Un peu moins élégant qu'une face Nord directe, mais c'est tout de même mieux de s'adapter au terrain que de monter bêtement en tirant des longueurs.

A l'approche de la rimaye, la neige poudreuse tassée devient sans consitance. Et Anne se remet à râler, dur de progresser quand on n'a pas d'appui... Finalement ça reporte, et on relance. La rimaye bien bouchée se laisse franchir sans résistance. On tire alors en bais à gauche dans une poudre lourde on l'on pause le talon, plaisir de l'alpiniste qui repose ses mollets, Miam ! Une fois dans l'axe de la pente, on progresse, toujours corde tendue. Elle devant, galopant, moi derrière, hésitant, emprunté, essoufflé. Je tiens le rythme. Anne est tout de même un peu stressé par l'éventuelle présence de glace. A chaque passage ou sa pointe de crampon effleure la douce glace, elle m'annonce « de la glace », me signifiant que si ça continue elle rebroussera chemin... Pas là, pas si près du but. Je ne dis rien et la laisse continuer, vers le haut. La face, qui paraissait pas si haute vue du bas, s'annonce bien longue vue du dedans. L'altimètre semble bloqué. Ca doit être ça et pas notre lenteur. Les portions en glace ou en neige bien dure son maintenant plus fréquentes. Haut de la pente, pas le droit à l'erreur. Deux petits points progressent dans l'immensité blanche, nous sommes seuls dans la face, seuls dans tout cet immense cirque du Mountet.

Voilà l'arête du coeur, fin de la face, je sors comme je peux dans cette neige inconsitante. Le sommet est à portée de main. Nous repartons sur l'arête, un hélico à touriste vient nous survoler, nous devons faire un joli dans le décor, 2 alpiniste sur une fine arête. La neige est un peu croutée. Et le sommet qui semblait si proche, s'éloigne tranquillement, je ne sais par quel phénomène. L'arête est longue mais également la facette terminale. Sans fin. Anne peste devant ces longueurs, je n'en pense pas moins. Mais la cîme fini par s'approcher. Notre quête va bientôt s'achever, je la rejoins …

 

Sommet , youpi !.

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
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Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Je peste devant ce sommet une fois de plus inconfortable. Impossible de s'y tenir assis normalement. Impossible de prendre un précieux repos, sur le petit rocher qui nous sert de siège. Nous, valeureux guerriers, opterions pour un confortable canapé, un royal fauteuil, là un simple caillou pointu permet notre repos... Bilan pause courte. Un sommet, ça devrait toujours être équipé avec un beau rocher plat et à l'abri du vent pouvant contenir une 20aine de personnes...

Quelques photos prises à la va vite, une vidéo. Un nouvel hélico salue notre ascension. J'observe rapidement le dernier gros 4000 Valaisan qu'il me reste à gravir : le Zinalrothorn si proche, sur lequel j'ai déjà buté avec Jeff... Nous entamons la descente, avec un gros avantage, il n'y a plus à soulever son corps vers le haut, la gravité s'occuppe de tout... Suffit juste qu'elle n'en face pas trop !

 

Et zou, on file vers le bas lentement (mais moins qu'à la montée) piolet- piolet, crampon crampon, gestes mécaniques, répétitifs, nous perdons lentement de l'altitude. On retrouve la face nord et ses courtes plaque de glace. La bonne nouvelle c'est que ça passe beaucoup mieux à la descente qu'à la montée. On reste concentrées mais la pression descend d'un cran. J'indique les endroits délicats, et la cordée progresse, quelques hélicos passent, les touristes en auront pour leur argent, on devrait demander une dîme ou un droit à l'image...

 

Replat, pause au soleil, ça fait du bien, on en fait si rarement. On est bientôt sec en eau. On repart pour la petite face. J'essaie d'aller vite, mais Anne se balade. Je fais de micro pauses toutes les 5 minutes. Je vois à présent les bâtons, on les rejoint. On regarde l'heure, ça va être chaud pour Anne d'avoir le train ce soir, mais on verra.

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
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Je repars devant pour le retour par le glacier qui nous semble plus aisé. Le glacier est immense, magnifique entre la Dent blanche et la pointe Durand. On traverse un plateau avant de plonger vers l'étage inférieur. La trace n'est pas trop difficile à faire sans cette neige soupe, mais il faut quand même dépenser pas mal d'énergie, on regrette les skis... D'énormes cascades inaccessibles nous surplombent, nous rappelant notre soif.

 

Replat, Anne repasse devant avant le virage du glacier qui nous permet de voir la cabane du petit Mountet. On suit vaguement des balises Rouges. On s'enfonce de plus en plus dans la neige humide. On finit par se décorder sur une morraine. Je repars loin derrière , Anne ne m'a pas attendue. Je galope, mais mon galop est moins efficace que le sien, elle virevolte sur les rochers, elle glisse sur la neige. Et je vois rapidement que l'écart grandi. Je fais pourtant de mon mieux, chargé comme une mule. Un névé aux bords verglacés et me voilà j'ai chu. J'ai chu à moitié sur de la glace et sur du gravillon. Pas de bobo, juste la hanche et les mains ont touché, mais mon honneur en a pris un coup. Je vengerai l'affront. Le temps de me relever, Anne a progressé. Je ne la vois que rarement dans le dédale de la morraine de cet immense glacier. Je rencontre parfois ses traces dans la neige, ou l'humidité de ses pas sur les rochers. Il me faut à présent trouver seul le passage idéal dans le débrits d'avalanche, les coulées de boue, les morraines aux rochers instables... Au détour d'un virage je la vois qui avance.

 

Et cette eau qu'on entend sans jamais la gouter. Les ruisseaux passent dans les rochers inaccessibles. Horrible.

 

 

Voilà enfin le delta. Ca devrait rouler à présent jusqu'au pont. Loin devant Anne a déjà pénétré la forêt.

 

Je le vois bien pourtant ce rocher instable sur lequel je projette mon pied. Il roule, mon corps peu svelte n'a plus d'appui, je pars en vrille, tel un hélico sans rotor, la chute va être lourde, je le sais. Je m'effrondre sur l'épaule, et sur les mains. L'épaule me fait mal, les mains sont arrachées. Je vois que tout fonctionne mais j'ai quand même morflé. Je me relève penaud et touché dans ma chaire comme dans mon esprit, il me faut à présent repartir, l'épaule endolorie.

Le delta est agréable et plat, il suffit de suivre des méandres à secs. Mais voilà que l'endroit se ressert, il faut à présent remonter.

Au loin Anne m'indique sa présence. Impossible de la rejoindre en direct, je remonte dans les branches piquantes puis les rochers branlants. Pour me retrouver bien trop au dessus. La suite me parrait plus facile si je remonte encore pour gagner un névé. Je glisse sur celui, puis reprends une coulée d'avalanche pour me retrouver dans une épaisse végétation quasi infranchissable (j'ai mis quasi parce que je l'ai franchie sinon je m'en serais abstenu) Les branche me giflent, le sol est instable, j'ai les mollets griffés. Impossible de rejoindre aisément ce maudit pont. Le passage est ardu, jusqu'au bout il va falloir se battre. Je glisse sous un énorme rocher qui menace de tomber si un souffle le touche, je passe tout en priant de ne pas me le prendre. Bataille interminable alors qu'il nous semblait avoir touché au but. Quand enfin je parviens au pont, je n'y trouve personne. Je décide d'attendre Anne qui doit être derrière. 10 minutes plus tard, elle arrive inquiète, elle m'a attendue du haut de son perchoir , je lui explique qu'il était impossible de l'y rejoindre. Nous calculons que pour son train ,c'est raté. Dernière ligne droite, la longue piste jusqu'aà Zinal. Nous passons sous les magnifiques cascades, croisons 2 bouquetins peu farouches avant de rejoindre le village. Ou nous faisons un peu de rangement avant de repartir.

Et, malgré nos bons calculs, Anne aura son train, et je rentrerai tranquillement à la maison.

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Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper

Publié le par Apoutsiak

Montée à ski (petite erreur en ce moi de mai si sec...)

 

Traversée Aiguille du Jardin, Grande Rocheuse, Aiguille Verte

par le couloir armand Charlet et le couloir Whymer

 

23 h de course ! Presque un record pour moi, j'ai déjà passé 24 h sur la Dent du Géant !

Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper

Topo

 

De Chamonix emprumpter le train du Montenvers (35 € aller retour) ou y monter à pied, c'est plus classe !

Du montenvers, 1913 m prendre le sentier qui descend vers la vire des guides, puis les Echelles pour trouver la mer de glace vers 1750 m.

remonter la mer de glace au mieux et gagner la jonction entre la mer de glace et le glacier de Leschaux.

 

rejoindre le pied des échelles des Egralets (2230 m) et les gravir (via ferrata expo !)

Du haut rejoindre la morraine du glacier puis le refuge du Couvercle 2687 m

 

Aiguille du Jardin

Remonter les pentes du glacier sous le mointe, l'évêque puis la Nonne passer sous le couloir Whymper et rejoindre le pied du couloir Armand Charlet (3500 m). Passer la rimaye au mieux (une rimaye se passe toujours au mieux, et pour nous, au mieux, c'était plutôt à gauche, pour le reste, elle était peu engageante...)

Remonter le couloir, 500 de long 50° de moyenne, quelques étroitures sortir au col Armand Charlet à droite 3998 m (c'est plus alléchant à gauche mais après, c'est plus long, ce point a été testé et validé par le petit alpiniste !)

Du col, remonter la pente de neige en suivant l'arête puis gravir le bastion rocheux en face. Une dernière pente de neige ramène au sommet 4035 m

Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper

Traversée

 

Du sommet revenir au pied de la pente de neige finale. Possibilité de réaliser un rappel (hyper coinçable) qui évite une désescalade périlleuse. De là on retrouve la pente de neige que l'on descend. Un rappel (60 m) ramène dans le couloir Armand Charlet que l'on peut gravir à gauche pour rejoindre l'arête. En suivant l'arête de neige globalement plus facile (45 50° tout de même) on rejoint le sommet de la Grande Rocheuse (4102 m... comme la barre des Ecrins) De là descendre versant Whymper 7 ou 8 m on trouve un relais équipé pour les rappels. Le rappel se termine dans la face ouest (pas de relais en bas, un poil merdique) traversée à gauche pour rejoindre le col de la Grande Rocheuse. Puis par l'arête classique de la verte venant du couloir Whymper rejoindre l'Aiguille Verte 4122 m.

Retour au col. Le premier rappel est un peu caché dans les premiers rochers en rive gauche. Tous les rappels sont en rive gauche sur les 2/3 de couloir (rappels de 60 m) basculer alors dans les « goulottes » rappels à gauche et à droite. Le dernier rappel permet de passer la rimaye du Whymper. Descente au refuge puis au Montenvers par l'itinéraire de montée.

Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper

Récit

 

C'est parti pour de nouvelles aventures avec Anne.

Nous nous retrouvons dans la voiture avec Anne. Hésitation sur le choix de la course : Obergabelhorn face nord ou traversée Aiguille du Jardin, Grande Rocheuse Verte. Nous décidons de commencer par la seconde solution , la descente de l'Obergabelhorn devrait être plus rapide et nous permettrai d'avoir plus de temps pour poser Anne à la gare Dimanche soir...

