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Articles avec #cervin tag

Topo photo Cervin Arête du Lion 4478 m

Publié le par Apoutsiak

Topo photo Cervin Arête du Lion 4478 m

Topo photo complet du Cervin 4478 m :

Refuge Orionde ou refuge du Duc des Abruzzes 2802 m

Croix carrel

Tête de Lion 3723 m

Col du Lion 32577 m

Dalle Seilerplatte

La Cheminée

Cabane Jean-Antoine Carrel 3825 m

Corde du réveil

Grande Tour

Crête de Coq

Mauvais pas

Linceul

Corde Tyndall

Cravate

Ancienne cabane de la cravate

Pic Tyndal 4245 m

Enjambée

Col félicité

Echelle Jordan

Corde Pirovano

Cervin Sommet italien (croix)

Cervin sommet Suisse

Topo du Cervin , Guide des Alpes valaisannes volume II 1922

Topo du Cervin , Guide des Alpes valaisannes volume II 1922

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Une femme Alpiniste

Publié le par Apoutsiak

 

Une femme est montée au sommet du Cervin,

Qui, presque pareil à un monument est pointé vers le ciel,

A peine moins raide que le fil d'une sonde

Suspendue, - que personne ne pourrait gravir, sinon une mouche

Cette femme a aussi escaladé le Weisshorn

Et ce qui est bien mieux, l'a aussi descendu

Les pieds les premiers; ce Weisshorn, on pourrait bien l'appeler "Icehorn"

Tant il est glissant, et ce n'est pas une petite affaire de s'y hisser !

Aucun glacier ne l'a fait reculer, aucun précipice ne l'arrête, Aucun pic n'est trop haut pour elle, si sublime soit-il !

Accordez trois fois des hurras en l'honneur de l'intrépide Miss Walker.

Dites donc, mes garçons, croyez vous qu'elle sait grimper !

 

Le Punch (revue britannique)

 

 

On pourra remplacer le nom de Miss Walker par celui de Miss Guillouzic (une Bretonne et non Grande Bretonne) qui a accompli de similaires exploits !

 

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Les Exploits de Miss Guillouzic au Cervin

 

Les exploits de Miss Guillouzic au Weisshorn

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Cervin 4478 m - Traversée Lion Hörnli

Publié le par Apoutsiak

 

Nous l'avons fait !

La course est magnifique.

Après la déception d'il y a 1 mois et demi , nous avons enfin foulé le sommet du Toblerone.

 

P1030279

 

 

Vidéo

 

Version longue 20 minutes

 

 
Version courte 8 minutes
 

 

 

 

Cervin 2

 

Topo

 

Topo complet à venir

 

Carto fichier GPS

 

 

 

Récit

 

Le week-end approchait, avec lui ces incertitudes concernant la météo. Le Cervin me fascinait au plus haut point. Il y a un moi et demi, notre tentative s'était soldé par un échec météo, et je savais que c'était la dernière tentative de l'année. En cas de nouvelle déconvenue, il allait falloir attendre un an : l'été 2013 est bien loin !

Je prévoyais un plan B dans l'Oberland, mais je savais qu'Anne n'avait qu'un but : gravir ce magnifique sommet !

 

Elle me rejoignais et nous faisions route le samedi soir pour dormir à Saint Oyen, à château Verdun.

Après une nuit de repos, nous reprenons la route pour rejoindre le Valtournenche et Breuil Cervinia

Il fait froid, et tout gris. Nous démarrons à 9 heures , et rattrapons rapidement un gros groupe de  randonneurs  en vadrouille au refuge du duc des Abruzzes. Comme d'hab, Anne est en forme.Avec le brouillard, il fait frais, on ne souffre pas de la chaleur.

Passage à proximité d'une cascade, puis sortie du brouillard pour une mer de nuage

A l'approche du refuge Orionde (l'autre nom du refuge du duc des Abruzzes), je me rends compte que quelques randonneurs sont en passe de me rattraper, j'accélère le pas pour éviter l'affront de me faire passer dans les derniers mètres, ça passe, l'honneur est sauf.

Nous profitons d'un coca au refuge et papotons avec les gardiennes qui ne nous avaient pas oublié ! Je les interroge sur le lien de parenté avec Jean-Joseph Maquignaz, celui qui a ouvert la partie sommitale du Cervin (tel que nous le gravissons aujourd'hui, carrel ayant pris par la galerie Carrel) et comprends que c'est un aïeul de son mari !

