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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Ski De Randonnee

Vidéo : Ski de randonnée - Suchet - 1588 m

Apoutsiak — Juravidéo - Les vidéos d'ApoutsiakSki de randonnée

Première sortie de l'année 2021 (1er janvier 2021)

Et première sur le Suchet ( massif du Jura) au départ de Jougnes

Avec Bastien

Vidéo : Ski de rando - But au col du Mont Brulé : de la cabane des Bouquetins à Arolla

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakValaisSki de randonnée

J3 du raid à ski autour du Mont Collon, on part avec un timing serré pour Tête blanche ou Tête de Valpelline en passant par le col du Mont Brulé, on doit être à 13 h à Arolla. Assez rapidement on voit que le timing est trop juste on va juste repérer le pied du col Retour à Arolla par le pied de la cabane, et plan Bertol (on n'a pas osé passé par la prise d'eau pensant que ça ne passait pas ! oui, je sais, on est un peu timoré... Bilan : +1 h 30 ! pas glop ! )

Vidéo : Ski de randonnée : Aouille Tseuque - 3554 m

Apoutsiak — Raid à skiSki de randonnéealpinismeLes 100 plus bellesValais

ski de randonnée : Aouille Tseuque depuis la cabane des Vignettes

puis col du Petit Mont Collon

Col de l'evêque

cabane des bouquetins

arrivée à la cabane à la nuit !

Vidéo : Ski de randonnée - Pigne d'Arolla 3787 m à la journée

Apoutsiak — ValaisSki de randonnéeRaid à skialpinisme

Octobre 2020

De la neige, un petit créneau météo, et un raid à ski autour des Petits et grands monts Collon :

Pigne d'Arolla - nuit à la cabane des Vignettes - Aouille Tseuque, col du petit Mont Collon, col de l'évêque, cabane des bouquetins - on avait prévut tête de valpelline, tête blanche retour par bertol le dernier jour, mais le timing était trop serré..

Vidéo de la première journée : Pigne d'Arolla à la journée depuis Arolla

Ski de randonnée : Grand Paradis 4061 m Février 2020

Apoutsiak — Ski de randonnéealpinisme4000Les 100 plus belles

Il n'y a plus de saison, ma bonne dame...

Avant, tout était clair, on faisait de l'alpinisme l'été et du ski de rando, au printemps, le ski de randonnée s'appelait même le ski de printemps, c'est pour dire.

Ben maintenant, tu peux faire les sommets à tout moment, monter à 4000 m en plein hiver sans avoir trop froid, arriver au refuge dégoulinant de sueur tant il fait chaud !

 

Vidéo :

Topo :

Refuge Victor Emmanuel

Se garer au parking de Pont (Le Breuil) 1935 m

Grand parking gratuit pour le ski de fond

Partir à droite du torrent (rive gauche donc), on a voulu suivre les pistes de ski de fond, on s'est fait engueuler par le surveillant général, rejoindre le pont 400 m plus loin environ (à plat), le traverser et remonter les pentes en direction de l'Alpe Chanté (en suivant au mieux le chemin d'été) .

L'Alpe chanté n'a rien d'enchanteresse, on a eu droit à une neige béton, les skis sur le sac, on aurait même du sortir les campons si on avait été raisonnable.

Au dessus, remonter les combes faciles pour rejoindre le refuge Victor Emmanuel 2735 m

Refuge d'hiver au dessus

Couvertures, poêle, bois, pas de papier, quelques ustensiles de cuisine mais pas de casserole pour la neige.

Grand Paradis

Partir vers le Nord rejoindre la grande Combe et la remonter pour gagner le pied du glacier. Prendre à droite la rampe (pour info, le mieux est de remonter la deuxième rampe en neige avant le verrou) la remonter puis tirer à gauche dans la pente raide qui permet d’accéder à la partie supérieure du glacier.

Remonter le glacier en direction du Bec de Moncorve. Puis tirer à gauche après le col (pente raide)  pour gagner le plat final et la rimaye (s'il y en  une)

Laisser les skis vers la rimaye (pas dedans, vous en aurez l'usage à la descente)  remonter l'arête facile plutôt versant ouest ou sur son fil. On passe sous une première tour que l'on laisse à droite. Le crux de la voie est 20 m avant le sommet. La petite tour se contourne par la droite, deux queues de cochon permettent d'assurer. Bonnes prises pour les pieds, gros vide en dessous. Vous atteindrez enfin la tant attendue vierge.

Descente par le même itinéraire.

 

Descente du refuge :

Soit par le chemin d'été

Soit, s'il manque de neige : Descendre  sous le refuge en direction du Ciarforon, et remettre les peaux 50 m plus bas. Remonter les pentes qui permettent d’accéder au pied de l'éperon qui descend du Ciarforon (collet, cairn à main droite en haut) compter 40 minutes, moins si vous êtes en forme ...

Poursuivre le plus à flanc possible pour passer le plus possible le long du Bec de Monciair (au pied de son éperon) pas mal de pousse bâton. De là rejoindre le haut de la rimaye du glacier du Grand Etret. Descendre la rimaye (raide) et descendre le vallon, la fin en rive droite du torrent pour regagner la voiture.

Cet itinéraire n'a pas été validé par Benjamin...

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

Récit :

Bon moi, au départ, je voulais juste aller gravir la Rosablanche (après une multitude de buts !!! ) J'avais dans l'idée de gravir la Rosablanche le vendredi, de dormir à Bourg Saint Pierre et de partir pour le Combin de Corbassiere par le col de Pannossiere Samedi, un bon gros truc de bourrin avec près de 2500 m de dénivelé...

 

Bon jeudi soir, Benjamin me propose le Grand Paradis. C'est loin et je l'ai déjà gravi 3 fois, mais l'idée de le gravir en février m'amuse (et faire un joli hold-up). Il ne faut pas vraiment me pousser fort pour que je parte pour un 4000. 

 

Jeudi soir, c'est soirée en famille (on est allée voir Kheiron, je recommande) couché tard, forcement, la destination des 2 jours n'est pas certaine, on décidera sur le parking à Martigny (mais vu que vous avez lu le titre de l'article, le suspens va être limité)

Courte nuit (trop courte) et hop direction Martigny, et décision de partir pour le Grand Paradis, Un tunnel du Grand Saint Bernard plus tard on se retrouve dans le val d'Aoste, bien sec, on remonte le Valsavarenche ou on fait le plein de bouffe à Introd dans une petite épicerie. Voilà Pont, le parking des pistes de ski de fond. Un chamois se donne en spectacle peu avant l'arrivée au parking sur le bord de la route, on est bien dans le parc du Grand Paradis !

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

Bon, j'avoue, je mets du temps à m'équiper, le sac était prêt pour une sortie à la journée et il faut tout modifier, changer de sac, prendre le matos d'alpi, la bouffe, sans rien oublier... Benjamin patiente poliment, je me suis étalé sur plusieurs hectares de parking pour m'organiser. Le casque... il ne rentre pas dans le sac, j'hésite, j'aimerai bien le prendre... Benjamin ne le prend pas . Ça m'aide à prendre ma décision. Où comment prendre une décision... bêtement !

Alors que Benjamin m'attend sur la piste depuis 3/4 d'heure, piaffant, je suis enfin prêt, on a à peine fait 10 m qu'un pisteur patibulaire vient nous indiquer qu'on ne peut pas passer par la piste de ski de fond. Ça commence mal. Vu la tête du pisteur on insiste pas et on fait demi tour. On prend un chemin à piéton bien désagréable tout en essayant de comprendre  ce que nos skis de rando auraient pu faire à la piste de fond ...

A part le fait de ne pas payer le forfait pour 300 m de piste commune on n'a pas trouvé !

On progresse donc sur la piste à piétons avant de retrouver un pont, puis la vague trace de montée qui doit être celle qui mène au refuge. ...

Et c'est parti dans la forêt, la trace vient buter sur une barre rocheuse avec une cascade de glace... chaud. On hésite, je finis par sortir le portable avec une vague carto (oui j'ai la France et la Suisse, mais pas l’Italie, et comme deux pros, on n'a pas pris de carte... Comme excuse je peux dire que j'avais parfaitement préparé les autres itinéraires : Rosablanche, Corbassiere ou Vélan.

On finit par suivre une vague trace qui part à gauche et qui semble suivre le chemin d'été (tout cela n'est qu'hypothèse) CA doit être ça qu'on appelle : l'Aventure !...

Trace à flanc, raide, dans une forêt. On rejoint le véritable chemin d'été... ouf ! Au début facile, le chemin se raidit, dans une zone très à l'ombre, la neige est verglacée, parfois béton. On met les couteaux. Une petite traversée nous attend. Je suis devant, un abysse à gauche, neige béton sous les skis, pas droit à l'erreur. Je me concentre, j'avance de 10 m au milieu du couloir. Le mouvement de terrain devient défavorable, impossible de planter le couteau de l'un ou de l'autre des skis. Benjamin me conseille de monter, ça passerait mieux. Je ne le sens pas. Le vide m'aspire. Je décide de déchausser là, en pleine pente. Je tape un pied, il ne tient que sur 1/2 cm de profondeur. Bon, l'autre maintenant. Ça passe, je récupère mes skis, je fixe les couteaux sur mon sac. Je pars derrière Benjamin qui a opéré le changement plus rapidement. Il galère même à pied. La neige est vraiment hyper dure à cet endroit, on a bien fait de déchausser. le couloir est traversé, la suite a l'air plus facile, on reste à pied, il va falloir regagner la rive initiale, et les passages ont l'air aussi bétons et raides...