Chamonix, sacs vites faits et biens chargés. Rappel de 60 ski, matos bouffe et gamelle... Lourd. Train pour le montenvers, on est les seuls à ski... Et si on avait fait une erreur. Anne se rend compte qu'elle a oublié ses lunettes de vue, son descendeur et une polaire. Ca commence bien. Rien d'indispensable...

 

On pique nique en haut, au Montenvers, et c'est parti ! Bon, il y a peu de neige en cette fin mai, en tout cas moins qu'en Juin 2013 !!! Plus d'un mois de retard. Alors les skis... Descente aux échelles, descente des échelles, remontée du glacier on parvient à mettre les skis sur le replat. On skiera sur glace. En cherchant en rive droite et après un cours déhcaussage ça skie en continue jusqu'au glacier de Leyschaux. Là il faut baculer à pied pour traverser la haute morraine qui se dresse devant nous. On croise une cordée avec guide. Anne se croute, je fais de même deux minutes après, ben oui, il y a un peu de glace. Ils ont du nous trouver de sacrés pieds nickelés avec nos skis et nos figures. Après la morraine, il faut se rendre à l'évidence : impossible de trouver la moindre langue de neige sur le glacier de Leyschaux et impossible de gravir le glacier de Talèfre par la pierre à Béranger : il n 'y a plus de neige !

 

Direction les Echelles, c'est long et rocailleux, peu pratique avec nos chaussures de skis et nos sacs bien remplis. Pied des Echelles. On décolle. Les premiers passages sont bien vertigineux... Gazeux à souhait.

Un peu de stress, pas mal de concentration, ça passe. De grands alpinistes comme nous impressionnés par un passage rando pour monter à un refuge...

Bref on grimpe, on croise une marmote, on remet les skis et on arrive au refuge du Couvercle qui est visiblement ouvert … Damned. On a porté toute la bouffe et le gaz pour rien !

 

Je pause mes affaires sur une table dehors. Un type patibulaire se retourne... « Guillaume  ?» me lance t'il... Je balbutie "blpblp"...   lui :  « Guillaume Ledoux » Son accent russe est à couper au couteau (en fait il n'est pas russe) « Oui »réponds je. Et il m'explique qu'il est alpineiss de camp2camp, et qu'on a failli faire des courses ensemble, qu'il m'a reconnu grâce aux photos sur le blog. Nous sympathisons, discutons chiffons (ou plutôt montagne, il sort de la goulotte Naya !!!) Et une fois de plus c'est prouvé : je suis une star... notamment au refuge du Couvercle !

Je rentre dans le refuge pour m'annoncer. Le gardien me demande qu'elle course nous objectons, je lui répond l'aiguille du jardin et la traverséé. Un « Ouh là ... » conclue ma phrase « Vous n'êtes pas rendus ! »

Flûte, moi qui pensai que c'était en bonne condition. Apparement des gars on passé un bon moment sur la traversée des courtes gavée de neige. Un long nettoyage de corniche sur les arêtes nous attendrait !

Bon, on en reste à notre activité favorite : Fonte de neige rangement et préparation de la bouffe. Le gardien, sympa nous a fait payé le tarif refuge d'hiver vu que nous pensions que c'était le cas !

 

Et hop; 8 h 40 du soir, au dodo, réveil à minuit, c'est tôt... mais c'est la Verte !

Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper
Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper

Minuit. Dring. Bon on est déjà réveillé car comme à chaque fois, il ya des gens qui se lèvent un quart d'heure 20 minutes avant l'heure officielle et ils font toujours du bruit avec leurs sacs plastiques !

On déjeune et on part les derniers, il y a 5 autres alpinistes sur la verte par le Whymper : on gars en solo et 2 cordées, tous à pied.

 

Nous on est à ski. Perso, j 'ai mis les couteaux. Sachant qu'Anne est une pro du sans couteau, je la laisse décider. 5 minutes après elle me reproche de ne pas les avoir mis... Mais d'habitude elle ne les utilise pas...

Ca grimpe, on est derrière une cordée dont le second est un peu à la peine. Ce sont les gentils d'hier qui se sont occupés de notre eau. Anne a la bave au lèvre; J'essaie de suivre. Je sais qu'il faut tenir l'horaire : objectif : descendre avant 14 h ! On progresse mais c'est long, il ya près de 800 m jusqu'à la rimaye. On finie par larguer la cordée. Au loin, le gars en solo est déjà à la moitié du couloir. Je sens que ce gars là, il va terminer la course de nuit, sans voir la vue !!! Nous passons sous le Whymper et nous retrouvons sous le couloir armand Charlet. On pause les skis et ongrimpe à la rimaye.

 

Au fait, elle passe où cette rimaye...

 

On part à droite, sa gueule béante nous surplombe de 5 ou 6 mètres, en continue jusqu'au Rocher. Anne envisage de passer un passage surplombant mais moins large. Je lui fais pars de mes doutes. Ca sent le but, un an après avec Jeff, au même endroit mais pas pour les même raisons. Ouhaou la loose ! On part à gauche, il semble y avoir un passage. Anne progresse délicatement. Elle s'élève. Les piolets crisses, les frêles crampons peinent à trouver une zone solide où se poser. Elle passe. En second c'est toujours plus facile, d'autant plus que je possède les quelques décimètres de plus nécessaires pour trouver un ancrage solide. Et notez que c'est important d'avoir des ancrages solides car je possède également quelques kilogrammes de plus nécessitants de tels ancrages, qui, si ces derniers n'étaient pas présents, projeterai mon corps dans la sombre guele du monstre. Bref, on est passé. Une grande pente de neige s'étend dans le faisceau de nos frontales.

Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper
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Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper
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Et c'est parti pour 500 m de couloir , un poil monotone, mais le couloir est plus sympa que le Whymper, il y a quelques étroitures, un poil de glace par endroit, pour le reste, il est en bonne condition.. Arrivés en haut, hésitation, on laisse le premier couloir à droite, peu avenant, puis le second, mieux mais pas parfait, pour finir à gauche. Et, mais nous avons eu une idée topissime, il nous suffit à présent de traverser en contournant un gros gendarme pour rejoindre le haut du couloir de droite... Dans du rocher pourri, aux prises solides rarissimes, nous traversons. Anne devant. Moi ensuite. Parfois, je me demande comment elle a fait pour passer, n'ayant pas vu par où elle était passé. On fini après un long moment à avoir contourné le gendarme. Ce fut long, très long. L'attaque d'une belle pente de neige, ambiance magique, sauf que le relai est balayé par les vents et que je suis congelé. Et la congelation est lente, comme la progression d'Anne.

 

C'est mon tour. Le glaçon que je suis peine a retrouvé son état de marche puis se lance. Je rejoins Anne sous le bastion final. Elle repart, bille en tête. Beaucoup de neige comme annoncé. Travail de terrasement pour dégager les prises. Ca grimpe. Voilà mon tour. C'est plus facile, les prises sont dégagées, mais je progresse lentement, assurant chaque mouvement. Dernier relais, dernière arête Anne exulte au sommet, de là où je suis c'est superbe. On y est ! Je parcours les derniers mètres, nous y voici, on est hyper en retard. Tant pis, on devra attendre le regel du soir pour attaquer la descente du Whymper. Ca nous permettra de gravir la Verte tranquille …

Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper
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On redescend la dernière pente et on décide de faire un rappel pour éviter la désescalade. Le rappel se passe, torronne un peu, je rejoins Anne, rappel la corde... qui se coince. Anne ne me laisse pas le temps de remonter, elle est partie. Elle ahanne et parviens à remonter les 15 mètres. Elle décoince le rappel pour s'en faire un petit. Dans le mouvement on a du encore perdre une petite heure... (apparement le coinçage de corde à cet endroit est un classique) Dans l'exercice elle a perdu son altimètre suunto jaune auquel elle tient vraiment (si quelqu'un le retrouve...) On fil rejoindre le col d'où l'on tire un rappel de 60 mètres versant Talèfre. La corde se met à torronner pas mal et on perd du temps. On reprend alors le couloir et nos traces pour retrouver l'arête et, relativement rapidement le sommet de la Grande Rocheuse, la mal nommée, le sommet de ce coté, est entièrement neigeux !

 

Anne découvre le rappel qui permet de descndre vers le col. Et zou, c'est reparti. Elle devant. Moi ensuite. Je décide de m'arrêter dans l'axe de la corde pour la rappeler. Hyper dur.. Anne me rejoint et à deux , avec de grandes difficultés nous parvenons à récupérer celle ci.

On traverse vers le col et la pente finale de l'aiguille Verte où nous arrivons un peu entamé. Et comme toujours aujourd'hui il fait froid. Impossible de rester pour se réchauffer. On décompresse un peu reste à gérer les rappels du Whymper et vu que c'est ma troisième descente, on ne part pas dans l'inconnu. Je donne quelques consignes à Anne concernant l'emplacement des rappels et c'est parti. On trouve le premier un peu caché... mais je le savais !

Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper
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Malheureusement, la corde torronne, je ne sais pas si c'est le demi cabestant d'Anne ou l'âge de ma corde. Mais on perd du temps. Au départ c'était un rappel sur deux. Mais sur le bas c'était presque à chauqe rappel. La galère ! Il fait froid à attendre au relai. Il faut rester concentré lors de l'installation du rappel. Il faut rappeler la corde ce qui tue les épaules (mais réchauffe), limite tendinite... Nous sommes dans le brouillard, puis dessous. Coucher de soleil léger, masqué. Dernier rappel, rimaye merdique, la corde qui fait encore des siennes, j'ai froid. La luminosité a baissé. Je descends dans la rimaye avant de basculer sur la lèvre avale délicatement. Je rejoins Anne, on rappelle une dernière fois la corde. Il fait presque nuit et le brouillard est là. On love la corde, et on rejoint difficilement nos skis dans une neige mouillée ou l'on s'enfonce jusqu'aux cuisses. Il se met à neiger dru, il fait nuit. On rallume les frontales.

 

Je passe devant. Anne a du mal. Visibilité réduite, ski difficile dans cette neige soupe de qualité internationale ! C'est toujours mieux qu'à pied. Au début on vire en conversion. Puis je tente le virage chasse neige. Anne est prudente derrière. Je l'entends raler c'est quelle est vivante, me dis je. On poursuis, la neige devient meilleur. Il neige toujours, dans le faisceau de la frontale, on ne voit que ça, il y a déjà 10 cm de peuffe sur fond sans consistance. On skie en parallèle de la trace de montée, souvent en traversée. Soudain j'entends un cri. C'est Anne, elle est tombée. A moitié dans une crevasse. Je remonte à elle et l'aide à sortir son ski, qu'elle déchausse et que je récupère. Puis elle bascule pour se sortir de cette mauvaise passe. Nous boirons donc le calisse jusqu'à la lie ! On repart, j'ai entendu un gros bruit mais ne sait ce que c'est vraiment. On poursuit, 5 minutes plus tard, un éclair énorme nous ébloui, le tonnerre quasiment synchrone, une sorte de Grand blanc juste devant les yeux . Stressomètre au maximum. Gestion du stress au maximum également. Ca a du tomber sur l'évêque ou la Nonne me dis je. De toute façon il faut descendre. 5 minutes plus tard, rebelote, mais en un peu moins fort, on sursaute bien quand même. Chacun sait qu'il a deux piolets judicieusements rangés commes des paratonerres sur son sac à dos.