 

Nous reprenons la route au milieu des randonneurs

 

Je fais une courte pause à la Croix Carrel tandis qu'Anne file devant. La montée est efficace et nous approchons rapidement du col du Lion. Je n'en revient pas, il y a 150 il bivouaquait là sous tente, l'endroit me parait peu approprié !  après nous être restaurés, nous poursuivons vers les dalles, la cheminée et le ressaut sous le refuge. Il y a un peu de neige, mais rien comparé à ce que m'avait annoncé la fille de la compagnie des guide de Breuil hier ! D'après elle ont cramponnait avant le col du Lion (et en pratique on n' a pas mis les vrampons avant le sommet ! )

Deux allemands nous dépassent au ressaut vertical : ils ne sont pas encordés et ne se pausent pas la question de savoir s'ils le font avec ou sans la corde : C'est super bourrin tirant sur la corde.

Nous on a hésité, le rocher est détrempé par une petite cascade qui coule au dessus, bilan : on a tiré sur la corde en essayant de ne pas trop bourriner ...

A part ce passage, on a tout fait sans corde, le rocher est bon, et le plaisir de l'escalade est là. Un petit virage, le refuge est là.

 

A peine entré, Anne est déjà la vaisselle, je connais mon rôle : approvionner en haut le refuge : (récolte de neige et "fondage" dans les grosses casseroles !

Je fais une petite sieste, tandis qu'Anne  se repose sur la DZ au dessus du refuge.

Coucher de soleil magnifique sur la dent d'Herens

Repas en compagnie des Suisses

Nous sommes 14 au refuge, ça fait 7 cordées, ça fait pas mal de monde.

 

Veillée d'arme.

 

Nous décidons de nous lever à 4 h, c'est peut être un peu trop, il ne faudrait pas se perdre du fait du manque de visibilité ! le soleil ne se lève que vers 6 h 30 !

 

Mauvaise nuit

 

a 4 heures, ça sonne, je propose de dormir , une demi heure de plus (j'ai mal dormi), validé par Anne, A 4 h 10, je prends un énorme coup de poing dans l'épaule, ça doit vouloir ire "lève toi !" en Breton. La méthode est un peu brutale, mais efficace : je m'exécute.

Dans la foulée, les espagnols se lèvent. Déjeuner chuchotant. Tout le monde dans le pâté !

5 heures : Nous quittons le refuge. Anne attaque les cordes du réveil en râlant : c'est déversant, c'est merdique, ça ne lui va pas. On a les espagnols aux trousses. Il fait une nuit noir d'encre ! pas de lune à l'horizon pour aider notre progression. Assez vite on prend plaisir à l'escalade.  Anne sort le topo régulièrement pour faire le point. On trouve vraiment facilement les passages, sans hésitation.

Voilà le mauvais pas, escalade en opposition, spectaculaire à regarder mais agréable à pratiquer. Le linceul est déjà là. Anne se fourvoie légèrement avant son accès mais c'est vite récupéré. Bon, le linceul est un peu décevant quand on connaît celui des grandes Jorasses, là c'est un mélange de neige et de rochers, il n'y a pas une belle pente de neige comme on pourrait s'y attendre. Voilà la chaîne Tyndall, qui porte le nom du célèbre alpiniste Anglais, qui était dans la course au sommet, et qui a été le premier a réalisé la traversée !

Nous parvenons  à gravir le passage sans la chaîne !

Peu après elle, sur l'arête nous découvrons un alpiniste qui a bivouaqué là, je le salue et lui demande si tout va bien. Il grommelle des onomatopées que je ne parviens pas bien à traduire. Je vois qu'il a du gaz, et que celui-ci fonctionne, il a du passer là une nuit bien fraîche !

Nous poursuivons dans du mixte facile, légèrement en face Nord et rejoignons le plateau du Pic Tyndall nous opérons une courte pause à son sommet. C'est là que Tyndall s'était arrêté, pensant que le passage de l'enjambée était impossible  De là, la partie finale est bien visible : l'échelle Jordan, la corde Pirovano, le col Félicité, la galerie Carrel !

 

Nous repartons, le passage de l'enjambée est spectaculaire mais facile. Un rocher solide permet la traversée. De l'autre coté , ça passe, nous passons au col Félicitée. Qui porte le prénom de la fille Maquignaz qui a attendu là que ses deux frangins gravissent le sommet directement lors de la 3ème ascension du sommet et non par la galerie Carrel qui passe dans la face Nord (première ascension par l'arête du Lion) Il fallait oser tirer tout droit dans la face !!!

