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Alpinisme : Finsteraarhorn 4274 m

Publié le par Apoutsiak

Alpinisme : Finsteraarhorn 4274 m

Topo

Du refuge, gagner le glacier au dessus

rejoindre le point 3617 m CNS Frustuckplatz

basculer de l'autre coté de l'éperon

Remonter au Huggisattel 4088 m

de là par l'arête en restant Versant Ouest jusqu'au sommet 4273 m

 

Fichier GPS Finsteraarhorn au format GPX

Le sommet de l'Oberland

 

Récit - Vu par par Christian

 

 

Ce 8 juillet (1999) , nous avions rendez-vous à Martigny (Valais Suisse) sur une aire d’autoroute pour se répartir dans les voitures. Je retrouve Nelly et Jean-Michel, les organisateurs de la semaine, Evelyne, que je connais depuis plus de 20 ans au CAF, Francine et Guillaume, deux petits nouveaux au CAF… 1 h 30 plus tard, nous sommes à Fiesh au pied du Massif de l’Oberland. Nous prenons le téléphérique de Kühboden. De là, c’est parti pour la cabane de Konkordia à 2850 m. Les sacs pèsent plus de 17 kg. Un premier sentier nous amène à l’Aletschgletscher, glacier le plus grand d’Europe avec ses 24 km de long. Le pique-nique est pris, les cordées formées, je suis avec Guillaume. Je prends donc la tête de notre cordée. La montée se fait sur 8 km de glacier sur la rive gauche, en louvoyant entre les crevasses. Une échelle puis 90 mètres d’escaliers au-dessus du vide (365 marches) nous conduisent à la Konkordia Hütte.

 

 

9 Juillet : Départ pour le Trugberg (3880 m). Nous redescendons les escaliers, nous encordons et prenons un premier raidillon sur le glacier. J’attaque face à la pente, mais je ne trouve pas mon rythme. Guillaume passe alors devant . Nous contournons des crevasses (toujours nombreuses dans l’Oberland) traversons le glacier et grimpons vers le sommet. Une petite arête de 100 m de dénivelé avec quelques passages de mixte m’achève, j’avoue que je ne suis pas très technique, les autres ont l’air bien en forme . Au sommet, la vue sur la Jungfrau est magnifique.

Nous redescendons le glacier. Pour la remontée par les échelles au refuge, je m’arrange pour suivre quelqu’un : le vide m’effraie !

 

10 Juillet : Je prétexte une grippe pour me reposer alors que les autres partent faire le Grünegghorn à 3860 m (PD). Je me lève à 8 heures prends bien mon temps, un bon repas accompagné de bon vin, me permettent de récupérer. Ils sont parvenus au sommet par une arête rocheuse puis en neige assez impressionnante. Le retour s’est fait en parti en ramasse.

 

Le saviez vous

 

Le sommet de l’Oberland Bernois n’est ni l’Eiger (et sa fameuse face Nord), ni la Jungfrau, (à proximité du petit Train à crémaillère), ni le mönsch. Non, le sommet de l’Oberland est bien le Finsteraarhorn et son arête Nord Est mixte il culmine à 4280 m d’altitude !

 

11 Juillet : Journée de repos, nous traversons vers la Finsteraarhorn-hütte par le Grünhornlücke (3286 m). En 2 heures nous sommes à ce col. Jean-Michel, Francine et Guillaume s’engagent sur le Wissnollen tandis que nous redescendons vers la cabane en 1 h ¼ . Nous suivons leur progression à la jumelle et utilisons des radiotéléphones pour prendre des nouvelles. Guillaume prévoit 1 h 30 du col au sommet, ça me paraît un peu optimiste. Au bour de 1 h, ils n’ont pas gravi 200 mètres et annoncent 1 h environ pour sortir au sommet. Ils merdouillent dans l’arête, nous apercevons des points qui ne progressent pas ou progressent très lentement (en fait ils assuraient Francine, peu à son aise dans une neige pourrie et raide en faisant des relais tous les 30 m ce qui a pris un temps fou. Ils ne nous téléphonent pas à 12 h ce qui augment notre inquiétude. Enfin à 13 heures le radiotéléphone émet, c’est Guillaume, ils sont sortis de l’arête en un temps record : 2 heures pour faire moins de 100 mètres de dénivelé… (la moyenne normale sur terrain glacière est de 300 mètres par heure N.D.R.). Ils passent 70 mètres de rocher et nous rappellent du sommet. Nous leur précisons que leur voie de descente passe bien à gauche du glacier pour éviter des zones de crevasse. A la jumelle, nous les suivons, ils dévalent la pente, Guillaume devant tire Francine épuisée et longe les rochers complètement à gauche comme prévu. Mais il s’engage à gauche d’une zone de séracs qui devient infranchissable en dessous, nous tentons de l’avertir au téléphone et en faisant des grands gestes depuis le retour. Nous sommes bien inquiets. La cordée stoppe à gauche des séracs. Le radiotéléphone grésille d’un ait narquois « qui a dit qu’il fallait prendre bien à gauche », c’est Guillaume qui rajoute « nous sommes il me semble trop à gauche ». Nous les guidons pour qu’ils repassent au dessus des séracs et redescendent au bon endroit. Ils remontent vers la Finsteraarhorn-hütte vers 16 heures.

