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Tungurahua - 5023 m

Publié le par Apoutsiak

On ne le sait pas encore, mais ça sera notre dernier 5000 du séjour en Équateur.

On est parti un peu à l'arrache (il n'était pas prévu dans le programme) et vu qu'on est un peu obstiné, on s'est retrouvé au sommet de ce volcan hyperactif !

 

vidéo

Topo

Accès au parking, de Banos, sortir de la ville par l'Est (direction Ambato) puis prendre la route de Pondoa. Continuer la route jusqu'à la cabane des rangers, enregistrement obligatoire (et gratuit) - 2750 m

De là, remonter la route sur 100 m puis prendre à gauche (panneau) La suite remonte le long d'une arête du Tungurahua. Chemin assez raide, parfois sous les racines (spectaculaire) le tout dans la forêt Equatoriale.

Accès au refuge 3800 m (ancien refuge détruit par une éruption en dessous)

Possibilité d'y dormir.

Sommet, remonter le sentier qui part derrière le refuge. On gagne la barrière du volcan. Sente très raide au dessus, qui vient mourir au Mirador 4600 m Au dessus partir sur la gauche (Est) Remonter les pentes de cendre volcanique, et retrouver la sente (croix) remonter jusqu'au bord du cratère.

Le sommet est sur la gauche (avant il était sur la droite mais les dernières éruptions ont changé la topographie des lieux !!!)  Rejoindre le glacier, le traverser (attention aux crevasses créées par les vapeurs volcaniques) remonter la pente raide derrière (chutes de pierres) puis accéder au sommet (croix 5023 m)

 

Pour mémoire l'ancien sommet culminait à 5016 m ( le nouveau est à 5023 m - jusqu'à la prochaine éruption ! )

F+ - 2200 m

Topo Tungurahua

Topo Tungurahua

Récit

Aujourd'hui, ça devait être la journée de repos avant le départ pour le Chimborazo. Bon, mais comme je vis avec deux tarés du sport, on a dans l'idée de gravir le Tungurahua, le sommet au dessus de Banos : Un volcan hyperactif de plus de 5000 m (une éruption tous les 4-5 ans, nécessitant l'évacuation de plusieurs villages dont Banos !!!

La veille on a calculé les dénivelés, les horaires, sachant qu'on ne peut pas partir très tôt et qu’officiellement, on n'a prévu qu'une balade "normale". Le timing va être serré, si on veut rentrer avant la nuit;

Miguel passe nous prendre à 9 h, et hop on monte jusqu'au parking des rangers. En montant je demande quelques indications concernant le sommet... Ça peut toujours servir...

On signe les papiers chez le rangers, et on file. Bon je sens que les deux ultrasportifs sont en forme. Je vais (encore) galérer aujourd'hui.  Au départ ils me suivent poliment. On est dans la forêt équatoriale peu dense. Le sentier est très encaissé, entre 2 et 3 mètres, parfois, il est couvert de racine, ça forme de véritables tunnels !

Je fais l'erreur de m'arrêter prendre une photo, mes deux comparses me laissent sur place. Me reste juste mes petits bras pour pleurer !

Heureusement, un colibri a interrompu la marche d'Anne et le gentil petit oiseau me permet de recoller. Je n'aurai que le droit de l'apercevoir.

Sur le sentier, les kilomètres sont marqués, et ils sont assez déprimants, sachant que nous avons 1100 m de déniv' à faire pour rejoindre le refuge . Par contre les fleurs, variées et nombreuses agrémentent le parcours !

 

On croise des Équatoriens qui ont dormi au refuge, ont tenté le sommet ce matin et ont buté à 4600 m ! trop de vent... Ça s'annonce mal ! Bon, on voit bien qu'ils ont un peu moins expérience que nous mais bon, si Éole nous interdit l'accès il faudra se résoudre à buter !

je surveille l'altimètre du coin de l’œil, je sais que le refuge n'est plus très loin, mais avant lui, voilà le fameux ancien refuge, détruit lors d'une des récentes éruptions. "Quand volcan pas content, lui toujours faire ainsi !" Il ne fait pas bon être dans les parages, quand le Tungurahua s'excite ! C'est un volcan explosif, qui balance des frigos a des centaines de mètres de hauteur, gare à celui qui se balade dessous lors de l’atterrissage de ceux ci ! bon, aujourd'hui tout semble calme.

Le temps est gris, le vent bien présent.  On arrive enfin au refuge. 2 h 05 de marche, on est dans les temps !

montée au reguge du Tungurahua
montée au reguge du Tungurahua
montée au reguge du Tungurahua
montée au reguge du Tungurahua
montée au reguge du Tungurahua
montée au reguge du Tungurahua
montée au reguge du Tungurahua
montée au reguge du Tungurahua
montée au reguge du Tungurahua

montée au reguge du Tungurahua

Pause au refuge et visite, c'est spartiate, mais ça doit être jouable de dormir ici, bien équipés !

Nous, on grignote, on boit avant de repartir. La végétation est magnifique. On remonte un sentier puis une sente raide, on passe une vieille barrière, ça se redresse. L'ascension est désagréable, dré dans le pentu, il faudra qu'on apprenne aux Équatoriens à faire des lacets ! Le vent est là, je n'ai pas emmené de Doudoune (et oui, j'ai voulu partir avec un sac light, sur un 5000 c'est un peu khon, mais je l'ai fait, bilan juste une goretex sur ma polaire fine, le vent a tôt fait de me subtiliser ma chaleur.

Les nuages montent au fur et à mesure que nous montons, j'en viens à espérer finir au soleil !  C'est toujours raide. Je mène notre petit groupe, balayé par les rafales de vent. On n'est pas en haut. Le point 4600 m n'est plus très loin, on rejoint une bande de rochers après une ascension raide longue  et monotone. On se retrouve dans une semoule où la progression nécessite de gros efforts.

Autour du point 4600 m , le Mirador, on fait une pause à droite de grands rochers à l'abri du vent. Reste seulement 400 m , ça doit être jouable. Je mange un peu, et je bois.  Ça doit être bon question timing, on va poursuivre vers le haut.

mirador 4600 m du Tungurahua
mirador 4600 m du Tungurahuamirador 4600 m du Tungurahuamirador 4600 m du Tungurahua
mirador 4600 m du Tungurahuamirador 4600 m du Tungurahuamirador 4600 m du Tungurahua

mirador 4600 m du Tungurahua

Et zou, on repart. Vu que la portion est physique, on met Thierry devant, pour qu'il s'use une peu à tracer. Il est trop fort, ça ne lui fait même pas mal ! Au dessus le terrain change, c'était déjà raide, ça s'accentue. Un mélange de pierres mal tenues dans un terrain instable... Avec quelques chutes de pierre venu du haut du volcan, (oui, par moment le soleil tape...) Situation scabreuse, désagréable, on va de zones de pierres à zones de pierre en traçant dans le sol friable raide.

Ça râle, ça peste, mais ça avance. Anne est passée devant. Sur la gauche, une croix nous attire, on traverse vers elle dans la difficulté et on retrouve, miraculeusement, une sente (on pensait qu'au dessus de 4600 il n'y avait plus rien !  La portion dangereuse est en dessous de nous, on n'est pas mécontents de l'avoir quitté !

Au dessus, c'est le brouillard et le vent. Je me fais larguer. Et mes deux avions de chasse ne sont pas là pour lambiner. Je prends mon rythme, je les retrouverai en haut. Ils disparaissent de temps en temps dans l'épais brouillard.  Le terrain est volcanique, le sable volcanique a tendance à glisser sous les pas. Le rythme est lent. On remonte des bandes de rochers, puis le brouillard nous enveloppe complètement. A notre gauche, on aperçoit un petit glacier.  On parvient à un replat, sans doute le bord du cratère, sans visibilité , dommage !

Tungurahua 5023 mTungurahua 5023 m
Tungurahua 5023 mTungurahua 5023 m
Tungurahua 5023 mTungurahua 5023 mTungurahua 5023 m

Tungurahua 5023 m

La suite doit être sur la gauche. On suit une sente, on passe à proximité de bouts de glace bizarres, posés là. Puis voilà ce qui doit être le glacier.  Anne et Thierry partent à droite, je pars à gauche (mon petit coté rebelle !)  Le bord du glacier est décalé du sol de 1 m, puis j'observe en dessous un grand trou. Il ne faudrait pas avoir un accident ici. Je monte sur le glacier et rampe pour éviter de trouer la glace. J'indique à Anne et Thierry de passer de leur coté. Une petite descente de 2 m pour eux et ils me rejoignent. Traversée du petit glacier, Je croise les doigts pour qu'on ne se mange pas une crevasse due aux sortie chaudes en provenance du volcan.

On parvient en face, c'est raide, on quitte le glacier pour une zone raide et bouillasseuse. La tendance est de faire tomber la montagne sur celui qui est derrière... Et celui qui est derrière c'est moi !  On bataille un peu mais on rejoint le replat au dessus. Anne et Thierry galopent... Une croix, le sommet ? j'y arrive, on est pas sûrs que ce soit le sommet, on n'y voit pas à 20 m... On descend un peu pour voir si on voit mieux en avançant. Ben non . On décrète donc que c'est le sommet ( ce qui s’avérera juste après analyse du GPS - l'altimètre non recalé le matin  indiquait 5010 m )

On a mis 5 h 30 depuis le parking !

Et on fait une pause un peu en dessous à l'abri du vent , en attendant une éclaircie (oui, on sent que le soleil n'est pas loin)

Sommet du Tungurahua 5023 mSommet du Tungurahua 5023 mSommet du Tungurahua 5023 m
Sommet du Tungurahua 5023 mSommet du Tungurahua 5023 mSommet du Tungurahua 5023 m
Sommet du Tungurahua 5023 mSommet du Tungurahua 5023 m
Sommet du Tungurahua 5023 mSommet du Tungurahua 5023 m

Sommet du Tungurahua 5023 m

Sommet du Tungurahua
Sommet du Tungurahua

Sommet du Tungurahua

Il se met à neiger...

On pli les gaules !

Et on galope, rejoindre le glacier, attention aux pierres puis attention aux crevasses. La visibilité est mauvaise, toujours. Traversée du glacier puis le petit passage raide, j'aide Thierry puis Anne qui râle, je l'ai tirée trop fort, trop vite. C'est vrai que je me suis peut être précipité, mais c'était pour aider... Dur.. on poursuit dans les glaçon puis dans la descente, rapide quand c'est du sable volcanique, très rapide.  Les passages rocheux nous ralentissent d'autant plus qu'il ne faut pas qu'on se perde !

On évite la portion périlleuse prise à la montée. Grosse zone de sable volcanique, on s'enfonce jusqu'au mollet, on glisse vers le bas. C'est un plaisir et c'est vraiment rapide. Je me fais plaisir dans cette descente, je lâche les chevaux. On retrouve la sente raide, qui descend elle aussi rapidement même si c'est moins agréable. 

La descente est vraiment très rapide, on mettra 1 h 10 pour rejoindre le refeuge, où on opere une petite pause

Tungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 m
Tungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 m
Tungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 m
Tungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 m
Tungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 m

La suite est la descente depuis le refuge sur le sentier trop raide. Je pars devant, laissant les tourtereaux derrière (pour une fois) 45 minutes plus tard, je suis en bas, il aura fallu moins de 2 h pour descendre les 2200 m depuis le sommet. Par chance, Miguel et sa femme viennent d'arriver pour nous récupérer.

Reste à rentrer à l'hôtel, pour dormir et récupérer, demain, c'est le départ pour le Chimborazo !... Miam !

Tungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 m
Tungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 m
Tungurahua - 5023 mTungurahua - 5023 m

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Alpinisme Illiniza Nord - 5116 m

Publié le par Apoutsiak

Un sommet gravi un peu à l'arrache

La vengeance du Cayambé...

 

Vidéo :

Topo

Parking de la Vierge 3900 m

Passage obligatoire par la cabane de rangers (inscription obligatoire, entrée du parc gratuite) Le parking est à 5 - 6 km environ de la cabane, piste correcte

Refuge des Illinizas 4700 m

Suivre la piste  pui la sente qui amène à la moraine. Remonter la moraine puis par une traversée , rejoindr ele refuge des Illinizas 4700 m

Illiniza Nord

Quitter le refuge vers l'Est puis le Nord Est pour rejoindre le col des Illinizas.  remonter l'arête Sud en restant versant Est (sente, quelques passages aoù il faut mettre les mains) on vient buter sur un ressaut infranchissable avec de la glace en Chantilly (4950 m) Tirer alors à droite en descendant (II III) et contourner par le Nord. Rester à flanc sur la vire de la Mort  passez un collet et continuer à flanc .

Remonter le couloir soit en son centre (neige glace) soit par les rochers à droite (II III) en haut du couloir, basculer sur la vire à gauche et revenir sur l'arête. Le sommet se gravi en restant versant Sud.

Descente

par le même itinéraire

topo illiniza nord norte
topo illiniza nord norte

topo illiniza nord norte

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m

Récit

Bon, il faut bien avouer en préambule, qu'on avait été bien énervé par notre but au Cayambé. Et qu'on voulait rentabiliser ces deux jours au refuge des Illinizas... Le 4X4 quitte le refuge bien sympathique pour le pied des Illinizas. On récupère Diego, notre second guide sur la route, on passa faire 3 courses dans une supérette à moitié vide. Passage chez les rangers, puis la piste pour rejoindre le parking. Il fait gris, c'est pas grave, pourvu qu'il fasse beau demain !

La piste est bonne et on rejoint rapido le parking. Chacun se prépare tout en discutant. Et c'est parti, Diego se place devant, Miguel derrière, et nous entre les deux guides. On est à l'altitude des grandes herbes. Quelques jolies plantes vienne égayer le paysage. Il y a même de petits arbustes. Je surprend u npeu Diego en galopant devant pour faire des vidéos, il faudra qu'il s'habitue !

On progresse, je me retrouve devant, à faire le rythme, comme j'adore. On a prévu de pique niquer dans un chouette endroit, et je propose à Miguel, les jolis rochers à notre gauche. Choix non validé, il connait un endroit bien meilleur.

Un quart d'heure plus tard il s'arrête dans une zone toute boueuse, très satisfait de son choix ! On n'a pas de place, la zone est humide, il n'y a pas de vu, j'avoue qu'on n'a pas trop compris... Le pique nique est délicieux, il faut dire qu'il y a de très bons avocats !!! on repart vers le haut, il tombe trois goutes. Je suis devant.

On rejoint la moraine, les autres s'arrêtent, je continue, et je me retrouve une centaine de mètres devant le groupe. Il pleut plus fort à présent et l'orage claque au loin. Ca tombe bien on est pile sur l'arête de la moraine, si ça claque ici, ça va être chaud.

Miguel me rattrape et me passe.  La pluie est dense. chacun s'est arrêté pour mettre des vêtements de pluie. J'ai été assez fin, j'ai laissé la cape de pluie dans mon sac dans la vallée... bien joué. La pluie est dense, je finis par m'arrêter, mettre des gants.

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 m

On rejoint la moraine, les autres s'arrêtent, je continue, et je me retrouve une centaine de mètres devant le groupe. Il pleut plus fort à présent et l'orage claque au loin. Ca tombe bien on est pile sur l'arête de la moraine, si ça claque ici, ça va être chaud.

Miguel me rattrape et me passe.  La pluie est dense. chacun s'est arrêté pour mettre des vêtements de pluie. J'ai été assez fin, j'ai laissé la cape de pluie dans mon sac dans la vallée... bien joué. La pluie est dense, je finis par m'arrêter, mettre des gants.

J'avais en tête de monter au sommet Nord dans l'après midi, mais vu la pluie, ce projet est abrogé, on va se contenter d'essayer de faire secher les affaires.

Pendnat mes reflexions, tout le monde m'a passé, même Thierry qui semblait vouloir m'accompagner est devant, et il m'est impossible, même d'imaginer pouvoir marcher à son rythme. Alors, tel le capitaine Haddock , je me morfond, derrière, loin derrière les autres. Il pleut dru, l'orage claque, l'interminable moraine se moque de mon rythme de pachyderme !

 

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 m

Il grêle à présent. Les grêlons viennent frapper la goretex et recouvrir le sol de leur blancheur. Des éclaires viennent sillonner le ciel, le tonnerre me glace le sang. Pas top,d'autant plus que je sais que le refuge est froid, ça 'est pas ce soir qu'on va faire sécher notre matos...

Après la grêle, la neige, Thierry a disparu, Miguel est une centaine de mètres devant moi. Il neige dru. L'avantage c'est que ça mouille moins, mais vu que je suis trempé...

La moraine s'achève un peu au dessus, enfin je peux apercevoir le refuge. Reste 5 minutes à pied. Petite traversée, le voici, il est sombre, froid et humide, ça va être chaud de faire secher les vêtements pour demain. On accroche tout ce qu'on peut aux clous et on file en cuisine pour le gouter. Du maïs, du thé, ça réhydrate et ça permet de se réchauffer. On papote avec Thierry, le temps a l'air de se calmer, on décide d'aller se balader, vers le sommet Nord, on verra bien. On propose à Anne de nous accompagner.