Voilà les cordes, nous grimpons sans les utiliser; puis l'échelle Jordan, je filme l'ambiance, la corde pirovano vientpresque clore l'ascension. Voilà le sommet Italien. Quelle joie, Nous décidons de faire la grande pause au sommet Suisse.

 

Nous profitons de ces instants magique, sur ce sommet magistral, les jambes pendante dans la face Est !

 

C'est le départ pour la longue descente : il y a 1200 m de dénivelé jusqu'à la Hörnlihütte, Ca va être long !

Le début est en glace, sur l'arête et versant Nord. Les traces de crampons sont bien marquées, mais faux pas interdit. Nous dépassons un guide et sa cliente qui vont mettre, à notre avis, très longtemps à descendre. Puis une cordée typée "pays de l'Est",  Nous progressons dans ces pentes stressantes. Nous avons du passer à coté du lieu de l'accident de Whymper lors de la première ascension à la descente. 4 alpinistes dont Michel Croz avaient perdu al vie à cet endroit là, dévissant dans la face nord. Seuls Whymper et les deux Taugwalder avaient eu la vie sauve !

A 4200 la neige laisse la place aux cailloux, nous enlevons les crampons. Les Suisses ouvrent le voie, nous suivons, et les Espagnols nous talonnent.

L'ambience est bonne. Il faut rester concentré ! Nous parvenons à Solvay, anne lance : "il ne reste que 200 m !" Ben non,  Anne, Solvay est à 4000, le refuge à 3200 m il reste 800 m  technique, on n'a fait qu'un tiers de la descente !

On poursuit, sur l'arête ou plutôt tout le temps légèrement dans la face Est.

A un moment, on arrive à un ressaut vertical. Les Espagnols et les Suisses nous larguent. Assez rapidement on perd la trace, et on se retrouve dans un couloir en rocher pourri. Ça parpine sec. Si on voulait tester l'adage du "si c'est du rocher pourri c'est que t'es plus sur la trace !" C'est réussi. On la retrouve la trace, un peu plus bas. Une dernière corde, et 5 minutes plus tard, la Hörnlihutte !

Nous discutons avec les espagnols et refaisons nos sacs. Une bière, un coca. J'ai déjà mal aux jambes alors que nous avons prévu de rentrer au Breuil dès ce soir (on bosse demain) Je prends un comprimé de cortisone pour soulager mes jambes bien dures et me donner du peps ! et voilà le jour où j'ai basculé dans le dopage !

 

Départ vers le bas. nous croisons d'improbables candidats au sommet. Nous ne le savons pas mais nous avons plus de 20 km à parcourir avec le col Theodule à passer à 3290 m soit plus de 700 m de dénivelé. Je crois qu'il vallait mieux ne pas le savoir !

Nous gagnons le pied de la face Est du Cervin avant de remonter par le sentier vers le glacier du Theodule (Theodule gletscher)

Nous traversons à flanc, le soleil se couche, c'est magnifique, mais le faux plat est interminable. La couronne de Zermatt s'embrase. Petite hésitation, point GPS, on repart. La nuit nous emporte. Je sors la frontale. Nous croisons une dameuse espérant secrètement que son pilote s'arrête et nous dépose au col Theodule. Mais nos rêves secrets ne se réalisent pas. La dameuse poursuit son chemin tout  phares allumés, nous laissant suels dans cette immensité ! Nous remontons vers le col Theodule, il fait maintenant nuit noire. Passage au col. Début de descentee et pause ravito, il est plus de 21 heures ! Nous picorons, mais l'appétit n'est pas là !

 

La descente va ête bien longue sur les énormes piste de ski. Anne file devant. La grande ourse vient au dessus du Cervin , le décorer s'il en vait besoin. Je découvre des massifs d'étoiles inconnus. J'ai les quadriceps comme du béton. Mais ça avance. Voilà plan Maison. Nous poursuivons. Plus loin, hésitation GPS, finalement on retrouve une piste, Anne est loin. Arrivé sur Breuil, deux chiens agressifs m'agressent. Ma puissante frontale les maintient à distance. Ces cerbères sont ils les gardiens de l'enfer ? Je poursuis sous les aboiements. Et si Anne avait été dévorée par les molosses. S'il ne restait plus de leur forfait qu'une branche de lunette ou de sangle de sac à dos... Elle n'avait qu'à pas partir devant. Je sauve ma peau en filant par le bas. Jze vois déjà les gros titres dans les journaux : "Une Jeune alpiniste Vainqueuse (Vaincrice ?) du Cervin, disparait dévorée par des chiens à la descente ! " et le débat sur camp to camp pour savoir si elle avait le niveau pour cette course , pour savoir s'il est prudent de marcher de nuit, à proximité d'une bergerie...