On décide de monter le long d'une zone mixte terre neige avant de traverser à un endroit où la neige semble être moins lissée et dure que dans l'étroiture du couloir. On monte, on hésite, mais on avance vers le haut. Benjamin se lance dans la traversée. Ça semble passer, il finit par se retrouver dans une zone pourrie où il s'enfonce jusqu'à la taille, mais les difficultés sont derrière nous. On aurait pu mettre les crampons... on aurait du mettre les crampons.

On monte encore un peu à pied et on tombe sur un chamois, tranquille pepouze, allongé sur la trace. Bon, malheureusement, on l'a réveillé et il s'est barré, il n'avait qu'à pas rester sur la trace.

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

On remet les skis et on poursuit vers le haut, une famille chamois traverse un relief au loin, ça nous occupe, ils viennent dans les rochers à notre gauche puis nous observent. Nouvelle pente raide à ski, quelques jolis virages, le refuge ne devrait plus être loin, reste un grand replat, on finit par l'apercevoir.  On passe devant le grand refuge d'été fermé, pour rejoindre le refuge d'hiver au dessus. Petit mais cosi.

A présent, il faut retrouver les réflexes de l'hiver

Faire du feu, faire fondre de l'eau, faire à manger, manger, dormir...

Étant donné qu'on a l'air aussi peu doué l'un que l'autre, je me lance pour faire le feu. Il n'y a pas de papier mais je trouve du PQ qui fera l'affaire, et vu que le bois est sec, le feu prend rapidement... ouf ! ( j'ai déjà eu de grandes galère à faire partir un feu en refuge d'hiver humide - Albaron, juin 2018)

J'attaque la fonte de la neige, puis je décide de fendre du bois, il y a un gros stock dans le sas d'entrée, mais il n'est ni coupé ni fendu. 2 grandes haches me permettent de libérer mon âme de bucheron.

A 18 h on attaque le repas

A 18 h 30, quelqu'un apparait à la fenêtre, un italien, Francesco, on papote, il nous annonce l'arrivée de 5 filles. On se pourlèche les babines, on commence à imaginer des trucs, (gras)  quand il nous annonce que c'était juste une blague, la déception qui s'en suit est proportionnelle à nos espérances... (qui a dit qu'on était des pervers ? on a juste un peu d'imagintaion , c'est tout ! )

Demain, Francesco partira pour le Tresenta.

19 h 30, on se couche, 19 h 45, un petit cacheton pour dormir (je sais c'est mal,... mais, j'ai bien dormi ! )

3 h du mat, j'émerge, mais on a le temps, le réveil est à 5 h .

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
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Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

5 h, réveil, petit dej et départ, Benjamin est ddéjà prêt depuis longtemps quand je suis enfin sur les skis. Une énorme pleine lune va nous accompagner. C'est parti. Je fais la trace, vu que je suis le plus lent, ce qui donne le rythme. On part tranquillement sur la gauche pour récupérer la combe du glacier. Quand Benjamin me passe devant, il me largue. Derrière nous, la pleine lune fait un effet magnifique avec les nuages, un disque énorme bien plus grand ! Bref, je skie en regardant derrière moi, ce qui n'est pas très prudent.

On remonte la grande combe tout en hésitant sur la rampe à prendre à droite. Et oui, comme deux quichons on n'a ni carte, ni GPS, ni téléphone avec la carte !!! (on a juste les téléphones avec la carte française ou suisse !)  Bref il faut faire appel à mes souvenirs, je suis passé par là il y a 10 ans... donc facile...

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

On finit par opter pour l'avant dernière rampe, avec les couteaux ... La neige est bien dure ce matin. Et on progresse de conversion en conversion dans la pente assez raide. Au dessus on arrive sous une pente encore plus raide. On met les skis sur le sac, les crampons (oui la leçon d'hier nous a servi ! ) et hop on galope vers le haut ! Enfin quand je dis galoper, tout est relatif, on dirait plutôt deux escargots qui galopent vers le haut avec leur maison sur le dos. On a donc bien le temps de les voir passer.

Le soleil point,

Le Mont Blanc rosi

Je crois même que les Grandes Jorasses m'ont fait un clin d’œil

Je montre à Benjamin, le col Emile Rey, lieu d'un bivouac Épique

Je suis quand même le mec le moins fort et le moins technique ayant réalisé les 82 4000

L'usurpateur !

Au dessus, on rejoint le glacier du Laveciau. La glace est apparente en plein centre du glacier... moche. On continue de remonter sur ce qui semble être la moraine. Au loin, le Bec de Moncorve, que j'avais trouvé si beau lors de ma première ascension , en 1990, je crois, et oui, ça date, je deviens vieux ! Mon premier 4000, il y a 30 ans !

Le vent est là, le temps n'est pas très beau, ça devrait se bâcher , de grands nuages longs annoncent le changement de temps. Dommage.

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
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Courte pause au col, avant d'attaquer la dernière pente raide en crampons. Le paysage est magnifique, il  y a de petites tours très esthétique partout, j'adore cet endroit.

Pendant la montée, l'émotion me gagne, je sais que mon père, décédé l'an dernier, est passé ici il y a près de 50 ans. Il était accompagné de quelques oncles et tantes mais surtout de mon Grand-Père et de ma Grand-Mère. Je pense aussi à l'ascension de 1990, ou ma tante, Jeanne, nous avait emmené, nous, 15 post-adolescents, jusqu'à la rimaye. Dans l'équipée il y avait Marie-Agnès et Claire, décédées depuis !

Je pense à mes cousines, Gabrielle et Catherine, qui ont gravi le sommet il y a peu d'année et pour qui cela restera sans doute comme l'exploit d'une vie alors que j'ai la chance de me retrouver là pour la 4ème fois au sommet que je vis des moments similaires de nombreuses fois dans ma vie. Je sais la chance que j'ai.

Je me laisse gagner par l'émotion, agréable. Ce sommet est vraiment un sommet familial.

La partie finale est si belle.

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

Encordés, nous remontons la petite pente raide qui permet de gagner les rochers, pas de rimaye aujourd'hui (enfin elle devait être là mais on ne sait pas où)

Je pars devant, laissant une grosse tour à main droite, pas vraiment de difficulté, l'escalade est en II, je suis à l'aise !  On parvient devant le crux, je laisse Benjamin passer devant pour faire une vidéo jolie.  Benjamin virevolte dans le passage technique, 200 m de vide sous les pieds, il passe le long de la dalle, perché sur un poil de neige pausé sur une marche du rocher. Mais vu qu'il virevolte il avale le passage, je le rejoins, plus lourd, moins aérien, ben oui, on a la classe ou on ne l'a pas.

Dire que j'ai emmené Force Rose ici quand nous étions jeunes, je ne me souviens plus comment elle avait passé ce passage un peu vertigineux... Elle non plus, je lui ai demandé en rentrant !

Derniers mètres, le sommet, la joie, Bise à la vierge et moment rare : Seuls au sommet du Grand Paradis. Alors qu'en pleine saison il y a 200 personnes qui font la queue pour arriver ici, c'est d'ailleurs le seul sommet que je connaisse où a été instauré un sens giratoire entre la montée et la descente !

Pour ma part, c'est la deuxième fois que je me retrouve seul au sommet.

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
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Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

Une dernière bise à la vierge et on attaque la descente.

Les rochers sont avalés, ou presque puis la petite pente pour retrouver les skis. On sait que la descente va être un peu galère : la neige est béton avec de grosse masse de neige formée par le vent bien dure au milieu. Il va falloir skier concentré !

Et hop, Benjamin part devant , dans ce paysage de rêve mais dans cette neige piégeuse. Je le suis, on enchaine les virages jusqu'au col, tout va bien.

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

On repart vers le bas , en rejoignant la rive gauche du glacier, on se retrouve sur une sorte de bombement. Quand, sans crier gare, Benjamin chute, mauvaise posture, derrière lui, la pente s'accentue, s'il ne freine pas rapidement, il va se retrouver 100 m plus bas sur le glacier. Il parvient à s'arrêter au bout de 10 m, bon coup de stress pour moi ! Il a géré ! J'avoue que j'ai eu un bien peur pendant une demi seconde...

 

On repart, sur cette neige béton, plus prudents que jamais, et on attaque la pente raide. Je décide de passer à ski tout en dérapage, entre les bosses de glace. prudence, une faute de quart et c'est 100 m de déniv sur le cul... Concentré, je laisse benjamin partir devant. Je me contente d'un dérapage inélégant mais efficace et sécuritaire. Oui, dans cette pente, je deviens de droite, voir d'extrême droite... Je suis pour la sécurité !

Arrivé au pied, j'enchaine fièrement deux trois virages histoire de pouvoir affirmer que j'ai skier cette face. Ensuite on se perd un peu dans les pierriers. On cherche nos traces de montée, mais vu que la neige était méga dure, on ne trouve pas grand chose.

je vous donne ma recette pour nous sortir de là  : un poil de GPS, un soupçon d'obervation et une grosse poignée d'instinct... Et hop, nous voilà sur la trace. Toujours dure mais avec moins d'obstacle, on skieee ! Les virages s'enchainenet, les cuisses chauffent, les sourires reviennent ! On atteint rapidement le bout du glacier.

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

La neige est meilleur, légèrement revenue (j'avoue, très légèrement) et on file vers le refuge ,qu'on atteint assez vite.

Juste le temps de refaire les sacs, de ranger un peu, de balayer, de tout refermer et de repartir.

J'ai proposé à Benjamin de repartir vers le haut, par le petit col sous le Ciarforon afin d'éviter le passage béton sous le refuge...

J'avoue que j'ai un peu insisté. Je n'avais pas envie de me taper une pente raide et béton (empruntée à la montée).

On descends légèrement sous le refuge avant de remettre les peaux.

