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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

4000

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Apoutsiak — Mont BlancMassif du Mont Blancalpinisme4000

Un vieux rêve, enfin réalisé .

 

En chiffres, c'est pas très romantique, mais ça donne :

32 km

3400 m de dénivelé

19 h 35 !

 

Vidéo :

Topo

 

Accès parking :

Après Saint Gervais, sur la route des Contamines Montjoie, prendre la petite route à gauche qui monte raide et rejoint le hameau de Bionnassay puis le parking des Crozats (1405 m) parking gratuit, toilettes.

Mont Blanc depuis le bas (Bionnassay)

Du parking des Crozats (1405 m), rejoindre la piste qui surplombe le parking (et part vers l'est), passer le Planet et poursuivre vers l'Are (on peut également rejoindre Bellevue puis suivre les rails du TMB, mais c'est interdit, et moins joli !)

Le sentier traverse un alpage et commence à monter le long du glacier  de Bionnassay (quelques passages équipés (câbles, marches) puis un bon sentier amène au Nid d'aigle (2372 m)

De là, on prend le sentier qui mène aux Rognes (névés en début de saison) puis le suivant qui ramène à hauteur du refuge de Tête Rousse (baraque de la brigade blanche en haut). Remonter le glacier de Tête Rousse et par une pente puis 2 pas d'escalade rejoindre le Grand Couloir.

Le traverser, prudemment (attention à la descente en général l'après midi, chutes de pierres +++) Remonter ensuite en suivant les câbles puis la sentes qui ramène à l'éperon qui longe le Grand couloir. Rester globalement sur le fil de l'éperon, sauf sur la dernière partie ou on se retrouvera un peu plus à droite. En 2019, des points rouges biens visibles ont été peints, facilitant la recherche de l'itinéraire. En suivant les câbles, on rejoint l'ancien refuge du Gouter.  3817 m.

Remonter derrière le refuge la pente de neige (équipée) et suivre l'arête qui passe au dessus du nouveau refuge du Gouter. On remonte alors les pentes du Dôme du Gouter en contournant la zone de séracs par la droite puis en bifurcant à gauche à 4200 m pour passer à l'épaule du Goûter (4280 m environ) Faux plat descendant pour rejoindre le col des Dômes (4236 m)

Petit coup de cul pour rejoindre le bivouac Vallot (4362 m) La pente se raidit pour atteindre la Grande bosse, puis la petite bosse, on passe à proximité de l'éperon de la tournette avant de gagner le sommet du Mont Blanc par l'arête (4808 m)

Descente

Par le même itinéraire, attention à la traversée du Grand Couloir - chutes de pierres)

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Récit

3400 m ... 3400 m ... 3400 m .... suis je capable de gravir 3400 m de dénivelé en une journée. Mon maximum doit tourner autour de 2700 m, et encore, avec les descentes à ski. Je tourne le problème dans tous les sens, je n'ai pas la réponse. Bon, pour me rassurer, je sais que j'ai déjà gravi le mont Blanc depuis le Nid d'Aigle à la journée, et j'avais du redescendre jusqu'aux Houches au retour, ayant raté le dernier train... Ça rajoute juste 900 m de dénivelé...

J'avoue que l'idée de gravir le Mont Blanc, à la journée depuis le bas, me trotte dans la tête depuis quelques temps. Ça fait parti de ma "todo list".

Je scrute la météo, la semaine précédente, canicule, pas bon pour la traversée du Grand couloir. Chaque jour je me fais un petit point météo. La prévision s'améliore, pas d'orage le soir, par contre la canicule sera bien là, limite température positive au sommet !

J'attends le samedi matin pour prendre ma décision. Météo ok, pas d'infos sur la Chamoniarde concernant les conditions, on fera sans. Feu vert pour le sommet.

 

Bon, ce samedi, je bosse jusqu'à 15 h. Dès que j'ai fini, je charge la voiture, en route pour Chamonix; En fait, je dis en route pour Chamonix, mais c'est plutôt Saint Gervais l'objectif. Arrivé sur zone, je prends la raide petite route de Bionnassay et retrouve le parking du Crozat.

je croise deux randonneurs qui terminent leur rando, un joli tour passant par Bellevue, le Nid d'Aigle et la descente sous le glacier de Bionnassay. On passe un bon moment à échanger nos expériences. La suite, c'est, repas frugal, lecture (La Gouteuse d'Hitler de Rosella Postorino pour ceux que ça intéresse...) et tentative de dodo à 20 h. Pas très efficace. Il y a du passage à tout moment sur le parking, et même si les gens sont plutôt discrets, ça fait du bruit !

Bim, il me semble avoir entendu le réveil. Allez zou je m'habille ... mais... il me semble... je regarde ma montre ... 23 h 45. Flûte, trop tôt, mon cerveau a buggé je me recouche tout habillé. Je ne dors pas ... 00 h 10, ça sonne, pour de vrai ! L'avantage, c'est que je suis déjà habillé, petit déjeuner rapide, un ersatz de Redbull, et c'est parti !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Je gagne, la piste, et je remonte dans la nuit noire vers les cimes. Bon, pour l'instant, on ne s'emballe pas, je n'y suis pas encore. Je passe à coté d'un troupeau de mouton. Un patou aux dents acérés m’aboie dessus. Puré, je vais me faire dévorer à 5 minutes de la voiture, mon projet était plus ambitieux... On retrouvera des lambeaux de corps sur le bord du chemin demain matin. Peut être qu'il ne restera plus rien, je serai porté disparu. Le PGHM ira sans doute en hélico sonder les crevasses du glacier pour retrouver mon corps, puis au bout de 10 jours, l'abandon des recherches sera proclamé, forcément, ils n'auront pas cherché au bon endroit...

Mais, par chance, et uniquement par chance, je suis passé? Sans doute le patou n'avait il pas assez faim, ou ma viande n'est peut être pas appétissante, ça en serait presque vexant ! Je survie donc à ce premier obstacle imprévu. Plus loin, un chevreuil vient me rappeler que j'entre dans le wilderness (pour les non anglicistes, google trad est ton ami). Le halo de ma frontale éclaire mon chemin, qui se met à grimper dur, je rejoins l'alpage de l'are. Les yeux des vaches d'Herens brillent. Je traverse le long plat et le sentier se remet à grimper, ça tombe bien, l'objectif est plus haut...

Je croise une première "échelle", en fait il s'agit d'une succession de marches métalliques, le sentier est ardu, il sillonne dans une falaise, croisant ça et là une cascade, ça doit être beau... De jour, vivement le retour ! Il y a pas mal d'eau lorsqu'il faut traverser les torrents, et j'humidifie le bout de mes baskets dans ces passages  à gué. Rien de grave.

Au dessus, des bouquetins m'accueillent au milieu de la nuit. Leurs yeux brillent, eux aussi, sous les étoiles. En un peu plus de 2 h je rejoins le Nid d'Aigle, déjà 900 m de dénivelé avalés !

Le timing est respecté.

 A pour le timing, je me suis prévu (pour ceux que ça intéresse) :

2 h du parking au nid d'Aigle

2 h Nid d'Aigle - Tête Rousse

2 h Tête Rousse - Goûter

4 h 30 - 5 h Gouter Mont Blanc

Hors pause soit un total de 10 à 12 h en fonction de la forme

Je n'ai rien anticipé pour la descente.

 

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Au dessus, je connais, je suis passé par là à de moultes reprises. J'ai emmené au sommet du Mont Blanc, amis, femme ou fils, sans compter les tentatives en solo avec bivouac au col des Dômes, bivouac au Gouter (ce deux dernières quand c'était autorisé, à la belle époque ! ) , ou ascension à la journée depuis le Nid d'Aigle.

Un petit bout de piste, puis un sentier puis rapidement... la neige. Bon je suis les traces en leur faisant confiance. C'est par moment plus raide, parfois moins . Les baskets n'adhèrent pas top dans cette neige gelée, j'ai prévu de basculer en mode alpiniste à hauteur de Tête Rousse. Pas de lune, le ciel est d'encre, personne à l'horizon, je progresse, je sais que les cordées doivent partir des refuges au dessus.  Ma solitude est complète, elle ne va pas durer. Dans la nuit, j'ai du mal à reconnaitre l'endroit.  Petite hésitation, mais je poursuis et je me retrouve à hauteur des Rognes. la suite est plus facile, il n'y a plus de neige, il suffit juste de retrouver le sentier qui mène à Tête Rousse. A gauche, les lumières de Chamonix, à droite, celles des Contamines... C'est beau, mais je ne traine pas, il y a encore de quoi s'occuper au dessus.

J'arrive enfin à la hauteur de Tête Rousse. Et là tel superman, ou plutôt tel le têtard se transformant en grenouille, la chenille en papillon,  le trailer fatigué, se transforme en alpiniste affuté... ou presque. (ah flute, j'ai oublié de placer mon abracadabra ...)

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Bon, c'est ma première pause, 3130 m environ : ça fait déjà 1700 m de dénivelé, je suis  à la moitié, mais quand on y réfléchi plus précisément, les difficultés sont devant moi : la montée au Gouter plus technique, puis l'altitude au dessus de 4000 m et la fatigue qui va se cumuler , je ne devrai plus être trop frais après 3000 m de déniv. Et je ne compte pas la descente, mais ça, on verra après !

Le jour point, à droite, le refuge de Tête Rousse, dont les derniers candidats au sommet s'extirpent. Derrière, l'aiguille de Bionnassay se dévoile, devant les lucioles sont partis à l'ascension du grand couloir, certains sont même à proximité du refuge du Gouter. Celui ci joue le rôle de phare dans la nuit.  Le tableau est sombre, mais c'est beau.

Et hop, c'est reparti, les crampons sous les pieds. je remonte le glacier et me retrouve derrière une cordée. Visiblement ils viennent des pays de l'Est. On vient buter sur le couloir, je troque mes bâtons contre mon piolet. Je demande à mes Estiens (les habitants des pays de l'Est) si je peux leur passer devant, ils ne sont pas prêts. Et go, je traverse le couloir rapidement, mais sans trop me presser au risque de m'emberlificoter les crampons. Car il y a plusieurs techniques pour traverser le couloir, je vais les décrire ici.

Le Fangio : le Fangio a eu connaissance de la dangerosité de l'endroit. il connait la règle qui veut que moins tu reste au contact du danger , moins tu prends de risque, donc il bourrine, à fond tout en maitrisant sa trajectoire, c'est très spectaculaire à voir, et efficace

Le Ayrton Senna : (j'sais pas si c'est correct d'écrire ce qui suit) De même que le fangio, il speed, mais au détour d'une goulotte, il se prend le crampon dans la lanière de se guêtres, Bilan, il évite les pierres, mais pas la chute qui 'emmène loin la bas au fond du couloir. On a peur rien qu'au moment où il démarre la traversée.

Le Contemplatif : Le contemplatif sait que le danger vient du dessus. Il  avance lentement, inspectant scrupuleusement les pentes au dessus de lui. Il n'a pas trop conscience de la vitesse des chutes de pierre et de leurs rebonds aléatoires. Le contemplatif prend son temps, mais parfois il traverse.

Le prudent : lui, il sait que le danger vient du haut, mais également de sa technique. bilan, il avance prudemment, mais régulièrement, scrutant de temps en temps les affres du couloirs. Je crois que je fais parti de cette dernière catégorie.

le Cartomancien : lui, tout simplement, il ne met pas de casque, il sait que les pierres vont l'éviter, il l'a lu dans sont horoscope ce matin. Les oracles sont favorables et sa allège le sac. Jusqu'au jour où ...

Tiens voilà justement un trailer qui passe... sans casque !

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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De l'autre coté du couloir, je range le piolet et les crampons avant d'attaquer la suite. J'avoue que mes quelques expériences me sont du grande aide, sans compter les nouveaux points de peinture rouge très utiles pour s'orienter. Et je galope, je maitrise, tel Thésée, les méandres de ce labyrinthe, toute proportion gardée bien sûr. Je garde un œil sur la gauche, le grand couloir dégueule déjà quelques pierres et nous ne sommes que le matin. Comment se passera t'il tout à l'heure à mon retour ? Je commence  à croiser des cordées, d'abord celles qui ont fait l'ascension hier et redescende du Goûter aujourd'hui, puis celle qui sont partis tôt ce matin. Je dépasse les dernière cordées parties depuis Tête Rousse. Voilà les derniers câbles et l'ancien refuge du Goûter. Il est 7 h , j'appelle Sandrine pour lui indiquer ma position, pour l’instant tout va bien. Je grignote et je remets les crampons. Une cordée sympa dépassée un peu plus bas me repasse devant. Je me remets en route, plus que 1000 m, à présent, il va falloir gérer l'altitude.

Je traverse l'arête du Gouter sans m'arrêter au nouveau refuge. Et j'attaque la grande pente du Dôme du Gouter. Une première cordée me dépasse, puis une seconde. Oh la vache, la fatigue. Je ressemble au capitaine Haddock dans Tintin au Tibet. Je décide de faire une bonne pause à l'épaule du Dôme, mais elle est encore loin l'épaule du Dôme. Une envie de dormir me prend. Mon rythme est devenu très lent. Finalement, il faut que je m'arrête tout de suite. Mais, fort de mon expérience, j'ai la solution (même si c'est la première fois que je l'utilise) Un ersatz de redbull au fond du sac. Je bois l'infâme breuvage,  et bingo, ça marche, en 5 minutes, je suis moins fatigué. Bon, je ne vais pas très vite, mais la grosse fatigue est passée.

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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 Je traverse quelques crevasses, profondes, il faudra se méfier à la descente. A droite, sur l'aiguille de Bionnassay, des cordées tels des funambules sur l'arête, progressent. La corniche est petite à présent, elle s'est effondrée. l'arête est moins jolie !

Je rejoins l'épaule du Dôme ou règne un alpiniste allongé, je prends de ses nouvelles, en anglais, il revient du sommet et tout va bien . Parfait, je poursuis dans la descente, légère , vers le col des Dômes où j'avais bivouaque en 2005, le réveil n'avait pas été facile  !

Et hop, il faut rattaquer la petite pente qui mène à Vallot. Je croise quelques cordées et me retrouve sur le plat. Plus que 400 gros mètres, les plus jolis, sans aucun doute.

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Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Et c'est reparti vers le haut, je rejoins l'arête de la grande Bosse. Une cordée arrivent du dessus, ente nous, un trou ! Une grosse crevasse. Je branche la Go pro trop tard pour filmer le passage de la cordée. Tant pis, je la laisse tourner, si jamais je tombe dans le trou, ça permettra aux gendarmes de comprendre ce qui s'est réellement passé. Bon par chance, j'évite la chute, le trou était profond et je continue au dessus.  Voilà la petite bosse, jolie, élégante, je la traverse, avant de remonter en direction des rochers de la Tournette. A gauche, d'ancienne trace de ski  me narguent dans la face nord, oui, cette face Nord à ski, c'est mon rêve, j'attends juste les bonnes conditions (et le partenaire dispo pour m'y lancer !)

L'énorme crevasse qui barrait le haut de la face à 4700 m n'est pas un obstacle, pour l’instant cette année. Je sais qu'il ne reste plus grand chose. Je fonds sur deux alpiniste qui peinent à fond. je les dépasse en les encourageants le sommet est à moins de 10 minutes !

Le voici, YES !

 

Et de 12. Oui, c'est la douzième fois que je foule ce sommet, et j'avoue que je ne m'en lasse pas ! J'ai d'ailleurs encore d'autres projets, soit à ski avec descente face nord soit en alpi, j'adorerai gravir la Brenva...

Vu qu'on est au sommet, je me dis que je vais tenter la roue, que j'avais réussie à l'Elbrouz. Bon, là je tente, et je me ramasse. Je me relève, me remets en position de départ, puis je laisse tomber, je sens que je n'ai plus assez de puissance pour la faire... tant pis.

Je me fais une bonne pause, avant de repartir.

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Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Et zou, il ne reste que 3400 m de descente. J'avoue que je ne me suis pas amusé à calculer le temps de descente, trop aléatoire et dépendant trop de mon état de forme.

Je recroise la cordée sympa 250 m sous le sommet. Ça fait du bien. J'enchaine les passages clefs, quelques nuages s'élèvent, mais ne m’inquiètent pas. Je ne descends pas très rapidement les jambes sont un peu lourdes, je l'avoue. Je rejoins une cordée de catalans ,on discute (ils parlent Français, c'est une chance, car mon catalan est plus que limité !) Puis je leur passe devant avant de filer sur Vallot.

Petite descente et on attaque la rébarbative remontée à l'épaule du Dôme. c'est dans la tête. Il fait chaud, j'ai les jambes qui ont 3400 m de déniv dans les fibres musculaires, mais il faut encore monter. Je parviens en haut et me lance dans la descente du Dôme. Les crevasses sont menaçantes, il faut faire de grand sauts, les réceptions sont aléatoires. Quand tu passes au dessus, tu vois qu'elles sont larges et sans fond. C'est pas le truc le plus intelligent du monde de se balader à cet endroit à cette heure ci non encordé. Trop tard pour renoncer, le salut est vers le bas. Je saute comme je peux les terribles obstacles, amortissant comme je peux les réceptions, ça serait dommage que la lèvre se casse sous mon poids !

Arrive le deuxième obstacle casse moral de la descente : la remontée vers les refuges du Gouter.  Tout au mental comme d'hab', sans trop de vitesse mais sans s'arrêter. je passe à nouveau devant le nouveau refuge, sans un regard. Et nouvelle pause à l'ancien refuge pour enlever les crampons. Là 2 Russes semblent perdus, il viennent des 3 monts et ne connaissent pas la descente; Je leur explique, qu'ils doivent suivre l'éperon, les câbles et le grand couloir. Ils veulent descendre à Chamonix, de toute façon, pour le train, il est trop tard. je leur dis de suivre les rails jusqu'à Bellevue, avant de descendre aux Houches avec un H ! Ils semblent satisfaits.

Je peux repartir.

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay
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Le début de la descente est laborieux. Les câbles me gênent et je ne suis pas positionné comme je voudrai sur les prises. Finalement je finis par trouver le sens de la marche et à être plus efficace.  A droite, le Grand couloir est inquiétant. Une sorte de cascade continue due à la fonte des neiges en haut. Ça emporte des blocs de pierres et les chutes de pierres sont fréquentes. C'est lugubre et assez stressant quand on sait qu'on va passer 400 m en dessous. 

J'avoue avoir averti les alpinistes du bas de grosses chutes avec ma grosse voie. "Pierre !" " Pierre !"

Un gars me rattrape et me suit. Je lui demande s'il veut passer devant. En fait non. Bon ben je lui propose de descendre ensemble et de traverser le couloir ensemble, l'un surveillant l'autre, ça sera plus prudent.

Proposition validée, on descend donc ensemble en papotant. Ce qui est étonnant , c'est qu'il a fait le même truc que moi en partant 2 h avant du parking où il était monté en vélo depuis chez lui ! C'est marrant de se retrouver !

Je suis dans le rythme et on descend tranquillement mais surement. Voilà le départ de la traversée. Je suis prêt en premier, je pars donc en premier tandis qu'il me surveille. Les chutes de pierre ont créé une "ornière" de 3 m de large au milieu du couloir. Ça passe bien pour moi, je me mets à l'abri en face.

C'est son tour, je surveille le haut du couloir qui semble être continuellement en mouvement. Des pierres chutent mais sont parfois arrêtées par la neige. Je donne le feu vert, il part, à mi chemin je lui dit de stopper, une pierre devrait tomber de mon coté. C'est bon, en haut, c'est toujours specaculaire, heureusement la neige bloque pas mal de projectiles. Fin de traversée, on poursuit sur le sentier en crampon avant de basculer sur le glacier de Tête Rousse et de rejoindre la cahute de la brigade Blanche.

 

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Ah la cahute

Il y a la un brigadier (ben oui, c'est la brigade blanche)

"Bonjour, on n'a pas la réservation pour les refuges en dessous on peut passer ?"

Ça le fait sourire

Je lui explique que j'aurais bien aimé savoir, moi s'il m'avait jugé compétent et assez solide pour sortir le Mont Blanc à la journée. Bon ben là c'est trop tard et il ne m'indique pas s'il l'aurait fait. Dommage.

On discute de la brigade, des trains, ah oui, les trains, et ben moi je suis favorable à ce qu'il y aie un train qui parte à 5 - 6 h du mat, ça permettrait aux alpinistes d'éviter le couloir en fin de matinée. Il valide mon idée mais m'avoue que c'est compliqué. C'est toujours facile de critiquer les alpinistes aux mauvaises heures aux mauvais endroit, mais quand on voie que les trains déversent les cordées au Nid d'Aigle à 9 h 9h 30, ben forcement elles se retrouvent vers midi dans le couloir.

Bon j'avoue que je n'ai pas attaqué Jean-Marc Peillex bille en tête, c'est son patron.

Parce qu'au fond de moi, je pense qu'il est paradoxal de faire une communication sur Zidane au sommet (monté en hélicoptère au col des Dômes), ou PPDA ou Gérard Holtz, et dire aux mondes que le Mont Blanc n'est pas pour tout le monde.

Il est paradoxal de dire qu'il y a trop de monde sur la voie normale et vouloir rouvrir l'ancien refuge du Gouter...

Il est vrai que ce sommet est gravi par des gens qui n'ont rien à faire là, mais les mesures de restrictions me sont insupportables.

Enfin, que dire des guides qui réservent deux nuitées sur les refuges pour assurer le sommet. Deux nuitées, c'est empêcher quelqu'un de pouvoir réserver. Et ça, personne n'en parle, oui, je dénonce ! (ce blog n'est vraiment pas un blog plan plan, il est engagé ) Une cordée, ça devrait être une nuitée.

Fin du coup de gueule

Je rapelle que je n'ai rien dit de tout  cela au brigadier, reste à espérer que Jean-Marc me lise. J'ai comme un doute.

Et même s'il me lit, il y a peu de chance qu'il se dise : "mais oui, il faut que je contacte ce gars, qui a  de supers idées." Peu de chances....

 

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On est reparti vers le bas, sur le sentier puis dans les névés sous les Rognes. Je suis descendu sur le cul, dans la neige. Au loin, des orages éclatent au  dessus des Contamines. Ça serait pas mal de ne pas se faire tremper avant la voiture. On surveille les éclairs, inquiétant... On va finir comme dans premiers de cordée, foudroyé sur un rocher. Je repense que j'ai un piolet dans le dos, dressé vers le ciel. Tel un paratonnerre, qui ne parerait pas grand chose à part attirer la foudre. Je raconte à Arnaud mes épisodes de foudre aux Dômes de Miage, le plus terrible orage  de ma vie !

On fait une pause pour récupérer de l'eau, ça fait du bien. Je commençais à être complètement déshydraté.

Passage au Nid d'Aigle, fermé. reste les 900 derniers mètres. D'abord un joli sentier avec plein de bouquetins qui ont la fâcheuse tendance à occuper le sentier. Et quand ils daignent nous laisser la place c'est pour descendre sur le lacet suivant.  Ça nous amuse.

Il pleut quelques fines goutes juste de quoi nous rafraichir, on surveille l'orage qui semble passer derrière l'aiguille de Bionnassay pour aller chez nos amis trasalpins, excellent choix, merci à eux.

S'en suit la partie plus technique, des câbles et des pieux qui bringuebalent... On traverse de superbes cascades.

Puis vient la partie finale. J'appelle Sandrine, il ne reste que 20 minutes. Bon, 20 minutes, c'est mon estimation, car 20 minutes plus tard,  je vois un panneau : parking 45 minutes. Je rappelle pour indiquer que je me suis un peu emballé, j'ai pris mes désirs pour des réalités. Je crois que je suis monté plus vite que je ne suis descendu. Arnaud a la pêche, mais il a la gentillesse de m'attendre. On croise des alpinistes qui vont bivouaquer avant le sommet.

Le temps de ralenti, mes pieds frottent dans mes chaussures et j'ai les pieds recroquevillés.

C'est long, c'est beau mais c'est long. Je passe devant le patou à pas feutrés. Il ne m'a pas vu. Ouf. Arnaud quant à lui est parti cherché son vélo caché dans la forêt.

Je parcours les derniers mètres, ouf ! Ils est 20 h

19 h 35 sur la montagne !

32 km et 3400 m de déniv.

