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Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Publié le par Apoutsiak

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

Une magnifique goulotte

en condition, disons, ... , moyenne

Avec Jeff, mon Burgener

et une poudreuse de rêve pour l'approche à ski (en octobre !)

 

Vidéo

Oups, j’ai failli oublier le rappel que j’avais préparé sur le canapé de la maison, la voiture est pleine de matos avec les skis de rando, qui sont de sortie, une première pour moi un mois d’octobre…

Et zou, je file sur les routes de campagne en direction de Sallanche, et de son mythique Vieux Campeur. Je cherche des chaussures pour faire de la goulotte. Je vais direct au rayon, j’ai une bonne idée sur le modèle qui devrait me convenir, et là, c’est le drame, il n’y a pas ma pointure… J’essaie le 46… trop grand, j’essaie le 44… trop petit. J’essaie d’autres marques, mais ça ne va pas, je finis par inspecter l’arrière rayon du rayon, et là, les voilà, elles m’attendaient. Je les essaie parfaite. Il me semble que ce sont des chaussures d’occas, mais je n’en suis pas sûr, tant elles paraissent neuves !

C’est plié, je les embarque, je file au rayon pantalon (ben oui, à force de mettre des coups de crampons dans les bas de pantalon, il faut réinvestir de temps en temps, afin de ne pas grimper en loques… Et l’histoire se répète… je ne sais plus qui a dit ça, mais je place la citation : « L’histoire est un éternel commencement » Bon, c’était sans doute pour la grande histoire avec un grand H, mais ça fonctionne aussi avec la nano histoire avec un nano n !

Bref, je trouve le modèle qui me plait, mais pas la taille. Bon, je ne vais pas vous décrire les tailles que j’essaie, afin de vous cacher le petit bidon (de secours) que je porte, mais je ne trouve pas ma taille.

Je prends la référence du modèle pour la commander par internet puis je file au rayon bâton, ben oui, faut que je réinvestisse, vu qu’avec Yannick on a eu la bonne idée dans laisser deux sur les pentes du Lauteraarhorn… Bref, je me retrouve à côté du vendeur spécialise S bâton, avec un client qui visiblement, n’a jamais fait de ski de rando, et je l’entends faire l’apologie du bâton deux brins en ski de rando, tandis que je m’évertue à regarder tous les modèles trois brins. Bon, ça fait un peu khon, mais moi, les bâtons, j’aime bien quand ça ne dépasse pas trop du sac à dos (en plus quand il y a orage, ça attire la foudre quand ça dépasse trop)

Je passe à la caisse, me déleste de quelques euros (voir un peu plus) puis je grignote un morceau dans une cafeteria et retrouve Jeff sur le parking de l’Intermarché.

J’enfourne tout mon matos dans son coffre (et un peu plus) et on file vers le tunnel du Mont Blanc et le téléphérique de l’Hellbronner. On peaufine les sacs, et on part pour la benne, skis et chaussures en main ! La magnifique benne nous emmène en altitude. Le temps est mitigé. On prend l’ascenseur, puis le grand couloir, et nous voilà au refuge, pas trop fatigués !!!

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

On s’équipe en mode ski et on part pour tracer le départ de l’itinéraire de demain, objectif, ne pas se perdre dans les crevasses du glacier du Géant au milieu de la nuit.

Il fait froid, avec pa mal de nuages, mais la visibilité est bonne, et la neige, assez rapidement, devient parfaite. Incroyable en plein mois d’octobre. On se méfie des perfides crevasses, justes masquées par cette fine poudreuse. Les virages s’enchaînent, on a la patate, l’impression de ne pas mériter ses virages faciles. Arrivés en bas, on met les peaux, on s’encorde et on remonte en direction de l’Aiguille du Midi.

A 18 heures, on décide de faire demi-tour, on n’aura pas tracé jusqu’au pied de la goulotte, mais le gros est fait, le reste ne devrait pas poser de grosses difficultés, il y a moins de crevasses.

On dépeaute, on se fait quelques virages pour rejoindre la combe, on repeaute, se réencorde, et on remonte en traçant, vers l’Hellbroner et le refuge Torino. On arrive juste à 19 heures, l’heure du repas, et ce soir, c’est repas Népalais, délicieux, bien que la sauce fut plus épicé que ce à quoi j’ai l’habitude, j’ai eu la main un peu trop lourde…

On file au lit vers 20 h 30, avec le réveil à 4 h…

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
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Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

4 h, j’entends vaguement le réveil de Jeff, mauvaise nuit, j’ai mis longtemps a trouver le sommeil. Déjeuner en tête à tête, on est les seuls à se lever à 4 h, les autres cordées ont mis le réveil à 7 h. Installés dans le couloir, sur une table basse avec des fauteuils, situation originale. On englouti la bonne pitance avant de filer.

Dehors, un bon grand froid nous accueille, j’ai les poils du nez qui frisent. Il fait grand beau ! On remonte la petite pente devant le refuge avant d’enlever les peaux, pour une descente dans la poudreuse, à la frontale ! La neige n’a pas changée, elle est toujours aussi délicieuse qu’hier !

J’essaie de m’écarter des linges des crevasses, je n’aimerais pas aller en explorer le tréfond. Le ski est bon, mais court. Il faut déjà repeauter, pour remonter de l’autre côté.

Et on remonte, les douces pentes, puis un peu plus raide. Une courte pause, je passe un peu devant pour les derniers mètres, nous voilà au pied de la Goulotte, c’est raide, très raide !

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du TaculAlpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du TaculAlpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul

On passe en mode alpi, je laisse on enlève les skis, on enlève les chaussures de skis et on met les chaussures d’alpi, les fameuses achetées la veille au vieux campeur. Je rerègle les crampons, qui ne me semblent pas assez serrés. 2 piolets, et c’est parti, Jeff se lance, quand les 60 mètres de corde sont déroulés, je fais de même. Il passe la rimaye, vient mon tour, fastoche, un pas à droite, un autre vers le haut, une simple formalité. La pente est comme j’aime, raide mais pas trop, 55°, ça ne va pas durer. Ben oui, on pénètre dans un couloir peu large, et plus raide. 65-70°, Jeff progresse vite, tandis que je suis au relai, Il fait méga froid, et c’est plus un glaçon qui assure plutôt qu’un homéotherme. J’essaie de bouger régulièrement les doigts de pied et ceux des mains, pour y maintenir la circulation…

Je rentre à mon tout dans le goulot, tout se passe bien, ça n’est pas hyper raide, mais ça passe. Je rejoins Jeff. Il faut avouer qu’on a un peu froid. Une longueur de neige s’en suit, fastoche, d’un coup, le soleil se lève et nous réchauffe. Le bonheur du goulottiste ! Le sang épais jusqu’alors, se fluidifie. On se croirait sur la plage de Copacabana un soir d’été, bref, on a chaud, on est bien, manque juste les brésiliennes en maillot et tout serait parfait !

Mais ici, à part le soleil, il n’y a personne, à part deux gus accrochés à une pauvre plaquette.

La longueur de neige est passée, nous voilà à un passage clef. Il faut faire une traversée en rocher sur la gauche.

Jeff, part, tout en dry tooling (pour les ignares, le dry tooling est l’art de grimper avec ses piolets, mais sans neige, et sans les mains ! Un piolet trouve une microprise à gauche, un croisement de mains, je surveille chacun de ses gestes afin de pouvoir les répéter quand viendra mon tour… Ça a l’air fin et je ne sais si je vais être à la hauteur. Je le vois hésiter, je le vois progresser, doucement mais surement. Il dans sur la paroi, mi neige mi rocher, il nettoie la poudreuse pour dégager les prises, une petite traversée, il est passé, et installe un relai un peu plus haut. C’est mon tour, je ne suis pas serein, je me libère du relai, descend de quelques mètres pour attaquer par une portion facile, j’y ai repéré de bonnes prises pour les pieds, pour les mains on verra bien. Je glisse un piolet derrière mon sac à dos, je remonte à présent tout en traversant. Je trouve de fines prises, tout se passe pour le mieux, c’est avec les mains que j’avance, le piolet est plutôt gênant, il ne me sert à rien ! Le Dry tooling ça sera pour une prochaine fois. Une petite traversée, je trouve de bonnes prises pour les pieds et je rejoins Jeff.

 

Il repart, il a deux choix, soit de partir dans la goulotte de gauche, soit de rester sur la neige à droite, et il file à droite. Progression rapide au début, dans une neige toujours aussi fine. Il ralentit. Je le vois gratonner la roche, oui en fait, la belle portion en neige, s’avère en fait, une belle dalle recouverte d’une fine pellicule de neige. Jeff progresse lentement, il est entre 25 et 30 m au-dessus de moi, et pas un point, entre nous, chute interdit. Je stresse, je regarde le relai, qui me parait bien frêle, une seule plaquette, la seconde a été abimée par une chute de pierre, et là-haut, Jeff qui lutte avec les éléments. J’imagine déjà le relai exploser en cas de chute, je calcule mentalement le facteur de chute… bien supérieur à toutes les normes permettant de tenir.

