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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Raid à ski en Ortles : Jour 5 : dans la tempête

Apoutsiak — Raid à skiSki de randonnée

Dernier jour dansen Ortles, après l'été des premiers jours et les sorties en T shirt, on se retrouve au coeur de l'hiver avec les galères qui vont avec ...

 

Vidéo

Récit :

Bon ben ce coup ci, la perturbation est là. Il a encore neigé toute la nuit. On descend lentement à la cuisine pour le petit dej. il y a de grosses accumulations autour du refuge. Celui ci grince sous les coups de boutoir du vent !

On glandouille, on étudie la suite, et on ne voit rien. Il était prévu de basculer sur MartellHütte, mais les pentes chargées vont nous empêcher de passer le col. On est coincé ici, la solution est sans doute vers le bas, rentrer à la voiture. Dommage, on avait prévu une superbe traversée par le haut le dernier jour : Du Monte Cevedale au  Palon de la Mare, il faudra revenir ...

 

Les heures passent à papoter, on en profite même pour revoir les mouflages...  à 11 h, je décide de faire une sortie vers le col du Zebru. Mes acolytes ne goutent pas de ce jeux là... Je partira seul. Je sors tout équipé, combinaison de combat. Ça bastonne dur. L'important : ne pas se perdre dans cette purée de poix. GPS en route obligatoire.

Je pars en direction du col, flocons à l'horizontal, je n'ai pas trop froid sous mes 36 couches de vêtements. Ambiance polaire. Je me retourne régulièrement, le refuge est balayé par les bourrasques, il disparait de ma vue de temps en temps. Impressionnant.

Je poursuis comme je peux, cherchant des repères visuels qui facilitent ma progression.  Par endroit, le vent a enlevé toute la neige. J'avance sur des pentes peu raides, hors de question de m'engager dans une pente dangereuse dans ces conditions. Le refuge est déjà loin, je ne le vois plus depuis longtemps. J'ai presque chaud, malgré cette météo dantesque.

La pente se redresse, j'ai fait près de 200 m de déniv. impossible de poursuivre par ce temps. J'enlève mes peaux et je fais demi tour

A présent il faut retrouver le refuge. Mes traces de montée ont disparu. Je regarde la trace sur le GPS, le refuge n'est pas non plus à 10 km...

Je tire sur la gauche, retrouve une zone légèrement rocheuse qui me sert de repère visuel, et je me retrouve à 500 m du refuge, toujours balayé par les vents. Je fais un détour vers les américains qui ont fait une sortie DVA, avant de rentrer, content de retrouver l'abri du refuge.

 

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On décide de rentrer dans une heure. Tandis que Nath profite de sa grippe dans la chambre, on mange l'un une pizza, l'autre un gâteau. Puis on boucle les sacs, et c'est reparti dans le mauvais. Devant le refuge, un gars nous conseille de suivre les poteaux électriques (excellent conseil)

Visibilité nulle (toujours) je vois bien que mes associés veulent me laisser devant, me taper la trace et régler les problèmes de visibilité. Et je trace, il faut souvent pousser sur les bâtons dans cette descente. On d'un poteau à l'autre, c'est sans intérêt mais on progresse. Le vent se calme, par contre il neige à gros flocons. Chacun commence à s’inquiéter de savoir si on va pouvoir sortir du parking... Pour l’instant, il faut l'atteindre...

On enquille poteaux, et on arrive à proximité d'un pont. Au choix, suivre les poteaux (et descendre) , ou traverser le pont et remonter de l'autre coté. On choisi la seconde solution, par prudence. il faut remonter, en position ski, et tracer, la galère. C'est long et usant,  mais on y arrive. On attaque la descente, la visibilité est meilleur, on peut couper les virages et skier. malheureusement,  on commence à  toucher les cailloux, il n'y a pas une assez grosse sous couche, la loose jusqu'au bout, et c'est pas fini.

On retrouve la piste, la voiture n'est plus qu'à 500 m. Là voilà, je regarde avec inquiétude la route d'accès. Va t'on parvenir à remonter les 200 m ? Nath n'y croit pas. J'ai de l'espoir, je suis d'un naturel optimiste ...

 

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Il neige toujours, la voiture est là. On range rapido les sacs et les skis, et zou on pellete autour de la voiture pour la dégager ( 50 cm de neige !). Yves installe brillamment les chaussettes. et zou grosse marche arrière sur le parking... Ça passe YES. Pour l'instant c'est plat ! Plus qu'à monter.

première tentative qui avorte au quart de la montée. C'est pas gagné. Je propose de pelleter la trace. Je me lance. Nettoyage de la trace de la roue gauche. Plié en deux sur ma pelle à neige, je pellete. Travaille harassant... Et tel Sisyphe, travail sans fin, il neige derrière moi !