 

10 minutes plus tard, je vois Arnaud arrivé, dépité, on lui a piqué son vélo ! La loose absolue. Je le ramène chez lui, mais c'est vrai que ça gâche un peu la fête. Reste juste à espérer que ça soit le propriétaire du champ qui se soit énervé. Ça y est, il pleut l'orage est là. Je laisse Arnaud au Bettex et prend la route e la maison. Bien fatigué. J'arriverai à minuit 10 à la maison, pile 24 h après mon réveil !

 

Fin d'une bonne grosse journée comme je les aime

Qui a dit que j'étais un bourrin ?

 

Alpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis BionnassayAlpinisme : Mont Blanc à la journée depuis Bionnassay

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Apoutsiak — Mont BlancMassif du Mont BlancfamilleLouisalpinisme4000
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

J'avais déjà emmené ma petite femme au sommet du Mont Blanc.

J'y suis retournée avec Louis, mon fils, 16 ans et une farouche volonté de parvenir au sommet !

 

vidéo :

Topo

 

Le topo complet est disponible dans l'article : Le Mont Blanc en amoureux

Pour information, partants du Mont Lachat, nous sommes montés par les Rognes, ce qui était une mauvaise idée en début de saison. De gros névés raides et expos rendent la rando bien technique (passage le plus technique sur l'ensemble de toute la course !!!)

Noius sommes redescendus en VTT (montés en tramway) Possibilité de les mettre dans le Tramway seulement dans le premier train le matin, impossibilité de monter les VTT au dessus de Bellevue. Descente par les pistes au plus tard (avec les sacs d'alpi)

Bellevue

Col de Voza

Bionnassay

Saint Gervais

Le Fayet

Excellente solution qui éite d'avoir à attendre le train (+600 m de descente si vous compter monter en train au Nid d'Aigle

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Récit

Louis veut depuis longtemps  "faire" le Mont Blanc. Il a déjà gouté aux joies de l'alpinisme en gravissant quelques jolis sommets (Aiguille du Tour - aiguilles Crochues, Rosablanche...) il a même déjà gravi un 4000 il y a 3 ans : la Punta Giordani (toutes notre petite famille s'est retrouvée au sommet )

 

Première difficulté, trouver une place au refuge du Gouter alors que j'ai loupé la vente des places... Bref , je me connecte bien régulièrement à la centrale de réservation et finit par dégoter 1 place... Pour l'instant, je suis bon pour bivouaquer au dessus du refuge... Je passe les 3 journées suivantes avec le doigts sur la touche F5 de mon ordinateur, la sueur perlant sur mon front, la tendinite du fléchisseur du doigt menaçant. Lundi, 6 h 45, elle est là, LA seconde place. Je me retrouve avec mon smartphone en main, rentrant mes coordonnées et priant que la place ne soit pas vendu pendant mon achat (pire qu'un concert de U2 au stade de France) Arrive la question du Captcha, mes yeux d'ancien ne parviennent pas à bien distinguer les lettres et les chiffres savamment mélangés. J'essaie, mais ça ne valide pas. C'est un torrent de sueur qui coule de mon front, Stressomètre au maximum, je finis par réveiller Marie, ma fille, qui, du premier coup parvient à valider le code ! J'ai la seconde place!!!, Adieu bivouac galère, adieu portage odieux, à moi le confort extrême du refuge du Gouter.

Jeudi, une idée, un plan, plutôt que de galérer à prendre le train à la descente, pourquoi ne descendrions nous pas en VTT, il suffit de les mettre dans le train à l'aller, de les cacher en haut, de les récupérer et de redescendre par les pistes vers le Fayet. Ce qui éviterait d'attendre le Tramway du mont Blanc des heures à la descente !

Je consulte rapido la carte, ça a l'air de passer

Je téléphone à la compagnie du mont blanc à Saint Gervais pour savoir si c'est possible. 2 personnes me le confirment mais uniquement pour le premier tramway, ça tombe bien, c'est celui que nous souhaitons !...

Le sac est préparé, on stocke les deux gros VTT dans la 207 SW, ça tient juste avec les sacs et on file Sallanches pour une petite nuit d'hôtel (mauvaise pour moi). On pèse les sacs, juste pour voir, le mien, c'est 14 kg sans la corde, celui de Louis c'est 7 kg (sans le pique-nique).

Réveil vers 7 h, bon petit dej avant un petit quart d'heure de route. Il faut remonter les VTT, on se rend compte que le mien n'a pas de frein avant, et que celui de Louis n'a pas trop de frein arrière ! trop tard pour réparer, on verra bien.

Je prends les places, je précise qu'on a les VTT. je vois bien une bonne femme dans l'estanco qui fait la tronche. vous ne monterez les VTT à la dernière station que s'il y a de la place, sinon , c'est arrêt à Bellevue ! Étonnant, hier au téléphone, ça ne m'a pas été précisé. OK.

Je fais quelques tours du parvis de la gare, trop heureux de mon plan foireux ! Je papote avec un guide des Ecrins sympathique de la liste de matériel imposée par arrêté municipale par le trop médiatique maire de Saint Gervais, flûte on n'a pris qu'une paire de gant de rabe alors qu'il en faut 2 par personne. Le guide, lui n'a pas pris les masques (oui, la météo est annoncée bonne demain) On en rigole. Non monsieur Peillex, je ne suis pas pour cette montagne réglementée. Merci tout de même de prendre soin de notre santé !

On se retrouve dans le train, presque seuls dans le Wagon. A Saint Gervais, il se rempli un peu plus. Puis lentement la Crémaillère nous monte, lentement, très lentement. C'est long. Je fais la description à Louis : le col du Tricot, l'arête du Tricot, l'aiguille de Bionnassay, son arête qui mène au piton des Italiens. L'aiguille du Gouter se dévoile. Le col de Voza.

Direction Bellevue, pourvu qu'il n'y aie pas trop de monde.

Le train décélère, je calcule rapido que le nombre de personne sur le quai tient dans le train, ça doit être bon, il y a du monde, mais ça devrait jouer !

"Bellevue" annonce le "cabinier" (je ne sais pas comment ça s'appelle)

"Les VTT descendent !"

J'ai mal entendu !

Je me lève pour discuter

J'ai téléphoné hier, j'ai expliqué que je voulais monter jusqu'au Mont Lachat, il ne devait pas y avoir de problème... J'ai eu au téléphone deux personnes de la compagnie du Mont Blanc !

"Vous descendez les VTT"

Je tempête, j'argumente, j'explique, rien n'y fait, le butor est buté !

"Je ne prends pas la responsabilité de vous monter plus haut !"

Quelle responsabilité ? Je ne lui ai rien demandé !

Le monde monte... La pression augmente.

J'entends les employés discuter "On ne fait pas repartir le train tant qu'il y a les VTT à l’intérieur !"

Je sais que c'est mort pour nous, et je n'ai pas l'âme d'un gueulard (pourtant, ça mériterait !)

Je négocie de nous laisser le temps de garer les VTT avant de faire repartir le train. Une employé nous propose de les installer face à la cahute de la gare. On se précipite pour ne pas faire perdre trop de temps au train. La loose. On attache les 2 vélos à une barrière. On ne trouve pas le second cadenas, tant pis, un devrait suffire. J'essaie de calculer le dénivelé supplémentaire à la descente à pied : + 300 m qui viennent déjà s'ajouter au 300 entre le nid d'Aigle et le col du Mont Lachat. Soit 600 m de marche supplémentaire à la descente. Ça va être chaud !

Le train repart, on a perdu nos places assises dans la négociation, les VTT restent là, je suis amèrement déçu. Dommage, on fera avec.

La gare du col du Mont Lachat arrive.  Un petit soleil du matin nous accueille.

L'aventure peut commencer. (enfin)...

 

 

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Et zou, dans la file, d'abord en direction du Nid d'Aigle puis je bifurque vers la gauche, un type me dit : "C'est le chemin des Rognes" Ben oui, c'est mon but, d'autant plus que logiquement, il est interdit de remonter par les rails entre le Mont Lachat et le Nid d'Aigle... Mais tout le monde y passe.

En plus, ça faisait longtemps que je voulais monter par les Rognes.

On part à gauche donc, sur un sentier qui grimpe bien. En dessous de nous, un gros groupe de randonneurs nous suit, suivi d'un autre. Louis a la gambette légère, il galope sur le sentier. On papote et ça grimpe. On traverse des zones d'éboulement monstrueux où le sentier est recouvert de centaine de mètres cubes de roche... On monte tout en espérant qu'il n'y ai pas trop de neige. Le risque c'est que ça soit trop exposé et qu'il faille redescendre  pour reprendre en bas le chemin du Nid d'Aigle. Et plus on monte, plus le "rebroussage" de chemin serait long.

La neige s'approche. On part pour une première traversée expo, un névé raide à remonter puis à traverser sur la gauche. Ne pas s'en coller une, il y a de bonnes traces mais la chute est interdite, une pente à 45-50° sans fin ! On sort les piolets. Et on avance.  La traversée est réellement impressionnante, je surveille Louis du coin de l'oeil, tout se passe bien. Louis trouve un appareil photo entre un rocher et le névé. Étonnant. il le récupère , on poursuit (histoire de l'appareil photo en fin d'article)

On se retrouve au sec, sur du rocher mais toujours expo. Le sentier est parfois apparent, parfois il disparait sous la neige. Quelques vires équipées de câbles. on suit une trace dans le névé, puis plus rien. hésitation, petit point GPS, ça part sur la droite, deux choix, soit on met les crampons et on travers un névé exposé, soit on redescend pour trouver une hypothétique sente. J'opte pour la première solution. Puré, les Rognes, c'est chaud. on dépense une énergie folle. Je trace la traversée. Louis galère derrière, le soleil tape, la pente est raide, très raide. Il faut assurer chaque pas (on ne le sait pas mais un accident a eu lieu ici même il y a 48 h... Je rejoins un rocher et Louis vient à moi, on retrouve la trace, ouf, c'est plus facile, un névé, une échelle et voici le col des rognes, enfin, on a perdu 1 h , les autres cordées sont loin devant !

Pause

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On repart sur les grands névés puis le bon sentier qui permet d’accéder à hauteur de Tête Rousse, on papote et on avance bien sur cette portion enfin facile.

Pique nique  près de la baraque de Tête Rousse. On met les crampons, on sort les piolets et on repart sur le glacier de Tête Rousse. Un long plat, une petite remontée merdique, un pas d'escalade, voilà le Grand Couloir, également appelé couloir de la mort, ça veut tout dire. Peu de monde, couloir en neige, top départ. Traverser rapidement sans courir, ça n'est pas la peine de s'en coller une. Traversée sans histoire, on enlève les crampons de l'autre coté. Un guide, file des médicaments à un couple de médecin, lui est malade, sans doute la mal des montagnes, l'envie de vomir, le guide à la pression, prescrire des médicaments à un médecin, c'est pas mal. Vu la tête du praticien, je doute qu'il arrive au Gouter, j'entends le guide l'encourager, mais un longue progression me semble peu probable. Je leur souhaite bon courage et on file. C'est parti pour 2 h de grimpette sur l'éperon le long du grand Couloir. D'abord les câbles puis la petite épaule, on contourne la base de l'éperon par la droite, plus facile, mais plus gravilloneux, puis ce sont les pas de 2 sur l'éperon. On progresse, on croise quelques cordées. C'est long mais on progresse, je commence à connaître les subtilités de l'itinéraire, je reconnais parfois certains passages. Voilà enfin les cables de la fin et le refuge du Gouter. on remonte vers l'arête, on traverse et on fait une pause "snap" pour lui, pause qui rencontrera un grand succès. Et voilà le nouveau refuge du Gouter, archi complet ! pas une place pour s'assoir, pas une place pour ranger son matos, une humidité à 125% dans la salle du bas. L'avantage c'est qu'on n'y reste pas, je monte pour l'accueil, puis Louis s'installe pour la nuit pendant que je prépare le matos pour demain. Je lutte contre la sieste. puis on file manger. A notre table, je retrouve le guide de ce matin, Claude, et son client. Claude a gravi 739 le Dôme ou la barre des Ecrins. Je calcule mentalement... Et ça fait plus de 4 ans de sa vie passés sur la montagne ! record mondial sans doute. On passe une bonne soirée avec deux pompiers de Paris, Claude, son client Mathieu.

Le repas terminée, c'est les dents et au lit !

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

Pour une mauvaise nuit - 8 h 30... 9 h... 10 h ... 11 h ... j'opère une sortie pour me dégourdir les jambes ... 1 h 40, les premiers guguss se lèvent, alors que la porte du réfectoire n'ouvre qu'à 2 h ! à moins 5 on se lève, on s'habille, on file dans la cuisine pour un petit déjeuner continental !

2 h 45 on quitte le refuge. Tout le monde est devant la porte, finalement on s'encorde rapidement et on se retrouve devant tout le monde. Il y a juste 3 cordées déjà bien hautes sur le Dôme du Gouter. Derrière nous une file de frontale, magnifique. La lune est presque pleine, elle éclaire le sud de la montagne, projetant nos ombres vers le nord. Les frontales finissent par se rapprocher et nous dépasser, pas grave. Je monte à mon rythme, lent et efficace, je ne souhaite pas faire sprinter Louis, je veux qu'il garde des forces. On avance bien, même si les autres progressent plus vite. L'épaule du Dôme est atteinte, j'y perd un crampon. Je commence à en avoir mal de ces crampons camp. Je remarque que la barre du dessous se tord. En fait, plus tu les perds, plus tu les serres, plus la barres en dessous se tord et tu continues de les perdre. Bon à plat ça n'est pas trop grave... C'est des crampons qui ne doivent servir qu'à rester dans le sac des skieurs alpinistes comme matériel obligatoire ...

Je repars, on se retrouve dans le trafic à l'approche de Vallot, ça bouchonne un peu, mais la trace est déjà raide, ça n'est pas la peine de se mettre dans le rouge, je reste sagement derrière. Et voilà Vallot, jolie pause pour mettre la doudoune, tandis que Louis ajoute une polaire.

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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On mange un peu et on repart. On se retrouve rapidement dans un petit bouchon dans le premier raidillon. Ca passe, on finit par passer tout ce petit monde, zou , une bosse, celle du dromadaire, je ne sais pas, je n'ai jamais su si c'était la première... Et on enquille la seconde (celle du chameau ?) C'est magnifique, on éteint les frontales, le soleil se lève, ça rosit assez vite, le temps d'une photo  et on repart. ça grimpe, on se retrouve derrière une cordée d'Italiens, ils avancent à fond puis s'arrêtent, essoufflés et repartent... On se rapproche d'eux sans jamais les reprendre. Voilà la crevasse de 4650 m, elle est bouchée, une tranchée profonde permet de la remonter. Au dessus on tombe sur l'ombre du Mont Blanc, une magnifique pyramide noire qui part vers l'ouest.  On finit par rattraper les 2 italiens, l'Italienne me lance good job.

Je sais que j'ai la bonne méthode, marcher lentement, mais sans s'arrêter. Il ne doit rester que 3 ou 4 cordées devant, on a dépasser tout le monde...

Dernier raidillon, puis c'est l'arête finale, longue, très longue. Plus longue que dans chacun de mes souvenirs, le Mont Blanc sait se faire apprerecier. Je sais que Louis derrière est au maxi, mais on avance, la pente diminue et on rejoint les autres cordées.

Yeeeessssss !

Louis me lance, "j'suis mort, j'veux descendre en parapente" en souriant.

il a raison, la voiture est 4200 m plus bas (dont 3000 à faire à pied), mais ça on ne l'a pas encore calculé...

Il se pause. je mitraille.

Le temps est beau.

Je profite

J'adore venir au Mont Blanc en famille !!!

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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On saute une dernière fois avant de repartir.

L'arête, Louis toujours poli, s’arrête pour laisser passer les cordées qui montent. J'avoue que je préférerai qu'il fasse sa manœuvre au dernier moment histoire de ne pas perdre trop de temps, on repart, on repasse la crevasse, on croise beaucoup de monde... Louis montre des signes de faiblesse, quelques maux de tête et l'envie de s'arrêter tout le temps. Rapide diagnostic : petit mal des montagnes couplé avec une trop petite nuit, j'ai déjà vécu ça, on dormira au refuge... La descente va être longue, il faut éviter de s'arrêter tout le temps.

Je repasse devant sur les bosses pour donner le rythme dans les montées. et reprend ma place à l'arrière quand ça descend, tout en le motivant ! On rejoint Vallot ou l'on se pause un peu. Louis fait une petite sieste. Je l'averti que la remontée à l'épaule du Dôme ne va pas être amusante... On descend au col, il trouve débile que j'ai bivouaquer là, sans tente, il y a quelques années... C'est vrai que l'endroit est austère et un peu inquiétant... La remontée, comme annoncée , est galère Je reprends la tête pour donner le rythme, et on progresse, j'encourage, je donne des indications, enfin l'épaule, ouf ! Et ça redescend, Louis opte pour une technique peu académique, sur le cul, en levant les crampons, et il glisse sans trop se fatiguer (et en s'amusant), l'important c'est que l'on avance. Et Louis se laisse glisser.  Bon on se fourvoie et on passe à droite des séracs au lieu de passer à gauche, bilan, une grosse crevasse à traverser et des séracs un peu au dessus de la tronche un peu désagréable, on retrouve la trace plus bas. Il y a plein de monde qui montent, c'est presque incroyable !

Un petit coup de cul bien géré et rejoins le refuge où on grignote. Je sieste allongé par terre dans la salle à manger, Louis dans ses bras sur la table.

il faut repartir, on rejoint nos amis pompiers à l'ancien refuge du Gouter. La descente est lancée. Il faut croiser, se faire dépasser, gérer, sans faire tomber de pierre

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !
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il faut repartir, on rejoint nos amis pompiers à l'ancien refuge du Gouter. La descente est lancée. Il faut croiser, se faire dépasser, gérer, sans faire tomber de pierre. On progresse, lentement, mais on progresse vers le bas. On se retrouve derrière une Autrichienne jeune et jolie. Le fils ressemble au père, son sang ne  peut mentir, il semble intéressé, mais ses jambes ne peuvent soutenir le rythme imposé par la Teutonne. J'ai bien senti la légère accélération. Je l'ai pourtant motivé, un bon pretexte pour avancer. Mais rien n'y a fait, la cordée de Casques à pointes nous a largué lentement mais surement. Quand on arrive au Grand Couloir, plus trace de l'être aimé. Seule une larme perle et coule sur la joue de Louis.

 

Au Grand Couloir, on s'est fait un peu  grillé....  On a rejoint les pompiers, qui partent quand on arrive. On met les crampons, c'est fait, une cordée arrivée du dessus, déjà en crampons ;-S ... En face deux cordées sont arrivées et s'engagent, on les laisse passer alors qu'on était là avant ! ils progressent en courant  au risque que l'un d'eux tombent !!! je scrute le 3ème de cordée qui galope à perdre haleine. Une fois les deux cordées passées, ceux de notre sens nous passent devant ! Bon ben faut encore attendre notre tour. Dès qu'ils sont passés, on part et on passe sans encombre. Le couloir du Gouter aura été clément !

En face on se mange un peu de désescalade puis on rejoint le glacier de Tête Rousse ou on se fait un petit toboggan avant la pause pique nique où on rejoint nos pompiers préférés.

 

 

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

C'est reparti pour la tranquille descente de Tête Rousse, Louis ralenti. Il a mal aux genoux. La fatigue s'accumule. La fin va lui paraitre longue. La grosse blague c'est de lui faire croire que l'on va descendre par les Rognes, mais il n'est pas dupe ! Un petit coup de névé, nous voilà au niveau des Rognes pour basculer vers le Nid d'Aigle, très enneigé. Louis glisse sur les fesses, je le fais quand c'est raide, sinon je ramasse.  On avance toujours lentement. Hell Lord fire n'a plus de guibole, c'est un fait ! Je prends le sac de Louis pour lui faciliter la progression.

Je croise un guide, au téléphone avec sa dulcinée :

"On va au Mont blanc" affirme t'il tout en faisant non de la tête

"Le problème, c'est le rythme !" Et effectivement, 50 m plus bas, je trouve le client, ruisselant de sueur et peinant sur le sentier. Ça va être chaud de le monter au sommet du Mont Blanc me dis-je in petto. "A l'impossible nul n'est tenu !"

Je comprends mieux la tête du guide...

Voilà le Nid d'Aigle, on attaque la descente du tramway, à pied, d'abord dans les tunnels puis le long de la voie, en cours de restauration. Louis marche à son rythme du moment, c'est à dire assez lentement. Je fais des pauses pour nous rattraper. On rejoint le col du Mont Lachat pour une bonne pause mini sieste (Louis a négocié 10 minutes de sieste, je lui les offre mais pas une de plus)

Et la Compagnie du Mont Blanc nous offre 300 m de déniv de descente de plus, nous ayant interdit de monter nos VTT ici. Bref on prend le sentier, assez vite je largue Louis. Vu que j'ai les deux sacs, je file, je descends 100 m de dénivelé puis je l'attends pour rattraper notre groupe de 2. Je refais l'opération 2 fois et ô surprise, je me retrouve au téléphérique de Bellevue; Je fais signe à Louis que c'est bon. Il me rejoint, on va s'abreuver dans les toilettes du téléphérique puis on descend au train.

 

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

La "cabinière" nous accueille, bon pour le coup elle est sympa. Les VTT sont là. Petite pause à l'ombre de la gare. Avec notre méthode ce qu'il ya de bien, c'est qu'on peut repartir tout de suite, pas la peine d'attendre le train de 17 h 10 !!!

Il faut remonter un petit coup de cul avant de rouler. Puis c'est parti sur des pistes plutôt large. Au col de Voza Louis me réclame une pause Coca. Comment lui refuser... Un Coca plus tard on se lance dans la descente  sur le village de Bionnassay. Sans trop de freins. Donc on ne roule pas à fond pour ne pas avoir à faire de freinages en urgence.  Et on papote, on se suit, on se dépasse, on se fait des pauses pour se soulager les mains crispées sur les freins.

Bionnassay.... la route est là, c'est plus facile. On rejoint la route de Saint Gervais , enfin on peut lâcher les freins.

On passe dans Saint Gervais, une clameur, pas pour nous, à priori, c'est la France qui vient de marquer un but ! (on aura la confirmation plus tard) puis à fond vers le Fayet. On arrive ensemble à la gare, il fait 32°C, la voiture est à 50°, toutes les boissons sont bouillantes !

4200 m de descente, 1200 m de descente en VTT, en voilà une bonne idée. Reste juste à rentrer à la maison !

Premier 4000 pour Louis, et 11ème pour moi.

Mont blanc - 4810 m à 16 ans !

L'histoire de l'appareil photo

Nous avons donc trouvé un appareil photo dans une vire en montant aux Rognes. (enfin c'est Louis qui l'a trouvé )

De retour à la maison, opération retrouver le propriétaire, même si j'ai peu d'espoir, nous sommes dans le massif du Mont Blanc et il ya beaucoup d'étrangers, qui n'utilisent pas les forums francophones.

On sort la carte SD et on se rend compte que l'appareil photo n'est pas en parfait état. Peut être lié à sa chute. On regarde les dates, les dernières photos datent d'il y a deux jours. Agathe, ma fille est à fond dans l'enquête. Elle regarde les photos, je reconnais Bellevue et la montée aux Rognes. On essaie de comprendre la langue, le son n'est pas très bon, langue des pays de l'Est. Mon sang ne fait qu'un tour,. Il y a eu un accident mortel il ya deux jours dans ce secteur, des polonais. Et si c'était leur appareil photo.

Je consulte les photos un peu plus précisément, on reausculte le son, j'ai failli sortir le stéthoscope... 

on a trouvé l'appareil photo dans une zone raide et sous un passage raide 50-100 m au dessus

Je décide de téléphoner au PGHM. Le gars m'annonce que l’adjudant en charge du dossier va me rappeler. Le jour suivant, un appel, à priori il s'agit bien de l'appareil photo du groupe. Je renvoie la carte SD à la gendarmerie.

Sensation bizzard que cette trouvaille. Via cet appareil photo on a touché un drame. Ils étaient heureux, ravis de se retrouver sur les montagnes. Une faute inattention sans doute et la vie qui bascule.

Je pense à ce groupe et à cette famille. La montagne peut aussi être cruelle.

 

 

 

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Apoutsiak — ValaisSki de randonnée4000Zermattalpinisme
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Cette année, c'est l'année des sommets déjà faits...

L'Alphubel n'échappe pas à cette règle

Déjà gravi à deux reprises, une fois par la Rottgratt avec Helmuth et Stinj, avant la traversée Täschhorn Dom

la seconde avec Steph en ski de rando par la voie Normale.