 

Tempête de neige sur la Grünhornlücke

 

12 Juillet : Ce matin, le temps est gris, nous décidons de tenter le Gross Wannenhorn. Nous partons vers le Fiesh gletscher et le traversons. Deux politiques s’opposent : Nelly et Jean-Michel sont partisans du passage par le centre du glacier alors que Evelyne et Guillaume passeraient plutôt par la rive gauche. Les premiers l’emportent nous passerons par le centre. Nous passons des crevasses, longeons des séracs, les contournons, nouvelles crevasses, nouveaux séracs. Notre cordée passe alors devant et se retrouve coincée par des crevasses. Tout le monde se retrouve là. Certains passent le pied dans des ponts de neige, nous sommes dans une souricière, il s’agit de rejoindre au plus vite la gauche du glacier plus saine. Nous formons alors une caravane encordés tous les 6 à 15 mètres et nous nous dirigeons en louvoyant vers ce bord gauche. Le taux d’adrénaline est au beau fixe, contrairement à la météo. Enfin la rive arrive. Nous remontons alors sur des pentes assez raides. Sur un petit col à 3365 m nous décidons de nous arrêter, le temps est trop « dégueulasse » et le sommet encore loin. Nous redescendons rive gauche et effectivement cela passe facilement. Puis nous faisons des moufflages sur une crevasse du bas du glacier avant de rentrer au refuge.

 

 

13 Juillet : Nous partons pour le sommet de l’Oberland : le Finsteraarhorn (voir encadrés). Personne n’est très motivé : il y a des nuages et il fait très chaud, nous n’irons sans doute pas au sommet. Nous remontons jusqu’à l’ancien refuge. Puis Guillaume trace jusqu’au Frustucksplatz (emplacement du déjeuner) où nous rejoignons la trace des Tchèques, il y a une Rimaye à passer. Guillaume passe, le pas est important me précise t’il du haut. Je m’avance, il m’assure au piolet, corde tendue. Je me prépare « un, deux et trois » Je ne comprends pas, je me retrouve sur la lèvre supérieur, les jambes dans le vide soutenu par Guillaume, je cris « tire – tire » alors qu’il est impossible de tirer . Finalement je me reprends et passe l’obstacle. Après le Frustucksplatz, nous reprenons un glacier. Nous sommes à près de 4000 et mon souffle est court, Guillaume ne fait aucune pause dans les traces faites par les Tchèques. Je réclame quelques pauses, il m’en accorde certaines, … difficilement ! Nous parvenons au Huggisattel à 4088 m. Le vent souffle et les nuages sont là. Seuls Guillaume et Jean-Michel iront au sommet à 4280 m. 1 h 30 plus tard, par radio téléphone ils nous annoncent qu’ils sont au sommet, après une escalade mixte rocher neige, ils précisent que les conditions sont bonnes ! Nous filons alors que l’orage menace. Alors qu’ils descendent l’arête, quelques coups de tonnerre se font entendre, ils se prennent une tempête de neige. Un appel alors qu’ils sont au Huggisattel nous rassure ; Ils redescendent très vite et nous rejoigne au refuge après l’épisode des abeilles (voir encadré).

 

S’il n’en reste qu’un…

 

Avec le sommet du Finsteraarhorn conquis, il ne reste plus qu’un sommet pour que la sexalogie des sommets des massifs des alpes soient complète !

En effet après le Grand Paradis, pour le massif du même nom ; le Mont Blanc ; la Barre des Ecrins ; la Grande Casse pour la Vanoise ; et le Finsteraarhorn pour l’Oberland Bernois, il ne reste plus qu’à gravir la Pointe Dufour , sommet des Monts Roses et deuxième sommet des Alpes, et les 6 sommets seront gravis !

 

Les Abeilles

 

Mardi 13 juillet, 15 h , De retour du Finsteraarhorn, Le glacier a été quitté il y a quelques minutes et dans un quart d’heure nous serons au refuge ; une descente rapide dans les pierriers s’engage. Je suis accompagné de Jean-Michel qui était avec moi au sommet et d’un couple de Nancéens.

Une petite arête à 3200 m conduit à l’emplacement de l’ancien refuge, un sentier y mène avant de reprendre la descente. Je m’engage sur celle-ci, quand tout à coup j’entends un bourdonnement sur mon sac à dos, c’est mon baton téléscopique ! Je cris à Jean-michel de quitter l’arête est de se mettre à l’abrit. Nous délaissons les sacs et descendons sous l’arête. 5 minutes passent les Nancéens s’engagent sur l’arête alors que je remonte récupérer mon sac, quand tout à coup, rebelotte lorsque je soulève le sac, j’entends de nouveau les abeilles (signe de foudre N.D.R.). Je me replonge dans la face, les Nancéens font de même avec doutes. Une troisième tentative me permet de sortir le baton du sac, mais c’est le piolet qui se met à chanter… Je quitte à nouveau l’arête sans mon sac. Je décide de passer en force, je prends mon sac et cours me mettre à l’abrit, à l’endroit de l’ancien refuge, le piolet bourdonne au départ, puis le bruit cesse. Nous redescendons et apercevons les Nancéens sur la courte arête, Madame lache le piolet qu’elle portait à la main, les abeilles y faisant du bruit !

 

 

14 Juillet : Nous devions revenir à Fiesch par le glacier du même nom, mais sa descente par des rappels, des mains courantes et une sorte de via ferrata, demande des bonnes conditions météo or, il pleut et le brouillard se prépare par endroit. Il faut remonter la Grünhornlücke sous la pluie et redescendre par où nous sommes venus : le glacier d’Aletsch. Au col, nous sommes pris dans une énorme tempête de neige, nous redescendons face au vent la visibilité restant très faible. Au niveau de la Konkordiaplatz, nous avons de la peine à trouver notre chemin au milieu des crevasses, mais nous y parvenons après un gros aller-retour. Le long Aletschgletscher est suivi le long de sa moraine gauche, puis un sentier nous ramène au téléphérique.

 

Le séjour se termine dans la bonne humeur !

Alpinisme : Finsteraarhorn 4274 m
Alpinisme : Finsteraarhorn 4274 m
Alpinisme : Finsteraarhorn 4274 m

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