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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Apoutsiak — Raid à skiSki de randonnéealpinisme

Ah, le sommet des rois... le Grand Zèbre, ce sommet devait marquer l'apogée de la semaine, la perturbation est venue jouer avec nous. Je crois qu'elle a gagné

 

vidéo

Topo

Depuis le rfuge Pizzini, remonter en direction du gros bastion rocheux évident au Nord. Le contourner par la droite ou par la gauche (on est passé par la gauche et ça m'a paru plus court.

Rejoindre le pied du couloir

Couloir 40-45° qui mène en 200 m au col : Paso di Bottigla

De la remonter en longeant les rochers à main gauche puis remonter la face (50°) pour gagner un petit couloir qui permet de mener au sommet

Note : les 200 derniers mètres n'ont pas été parcourus.

topo du grand Zebru - en vert : non parcouru :-(

topo du grand Zebru - en vert : non parcouru :-(

Récit

Nous avons négocié un réveil à 6 h 30 (logiquement c'est 7 h) j'esperais secrètement devancer la perturbation annoncée dans la journée. Nath restera au refuge (elle a la grippe) on retrouve ainsi l'équipe de choc, à 7 h 30 devant le refuge, globalement nuageux avec quelques percée de soleil.

cette nuit, il a bien neigé, et le vent n'a rien arrangé : il y a de grosses accumulations et plus aucune trace sur le glacier. Il va falloir tracer... Et je m'y colle. Et zou, comme un dessin de Samivel, je m'amuse à faire une trace élégante (c'est important) Je louvoie, de droite, de gauche, essayant de faire une trace logique et esthétique. Le soleil joue avec les nuages, nous offrant de jolies perspectives. Le sommet du Gran Zebru, objectif du jour, reste sous la bonne garde d'un gros nuage.

 

Le sommet, venons en, j'adore son nom : En Italien, Gran Zebru : le Grand Zebre. J'imagine le magnifique animal, broutant au sommet. Avec la tranquilité liée à l'absence de Lion. J'espère juste que nous pourrons le voir.

Son nom Allemand est un appel : Koenigsspitze : le pic des Rois. Bon ben, on est les rois, le pic est là bas, il n'y a plus qu'à s'y rendre et ainsi faire la synthèse. On y sera à notre place.

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)
Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Je trace, je trace, mais je sais que je vais devoir traver la partie alpinisme. J'ai donc l'idée saugrenue, de laisser passer Yves, afin qu'il joue aussi dans la neige fraiche. Grave erreur, comme d'hab, je me retrouve largué, et bien entendu déprimé. Classique. Bon  il fait une  pause et m'attend, je repasse devant avant de refiler me mistigri de la trace. La fin est raide, la neige ultra-dure avec une fine couche de poudreuse dessus. Le temps tourne, le soleil a filé, ne reste  que le plafond nuageux et le vent... Bien présent. C'est pas gagné. La remontée au pied du couloir est un peu galère, les appuis mal assurés.

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Dépôt des skis, crampons, piolet, baudrier encordement.

Je sais que j'ai pris les crampons light, à la voiture, j'ai hésité, crampons classiques sans souci, ou les light avec un souci de réglage... J'ai choisi la légèreté, il va falloir assurer. Jeremotne le couloir, dans la tempête, on se fait balyer par le vent, il neige un peu. A mi couloir, je perds mon crampon gauche, j'avais bien vu deux minutes avant qu'il y avait un souci, mais je pensais , j'esperais que ça tiendrait. Je le refixe. Mais je n'ai plus confiance, je bascule en rive droite du couloir essayant pr là d'éviter le vent. Echec.  Il faut régler le crampon. Tout est compliqué dans la tempête : enlever le sac et le crampon, sortir le couteau suisse, trouver le tournevis et dévisser, tout ça dans une pente à 45°. Le tout dans le vent et les bourrasques de neige... Je dévisse, tour après tour, sans gants !

C'est long, Yves, poli, ne me fait aucune remarque, alors que j'ai déjà cassé ces crampons, sur l'arête de la Bérangère aux Dômes de Miage, au plus mauvais moment.