On annonce à Miguel notre intention de sortir nous dégourdir les jambes, sans lui préciser le fond de notre pensée.

Il est déjà tard (15 h 30) , le soleil se couche vers 18 h, il ne faut pas trainer...

 

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m

Et c'est parti, on galope jusqu'au col (en fait Anne  a pris du retard au décollage et on l'attend au col)

Il fait gris moche avec pas mal de vent. Je repère la sente pour la suite, et on file vers le haut. J'avoue que je suis hyper motivé, alors j'avance à fond, ça me permet d'anticiper et de trouver la sente facilement. Pour l'instant, on reste à gauche de l'arête avec quelques passages où il faut mettre les mains. Pour l'instant, tout va bien. J'ai hâte d'être invisible du refuge, que les guides ne nous voient plus ... on avance bien et on vient buter sur une paroie verticale avec un bout de glace sorbet à la forme bizarre. Courte hésitation, ça doit passer à droite.

Quelques pas d'escalade, prudence, le rocher trempé est glissant. Thierry, tel un chat me suit sans problème, quel surdoué.  On poursuit à flanc, sur la droite pour atteindre une vire. Pas difficile mais peu prisue, la partie superieur en dévers, laissant le corps penché vers l'arrière , vers l'abîme... La neige a fait son apparition et je trace à présent vers un petit collet. On entend des voix mais on ne voit personne, pour l'instant.

Je passe le collet et poursuit.

Devant moi un groupe de jeunes Equatoriens sous équipés (basket lisses, pas de vêtement technique) semblent congelés. Je leur demande combien de temps pour le sommet (en anglais) 1 h me répond t'on, ça va être juste (en fait il nous faudra une grosse dizaine de minutes). Je leur explique comment se réchauffer, et je comprends qu'ils se sont mangés l'orage que l'on a pris en montant au refuge. En plus ils ne sont visiblement pas doué, l'environnement étant particulièrement hostile aujourd'hui. Leurs guides (marrons) mettent du temps dans des manœuvres de corde dangereuses. Ils ont tous l'air tout droit sortis du congel, leur chaussures, lisses, me laissent sans voix !

On file vers le sommet, on les aidera à la descente...

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m

Au dessus, une cordée dans un couloir en neige est glace. Je gravis le bord droit du couloir en escalade puis traverse. Le croisement avec ces débutants est particulièrement dangereux. Nouvelle vire, on repasse de l'autre coté de l'arête. Ca sent le sommet, et ça fait du bien. Je grimpe, je file, voilà la croix, dans le brouillard, ça ne fait rien, je suis content d'être là ! à ma place !

Thierry et Anne arrive 1 minute plus tard (il faut dire que j'ai bourriné pour faire la vidéo) Et on se retrouve joyeux mais sans vue, là haut. Anne est montée en pyjama à 5000, une simple sous couche sur les jambes !

La pause est courte, on sait qu'il faut qu'on rentre tôt pour ne pas inquiéter nos guides (et faire sérieux)

 

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m

Et go, bon des le départ, je suis trop haut, et Anne retrouve la sente. J'avoue qu'autant à la montée tout m'avait paru évident, pendant 5 minutes je ne reconnais plus rien. Jusqu'au début du couloir, dévalé sans souci. Sur la vire, pas de traces des Equatoriens qui ont du descendre directement vers le parking. On entend leurs voix au loin sans les voir.

Anne est devant, Thierry se débrouille derrière et je ferme la marche, on passe les vires de la mort ( on a su après qu'elles s'appelaient comme ça ! C'etait sans doute aussi bien !)

Nous voilà sur l'épaule, le vent, un poil de neige, on sait qu'il n'y a plus de grosses difficultés.

Et on galope vers le bas, j'enlève les lunettes de glacier, le givre en a envahi l'interieur, et il fait bien sombre maintenant. On commence à se demander ce qu'on va dire à Miguel. Je sais d'avance qu'il doit se douter de l'objectif de notre petite balade. on en discute en rigolant, tout en dévalant les sentes. On voit le refuge, voilà le col, toujours le vent, étonnament, lors de la sortie, les vêtements on donner la sensation de secher ...

On s'approche du refuge, je vois Miguel qui fait les 100 pas devant. Anne et Thierry m'ont laissé judicieusement passer devant (quoi, ils ne seraient pas téméraire); Je salue Miguel, je vois qu'il fait un peu la tronche,

"vous etiez où ?",

moi "au sommet nord"  c'est sorti tout seul, de toute façon, je n'aurais pas pu lui mentir !

Miguel "sans casque ?"

Moi "ben non mais on a vu pire"

Je vois qu'il n'ai pas ravi de notre sortie. Moi je suis tellement content que je pense que lui explique la promenande, la vire, les Equatoriens congelés, le couloir, le sommet dans le brouillard.

on rentre dans le refuge. Tout le monde est atablé, on bois du thé en mangeant du maïs (comme d'hab)

Le repas est mangé dans une ambiance bizzare, je comprends qu'un autre guide espagnol se moque de nous "Ils n'ont qu'à aller faire l'Illiniza Sud tout seuls !"

C'est pas grave, on a retrouvé la banane, et le guide Equatorien sera bien content de nous trouver sur sa route demain ! ...

Reste à essayer de faire secher les affaires, à manger et à dormir...

Demain, en route pour l'Illiniza sud, une autre affaire

Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m
Alpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 mAlpinisme Illiniza Nord - 5116 m

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Trekking Equateur : Volcan Imbabura 4609 m

Publié le par Apoutsiak

Nouvelle journée d'acclimatation (la 3ème)

Sur le volcan Imbabura

 

Vidéo :

Topo

 

Accès : de Otavalo, rejoindre Ibarra puis La Esperanza. De là, une route pavée monte à Punguhuaico, parking à 3380 m.

Remonter la rout epavée sur 500 m puis un sentier s'enfile, comme d'hab, dré dans le pentu, dans les herbes hautes, pour rejoindre un chateau d'eau (bomba de agua) . Au dessus, reprendre la piste à droite sur une 100aine de mètres avant de repartir vers le haut (à nouveau), toujours dans les hautes herbes, toujours dré dans le pentu.

Le sentier arrive sur une épaule, partir à flanc à droite (sentier) pour venir sur l'arête, on bascule alors à gauche (sud) à flanc pour rejoindre un joli col (bosque polylepis 4290 m)

Au dessu, suivre le sentier sur le fil de l'arête qui fini par partir sur la gauche quand la pente se redresse trop. (escalade facile II) on rejoint une antécîme. En redescendre puis remonter en face pour rejoindre le Primera Cumbre 4570 m.

Nous n'avons pas rejoint le sommet principal (Cumbre Maxima 4690 m) C'est sans doute la portion la plus technique, mais ça ne parait pas infaisable passages de II peut être de III) par contre, il y a de la distance.

 

 

Topo Imbabura
Topo Imbabura

Topo Imbabura

Récit :

 

3ème journée d'acclimatation et bonne journée. On quitte Otavalo, la journée se terminera au refugedu Cayambe.

On traverse la grosse ville d'Ibarra, avant de remonter la vallée. Miguel est épatant, il connait chaque ruelle, ce qui nous fait gagner du temps. Vient la route du volcan, comme d'habitude pavée. On remonte celle ci jusqu'à 3300 m, pour se garer à coté d'une ferme.

Notre petit groupe démarre sur la route pavée. Je me fais larguer à l'occasion d'une pause vidéo. J'essaie de recoller vite. Le sentier part sans un panneau, dré dans le pentu (comme d'hab' en Equateur) Il est vraiment bien raide. On se met dans les pas de Miguel, avec son rythme bien lent et on rejoint un chateau d'eau. A droite une piste. Une vache est prise dans sa corde (oui, ici, les vaches sont souvent attachées) Miguel prend le temps de la débobiner. La corde passait entre les cordes, les pattes avant et les pattes arrière. Nous restons ébaubis devant la libération de l'animal, qui meugle pour remercier son sauveur.

Aujourd'hui, Anne est malade, pas sûr qu'elle aille au sommet, soutient t'elle... J'ai des doutes (qu'elle n'y aille pas, je la connais !) La faute à une tourista qui ne dit pas son nom.

Résultat, je ne suis pas le dernier, pour une fois. Et nous progressons vers le haut dans un sentier toujours raide. Faudra quand même que quelqu'un apprenne aux Équatoriens à faire des lacets... J'en fait part à Miguel, qui rejette ma proposition d'un revers de main !

On passe la barre (mythique des 4000 m, oui, cette barre est toujours mythique), Anne fait une nouvelle pause "rejets toxiques" pendant que je taquine Thierry, le photographe de fleurs....

Et c'est reparti, on est passé des grandes herbes monotones à une végétation extrêmement riche, parfaitement adaptée à l'altitude, j'adore. J'accompagne Anne pendant cette partie buccolique. Miguel et Thierry galopent devant jusqu'à un petit col, l'occasion d'une bonne pause récupération.

Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m

Au dessus, c'est plus technique, quelques passages rocheux, le sentier est bien fait, il contourne les grosses difficultés. Le paysage volcanique est parfois lugubre avec le brouillard qui nous envahie. Thierry, va à nouveau battre son record ( pour Thierry, à chaque sommet, c'est un nouveau record ! ) Il faut parfois mettre les mains, ça reste assez ludique.

On arrive à une petite bosse, est ce le sommet, vu qu'on voit que Miguel continue, on se dit que c'est plus loin. Petite descente, petite remontée, et on arrive au Primera Cumbre.

Anne et moi essayons de négocier avec Miguel pour aller au sommet principal. Bon à priorir, c'est beaucoup plus technique et ça prend du temps. Bon on se laisse convaincre de s'arrêter là.  L'arête est pourtnat bien attirante. On inspecte les portions de sentier. ça ne doit pas être bien compliqué d'aller tout en haut même si l'arête à l'air, par endroit, bien découpée...

Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
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Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m

On attaque la descente, première partie rapide pour rejoindre l'antécîme. Je profite de la vue pour faire quelques photos.

On croise un Américain avec un guide Equatorien. enfin quand je dis guide, c'est pas vraiment un guide. Il connait juste le chemin pour le sommet. L'Américain est à l'agonie, son seul but c'est de redescendre. L’Équatorien l'a encordé, avec deux bouts de cordes fins raboutés l'un avec l'autre. Il a fait un baudrier avec une sangle et un mousqueton et tient l'Américian en laisse (lui n'est pas encordé ! ) Je crois que ça se faisait avant les années 1900 en Europe, les guides tenaient leur client en laisse !

Bref, tout ce qu'il ne faut pas faire en montagne !

On poursuit vers le bas, les passages de désescalade, puis le sentier qui s'avère hyper glissant avec l'humidité ambiante. Chacun aura droit à sa petite chute... et les glissades incontrôlées seront nombreuses.

On rejoint le petit col pour le pique nique, Miguel en profite pour faire une petite sieste bien installé sur deux végétaux parfaitement disposés !

 

Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m

La suite se fait à flanc, prudemment (ça glisse) on progresse vers le bas. On recroise les jolies fleurs.

Descente ensuite dans les herbes hautes sur un autre chemin. Je fais quelques cabrioles pour réaliser de jolies vidéos (les cabrioles étaient d'ailleurs plus jolies que les vidéos finales) Je me suis crouté en galopant entre les herbes hautes.

descente rapide, on recroise la vache puis on rejoint la route pavée puis la voiture.

Reste à gagner le refuge du Cayambe à plus du 4700 m, et ceci en 4X4 pour finaliser l'acclimatation.

Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
Trekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 mTrekking  Equateur : Volcan Imbabura 4609 m
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Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Publié le par Apoutsiak

2ème jour de notre séjour dans le massif des Combins

Avec au départ comme objectif le Tournelon Blanc... Mais la météo a quelque peu contrarié nos plans

Magnfique descente par le col de Boveire sur Bourg Saint Pierre

 

Vidéo :

 

 

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Récit :

 

Je n'ai pas trop mal dormi.

Il y a eu du vent toute la nuit, le refuge à couiné, grincé, ce fut une nuit impressionnante.

Je lève un œil, et je vois Thierry déjà en train de se préparer. Je lui demande s'il est l'heure, il me confirme que oui !

En route pour l'aventure, et l'aventure c'est : ce préparer dans la nuit du dortoir, sans réveiller les autre... ou plutôt en tentant de ne pas réveiller tout le monde. En plus , j'ai fait un truc que je fais rarement, j'ai monté mon sac à dos dans ma chambre sans en préparer le contenu. Bref, j'essaie de ne pas éblouir nos voisins, j'essaie de ne pas faire cliqueter cette broche à glace, dont l'unique but dans la vie est de venir faire tintinnabuler sur mes couteaux … tel le traineau du père noël...

 

Se rajoute en plus la fourbure lié à la journée d'hier, et je n'ai aucune souplesse ce matin.

Je descends dans le réfectoire, où le gardien nous accueille. Il surveille particulièrement Anne, qui se sert abondamment. Une tension se crée entre le bourru gardien (pléonasme) et la sportive accomplie ( oui, qui connait un gardien qui n'est pas bourru?) . Je déjeune rapido, je finalise le rangement du sac , et je file dehors préparer mes peaux et mes skis.

Au moins, j'aurais une victoire ce week-end : j'ai mis presque une demi heure à mes deux acolytes pour al sortie du refuge ! Ça sera la seule du week-end.

Je me retrouve donc à glandouiller pendant près d'une demi heure, tandis que les tourtereaux se préparent.

Le vent est là, une alpiniste recherche une de ses peaux, qu'elle avait peu judicieusement laissé à sécher dehors. Le vent l'a emportée...

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Et on démarre. Sur la moraine, je joue mon rôle de leader en menant le petit groupe. Anne lambine derrière, elle démarre en mode Diesel, m'explique Thierry. Le vent est là, le Combin est toujours sous un énorme nuage, à notre gauche, la crête qui mène au Tournelon Blanc est balayée par le vent. C'est pas gagné …

 

Au bout de la moraine, il faut en descendre, c'est glacé, c'est raide, les peaux accrochent mal, je descends prudemment, tandis que je sens la pression d'Anne qui file derrière moi. On se retrouve sur le plat du glacier, le vent forci, on avance d'un bon pas, mais on se fait bousculer par le vent de temps en temps. Il faut de temps en temps s'arrêter, temps les bourrasques nous déstabilisent. Sur la crête du Tournelon Blanc, le vent décoiffe fort, sans doute proche de 100 km/h. Je commence à penser que nous n'irons pas au sommet. On discute avec Anne, on décidera au pied de la pente. En attendant, on avance, bousculés par le vent !

 

Je me pause près d'un rocher, dans un trou abrité du vent, afin de mettre mes lunettes. La tempête est bien là, je décide de renoncer au Tournelon Blanc, il a l'air de faire meilleur à l'ouest du massif... pour l'instant... Je m’inquiète, on va devoir descendre un versant que je ne connais pas, si la tempête s'en mêle, on va devoir jouer du GPS...

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

Je poursuis et finis par rejoindre Anne et Thierry au pied du Tournelon Blanc, en fait, pour être honnête, je ne les ai pas rattrapés, ils m'ont attendu... Je leur indique ma décision, vu le vent, ils acceptent, et on file vers l'ouest, traverser le Grand glacier de Panossière. Je stresse un peu au passage de lignes de fissures qui sont sans doute la marque de sournoises crevasses.

Du stress mais pas le choix, il faut traverser. Je finis par retrouver une vieille trace, c'est idiot mais c'est rassurant, alors que le risque est le même. Thierry, Rantaplan, est passé devant. Il prend beaucoup d'avance, je papote avec Anne derrière. Étonnamment, le temps tourne, et il semble faire meilleur sur le Tournelon Blanc. Peut être avons nous pris la mauvaise décision. Anne me propose de faire demi tour. Il est trop tard. On surveille du coin de l’œil si des cordées partent vers le Tournelon... On serait vert.

Ici, coté petit Combin, le vent est moins important et le soleil perce. C'est quand même plus agréable.

 

On rejoint le plateau, Thierry est vraiment loin maintenant, Anne fini par me larguer elle aussi. Je me retrouve tout seul, comme un malheureux, derrière.

Thierry, qui débute en ski de rando (depuis peu de temps) se met à tracer la pente raide. Avec talent, la trace est parfaite, ni trop raide ni pas assez, les conversions bien placée. Il poursuit même au dessus des dernières traces à pied, dans une pente particulièrement raide. Dépot des skis sous une barre rocheuse.

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
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Je ne suis pas encore prêt quand ils partent. Tant pis, je serais encore seul dans la partie alpi. Avec un peu de chance, vu qu'ils doivent tracer, je vais peut être les rattraper... Ben non, Anne est repassée devant, et ils galopent. Pente à 50°, Anne est à fond, elle n'a pas usurpé son surnom de Duracell. Thierry, la colle. Je suis 30 m plus bas. La partie raide s'achève sur une jolie arête. J'en profite pour faire quelques photos, reste un peu de glace, une partie mixte facile et le sommet. Yes !