J'ai l'impression d'être une brochette attendat son tour...

 

Descente plus raide, je me lance dans des virages, me méfiant des ce qui pourrait être une crevasse. On poursuit à flanc pour la dernière combe. La neige est hyper soupe et je plante les skis dedans en ayant du mal à les ressortir.

Il me semble voir le rocher du refuge. Mais ça reste assez confus. On retrouve le refuge d'été.

Puis le sentier. Je déchausse pour les derniers mètres, j'arrive au refuge d'hiver, 23 h 21, un gars m'ouvre la porte... Je lui mets le spot de ma frontale en mode XXXL dans la tronche pour le calmer ! Il est étonné, pas tant que moi. Je rentre mes skis mes bâtons. M'enquiert de savoir si des gens dorment. En fait il ya juste deux randonneurs en goguette. Je m'affalle sur une chaise. Il me demande des infos sur notre course et me file à boire. Ce que c'est bon. Je grignotte 3 coquillettes au sens strict du terme. Anne avale le reste.

Je me change avant d'aller me coucher

Quelle journée

Le vent tape dans le refuge. La neige fondue raisonne en coulant goutte à goutte sur celui ci, ambiance de fin du monde, mais nous sommes à l'abrit !

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Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper

Je cauchemarde de la descente, des vires enneigées, des échelles des Egralets verglacées, des rochers humides et glissants.

 

8 h, j'ouvre un oeil, le toc toc des gouttes sur le refuge n'annonce rien de bon. Je me lève, en fait, il fait grand beau ! C'est juste la neige qui vient taper le toît de la batisse.

On déjeune tranquillement avec le reste de nos vivres de course et on quitte le refuge vers 9 h sous le soleil et sur les 20 cm de poudre tombés hier. Malheureusement, la couche masque les obstacles ,et Anne débute la descente par une belle chute due à une grosse touchette.

De toute façon, la partie ski ne dure que 5 minutes, nous voyons au loin nos randonneurs nous observer. On déchausse et c'est parti pour de la rando obélix, c'est à dire avec un gros Menhir dans le dos. Avec mon poids faut peut être que j'envisage d'acheter des brais aux lignes verticales : ça aminci parait il.. Anne file devant, elle ne change pas ma Duracell. Derrière, je flane à regarder le paysage, les chutes de pierre sous l'aiguille du Tacul, les marmottes voraces, les chamois anxieux.

 

 

Voilà les échelles, je sens Anne inquiète. Je passe devant, ouvrant la voie, mais il n'y pas grand chose à ouvrir, suffit de suivre les portions de métal. Staline , voilà mon nouveau surnom. Nous progressons délicatement, nous savons que les passages délicats sont en bas. Anne râle, elle déteste ces portions exposées, elle n'a pas le mousqueton assez large, bref rien ne va ! Les marches écrasées par les chutes de pierres successivent, sont complètement inclinées, ne laissant qu'une faible surface pour le pied et une faible confiance à l'alpiniste. Le sac menhir nous tire en arrière vers le vide, les bras tétanisés sur le métal rouillé. Les muscles saillissent ! Le passage délicat est là. J'utilise discrêtement ma vache pour vaguement sécuriser mon passage, les deux pieds sur une petite marchette, le corps au dessus du vide. Ca passe, Anne me suit. Dernières échelles, tout se passe bien. Nous voilà sur le plancher de Leyschaux, à nous la bonne vieille cailllasse.

 

Pour le retour nous suivons les cairns qui nous ramène à proximité de la mer de glace. Je décide de couper dans la morraine pour pouvoir mettre les skis, et ce qui fut dit fut fait. Pour le reste : ski sur le glace bien bosselée, bien désagréable, ça en met plein les cuisses ! Anne peine une fois n'est pas coutume dans cet exercice de bourrin. Je fais régulièrement des pauses. Nous rejoignons la rive droite de la mer de glace et son torrent qui sert de terrain de jeux aux alpinistes débutants. Ils nous regardent éberlués avec nos skis alors que l'été est déjà installé. Mais nous progressons vite. Court déchaussage pour passer par le torrent. Descente sur de la glace un peu raide mais bien vive. N'ayant pas sortis les crampons, je vois des guides aspirer à ce que nous nous vautrions pour montrer à leur cleint ce qu'il ne faut pas faire... Mais notre technique bien qu'imparfaite nous permet tout de même à franchir l'obstacle. Encore un peu de ski, encore un peu de marche et voilà les échelles. L'effort est dur après ces deux journées de montagne. Le souffle est court. En haut trailers en goguette hésite à se lancer dans la descente. Un seul tentera l'expérience des échelles. Pour eux ça restera l'exploit, pour nous il est plus haut, à chacun son Everest !

Encore quelques centaines de mètres. Anne et partie devant. Nous commençons à croiser des touristes. Voilà le train, celui de midi 30 , un peu d'attente, juste le temps de refaire son sac et nous voilà en direction de Chamonix avec un programme en étapes :

 

1°) mettre tout dans la voiture

 

2°) traverser en voiture de Chamonix à Zinal

 

3°) Refaire les sacs

 

4°) Monter à la cabane du Mountet

 

La journée va être longue

 

à suivre

Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper
Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper
Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper
Alpinisme : Traversée Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte - par le couloir Armand Charlet et le couloir Whymper

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Alpinisme : Lenzspitze Face Nord Nord Est

Publié le par Apoutsiak

Ca faisait un moment que j'avais repéré cette magnifique face Nord. Et depuis quelques jours ils semblait que les conditions étaient parfaites. Et comme "les faces Nord c'est comme les fruits, il faut les cueillir quand ils sont murs" , ben on est allé trainer nos guêtres du côté de Saas Fee et on n'a pas été déçu !

cette course fait parti d'un périple de 5 jours

Les épisodes précédents :

Piz Bernina Biancograt 4049 m

Sur le fil à3900 m : du Piz Argient au Piz Palu

 

Elle est belle, hein !

 

Vidéo

Topo

 

Cotation : D III 3c

Mischabelhütte 3 h 15

 

Lenzspitze 4 h20

traversée sur le Nadelhorn : 3 h 10

Descente à la cabane 1 h 30

Total 9 h

 

Mischabelhütte 3335 m

De Sass Fee, gagner l'église (au mieux)

prendre le sentier qui monte vers Trift puis Schönegge, de là suivre celui qui va vers le Distelhorn (il passe à l'ouest du sommet) le sentier est excellent et bien indiqué de l'église de Saas Fee, jusqu'à la cabane. Le sentier est excellent dans cette première partie !

Ensuite suivre le balisage (excellent et très rapproché) sur une sorte de via ferrata qui suit en gros l'arête qui mène au refuge.3335 m

 

Lenzspitze

Du refuge, remonter la sente derrière celui ci et gagner le Hohbalmgletscher. Longer le Scwartzhorn et gagner le plateau glacière (3600 m ) Gagner le pied de la face Nord et la Rimaye plutôt à droite

Remonterer au mieux la face Nord 50° de moyenne sur 500 m

Pour mémoire nous sommes sortis à 150 m environ au Nord du sommet.

De là sortie gagner le sommet par une arête neigeuse , parfois en mixte, très effilée !

 

Traversée sur le Nadelhorn

Suivre l'arête Nord Ouest qui permet de gagner le Nadelhorn

Arête mixte. Les gendarmes sur le Nadelhorn sont plus technique sur le coté Nord , ils sont équipés pour d'éventuels rappels ou assurance ! passage en III + .

 

Descente

Le sommet du Nadelhorn se descend soit par l'arête Est soit légèrement dans son coté Nord. Puis suivre l'arête (attention corniches) jusqu'au Windjoch 3845 m.

Du Windjoch on bascule sur le Hohbalmgletscher et on rejoint facilement la trace de montée (crevasses dans la pente raide (entre autre)

Topo photo Face Nord de la Lenzspitze Nadelhorn

Topo photo Face Nord de la Lenzspitze Nadelhorn

Carto , fichier GPS

Fichier GPS au format GPX

Récit

Notre périple a commencé il y a 4 jours, par l'acension de la Bernina par la Biancograt, puis par la traversée des 3900 m de l'arête du Palu pour redescendre . Une nuit dans un hôtel à Laax et 3 heures de "route qui tourne" nous amène à Saas Fee (Route magnifique en vert sur la carte michelin mais qui tournait beaucoup) La météo reste indéchiffrable, je pars sans trop d'espérance, on verra bien !

Voilà le parking (l'un des plus moche du monde dans l'un des plus joli village du monde), on refait les sacs, on stocke une pile de broches à glace. Décollage. On se perd dans les méandres des ruelles du village, encore endormi alors qu'il est déjà midi. On parvient arpès quelques hésitations à rejoindre l'église, où un panneau indicateur est sans équivoque, Mischhabelhütte 4 h 15 ! On n'est pas rendu !

C'est parti d'abord sur une route goudronnée, puis le passage dans une forêt parsemée de fil électrique à chevaux nous pause quelques problèmes (on s'en sort quand même ) Ça grimpe, ça grimpe même dur. Le sentier commence par louvoyer un peu pour passer un gros torrent puis devient idéal, la pente parfaite pour progresser vite ! Nous avançons. Je programme la pause pique nique pour 2300 m (laissant ainsi 1000 m à faire pour gagner le refuge) mais vu qu' 2250, je trouve le rocher idéal pour opérer une pause, je change mon fusil d'épaule et pause le sac !

Le village de Sass Fee s'étend à nos pieds, à droite les télécabines que nous aurions pu prendre pour nous éviter une bonne heure de marche, mais cette solution n'a même pas été évoquée, je connais trop bien Duracell ! Pourtant, les autres alpinistes, ils n'ont pas hésité, eux ! En plus on aurait gagné une heure pour pouvoir glandouiller au refuge et faire une sacrosainte petite sieste...

Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte
Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la MischabelhütteBouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte

Bouquetin - en montant la Via Ferrata de la Mischabelhütte

Nous repartons dans les lacets, croisons un chamois qui fait sa pause pique nique.  On papote tranquillement et on rejoint la Viaferrata avant laquelle on dépasse un groupe compagnie des guides de Chamonix en grande tenue (3 guides et une dizaine de clients !)

Viaferrata facile, mais il ne faut pas s'en coller une, c'est sans filet !

Je reste devant mais au cours d'une pause vidéo (à l'échelle , Anne me dépasse et... me largue) Je la vois, loin devant, à fond, je sais qu'elle va engloutir les 2 3 cordées qui nous précèdent.

A mon rythme, je progresse, je rattrape une cordée qu'elle a dépassé il y a 10 bonnes minutes. Je leur dit "vous avez vu passer une fusée" le gars ne parle pas le Français mais a vaguement compris mon propos, il me fait deux cornes avec ses mains , un chamois ! Ben oui, elle galope la cocotte ! On approche du refuge, je la vois loin au dessus sprintant pour dépasser une dernière cordée avant le refuge, elle est impitoyable !