Jeff me lance « tu restes concentré ! », comme s’il y avait besoin de me le préciser, j’ai le cœur qui bat à fond, je vois ses piolets riper sur la roche, cherchant vainement une hypothétique prise. L fléchit, pour mettre son poids sur le bon appui. J’aspire à ce qu’il mette un point, mais je ne dis rien, je sais qu’il sait, qu’il sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Centimètre après centimètre, il grimpe, et pause une sangle sur un grand béquet, ouf, puis il poursuit à gauche, c’est plus facile, il est sorti. Je souffle, j’imagine que plus hait, il souffle aussi. C’est mon tour, je vais tenter le passage à gauche, ça ne peut pas être plus dur qu’à droite. Je rejoins la gorge, un peu de glace, mais qui cramponne bien, je passe un poil sur les rochers, il faut alors aller chercher le point à droite, je rejoins le relai. Quelle longueur !

Nous progressons ensuite sur un terrain plus facile, Jeff me fait passer devant pour rejoindre le pied d’une partie plus raide. La glace est pure, difficile à cramponner, je gravi une dizaine de mètres en glace, plante une broche (en trois coups, les deux premiers, je me suis retrouvé dans la roche et j’ai bien désaffuté la broche !) puis il faut aller chercher le relai, à droite, avec plein de neige sur les prises… invisibles. Je réussi à planter mon piolet gauche, je cherche alors une prise pour mon pied droit. Hésitation. Le pas est large. Je cherche une prise pour le piolet droit, rien, le rocher est fuyant. Non prisu. Je fais plusieurs tentatives, hésitant à basculer mon corps de la gauche vers la droite, de prises assurées, vers un inconnu. Je finis par réussir à poser le crampon droit, et bascule mon corps. Je suis passé. Je remonte la courte pente de neige pulvérulante et chope le relai. Jeff me rejoint.

 

le relai suivant est spectaculaire, la goulotte se redresse à 80° ! Jeff part, il est sûr de lui, brochant tous les 7-8 mètres. La longueur de 60 mètres est avalée, je ne le vois plus, le relai est bien loin. C’est mon tour. Je m’applique, la glace est bien dure, et je cherche à mettre mes ancrages dans ceux de Jeff. Viser la neige, éviter la glace, éviter la roche sous-jacente. Parfois le piolet fait dong, il rebondit sur la glace, sensation bizarre, désagréable.

Mais je progresse, c’est raide, mais on parvient à trouver des ancrages solides.

Je rejoins Jeff.

La longueur suivante, va nécessiter d’être fin, très fin. Il ya une fine pellicule de glace sur du rocher parfois apparent. Qui avait annoncé que ça n’était pas en condition.

Jeff part, je scrute chacun de ses mouvements. Il progresse lentement mais surement. Brochant régulièrement. Il danse sur la glace, m’envoyant au passage de grosses pavaces dans la tronche. C’est de la dance, mais ça reste quand même un bon grand sport de bourrin. Je passe mon temps à me recroqueviller afin d’éviter les multiples projectiles qu’il m’envoie. Après un long moment, il m’annonce qu’il est au relai. Je pars. « Il va falloir être fin » Voilà la phrase que je me répête dès le départ. J’essaie de trouver les ancrages de Jeff, la glace casse à chaque coup de piolet, j’aurais sans doute du affuter mes outils avant de me lancer dans cette grande aventure. Voilà la première sangle, puis la première broche, je tétanise les mollets, le temps de l’enlever. Grimper me fait du bien, ne pas rester sur place ce qui tétanise les muscles. Il faut rester concentré. Les ancrages ont peu profond, il faut trouver le bon emplacement pour placer chaque membre. 2ème broche, nouvelle tétanisation, enlever la dégaine, retirer la broche, remettre la dégaine, et la ranger sur le baudrier. L’opération n’est pas hyper longue, mais suffit à mon malheur. Je repars, visant les maigres traces laissées par Jeff. Et tout à coup, c’est le drame, mes lunettes deviennent intégralement remplies de buées. Je ne vois plus rien. En plein passage technique. Déjà que c’était compliqué avec deux yeux en bon état. Je me retrouve en semi nocturne. Je fais pars à Jeff de mon désarroi. Je plante mon piolet n’importe où, mais n’importe où, statistiquement, il ya de forte chance pour que ça n’ancre pas. Et ça n’ancre pas. Je finis par trouver un ancrage et progresser, mais c’est la galère. Dès que je me retrouve un peu stable, j’enlève mes lunettes et les glisse dans ma poche… Mieux, bien mieux. Je me remets à ancrer aux bons endroits. Jeff n’est plus très loin,

 

Je récupère une dernière dégaine, je me fais une petite traversée pleine de neige et le rejoins au relai.

Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
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Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
Alpinisme : Goulotte Gabarrou Albinoni - Mont Blanc du Tacul
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Il m’annonce, « on va redescendre » Il ne reste que 2 longueurs.  Une en traversée facile (enfin qui parait facile) puis une fine goulotte, qui de loin ne parait pas tellement en condition. De toute façon, ça me va, je suis content d’être monté jusque-là. La dernière longueur m’a usée, physiquement et mentalement, j’avoue que je suis content de redescendre.

On ne traine pas, en position rappel et c’est parti… c’est long, 9 rappels environ. Où l’on repasse par les endroits techniques gravis il y a peu. Les deux dernières goulottes à 80°, le passage àoù Jeff s’est retrouvé sur la roche, les pentes de neige, et la goulotte du bas. Petit coup de stress, on voit qu’une avalanche a balayé le bas du couloir, pourvu que l’on retrouve notre matos… J’avais fait le dépôt en amont de la base u couloir, bingo, elle est passée bien en dessous.

Dernier rappel, dans l’étroit couloir. En bout de corde, rien, pas de Jeff. Est-il descendu ou l’ai-je dépassé en descendant trop vite. J’opte pour la première hypothèse. Je me vache au bout de la corde a rappelé et je descends. En bas de la goulotte, je vois que Jeff est déjà aux skis. Je redescends la pente à 55°, je passe la rimaye facile puis rejoins facilement les skis.

 

On quitte les chaussures d’alpi pour les chaussures de ski, et on file dans la vallée blanche. A la poursuite du soleil qui ne se laisse pas facilement approcher. On finit par filer jusqu’au lieu du peautage, dans une neige correcte ! Et on voit que c’est jouable de choper la benne, donc on ne fait qu’une petite pause, et c’est à fond pour remonter vers Torino.

Je pars devant, Jeff dans mes skis, les sacs bien lourds. Il faut arquer si on veut avoir la benne. J’ai beau arquer, je me rends compte qu’il va nous manquer 10 minutes un quart d’heure.

Il fait super beau, on aurait pu faire de superbes photos dans ce soleil d’automne… Mais non, on est à fond et on file. A droite, deux alpinistes de retour de course.

On arrive au replat, sous le téléphérique, je vois les agents qui appellent leurs clients. On s’organise, quand on arrive au refuge, Jeff file payer, tandis que je bondirais dans le couloir afin de demander à ce qu’ils nous attendent. On ira alors chercher le matos laissé au refuge. Jeff m’a passé, il arrive au refuge. Quand je le rejoins, il m’annonce que la porte est fermée… la loose. 16 h 20, c’est tôt ! On a 10 minutes de retard.

Direction le bar, pour une pause coca. Avant une petite sieste et un bon repas fort sympathique avec un guide du Mercantour.

Le lendemain, réveil à 7 h 30, il fait déguelasse, comme annoncé par la météo. Quand on sort du refuge, c’est la tempête de neige. Plein vent, pleine neige. Et si la benne ne tournait pas…

On déjeune tranquillement puis on range le matos. A 8 h 30, on se présente à la porte, elle est fermée. Ça sent la loose. On revient au refuge et on annonce aux autres cordées le problème. Tout le monde est dans l’attente, personne n’a envie de rester la perché dans le brouillard, que le mauvais temps cesse. Une autre cordée tente sa chance. C’est ouvert. On file dans le couloir, puis l’ascenseur rejoindre la benne. Qui nous ramène au plancher des vaches, où il pleut ! Forcement !

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Alpinisme : Triangle du Tacul - Goulotte Chéré

Publié le par Apoutsiak

Ma première voie dans le triangle du tacul

Avec une météo plutôt capricieuse (comme souvent cette année !). Jolie goulotte pour faire chauffer les mollets. Heureusement, on y trouve de rafraichissantes spindrifts !

 

 

 

Vidéo

Topo

Descendre de l'aiguille du midi au refuge des Cosmiques (ou au col du Midi si l'on y dort pas !) rejoindre le pied de la goulotte. De là remonter cette goulotte (évident) bien marquée à droite du triangle du Tacul !

D 4 II P3

 

 

Carto fichier GPS

Fichier GPS au format GPX

Récit

 

Maudit, je suis maudit, ça fait 3 semaines que c’est le grand beau, voilà que mon week end dispo arrive, et ils annoncent du moche.

Au départ, Jeff voulait m'emmener faire l'Innominata au Mont Blanc, je luis annonce que je suis plus intéressé par la Blanche de Peuterey ou l'arête du Brouillard, deux itinéraires qui rapportent plus au chasseur de 4000...

En début de semaine, la météo s'annonçant moyenne sur le Mont Blanc et meilleur en Valais, je propose l'Obergabelhorn ou le Zinalrothorn.

 

 

Mais la météo s'assombrit

Je connais Jeff, et je sens la proposition de goulotte au Tacul.