Je passe devant pour faire la trace, et je sens que Benjamin n'a pas très envie de remonter. J'ai annoncé 20 minutes de montée, en fait je n'en sais rien, j'ai déjà  réalisé ce retour il y a 10 ans, je me souviens que c'était un poil merdique après le col, qu'il fallait pas mal pousser sur les bâtons pour retrouver la combe tout au fond ! (et en fait, il nous faudra 40 minutes pour atteindre le col... désolé Benjamin)

J'ai un peu largué Benjamin, un écart pas énorme, je l'entends maugréer derrière moi. Je sais qu'il regrette mon idée. Je décide de ne pas trop ralentir, pour ne pas en entendre plus. Je me concentre juste pour remonter au mieux vers le col, sachant qu'il y a plein de vallons en travers, c'est déjà pas mal.

J'arrive au col, versant opposé il y a une énorme corniche. Je cherche le meilleur passage, il n'y en a pas ,la corniche semble prendre toute l'arête. Je décide de passer devant, c'est mon idée de passer par là, je vais assumer jusqu'au bout, je vais jouer le Bizuth suicide... On descend coté sud, la pente devient raide, je vérifie l'absence de corniche là où je veux descendre, ça passe, je sais qu'il va falloir pousser sur les bâtons, je file dans une neige toute pourrie qui ne fait que me ralentir. Puis je pousse, je pousse et je repousse (comme aux toilettes, mais dans un cadre de rêve !) je me retourne et je vois que Benjamin est loin. Je file jusqu'à l'épaule suivante. J'attends Benjamin qui arrive en râlant : on aurait du descendre sous le refuge. Oui, je sais ! Je sais aussi qu'il faut rester le plus haut possible, mais qu'avec cette neige qui ne glisse pas tellement on a tendance à perdre de l'altitude trop vite. Tant pis, pour lui remonter le moral, à défaut de remonter la pente,  je décide de descendre, on verra bien comment ça passe à la moraine suivante qui est annoncée raide. Je bascule dans une combe peu raide et remonte sur la moraine tout en poussant. on a deux choix, soit on remonte une peu, mais il faut remettre les peaux, soit on descend, et on essaie de descendre à vue. En dessous, ça semble passer. Au loin un bouquetin regarde nos pérégrinations.  Je trouve une belle pente plein sud, je sens que ça va passer, on file, on n'est pas encore dans la bonne combe, mais ça devrait aller. En fait non, 5 minutes plus tard, on est bloqué par une barre.  On décide de repartir ver le Nord chercher un meilleur passage. Nouvelle tentative, et nouvel échec, ça ne passe vraiment pas. Le doute s'installe. Bon ben là il va falloir un peu de chance pour trouver un couloir pas trop raide à descendre entre ces barres. De conciliabules en conciliabules, on finit par trouver une pente raide, il y a des chances pour qu'on mette les crampons en bas.

Pas droit à l'erreur. Le haut est moins raide  je fais quelques virages; Benjamin passe devant, il tire sur la gauche. C'est méga raide et la neige est méga dure. Le bruit métallique des skis sur la neige verglacée. Les planches vibrent... La concentration, le corps tendu. Je m'applique, tout mon corps vibre avec les défauts du terrain. La pente s'accentue encore, trop tard pour mettre les crampons, la sortie semble si proche. Benjamin, lui, file devant !

Je perds de l'altitude, longe une cascade de glace, ça devrait enfin être plus facile.  les secondes passent, lentement. Enfin la délivrance, on est dans la bonne combe et le terrain est moins raide.

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

La fin sera à l'ombre, on skie les contrepentes ouest avant de traverser le torrent à ski, pour une partie de ski en forêt, ludique. J'ouvre le chemin essayant vainement de choisir LA bonne trace, on retraverse le torrent, j'ai 50 m d'avance sur Benjamin, quand je me rends compte qu'il lui est possible de couper. Je le hèle, le pauvre se croute en essayant de suivre mon indication. Il boira le calice jusqu'à la lie !

Court passage au fond du torrent entre deux rochers où un peu de neige nous permet de garder les skis. On rejoint alors les pistes de ski de fond et enfin la voiture.

Reste juste à rentrer à la maison après un joli sommet de 4000 m... en  février !

 

Merci Benjamin pour ce joli plan foireux

Premier globule rouge projekt de l'année !

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m

Apoutsiak — Ski de randonnéeValaisOberlandalpinisme

Ma seconde ascension du Wildhorn, arrivée au sommet dans une petite tempête de neige

Encore une course un peu trop plate par endroit !

 

Vidéo

Topo

Se garer aux Rousses 1766 m, au dessus d'Ayent, Valais (parking gratuit)

Remonter la piste de ski puis au mieux sous le télésiège pour gagner 1900 m (entre 1884 et 1997 m CNS), virer au Nord pour gagner le pied de la combe des Andins.

Remonter la combe  jusqu'au collet sous le Sé Rouge.

Poursuivre au mieux (montée descente, plutôt plat), pour rejoindre le pied des pentes qui permettent de gagner le glacier du Wildhorn (on passe au passage au dessus de la cabane des Audannes 2452 m (on n'y passe pas sauf si on souhaite faire la course sur deux jours)

Remonter jusqu'au glacier du Téné (glacier du Wildhorn) les pentes sont plus raides. Remonter le glacier  puis la pente finale plus raide pour gagner un collet. De là, quelques pas d'escalade permettent de gagner le sommet

Descente par le même itinéraire.

 

Récit :

36 h plus tôt, Jeff me propose le couloir Lagarde aux Droites. J'ai des doutes quant à mes capacités à gravir ce couloir en toute sécurité. Ça sent l'alpiniste au taquet. Je contacte Alpineiss. "T’inquiètes pas ça déroule corde tendue !" . Bon si c'est corde tendue, ça doit le faire. La Face Nord des Droites, c'est quand même mythique. Alpineiss me renvoie un message, "la rimaye est quand même technique" Je l'avais lu dans son compte rendu sur camp 2 camp... Au pire j'aurais le mal des rimayes...

Reste un problème de timing. Jeff veut être rentré le samedi midi, et moi je bosse le jeudi jusqu'à 18 h 30 ! Bon je refais le calcule plusieurs fois, mais ça ne va pas le faire, je ne suis malheureusement ni Kilian Jornet, ni Ueli Steck. (ça c'est joué de peu mais c'est comme ça)...

Je finis par jeter l'éponge...

Je sais que je n'aurai pas 36 occasions de gravir le Lagarde. Je pourrai toujours dire que j'ai failli le faire. Et c'est déjà pas mal.

Bon ça ne résout pas non plus mon problème, trouver un partenaire pour vendredi...

Et comme souvent, je me retrouve seul, je décide d'aller gravir le Wildhorn, une course que j'ai faite il y a longtemps (11 ans en fait !) , un chouette sommet à cheval entre Valais et Oberland.

Et zou, lever tôt, et un peu plus tard, j'arrive dans le Valais, je merdouille un peu dans la montée sur Ayent, puis voilà Les Rousses, son parking, personne...

Et c'est parti ! :-)

D'abord par la piste puis ça grimpe plus dur sur une trace verglacée. Je ne m'en sors pas trop mal, il fait grand beau, ça frise les poils du nez, j'adore ! Et hop, un petit replat, je file à droite, direction la combe des Andins. le soleil est là, la vue grandiose.

C'est un petit faux plat montant qui permet de gagner le frigo de la combe des Andins. oui, elle est belle mais elle est bien abritée du soleil. Bilan : il y fait encore plus froid.

 

 

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 mSki de randonnée - Wildhorn - 3251 m
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Assez vite, je sors les couteaux, et je suis les vagues traces présentes. De conversion en conversion, je progresse vers le haut.

A mi pente, je vois une silhouette en bas. Silhouette qui devrait sans doute me rattraper.

Je poursuis vers le haut, la combe est assez longue, coincée entre des montagnes à droite et une grande barre rocheuse à gauche. Austère !

J'en viens à bout, et je m'offre une bonne pause, histoire de pique niquer. Oui, j'ai faim et il est l'heure de manger. La silhouette a bien grossi, en fait c'est une skieuse d'un certain âge ! Et ça me fait mal de d'écrire ça, parce qu'elle doit avoir aux alentour de mon âge ! Je ne rajeuni pas ! Bref elle a mangé du Lion ! Elle me demande comment on accède au Sé Rouge, chose que je ne sais pas. Et elle repart pour une traversée à flanc bien merdique, me laissant à mes agapes : chips et sandwichs !

Au loin, le sommet du Wildhorn se couvre d'un gros lenticulaire, ça sent pas bon !

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 mSki de randonnée - Wildhorn - 3251 mSki de randonnée - Wildhorn - 3251 m
Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m

Pour moi, c'est courte descente puis nouvelle montée, s'en suit une sorte de plat qui ne dit pas son nom. Quand j'en arrive au bout, je me rends compte qu'il y a deux skieurs derrière moi. Bon, rapidement ils passent devant. Les pentes pour accéder au glacier sont raides. Ils tracent sur la droite, moi, sur la gauche, je suis une vieille trace.  Je me retrouve devant au dessus. , je continue. Petite pause au glacier, ils repassent devant (de toute façon, ils ont la soquette plus légère que moi, pas la peine d'essayer de lutter)

Le vent a forci, le temps a tourné complètement, il neigeote, le ciel est bas, je fais une pause pour sortie la cagoule et la goretex. pas la peine d'attendre le dernier moment.

Les deux autres ont filé. Je les aperçois au loin.

Le glacier est battu par le vent, la cagoule m'isole du reste du monde, elle me coupe aussi un peu le souffle. Je progresse à mon rythme, suivant au loin les deux autres.

En bas du collet, je les vois qui hésitent. Pas bon signe, l'un d'eux déchausse puis rechausse au dessus. Je parviens à passer sans déchausser. J'arrive au col, je ne les vois plus, ils doivent être déjà au sommet.