 

Vidéo

Topo :

Tächhütte 2701 m

Parking à Täschalp (gratuit !!!) remonter le sentier qui amène à la Täschhütte

500 m de déniv - 1 h 15

Alphubel 4206 m
 
Emprunter le sentier qui part à droite  puis remonter les pentes  qui mènent à Chummibodmen (sentier quand il n'y a plus de neige) Rejoindre l'Alphubelgletscher et prendre la branche de droite en montant.  La suite s'est en écharpe (pente un poil raide) pour  rejoindre l'Alphubeljoch 3772 m.
Tirer plein nord pour atteindre les pentes sous le point 3860 m (à flanc)  Remonter au mieux les pentes raides et exposés (séracs - crevasses) qui montent à l'est de l'antécîme 4188 m de l'alphubel  puis par l'arête facile rejoindre le sommet (4206 m)
 
Descente :
Par le même itinéraire ! (perso, j'ai fait un petit détour par le Feechopf 3887 m, pour la vue (20 minutes de montée en plus)

 

 

Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Récit :

je suis parti tard... j'arrive donc tard à Täschalp. Cette année très enneigée laisse sur les bords de la route les stigmates d'énormes avalanches peu habituelles ces dernières année.

Je me gares sur le petit parking, il est prêt de 18 h. On voit déjà le refuge, 500 m plus haut !

1 h 30 maxi d'ici, mais je suis chargé lourdement : objectif : Alphubel et Rimpfischhorn ! Gaz gamelles et bouffe pour 3 jours, sans compter les skis sur le sac. Quand je charge le sac, ça n'est pas le meilleur moment.

Je connais le sentier, c'est parti, ce vallon est sauvage et vraiment joli. Juste à l'écart de Zermatt et ses touristes. Ici, il n'y a personne. Peut être vais je être seul au refuge.

Je grimpe, je filme un peu (pour toi, public !) j'appelle Sandrine, on papote, j'avance.

Une traversée de torrent, un névé au dessu, il ya des traces mais il est 18 h et la neige ne tient pas. Je finis par glisser, simple petit coup de stress, ça passe. Tout va bien. Sous le refuge, quelques névés viennent compliquer la progression. Je vois qu'il y a quelques personnes sur la terrasse.  La fin est plus longue que dans ma mémoire mais je finis par atterrir sur la terrasse. il y a beaucoup plus de monde que je ne le pensais.

Je m'installe sur la seule couchette qui reste (refuge 9 places) Ca n'est vraiment pas la meilleur. à l'étage, sans bordure, le long du vide avec un poteau au niveau de mes pieds à droite.

Je ferais avec ...

Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Une description des différents protagonistes s'impose, même si je n'ai pas bien eu le temps de les observer vu mon arrivée tardive. En gros il y a 8 suisses et un petit Français, ma pomme. Enfin quand je dis 8 Suisses, il y 7 Suisses et une jolie Suissesse, Tatiana.

Tatiana, elle a les cheveux blonds

Tatiana elle a les cheveux longs

Tatiana elle a un corps de rêve (enfin chacun l'imagine parce que sous la combinaison de ski, on ne voit pas bien les formes)

Et bon, vous imaginez bien que quand il y a Tatiana dans un refuge avec 8 velus. Ca crèe une ambiance, comment dirais je ... plein de testostérone .... oui c'est le bon terme.

L'un se prend pour un shadock, il se met à faire des pompes, sans fin, il a du en faire plus de mille dans la soirée.

L'autre se balade torse nu, des abdos en tablette de chocolat à la vue de tout le monde, flûte je ne peux pas lutter

Un troisième, au physique plus ingrat, se met à réciter du Baudelaire. Chacun ses atouts.

Tatiana fait mine de ne rien voir, installée délicatement sur la rambarde du refuge, cheveux au vent, nez au soleil, elle rayonne et lui fait concurrence.

Le quatrième montre la plage, bandant ces biceps pour insister sur la direction.

Le troisième après avoir fini Baudelaire (il est très rapide) s'attaque à Hugo "Demain, dès l'aube, à l'heure ou blanchit la campagne.

Ce qui suit a ruiné nos vies. Un Alpiniste, non que disje pas un Alpiniste, un Athlète, déboule du fin fond du refuge, il vient s'installer à coté de la Belle. Non Non ! Tous ces efforts... le temps s'arrête, seconde suspendue. Ô temps suspend ton vol, ô cruelle destinée. Il enlace l'objet de convoitise... Non Non, et l'embrasse langoureusement. Je pleurs, nous pleurons. Le bellâtre jubile, tout en possédant la bouche de sa partenaire. Chacun baisse les yeux, humilié.

Les pompes ralentissent, le T shirt se baisse, la plage s'éloigne et Hugo va rejoindre Harfeur, bien loin de nos montagnes valaisannes. Le soleil glisse de tristesse derrière un nuage noir... pour pleurer longuement

Je file dans la cuisine, ne souhaitant pas assister à la suite de ce triste spectacle. J'engloutis mon sandwich de gare ainsi que quelques chips; Je me change et file au lit bouquiner et déprimer quelle triste fin de journée...

"Triste et le jour sera pour moi comme la nuit."

 

Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Nuit difficile

La peur de tomber de cette couchette exposée

La tristesse d'une soirée pleine d'espoir que l'autre est venu toute gacher

Minuit trente

Une frontale vient éclairer le dortoir.

Qui cela peut être ?

Je finis par comprendre que ça vient de dehors...

Ils discutent, Fort.

bon quand il rentrent dans le dortoir, ils se rendent compte de leur c....

Ils discutent encore mais un peu moins fort, et pour eux , c'est la loose, il n'y a plus de couchette, le mec à deux places à ma droite, se dresse et fixe les nouveaux entrants de ses yeux de kalachnikov (oui, les yeux de kalachnikov, ces comme des yeux avec des  mitraillettes mais en pire !) je pense qu'ils se sont installés par terre...

Je me rendors

Vers 3 h 15 c'est déjà le bin'z j'essaie de dormir

3 h 30, c'est pire, je finis par me lever (j'avais prévu 4 h 05 !) Mais vu le bruit, je ne peux plus rien espérer. je me lève. Les 2 arrivés fort tard hier soir ont récupéré deux places dans les couchettes libérées.

Cacun se précipite dans, l'entrée. Oui Tatiana et son Jules se sont levés les premiers. On aspire tous a voir Tatiana en dessous (même si on ne se l'avoue pas)... Mais Tatiana a de la réserve, elle s’éclipse dans les toilettes pour effectuer l'opération. Pas de dessous affriolants, pas même  une petite brassière, c'est presque  un ours qui revient de la fange...

Je grignote mes quelques gâteaux, l'âme en peine.

 

Les cordées lasses, quittent la cabane les unes derrières les autres.

Je sors... le dernier.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Il faut d'abord prendre le petit sentier et traversé quelques névés. J'arrive à la neige proprement dite. Les autres cordées sont juste devant. J'ai moins de 10 minutes de retard.

C'est parti. Mais je me rends vite compte que je n'avance pas. Le mauvais rhume de cette semaine a laissé des séquelles : je rencoye (alors petit aparté : Rencoyer, en terme Franc comtois ça veut dire avoir plein de glaires dans la gorge, fin de l'aparté. ) Pas de lune, juste ma frontale, la neige et au lon les autres cordées. Je ne parviens pas à les rattraper. La pente est plus ou moins raide, mais ça passe. Je visualise, une cordée de 3 qui me parait très rapide et deux cordées de deux.

Je finis par rattraper une cordée de 2  que je dépasse.

Je rejoins le passage raide qui permet d’accéder aux pentes sous le col et opère une pause.

Je repars vers le col et m'en fait une seconde (pause) histoire de laisser la corde et mob second piolet que j'avais initialement pris au cas ou je ferai le Rimpfischhorn. Le paysage est magnifique. Je file versant Saas Fee, je sais que le glacier est très crevassé, et j'avoue que ça me stresse un peu.   Je me permets une petite sieste d'un quart d'heure avant d'attaquer la montée finale.

Je parviens à rattraper une cordée de 2, le second est à l'agonie. Son premier essaie de le motiver, mais il est au bout de sa vie !!! Je les laisse un peu sur place. avant de gravir les derniers mètres où je croise Tatiana et son Jules. Elle virevolte, elle rayonne, le soleil a de la concurrence. Elle ne s'est même pas arrêté pour un salut amical... Quand on a la loose...

Derniers mètres et sommet ! Je rejoins la cordée de 3 qui y a fait sa pause.

On papote et on profite.

J'ai juste un peu de mal à avaler les fruits secs que j'avais pris ce matin.

Les 3 repartent, la cordée de 2 arrive, épuisée pour le second. A mon tour de quitter le sommet.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 m

Quelques jolis virages dans la pente raide avant d'attaquer a longue traversée vers le col..

Je remets les peaux pour aller au Feechopf (dont je ne connais pas le nom au moment  où je m'y dirige. J'avais envisagé d'aller jusqu'à l'Allalinhorn ce qui aurait été classe. Mais ça n'est pas la grande forme et les grande journée chaude ne laisse pas un beaucoup de temps pour réaliser la traversée en aller retour...

Bref le petit sommet est assez vite atteint. Je profite quelques minutes du paysage avant de rejoindre le col et récupérer ma corde et mon piolet.

Je file vers le bas sur une neige encore bien dure. Puis passage à proximité d'un joli petit lac. Avant la soupe des derniers mètres. Je reprends le skis sur le dos et rejoint le refuge. Je rejoins 2 autres cordées. Petite sieste, petit repas et descente à pied vers la voiture.

Il n' y aura pas de Rimpfischhorn, ce que j'avais initialement prévu, la météo n'est pas top, il faut rentrer.

Ski de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m
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Ski de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 mSki de randonnée : Alphubel 4206 m

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m Mon 82ème 4000 !

Apoutsiak — 4000ValaisLes 100 plus bellesADalpinismeAnne

Bon, ben voilà, j'ai gravi mon 82ème 4000

Mon Graal !!! à chacun le sien.

Une magnifique course en compagnie d'Anne, on a monté le champagne au sommet, et on en a bu... un peu !

 

Vidéo :

 

 

Topo

 

Rothornhütte

De la gare de Zermatt 1605 m

Prendre la Grande rue puis la deuxième rue à droite, remonter le sentier qui mène sur le talus et le sentier et le prendre à gauche. Le sentier rejoint Bodmen (le torrent) puis le traverse avant de remonter le long de sa rive droite pour rejoindre Stellistein: l'hotel de l'Edelweiss 2058 m.

De là le sentier mène à la cabane de Trift - 2337 m il se poursuit vers Vieliboden, attention à ne pas le perdre dans le delta du torrent vers 2600 m. Rejoindre la moraine sous la Rothornhütte et le sentier grimpe jusqu'à la cabane 3198 m

Zinalrothorn 4221 m

Partir au Nord de la cabane d'été et rejoindr epar des sentes et des blocs le Rothorngletscher. Remonter sous la barre rocheuse jusqu'à un couloir  qui descend de la barre vers 3400 m (couloir en III + 20 m) Tirer à gauche pour rejoindre une arête secondaire que l'on grimpe, pus traverser une pente de neige et gagner l'arête qui part du point 3761 m CNS.

Rejoindre la belle arête de neige

Que l'on suit sur l'arête.

Gagner le couloir qui descend du Gabel que l'on remonte soit en son centre soit en rive droite.

Du Gabel, remonter l'arête du Zinal sur une 20aine de mètres avant de basculer versant Mountet. Traverser deux dalles en traversée un peu technique.

 

On rejoint le bas des Binner plate : sur une 30 aine de mètres, soit par la dale, soit par la glace à gauche.

De là reprendre l'arête, contourner le gendarme par la droite, une corde est en place pour un pas technique.  de là rejoindre facilement le sommet 4221 m

Récit

Chamonix, Dimanche soir, j'ai rendez vous au gîte la Montagne, après une journée de trail entre Champex et Vallorcine. Au départ le programme est le suivant : dormir à Cham, monter tranquillement au refuge de main pour se rendre au sommet mardi ...

 

Je retrouve Anne au gîte la montagne
Elle est assise sur le banc juste devant l'un des moteurs du Malabar Princess (écrasé sur les pentes du Mont Blanc dans les années 50)
Elle n'a pas réservé le gîte.
Elle me dit qu'elle pense que la météo est meilleur demain et qu'on devrait aller faire le Zinalrothorn demain en se levant méga tôt.
Moi qui souhaitait prendre une douche, me voilà servi !
Moi qui espérait me faire la montée au zinalrothorn en mode cool...

J'hésite,
peu
et on décide de repartir en direction de Zermatt, on dormira dans la voiture (en plus on connait des emplacements de bivouac du fait de nos expéditions antérieures)

Et c'est reparti pour le col des Montets, de la Forclaz, Martigny, la vallée du Rhone et la remontée vers Tasch, forcement, quand on arrive, il fait nuit. On se trouve un emplacement de "bivouac" dans une gravière à Randa.

On se fait un frugal repas tout en faisant nos sacs et préparant notre nuit.
Je dormirai dans la voiture tandis qu'Anne dormira à la belle étoile abritée du bruit de la cascade.

On vérifie les horaires des trains et on se rend compte que ô horreur, il n'y en a pas entre 2 et 5 heures !!! (alors que certains jours il y en a !)

On se couche à 21 h 55, le réveil à minuit 15
La nuit va être courte...

elle sera bercée par le doux grincement des freins des trains
les grosses motos
les délicats battements des hélices des hélicoptères

Je finis par dormir
peu
le réveil me fait sursauter, j'ai du mal à réveiller Anne, pourtant, le compte à rebours est lancé, il ne faut pas rater le train de 1 h 00 !

On s'habille, on enfourne l'ensemble du matos dans la voiture (en vrac) et on file vers tasch. On se gare dans le mega parking (méga cher aussi) et on file pour attendre le train. Un passage par les toilettes pour se débarbouiller. Anne se rend compte ,que la nuit, ça n'est pas un train mais un taxi qui part pour Zermatt, après un petit temps de stress, un minibus déboule. et à 00 h 59, nous voilà partis pour la seconde capitale de l'alpinisme (après Cham'), en 10 minutes, nous y sommes, il faut dire que le chauffeur avait un peu le pied coincé sur l'accélérateur !  Quelques fêtards discrets sont là. Nous ajustons notre sac à dos avant de partir dans les ruelles de la ville, il est 1 h 10 !

Enfin, la journée va démarrer !

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

Nous voilà donc à Zermatt, 1 h 10 du matin, on peaufine les sacs et on part dans la ville.
J'ai bien fait de repérer le départ sur la carte dans la semaine, car ce n'est pas évident. On louvoie dans les ruelles pour trouver une sente, puis un panneau : Rothornhütte 4 h 50. Moi qui espérait mettre moins de 3 heures pour monter au refuge... C'est cuit !

On progresse sur le sentier et on tombe sur des chevreuils, enfin plutôt des yeux de chevreuils, enfin on pense que c'était des chevreuils. Bon, on les voit, on les revoit au lacet au dessus. On avance dans la forêt profonde et la nuit d'encre, le halo de la frontale éclaire les quelques mètres devant moi. La journée va être longue, très longue, on n'est qu'à 1600 m et le sommet culmine à plus de 4200 m, dans quel état vais je arriver là haut...

Les lacets s'enchaînent et, on rejoint une jolie gorge, puis un nouveau sentier à la pente raide et régulière, nous nous retrouvons face au chalet Edelweiss, il porte bien son nom : on y cultive des Edelweiss !!!

On poursuit au dessus, le sentier monte puis descend à plusieurs reprises, toujours un peu décevant et déprimant. Avant d'attaquer de nouveau une belle montée . Je dormiotte tout en marchant. Régulièrement Anne me réveille en me parlant, assez désagréable, je la laisse discourir tout en ponctuant certaines phrases par un "hum" afin qu'elle sente que je suis attentif alors que le cerveau est en mode "off".
Elle parle triathlon, sa nouvelle passion, pour laquelle elle est intarissable (et douée !)

Une battisse apparait au loin, c'est a cabane de Trift : l'ancienne cabane d'où partaient les ascensionnistes, elle est située beaucoup plus bas que la nouveau refuge. On opère une petite pause, la nuit est étoilée, parfait !

On repart vers le haut, le sentier se perd un peu dans un delta sur un replat. On cherchouille 2 minutes avant de retomber dessus. Anne est déjà passée plusieurs fois par là, ça aide. Puis on attaque la méga longue moraine, moi devant, Anne derrière, on croise des bouquetins le long du chemin.
Qu'il est loin ce refuge, on ne le voit jamais. Le jour point, mais légèrement. Je lance des grands coups de frontale à 1200 lumens pour essayer de le trouver, ça me donnera le moral. Mais rien.
Un dernier virage, le voilà, il est fermé, le refuge d'hiver est derrière, 3200 m. J'éblouis un occupant (toujours à 1200 lumens) qui regardait à la fenêtre, on pensait être tous seuls... Il est 5 heures. On a mis 4 heures pour monter.

on rentre dans le vieux refuge, on se pause dans la petite cuisine attenante au dortoir et sans porte. On grignotte et on met le réveils sur 7 h 00, ça nous laisse 1 h 40 pour dormir !!!
Je suis déjà bien entamé.

La deuxième nuit de cette nuit va également être courte....

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

7 h 20
le réveil sonne
il fait jour
Je me lève tranquillement et réveille Anne
on déjeune, tout en discutant (on chuchotait) ce qui réveille les randonneurs hollandais qui nous le font savoir...
Dehors, c'est le grand beau

On refait les sacs en laissant au refuge tout le superflu... sauf la bouteille de champagne qu'il va falloir transbahuter jusqu'au sommet !
Toute trace de fatigue a disparu pour le moment, pour le moment seulement, à quand le coup de bambou...

On part, je suis devant, hyper motivé. Anne me suit. Il fait beau, mais froid, mais beau.
On cramponne, sur le bas du glacier.
On le remonte, je file devant, Anne est encore un peu dans le gaz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le premier glacier (trop facile)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant le Cervin

 

J'ai tellement étudié le topo, que j'identifie tout de suite le passage "escalade", de toute façon il y a plein de traces de descente. On reste décordés et on attaque le couloir en III +, un joli couloir, sur une 20aine de mètres. Au dessus c'est plus plat, et ça permet de gagner le deuxième névé.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

on quitte le glacier pour un couloir en III+

 

 

 

 


Sur les petites arêtes...



Il y a une trace ce qui rend tout plus facile... On accède à une première arête, que l'on quitte pour en rejoindre une seconde, c'est plus raide. Anne lutte contre un bel onglet. On arrive alors à une antécîme où l'on opère une pause...
 

 

Cervin, Obergablehorn et dent Blanche

 

 

 

Face Nord de l'Obergablehorn (gravie l'année dernière...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au pied du couloir qui mène au Gabel (le sommet est à droite au dessus)

 

 

 

 

 

 

 

 

La vue est magnifique. Une petite 30aine de 4000 nous entoure... Je les ai tous gravis Les difficultés dont devant nous. Une petite arête bien fine, en neige, mais bien facile, puis on rejoint le couloir en neige.
Finalement on grimpe le couloir en neige sur une bonne partie avec quelques passages de grimpe en rive droite. On rejoint alors le Gabel, le col sur l'arête finale.

 

 

 

 

 

 

Au Gabel

 

 

 

 

 

 

Les difficultés se corsent, ça devient raide, ça devient technique. D'abord escalade facile puis deux dales en traversée ascendante... Concentration maximale, mais ça passe. S'en suit la Binner plate, une dale d'une 30 aine de mètres. On passe par la glace à gauche, glace bien dure, où Anne peste, elle a pris le piolet light, et le piolet light dans la glace dure, ça ne fait pas bon ménage, c'est souvent la glace qui gagne, elle repousse le piolet !!!
Bon, Anne est têtue et technique, elle finit par remporter la partie et grimpe à présent sur le rocher bien prisu pour rejoindre l'arête.

De là, il faut contourner l'antécîme par un passage bien aérien avant une escalade avec corde fixe bien engagée
Le sommet est à 5 minutes, on redescend puis on remonte des pentes faciles , pour atteindre le sommet

Youpi !!!

Je sors la bouteille de champagne, mais je reste surpris à la première lampée, il n'y a que de la mousse ! Je partage avec Anne ce moment !
Il fait bien froid avec le vent.
On est heureux !

 

 

 

Sommet

 



On passe une 20aine de minutes au sommet, il faut déjà penser à redescendre, à se reconcentrer. La course est encore longue

On entame la descente

Enivré par la beauté du sommet, mais pas que...

Bon, pour être honnête on n'a pas tellement bu au sommet, on a même fini par reboucher la bouteille pour la torcher au refuge...

En fait, tu viens d'accomplir un "exploit" en atteignant ce sommet, mais au premier mètre de descente, tu oublies complètement cet "exploit" , tu redeviens le simple petit alpiniste qui doit redescendre de cette immense montagne en un seul morceau...

 


 

 

 

 

Deuxième rappel, au dessus du Gabel

Bref on repart, on repasse le passage expo de l'antécîme, puis on fait un rappel sur Binnerplate pour assurer le coup. Un peu de désescalade technique puis de nouveau un rappel et on est au Gabel, en plein vent "frrrrrriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzzzzzzzzzzzzz"
Et on repart dans le couloir pour 4 ou rappels.

 

 

 

 

Dans les rappels du couloir


Tout se passe bien , on sait qu'au pied, après la traversée, le gros des difficultés sera derrière nous.

On fait la traversée puis on se fait la jolie arête de neige pour opérer une pause. On souffle.
 

 

 

 

L'arête de neige

 

L'arête de neige (esthétique)

On reprend la descente, efficace, on n'est toujours pas fatigués alors qu'on a démarré à 1 h du mat et qu'il est près de 17 h... Quelques nuages ont fait leur apparition, l’éclairage d'automne est parfait Quand on arrive dans al zone maudite.

Bon la zone maudite, c'est la zone où, quand tu pauses le pied, tu ne sais pas ce qui va se passer, va t'il tenir en surface ? s'enfoncer ? Venir ce coincer en profondeur sous un rocher (ben oui, avec les pointes de crampons ça fait ça..., te tordre une cheville... ?

Bref, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous entrons dans cette zone. Anne peste derrière, je garde le sourire, je sais que chaque pas nous rapproche du refuge.
Je me gaufre une première fois en avant, je me suis coincé le crampons sous une pierre.

Anne tombe également.
On est fatigués et ce dernier obstacle nous use.

Je tombe une seconde fois, pas de Simon de Sirène pour m'aide à me relever. Dommage, Il n'y a même pas Marie Magdeleine pour m'essuyer le visage...

Je tombe une troisième fois, mais en tombant, mon tibia vient heurter la traitresse pierre. Je jouis ! Puré de douleur. Anne s’inquiète, mais pas trop. Ce calvaire va t'il se terminer ? Bon, logiquement je devrai à présent atteindre facilement mon Golgotha, même si on est dans le sens de la descente... J'aurais bu le calice jusqu'à la lie !
cette troisième chute a eu lieu pile en face d'une harde de bouquetins. Pas classe. Ça les a laissés de marbre... Je me suis même fendu d'un "Je suis moins doué que vous !"

 

 

 

Il se fout de ma gueule là, non ?

 

 

 

On repart entre les bouquetins, on traverse, Anne doute de mon sens de l'itinéraire mais ce qu'elle ignore... C'est qu il y a des traces !!! Un peu de désescalade facile, quand, derrière moi, c'est le drame, Anne a chu et elle hurle.
Je la sécurise et tente de la calmée, elle a tellement hurlé que j'ai pensé qu'elle s'était fait une fracture ou une luxation... Elle a juste fait la bonne vieille technique du coinçage de crampons tombage sur le tibia, bon, il manque visiblement un peu de chaire, mais plus de peur que de mal, quoi que sa douleur a l'air pas mal...

Je la laisse récupérer, quand on repart, on se rend compte qu'il ne restait que 10 mètres à faire avant de sortir des difficultés, dommage ! On installe le dernier rappel (bon, après coup, on sait que c'est le dernier rappel, mais quand on la posé, on se demandait s'il n'en faudrait pas deux)
Et hop, Anne est en bas.
C'est mon tour.
Plus qu'à dévalé le gentil glacier en pente douce, fastoche.
Anne semble un peu fatiguée.
Perso, j'ai encore de l'énergie à revendre..
On enlève les crampons pour une dernière partie de saute caillou de blocs en blocs avant de retrouver le refuge.
Où une cordée Suisse Allemande nous accueille.
18 h !

