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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

4000

Vidéo : Alpinisme - Cresta Signal Punta Gnifetti 4554 m

Apoutsiak — 4000Valaisalpinismevidéo - Les vidéos d'Apoutsiak

Vidéo de l'ascension de la Punta gnifetti par la Cresta Signal. départ d'Alagna Valsesia, refuge Barba Ferrero, refuge bivouac Resegotti, Cresta signal, Punta Gnifetti, Signakuppe, cabane Margherita, redescente sur le refuge Gnifetti et la Punta Indren au dessus de Gressoney la trinité

Alpinisme D

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

Apoutsiak — alpinisme4000ValaisLes 100 plus belles

Une magnifique course comme on les aime.

Une journée magique où tout se déroule sans problème... La journée de rêve !

Une cordée typée cancoillotte...

 

Sur un sommet gravi il y a longtemps et surlequel j'ai également pris un but, à 10 minutes du sommet

Les 2 ascensions :

Juin 2007 : But à 3972 m sur l'arête Sud Est du Weissmies

Juin 2014 : Ascension par la Face Nord-ouest à ski

 

Vidéo :

2 vidéos pour cette traversée du Weissmies : une classique, la version intégrale : du parking au parking.
La seconde , uniquement tournée avec la Go Pro, pour bien visualiser les obstacles à la descente (crevasses et séracs !)

Je vous conseille de regarder les deux !

Vidéo de l'intégralité de l'ascension du Weissmies

Crevasses et séracs lors de la descente face Nord (Go pro hero 6 HD)

Topo

Almagellerhütte

Depuis Saas Almagel

Se garer sur le parking à gauche à l'entrée du village (5CHF par jour)  1670 m

Il faut remonter le sentier qui mène à Almagelleralp (2192 m)
puis toujours en suivant le sentier , rejoindre le refuge 2892 m sous le Dri Horlini - Almagellerhütte (3-4 h)

Sommet :

Le deuxième jour, remonter les pentes du Zwischenberengpass (3270 m) puis prendre au nord (à gauche de l'arête) pour passer le premier  mamelon avant de rejoindre la neige sur l'autre versant (Est) . 
Le but du jeux est de remonter le névé le plus haut possible pour rejoindre l'arête Sud Est. Ensuite il s'agit de suivre l'arête jusqu'à l'antécimes 3967 m (pas de II III max) puis de suivre l'arête neigeuse effilée puis les rochers jusqu'au sommet.  Compter 4 h environ pour le sommet (ça peut pas mal bouchonner les jours d'affluence)

 

Descente :

Le retour peut se faire par la même voie ou par la voie normale (glacière)

Descente face Nord ouest

Descendre l'arête Sud Ouest jusqu'au col précédent le point 3815 CNS- Prendre alors la direction Nord Ouest  et descendre au mieux avant de bifurquer Nord Est afin de passer entre les crevasses

Rejoindre le bas du glacier, le traversée et rejoindre la station de Hohsaas (3101 m)

Nous sommes redescendus à pied jusqu'à Kreutzboden (2398 m) , possibilité de louer des Monstertrotti pour rejoindre Saas Grund (19 CHF)

Un bus permet de rejoindre Saas Almagel (3.6 CHF)

Topo Weissmies arête Sud Est

Topo Weissmies arête Sud Est

Un Dimanche de libre au milieu d'un océan de journée de travail avec le grand beau annoncé. Dans ma petite tête de petit alpiniste, l'occasion  était belle pour aller gravir le Pleureur en solo. Dans un coin de ma tête il y a une autre option : Gravir le Weissmies depuis le pied , et en faire la traversée. Ça serait assez classe, mais il me faut un partenaire de cordée. Bastien, avec qui je suis en contact depuis un moment est dispo, ça sera l'occasion de le rencontrer sur une jolie course. Et ça me changera des cordées internationales, Belgo-Suisse, Italo-Suisse, Roumaino-Française ou autre. Là, on va former une cordée qui fleur bon la cancoillotte ou le Comté, une belle cordée Franc-Comtoise, si tant est que la Haute-Saône fasse parti de la franche Comté...

Bref, Samedi soir, en route vers le Saastal, je récupère Bastien et nous voilà papotant sur la route des Alpes.

On a tellement papoté, qu'on est déjà arrivé. Il est 19 h 30 , le parking est au cœur du village et assez peu propice à une nuit dans la voiture. On se fait un petit pique nique dans le champs d'à coté. J'organise ma petite voiture en mode nuit et j'essaie de dormir. Il est 20 h 30. Bastien est parti dormir dans la forêt au dessus, on s'est donné rendez vous à 1 h 30 demain

C'est la loose, il y a plein de piétons qui passent juste devant ma voiture et un minibus qui n’arrête pas de faire des aller retour, La nuit est plutôt mauvaise...

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

1 h 30, forcement, je me suis endormi, et l’alarme du téléphone me tire un peu brutalement des bras de Morphée. Je m'habille, Bastien me rejoint, on déjeune en peaufinant nos sacs. L'idée est de gravir le Weissmies à la journée en montant par l'arête Sud Est, en descendant Face Nord Ouest jusqu'à Kreuzboden, puis louer des Monster Trotti pour rejoindre Saas Grund.

Et c'est parti, il fait nuit noire, et on remonte le sentier, sous la lueur des frontale. Saas Almagel étale ses quelques lumières en dessous, une cascade invisible chante dans la nuit. On prend un petit rythme tranquille, mais efficace. La balade nocturne se passe bien. et on rejoint Almagelleralp et ce qui ressemble à un hôtel. On ne traine pas, la promenade se poursuit. On aperçoit les frontales de deux alpinistes qui nous précèdent. Et rapidement, on se rend compte qu'il y en a  d'autres qui nous succèdent. On aspire à rattraper nos prédécesseurs tout en espérant ne pas se faire laisser sur place par nos successeurs. J’imagine que le même type de pensée doit leur traverser l'esprit... Ah ce monde de compétition.

Bref on avance sur le sentier qui grimpe bien.

On passe à coté d'une tente au milieu de nul part, et puis zou... plus de sentier. Bon on essaie d'imaginer où il a bien pu passer mais on ne trouve rien, heureusement les frontale des précédents nous aspirent, ils sont en train de faire une pause sur le sentier à notre gauche. Parfait ! Nous revoilà parti vers la cabane qui s'approche à grands pas. Je propose une pause, validée par Bastien. Cela fait 3 h qu'on marche, on est dans le timing "rapide" que j'avais imaginé. Parfait !

  Les dernières cordées qui ont dormi là quittent le refuge.  Nous on se ravitaille. Je me bois un petit red bull, en guise de café (je sais c'est mal, mais c'est ma façon de gérer ces journées à rallonge....)

 

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

La pause est courte, on est déjà reparti, à l'arrière des cordées repues par un bon sommeil  au refuge. La suite est balisée de façon impressionnante, des flèches bleues et blanches inratables ! On avance, on rejoint les premiers névés, quelques dalles à remonter en adhérence. Les soleil point, faisant rougir la chaînes des Mischabel, je vois même le Täschhorn qui me nargue !

Quand prendre LA bonne photo, on avance, on s'arrête, la vue est différente, la couleur aussi, cela passe du violet, au rose, puis à l'orangée avant de donner leur couleur "normale" aux montagnes.

Avec le lever de soleil, que l'on espérait avoir au col, on a perdu un peu de temps à mitrailler le moment. On dépasse les premières cordées juste avant celui-ci. On en profite pour admirer le paysage, les rochers rougis du sommet juste au sud et la mer de nuage sur la plaine du Pô.

On repart, avançant assez efficacement, on rejoindre le gros névé en versant Est. Le soleil nous réchauffe, on a la pêche et la journée est magnifique. Au dessus de nous des dizaines de cordées. On en dépasse une de temps en temps, la remontée du vallon neigeux est facile, mais la neige est bien gelée ce matin et vu qu'on n'a pas mis les crampons, prudence quand même.

Au dessus, il faut les mettre, petite pause avant de repartir, toujours dans le vallon. On opte pour la variante qui reste dans le vallon neigeux avant de rejoindre l'arête. Les cordées sur l'arête se détachent avec derrière l'Allalinhorn... magnifique !

On rejoint l'arête pour la partie grimpe, on enlève les crampons et c'est parti.

 

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

On a décidé de ne pas s'encorder. L'idée est bonne , mais on dénote avec les autres, qui tous ont choisi la corde pour se relier. La grimpe, dans mon souvenir, n'est jamais très technique (j'avais gravi l'arête en solo, avec de la neige en 2007 ! et oui, ça commence à faire un moment ) l'avantage, c'est qua ça ne prend pas longtemps pour dépasser.

L'ambiance est bonne, on papote, j'avoue que je me sens en pleine forme, l'avantage de faire des 4000 tous les 15 jours, l'acclimatation devient un peu permanente.  Je partage quelques mots avec quelques uns des alpinistes sur l'arête. Tout en en profitant pour faire des images pour la vidéo (voir au dessus ;-) )

Comme souvent, je suis surpris par les raideurs de quelques passages rocheux, mes souvenirs les ayants complètements effacés ! Faudra que je travaille la mémoire. Le rocher reste bon, la plupart du temps , c'est de la rando, à d'autres, ça grimpe un peu, ça n'est jamais très dur de trouver des prises. Il y a parfois du monde, on patiente, mais souvent, les cordées nous laissent gentiment passer ! Et hop on poursuit la progression, passant d'un groupe de Suisse en cours de validation chef de course CAS, à un guide avec deux débutants, qui tire ses boulets sur la course.

On rejoint tranquillement l'antécîme, juste le temps de mettre les crampons et de s'encorder pour l'arête finale.

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

Le paysage est magnifique, on est sur cette jolie arête, les Mischabel à gauche et le Lagginhorn et le Fletschhorn à droite. Une petite partie en mixte amène à une seconde antécîme  qui elle permet de gagner le sommet ! Yes !

Superbe, lors de mon ascension de 2014, par le versant Nord Ouest, j'avais atteint le sommet dans le brouillard. Là, c'est un superbe ciel sans nuage qui nous accueille !

Bon, lors de mes deux ascensions, j'étais seul, là, il y a du monde je cherche un endroit un peu abrité du vent pour la pause.

Photos, vidéo, on profite presque une demi heure au sommet !

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

On change d'encordement, on allonge, pour la descente, annoncée spectaculaire cette année ! Et c'est parti, on traverse les premières petites crevasses un peu en dessous du sommet. Juste pour se mettre dans l'ambiance, on parvient à un collet pour une pause technique, oui, je pensais avoir un problème avec la Go Pro, en fait, ce n'était rien.

On repart vers le bas, pour croiser la première grosse crevasse alors que je chantais "Yellow submarine" avec mon joli brin de voix. Bon, j'avoue que ça m'a calmé, je me suis tu pendant la traversée.

On commence à croiser des cordées en provenance de Hohsaas. Souvent des cordées avec guide. Et, étonnamment, autant les guides versant Saas-Almagel étaient sympa et avenant, autant ceux là semblent faire la gueule. Aucun ne me lancera un bonjour avant d'avoir reçu le mien, et leur bonjour ressemblera souvent plus à un grognement qu'à une véritable salutation. J'essaie de comprendre ce phénomène. Peut être la routine de monter sur un glacier exposé pour gagner sa croûte...

Bastien fait pourtant des efforts pour ne jamais gêner les cordées qui montent, sortant de la trace bien avant de les croiser et s'arrêtant si nécessaire.

 

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

En dessous, on croise un gars en solo, en cette saison , avec les crevasses qu'il y a , ça doit être chaud !

On rejoint une petite épaule avant de bifurquer à droite, au cœur du glacier. Bim, une énorme crevasse, plus spectaculaire que dangereuse. Ensuite, la trace louvoie, en longeant une lèvre  supérieure. Elle traverse à droite, à gauche, je scrute du regard les séracs au dessus... Pas sûr qu'on soit bien à l'abri.

On parvient au spectaculaire passage de la descente, dans la crevasse. Bastien se lance, je le suis , la crevasse a la bonne idée de craquer à mon passage, pas glop !

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

De l'autre coté, il reste une descente raide, la sentier glacière fait de jolis virages tout en coupant une crevasse verticale par 3 fois.

Premier pas , un peu impressionnant mais ça passe... en dessous, c'est plus large, il faut sauter avec un pied d'appui précaire. Petit coup de stress, et petit saut, j'observe au passage l'abîme, la crevasse est gigantesque, du dessus elle parait petite...  Le troisième passage est une promenade de santé, on se retrouve sur le plat du glacier que l'on traverse pour rejoindre la rive droite. Courte désescalade avant d'enlever les crampons !