Je la rejoins quelques minutes plus tard. C'est le moment séchage rangeage avant d'entrer dans la Mischhabelhütte

 

 

 

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Comme d'hab, je monte pour m'annoncer

Et là, je suis accueilli par Scarlett Johanson, aide gardienne à la Mischhabelhütte. Je me mets à bafouiller, heureusement, je peux mettre ça sur le compte de la fatigue. Elle m'explique l'heure du diner, le positionnement de nos couchettes, le petit déjeuner. je n'entends rien, mes yeux plongés dans les sien ! Quelle grâce, quelle légereté, je suis tout chose (puré si Sandrine lit ses lignes, je suis mort !... Heureusement ça n'arrive pas souvent et en général, je lui livre une version édulcorée (pour édulcoré, lire censuré...)(Je rappelle ici qu'il s'agit du version romancée... bien entendu)

 

Anne me rejoint, et se rend compte de mon trouble, elle râle, trouvant le prix de la nuité trop élevé. Moi, je nage dans le bonheur, les yeux  dans ceux de ma Scarlett, ses lèvres pulpeuses, sons sourir ravageur, son parphum ... J'entend à peine les récriminations d'Anne, trouvant ceux ci déplacés !

Ah Si ce moment pouvait durer une éternité...

Je ne sais pas comment Anne a réussi à me faire quitter la zone d'accueil ...

 

Non Scarlett, notre idylle débutante n'est pas déjà finie... Scarlett Je...

 

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On se retrouve dans un chouette dortoir, sous la fenêtre (position stratégique pour gérer l'alimentation en air de la communauté) Il y a là des Français, des Italiens et à coté de nous, 2 allemands en pantalon en velour ! En plus la technique est particulière, il est monté en pantalon de toile pour le remplacer une fois au refuge par un pantalon en velour, à l'ancienne (je n'ose imaginer le poids de son sac..)

 

L'heure du repas arrive, 18 h, malheureusement, ça n'est pas ma Scarlett au service mais sa soeur ! C'est efficace et bon ! On se retrouve à 19 heures dans les dortoirs à écouter des MP3 tout en rigolant comme des baleines (les futurs musiques des vidéos !)

 

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2 h 50 réveil, c'est Anne qui me secoue. Je lui réclame 2 minutes. On s'habille dans le noir avant de filer dans la cuisine. C'est encore la soeur de Scarlett à la manoeuvre. toujours aussi sympatique et efficace mais... ça n'est pas Scarlett ! Je machonne mon pain à la confiture pendant de longues minutes. Le déjeuner a du mal à passer. On s'équipe dans le monde et on sort du refuge.

 

Et là, on regrette de ne pas avoir repéré le début de la course du lendemain la veille au soir dans la lumière.

Bref, on tourne comme des malheureux autour du refuge... De longues minutes... et on fini par trouver les frontales ! Il y avait un sentier au bout d'une passerelle ! L'air est frais, les frontales alignées , il fait nuit noire. Au loin, un énorme orage éclair l'italie, les éclairs font des flashs qui nous éclairent aussi... c'est pas gagné !

On rejoint rapidement le glacier, et vu qu'on pensait qu'il fallait remonter sur les rochers, on ne met pas les crampons... erreur ! Bref, on monte en mode rando le bord du glacier sur la neige gelée parsemée de traces de descentes de la  veille. Au passage on dépasse quelques alpinistes.

Au début tout va bien, ça n'est pas raide. Mais ça s'incurve. De plus en plus difificile ! Avec deux bâtons et les semelles Vibram, c'est chaud, et la chute peut couter cher. Je décide de mettre les crampons et de sortir un piolet. on fait ça rapido mais en pleine pente, ç'aurait été mieux, à plat, tout à l'heure ! On le saura pour la prochaine fois !

Frontales sur le glacier

Frontales sur le glacier

En crampons on avale les derniers mètres raides avant le replat du glacier où on opère une pause encordement. Il y a de la neige fraiche 15-20 cm de poudre. Au loin on voit deux cordées un peu en dessous de la face. Leurs puissantes frontales balayent presque toute la face ! à droite, des cordées sont déjà haut sur le Nadelhorn, ils vont arriver avant le lever de soleil à ce rythme !

Nous avons loupé la bifurque pour la face Nord, on doit tracer pour rejoindre la trace de nos prédécesseurs. au loin on aperçoit leurs frontales, ils sont aux prises avec la rimaye, sans doute lugubre ! Après un long moment, des hésitations, l'un d'eux s'élèvent, ils sont passés !

A notre gauche, une autre cordée prend la direction de la Face nord. Le gars n'a pas une frontale, il a un phare !!! Quand il lève la tête, il éclaire toute la face !

Nous progressons au milieu de tout cela, plutôt loin des autres cordées.

A présent nous sommes dans les coulées d'avalanche de la face nord, chaque pas est plus difficile. Nous approchons de la rimaye. Dernière pause avant la face. Nuit toujours aussi noire. C'est parti, Anne est devant (c'est notre technique pour aller plus vite), elle passe la rimaye, Un Grand Pas, et comme dirait Neil Armstrong : "Un grand pas pour Anne, un petit pas pour l'humanité..." et l'humanité, c'est bibi ! Trop facile, pourtant elle avait une salle gueule, cette rimaye.

On remonte en ascendance à gauche pour retrouver l'axe de la face, si tant est qu'il y ait un axe, la face est tellement grande ! De toute façon, on suit bêtement les traces de nos prédécesseurs. La neige est bonne, en traversée, on enfonce juste les pointes des crampons mais ça tient.

Dans la face Nord de la Lenzspitze
Dans la face Nord de la Lenzspitze

Dans la face Nord de la Lenzspitze

C'est parti pour les 500 m de face, en ponte avant. Parfois il y a de belles traces, d'autre moment il n'y en a pas ou peu ! Les 2 piolets ancrent bien, les crampons aussi, c'est monotone mais j'adore ça ! Un crampon - l'autre crampon - un piolet l'autre piolet, je souffle et je recommence. La montée est agrémentée de spindrifts (micro avalanches) qui donnent un caractère alpin à la course... Nous faisons quelques trop rares pauses photos. Le soleil se lève doucement, sans réellement se lever : il fait gris ! On aperçoit au loin nos prédécesseurs en haut de la face alors que nous n'en sommes qu'à la moitié.

Mais c'est le bonheur. On est bien, là, au milieu de cette gigantesque face Nord ! On se met à chanter les musiques écoutées hier soir au MP3, en entrecoupant chaque chant haletant de nos rires. Si quelqu'un nous a entendu il a du se demander ce que c'était. Ben c'était nous, et on est pas des Ténors de l'opéra, mais on était heureux !

Les spindrifts nous balayent régulièrement.

Il faut taper les crampons pour retracer. Les mollets chauffent.

Parfois quelques bouts de glaces viennent dégringoler la face.

On rejoint la zone mixte de la partie supérieur où les rochers affleurent. Un peu plus technique, appuis moins francs et parfois désagréable. On progresse, toujours corde tendue. Il y a par endroit un peu de glace. Derniers mètres, voilà le haut de la face. Anne filme ma sortie. On passe d'un haut de la face à 55° à une fine arête. Ambiance.

On n'est pas au sommet.

Et c'est parti pour une fine arête de neige avec quelques passages rocheux. Jamais très dure mais souvent impressionnant ! Quelques pas de mixte, des passages à "un pied devant l'autre sans s'accrocher les sangles des crampons ni les guêtres"

Et dans l'un de ces passages, je me rends compte que les piolets techniques, c'est très bien, mais sur une arête, c'est nul : c'est trop court. Et je me jure de repasser à l'Alpenstock lorsque je me retrouverai sur la prochaine arête (pas sûr que ça soit génial dans les faces...)

Voilà le sommet de la Lenzspitze, nous sommes heureux. Tant d'année à préparer ce projet, le voici enfin réalisé !!! YES.

Nous observons les cordées sur le Dom, celles sur le Nadelhorn Panorama splendide !

dans la face nord de la Lenzspitze

dans la face nord de la Lenzspitze

Sur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze
Sur l'arête puis au sommet de la LenzspitzeSur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze
Sur l'arête puis au sommet de la LenzspitzeSur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze

Sur l'arête puis au sommet de la Lenzspitze

Il fait froid, la pause est coute (comme toujours) on file vers le Nadelhorn, annoncé à 3 h d'ici. On repart à l'envers, sur l'arête. on croise la dernière cordée qui semble bien pataude. Le premier de cordée me projetant presque dans la face Nord afin d'avoir un bon passage. Pourtant j'avais déjà les talons au dessus du vide ! Ils n'ont par à l'aise, ni efficace dans leur assurance. Une fois croisé nous filons. Les passages se succèdent. Jamais faciles mais jamais extrême, toujours superbe (Amazing !).

 

Nous parvenons au col entre la Lenzspitze et le Nadelhorn et remontons les gendarmes du Nadelhorn.

Montagnes Russes, régulièrement il faut redescendre les gendarmes et perdre l'altitude précieusement gagnée.

Nous adoptons une technique personelle mais efficace pour nous dans ces descentes (oui, les descentes sont en face Nord un peu verglacées et sont les parties les plus techniques de la course) Je descend en premier en desescalade, Anne m'assure du haut sur des pieux judicieusement placés. Si c'est facile, je l'assure pour qu'elle descendre elle aussi en desescalade. Si c'est technique, je la mouline., elle se vache, se décorde, on récupère la corde et on repart !  Les maneuvres de corde sont chronophages mais par cette méthode on reste assez efficace.  Les gendarmes sont avalés les uns derrirèe les autres. On opère une dernière pause à l'abrit du vent (ou il fait assez froid sur l'arête) pour manger et boire, et on file pour gagner le sommet du Nadelhorn !  Et RE YES !

3ème Nadelhorn pour moi, après un Nadelhorn à ski il y a deux ans et un autre par la chouette et longue Nadelgrat l'année dernière avec Anne.

 

Pas mal d'émotion au sommet, nous savons le gros des difficultés derrière nous, la course a été magnifique, technique et longue. Nous sommes à notre place sur ce sommet !

 

traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn
traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorntraversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn
traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn

traversée Lenzspitze Nadelhorn et sommet du Nadelhorn

On attaque la descente, concentrés, sur l'arête. Le mixte sommital est avalé. Une cordée en dessous en provenance de la Nadelgrat  passe devant nous.

Voilà l'arête de neige, attention aux corniches !

On reste concentrés mais on file. On rejoint le col on bascule versant Mischhabelhütte puis on opère une pause près d'un autre cordée qui a fait la face Nord. "Dire qu'on a gravi cette face !" lance le guide. Même lui semble impressionné ! Elle est belle, presque parfaite !

On grignotte, se déshabille et rallonge l'encordement.  Traversée du glacier avec quelques trous !  puis descente vers le refuge. RAS ! Voilà le refuge. On décide de pique-niquer et de refaire les sacs avant de redescendre.

 

Je passe voir les gardiennes pour leur dire qu'on est bien rentré. Elles s'inquiètent de la position de la quatrième cordée (les patauds de l'arête). Je les ai juste vu lorsqu'ils en étaient à la moitié puis les gendarmes m'ont empêché de suivre leur progression. Ils ne sont pas rendus. Pas de nouvelle de Scarlett, notre idylle platonique s'arrête sans doute là !