Retour au refuge

Une Suisse allemande nous y accueille "Tschuss"
"Bonjour"
Bon, elle parle très mal le Français, et, il faut dire que même sans 17 heures de course, je parle, à la base, très mal l'Allemand, malgré 11 ans d'études...
Elle parle peu l'Anglais
Bref, la conversation est assez complexe à suivre, on parle avec les mains, les pieds... au départ, c'est assez simple, vu qu'elle prévoit de faire la course le lendemain, elle souhaite savoir qu'elle est la bonne longueur de corde et quel matos emmener...

Anne part chercher de la neige
Je m'occupe d'allumer le gaz (facile)

Le collègue d'Heidi arrive lui aussi, il parle également peu le Français.
Par contre, il parle fort !

Je leur offre un verre de Champagne, pas sur qu'ils en aient compris la raison.

On se retrouve à 4 dans la petite cuisine.
Les suisse parlent fort.
On mange. Enfin, je n'ai pas très faim.

On file se coucher vers 8 heures
Boules quies...
pas suffisant, j'entends les Suisses comme s'ils me braillaient dans les oreilles
Après de longues minutes de réflexion je me lance :

"Ein Bischen ruhe bitte, wir möchten schlaffen"

Même Anne a été sciée de l'excellence de mon allemand (faut dire que j'ai eu le temps de préparer ma phrase)
Bilan, ils arrêtent complètement de parler et je peux dormir.

Vers minuit, une soif me prend... Je décide de me lever pour boire, mais les suisses ont tout bu ! Il n'y a plus d'eau, Ils n'ont rien laissé dans la gamelle de NOTRE neige... Pas cool, je trouve 3 ml dans un fond de gourde et me recouche, un peu vert, la gorge sèche.

7 h, le lendemain, j'ouvre un œil, et me rends compte que les Suisse ne sont pas partis. Quand je mets le nez dehors, je comprends pourquoi : il a neigé !

Puré, heureusement qu'on a fait la course a la journée, sinon ç'aurait été le but.

On envoie le suisse en quête de neige, lui expliquant que c'est "behind the roof of the new refuge", il revient au bout de 10 minutes n'ayant rien trouvé. Anne me dit : il n'est vraiment pas doué
Je m'y colle, et derrière le toit du refuge, il y a bien plein de neige. J'en ramène une grosse gamelle
On peut enfin déjeuner, faire nos sacs et partir....

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !
Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

On quitte le refuge et nos deux Suisses
pour attaquer une longue descente.

Un peu de neige a été judicieusement étalée sur le sentier.
On descend
D'abord, sur la moraine, tout en parlant triathlon.
Puis sur le delta d'un torrent (tout en parlant triathlon).
puis sur le long sentier qui nous ramène à la cabane de Trift, tout en parlant triathlon... (Anne est incorrigible)

Le ciel gris est devenu bas, un crachin du Nord s'est mis à tombé, on a hésité, et à la cabane de Trift, on sort les Goretex pour éviter d'être rincés...

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

La descente se poursuit, dans la bonne humeur

Je sais que la question qu'on va me pauser est "que va tu faire après"
Et j'envisage toutes les possibilités
Arrêter la montagne : hors de question, même si Sandrine aimerait bien... Par contre je vais peut être lever un peu le pied...
De toute façon, j'ai toujours des projets en tête :

  • L'ascension du Bietschorn, une magnifique pyramide aux belles arêtes, ou l'Eiger, par la face Ouest ou l'arête Mittelegi
  • Gravir les sommets de 3900 m, le plus dur sera de trouver des partenaires pour ces objectifs qui n'attirent en général personne... (j'ai déjà une petite liste)
  • Conquérir les sommets des pays d'Europe, l'occasion de faire des voyages (sachant que les plus durs sont déjà conquis )
  • Ou partir en expe : Kilimandjaro, Aconcagua, ou peut être plutôt des sommets plus techniques en amérique du Sud...


Bon ben j'ai des idées.

Le rêve ultime: gravir la face nord de l'Eiger, mais je n'ai pas le niveau ...

Alpinisme : Zinalrothorn - 4221 m                           Mon 82ème 4000 !

On pénètre dans le brouillard, on se retrouve à l'hôtel Edelweiss.On fait 3 photos des Edelweiss et on file
La descente est rapide, voilà déjà Zermatt, on passe par le centre ville avant de rejoindre la gare.

Le train est là qui nous attend.
Je pensais qu'atteindre mon Grahal, me changerait, hors j'ai l'impression que rien n'est changé
je peux juste me présenter : "Bonjour, Guillaume L, 82 4000 " Truc que la plupart des gens ne comprennent pas ....

Je ne repartirai pas à Cham' dans la foulée, j'avais prévu une jolie traversée Vallorcine Servoz via le Buet en mode trail, mais je suis sevré. D'abord, je n'avais pas les jambes et je suis pressé de rentrer partager ma joie avec Sandrine.
On se change dans le moderne et hideux parking de Tasch et on file vers la franche Comté

 

 

 

Encore un grand merci à Anne pour cette jolie balade (et pour tous les autres 4000 gravis)

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m

Apoutsiak — Mont BlancMassif du Mont Blanc4000

81ème 4000 gravi !

En solo, à défaut de partenaire disponible.

Une jolie ascension dans une météo de rêve.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m

Vidéo

Topo

 

Topo photo du Mont blanc par l'arête des Bosses

N'hésitez pas à me contacter par mail pour plus d'informations, ou ajouter des commentaires !

refuge du Gouter

Montée au refuge du Goûter Du refuge de Tête Rousse au refuge du Goûter Du refuge de Tête Rousse au refuge du Goûter - vu depuis ce dernier (du haut)

Voir les photos ci dessous

Mont Blanc

Du refuge du Goûter au Dôme du Goûter

Du Dôme du Goûter au sommet du Mont Blanc - l'arête des Bosses proprement dite L'arête des Bosses et le Dôme du Gouter vu du dessus

Voir les photos ci dessous

Topo photo ascension du Mont BlancTopo photo ascension du Mont Blanc
Topo photo ascension du Mont BlancTopo photo ascension du Mont Blanc
Topo photo ascension du Mont BlancTopo photo ascension du Mont Blanc

Topo photo ascension du Mont Blanc

Mont Maudit

redescendre les pentes Nord du Mont Blanc. Passer à gauche des petits rochers Rouges et descendre le mur de la cote. rejoindre le col de la Brenva 4303 m

Passer la rimaye et remonter la pente Sud du Mont Maudit (45°) quelques rochers faciles mènent au sommet 4465 m

Le topo est original, il permet d'éviter les crevasses et les séracs du Maudit et du Tacul.

Je suis revenu par le même itinéraire, il ya également la possibilité de descendre sur l'aiguille du Midi par l'itinéraire des 3 Monts.

Récit

L'ordi a bien chauffé !!! J'ai pourtant cherché un partenaire de cordée disponible, d'abord dans mes partenaires habituels, puis sur camp2camp, mais incroyable, personne n'était dispo... bilan, je change de programme, au départ j'avais prévu d'aller faire le Zinalrothorn, et bien je jette mon dévolu sur le Mont Maudit, plus simple à faire en solo et la météo y est annoncée meilleur.

Une place se libère sur le site de réservation du refuge du Gouter, et zou, elle est pour moi. Plus qu'à préparer mon sac, remettre les bons fichiers GPS dans la montre et le GPS. Je recalcule le temps qu'il va me falloir pour gravir le Mont Blanc, redescendre au col de la Brenva, gravir le Maudit, puis en redescendre avant de remonter au Mont Blanc pour en descendre par l'arête des Bosses... Il y a de la distance, il y a du dénivelé : plus de 1800 m.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 mAlpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m

Récit

Un petit repas du soir en famille, puis je prends la route de Chamonix. Je me gare au col des Montets pour passer la nuit, je suis devenu un adepte de la nuit en voiture, il faut dire, que le fait d'emporter un matelas améliore grandement le confort.

6 h 30, je me réveille, petit dej et départ pour le Fayet. Le premier train est à 8 h 20

Je somnole en profitant du paysage. La montée est longue, 1 h 15 pour atteindre le nid d'Aigle, YAPLUKA !

Bon, je mets un peu de temps à organiser mon sac, et je me retrouve en queue de peloton en direction du refuge. J'ai décidé de monter à un bon rythme, histoire de voir ce que ça donne... il va me falloir dépasser la longue file d'alpiniste, alors je galope, et je dépasse en essayant de ne pas trop déranger... Un guide me lance "on finira tous par arriver en haut", il n'a pas tord, mais je poursuis. Le gros de la file d'alpiniste est vite derrière et me voilà aux Rognes Je continue avec 2 guides à proximité. On arrive assez rapidement à hauteur de Tête Rousse où j'opère une courte pause pour mettre les crampons. 1 h 20 que je marche.

 

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Le glacier de Tête Rousse est traversé, j'enlève les crampons et suis la sente qui mène au Grand Couloir. Il a l'air calme. La bête est endormie, j'en profite pour passer. Une sente est tracée, et le passage est rapide, cet endroit est toujours stressant, j'y ai vu des rochers plus grand que des frigos dévalés les pentes lors de mes précédentes ascensions...

Au dessus, un peu de calme et je rejoins l'éperon. Un peu d'escalade, un peu de sentes, à force de passages, je sais rester au bon endroit sans trop avoir à chercher le bon itinéraire...

Je rejoins le Gouter, l'ancien refuge, et file vers le nouveau pour une courte pause. 3 h 10 depuis mon départ de tête Rousse, temps correct.

Je dépose quelques affaires superflues au refuge et je repars, avec pour objectif, le Dôme du Goûter, ça me dégourdira les jambes, même si je sais que cette "petite" ascension devra être payée demain...

Et oui, tout se paye ma bonne Dame...

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Bref, je repars vers le haut. D'abord sur l'aiguille du Goûter, puis dans les pentes du Dôme, sous la surveillance de l'aiguille de Bionnassay.

Le temps est beau, pas de vent. Je me retrouve rapidement avec un autre gars qui prend ma roue.

On progresse sans un mot. Son pote est loin devant.

L'altitude se fait un peu sentir. Je ralentie le pas. On se retrouve à l'épaule à deux, j'adore ce moment où le Mont Blanc se découvre, magique ! Il monte avec moi au Dôme du Gouter. On papote, il me précise qu'il va descendre du Mont Blanc en parapente, la classe !!! puis part vers sa destinée, je reste là pour faire le Guignol et profiter du paysage...

Au loin, de nombreux alpinistes sont encore à Vallot et sur l'arête des Bosses.

1 h 20 pour monter au Dôme, correct, sans plus !

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Retour au refuge par le même itinéraire. J'ai les pieds qui chauffent. Arrivé au refuge, je m'installe. Accueil efficace. Je vais sur mon lit, me reposer. J'essaie la tecnique du "Je ne m'endors pas, sinon je ne vais pas dormir cette nuit" mais je n'y arrive pas, Morphée me prend dans ses bras... Encore raté Caramba. Je me réveil à 18 h, juste le temps d'aller dans le réfectoire. Je médite, il y a du monde, les guides prennent l'apéro avec le Gardien. A table, focemment, je suis seul avec un groupe de Russe. Bon le point positif, c'est que j'ai fait un an de Russe en seconde, le point négatif, c'est je suis vraiment nul en langue, et que le seul mot qui m'est resté c'est "excusez moi" (Scouzatemnié), pas pratique pour tenir une longue conversation... Le Russe en face de moi a l'air patibulaire, mais je fais mon social, pas envie de manger "dans mon coin". Il ne parle pas Anglais. J'essaie de lui expliquer mes connaissances en Russe. Je sens qu'il s'en fou, l'altitude le rend un peu grogui. De toute façon, il y a un souci, les Russes ne sont pas à cette table. Vu le nom sur le panonceau, je vais avoir droit à des Allemands... Mais non, c'est un groupe de Genevois qui arrive. Ils sont 6 avec 3 guides de la compagnie des guide de Chamonix. Le guide "chef" annonce : "LEDOUX !" " tout seul ?" Je lève la main "C'est moi !" La conversation s'arrête là, je sens qu'il ne valide pas ma montée en solo.

Je me retrouve en bout de table. La conversation est sympa. Elle tourne sur l’ascension des 4000 et des 82 (ben oui, j'ai du avouer que je venais plus pour le Mont Maudit que pour le Mont Blanc) Ce qu'il y a de marrant, c'est que je les connais tous, et que j'ai un avis autorisé sur chaque ascension. Je passe un très bon moment. Et je me gave, de soupe et de poisson (oui, de poisson !) Ce qui fait que j'ai du mal à finir le dessert !

Je passe regarder le coucher de soleil, bon, il faut avouer qu'il y a un léger contraste entre le paysage et l'odeur et la vue des résidus de chiotte qui se déversent 5 mètres sous le refuge. Bon, je ne reste pas ...

Direction les mégas dortoirs pour une mauvaise nuit, il est 20 h 30....

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2 h 50, le violoncelle de mon réveil me réveille. Je m'habille discrêtement, visiblement, il y a encore des gens qui dorment... Le petit déjeuner est avalé avec les Genevois, je me prépare et à 3 h 30, je suis le premier à quiter le refuge. Je lève l'ancre, la nuit est d'encre, tout va bien.

Je progresse sur l'arête du Goûter, le halo de la frontale éclair les quelques mètres devant moi, objectif, arriver dans 3 h 30 au sommet du Mont Blanc. Je reprends les pentes du Dôme, le regel est bon, les crampons crissent. Je parviens à l'épaule, je perds un crampon. Je le remets et repars sur le plat du col des Dôme pour le perdre une seconder fois. Le remettre en place prend pas mal d'énergie. Mes deux crampons se font la malle une troisième fois, le retour de la malédiction du Mont Blanc, il y a 3 ans avec Sandrine, j'avais cassé un crampon dès le glacier de Tête Rousse (Voir Le Mont Blanc en Amoureux)...

Lorsqu'ils partent une nouvelle fois, au niveau de Vallot, je décide de faire une pause réparatrice... pas pour moi, mais pour mes crampons.

Me voilà dans la nuit noire, le couteau Suisse à la main, en train de réparer mes crampons,  objectif, les resserrer, je me gèle les doigts. A présent, quand je les remets, ça tend, mais ça tient mieux, la talonnière s'enfonce dans mon talon, bien désagréable, mais les crampons devraient rester en place.

Au loin, les premières frontales passent le col des Dômes

Je repars vers les bosses, la pente devient raide, j'attends le passage de la crevasse équipée par les guides, je ne me souviens plus où elle est placée exactement.

1ère bosse, RAS, seconde bosse , pareil, et si j'avais passé la crevasse sans m'en appercevoir, je suis si fort à présent... Je monte en direction de l'éperon de la tournette, il ne reste plus grand chose, ah, si, la crevasse, la voilà !

Une énorme crevasse barre l'accès à l'arête, elle devient fine à un endroit, mais est verticale sur 5 mètres environ, les guides y ont taillé un escalier géant ! Une corde fixe a été mise en place. Il y a juste un grand pas. Je franchis l'abîme, puis me retrouve dans la pente. Les marches sont hautes et bêtement, j'ai gardé un piolet en mon bâton. Je finis par m'élever, serré par les parois de la tranchée réalisée par les artisans guides. 2 pas plus tard, tout devient plus facile, l'escalier, entre les deux parois de neige progresse vers le ciel et permet de rejoindre l'arête. Dernier ressaut, dernier bout d'arête, le vent s'est levé, il fait méga froid. Je peine à filmer les derniers instants sans mes gants. Il fait encore nuit, mais les couleurs sont superbes !

Le sommet, je n'y traine pas, je file versant Italien me protéger du vent (et oui, le TRUC, c'est qu'en descendant coté Italien on est souvent bien abrités) Petite pause, j'enfile ma doudoune, je mange une barre, 3 heures et quart depuis mon départ. Impeccable.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Je ne traine pas et j'enquille avec la descente. Le gîvre s'est transformé en morceaux de glaçons assez désagréable à cramponner, je progresse en suivant une pseudo sente, pas hyper rapidement. Je rejoins le haut du mur de la Cote.

Si quand on était passé avec Yannick il ya 1 mois, il ya avait de grosses marches, aujourd'hui, il n'en est rien. Quelques traces de pas, il faut rester concentré. Voilà le col de la Brenva. je poursuis, ça monte, ça descend, je croise deux alpinistes en direction du Mont Blanc. Me voilà au pied du Maudit, l'OBJECTIF !

Je laisse mon sac et pars avec un bâton et mon piolet light. Le départ est peu raide, une pseudo rimaye bien bouchée , puis ça se corse, la pente devient plus forte, la neige laisse place à un peu de glace sous-jacente. il faut ancrer les crampons correctement et j'ai les crampons light, pas forcement le mieux pour un bon ancrage Je reste concentrer et je progresse, je retrouve des pentes moins raides, puis 3 pas d'escalade me laissent accéder au sommet , YOUPI !

81ème 4000, je m'amuse à faire un "direct facebook" juste pour la famille. Je fais quelques photos, le paysage est superbe, une douce brume dans les vallées, et les cimes aux couleur automnales.

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Il faut déjà penser à redescendre, mais également à la montée sur le Mont Blanc, au moins 500 m de dénivelé encore...

Je descends la pente raide et rejoins mon sac. 3 Espagnols s’inquiètent du fait que j'ai laissé mon sac là. Ils doivent penser que je suis naze et que mon compagnon de cordée est parti au sommet du Mont Blanc tandis que je l'attends. Je leur précise que tout va bien. On se prend en photo et je les quitte. Je traverse le col de la Brenva et attaque le mur de la Cote. Je prends un rythme lent qui m'amènera au sommet. Au loin, je vois que les Espagnols avancent peu. Je remonte jusqu'au petit rochers rouges. Au dessus, je suis la trace.

Un parapentiste prend un départ un peu taquet juste devant moi. Impressionnant, son collègue m'avoue qu'il n'a pas une grande expérience. Je poursuis et me retrouve au sommet du Mont Blanc encore seul. Juste le temps de prendre en photo mon saut de joie j'attaque la descente, la grosse crevasse est beaucoup plus impressionnante, de jour, un énorme trou, dont on ne peut sonder la profondeur. Je dépasse a l’abord de celle ci une cordée avec guide, assez lente.

 

Je galope dans la descente, les bosses, puis Vallot. J'enchaine sur le col des Dômes , la remontée à l'épaule est rapide. Descente du Dôme, avec deux trailers, qui ne vont pas plus vite que moi, il faut dire que l'un d'eux a l'air dans le dur...

Je ne m'arrête pas au refuge, alors que je sais que j'y ai laissé un précieux paquet de fruits secs... J'enlève les crampons à l'ancien refuge du Gouter avant de basculer. je dépasse d'abord une cordée avec guide, puis me retrouve au "cul" de 3 alpinistes, rapides, mais moins que moi. je parviens à les dépasser à l'occasion d'un passage ou deux options sont possibles. Tout se passe bien. En repérant les alpinistes qui montent on arrive à bien anticiper les endroits où passer. La progression est bonne, je me rends compte que je vais peut être avoir le train de 14 h 45 (et oui, j'ai appris les horaires par cœur, ça permet de ne pas louper un train pour 5 minutes)

Je sais que ça devrait être short alors je ne m'arrête pas.

 

Voilà le grand couloir, une traileuse me laisse passer, j'attaque sans hésiter, pas la peine de tergiverser. Et la bête dort toujours, je passe sans incident. De l'autre coté, je poursuis, deux trailers me passent. je rejoins le glacier puis la terre ferme. Le reste c'est un rythme rapide pour rejoindre le train. Sans courir, mais sur un rythme rapide, je descends, je croise les bouquetins des Rognes et rejoins le groupe des Genevois juste avant l'arrivée au train.

Et là chance, il y a encore de la place dans le train de 14 h 45 , il est 35. Je me pose sur un banc. Nous papotons, ils ont tous réussis le sommet et j'en suis ravi. La journée a été belle.

Bon le train est plein et je voyagerai avachi contre la porte du train, plus de place assise.

Quelle belle et longue journée.

 

Ne reste plus que le Zinalrothorn, tentative dans 15 jours...

Alpinisme : Mont Maudit 4465 m- Mont Blanc 4810 m
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Vidéo Alpinisme : Mont Maudit 4465 m - Mont Blanc 4810 m

Apoutsiak — 4000vidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Nid d'Aigle

Tête Rousse

Refuge du Goûter

Dôme du Goûter

Mont Blanc

Mont Maudit

Mont Blanc

et retour par l'itinéraire de montée (arête des Bosses)

Vidéo Alpinisme : Mont Maudit 4465 m - Mont Blanc 4810 m

Alpinisme : Schreckhorn 4078 m - Lauteraarhorn 4042 m

Apoutsiak — OberlandLes 100 plus bellesalpinisme4000

Le sommet de la peur

et le sommet du néant

Une course dantesque où il a fallu gravir les deux sommets, en repassant par le bas !

Vidéo

Topo

Schreckhornhütte

Grindelwald

Prendre le téléphérique de Pfingstegg 1392 m.

remonter le sentier qui permet de rejoindre Bäregg 1772 m.

De là, ça redescend le sentier qui surplombe l'under Ischmeer.

La suite est en Via Ferrata facile et permet de rejoindre le refuge.

Schreckhorn

Du refuge redescendre le sentier et rejoindre le glacier

Le remonter et repérer le départ du sentier qui mène à Gaag (l'idéal est d'avoir repéré la veille parce que de nuit, on n'a rien vu !)

Remonter jusqu'à Gaag(pour info, il y a une sente. 3200 m

Longer la base de l'arête entre le Schreckhorn et le Lauteraarhorn. Retrouver la base d'un couloir qui provient de l'arête Ouest du Schreckhorn. Remonter son bord Est, le traverser et remonter l'éperon ouest de ce couloir. rejoindre l'arête Est et la remonter au mieux jusqu'au sommet.

L'escalade se fait dans du rocher solide.

descente en rappel au départ puis en désescalade.

Lauteraarhorn

Depuis Gaag, partir vers le col Strahlegpass (332 m) et descendre ce col versant Est désescalade et rappels.

Descnedre au pied du couloir qui vient de l'arête du Lauteraarhorn (3000 m environ)

Remonter soir par le couloir soit par les rochers à gauche. On remonte d'un couloir à l'autre. tout en ascendance à gauche jusqu'à l'arête (point 3915 m)

remonter l'arête jusqu'au sommet soit par l'arête (bon rocher) soit versant Nord

Descente par le même itinéraire.

la remonter au Strahleggpass demande pas mal d'énergie...

descente de Gaag vers le refuge par le même itinéraire.

réaliser l'ensemble des 2 sommets : 24 km - 3600 m de dénivelé positif

On a mis 21 h

Alpinisme : Schreckhorn 4078 m  - Lauteraarhorn 4042 m

Récit

Yannick est tout le temps en retard, et aujourd'hui, il ne déroge pas à cette règle, on avait rendez vous à 9 h 30, puis 10 h , on part de Cham à 11 h pour rejoindre Grindelwald. On se gare sur le parking, on pique nique et on prend nos billets de téléphérique, il est déjà 15 h00.

Au milieu des touristes Jordaniens, on fait un peu tache, mais perso c'est pas mal de prendre le téléphérique ambiance palais des milles et une nuit. Les princesses sont superbes... Et c'est parti pour une montée au refuge qui est annoncée longue (plus de 4 h) on va être en retard pour le repas.

On discutte pendant la première partie de la montée. Yannick me raconte ses histoires de cœur. Sa vie, c'est Santa Barbara, en plus intense !!! Je n'en raconterai pas plus, mais ça vaudrait le coup d'écrire un roman (à succès sans aucun doute), je ne sais plus très bien si j'ai le rôle de confident ou de conseillé conjugal, faut peut être que je pense à me recycler. Et étonnamment la montée passe vite, malgré les montées descentes qui se succèdent et nous dépriment !

Je fais quelques pauses et Yannick part devant.

Le beau temps du départ a laissé la place aux nuages, et à une bonne averse ! Le paysage reste splendide, les 4000 de l'Oberland, cachés par les nuages nous laissent admirer le bas de leurs glaciers. Grandiose !

Un long passage en Via ferrata, il faut traverser quelques torrents, vu que la journée est avancée et qu'il a fait chaud, les traversées sont délicates et je finis par prendre une vague, dans la chaussure : pied gauche trempé !