Alors que toutes les cordées vont s'arrêter à Hohsaas, on a décide de descendre à pied jusqu'à Kreuzboden.  On parle de projets montagnes mais pas que. Une randonneuse en jupette vient égayer notre descente. Nos yeux avides et concupiscents sont en accords avec nos esprits débauchés. De projets "montagne" on en vient à parler projets "mariage". Seulement il y a un os, et de taille, la belle a déjà un Don Juan. Et le type à l'allure patibulaire ne semble pas homme à se laisser piquer sa dulcinée sans broncher.

C'est un peu penaud que nous poursuivons la descente, des images plein la tête...

Voilà Kreuzboden

Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest
Alpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord OuestAlpinisme : Traversée du Weissmies 4023 m - arête Sud Est - face Nord Ouest

Voilà Kreuzboden. Mais où sont les Monster trotti qu'on avait loué lors de notre descente au Lagginhorn. On fini par entrer dans la station, ils sont là... Yes. L'employé de la station me donne une fiche avec les instructions, logiquement, il faut une pièce d'identité. On a tout laissé à la voiture (chut , faut pas le dire !) Je négocie nos sacs à dos, remplis d'ors et d'encens, qui feront office de caution, le type accepte. Re Yes.

On paye, et on demande des VTT plutôt que des trottinettes. Il n' y a pas assez de VTT, on aura droit à un VTT et une trottinette, à partager.

Et c'est parti pour une jolie descente bucolique. On a vite l'impression que les engins n'ont jamais été révisés, les freins grinces, les amortisseurs couinent, la direction est imprécise. On s'amuse quand même sur la piste puis la route. Les kilomètres s'enchainent dans ces magnifiques paysages, juste le temps de rejoindre Saas Grund, je parviens à choper assez vite un bus qui m'amène à Saas Almagell ou la voiture m'attend, reste juste à rentrer

 

Merci Bastien !

 

Vidéo alpinisme : Weissmies 4023 m - traversée Arête Sud-Est - Face Nord-Ouest

Apoutsiak — vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakValais4000

Depuis Saas Almagell par l'Almagellerhutte l'arête Sud Est, le sommet, le glacier verant Nord ouest , la station Hohsaas et la station Kreuzboden

Retour à Saas Grund en Monster Trotti

Tout ça à la journée ! 7 h depuis Saas Almagell au sommet

Alpinisme - Weissmies 4023 m dans le dédale des crevasses et des séracs de la face Nord-Ouest

Apoutsiak — alpinisme4000humeurValais

dans le dédale des séracs et des crevasses de la face nord ouest du Weissmies. Je vous emmène dans le labyrinthe de glace. Quelques passages impressionnants sur ce 4000 "facile" Petite vidéo pour les alpinistes, les anciens alpinistes et ceux qui rêvent de le devenir. Je vous emmène, encordé avec nous dans cette spectaculaire face Nord Ouest. Attention où vous mettez les crampons !

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Apoutsiak — alpinismeValaisZermattbut4000AD

L'arête Sud du Täschhorn est superbe

je l'avais déjà parcouru il ya 10 ans lors de notre traversée Täschhorn Dom

Je me souvenais d'une ascension rapide.

Ben aujourd'hui, ce fut long , très long ! (mais superbe !)

Presque sans fin

 

Vidéo

Topo

Topo Mischabeljochbiwak

De Täschhalp (2200 m) remonter légèrement la piste en direction  de la Täschhütte avant de prendre une sente qui permet de longer le torrent de Rotbach (attention, la sente n'est pas tout le temps hyper visible)

Rejoindre la piste vers 2500 m et revenir vers le torrent, on emprunte alors le sentier qui longe le torrent en rive gauche tout en suivant la moraine. Le sentier tourne en direction du Weingartensee. Ne pas rejoindre le lac mais suivre la sente qui remonte le vallon (sur la bosse) .

Repérer le point 3481 m et la vire qui se situe en dessous (cairns) suivre cette vire horizontalement. Pour sortir, continuer sur la gauche et contourner un éperon avant de remonter dans un couloir qui longe un torrent (le couloir présente des gravillons ) traverser le torrent et remonter la sente qui ramène au glacier.

Remonter le Weingartengletscher soit en restant en rive gauche au départ et en traversant les séracs, soit en allant chercher le centre du glacier et en le remontant au mieux.

Le glacier est très crevassé, méfiance (surtout à la descente quand il a bien chauffé)

Remonter en suite le glacier en rive droite et rejoindre le Mischabeljoch 3847 m puis le Mischabeljochbiwak auquel on accède par des échelles qui sont situés en dessous de lui.

Le bivouac est très bien équipé : poêle bois allumettes ustensiles de cuisine 20 lits couvertures et même des livres et des revues.

 

Topo Täschhorn

Depuis le Mischabeljochbiwak, redescendre l'échelle et traverser le col. Remonter versant Est de l'arête. (pieu au départ) Bien suivre les cairns qui indiquent parfaitement le chemin à suivre, soit versant Est soit sur le fil. On arrive à un grand gendarme qu'il faut contourner par la droite (Est) Remonter ensuite l'arête pour parvenir à un replat (4200 m) passer les quelques antécimes , traverser un couloir de glace et gagner le sommet par l'arête Est du sommet (la fin du parcours n'a pas été parcourue lors de cette ascension, et je ne me souviens plus de notre premier passage malheureusement)

descente :

  • soit par le même itinéraire,
  • soit par la Kinhütte (attention, un viaferrata en cul de sac pour cette descente et un glacier méga crevassé vous attendent)
  • soit en traversant sur le Dom
Topo descente du Täschhorn par la Kinhütte - source camp2camp

Topo descente du Täschhorn par la Kinhütte - source camp2camp

Récit

De retour de notre périple au Lauteraarhorn, j'ai un doute. Benjamin veut faire le Täschhorn, mais je ne le sens pas. Je lui propose tout un tas d'autres courses, notamment la traversée du Blumlisapl qui semble en condition. Il y a trop d'inconnu pour moi, le bivouac est officiellement fermé pour cause de Covid (on ne sait même pas s'il est ouvert) l'arête qui ne sera surement pas tracée. La neige qui risque d'être trop présente, les températures qui sont élevées.

Benjamin a insisté, on est quand même parti pour le Täschhorn

Je propose à Benjamin de dormir à Täschalp, pour partir tôt et monter au refuge par le Weingartengletscher dans de bonnes conditions. Le glacier a la réputation d'être crevassé.

On covoiture pour rejoindre le parking. Benjamin installe sa méga tente, tandis que je dors dans la voiture. Il pleut, on mange comme on peut et on se couche tôt. Demain, la montée au bivouac est déjà une course.

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Le réveil étant à 4 h 30, on déjeune, on balance la tente dans la voiture et à 5 h 10 on est parti dans le brouillard, moral au beau fixe, mais dans le brouillard quand même.  On remonte la piste puis on trouve une vague sente après avoir allumé le GPS pour vérifier la trace. La sente devient par moment sentier, Le sentier est bucolique, des fleurs de toutes les couleurs, des arbustes, on réussi à passer au dessus du brouillard, vue magique , du Cervin au Weisshorn avec une énorme mer de nuage qui fait la course avec nous. Le sentier est efficace, on réussi à gravir 450 m en une heure, le rythme est bon, on a quand même pas mal de matos sur le dos.

On fini par gagner la course avec les nuages, c'était pas gagné, ils n'arrêtaient pas de monter. On se retrouve sur une vilaine moraine avec un sentier un peu raide, mais on avance et on rejoint les pentes au dessus du lac au bout de 2 h. Petite pause pour faire le plein d'énergie et profiter du paysage...

On poursuit alors vers le Crux de la journée. Il faut d'abord rejoindre les névés, tout en longeant de loin la Rotgrat de l'Alphubel, gravie en 2007 avec Helmuth et Stinj

Les névés gagné, on remonte les portions raides en passant par les rochers puis on sort les piolets pour une traversé de névés qui permet de rejoindre la vire. Le début de la vire est rando, puis, plus on avance, plus ça devient technique. Hésitation, je fais sournoisement passé Benjamin, meilleur grimpeur que moi, devant...

 

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête

Après une première tentative dans une dalle bien trop difficile, on décide de partir sur la gauche à flanc. Benjamin contourne un éperon avec brio, je le suis comme je peux. Le style est moche, heurté, haché, mais je passe, là ou Benjamin avait survolé le passage. Bon je suis passé,  et là est le principal. Ensuite on remonte une dalle peu prisue, pleine de gravillon, le rêve. On fini par traverser et gagner la sente qui rejoint le glacier... Mon domaine !

 

On enfile les crampons et je repasse devant, les crevasses, même pas peur, je ne suis pas comme ma petite femme qui passe son temps à les sonder (voir la sortie traversée des Dômes de Miage d'il y a 15 jours où Sandrine avait tenter de sonder les entrailles du glacier... )

Bref je pars devant, Benjamin, 15 m derrière, comme dans les livres, parfait. Au départ on suit une vieille trace, qui s'efface par moment de façon étonnante. Je vise les endroits qui me paraissent les plus "safe" sur ce glacier qui a mauvaise réputation. Heureusement on est en début de saison et on est parti tôt, ça n'est pas très compliqué de trouver  un itinéraire. On voit quand même les perfides crevasses et leur légère dépression de terrain qui lézardent le glacier...

A gauche, des crevasses, à droite, des séracs, on vient buter sur une crevasse plus grosse que les autres. Je choisi de la contourner par la droite, puis je traverse, ça passe, au dessus, il y a encore 3 vaguelettes de crevasse puis plus rien (le terme de vaguelette ne préjuge en rien de la non dangerosité de la crevasse , NDLA)

Le soleil chauffe déjà, l'avant de mon crampon gauche botte, il fait chaud, on cuit. Le col qui paraissait si proche, s'éloigne à chaque pas, à moins que ça soit un mirage. Finalement notre ténacité aura raison de lui, le col se dévoile et la vallée de Saas, le Fletschhorn, le Lagginhorn et le Weissmies.

Je décide de filmer Benjamin tandis qu'il monte au bivouac par les échelles.  Une fois arrivé en haut, il tente vainement d'ouvrir la porte du bivouac, "C'est fermé !"  me lance t'il.

Streeeeeessssss

On avait envisagé cette hypothèse, sachant que les bivouacs sont sensés être fermés durant la période de Covid. On avait même évoqué cette hypothèse et j'avais dit, on bivouaquera dans nos sacs à dos. Ça le fera. J'aurais quand même préféré dormir dans le bivouac.

Heureusement, Benjamin se rend compte qu'il a manipulé les poignées à l'envers, le bivouac est ouvert, je le rejoins. Ouf !

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Le temps de faire une pause, pour manger un peu, j'avoue que je suis pressé d'aller faire une reco sur le sommet comme précisé dans les topos. Benjamin est moins chaud, mais vu qu'il est poli, il fini par venir.

On redescends l'échelle et je pars devant. J'avoue que je m'en suis pas mal sorti, de cairn en cairn, de sente en sente, d'une pente d'éboulis à une autre entrecoupée d'un petit passage d'escalade. Restant parfois face Est, parfois sur l'arête. La vue est superbe, le rocher est chaud, quel bonheur de grimper dans ces conditions. J'avance pendant une heure, je passe une section de neige, puis une autre, et je viens buter sur un menaçant gendarme. Je fais demi tour à son injonction et déclare la reco terminée. On fait une pause sur dalle, face à l'Alphubel qu'on a gravi il y a deux mois. Nos traces sont depuis longtemps effacée ( à se demander si elles ont été jamais écrite)

On repart pour la descente. Et même si on se fourvoie par moment, les cairns nous ramènent dans le droit chemin. On rejoint le col, et le confort du refuge.

Pendant que , telle une frénétique abeille, je m’occupe de mille taches, Benjamin part pour une sieste. Je crois que je l'ai saoulé. J'allume le feux, l'alimente, fais le plein de bois en allant le chercher à l’extérieur, fais fondre la neige. Chercher de la neige derrière le bivouac, la tasser, la ramener, la mettre sur le feux, vérifier le foyer...

Je finis par avoir une quantité d'eau appréciable.

Le refuge est bouillant, le bois est sec, il chauffe bien, trop bien, et le poêle ne permet pas de régler le tirage... Je finis par faire une petite sieste. L'heure du repas est là, les doutes reviennent.

Je prends la météo suisse qui annonce un isoterme 0°C à 5000 m. Non, pas ça, pas maintenant. Mon cerveau a du mal à intégrer cette information, l'isotherme, ils l’annoncent pour la  nuit ou pour la journée ...

Sur météoblue ils annoncent  -7°C au sommet du Dom cette nuit.