 

Après la photo protocolaire, on part dans la descente... Et … je me fais également larguer ! Y'a pas de justice ! Moi, le vieux briscard des montagnes, je me fais larguer par un jeune chien fous débutant... Rantanplan est vraiment trop fort. Je descends concentré. D'autant plus que je me rends compte que mes crampons bottent. C'est vraiment la loose, ces crampons Camp Corsa Nanotech. Après avoir cassé la barre frontale l'année dernière aux Dômes de Miage, avoir tordu la barre centrale au Mont Blanc avec Louis, je me retrouve avec des crampons qui bottent à fond, alors que j'ai mis du scotch américain en guise d’anti-botte. Ça n'améliore pas mon rythme. Je descends prudemment, mais je descends, tapant bien les crampons pour débotter. Je finis par rejoindre Anne et Thierry. Quand j'enlève les crampons, je vois la neige collée dessous, … et ça fait peur !

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m

On chausse les skis, Anne serait chaude pour enchainer avec le Combin de Corbassière, mais j'avoue que je me sens un poil fatigué. Je lui propose de redescendre assez bas pour profiter du ski avant de remonter au col.

Solution validée.

 

Anne part devant, je la rejoins, et Thierry se débat avec la pente. Je passe devant, et je vise le trou créé par une crevasse... enfin, je crois. Hop on remet les peaux, je pars devant, mais rapidement, Duracell et Rantanplan me passent, et me larguent. Je suis vraiment trop nul. Bon, je laisse les deux sportifs partir, impossible de suivre leur rythme au risque d'exploser. Quelques virages suivant, arrive le dépôt des skis, je n'y suis pas encore qu'Anne et Thierry filent dedans, quand je suis au pied, ils sont déjà à mis pente du petit couloir. Je prends le temps de mettre mes skis sur le sac. Et hop, départ pour le couloir, pas trop raide et pas trop long, voici le col et la fin des difficultés, il fait beau. La pause pique nique est la bienvenue. Saucisson, tome de chèvre, reblochon, accompagné de pain au noix, il ne manquait que le vin rouge.

 

Et c'est là qu'est mon heure de gloire, pas due à mes capacités de skieur, mais à la qualité de mes skis, les ZAG Ubac, 95 au patin : ils tournent tout seuls. Et d'un piètre skieur emprunté, la métamorphose donne un chamois des descentes ( si la neige est bonne uniquement …)

Après une petite traversée, on passe à une poudreuse tassée légèrement croûtée, puis, le Graal : de la poudreuse ! Et les Zag, tournent , et font de moi un skieur de compet... Quel plaisir. Anne, avec ses allumettes, s'applique à faire de la godille. J'avoue que je profite des grandes courbes. Quel bonheur !

J’enchaîne les virages à vive allure.

Je fais des pauses pour attendre mes deux comparses.

 

J'avoue que j'ai bien profité de la descente, tout en gérant l'itinéraire.

Après la poudreuse du haut, la transfo en dessous. Puis, à basse altitude, des trous d'eau, le ski qui s'enfonce soudainement dans la fange ! Je parviens à éviter des tomber au prix d'un effort important.

Ce phénomène m'est propre, Thierry et Anne qui doivent peser 20 kg de moins que moi, surnagent malgré leurs skis étroits.

Faudra que je pense à faire un régime...

 

Vient le bas de la neige, un passage sur une piste étroite, avant de quitter les skis à 2OOOm

Reste le portage 40 minutes skis sur le dos pour rejoindre la civilisation.

 

2 belles journées de montagne. Faudra revenir pour le Tournelon Blanc et le Combin de Corbassière !

 

à une prochaine

Ski de rando : Combin de Boveire 3663 m
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Ski de Rando : Petit Combin 3663 m par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats

Publié le par Apoutsiak

Traversée Bourg Saint Pierre - cabane de Panossière

 

pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué... Plutôt que de monter à Panossière par le chemin normal, y acceder en se faisant un joli petit sommet au passage. Bon ça rajoute plein de difficultés et de dénivelés, mais ça offre une jolie course !

 

Vidéo

Topo :

Se garer au Nord de bourg Saint-Pierre en face de la station service (Notre dame de lorette sur la CNS) 1621 m

Remonter la piste qui part vers le nord et rejoindre le Creux du Mat. Poursuivre en direction du torrent d'Allèves.  Passer sous le Boveire d'en Bas 2227 m (Sud) . remonter la Combe de Lane puis virer à droite vers le glacier de Boveire. à 2900 m,  virer dans le couloir en contournant le point 2977 m CNS. Remonter le couloir plein nord avant de basculer vers l'Est dans un couloir secondaire (glacier pendant proprement dit).  Remonter le couloir pour parvenir à la crête; De là, on rejoint le Petit Combin à 200 m.

 

Descente : Par un mouvement enveloppant, rejoindre le glacier des follats que l'on descend surtout en rive droite dnas la seconde partie. traverser le glacier de Panossière avant de remonter sur la moraine qui mène à la cabane (bien visible)

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Récit :

 

Je le savais...

Je le savais qu'en emmenant Thierry et Anne, j'allais en ch..... Ben oui, ils font du sport H24 ! Elle a passé son temps à aller deux fois plus vite que moi dans mes ascensions des 82 4000 (on a quand même 39 4000 en commun)  et Thierry est un ancien champion d’athlétisme...

Je le savais...

J'allais passer un sale quart d'heure. L'expression est mal à propos, c'est plutôt un sale 10 h ... et 10 h... C'est long !

 

Bref, covoiturage depuis Martigny pour rejoindre Bourg Saint Pierre "La Maudite" ... Ski sur le sac et c'est parti. Il n'y a pas un pêt de neige, on n'a pas fini de porter ...

Comme souvent, on papote. Poliment, mes deux acolytes me laissent devant. Pour faire le rythme, mais surtout pour ne pas me larguer en avançant trop vite. On traverse un torrent comblé par une avalanche et on rejoint le Creux du Mat. Pour l'instant , tout va bien ... Légère hésitation quant à l'itinéraire à suivre, heureusement, j'ai la carte dans ma poche, et zou on repart sur le bon chemin. 2000 m, voilà enfin la neige. Au début on marche dessus pensant qu'il va falloir déchausser. En fait il n'en est rien. on se fait une petite pause pour passer en mode ski. Il y a pas mal de nuages ce qui rend la montée plus facile, on évite le cagnard du printemps. Je trace pour l'instant devant mes deux champions : Duracell et Rantanplan. Bon ben Duracell, vous la connaissez. Rantanplan est le nouveau venu, un peu chien fou qui n'a peur de rien et qui peut suivre son maître pendant des kilomètres en plein désert sans se plaindre. (J'ai longuement hésité entre Rantanplan et Superman... Mais Superman est moins rigolo... NDLA)

 

Pause pique nique avant le couloir.

Pour moi, c'est une boite de filet de merlans à la moutarde. Tout ça en l'honneur d'Yves qui a passé son séjour en Ortles à en manger. J'agrémente ce poisson (Riche en oméga 3 pour les nutritionnistes) avec un petit excellent petit Reblochon, merci Anne et Thierry !

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On repart vers le haut, dans une neige bien dure et une pente raide. Anne galope devant Thierry qui la colle. Un an à peine qu'il fait du ski de rando, il se balade dans la pente, conversion après conversion... "Il est fort , ce Rantanplan ! " Je jette l'éponge, la pente devient trop raide pour moi, et je chausse les crampons. Thierry a la politesse de m'imiter, tandis qu'Anne galope vers le haut à ski. On se retrouve à deux, en crampons.  Thierry me laisse sur place, méditer sur l'importance de l'entrainement et la nutrition sur la performance... Faudra que je pense à perdre ces quelques kilos en trop... J'arrive bon dernier là ou Anne met les crampons.

On repart vers le haut avant une petite traversée pour rejoindre l'axe du couloir.

Resouci (ou souci derechef, ce qui est plus correct) de poids. Anne trace devant, Thierry passe derrière, et je laboure la trace en m'enfonçant jusqu’aux cuisses par moment... faudra vraiment que je pense à perdre ces kilos superflus... ( Je crois que je me suis trouvé un surnom : le laboureur.)

Et le laboureur, il a un gros défaut : même quand c'est tracé, il s'enfonce encore, et donc se fatigue même quand il est derrière.

On poursuit vers le haut. Quelques zones en neige méga dure, je parviens alors à suivre le rythme de mes deux partenaires, mais dès que c'est plus facile, je perd du terrain, alors qu'Anne se tape la trace !!! Les pauses sont rares, trop rares, je parviens à de rare moment à passer devant pour réaliser une photo ou une vidéo. Ça casse un peu le rythme, mais ça me permet de revenir (sournoisement je l'avoue) aux avant postes !

Il se met à neigeoter. On a bifurqué dans la seconde partie du couloir. Le tout fait prêt de 800 m, jamais hyper raide, mais tout de même un peu. Ça fait chauffer les mollets !!!

Et on avance, Duracell, l’infatigable, devant. Rantanplan à ses basques, Le laboureur est plus ou moins loin... derrière. Je vie ma vie d'alpiniste laborieux. On progresse, on passe à proximité de la glace du glacier pendant. Anne accélère... Ou c'est moi qui ralenti... La loi de la relativité s'applique sans doute ici.

Tiens en parlant de relativité, petit aparté, je vais vous expliquer un truc incroyable.

Imaginons que vous êtes dans un train...

Ce train fait le tour de la terre... (jusque là, tout va bien également)

Il accélère pour atteindre presque la vitesse de la lumière (299 792 458 m/s largement plus rapide que moi dans le couloir, je sais !)  Juste pour info, il n'atteint pas la vitesse de la lumière (c'est impossible). Si vous avancez dans le Wagon, dans le sens de la marche... Et ben le temps va ralentir.  incroyable non ! Et ben c'est ça la relativité. (en plus vous allez vieillir moins vite)

Fin de l’aparté, revenons en à nos moutons...

Je me retrouve derrière. Anne accélère. Thierry dans la roue (ils font beaucoup de cyclisme). Voilà un laboureur dépressif dans la trace. Je les vois qui rejoignent le goulet final. Le rythme ne faibli pas. Je monte à mon rythme et rejoins le haut du couloir, puis le plateau du petit Combin. Le vent nous accueille. Le plateau est verglacé par le vent. Je trace un peu devant, mais Thierry me dépasse et me laisse sur place. Anne a la gentillesse de faire les derniers mètres avec moi.

Sommet, Yes ! 2100 m de déniv tout de même dont 400 m de portage (pour cause d'absence de neige) et 800 m de portage couloir !

Je tente la roue du sommet comme à l'Elbrus ! et ça passe

Anne en fait de même, avec grâce !

 

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Après la séance photo, il faut penser à la descente. Et je reprends mon rôle de leader. Ben oui, je suis le seul à avoir étudié le topo. On se fait l'arête à ski avant de basculer. On a choisi de descendre par le glacier des follats, plus technique et plus direct (et surtout, je ne l'ai jamais descendu !!!)

La neige est correcte au début

Rantanplan, qui est, je le rappelle, débutant (ou presque) se débrouille comme un chef. Ça me dégoute, il est doué en tout : en athlétisme, en trail, en triathlon, en ski de rando (montée ET descente !); Il a réussi à se faire la descente, sans faire trop de dérapage !

Après la bonne neige, on se retrouve dans une neige hyper dure et trafolée bien désagréable à skier. Il faut contourner quelques crevasses.  J'ouvre la route. Le vent est bien là, un gros foehn annoncé pour les deux jours.

Derniers virages avant de rejoindre le grand glacier de Panossière. Gros schuss. Avec mon poids, j'assure. Les deux poids plumes ne font pas le poids (Ça a aussi ses avantages ...) Un peu de pousse bâton puis on remet les peaux pour remonter la moraine du refuge.

Et c'est bibi qui trace (pour une fois) Ne vous inquiétez pas, Duracell et Rantanplan sont bien calés dans mes skis !  on rejoint le haut de la moraine, puis ensuite le refuge.

Installation, courte sieste (il est 17 h quand on arrive au refuge) puis excellent repas avec spaghetti aux champignons. Seul regret, il n'y avait pas beaucoup de rabe. Et j'avoue que notre gourmandise... Ce qui m'a fait râlé : voir après le repas que certaines tablées n'avaient pas fini leur plat !... :-( J'avoue j'ai un peu enragé ...

 

Demain, l'objectif est le Tournelon blanc avant de rentrer en passant par le Combin de Boveire...

Une grosse journée en perspecive (mais peut etre un peu moins grosse ;-) )

Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats Ski de Rando : Petit Combin 3663 m  par le glacier Pendant - Descente par le glacier des Follats
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Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m Mon 82ème 4000 !

Publié le par Apoutsiak

Bon, ben voilà, j'ai gravi mon 82ème 4000

Mon Graal !!! à chacun le sien.

Une magnifique course en compagnie d'Anne, on a monté le champagne au sommet, et on en a bu... un peu !

 

Vidéo :

 

 

Topo

 

Rothornhütte

De la gare de Zermatt 1605 m

Prendre la Grande rue puis la deuxième rue à droite, remonter le sentier qui mène sur le talus et le sentier et le prendre à gauche. Le sentier rejoint Bodmen (le torrent) puis le traverse avant de remonter le long de sa rive droite pour rejoindre Stellistein: l'hotel de l'Edelweiss 2058 m.

De là le sentier mène à la cabane de Trift - 2337 m il se poursuit vers Vieliboden, attention à ne pas le perdre dans le delta du torrent vers 2600 m. Rejoindre la moraine sous la Rothornhütte et le sentier grimpe jusqu'à la cabane 3198 m

 

Zinalrothorn 4221 m

Partir au Nord de la cabane d'été et rejoindr epar des sentes et des blocs le Rothorngletscher. Remonter sous la barre rocheuse jusqu'à un couloir  qui descend de la barre vers 3400 m (couloir en III + 20 m) Tirer à gauche pour rejoindre une arête secondaire que l'on grimpe, pus traverser une pente de neige et gagner l'arête qui part du point 3761 m CNS.

Rejoindre la belle arête de neige

Que l'on suit sur l'arête.

Gagner le couloir qui descend du Gabel que l'on remonte soit en son centre soit en rive droite.

Du Gabel, remonter l'arête du Zinal sur une 20aine de mètres avant de basculer versant Mountet. Traverser deux dalles en traversée un peu technique.

 

On rejoint le bas des Binner plate : sur une 30 aine de mètres, soit par la dale, soit par la glace à gauche.

De là reprendre l'arête, contourner le gendarme par la droite, une corde est en place pour un pas technique.  de là rejoindre facilement le sommet 4221 m

Récit

Chamonix, Dimanche soir, j'ai rendez vous au gîte la Montagne, après une journée de trail entre Champex et Vallorcine. Au départ le programme est le suivant : dormir à Cham, monter tranquillement au refuge de main pour se rendre au sommet mardi ...

 

Je retrouve Anne au gîte la montagne
Elle est assise sur le banc juste devant l'un des moteurs du Malabar Princess (écrasé sur les pentes du Mont Blanc dans les années 50)
Elle n'a pas réservé le gîte.
Elle me dit qu'elle pense que la météo est meilleur demain et qu'on devrait aller faire le Zinalrothorn demain en se levant méga tôt.
Moi qui souhaitait prendre une douche, me voilà servi !
Moi qui espérait me faire la montée au zinalrothorn en mode cool...

J'hésite,
peu
et on décide de repartir en direction de Zermatt, on dormira dans la voiture (en plus on connait des emplacements de bivouac du fait de nos expéditions antérieures)

Et c'est reparti pour le col des Montets, de la Forclaz, Martigny, la vallée du Rhone et la remontée vers Tasch, forcement, quand on arrive, il fait nuit. On se trouve un emplacement de "bivouac" dans une gravière à Randa.

On se fait un frugal repas tout en faisant nos sacs et préparant notre nuit.
Je dormirai dans la voiture tandis qu'Anne dormira à la belle étoile abritée du bruit de la cascade.

On vérifie les horaires des trains et on se rend compte que ô horreur, il n'y en a pas entre 2 et 5 heures !!! (alors que certains jours il y en a !)

On se couche à 21 h 55, le réveil à minuit 15
La nuit va être courte...

elle sera bercée par le doux grincement des freins des trains
les grosses motos
les délicats battements des hélices des hélicoptères

Je finis par dormir
peu
le réveil me fait sursauter, j'ai du mal à réveiller Anne, pourtant, le compte à rebours est lancé, il ne faut pas rater le train de 1 h 00 !