En tout cas l'accueil fut top à cette Mischhabelhütte.

 

Sous le Nadelhorn

Sous le Nadelhorn

Après le "pique nique", pique nique est un bien grand mot car on n'a pas mangé grand chose... on est reparti pour la descente. La "Via ferrata" est avalée, puis nous retrouvons le sentier, parfait ! Nous croisons un homme agé de 75 ans environ qui monte muni d'un piolet ! Le rythme est régulier, impeccable. Pas sûr que je sois moi même capable de gravir le Nadelhorn à 75 ans ! Respect !

Le sentier est excellent. Saas Fee s'approche lentement. Nous déposons un des allemands à coté duquel nous avons dormi. Il boite et marche lentement, dans sa souffrance.

Voilà déjà Saas Fee, il y a une fête de village, et nous sommes accueillis en héros au son de la fanfare ! Nous remontons la grande rue, puis rejoignons le parking. ou il faut trier et ranger le matos avant de prender la route de la maison !

 

Merci anne pour cette belle course partagée !

Windjoch, vue sur la face Nord de la Lenzspitze

Windjoch, vue sur la face Nord de la Lenzspitze

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Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m

Publié le par Apoutsiak

Une des plus belles arêtes des alpes

Après un but il y a 3 ans (avril 2011), l'objectif était de réussir le 4000 le plus oriental des alpes (et le plus loin de chez moi), je n'aurais plus à y revenir. J'y a joutais une belle arête à 3900 m le lendemain pour faire une belle balade autour des 4000 m !

 

Vidéo

Topo

Refuge

Depuis Pontresina (parking payant partout, se garer vers la gare, 6 CHF par jour)

Possibilité de monter en calèche jusqu'à Roseg, pour les faignants et les non-radins (18CHF par personnes et 5 CHF le bagage !), ça gagne 1 h 15. Pas trop dur à pied

De Roseg suivre le sentier à gauche qui amène vers la moraine du Vadret da Tschierva et rejoindre le refuge : cabane de Tschierva 2584 m.

 

Biancograt

Le sentier pour rejoindre le glacier n'est pas évident, tout est bien expliqué au refuge. Il est bien balisé !

Partir droit sur une 50 aine de mètres prendre à gauche (attention, tout droit, c'est direction le Piz Roseg : ne pas prendre !!!) Remonter passer deux barres (équipement) (on remonte jusqu'à 2800 m environ) puis le sentier prend à flanc. Poursuivre jusqu'aux abords du glacier . ne pas prendre à gauche trop tôt) Gagner le glacier passer la rimaye et rejoindre par un couloir étroit la Fuorcla Prievlusa à 3427 m (col entre le piz Prievlus et le piz Bianco).

Du col le premier gendarme se contourne par la droite, les deux suivants par la gauche, on gange alors la Biancograt proprement dite, arête de neige à 45 °. remonter l'arête jusqu'au piz Bianco : 3995 m. De là suivre l'arête légèrement en contrebas à gauche puis traverser 2 ou 3 gendarmes (descente en rappel) avant de remonter au sommet du Piz Bernina 4049 m par une dernière pente raide mais facile lorsqu'elle est en condition.

Descente :

rejoindre la Spedla (4020 m) par une arête aérienne mais esthétique. Puis descendre l'éperon Est de celle ci (III maxi) rappels possibles On rejoint alors le refuge Marco e Rosa par les pentes douces du glacier 3597 m

Carto fichier GPS

Fichier GPS au format GPX

Récit

Et nous voilà repartis pour la Bernina. J'ai réussi à convaincre Anne de faire le long déplacement vers l'Engadine, lui ventant la beauté de la Biancograt et de l'arête à 3900 m entre le Piz Argient et le Palu pour le jour suivant. La dernière fois nous avions pris un but météo avec Steph et Sophie , pas question de prendre un but cette fois ci, la météo est incertaine comme chaque jour en cet été 2014.

A 14 h nous arrivons à Pontresina, je décide d'aller prendre le ticket de parking. Une boite à ticket pour tous les gens garés près de la gare, et vu qu'on est à près de 200 m de son emplacement... flûte, ça ne prend pas les billets... retour à la voiture (400 m) je prends mon porte monnaie... Je refile (600 m) Je commence à lire les instructions, flûte, il faut le numéro de place de parking Aïe, retour (800 m) j'en profite pour passer par les toilettes (gratuites !) de la gare. Anne se fou un peu de ma tronche le temps que je reparte avec le numéro de place de parking en tête. Un peu d'allemand avec le parcmètre et je récupère mon précieux ticket. Ouf (1200 m) "C'est comme ça, c'est pour moi !"

(et noté qu'ici, on a encore officiellement pas marché !)

Je m'équipe avec un peu de retard (oui, notez qu'Anne a eu le temps de faire et refaire son sac pendant mes différents allez retour) Me voilà prêt , à l'arrache, on est parti, on laisse les carioles à touristes (ben oui, nous on fait de la montagne "by fait mean" par souci écologique et aussi par souci économique... à 18 CHF par personne et 5 CHF le sac les 5 km on a trouvé que ça faisait chèr l'heure de gagnée. On refera pareil à la descente en se tapant la descente de la Diavolezza à pied, sous le téléphérique ... puis stop pour le retour à Pontresina, mais ça, c'est une autre histoire (voir "sur le fil à 3900 m")

Cabane Tscherva - Piz Rosegg
Cabane Tscherva - Piz RoseggCabane Tscherva - Piz Rosegg

Cabane Tscherva - Piz Rosegg

Donc nous sommes partis sur le bien nommé chemin "carrossable" étant donné qu'on y croise moults carrosses (mais aussi pas mal de VTT)

Nous croisons quelques larges calèches (un gros commerce lucratif de la valéle visiblement) et en 1 h 15 nous avons économisés nos 23 CHF chacun (20 € environ)

Petite pause avant d'attaquer la montée (ben oui parce qu'avant c'était plutôt plat) Anne me laisse devant (sans doute pour éviter de me larguer trop vite) Nous progressons tout en admirant le paysage, le piz Roseg et sa face nord apparaissent, au loin nous essayons de distinguer la cabane Coaz où j'étais passé lors de notre raid à ski.  Ca fait du bien de se lancer dans un grand projet. Nous croisons quelques randonneurs, je fais une courte pause photo, Anne passe devant et me largue... ça sert à quoi le fait que je me sois tapé de faire du trail tout l'hiver pour ne pas vois mes progrès le jour J...

Dernière boucle et arrivée au refuge. Accueil excellent. Dortoirs petits et confortables (8 places) comme j'aime. Le temps de quelques étirements, de relire le topo. D'essayer de faire comprendre à une suisse Allemande en allemand que ça serait plus simple si elle dormait à coté de son guide plutôt que sur deux places séparées (bon, elle a feint de ne pas comprendre, je ne sais pas si son guide avait une haleine de chacal ou quoi, mais impossible de la faire changer d'avis ...)

Seul doute, on doit être une petite quinzaine de cordée sur la Biancograt et Anne décide qu'on partira les derniers. "Comme ça on ne bouchonnera pas". J'ai des doutes concernant cette tactique mais ne lui en fait pas part. On risque de rattraper des cordées plus lentes et de bouchonner quand même. A la fois on n'est pas pressé...

Un bon repas plus tard, on file au lit, Réveil 3 h !

Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m
Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 mAlpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m
Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m

2 h 30 une cordée se lève, la suivante à 2 h 40 puis 2 h 50... a 3 h la salle à manger est vide, tous partis. La Tête dans le ... je m'approche du buffet. Dur, petite nuit, l'impression de ne pas dormir. La gardienne vient à mon secour et m'explique le fonctionnmeent du petit déjeuner. Je vais devoir vraiment une tête des mauvais jour... (merci à la gardienne)

On décolle à 3 h 50... les derniers (comme prévu).

Je me fais le début devant. Le sentier est bon, bien balisé. On hésite peu de temps sur une dalle mais ça passe, c'est ça l'inconvénient de ne pas suivre les guide, il peut y avoir quelques hésitations. La nuit est noire, les cordées précédentes loin de nous. On se retrouve sous le Piz Tschierva, on voit au loin les cordées qui vont au Roseg et plus proches, celles qui nous précèdent. Il fait tiède et sombre, pas de lune et pas d'étoile il y a des nuages au dessus de nos têtes. J'ai chaud. Nous rattrapons une cordée (couple). Lui "Vous êtes la dernière cordée ?" Anne "étions !" Lui : "Ah !" Je dépasse sa dulcinée qui est à l'agonie. Si proche du départ, la journée va être longue pour elle...

 

Nous rejoignons une seconde cordée. qui tire à gauche dans des éboulis pourris (très pourris) Étonnant vu que le sentier était excellent jusque là ... Je me fais un coup de GPS tandis qu'Anne poursuit à flanc. dans les barres. Perso je décide de contourner l'obstacle en revenant sur mes pas. Bizarrement les deux autres cordées suivent mon choix tactique. On repasse dans les éboulis hyper pourris et on rejoint la trace 50 m en dessous.

On contourne les barres par dessous puis on remonte. je scrute pour voir si je vois la frontale d'Anne. Je l'appelle, au départ pas de réponse puis je l'entends. nous nous rejoignons et poursuivons vers le haut. On vient de perdre un bon quart d'heure dans la manœuvre. Les vires suivantes sont faciles. Voilà le glacier. Nous finissons par nous encorder. Le couple est loin derrière, les deux autres nous passent devant. Anne prend la tête, direction la rimaye(un bon pas) puis la remontée vers le col sans problème. Nous retrouvons la deuxième cordée. Dès la base du premier gendarme nous les dépassons (à priori Anne a su trouver les mots pour les convaincre de nous laisser dépasser)

Le premier gendarme présente des passages d'escalade un peu gazeux, d'autant plus qu'il fait froid et que c'est mieux de garder les gants.

Biancograt
BiancogratBiancogratBiancograt

Biancograt

On file vers le haut. Anne galope, j'essaie de suivre. J'ai l'impression quelle connait la course et qu'elle l'a déjà faite. Pour elle, l'itinéraire est évident alors que j'hésite derrière. Chaque pas d'escalade est une hésitation, ne serait ce pas meilleur là, quelques mètres plus à gauche... On bascule à gauche, vue magnifique sur les glaciers, les sommets de Bellavista au Palu, prévus demain. Un névé suspendu nous permet un contournement aisé du dernier gendarme !!!

Je repasse devant pour la Biancograt, dont le sommet est dans les nuages. Faut bien que je sois un peu en tête pour justifié mon statut de "Grand Conquérant des 4000" quelque peu usurpé. Bon dès que je suis devant, je sens qu'Anne piétine derrière mais bon. Ça fait quand même du bien ! Le rythme est sans doute plus lent mais on avance. L'arête est belle mais pas trop difficile (45 ° environ) Anne repasse devant pour la fin, les nuages laissent la place au soleil pour ce qui est peut être le plus haut des "pas 4000" : le piz Bianco 3995 m !