Je poursuis, surveillant l'heure... 18 h passe, au loin, Yannick galope au refuge.

Je finis par l'atteindre à 18 h 34, juste l'heure du repas, pile poil, on aura mis 3 h et 1/4 seulement pour monter !

Je rentre dans le refuge avec mon légendaire sourire et là, je vois le masque sur celui de Yannick. Il vient de rencontrer le gardien, qui lui a fait un accueil peu accueillant !!!

"Qu'est ce que vous faites là ?" lui a t'il demandé en suisse Allemand, et Yannick lui explique que nous avons réservé et que nous souhaitons nous restaurer et dormir.

La réponse a fusé en Suisse Allemand elle aussi, mais vu le ton, ça devait pas être hyper sympa.

A oui, il y a une règle a toujours respecter en refuge : Ne jamais se mettre à dos le gardien, et la seconde règle capital : ne pas le contrarier pour ne pas se le mettre à dos.

Vu que j'ai loupé le premier épisode, je fais le dos rond, en attendant la suite. je m'assois face à Yannick, le gardien, une sorte d'énorme ours mal léché s'approche de moi, me toise d'un regard dédaigneux et s'en retourne. J'ai juste l'impression d'être face à un ogre qui va me dévorer. Heureusement la femme de l'ogre, comme dans le petit poucet, elle est sympa et nous apporte une sorte de thé d'accueil (sans doute pour compenser celui fait par son mari...)

Ce soir, je dévore, on est avec un guide Tessinois, Nikita et son client Jurgen, repas très agréable à échanger. Nikita est arrivé sur mes talons et a eu droit à l'accueil local !

On rigole sous cape à chaque fois qu'on voit l'ogre arrivé, et on s'explique à présent le nom de la montagne : Schreckhorn : sommet de la frayeur, C'est le gardien qui a donné son nom à celle ci , plus de doute !

Le repas terminé, il faut aller négocié l'heure du lever. La règle, c'est 2 h au plus tôt , c'est écrit en gros sur les murs du refuge, mais vu qu'on veut faire la traversée Schreckhorn Lauteraarhorn, on souhaiterais se lever à 1 h. Le gardien se braque, Yannick insiste, Nikita lui aussi, on fini par obtenir un petit déj' à 1 h 30, mais c'est lui qui nous réveille !!! La négociation a été houleuse, je suis étonné qu'il ai cédé ! A priori, la traversée n'a pas été faite cette année, nous sommes les premières cordées à la tenter !

Au lit, une grosse journée nous attend (et une petite nuit).

Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur
Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur
Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur
Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur
Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur

Schreckhornhütte : la cabane de la frayeur

1 h 15... La douce voit de l'Ogre nous réveille, j'ai cru que c'était pour nous dévorer. Je m'habille, arrivé en bas Yannick m'annonce qu'il vient de se faire engueuler, nous n'avons pas dormi au bon endroit dans le dortoir... Encore eut il fallut qu'on nous indique les lits ... On déjeune d'un excellent fromage blanc aux fruits dont seul la femme de l'ogre a le secret.

Et c'est parti, nous sommes la troisième cordée. Cette course commence par une bonne descente pour rejoindre le glacier sur un sentier pas mal marqué. Le halo des frontales éclaire le chemin, une cordée tous les 100 m. Sur le glacier, hésitation, chacun sait que le pasage pour passer la barre rocheuse et remonter est difficile à trouver de nuit. 2 GPS en route, le mien refuse de trouver son emplacement, celui d'un Suisse le fait, on se retrouve tous dans une pente de neige raide. finalement on prend des vires pour se faire doucher par une grosse cascade, à 2 h du mat !!!

On poursuit dans les vires et la pente s’aplanit, on remonte à présent des éboulis raides. Avant de trouver une sente, lieu de regroupement des 3 cordées. On repart vers le haut, au loin, à gauche un guide suisse a choisi la voie directe et exposée qui monte directement du refuge. Il va nous mettre une heure. Je sens que Yannick regrette de ne pas être monté par là !

On arrive à Gaag pour une pause générale équipement et restauration avant de repartir sur le glacier. On galope tous, on papote un peu, il fait encore nuit. La traversée sous l'arête passe vite et on se retrouve tous à la rimaye, j'ai cru qu'il y avait une réunion tupperware !

La rimaye passe facilement, puis la courte escalade au dessus, on traverse le couloir et nous voilà sur l'éperon. on enlève les crampons et on part vers le haut, le soleil est là, le rocher excellent et pas trop dur. Je profite, et je garde des forces pour l'arête. on arrive sur l'épaule, et poursuivons vers le haut. e vent fait son apparition, il était annoncé fort, il est là. Les nuages sont là aussi, petit à petit l'ambiance change, on passe de l'été à l'hiver. Les passages d'escalade un peu plus technique mais toujours agréable. Je suis à ma place. Nous sommes la 3ème cordée, les deux jeunes en dessous ont du faire demi tour. Au dessus, les autres sont dans les nuages. Voilà la neige, la pente s'adoucit, un petite antécîme et voilà le sommet. Et de 79 ! Chacun félicite les autres et je regarde la suite, qui est dans un brouillard complet. Il y a énormément de neige sur l'arête et le rocher est verglacé (sur le haut de notre versant il l'était déjà)

Je vois Yannick faire quelques mètres vers l'arête et réfléchir.

Nikita a déjà annoncé qu'il redescendait avec son client.

Yannick se retourne et le verdict tombe, on redescend. Il me propose d'enchainer avec le Lauteraarhorn par le bas.

On finis par se dire qu'on verra bien quand on sera en bas.

Et on pars dans le brouillard pour atteindre les rappels.

Brouillard, vent, la corde vole.

Dans les rappels, le piolet de Yannick vole, je pensais l'avoir bien fixé sur son sac, mais de la neige a du bloquer le clip de fermeture... et un piolet de moins ! :-(

On retrouve l'épaule et le soleil. On désescalade à présent dans un temps plus clément. On avance bien. le petite couloir est retraversé, on passe la rimaye et on se pause un peu plus loin pour manger et discuter un peu avec Nikita et Jurgen.

Discussion, Hésitation, que faire, Yannick souhaiterai redescendre tôt demain et moi je ne souhaite pas passer à coté du Lauteraarhorn qui est si proche.

Chacun présente ses arguments, et la synthèse est : on fera le deuxième sommet dans la foulée du premier. Perso j'aurai préféré dormir au Lauteraarbivouac avant de remonter, mais Yannick, lui, souhaitais descendre.

Synthèse.

Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn
Schreckhorn

Schreckhorn

On descend à Gaag, on laisse un peu de matos et on repart vers le col. Rythme lent, neige déjà molle, il est déjà 14 h. On atteint le Strahleggpass. Que l'on redescend en neige hyper molle. Chaque pas déclenche des petites coulées. On prend sur le rocher délité, le versant Est est bien raide ! un poil de neige, 2 petits rappels et nous voilà sur le névé du bas, ça va être coton de repasser ici ce soir ! Je stresse à l'avance !

On file sur le glacier (Strahlegggletscher) et Yannick décide d'attaquer par les rochers plutôt que de prendre les coulées d'avalanche, trop de risque de s'en prendre une. C'est raide, mais ça grimpe bien, puis ça s’aplanit et on finit même par trouver une source, l'occasion de faire le point d'eau et une petite pause bienvenue. On est parti dans une sacrée aventure, Yannick prévoit un retour refuge pour 20 h, je penche plutôt pour 23 h ...

On repart, alternant des passages de rochers et de neige, avant de se retrouver dans les grandes pentes de neige. C'est parti, on s'enfonce pas mal, jusqu'au genou parfois, mais on grimpe. C'est assez raide, entre 45 et 50°. On reprend les rochers où le rythme est plus dur à tenir (mais là au moins, je ne m'enfonce pas) avant de reprendre une seconde pente de neige. Plus on monte, plus c'est raide, plus de 50° à présent, dans une neige soupe à souhait. Je vois l'épaule où il faut rejoindre l'arête. Yannick doute de mon alti et pense qu'on est plus haut que les 3700 m annoncés. Je ne me fais pas d'illusion, au mieux, l'erreur est de 20 mètres. Je m'enfonce bien régulièrement jusqu'aux cuisses. L'effort est intense et on a déjà pas mal de dénivelé dans les pattes ! Dur de prendre un rythme quand tous les huit pas, ça s'enfonce et tu patines, le deuxième pied n'arrive pas à tenir et s'enfonce lui aussi. Je redouble d'effort, tandis que l’Himalayiste vole !

On délcneche quelques coulées qui prennent de l'ampleur en dessous. Proche des passages rocheux, il y a de la glace, cachée par une bonne couche de neige soupe, il faut rester bien concentré et se motiver pour poursuivre. On pause chacun un bâton à récupérer à la descente à un endroit différent. On rejoint l'épaule. Ca grimpe mieux à présent, plus de neige, des passages rocheux un peu technique, juste comme il faut. J'essaie de garder le rythme, mais le souffle est court. Un replat, encore un peu de grimpe. Yannick annonce le sommet sans en être sur, il y a une antécîme sur l'arête du Schreckhorn, je vois la petite boite du sommet, c'est le bon, on s'y rejoint, hilares, usés mais heureux : mon 80ème 4000 ! le deuxième de cette journée dantesque, il est déjà 17 h 30 . Yannick appelle le gardien pour lui annoncer qu'on serait en retard et qu'il nous laisse un peu à manger pour notre retour, celui ci lui rétorque d'aller au bivouac, mais Yannick lui précise que c'est bien dans son refuge que nous comptons aller.

J'appelle Sandrine lui annoncer le sommet.

On ne traine pas et on attaque la descente. désescalade , puis spectre de broken, que je ne parviens pas à photographier. Vient la neige, on est trempé dans les chaussures depuis longtemps. Je désescalade aussi vite que je peux les pentes de neige, tout en repérants nos traces. Des coulées partent, j'ai les gants trempés et les doigts congelés par la neige soupe dans laquelle j'enfonce mes mains à chaque pas,  limite onglet !  On ne parvient pas à retrouver nos bâtons dans les rochers, un partout , la balle au centre !

on poursuit, dans la neige en traversée puis dans les rochers. J'essaie de progresser au plus vite, et au plus vite après 16 h de course, ça reste assez lent. Mais on descend, alternant les grandes pentes de neige soupe ou tu t'enfonces jusqu'aux cuisses, ou les coulées partent, où tu te méfies de la glace, et les passages de rochers, relativement bons. Nouvelle pente de neige, , derniers passages de rochers, nous sommes sur le plat du glacier. Il va falloir remonter au Strahleggpass.

"Chaque pas te ramène un peu plus au refuge"

Et je vois la partie raide du col, lentement s'approcher. Yannick attaque, survole, je monte, je stresse un peu, quel manque de confiance, en fait, ça passe plutôt bien. la partie rocheuse terminée , je suis rassuré, reste la neige, il faut être doux, on est dans une soupe infâme, mais on grimpe, lentement certe pour ma part, mais on grimpe, et on se retrouve au col. Yes ! plus que de la descente.

Et on lance les hostilités de la descente, on rejoint Gaag. Pour une courte pause, on voit à présent le refuge.

on attque la descente par la sente puis les grands névés. que l'on descend en ramasse. Nouveau passage de sentier, j'allume la frontale, Yannick aussi. C'est toujours bizarre de rallumer une frontale le soir à la fin d'une grosse course. Nouveau névé, nouvelle ramasse, à fond, je me fais larguer par Yannick, et je me prends une bonne grosse gamelle en allant trop vite . Pas de bobo, je reprends, un peu plus lentement. Je rejoins Yannick et on trouve la sente qui permet de rejoindre le plat du glacier plutôt facilement. On repart à plat, je repère au GPS la remontée. Petite pause technique avant de remonter, je laisse Yannick filer. Dernière montée, il est 23 h, 21 h que l'on marche sans grosse pause, et je garde le rythme, lent certe, mais je le garde, je pourrais continuer de marcher si le refuge était plus loin. Je vois le refuge, je m'imagine que le gardien va être là pour nous accueillir, peut être va t'il nous gronder mais il sera là, il est prévenu que nous serons là tardivement ce soir.

Le refuge s'approche, je fais un dernier film, je suis heureux, la journée a été méga longue, dantesque mais magnifique. Je rentre dans le refuge, et je trouve Yannick et deux tasses de thé : c'est tous que le gardien a trouvé à nous laisser. Pas une tranche de jambon, pas de petite soupe, rien ! Sympa, on a bien fait de prévenir. On se déséquipe lentement, tout en papotant chuchotant.

2 tasses de thé, c'est quand même incroyable !

Je grignote une dernière barre, une pomme. De toute façon je n'ai pas faim.

 

Je regarde les données GPS, et je lis : 24 km et 3600 m de déniv !!! Incroyable, si j'avais su qu'on se lançait vers ça, jamais je ne l'aurais tenté, comme quoi. Déjà avec 2800 m de déniv, j'aurais hésité !

 

Je repère dans la salle à manger le dortoir qui se lève à 4 h et je monte le trouver. J'ouvre la porte, un énorme ronflement m'accueille. Je la referme et stoppe dans le couloir. Il faut quand même y aller. Deuxième tentative, je trouve un lit. M'y couche, et fini par m'endormir malgré les ronflements. C'est ça aussi la haute montagne !

Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn
Lauteraarhorn

Lauteraarhorn

4 h 15, Yannick me réveille, il faut se lever si on veut déjeuner.

Je retrouve avec bonheur le fromage blanc aux fruits, le gardien dort encore, c'est la gardienne qui nous accueille.

Je retrouve avec un autre bonheur, mes chaussures trempées. Le doux contact de la semelle humide avec ma chaussettes sèche, qui ne l'est déjà plus. Je lace les lacets trempés, refais mon sac une dernière fois et on quitte le refuge.

On ne fera pas de Selfie avec l'ogre alors que c'était notre ultime objectif, mais de toute façon, je crois que je n'aurais pas osé lui demander ...

On part, Yannick prend un bon rythme, je le suis à distance, m’arrêtant par moment, la journée est belle pour les photos. Il m'attend au refuge intermédiaire. Et c'est la première fois de ma vie que je prends un sandwich au saucisson cornichon à 7 h du mat ! L'accueil est à l'opposé du refuge supérieur. Un énorme coca accompagne la libation. Ne reste qu'une petite descente pour rejoindre le téléphérique. Celui ci descend à notre arrivé, parfait.

L'énorme course est terminée, l'énorme semaine aussi, je suis heureux, tout s'est presque passé comme sur des roulettes.

Merci Yannick pour les belles et longues heures passées là haut !

Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
Descente de la Schreckhornhütte - Finsteraarhorn - Mönch - GrossFiescherhorn NordWand - Eiger
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Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m

Apoutsiak — alpinisme4000Les 100 plus bellesMassif du Mont BlancMont Blanc

Descente par les 3 Monts.

Les grandes et grosses journées se suivent.

Voir la journée de la veille (Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle Eccles)

Vidéo

Topo

Du bivouac Eccles

Désescalader une dizaine de mètres pour rejoindre le glacier le traverser en descendant, une crevasse peut nécessiter un rappel.

Traverser en direction de la base du couloir qui mène au col Emile Rey.

Remonter soit par la droite soit par la gauche le couloir, il n'est pas necessaire de monter jusqu'au col Emile Rey (4030m, on tire à droite une dizaine de mètres en dessous.)

Prendre le système de couloir à droite du col, remonter au mieux (passages courts de IV+) ce large couloir. Quand on atteint la neige, partir en ascendance à droite (50°) et rejoindre le sommet de la pointe Louis Amédée 4460 m.

De là, poursuivre, en contournant par la droite la première tour (rocher pourri) puis gravir les différents ressauts pour rejoindre le Mont Blanc de Courmayeur (4748 m)

Delà, rejoindre facilement le sommet du Mont Blanc - 4810 m

Du sommet du Mont Blanc, je vous laisse le choix pour l'itinréire de descente, vous déconseillant de revenir par là où vous êtes montés...

Mont blanc de courmayeur en vue

Mont blanc de courmayeur en vue

Récit

La journée de la veille, déjà bien longue, est ici...

 

Courte nuit

Après l'accueil glacial des autres alpiniste, j'avais réussi à dormir d'un oeil, serré entre la banquette et Yannick qui faisait sécher ses chaussures. Puis, je me suis rendu compte que le sol était bien dur malgré la fine couverture qui y était pausé. C'est devenu une obsession. Je voulais me retourner, mais le peu de place qui m'était alloué ne me permettait pas le moindre mouvement. Je sentais la dureté du sol du bivouac sur mes hanches, mes épaules. La nuit allait être longue. Je ne suis qu'une Sardine dans cette boite de Sardine, manque juste l'huile d'Olive. Je rêve en pensant à cette idée. A minuit, brans le bas le combat, les cordées se lèvent. Je me retrouve dans une couchette plus confortable, attendant leur départ le temps qu'ils déjeunent s'équipe et filent vers le sommet des alpes.

Je dormiote un peu. A 3 h 30 Yannick me réveille et me lance un peu convainquant, "on y va ?"

Et c'est là qu'on voit que je suis de la motive : Je réponds "OK", alors que je suis dans le pâté, que je n'ai pas dormi, que je sais que la journée va être longue et que mes pompes sont déjà mouillée !

On déjeune lentement, on se fait de l'eau. J'enfile mes humides chaussettes, je mets mes chaussures, dès que je pause le pied, je sens l'eau sous ma voute plantaire. Quel bonheur.

5 h, on quitte la boite de sardine, un peu de desescalade et nous voilà sur le glacier. et là, horreur, une fine croute de glace s'est formée. Et elle casse sous mon poids. la trace est une vraie galère à faire, la journée va être longue.

Je trace aussi vite que je peux, c'est à dire lentement, vers le bas. Quand je me retrouve face à une crevasse géante. On regarde à gauche, à droite, je descends vers la lèvre pour mieux voir, elle doit bien faire 6-7 m de haut.

Et zou, voilà Yannick qui me repropose le coup du corps mort... (voir la journée d'hier)

Il creuse, énervé de perdre tant de temps dès le départ de la course. il fixe la corde et pars tout en finesse passer la crevasse en rappel. Je le vois ressortir en dessous, la crevasse est grosse.

C'est mon tour. Je m'installe, et me lance, tout en finesse, je regrette de ne pas avoir fait de régime cet hiver. Je passe, mes jambes sont dans le vide, mon corps glisse doucement, me voilà suspendu, mais mon reverso se coince dans la lèvre supérieure. Moment de tension. Je donne du mou, il faut s'énerver tout en restant calme. Le réverso progresse avec peine dans la neige, mais fini par passer lui aussi la lèvre de la crevasse, énorme ! je pends dans le vide tel une arraignée au dessus de cette immense crevasse. 6-7 mètres me séparent du sol. Je descends en douceur et me voilà sur la lèvre inférieure. Impressionnant endroit. On se réencorde et on file

A plat puis on remonte le grand couloir du col Emile Rey à 50°.

La neige est bonne et on progresse enfin vite. Yannick rejoint le col, il pense que le couloir est à gauche, lui indique qu'il me semble qu'il est de ce coté ci du col. ( et quand je dis il me semble, j'en suis quasiment sur !). On part donc à droite, et on se retrouve dans le couloir. L'escalade est agréable et parfois technique. Le rocher est bon. Les passages techniques mettent bien dans le rouge mais on progresse.

La pente bien raide, s'aplani, le rocher devient moins bon, on retrouve la neige et nos crampons. La pente est de nouveau raide, 50° avec des passages merdiques avec des rochers sous jacents. Je sens que ça n'est pas la grande forme et je prends mon petit rythme qui me menera au bout. On avance pas vite mais on avance tout le temps. Le sommet de la pointe Amédée est bien long à atteindre, mais quand on y est , je suis ravi !

Par contre, ce qui s'annonce a l'air coton. je pensais trouver une jolie arête de neige, et c'est une arête de rocher délité qui nous attend, Yannick m’avait prévenu, la course n'est pas terminée !

Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo
Pointe Louis amédée - Luigi amadeo

Pointe Louis amédée - Luigi amadeo

On a passé 5 minutes au sommet puis on est reparti pour des montagnes russes. J'ai pris mon rythme hyper lentos. pour avancer sans trop m'arrêter. Escalade jamais hyper technique, mais rocher de piètre qualité ! On contourne un grand gendarme par la droite ce qui nous fait gagner du temps. J'avoue que j'ai un peu mis le cerveau en off en mode "chaque pas te rapproche du sommet" ou "après avoir avancer le pied droit, avance le gauche !"

Et ça marche, je progresse, bon je sens bien qu'au bout de la corde, Yannick souhaiterais que ça aille plus vite, mais perso, je suis à fond. Les courts passages d'escalade un peu technique me mettent un peu dans le rouge. J'avoue que mon acclimatation a été plus que réduite... Mais j'avance. Une arête de neige, un dernier passage rocheux, et le Mont Blanc de Courmayeur est là tout proche, nous y faisons une courte pause, j'avoue que je suis comblé.

Reste à traverser en direction du Mont Blanc, c'est long et plat, pas après pas je rejoins le sommet pour mon 9ème Mont blanc, le plus technique, et de loin !

J'essaie de joindre Sandrine, finalement, je joins marie, ma fille, j'ai la voie tremblotante, c'est du à l'émotion, je cache mon visage, les larmes coulent, le vent cache mes sanglots. Mauvaise idée que celle de téléphoner là haut.

Emotion.

Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc
Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc

Mont Blanc de Courmayeur et Mont Blanc

Il faut redescendre et Yannick souhaite rejoindre les cosmiques pour descendre par l'aiguille, je sais que ça va être méga long, j'aurais préféré descendre sur le Gouter mais bon.

Je sais également qu'il y a des faux plats et des petits coups de cul qui tuent, ça va être chaud... et long.

On entame la descente sur un bon rythme, en descente, il n'y a pas de souci, on galope, la gravité nous aide. Au col de la Brenva, on est sec, et on décide de faire un peu d'eau (je sais, c'est mon idée, pas la meilleur de la journée). Bref on sort le réchaud et on fait fondre de la neige qui met de longues minutes à fondre. Je raconte à Yannick mon histoire de Khole de prépa (examen) ou un prof m'avait fait calculer le temps de cuisson d'un oeuf au sommet du Mont Blanc et où j'avoue que j'avais pensé que le plus simple aurait sans doute été de faire des essais au sommet (mais ça n'était pas la réponse, un sordide calcul permettait de la trouver)

Bref, le peu de neige fondu au goût de brulé ne nous réhydrate pas et on repart sur le faux plat sous le Maudit qui sera sans doute le dernier 4000 que je gravirai de la liste ...

je regarde le sommet, repérant l'itinéraire de la voie normale, je sais qu'en moins d'une demi heure je pourrais être là haut, mais je me garde ce sommet pour la fin, terminer par un truc plus facile, et peut être partir avec plusieurs amis, pour fêter ça.

Rejoindre l'épaule est vraiment méga long. Il fait à présent gris, les nuages sont là. On rejoint l'épaule et on entend le tonnerre gronder au loin.

Gestes efficaces, on tire un premier rappel, je rejoins Yannick, la corde se coince au dessus de moi, je peine à la décoincer, on refile vers la rimaye pour se ré encorder. L'orage gronde au loin. On galope dans la descente sous les énormes séracs. Impressionnant, mais pas le temps ni l'envie de trainer. On se retrouve sur le plat du col Maudit, déjà long puis il faut remonter sur l'épaule du Tacul. Et c'est encore long. J'ai déjà parcouru deux fois cette descente (une fois lors d'un Mont Blanc en aller retour par les 3 Mots avec mon frère Thib, la seconde lors d'une traversée depuis Tête Rousse avec Anne et Laurent), mais mon cerveau a judicieusement omis de retenir la longueur des passages, ne gardant que le meilleur et l'agréable.

Quelle galère de remonter sur l'épaule du Tacul. J'avance un pied après l'autre, et je refais la même opération lentement, me chantant "Les petits poissons" et je progresse.

Voilà l'épaule et on repart dans la descente. Nous sommes les derniers sur la montagne.

