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Le Petit Alpiniste Illustré

Le Petit Alpiniste Illustré

by Apoutsiak

Ski de randonnnée : Giglistock 2900

Apoutsiak — Ski de randonnéeOberlandbut

Une sortie ou j'ai failli renoncer à de nombreuses reprises.

Mais  comme je suis un peu têtu et que mon envie d'aller voir un peu plus loin est plus forte que mon envie de rebrousser chemin, je suis parvenu au sommet.

 

Vidéo :

Topo :

Aller à Gadmen, Gadmen se situe sur la route du Sustenpass après interlaken et remonter jusqu'au virage de Saageli - 1357 m (places de parking à l'intérieur du virage)

Emprunter le sentier en face , il ramène à la rivière.Steinwasser.

Rester sur la rive droite et traveverser le tunnel (j'ai traversé) et remonter au mieux le vallon (il faut passer assez vite en rive gauche, nombreuses coulées d'avalanche) Remonter au delà de Wyssemad. De là on commence à monter au Sud en suivant le sentier sur la carte. Direcction Lischen 1811 m puis le Giglibach. Remonter au mieux les pentes en direction du collet à l'ouest du Brunnenstock (2763 m) la fin est à 50° sur 20 m

Basculer versant Sud et remonter les pentes qui amènent au sommet du Giglstock : 2920 m.

Récit :

 

Pas de partenaire en ce premier jour de sortie au Sustenhorn (j'ai rendez vous le lendemain avec René de C2C) Bref, je pars tout seul (je sais, c'est mal) tôt le matin, dans ma petite voiture en direction du Sustenpass. Le temps est beau. J'arrive à Gadmen vers 9 h 30.

 

Je prépare mon sac, et là, c'est le drâme ! Mon GPS indique fièrement : batterie 12% ! Et moi, sans GPS, je ne joue plus. Mon sang ne fait qu'un tour. J'ai opportunément emmené un chargeur. Je vais lentement faire mon sac pendant que ça charge, avec un peu de chance, ça doit passer.

Donc je fais lentement mon sac, surveillant du coin de l’œil que pépère GPS augmente sa charge. Au bout d'une demi heure, j'ai pris mon temps, il indique 37 %, ça devrait suffir, au moins pour la montée.

Et je pars, à ski, à plat puis en légère descente, passer sous un tronc d'arbre. Je parviens au lit du torrent, traversée sur un barrage. Ce que je ne sais pas, c'est que rive droite il y avait un petit tunnel qui m'aurait évité des surprises...

Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900
Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900

Je repars donc en rive droite, sur une trace raide et complètement regelée. Je finis par enlever mes skis, pas envie de me retrouver dans le petit lac, juste en contrebas de cette pente bien raide. Ça doit être ça , une pente expo !  Je rechausse les skis au dessus, par pour longtemps. Une petite falaise me coupe le chemin. De nouveau j'enlève les skis, pour descendre une 20 aine de mètres dans un pierrier infâme et dans les vernes.

Le parcours a l'air plus facile ensuite, ça doit passer à ski, mais en 20 minutes, je n'ai pas beaucoup avancé... Je poursuis donc, c'est un peu plus facile mais il faut tout de même remonter les énormes coulées d'avalanches de cette année 2018. Et c'est pas toujours facile à remonter une avalanche, il y a des gros blocs de neige, des murs de neige, je galère, sans rythme... mais je remonte le vallon. Le GPS m'indique qu'il est temps de remonter vers le sommet et de quitter le lit du ruisseau, enfin ! Je remonte des pentes un peu raides  mais qui passent relativement, suivant parfaitement le GPS. Puis il bifurque dans une forêt coupée de falaises. Je merdouille un peu au départ. Puis je me rends compte que ça devient méga raide ,je vais devoir monter à pied.

Je quitte le skis, les fixe sur le sac et j'entreprends la montée, 3 pas faciles puis la galère commence. Une couche de croute puis en dessous, une neige sans portance, jusqu'aux cuisses ! Il me parait impossible de monter longtemps comme ça. Je redescends en dessous et me pose, tout essoufflé. Que faire, puré si je m'en retourne, c'est la loose, mais remonter plus haut me semble trop physique. Je fais le tour des différentes hypothèses.  Redescendre et remonter au sustenpass pour atteindre le sommet par un autre versant... trop long. Si je revient à la voiture, je trouve qu'il est méga tôt pour buter.  Finalement je décide de forcer un peu le passage, on verra bien au dessus.

Et je suis reparti, pour une galère. les skis dans les branches des sapins, les pieds s'enfonçant sous la croute de neige. Chaque pas est bien galère. Je progresse tout de même. Il y a des passages ou la neige est inconsistante, d'autre où elle est un peu plus dur. Je progresse entre les  barres rocheuses, lentement.

Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900
Ski de randonnnée : Giglistock 2900
Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900

La pente devient plus raide. J'hésite à progresser. Je peux encore faire demi tour. C'est vraiment raide et expo. Le GPS m'indique que je suis au bon endroit, j'ai quand même des doutes. Je regrette de ne pas l'avoir vérifié sur la carte, truc que je fais toujours d'habitude. Au dessus, il semble que la pente s'aplanisse, ça me motive. Et je pars dans cette pente raide, la neige est bien dure à présent. Je progresse, remonte un petit couloir et me retrouve enfin dans des pentes plus cool. J'opère une pause, c'est passé, pas très agréable quand même.

 

Je remets les skis et je repars vers le haut. La première partie m'a bien calmé La suite a l'air plus tranquille, mais je vais devoir faire la trace tout du long, il n'y a que de vagues traces de descente, et je ne sais pas d'où elle vienne ! Je repars à flanc vers la droite. Je suis tout seul dans cet immense endroit.  Je progresse vers le haut; visant une sorte de vallon. La neige y est poudreuse ,"c'est là qu'il faudra prendre à la descente" me dis je.  A la montée, je prends les pentes plus verglacées à droites, pas parfaites mais plus faciles à tracer ! Je rebascule dans le vallon puis remonte la moraine du glacier Taleggigletscher. Le col est bientôt là. Le temps s'est gâté , pleins de nuages, de la neige...  La pente est bien raide sous le col. J'opère une pause. Le GPS a rendu l'âme, ou plutôt sa batterie .  Vais je aller jusqu'au col. Hésitation , je suis bien naze et le col est raide... 2 arguments pour redescendre. Mais je ne connais pas la vue du col. Un argument pour aller voir au dessus. Et , contrairement à ce que les mathématiques me proposent ainsi que mon corps... Je décide d'aller voir au dessus. Je remonte les quelques mètres à 50°, la neige est correcte et je suis vite en haut.  Je me fais une pause. C'est étonnant, neige, il y a du soleil, des nuages et du ciel bleu ! Je grignote, j'appelle ma routeuse météo qui glandouille au Portugal (d’ailleurs ce titre de routeuse météo va bientôt disparaitre à l'heure de la 4G, plus besoin de l'appeler pour savoir où aller !). Je fais une petite vidéo où j'annonce le but (voir vidéo !)

 

Le soleil point

Le sommet parait si proche...

Moins d'une demi heure à vue de nez (toujours s'en méfier)

Je consulte la carte... Il n'est vraiment pas loin.

 

Je décide de descendre chercher mes skis pour aller au sommet.

 

Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900Ski de randonnnée : Giglistock 2900
Ski de randonnnée : Giglistock 2900

Je descends.

Je charge les skis sur le sac...

Je remonte.

Je remets les skis tout en laissant le matos inutile au col. le GPS à nouveau en charge.

Et je file. De ce coté ci, c'est la fournaise. Le soleil tape, je cuit. Au début c'est un faux plat, puis la pente se redresse sous le sommet . Yes. J'ai bien cru ne jamais y arriver à ce sommet. Et pourtant il n'a pas une grande renommée.

Je me décide à faire un tuto enlevage des peaux sans déchausser. Truc que je me suis mis à faire depuis les Lofoten. En gros, c'est la troisième fois, dont une première ratée !

Je branche la caméra, j'enlève la première peaux sans souci. Je me lance pour la seconde. Au  départ, tout va bien, puis la peau se coince... Je tire vainement, le skis en l'air, la pointe coincée dans la neige... Je vais m'effondrer. Impossible de décoller la peau qui  a du gelé sur le skis. Dans un effort herculéen, je parviens à la dégager. YES... "On coupera au montage", en fait, je n'ai rien coupé, j'ai juste accéléré le passage pour ne pas y passer la nuit.

C'est déjà l'heure de redescendre. J'ai l'impression de voir au loin des choucas en train de bouffer mon dépot de matos (et de bouffe !!!....)

Le col est vite atteint dans une neige revenue sympa. Je désescalade le col et rechausse. Point de choucas, ouf !  La poudreuse est assez lourde et tassée, parfois un peu croutée. Je ne fais pas du grand ski, mais je me débrouille. La poudreuse envisagée au milieu du vallon est trop dense. Je me débrouille sur la neige dure revenue. Je bascule vers la droite, et poursuis tout au fond de la combe à l'est (je n'y suis pas passé à la montée mais ça doit être le bon chemin) Je suis des traces de skis, à flanc, c'est techniqiue mais ça passe. Quelques courts passages raides. Puis un passage en croutasse infâme me ramène au fond du vallon qu'il faut redescendre. Le départ se fait très bien puis il faut repasser par les coulées d'avalanches. Je ne me débrouille pas trop mal. Et je repasse les obstacles, la petite remontée de la falaise infâme et la petite descente en glace, toute revenue à présent. Je traverse le lac et je vois un tunnel, je vais y jeter un coup d’œil. Il m'aurait éviter 10 minutes de galère sur le mauvais versant... je remonte vers la voiture, qui, fidèle, m'attend patiemment ! Tout en faisant l'iventaire des moments ou j'ai failli renoncer ! Incroyable que je sois arrivé en haut .

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