Je fais le point avec Benjamin. Les cordées mettent en général 3 h 30 pour atteindre le sommet. En mauvaise condition ça peut prendre 5 h max.

Je sens que mes doutes me reprennent, ce satané mal des rimayes que je traine depuis 3 jours. Pourtant ici, de rimaye, il n'y a point.

Je file au lit avec mes doutes...

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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3 h 30, le réveil sonne. La chaleur du feux est depuis longtemps partie. Les gestes matinaux sont réglés pour ne rien oublier. Ranger le lit et ramener les affaires dans la cuisine, s'habiller, déjeuner, mettre son matos. Il fait beau, c'est la pleine lune, 100 % a annoncé ma montre. Je mange mes gâteau du matin. Un petit thé et c'est parti. On sort encordés du refuge. Descendre les échelles et ne pas s'en coller une pour rejoindre le col, tout est verglacé et la corde qui sert de main courante est en lambeau...

Je pars devant, comme hier, je m'en étais bien tiré, je ne vois pas pourquoi ça ne se reproduirai pas. Il est 4 h 10 et le soleil point déjà derrière le Weissmies. J'avance à un bon rythme en mettant des protections aux endroit que je crois opportun (quand j'en trouve).

Je louvoie entre la face Est et l'arête, au gré des cairns. La frontale les éclairent un par un. Je me retrouve dans l'ombre du grand gendarme et pourtant il fait nuit. Et comme un cheval devant l'obstacle, je me cabre. Je ne vois pas de solution. Rapidement, je laisse Benjamin passer devant, il semble plus lucide que moi. Il contourne la bête. Je le suis, plein de doute.  Le mal des rimayes est bien là, et je ne sais pas pourquoi. Je ne l'ai jamais eu à ce point là. Le passage sous le gendarme est désagréable, en léger dévers, le sac frotte, les crampons crissent. On remonte sur l'arête, la neige, Benjamin prend un bon rythme. Rien n'est tracé. Il reste juste de vielles traces par endroit. On va devoir tout se taper, surtout Benjamin. Pourtant c'est magnifique, l'arête est fine, on la gravi parfois à l'ouest, versant Täsch, parfois à l'Est versant Saas. C'est spectaculaire  mais c'est ce que j'aime. La vue est splendide. Mais mon envie est restée accrochée sous le grand gendarme. Benjamin me demande même si je veux faire demi-tour. Je décline la proposition alors qu'une partie de moi souhaiterai être ailleurs qu'ici.

Benjamin progresse, le sommet est loin , très loin, le temps passe, et même si on va vite, la progression n'est pas très rapide tant on perd du temps à tracer, à choisir ou ça passe.  Mais je finis par croire qu'on va arriver au sommet, je sens la motivation de mon accolyte.

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Je consulte la montre, 3 h 30 qu'on est parti, on va de ressaut en ressaut, rencontrant des difficultés à chaque passage sans que ça soit irrémédiable. L'alti me donne 4150 m, on n'est peut être un peu plus haut, je ne l'ai pas recalé au bivouac.  Plus on monte, plus il y a de neige. Le paysage est superbe. Le sommet reste inquiétant, on n'a pas bien compris la fin du topo : traverser un couloir de glace puis remonter l'arête Est du Täschhorn, on n'est pas sur de notre coup. Alors on grimpe en regardant le boucler final, essayant d'y imaginer un passage, ça serait si facile si c'était tracé.

On va de bosse en bosse, ça monte, ça descend, Derrière chaque bosse il y a une autre bosse.

On parvient à une corniche. Benjamin hésite il la tapote avec son piolet, sans gros résultat et finit par  me demander de passer. Je suis content, on fait appel à moi quand il s'agit de bourriner... Ma spécialité. C'est mon talent. Je commence par y aller au piolet puis avec de grands coup de crampons et le tour est joué. Je suis tout de même content de passer devant et de ne pas subir ce mal des rimayes. Je trace 5 minutes, je  consulte ma mon alti, déjà 4 h 22 qu'on est parti.

Je regarde le sommet, si loin, le temps de tout tracer... à mon avis 2 h et minimum 1 h pour revenir ici. On va exploser l'horaire et la face Est qui chauffe à vu d’œil, on a déjà vu plusieurs avalanches. Je crois qu'on a assez joué. Il est trop tard, il fait trop chaud, rien n'est tracé. Il est prudent de rentrer !

On s'octroie une pause ou on papote. La décision est collégiale. La prudence engage à faire demi tour.

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C'est reparti dans l'autre sens. Benjamin devant, fait la trace dans une neige qui se dégrade minute après minute. En face Est on s'enfonce jusqu'au genou, sans trop savoir si tout va partir sous les pieds. Le retour va être long. Benjamin peste, il a plein de neige dans les chaussures. J'avoue que je suis soulagé de ce demi tour, mais je ne serai tranquille qu'au refuge, voir sous les vires...

On progresse lentement, il faut repasser chaque petite bosse. Le col est  au fond, tout au fond, bien loin.  En face ouest, ça va encore, on s'enfonce à présent, mais la neige est correcte, quand on passe à l'Est, elle est trempée , sans consistance. On ne peut même pas espérer que nos traces de montée tiennent. Le gendarme est encore bien loin.

On avance dans la chaleur. Le paysage est magnifique et j'avoue que je profite de certains moments pour faire de jolies photos. Au loin on voit le monde au sommet de l'Alphubel.

Mais je reste concentré. Le terrain est délicat et le gendarme s'approche. Le stress également. Quand on est au dessus, je vois une vieille trace qui pars à gauche, alors que notre trace vient de la droite. Je propose à Benjamin de la suivre. Il s’exécute en pestant "c'est pourri". Je le rejoins puis il plonge à l'Est, il passe une dalle en m'annonçant que c'est mal commode.  Je ne le vois plus quand vient mon tour. Je remonte en longeant le pied du gendarme, je décide de contourner le bloc dalle, qui passe très bien par la neige, j'ai contourné sournoisement cet obstacle; on avance et je me rends compte qu'on est passé du coté clair de la force, le gendarme est derrière nous . Yes, soulagement ! Aujourd'hui, je n'étais vraiment pas  dedans ! Nouvelle pause, on n'en a pas fait beaucoup, puis je repasse devant pour nous guider dans la partie sans neige. De cairn en cairn je ramène notre cordée vers le col, puis vers le bivouac. Une cordée en est à l'approche en provenance de l'Alphubel.

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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On se fait chauffer de l'eau pour un thé.

La cordée entre, Un guide et son client, des Suisses Allemands des grisons. On leur propose à boire. Ils sont surpris de voir le bivouac ouvert. Ils viennent de la Langlfluh (Saas) sont montés à l'Alphubel et compte descendre à la Taschhutte (2700m) pour remonter ici demain et faire le Täschhorn dans la journée. Quelle bambée. D'autant plus qu'ils sont ici... maintenant ! Leur projet me parait incroyable, c'est déjà si long depuis ici, mais pour le coup, ils auront la chance d'avoir nos traces. On donne quelques infos au sympathique guide sur la voie et les conditions. Ils finissent par partir pendant que nous nettoyons le bivouac.

Et ça m'arrange, je ne voulais pas jouer les bizuths suicides sur le glacier crevassé. On les voit par la fenêtre traçant avec difficulté la neige soupe  du glacier. Un peu plus tard, on quitte nous aussi le charmant bivouac.

Descente des échelles et attaque du glacier, sans crampons, on se doute que ça va être "soupe à la grimace" J'avance d'un bon pas, mais Benjamin trouve que c'est trop rapide, j'essaie de ralentir le pas 5 minutes avant de retrouver mon rythme.

On avance et on voit notre trace de montée qui part à gauche, tandis que la trace de la cordée part à droite. A gauche, c'est une trace faite par mes soins à un horaire différent, il va falloir retracer. A droite, nos amis auront eu la courtoisie de tester les éventuels ponts de neige. J'avoue que j'aimais bien ma trace de montée , mais pas au point de vouloir la retester en mauvaise condition. On suit donc la trace de la cordée qui va contourner la grosse crevasse par la droite. Et ben leur solution n'était pas géniale géniale (ils nous ont dit qu'ils avaient repéré le tracé depuis le sommet de l'Alphubel) Bon maintenant qu'on y est, on ne peut plus rebrousser chemin. En contournant la grosse crevasse, on  passe sans doute sur un pont de neige, la crevasse n'est pas loin, on ne traine pas. Arrive plus bas un premier trou : l'un des deux a mis son pied dans une crevasse. Je l'annonce à Benjamin et j'opère un petit saut. On poursuit, tout en traversant le glacier vers la gauche. Et là, je vois un énorme trou ! ils ont du se faire peur : le trou fait 1 m de large, la crevasse est large et profonde, de notre coté on ne peut savoir où est exactement le bord. Dans ces cas là, ne pas tergiverser, il faut avancer . J'annonce l'obstacle à Benjamin, je prends appui sur la trace de ce coté ci de la crevasse (mais pas trop) , je saute, et hop me voilà de l'autre coté. J'avance un peu, une autre crevasse s'annonce, elle est bouchée, mais le ressac a tracé son contour. Malheureusement je vais être dessus quand Benjamin sera sur la grosse.

On se parle pour synchroniser les mouvements. J'attends le top départ tel un champion de formule 1. Des qu'il annonce j'avance, Benjamin fait un énorme saut, il termine en roulé boulé loin du trou (peut être a t'il battu le record du monde de saut en longueur à cette occasion, personne ne le saura jamais, je n'ai pas eu la présence d'esprit de mesurer le saut...) Bon, c'est passé.

On repart, j'avance, traversée légèrement descendante, mon pied gauche s'enfonce , je bascule en avant, flûte, une crevasse, je tente de me relever ,l'autre pied également dans un trou, la même crevasse, je bascule sur le coté, c'est pas rigolo. On était dans le sens de la crevasse. Invisible avant notre passage, l'autre cordée est passée sans dégâts.

Je comprends que l'autre cordée a mis les crampons, comme des moutons, on fait pareil.

Et hop on repart, vers la gauche, ils ont traversé les séracs. D'où les crampons. On les suit, de toute façon il n'y a plus aucune trace de notre montée. On aborde le passage avec prudence. Un peu de glace, de la neige, des trous, tu ne sais plus ce qui est une crevasse ou un pont de neige, de la glace ou pas. Un léger stress parcours la cordée. J’essaie de conseiller Benjamin au mieux.

Je suis la trace tout en vérifiant les endroits où j'ai des doutes. Passage peu agréable d’autant plus que j'ai été échaudé.

On fini par sortir sur la gauche dans des névés sympathique. A coté du glacier, tout parait sympathique et on rejoint la cordée des Suisses pour partager nos déboires glaciaires. Ils finissent par partir en empruntant le dos de l'éperon, tandis que nous avons décidé de partir par la vire, coté Sud (comme à la montée) Je descends une sente, je traverse  un ruisseau , une vilaine dalle non prisue m'accueille. "Coucou Guillaume, comment va ton mal des rimayes ?" me lance t'elle. Elle me parle ! J'hésite, le stress monte, Benjamin m'assure, sur du gravillon ,juste la corde à la main, autant dire que c'est du solo, si je pars, je l'embarque. J'hésite, je refais le geste à faire. Je finis par me lancer, une goutte de sueur perle sur mon front, zero prise, juste en adhérence, rien pour les mains, mon rêve... Je crois que je préfère re-traverser le glacier méga crevassé de tout à l'heure. C'est tout dire !  Mais je passe, le style n'est pas là, mais le résultat, lui, y est ! Je parviens à trouver un béquet pour assurer Benjamin, qui lui virevolte, et passe en deux secondes... je suis vraiment une bille, un usurpateur. Il faut descendre à présent. Hop je repasse devant, la dalle m'annonce "tu ne passeras pas, tu ne passeras pas, si tu tombe, c'est la chute, si tu chutes, c'est la tombe. " Effectivement, il y a du gaz, maladroitement je redescends comme je peux, je sais que le salut n'est pas loin. Enfin la vire. Benjamin me demande de l'assurer, je suis en bout de corde, pas un béquet pour mettre une sangle, pas une fissure où placer un friend... Je lève les yeux, et là, le spit, le spit décrit dans le topo est juste au dessus de ma tête ! Je fais venir Benjamin et lui fait part de ma trouvaille ! Je suis enfin soulagé, le mal des rimaye est passé, je me retourne, je vois la dalle qui fait la gueule, mais je sais qu'elle sera là la prochaine fois, à m'attendre et à me mettre la pression. il y a des jours et des lieux comme ça ! Je file sur la vire et on rejoint le névé

Pour une descente sur les fesses d'anthologie, pas sur que le fond de pantalon en Goretex est apprécié, les petits cailloux judicieusement disséminés sur le névé. On s’octroie une pause un peu plus bas. Benjamin espere secher ses groles complètement trempées, j'ai peu d'espoir !