On essaie d'aller au plus vite vers le bas, mais c'est sur que je n'ai pas battu mon record, c'est plutôt mon pire temps. Je regarde mon altimètre qui refuse de baisser rapidement. Et pourtant je descends et on retrouve le col du Midi dans le brouillard. Ca aussi je l'avais oublié : la longueur de ce col. J'essaie de distinguer le refuge des Cosmiques dans la purée de poix mais il est encore bien loin. On finit par se retrouver au pied. Il faut se remettre à monter, la dernière. Je reprends mon rythme bien lent, tout en ne m'arrêtant jamais. Le refuge s'approche, doucement. Il me tend la main. Devant Yannick y est, je le rejoins. 19 h 00 ! Quelle journée, nous sommes joyeux. Quelle méga journée. on se déséquipe et on prend un coca dans un coin calme. Dans la salle à manger les gens mangent et il y a trop de brouhaha pour nous. On papote calmement, profitant de ces instants de calme. On doit avoir des belles gueules de détérés ! Mais on est heureux.

On hésite à prendre un repas, je sais qu'on n'a pas faim. Finalement on s'attable. Je me gave de soupe, mais le joli plat principal ne passe pas, je me force à en manger quelques bouchées, Yannick laisse tout. J'avale le tiramisu et file me coucher. Yannick croise quelques connaissances, qui ont l'air épatés par notre périple. Sacré bambée ,sacrée course. Je me rends compte qu'on a fait un truc assez balaise quand même.

Une crampe me prend, une alpiniste plutôt âgée m'aide à la passer.

Je me retrouve dans les bras de Morphée, le réveille à 7 h ! Yannick remontera plus tôt à l'aiguille pour descendre avec la première benne

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
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Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
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7 h 00, le réveille sonne, le déjeuner vite avalé , je quitte le refuge. Une magnifique journée débute et j'ai juste à remonter à l'aiguille. C'est ma journée de repos.

Je profite des lumières, des alpinistes vaquant sur les glaciers, de ceux en train de grimper, des lumières. Je vois les Grandes Jorasses me faire un clin d'oeil (enfin je crois)

La journée est belle.

Je vois que ça bouchonne dur au départ des voies de l'aiguille du Midi, sans doute la Rebuffat faudra que je relise le topo, Je croise quelques cordées, je vois les guides décrivant à leur clients les sommets alentours, d'autres leur déconseille d'aller faire le Mont blanc, je remonte, je dépasse une cordée dont la fille est un peu à l'agonie. Reste l'arête de l'aiguille, je pars, je me décale hors de la trace pour laisser passer les cordées de débutants, ça les rassure, on a tous été débutants un jour. Certains guides me remercient. Il fait beau, j'ai le temps, je rejoins l'aiguille, ses touristes Asiatiques, mais je ne traine pas, je file vers le télécabine de l'Hellbronner pour une jolie traversée. Le panorama est magnifique sur le massif.

Arrivé en Italie, je m'offre une demi heure de pause sur la terrasse panoramique, admirant la Blanche de Peuterey, le pilier de l'Angle et le Mont Blanc d'un coté, de l'autre, la Dent du Géant et les Jorasses.

J'observe aussi les gens, qui scrutent les alpinistes au sommet de la Dent, qui cherchent sur les tables d'orientation les sommets qui me sont familiés, je les observe se prendre en photo devant le Mont Blanc, les Selfies vont bon train et je m'y adonne. Je finis par descendre et rejoindre ma voiture en stop.

Un groupe d'Italien m'accueille, ils sont en train de cuisiner et m'offrent du jambon grillés, je n'ai pas faim mais c'est délicieux. Ils sont en partance pour le Mont Blanc via la voie du Pape et sont impressionnés quand je leur décris mon périple. Ils me demandent des conseils, sur l'approche du refuge, la tenue vestimentaire, la difficulté. Je passe un bon moment, me reposant, faisant sécher mes affaires et me restaurant avant de repartir et de me rendre compte que j'ai oublié ma goretex au refuge des Cosmiques.

Un employé du refuge me la redescendra le lendemain matin avec la première benne, ça tombe bien, j'en avais bien besoin pour les journées qui suivent...

Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
Alpinisme : Pointe Louis Amédée - 4460 m - Mont Blanc de Courmayeur - 4748 m - Mont Blanc - 4810 m
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les 4000 des Alpes liste UIAA

Apoutsiak — alpinisme4000

Liste officielle UIAA des 4000 des Alpes
 

Massif des Ecrins: 2

       
Barre des Ecrins - 4101m 1 fois

Thib

1996

  Barre des Ecrins 2

Dôme de Neige des Ecrins - 4015m

5 fois

Sandrine (2 fois)  Thib Gwen Mathieu  Erwan

1994 -1995 - 1996

  Barre des Ecrins
         

Groupe du Gran Paradiso: 1

       

 Gran Paradiso - 4061m

3

Bolonie  

Sandrine

Solo 2010

 

  1990 - 1992 -2010   P1040554
         

Groupe du Mont Blanc: 28

       
Aiguille de Bionnassay - 4052m 1 Laurent Bolis Sept 2006
Dôme du Goûter - 4306m (I) - 4304m (F) 2 Solo - Laurent Bolis

Sept 2005

Sept 2006

Mont Blanc / Monte Bianco - 4810m 8

Mathieu-Bruno-Thib-Anne- Laurent

Solo

Sandrine

Juin 1992 Sept 2005-Sept 2006

Juin 2010 - Juillet 2011

Août 2013

  http://www.mypixmania.com/tools/thumbnail.php?d=photos/2002_05_08/38669&src0=id(29.29083675)&o=SMALL
Monte Bianco di Courmayeur - 4765m 1 Yannick Juillet 2016

 

Le-Monde-d-Apoutsiak-6976.JPG

 

Picco Luigi Amedeo - 4470m 1 Yannick

Juillet 2016

 

 

 

 

 

Mont Brouillard - 4068m 1 Anne Juin 2015

Punta Baretti - 4006m 1 Anne Juin 2015

Grand Pilier d'Angle - 4243m 1 Yannick Juilllet 2016

 

 

 

Aiguille Blanche de Peuterey - 4114m 1 Yannick Juillet 2016   http://img.over-blog.com/375x500/0/08/49/95/Alpinisme-2009-2010/P1040319.JPG
Mont Maudit - 4468m (I) - 4465m (F)   reste à gravir !     http://idata.over-blog.com/0/08/49/95/img-6978-mb-2005-sommet-mont-blanc---mont-maudit.jpg
Mont Blanc du Tacul - 4248m 2

Sandrine

Yannick

    Le-Monde-d-Apoutsiak-4999.JPG
L'Isolée - 4114m 1 Yannick Septembre 2015   Tacul Aiguilles du Diable
Pointe Carmen - 4109m 1 Yannick Septembre 2015   http://img.over-blog.com/500x375/0/08/49/95/Alpinisme-2008-./P1050324.jpg
Pointe Médiane - 4097m 1 Yannick Septembre 2015   Tacul Aiguilles du Diable
Pointe Chaubert - 4074m 1 Yannick Septembre 2015   http://img.over-blog.com/500x375/0/08/49/95/Alpinisme-2008-./P1050324.jpg
Corne du Diable - 4064m 1 Yannick Septembre 2015   Tacul Aiguilles du Diable
Dente del Gigante / Dent du Géant - 4014m (I) - 4013m (F) 1 Franck Guillaume Août 2004   P1040344.JPG
Aiguille de Rochefort - 4001m 1 Anne Août 2015   P1000418.JPG
Dôme de Rochefort - 4015m 1 Anne Août 2015   http://idata.over-blog.com/0/08/49/95/les-courtes-traversee/courtes-grandes-jorasses-blog.jpg
Pointe Margherita - 4065m 1 Anne Août 2015   GrandeJo
Pointe Elena - 4045m (F) - 4042m (I) 1 Anne Août 2015   GrandeJo
Pointe Croz - 4110m (F) - 4108m (I) 1 Anne Août 2015  
Pointe Whymper - 4184m (F) - 4180m (I) 1 Anne Août 2015   GrandeJo
Pointe Walker - 4208m (F) - 4206m (I) 1 Anne Août 2015
Les Droites - 4000m 1 Anne Juin 2013

 

Droites

Aiguille du Jardin - 4035m 1

Un but avec jeff : mal des rimaye...

 

Anne

Mai 2015   http://img.over-blog.com/375x500/0/08/49/95/Alpinisme-2009-2010/P1040428.JPG
Grande Rocheuse - 4102m 1 Anne Mai 2015   http://img.over-blog.com/375x500/0/08/49/95/Alpinisme-2009-2010/P1040428.JPG

Aiguille Verte - 4122m

  3

Enguerran (Whymper) Avril 2007

 

Jeff (Couturier) Avril 2010

 

Anne Mai 2015

 vidéo ici Aiguille-Verte.jpg
         
Alpes Valaisannes: 41        
Combin de Valsorey - 4184m   2

Jean-Marc Juin 2009

 

Enguerran Mai 2012

  2009 - 2012  

Combin de Grafeneire - 4314m

1   Enguerran Mai 2012   2012   Grannd-Combin-2002-5.jpg
Combin de la Tsessette - 4141m 1

Enguerran

Juin 2014

 

2014   Grannd-Combin-2002-3.jpg

Dent d'Hérens - 4179m (I) - 4171m (CH)

  1   Thib et Anne Juillet 2010   2010   P1090576
Monte Cervino / Matterhorn - 4478m 1   Anne Septembre 2012   Septembre 2012   P1090575
 
Dent Blanche - 4357m   1 Anne Juillet 2010 Juillet 2010    P1020149.jpg
Bishorn - 4153m   3

  Seul puis avec Laurent

puis Anne

  2007

 

2014

Weisshorn - 4506m 1   Anne : Juillet 2012   Juillet 2012 Weishorn-Bishorn-Grand-Gendarme-photo-guillaume-ledoux-apoutsiak-photo.JPG
Zinalrothorn - 4221m 1   Une jolie tentative avortée avec Jeff... Reste à gravir !   P1020170.jpg
Ober Gabelhorn - 4063 m 1 Anne Mai 2015
Breithorn W West - 4165m (I) - 4164m (CH) 1 Christian Juillet 2003   http://idata.over-blog.com/0/08/49/95/alpinisme/40-les-Breithorn-et-l-occident-llaume-Ledoux-Apoutsiak-228d.jpg
Breithorn central - 4160m (I) - 4159m (CH) 1 Chrisitan Juillet 2003   http://idata.over-blog.com/0/08/49/95/alpinisme/39-la-magnifique-ar-te-entre-l-llaume-Ledoux-Apoutsiak-381c.jpg

Breithorn E (Est /Ost) - 4141m (I) - 4139m (CH)

1 Christian Juillet 2003   http://img.over-blog.com/375x500/0/08/49/95/alpinisme/36-d-un-breithorn---l-autre-ar-llaume-Ledoux-Apoutsiak-0f9e.jpg

Breithonzwillinge E / Gemello

2

Christian

 

Gianluca

Juillet 2003

 

Septembre 2015

  Le-Monde-d-Apoutsiak-3226.JPG
del Breithorn orientale / Punta 4106 - 4106m 1 Christian Juillet 2003   Le Monde d'Apoutsiak 3226
Roccia Nera - 4075m 1 Gianluca Septembre 2015   Le Monde d'Apoutsiak 3226
Pollux / Polluce - 4092m (CH) - 4091m (I) 1 Christian Juillet 2003   http://img.over-blog.com/366x275/0/08/49/95/alpinisme/2-Castor-et-Pollux-Zwinlinge-travers-e-des-Monts-Roses-photo-Guillaume-Ledoux-Apoutsiak.jpg
Castor / Castore - 4228m (CH) - 4221m (I) 1 Christian Juillet 2003   http://img.over-blog.com/366x275/0/08/49/95/alpinisme/2-Castor-et-Pollux-Zwinlinge-travers-e-des-Monts-Roses-photo-Guillaume-Ledoux-Apoutsiak.jpg
Lyskamm W / Lyskamm occidentale - 4481m (I) - 4479m (CH) 2

Christian

 

Helmuth et Jean-Marc

Juillet 2003 - juillet 2007 travers--e-du-Lyskamm-topo-lyskamm-ouest-photo-Guillaume-Ledoux-Apoutsiak.JPG
Lyskamm E / Lyskamm orientale - 4527m   1  Jean-Marc et Helmuth Juillet 2007
vidéo ici
Punta Giordani - 4046m 1

En famille

Agathe, Marie Louis et sandrine

 Juillet 2015

Punta Giordani

Piramide Vincent - 4215m 1 Christian Juillet 2003   http://img.over-blog.com/400x300/0/08/49/95/alpinisme/19-Pyamide-Vincent-vue-du-Balm-llaume-Ledoux-Apoutsiak-f057.jpg
Corno Nero - 4322m 1 Christian Juillet 2003   Guide au sommet- Schwartzhorn
Ludwigshöhe - 4342m (I) - 4341m (CH) 1 Christian Juillet 2003   http://img.over-blog.com/400x300/0/08/49/95/alpinisme/17-Schwartzhorn-vue-sur-la-lud-llaume-Ledoux-Apoutsiak-7d82.jpg

Parrotspitze / Punta Parrot - 4436m (I) - 4432m (CH)

1 Christian Juillet 2003   http://img.over-blog.com/435x243/0/08/49/95/alpinisme/14-Parrotspitze--travers-e-des-Monts-Roses-photo-Guillaume-Ledoux-Apoutsiak.jpg
Signalkuppe / Punta Gnifetti - 4554m 1 Christian Juillet 2003   Zumsteinspitzedepuis lea Dufourspitze
Zumsteinspitze / Punta Zumstein - 4563m 1 Christian Juillet 2003   13-Zumsteinspitze le dernier coup de cul
Dufourspitze / Punta Dufour - 4635m 2

Christian

Engué et Cécile

Juillet 2003

Avril 2014

  http://img.over-blog.com/600x450/0/08/49/95/alpinisme/1-Pointe-Dufour--travers-e-des-Monts-Roses-photo-Guillaume-Ledoux-Apoutsiak.jpg
Nordend - 4612m (I) - 4609m (CH) 1 Engué et Cécile Avril 2014   http://img.over-blog.com/366x275/0/08/49/95/alpinisme/6-Nordend--travers-e-des-Monts-Roses-photo-Guillaume-Ledoux-Apoutsiak.jpg
Strahlhorn - 4190m 2

Thib Anne So

Jean Marc

Juin 2004 - et 2007
Rimpfischhorn - 4199m   1   Stephane Mai 2011   alphubel-par-la-rotgrat-le-rimpfischhorn-photo-guillaume-ledoux-apoutisak.jpg
Allalinhorn - 4027m  1 Jean-Marc Juin 2007
vidéo ici
Täschhorn - 4491m  1

Helmuth et Stijn

Juillet 2007
vidéo ici
Dom - 4545m  1

Helmuth et Stijn

Juillet 2007
vidéo ici
Lenzspitze - 4294m 1 Anne

 Août 2014

vidéo ici

  http://img.over-blog.com/500x375/0/08/49/95/Weismies--vue-sur-la-Lentzpitz-utsiak-guillaume-ledoux-dcd4.jpg
Nadelhorn - 4327m 2

  Stephane : Mai 2012

Anne - Mai 2014

Mai 2012

Mai 2014

  http://img.over-blog.com/500x375/0/08/49/95/Weismies--vue-sur-la-Lentzpitz-utsiak-guillaume-ledoux-dcd4.jpg
Stecknadelhorn - 4241m 1  Anne  Mai 2013

Stecknadelhorn

Hohberghorn - 4219m 1  Anne  Mai 2013

Stecknadelhorn

Durrenhorn - 4035m 1  Anne  Mai 2013

Stecknadelhorn

Weissmies - 4023m

1 Solo

loupé (mais de peu : 60 m Juillet 2007)

Juin 2014

Weissmies

Lagginhorn - 4010m

1   Enguerran   Septembre 2010 Fletschhorn Lagginhorn weismies

 

       

 

 

 

Alpes Bernoises: 9      

 

 

 

Aletschhorn - 4195m

1 Anne  Ski de rando Mai 2006  
Aetschhorn versant Nord
Jungfrau - 4158m 1  François et Yves  Avril 2014   Jungfrau
Mönch - 4099m   1 Jeff   Septembre 2009    http://img.over-blog.com/600x450/0/08/49/95/ski-de-randonn--e/P1040718.jpg
Gross Fiescherhorn - 4049m   1 Matthieu Avril  2010   Gross Fiescherhorn lever de soleil

Hinter Fiescherhorn - 4025m

  1 Matthieu et Mathieu Avril 2010 

Hinter Fiescherhorn gross grunhorn

Gross Grünhorn - 4044m

1  Yves et François  Avril 2014

Hinter Fiescherhorn gross grunhorn

Finsteraarhorn - 4274m 1 Jean-Michel  Juillet 1999 Finsteraarhorn
Schreckhorn - 4078m 1  Yannick  Juillet 2016

Lauteraarhorn - 4042m 1  Yannick  Juillet 2016

         

Groupe de la Bernina: 1

       

Piz Bernina - 4049m

1 Anne

Août 2014

 

       

 

 

 

Dernière mise à jour : Juillet 2016

En chiffres : 80 4000 gravis (103 4000 si on compte les repasses)

Reste 2 pour atteindre le Graal

 

2 !

 

Un été efficace !

Apoutsiak — humeur4000

Bilan de la saison estivale

 

Et oui, à priori, sauf modification de dernière minute, ma saison estivale est terminée.

Bon, il faut bien avouer qu'elle a été chargée

 

Fin Mai : Aiguilles du Jardin - Grande Rocheuse - Aiguille Verte au départ du refuge du Couvercle par le couloir Armand Charlet descente par le Whymper - 23 h sur la montagne, retour à la nuit.

Le lendemain, descente du refuge et remontée à la cabane du Grand Mountet pour enchainer avec la Face Nord de l'Obergabelhorn !!!

avec Anne

 

Fin Juin : Pointe Baretti - Mont Brouillard, mais but le surlendemain pour atteindre la pointe Amédée. Bivouac au col Emile Rey 4030 m, premier bivouac de l'année déjà spectaculaire. Retour par le crevassé glacier du brouillard

avec Anne

 

Fin juillet  : En famille, Punta Giordani, dans les Monts Roses.

avec Agathe, Marie, Louis et Sandrine : une famille à 4000 m !

 

Août  : Traversée Rochefort Jorasses. On a un peu explosé le timing, mais on s'est fait plaisir. 2 bivouacs : un sur la pointe Young, un autre sur la pointe Whymper. Bien engagé !

Avec Anne

 

Septembre  : Traversée des Aiguilles du Diable : grandiose et technique !

avec Yannick

 

Fin Septembre : Traversée des Breithorn partielle avec Roccia Nera

Avec Gianluca

 

 

Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse

Aiguille du Jardin - Grande Rocheuse

Obergabelhorn

Obergabelhorn

Pointe Baretti - Mont Brouillard

Pointe Baretti - Mont Brouillard

Punta Giordani en famille !

Punta Giordani en famille !

Traversée Rochefort - Jorassses - les arêtes de Rochefort

Traversée Rochefort - Jorassses - les arêtes de Rochefort

Traversée des Aiguilles du Diable

Traversée des Aiguilles du Diable

Traversée Roccia Nera - Breithorn

Traversée Roccia Nera - Breithorn

Au total sur 2015 : 23 4000 ! dont 3 déjà parcourus ! A part Ueli Steck, qui dit mieux ? ;-)

Reste pour 2016 :

Le Zinalrothorn

Le Mont Maudit

La traversée Schreckhornlauteraarhorn

La Blanche de Peuterey Pilier de l'Angle à enchainer avec la pointe Louis Amédée et le Mont Blanc de Courmayeur... vaste programme !

Alpinisme : Traversée des Breithorn - Roccia Nera

Apoutsiak — 4000ValaisalpinismeMonts Roses

...ou presque

Mais pas très grave, j'avais déjà gravi les 2 derniers sommets durant l'été 2003 !

La course est magnifique .

Topo :

 

Se garer à Saint Jacques peu poser un problème les week end de beau temps...

Pour le reste parking en face de l'église ou plus haut.

 

 

Refuge des Guides du Val d'Ayas

 

de Saint Jacques (1689 m), suivre l'itinéraire balisé 7

Remonter le sentier qui rejoint Plan de Veraz (2050 m) puis plus haut le lac bleu (2215 m) pause obligatoire

Traverser le pont et suivre toujours le sentier 7, laissez la première moraine tranquille !... et par la seconde (bon sentier , rejoindre le refuge Mezzalama (3004 m).

Pour mémoire, quand le refuge n'est pas gardé, les toilettes sont crades et à priori il n'y a pas d'eau à proximité (ni neige)

Du refuge Mezzalama, prendre le sentier qui aprt sur la morraine et rejoint des barres rocheuses. Le balisage jaune est très esplicite il suffit de le suivre. Ca n'est jamais dur. Rejoindre le glacier sous le refuge Guide Val d'Ayas. traverser le bas du glacier et remonter les éboulis (cairns) qui permettent de gagner un collet sous le refuge (collet à l'est du refuge) La suite est faite de corde et d'escaliers en bois) évident juqu'au refuge des guides du Val d'Ayas - 3420 m

 

Refuge d'hiver : 20 places environ, gaz, matériel de cuisine couverture

confort 3*

Neige à proximité

On regrette juste, les toilettes fermées !

 

Roccia Nera

De refuge d'Ayas, remonter un peu au dessus du refuge puis prendre pied sur le glacier (crevasses) se diriger d'abord en direction Nord Est puis sur la rampe Est nord Est qui mène sous le col entre Castor et Pollux (crevasses toujours).

Longer la base du pollux et gagner le pied de Roccia Nera sous le Schwartzhor. Deux possibilités : soit passer par le bivouac Rossi et Volante (3787 m)

soir par un petit couloir rejoindre les pentes supérieurs de Roccia Nera

On remonte ces pentes assez facilement pour atteindre le sommet (35 °).

Roccia Nera 4075 m

 

Traversée des Breithorn

De Roccia Nera suivre l'arête (corniches) et rejoindre par des rochers peu difficile le sommet du gendarme (jumeau Est du Breithorn - 4106 m)

Par un rappel (annonce 20 m on a utilisé une corde de 60 m utile pour la deuxième partie de la course) on gagne le col et l'on remonte des pentes de eneige pui par une escalade relativement facile on gagne le jumeau ouest du Breithorn 4139 m

Trouver le rappel à l'ouest sous le sommet (un pas de désescalade un peu technique)

En un ( 2*30) ou deux rappels (2*20) gagner le glacier. Suivre l'arête pour buter sous le sommet 4159 m

 

La suite (non parcourue ce jour) Remonter les 3 ressauts en ce maintenant plutôt à gauche de l'arête dans des dièdres en III (possibilité pour le premier de monter sur l'arête IV)

Du sommet de la partie rocheuses suivre l'arête jusqu'au Breithorn ouest 4164 m

 

Descente

Par le grand glacier di Vera jusque sous le Castor (attention quelques montées et beaucoup de crevasse

Puis par l'itinéraire de montée.

 

 

 

 

 

Récit

Pas de partenaire de dispo pour cette course, je me tourne donc vers Camp2camp. Au départ on était 2... puis 3, puis 4 quand Ovidiu s'est proposé de venir avant de se retrouver à 2 après quelques annulations. C'est la joie des rencontres internet... Je retrouve Gianluca, un italien installé en Suisse à Aigle (ça tombe bien , c'est sur ma route) on file par le col du Grand Saint Bernard vers la vallée d'Aoste (deux raisons à cela : 1°) la route du rand Saint Bernard est très jolie - 2°) le tunnel est à mon goût un peu cher et vu que je suis un petit peu rapiat...)

Bref Gianluca l'estomac dans les talons quand on arrive à Aoste mais il ne perd rien pour attendre, 30 kilomètre plus loin on remonte la route tourmentée du Val d'Ayas. Gianluca sait se tenir, il tiendra jusqu'à Saint Jacques.

Bon, à Saint Jacques, c'est un peu le Bronx. Impossible de se garer, on monte au dessus du village puis on redescend vers l'immense parking 30 places du centre ville, pour trouver LA place : une voiture quitte son stationnement. Ouf !

On pique nique, on s'équipe et on décolle. Et qui a la corde... C'est bibi ! Me suis encore fait avoir. Gianluca se charge des lourds Friends et des 4 dégaines... J'oubliais les sangles.

Bref on décolle

Je ploie sous mon fardeau tandis que Gianluca virevolte. En plus il faut papoter et j'ai le souffle court. Ca monte assez rapidement mais je sais qu'à la descente on va morfler : des racines, des "escaliers de pierre", on ne va pas rigoler...