 

Voilà Breuil, enfin, la ville est endormie. J'entends un appel, c'est Anne. Elle est vivante ! Nous gagnons la voiture, changement de tenue, rangement rapide et départ pour un long retour en voiture.

 

Quel sommet !

 

Photos

 

 

P1030102La Croix Carrel

 

P1030104Au sortir du premier couloir

 

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Le perchoir !

 

 

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dans les dalles sous le refuge

 

 

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la dalle du bourrineur !

 

P1030152

refuge bivouac Carel

 

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Coucher de soleil sur la Dent d'Herens

 

P1030187sur la terrase : "en passant par la Lorraine !"

 

P1030213

Corde (chaine ?) Tyndall

 

P1030231

Le soomet Italien

 

P1030234

L'échelle Jordan

 

P1030236

La Dent Blanche

 

P1030237

 

 

P1030238Vue sur les Monts Roses

 

P1030242

Passage de l'enjambée

 

P1030247Pic Tyndall

P1030256

Pas de Mammouth

 

P1030277

L'échelle Jordan

 

P1030279Summit !

 

P1030285Heureux !

 

 

 

 

P1030289

La Croix Italienne

 

P1030292

En traversant sur le sommet Suisse

 

P1030306Sommet

 

P1030311Début de descente de l'arête du Hörnli

 

P1030317Les Espagnols

 

P1030320Hörnli

 

P1030325cabane Solvay - 4000 m

 

P1030334

 

 

P1030338

Hörnlihütte : enfin !

 

P1030353

Les Monts Roses

 

P1030361Embrasement final avant la nuit !

 

P1030365Le seigneur des lieux !

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Cervin

Publié le par Apoutsiak

... ou presque ...

 

Vidéo

 

 

 

 

Carto fichier GPS

 

à venir (ou disponible sur simple demande dans le formulaire contact !)

 

Cervin-suite.jpg

 

Cervin carte topo 1922Topo du Cervin , Guide des Alpes valaisannes volume II 1922

pour le topo écrit voir en bas d'article

 

Récit

 

Après m'être bien défoncé les ongles de pied sur le Weisshorn, le réveil est difficile sur la camping de Randa.

Je décide de réaliser la technique quand on a les ongles des  pouces de pieds cassés : les élastoplaster avec leur voisin  !

Bon j'ai encore un peu mal, mais ça devrait passer. De toute façon il est hors de question de changer d'objectif : c'est traversée du Cervin ou rien (j'ai pourtant essayer de placer un petit Obergabelhorn mais bon)

 

On rejoint notre parking préféré, un petit coup de stop et nous voilà à Täsch le train, puis le téléphérique (hyper long !) J'en profite pour téléphoner à ma  routeuse météo préférée, la Yahn Gizendanner des alpinistes de seconde zone : ma femme ! "Jeudi, cumulus dans l'après midi orageux ensuite..." je lui fait répéter plusieurs fois les infos afin de m'assurer que la météo est un peu floue... De toute façon on est déjà à moitié parti.

Arrivés au Matterhorn paradise (sic) qui n'a de paradise que le nom, étant donné qu'on est entouré d'énorme filets qui gâchent complètement la vue, la journée commence par 400 m de descente jusqu'à la testa Grigia par des pistes de ski d'été au milieu des dameuses et des pelleteuses occupées à boucher des crevasses et à retenir des séracs ?!?Arrivés à la testa Grigia  nous pique-niquons. Anne entame la descente sur Plan Maison à pied par le col Theodule, je me paie un téléphérique pour soulager mes pieds. La vue sur le Cervin est très impressionnante ! De Plan Maison un panneau indique refuge du Duc des Abruzzes 2 heures. De là, il parait hyper loin ! Je file , les jambes ne vont pas trop mal, la douleur au niveau des ongles est supportable sauf lorsque je tape un caillou ....