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Je pars devant, rejoindre un cairn. Benjamin me rejoint, et on attaque la descente, qui il faut le dire, est efficace. Après avoir descendu en ramasse un dernier névé. On chope le sentier et on descend la moraine, le long du torrent qui charrie toute  la neige fondue du glacier. La descente est rapide, on papote, on discute de la prise de décision. Qu'est ce qui nous a fait faire demi tour. Et si ç'avait été le 82ème 4000, que l'hiver s'annonçait et que c'était la dernière fenêtre de beau temps, serait-on allé au sommet. Bien entendu, on n'a pas de réponse, mais prendre la mauvaise décision  pour une mauvaise raison, ça arrive malheureusement parfois. Aujourd'hui, ça serait peut être passé, mais on aurait eu une descente vraiment compliquée, et sur l'arête et sur le glacier !

 

La descente se poursuit dans un jardin magnifique sous le sifflement des marmottes Des fleurs de toutes les couleurs. Ça agrée cette fin de journée. On rejoint la voiture vers 17 h 15.

Reste à la ranger (ce qui n'est pas une mince affaire)

A séparer le matériel de l'un et de l'autre

Et à se rentrer !

Avant de repartir pour de nouvelles aventures

 

Alpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arêteAlpinisme : Täschhorn 4491 m - but à 4200 m sur une magnifique arête
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Vidéo Alpinisme : Lauteraarhorn 4042 m

Apoutsiak — 4000OberlandAD

Les 9 4000 de l'Oberland

Apoutsiak — Oberlandalpinisme4000

Les 9 4000 de l'Oberland

Par ordre d'ascension

 

Le Finsteraarhorn 4274 m (Juillet 1999)

L'Aletschhorn 4193 m (Mai 2006)

Le Gross Fiescherhorn 4049 m (avril 2009)

L'Hinter Fiescherhorn 4021 m (avril 2009)

Le Mönch 4107 m (Septembre 2009)

Le Gross Grünhorn 4044 m (Avril 2014)

La Jungfrau 4158 m (Avril 2014)

Le Schreckhorn 4078 m (Août 2016)

La Lauteraarhorn 4042 m (Août 2016)

 

 

 

 

Les 9 4000 de l'Oberland

Finsteraarhorn

 

Aletschhorn

 

Hinterfierscherhorn

 

Gross Fiescherhorn

 

Gross Grunhorn

 

Jungfrau

Mönsch

Schreckhorn Lauteraarhorn

Vidéo Alpinisme - Mont Blanc 4810 m - Conseils Techniques - Le Mont Blanc pour les nuls

Vidéo donnant de multiples conseils pour l'ascension du Mont Blanc par l'arête des bosses

Si vous avez des questions, équipement, acclimatation, nutrition, ou autre, n'hésitez pas à m'en faire  part en commentaire !

Bonne course ! smiley

 

 

Ski de randonnée : Grand Paradis 4061 m Février 2020

Apoutsiak — Ski de randonnéealpinisme4000Les 100 plus belles

Il n'y a plus de saison, ma bonne dame...

Avant, tout était clair, on faisait de l'alpinisme l'été et du ski de rando, au printemps, le ski de randonnée s'appelait même le ski de printemps, c'est pour dire.

Ben maintenant, tu peux faire les sommets à tout moment, monter à 4000 m en plein hiver sans avoir trop froid, arriver au refuge dégoulinant de sueur tant il fait chaud !

 

Vidéo :

Topo :

Refuge Victor Emmanuel

Se garer au parking de Pont (Le Breuil) 1935 m

Grand parking gratuit pour le ski de fond

Partir à droite du torrent (rive gauche donc), on a voulu suivre les pistes de ski de fond, on s'est fait engueuler par le surveillant général, rejoindre le pont 400 m plus loin environ (à plat), le traverser et remonter les pentes en direction de l'Alpe Chanté (en suivant au mieux le chemin d'été) .

L'Alpe chanté n'a rien d'enchanteresse, on a eu droit à une neige béton, les skis sur le sac, on aurait même du sortir les campons si on avait été raisonnable.

Au dessus, remonter les combes faciles pour rejoindre le refuge Victor Emmanuel 2735 m

Refuge d'hiver au dessus

Couvertures, poêle, bois, pas de papier, quelques ustensiles de cuisine mais pas de casserole pour la neige.

Grand Paradis

Partir vers le Nord rejoindre la grande Combe et la remonter pour gagner le pied du glacier. Prendre à droite la rampe (pour info, le mieux est de remonter la deuxième rampe en neige avant le verrou) la remonter puis tirer à gauche dans la pente raide qui permet d’accéder à la partie supérieure du glacier.

Remonter le glacier en direction du Bec de Moncorve. Puis tirer à gauche après le col (pente raide)  pour gagner le plat final et la rimaye (s'il y en  une)

Laisser les skis vers la rimaye (pas dedans, vous en aurez l'usage à la descente)  remonter l'arête facile plutôt versant ouest ou sur son fil. On passe sous une première tour que l'on laisse à droite. Le crux de la voie est 20 m avant le sommet. La petite tour se contourne par la droite, deux queues de cochon permettent d'assurer. Bonnes prises pour les pieds, gros vide en dessous. Vous atteindrez enfin la tant attendue vierge.

Descente par le même itinéraire.

 

Descente du refuge :

Soit par le chemin d'été

Soit, s'il manque de neige : Descendre  sous le refuge en direction du Ciarforon, et remettre les peaux 50 m plus bas. Remonter les pentes qui permettent d’accéder au pied de l'éperon qui descend du Ciarforon (collet, cairn à main droite en haut) compter 40 minutes, moins si vous êtes en forme ...

Poursuivre le plus à flanc possible pour passer le plus possible le long du Bec de Monciair (au pied de son éperon) pas mal de pousse bâton. De là rejoindre le haut de la rimaye du glacier du Grand Etret. Descendre la rimaye (raide) et descendre le vallon, la fin en rive droite du torrent pour regagner la voiture.

Cet itinéraire n'a pas été validé par Benjamin...

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

Récit :

Bon moi, au départ, je voulais juste aller gravir la Rosablanche (après une multitude de buts !!! ) J'avais dans l'idée de gravir la Rosablanche le vendredi, de dormir à Bourg Saint Pierre et de partir pour le Combin de Corbassiere par le col de Pannossiere Samedi, un bon gros truc de bourrin avec près de 2500 m de dénivelé...

 

Bon jeudi soir, Benjamin me propose le Grand Paradis. C'est loin et je l'ai déjà gravi 3 fois, mais l'idée de le gravir en février m'amuse (et faire un joli hold-up). Il ne faut pas vraiment me pousser fort pour que je parte pour un 4000. 

 

Jeudi soir, c'est soirée en famille (on est allée voir Kheiron, je recommande) couché tard, forcement, la destination des 2 jours n'est pas certaine, on décidera sur le parking à Martigny (mais vu que vous avez lu le titre de l'article, le suspens va être limité)

Courte nuit (trop courte) et hop direction Martigny, et décision de partir pour le Grand Paradis, Un tunnel du Grand Saint Bernard plus tard on se retrouve dans le val d'Aoste, bien sec, on remonte le Valsavarenche ou on fait le plein de bouffe à Introd dans une petite épicerie. Voilà Pont, le parking des pistes de ski de fond. Un chamois se donne en spectacle peu avant l'arrivée au parking sur le bord de la route, on est bien dans le parc du Grand Paradis !

 

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Bon, j'avoue, je mets du temps à m'équiper, le sac était prêt pour une sortie à la journée et il faut tout modifier, changer de sac, prendre le matos d'alpi, la bouffe, sans rien oublier... Benjamin patiente poliment, je me suis étalé sur plusieurs hectares de parking pour m'organiser. Le casque... il ne rentre pas dans le sac, j'hésite, j'aimerai bien le prendre... Benjamin ne le prend pas . Ça m'aide à prendre ma décision. Où comment prendre une décision... bêtement !

Alors que Benjamin m'attend sur la piste depuis 3/4 d'heure, piaffant, je suis enfin prêt, on a à peine fait 10 m qu'un pisteur patibulaire vient nous indiquer qu'on ne peut pas passer par la piste de ski de fond. Ça commence mal. Vu la tête du pisteur on insiste pas et on fait demi tour. On prend un chemin à piéton bien désagréable tout en essayant de comprendre  ce que nos skis de rando auraient pu faire à la piste de fond ...

A part le fait de ne pas payer le forfait pour 300 m de piste commune on n'a pas trouvé !

On progresse donc sur la piste à piétons avant de retrouver un pont, puis la vague trace de montée qui doit être celle qui mène au refuge. ...

Et c'est parti dans la forêt, la trace vient buter sur une barre rocheuse avec une cascade de glace... chaud. On hésite, je finis par sortir le portable avec une vague carto (oui j'ai la France et la Suisse, mais pas l’Italie, et comme deux pros, on n'a pas pris de carte... Comme excuse je peux dire que j'avais parfaitement préparé les autres itinéraires : Rosablanche, Corbassiere ou Vélan.

On finit par suivre une vague trace qui part à gauche et qui semble suivre le chemin d'été (tout cela n'est qu'hypothèse) CA doit être ça qu'on appelle : l'Aventure !...

Trace à flanc, raide, dans une forêt. On rejoint le véritable chemin d'été... ouf ! Au début facile, le chemin se raidit, dans une zone très à l'ombre, la neige est verglacée, parfois béton. On met les couteaux. Une petite traversée nous attend. Je suis devant, un abysse à gauche, neige béton sous les skis, pas droit à l'erreur. Je me concentre, j'avance de 10 m au milieu du couloir. Le mouvement de terrain devient défavorable, impossible de planter le couteau de l'un ou de l'autre des skis. Benjamin me conseille de monter, ça passerait mieux. Je ne le sens pas. Le vide m'aspire. Je décide de déchausser là, en pleine pente. Je tape un pied, il ne tient que sur 1/2 cm de profondeur. Bon, l'autre maintenant. Ça passe, je récupère mes skis, je fixe les couteaux sur mon sac. Je pars derrière Benjamin qui a opéré le changement plus rapidement. Il galère même à pied. La neige est vraiment hyper dure à cet endroit, on a bien fait de déchausser. le couloir est traversé, la suite a l'air plus facile, on reste à pied, il va falloir regagner la rive initiale, et les passages ont l'air aussi bétons et raides...

On décide de monter le long d'une zone mixte terre neige avant de traverser à un endroit où la neige semble être moins lissée et dure que dans l'étroiture du couloir. On monte, on hésite, mais on avance vers le haut. Benjamin se lance dans la traversée. Ça semble passer, il finit par se retrouver dans une zone pourrie où il s'enfonce jusqu'à la taille, mais les difficultés sont derrière nous. On aurait pu mettre les crampons... on aurait du mettre les crampons.

On monte encore un peu à pied et on tombe sur un chamois, tranquille pepouze, allongé sur la trace. Bon, malheureusement, on l'a réveillé et il s'est barré, il n'avait qu'à pas rester sur la trace.

 

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On remet les skis et on poursuit vers le haut, une famille chamois traverse un relief au loin, ça nous occupe, ils viennent dans les rochers à notre gauche puis nous observent. Nouvelle pente raide à ski, quelques jolis virages, le refuge ne devrait plus être loin, reste un grand replat, on finit par l'apercevoir.  On passe devant le grand refuge d'été fermé, pour rejoindre le refuge d'hiver au dessus. Petit mais cosi.

A présent, il faut retrouver les réflexes de l'hiver

Faire du feu, faire fondre de l'eau, faire à manger, manger, dormir...

Étant donné qu'on a l'air aussi peu doué l'un que l'autre, je me lance pour faire le feu. Il n'y a pas de papier mais je trouve du PQ qui fera l'affaire, et vu que le bois est sec, le feu prend rapidement... ouf ! ( j'ai déjà eu de grandes galère à faire partir un feu en refuge d'hiver humide - Albaron, juin 2018)

J'attaque la fonte de la neige, puis je décide de fendre du bois, il y a un gros stock dans le sas d'entrée, mais il n'est ni coupé ni fendu. 2 grandes haches me permettent de libérer mon âme de bucheron.

A 18 h on attaque le repas

A 18 h 30, quelqu'un apparait à la fenêtre, un italien, Francesco, on papote, il nous annonce l'arrivée de 5 filles. On se pourlèche les babines, on commence à imaginer des trucs, (gras)  quand il nous annonce que c'était juste une blague, la déception qui s'en suit est proportionnelle à nos espérances... (qui a dit qu'on était des pervers ? on a juste un peu d'imagintaion , c'est tout ! )

Demain, Francesco partira pour le Tresenta.