J'y file, petite escalade facile, mais il ne faut pas se gaufrer sur la neige pulvérulente.  j'arrive au sommet, personne. Ils doivent être sur l'autre sommet, à l'ouest.

Ma pause est courte, je redescends, et décide de monter au sommet ouest, pour voir, il y a un petit  rayon de soleil, autant en profiter !

J'arrive au second sommet

là aussi, personne. Ils ont, tout bonnement, disparu.

Flûte, je cherche d'hypothétique trace,mais avec le vent. deux hypothèse, soit ils sont descendus par un versant que je ne connais pas, soit ils sont tombé versant nord et ont péris dans une affreuse et douloureuse chute versant nord. Un coup d’œil dégouté versant nord plus tard ( on y voit pas à plus de 100 m de toute façon) , j'écarte la seconde hypothèse. Je me dis que je regarderai sur strava plus tard au cas où (et ma recherche s’avérera veine, pas de trace des deux skieurs !)

 

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
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Je redescends à mes skis, et attaque la descente.

sans lunettes, trop de buée...

L'inconvénient c'est que je mange des flocons de la cornée, phénomène assez désagréable, j'ai beau plisser mes yeux de néandertaliens, ça ne suffit pas ! , je descends tout de m^me, la pente raide puis le plat du glacier. J'avale les pentes raides en dessous, sans problème, les virages s’enchaînent.

Ensuite, c'est la galère pour rejoindre la combe des Andins, il faut pousser sur les bâtons, ça n'avance pas ! Il neige.

Je bourre comme je peux, et je remets les peaux pour rejoindre le collet. Ouf.

La combe des Andins, en neige dure, est avalée, en bas, je dois à nouveau remettre les peaux pour en sortir !

Dernière descente, pour rejoindre les pistes de skis, et jolie descente de fin de journée pour gagner la voiture

Je ne me souvenais pas que cette sortie etait si plate !

Ski de randonnée - Wildhorn - 3251 m
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Ski de rando : Pointe de Vouasson 3490 m

Apoutsiak — ValaisSki de randonnéealpinisme

Ca devient un peu ma sortie de base... quand je suis tout seul...

à la fois, j'adore le Val d'Herens !

Vidéo :

Topo :

Depuis la Gouille, prendre le  le sentier le lac bleu : 2100 m puis le Remontze du Ché Blanc 2422 m et les Crosayes sous la cabane des Aiguilles rouges; remonter la combe en direction de la Pointe des Darbonires et passer au Nord, gagner le glacier, remonter Ouest Nord Ouest en direction de la pointe de Vouasson 3490 m

Récit.

Il fait encore nuit quand je quitte la pension d'Evolène et que je prends la route d'Arolla jusqu'à la Gouille. Je suis encore tout chafouin du but pris à la Rosablanche la veille !

Bim' sur les skis, et c'est parti sur le peu de neige de ce début de saison, on est début décembre, et je profite de la poudreuse posée ces derniers jours... sur pas grand chose ! Je remonte le petit vallon en forêt, un écureuil galope d'arbre en arbre. Un court déchaussage (ben oui, pas assez de neige) et hop je me retrouve sous les chalets ou trois chamois en Vadrouille traversent tranquillement, surveillant du coin de l’œil, tout de même, ma progression.

Je passe le lac bleu, et je poursuis dans les vernes, mais la trace est bonne, ma progression également. Pour l’instant, je suis seul, je m'attends à ce que des collants pipettes déboulent et me laissent sur place, nous sommes Samedi.

Petite pause à la croix, le temps de se restaurer

Ski de rando : Pointe de Vouasson 3490 m Ski de rando : Pointe de Vouasson 3490 m Ski de rando : Pointe de Vouasson 3490 m
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Et je repars vers le haut, d'abord à flanc, la suite est un peu inquiétante, il y a relativement peu de neige, et beaucoup de gros cailloux à peine masqués par la couche... Ça va être chaud à la descente , pour éviter les grosses touchettes !

A présent, je fais la trace, il y a peu de neige, mais ça n'est que de la poudreuse avec assez peu de sous couche. Bref, il faut tracer, d'abord dans 30 cm puis par endroit dans 40 cm. C'est physique. Par moment j'essaie de suivre une vieille trace, qui disparait parfois complètement. Heureusement, derrière, il y a du monde. Je pense que dans une demi heure ils m'auront rattrapés et je pourrais tranquillement me reposer dans leurs traces; En  attendant, je continue mon travail de sape.

Je passe sous la cabane des Aiguilles Rouges, derrière, ça lambine, il me paraissent toujours aussi loin , la loose.

Au dessus, le plat à tracer puis ça remonte, les conversions s'enchaînent, dans une poudre profonde à présent ! "Anne ma sœur Anne, ne voit tu riens venir ?" Ben non, ils ont décidé de me laisser faire tout le boulot. Je surveille, et je vois que quand ils me rattrapent un peu, une judicieuse pause est opérée. Ah les chiens. J'avoue que j'utilise parfois la même technique, mais là , vu que c'est moi qui en suis la victime, j'enrage !

Mais je poursuis, je ne vais quand même pas les attendre !

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Je rejoins le petit collet qui donne accès au glacier.

Nouveau plat sur le glacier, j'avance jusqu'à la pente finale. Bon ben à présent, je file jusqu'au sommet, ils ne vont tout de même pas me rattraper maintenant. A ma gauche sur la crête, un gros bouquetin pavane. Malheureusement, le temps que je sorte mon appareil photo, il a filé versant ouest ! la loose ! :-( 

Alors j'avance, tranquillement, sur la bosse. Dernier raidillon, bien raide, j'opère de judicieuse conversions, l'obstacle est avalé, un grand virage à gauche puis je laisse les skis pour les derniers mètres... Sommet ! Ouahou, ce fut long  ! et physique , pour ce second jour de ski de rando de l'hiver !

Le temps de faire quelques photos, et 10 minutes plus tard, ils arrivent

Les suceurs de boyaux !

la faignants de première !

Comme par hasard ... sur MA trace (ben oui, il n'y en a qu'une !)

Bon, le premier est un Suisse Allemand avec qui je papote un peu dans un anglais difficile.

Le second  me reconnait, et suit les aventures sur les vidéos (il m'a reconnu à ma voix ! ) Jakub est Slovène et on papote expédition ! Il parle un Français parfait !  C'est toujours agréalbe ces rencontres au sommet !

Le 3ème vient, fort sympathique !

Bon finalement , ma colère est retombé ! Je suis finalement assez fier d'avoir tout tracé ! Même si ça m'a parfois désespéré !

 

Ski de rando : Pointe de Vouasson 3490 m
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Et j'attaque la descente, dans une neige excellente. Les virages s'enchaînent sur le glacier, un réel plaisir !

Sous le petit collet, c'est encore bon, majeur, la poudreuse vole ! Un régal.

je passe sous la cabane, là, méfiance, il faut skier tout en observation. Deviner les cailloux cachés, les pierres traitresses !

A ce petit jeux je ne m'en sors pas trop mal, même si j'entends par moment, les semelles de mes skis, crier de désespoir !

Plus on descend, moins il y a de sous couche, plus il y a de chance de toucher !

Je rejoins les vernes, la neige est plus lourde, le soleil a fait son effet (même si on est en decembre). Neige plus lourde, mais ça passe. Je rejoins le lac, et quelques raquettistes venus en randonnée. Je déchausse sur une portion assez longue en dessous (in-skiable du fait du trop peu de neige) Aucun écureuil ne viendra saluer cette première victoire de la saison.

Derniers virages dans la poudreuse et je rejoins la voiture, il est temps de rentrer.

Dernière sortie de l'année pour moi !

 

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Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige

Apoutsiak — ValaisbutSki de randonnée

après le but Rosablanche dans le cadre de la journée de la loose, j'ai remis le couvert en ce début décembre.

Cette fois ci au départ de Siviez

Même sommet, même résultat : nouveau but !

 

Vidéo :

Topo

Depuis le parking de Siviez (Haute Nendaz)  1734 m, emprunter la piste qui part vers le Sud (à l'ouest des installations) Suivre cette piste (route) et rejoindre le barrage du lac de Cleuson (2227 m) (2 tunnels à traverser )

longer le lac sur sa rive droite et remonter pour gagner la Gouille puis le plan de la Chaux

Rejoindre les Grands plans puis le point 2786 m CNS avant de rejoindre le glacier du Grand Désert, que l'on remonte jusqu'à la pente finale. La fin se fait à pied !

 

Récit :

Veille de première sortie de l'année, contrôler le matériel , défarter les skis, faire le sac sans rien oublier, préparer la bouffe et réserver une pension pour la nuit entre les deux courses.

Et zou, un coup de booking.com plus tard, c'est fait.

J’essaie de trouver un partenaire, en vain, je choisi deux objectifs sas trop de risque : La Rosablanche et la pointe de Vouasson. J'essaie de savoir si les remontées de Verbier sont ouvertes jusqu'au col des Gentiannes, à priori non, mais pas de réponse de l'office du tourisme.

Dans la soirée, petite vérification, la mierda, je me suis trompé de jour, j'ai réservé le samedi soir alors que je sors vendredi samedi. J'essaie de joindre la pension à Evolène mais le téléphone sonne occupé. On verra demain.

Vendredi, tôt, je pars, mais pas assez tôt. Avant Lausanne, gros bouchon, toutes les voitures à l'arrêt. Une grosse demi heure de perdue. Ça repart, je roule, quand j'arrive à Nendaz, le GPS m'embarque vers une route, ... fermée en hiver... encore 20 bonnes minutes de perdue dans la manoeuvre...

Je reste positif !

Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige
Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige

L'idée du jour est de gravir la Rosablanche depuis Siviez, puis de redescendre vers le lac des Dix, avant de remonter vers le sommet et de revenir sur mes pas. Il ne faut pas trainer...

