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Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m

Publié le par Apoutsiak

Une des plus belles arêtes des alpes

Après un but il y a 3 ans (avril 2011), l'objectif était de réussir le 4000 le plus oriental des alpes (et le plus loin de chez moi), je n'aurais plus à y revenir. J'y a joutais une belle arête à 3900 m le lendemain pour faire une belle balade autour des 4000 m !

 

Vidéo

Topo

Refuge

Depuis Pontresina (parking payant partout, se garer vers la gare, 6 CHF par jour)

Possibilité de monter en calèche jusqu'à Roseg, pour les faignants et les non-radins (18CHF par personnes et 5 CHF le bagage !), ça gagne 1 h 15. Pas trop dur à pied

De Roseg suivre le sentier à gauche qui amène vers la moraine du Vadret da Tschierva et rejoindre le refuge : cabane de Tschierva 2584 m.

 

Biancograt

Le sentier pour rejoindre le glacier n'est pas évident, tout est bien expliqué au refuge. Il est bien balisé !

Partir droit sur une 50 aine de mètres prendre à gauche (attention, tout droit, c'est direction le Piz Roseg : ne pas prendre !!!) Remonter passer deux barres (équipement) (on remonte jusqu'à 2800 m environ) puis le sentier prend à flanc. Poursuivre jusqu'aux abords du glacier . ne pas prendre à gauche trop tôt) Gagner le glacier passer la rimaye et rejoindre par un couloir étroit la Fuorcla Prievlusa à 3427 m (col entre le piz Prievlus et le piz Bianco).

Du col le premier gendarme se contourne par la droite, les deux suivants par la gauche, on gange alors la Biancograt proprement dite, arête de neige à 45 °. remonter l'arête jusqu'au piz Bianco : 3995 m. De là suivre l'arête légèrement en contrebas à gauche puis traverser 2 ou 3 gendarmes (descente en rappel) avant de remonter au sommet du Piz Bernina 4049 m par une dernière pente raide mais facile lorsqu'elle est en condition.

Descente :

rejoindre la Spedla (4020 m) par une arête aérienne mais esthétique. Puis descendre l'éperon Est de celle ci (III maxi) rappels possibles On rejoint alors le refuge Marco e Rosa par les pentes douces du glacier 3597 m

Carto fichier GPS

Fichier GPS au format GPX

Récit

Et nous voilà repartis pour la Bernina. J'ai réussi à convaincre Anne de faire le long déplacement vers l'Engadine, lui ventant la beauté de la Biancograt et de l'arête à 3900 m entre le Piz Argient et le Palu pour le jour suivant. La dernière fois nous avions pris un but météo avec Steph et Sophie , pas question de prendre un but cette fois ci, la météo est incertaine comme chaque jour en cet été 2014.

A 14 h nous arrivons à Pontresina, je décide d'aller prendre le ticket de parking. Une boite à ticket pour tous les gens garés près de la gare, et vu qu'on est à près de 200 m de son emplacement... flûte, ça ne prend pas les billets... retour à la voiture (400 m) je prends mon porte monnaie... Je refile (600 m) Je commence à lire les instructions, flûte, il faut le numéro de place de parking Aïe, retour (800 m) j'en profite pour passer par les toilettes (gratuites !) de la gare. Anne se fou un peu de ma tronche le temps que je reparte avec le numéro de place de parking en tête. Un peu d'allemand avec le parcmètre et je récupère mon précieux ticket. Ouf (1200 m) "C'est comme ça, c'est pour moi !"

(et noté qu'ici, on a encore officiellement pas marché !)

Je m'équipe avec un peu de retard (oui, notez qu'Anne a eu le temps de faire et refaire son sac pendant mes différents allez retour) Me voilà prêt , à l'arrache, on est parti, on laisse les carioles à touristes (ben oui, nous on fait de la montagne "by fait mean" par souci écologique et aussi par souci économique... à 18 CHF par personne et 5 CHF le sac les 5 km on a trouvé que ça faisait chèr l'heure de gagnée. On refera pareil à la descente en se tapant la descente de la Diavolezza à pied, sous le téléphérique ... puis stop pour le retour à Pontresina, mais ça, c'est une autre histoire (voir "sur le fil à 3900 m")

Cabane Tscherva - Piz Rosegg
Cabane Tscherva - Piz RoseggCabane Tscherva - Piz Rosegg

Cabane Tscherva - Piz Rosegg

Donc nous sommes partis sur le bien nommé chemin "carrossable" étant donné qu'on y croise moults carrosses (mais aussi pas mal de VTT)

Nous croisons quelques larges calèches (un gros commerce lucratif de la valéle visiblement) et en 1 h 15 nous avons économisés nos 23 CHF chacun (20 € environ)

Petite pause avant d'attaquer la montée (ben oui parce qu'avant c'était plutôt plat) Anne me laisse devant (sans doute pour éviter de me larguer trop vite) Nous progressons tout en admirant le paysage, le piz Roseg et sa face nord apparaissent, au loin nous essayons de distinguer la cabane Coaz où j'étais passé lors de notre raid à ski.  Ca fait du bien de se lancer dans un grand projet. Nous croisons quelques randonneurs, je fais une courte pause photo, Anne passe devant et me largue... ça sert à quoi le fait que je me sois tapé de faire du trail tout l'hiver pour ne pas vois mes progrès le jour J...