 

Bim, bonne pioche, il me propose la Bodin Afanasieff... Connais pas. Au départ je pensais que c'était à droite de la Chéré (ben oui, je connaissais pas) mais en cherchant dans le Damilano, je me rends compte qu'elle est toute à droite de l'épaule du Tacul. Superbe itinéraire, bien engagé, Ca me plait !

 

Rendez vous est pris à 16 h ce Vendredi pour prendre la benne. Après un footing matinal avec ma dulcinée, je rejoins Chamonix. Un coup de benne plus tard, nous voilà à l'aiguille. Temps (très) mitigé ! On s'équipe devant les touristes (classique) et on décolle sur l'arête. Toujours aussi effilée, c'est sûr que pour les débutants, elle peut être impressionnante !

Une arête plus tard, un petit plat plus tard et une courte remontée (mais à fond, je suis avec Jeff, on arrive au refuge essoufflés (26 minutes tout de même, c'est le GPS qui l'a dit ! ).

Bon accueil, il y a la un groupe en partance pour le Mont blanc (ils vont butter) et un guide et ses deux clients Belge en cours d'acclimatation pour le même Mont blanc la semaine prochaine.

Petite sieste pour Jeff, je bouquine et délicieux repas (lasagne) avec Rab de dessert !!! en compagnie du guide et de ses deux Bruxellois. On a passé une excellente soirée !

Cordée de guide et des deux belges le matin en direction de l'arête des Cosmiques

Cordée de guide et des deux belges le matin en direction de l'arête des Cosmiques

Nuit difficile, le vent qui frappe le refuge, la chambre est froide, les éclairs qui éclairent la fenêtre... ça ne sent pas bon. Je me lève à minuit... ciel étoilé, on voit la vallée... Miam !

Je me recouche, dors par intermittence...

4 h 45, Le réveil de Jeff sonne. On se réveille difficilement. Direction le petit dej, son pain croustillant et son Nutella, j'en fais discrètement une orgie ! Bon, tout n'est pas rose : dehors, la visibilité est nulle, il neige et les flocons voyagent à l'envers : du bas vers le haut ! Quelqu'un aurait il retourné le refuge cette nuit ???

Il y a 20 à 30 cm de poudre légère. Et ça continue de tomber ! On décide de se recoucher... Jeff me réveille à 8 h 30.

Le brouillard est tombé.

On part pour la Chéré (Ben oui, pour la Bodin Afanassieff, il y avait le risque d'errer au sommet du Tacul dans le brouillard sans compter la neige fraiche tombée... pas top !)

La gardienne : vous avez des masques ? Jeff répond que oui... Je sens qu'on va manger de la poudreuse !

Sommet de la Goulotte Chéré

Sommet de la Goulotte Chéré

9 h 11, on quitte le refuge, derrière la cordée Franco Belge qui file vers l'arête des Cosmiques bien platrée. Visibilité corrrecte pour le moment. on descend vers le col du Midi puis on avance vers le Tacul. Les nuages nous dévorent. Visibilité 20 mètres. Jeff progresse lentement (ça change !) on aperçoit une ombre grise, sans doute la rimaye.

Pause sous la rimaye, on laisse les sacs et on essaie de repérer le départ de la goulotte à l'occasion d'une éclaircie. C'est bon ! Jeff part, rimaye passée efficacement puis remontée  pour rejoindre la barre rocheuse à fond. C'est mon tour, bon, j'avance assez vite (à mon goût) mais beaucoup moins que Jeff. Pente à 45 - 50 ° gavée de neige, ça cramponne bien... premier relai.

 

Jeff repart, je l'assure, la corde fait des siennes, il me faut et l'assurer et déméller les torons... Et vu qu'il avance vite, je dois réaliser les deux opérations de concert ce qui n'est pas une mince affaire. Relais. A mon tour, je contourne l'éperon rocheux et me voilà dans la pente. Je peine à trouver un rythme efficace. J'essaie d'assurer chaque appui. La pente devient raide, bien raide ! Quelques broches plus tard, je suis au relais suivant.

 

...

 

Relais suivant, il est sur la droite, légèrement protégé par un bloc rocheux. Vaché à la cordelette, Jeff est déjà parti. Les spindrifts déjà présente s'intensifient ! Les plus grosses recouvrent l'intégralité de la goulotte ! Jeff disparait dans le brouillard de poudre ! Je mange dur, les spindrifts d'une part et quelques morceaux de glaçons envoyés par Jeff. Et pim, un glaçon dans le genou : Aïe !

 

C'est mon tour. Je m'applique dans cette portion raide. Les piolets ancrent bien malgré leur âge avancé : 13 ans ! Les crampons, eux, dans leur prime jeunesse, s'avèrent efficace.

C'est le passage à 85°, sur une 15aine de mètres. C'est raide, mais ça passe bien. J'arrive au relai suivant tout de même bien essoufflé.

 

 

 

 

Le guide 'No bonjour" et son client !

Le guide 'No bonjour" et son client !

Nous sommes sortis des grosses difficultés. La pente se couche (55-60° tout de même) A mon tour de passer devant. C'est bien concentré que je pars . Une broche, une pente raide, en glace. Je donne de tout petits coups de piolet pour assurer les ancrages. Ca grimpe parfaitement. De temps en temps , ça éclate la glace et il faut replanter. Alors j'ancre à fond, et parès je galère à retirer le piolet ! Classique.

Une broche, une dégaine et une autre broche suivante, je me retrouve au relais, fier comme Artaban Je serai passé en tête un court moment dans cette goulotte. Je suis bien essouflé. Et Jeff me rejoint quelques secondes plus tard ... Trop fort.

 

Il me propose de repartir devant, perso, j'ai les mollets en feux et il est monté si vite que je n'ai pas eu le temps de récupérer. Je le laisse donc terminer. Il file, et là, c'est un peu la galère. Il va tellement vite que j'ai du mal à suivre avec la corde. Assurage hyper rapide. Fatigant aussi pour les avants bras. Enfin il est en haut !

je pars, la longueur est facile (c'est pour ça qu'il filait, le bougre) un petit passage mixte, en traversée. Puis de la bonne neige (j'avais tout de même pas les talons pausés) Un petit ressaut et voici le sommet de la goulotte !

 

Jeff, me fait un petit topo sur les sorties des goulottes du Triangle et zou, on bascule sur les rappels ! Alors les rappels, c'est classique, il part devant, je me prépare, quand c'est libre je file, puis quand j'arrive, une fois vaché, MA mission : Rappeler la corde... Et 2 fois 60 m, c'est hyper dur à rappeler ! il faut tirer comme une brute tout en restant homogène dans le tirage. Le souci , c'est qu'à chaque rappel, il faut recommencer... J'ai les avants bras en feux, les doigts cripsés sur la corde. Chaque rappel augmente ma douleur !

Souffrance !

 

Au milieu de la voie, on croise une autre cordée. Un guide et son client, sans doute, je lance un bonjour, un mugissement me répond, bon, le guide n'a pas l'air de très bonne humeur.

Il file à la vitesse de l'éclair (comme Jeff) sautillant des piolets vers les crampons, je suis scotché !)

Jeff m'annoncera qu'il n'a pas eu de réponse  à son bonjour... lui aussi !

 

 

Vue du bas, encore un peu de soleil...

Vue du bas, encore un peu de soleil...

Plus bas, le client est plus sympathique (et plus lent), chaque piolet est ancré profondément, les pas sont lents, très lents !

Et moi pendant ce temps, je dois me taper de rappeler les rappels ! Tout en prenant des bouts de glaçon dans le Genou ... Ouïe !

Dernier rappel, rimaye traversée, je passe l'obstacle, facile, je descend rejoindre Jeff, tout en rappelant la corde. la corde vient tranquillement. elle descend... et bascule en partie dans la rimaye. Je rappelle, et là, c'est le drâme ! la corde est coincée au fond de la rimaye. Je remonte vers celle ci, la voilà, profonde et tortueuse, tourmentée et sombre ! Je reste prudemment sur la lèvre inférieure ! J' essaie de décoincer la corde , le premier brin coince , mais le second vient ! Je le tire délicatement... 5 minutes plus tard, tout est remonté ! Je redescends vers Jeff.

On avalle la corde, et on file, pause sur le glacier au soleil. On remonte au refuge pour grailler une croûte au fromage délicieuse ! (Depuis la veille je l'avais repérée sur le menu).

Puis décollage pour rejoindre l'aiguille du midi, dans le brouillard. On remonte relativement rapidement. L'arête est fine, mais passe bien. On se retrouve à l'aiguille. On file vers le téléphérique où il faudra attendre la benne 25 minutes (on en profite pour trier le matos) et le retour, en héros (ben oui, on a quand même 2 piolets techniques dans le dos ! )

 

Dernière course d'alpinisme de 2015 ? ... A suivre

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Ski de randonnée : Tour de l'Aiguille de la Nova

Publié le par Apoutsiak

Dans le Beaufortain

Magnifique rando sous la célèbre Pierra Menta

Avec nuit dans le superbe refuge de Presset (tout neuf)

Avec un groupe très sympa, merci Jeff pour l'invitation !

Topo

 

Accès en voiture

De Aime se garer aux environs de la Gitte au point 1574 m c'est pas mal (si la route est fermée , se garer au niveau du foyer de ski de fond et rejoindre la Gitte par la route à ski !