19 h 30, on se couche, 19 h 45, un petit cacheton pour dormir (je sais c'est mal,... mais, j'ai bien dormi ! )

3 h du mat, j'émerge, mais on a le temps, le réveil est à 5 h .

 

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5 h, réveil, petit dej et départ, Benjamin est ddéjà prêt depuis longtemps quand je suis enfin sur les skis. Une énorme pleine lune va nous accompagner. C'est parti. Je fais la trace, vu que je suis le plus lent, ce qui donne le rythme. On part tranquillement sur la gauche pour récupérer la combe du glacier. Quand Benjamin me passe devant, il me largue. Derrière nous, la pleine lune fait un effet magnifique avec les nuages, un disque énorme bien plus grand ! Bref, je skie en regardant derrière moi, ce qui n'est pas très prudent.

On remonte la grande combe tout en hésitant sur la rampe à prendre à droite. Et oui, comme deux quichons on n'a ni carte, ni GPS, ni téléphone avec la carte !!! (on a juste les téléphones avec la carte française ou suisse !)  Bref il faut faire appel à mes souvenirs, je suis passé par là il y a 10 ans... donc facile...

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On finit par opter pour l'avant dernière rampe, avec les couteaux ... La neige est bien dure ce matin. Et on progresse de conversion en conversion dans la pente assez raide. Au dessus on arrive sous une pente encore plus raide. On met les skis sur le sac, les crampons (oui la leçon d'hier nous a servi ! ) et hop on galope vers le haut ! Enfin quand je dis galoper, tout est relatif, on dirait plutôt deux escargots qui galopent vers le haut avec leur maison sur le dos. On a donc bien le temps de les voir passer.

Le soleil point,

Le Mont Blanc rosi

Je crois même que les Grandes Jorasses m'ont fait un clin d’œil

Je montre à Benjamin, le col Emile Rey, lieu d'un bivouac Épique

Je suis quand même le mec le moins fort et le moins technique ayant réalisé les 82 4000

L'usurpateur !

Au dessus, on rejoint le glacier du Laveciau. La glace est apparente en plein centre du glacier... moche. On continue de remonter sur ce qui semble être la moraine. Au loin, le Bec de Moncorve, que j'avais trouvé si beau lors de ma première ascension , en 1990, je crois, et oui, ça date, je deviens vieux ! Mon premier 4000, il y a 30 ans !

Le vent est là, le temps n'est pas très beau, ça devrait se bâcher , de grands nuages longs annoncent le changement de temps. Dommage.

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Courte pause au col, avant d'attaquer la dernière pente raide en crampons. Le paysage est magnifique, il  y a de petites tours très esthétique partout, j'adore cet endroit.

Pendant la montée, l'émotion me gagne, je sais que mon père, décédé l'an dernier, est passé ici il y a près de 50 ans. Il était accompagné de quelques oncles et tantes mais surtout de mon Grand-Père et de ma Grand-Mère. Je pense aussi à l'ascension de 1990, ou ma tante, Jeanne, nous avait emmené, nous, 15 post-adolescents, jusqu'à la rimaye. Dans l'équipée il y avait Marie-Agnès et Claire, décédées depuis !

Je pense à mes cousines, Gabrielle et Catherine, qui ont gravi le sommet il y a peu d'année et pour qui cela restera sans doute comme l'exploit d'une vie alors que j'ai la chance de me retrouver là pour la 4ème fois au sommet que je vis des moments similaires de nombreuses fois dans ma vie. Je sais la chance que j'ai.

Je me laisse gagner par l'émotion, agréable. Ce sommet est vraiment un sommet familial.

La partie finale est si belle.

 

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Encordés, nous remontons la petite pente raide qui permet de gagner les rochers, pas de rimaye aujourd'hui (enfin elle devait être là mais on ne sait pas où)

Je pars devant, laissant une grosse tour à main droite, pas vraiment de difficulté, l'escalade est en II, je suis à l'aise !  On parvient devant le crux, je laisse Benjamin passer devant pour faire une vidéo jolie.  Benjamin virevolte dans le passage technique, 200 m de vide sous les pieds, il passe le long de la dalle, perché sur un poil de neige pausé sur une marche du rocher. Mais vu qu'il virevolte il avale le passage, je le rejoins, plus lourd, moins aérien, ben oui, on a la classe ou on ne l'a pas.

Dire que j'ai emmené Force Rose ici quand nous étions jeunes, je ne me souviens plus comment elle avait passé ce passage un peu vertigineux... Elle non plus, je lui ai demandé en rentrant !

Derniers mètres, le sommet, la joie, Bise à la vierge et moment rare : Seuls au sommet du Grand Paradis. Alors qu'en pleine saison il y a 200 personnes qui font la queue pour arriver ici, c'est d'ailleurs le seul sommet que je connaisse où a été instauré un sens giratoire entre la montée et la descente !

Pour ma part, c'est la deuxième fois que je me retrouve seul au sommet.

 

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Une dernière bise à la vierge et on attaque la descente.

Les rochers sont avalés, ou presque puis la petite pente pour retrouver les skis. On sait que la descente va être un peu galère : la neige est béton avec de grosse masse de neige formée par le vent bien dure au milieu. Il va falloir skier concentré !

Et hop, Benjamin part devant , dans ce paysage de rêve mais dans cette neige piégeuse. Je le suis, on enchaine les virages jusqu'au col, tout va bien.

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020
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On repart vers le bas , en rejoignant la rive gauche du glacier, on se retrouve sur une sorte de bombement. Quand, sans crier gare, Benjamin chute, mauvaise posture, derrière lui, la pente s'accentue, s'il ne freine pas rapidement, il va se retrouver 100 m plus bas sur le glacier. Il parvient à s'arrêter au bout de 10 m, bon coup de stress pour moi ! Il a géré ! J'avoue que j'ai eu un bien peur pendant une demi seconde...

 

On repart, sur cette neige béton, plus prudents que jamais, et on attaque la pente raide. Je décide de passer à ski tout en dérapage, entre les bosses de glace. prudence, une faute de quart et c'est 100 m de déniv sur le cul... Concentré, je laisse benjamin partir devant. Je me contente d'un dérapage inélégant mais efficace et sécuritaire. Oui, dans cette pente, je deviens de droite, voir d'extrême droite... Je suis pour la sécurité !

Arrivé au pied, j'enchaine fièrement deux trois virages histoire de pouvoir affirmer que j'ai skier cette face. Ensuite on se perd un peu dans les pierriers. On cherche nos traces de montée, mais vu que la neige était méga dure, on ne trouve pas grand chose.

je vous donne ma recette pour nous sortir de là  : un poil de GPS, un soupçon d'obervation et une grosse poignée d'instinct... Et hop, nous voilà sur la trace. Toujours dure mais avec moins d'obstacle, on skieee ! Les virages s'enchainenet, les cuisses chauffent, les sourires reviennent ! On atteint rapidement le bout du glacier.

 

Ski de randonnée  : Grand Paradis 4061 m Février 2020

La neige est meilleur, légèrement revenue (j'avoue, très légèrement) et on file vers le refuge ,qu'on atteint assez vite.

Juste le temps de refaire les sacs, de ranger un peu, de balayer, de tout refermer et de repartir.

J'ai proposé à Benjamin de repartir vers le haut, par le petit col sous le Ciarforon afin d'éviter le passage béton sous le refuge...

J'avoue que j'ai un peu insisté. Je n'avais pas envie de me taper une pente raide et béton (empruntée à la montée).

On descends légèrement sous le refuge avant de remettre les peaux.

Je passe devant pour faire la trace, et je sens que Benjamin n'a pas très envie de remonter. J'ai annoncé 20 minutes de montée, en fait je n'en sais rien, j'ai déjà  réalisé ce retour il y a 10 ans, je me souviens que c'était un poil merdique après le col, qu'il fallait pas mal pousser sur les bâtons pour retrouver la combe tout au fond ! (et en fait, il nous faudra 40 minutes pour atteindre le col... désolé Benjamin)

J'ai un peu largué Benjamin, un écart pas énorme, je l'entends maugréer derrière moi. Je sais qu'il regrette mon idée. Je décide de ne pas trop ralentir, pour ne pas en entendre plus. Je me concentre juste pour remonter au mieux vers le col, sachant qu'il y a plein de vallons en travers, c'est déjà pas mal.

J'arrive au col, versant opposé il y a une énorme corniche. Je cherche le meilleur passage, il n'y en a pas ,la corniche semble prendre toute l'arête. Je décide de passer devant, c'est mon idée de passer par là, je vais assumer jusqu'au bout, je vais jouer le Bizuth suicide... On descend coté sud, la pente devient raide, je vérifie l'absence de corniche là où je veux descendre, ça passe, je sais qu'il va falloir pousser sur les bâtons, je file dans une neige toute pourrie qui ne fait que me ralentir. Puis je pousse, je pousse et je repousse (comme aux toilettes, mais dans un cadre de rêve !) je me retourne et je vois que Benjamin est loin. Je file jusqu'à l'épaule suivante. J'attends Benjamin qui arrive en râlant : on aurait du descendre sous le refuge. Oui, je sais ! Je sais aussi qu'il faut rester le plus haut possible, mais qu'avec cette neige qui ne glisse pas tellement on a tendance à perdre de l'altitude trop vite. Tant pis, pour lui remonter le moral, à défaut de remonter la pente,  je décide de descendre, on verra bien comment ça passe à la moraine suivante qui est annoncée raide. Je bascule dans une combe peu raide et remonte sur la moraine tout en poussant. on a deux choix, soit on remonte une peu, mais il faut remettre les peaux, soit on descend, et on essaie de descendre à vue. En dessous, ça semble passer. Au loin un bouquetin regarde nos pérégrinations.  Je trouve une belle pente plein sud, je sens que ça va passer, on file, on n'est pas encore dans la bonne combe, mais ça devrait aller. En fait non, 5 minutes plus tard, on est bloqué par une barre.  On décide de repartir ver le Nord chercher un meilleur passage. Nouvelle tentative, et nouvel échec, ça ne passe vraiment pas. Le doute s'installe. Bon ben là il va falloir un peu de chance pour trouver un couloir pas trop raide à descendre entre ces barres. De conciliabules en conciliabules, on finit par trouver une pente raide, il y a des chances pour qu'on mette les crampons en bas.

Pas droit à l'erreur. Le haut est moins raide  je fais quelques virages; Benjamin passe devant, il tire sur la gauche. C'est méga raide et la neige est méga dure. Le bruit métallique des skis sur la neige verglacée. Les planches vibrent... La concentration, le corps tendu. Je m'applique, tout mon corps vibre avec les défauts du terrain. La pente s'accentue encore, trop tard pour mettre les crampons, la sortie semble si proche. Benjamin, lui, file devant !

Je perds de l'altitude, longe une cascade de glace, ça devrait enfin être plus facile.  les secondes passent, lentement. Enfin la délivrance, on est dans la bonne combe et le terrain est moins raide.

 

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La fin sera à l'ombre, on skie les contrepentes ouest avant de traverser le torrent à ski, pour une partie de ski en forêt, ludique. J'ouvre le chemin essayant vainement de choisir LA bonne trace, on retraverse le torrent, j'ai 50 m d'avance sur Benjamin, quand je me rends compte qu'il lui est possible de couper. Je le hèle, le pauvre se croute en essayant de suivre mon indication. Il boira le calice jusqu'à la lie !

Court passage au fond du torrent entre deux rochers où un peu de neige nous permet de garder les skis. On rejoint alors les pistes de ski de fond et enfin la voiture.

Reste juste à rentrer à la maison après un joli sommet de 4000 m... en  février !

 

Merci Benjamin pour ce joli plan foireux

Premier globule rouge projekt de l'année !

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Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Apoutsiak — alpinisme4000ZermattValais
Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Mon second Dom après le premier, il y a 12 ans, plus classe, on avait fait la traversée Täschhorn Dom !..

Les conditions ce dimanche furent moins bonnes : de la glace, des crevasses bien ouverte, et pas de ramasse, il y a 12 ans on était arrivé à 10 minutes du refuge en ramasse.

Globules Rouges Projekt !

Vidéo

Topo

Refuge Domhütte

Parking payant dans tout le village (5 CHF/jour dans les hôtels, 7 CHF dans les parkings officiels)

Benjamin a négocié à l'hôtel avant le stade, on a payé 5 CHF pour les 2 jours !