Dernière boucle et arrivée au refuge. Accueil excellent. Dortoirs petits et confortables (8 places) comme j'aime. Le temps de quelques étirements, de relire le topo. D'essayer de faire comprendre à une suisse Allemande en allemand que ça serait plus simple si elle dormait à coté de son guide plutôt que sur deux places séparées (bon, elle a feint de ne pas comprendre, je ne sais pas si son guide avait une haleine de chacal ou quoi, mais impossible de la faire changer d'avis ...)

Seul doute, on doit être une petite quinzaine de cordée sur la Biancograt et Anne décide qu'on partira les derniers. "Comme ça on ne bouchonnera pas". J'ai des doutes concernant cette tactique mais ne lui en fait pas part. On risque de rattraper des cordées plus lentes et de bouchonner quand même. A la fois on n'est pas pressé...

Un bon repas plus tard, on file au lit, Réveil 3 h !

Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m
Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 mAlpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m
Alpinisme : Piz Bernina Biancograt - 4049 m

2 h 30 une cordée se lève, la suivante à 2 h 40 puis 2 h 50... a 3 h la salle à manger est vide, tous partis. La Tête dans le ... je m'approche du buffet. Dur, petite nuit, l'impression de ne pas dormir. La gardienne vient à mon secour et m'explique le fonctionnmeent du petit déjeuner. Je vais devoir vraiment une tête des mauvais jour... (merci à la gardienne)

On décolle à 3 h 50... les derniers (comme prévu).

Je me fais le début devant. Le sentier est bon, bien balisé. On hésite peu de temps sur une dalle mais ça passe, c'est ça l'inconvénient de ne pas suivre les guide, il peut y avoir quelques hésitations. La nuit est noire, les cordées précédentes loin de nous. On se retrouve sous le Piz Tschierva, on voit au loin les cordées qui vont au Roseg et plus proches, celles qui nous précèdent. Il fait tiède et sombre, pas de lune et pas d'étoile il y a des nuages au dessus de nos têtes. J'ai chaud. Nous rattrapons une cordée (couple). Lui "Vous êtes la dernière cordée ?" Anne "étions !" Lui : "Ah !" Je dépasse sa dulcinée qui est à l'agonie. Si proche du départ, la journée va être longue pour elle...

 

Nous rejoignons une seconde cordée. qui tire à gauche dans des éboulis pourris (très pourris) Étonnant vu que le sentier était excellent jusque là ... Je me fais un coup de GPS tandis qu'Anne poursuit à flanc. dans les barres. Perso je décide de contourner l'obstacle en revenant sur mes pas. Bizarrement les deux autres cordées suivent mon choix tactique. On repasse dans les éboulis hyper pourris et on rejoint la trace 50 m en dessous.

On contourne les barres par dessous puis on remonte. je scrute pour voir si je vois la frontale d'Anne. Je l'appelle, au départ pas de réponse puis je l'entends. nous nous rejoignons et poursuivons vers le haut. On vient de perdre un bon quart d'heure dans la manœuvre. Les vires suivantes sont faciles. Voilà le glacier. Nous finissons par nous encorder. Le couple est loin derrière, les deux autres nous passent devant. Anne prend la tête, direction la rimaye(un bon pas) puis la remontée vers le col sans problème. Nous retrouvons la deuxième cordée. Dès la base du premier gendarme nous les dépassons (à priori Anne a su trouver les mots pour les convaincre de nous laisser dépasser)

Le premier gendarme présente des passages d'escalade un peu gazeux, d'autant plus qu'il fait froid et que c'est mieux de garder les gants.

Biancograt
BiancogratBiancogratBiancograt

Biancograt

On file vers le haut. Anne galope, j'essaie de suivre. J'ai l'impression quelle connait la course et qu'elle l'a déjà faite. Pour elle, l'itinéraire est évident alors que j'hésite derrière. Chaque pas d'escalade est une hésitation, ne serait ce pas meilleur là, quelques mètres plus à gauche... On bascule à gauche, vue magnifique sur les glaciers, les sommets de Bellavista au Palu, prévus demain. Un névé suspendu nous permet un contournement aisé du dernier gendarme !!!

Je repasse devant pour la Biancograt, dont le sommet est dans les nuages. Faut bien que je sois un peu en tête pour justifié mon statut de "Grand Conquérant des 4000" quelque peu usurpé. Bon dès que je suis devant, je sens qu'Anne piétine derrière mais bon. Ça fait quand même du bien ! Le rythme est sans doute plus lent mais on avance. L'arête est belle mais pas trop difficile (45 ° environ) Anne repasse devant pour la fin, les nuages laissent la place au soleil pour ce qui est peut être le plus haut des "pas 4000" : le piz Bianco 3995 m !