 

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Je compte les moraines : 3, le premier passage à gué est sport, le torrent coule plein pot, il est déjà 16h ! en face de moi le public des randonneurs est nombreux , à attendre un faux pas et une chute dans les eaux glaciales, je m'en sors assez bien !  J'apprendrai plus tard qu'Anne n'a pas réussi à le passer, elle a du remonter le torrent et perdre 20 minutes pour l'obstacle...

La suite sous la face sud du Cervin se passe bien, même si la vue de l'arête du Lion me tétanise un petit peu. Je parviens au luxieux refuge du Duc des Abruzzes (ou Orionde) où la chambre dispose d'une salle de bain attenante avec douche dont je profite avec délectation en attendant Anne.

Point météo avec notre routeuse.

 

Le repas est à la hauteur du refuge, succulent

et c'est parti pour une bonne nuit de récup avant les choses sérieuses !

 

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  La Croix Carrel

 

Lever 7 h , départ 7 h 30, sous un beau soleil matinal ! Nous rejoignons rapidement la Croix Carrel, hommage au premier vainqueur de l'arête du Lion, décédé à cet endroit là.  Nous poursuivons jusqu'à un couloir, casque de rigueur. L'ambiance est bonne, j'essaie de faire bonne figure derrière une Anne toujours en grande forme (est il nécessaire de le préciser) Nous dépassons des alpinistes en petite forme, en croisons d'autres qui ont butés (en général vers le pic Tyndall à cause de la glace)  et sont sur le retour. Un peu de neige, du rocher pourri, et voilà le col du Lion avec vue imprenable sur la face nord !!! La pause est courte il y a du vent. Nous poursuivons vers le haut, escalade facile, puis un peu plus technique, les premières cordes fixes. Anne m'épate en les évitant soigneusement, j'ai essayé, puis me suis dit que ça serait plus simple avec.

Nous arrivons à un impressionnant ressaut vertical d'une dizaine de mètres ! On s'encorde (enfin) Anne part devant avec la même politique : pas de corde fixe. Elle commence à se plaindre , le rocher serait froid. Moi j'ai annoncé la couleur dès le départ, ça sera AVEC corde fixe. Puré le père Carrel, il était sacrément balaise !

Pendant ce temps Anne a posé le premier point, elle passe sous la corde fixe et se retrouve dans une position inconfortable, la corde au dessus de son sac. Je l'écoute pester contre la température du rocher et la lourdeur de son sac, à croire que j'ai rempli le mien d'hélium...

Elle se repose sur un point, fini, pour mon plus grand bonheur par utiliser la corde, je jubile ! Elle prétexte le sac, le froid, elle repart et sort.Quel plaisir de voir qu'elle rejoint le camp des nullos qui utilisent la corde, je ne suis plus seul !

 

P1020423

Dans les cordes fixes

 

C'est mon tour, j'attaque la paroie bille en tête, en tirant sur la corde, au premier point je suis tout essoufflé, les avant bras tétanisés. Je poursuis de point en point, le souffle court, les bras durcis par l'effort ! Moi qui pensait qu'avec la corde, c'était rando ! Je me demande même si ça n'est pas plus difficile ! Je passe devant pour la longueur suivante, plus facile et attends Anne au dessus. Le refuge est juste au dessus perché ! Un névé et le voilà. Nous pénétrons dans l'antre et 2 espagnols nous accueillent avec un Lituanien !

Nous papotons, les espagnols ont fait le sommet et sont arrivés hier à 2 h du mat au refuge... ils s'apprêtent à descendre.

le refuge est un taudis et Anne décide de remettre tout en ordre. Avec en numéro 1, gérer la vaisselle qui est nombreuse et intégralement dégueulasse ! Je file casser de la glace devant le refuge, et la mettre à bouillir, Anne se lance dans une énorme vaisselle, les gens sont des porcs ! Je m'affecte au nettoyage du reste du refuge avec dans l'ordre les tables, triage des poubelles, nettoyage astiquage puis balais, s'en suit un pliage des couvertures , tache pour laquelle j'engage le lituanien qui s'avère assez doué (jusque là, il nous avait observé un peu interloqué !)

Anne s'est attaqué au tri de la nourriture, conservant les denrées non périssables, lançant par dessus bord les produits périmés ou immangeables, laissant ainsi les choucas faire bombance au risque de s'exploser la panse !