 

Jour 1 : Refuge de Presset 2514 m par le col de la Charbonnière 2494 m

 

Depuis la Gitte, gagner pré Pinet, puis traverser le torrent de la Portette (pont particulier) et suivre ce torrent vers le Nord. On remonte alors vers le lac de la Portette (plusieurs itinéraires possibles) puis on gagne le col de la Charbonnière 2494 m.

 

Du col descendre dans la combe pour gagner les hauteurs au dessus du refuge de la Balme (2100 m environ) remettre les peaux et gagner le refuge de Pressset par le Vallon plein Nord

 

Refuge 5* !

 

Jour 2 : Tour de l'Aiguille de la Nova par le col de la Nova 2811 m et le col des Grands Fonds 2671 m

Du refuge de Presset descendre par le vallon jusqu'au refuge de la Balme. Descendre jusqu'au point 1928 m. Remettre les peaux pour remonter au mieux jusqu'au col de la Nova (2811 m) Descente par le couloir Ouest (40-45°) qui permet de gagner la Combe de la Neuva. On repeaute pour gagner le col des Grands Fonds (2671 m) et redescendre au refuge tout proche.

 

On descend une deuxième fois vers le refuge de la Balme puis par le vallon de l'Ormente gagner la Gitte, la boucle est bouclée !

 

Ski de randonnée : Tour de l'Aiguille de la Nova
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Récit

Au téléphone , j'avais pourtant bien précisé à Jeff : "tu me trouves de la poudre !" C'était là ma seule exigence. Je connaissais Jeff, je savais qu'il était capable de me trouver le spot où je pourrais m'ébattre dans une neige parfaite...

Vendredi soir, après ma sortie en solo au trou de la mouche afin de vérifier que je n’étais pas trop rouillé, je retrouve Céline et Jeff pour une sympathique soirée. Hésitation entre deux massif concernant l'objectif : le Beaufortain ou le Dôme de Peclet. Il est vrai que nous avons une préférence pour la seconde solution, mais à priori Yohann ou Lionel l'ont déjà fait, va pour le Beaufortain.

Le lendemain, 8 heures nous voilà tous les 3 dans la 107 de Céline, avec les skis et le matos. J'ai les fixations dynafit insérées dans les côtes, Céline en profite pour dormir sur une paire de chaussure Scarpa... Ambiance tandis que Jeff pousse notre port de yaourt à ses limites !.

La 107 nous emmène à bon port.

 

Et nous voilà partie sur la route légèrement enneigée. Il y aura tout de même quelques zones de portage.

Céline monte à son rythme. Nous traversons un spectaculaire pont vermoulu (il ne reste que 3 planches transversales). L'ambiance est bonne. Quelques chamois passent nous distraire.

Petite pause auprès d'un lac enneigé pour le pique nique. Puis nous repartons vers le col de la Charbonnière. La neige parait pourrie, des zones de poudre alternent avec des zones dures puis croûtées. Ça va être difficile à skier en descente. Je prie pour que la poudre se trouve en face Nord...

Le col.

Superbe vue sur la Pierra Menta et le refuge.

Jeff s'engage dans la descente... et chute. Ca sent la croute parfaite ! On ne va pas rigoler. Céline s'engage à son tour. Et chute au bout de 5 mètres ! Bon, là il faut noter qu'elle a oublié d'enlever ses peaux, donc la chute était prévisible. Elle se retrouve dans la pente un peu merdique à réaliser l'opération...

Je pars, opère une grande traversée cherchant vainement la poudre tant espérée, et me lance dans une descente "cuissue"... dans la pente. Ca va être une orgie pour nos cuisses. On cherche la poudre ou la transfo, seul cette maudite croute se présente sous nos spatules.

Céline qui a des ampoules et les pieds qui gonflent hurle "J'ai mal aux pieééééééééééds ! J'ai cru qu'on allait se choper une avalanche déclenchée par ses cris. Visiblement elle a mal, et ne profite pas des 50 mètres de poudreuse dénichée au milieu de la combe.

On arrive en bas, on repeaute, Jeff file devant, j'accompagne Céline dans son calvaire au refuge de Presset.

On arrive enfin au refuge. Bonne surprise, il est super confortable ! Tisane, corvée de bois, de neige. Au loin Marj, Cri cri et Lio arrivent, juste après le coucher du soleil. Puis c'est Yo qui arrive, il fait nuit noire. Nous dégustons tous ensemble une bonne plâtrée de pâtes agrémentées des ingrédients des uns et des autres...

C'est seulement vers 11 heures que l'on va se coucher...

Ski de randonnée : Tour de l'Aiguille de la Nova
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Je me réveille, la lumière est bien présente dans le dortoir. Je sors, toujours cette magnifique vue par la grande fenêtre sur la Pierra Menta. Marj et Lio sont déjà réveillés Petit déjeuner. On se renseigne sur l'heure : il est déjà 9 h 50 . Je ne me suis jamais levé aussi tard en refuge.

Chacun émerge, déjeune et se prépare.

Vers 11 h nous sommes dehors.

Descente encroutée vers le refuge de la Balme. Comme d'hab', je fais parti du groupe des Mauvais. C'est ça de vouloir faire du ski avec des Hauts savoyards, dans la poudre on peut faire illusion (et encore) mais dans la croutasse...

On rejoint le refuge de la Balme, ou Céline m'annonce son intention de nous attendre là. Je lui conseille de poursuivre un peu , il sera toujours temps de faire demi tour. Elle poursuit. (elle a bien fait, finalement elle fera toute la course avec nous !) Nous repeautons afin de remonter. Début de montée en T shirt, le 8 Décembre, Y'a plus de saisons ma bonne dame ! Fidèle à sa façon de faire, Jeff file devant. Pause au milieu de la combe. Lio, Yo et Cricri en profitent pour faire du bloc en chaussures de ski, ils sont fous ces Hauts-Savoyards... Nous repartons. Au dessus Jeff en a profité pour remonter un couloir et s'en faire la descente...

Pause pique nique, j'avais la dalle. Ca repart vers le col de la Nova, que Lio trace impeccablement. Derrière, notre Khomeiny a été mis au pas par sa Khomeinyette (Céline, il faut suivre !) et ferme la marche du groupe. J'en profite pour immortaliser le moment.

Arrivée au col, vue sur le Mont Blanc magnifique.

Tout le monde se retrouve avant d’emprunter le couloir qui me parait bien raide pour moi... Tout le monde s'engage, flûte il y a alternance de croute, de neige dure et d'un poil de poudre. Méfiance. Marj' va perdre toute sa confiance dans une première chute. Je repère un filon de neige poudreuse que j'exploite et parviens à enchainer les virages. Les pros sont déjà en bas. Je profite du moment. On se rejoint dans la Combe de la Neuva pour repeauter. C'est parti pour la courte remontée vers le col des Grands Fonds. On y est accueilli par un bon petit Zeff. Lumières magnifiques ! On ne s'éternise pas et on redescend au refuge pour une pause .

Puis c'est de nouveau la descente vers le refuge de la Balme. Yo et jeff se propose de m'emmener dans un petit col qui devrait (conditionnel) permettre une belle descente. C'est Yo qui a repéré endroit ce matin) Je crains le pire ( le pire , ça serait  une pente raide et pleine de croutasse) Je les suis sans entrain, qu'est qui va se présenter.

On passe un collet, et voilà la descente, juste bien. La neige est légèrement transformée, les virages se suivent. Il y a quelques zones croutées mais dans l'ensemble c'est agréable. On rejoint les autres sous la Balme, je n'ai plus de cuisses. Ils filent. Je les suis, mais j'ai mal aux cuisses sur ce chemin enneigé. Enfin, ils ont fait une pause. Lio propose une Derby : le premier arrivé à la voiture. Pas le temps de me reposer, c'est déjà reparti. Les cuisses dures comme du béton ! Devant moi, il y a Jeff, Yo et Cricri. Je me fais assez rapidement dépasser (et dépauser) par Lio) La neige est percée de traces de pas. Je me dis qu'il ne faudrait pas grand chose poru que je tombe...et ... Je me ramasse. Marj en profite pour me laisser là. Je me relève et repars, à l'arrêt.Schuss jusqu'au pont, sans neige, où je suis à 25 m de Marj et Cricri, après ça remonte, grand bourrineur devant l'éternel, ça m'est favorable.Je me rapproche des filles vers la crête, mais c'est de nouveau une descente. Je dépasse Cricri dans la relance, mais ça sera impossible de revenir sur Marj : trop forte ! Voilà déjà la voiture. J'ai les cuisses en feu ! Je ne sais pas qui a u l'idée de faire un Derby...

 

Bon ben voilà un bon Week end de ski, sans poudreuse mais avec un groupe sympa et des paysages magnifiques !

 

 

Ski de randonnée : Tour de l'Aiguille de la Nova
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Alpinisme : Traversée Midi-Plan descente sur le Requin

Publié le par Apoutsiak

Une magnifique course d'arête ! Après deux buts, un avec Thib au Rognon du Plan et un  autre avec pas mal de monde (Anne, Jean-Marc, Matthieu et Steph) nous avons remis le couvert !