Du parking, prendre le sentier qui part au dessus du stade et vers la gauche jusqu'au point 1499 m. Remonter alors vers Tschuggen (1787 m) puis le point 1978 et Höschbiel on retrouve alors la passerelle (bien indiquée sur les panneaux depuis Randa

Traversée la passerelle Charles Kuonen, la plus longue des alpes 497 m !!! Attention, ça tangue un peu. De là gagner le point 2303 CNS au dessus de Europahütte (on ne passe pas à la cabane) Au dessus le sentier se redresse avec une petite via ferrata pas difficile pour gagner un pierrier puis le refuge Domhütte 2937 m

Dom des Mischhabel

Prendre le sentier derrière le refuge et rejoindre la moraine (sentier) la remontée et suivre la sente bien cairnée qui rejoint le glacier vers 3250 m. Remonter le glacier Festigletscher en rive droite, attention : nombreuses crevasses à différents endroits !  Repérer le Festijoch et le gravir II et III (avec gravillon) le truc est de tirer tout le temps vers la gauche pour atteindre le Festijoch 3722 m.

redescendre sur le Hohbarggletscher, traverser rapidement  sous les séracs (expo +++) et remonter en face la pente crevassée pour trouver en gros la rive droite du glacier. Remonter le glacier globalement au centre (crevasses jusqu'à 3780 m, après moins !) et gagner le pied du Lenzjoch. Virer au sud et rejoindre le Festigrat puis le sommet par l'arête  (4545 m)

Descente par le même itinéraire

puis du refuge, descente directe sur Randa sans passer par la passerelle

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Récit

Mon objectif du week end : "faire des globules rouges" en vue du départ pour les sommets de l’Équateur dans 8 jours ... On hésite avec Benjamin, en cette fin de saison les glaciers sont crevassés et  il a neigé dans la semaine , 50 à 70 cm à 4500 m selon le gardien de la Domhütte.

Pour faire des globules, je souhaite aller au dessus de 4000, reste 3 idée : la  Nadelgratt, avec bivouac, mais l'arête est peut être enneigée  et le retour via le glacier peut être impossible... Le Bietschhorn, juste en dessous de 4000, mais l'arête est peut être en glace (pas de retour). Le Dom, impeccable pour "faire des globules"  On opte pour cette solution, avec option Festigratt si elle est en condition.

Décollage de la maison vers 6 h 45 pour passer prendre Benjamin à Vevey d'où on covoiture en papotant jusqu'à Randa, les montagnes sont belles, elles nous attendent.

Bon dans Randa,  il s'agit de trouver un parking pas trop cher, chose qui n'est pas facile. Après plusieurs tours de village (un vrai manège désenchanté),  Benjamin, fin négociateur, parvient à nous trouver une place à moitié prix sur le parking d'un hôtel. Oui, vous pouvez oublier les places de parking gratuites, c'est inexistant dans le Mattertal.

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Bref, on part, en baskets de trail pour ma part, avec les chaussures sur le sac. La montée est agréable mais raide. On dépasse quelques randonneuses. Fin bricoleur, je transforme une vilaine branche d'arbre, en élégant bâton de marche pour l'une d'elle... Elle remerciera vivement le gentleman. Pas peu fier, je poursuis ma route vers le haut sous le regard envieux de Benjamin, et oui, j'ai failli conclure... Mais vu qu'on avait autre chose à faire...

Ah oui, j'ai oublié de vous dire, bon on monte à Domhütte, mais vu que je suis un vrai touriste, ben on se fait un petit rallongi pour voir la passerelle la plus longue des alpes. Ce qui va nous rallonger le parcours, mais aussi nous faire découvrir la bête...

Bref on avance, le sentier est toujours assez raide, avec pas mal de monde, c'est la fête de la Fédération ce week-end, et les Suisses ont sans doute décidé d'en profiter !

On passe devant un lutin un peu effrayant, sculpté dans le bois et 5 minutes après on est devant la passerelle. Impressionnante. On se lance, tout en prenant garde de ne pas faire toucher les chaussures sur les bords. Ben oui, ça serait dommage de devoir revenir les chercher en dessous de la passerelle. Par chance tout le monde semble marcher dans le même sens, on n'a pas à croiser. Rapidement, on se rend compte que la passerelle bouge.. Pas mal...

Pause photo obligatoire au milieu...

Ca tangue dur, on repart, on doit croiser quelques randonneurs, la manoeuvre n'est pas facile avec notre chargement bien large... Mais ça passe, on rejoint l'autre coté, on grimpe un peu pour trouver une place pour pique niquer. Aire de pique nique trouvée.... avec vue sur la passerelle : Parfait !

 

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normaleAlpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
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Pique nique gargantuesque pour moi, tandis que Benjamin, se nourri d'amour, d'eau fraiche et d'une figue...

A chacun son régime alimentaire. On repart vers le haut, toujours avec pas mal de randonneurs, on passe au dessus de l'Europahütte pour gagner le pied des difficultés : le sentier se redresse, quelques câbles. tout en marchant on calcule le dénivelé négatif demain : 3100 m environ, soit seulement 300 m de moins que lors de mon ascension du Mont Blanc depuis le pied. Les genoux, et les pieds vont couiner !

On est vraiment débile, on aurait du choisir un petit sommet à 3400 3500 m, et profiter 1 h de la vue du sommet, descendre tôt, faire des pauses, éviter les bouchons au retour dans la vallée. Mais non, nous , les quichons des alpes, on vise toujours trop haut, 1000 m de plus, histoire de bien galérer, à la montée quand nos poumons peu acclimatés  auront du mal à capter le peu d'oxygène des hautes altitudes et à la descente, quand nos genoux seront fatigués par de trop longues journées de montagne, nos petons usés et ampoulés par de trop nombreux frottements dans les maudites chaussures...

On est vraiment des quichons.

 

Bon, le sentier s'élève vers les cieux, plus raide , c'est maintenant une via ferrata. On avance bien, on voit deux gars en galère tout en haut d'un couloir exposé. Bon nous on est en bas, mais on se rend compte que la via sort du couloir par la gauche bien en dessous des deux gars. On les rejoint par le haut, et on aide le dernier à sortir, il semblait en mauvaise posture.

Reste quelques échelles, ça ressemble plus à une montée sur la Tour Montparnasse qu'à de l'alpinisme cette histoire...

On sort de la via ferrata pour un sentier dans une moraine.  Le refuge n'est plus très loin.

On y parvient vers 16 h 30.

Une fois les chaussures enlevées, on monte pour se présenter, à l'accueil. Une jolie brune aux yeux verts est là, avenante. Je balbutie, mes yeux sont plongées dans les siens, le vert émeraude, la plage, les alizée, je suis loin, pas dans se refuge froid et humide. Benjamin, plus pragmatique lance : "on a réservé !". Moi, je suis toujours sur cette plage des Seychelles, enlaçant ma gardienne aux yeux verts. Nos courrons sur la plage comme deux amoureux joyeux.

"Oui en demi pension !"

Une tortue marine passe devant nous avec les alliances, bénissant notre union.

"Dortoir Stecknaldelhorn"

Bon alors là, j'avoue que ça m'a un peu sorti de ma plage Seychelloise et des préparatifs du mariage. J'ai fait répéter. "Stecknadelhorn ! " me lance la jolie gardienne. Je finis par comprendre, pourtant je l'ai fait ce sommet de la Nadelgrat, j'ai sans doute mal compris à cause de la distance, il y a long entre la Domhütte et les Seychelles.

Désolé pour ceux qui auraient déjà lu le récit le la Lenzpitze, je suis un coeur d'Artichaud !

Bises à Force Roz, si tu lis ces lignes... ( je romance un poil... C'est pas de ma faute, c'est le lecteur !)

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Après midi à glandouiller, Benjamin se fait rôtir sur la terrasse du refuge, tandis que je profite des dortoirs froids et humides ! J'aime pas le soleil ! Je profite d'un peu de musique, puis on descend pour le repas. Au départ on est seuls à la table, puis 4 tchèques arrivent. Ils reviennent du sommet. Ils ont mis 9 h 30 pour l'atteindre, et la journée pour faire l'aller retour. Ça me semble peu rapide mais bon. Ils sont exténués.

Malheureusement, ma seychelloise aux yeux verts ne fait pas le service. Je pleurs, benjamin a beau me raconter des histoires passionnantes, je mange comme une âme en peine.

Le repas terminé, je monte me coucher à 8 h . J'hésite à prendre un comprimé pour dormir , mais mon éthique, implacable, aura le dessus. Bilan, je tourne et je retourne dans mon lit. Au bout d'une bonne heure, je finis par trouver le sommeil. Un quart d'heure plus tard, je sursaute. Deux suisses entrent dans le petit dortoir bruyamment; Comme s'il n'y avait personne. Ils font un boucan monstre, partent, reviennent, toutes frontales dehors. 

Je n'ai rien dit, mais j'airais du. Me voilà réveillé et énervé. Alors je me remets à tourner de droite et de gauche cherchant vainement le sommeil.

....

Lumière allumée... Boucan du diable...  Petite nuit, je me lève et commence à m'habiller. Benjamin me dit que c'est trop tôt ! Puré, je suis vert, les gars ont allumé la lumière du dortoir à 2 h 35 du matin, le réveil était prévu à 3 h !!!

Bon, je reste au lit 15 minutes sans dormir puis on se lève, pour trouver le réfectoire fermé, il n'ouvre qu'à 3 h.

Message personnel : Cher collègue de dortoir, Suisse de son état, s'exprimant dans la gutturale lange de Goethe (je sais , ça n'est pas de ta faute) , sache que je te hais !!! Ton comportement n'est pas digne d'un occupant de refuge. J'espère juste ne jamais te croiser en montagne. Fin du message personnel

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On petit dej, sous le regard bienveillant de ma Suissesse. Je fais un dernier plongeon dans les eaux vertes de ses yeux, puis je file dans la nuit noire. On est au milieu du peloton. Mais les dernières sorties m'ont montré que Benjamin et moi ne marchions pas trop vite. La tradition est respectée, des cordées nous dépassent. On est lent, comme d'hab.

La pleine lune est là, éclairant le sentier, (oui au début de cet article, j'ai écris nuit noire, mais c'était pour faire le littéraire, c’était pour le contraste avec le vert des yeux de mon adorée NDLA) On garde les frontales pour plus de confort.

On rejoint un paquet de cordées pour mettre les crampons et s'encorder. On repart vers le haut, sur un glacier caillouteux et en glace bien désagréable. Les chevilles se tordent, je suis mal réveillé.  Il faut contourner quelques petites crevasses, c'est raide. Au dessus, passage à flanc, toujours en glace. Je déteste ! Oui, dans la vie, je déteste deux trucs, les passages en glace pourrie à flanc et les mecs qui te réveillent en refuge. La journée s'annonce bien !

Petit passage en rocher ou les blocs ne tiennent pas, ils sont juste pauser là, en déséquilibre, attendant l’intrépide alpiniste, écrabouiller l'imprudent.

On rejoint le glacier, des crevasses, partout, de plus en plus profonde, on va de droite , de gauche, ils n'ont pas du rigoler les premiers qui ont fait la trace, de nuit, ça ne parait pas évident. Les gueules noires et profondes nous menacent. Ne pas faire le pas de trop, ne pas tomber dans l'abime.

Mais on progresse sur ce glacier, et sous la lune. Tout ça pour venir buter, à gauche, sur la paroi du Festijoch. On enlève les crampons, pour quelques pas raides sur la glace, j'adore. S'en suit

 

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On enlève les crampons, pour quelques pas raides sur la glace, j'adore. S'en suit une petite section en gravillon du plus bel effet.  Ça gravine sec, il y a des cordées devant, des cordées derrière (les derniers arrivés n'ont pas mis de crampons jusqu'ici, ne se sont pas encordés... C'était sans doute trop rando !

La suite grimpe, et rapidement, je sens que je ne suis pas dedans. Je ne trouve pas les prises. Je ne me place pas correctement. Moi, qui ai, avec difficulté je l'avoue, gravi le couloir Knubel au Grépon, je me chie dessus dans des petits pas de II+ !... J'suis vraiment un usurpateur ! Bref je petouille, on voit au dessus les frontales des cordées sur l'arête. On hésite. On dépasse une cordée plus lente que nous, pour se fourvoyer dans la face, visiblement, personne n'est passé ici depuis longtemps. Demi tour, on retrouve la cordée dépassée il y 5 minutes. Penauds on demande "you know the way ?" Apparemment il fallait tirer à gauche. Inélégamment, on les redépasse , effectivement, au loin, il y a un cairn, ça grimpe en biais, le terrain devient plus facile, voici le Festijoch, et c'est la fête du col ! (ben oui, joch, ça veut dire col en allemand !)

Petite pause avant de redescendre sur le glacier.