Sommet du Piz Bianco
Sommet du Piz BiancoSommet du Piz Bianco

Sommet du Piz Bianco

La pause est courte, nous filons sur l'arête, la première partie rapide, agréable, au soleil. puis nous enchainons avec des rappels, à l'ombre. Au relai, c'est glacial, le vent s’engouffre dans les vêtements... on gèle. La partie est un peu plus technique, nous tirons de rapides longueurs. L'action réchauffe le grimpeur tandis que l'assureur est frigorifié... Les 3 petits gendarmes sont lentement avalés et la dernière pente nous amène au sommet de ce Piz Bernina où nous sommes accueillis par une cordée autrichienne fort sympathique. Longue pause pique nique avec le peu que nous avons emporté et sous le chaud soleil du sommet, nous profitons de la vue.

 

Une pensée pour Steph et Sophie avec qui je on avait pris un but il y a 3 ans

Pensée pour Franck, le trailer du team raidlight passé dans ces contrées pour le Swiss iron trail, une épreuve de malade !!!

 

S'en suit alors la descente. Fine et magnifique arête jus qu'à la Spedla où nous croisons une cordée avec une technique peu académique. On est passé au travers ce qui fut efficace en terme de durée mais pas très élégant en terme de relation sociale... Désolé... On pourrait appeler ça la technique à la Hussarde...

Pour la suite, nous progressons comme des funambules sur l'arête avant d'attaquer une descente en mixte, pas si évidente que ça, la fatigue se ferait elle sentir ? Reste une ressaut, nous décidons de afire un dernier rappel. Et c'est là qu'Anne a une idée de génie : Se projeter un mousqueton dans le nez alors qu'elle débute le rappel. Bilan, elle saigne abondament et la neige devient rose tel le plus magnifique des lever ou des coucher de soleil ! Plus la peine de se lever tôt pour que les montagnes se teintent de couleurs uniques, faites de la montagne avec Anne et laisser kui manipuler un mousqueton. Le résultat est comment dirais je ... coloré.

Ce qui est moins cool, c'est que la Goretex verte est également repeinte en rose...

Bref, le nez saigne (au fil !) Je donne quelques conseils à Anne étant donné que je suis UN PEU de la partie. Elle tente de juguler le torrent tout en descendant. Manœuvre audacieuse ! Je me lance à mon tour dans le rappel. La trace est bien marquée à présent, rose. J'aurais du dire à Anne de tracer des flèches, ç'aurait été plus parlant pour nos suiveurs.

Un dernier couloir à descendre et la trace devient plane, nous croisons une cordée qui hésite à monter au sommet à cette heure tardive et rejoignons le refuige

youhou !

les gendarmesles gendarmes

les gendarmes

Sommet du Piz Bernina
Sommet du Piz BerninaSommet du Piz BerninaSommet du Piz Bernina

Sommet du Piz Bernina

Soirée à Marco e Rosa 3600 m

Je rentre dans le refuge, je suis accueilli par un gardien mi homme mi sauvage. Je fais profil bas afin que tout se passe bien. Faire profil bas, je sais faire. Après avoir rangé nos affaires, nous filons pour la sacrosaint sieste en refuge. 30 minutes plus tard, nous sommes réveillés par l'aide gardien, qui nous demande, en Italien ce que nous souhaitons en entrée pour le repas.

 

Le repas arrive, enfin, et là, l'aide gardien cherche les plats commandés par chaque personne de chaque table. Plat principal on recommence, d'abord passage pour la commande puis nouveau passage pour la distribution, l'aide gardien ne parle qu'Italien et à la plupart des tables personne ne parle italien. Bon nous on a pris viande ! (Carne) Un de ces souk !

Fin de repas, on passe payer. Le gardien, ours mal léché des Carpathes, engueule la cordée croisée ce matin (le petit couple). Ils souhaitent juste qu'on leur attribue un lit et le gardien leur braille qu'il a autre chose à faire (en Italien bien sûr mais on a bien compris) . La fille a l'air crevée (elle avait déjà l'air bien fatiguée ce matin avant les difficultés).

La gardien monte dans les aiguës, le gars essaie de la calmer et laisse tomber l'affaire. Nous on décide de négocier avec l'aide gardien un réveil à 3h 30 du mat. Mais à Marco e Rosa c'est comme avec la CGT : on ne négocie pas : Ça sera 5 heures. Vu l'ambiance on laisse tomber l'affaire, pas envie de se retrouver avec le gardien sur le paletot ! Et on file se coucher ...

 

...

 

1/2 heures que nous sommes couchés, on entend la grosse voix du gardien braillant dans le couloir des dortoirs... Il engueule quelqu'un , peut être le petit couple.  Ca réveille tout le monde mais là n'est pas l'essentiel.

Une belle journée de montagne qui se termine par une vilaine soirée en refuge, goût amer. Le lendemain matin on ne trainera pas !

 

A suivre : sur le fil des 3900 m ...

SpedlaSpedla

Spedla

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Alpinisme : les Droites - 4000 m

Publié le par Apoutsiak

Depuis les Praz de Chamonix

Par le refuge du Couvercle

 

Vidéo :

 

Topo

 

Refuge du Couvercle

On peut prendre le Train du Montenvers à Chamonix et rejoindre directement le Montenvers, nous avons choisi de partir du bas

 

Des Praz de Chamonix, se garer au parking avant l'hélistation des Bois (PGHM)

traversée l'Arveyron et remonter la piste vers le Nord

Un sentier part sur la droite (Chemin de la Filia) on rejoint le chalet des Motets

De là un sentier balisé point jaune permet de gagner le Montenvers (en réalité on passe sous le terminus versant mer de glace (Est) passer à la vire des guides et descendre les longues échelles du Montenvers (longues et mythiques)

Sur la mer de glace , remonter celle ci, et rejoindre la jonction du glacier de Leychaux. Le bas du glacier de Leychaux est en cailloux (la glace est dessous), repérer les cairns permettant l'accès le plus aisé. rejoindre les échelles des Egralets

 

Pour info le passage est impressionnant par moment (possibilité de s'assurer)

remonter ensuite la moraine qui donne accès au magnifique refuge du Couvercle 2687 m

 

les Droites 4000 m

Depuis le refuge du Couvercle

Prendre l'itinéraire de l'aiguille Verte (couloir Whymper)

passer sous le chien rouge, le Moine, la Nonne et l'Evêque (plein Nord !)

à l'altitude 3000 m partir plein est pour gagner la base du couloir descendant de l'éperon Oriental des Droites (évident)

passer la rimaye du couloir et le remonter (50-55°) (dans les topos il est noté 45, mais à mon avis c'est sensiblement plus raide !)

en haut du couloir, poursuivre en suivant l'éperon tout en restant légèrement versant Est.

Ca doit passer un peu partout en mixte, parfois un peu athlétique.

On rejoint une dernière pente de neige assez raide, et le sommet ! 4000 m

Vue ***

 

Descente

redescendre sur 50 m puis basculer versant Est

Il y a des rappels équipés

prévoir 2 X 40 m afin d'éviter des desescalades parfois un peu techniques

une fois sous al tour des Courtes, descendre le large couloir

et rejoindre le glacier de Talèfre

Passer sous le Jardin de Talèfre et rejoindre soit le refuge soit les Egralets

 

 

 

Alpinisme : les Droites  - 4000 m

Récit

 

Après une jolie rando au lac blanc la veille, et un bon repas concocté par Anne au Gîte la montagne, nous voilà vers 9 h 30 aux Praz de Chamonix près le l'héliport du PGHM.

Bon , Anne a décidé que nous partion du bas, je me serais bien vu faire un petit tour en train du Montenvers, mais sa décision est irrévocable, je dois quitter l'île, euh non, nous partirons du bas, des Praz.

 

Et là je me dis qu'un ami et lecteur de ce blog, rencontré au cours d'une sortie VTT avait comparé Anne au lapin de la pub Duracell, et que la comparaison est bien choisie. Elle ne s'arrête jamais.

Nous attaquons la montée en papotant, je me cale devant pour faire le rythme... 

Assez rapidement nous arrivons au Chalet des Mottets d'où nous inspectons le front de la mer de glace qui a depuis longtemps quitté le flanc du chalet.

Passage dans les blocs rocheux où deux traileurs nous dépassent , puis sous le Montenvers.

Viennent les échelles, gravies avec mon frère il y a une vingtaine d'année (il n'y en avait que 2 à l'époque(ouh là, ça fait vieux), à présent il y en à environ 8 et en bas, on n'est pas encore sur le glacier (et je ne vous raconte même pas l'époque de mes grands parents, , il touchait presque la glace en descendant du train).

Nous remontons le glacier pour une pause pique nique.

 

Repartant sur la mer de glace nous croisons une 20aine d'alpiniste un verre à la main et du vin à profusion ! on n'a même pas été invité, mais la vision était étonnante !

Voilà le carrefour de la mer de glace, le glacier de Leychaux n'est qu'un tas de cailloux ondulant, qui se crispe en basculant sous le glacier du géant. Ca n'est pas la vision magnifique du glacier ! 

Nous trouvons assez rapidement les cairns qui nous amènent aux échelles des Egralets. 

Impressionnante, parfois en léger dévers, les passages se succèdent avec pas mal de gaz et c'est assez long.

Nous sortons des Egralets ur un grand névé, tiens,  Anne (Duracell ?) est déjà loin devant, elle fait une pause pour m'attendre avant le refuge, et hop nous voici après 6 h de marche (pauses incluses) au refuge. 

Dès notre arrivée, le gardien nous donne de précieux conseils pour la course, l'accès en passant sous la Verte, et les conditions.

Petite sieste et bon repas avec deux futurs vainqueurs de la Verte (enfin je pense) l'équipe du refuge est très sympa. nous filons dans notre dortoir, où nous sommes seuls et où il fait très froid, au point que pour la première fois, je dors tout habillé (en plus des multiples couvertures...

 

Bonne nuit mais courte, le réveil me tire des bras de morphée à 2h, qu'est ce que je fais là ? 

Petit déjeuner avec Anne , seuls dans le réfectoire, la gardienne nous rejoint et nous souhaite bonne course, nous quittons le refuge à 3 heures, casque et frontale sur la tête, crampons aux pieds et encordés.

Bon au bout de 10 mètres, je perds un crampon, et oui, chez les alpinistes, il y a un souci, ce n'est pas le passage de l'heure d'hiver à l'heure d'été, mais le passage des chaussures de ski (l'hiver) aux chaussures de ski (l'été)

Anne gromèle devant, j'étais sensé opérer tous les reglages la veille au soir, ce que j'avais fais, mais devant l'événement, elle emetait de gros doutes.

Crampon raccroché on repart et je prie, "pourvu qu'il tienne, pourvu qu'il tienne"

Bon il s'avère que finalement , il tient !

On remonte sous les pentes du Moine, la lune éclaire grandement la montagne. La trace est bonne, au loin les cordées ont passé la rimaye de la Verte, elles sont 4 ou 5 dans les pentes du mythique sommet !

 

Mais que vois-je : une cordée de 3 est engagé sur les Droites, juste sous la rimaye du couloir. Qui sont ils, hier on nous avait annoncé que nous serions les seuls ! Nous ont ils caché leurs projets pour mieux nous passer devant ? Je calcule mentalement l'heure de leur lever.... Entre minuit et une heure. 