Je m'équipe et je pars, il est déjà 10 h 40. Siviez, c'est moche, c'est une vilaine station de ski. Il y a des dameuses, des canons à neige et des remontées mécaniques...  Le départ est plat, très plat, je ne me souvenais pas que c'était si plat ! (et oui, j'ai fait le sommet depuis là il y a 9 ans)

J'avance, dans des traces de randonnées, et je me rends comte que 2 randonneurs sont derrière moi à une centaine de mètres , je sens qu'ils vont me rattraper. D'autant plus qu'il faut traverser des ruisseaux non gelés, et que ça me fait perdre un peu de temps.

Quelle est longue cette montée au barrage. Je surveille du coin de l’œil, où en sont mes randonneurs. En fait, je creuse lentement l'écart. Je contrôle aussi ma montre, je finis par me dire que le lac des Dix est peut être un objectif trop ambitieux, je vais me contenter de la cabane de Prafleuri, ça sera déjà pas mal...

Je passe sous la magistrale voute du barage, puis je traverse les tunnels à pied. Dernier virage, voici le haut du barrage, enfin. Petite pause.

 

Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige
Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige

Et je repars, le long du lac aux eaux sombres, c'est toujours plat. Je regarde ma montre, je calcule mentalement le temps qu'il me reste, je dois être  la pension entre 17 et 19 h... Il y a plus d'une heure de route pour y aller...

Bon, je ne descendrai pas à la cabane de Prafleuri, je me contenterai du sommet. Puis descente en direction de la cabane sur 400 - 500 m puis remontée et retour, ça sera déjà pas mal. 

Et j'avance, pour l'instant, il y a une trace de descente, que j'utilise pour éviter de tracer. Je passe à coté d'un cabanon (du barrage) il y a quelques années, avec Louis, on était passé par là à la descente , j'étais arrivé à fond du dessus, et je m'étais retrouvé sur le toit sans le savoir, avant un saut de 2 m 50 de haut (moi qui n'aime pas trop ça) Bon, à la réception, ce fut la chute et l'explosion des fixations dans la neige dure, sans gravité. J'ai juste eu le temps d’alerter Louis afin qu'il ne me suive pas.

Bon, là c'est à la montée, je vois bien la porte de l'obstacle, qu'il faut tout simplement contourner. La suite remonte dans un champ de gros caillou avant de sortir au dessus pour un nouveau faux plat montant.

Je passe à proximité du refuge. Et je refais mon calcul. Trop tard pour la descente coté Prafleuri, je vais me contenter du sommet...

 

Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige

Au dessus, hésitation, les traces partent à gauche, je sors la carte, petit point, il faut tirer à droite dans la petite combe et tracer. Et je trace une combe plutôt raide avant de retrouver un plateau et du plat, encore... du plat, toujours !

Ce coup ci, plus aucune trace, il y a par endroit 40 cm de poudre à tracer. Il faut s'employer. Alors j'avance. Le soleil d'hiver  est au ras des sommets, il n'est pourtant pas si tard que ça ! J'avance pas aussi vite que je le souhaiterai, mais j'avance.

Et je me remémore la conversation que j'ai eu hier avec Benjamin quand je lui ai annoncé que j'allais à la Rosablanche

"Ah d'acc, longuet Rosablanche he he bonne course"

Oiseau de mauvais augure.

C'est hyper long, et hyper plat.

Je trace !

 

Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige
Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige
Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige

Plus loin, très loin mais juste un poil plus haut.

Ca sent le but, ça pu le but !

Je monte sur une croupe.

Derrière un nouveau grand plat. La Rosablanche est vraiment loin, très loin.

Je ne sais pas trop quoi faire.

Je fais une petite vidéo avant de revenir sur mes pas , récupérer l'appareil photo.

Je décide de jeter l'éponge. Si je poursuis, je ne serai pas à la pension avant 20 h 30 ou 21 h. Pas sûr qu'ils m'accueillent encore à cette heure là. D'autant plus que je n'ai pas de frontale, et la nuit sera là dans 2 h ... Dommage.

Point positif : il faudra revenir, et ça, ça me motive !

Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige
Rosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neigeRosablanche - nouveau but timing - trop tard... trop de neige

Restauration court repos et descente; J'enchaine de jolis virages (tout est relatif) dans une jolie poudreuse, attention, il n'y a pas de sous couche ! Erreur interdite, il faut interpréter les bosses blanches en surface.

Je ne m'en sors pas trop mal. J'arrive à filer sur les portions de plat en suivant mes traces et à faire du bon ski dans les trop courtes combes !

Je passe à proximité du refuge. Je m'offre une petite pause pour le découvrir.

Puis je poursuis, le soleil est couché, tout est sombre., je rejoins le lac et au bout du lac, un skieur avec un tout petit chien !!! qu'il porte à la descente de temps en temps !

Je dévale vers le bas ou presque (il faut déchausser dans un tunnel ! ) puis longer la voute du barrage pour une partie de "skiboy" en forêt. Avant de descendre par les pistes sur Siviez. Il fait bientôt nuit, il fait froid, quand je rejoins la voiture.

 

Arrivé à la pension, je reçois un message de l'office du tourisme, ouverture jusqu'au Gentiannes... demain ! Trop tard !

 

Fin de cette première journée de ski de rando de la saison

Nouveau but sur la Rosablanche, et second but de fil après le but sur le Chimborazo... La saison commence mal !

But à la Rosablanche - trop tard, trop de neige

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakValaisSki de randonnée

Ben oui, quand tu te lèves trop tard, tu chope les bouchon autour du lac (Léman) puis , par chance, le GPS te promène dans une (jolie) route fermée à la circulation en hiver.

Toi, ben tu ne te souviens plus que la course est (TRES) longue

En plus tu dois tracer (ben oui, t'es venu cherché de la poudreuse)

Et tu sais que tu dois descendre tôt pour rentrer à la pension t'annoncer

Ben tu buts !

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Apoutsiak — ValaisSki de randonnéealpinisme
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Serait ce la journée de la loose 2 après la pire journée de touts les temps la veille

Vous le saurez en lisant le récit (complètement ....)

 

Vidéo

Topo

Je suis parti de Sarmata 1805 m, on peut partir de La Gouille 1834 m, plus logique...

Rejoindre par le sentier le lac bleu : 2100 m puis le Remontze du Ché Blanc 2422 m et les Crosayes sous la cabane des Aiguilles rouges; remonter la combe en direction de la Pointe des Darbonires et passer au Nord, gagner le glacier, remonter Ouest Nord Ouest en direction de la pointe de Vouasson 3490 m

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m

Récit

Nouvelle nuit dans la voiture, après la journée de la loose, c'est pas gagné !

Je me réveille après avoir bien dormi et je déjeune. La voiture me met un message... Batterie faible, démarrer la voiture et ... bien sûr, elle ne démarre pas. Tant pis, je vais me faire ma journée de ski, je gérerai ça en rentrant ! Ça va sans doute m'occuper l'esprit pendant la balade.

Je m'équipe, et je pars, ski sur le sac, la neige semble bien loin... Je suis à Sarmata, un peu en dessous de la Gouille, le départ habituel, je traverse le hameau endormi avant de remonter une sente qui ramène au sentier classique. Pas de neige. La suite, je connais, aujourd'hui, je ne vais pas me tromper (et oui, lecteur, je sais que tu espères une grossière erreur d'orientation de ma part, mais aujourd'hui, je suis sur MON terrain) !

Le sentier remonte vers le lac bleu, qui est en réalité vert, va comprendre !

Je poursuis, il y a un peu de neige, mais c'est bien trop pauvre pour skier ! Et zou, avec mes deux skis toujours sur le sac, j'avance. La neige merdique sur le sentier, mais pas assez pour skier. 2300 m Enfin, elle est là : LA Neige.

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
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Et je poursuis, tout en surveillant le vallon de gauche, une trace semble y descendre et j'essaie de deviner d'où elle vient ? d'au dessus de la cabane  ou dans le vallon en biais en dessous. Je finis par trouver le passage, impeccable à la descente, ça devrait me ramener non loin du lac bleu ! Yes !

Je suis seul, c'est rare de se retrouver seul par beau temps sur une course comme ça. Je pense aussi à ma voiture, il va falloir trouver des gens sympathiques qui auront des pinces pour la redémarrer. Tout ça pourra peut être se finir en dépanneuse si ça tourne mal. Pour l'instant, objectif sommet !

Une harde de chamois avance tranquillement au loin. Les marmottes me sifflent, va savoir pourquoi ?

Un lagopède décolle.

Je passe sous le refuge et je rejoins le petit collet au dessus. trop de vent pour faire une pause, flûte, je monte encore un peu, mais le vent forci . Bilan, pause dans le vent ! Mal joué.  Je repars pour les 200 derniers mètres, je quitte les skis pour les sommets sommitaux où je ne traine pas !

Ski de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 mSki de rando : Pointe de Vouasson - 3490 m
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J'attaque la descente dans le vent. Il m'a toujours été difficile de faire le premier virage. Peur que la neige ne soit pas telle que je l'ai pensée. Peur de me crouter donc . Il n'est pas beau mais il passe. La neige est un poil croutée mais ça passe même si ça n'est pas du grand ski. Je finis par trouver de la bonne poudreuse en versant Nord. Je rejoins le petit collet, je descends un peu pour être à l'abri du vent, et je me fais une petite pause.

Est il trop tôt pour descendre.

La neige a t'elle bien décaillée

Ça serait dommage de descendre trop tôt.

en fait, je réfléchis trop, Il faut descendre MAINTENANT !!!

 

Et Yes, juste le bon moment, juste décaillée.

De la neige de rêve !