On passe la rimaye facilement, la pente est raide mais sans plus. Puis, c'est moins sympa, la portion est hyper expo à un gigantesque séracs qui trône 500 m au dessus de nous. S'il tombe, on va devenir des crêpes. Et je n'ai pas envie de finir dans un cercueil en forme de poêle...

On ne traine pas, même si je trouve le passage un peu long et on attaque la montée, encore au milieu des crevasses. Il faut de nouveau louvoyer, tel un serpent, la trace  se fraye un passage dans le dédale du glacier. On avance, le soleil point, petite pause pour profite du moment et faire quelques photos dans le ciel malheureusement légèrement voilé. 

 

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On se fait encore dépassé par une cordée, on est vraiment trop lents. La suite est déprimante à souhait, un long plat de glacier, sans crevasse, à  notre gauche, l'austère face de la Nadelgrat, que je trouve beaucoup moins jolie que l'autre coté, à droite, les séracs sous la Festigratt, à priori on est assez loin des potentielles chutes de sérac...

Avec ma nuit mauvaise, la fatigue se fait sentir. Mon pas ralenti, et j'ai une énorme envie de dormir. Je clos mes paupières tout en marchant lentement (ça tombe bien , c'est moi qui trace) On serait quand même bien mieux au fond de son lit plutôt que de se les peller sur un monotone glacier. rhooooon rhoooooon. Fermer les yeux quelques secondes afin de faire des nano-siestes.  Je vais tellement lentement, je suis tellement fatigué, je finis par laisser passer Benjamin devant. Il met du rythme et je me laisse tracter derrière. La fameuse méthode du traineau du père noël,  dans laquelle c'est bibi qui joue les pères-noël. Sans cadeau bien sûr.

Avec Benjamin devant on est plus efficace, même si je suis crevé. Je repense à cette nuit, bien trop hachée pour être récupératrice... Je les haie ! Je m'imagine, tel le bourreau de Calais devant Anne Boleyn, lever mon épée affutée et la faire s'abattre sur le cou de les empêcheurs de dormir en rond. (oui, pour la petite histoire, les anglais avait fait venir un bourreau depuis Calais pour l’exécution de l'ex favorite du Roi Henri VIII, mais je m’égare)

J'exagère à peine, n'en venons pas à de telles extrémités, la violence n'a jamais rien résolu ...

Au bout du glacier sans fin, sous le Lenzjoch, je propose à Benjamin de faire une pause, pour me restaurer. Et récupérer.

Je bois, je grignote quelques barres. Et on file vers le haut

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La pente se redresse, la neige tombée la semaine dernière est bien là, au moins 50 cm tassée, mais la trace est faite, il suffit de mettre ses pieds dans les traces. Ça grimpe, Benjamin adopte un bon rythme, que je parviens à suivre. A gauche, une cordée est sur l'arête entre le Lenzjoch et la Lenzspitze, magnifique, je mitraille, les ombres qui se déplacent sur l'arête.  La pente se couche un peu. Je vais mieux, le coup de barre est passé. Je sens que c'est au tour de Benjamin, qui multiplie les pauses...

La pente se redresse, on est 50 m derrière une cordée qu'on aurait pu rattraper, en fait non. On voit au loin du monde, sur la Festigrat que l'on rejoint. Nouvelle pause, on repart, je suis passé devant, sur l'arête finale. La pente est raide. La cordée devant a l'air de peiner. La pente se couche, c'est le sommet. On se félicite ainsi que l'autre cordée, qui ne reste pas. On a le sommet pour nous tous seuls alors qu'il y a 20 minutes ça devait être la cohue.

Petit tour à la Croix, où la vue est magnifique. Regard à 360°, je suis toujours fier de tous ces 4000 conquis !

Je fais la bise à Jésus (après avoir fait la bise à la vierge du Grépon, ça s'imposait) et j'ai un scoop : il pique.

 

Reste juste 3100 m de descente jusqu'au parking, ma seconde plus longue descente des Alpes après le Mont Blanc depuis Bionnassay

On n'est pas rendu !...

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On repart vers le bas, pour une pause sur la selle, à l'abri du vent. Puis on trace, je sens que benjamin n'a plus trop de jambes. Je le laisse tracer jusqu'au replat ou on opère une pause bouffe. Je passe devant pour la suite afin d'imprimer un bon rythme. Le long plat est avalé, puis le louvoiement entre les crevasses. On essaie de bien rester corde tendue pour éviter une mauvaise surprise... Passage sous les séracs, à fond, je sens dans la tension de la corde toute la fatigue de Benjamin, à chacun son coup de barre...

J'attaque la petite remontée au Festijoch sur un rythme élevé, au bout de 20 m Benjamin me demande de, ralentir, je m’exécute. C'était pas bien malin de vouloir partir trop vite pour lui. Avec un rythme lent mais regulier je remonte le bord du glacier, passe la rimaye et me retrouve sur l'arête. Benjamin me rejoint, bien fatigué, il n'en fait pas pas mystère...

Hésitation quant à la route à suivre, je vois des traces vers le bas, en fait, ça ne passe pas, on remonte et je pars devant après avoir enlevé les crampons, Benjamin les a gardé.

 

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Au départ, je galope dans les rochers. La pente se raidit, je perd mon assurance. Je n'y suis pas. J'hésite, je merdouille, et pourtant je sais qu'on est déjà passé par là. Benjamin saute de rocher en rocher, n'utilisant qu'une pointe  de ses crampons, une vraie ballerine dans ce monde vertical. Plus on descend, plus je "merde", j'avais souvenir d'un passage facile en 2007, le souvenir est bon, la réalisation beaucoup moins ! Je progresse tout de même jusqu'en bas, je rejoins la glace, mordante, je descends quelques mètres et Benjamin attend patiemment que je remette mes crampons.

 

Et go vers le bas, on retrouve les crevasses qu'on avait pas bien vues ce matin, elles sont profondes, avides de petits alpinistes. On se penche prudemment pour en sonder l'abîme. bilan, c'est noir et profond. Lors des replats, moins de crevasses, une trace file à gauche vers le centre du glacier, quittant la trace principale. rebelle, je décide de la suivre, et par chance, elle passe.

Plus on descend, plus la neige se raréfie. Glace vive, dure, désagréable. Nos chevilles souffrent, elles se plient au gré du glacier. Nos petons chauffent dans nos souliers d'alpinistes. Ils ne vont pas être beau à la réception, en bas !

De sections crevassées en sections crevassées, la descente se poursuit. On louvoie, on observe, on descend, sous le regard permanent et imposant du Weisshorn, le 4000 où j'ai le plus galéré dans ma vie (j'y ai pété mes deux ongles de pieds...)

Dernière portion, toute en dévers pour achever les chevilles. On fini par sortir du glacier. Je sens Benjamin bien las !

On fait une pause et je propose de prendre la corde (mauvaise idée, ne faite pas ça chez vous !) Et, le fourbe, il accepte !

Me voilà chargé comme une mule. On repart vers le bas.

 

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En un il faut retrouver les cairns et la sente qui permettent de rejoindre le refuge. Dire qu'il y a 12 ans, on avait fait de la ramasse depuis le pied du Festijoch jusqu'à 10 minutes du refuge !!!

Bon ben là, tu marches avec ta maison sur ton dos. J'essaie d'encourager Benjamin à ne pas faire de pause, et je ne gagne pas toujours !

Mais nos efforts sont récompensés, on rejoint la Domhütte et sa gardienne aux yeux verts. Longue pause, dont nous ne décrirons pas ici les détails, à vous d'imaginer la suite, laissez libre cours à vos imaginations perverses...

.....

J'ai mis trois petits points exprès, et comme il y en avait un peu plus, je les ai mis quand même !

Départ pour la suite, on est en gros à mi descente. Les pieds ont déjà bien chauffés dans les chaussures. Sentier, via ferrata, visiblement, Benjamin a bien récupéré. Il me suit sans peine. On dépasse quelques cordées croisées ce matin. Hésitation au dessus de la Europahütte, heureusement des alpinistes nous indiquent le bon chemin. On gagne la passerelle sans la traverser, puis on descend directement sur Randa.

Bon, il y a de nouveaux des randonneurs, on les dépasse sans trop de souci malgré notre grosse journée de montagne. Les pieds chauffent mais ça sent l'écurie. Un panneau "Randa 50 minutes" nous fait un instant espérer. On se rend vite compte que l'horaire est impossible à tenir (et pourtant on avance !). Les pieds chauffent, ça sent les ampoules. Le village approche, trop lentement à notre goût.

La fin de la descente est animée par le dépassement d'un grand groupe d'Italien, ça nous occupe et on rejoint le village de Randa, qu'il faut par chance, entièrement traverser, on est au Nord et j'ai eu la bonne idée de garer la voiture tout au Sud ! Pause fontaine pour se réhydrater, une jolie alpiniste blonde nous dépasse tout en papotant moitié en allemand, moitié en français. Ça égaie la fin de descente. Le village est long mais on allonge le pas, et voilà la voiture, courte pause, ranger le matos et repartir en Franche Comté, pour de nouvelles aventures.

 

Globules Rouges Projekt validé !

 

Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
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Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale
Alpinisme : Dom des Mischhabel 4545 m Voie normale

Vidéo : DOM des Mischabel - 4545 m alpinisme

Apoutsiak — Valais4000vidéo - Les vidéos d'ApoutsiakZermattalpinisme

Dom des Mischabel, voie Normale, depuis Randa, par la Domhütte

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Apoutsiak — alpinisme4000Les 100 plus bellesValaisAD
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Dans le cadre de l'ascension des 82 4000 sous le soleil, voici le second 4000 de la liste, après le Rimpfischhorn ce printemps, la Dent d'Herens...

Et bon choix, la vue au sommet est juste magique !

 

La précédente ascension avec Thibault et Anne en 2010

 

Vidéo :

Dent d'Herens - Juillet 2019 avec Benjamin

Topo

 

Refuge Aosta

 

La montée est annoncée en 4-5 heures, la descente est longue aussi (c'est plat !) 14 km aller !

On pourra prendre des VTT pour aller de Place Moulin jusqu'à Prarayer (voir un peu au dessus)

 

Du barrage de Place Moulin (1920 m env) suivre la piste qui longe la rive droite du lac des Places de Moulin, rejoindre Praraye et son refuge de Prarayé (2010 m). Poursuivre le long du torrent Buthier (belles cascades) et passer devant l'arbre Magnifique (plus de 500 ans) Vers 2200 m ça monte enfin pour rejoindre un lac et une sorte de Delta à 2400 m par des dalles équipées (balisage - cairn), balisage, rejoindre le refuge Aosta 2781 m

(il y a également un sentier à droite dans les moraines, apparemment moins sympa, mais non testé par nos soins ! )

 

Dent d'Herens

 

Du refuge , descendre sous le refuge 50 m (sentier) et rejoindre le pied de la moraine. Remonter la moraine (cairns) puis sentier jusqu'au glacier sous la tête de Valpelline (3000 m ) chausser les crampons et remonter au mieux le glacier passer sous le Tiefmatenjoch. (3400 m environ) Remonter le couloir du Tiefmatenjoch, équipé de corde. Attention, rocher ultrapeteux. Il est plus safe de s'y retrouver seul (pas toujours évident).

Du col (3562 m), remonter l'arête de Tiefmatten, tantôt sur le fil, tantôt versant Nord.  Le passage des cordées laisse des traces de crampons sur les rochers. Le rocher devient ultra pourri quand on quitte trop l'itinéraire. La portion de rocher n'est pas très longue, on rejoint le glacier vers 3700 m.

Remonter le glacier en restant globalement le long de l'arête ouest (40 - 45° max).  On se retrouve sur les rochers à 3900 m.

Le rocher  est de bonne qualité (équipé de broches scellées tous les 20 m, rejoindre l'antécîme puis par des rochers aériens mais solides, le sommet. 4171 m

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Récit

J'adore monté au col du Grand saint Bernard. Deux raisons à cela :

La première, moins avouable, est que l'économie du passage par le col, plutôt que de prendre le tunnel, est importante (en plus, on ne perd que 20 minutes environ !) Et comme, comme dirait mon frère Thibault à ses enfants   "Chez les Ledoux on est radin de père en fils !"

La seconde : ce col est beau, et , moi qui n'aime pas vraiment conduire, j'adore enchainer ses virages ! Le paysage est chouette, des aiguilles tordues, des sommets enneigés, J'adore !

Bref, je louvoie de droite et de gauche, derrière une voiture, un peu lente, j'ai assez vite compris qu'il était illusoire de vouloir dépasser. Trop dangereux, et, devant la voiture un peu lente, il y en a d'autres... toutes aussi lentes !

Bon, vous n'êtes pas venu pour avoir le récit d'un automobiliste égaré, mais plutôt celui d'un alpiniste éclairé... par quoi ? Dieu seul le sait.