 

Vidéo en bas de l'article

 

P1040880

 

 

 

 

Topo

 

Depuis l'aiguille du Midi (3842 m), suivre l'arête qui part Nord Est et rejoindre le col du Plan : 3475 m Contourner le point 3532 versant Ouest (Chamonix) puis par l'arête et rejoindre un deuxième col sans nom sur la carte IGN De là, toujours versant Chamonix remonter un couloir qui amène au Rognon du Plan. Contourner un bastion par l'Est  rejoindre l'arête et tirer un rappel (équipé - 20 m environ) désescalader en traversée pour trouver un second rappel (60 m) possibilité de faire des rappels intermédiaires.

Traverser le col supérieur du plan 3573 m et remonter en direction de l'aiguille du Plan. Attaquer versant Sud escalade en III sup pour rejoindre le sommet (3673 m).

 

Descente sur le refuge du requin.

Un rappel de 60 m permet de rejoindre la base de l'aiguille du Plan (relai sous le sommet)

Descendre le glacier de l'envers du Plan  au mieux : gros louvoyage entre les crevasses ! passer sous le point 2865 m  et rejoindre le du requin : 2516 m

 

Carto fichier GPS

 

à venir


Récit

 

 

Le programme


Encore une bonne grosse journée ! lever à 4 heures de la maison ,je retrouve Jeff Catherine et Céline à 7 h 1/2 à Cham. Queue pour les billets pour le téléphérique, nous ratons la première benne, nous aurons la seconde. Et zoop nous voilà sommet de l'aiguille du Midi. L'obectif du Week-end : une goulotte dans le triangle du Tacul et la traversée Midi Plan. Il a pas mal neigé.


Jeff décide pour nous et nous partons pour Midi Plan en aller retour, les Cosmiques nous attendent nous avons réservé en demi pension, quel luxe !

 

Tout va bien Madame la marquise, il fait grand beau, c'est magnifique !


Et c'est parti, il y a du monde, nous descendons l'arête Nord de l'aiguille, je suis encordé avec Catherine et j'enprofite fimer Jeff et Céline un peu derrière. Une cordée de 3 est loin devant nous, l'arête est magnifique, c'est un régal. Au col du Plan tout va bien, nous basculons au frais, versant Chamonix, à l'Ombre. La traversée puis la remontée du couloir sous le Rognon du Plan se passent bien. Au loin, la cordée de 3 est déjà au sommet du Rognon, Céline est aux anges, pour une première course... ( en fait, nous sommes tous aux anges) Au Rognon, nous rejoignons le sommet du bastion Rocheux qui donne accès au col Supérieur du Plan. Premier rappel, puis traversée en escalade mixte et facile.Jeff équipe et je ferme la marche en désescalade. Nous rejoignons le deuxième rappel, il fait chaud et des chutes de morceaux de petites  corniches nous menacent gentiment...

 

P1040840

La chaleur arrive et le programme change


Deuxième rappel, nous voilà sur la neige, bien soupe. Deux théories s'affrrontent, Jeff, veux longer la base du bastion, raide (et chargée) tandis que je propose de descendre sur le "replat" et de remonter tranquillement la pente (plus long, mais plus sécurit à mon sens) Jeff part avec 60 m de Corde, ça semble passer, il déclenche quelques petites coulées et rejoint le col supérieur du Plan. Nous le suivons bien espacés les uns des autres. Ne reste que la pente de neige sous le bastion final.


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Voilà l'escalade, le départ est assez évident. Un passage sur gratons en crampons au milieu puis c'est tout en finesse que je grimpe les derniers mètres (en fin pas tout à fait en finesse, mais presque !) Voilà le sommet. Photos avec Catherine. Jeff réclame le départ pour la descente, et oui, les pauses, c'est toujours trop long. Céline montre quelques signes de fatigue, c'est sûr que pour une première course... Et en plus, c'est pas fini. Nous nous rejoignons au pied du rappel, et là, 4 solutions s'offrent à nous :

 

1°) : Revenir sur nos pas sachant qu'il y a le bastion du Rognon du Plan avec son IV sup gavé de neige à franchir et que c'est long !

2°) : Descendre  un peu et gravir le Rognon du Plan par une pente de neige raide (bien trop fondue à mon gout ...)

3°) : Descendre sous l'éperon du Rognon du Plan (jusquà 3100 m environ) et remonter vers l'aiguille du Midi et les Cosmiques. Crevassé et un peu long surtout qu'on brasse comme des mabouls dans cette neige  temps estimé pour atteindre le refuge 3-4 heures ( c'est ma solution, mais elle n'est pas validée par tous)

4°) : descendre au refuge du requin (plus rapide !)

 

"Jeff, il est ouvert le refuge du requin ?"

"Oui - oui !"

"Ah bon !"...

  La natation synchronisée, ou presque !


On brasse tellement que la solution 4 s'impose, d'autant que le refuge est ouvert ! La cordée de 3 qui nous précedaient n'a pas fait le sommet ils sont descendus directement sur le refuge du Requin depuis le col supérieur du Plan. Brass - Brass Brass ... nos deux cordées ont les pieds trempés ! Brass brass brass zwiiiiip (glissade).  Bref, c'est tracé, mais on brasse à gogo. Tout le monde galère et la joie des premières heures a laissé place à l'envie de manger un bon boeuf bourguignon mitonné par le gardien...

 

Le refuge presque parfait !


Nous approchons du refuge, il n'y a pas l'air d'avoir une grosse animation. Une fois sur la terrasse, c'est sûr, il n'y a pas de gardien. Le soleil a la bonne idée de se coucher 3 minutes après notre arrivée, pour le séchage des affaires, on repassera !  Je pénètre dans l'antre, c'est ouvert, il y a au moins un local d'hiver. Je monte à l'étage, un dortoir vaste et bien ordonné, et une cuisine avec des feux , des gamelles et des spaghettis chouette on va pouvoir faire un festin ! Je cours annoncer la bonne nouvelle aux autres !

 

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Catherine  est un peu fatiguée et Céline est toute blanche. Nous nous installons dans le dortoir et mettons nos affaires à sécher, le plus impressionnant : les chaussures de Jeff retournée qui crée un fleuve d'eau dans le bâtiment !

 

Je retourne dans la cuisine pour faire fondre de la neige et ô surprise, il y a bien des feux du matos mais il manque ... la bouteille de gaz. Et là, c'est le drame. Pas de gaz = pas d'eau à boire, et pas de nourriture, je suis parti avec juste 10 barres pour 2 jours. Nos recherches dans et autour du refuge resteront vaines ! Il n'y aura pas de gaz pour ce soir !

 

Une longue soirée s'annonce... Céline fatiguée, s'est couchée, elle est malade; Catherine l'a imitée (mais pas malade !) Je tente de soutirer à Jeff quelques victuailles (il a du jambon du pain et du gouda) et je décide de me nourrir d'un aliment original : le spaghetti pas cuit ! quand je dis pas cuit en fait, je devrai préciser pas cuit du tout, cru ! Ca craque sous la dent puis il faut mâcher longuement avant de pouvoir avaler ( sinon il y a un fort risque de perforation stomacal !) La chambrée profite longuement de mon repas ( ah oui, les spaghettis c'est bien, mais c'est long à mâcher ! ( l'avantage c'est que ça occupe) Je décide de préparer de l'eau pour la nuit et le lendemain, je remplis toutes les casseroles de neige (ensuite, il suffit d'attendre que ça fonde).

 

Bref, après avoir bien quémandé j'arrive à obtenir de Khomeiny  dans sa grande largesse, une demie tranche de gouda rance ! béni sois tu ô toi notre lumière quasi divine !  

 

Ou un vovo croise un hélico !


Céline, malade file vomir aux toilettes, qu'elle n'atteindra pas, et laisse le précieux contenu de son estomac se déverser en chemin, à 2 mètres de son objectif ! Elle revient barbouillée de vovo, pas facile de se nettoyer sans eau !  Je compatis à son malheur et lui propose quelques délicieux spaghettis qu'elle refuse ! étonnant non ?

 

La nuit se profile, j'utilise des techniques d'endormissement américaines : le MP3 vissé sur les oreilles et quand je sens que je m'endors, hop j'éteints tout et je m'endors. Bref, mon esprit vaquait dans les paysages traversés dans la journée quand j'entends un vrombissement sur la musique de Cure. Mon sang ne fait qu'un tour, un hélico est en train d'atterrir à proximité du refuge. Le gardien ? ... Je saute du lit et file dehors et là, vision d'apocalypse : Céline est en train de vomir à genou, prostrée sur le grillage de la terrasse du refuge et en face d'aile l'hélico pausé, les turbines hurlantes. Moment étonnant ! Deux gars du PGHM  en sorte et viennent nous demander si nous avons vu un ou deux espagnols en provenance de l'éperon Tournier. Tandis que Céline fini de recracher les morceaux je leur annonce que nous sommes seuls au refuge et que nous n'avons croisé qu'une cordée de 3 sur Midi Plan. Ils repartent vers l'hélico, qui repart aussi sec vers la vallée,nous nous retrovons seul. Jeff nous a rejoint en pagne ! La scène est étonnante. Céline ravale les derniers morceaux de son ex dernier repas (bon appétit si vous êtes à table) et Jeff lance un "Ca va mieux ?" du plus bel effet ( il sait parler aux femmes Jeff !) .

 

Bref, endormissement deux le retour, Méthode américaine, MP3 Dodo.