C'est le bon moment. J'enchaîne les virages et ça passe vite.

Je me retrouve déjà sous le refuge. Flûte, j'ai skié trop vite et j'ai raté le couloir que je voulais prendre. Où est il, un peu au dessus ? Je remonte en escalier quelques mètres puis j'hésite. En fait, il y a une trace qui part en dessous, pas la peine de remonter.  Je redescends, c'est le bon endroit, je file en traversée rejoindre la grande combe à droite visée ce matin

Je rejoins a combe qui est parfaite, les virages s'enchaînent et je rejoins le replat qui mène au lac bleu. Je déchausse sur une centaine de mètres, une marmotte détalle à mon arrivée.

Je rechausse un peu plus loin et je croise quelques randonneurs qui me font de grands saluts !

Derniers virages dans une combe en soupe, puis je déchausse. Je charge les skis sur le sac et je rejoins le sentier. Il y a moins de 300 m de portage pour ce reste de descente, bien joué. La descente est rapide, je vois ma voiture bien sage, j'espère qu'elle va démarrer. Si ça n'est pas le cas, il faudra arrêter une voiture, espérer qu'elle est des câbles,  et esperer qu'elle démarre. Je resterai en pantalon d'alpi, pas de short ça fait trop touriste,  et je mettrais ma polaire bleu, elle fait un peu gendarme, ça aidera sans doute les gens à s'arrêter. Pour vu qu'elle démarre...

Je croise un chevreuil qui file vers le haut. La journée aura été riche en faune. Je rejoins le village endormi, je le traverse tout en cherchant du regard les voitures, signe de la présence des habitants et j'en repère une.

 

 

 

 

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Ma voiture est à 100 m au milieu d'une zone vide, une voiture quitte la route et vient se garer juste à coté. Je salue le pilote qui en sort et lui demande s'il a des câbles. Réponse affirmative, je lui explique mon problème et la probabilité que ma voiture ne démarre pas. Pas de souci pour lui.

J'AI VRAIMENT de la CHANCE !!!

Et zou, voiture en place, câbles presque mis quand une femme sort de sa voiture. A priori, je comprends qu'ils ont déjà eu problème en voulant aider quelqu'un. Pour tant, moi, qui suis loin d'être un grand bricoleur, je repère facilement le pole + et le pôle - de leur voiture...

Mais elle se braque, on consulte la notice de la voiture, et bien joué, la batterie sur le dessin, n'est pas celle de la voiture !!! On consulte internet, oui, il y a de la 4G à Sarmata ! On reconnait vaguement la batterie. mais la madame est trop anxieuse. Je décide d'aller voir dans le village, trouver de l'aide.

 

Je marche les 300 m qui me sépare de celui ci, je trouve le chalet avec la voiture garée devant, je toque. Un râle m'invite à entrer, je fais répéter puis je finis par m’exécuter. Une odeur de tabac froid me prend à la gorge quand je rentre. Le chalet est sombre et sent la poussière, j'avance presque à tâtons dans un couloir, et me retrouve face à un type en chaussettes, allongé sur son lit ! Je lui explique ma problématique tout en doutant qu'il soit l'homme de la situation.

"J"arrive dans 5 minutes" m'annonce t'il

Retour à la voiture, mes deux anciens, skieurs de randonnée, regardent les batteries avec circonspection. Le pire, je saurai faire. Mais bon.

Le valaisan arrive dans une vielle voiture bleu pétaradante.  Il s'en extirpe. L'homme est petit, maigre, tout dépenaillé, le début de barbe hirsute, j'ai encore son odeur de tabac dans le nez.

On échange les voitures de place, on branche les câbles... ça ne marche pas, le scenic affiche tous les messages d’erreur du monde. Puis un gros panneau STOP Rouge s'affiche sur l'écran de la bête. Et plus aucune réaction quand j'appuie sur Start, c'est grave.

Les deux anciens ne se sentant plus utiles s'en vont (ils ont été sympa de rester et de m'aider)

Je décide d'appeler un garagiste local. Il me conseille de débrancher la batterie.  Le vieux type au tabac froid va cherché des outils chez lui et revient avec  des clefs de compétition. démontage, remontage, ça ne marche pas... Une seconde fois, toujours rien. Je décide de faire une dernière tentative avant d'appeler une dépanneuse... Je débranche, j'attends plus longtemps  que les fois précédentes, je rebranche... Nouvelle tentative, le moteur tourne un peu mais cale, à la seconde tentative, il part ! YEEEEEEEEESSSSSSSS !

Finalement, j'ai de la chance !

Je propose au type de lui payer un coup, il refuse poliment, ce bon samaritain.

Je file en débranchant le stop and start afin d’éviter de tirer sur la batterie. En route vers ma Franche Comté. J'ai vraiment eu du bol !

Ski de randonnée : Objectif Rosablanche - résultat Metailler (3150 m) : la journée de la loose

Apoutsiak — ValaisSki de randonnéebut
Ski de randonnée : Objectif Rosablanche - résultat Metailler (3150 m) : la journée de la loose

Et c'est rien de le dire...

 

A vous de lire l'article... wink

 

Vidéo

Topo

Metailler

se garer à Pralong : 1608 m

longer la route et remonter le sentier pédestre, remonter le mayentsets (avalancheux +++ pour info)  et gagner le point 2135 m CNS

Prendre alors plein sud dans le peit canyon  et rejoindre les chalets d'Allève Remonter la combe jusqu'à un collet vers 2600 m et remonter la grande pente au nord ouest. Elle débouche sur un petit canyon

De là gagner le Metailler , je me suis contenté de l'antécîme de la pointe 3147 m au sud

 

Rosablanche

même topo jusqu'aux chalets d'Allève 2214 m

prendre alors plein sud (expo aux avalanches et basculer dans la combe de Prafleuri (descente potentiellement merdique) Remonter cette combe et gagner la cabane de Prafleuri 2662 m Partir au Nord ouest et rejoindre le point 2909 m avant de tourner Sud ouest pour gagner le glacier de prafleuri, le remonter (sud) et gagner le sommet de la Rosablanche 3275 m (3 pas d'escalade à la fin)

 

Ski de randonnée : Objectif Rosablanche - résultat Metailler (3150 m) : la journée de la loose

Récit

Tout débute parfaitement pour cette sortie, je fais la route la veille, pour rejoindre Pralong, la route au dessus du village est fermée. Je décide de revenir sur mes pas pour trouver un emplacement tranquille pour dormir. Je me gare en bord de route, celle ci est peu passante, le village a l'air presque mort. Il est 11 h 15 quand je me couche dans mon précieux véhicule.

 

Le lendemain , 6 h , 3°C, petit déjeuner vite avalé, je me prépare, je range la voiture, et c'est parti. Portage obligatoire en ce milieu du mois de neige, la neige semble loin. Je remonte la route et je trouve le sentier qui part à droite. Je commence à remonter le sentier, le rythme est bon. De toute façon, le sommet n'est pas très difficile.  Au dessus, je trouve la neige, , je finis par chausser, trop tôt, donc déchausser, porter et rechausser plus loin. Tout se passe bien, il y a une trace !

 Je regarde, impressionné les vieilles traces d'avalanche, il ne doit pas faire bon trainer ses guêtres ici en début de saison...

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Je poursuis dans un joli canyon, légère descente, devant moi, la belle face Nord de Vouasson, gravie il y a longtemps ... Le barrage des Dix, ferme la vallée, je rejoins le pied des chalets d'allève.  Je papillonne dans la trace, à gauche, une trace part en direction du barrage, bien expo, la combe de prafleuri s'offre à moi, bien tracée. Et je la remonte, à ma façon, c'est à dire pas aussi raide que mes prédécesseurs, ces bourrins Helvetes incapables de faire une trace Normale !!!

Je remonte tranquillement ma combe et j'arrive à l'altitude 2600 m...

Le refuge devrait ne plus être loin, je le cherche du coin de l'oeil. Je ne vois rien. Il peut être caché au dessus. J'y ai prévu ma pause. Ca fait un col, puis une petite pente raide, je devrais voir le refuge du dessus...  Je remonte la pente raide. Wooom ! Ouh là je n'aime pas ça, il ya une plaque. Avertissement sans frais. La pente n'est pas large, mais je n'ai pas envie de la tester, je la remonte  droite, où ça me parait safe... Bon, j'avoue que c'est un peu à l'instinct, mais je sais que c'est comme ça que les accidents arrivent !

Au dessus, pas de trace du refuge, l'altimètre indique que je suis un peu au dessus. Je redescends quelques mètres. Rien. je consulte le GPS, la trace serait à 2 km dans le mauvais sens. Aurais je mal paramétré ma trace ? Je ne comprends rien. Je fouille l'endroit. Et si le refuge avait brûlé ? Ca arrive régulièrement, le Mittlealetschbiwak a bien été dévoré par les flamme cette année (on devait d'ailleurs y aller avec Ovidiu dans notre premier projet de cette semaine ...)

Je cherche mais je ne trouve rien. Pas grave, je sais que je dois prendre au Nord Ouest, en plus il ya la trace.  Merdique, elle passe dans les rochers, je déchausse, je rechausse, je me retrouve dans une pente expo... Je déchausse et redescends à pied dans la combe, je serai mieux.

La pente est raide, je trace, je retrouve une vieille trace et je m'en inspire... Ca devient plus raide, c'est bizarre, sur la carte ça semblait presque plat... Je poursuis, je tire un peu plus à gauche... Woooom ! Deuxième avertissement. Je repars à droite et reste sur la droite de la combe, un peu moins raide, pourtant, je sais que si la plaque part, elle a ses limites propres...

Haut de la combe, je retrouve un petit canyon, sympa et accueillant.