Une heure de route qui tourne plus  tard, ("j'ai les dents du fond qui baignent !" aurait on dit il y a 30 ans ) je suis à Place maison, avec un monde de fou. Il y a des voitures garées partout. Je me trouve une petite place à 500 m du parking. Benjamin m'appelle 10 minutes plus tard. Je lui indique de se garer et de se préparer, on se retrouve après !

Et on part, tout en papotant, dans le monde des touristes des randonneurs et des rares alpinistes. On n'est pas tout seul. Tout est beau, la couleur émeraude de l'eau du lac, le vert des arbre, le blanc des cascades et le bleu du ciel.

On arrive à Prarayer où il y a une jolie fontaine, j'ai bien fait d'embarquer 3 litres d'eau :-( .  Des VTT nous dépassent. On en avait discuté avec benjamin, mais la logistique était trop compliquée pour moi de les emmener... On le regrettera plus tard.

Au dessus de Prarayer, on trouve un endroit calme, parfait pour le pique nique.

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Après avoir partagé quelques graines, on repart vers le haut. Enfin quand je dis vers le haut, tout est relatif : c'est très plat cette montée en refuge, mais très long !!! Il n'y a que 700 m de dénivelé, mais tout est dans la longueur. On traverse un torrent en furie, la canicule n'y est pas pour rien. Puis on croise un arbre remarquable : plus de 500 ans ! Il a connu Charles Quint, Henri VIII et François 1er, le magnifique camp du Drap d'Or, la bataille de Marignan, mais également celle de Pavie, souvent oubliée par les manuels d'histoire de France, étonnant quand on sait que c'est une énorme défaite de François 1er, fait prisonnier par Charles Quint et emmené en Espagne en prison, et échangé avec ses fils après une longue négociation (Henri II s'en souvient encore ! ).... Mais je m'égare, même si l'épisode est passionnant !

Quelques photos plus tard, on se retrouve dans de jolies pozzines, humides et fraiches. La végétation grasse.  Nouvelle ascension, belvédère sur des cascades gigantesques, au dessus, des glaciers géant, le paysage est grandiose, varié. C'est long, mais c'est beau !  Reste un nouveau plat, au loin le grand glacier qui permet en hiver de rejoindre le col du Mont Brulé et la Tête de Valpelline.

On passe le long d'un joli lac puis vient la portion technique : une petite via ferrata dans les rochers. Ça fait du bien de grimper un peu. C'est toujours aussi joli.  A droite, le refuge, sous nos pieds : de grandes dalles équipées, à gauche, une énorme cascade, au dessus le magnifique Haut glacier d'Arolla.

Reste quelques mètres à parcourir pour rejoindre le refuge. et son repos, ses Edelweiss.

 

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Le lendemain matin, ou plutôt au milieu de la nuit , les frontales brillent, telles des étoiles, sous les étoiles. benjamin est en forme, moi moins... je ne dois pas être du matin.  Je marche à mon rythme, Benjamin reste dans mes roues, je sens qu'il pourrait aller deux fois plus vite. On remonte une moraine sans fin, déprimante au possible, un jour, quand je serai Dieu, je supprimerai les moraines. Faudra pas que j'oublie !

Bref, on remonte cette trop longue moraine sous un coucher de lune et on rejoint le glacier, et les autres cordées.  J'ai la bizarre impression d'aller vraiment lentement. On met les crampons, et on se fait gratter par tout le monde. Première pente raide, la corde, les crevasses. On progresse. On se retrouve sous  l'inhospitalier couloir du Tiefmattenjoch. Deux cordées sont engagées, ça parpine dur, du gravillon, mais quelques blocs aussi. On attend que les cordées soient plus haut et on part.  La partie est physique. Une chaîne permet de passer un passage qui pourrait être le Crux de la voie sans celle-ci. La partie est physique, tout dans les bras, légèrement en dévers. On arrive à l'aube au col, les bras fourbus. La météo a tourné, il fait moche, les nuages sont là, je vais encore me retrouver au sommet sans la vue, comme en 2010... la loose !

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Je prends la tête de la cordée sur l'arête. Je m'applique à trouver le bon itinéraire, et à la montée, je me montre assez doué ! Je passe parfois sur l'arête, parfois dans son flanc Nord. Peu d'hésitation, je suis assez fier du résultat, on progresse vite, même si on est la dernière cordée sur la montagne !  Je grimpe des portions faciles (ça ne dépasse pas le III), à gauche, le raide glacier Nord-Ouest de la Dent d'Herens donne des idées d'ascension (pour plus tard)  et on rejoint la fin de l'arête rocheuse. Les cordées précédentes terminent leur pause tandis qu'on remet les crampons. On doit être à proximité de l'endroit où Thibault avait jeté l'éponge il y a 9 ans ! Il nous avait dit qu'il s’était construit un petit refuge (et en avait profité pour bouffer tous les Bastogne, le fourbe !) Pas de trace de son refuge, ni de miettes des précieux gâteaux !

il y a un peu de glace sur le glacier, et on avance prudemment dans la pente.  On croise une première cordée, un guide et son client, ce dernier a décidé de faire demi tour, trop fatigué. Étonnant, ils allaient beaucoup plus vite que nous !

On quitte les crampons un peu plus haut, avant de croiser une nouvelle cordée, en provenance du sommet, ... ils ont plus de 2 h d'avance sur nous ! On est vraiment des escargots ! La suite est en bon rocher, on se fait plaisir dans des dalles, pour rejoindre l'arête. Petite pause sous celle ci. On repart vers le haut pour, ce qui est dans mon souvenir un passage vertigineux (la faute sans doute aussi à Alpineiss qui a publié une vidéo où il n'en menait pas large, bon il faut avouer que pour lui, il y avait de la neige... Pour nous c'est tout sec !)

Bref, je passe la dalle vertigineuse avec brio,  je poursuis vers le haut, rien de bien difficile, juste faire attention à ne pas s'en coller une, ne pas se prendre un crampon dans les sangles de l'autre.

Derniers mètres, une cordée de 4 Italiens nous accueille au sommet ! Le temps est dégagé, il fait Grand beau ! ce sommet, c'est quand même mieux avec le soleil .

Le temps de consulter mon GPS... qui tombe en rade ! Puré, c'est énervant, tu achètes une montre, valeur marchande 700 €, régulièrement elle tombe en rade (2 fois au départ d'un trail !!!)  et là, après une belle ascension, Zou , plus rien. Et le SAV de Suunto qui me répond que tout va bien, que ça ne vient pas de la montre !

Bon bref, c'est énervant, mais vu qu'il fait beau, le moral reste bon.

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Les Italiens sont partis, vient notre tour

Et zou sur l'arête, superbe !

Puis dans la facette en rocher où on merdouille plus, on a du mal à trouver la voie.

On rejoint le glacier, et c'est reparti. On déroule sur le glacier tout en restant prudents.  On regagne les rochers de l'arête de Tiefmatten, et comme pour le haut, on merdouille pour retrouver le bon itinéraire, alors que la montée avait été parfaite. La fatigue, sans doute. Bon heureusement, ça passe un peu partout et on s'en sort quand même. finalement, la descente est presque aussi longue que la montée !

On arrive au col. Reste sa descente, périlleuse. Benjamin passe devant et m'attend à un endroit un peu abrité, je le rejoins. Le délicat passage est là, en léger dévers, je l'assure lors de sa descente. Vient mon tour. Les gravillons partent sous mes chaussures peu précise. Agrippé à la corde je contourne l'obstacle. C'est physique, les mains sont crispés, le corps en arrière, la gravité qui l'attire vers le bas, vers le vide, vers la chute. Je dois récupérer les protections laissées par Benjamin, manœuvres qui prennent un peu de temps et un peu d'énergie à mes bras tous tétanisés. Je bascule sous l'obstacle. Les mains sont crispées sur la corde élimée, la chaussure cherche un appui précaire sur du gravillon instable. Par chance, ça tient, je progresse, délicatement, je déplace mon poids, que dis-je, ma masse, d'un appui vers l'autre. Benjamin me voyant dans une situation délicate m'encourage "après c'est fini" Tu parles. Je finis par avancer vers lui, la chute d'une grosse pavasse marque la fin du passage... Ouf. reste quelques mètres délicats, mais rien en comparaison au contournement du dévers.

Nous voilà sur le glacier, fin des difficultés, ou presque...

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

On attaque dré dans le pentu, puis sur le plat, et rapidement on se rend compte du problème lié au glacier : les crevasses. Une première, gentille, un pont de neige solide même si la neige commence à fondre. Corde tendue, 15 m entre nous, classique et efficace. Pas de problème. Puis une seconde, insondable, placer ses pieds, éviter de choir, pas envie d'explorer ses entrailles !  On poursuit, moi, devant, j'annonce les crevasses, je les passe puis benjamin m'indique de ralentir quand c'est à lui de passer l'obstacle.

Je n'avais pas compris les louvoiement de la trace cette nuit, de jour, tout est plus clair, il s'agissait de contourner des crevasses ! Les virages nous ralentissent un peu, ça augmente les manœuvres !

Dernière crevasse, la pire, la neige instable, un gros saut, réception incertaine, sauter loin mais rester léger et souple à la réception sous peine de tester la stabilité du manteau neigeux au niveau de la lèvre.  Tels deux danseurs étoiles, nous exécutons l'entrechat. Bon, avec les crampons , les fringues et le gros sac, c'est sans doute moins léché mais bon.

Au retour au refuge, le gardien nous avouera son inquiétude quant à l'évolution du glacier lié à la canicule.

 

On rejoint le sentier pour quitter la corde et les crampons.

Deux solutions s'offrent à nous : l'infâme moraine ou de gentils névés qui devraient se prêter à la ramasse. Je finis par convaincre Benjamin du gain de temps et d'énergie si on prend l'option neige. J'avoue, j'avais tout de même un doute quant à la raideur de la pente.

En fait, il sont nickels : la neige juste revenue, la pente est parfaite. On glisse presque jusqu'au sentier qui permet  de remonter au refuge, où on arrive quand même un poil fatigués !

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Les Italiens du sommet y font un bon repas. Nous, on opte pour une pause courte, si je ne veux pas arriver à point d'heure à Chamonix ce soir, il ne faut pas trainer. Bilan : on a 1 h de repos !

Juste le temps de refaire le sac, de se changer avant d'attaquer la descente.

Je n'ai pas pris d'eau, on va faire la descente d'une traite, on s'arrêtera juste à la fontaine de Prarayer pour boire...

C'est étonnant, à la montée, on avait adoré : les paysages variés, les falaises, les torrents, les glaciers, les cascades. Au retour, tu n'as qu'une seule idée : retrouver ta voiture. Et la descente est lonnnngue, très longue ! Tu n'avais pas remarqué à la montée : la via ferrata prend le même temps à la descente qu'à la montée. Le plat du lac est plus long que prévu (ça remonte même par endroit) Les pozzines sont beaucoup plus loin qu'avant, il y a même un plat que tu n'avais pas noté (en face des cascades, mais au retour tu t'en fous, tu les avais déjà vue ! ) L'arbre remarquable est super loin, il y a même de petites montées qui viennent te tuer ! Deuxième pause, deuxième fois que benjamin partage avec moi son eau, précieux breuvage. Bien joué, l'idée de se délester d'un litre d'eau pour économiser du poids ! 

Que c'est long, le retour après lui est infini, tu ne te souvenais même plus de l'endroit où vous avez pique niqué !

Enfin le refuge, grosse pause pour m'abreuver à la fontaine ! L'eau est fraîche, revigorante !

Reste le lac... le très long lac, le trop long lac. Je me souvenais juste qu'en 2010, Thib avait galéré pour se rentrer. J'ai complètement oublié pourquoi... La descente est ultra longue, et le lac aussi. Je regarde, versant opposé les cascades, pour prendre des repères et voir si je progresse !

Les Italiens nous rattrapent... En VTT ! Ils ont fait le bon choix, eux ! Bon, ben comme des "quichons", on se morfond à pied. Je finis par larguer benjamin, qui, je l'apprendrai plus tard, a fait la cours à une touriste... L'histoire ne dit pas ou, quand et comment otut ça s'est terminé, mais je note que je suis arrivé au parking très peu de temps avant lui. A  vous d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

 

Fin de la longue journée

Il est 17 h

Reste à reprendre la voiture et prendre la route de Chamonix pour la suite des vacances, qui sont parfaitement lancées !

Merci, Benjamin, pour ses heures en altitude

Le récit est, comme souvent, légèrement romancé. Chaque évènement est basé sur un fait réel, plus ou moins amplifié (en fait, c'est le principe du "romancé" )

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
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