On s'habille, on enfourne l'ensemble du matos dans la voiture (en vrac) et on file vers tasch. On se gare dans le mega parking (méga cher aussi) et on file pour attendre le train. Un passage par les toilettes pour se débarbouiller. Anne se rend compte ,que la nuit, ça n'est pas un train mais un taxi qui part pour Zermatt, après un petit temps de stress, un minibus déboule. et à 00 h 59, nous voilà partis pour la seconde capitale de l'alpinisme (après Cham'), en 10 minutes, nous y sommes, il faut dire que le chauffeur avait un peu le pied coincé sur l'accélérateur !  Quelques fêtards discrets sont là. Nous ajustons notre sac à dos avant de partir dans les ruelles de la ville, il est 1 h 10 !

Enfin, la journée va démarrer !

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

Nous voilà donc à Zermatt, 1 h 10 du matin, on peaufine les sacs et on part dans la ville.
J'ai bien fait de repérer le départ sur la carte dans la semaine, car ce n'est pas évident. On louvoie dans les ruelles pour trouver une sente, puis un panneau : Rothornhütte 4 h 50. Moi qui espérait mettre moins de 3 heures pour monter au refuge... C'est cuit !

On progresse sur le sentier et on tombe sur des chevreuils, enfin plutôt des yeux de chevreuils, enfin on pense que c'était des chevreuils. Bon, on les voit, on les revoit au lacet au dessus. On avance dans la forêt profonde et la nuit d'encre, le halo de la frontale éclaire les quelques mètres devant moi. La journée va être longue, très longue, on n'est qu'à 1600 m et le sommet culmine à plus de 4200 m, dans quel état vais je arriver là haut...

Les lacets s'enchaînent et, on rejoint une jolie gorge, puis un nouveau sentier à la pente raide et régulière, nous nous retrouvons face au chalet Edelweiss, il porte bien son nom : on y cultive des Edelweiss !!!

On poursuit au dessus, le sentier monte puis descend à plusieurs reprises, toujours un peu décevant et déprimant. Avant d'attaquer de nouveau une belle montée . Je dormiotte tout en marchant. Régulièrement Anne me réveille en me parlant, assez désagréable, je la laisse discourir tout en ponctuant certaines phrases par un "hum" afin qu'elle sente que je suis attentif alors que le cerveau est en mode "off".
Elle parle triathlon, sa nouvelle passion, pour laquelle elle est intarissable (et douée !)

Une battisse apparait au loin, c'est a cabane de Trift : l'ancienne cabane d'où partaient les ascensionnistes, elle est située beaucoup plus bas que la nouveau refuge. On opère une petite pause, la nuit est étoilée, parfait !

On repart vers le haut, le sentier se perd un peu dans un delta sur un replat. On cherchouille 2 minutes avant de retomber dessus. Anne est déjà passée plusieurs fois par là, ça aide. Puis on attaque la méga longue moraine, moi devant, Anne derrière, on croise des bouquetins le long du chemin.
Qu'il est loin ce refuge, on ne le voit jamais. Le jour point, mais légèrement. Je lance des grands coups de frontale à 1200 lumens pour essayer de le trouver, ça me donnera le moral. Mais rien.
Un dernier virage, le voilà, il est fermé, le refuge d'hiver est derrière, 3200 m. J'éblouis un occupant (toujours à 1200 lumens) qui regardait à la fenêtre, on pensait être tous seuls... Il est 5 heures. On a mis 4 heures pour monter.

on rentre dans le vieux refuge, on se pause dans la petite cuisine attenante au dortoir et sans porte. On grignotte et on met le réveils sur 7 h 00, ça nous laisse 1 h 40 pour dormir !!!
Je suis déjà bien entamé.

La deuxième nuit de cette nuit va également être courte....

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

7 h 20
le réveil sonne
il fait jour
Je me lève tranquillement et réveille Anne
on déjeune, tout en discutant (on chuchotait) ce qui réveille les randonneurs hollandais qui nous le font savoir...
Dehors, c'est le grand beau

On refait les sacs en laissant au refuge tout le superflu... sauf la bouteille de champagne qu'il va falloir transbahuter jusqu'au sommet !
Toute trace de fatigue a disparu pour le moment, pour le moment seulement, à quand le coup de bambou...

On part, je suis devant, hyper motivé. Anne me suit. Il fait beau, mais froid, mais beau.
On cramponne, sur le bas du glacier.
On le remonte, je file devant, Anne est encore un peu dans le gaz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le premier glacier (trop facile)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant le Cervin

 

J'ai tellement étudié le topo, que j'identifie tout de suite le passage "escalade", de toute façon il y a plein de traces de descente. On reste décordés et on attaque le couloir en III +, un joli couloir, sur une 20aine de mètres. Au dessus c'est plus plat, et ça permet de gagner le deuxième névé.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

on quitte le glacier pour un couloir en III+

 

 

 

 


Sur les petites arêtes...



Il y a une trace ce qui rend tout plus facile... On accède à une première arête, que l'on quitte pour en rejoindre une seconde, c'est plus raide. Anne lutte contre un bel onglet. On arrive alors à une antécîme où l'on opère une pause...
 

 

Cervin, Obergablehorn et dent Blanche

 

 

 

Face Nord de l'Obergablehorn (gravie l'année dernière...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au pied du couloir qui mène au Gabel (le sommet est à droite au dessus)

 

 

 

 

 

 

 

 

La vue est magnifique. Une petite 30aine de 4000 nous entoure... Je les ai tous gravis Les difficultés dont devant nous. Une petite arête bien fine, en neige, mais bien facile, puis on rejoint le couloir en neige.
Finalement on grimpe le couloir en neige sur une bonne partie avec quelques passages de grimpe en rive droite. On rejoint alors le Gabel, le col sur l'arête finale.

 

 

 

 

 

 

Au Gabel

 

 

 

 

 

 

Les difficultés se corsent, ça devient raide, ça devient technique. D'abord escalade facile puis deux dales en traversée ascendante... Concentration maximale, mais ça passe. S'en suit la Binner plate, une dale d'une 30 aine de mètres. On passe par la glace à gauche, glace bien dure, où Anne peste, elle a pris le piolet light, et le piolet light dans la glace dure, ça ne fait pas bon ménage, c'est souvent la glace qui gagne, elle repousse le piolet !!!
Bon, Anne est têtue et technique, elle finit par remporter la partie et grimpe à présent sur le rocher bien prisu pour rejoindre l'arête.

De là, il faut contourner l'antécîme par un passage bien aérien avant une escalade avec corde fixe bien engagée
Le sommet est à 5 minutes, on redescend puis on remonte des pentes faciles , pour atteindre le sommet

Youpi !!!

Je sors la bouteille de champagne, mais je reste surpris à la première lampée, il n'y a que de la mousse ! Je partage avec Anne ce moment !
Il fait bien froid avec le vent.
On est heureux !

 

 

 

Sommet

 



On passe une 20aine de minutes au sommet, il faut déjà penser à redescendre, à se reconcentrer. La course est encore longue

On entame la descente

Enivré par la beauté du sommet, mais pas que...

Bon, pour être honnête on n'a pas tellement bu au sommet, on a même fini par reboucher la bouteille pour la torcher au refuge...

En fait, tu viens d'accomplir un "exploit" en atteignant ce sommet, mais au premier mètre de descente, tu oublies complètement cet "exploit" , tu redeviens le simple petit alpiniste qui doit redescendre de cette immense montagne en un seul morceau...

 


 

 

 

 

Deuxième rappel, au dessus du Gabel

Bref on repart, on repasse le passage expo de l'antécîme, puis on fait un rappel sur Binnerplate pour assurer le coup. Un peu de désescalade technique puis de nouveau un rappel et on est au Gabel, en plein vent "frrrrrriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzzzzzzzzzzzzz"
Et on repart dans le couloir pour 4 ou rappels.

 

 

 

 

Dans les rappels du couloir


Tout se passe bien , on sait qu'au pied, après la traversée, le gros des difficultés sera derrière nous.

On fait la traversée puis on se fait la jolie arête de neige pour opérer une pause. On souffle.
 

 

 

 

L'arête de neige

 

L'arête de neige (esthétique)

On reprend la descente, efficace, on n'est toujours pas fatigués alors qu'on a démarré à 1 h du mat et qu'il est près de 17 h... Quelques nuages ont fait leur apparition, l’éclairage d'automne est parfait Quand on arrive dans al zone maudite.

Bon la zone maudite, c'est la zone où, quand tu pauses le pied, tu ne sais pas ce qui va se passer, va t'il tenir en surface ? s'enfoncer ? Venir ce coincer en profondeur sous un rocher (ben oui, avec les pointes de crampons ça fait ça..., te tordre une cheville... ?

Bref, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous entrons dans cette zone. Anne peste derrière, je garde le sourire, je sais que chaque pas nous rapproche du refuge.
Je me gaufre une première fois en avant, je me suis coincé le crampons sous une pierre.

Anne tombe également.
On est fatigués et ce dernier obstacle nous use.

Je tombe une seconde fois, pas de Simon de Sirène pour m'aide à me relever. Dommage, Il n'y a même pas Marie Magdeleine pour m'essuyer le visage...

Je tombe une troisième fois, mais en tombant, mon tibia vient heurter la traitresse pierre. Je jouis ! Puré de douleur. Anne s’inquiète, mais pas trop. Ce calvaire va t'il se terminer ? Bon, logiquement je devrai à présent atteindre facilement mon Golgotha, même si on est dans le sens de la descente... J'aurais bu le calice jusqu'à la lie !
cette troisième chute a eu lieu pile en face d'une harde de bouquetins. Pas classe. Ça les a laissés de marbre... Je me suis même fendu d'un "Je suis moins doué que vous !"

 

 

 

Il se fout de ma gueule là, non ?

 

 

 

On repart entre les bouquetins, on traverse, Anne doute de mon sens de l'itinéraire mais ce qu'elle ignore... C'est qu il y a des traces !!! Un peu de désescalade facile, quand, derrière moi, c'est le drame, Anne a chu et elle hurle.
Je la sécurise et tente de la calmée, elle a tellement hurlé que j'ai pensé qu'elle s'était fait une fracture ou une luxation... Elle a juste fait la bonne vieille technique du coinçage de crampons tombage sur le tibia, bon, il manque visiblement un peu de chaire, mais plus de peur que de mal, quoi que sa douleur a l'air pas mal...

Je la laisse récupérer, quand on repart, on se rend compte qu'il ne restait que 10 mètres à faire avant de sortir des difficultés, dommage ! On installe le dernier rappel (bon, après coup, on sait que c'est le dernier rappel, mais quand on la posé, on se demandait s'il n'en faudrait pas deux)
Et hop, Anne est en bas.
C'est mon tour.
Plus qu'à dévalé le gentil glacier en pente douce, fastoche.
Anne semble un peu fatiguée.
Perso, j'ai encore de l'énergie à revendre..
On enlève les crampons pour une dernière partie de saute caillou de blocs en blocs avant de retrouver le refuge.
Où une cordée Suisse Allemande nous accueille.
18 h !

Retour au refuge

Une Suisse allemande nous y accueille "Tschuss"
"Bonjour"
Bon, elle parle très mal le Français, et, il faut dire que même sans 17 heures de course, je parle, à la base, très mal l'Allemand, malgré 11 ans d'études...
Elle parle peu l'Anglais
Bref, la conversation est assez complexe à suivre, on parle avec les mains, les pieds... au départ, c'est assez simple, vu qu'elle prévoit de faire la course le lendemain, elle souhaite savoir qu'elle est la bonne longueur de corde et quel matos emmener...

Anne part chercher de la neige
Je m'occupe d'allumer le gaz (facile)

Le collègue d'Heidi arrive lui aussi, il parle également peu le Français.
Par contre, il parle fort !

Je leur offre un verre de Champagne, pas sur qu'ils en aient compris la raison.

On se retrouve à 4 dans la petite cuisine.
Les suisse parlent fort.
On mange. Enfin, je n'ai pas très faim.

On file se coucher vers 8 heures
Boules quies...
pas suffisant, j'entends les Suisses comme s'ils me braillaient dans les oreilles
Après de longues minutes de réflexion je me lance :

"Ein Bischen ruhe bitte, wir möchten schlaffen"

Même Anne a été sciée de l'excellence de mon allemand (faut dire que j'ai eu le temps de préparer ma phrase)
Bilan, ils arrêtent complètement de parler et je peux dormir.

Vers minuit, une soif me prend... Je décide de me lever pour boire, mais les suisses ont tout bu ! Il n'y a plus d'eau, Ils n'ont rien laissé dans la gamelle de NOTRE neige... Pas cool, je trouve 3 ml dans un fond de gourde et me recouche, un peu vert, la gorge sèche.

7 h, le lendemain, j'ouvre un œil, et me rends compte que les Suisse ne sont pas partis. Quand je mets le nez dehors, je comprends pourquoi : il a neigé !

Puré, heureusement qu'on a fait la course a la journée, sinon ç'aurait été le but.

On envoie le suisse en quête de neige, lui expliquant que c'est "behind the roof of the new refuge", il revient au bout de 10 minutes n'ayant rien trouvé. Anne me dit : il n'est vraiment pas doué
Je m'y colle, et derrière le toit du refuge, il y a bien plein de neige. J'en ramène une grosse gamelle
On peut enfin déjeuner, faire nos sacs et partir....

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !
Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

On quitte le refuge et nos deux Suisses
pour attaquer une longue descente.

Un peu de neige a été judicieusement étalée sur le sentier.
On descend
D'abord, sur la moraine, tout en parlant triathlon.
Puis sur le delta d'un torrent (tout en parlant triathlon).
puis sur le long sentier qui nous ramène à la cabane de Trift, tout en parlant triathlon... (Anne est incorrigible)

Le ciel gris est devenu bas, un crachin du Nord s'est mis à tombé, on a hésité, et à la cabane de Trift, on sort les Goretex pour éviter d'être rincés...

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

La descente se poursuit, dans la bonne humeur

Je sais que la question qu'on va me pauser est "que va tu faire après"
Et j'envisage toutes les possibilités
Arrêter la montagne : hors de question, même si Sandrine aimerait bien... Par contre je vais peut être lever un peu le pied...
De toute façon, j'ai toujours des projets en tête :

  • L'ascension du Bietschorn, une magnifique pyramide aux belles arêtes, ou l'Eiger, par la face Ouest ou l'arête Mittelegi
  • Gravir les sommets de 3900 m, le plus dur sera de trouver des partenaires pour ces objectifs qui n'attirent en général personne... (j'ai déjà une petite liste)
  • Conquérir les sommets des pays d'Europe, l'occasion de faire des voyages (sachant que les plus durs sont déjà conquis )
  • Ou partir en expe : Kilimandjaro, Aconcagua, ou peut être plutôt des sommets plus techniques en amérique du Sud...


Bon ben j'ai des idées.

Le rêve ultime: gravir la face nord de l'Eiger, mais je n'ai pas le niveau ...

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

On pénètre dans le brouillard, on se retrouve à l'hôtel Edelweiss.On fait 3 photos des Edelweiss et on file
La descente est rapide, voilà déjà Zermatt, on passe par le centre ville avant de rejoindre la gare.

Le train est là qui nous attend.
Je pensais qu'atteindre mon Grahal, me changerait, hors j'ai l'impression que rien n'est changé
je peux juste me présenter : "Bonjour, Guillaume L, 82 4000 " Truc que la plupart des gens ne comprennent pas ....

Je ne repartirai pas à Cham' dans la foulée, j'avais prévu une jolie traversée Vallorcine Servoz via le Buet en mode trail, mais je suis sevré. D'abord, je n'avais pas les jambes et je suis pressé de rentrer partager ma joie avec Sandrine.
On se change dans le moderne et hideux parking de Tasch et on file vers la franche Comté

 

 

 

Encore un grand merci à Anne pour cette jolie balade (et pour tous les autres 4000 gravis)

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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Publié le par Apoutsiak

et leur myriade de sommets

Pointe Young

Pointe Marguerite

Pointe Hélène

Pointe Magali

Pointe Croz

Pointe Whymper

Pointe Walker

Nous avons un peu explosé les timing pour la traversée. Mais ce fut un superbe voyage sur cette arête technique et engagée ! 2 bivouacs : un sur le sommet de la pointe Young, le second sur le sommet de la pointe Whymper et la rencotre avec Ueli Steck à 2 sommets de la fin sur la Walker !!!

Vous pouvez lire la première partie du récit : Traversée des arêtes de Rochefort ici !

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

vidéo version vimeo pour ceux qui ne peuvent pas lire la version youtube...

Topo :

 

La lecture d'un topo officiel me parrait indispensable sachant que

1°) on s'est complètement planté au départ de la Young

2°) les journées ont été longues et je n'ai pas imprimé dans l'ordre tous les passages.

Remarque : dans les topos, quand c'est écrit que ça déroule, méfiez vous, ça ne déroule jamais vraiment. Si c'est raide et technique, le rocher est solide, quand c'est moins technique, le rocher est pourri ! De toute façon , c'est long, c'est trèèèès loooong (sauf pour Ueli Steck !)

Bonne route !