Gianluca me fait l'apologie du magnifique lac bleu. Je m'attends au meilleur, le reflet du glacier dans ses eaux profondes. Quand enfin on y arrive, je trouve un lac vert avec environ 200 personnes sur ses bords et pour tout reflet l’affreuse moraine. On y fait une pause. Au moins je comprends pourquoi le parking au village était complet... Ils sont tous là !!!

On repart, Gianluca m'explique que la première fois qu'il était venu il avait voulu monter vite au refuge en prenant la première moraine. La mauvaise... Grosse galère pour rejoindre le sentier sur la deuxième moraine sous le refuge Mezzalama.

On marche, deux techniques s'opposent : la mienne : sans pause jusqu'au refuge, Gianluca, des pauses tous les 100 m de dénivellation pour l’acclimatation. On se retrouve presque en même temps au refuge Mezzalama. Je visite des toilettes dans un état catastrophique et fais le tour du propriétaire. La pause est courte et on repart.

Je galope dans les passages rocheux, traverse le bas du glacier, en profite pour faire le plein d'eau dans un ruisseau glacière et file sous le refuge. Et me fourvoie. Oui messieurs dames, je me suis fourvoyé dans un pierrier immonde. Pas un bloc ne tenait, pas une pierre pour retenir l'autre. Et pourtant, je n'étais pas loin de la trace. Gianluca est derrière, il m'indique le bon chemin quand je tombe dessus. Je repars vers le haut. Quelques rustiques échelles, quelques salvatrices mains courantes m'amènent au refuge.

Première étape terminée.

Il y a du monde.

A peine arrivé, je m'attelle à la tache, recherche de neige pour faire de l'eau et faire bonne figure par rapport aux autres cordées. Oui, si on veut que tout se passe bien, il y a intérêt à ce que chacun mette de l'huile dans les rouages : il n'y a que 4 "feux" et nous sommes une bonne 15aine...

Mais il faut le dire, tout se passe bien, on mange assez rapidement. Un couple me reconnait. "On se connait me lance t'il ?" Moi, je me doute que c'est grâce au blog... "Apoutisak, c'est çà ?" et oui, bingo. "Ah, je croyais que vous étiez Suisse !" me lance sa femme un poil déçue quand elle apprend que je suis Franc Comtois. Le repas se passe bien, leur guide nous raconte ses exploits : il a fait le tour du monde en courant, en 5 ans à 12 km/h. Il lance des chiffres à la cantonade que mon cerveaux n'a pas le temps d'analyser, ça me fait voyager un moment, mais j'ai quand même mal aux jambes pour lui !

Nous sommes les premiers couchés et je suis le premier à dormir, lever demain à 4 h

Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama
Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama
Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama
Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama
Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama
Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama
Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama
Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama

Montée au refuge des Guide du Val d'Ayas via Mezzalama

4 heures, le réveil sonne, je me lève aussi discrètement que possible et rejoins la petite salle à manger. Déjeuner et préparation. Je sors du refuge et attends Gianluca qui tarde à arriver. Nous partons, la neige est tout de suite là, on s'élève un peu avant de prendre pied sur le glacier et ses énormes crevasses. Gianluca veut faire des nœuds sur la corde. J’obtempère, mais in petto, je me dis que l'intérêt des nœuds est de freiner la chute dans la crevasse, certes, mais que pour remonter, avec les nœuds, , ça ne sera pas un sinécure (en mouflant ou en remontant). On progresse, en louvoyant. Gianluca se moque de moi, j'ai pris une étoile au dessus du Castor pour une frontale, on peut toujours rêver. la route est longue, il faut passer au pied de ce Castor avant de repartir à gauche, On n'avance pas très vite mais c'est notre rythme.

On bifurque donc sous le Pollux puis on traverse le col. Il y a du monde au bivouac Rossi et Volante, deux cordées s quittent le refuge. Nous remontons un petit couloir qui nous amène aux pentes tranquilles de Roccia Nera. 30 minutes plus tard, nous arrivons sur l'arête et ses corniches. Nous croisons la deuxième cordée en provenance du sommet. et gagnons à notre tour ce sommet. Youhou. Courte pause, on s'en met plein les yeux, le paysage est superbe !

Roccia Nera
Roccia Nera
Roccia Nera
Roccia Nera
Roccia Nera
Roccia Nera
Roccia Nera
Roccia Nera

Roccia Nera

On repart en arrière, sur l'arête, on galope sur une arête de neige, puis sur du rocher engivré. Pas engivré sur quelques centimètres, plus de 50 cm de givre collé au rocher !!! Spectaculaire mais ça passe. On s’inquiète un peu pour la partie rocheuse du sommet central ! mais on n'y est pas encore !

Gianluca me fait remarqué que je lui demande en permanence si "ça va ?" et souhaite que je cesse. Je ne sais s'il souhaite que j'arrête de parler où s'il préfère que sa forme baisse sans que je m'en aperçoive ... De toute façon je continuerai à lui demander régulièrement son état...

Gendarme du Breithorn, on ne sait pas trop si ça compte pour une 4000, Gianluca me l'affirme, j'ai des doutes, mais on fait quand même une pause !

Sous le gendarme, on retrouve le second guide, qui nous indique qu'ils ont renforcé le relai pour le rappel. Pendant l'attente, je fais de superbes photos des cordées sur l'arête, une régal. Vient mon tour de descendre. C'est vertical et très impressionnant ! je ne m'attendais pas à un rappel si raide ! je rejoins Guianluca, on se réencorde et on repart sur les arêtes cornichées. quelques passages rocheux bien enneigés se laissent facilement traverser. Atteint le jumeau du Breithorn. Nouvelle pause sommet.

En bas on voit les cordées butées sur la partie rocheuse et faire demi tour. Mauvais présage.

Nouveau rappel, avec 60 mètres on est directement en bas pour se réencorder. Le passage neigeux est avalé. On décide de tenter de passer par l'arête (ou au moins de tenter) Gianluc apart devant. Mais assez vite il faut se rendre à l'évidence, il y a trop de neige, trop de givre pour passer par l'arête dans un temps correct si on veut être en bas ce soir.

On redescend sur l'arête de neige pour une pause (et réfléchir)

C'est vrai que j'ai fais les 400 qu'il me manquait et que je suis à présent un peu démotivés. En 2003 nous avions fait la fin de l'arête avec Christian Thiollot lors d'une traversée des Monts Roses avec le CAF de Besançon ! Gianluca me demande de finir l'arête en passant par le bas. Je me dis qu'il ne faut pas que je me la joue perso et accepte la proposition.

de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central
de Roccia nerra au breithorn central

de Roccia nerra au breithorn central

On observe en bas les cordées traversées les crevasses, un vrai dessin de Samivel. Je vois l'alpiniste fier qui traverse sans émotion, le peureux qui hésite à chaque pas, le résigné qui s'attend à la sanction suprême. Vu du haut, c'est vraiment beau !!!

A notre tour de jouer les passes crevasses. Et qui joue le bizuth suicide ? C'est bibi ! Je suis la trace pour traverser une énorme crevasse.

Une courte pause nous permet de décider de laisser tomber l'idée de remonter sur les sommets suivants : trop long. Je décide de "couper" pour rejoindre la trave qui nous ramènera sous Castor.

Mais couper, ça veut dire passer à travers un champs de crevasses récemment bien enneigé. Je m'engage donc, prenant garde aux lignes des crevasses lointaines. C'est chaud mais ça passe, on rejoins la trace.la trace monte et descend afin d'éviter les zones de crevasses. Ca use. Il faut remonter vers castor. Gianlica peine un peu. on croise la cordée du guide du tour du monde et de ses clients. On papote un peu avant de repartir chacun de notre coté : eux vers le proche et confotable téléphérique, nous, vers la lointaine vallée d'Ayas. ! On n'est pas rendus !

Enfin voilà le Pollux. On bascule dans la descente ,on louvoie encore dans les crevasses et on retrouve le refuge. Pause !

les crevasses à la descente
les crevasses à la descente
les crevasses à la descente
les crevasses à la descente
les crevasses à la descente

les crevasses à la descente

Gianluca refait son sac, et c'est rien de le dire, il met des plombes ! mais avec le sourire ! alors comment dire, je suis obligé d'attendre. On file dans la descente au bout d'un bon quart d'heure. Pause à Mezzalama puis pause photo pour les bouquetins, puis pour les marmottes ! On a toujours deux techniques différentes : Gianluca fait plein de petites pauses mais il marche assez vite, moi je marche longtemps s'en m'arrêter mais moins vite. bilan, je n'hésite pas à partir devant en attendant qu'il ne me rattrape.

Bref, je descends, et au loin j'observe de temps en temps Gianluca au dessus.

J'atteinds un vallon avec une piste. puis le sentier remonte sur la moraine, j'espère que Gianluca ne va pas louper le sentier. On s'est de toute façon donné rendez vous au lac bleu ! Je remonte la moraine et la suis sur la crête tout en regardant derrière mais je ne vois rien, j'ai pris trop d'avance. comme prévu je vais attendre Gianluca au lac. Tout en descendant, je regarde dans le rétroviseur. Toujours rien... Je décide de faire une pause avant le lac en vue de la moraine, je devrais le voir débouler assez vite. Les minutes passent, mais rien. Inquiétant. Je tente de l'appeler mais personne ne décroche (tu m'étonnes, ça appelait chez lui à Aigle en Suisse !!!)

Au bout de longues minutes, je décide d'avancer jusqu'au lac où je me fais héler ! C'est gianluca qui s'est trompé, il a pris la piste et se trouve au mauvais endroit. il me fait signe de nous retrouver plus bas. Je repars rassuré. Quand on se retrouve, je me moque de sa relation avec les moraines !

On poursuit vers le bas entres racines, pierres et escaliers. et voilà Saint Jacques, son église et son parking, à présent vide.

On range nos sacs et on repart sur les routes sinueuses italiennes, Gianluca n'a d’ailleurs pas apprécié les à-coups de ma conduite ... Italienne.

Faut dire qu'il n'aime rien Gianluca, il n'aime même pas que le Mont Blanc soit Français. Ça n'est pourtant pas moi qui le dit mais les excellentes cartes IGN !!!

 

 

 

Merci à Gianluca pour la jolie sortie

Salutation à Olivier et à sa compagne, de mon "fanclub", ravis de les avoir croisés là haut

Bonjour au Vosgien (du même groupe) dont je ne connais pas le prénom, mais avec qui j'ai partagé des idées de trails...

Je n'oublie pas le coureur de l'extrême : le guide Serge Roetheli. Il m'a fait faire le tour du monde en 5 minutes ! Rapide mais efficace. Par contre, je crois que j'ai fait une indigestion de chiffres, moi, le matheux !

A Catherine, croisée fugacement sur l'arête, les mystères d'internet (et camp2camp) nous ont permis de nous retrouver virtuellement !

Aux autres cordées croisées, les Belges et leur fondant au chocolat bien apétissant, il m'a fait salivé, les Français hésitants sur le bon refuge à choisir pour la nuit.

Bref, encore de belles rencontres là haut !

 

 

 

en descendant du refuge - bouquetins et marmottes
en descendant du refuge - bouquetins et marmottes
en descendant du refuge - bouquetins et marmottes
en descendant du refuge - bouquetins et marmottes
en descendant du refuge - bouquetins et marmottes

en descendant du refuge - bouquetins et marmottes

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

Apoutsiak — alpinisme4000Massif du Mont BlancLes 100 plus belles

Sans doute les 4000 les plus techniques des alpes

Corne du Diable - 4064 m

Pointe Chaubert - 4074 m

Pointe Mediane - 4097 m

Pointe Carmen - 4109 m

Isolée - 4114 m

et Mont Blanc du Tacul - 4248 m

 

 

 

Vidéo

 

Topo

D+ IV + qq pas de V  

Juste un conseil, prenez un vrai topo, le dernier "4000 m peaks of the alps" (en anglais) est très bien fait !

En gros accès possible depuis les Cosmiques ou Torino

Décrit depuis les Cosmiques :

Rejoindre le pied de la pointe adolphe rey et remontez au mieux le glacier qui mène à la combe Maudite. Le mieux est de remonter le large couloir à gauche du couloir du col du Diable, passer la rimaye puis 40 m au dessus tirer à droite par une vire qui ramène au couloir. Le suivre jusqu'au col du Diable

Remonter en direction du col entre la Corne du Diable et la pointe Chaubert. Remonter la Corne du Diable (annoncé III + j'aurais dit IV bien tassé) jusqu'au sommet de la corne du Diable.

Retour en rappel dans la voie.

Remonter la pointe Chaubert par l'éperon (gazeux à souhait !) et rejoindre le sommet de la pointe Chaubert.

Rappels pour rejoindre le col entre la pointe Chaubert et la Médiane

On monte d'abord en ascendance à drotie puis on rejoint un dièdre. Le gravir en son centre puis tirer à droite sur l'éperon à mi dièdre (relais) On remonte l'éperon sur 10- 15 mètres avant de rebasculer à gauche dans le dièdre. Sangle pour réaliser la traversée du haut du dièdre. De là on remonte à gauche les pentes qui mènent à la Médiane.

Perso , j'ai trouvé la Médiane le sommet le plus technique !

Rappels puis ascension de la pointe Carmen (je ne me souviens plus très bien)

Rappel puis contournement de l'Isolée. Le début d'ascension de l'Isolée n'est pas sur l'arête mais 15 m en dessous (prisu) . En ascendance sur la gauche légèrement. On atteint le sommet et on redescend en rappel dans la voie. La suite est plus ou moins sur l'arête pour rejoindre la bastion final du Mont Blanc du Tacul

descente par la voie Normale du Tacul.

Récit

 

Première journée, décollage de la maison et route jusqu'à Chamonix, temps mitigé, très mitigé. Vers 10 h je pars du Col des Montets en mode trail pour me faire : la fin de l'UTMB. Malheureusement il fait gris, mais le parcours est super sympa, surtout quand n n'a pas 160 kilomètres dans les pattes...

Malheureusement, pas de vue, le temps reste bouché et je retrouve Cham sans trop de difficulté !

Retour en stop à la voiture, et retour à Cham pour quelques emplettes en vue de la course...

Je retrouve Yannick (Graziani, oui le grand, le très grand alpiniste... je ne fais d'ailleurs de la montagne qu'avec des très grands alpinistes...) à l'aiguille et en deux coup de téléphérique nous voilà à 3750 m, ça calme. Brouillard, l'arête de l'aiguille est complètement défoncée, une crevasse longitudinale impose de passer en versant Est.

On s'équipe et on décolle, dans la purée de pois, visibilité par moment 10 mètres ! Jour blanc ! Je parviens à suivre la trace relativement facilement. Par contre je ne reconnais rien, il ya des crevasses partout dans la première partie. Une courte montée, et nous voilà au refuge. 25 minutes d'approche pour le refuge, c'est raisonnable !

Petite séance d'étirements, excellent repas fait de lasagnes et de pana cota (miam miam) et au lit à 8 h, réveil à 3 h...

Je cauchemarde en me disant que je vais faire les aiguilles du Diable par la combe Maudite... Qui a dit mauvais présage...

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

3 h moins cinq, mon réveil sonne, dans le dortoir, ça fait déjà 10 bonnes minutes qu'il ya du remue ménage... Habillage expresse pour se retrouver à attendre 3 minutes devant la porte du réfectoire fermée, trop tôt (et pourtant j'avais visé court !) La porte s'ouvre. J'attends Yannick, il arrive 10 minutes plus tard, panne de réveil !!!

On déjeune au nutella avec du pain frais excellent !

Je m'équipe et file dehors filmer les cordées qui partent. Bizzarement elles n’apprécient pas les 1200 lumens de ma frontale pleine face. "Ah oui flûte" me dis je in petto. Finalement j'ai pas filmé grand chose pour ne pas les déranger. Dommage (Désolé Jules et Alexis...)

Yannick me rejoins, et on part au grand galop vers la combe Maudite. Quand je dis au grand galop, c'est au sens propre du terme, on est à fond. Au départ sur un terrain facile, puis entre d'énormes crevasses Ouhaou.

Arrivés en bas de la combe Maudite, sous la pointe Adolphe Rey, on repart vers le haut, D’abord quelques crevasses, pas trop technique, puis on en longe une plus grosse. Yannick hésite puis décide de passer à droite, le long de la pointe Adolphe Rey. Perso j'aurais suivi la trace, mais il a décidé que c'était la bonne solution. Et nous voilà sur des lames de crevasses à virevolter à droite à gauche, à contourner, à slalomer. Les trous sont énormes. Les passages délicats, quelques mètres verticaux en glace. Un pied à judicieusement placer entre deux trous, et le cauchemar annoncé de ne peut être pas trouver de solution de sortie par le haut (et de devoir tout se taper à reculons... Et pourtant au bout d'une demi heure riche en émotion (c'est rien de le dire) on se retrouve sur le plateau au dessus. Dire que je pensais que ça serait rando jusqu'aux aiguilles...

Et 5 minutes plus tard... c'est le Drame ! Une énorme crevasse nous barre la route. A gauche elle s'enfile dans un amas de séracs, à droite elle file jusqu'aux rochers. 10 mètres de large environ, même le meilleur sauteur en longueur du monde ne passerait pas (d'autant plus s'il a un sac à dos...) Purée, il va falloir tout redescendre. Yannick, lui croit en notre bonne étoile, et tel Moïse il avance vers le haut de la crevasse, le long des rochers... Infime espoir, ça passe, ça passe même facile, la crevasse se referme nous laissant passer. Après avoir ouvert les eaux, Moïse a refermé le pont de neige, permettant aux hébreux (nous) de traverser...

Bon dans l'opération , les deux autres cordées se retrouvent devant, on aurait peut être du passer à gauche, mais Yannick est trop sûr de lui pour que je mette en doute son choix. On poursuit au galop vers le pied du couloir.

C'est parti pour quelques mètres de couloir en neige. A l'approche de la rimaye, la cordée du dessus nous annonce "pierre !!!". On tire tous les deux à gauches, pensant que la pierre allait tomber à droite. Erreur, le frigo (petit mais frigo quand même) arrive à gauche, On repart en contre sens, laissant passer l'énorme bloc. Mais dans l'autre sens, il y a un petit bloc qui fuse au dessus de nos scalps. Fusé n'est pas touché, la cordée du dessus s'excuse, Yannick rale un peu, et on repart. On atteint le rocher. On décramponne et on file en traversée à droite rejoindre le bon couloir, quasiment vierge de neige.

Escalade facile, même si le rocher n'est pas bon. Il faut mille précaution pour ne pas faire partir de blocs. On progresse en parallèle avec la cordée de Jules et d'Alexis, mes éclairés du matin ! Pause au col du Diable, on va bientôt attaquer les choses sérieuses.

On repart vers le col entre la Corne et la pointe Chaubert. Hésitation, la corne fait elle partie des 4000, je ne sais plus, doute, Yannick me propose d'y grimper. J’accepte, ça m'échauffera; et il file tel un chat vers le sommet. Je me pelle un peu au relai. Mon tour vient, je décolle, sans sac (chouette !) le rocher est froid, mais la grimpe agréable et je rejoins Yannick au sommet de la Corne du Diable. Et de un !

Rappel, et on repart vers la pointe Chaubert. Jules et Alexis on shunté la Corne, et se retrouve donc, devant nous. Yannick part bille en tête. Je me retrouve derrière. Je sens qu'il veut rapidement dépasser. Escalade aérienne. J'ai mis mes gants de jardinage, fraichement achetés... erreur, ils sont élastiques et me coupent la circulation. Je ne sens plus mes doigts. Je les enlève rapido, mais c'est trop tard, j'ai déjà un bel onglet. Je rejoins tout le monde au sommet de la pointe Chaubert. Et de deux.

On file en rappel vers le col.

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

Et on repart. La Médiane, du bas, parait plus technique. Le départ est easy, mais ensuite ça se corse. Un dièdre peu prisu avec juste de quoi glisser un chaussure au fond du dièdre. Pas franc. Je me retrouve donc dans ce dièdre froid, quelque peu en difficulté. Peu de prise de main (ou je m'y prends mal) et les pieds qui ont tendance à zipper. Le froid qui me gèle les paluche et empêche une bonne préhension... Et ce qui devait arriver arriva... je zippe. Bon pas beaucoup. Bon petit coup de stress quand même. Je me reprends et repars. Négociant mieux le passage. S'en suit une traversée tout en finesse, sur la droite pour rejoindre le relai et l'arête.

La suite , c'est une dizaine de mètres sur cette arête aérienne avant de rebasculer dans le dièdre. Yannick y va tout en douceur pour traverser. Il retrouve l'autre coté et installe un relai au dessus. C'est mon tour. Le départ au dessus du relai un peu technique est facilement avalé. Puis il faut traverser. La sangle dans une main, je suis trop petit pour atteindre directement l'autre coté du dièdre (et pourtant le petit alpiniste est assez grand en réalité...) Je me retrouve en fâcheuse posture, tiraillé entre la "sangle main courante" et la paroi lointaine. La corde se tend, me permettant d’accéder au graal, je suis du bon côté.

Reste à remonter les derniers mètres vers la pointe Médiane. Je crois même avoir vu Yannick poser un genou dans l'un des passages. On se retrouve dans une sorte de tunnel. Après avoir pas mal hésité sur la technique à adopter, je finis par progresser en opposition sur les deux bord du passage. Ça frotte, ça fritte mais je progresse. et voilà enfin le sommet de la Médiane Ouf !

Les rappels pour descendre sont spectaculaires : en fil d'araignée, pleins gaz ! Ascension de la pointe Carmen, bien pointue, un poil physique et esthétique.

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
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Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

On refile alors en rappel vers l'Isolée. Que l'on contourne par la droite. La neige est bien présente à présent, ça change !

 

Courte pause. Yannick décide de traverser directement pour rejoindre la voie. J'avais pourtant bien vu qu'il y avait peu de prises... Très peu de prises ! Le voilà en traversée. La corde passe dans un vieux piton. et délicatement, tendu sur la corde il me demande du mou au fur et à mesure, pour progresser en équilibre sur d'hypothétique grattons, et la corde qui le tiraille à l'opposé. Après 10 minutes d'un intense combat il a traversé. Je me propose de redescendre un peu pour reprendre un chemin qui me semble plus facile. Bingo, c'est facile, il y a plein de petites prises partout. Je rejoins le relai avec une rare maestria...

 

Yannick bascule alors de l'autre coté d'un feuillet et je ne vois pas la suite. Rien que le basculement a l'air technique.  Il fait toujours froid à attendre au relai. J'ai bien le temps de cogiter sur le passage qui semble bien technique.

Mais viens mon tour, je bascule sur l'autre versant, et retrouve quelques prises. Je remonte délicatement une vire ascendante. Ma progression est lente mais régulière. Je finis par arriver sous le relai, mais je chope une crampe... au petit doigt !!! étonnant non. A la fois une crampe à l'auriculaire, c'est facile à passer, il suffit de l'étendre ! Chose faite.

 

Après le relai, c'est plus simple, le sommet est atteint, on aura fait les 5 4000 des aiguilles du Diable, et l'isolée n'aura pas été si difficile que ça !

 

Descente en rappel, pour une jolie pause ravitaillement et longue remontée dans des passages en II et III vers le Tacul. J'ai l'impression de me trainer mais je ne m’arrête pas. Un petit passage à flanc, sur la neige , et voilà l'antécîme du tacul pour une nouvelle pause. On rejoint ensuite le Tacul en papotant. Mon deuxième Tacul, la dernirèe fois c'était il y a fort longtemps avec Sandrine !!!

 

Quelques photos avant de redescendre, et dépasser les cordées un peu lente...

 

Puis , c'est le passage grandiose entre les crevasses et les séracs de la face Nord du Tacul. Grandiose mais dangereux. On file vers le bas, laissant sur place des cordées dont on ne sait si elles montent ou descendent. Je suis heureusement surpris, il n'y a pas de passage technique, une sente de glace louvoie entre les différentes crevasses avec un parcours assez logique. En bas du Tacul on papote avec un guide que Yannick connait bien avant d'attaquer la trop longue remontée à l'aiguille.

 

Montée au train, sans s’arrêter, et voilà l'aiguille et l'arête bien défoncée. J'ai failli me crouter sur la glace dans le tunnel !!! Ç’aurait été dommage devant tant de publique !!!

 

Bilan : une magnifique course, bien technique pour moi

Merci Yannick !!!

 

 

 

 

Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable
Alpinisme : Traversée des Aiguilles du Diable

Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m

Apoutsiak — famille4000alpinismeValaisAgatheMarieLouis

Vous avez oublié de gravir un 4000 lors de votre passage dans les Monts Roses

Vous êtes en vacances dans la vallée d'Aoste

Allez gravir la Punta Giordani, un petit 4000 pas trop difficile, juste parfait pour une sortie alpi...