Je le remonte et parviens à un collet. C'est marrant, le glacier me paraissait plus grand sur la carte. Je la ressors pour la 10ème fois de ma poche. Je ne comprends rien ! mais rien du tout ! Je sors mon smartphone et enclenche l’appli swissgeomap (j'ai de la chance, il y a du réseau) Je clique sur le point de géolocalisation... Suspence, la carte charge, le point s'affiche, et je vois Metailler indiqué.... Non, je me suis completement planté, qu'est ce que je fais là ? Mon cerveau bugge complètement.  Je resors ma carte pour essayer de comprendre, je me suis trompé dès les chalets d'Allève, bien plus bas, pensant être déjà dans la Combe de Prafleuri. Le looser, qui se fait passé pour un expert en orientation ! Je comrpends mieux le GPS qui me disait que j'étais loin !

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Ski de randonnée : Objectif Rosablanche - résultat Metailler (3150 m) : la journée de la loose

Je réfléchis à présent aux possibilités qui s'offrent à moi : monter sur le Metailler est impossible, les pentes raides du sommet sont trop chargées. Par contre l'antécîme est possible, et de toutte façon, revenir en arrière corriger l'erreur prendrait trop de temps. Le soleil chauffe !

Je repars vers le haut, toujours tracé, (vers l'antécîme) tout se passe bien jusqu'à celle ci, au loin la Rosablanche me nargue, elle est au moins à 2 km à vol d'Oiseau, comment peut on se planter comme ça, incroyable ! Je fais une pause à l'antécîme, je sors mon casque, et je grignote un peu...

vient le temps de repartir, mon casque a disparu, et merde, bon avec un peu de chance, il a du glisser dans la combe et je devrais le retrouver (ce qui est logique compte tenu de son emplacement). Je chausse e tje contourne la portion méga raide pour revenir à la verticale de ma pause... RIEN ! La loose 2 ! rien, je scrute, mais iln'y a rien, Un Sirocco de Petzl , méga light ! les 180 grammes auront été emportés par le vent. C'est quand même la loose, et je n'ai rien vu partir !

Je repars vers le ba, la neige est bonne, légèrement transfo, petit canyon puis grande combe, j'avale la pente. Je me retrouve au petit collet (près de ce qui aurait du être la cabane de Prafleuri ....  pour une pause grignotage. La suite est facile, me faire la combe, remonter les quelques mètres puis slier dans un couloir en neige soupe pour éviter de porter !

2100 m je déchausse, trop tôt, je dois marcher dans de la neige soupe en m'enfonçant plus que jusqu'aux cuisses pendant 10 minutes ! Ensuite, ça déroule sur le sentier. Je rejoins Pralong où deux vieux sont surpris de me croiser avec mes skis. Je rejoins alors ma puissante berline de marque Française. Ouf. Pique nique

 

Ski de randonnée : Objectif Rosablanche - résultat Metailler (3150 m) : la journée de la loose
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Ski de randonnée : Objectif Rosablanche - résultat Metailler (3150 m) : la journée de la loose

Je range mon matos et je me mets au volant, mais elle déconne dur. La loose 3 !!! Elle ne démarre pas et m'affiche des messages d'erreur sur le tableau de bord. C'est vraiment la journée de la loose ! Bon il me faut trouver des pinces dans ce village qui semble désert. En face de la voiture, je vois deux anciens qui ramassent des cailloux dans la rivière. Je file leur demander de l'aide. Bingo , ils habitent là et le type  des pinces. J'ai de la chance dans ma malchance. Et zou, en deux temps trois mouvement, ma voiture démarre. par contre je ne sais pas pourquoi elle ne voulait pas démarrer.

Je décide de descendre à Sion trouver un garage et des explications. Garage Citroën, un jeune fort sympathique  me dit que ma batterie est "pleine charge" et me conseil d'aller passer un "coup de valise" au garage Renault à 10 km d'ici... Vu que je compte remonter au fin fond du Turtmanntall, je décide d'assurer le coup et je file au garage Renault. Là aussi un garagiste fort sympathique, comme chez Citroën, il s'amise à démarrer plusieurs fois la voiture, qui démarre comme une fleur (je ne sais pas si l'expression existe)!  Par contre je comprends que la valise n'est pas disponible et que ça le saoule de l'amener. Il me dit que ça devrait aller et de me garer en descente ....

Bien ,je repars donc vers de nouvelles aventures, et je pars vers Sierre puis la petite route peu large du Turtmantall, qui est fermée... à 8 km de Gruben ! Que faire, passer la barrière et risquer de se faire coincer sans batterie en fond de vallée (la dépanneuse ne montera sans doute pas en cas de problème) Je décide de jouer la prudence, même si c'est la loose 4. Je file vers Arolla et la pointe de Vouasson, classique mais efficace.

Et zou, retour en arrière pour me retrouver pas très loin de mon premier parking. Beaucoup de temps perdu alors que je comptais glandouiller l'après midi !

Je me gare non loin de Satarma, près de la rivière, je débranche tous les appareils électriques de la voiture pour assurer le coup, je dine d'un plat dégueulasse je bouquine avant de me coucher.

 

Demain, réveil 6 h

 

Vais je encore me tromper d'itinéraire, la voiture va t'elle démarrer, vous le saurez en lisant la journée de demain ? Peut être pour al journée de la loose 2 !

 

Vidéo : ski de randonnée Le Metailler 3150 m - la journée de la loose - moi, je voulais aller à la Rosablanche !

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakValaisSki de randonnée

Tout ne se passe pas TOUJOURS comme prévu

Un long moment d'inattention...

Et tu te retrouves à plus de 2 km à vol d'oiseau de l'objectif !

 

 

Ski de Randonnée : La Grande Lui 3509 m

Apoutsiak — Ski de randonnéeValaisMassif du Mont Blancalpinisme

Sortie classique de fin de saison dans un cadre majestueux

Vue sur la magnifique face Nord du Dolent !

 

Vidéo :

Topo :

Se garer à la Fouly 1593 m

Traverser la rivière et le bout du village pour prendre la rive droite du vallon du glacier de l'A Neuve

Le remonter; Au niveau de la pierre Javelle, basculer direction Nord et gagner un replat.

On trouve alors le pied de la combe du refuge.

Remonter cette combe (on peut gagner le refuge par une traversée parfois exposée aux avalanches.)

Refuge de l'A Neuve 2735 m

De là remonter la combe en direction du petit Darrey, virer à l'Est, pente un peu plus raide et gagner le plateau supérieur

J'ai gagné le sommet en prenant le couloir de neige à droite du gendarme situé à l'ouest de la Grande Lui (45 50°) puis l'arête facile jusqu'au sommet - 3509 m

 

 

La FoulyLa Fouly

La Fouly

Récit :

 

D'habitude, quand je pars en montagne pour une grosse journée, je me lève aux aurores, et je me fais la route le matin de la course (et quand je dis aurores, c'est plutôt le milieu de la nuit...). Cette fois, ci, je change la méthode... Tin tin tin, suspense, que vais je sortir du chapeau...  Et ben je pars la veille au soir. Je vois, vous êtes déçus, vous pensiez à une révélation incroyable. Et bien désolé, je vous laisse tout de même lire le récit de cette jolie journée.

Bref, Lundi soir, après une belle journée de travail, je rentre à la maison retrouver les enfants. Oui, je ne retrouve pas Force Roz', qui travaille à l’extérieur. Je ne vais pas vous raconter TOUTE ma vie non plu !

Bref, je prépare un bon repas, que l'on déguste ensemble puis je regarde l'émission "Quotidien" jusqu'à la première pub, et je quitte la maison. Non, pas d'inquiétude, Marie et louis ont bientôt 18 ans, ils devraient parvenir à survivre 24 h !!!

L'avantage en partant tard, c'est qu'il y a beaucoup moins de circulation. Donc sur la route , tout va bien... Ou presque. Quelque chose me turlupine. J'ai prévu de gravir le Vélan par le couloir Annibal, Voie sur laquelle j'ai déjà butée 3 fois. Et, la météo est bonne, mais le Bulletin d'évaluation des risques d'avalanche est difficile à interpréter. Je m'explique : Risque 2 d'avalanche, donc plutôt raisonnable mais avec une zone à risque couvrant les versant Ouest Nord et Est au dessus de 2200 m. Le Vélan mesure 3700 m, largement au dessus des 2200 m indiqués dans le bulletin, et le couloir est orienter Sud Ouest, donc si on veut chipoter c'est pas ouest, mais c'est vraiment pour chipoter...

Accessoirement, la pente du couloir est bien supérieur à 30°, pente fatidique pour le déclenchement des avalanches...

Je réfléchis tout en roulant. Et je prends la décision de prudence : changement d'objectif, on va aller faire simplement la grande Lui.

Oui, la météo nous impose une sortie à la journée, pascal n'est dispo qu'aujourd'hui et de toute façon, il fait pourri demain !

 

je passe un coup de téléphone à pascal, et on se donne rendez vous à Martigny

 

Je roule.

La Fouly

La Fouly

Martigny, j'arrive au parking, Pascal est déjà là. J'extirpe mon grand corps dégingandé de la voiture et je salue Pascal, c'est la première fois qu'on se rencontre. Bon, pour vous décrire Pascal, ben c'est assez simple, il ressemble à Jésus, mais avec une Goretex. Même barbe, même stature, de nuit, on apercevrait presque l'auréole !  On ne traine pas sur le parking, en route pour la Fouly, on va tacher de trouver un endroit pour dormir sur la route.  Et on remonte la vallée sauvage, au détour d'un virage, un petit parking fera l'affaire.

 

On papote un peu, et on prépare chacun nos affaires, j'avoue que je suis devenu un spécialiste de la nuit en voiture : J'ai enlevé les sièges arrière, j'ai emmené un matelas, un coussin et mon duvet -15°C ...