 

1°) Pointe Young

Du bivouac canzio, trouver les deux premières longueurs qui permettent en ascendance à gauche de rejoindre un cirque qui amène par une cheminée tout à gauche du cirque en IV IV sup au sommet de la pointe Young

Bivouac Young : juste en contrebas (3m) derrière la pointe avec gaz à profusion mais possibilité de s'assurer facilement sur béquet pour la nuit

 

2°) Pointe Young - Pointe Whymper

Du sommet de la Young, redescendre à la brêche (désescalade et court rappel)

Remonter en face directement IV ce qui permet d'atteindre un second rappel qui ramène versant italien. On gagne alors le couloir qui est en face de la pointe Young (neige)

Remonter ce couloir (relativement facile) en haut , le couloir file à gauche, il ya une corde fixe qui ne set pas à grand chose, puis la fissure en IV IV sup permet de gagner une brèche, on contourne alors la pointe Marguerite par la face Nord et on atteint son sommet.

De là, c'est plus ou moins sur le fil, souvent raide, très expo et parfois technique pour atteindre la pointe Hélène. (2 gendarmes se passent par dessus, le troisième à droite)

De la pointe Hélène rocher pourri et plutôt en versant Italien pour rejoindre la pointe Croz

Terrain plus facile pour rejoindre la Whymper

Bivouac Whymper à 2 m du sommet en direction de la Walker (possiblement venté !) lever de soleil *****

 

3°) Pointe Whymper pointne Walker :

Rando glacière (ou presque) profitez en, c'est le seul moment ou ça déroule

 

4°) Descente

Attention : la descente est longue complexe, on n'est jamais arrivé sauf quand on trouve le refuge...

De la Walker revenir sous les rochers Whmpers et redescendre le long du sérac en longeant les rochers. 45 - 50° 300 m (chutes de pierre possible) poursuivre bien en bas des rochers les gravir, et descendre sur les rochers (rappels possibles) le long des rochers puis à droite pour rejoindre le glacier tourmenté(5-6 rappels) Le dernier rappel (tout en bas) permet de passer la rimaye. Traverser le glacier soit sous les séracs, soit au dessus pour rejoindre les rochers du reposoir.

Depuis les rochers, descendre plus ou moins sur la crête, et prendre la branche de droite en descendant (corde fixe attirante à gauche mais à mon avis merdique)

8 ou 9 rappels (évitables) permettent de rejoindre le pied du reposoir.

Ensuite c'est louvoyage dans les crevasses du glacier (au centre d'abord puis en rive gauche) Grosses crevasses, ambiance garantie !!!

On rejoint le refuge en suivant les cairns et la sente. Pour info le refuge boccalate est caché derrière la petite butte (il faut remonter une 10aine de mètres pour l'atteindre) il n'est visible qu'au dernier moment

 

5°) Descente du refuge

Sous le refuge on retrouve le sentier : attention au passage de barres et aux torrents. On retrouvera un bon sentier tardivement qui ramène à la civilisation - ouf !!!

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Récit :

 

La première partie est ici : traversée des Arêtes de Rochefort : Torino Canzio

 

Je ne sais pas par où commencer, de peur d'en oublier : ce fut à la fois si long et si court à la fois, si intense. Je sais que partir de Canzio sera ma décision, mais quelle virée incroyable sur cette énorme montagne où l'on se sent si petits.

 

Bref, le réveil sonne à 5 h à Canzio, et à 6 h nous sortons de notre abri. J'ai mal dormi, mais la courte marche d'approche me réveille. On part dans le couloir, je précise à Anne mes doutes, mais elle a l'air sur d'elle... on sort à gauche du couloir, on enlève les crampons et c'est parti pour les longueurs. Au lieu de tirer à gauche comme je pensais le faire, Anne tire droit sur l'arête. On trouve des relais, c'est technique mais ça grimpe. Pourtant, je sais déjà qu'on est trop à droite. Anne m'affirme qu'il est possible de tirer directement par là, de toute façon on est lancés. Sauf que plus on grimpe, moins c'est évident. A présent, au dessus, c'est austère et surplombant, un rocher hyper compact et non prisu, on n'est plus dans le IV... Anne se lance quand même, mais la gravité à tôt fait de la ramener vers moi... Elle repart à l'attaque, dans une fissure mal commode. Elle a décidé de passer à coup de pédale, Gaston Rebuffat à ses plus belles heures. Elle est forte Anne en escalade, mais là, ça me parait bien chaud d'autant plus qu'il va falloir que je passe aussi. Un second retour au plancher des vaches marque la fin de ses nombreuses tentatives. On décide de partir en rappel pour tirer plus à gauche. Au bas du premier rappel, malgré la présence d'un second rappel, on décide d'explorer la vire enneigée à gauche.

 

Ça passe, on avance prudemment avant de retrouver un grand cirque enneigé sous le sommet. Pour moi c'est l'évidence , ça passe en face On rejoint le pied d'un couloir. Mais nous sommes maintenant pas mal entamés. Anne hésite quant à l'itinéraire à suivre. Elle tente tout ce qui est possible, on n'est plus du tout sur de l’endroit où l'on est. Elle tente à gauche, à droite, au centre. Après deux jolis pions, l'un où elle pendule en se ripant les mains, le suivant en faisant sauter le dernier friend. Déjà 3 coinceurs coincés définitivement, mon jeu va y passer... .Je décide d'appeler le PGHM pour lui faire part de notre situation (autant prévenir que guérir, il est déjà 16 h et je ne voudrais pas que la situation devienne critique) Le gendarme me décrit l'endroit où je me situe et m'indique la cheminée à gauche, celle que j'avais pisté dès le départ. Il me conseille soit de redescendre en rappel à Canzio, soit de poursuivre. ( Je suis aussi rassuré qu'il sache que nous sommes embarqués sur les Jorasses) Je suis ravi de savoir que nous sommes sur l'itinéraire. Le moral revient dans la cordée. Anne décide de partir sans sac dans le couloir. Nouvelles pédales pour le départ et Anne s'élève. Elle galope pour rejoindre un relai plus haut.

 

C'est mon tour, 3900 m, plein gaz, je fixe le sac d'Anne 4 m devant moi sur la corde. Opération bourrinage extrême sur les Grandes Jorasses. Il faut pousser le sac dès que je le peux et en même temps grimper dans du IV en grosse, complètement essoufflé par ce double effort !!! Le sac d'Anne rebelle et prend un malin plaisir à se coincer tout le temps. On essaie en braillant de synchronisé nos efforts. Pousser, hurler, grimper et recommencer pour gagner quelques décimètres. Simples fourmis sur cette montagne. Je finis par progresser, pestant contre le sac, ascension un peu galère, mais c'est le prix. Ca passe, l'escalade serait sympa sans le sac à pousser... Relai, j'arrive épuisé. Anne repart vers le sommet, sans doute la dernière longueur. En mixte. Je la suis. Je fais un stock de neige pour avoir de l'eau avant de passer au sommet. Le bivouac est superbe mais à l'ombre, 3 mètres sous le sommet. Anne y descend. Je me précipite quelque peu pour lui passer le sac de neige, et zou, tout se renverse... Bilan je dois repartir en chercher, 10 m de désescalade avant de remonter et de délicatement lui passer mon précieux chargement.

On se vache au sommet, on installe tout le matos sur les sangles arrimés aux nombreux bequets. On s'installe pour la nuit, on aura les pieds dans le vide, baudrier obligatoire. La neige fond dans le réchaud, on peut tranquillement étudier la suite de l'ascension, face à nous la pointe Marguerite nous attend. Demain on ne devrait pas se tromper. Mais la journée va être encore longue.

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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Nuit difficile mais pas catastrophique. J'ai réussi à allonger mes (grandes) jambes sur la vire. La presque pleine lune est venue nous éclairer, elle n'était pas obligée. On se réveille quand même reposés avec le jour qui poing ! Je m’occupe de l'eau. Le briquet ripe sur ma peau tout abimée par le granit des Jorasses. nos doigts ont pris cher. Mais le moral est bon. La météo a tourné, il fait un gris blafard ce matin... Les chaussures humides et froides accueillent nos petons...ambiance...

 

On démarre par une première longueur, Anne revient au départ de celui de la veille, on est bon pour en tirer une seconde tout en traversée. On rejoint l'anneau de rappel et on enquille (bon pour les manœuvres de corde on n'est pas les champions alors quand je dis qu'on enquille, l'opération d'installation a vite fait de prendre une bonne dizaine de minutes. De même que l'opération inverse qui consiste à se réencorder. On repart en face dans une longueur en IV ou l'on se fait plaisir avant d'entammer un gros rappel qui doit nous ramener au pied du couloir de la pointe Marguerite. Je laisse Anne aller au pied tandis que je rappelle le rappel (d'où son nom !) Tout va bien, on repart dans un couloir en neige étroit, au rocher parfois délicat... Premier relai. au second on opère une première pause casse croute avant les longueurs clefs : un dièdre avec un fissure. Anne grimpe, du bas, j'essaie de mémoriser quelques mouvements. c'est sûr, elle est efficace. C'est mon tour. La corde fixe est plus gênante qu'autre chose même si je finis par l'utiliser pour 2 pas.

Tout à coup, difficulté, je ne parviens plus à progresser, je ne trouve pas la solution... Temps de réflexion, Anne avait fait une jolie opposition avec le pied gauche assez loin, je me lance, ça passe, je progresse voilà déjà la brêche, je prends la place d'Anne au relai, un pied en face Nord l'autre en face Sud. ambiance.

Il s'est mis à neigeoté, la météo annonçait une perturbation dans l'après midi, elle est déjà là. Esperons que le rocher ne glisse pas trop ! En deux longueurs de mixte nous atteignons le sommet de la pointe Marguerite, il n'y a pas trop de place, on ne s'éternise pas.

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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La suite est annoncée aérienne, et on ne va pas être déçu, il y a du gaz partout même si on ne voit pas tout à cause des nuages. On avance corde tendu avec quelques points entre nous et quand ça devient plus technique on tire de vrai longueurs...

Un rappel va nous faire gagner du temps, on tente le rappel derrière béquet, qui forcement se coince et on perd un temps fou à remonter le décoincer et à trouver la bonne méthode pour descendre...

Rarement vu une ambiance pareil par endroit, le vide à gauche, le vide à droite, et quelques pises judicieusement cachées. Tout est gris, les nuages, Anne au loin qui parfois disparait soit derrière un rocher, soit derrière dans les nuages !

On passe deux gendarmes, on contourne le 3ème par la droite dans du rocher pourri, ça devient plus facile, mais franchement pourri, bilan, faut rester concentré. On monte on descend, on traverse, on fini par atteindre la pointe Croz, enfin l'une des pointes Croz, et vu que debout je suis au dessus des autres, je décrête que c'est le bon sommet (c'est même Anne qui me l'a confirmé !!!) On poursuit sur l'arête, le vent est important, il y a de plus en plus de neige, du mixte plutôt facile pour rejoindre la pointe Whymper  au moment ou le ciel se déchire, le beau temps devrait revenir. Il est déjà 18h, après avoir un peu hésité on décide de se poser là, il y a un bel emplacement de bivouac, on fera la Walker demain avant de redescendre...

Et, ô joie de l'alpiniste, quand t'as fini il y en a encore : il faut renforcer le bivouac par des pierres et de la neige, faire fondre de la neige pour avoir de l'eau, préparer le bivouac et sortir trois bonnes blagues pour bien rigoler... On fait quand même l'inventaire de nos victuailles, demain , on sera à sec !!!

Je pète mon thermarest au moment de l'essayage, bilan, je serai directement sur la neige, dommage ! (trop fragile )

Repas de luxe avec le butagaz qui travaille en mode léger, trop froid pour lui ! On finit avec une mousse au chocolat déshydratée succulente ! merci Anne !

Les nuages virevoltent, le vent est fort, mais le petit muret nous en protège un peu. Le coucher de soleil est splendide, on voit Courmayeur en bas dans al vallée, Nous sommes seuls perdus sur cette immense paroi, demain ça devrait se simplifier...

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Au milieu de la nuit je sors la tête du duvet, magnifique nuit étoilée, deux étoiles filantes viennent traverser le ciel, bon présage ?

Je me recouche quelques minutes plus tard, tentant de dormir un peu.

Je m'endors forcement en fin de nuit

Quand je sors ma tête du duvet, le jour poin !

Il fait un temps glacial, nos mains abimées parviennent à appuyer sur le briquet pour démarrer le gaz ! C'est le grand beau. YES ! On glandouille dans les duvets en attendant l'eau chaude esperant retarder au maximum le moment où il faudra en sortir.

 

Au loin j'entend un hélico, il est sur les Jorasses. Et si c'était le pghm qui s’inquiétait pour nous Je décide de leur faire signe qu'ils ne gachent pas trop de kerosen pour nous. Je quitte mon duvet et enfile tant bien que mal mes groles gelées ! Bien agréable. Je me positionne sur le sommet de la Whymper, mais l'hélico cherche entre la pointe Marguerite et la pointe Hélène. Je vois qu'il tourne en rond. Je me décide à appeler le PGHM pour les prévenir que tout va bien... trouver le reseau, appeler avec des gros doigts fatigués. Avec les plaies qu'on a sur les mains, dès que l'on touche quelques chose, on saigne, pas pratique, bref, quelques gouttes de sans plus tard, j'ai le gendarme d'astreinte qui m'indique qu'ils ne cherchent personne, bilan, tout va bien, c'est pas pour nous... Et si c'était Ueli Steck ... Je sais qu'il zone dans le coin, et qu'il devrait passer par les Jorasses ces jours ci. L'hélico remonte jusqu'à nous et je distingue la caméra à présent. Peut être même qu'on sera sur le film (à moins qu'on soit coupé au montage...) Je fais signe que tout va bien, et rejoins Anne pour le déjeuner froid. On grignote quelques vivres on range avec difficulté le matos, nos doigs sont pas mal émoussés et on file, avec des réserves en eau minimale, le gaz refusant de fonctioner correctement par ces températures. On a les crampons, un peu de mixte avant la neige, un peu raide, un petiit col et une remontée douce vers la Walker : Wooliz, traversée terminée. Reste cette immense descente...

On redescend un peu quand on voit Steck déboulé au sommet de la pointe Whymper. Je le reconnais tout de suite à sa démarche efficace, il n'y a aucun doute. On l'encourage comme des spectateurs du tour de France, il nous rejoint. On papote, il nous offre un peu d'eau quand il apprend qu'on est parti léger (la classe) 2 h 30 pour faire Canzio Walker !!! on le laisse filer vers la Walker tandis qu'on entame la descente le long des rochers Whymper.

Pointe avant dans du 45 - 50° En neige d'abord, on entend l'eau sous le glacier, quand on a soif c'est une torture. Steck nous rejoint à mis pente du couloir. Il nous file quelques vivre de course. Et on discute topo, il repart, on le suit, mais il est déjà loin, Un peu de glace, on descend trop bas, il faut virer au dessus de la rimaye, pas mal de glace on tire une longueur en brochant ! Perte de temps en sécurité. Quelques pierres sifflent, il faut filer de là. On sort à hauteur des caméras qui filment les séracs. Et on se rend compte qu'on est trop haut trop tard, demi tour, il faut remettre les crampons et descendre plus bas, au plus logique devrait dire le topo !!!

Voilà le bon passage, on se met à tirer des rappels dès le premier relai, sans doute une erreur, on aurait pu desescalader, tant pis, on se lance.

On fini par trouver la cadence et au bout de 5 - 6 ou 7 rappels on se retrouve au dessus du glacier. Dernier rappel pour passer la rimaye. Je rejoins Anne on se réencorde et on file pour passer sous le sérac. Anne n'a plu de jus, elle n'avance pas et ça n'est pas le meilleur endroit. Je l'encourage dans la remontée sur l'autre rive. Un dernier passage un peu merdique pour quitter le glacier et gagner les rochers du reposoir, un peu d'escalade et voilà le reposoir, une belle dalle propice au bivouac, mais pas pour nous... On va tout de même se reposer et faire fondre de la neige pour boire. On vide les sacs de toute trace de nourriture ou presque. 3 dernière tranche de saucisson pour faire fête ! le repos fait du bien. On boit à fond, enfin le réchaud marche, il fait chaud ! Seul souci, je pensais qu'au reposoir on était sorti...

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

 

Et, le truc pas mal avec les Jorasses c'est que ça n'est jamais fini ! Alors que je pensais qu'au reposoir il fallait juste un petit quart d'heure de marche facile pour gagner le glacier, en fait, il faut louvoyer (pas trop technique quand même) sur la crête, hésiter quant à l'itinéraire à suivre, puis entamer des rappels, plein de rappel. Une cordée avec un guide et sa cliente nous rattrape. Et en 4 rappels nous passe, il faut dire que al technique est simple : le guide mouline sa cliente et que lui file en désescalade tel un cabri !!!