Ils ont plus d'une heure d'avance sur nous. Je les observe, sous la rimaye, ils mettent du temps, la rimaye serait elle super délicate, de loin, hier en montant , j'avais plein de doutes, elle parraissait difficilement franchissable sauf à l'endroit des coulées d'avalanche !...

Ils finissent par progresser... ça passe

Nous quittons la trace de la Verte, pour une traversée du glacier à flanc. Moi qui aime les changements de pied amont, voilà que nous allons rester "pied droit amont" pendant 2 km, alors comme on dit sur facebook : "j'aime pas !"

Voilà la rimaye, la cordée de 3 est sorti du couloir.

Pause, la météo est un peu cracra mais ça devrait passer. 

Anne part devant, j'aime autant, elle se tape la trace,et comme d'hab elle a de l'énergie à revendre. La rimaye passe sans souci contrairement à ce que je croyais. 

Le couloir, je le pensais à 45°, il est en réalité ou plutôt à mon avis beaucoup plus raide, 50-55°, la neige est parfois croutée, mais souvent très dure, ça chauffe pas mal les mollets, mais nous progressons assez vite, et l'éperon oriental des Droites est vite atteint. 

Virage à gauche, en neige au départ pour atteindre une zone en  mixte.

"c'est là que j'excelle", me dis je...

Alors là, on a un peu merdé, on a suivi des traces.

 

Anne tente un geste improbable, du dry tooling sur rocher branlant, je vous déconseille, elle bascule en arrière lorsque son piolet arrimé lâche, et s'arrête avec les deux piolets plantés dans la neige 2 mètres plus bas, j'avoue que j'ai un peu stressé à l'idée d'enrayer sa chute sur friend...

Bon on décide de passer ailleurs, ailleurs c'est lisse, nous revenons sur le passage, trouvant légèrement plus à droite un endroit plus aisé. Enfin plus aissé, façon de parler, un bloc énorme, poussant le sac à dos en arrière il falllait passer  le sac (et les bâtons) en mode contorsioniste, en ajoutant un peu de dry en sortie...

La suite c'est des passages de neige avec du mixte pas toujous évident mais parfois agréable. 

Il fait hyper froid et humide, mais la visibilité reste bonne , le plafond nuageux doit se situer à 5 ou 6000 m

 

La montée se passe bien, le sommet n'est plus très loin, un anneau de buste me gène, je tache de le remettre de la main gauche, tout en tenant mon piolet light, maladresse, le piolet m'échappe et file à vive allure dans la face Est, impossible de le récupérer, peut être sera t'il sur le plat du glacier en bas à la descente, mais je crois peu en cette hypothèse. 

J'avoue que j'ai juré, à présent il va falloir finir la course avec un seul piolet, et en racheter un neuf à Chamonix, comment foutre en l'air 100 €...

 

Dernier passage de mixte, dernière pente de neige. Nous nous abritons juste sous le sommet. Quand je dis abriter, c'est beaucoup dire vu que Anne était un peu protégée et que j'étais en plein vent, mais bon, ce fut une dernière pause avant le sommet, 10 mètres plus haut. 

On n'a pas trainé, on a vu la vue, les sommets, on a fait des photos, une petit vidéo pour vous avant de filer. 

 

Descente avec un piolet les passages gravis puis virer sur les rappels en face Est. Ce qu'il y'a de bien c'est que j'avais repéré la cordée de 3 à cet endroit là à la montée. 

Corde de 60, rappels de 30 m, il en faut beaucoup, en plus c'est un poil court, donc un rappel sur deux, il faut descendre de 5 à 10 mètres pour atteindre le rappel suivant, et c'est parfois scabreux. Celui qui attend au rappel se les gèle , d'autant plus qu'il s'est mis à neiger ! Et Anne qui a eu la bonne idée de ne pas prendre de descendeur, fait des demi cabestan pourris une fois sur deux. 

Je suis un peu congelé, mais tout se passe bien, on a quelques passages un peu chaud pour passer d'un rappel à l'autre, mais tranquillement on passe. 

Au troisième rappel, j'ai la chance de retrouver, miraculeusement, mon piolet ( qui a dit, c'est la preuve que Dieu existe !)  bien placé, planté, dans l'axe du couloir des rappels, il n'a pas du tomber loin de la cordée de 3 qui nous précede ...

On équipe un rappel à un endroit où nous sommes beaucoup trop courts. Mais au bout d'une grosse dizaine de rappels on se retrouve dans la pente sous la Tour des Courtes et le col des Droites. Et, c'est toujours raide, il faut descendre des centaines de mètres en désescalades face à la pente, c'est long, mais à cet exercice, je suis assez rapide...

 

Voilà le bas du glacier sous les Courtes. On opère une pause pique nique (comme d'hab on avait  quasiment rien mangé de la journée) On passe ensuite sous le Jardin de Talèfre, pas vu ni les bégonias ni les hortensias... Il faut rejoindre la moraine des Egralets, au début c'est évident par un petit couloir en neige,  puis on suit des traces qui ne nous mènent à rien. 

il faut tirer à droite, dans des dalles trempées par la neige et la pluie et traverséer de piégeux torrents. On perd notre petit quart d'heure (au bout de 12 h de course on n'est plus à ça prêt) Voilà le sentier. Anne file devant. il neige, je descend à mon rythme.

Nous passons les échelles des Egralets où j'ai l'impression de la rattraper, tout est trempé, les barreaux, les rochers, les échelles, chaque prise doit être assurée.

 

Sous les égralets nous filons dans les pierriers vers le bas, Anne a un co voiturage à 19 h 30 et je calcule que ça va être juste.

Je décide de lui proposer qu'elle parte devant, elle a la pêche, elle devrait y arriver.

Elle finit par accepter. Elle file presque sans me dire au revoir. Duracell, à fond pendant 20 h de course ...

Et ce qui est cool pour moi, c'est que je vais pouvoir descendre tranquille, même si tranquille, ça donne un temps  un peu trop long à mon goût !

 

Au début je vois Anne filer entre les cairns, galopant de pierre en pierre, sur le glacier de Leychaux. Je calcule rapido qu'elle m'a déjà mis un quart d'heure.

Quand je quitte le glacier de Leychaux pour la mer de glace, je la vois au loin sur la mer de glace, avec l'impression qu'elle court, par contre l'impression quelle court trop à gauche.

Je ne la verrais plus.

la mer de glace est longue, mais passe. La remontée par les échelles au Montenvers m'use mais je garde le moral, sous une fine pluie. Je tape un rocher avec le pied et ceci me confirme si j'aivas encore un doute que je me suis encore pété les deux ongles de pouce de pied... Comme dans l'ascension du Weisshorn l'été dernier ...

 Au Montenvers, il est 18 h, il n'y a plus presonne pour applaudir le valeureux vainqueur des Droites. Même pas un technicien du Montenvers.. Je suis passé par le haut (me coltinant 50 m de dénivelé supplémentaire) pour profiter des sentiers plus roulant. 

En fait, je me fourvoie, non seulement j'aurais gravi ces quelques mètres en plus, mais je me gourre et me retrouve quand même au chalet des Mottets que je voulais shunter. La suite, je déroule à 600 m/ heures, en dépit de mes doigts de pieds douloureux. (Au Weisshorn tout c'était terminé à 200 m/h  à 11 h du soir sur le sentier)

Voilà le plat, une ampoule en talon explose et me fait horriblement souffir, heureusement dans 10 minutes je suis à la voiture... Je boitille pour terminer, ça va être chaud demain pour le Mont blanc...

La voiture... 20 h...

 

Epilogue

  • j'apprendrais qu'Anne a mis 2 h à descendre, à 19 h elle était déjà aux Houches
  • Avec Sandrine on tentera de percer mes ongles de pieds avec le trombone et l'allume feux de l'hôtel des deux gares du Fayet (le réceptioniste se demandant ce que nous allions faire avec ces deux ustensiles). On arrivera pas à percer complètement la corne...
  • Une immonde ampoule était présente en talon, heureusement mère compeed pris du service...
  • Le lendemain matin, la météo pourrie pour le surlemendemain me privera d'un mont blanc avec ma dulcinée, mais également d'une potentielle descente d'apocalypse de celui-ci...
  • Le surlendemain, je passais chez l'excellent Docteur Boiteux, Grand perceur d'ongle devant l'éternel, qui d'un geste sur, muni de son briquet et de son trombonne, créa le premier jeyser de salle de consultation, un serum puissant jaillissait des antres de mes doigts de pieds... Garnissant plafonds et murs avec un esthétisme plus que parfait ...

 

 

 

 

 

Alpinisme : les Droites  - 4000 m
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Alpinisme : Nadelgrat - traversée Dürrenhorn - Hohberghorn - Stecknadelhorn - Nadelhorn !

Publié le par Apoutsiak

La vidéo de ces 3 Jours à la Bordierhütte : traversée de la Nadelgrat et tentative sur l'Ulrichshorn

4 4000 en 1 journée

Dürrenhorn 4035 m

Hohberghorn 4142 m

Stecknadelhorn 4241 m

Nadelhorn 4327 m

Encore une belle et longue journée de montagne

 

 

Topo

Accès à la Bordierhutte

De Gasenried au dessus de Grächen (se garer sur la petite place)

Emprunter la route qui part dans le vallon puis le sentier (panneau Bordierhutte)

Passer au point 1930 m

Rejoindre l'alpage de l'Alpja en traversant la moraine Ouest.

Remonter l'alpage en suivant le sentier d'été (point 2407 m puis 2707 m CNS)

traverser le glacier au mieux (ni trop près des crevasses au nord, ni trop près des séracs au sud)

Remonter un bastion rocheux en passant soit par le chemin d'été (escaliers main courante) soit à ski (à droite lorsqu'il y a encore de la neige)!

Et rejoindre la cabane Bordier - Bordierhutte 2886 m

 

Nadelgratt

AD - Long - Ne pas négliger que l'on grimpe à 4000 m !

De la Bordierhütte remonter les premières pentes qui mènent à un goulet sous le point 3211 m. Monter le couloir entre les rochers et les séracs. (Ca peut passer à droite par le glacier à skis lorsqu'il n'est pas trop crevassé) De là remonter le Riedgletscher .

On peut pauser les skis sur la crête au dessus du point 3332 m.

 

Rejoindre le pied du couloir accédant au Dirrujoch (attention aux chutes de séracs !)

Remonter le couloir 45 - 50° lorsqu'il est en neige, sinon emprunter les rochers en rive gauche - beaucoup plus long). L'accès au col est barré d'une corniche parfois difficile à franchir !...

Dürrenhorn 4035 m

Du Dirrujoch on monte au Dürrenhorn (ou Dirruhorn par des rochers plutôt sur le fil de l'arête, puis versant ouest vers le sommet choix évident)

Revenir au Dirrujoch par le même itinéraire.

Hohberghorn - (Hobärghorn) 4219 m

Remonter le pied de l'arête plutôt versant ouest

escalade mixte (Anne a trouvé que c'était le passage le plus délicat)

On accede à une bande de neige que l'on remonte

La pente se redresse, on bascule légèrement versant est pour gravir des gradins faciles en rochers délités.

Stecknadelhorn 4241 m

redescendre par la pente de neige vers le point 4144 m

On attaque l'arête du Stecknadelhorn

Les difficultés se franchissent en passant versant ouest.