 

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Natation synchronisée 2 La vengeance !


Et le lendemain matin, réveil 5 heures. Ca n'est pas la motivation des grands jours. Chacun émerge, grignote une barre, deux pour ceux qui en ont les moyens. But du jeux du jour : Remonter au col du Midi faire une goulotte et rejoindre l'aiguille du Midi avant la dernière benne. Le temps est gris. Nous rechaussons nos chaussures humides après ce petit déjeuner frugal et en route pour l'aventure ! Les pieds sont frais ! C'est parti vers 6 heures 10. décollage. Aucun regèle nocturne, on brasse, ça commence bien. Jeff et Céline font une pause "eau" au passage d'une cascade, nous passons devant. Je trace. Je surveille les vilains séracs qui surplombent la trace. Tout à coup, gros bruit, un rocher est parti, je lève les  yeux pour voir où il va tomber. Sur Catherine ! J'avance en avalant la corde, elle court vers moi, Je vois que ça va passer, mais 30 secondes plus tôt nous étions pîle dessous ! (enfin Catherine, il vaut mieux l'avoir en photo qu'encordée, c'est un peu miss poisse : une crevasse, c'est pour elle, une chute de pierre, c'est pour elle ! une rimaye a percer, c'est pour elle !)


Bref, remis de nos émotions, nous repartons. Je brasse un coup le pied tient en surface, un autre il s'enfonce, parfois profondément. Je n'ai, comme souvent le matin pas la caisse, alors qu'en Jeff me propose de passer devant, je laisse mon orgueil de coté et lui laisse faire cette tache ingrate ! Derrière, c'est beaucoup plus reposant ! Scounch scrounch font les crampons dans la neige à peine durcie par le mauvais regèl. Un coup je m'enfonce, un coup je reste en surface. Je regrette de ne pas avoir les skis ! Moi qui aime les départs matinaux tranquille où l'on peut dormir dans la trace, je suis servi. Je chantonne quelques airs d'opéra.  Plus on monte, plus ca a regelé et plus on marche facilement, tant mieux. Catherine réclame une pause, elle sait y faire avec Jeff, elle menace de tomber dans les pommes  en cas de "non pause "! . Et l'autre s'execute, sans sourciller. L'avantage, c'est que s'il y pause pour Catherine, il y a pause pour moi, et je pique un petit sieston un peu frais (la neige, ça refroidi son homme !)

 

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Nous passons au bout de vallée blanche et par un mouvement enveloppant, revenons vers l'aiguille du Midi. Dernière pause, il est midi, nous mangeons nos dernières barres, il en restait. Il est trop tard pour aller tenter une goulotte nosu décidons de rentrer direct  Nous remontons au col du Midi ou un groupe fait des exercices de mouflages au bord d'énormes crevasses. Voilà l'arête, Catherine veut faire une dernirère pause, nous nous réencordons court et voici l'arête finale, je suis canardé par les flashs (un classique à l'aiguille du midi) et voilà la grotte de glace il est 13 h 10. Quelques minutes plus tard, Céline et Jeff arrivent. 

nous filons vers la benne où il y a une énorme queue. Ca bouchonne et je vais passer mon après midi dans les bouchons : presque 2 heures la voiture à l'arrêt sur l'autoroute en Suisse du fait d'un accident, et la sortie se fera en remontant l'autoroute à contresens.... Bouchon bouchon... Enfin bref, je suis bien rentré (un peu lentement) après ces deux belles journées de montagne !

 

 

Photo

 

L'album photo complet est ici  - diaporama Midi Plan

 

 

P1040822Départ de l'aiguille du Midi - au loin l'aiguille du Plan


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Devant le Dôme du Gouter


P1040832L'arête


P1040838Après la descente, ça remonte !


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Devant le Rognon du Plan et son couloir d'accès


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Cordée sur le Rognon du Plan


P1040853col du Plan



P1040855col du Plan


P1040854

vers le col du Plan



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Dans le couloir obscure du Rognon du Plan



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sortie du couloir


P1040871au pied des rappels du Rognon


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Le Rognon du Plan



P1040886

Vue du sommet : au loin l'aiguille du Midi et le Mont blanc


P1040890avec Catherine au sommet

P1040891Magnifique arête


P1040897

Coucher de soleil sur la Tour Ronde depuis le refuge


P1040904

L'aiguille Verte un peu bouchée au lever du soleil


P1040917Céline, dernière pause avant l'aiguille du Midi

P1040925Sortie à l'aiguille du Midi

 

Vidéo

 

 


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Vidéo : Tour Ronde - Couloir Gervasutti

Publié le par Apoutsiak

 

Semaine chamoniarde :


Rosablanche par Siviez


Tentative sur la Verte

Goulotte Mitsunori Shigi

Nuit à la fourche


Tour Ronde, couloir Gervasutti

Vallée Blanche


Traversée des Aiguilles Crochues


Aiguille Verte couloir Couturier - descente par le Whymper


Les vidéos sont inclues dans les articles


 

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Alpinisme : Tour Ronde - couloir Gervasutti - 3792 m

Publié le par Apoutsiak

Tour Ronde 3792 m

300 m AD + II 50 °

 

Couloir Ouest de la Tour Ronde

 

 

 

 

 

P1080418

 

Topo :

 

Depuis le pied de la Tour Ronde, dans la Combe Maudite, l'itinéraire est évident. en face Ouest, un couloir évident et large descent de la base sommitale.

Passer la rimaye et remonter le couloir ( 50°) Le couloir rectiligne s'incurve ves la droite en son sommet. L'itinéraire rejoint la sortie de la face Nord. Le bastion sommitale peut être contourné ou gravi directement par une cheminée en IV.

 

Carto - Fichier GPS

 

 

Récit

 

Après une mauvaise nuit au bivouac de la Fourche, nous décidons de faire la Tour Ronde par le Gervasutti avant de redescendre par la vallée Blanche, ma première ! (au départ nous devinos redomrir à la Fourche pour gravir en sus une ou deux goulottes).

Bref, nous quittons notre bivouac frisquet, remontons sur l'arête avant de descendre dans la Combe Maudite. De là nous filons au pied du couloir Gervasutti, à quelques encablures.  Quelques conversions plus tard, nous sommes sous la rimaye. Skis sur le sac, crampons au pieds, Jeff, le briseur de pause, part devant. Tentative de passage de rmaye, hésitation, nouvelle tentative plus à droite, Jeff passe, et file faire un relai plus haut. C'est à Catherine. Je la suis, elle se positionne, quand c'est toute la lèvre inférieure de la crevasse qui cède sous son poids et descend de 50 cm. Catherine se retrouve assise sur un bouchon de neige qui s'est enfoncé de 50, les cramons dans le vide. Elle émet un cris strident qui met me mets en éveil. Je la hisse hors de sa facheuse position en précisant judicieusement à Jeff de rester corde tendue. Une fois revenue à sa postion initiale, le problème reste entier, il faut passr la rimaye, qui est bien entendu plus large qu'initialement... Finalement ça passe, je regrette un peu de ne pas avoir filmer la scène, qui aurait fait un malheur sur internet, mais je n'aurais pu tirer Catherine en arrière un appreil photo à la main !

Bref, avec mes Grandes guibolles, la rimaye passe relativement bien : un piolet ancré bien loin, pareil pour le deuxième, le crampon planter haut et hop je suis au dessus.

La suite, c'est comme un gigantesque escalier de neige dure, en condition impeccable. La forme est là, alors, ça va tout seul. Je parviens à faire quelques photos et quelques films  dans le couloir sans que l'Ayatollah à la fatwa antipause qui nous sert de premier de cordée ne s'en rende compte ( Burgener, si tu nous entends ! ;-) )

 

Bref, ça monte, et je profite de ce couloir en condition, la vue est magnifique sur l'envers du Mont Blanc, la Blanche de Peuterey est superbe. Nous débouchons sur l'arête ou a lieu la jonction avec la face Nord, un peu de glace, puis Jeff décide de faire une pause sur le final en IV. Persuasif, je le dissuade de monter par là, il faudra revenir cherhcer les skis et la bouffe alors qu'un pause au seommt me plairait bien. Au sommet c'est bombance et sieste.

Nous attaquons la descente par la voir normale côté Est. Départ sur l'arête puis rapidement dans les pentes Nord. Ca passe relativement tranquille. Il faut juste faire attention dans ces pentes à 45 °

 

P1080448

 

Sous la rimaye, nous chaussons les skis pur descendre la vallée Blanche, seuls, il est déjà tard ! C'est magnifique et jamais très raide. Catherine fatiguée, réussi à se gauffrer juste avant une montée, mal joué. Jeff joue les pros de la glisse au ras des crevasses. Les longs plats de la mer de glace nécessitent de pousser légèrement sur les bâtons. Voilà le bas du glacier, il va falloir remonter à pied au Montenvers et sans doute descendre à pied à Cham, le dernier train est sans doute parti.

Jeff nous gratifie d'une belle figure de style à la sortie du glacier en glissant sur la glace !  Nous rejoignons la grotte de glace et le sentier d'été enneigé qui remonte au Montenvers. Une autre cordée de 3 est là pour faire la pause, le dernier train est parti il y a une heure déjà. Catherine nous rejoint, elle aurait prféré dormir là ! Grosse déception. Nous amorçons la descente, chaussage, déchaussage 20 ou 30 fois, je ne sais plus, pour perdre 200 m à tout casser puis le sentier devient sans neige,   reste la longue descente sur sentier et nous arrivons vers 20 h 30 au parking. Tentative de stop pour rejoindre l'Aiguille du Midi, échec, je la rejoins à pied !