On se retrouve enfin au glacier après un nombre incalculable de rappel, Recramponage, réencordage, et on est reparti pour un louvoyage entre d'énormes crevasses ! Bon pour nous il suffit de suivre les traces. Pas dur ! on passe par une première zone bien impressionnante entre 2 ou 3 crevasses très proche. A présent il y a un peu de glace sur le glacier, il faut également faire attention à ne pas se gauffrer dans les quelques passages raides. Tiens en parlant de passage raide, une petite pente en glace à 45 ° sur 7-8 mètres puis une sorte de plongeoir avec une réception bien précise à faire, 2 m plus bas sur la lèvre inférieur de la crevasse. Anne se lance et lance un youhou à la réception. J'ai juste à l'imiter. Sans hésitation je m'execute, et me réceptionne sur les 40 cm2 propices ... on repart, encore des crevasses mais voilà la sortie du glacier. On rejoint le guide et sa cliente. Reste une petite rando pour rejoindre le refuge. On y arrive à 17 h et vu qu'on n'est pas pressé on décide d'y manger et d'y dormir..

On rêve de steak frites, de salades de pates ...

Bilan, refuge en mode hiver avec juste des sachets de sel, de sucre et des mini pots de confiture à la cerise. Pas de gros gardien barbu et sauvage pour nous materner, grosse déception !

On négocie avec le guide des nouilles chinoises en échange de l'usage de notre briquet ! (je crois qu'on n'y a pas perdu au change) De toute façon, mon estomac a du se rétrécir là haut : je n'ai plus faim !!! Je mangeotte et file au lit !

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Nuit pas géniale, sans doute ne suis je plus habitué au confort ...

Le réveil du guide nous sort du lit

Petit déjeuner frugal avant un grand rangement et le départ !

Et pour changer il faut rester vigilant : quelques barres rocheuses,, des cordes, du gravillon glissant, des traversées de torrent, pendant plus d'une heure le terrain demande de la concentration. On a gardé nos gants pour préserver nos mains défoncées. En bas on retrouve le sentier puis la Val Ferret Italien et plampaintieux

Séance de stop, ma pire en montagne depuis longtemps. Tout en marchant on fait du stop. Mais personne ne nous prendra , pas même 3 camionnettes vides de la compagnie des guides de Chamonix : pas classe et assez décevant ! Un italien fini par nous prendre et nous ramener au parking du téléphérique.

On défait les sacs et on se change avant de repartir pour de nouvelles aventures.

Mais déjà quelle aventure que ces magnifiques journées passées là haut !

 

 

 

MERCI ANNE !!!

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Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort

Publié le par Apoutsiak

Première partie d'un long périple

du refuge Torino au bivouac Canzio

 

 

La Vidéo

Topo

 

Montée au refuge Torino :

Téléphérique de l'Helbronner, panoramique, 2 tronçons (33 € l'aller simple) puis ascenseur en descendant 5 étages avant 100 m de galerie pour atteindre le refuge.

Traversée des arêtes de Rochefort

Du refuge Torino, partir derrière le refuge (coté galerie) et rejoindre le glacier.

Remonter en directino de la Dent du Géant en passant sous les aiguilles Marbrées et le col de Rochefort. Remonter le petit couloir ( rimaye - couloir à 45°) et atteindre un petit replat. De là, remonter vers la place du déjeuner en contournant le dernier gendarme par la droite.

De la place du déjeuner suivre l'arête en restant soit sur le fil soit versant Italien. On passe d'abord la corniche en restant bien à droite ( elle devrait céder incessamment sous peu) on remonte alors sur le fil de l'arête pour passer une première bosse puis une seconde (main courante à la descente de cette seconde) avant d'attaquer l'aiguille du Rochefort au mieux

sommet 4001 m

Redescendre versant Est le plateau en regard du Mont Mallet, puis passer un gendarme en mixte avant d'escalader le Dôme de Rochefort. Descente en mixte pour rejoindre la Calotte de Rochefort puis passages de gendarmes avant d’atteindre les 5 rappels qui ramène au col des Grandes Jorasses et au bivouac Canzio 3825 m

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort

Récit

Premier jour, journée passée à attendre Anne sous la pluie à Courmayeur. Avec le tunnel du Mont Blanc qui bouchonne, son covoitureur a décidé judicieusement de faire le tour par Martigny. La situation paraissait au départ compromise pour avoir une benne dans la journée, s’éclaircit, on devrait avoir un peu de temps pour monter. Pourtant il pleut toujours...

Anne arrive, on prépare le matos (toujours sous la pluie) et on quitte le parking, lourdement chargé, (matos technique + bouffe pour 3 jours + bivouac !)

La gare de téléphérique est moderne et bien réussie et l'autochtone accueillant, on allège nos portefeuilles à la caisse et zou, c'est parti pour la Mont Blanc Skyway, malheureusement dans le brouillard, on en n'a pas profité ! Aujourd'hui c'est plutôt la Cloudway mais bon, on n'a pas le temps d'aller trouver les dirigeants  de la compagnie du Mont Blanc Italienne pour leur faire part de notre remarque.  Deuxième tronçon, puis visite de la gare supérieure, où nous profitons des écrans tactiles géants pour repérer nos futurs itinéraires sur de grandes photos. Il faut ensuite prendre l'ascenseur et traverser un long couloir pour trouver le refuge Torino. On se présente, on révise le topo, on mange dans le self (bof) avant de se coucher dans notre petite chambre individuelle. Voilà une première journée pas trop fatigante physiquement !!!

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort

Le réveil sonne à 4 h , on sort du refuge vers 5 h 20, pétouillage dès le départ, on part sous le refuge, pas bon. Je l'avais pourtant bien dit qu'il fallait TOUJOURS faire le repérage de la marche d'approche le soir... On repart par au dessus et en 5 minutes on trouve facilement le glacier ! Encordement crampons et c'est parti, on dépasse rapidement l'autre cordée et on file vers le petit couloir. Rimaye avalée (et pourtant bien ouverte) puis couloir en 5 minutes. Tout va bien. Petite pause avant d'enchaîner. Au dessus, il ya 20 à 30 cm de neige fraiche déposée la veille ! 3 ou 4 cordée sont devant et ont bien marqué la trace.

C'est rando, dire que "le brevet d'escalade avait fait des relais dans cette portion roulante" ( voir 23 h sur la Dent du géant.)

Sur le haut quelques passages techniques. On se goure un coup de chemin (trop à droite). Il y a quelques grands pas à faire mais on fini par débouler à la salle à manger. Ca tombe bien, on va avoir du temps...

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort

Au programme la Dent du géant, on enlève nos crampons et on part pour la file d'attente : 4 cordées plus une déjà engagée. Le soleil est là, je m’assoupis, assis sur un rocher peu confortable. La cordée nous précédant est une cordée de Français, nous papotons, j'ai juste l'impression qu'ils étaient partis pour les arêtes de Rochefort, mais devant l'absence de trace, il me semble qu'ils ont préféré aller vers le Monde. Moutons de panurges, il se retrouvent comme nous dans la queue. C'est long. Je dormiote. Au bout d'une heure et seulement une cordée de partie, j'annonce à Anne qu'il faut laisser tomber, on reviendra... Trop long. On retourne aux crampons, et on part, au total c'est prêt de 1 h 1/2 de perdu. D'autres cordées sont passé devant sur les arêtes de Rochefort. On attaque l'arête, c'est magnifique comme dans les livres, sauf que la grosse corniche présente une énorme crevasse qui présage d'une rupture de celle ci dans peu de temps.

En regard de la corniche on bouchonne, C'est le périph un Dimanche soir de retour de Week-end (de l'ascension) ou Fourvière pour les Lyonnais ! Deux cordées devant : un guide et ses 2 clients et 3 basques ou catalans ( je ne parle ni le basque, ni le catalan). Tout a l'air long au dessus et assez rapidement, Anne, ma Duracell préférée montre de gros signes d’impatience... Elle veut dépasser. L'endroit me parait inopportun et les cordées , encordées long sont à mon avis extrêmement difficile à passer, en plus , ça ne se fait pas... Je temporise et essaie de calmer mon dragon.On progresse hyper lentement passant beaucoup de temps arrêtés. Devant, ça brasse. Devant, ça fulmine. Je me demande même si à un moment, ça n'a pas craché du feu... Mais il est possible que j'ai rêvé...

Voilà la corde fixe. Anne peste devant la perte de temps, elle décide de passer à l'acte. Elle passe le dernier Catalan, je fais de même, baissant la tête , de honte de la scène qui est en train de se jouer. Mais je passe. Corde fixe, à la descente, je galope, c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment de difficulté dans ces conditions. Je rattrape le second Catalan en faisant attention à "the rope" comme ce me fut précisé à mon passage. Contournement, escalade rapide, à 4000, je m'essouffle, voilà le premier Catalan au relais. C'est fait. On est passé mais ça a bien pris 10 minutes. On poursuit devant pour se retrouver assez rapidement derrière les deux clients du guide au pied de l'aiguille de Rochefort.

Il faut attendre, les Catalans, goguenards se retrouvent 10 mètres en dessous à attendre.

On repart et on passe par une manœuvre élégante les deux clients du guide. Escalade efficace pour atteindre le sommet de l'Aiguille de Rochefort en même temps que le guide. Premier 4000 de la série, on n'est pas en avance. Et pour le reste, il va falloir tracer !

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort

Descente facile de l'aiguille de Rochefort pour gagner un plateau. puis un petit gendarme en neige présente une rimaye que nous passons facilement. Quelques gendarmes, un peu d'escalade peu engagée et voilà le Dôme de Rochefort, nouvelle pause et 2ème 4000. La course est longue, le col des Grandes Jorasses parait encore bien loin.

 

Je n'ai pas aimé la descente du Dôme. Les dalles recouvertes de neige ne m'inspirait pas confiance. Bref, petouillage monstre du grand alpiniste que je suis dans des passages faciles. Heureusement il n'y avait personne pour me voir , à part Anne qui galope devant... En fait, ces arêtes de Rochefort sont beaucoup plus longues que je ne le pensais quand on s'enfile toute l'arête.

Quelques gendarmes, un peu de grimpe, un ou deux rappels. puis une dernier passage rocheux nous amène au rappel. Et c'est parti, tout en hésitation quant à la ligne à suivre.

A droite ou à gauche de l'éperon, il y a des relais et des anneaux partout. Quelques feintes de coinçage de rappel, juste pour stimuler le palpitant. Stressss ! Mais ça passe. En bourrinant dur, le rappel vient. Et au bout de 5 rappels nous voilà au col des Jorasses, on se réencorde pour aller jusqu'à Canzio il est déjà 20 h 40.

 

Là, bonne nouvelle : il y a un petit lac juste devant le refuge. Petit lac gelé, mais en creusant avec une gamelle on trouve l'eau facilement. Quel luxe. On aura pas la corvée de fonte !!! Je m'attelle à remplir les bouteilles. Anne cuisine. Elle n'a pas son pareil pour vous cuire un plat déshydraté. On ne fait pas de vieux os, au lit, il est déjà tard et la journée de demain va être longue !

 

 

 

La suite : la traversée des Grandes Jorasses

Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
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Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
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Alpinisme : traversée Rochefort Jorasses - les arêtes de Rochefort
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Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

Publié le par Apoutsiak

Traversée depuis Gonella vers Monzino

Grande, Grande Aventure dans l'envers du Mont Blanc.

Vidéo

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

Topo :

Refuge Gonella 3071 m

Attention : Cotation T5 en randonnée ( qui compte 5 niveaux) Compter 6 - 8 h !

Du parking du Frêney, remonter la Doire et traverser les deux ponts (note : il n'y a plus de pont en bas) Suivre le sentier qui longe la paroi sud du Mont blanc : bien balisé et bien tracé.Rejoindre le lac des marmottes.

Du lac, nous vous conseillons de poursuivre au Sud Ouest pour traverser le glacier du Miage. Ne pas suivre la sente qui monte sur la moraine rive gauche, la descente de la moraine est périlleuse (le sentier est malheureusement bien noté sur la carte).

Rejoindre la rive droite du glacier du Miage et le remonter (cairns) au mieux jusqu'à l'altitude de 2500 m.

Virer à droite pour retrouver une vire qui mène à un sentier qui permet de gagner par des passages de via ferrata et des sentes le refuge Gonella 3071 m

Col Emile Rey 4030 m

C'est la voie historique

Elle n'est plus pratiquée d'après le gardien de Gonella ( gardien depuis 17 ans il n'a vu personne y monter depuis qu'il est gardien...)

Mais elle passe encore très bien (vu qu'on est passé !)

Note : attention il faut remonter successivement 2 couloirs de 700 m environ chacun, ce qui fait 1400 m de dénivelé sur les mollets...

Du refuge Gonella, partir derrière le refuge en légère descente : sentes et névés.

Rejoindre le glacier du Miage (3027 m) traverser au mieux le glacier en évitant les crevasses et rejoindre la base du couloir Quintino Sella (celui qui est en face du refuge) Passer la ou les rimayes et le remonter au mieux. Le couloir d’élargi et on laisse le bivouac Quintino Sella à droit e(on en voit juste le toit. Vers 3660 m, on arrive à une épaule qui permet de basculer sur le glacier du Mont Blanc. Le glacier est assez crevassé. Nous avons utilisé les coulées d'avalanche pour le descendre en son centre, sinon privilégier la rive gauche. Rejoindre la base du couloir Est du col Emile Rey - 3335 m

Passer la rimaye (pour nous à droite)

Remonter le couloir au mieux et gagner le col Emile Rey

Col Emile Rey - Mont Brouillard - Pointe Baretti

Du col traverser vers le second col. Grimper alors sur l'arête au mieux pour rejoindre le sommet du Mont Brouillard.

Du sommet passer versant Est pour rejoindre l'antécîme Nord de celui ci. On suit alors une arête plutôt facile pour rejoindre le pied de la punta Baretti. Gravir un petit couloir qui permet de rejoindre l'arête et le sommet. retour par le même itinéraire, possibiltié de réaliser un rappel au petit couloir

Compter 3-4 heures

Descente par le glacier du Brouillard.

Basculer versant Est, le couloir est raide 50°. Il faut rester à proximité de la paroie sud du Mont Blanc. Basculer sur le plateau en face du bivouac des Eccles. Si c'est possible, remonter au bivouac des Eccles pour retrouver la voir de montée. Nous avons choisi de descendre le glacier du Brouillard, hyper crevassé ! Tout en cherchant à atteindre la rive gauche et la voir normale de montée. GLACIER EXTRÊMEMENT CREVASSE !!!

Passer sur la rampe qui se situe sous la pointe de l'innominata puis après cette rampe descendre directement dans la pente avant le point 3376 m. Descendre la branche de gauche du glacier puis quitter celui ci. et rejoindre le refuge Monzino 2590 m

Du refuge Monzino, c'est un joli sentier avec une grosse via ferrata qui permet de descendre à la Doire. Attention, sentier également coté T5 !!! On ertouve le senter de motnée à Gonella et le parking du Frêney !

Récit

Dans la quête des 4000, il y a pour moi 4 grands problèmes qui se situent tous dans le massif du Mont Blanc : l'arête du Brouillard, Peuterey Pilier de l'Angle, la traversée des Jorasses et la traversée des Aiguilles du Diable.

Avec Anne nous avons décidé de nous frotter au premier problème et de découvrir l'envers du Mont Blanc.

Bref, long voyage matinal avant d'arriver à Courmayeur par le col du Grand Saint Bernard. On s’équipe sur le parking du Frêney. Et c'est parti. Premier stress, il n'y a pas de pont en face du parking (alors que le sentier passe là sur la carte) heureusement, c'est déjà réparé un peu plus haut, ils ont fabriqué un beau pont en bois, tut beau, tout neuf ! On remonte le joli sentier qui passe sur une moraine. Les discussions tournent autour du trail et du triathlon, chacun sa spécialité ! Nous retrouvons le bas du gigantesque glacier du Miage et rejoignons le lac des marmottes, que dis je, le bucolique lac des marmottes !

Pause photo et respiration. Nous remontons alors la jolie combe qui passe derrière la moraine de la rive gauche du glacier. On croise des os de chamois ! Mauvais augure ? Le sentier est parfois éffondré sur la moraine. Et au bout, il n'y a rien, juste un vieil éboulement ! Le versant glacier de la moraine n'est vraiment pas accueillant, une bonne pente à 50° en gravillon infâme et gros blocs, sur 20 m de déniv ! ! On revient en arrière pour trouver un passage. Si ça se trouve il faudra retourner au lac des marmottes et perdre une heure. La montée au refuge est déjà assez longue !

Un collet me semble un bon endroit pour passer (au moins aç réduit la hauteur de la moraine ! Anne essaie, je lui conseille de remonter, on va voir 10 m plus loin. Je trouve une vieille corde fixe cachée. Mon sang ne fait qu'un tour, amarrage, et zou en route pour la descente à l'aide la corde ! Anne passe, je la suis, je me brûle un peu les mains dans la manœuvre. On ressort avec les mains toutes jaunes, la couleur de la corde mais on est sur le plat rocailleux du glacier ! En face on voit sur la moraine, des skieurs avancer , leurs skis sur le sac, ils n'ont pas fini de porter !