Je dévisse, tout en essayant de ne pas sortir complètement la vis, il me faudrait alors retrouver le pas de vis, et dans ces conditions, ce serait alors mission impossible. Enfin j'y suis, je sers le  crampons de un cran... Et je revisse. J'y suis, je réenclenche la talonnière du crampon. ca force mais ça passe; Pourvu que rien ne casse à présent. Ça serait dommage de prendre un but maintenant...

 

On poursuit vers le haut et on rejoint le col, dans le vent, devant nous la Grande Face du Mont Zébru apparait en partie, oui , nous allons pénétrer dans les nuages.

La suite se fait le long des rochers, à gauche de la grande pente de neige; Un passage assez raide mais pour l'insntant on voit bien les traces . Il neige à gros flocons, avec le vent, parfois à l'horizontale !

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)

Au dessus la trace part dans la face, en diagonale. J'arrive à la suivre, même si je dois tout retracer, la neige est bien présente et bien accumulée. J'avance, je sais qu'il ne reste pas grand chose, 200 250 m tout au plus, une grosse heure pour arriver au sommet. Malheureusement, il n'y a plus de trace. Je poursuis droit vers le haut. Je me prends une première spindrift, je sais que la fac est énorme, attention à une éventuelle accumulation. J'avance tout en cogitant. Je ne vois plus rien, 10 m tout au plus. Brouillard vent et neige .  Je n'ai que les lunettes de soleil, mais j'y vois assez bien. Je réfléchis à la situation, je me retourne, je vois Yves  qui me demande ce qu'on fait ? Bon ben quand on est deux à se demander si c'est raisonnable, c'est sans doute qu'il est temps de faire demi tour. Pas envie de se prendre la montagne sur la tronche, pas envie de galérer pour retrouver la trace à la descente, sachant que delà, ça ne va déjà pas être simple.

Les rabasses de neige sont là pour nous aider dans notre choix si ça n'avait pas déjà été fait.

Demi tour donc. en dessous, plus de trace dans cette pente à 50°; On perd de l'altitude relativement rapidement en essayant de trouver le petit couloir le long des rochers à main gauche. Je scrute le GPS, les lunettes me gênent, je les soulève, erreur, le givre les envahie et me défonce les yeux. Bon pour la parie GPS on est à 10-15 m de la trace... Yves repère l'entrée du couloir, le reste ne demande plus de s'orienter.  La descente le long des rochers est difficile, mes lunettes se remplissent de buée. Quand je les ôte, je me prends la neige en plein sur la cornée. Les conditions sont difficiles. on rejoint le  col. De là, on galope dos à la pente dans le couloir pour rejoindre nos skis.

 

Toujours le vent, toujours la neige, mais le brouillard est au dessus. A nous la poudreuse. On est vite sur les skis, premier virage, sous la douce poudreuse, de la glace travaillée par le vent. Et bim, le ski qui se coince. Et boum arrêté , et vlan... par terre ! Je bascule lourdement à gauche et tombe sur mon bâton.  Pile sur la plaie qui avait du mal à cicatriser suite à un gros soleil en VTT il ya 15 jours. J'ai mal au bras... J'ai mal à l'épaule. La neige est pourrie. Flûte ! Je me redresse... contus !

Je repars prudemment dans la pente, en fait la neige est dégueulasse dans le raide, je vois qu'Yves galère à ma gauche.  On se retrouve quand c'est moins raide, la neige est bien meilleur. C'est agréable. Nos jolies traces de ce matin on complètement disparue.

Le sommet du Grand Zèbre reste dans les nuages. Retour au refuge, le temps s'est un peu calmé. Je passe voir le gardien lui annoncer notre mauvaise fortune.

On passe le reste de l'après midi à papoter, à bouquiner, à dormir, à reagrder les groupes arriver ou partir du refuge.

Et la soirée à manger le délicieux repas gargantuesque des gardiens.

Le gardien nous a proposé soupe de carotte ou gnocchi

Au départ on souhait, Yves et moi , gouter les gnocchi, mais le gardien nous fait comprendre que..

va pour la soupe de carotte.

Bilan : une soupe à tomber par terre, et, bien entendu, des gnocchi ... avec du rabe .... et ce ne fut que l'entrée ! Bon on a accompagné tout ça d'un bon vin rouge de la vallée. La vie est belle !

 

 

 

Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)Ski de rando : But au Gran Zebru - 3851 m (Koenigsspitze)
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