Bref, tous les ingrédients pour passer une bonne nuit.

Et je passe une bonne nuit. Réveil à 6 h. -3°C !  Quand je sors de l'habitacle, Pascal est déjà debout. On déjeune rapido et on termine la route qui nous amène à La Fouly.

Sur le parking, un type est déjà là.  A peine le temps de lui dire bonjour, qu'il est déjà parti, vers quel sommet, je ne le sais pas, il y a deux classiques dans le coin : le Dolent et la Grande Lui. Trop tard, El Diablo est parti.

 

en montant à la Grande Luien montant à la Grande Luien montant à la Grande Lui

en montant à la Grande Lui

On traverse les ruelles de la Fouly, puis mon idée est de suivre la route de droite, sur la carte. On trouve la route, mais celle ci ne mène pas à un sentier mais à un camping... En cul de sac. Il faut louvoyer dans les vernes, avec les skis qui accrochent. On retrouve le lit de la rivière, de gros blocs inconfortables pour la marche. On traverse la rivière pour se retrouver sur l'autre rive, et traverser de nouveaux arbustes et enfin , ô Graal suprême, retrouver un sentier. Et la neige. On chausse les skis.

 

Pascal n'a pas une grande expérience, et je luis donne quelques conseils. On est parti, sur la rive droite du vallon, la trace monte dans les pentes pour éviter les arbustes, puis fini par redescendre. Pascal, me demande de boire, et là, tout s'éclaire, Je suis Marie-Madeleine qui vient éponger le front du Christ dans son ascension vers le Golgotha... Et en matière de calvaire, on ne va pas être déçu...

Bref, Jésus boit, et on repart. Moi j'ai mon petit pipeteur qui me permet d'éviter les pauses superflues !

le soleil darde, on commence à cuire, je me retrouve en carline.

 

Pascal se débrouille bien, le rythme est correct et , même si les conversions ne sont pas parfaites, il s'en tire très bien.

On remonte le vallon ,on repasse en rive gauche, il faut louvoyer entre quelques cailloux, ce qui demande un poil de technique. El Diablo est loin devant, il file vers le sommet.

Jésus redemande à boire, je lui indique qu'on fera la pause plus tard, on ne va pas s'arrêter toutes les cinq minutes.

 

Grande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuveGrande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuveGrande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuve
Grande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuve

Grande lui : Le Dolent, arête Gallet - l'A neuve

S'en suit un long passage à plat, Jésus montre quelques signe de faiblesse ( je ne sais plus comment c'est écrit dans l'évangile, mais l'idée, c'est ça) Et là, point de Simon de Sirène pour venir porter ton sac à dos. J'essaie juste d'adopter un rythme lent mais efficace. Malheureusement, je largue Jésus qui chute pour la première fois. On parvient à un nouveau virage, et Jésus chute, dans sa conversion, pour la seconde fois, retentant immédiatement sa chance, il chute pour la troisème fois... Le calvaire, je vous savais prévenu !

 

Jésus ne parvient plus à avancer. Il fait dix mètres et se pause sur ses bâtons, essoufflé.

On attaque la partie plus raide, sous le refuge. Ce qui n'arrange rien. Je sais qu'il n'ira pas en haut, le risque est trop grand de le retrouver crucifié. Il me propose de me laisser aller au sommet et de m'attendre.

Parfait pour moi, je lui indique que je vais lui laisser du matos superflus à la hauteur du refuge qui est un peu plus haut)

Je l'entends murmurer : "père, père pardonne lui, il ne sais pas ce qu'il fait !"

Grand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A NeuveGrand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A Neuve
Grand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A Neuve
Grand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A NeuveGrand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A NeuveGrand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A Neuve

Grand Combin, A Neuve Dolent arête Gallet - cabane de l'A Neuve

Je file, en haut  de la combe, el Diablo n'a pas pris son temps. Je décide de faire un petit pointage. Il me faut 50 minutes pour rejoindre le haut de la Combe,  il me sera impossible de le rattraper.

On arrive à la pente raide, qui donne accès au plateau sommital, le vent froid des glaciers me congèle, je suis toujours en carline, et c'est vraiment trop juste. J'opère une pause "polaire". Les paysages sont magnifiques, la face Nord du dolent, sa jolie arête Gallet, la convoitée A Neuve, superbe !

Le plateau est là, j'essaie de trouver où est El Diablo qui devrait m'avoir fait une jolie trace vers le sommet. Je ne vois rien. J'enquille donc le plateau, je ne vois pas de trace dans la face sous l'arête. Quand je le vois, Satan s'approche en godille. Il s'arrête et m'annonce qu'il n'est pas aller au sommet, mais qu'il y avait des traces là où il s'est arrêté. Parfait, rien à tracer, ça va être les doigts dans le nez. Et le Diable, repart de sa belle godille vers les enfers (ou la Fouly, je ne sais pas)

sur fond de Dolentsur fond de Dolent

sur fond de Dolent

sommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolentsommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolentsommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolent
sommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolentsommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolent

sommet de la Grande Lui altitude 3509 m dolent - aiguille d'argentière (Barbey) Dolent

Je dépose les skis, et j'attaque la montée jusqu'à l'arête, tout à gauche du plateau. Une fois sur celle ci, je ne vois aucune trace. Ah, le Diable m'a entourloupé ! Me voilà au mauvais endroit. Je scrute l'arête, ça ne passe pas, ou ça passe peut être, mais il va me falloir des heures pour traverser un énorme gendarme. Je décide de redescendre et d'attaquer la facette sous l'arête à gauche du sommet.

Je redescends, je déplace mes skis, et je traverse à pied pour me retrouver sous la facette.

Et c'est reparti vers le haut, d'abord facile, puis une portion mixte, que j'ai défini, depuis le bas, comme le Crux de la voie. Il a beaucoup neigé, et les prises sont masquées sous une épaisse couche de neige. Les crampons crissent. Le piolet grince. Son ancrage, incertain, me stresse.

Prise à main droite, piolet au dessus, j'élève ma jambe gauche, sur un blog lisse. Si tu as peur, tu n'appuies pas, et si tu n'appuies pas, ça va glisser. Il faut être franc avec l'appui. Ce que j'essaie de faire. Je bascule , su rl pied gauche et je m'élève. Ouf, encore deux pas technique, ensuite la neige, j'vance vers le haut en longeant les quelques rochers qui apparaissent par endroit. Puis dré dans le pentu, tout droit jusqu'à l'arête. Le cardio à fond, quelques pauses pour récupérer  et m'y voici. Le reste est facile : une centaine de mètre d'arête sans difficulté ! YES

Dolent arête Gallet

Dolent arête Gallet

Je redescends, d'abord l'arête puis la face, le pas de mixte est passé facilement, avec mes grandes jambes, c'est plus facile. Jez retraverse jusqu'à mes skis. Je passe un coup de téléphone à Pascal pour lui annoncer que je vais arriver d'ici une demi heure, j'ai bien conscience que j'ai été un peu plus long que prévu.

 

Dolent arête Gallet détail glace
Dolent arête Gallet détail glace

Dolent arête Gallet détail glace

Et zou, descente à ski, d'abord dans une poudreuse tassée, mais toujours dans ce paysage de rêve.  La pente augmente quand on quitte le plateau, je poursuis mes grands virages. J'opère juste quelques pauses pour laisser le temps à mes cuisses de récupérer.

J'enchaine avec la combe à droite du refuge.

La neige est juste transfo à présent, j'en profite toujours. Je scrute le bas de la pente, où il me semble voir mon dépôt de corde. Pascal devrait m'y attendre.

Je file, je surveille qu'il n'y aie pas de trace en direction du refuge, mais vu le risque d'avalanche, peu de chance qu'il se soit dirigé par là .

J'arrive au dépôt de matos, et là, rien, personne. Rien n'a été touché. Bon, il n'a pas eu la force de monter jusque là. Je charge le tout sur mon sac et j'entame la descente. En dessous, personne, Pascal serait-il descendu aux enfers avant de ressusciter ? (d'où son absence) En plus vu qu'il a du croiser El Diablo...

 

Bon en attendant, je cherche mon acolyte dans le vallon. L'appelant de temps à autre pour ne pas le louper, dès fois qu'il fasse une sieste. Je déclenche une petite coulée de neige humide dans une pente un peu raide.

Puis je poursuis en dessous.

je ne le trouve pas. Ma consigne était clair, il devait m'attendre, mais il a du trouver le temps long...

Tout devient terre à terre, je commence à psychoter sur les mesures à prendre.

Au loin, je vois un skieur, qui chute. "Mon Dieu, mais c'est lui ! " Je descends, mais je ne vois rien , j'ai du rêver. J'appelle au cas où, et on me répond, il est juste en dessous, caché par quelques arbustes. Je le retrouve toujours par terre, il n'a pas bougé depuis sa chute !

Je lui fait part de mon inquiétude. Il m'indique, que voyant El Diablo qui lui a affirmé que j'étais quasi au sommet, il avait décidé de redescendre. Satan avait encore sournoisement frappé !

le calvaire de Pascal est allé jusqu'aux vomissements. Sale journée pour lui, mais que fait Ponce Pilate ?

On repart ensemble pour un slalom de fin de saison. Et on est assez efficace pour descendre sans déchausser jusqu'à 1650 . Ne reste que 5 minutes à faire à pied, skis sur le dos, un avant goût de paradis.

On retrouve la voiture, en route pour les bouchons créés par les frontaliers pour moi.

Pour Pascal, Satan frappera une dernière fois, sa voiture rend son dernier souffle sur l'autoroute du retour.

 

Mon Dieu, mais quelle belle journée

(toutes mes excuses auprès de ceux que mes allusions religieuses auront dérangé ...)

 

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