J'enjoins Nath a s'occuper de la trace de route droite.  Elle fait 10 m et s'arrête ! J'en suis déjà presque à la moitié. En bas Yves peaufine l'installation des chaussettes.

Mon travail sans fin progresse. Ne reste qu'un quart du chemin à pelleter (avant de faire la seconde roue)

Yves fait une tentative qui échoue à plus de la moitié. Sans doute aurait il du attendre qu'on dégage la trace de la seconde roue. Maintenant c'est tout damé, ça va glisser...

Je termine la trace de gauche et attaque la droite par le haut jusqu'à la trace d'Yves (si vous n'avez pas tout compris, ça n'est pas grave) Plus d'une heure que je pellete. J'ai une technique assez efficace : je pellete 2 - 3 m puis je fais une pause. J'enrage quand je vois que Nath est en train de passer des coups de téléphone et de mettre des photos sur les réseaux sociaux... A deux on serait... calcul... 2 fois plus rapides non ?

Yves monte au refuge Forni, au dessus du parking, pour trouver de l'aide. A priori le chasse neige est passé il y a 1 h, il repassera dans 1 h 30 si tout va bien...

Finalement, Nath ayant trop froid, Yves lui propose d'aller au refuge Forni, je lui aurais bien proposé de pelleter un peu : ça réchauffe...

Nouvelle tentative, échec, la chaussettes gauche est broyée.

Il neige tellement qu'il faut re-dégager la trace (déjà 20 cm de poudreuse se sont déposés depuis notre arrivée !) Sisyphe ! 1 h 30 que je passe ma vie avec ma pelle à neige...

Je motive Yves pour qu'on dégage la trace à 2; Et c'est parti !

Quand un gros 4X4 Land Rover avec des chaînes à l'avant et à l'arrière vient depuis le haut. Je décide d'aller lui demander de l'aide. En fait, c'est un taxi italien. "Les chaussettes : La mierda" ! Ils nous conseille d'aller à 20 km d'ici d'acheter des chaînes , et de nous ramener.

Ok pour nous Et c'est parti, Forcement avec le 4X4 et les 4 chaînes, ça passe tranquille. Mais pas rapide. Il descend prudemment, mais ça glisse quand même, la quantité de neige est impressionnante.

Dès que je suis monté dans le 4X4, j'ai eu froid, jusqu'alors, tout allait bien. La neige qui me recouvrait à fondu, je suis trempé, et vu qu'il ne fait pas très chaud...

40 minutes plus tard on est au garage. Le garagiste n'a que des chaînes assez chères à proposer. On n' a pas le choix.  On les prend et on remonte. Re-40 minutes plus tard, on arrive au parking. Le taxi nous aide à mettre les chaînes (il est même super efficace); je suis transi de froid et laisse tout le monde s'affairer.

Enfin, on est prêt, on remercie notre taxi (et on le paye) et go pour la loooooongue route.http://alpinisme.over-blog.net/-2

 

pelletage à Forni...

C'est Yves qui prend le premier relais. Il avance prudemment et assez vite on se retrouve derrière un chasse neige.

Arrivé au village, il passe la conduite à Nath

Et Nath, elle ne conduit pas.... elle pilote !  Un vrai mec; Elle gueule derrière le camion Slovène qu'elle ne parvient pas à dépasser. Elle dépasse à des endroits plus que dangereux. Elle roule à fond, coupe les virages

J'ai l'impression de retrouver notre chauffeur de l'Elbruz .

"J'ai peur !!!"

Yves, derrière, est circonspect : c'est sa voiture.

Nath et Yves enlève les chaînes dans un tunnel, j'avoue, je suis congelé, je ne suis pas sorti de la voiture.

Un vrai rallye que cette descente vers Milan.

Je tente de papoter avec Nath, qui n'entend rien, elle a une oreille complètement bouchée ...

Yves reprend alors la conduite avant de me la repasser après la mégapole.

D'un coup, tout le monde s'endort. Et je me fais l'autoroute Milan Turin, seul éveillé dans la voiture. Yves reprend le volant dans la montée au Grand saint Bernard. Surprise dans le tunnel. Il est possible qu'on soit arrêtés pendant une demi heure ! Pas cool...  Heureusement, la pause ne dure que 10 minutes.

On laisse Yves à Martigny, et je dépose Nath à Aigle avant de retrouver ma Franche comté.

Fin d'une jolie semaine

Il faudra revenir !

 

FIN

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