 

 

Vidéo

vidéo version smartphones et tablettes

Topo

Prendre le téléphérique à Stafal

Stafal - Gabiet - Passo del Salati - Punta Indren

De Punta Indren : rejoindre le glacier.

Remonter le glacier en restant en rive gauche le sérac se contourne par la droite en montant (pente à 35°, glace possible) Au dessus quelques crevasses avant le sommet 10 mètres en II

Course F - 800 m de dénivelé

la vidéo au format compatible avec les tablettes et les smartphones

Récit

 

Nous quittons notre havre de paix de Rumiod (Saint Pierre) assez tôt pour rejoindre Stafal et avoir la première benne. 1 h 1/2 plus tard, les virages du Val de Gressonney nous font remonter le petit déjeuner Valdotain.

On s'équipe et on file aux caisses du téléphérique. Un guide et ses clients nous dévisage de haut en bas. Je sens toute sa réprobation dans son regard. C'est dûr d'être une famille d'aventuriers.

L'ambiance est bonne, les enfants ont la pêche, et on se retrouve à 3200 m. On traverse les dalles qui nous séparent du glacier , on met les crampons et on s'encorde. Enfin quand j'écris on met les crampons, c'est surtout moi qui met les crampons, les enfants, eux me tendent juste les pieds avec les crampons dessus, afin que j'ajuste les lanières... 2 Cordées : j'ai pris les filles, tandis que Sandrine est encordée avec Louis (il a le plus d'expérience des 3).

On est parti et au bout d'un quart d'heure, Louis perd un crampon. Ca m’occupe. On navigue entre soleil et brouillard, la montée est un poil monotone avec un sentier un peu trop raide à mon goût.

On croise une cordée avec un guide Italien qui nous envoie un grand bonjour, LUI, valide l'expédition, ça fait plaisir !

Au bout d'une heure, les filles qui avaient décidé que le sommet serait rapidement avalé, me font un léger coup de calgon... Sommet trop loin. La glace vive permet de les reconcentrer et oublier leurs états d'âme.

On rejoint le bas d'une zone de crevasse où nous opérons une petite pause alimentation.

Dans la zone de crevasse on croise des cordées en provenance de Marguerita et de la pyramide Vincent. Il y a de la place, on progresse le long d'une grosse crevasse, spectaculaire mais sans danger.

Au dessus, on retrouve la neige et quelques crevasses transversales, dont l'une d'elle impressionne plus qu'elle n'est difficile. Tout le monde fait son grand pas, le moral est bon, le sommet tout proche... On passe la barre des 4000, c'est la fête ! puis nous rejoignons le pied des rochers finaux. Courte escalade, je bascule versant Nord, bien raide mais bien prisu ( et plus impressionnant) Marie passe sans problème et Agathe la suit. On se retrouve tous au sommet ravis !

Une cordée avec un guide et ses clients (suisses allemands) nous rejoignent.

Nous pique niquons avant d'aborder la descente. Les filles sont ravis et trouve que l'alpinisme à la descente, c'est facile. Les crevasses sont passés au pas de course. On retrouve la zone de glace. La cordée des filles (dont je fais parti) largue la cordée mixte. Et Agathe, décide de passer plus à droite (oui, je lui ai expliqué, qu'en montagne, ça passait souvent partout) Et voilà comment on se retrouve dans une zone de crevasse qu'on n'avait pas croisé à l'aller ! Mais comme annoncé : ça passe. Reste quelques mètres pour retrouver le rocher.

On se déséquipe pour retourner à la gare de téléphérique où des bouquetins nous attendent.

On en retrouvera la station du col Passo dei salati et on file vers le bas pour retrouver le bar, ses boissons fraiches et ses glaces !

Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m
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Alpinisme en famille - Punta Giordani 4046 m

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Apoutsiak — alpinismeMassif du Mont BlancLes 100 plus belles4000Anne

et leur myriade de sommets

Pointe Young

Pointe Marguerite

Pointe Hélène

Pointe Magali

Pointe Croz

Pointe Whymper

Pointe Walker

Nous avons un peu explosé les timing pour la traversée. Mais ce fut un superbe voyage sur cette arête technique et engagée ! 2 bivouacs : un sur le sommet de la pointe Young, le second sur le sommet de la pointe Whymper et la rencotre avec Ueli Steck à 2 sommets de la fin sur la Walker !!!

Vous pouvez lire la première partie du récit : Traversée des arêtes de Rochefort ici !

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

vidéo version vimeo pour ceux qui ne peuvent pas lire la version youtube...

Topo :

 

La lecture d'un topo officiel me parrait indispensable sachant que

1°) on s'est complètement planté au départ de la Young

2°) les journées ont été longues et je n'ai pas imprimé dans l'ordre tous les passages.

Remarque : dans les topos, quand c'est écrit que ça déroule, méfiez vous, ça ne déroule jamais vraiment. Si c'est raide et technique, le rocher est solide, quand c'est moins technique, le rocher est pourri ! De toute façon , c'est long, c'est trèèèès loooong (sauf pour Ueli Steck !)

Bonne route !

 

1°) Pointe Young

Du bivouac canzio, trouver les deux premières longueurs qui permettent en ascendance à gauche de rejoindre un cirque qui amène par une cheminée tout à gauche du cirque en IV IV sup au sommet de la pointe Young

Bivouac Young : juste en contrebas (3m) derrière la pointe avec gaz à profusion mais possibilité de s'assurer facilement sur béquet pour la nuit

 

2°) Pointe Young - Pointe Whymper

Du sommet de la Young, redescendre à la brêche (désescalade et court rappel)

Remonter en face directement IV ce qui permet d'atteindre un second rappel qui ramène versant italien. On gagne alors le couloir qui est en face de la pointe Young (neige)

Remonter ce couloir (relativement facile) en haut , le couloir file à gauche, il ya une corde fixe qui ne set pas à grand chose, puis la fissure en IV IV sup permet de gagner une brèche, on contourne alors la pointe Marguerite par la face Nord et on atteint son sommet.

De là, c'est plus ou moins sur le fil, souvent raide, très expo et parfois technique pour atteindre la pointe Hélène. (2 gendarmes se passent par dessus, le troisième à droite)

De la pointe Hélène rocher pourri et plutôt en versant Italien pour rejoindre la pointe Croz

Terrain plus facile pour rejoindre la Whymper

Bivouac Whymper à 2 m du sommet en direction de la Walker (possiblement venté !) lever de soleil *****

 

3°) Pointe Whymper pointne Walker :

Rando glacière (ou presque) profitez en, c'est le seul moment ou ça déroule

 

4°) Descente

Attention : la descente est longue complexe, on n'est jamais arrivé sauf quand on trouve le refuge...

De la Walker revenir sous les rochers Whmpers et redescendre le long du sérac en longeant les rochers. 45 - 50° 300 m (chutes de pierre possible) poursuivre bien en bas des rochers les gravir, et descendre sur les rochers (rappels possibles) le long des rochers puis à droite pour rejoindre le glacier tourmenté(5-6 rappels) Le dernier rappel (tout en bas) permet de passer la rimaye. Traverser le glacier soit sous les séracs, soit au dessus pour rejoindre les rochers du reposoir.

Depuis les rochers, descendre plus ou moins sur la crête, et prendre la branche de droite en descendant (corde fixe attirante à gauche mais à mon avis merdique)

8 ou 9 rappels (évitables) permettent de rejoindre le pied du reposoir.

Ensuite c'est louvoyage dans les crevasses du glacier (au centre d'abord puis en rive gauche) Grosses crevasses, ambiance garantie !!!

On rejoint le refuge en suivant les cairns et la sente. Pour info le refuge boccalate est caché derrière la petite butte (il faut remonter une 10aine de mètres pour l'atteindre) il n'est visible qu'au dernier moment

 

5°) Descente du refuge

Sous le refuge on retrouve le sentier : attention au passage de barres et aux torrents. On retrouvera un bon sentier tardivement qui ramène à la civilisation - ouf !!!

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses

Récit :

 

La première partie est ici : traversée des Arêtes de Rochefort : Torino Canzio

 

Je ne sais pas par où commencer, de peur d'en oublier : ce fut à la fois si long et si court à la fois, si intense. Je sais que partir de Canzio sera ma décision, mais quelle virée incroyable sur cette énorme montagne où l'on se sent si petits.

 

Bref, le réveil sonne à 5 h à Canzio, et à 6 h nous sortons de notre abri. J'ai mal dormi, mais la courte marche d'approche me réveille. On part dans le couloir, je précise à Anne mes doutes, mais elle a l'air sur d'elle... on sort à gauche du couloir, on enlève les crampons et c'est parti pour les longueurs. Au lieu de tirer à gauche comme je pensais le faire, Anne tire droit sur l'arête. On trouve des relais, c'est technique mais ça grimpe. Pourtant, je sais déjà qu'on est trop à droite. Anne m'affirme qu'il est possible de tirer directement par là, de toute façon on est lancés. Sauf que plus on grimpe, moins c'est évident. A présent, au dessus, c'est austère et surplombant, un rocher hyper compact et non prisu, on n'est plus dans le IV... Anne se lance quand même, mais la gravité à tôt fait de la ramener vers moi... Elle repart à l'attaque, dans une fissure mal commode. Elle a décidé de passer à coup de pédale, Gaston Rebuffat à ses plus belles heures. Elle est forte Anne en escalade, mais là, ça me parait bien chaud d'autant plus qu'il va falloir que je passe aussi. Un second retour au plancher des vaches marque la fin de ses nombreuses tentatives. On décide de partir en rappel pour tirer plus à gauche. Au bas du premier rappel, malgré la présence d'un second rappel, on décide d'explorer la vire enneigée à gauche.

 

Ça passe, on avance prudemment avant de retrouver un grand cirque enneigé sous le sommet. Pour moi c'est l'évidence , ça passe en face On rejoint le pied d'un couloir. Mais nous sommes maintenant pas mal entamés. Anne hésite quant à l'itinéraire à suivre. Elle tente tout ce qui est possible, on n'est plus du tout sur de l’endroit où l'on est. Elle tente à gauche, à droite, au centre. Après deux jolis pions, l'un où elle pendule en se ripant les mains, le suivant en faisant sauter le dernier friend. Déjà 3 coinceurs coincés définitivement, mon jeu va y passer... .Je décide d'appeler le PGHM pour lui faire part de notre situation (autant prévenir que guérir, il est déjà 16 h et je ne voudrais pas que la situation devienne critique) Le gendarme me décrit l'endroit où je me situe et m'indique la cheminée à gauche, celle que j'avais pisté dès le départ. Il me conseille soit de redescendre en rappel à Canzio, soit de poursuivre. ( Je suis aussi rassuré qu'il sache que nous sommes embarqués sur les Jorasses) Je suis ravi de savoir que nous sommes sur l'itinéraire. Le moral revient dans la cordée. Anne décide de partir sans sac dans le couloir. Nouvelles pédales pour le départ et Anne s'élève. Elle galope pour rejoindre un relai plus haut.

 

C'est mon tour, 3900 m, plein gaz, je fixe le sac d'Anne 4 m devant moi sur la corde. Opération bourrinage extrême sur les Grandes Jorasses. Il faut pousser le sac dès que je le peux et en même temps grimper dans du IV en grosse, complètement essoufflé par ce double effort !!! Le sac d'Anne rebelle et prend un malin plaisir à se coincer tout le temps. On essaie en braillant de synchronisé nos efforts. Pousser, hurler, grimper et recommencer pour gagner quelques décimètres. Simples fourmis sur cette montagne. Je finis par progresser, pestant contre le sac, ascension un peu galère, mais c'est le prix. Ca passe, l'escalade serait sympa sans le sac à pousser... Relai, j'arrive épuisé. Anne repart vers le sommet, sans doute la dernière longueur. En mixte. Je la suis. Je fais un stock de neige pour avoir de l'eau avant de passer au sommet. Le bivouac est superbe mais à l'ombre, 3 mètres sous le sommet. Anne y descend. Je me précipite quelque peu pour lui passer le sac de neige, et zou, tout se renverse... Bilan je dois repartir en chercher, 10 m de désescalade avant de remonter et de délicatement lui passer mon précieux chargement.

On se vache au sommet, on installe tout le matos sur les sangles arrimés aux nombreux bequets. On s'installe pour la nuit, on aura les pieds dans le vide, baudrier obligatoire. La neige fond dans le réchaud, on peut tranquillement étudier la suite de l'ascension, face à nous la pointe Marguerite nous attend. Demain on ne devrait pas se tromper. Mais la journée va être encore longue.

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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Nuit difficile mais pas catastrophique. J'ai réussi à allonger mes (grandes) jambes sur la vire. La presque pleine lune est venue nous éclairer, elle n'était pas obligée. On se réveille quand même reposés avec le jour qui poing ! Je m’occupe de l'eau. Le briquet ripe sur ma peau tout abimée par le granit des Jorasses. nos doigts ont pris cher. Mais le moral est bon. La météo a tourné, il fait un gris blafard ce matin... Les chaussures humides et froides accueillent nos petons...ambiance...

 

On démarre par une première longueur, Anne revient au départ de celui de la veille, on est bon pour en tirer une seconde tout en traversée. On rejoint l'anneau de rappel et on enquille (bon pour les manœuvres de corde on n'est pas les champions alors quand je dis qu'on enquille, l'opération d'installation a vite fait de prendre une bonne dizaine de minutes. De même que l'opération inverse qui consiste à se réencorder. On repart en face dans une longueur en IV ou l'on se fait plaisir avant d'entammer un gros rappel qui doit nous ramener au pied du couloir de la pointe Marguerite. Je laisse Anne aller au pied tandis que je rappelle le rappel (d'où son nom !) Tout va bien, on repart dans un couloir en neige étroit, au rocher parfois délicat... Premier relai. au second on opère une première pause casse croute avant les longueurs clefs : un dièdre avec un fissure. Anne grimpe, du bas, j'essaie de mémoriser quelques mouvements. c'est sûr, elle est efficace. C'est mon tour. La corde fixe est plus gênante qu'autre chose même si je finis par l'utiliser pour 2 pas.

Tout à coup, difficulté, je ne parviens plus à progresser, je ne trouve pas la solution... Temps de réflexion, Anne avait fait une jolie opposition avec le pied gauche assez loin, je me lance, ça passe, je progresse voilà déjà la brêche, je prends la place d'Anne au relai, un pied en face Nord l'autre en face Sud. ambiance.

Il s'est mis à neigeoté, la météo annonçait une perturbation dans l'après midi, elle est déjà là. Esperons que le rocher ne glisse pas trop ! En deux longueurs de mixte nous atteignons le sommet de la pointe Marguerite, il n'y a pas trop de place, on ne s'éternise pas.

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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La suite est annoncée aérienne, et on ne va pas être déçu, il y a du gaz partout même si on ne voit pas tout à cause des nuages. On avance corde tendu avec quelques points entre nous et quand ça devient plus technique on tire de vrai longueurs...

Un rappel va nous faire gagner du temps, on tente le rappel derrière béquet, qui forcement se coince et on perd un temps fou à remonter le décoincer et à trouver la bonne méthode pour descendre...

Rarement vu une ambiance pareil par endroit, le vide à gauche, le vide à droite, et quelques pises judicieusement cachées. Tout est gris, les nuages, Anne au loin qui parfois disparait soit derrière un rocher, soit derrière dans les nuages !

On passe deux gendarmes, on contourne le 3ème par la droite dans du rocher pourri, ça devient plus facile, mais franchement pourri, bilan, faut rester concentré. On monte on descend, on traverse, on fini par atteindre la pointe Croz, enfin l'une des pointes Croz, et vu que debout je suis au dessus des autres, je décrête que c'est le bon sommet (c'est même Anne qui me l'a confirmé !!!) On poursuit sur l'arête, le vent est important, il y a de plus en plus de neige, du mixte plutôt facile pour rejoindre la pointe Whymper  au moment ou le ciel se déchire, le beau temps devrait revenir. Il est déjà 18h, après avoir un peu hésité on décide de se poser là, il y a un bel emplacement de bivouac, on fera la Walker demain avant de redescendre...

Et, ô joie de l'alpiniste, quand t'as fini il y en a encore : il faut renforcer le bivouac par des pierres et de la neige, faire fondre de la neige pour avoir de l'eau, préparer le bivouac et sortir trois bonnes blagues pour bien rigoler... On fait quand même l'inventaire de nos victuailles, demain , on sera à sec !!!

Je pète mon thermarest au moment de l'essayage, bilan, je serai directement sur la neige, dommage ! (trop fragile )

Repas de luxe avec le butagaz qui travaille en mode léger, trop froid pour lui ! On finit avec une mousse au chocolat déshydratée succulente ! merci Anne !

Les nuages virevoltent, le vent est fort, mais le petit muret nous en protège un peu. Le coucher de soleil est splendide, on voit Courmayeur en bas dans al vallée, Nous sommes seuls perdus sur cette immense paroi, demain ça devrait se simplifier...

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Au milieu de la nuit je sors la tête du duvet, magnifique nuit étoilée, deux étoiles filantes viennent traverser le ciel, bon présage ?

Je me recouche quelques minutes plus tard, tentant de dormir un peu.

Je m'endors forcement en fin de nuit

Quand je sors ma tête du duvet, le jour poin !

Il fait un temps glacial, nos mains abimées parviennent à appuyer sur le briquet pour démarrer le gaz ! C'est le grand beau. YES ! On glandouille dans les duvets en attendant l'eau chaude esperant retarder au maximum le moment où il faudra en sortir.

 

Au loin j'entend un hélico, il est sur les Jorasses. Et si c'était le pghm qui s’inquiétait pour nous Je décide de leur faire signe qu'ils ne gachent pas trop de kerosen pour nous. Je quitte mon duvet et enfile tant bien que mal mes groles gelées ! Bien agréable. Je me positionne sur le sommet de la Whymper, mais l'hélico cherche entre la pointe Marguerite et la pointe Hélène. Je vois qu'il tourne en rond. Je me décide à appeler le PGHM pour les prévenir que tout va bien... trouver le reseau, appeler avec des gros doigts fatigués. Avec les plaies qu'on a sur les mains, dès que l'on touche quelques chose, on saigne, pas pratique, bref, quelques gouttes de sans plus tard, j'ai le gendarme d'astreinte qui m'indique qu'ils ne cherchent personne, bilan, tout va bien, c'est pas pour nous... Et si c'était Ueli Steck ... Je sais qu'il zone dans le coin, et qu'il devrait passer par les Jorasses ces jours ci. L'hélico remonte jusqu'à nous et je distingue la caméra à présent. Peut être même qu'on sera sur le film (à moins qu'on soit coupé au montage...) Je fais signe que tout va bien, et rejoins Anne pour le déjeuner froid. On grignote quelques vivres on range avec difficulté le matos, nos doigs sont pas mal émoussés et on file, avec des réserves en eau minimale, le gaz refusant de fonctioner correctement par ces températures. On a les crampons, un peu de mixte avant la neige, un peu raide, un petiit col et une remontée douce vers la Walker : Wooliz, traversée terminée. Reste cette immense descente...

On redescend un peu quand on voit Steck déboulé au sommet de la pointe Whymper. Je le reconnais tout de suite à sa démarche efficace, il n'y a aucun doute. On l'encourage comme des spectateurs du tour de France, il nous rejoint. On papote, il nous offre un peu d'eau quand il apprend qu'on est parti léger (la classe) 2 h 30 pour faire Canzio Walker !!! on le laisse filer vers la Walker tandis qu'on entame la descente le long des rochers Whymper.

Pointe avant dans du 45 - 50° En neige d'abord, on entend l'eau sous le glacier, quand on a soif c'est une torture. Steck nous rejoint à mis pente du couloir. Il nous file quelques vivre de course. Et on discute topo, il repart, on le suit, mais il est déjà loin, Un peu de glace, on descend trop bas, il faut virer au dessus de la rimaye, pas mal de glace on tire une longueur en brochant ! Perte de temps en sécurité. Quelques pierres sifflent, il faut filer de là. On sort à hauteur des caméras qui filment les séracs. Et on se rend compte qu'on est trop haut trop tard, demi tour, il faut remettre les crampons et descendre plus bas, au plus logique devrait dire le topo !!!

Voilà le bon passage, on se met à tirer des rappels dès le premier relai, sans doute une erreur, on aurait pu desescalader, tant pis, on se lance.

On fini par trouver la cadence et au bout de 5 - 6 ou 7 rappels on se retrouve au dessus du glacier. Dernier rappel pour passer la rimaye. Je rejoins Anne on se réencorde et on file pour passer sous le sérac. Anne n'a plu de jus, elle n'avance pas et ça n'est pas le meilleur endroit. Je l'encourage dans la remontée sur l'autre rive. Un dernier passage un peu merdique pour quitter le glacier et gagner les rochers du reposoir, un peu d'escalade et voilà le reposoir, une belle dalle propice au bivouac, mais pas pour nous... On va tout de même se reposer et faire fondre de la neige pour boire. On vide les sacs de toute trace de nourriture ou presque. 3 dernière tranche de saucisson pour faire fête ! le repos fait du bien. On boit à fond, enfin le réchaud marche, il fait chaud ! Seul souci, je pensais qu'au reposoir on était sorti...

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Et, le truc pas mal avec les Jorasses c'est que ça n'est jamais fini ! Alors que je pensais qu'au reposoir il fallait juste un petit quart d'heure de marche facile pour gagner le glacier, en fait, il faut louvoyer (pas trop technique quand même) sur la crête, hésiter quant à l'itinéraire à suivre, puis entamer des rappels, plein de rappel. Une cordée avec un guide et sa cliente nous rattrape. Et en 4 rappels nous passe, il faut dire que al technique est simple : le guide mouline sa cliente et que lui file en désescalade tel un cabri !!!

On se retrouve enfin au glacier après un nombre incalculable de rappel, Recramponage, réencordage, et on est reparti pour un louvoyage entre d'énormes crevasses ! Bon pour nous il suffit de suivre les traces. Pas dur ! on passe par une première zone bien impressionnante entre 2 ou 3 crevasses très proche. A présent il y a un peu de glace sur le glacier, il faut également faire attention à ne pas se gauffrer dans les quelques passages raides. Tiens en parlant de passage raide, une petite pente en glace à 45 ° sur 7-8 mètres puis une sorte de plongeoir avec une réception bien précise à faire, 2 m plus bas sur la lèvre inférieur de la crevasse. Anne se lance et lance un youhou à la réception. J'ai juste à l'imiter. Sans hésitation je m'execute, et me réceptionne sur les 40 cm2 propices ... on repart, encore des crevasses mais voilà la sortie du glacier. On rejoint le guide et sa cliente. Reste une petite rando pour rejoindre le refuge. On y arrive à 17 h et vu qu'on n'est pas pressé on décide d'y manger et d'y dormir..

On rêve de steak frites, de salades de pates ...

Bilan, refuge en mode hiver avec juste des sachets de sel, de sucre et des mini pots de confiture à la cerise. Pas de gros gardien barbu et sauvage pour nous materner, grosse déception !

On négocie avec le guide des nouilles chinoises en échange de l'usage de notre briquet ! (je crois qu'on n'y a pas perdu au change) De toute façon, mon estomac a du se rétrécir là haut : je n'ai plus faim !!! Je mangeotte et file au lit !

Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
Alpinisme : Traversée Rochefort Jorasses : les Grandes Jorasses
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Nuit pas géniale, sans doute ne suis je plus habitué au confort ...

Le réveil du guide nous sort du lit

Petit déjeuner frugal avant un grand rangement et le départ !

Et pour changer il faut rester vigilant : quelques barres rocheuses,, des cordes, du gravillon glissant, des traversées de torrent, pendant plus d'une heure le terrain demande de la concentration. On a gardé nos gants pour préserver nos mains défoncées. En bas on retrouve le sentier puis la Val Ferret Italien et plampaintieux

Séance de stop, ma pire en montagne depuis longtemps. Tout en marchant on fait du stop. Mais personne ne nous prendra , pas même 3 camionnettes vides de la compagnie des guides de Chamonix : pas classe et assez décevant ! Un italien fini par nous prendre et nous ramener au parking du téléphérique.

On défait les sacs et on se change avant de repartir pour de nouvelles aventures.

Mais déjà quelle aventure que ces magnifiques journées passées là haut !

 

 

 

MERCI ANNE !!!

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