 

Voilà deux journées bien remplies !

 

(le récit de la première des deux journées

 

Photo

 

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Bivouac de la Fourche - Catherine

 

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Début du couloir Gervasutti - Catherine et mon pied !

 

 

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Catherine dans le couloir

 

P1080437Jeff à l'approche de la partie supérieure

 

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Catherine dans la partie supérieure

 

P1080452

Le Mont Blanc, et la Fourche depuis le sommet de la Tour Ronde

 

P1080455La Vierge du sommet, elle assure !

 

P1040332Sont'y pas bô devant la Blanche de Peuterey et le Mont Blanc

 

P1040336

L'envers du Mont Blanc

 

P1040340L'Aiguille Verte nous nargue ( à sa droite, le couloir Whymper et la Grande Rocheuse

P1040352

 

P1040357Catherine - vallée Blanche, devant la Tour Ronde

 

P1040362Vallée Blanche

 

P1040364Jeff, el Grigou des crevasses

 

P1040367Catherine

P1040374Enfin le Montenvers , plus qu'une heure 30 et nous serons à Cham !

 

 

Vidéo

 

 

Semaine chamoniarde :

 

Rosablanche par Siviez

 

Tentative sur la Verte

Goulotte Mitsunori Shigi

Nuit à la fourche

 

Tour Ronde, couloir Gervasutti

Vallée Blanche

 

Traversée des Aiguilles Crochues

 

Aiguille Verte couloir Couturier - descente par le Whymper

 

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Calotte de la Brenva - Goulotte Mitsunori Shigi - 3701 m

Publié le par Apoutsiak

Goulotte de 200 m - cotation AD+ II

 

Longue , longue , très longue journée qui a commencé dans les toilettes de la cabine de téléphérique des Grands Montets pour se terminer dans le frais et humide bivouac de la Fourche, perché au dessus de vide !

 

P1080402

Catherine dans la goulotte Mitsuno Shigi

 

 

 

 

Topo :

 

On a fait 3 longueurs de 60 m  ( au départ 60 - 65 °) avec glace grise puis pente à 50 - 55 °  Sortie par l'arête à droite en montant, jusqu'à la calotte. Descente en rappel premier rappel à droite en descendant.

 

Récit :

 

Longue longue journée qui débute loin de la calotte de la Brenva, au sommet du téléphérique des grands Montets.

La veille, je retrouve Jeff à Chamonix et nous rejoignons Argentière. Benne pour Lognan puis pour le sommet des Grands Montets où nous retrouvons  deux alpinistes, un Belge et un Allemand, nous avons le même objectif, nous lever tôt et gravir  la Verte par le couloir Couturier.

 

Première partie : et hop, un but pour débuter

Tout débute mal, le cabinier se braque  quand Jeff lui demande où se trouve la salle pour bivouaquer. Bref, les gardiens de la gare de téléphérique nous laisse le choix : soit dormir dans la gare ( vent et température fraîche garantie ( -7°C) où dormir dans les toilettes, propres mais odorantes de la gare de téléphérique. Seul Jeff choisi la première solution.

Repas dans les toilettes, puis nuit pleine de phéromones, le réveil sonne à 1 h 30, je sors réveiller Jeff emmitouflé dans son duvet -50°C. Et nous filons vers 2 h 20 sous les pentes Nord de l'aiguille Verte. Pas de lune, on ne voit rien ( tiens je viens de faire un lapsus informatique, j'ai tapé nul au lieu de lune !) Nous passons sous le couloir Chevallier, la traversée est aisée, il a reneigé cette nuit, moi qui craint les pentes gelées à skier à 2 heures du mat, tout va bien. Nous distinguons vaguement le couloir Cordier, hésitons sous un couloir et descendons  le long d'un éperon rocheux, avec les peaux, encordés, en position montée. La corde file soit, je vais trop vite, et elle se coince entre mes skis, soit je vais trop lentement et Jeff me tracte. Le tout se fin parfois par terre, soit par des gros coups de stress afin d'éviter de tomber. Nous distinguons une frontale au loin, nous filons. Rejoignons la cordée de trois. Quiproco, nous pensons être au pied du Couturier et nous finissons par comprendre que nous sommes au pied des Droites ( au pied du couloir Lagarde précisément) Ah les billes, ça s'annonce mal !

Nous repartons dans l'autre sens, et remontons vers la Verte. Une cordée en provenance du refuge nous rejoint. Le jour point ! Ca sent bon le bon gros but ! La cordée Germano Belge est dans la face 1 heure devant nous, visiblement elle avance assez lentement ( la neige tombée cette nuit) Les Italiens filent vers le pied de la face. Nous décidons d'abandonner la partie

Et là, c'est le but. Retour à la gare de téléphérique des Grands Montets pour récupérer nos duvets et la bouffe et dormir un peu avant une descente en neige dure jusqu'à Argentière. Avec Jeff, pas de pause, j'en ai eu plein les cuisses ! Vers 8 h 30 en bas, la première partie de la journée est terminée.

 

Tout aurait pu en rester là, mais Jeff n'est pas sans ressource, nous déjeunons dans un café, retrouvons Catherine qui était partie à notre rencontre au Couvercle. Queue pour la benne de téléphérique, où Jeff nous refuse le retour par le train du Montenvers, on descendra à pied ! Nous partons pour 3 jours, 2 nuits à la Brenva, Gros Sacs sur le dos !!! J'essaie de dormir un peu dans la queue du téléphérique, avec Jeff, tout moment de repos est le bienvenu ! 

 

P1040303L'aiguille Verte et le couloir Cordier - séracs !!!

 

Deuxième partie - Où le sac me fait passer un sale moment

Et zoup, en 20 minutes nous voici au sommet de l'Aiguille du Midi. Descente de l'arête à fond les manettes et nous descendons au pied de la Tour Ronde le soleil cogne. Nous repeautons. L'itinéraire remonte, je ploie sous le poids du sac. J'essaie de me mettre dans les pas de Catherine pour garder le rythme. Le soleil me cuit, je rêve d'une rimaye infranchissable pour éviter la goulotte et filer au bivouac pour manger et dormir. Nous pénétrons dans la bien nommée combe Maudite, à gauche, la Tour Ronde et son couloir Gervasutti devant les Goulottes de la Combe, à droite, l'arête Kuffner du Mont Maudit. Nous voilà au pied de la goulotte.

 

Nous laissons les skis et les sacs, et Jeff attaque le passage de la rimaye, qui contrairement à mes voeux, passe ! Jeff galope jusqu'au premier rocheux pauser un coinceur, attaque une partie raide en glace grise et pause son relais. Je laisse à Catherine le soin de s'occuper du matos, pendant que je fais des photos et des films.  Ler fait d'avoir pauser les sacs me permet de grimper avec plaisir, je profite de cette ascension , les conditions sont bonnes. Les relais s'enchaînent sous les conseils avisés de Burgener, Jeff. Nous finissons la voie en corde tendue pour une courte pause , que je trouve bien méritée !

A peine en haut, Jeff est déjà dans la descente, à la recherche du premier relais pour les rappels.  Et c'est parti et en 3 rappels nous sommes en bas, ou presque, il reste juste la rimaye à passer... mais ça passe, sans souci !

 

P1080398Jeff au départ de la voie Mitsuno Shigi

 

Dernière partie - Il faut retrouver la sûreté d'un abri, et ça monte encore !

 

Ô joie, nous retrouvons nos skis, et les SACS ! Remontée au pied du couloir donnant accès au bivouac de la Fourche( jusque là, c'est relativement plat ). Le couloir, est tracé par deux jeunes qui en sont à la moitié quand nous arrivons au pied.

Quel bonheur de rajouter les skis et les bâtons sur le sac pour 150 où 200 m de couloir à 45 °... Jeff file seul, je prends mon rythme et Catherine suit. Arrivé en haut, Je descends Jeff vers el bivouac, 10 m en contrebas, mais dont l'accès est malcommode, assurance sur champignon de neige. A mon tour de patienter, le temps que Catherine arrive et m'assure pour descendre, j'enjambe la barrière et me voilà sur la mini terrasse du bivouac. Je pénètre dans le mythique bivouac. Deux jeunes apprentis aspi sont là. et la soirée sera compliquée, à 5  dans ce bivouac pour 14, c'est déjà compliqué, humide et froid. Il faut récupérer de la neige sur la terrasse, et en faire fondre dans la petite casserole. C'est long et fastidieux !

Bonne ambiance, les "jeunes" comptent redescendre le lendemain, la face Nord de la Blanche de Peuterey, magnifique, n'est pas en condition pour être skiée ce qui était leur perjet initial !

 

Nuit froide et humide en dépit  des couvertures du refuges ( nous n'étions que 5 !)

 

Voilà une bonne journée bien remplie !