Sommet du Piz Bianco
Sommet du Piz BiancoSommet du Piz Bianco

Sommet du Piz Bianco

La pause est courte, nous filons sur l'arête, la première partie rapide, agréable, au soleil. puis nous enchainons avec des rappels, à l'ombre. Au relai, c'est glacial, le vent s’engouffre dans les vêtements... on gèle. La partie est un peu plus technique, nous tirons de rapides longueurs. L'action réchauffe le grimpeur tandis que l'assureur est frigorifié... Les 3 petits gendarmes sont lentement avalés et la dernière pente nous amène au sommet de ce Piz Bernina où nous sommes accueillis par une cordée autrichienne fort sympathique. Longue pause pique nique avec le peu que nous avons emporté et sous le chaud soleil du sommet, nous profitons de la vue.

 

Une pensée pour Steph et Sophie avec qui je on avait pris un but il y a 3 ans

Pensée pour Franck, le trailer du team raidlight passé dans ces contrées pour le Swiss iron trail, une épreuve de malade !!!

 

S'en suit alors la descente. Fine et magnifique arête jus qu'à la Spedla où nous croisons une cordée avec une technique peu académique. On est passé au travers ce qui fut efficace en terme de durée mais pas très élégant en terme de relation sociale... Désolé... On pourrait appeler ça la technique à la Hussarde...

Pour la suite, nous progressons comme des funambules sur l'arête avant d'attaquer une descente en mixte, pas si évidente que ça, la fatigue se ferait elle sentir ? Reste une ressaut, nous décidons de afire un dernier rappel. Et c'est là qu'Anne a une idée de génie : Se projeter un mousqueton dans le nez alors qu'elle débute le rappel. Bilan, elle saigne abondament et la neige devient rose tel le plus magnifique des lever ou des coucher de soleil ! Plus la peine de se lever tôt pour que les montagnes se teintent de couleurs uniques, faites de la montagne avec Anne et laisser kui manipuler un mousqueton. Le résultat est comment dirais je ... coloré.

Ce qui est moins cool, c'est que la Goretex verte est également repeinte en rose...

Bref, le nez saigne (au fil !) Je donne quelques conseils à Anne étant donné que je suis UN PEU de la partie. Elle tente de juguler le torrent tout en descendant. Manœuvre audacieuse ! Je me lance à mon tour dans le rappel. La trace est bien marquée à présent, rose. J'aurais du dire à Anne de tracer des flèches, ç'aurait été plus parlant pour nos suiveurs.

Un dernier couloir à descendre et la trace devient plane, nous croisons une cordée qui hésite à monter au sommet à cette heure tardive et rejoignons le refuige

youhou !

les gendarmesles gendarmes

les gendarmes

Sommet du Piz Bernina
Sommet du Piz BerninaSommet du Piz BerninaSommet du Piz Bernina

Sommet du Piz Bernina

Soirée à Marco e Rosa 3600 m

Je rentre dans le refuge, je suis accueilli par un gardien mi homme mi sauvage. Je fais profil bas afin que tout se passe bien. Faire profil bas, je sais faire. Après avoir rangé nos affaires, nous filons pour la sacrosaint sieste en refuge. 30 minutes plus tard, nous sommes réveillés par l'aide gardien, qui nous demande, en Italien ce que nous souhaitons en entrée pour le repas.

 

Le repas arrive, enfin, et là, l'aide gardien cherche les plats commandés par chaque personne de chaque table. Plat principal on recommence, d'abord passage pour la commande puis nouveau passage pour la distribution, l'aide gardien ne parle qu'Italien et à la plupart des tables personne ne parle italien. Bon nous on a pris viande ! (Carne) Un de ces souk !

Fin de repas, on passe payer. Le gardien, ours mal léché des Carpathes, engueule la cordée croisée ce matin (le petit couple). Ils souhaitent juste qu'on leur attribue un lit et le gardien leur braille qu'il a autre chose à faire (en Italien bien sûr mais on a bien compris) . La fille a l'air crevée (elle avait déjà l'air bien fatiguée ce matin avant les difficultés).

La gardien monte dans les aiguës, le gars essaie de la calmer et laisse tomber l'affaire. Nous on décide de négocier avec l'aide gardien un réveil à 3h 30 du mat. Mais à Marco e Rosa c'est comme avec la CGT : on ne négocie pas : Ça sera 5 heures. Vu l'ambiance on laisse tomber l'affaire, pas envie de se retrouver avec le gardien sur le paletot ! Et on file se coucher ...

 

...

 

1/2 heures que nous sommes couchés, on entend la grosse voix du gardien braillant dans le couloir des dortoirs... Il engueule quelqu'un , peut être le petit couple.  Ca réveille tout le monde mais là n'est pas l'essentiel.

Une belle journée de montagne qui se termine par une vilaine soirée en refuge, goût amer. Le lendemain matin on ne trainera pas !

 

A suivre : sur le fil des 3900 m ...

SpedlaSpedla

Spedla

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