O remonte le glacier pour trouver la rive droite et les cairns.

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

L'heure de la pause pique nique, il est déjà bien tard ! Et on repart guilleret, sur ce looooong glacier du Miage. Et Anne prend quelques imperceptibles mètres de retard. (pour une fois, ça change !) Je reste devant à tracer, la neige est apparu. On passe sous le glacier du Mont Blanc, austère et magnifique ! Ambiance magique ! Je me demande comment on peut bien accéder par là, sans risque, au bivouac Quintino Sella. Mais pour nous l'objectif (finalement) du jour sera Gonella.

pendant ce temps, Anne perd mètre après mètre. Il reste encore 600 m de dénivelé. Je m'arrange pour être juste assez loin pour ne pas l'entendre pester... On opère une pause pour recharger les batteries. Le temps est gris, l'ambiance maussade. Au loin les skieurs sont dans la partie finale. Je calcule mentalement le temps qu'ils ont en avance sur nous... 30 minutes ! On repart, et on quitte le glacier pour un sentier puis des névés raides. Il ne faut pas s'en coller une sinon c'est 200 m de chute au bas mot ! On traverse un gros névé et on sort par un passage ultradélicat pour rejoindre le pied d'une viaferrata. Grosse corde et bourrinage. J'attends Anne régulièrement. Elle peste, elle râle, elle souffle. mais elle avance !

Pour le coup, c'est moi qui galope, c'est moi qui virevolte et pourtant j'ai mal au dos, sous ce lourd sac à dos prévu pour le bivouac ! Enfin le voici, juste au dessus de nos têtes. Il a l'air ouvert. J'entre, je m'annonce. Le sympathique gardien italien m'accueille. Le refuge est sympa, on doit juste faire la bouffe dans le refuge d'hiver, pas de problème ! Il y a même de l'eau accessible au refuge !

Assez vite on fait la bouffe. Je vais voir le gardien pour lui annoncer notre projet

Il me regarde avec des yeux ébaubis ! "17 ans que je suis gardien ici, jamais vu personne passer par là !" J'ai juste l'impression d'être un guignol. Et Anne va me tuer si on ne passe pas ! Je lui réponds, que c'est ça l'aventure ! Il me confirme que oui, mais je vois dans son œil rieur qu'il s'attend à nous revoir assez vite...

Voilà, j'ai le doute...

J'en fais part à Anne qui me dis que pour elle c'était bien par Eccles que ça montait et non pas par ici. Mon seul argument, j'ai trouvé une trace GPS (de descente) qui passait par ici. Bon c'est pas gagné ! (d'autant plus qu'on voyait bien sur la trace GPS qu'ils avaient galéré sur le glacier du Mont Blanc aux crevasses profondes.

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
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Nuit de doute, à rêver en boucle à des crevasses infranchissables sur le glacier du Mont blanc. A des dalles de bout de glacier verglacées et en-gravillonnées ! A des séracs menaçants. Et si on rentrait tout de suite...

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Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
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3 h le réveil, les gens du refuge sont déjà partis à 1 h pour le Mont Blanc par les aiguilles grises. On s'habille et on file vers le refuge d'hiver qui est... fermé de l’intérieur. Quelqu'un a du s'y enfermer pour dormir. On entrouvre comme on peut la porte, et j'éclaire avec ma puissante frontale. S'il vous plait, on aimerait déjeuner et récupérer notre bouffe. 5 minutes de stress et j'aperçois que ça bouge, un type bient nous ouvrir et retourne sur sa couche, houf ! On déjeune aussi discrètement que possible , on fait les sacs et on part. On rejoint le glacier et on commence le sport national de l'envers du Mont Blanc : le contournement de crevasse. Il faut dire qu'on s'en sort pas trop mal !!!

Et on rejoint la base du couloir Est de Quintino Sella.

C'est parti pour un premier rush de 700 m sur les pointes de crampon. Monotone mais on avance, à environ 200 m heure, on es pas des Ueli steck (et pourtant on a presque le même objectif, seule la durée diffère, nous on s'octroie 80 ans pour boucler notre périple !).

Bref : c'est le bon vieux rythme crampon - crampon - piolet - piolet, avec sa variante crampon - piolet - crampon - piolet que nous prenons ! Avec quelques pauses vidéo, spécialement pour vous, lecteur. En haut le couloir d’élargi, mais oh surprise, ça continue de grimper ! Donc on grimpe en laissant le bivouac, au loin , à droite. Voilà l'épaule et le crevassé glacier du Mont Blanc. De grosses avalanches l'ont balayé.

On traverse le glacier, l'objectif est de suivre au mieux la trace GPS qui passe en rive gauche. On traverse les coulées et nous voilà dans les pentes raides de la rive gauche. C'est bien, question crevasse, mais c'est raide. Finalement on décide de basculer au milieu du glacier sur les coulées d'avalanche, ça semble passer. Et zou, bibi en tête, avec pour titre le bizuth suicide testeur de crevasse ! Je m’attelle à ma tache avec succès. L'énorme coulée d'avalanche à bien bouché les trous. La progression n'est pas facile mais on avance. Parfois on fait le point pour se mettre d'accord sur l’itinéraire à suivre. L'avantage c'est que souvent encordés ensemble, on n'a pas besoin de longues discussion pour se mettre d'accord. Dernier louvoiement, dernière crevasse, on quitte la partie crevassée, partie que je craignais depuis la menace du gardien. On est passé !!!

On fait une bonne pause, le deuxième couloir du jour s'annonce ! avec encore 700 m. Anne part devant. Je lma suis et nous passons la rimaye tout à droite sans problème avant de tirer à gauche pour se remettre dans l'axe du couloir. On progresse lentement, le soleil fini par faire son apparition. Quelques rares pauses nous avançons, même si Anne râle, le couloir lui parait plus long que prévu. C'est vrai qu'il est long ! (Ce récit aussi non ?)

Le couloir se rétrécit, la neige devient plus dure, on touche la glace dessous, le col n'est plus très loin. Quelques mètres, le voilà. On sait qu'on va dormir là, il y a juste la place pour deux.

Il fait grand beau on est heureux.

On décide d'enquiller tout de suite avec les deux sommets.

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On laisse les sacs au col, j'emmène une bouteille d'eau quelques barres du matos et un piolet et on est parti. Anne se lance, il faut tracer dans 20 à 30 cm de neige. Elle se débrouille avec maestria, se jouant de toutes les difficultés. Elle trouve rapidement le bon itinéraire comme si elle était téléguidée !

On passe sur le second col puis au sommet du Mont Brouillard. courte pause avant de repartir vers la point Baretti qui est à Tataouïne ! (bon en fait je viens de regarder, il y a juste 500 m de distance, mais je vous promets que là haut on aurait dit qu'il ya avait 10 km !!!)

Bref on part et Anne continue ses prouesses, un crampon à gauche, un à droite. Chaque fois que je lui suggère un itinéraire, j'ai faux. Je finis par la laisser me guider avec son sens inné de l'itinéraire(moi qui pensais en posséder un...) Elle parviens même à deviner ce qu'il y a derrière une montagne ! On passe des antécîmes. Des arêtes de neige vertigineuses. Mais on avance pour rejoindre la base de la Punta Baretti.

Ça repart un peu raide, par un couloir. De grands pas permettent de rejoindre l'arête et voilà le sommet : Youhou !!! On fête ça dignement, sans trompettes ni cotillons ! Mais on est content. On va pouvoir revenir au col Emile Rey par l'arête déjà tracée : fastoche.

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Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
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Enfin fastoche, c'est vite dit par ce qu'il faut quand même rester vigilant. On opère un court rappel toronnant à la base de la pointe Baretti et on file sur l'arête. On passe les deux pointes non répertoriées, on passe sous le Mont Brouillard et c'est seulement la petite descente sur le col qui nous posera de petits problèmes, des dalles de rochers sous la neige à gérer. Mais aç passe, voilà le bivouac et la pause ? Non, il faut préparer le bivouac et le repas du soir.

C'est là que l'on retrouve notr e belle société machiste et patriarcale : Je m'attelle à la construction du gîte tandis qu'Anne s’occupe du couvert. Je lui crée un petit espace cuisine de moins de un mètre carré (duquel s'il est fait un pas en arrière elle retombe 700 m plus bas sur le glacier du Mont Blanc).

De mon coté, je façonne la chambre, creusant l'arête sur 50 cm et faisant des parois pour nous protéger du vent. Anne m'interrompt régulièrement pour me prévenir d'éviter de traverser la corniche. Mais je suis lancé et satisfait de la tournure du projet : que je nomme Apoutsiak's bivouac's projekt, ça fait plus classe !

Régulièrement, je m'allonge pour vérifier que je tiens (oui parce que c'est sûr, Anne, elle, elle tient large !)

On se fait un petit diner ou j'ai un peu de mal à manger les pattes déshydratée. Je préfère les sprits ! Une tisane et au lit. L'occasion de tester mon matelas rempli d'air et mon super duvet conseillé par Jeff !

Tout de suite, j'ai chaud et j'enlève couche après couche pour me sentir mieux ! Au fond du sac les chaussures sont très désagréables. Je me fais une soirée mp3 tandis qu'Anne ronfle à coté !

Il se met à neigeoté. Pas grave c'est annoncé par la météo et ça devrait s'arrêter... Je emmitoufle sous mon duvet et fini par m'endormir.

Régulièrement l'absence d'air dans le duvet (ou l'excès de CO2 me réveille, j'aère , et je sens qu'il neige toujours. Anne râle régulièrement elle a froid !

Je tente différente solution. La tête dehors, on se fait tremper par la neige, dedans, il faut maintenir une ouverture pour respirer correctement. Mais je dors, par accoup, mais je dors.

Lors de mes réveils, j'essaie de sentir à la main si la neige est arrêtée ou si l'on voit les étoiles, amis rien. Il neige toujours

Nous sommes perdus sur ce col à 4035 m installés sur une petite plateforme de 2 m sur 1 m 50. Avec deux parois vertigineuses de chaque coté. J'imagine un dezoomage géant de notre frêle bivouac vers la terre ! Et me sens alors tout petit, tout fragile !

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

J'ouvre les yeux. Il fait jour.

Anne à coté, grelotte, pourtant emmitouflée dans son duvet. Elle a même eu droit à ma goretex par dessus !

Je regarde l'heure : 7 h ! On n'est pas en avance ! Je m'habille en essayant de rester au sec. Tout st blanc, il a neigé 20 cm de neige. Tout a disparu autour du bivouac sous l'épais manteau blanc. Une fois lentement habillé il faut agir. Je mets en route le gaz pour préparer une tisane avec de la neige. Anne me semble avoir passer une nuit passablement mauvaise, alors que, j'ai honte, mais même si je me suis réveillé régulièrement, je pense avoir pas mal dormi. Elle grelote, je me demande si elle va être en mesure de bouger ! Je commence à chercher nos affaires sous la neige, mon baudard, mes gants ! mes crampons. Le vent est là, glacial, il nous amène un peu de neige supplémentaire. Le temps est gris, on sent que le soleil est levé, mais caché, il ne nous réchauffera pas.

Anne fini par s'extirper de son duvet, trempé. Elle grelotte. Je luis fais boire une première tisane, puis une deuxième. Le gaz a du mal à fonctionner, c'est un vielle appareil et le froid le limite dans la puissance On grignote et on continue de ranger.

Anne est congelée, je tente de la réchauffer. Je pense un peu à appeler les secours s'il elle ne va pas mieux, mais elle fini par prendre le dessus.

On discute de la suite, monter au Mont Blanc par le pic Louis Amédée et le Mont Blanc de Courmayeur semble difficile. Reste à descendre, les deux couloirs gravis la veille me semblent bien longs à descendre. Reste à descendre versant Eccles, inconnu pour nous mais sans doute plus court. On consulte la carte, et on décide de fuir par le glacier du Brouillard sous le bivouac Eccles.

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m

On décolle, on passe la corniche, laissant notre bivouac au dessus. Tout de suite, al neige semble hyper pourri, on s'y enfonce par moment jusq'aux cuisses. C'est raide. Il neige. On progresse. Pente à 50- 55° Neige profonde, croutée, inégale ! Mais on avance. Objectif numéro 1 rejoindre le plat du glacier sous le bivouac des Eccles, de là, on avisera.

On y parvient. Je monte sur une sérac en pente douce et essaie de mémoriser u trajet dans les premières crevasses : but du jeux : traverser le premier champ de crevasse et retrouver la rive gauche et la voir normale de montée au bivouac.

On repart pour contourner deux crevasses en rive gauche, on avance., il ya d'énorme crevasses ,des séracs menaçants, on se sent touts petits. on louvoie, un coup à gauche un coup à droite. Le jour blanc nous empêche d'anticiper beaucoup. Quand la pente se raidi , on hésite on essaie de faire rouler la neige pour voir à quelle vitesse elle chute. Les demis tours s’enchaînent mais on avance. A chaque demi tour, on change de leader, derrière c'est cool, il n'y a pas à tracer ! Anne tente à gauche, elle trouve ça trop crevassé, je pars alors sur la droite. Je vois une crevasse en 3 étages. Je descends, le bâtons dedans, puis le pied, en dessous, se retrouve dans le vide. Je remonte réfléchir les deux pieds au sol (c'est mieux que les pieds dans le vide) Je propose à Anne de la mouliner, qu'elle bourrine la rimaye et je passerais quand tout sera au clair. On hésite et on se dit que peut être plus haut, ça passait mieux à gauche pour rejoindre la voie normale.

On remonte mais le passage envisagé est peu avenant. On décide de tout remonter jusqu'au bivouac des Eccles. Et on remonte. Finalement ça n'est pas si long que ça (on n' a pas tant avancé que ça en fait) Mais en haut il faut se rendre à l'évidence. A cette heure avancée avec de al neige jusqu'aux cuisses, une rimaye peut être infranchissable, ça va peut être être (sans doute) opération impossible

Nous voilà, assis sur la neige à 10 m l'un de l'autre. Appeler les secours ? J'envisage sérieusement cette possibilité. Mais en Italie l'évacuation non sanitaire est payante. J'envisage de mentir (je sais, c'est mal, mais j'ai l'honnêteté de livrer toute ma réflexion du moment) et de prétexter une entorse. Le pire c'est que ce matin, si Anne était restée dans le même état, j'aurais appelé sans état d'âme. Mais là, on est coincé comme deux cons sur ce glacier méga crevassé sans parvenir à trouver la sortie ! Et puis, pas classe de finir une course en hélicoptère, est ce que ça la valide ? Et Anne va t'elle accepter de mentir ? Peut être est ce à moi de mentir, je boite un peu, hélicoptère, hosto, radio, rien de grave (forcement il n'y a rien à voir) et hop, on est dehors. (puré il y a des procès en France pour usage abusif des secours. Et là, on est en danger ou pas. On pourrait toujours nous rétorquer qu'on a qu'à rebivouaquer, on a de la bouffe et on sait faire. Ouai, mais Anne, je ne pense pas qu'elle supporte un second bivouac dans elle froid, la nuit d'hier l'a déjà bien entamée ... Et on est sur un gruyère plein de trou, pas l'endroit idéal pour se regrouper pour un bivouac.

Bon l'assurance CAF prendrait en charge l'intervention, à moins que ...

Pourtant ça doit être sympa de descendre en hélicoptère le glacier du brouillard (dernière réflexion faite à postériori !) Puis on serait vite à la maison !...

Bon, on décide de retenter par le bas, et zou, on redescend. On commence à connaître par coeur la zone. Et on arrive à ma crevasse. Il ne faut pas hésiter, je mouline Anne, elle passe la triple crevasse assez facilement. A mon tour, délicatement je pause les pieds sur les frêles lèvres de la goulue (oui, parce qu'elle a l'air goulue) je finis par passer ! Ouf, on continue. Mais à chaque changement de pente apporte une surprise, souvent mauvaise. Il faut louvoyer, revenir en arrière, contourner, se faire extrêmement léger. Deux crevasses parallèles, Anne progresse lentement, stressant. un pied dans le trou, elle ne scille pas. C'est bizzard, on s'est habitué au danger et on avance prudemment mais sans trop de peur. Elle passe, ensuite, si tout va bien on va pouvoir longer la rimaye et rejoindre la voir normale d'Eccles. Ca passe. Je n'arrive pas à y croire et m'attend à voir un nouvel obstacle se présenter devant nous ! Mais non, tous les feux sont au vert ! Enfin , on va pouvoir descendre. Je crois qu'on a mis près de 5 heures à descendre 400 m !

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 mAlpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
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Pause après ces émotions. Je fais part à Anne de mes réflexions. On poursuis sur le glacier suspendu en dévers et raide. Je déteste marcher en crabe, pourtant il le faut. On repart dans un couloir raide pour rejoindre le plat du glacier. A présent nous disposons de mon fichier GPS qui nous permet de progresser sans trop d'hésitation Le plat est court. On retrouve une zone avec des crevasses et un peu de glace. C'est toujours un peu raide, ça doit être ch... de monter à Eccles par là ! Mais il le faudra bien, un jour ...