 

P1040326La Fourche

 

Photos

P1040300Mont Blanc vu des Grands Montets

 

P1040319La Noire et la Blanche de Peuterey

 

P1080361Triangle du Tacul

 

P1080363Aiguille du Midi - arête des Cosmiques, partie supérieure de la vallée Blanche

 

P1080366Au loin, la Verte, la Grande Rocheuse et le couloir Whymper

 

P1080386On arrive à la goulotte

 

P1080393La Tour Ronde et le couloir Gervasutti

 

P1080394Surfer dans le couloir Gervasutti

 

P1080395Dent du Géant et Tour Ronde

 

P1080405Catherine dans la Goulotte

 

P1080413Arête Kuffner au Mont Maudit

 

P1040320L'éperon de la Brenva au Mont Blanc

 

 

 

 

 

 

 

 

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Semaine chamoniarde :

 

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Tentative sur la Verte

Goulotte Mitsunori Shigi

Nuit à la fourche

 

Tour Ronde, couloir Gervasutti

Vallée Blanche

 

Traversée des Aiguilles Crochues

 

Aiguille Verte couloir Couturier - descente par le Whymper

 

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Mönch - 4107 m par la Nollen et la Guggihütte

Publié le par Apoutsiak

Vidéo dans la journée

Froid aux doigts !!!

Beau week end de montagne sur une voie quelque peu technique, ou je me suis tapé un onglet de compet en arrivant au relais !


De la Guggihutte au sommet du Mönch ( Nollen au milieu)

Topo

1400 m D-

Guggihütte

De Grindelwald, prendre le train à Grund pour la petite Scheidig (kleinescheidig). De là, un second train vous emmène à la station Eigergletscher. Tout le monde dessend ( ne montez pas au Jungfraujoch)

Une fois descendu du train, redescendre la moraine et traverser le torrent du point  2098 m . Suivre le sentier et les sentes (balisage blanc et bleu - cairns) Le sentier louvoie entre les barres mais est bien balisé. Ne pas monter trop haut pour rejoindre le refuge.

La Guggihütte est en fait un bivouac de luxe ! 24 places, poele, bois, matériel de cuisine ( et de nettoyage) citerne d'eau, bière à disposition (moyennant rétribution bien sûr)

La Guggihütte

Mönch par le Nollen

remonter au Mönchplateau par des sentes (cairns) (1 heure) de là , rejoindre le Nollen (évident) neige puis pierrier.
a pente se redresse à l'approche du Nollen ( barre de sérac barrant l'accès au plateau supérieur)
Le Nollen présente une pente à 70° environ en glace sur 40 m.
En 2 ou 3 longueurs de 40 m passer la difficulté. remonter les pentes supérieurs.
2 choix : à gauche, remonter jusqu'à l'arête finale par une grande pente de neige à 50° sur 300 m
tout droit : passer la rimaye et remonter la pente raide  rejoindre l'arête au niveau d'un collet puis grimper par des rochers (mixte facile) pour rejoindre l'arête. De là, le sommet n'est pls très loin.

Descente par la voie normale

D'abord l'arête qui part à l'Est effilée puis Sud Est, quelques passages de neiges, d'autres mixtes, jamais difficile !


Pas mal de vent sur l'arête...

carto profil Fichier GPS


 
Fichier GPS au format GPX

Récit.

Ce Samedi, je retrouve Jeff ( rencontré il y a un certain temps lors d'un certain but au Dolent par l'arête Gallet...) au parking  non loin du lac de Neufchatel. La route est rapide,jusqu'à Grindelwald où nous ratons le train, le temps que Jeff achète un Sandwich, le train est déjà parti, nous décidons de pique-niquer sur place ! Petit Train, Face Nord de l'Eiger, petite Scheidig, grosse ambiance, il y a là l'arrivée du Jungfraumarathon ! orchestre, coureurs... Nous prenons le train jusqu'à eigergletscher. Il faut marcher ! Descente de la moraine, nous passons le long de la course qui bas son plein sur la moraine, la montagne est bruyante : hélicos, musique, supporters. cornemuse !!! Nous quittons la moraine pour les sentiers qui mènent à la Guggihütte, balisage impeccable, il a un peu neigé ces derniers jours, la sentier louvoie, au loin les hélicos filment la course, on entend le cor des alpes et les tambours du Bronx. Pour le calme il faudra attendre demain ! Le sentier est verglacé par endroit,  les traversées de ruisseau périlleuses... Nous terminons un peu haut avant de rejoindre la cabane. Désescalade et voilà la hütte, un bivouac de luxe, grand confort. 4 Suisses nous rejoignent ( ils avancent bien plus vite que nous et ne se trompent pas pour l'accès à la cabane)

Siestage, papotage... Bonne soirée passée là haut !

L'est ti pas migon ???


Le lendemain matin, réveil à 3 h 30, on n'a pas été trop rapide, quand je dis on, c'est pour rester politiquement correct, en fait, je ne suis pas le responsable de CE retard... Bref, on quitte le  refuge vers 4 h 52 ! Par chance une cordée a fait la course la veille et nous suivons relativement facilement ses traces.  Passage au Mönschplateau et petite pause avant de rejoindre le pied du Nollen. Il est là et n'a pas l'air si difficile que ça. On repart, Jeff toujours devant va un peu trop vite pour moi ( en fait c'est pas un peu, c'est beaucoup !) Je réclame quelques pauses histoires de retrouver mon souffle, ce qui bien sûr n'est pas efficace. Enfin il décide de faire son premier relais sous la difficulté, je vais pouvoir me reposer...
En matière de repos on fait mieux, vacher  sur 2 broches dans une pente à 70° avec -10 -15°C de température et des rafales de vent à 40 50 km/h. En plus, j'ai eu la bonne idée de ne pas changer mes vieux gants. Je commence à avoir bien froid. Je propose à Jeff de le filmer, "pas le temps", bon ben yaura pas d'images du Crux dans la vidéo, la faute au chef !
En matière de chef, il faut préciser que Jeff est une sorte de mélange entre un Ayatollah et Burgener. Sauf que lui ne taille pas des marches pour son client pendant des heures, malheureusement !

L'arête finale

Enfin bref, mes pieds se réchauffent lentement,  par contre au niveau des mains. Enfin, je pars. la pente n'est pas trop raide au départ, puis ça augmente pour finir en apothéose... Je vais d'une broche à l'autre les récupérer. Au milieu d'une bourrasque je vois un objet non identifié filer dans la pente,, je l'identifie, ô une dégaine explose.... E M.... Je poursuis et rejoins Jef au relais, j'ai les doigts gelé. Je beugle de douleur le temps que ça se réchauffe. Dur ! Jeff repart pour la deuxième section raide. toujours plus... Il bascule au dessus pour faire le relais je ne le vois plus. Je pars, la pente que Jeff a gravi sans coup férir, ne présente pas les aspérités imaginées lors de l'ancrage de ses crampons... Je casse de la glace. Les deux cordées de Suisse nous rejoignent et nous dépassent par un couloir  à gauche.)  J'en fais les frais, je me prends une grosse pavasse de glace sur le casque - ouille !
Je rejoins Jeff, sans perdre aucun matos cette fois, exploit ? On repart, j'ai froid, mais moins, la pente s'aplani. Nouveau coup de cul en neige pour rejoindre une arête. Je peine, mais au plaisir, Jeff réclame également des pauses, je me sens moins seul. Nous décidons de passer par les rochers. Là, c'est cool, du mixte facile comme j'aime, Je profite des premiers rayons du soleil sur le versant Est.  Nous sortons du mixte sur l'arête, il y a du vent. Jeff repars à fond, j'ai du mal à suivre. Je repense à Enguerrand qui m'appelait "pas de pachyderme" à la Verte, ça doit être moi !  La neige est soufflé, il faut tracer, je ne trouve pas mon rythme. On va de ressaut en ressaut, pas de sommet en vue... Jeff se retourne pour me proposer une pause, je  fais non de la tête, je ne m'arrêterais plus avant le sommet. Nous sommes dans les bourrasques de vent sur l'arête. Enfin le voici. Étreinte correcte au sommet ! Heureux ! Midi 30. Il y a là  2 cordées qui ont fait la voie normale. Nous attendons que 2 autres cordées engagées sur l'étroite arête finale sortent et nous partons. L'arête est fine mais bien tracée. L'ambiance est bonne , je crois que je n'ai pas arrêté de parler, une vraie gonzesse. Désescalade jamais difficile, passages en neige faciles. On sent le retour au bercail.  Nous opérons une petite pause avant de rejoindre le glacier et le Disneyland du Jungfraujoch. Désagréable sensation du n'importe quoi ! Il en faut pour tout le monde ! Retour en train bien long pour nous ramener à Grindelwald, puis bouchons énormes pour rentrer de cette magnifique course, on ne peut pas tout avoir....

Merci Jeff pour cette belle course
Association Prince de Lu - Apoutsiak



Pour l'historique, on avait pris un joli but au printemps en tentant la voie normale...
Photos

Départ de Grindelwald

face Ouest de l'Eiger

Eiger

Guggihütte

Eiger

Sur le Mönchplateau, devant le Nollen

Jungfrau, versant Junfraujoch

Jungfrau



Finsteraarhorn depuis l'arête finale


descente par la voie normale



Au sommet

L'arête finale de la voie Normale du Mönch

Plus facile


Ressaut rocheux

kékou !


Jungfrau




Descente de l'arête Est du Mönch



Vidéo


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