Accès au sommet par le fil

Nadehorn 4327 m

redescendre par une pente mixte au stecknadeljoch puis suivre l'arête neigeuse.

Gravir le gendarme sur le fil puis basculer en versant ouest pour le contourner, on rejoitn un poitn situé légèrement au dessus d'un col juste après le gendarme

Du col, remonter au mieux vers l'arête ouest (attention mixte un peu glissant - glace parfois) et gagner par l'arête le sommet

Descente

Du sommet on redescent par l'arête Est, soit en franchissant directemetn les passages rocheux soit en basculant versant Nord (attention glace parfois)

Du Windjoch on bascule sur le Riedgletscher et on rejoint le dépot des skis par une marche à plat dont on ne manquera pas de profiter...

Carto fichier GPS

Fichier GPS au foramt GPX

 

Récit

J’avais fait plein de propositions à Anne, la météo semblait meilleur au cœur du Valais, alors Adieux Mont Blanc, adieux face Nord de la Grande Ciamarella, à nous les 4000 aux noms imprononçables de la Nadelgrat !

Nous nous retrouvons ce vendredi midi à Gasenried, village bien connu car j'avais été déposé en hélicoptère lors d'une reconnaissance précédente avec Steph.

L'avantage c'est que je connais un petit parking pique nique... avec fontaine !

Il fait beau, on pique nique, puis on se lance dans une jolie montée sous les sapins.

 

Arrivés à l'alpja, Anne souffre un peu du manque de sommeil, j'en profite, les moments où je suis devant sont si rares ! Au bout du vallon, on met les skis, je trace dans cette neige sombre et dans les coulées d'avalanche ( plus nombreux et plus gros cette année que l'année dernière.) L'ambiance est bonne 2 déchaussages permettent de rejoindre le glacier. Nous opérons une longue traversée, croisant une bordée de randonneurs italiens en goguette (à pied) , de la neige jusqu'aux cuisses qui procèdent au début de la descente, ils ont visité le refuge Nous leur souhaitons bon courage et poursuivons vers les échelles. Un coup d'échelles, puis un petit coup de ski et voici le refuge !

 

Opération bois et fonte de neige. Le poëlle tourne. Au lit à 21 h , le réveil est à 3 heures

 

Mauvaise nuit

 

Le lendemain matin, 3 heures, l'impression de ne pas avoir dormi. Nous avons décidé de déjeuner froid ( pas le temps de faire un feux et pas de gaz) Anne râle (c'est bon signe). On se retrouve skis aux pieds à 3 h 50 et c'est parti pour la montée. Anne file devant, assez vite je mets les couteaux, la neige est bien dure et je souhaite continuer de dormir pour finir ma nuit. Je la garde à distance, voilà le passage raide du glacier, 3200 m mais ça a l'air de passer sans souci à droite sur celui ci, Ca passe à ski. Le soleil se lève, la Nadelgrat rosie, Nous pausons les skis à mi chemin entre le pied du couloir et le retour en optimisant le lieu pour ne pas avoir à remettre les peaux .

 

Crampons corde, nous filons vers le couloir du Dirruhorn. On passe sous des séracs , dans le bou de la zone d'éjection. Bientôt le couloir. tout à coup fracas, c'est un sérac qui tombe. 5 minutes plus tôt on aurait au moins été pris dans l'aérosol, je crois que je n'aurais pas aimé du tout. 5 minutes plus tard, nouvelle alerte, nous sommes déjà loin, pause au pied du couloir. Anne est largement plus en forme que moi, je la laisse remonter le couloir. On réalise quelques vidéos esthétiques (voir là) .

 

Les 200 m de couloir sont assez vite avalés, en haut la corniche nous barre la route. Anne tente à gauche, elle se retrouve dans de la semoule impossible à remonter. Elle décide après de longue minute de tenter à droite, la corniche menaçante comme la gueule d'un requin ne se laisse pas approcher. Une assurance fort à propos se présente. Hop je demi-cabestane (du verbe demi-cabestaner : faire un demi cabestan pour assurer son ou sa partenaire) Anne s'escrime face à l'obstacle. Son sac est rejeté en arrière par la lèvre de la crevasse, tandis que la partie accessible est en neige pulvérulente, ni les piolets ni les crampons ne tiennent. Le stress augmente. Par quelques subtils conseils, j'essaie d'organiser l'assaut, tel un général bien à l'abriit dans son blockaus, mais rien n'y fait, il va falloir que je m'emploie, comme souvent , ça n'est pas par ma technique que je m'illustre, mais par ma taille (ça m'a rappelé la rimaye de l'arête gallet au Dolent !) C'est un peu vexant, mais c'est la réalité.

Me voilà sur zone, je comment par un peu de terrassement en nettoyant la corniche avec la panne de mon piolet. Étant donné la surface de la panne de mon piolet comparé à la taille de la corniche ça prend du temps.

Après, je plante mes piolets au dessus de la corniche, au plus loin.

Le seul souci, ça sera pour pauser les pieds sur la corniche... Quand il faudra pousser dessus...

 

Piolets pausés, je lance ma jambe gauche au dessus du monstre, je tire sur les bras, ma jambe droite décolle, je pousse sur la jambe gauche, et là, c'est le drame, la corniche explose, mon corps part en arrière. Je ne tiens que par les piolets qui bougent un peu mais on l'air de rester fidèles. Je pense au demi-cabestan et à son amarrage en dessous qui ont des chances d’être sollicités ... Je suis déjà essoufflés, il faut sortir tout de suite. Je tire sur mes bras pour ramener mon corps au piolet, je trouve une zone solide pour amarrer mon crampons gauche, ouf, je gagne un mètre et le tour est joué, je m'effondre face contre neige, éprouvé par un tel effort (ben oui, je suis pas un grimpeur à la base).

Anne me rejoint, dans une technique assez personnelle, elle a les bras trop petits pour atteindre les piolets que je lui aie délicatement placé en zone solide. Je tire comme un malade sur la corde, elle se tracte et me retrouve au dessus du maudit obstacle ! Je crois qu'on a mis 3/4 d'heure pour parcourir 3 mètres !

 

 

Après une bonne pause nous repartons vers le Durrenhorn. De jolis passages d'escalade se succèdent. Je fais s'affaisser une corniche (sensation assez désagréable) sur l'arête. Si l'escalade est belle, elle est également sans fin, les antécîmes et les gendarmes se succèdent. Sur le topo on croirait que le sommet se fait d'un claquement de doigt

Enfin le voilà, quel plaisir d'être sur ce sommet, et mon adage , "il n'y a pas de 4000 facile !" se vérifie, une fois de plus !

Nous redescendons au col sans encombre pour une nouvelle pause. J'annonce à Anne que je n'ai pas la grande forme (je ne sais pas si c'est le manque de sommeil ou l'altitude, le manque d’acclimatation).

 

 

Nous repartons vers l'Hohberghorn. Le départ m'achève, pas de rythme, es passages d'escalade mixte (pas hyper dur mais je ne parviens pas à trouver mon souffle). Je réclame des pauses (ce qui n'est pas mon style !) pour reprendre mon souffle. Anne me demande d'aller jusqu'au sommet suivant. Intérieurement je sais que si on atteint le 4000 suivant, on ira au bout de l'arête. Je décide de poursuivre, on verra bien.

voilà une bande de neige judicieusement placée. Anne s'enfonce et ralentie le rythme, tandis que je me refais un peu la cerise! elle fait même des pauses ! Trop cool. Arrivés à la troisième partie, rocheuse celle là, je vais mieux , et les 60 derniers mètres sont vites avalés !

2ème 4000 de la journée : Hohberghorn

 

 

Le temps tourne, il fait gris, on engage la descente pour se retrouver face à l'austère Stecknadelhorn. De mon point de vue ça me parraît infranchissable, il commence à neiger, de toute façon, je n'ai pas le choix Anne progresse ! C'est étonnant, il me parraissait si compliqué, et on atteint le sommet "relativement" facilement ! Quand je dis relativement, c'est assez relatif, car on progresse dans une tempête de neige du plus bel effet !

 

Sommet, (Stecknadelohorn) pause et nouvelle descente. Partie plus cool,arête en neige, sur le topo il précise que techniquement, contourner le dernier gendarme, est plus facile ! C'est mal connaître ma partenaire de cordée. Elle file droit devant, arête qui devrait être sèche, gavée de neige poudreuse ! devant elle bataille, je suis , sans conviction. Basculement versant ouest, vertigineux. Quelques vires, c'est hostiles, le brouillard et la neige font qu'on se croirait dans les Carpates , ou plutôt sur un sommet himalayens mais pas un jour de sommet !

 

La progression est lente, mais continue. Je ne sais pas comment Anne a fait pour trouver la sortie, au dessus du petit col avant le nadelhorn. La suite je la connais, je l'ai faite l'an dernier, on va terminer l'arête !

Il faut préciser ici, que j'ai essayé de négocier de ne pas faire ce dernier sommet (je l'ai déjà fait, et on peut très bien le faire en traversée avec la Lenzpitze, mais la négociation a tourné court : on ne négocie pas avec le diable !)

 

L'escalade du Nadelhorn est désagréable, on a l’impression, que les prises sont à l’envers et que les crampons n'accrochent pas sur les dalles ! On avance tout de même, voici l'arête et le sommet. Nous sommes très fiers, il est 17 h , la visibilité est réduite, mais nous avons réussis !

 

Descente, d'abord dans le mixte pourri puis sur l'arête. Ca passe mais c'est long. Anne se méfie des corniches, elle a raison, un de mes pieds traversera celle ci alors que je suis sur la trace. Le windjoch arrive enfin, nous optons pour la descente directe sur le glacier , au GPS (oui, on y voit à 10 m environ depuis le début de la descente.) On passe la rimaye facilement pour retrouver le plat du glacier. Le GPS m'indique le dépôt des skis et sa distance : 1 km 300. On marche, longtemps, je rescrute le GPS, 1 km 100, ça va être long. On avance, je me vautre en me prenant mes crampons dans mon pantalon, il faut dire que je n'étais pas très concentré !

On ne doit plus être très loin, j'indique la direction de mon bras, en regardant au loin, le matos est au bout des doigts, à 100 m. On se ré équipe en mode ski, tout est gelé, les sangles des crampons, les peaux, les fixes des skis. Et c'est parti, les premiers virages dans le jour blanc, avec la fatigue et la neige travaillée sont un calvaire, on n'y voit rien. Nous débouchons au passage clef sans problème, la neige devient meilleur, et on en profite. Nous optimisons la descente pour éviter les montées ! Le ski devient excellent, Anne possède l'art de skier dans le jour blanc, et moi, je possède l'art de suivre Anne comme point de repère visuel dans le jour blanc !

Une dernière montée en mode canard et voilà le refuge. 21 h

Je rentre, j'appelle Sandrine pour la rassurer (on avait prévu de rentrer beaucoup plus tôt) Je mange trois gâteaux, bois trois vers d'eau et file me coucher dans un état de fatigue rarement atteint !

 

Photo

 

Pour les photos en mode "tout voir d'un coup" (et non diaporama) c'est par là ! 

 

 

Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
Diaporama Nadelgrat, à déguster sans modération
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