Derniers névés, on quitte le glacier, voilà le refuge Monzino.

On emprunte le sentier et on rejointe le refuge. L'aboiement du chien du gardien nous annonce. Nous passons 1/2 h à papoter avec lui, moment sympa. Avant de redescendre. Mais cette course ne sera jamais terminée, reste une Via Ferrata "toutdanslesbras) à se taper. L'équipeur a eu l'idée de mettre des barreaux bien régulièrement sauf à certains endroits ! Bref, il faut rester concentré !

Voilà le sentier. Enfin, on progresse tranquillement, la voiture n'est plus loin. J'ai Anne dans les pattes, ça n'est pas pour rien qu'on l'appelle Duracell ! Elle faisait moins la fier ce matin (ben oui, c'est comme une pile, quand il fait froid, ça marche moins bien !) Je sens que si elle passe devant, elle me largue en deux seconde.

Retour, les ponts, et la voiture enfin.

Suis heureux de cette belle aventure, et un peu déçu de ne pas avoir sorti le Mont Blanc par Amédée, je sais qu'il faudra revenir (sans doute par Eccles cette fois ci) pour finir le "travail" il nous faudra encore 3 jours !

Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
Alpinisme : Mont Brouillard 4069 m - Pointe Baretti 4013 m
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Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord 4063 m

Publié le par Apoutsiak

Obergabehorn face Nord

Une des plus belles face Nord des alpes...

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Topo

 

Cabane du Mountet

 

Depuis Zinal parking 1675 m

traverser le pont et suivre la piste qui longe la Navisence en rive gauche (plat 2 km environ)

la piste monte jusqu'au Vichieso, puis redescend pour atteindre un pont vers 1920 m Le traverser et prendre la direction du Grand mountet (c'est bien balisé) le chemin grimpe et passe par les points 2299 m CNS puis 2430 m CNS avant de prendre à flanc. Vers 2600 m une gorge profonde peu poser quelques problèmes avec la neige en début de saison (après la Tsina de Vio) poursuivre au Sud et passer l'éperon qui descend du Besso puis poursuivre sous l'arête du Mammouth et rejoindre la cabane du Mountet.

 

On peut aussi gagner la cabane du Mountet par le glacier en début de saison. C'est ce que nous avons fait pour la descente, mais nous avons beaucoup cherché l'itinéraire en bas au niveau du delta pour rejoindre le pont sous la cabane du petit Mountet. Il faut peut être envisager depuis le pont de rester en rive gauche et prendre au départ la piste du petit Mountet avant de rejoindre le glacier en rive gauche. Ensuite plein sud sur le glacier de Zinal jusqu 'au virage direction Est d'où l'on peut emprumpter la rive droite et gagner la cabane du Mountet 2886 m.

 

un autre itinéraire passe par la cabane du Petit Mountet avant de rejoindre le glacier.

 

Obergabelhorn Face Nord.

 

De la cabane du Mountet

 

Descendre sur le glacier de l'Obergabelhorn (2780 m environ), le traverser et rejoindre la pente raide située en aval de l'arête du coeur 3000 m environ. Remonter ses pentes 45 – 50° légèrement en diagonale à gauche jusqu'à 3500 m environ. On passe alors entre des séracs à gauche et la base de l'arête à droite. Rejoindre plein Sud le pied de la face nord proprement dite. Passer la rimaye remonter au mieux les pentes de la face nord pour rejoindre l'arête du coeur. Remonter l'arête du Coeur jusqu'au sommet de l'Obergabelhorn 4063 m

 

descente :

soit par le même itinéraire

soit par l'arête du coeur

soit par la voie normale et la Wellenkuppe

soit par l'Arbengrat

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Récit

 

On en avait déjà plein les pattes, la veille on avait passé la journée (au sens propre du terme, on y avait passé 23 h) à réaliser la traversée l'aiguille du jardin, la Grande Rocheuse et la Verte, en arrivant au refuge du Couvercle à 23 h 20. Ce matin, descente du refuge à 9 h pour arriver au Montenvers vers midi et prendre le train pour rejoindre la voiture. 1 h 30 plus tard nous sommes à Zinal, et vers 16 h nous « décollons », sans les skis, l'expérience de la Verte nous aura servi de leçon …

Le panneau annonce 4 h 10 de montée. Une arrivée vers 20 h c'est un peu tard, mais bon vu qu'au départ on a une grosse demi journée de retard, on ne se plaint pas. Arrivés au pont on a gagné du temps, le timing annoncé nous laisse envisager une arrivée vers 19 h 45. Et on devrait encore en gagner. Mais nous nous souvenons des deux randonneurs rencontrés dans le refuge du Couvercle, randonneurs de type Oracle, de type, Pythie de Delphe,  « On a du rebrousser chemin il y 2 jours à cause d'un passage exposé » Et malheureusement je ne me souviens plus ni de la cause ni de l'altitude de ce renoncement... On monte, un peu stressé de savoir ce que l'on va trouver. Il y a vite de la neige, et Anne, ma Duracell préférée se met à la tache. En gros, on a réparti les taches de la façon suivante : moi je choisi les courses et je trouve le jour où elles sont en conditions, et elle, elle trace !

Bref ça trace, on s'enfonce un peu, beaucoup, parfois passionnément ou à la folie mais rarement pas du tout. Ce qui fait que notre rythme ralenti mais pas pas notre cardio. Dans cette neige pourrie, c'est usant; en bas, on vise au maximum les portions rocheuses. Mais plus on monte, plus la neige est présente et il faut alors faire au mieux dans le grand blanc. Je finis par prendre de gros relais, ma Duracell montrant des signes de faiblesse. On passe sous le Besso, et je me rends compte qu'il faut encore tirer à flanc jusque sous le Mammouth... loin !

 

Je trace au mieux, loin des pierres, loin des trous (ou presque) Je largue même Anne dans la manoeuvre mais ce qu'il y a de bien, c'est que pour me retrouver, elle n'a qu'à suivre mes traces... Le soleil est couché maintenant, au détour d'un virage, l'Obergabelhorn se dévoile. Le refuge un peu plus tard. Je scrute sa face Nord tout en marchant, hésitant sur l'itinéraire à suivre demain. Voilà le refuge , il est 9 h ½ : 1 h ½ de retard sur l'horaire prévu. La neige ne nous aura pas facilité la tache.

 

A présent opération Buche - feu et fabrique de l'eau. Anne au brasero, moi à la récupération de neige, à 9 h 30 du soir, c'est pas cool. Mais on s'en sort pas mal, il faut dire que le refuge est bien équipé. Nous dinons et à 23 h, nous sommes couchés, réveil à 3 h 45.

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Doux bruit du réveil, Anne pas motivée, elle n'a pas digéré les deux grosses dernières journées. Et quand elle n'est pas motivée, elle le fait sentir par une humeur... délicate... Je fais semblant de rien. Habillage, déjeuner, cramponnage, et départ vers 5 h. Anne trouve qu'on descend trop, j'avais indiqué 2800 m altitude minimale de l'approche et on est descendu à 2780 m quel drâme ! Mauvaise foi !!!  Sa mauvaise humeur est là, je la resens, mais je fais avec. On descend de la morraine du refuge, on s'encorde, on traverse le glacier et on remonte pour trouver la petite face Nord au pied de l'arête du coeur qui semble en conditions, il y a apparament un peu de glace en son centre, mais ça devrait être contournable... (3000 m)

 

On s'équipe tout en laissant les bâtons et un peu de matos en bas

C'est parti pour 400 – 500 m de progression « verticale » 45 – 50° en neige mototone, mais Duracell est devant, à fond, et c'est bien confortable de progresser derrière. On progresse rapidement dans cette face en condition, pas de glace. Par contre tout en traversée légère de gauche à droite. Les mouvements sont répétitifs mais il faut rester concentrés. On sort avec à gauche, un sérac et à droite l'arête, on vérifie notre position au GPS avant de repartir directement en direction de la face Nord en longeant le pied de l'arête du coeur .

On prend à présent le soleil. La Face nord est en fait orientée pas mal à l'Est et baigne de lumière. On l'aborde en biais. Je vois qu'Anne peine. Je prends le relais, fier comme Artaban, c'est pas souvent. Je vais lui montrer qui c'est le patron. Bon alors là, j'avoue que je n'ai pas tracé au bon endroit. C'est à dire que la consistance de la neige était des plus aléatoires... Un coup bien dur, un coup crouté. Et avec ma masse est celle de mon sac à dos (surtout celle de mon sac à dos), j'ai pas mal morfler. Au bout de 10 minutes, tel une bête fourbue, j'ai rendu les armes. L'honneur bafoué, j'ai vu Anne passer devant et relancer l'allure. Le pire, c'est que j'ai vu qu'elle gambadait en restant en surface tandis que je m'enfonçais lamentablement dans la fange. Scrounch, scrounch. Il faut se rendre à l'évidence, elle est plus forte que moi !

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

La partie gauche de la face est en glace, il semble judicieux d'emprunter la partie droite, qui semble en neige et de rejoindre l'arête du cour à droite du sommet. Un peu moins élégant qu'une face Nord directe, mais c'est tout de même mieux de s'adapter au terrain que de monter bêtement en tirant des longueurs.

A l'approche de la rimaye, la neige poudreuse tassée devient sans consitance. Et Anne se remet à râler, dur de progresser quand on n'a pas d'appui... Finalement ça reporte, et on relance. La rimaye bien bouchée se laisse franchir sans résistance. On tire alors en bais à gauche dans une poudre lourde on l'on pause le talon, plaisir de l'alpiniste qui repose ses mollets, Miam ! Une fois dans l'axe de la pente, on progresse, toujours corde tendue. Elle devant, galopant, moi derrière, hésitant, emprunté, essoufflé. Je tiens le rythme. Anne est tout de même un peu stressé par l'éventuelle présence de glace. A chaque passage ou sa pointe de crampon effleure la douce glace, elle m'annonce « de la glace », me signifiant que si ça continue elle rebroussera chemin... Pas là, pas si près du but. Je ne dis rien et la laisse continuer, vers le haut. La face, qui paraissait pas si haute vue du bas, s'annonce bien longue vue du dedans. L'altimètre semble bloqué. Ca doit être ça et pas notre lenteur. Les portions en glace ou en neige bien dure son maintenant plus fréquentes. Haut de la pente, pas le droit à l'erreur. Deux petits points progressent dans l'immensité blanche, nous sommes seuls dans la face, seuls dans tout cet immense cirque du Mountet.

Voilà l'arête du coeur, fin de la face, je sors comme je peux dans cette neige inconsitante. Le sommet est à portée de main. Nous repartons sur l'arête, un hélico à touriste vient nous survoler, nous devons faire un joli dans le décor, 2 alpiniste sur une fine arête. La neige est un peu croutée. Et le sommet qui semblait si proche, s'éloigne tranquillement, je ne sais par quel phénomène. L'arête est longue mais également la facette terminale. Sans fin. Anne peste devant ces longueurs, je n'en pense pas moins. Mais la cîme fini par s'approcher. Notre quête va bientôt s'achever, je la rejoins …

 

Sommet , youpi !.

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Je peste devant ce sommet une fois de plus inconfortable. Impossible de s'y tenir assis normalement. Impossible de prendre un précieux repos, sur le petit rocher qui nous sert de siège. Nous, valeureux guerriers, opterions pour un confortable canapé, un royal fauteuil, là un simple caillou pointu permet notre repos... Bilan pause courte. Un sommet, ça devrait toujours être équipé avec un beau rocher plat et à l'abri du vent pouvant contenir une 20aine de personnes...

Quelques photos prises à la va vite, une vidéo. Un nouvel hélico salue notre ascension. J'observe rapidement le dernier gros 4000 Valaisan qu'il me reste à gravir : le Zinalrothorn si proche, sur lequel j'ai déjà buté avec Jeff... Nous entamons la descente, avec un gros avantage, il n'y a plus à soulever son corps vers le haut, la gravité s'occuppe de tout... Suffit juste qu'elle n'en face pas trop !

 

Et zou, on file vers le bas lentement (mais moins qu'à la montée) piolet- piolet, crampon crampon, gestes mécaniques, répétitifs, nous perdons lentement de l'altitude. On retrouve la face nord et ses courtes plaque de glace. La bonne nouvelle c'est que ça passe beaucoup mieux à la descente qu'à la montée. On reste concentrées mais la pression descend d'un cran. J'indique les endroits délicats, et la cordée progresse, quelques hélicos passent, les touristes en auront pour leur argent, on devrait demander une dîme ou un droit à l'image...

 

Replat, pause au soleil, ça fait du bien, on en fait si rarement. On est bientôt sec en eau. On repart pour la petite face. J'essaie d'aller vite, mais Anne se balade. Je fais de micro pauses toutes les 5 minutes. Je vois à présent les bâtons, on les rejoint. On regarde l'heure, ça va être chaud pour Anne d'avoir le train ce soir, mais on verra.

Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m
Alpinisme : Obergabelhorn Face Nord  4063 m

Je repars devant pour le retour par le glacier qui nous semble plus aisé. Le glacier est immense, magnifique entre la Dent blanche et la pointe Durand. On traverse un plateau avant de plonger vers l'étage inférieur. La trace n'est pas trop difficile à faire sans cette neige soupe, mais il faut quand même dépenser pas mal d'énergie, on regrette les skis... D'énormes cascades inaccessibles nous surplombent, nous rappelant notre soif.

 

Replat, Anne repasse devant avant le virage du glacier qui nous permet de voir la cabane du petit Mountet. On suit vaguement des balises Rouges. On s'enfonce de plus en plus dans la neige humide. On finit par se décorder sur une morraine. Je repars loin derrière , Anne ne m'a pas attendue. Je galope, mais mon galop est moins efficace que le sien, elle virevolte sur les rochers, elle glisse sur la neige. Et je vois rapidement que l'écart grandi. Je fais pourtant de mon mieux, chargé comme une mule. Un névé aux bords verglacés et me voilà j'ai chu. J'ai chu à moitié sur de la glace et sur du gravillon. Pas de bobo, juste la hanche et les mains ont touché, mais mon honneur en a pris un coup. Je vengerai l'affront. Le temps de me relever, Anne a progressé. Je ne la vois que rarement dans le dédale de la morraine de cet immense glacier. Je rencontre parfois ses traces dans la neige, ou l'humidité de ses pas sur les rochers. Il me faut à présent trouver seul le passage idéal dans le débrits d'avalanche, les coulées de boue, les morraines aux rochers instables... Au détour d'un virage je la vois qui avance.

 

Et cette eau qu'on entend sans jamais la gouter. Les ruisseaux passent dans les rochers inaccessibles. Horrible.

 

 

Voilà enfin le delta. Ca devrait rouler à présent jusqu'au pont. Loin devant Anne a déjà pénétré la forêt.

 

Je le vois bien pourtant ce rocher instable sur lequel je projette mon pied. Il roule, mon corps peu svelte n'a plus d'appui, je pars en vrille, tel un hélico sans rotor, la chute va être lourde, je le sais. Je m'effrondre sur l'épaule, et sur les mains. L'épaule me fait mal, les mains sont arrachées. Je vois que tout fonctionne mais j'ai quand même morflé. Je me relève penaud et touché dans ma chaire comme dans mon esprit, il me faut à présent repartir, l'épaule endolorie.

Le delta est agréable et plat, il suffit de suivre des méandres à secs. Mais voilà que l'endroit se ressert, il faut à présent remonter.

Au loin Anne m'indique sa présence. Impossible de la rejoindre en direct, je remonte dans les branches piquantes puis les rochers branlants. Pour me retrouver bien trop au dessus. La suite me parrait plus facile si je remonte encore pour gagner un névé. Je glisse sur celui, puis reprends une coulée d'avalanche pour me retrouver dans une épaisse végétation quasi infranchissable (j'ai mis quasi parce que je l'ai franchie sinon je m'en serais abstenu) Les branche me giflent, le sol est instable, j'ai les mollets griffés. Impossible de rejoindre aisément ce maudit pont. Le passage est ardu, jusqu'au bout il va falloir se battre. Je glisse sous un énorme rocher qui menace de tomber si un souffle le touche, je passe tout en priant de ne pas me le prendre. Bataille interminable alors qu'il nous semblait avoir touché au but. Quand enfin je parviens au pont, je n'y trouve personne. Je décide d'attendre Anne qui doit être derrière. 10 minutes plus tard, elle arrive inquiète, elle m'a attendue du haut de son perchoir , je lui explique qu'il était impossible de l'y rejoindre. Nous calculons que pour son train ,c'est raté. Dernière ligne droite, la longue piste jusqu'aà Zinal. Nous passons sous les magnifiques cascades, croisons 2 bouquetins peu farouches avant de rejoindre le village. Ou nous faisons un peu de rangement avant de repartir.

Et, malgré nos bons calculs, Anne aura son train, et je rentrerai tranquillement à la maison.

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