 

Le refuge propre a un aspect coquet, mes premiers alpinistes qui arrivent sont impressionnés et Anne leur fait savoir l'état dans lequel nous l'avons trouvé et le temps qu'il nous a fallu pour nettoyer. (plus de 2 h 1/2 de nettoyage tout de même !)

tel un Cerbère elle surveille chacun afin que notre havre de paix , le reste, au moins jusqu'à notre départ ...

Et je peux vous dire que la plupart des alpinistes n'ont pas mouvetés...

 

P1020445

  Les nettoyeurs de l'extrême

On fait un peu peur

 

Voilà le repas, nous sommes nombreux, et c'est cosmopolites, des Français (des pyrénéistes pour être plus précis) des Allemands, des Espagnols, des Lituaniens, des Anglais, des Suisses... 

 

Au lit avec 1/2 comprimé  pour bien dormir, l'autre moitié étant pour Anne. Une demi heure plus tard, on se prend un fou rire, aucun de nous ne dort !!! Discretos, je prends un deuxième demi comprimé pour me rendre compte à minuit qu'Anne ne dort pas, elle non plus !Quelle efficacité, faudra que j'en parle à mon pharmacien !

Dehors on entend la pluie et la tempête... moyen, enfin, à la Meije avec Claire on avait eu un orage la nuit et le lendemain, c'était passé !

2 h, mon  Ibère voisin se lève et vient se recoucher, c'est mauvais signe...

3 heures, mon alti sonne, l'Ibère m'interrompt et me dit "lot's of snow and ice !"

Bon en gros, il a neigé et verglacé ! et pour le Cervin, c'est mort !

Anne veut aller voir d'elle même, elle revient , dépitée !

 

P1020435          P1020463

  La veille  ...                                                                            ...  Le lendemain

 

5 h 30 on se réveille, j'ai annoncé à Anne la couleur, on file les premiers pour ne pas bouchonner dans les rappels !

On déjeune et on file. Tout le monde a la tête des mauvais jours , Anne la première !

dehors tout est blanc, et verglacé, c'est sûr que c'est mort !

On attaque la descente bien merdique, de la neige sur 2 à 3 mm de glace sur le rocher. Le terrain est méconnaissable et je suis mal réveillé. Je pétouille les premiers mètres. On arrive à la première corde, complètement verglacée.

Anne a déjà mis en place le rappel, elle file avec un tronche digne des grognards de Napoleon au passage de la Berezina ! " Libre" c'est mon tour, j'enchaîne, la montagne est blanchie par la neige, les crampons crissent sur le rocher en perçant la gangue de glace, il fait froid, nous sommes emmitouflés comme une hivernale alors qu'hier nous sommes montés en short !

Second rappel, avec passage du "mur" vertical ! Nous enchaînons facilement. Je stresse au rappel de la corde, je n'ai pas envie de remonter la paroie et la corde verglacée afin la  décoincer. La vue est magnifique. Au 5ème rappel (environ) nous désecaladons quelques mètres et retrouvons le col du Lion. Une porcherie lui aussi, des alpinistes ont bivouaqué là cette nuit et laissé tout en plan : bouteille d'eau, couverture de survie... Nous nettoyons le col avant de poursuivre. Anne est toujours devant, à fond, l'humeur maussade (quoique maussade, ça n'est pas tout à fait le bon terme, elle a l'humeur massacrante en fait ! )

 

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  Col du Lion

 

J'essaie de tenir le rythme avec mes ongles qui détestent la descente. cherchant vainement à retrouver la croix Carrel, nous la loupons, en venant du haut, difficile de la trouver !

 

Voilà le refuge du Duc des Abruzzes où nous opérons une courte pause (pour laisser les déchets des autres...)

Puis c'est le départ pour le col Theodule. Je pensais que nous l'avalerions mais en fait c'est super long ! Dans les montées Anne me largue, et je refais en parti mon retard sur les plats. Il y a de la distance, et c'est moche ! Oui, les pistes de ski, l'été, c'est moche ! Voilà le col, qui est très moche, c'est la graduation de la mochitude !

On bascule sur le glacier en Suisse. Glace humide, sorbet, torrent glacière, soupe.

Nous contournons la face Nord du Cervin et je crois observer son oeil un brin moqueur ! C'est vrai qu'avoir passer 3 jours sur la montagne sans sommet, c'est pas mal !

Nous rentrons penaud le long des téléskis d'été qui ne fonctionnent plus depuis un moment !

Voilà la station la station de Trockener Steg, mètre étalon dans ce qui peut se faire de plus moche ! des cailloux broyés , du béton armé en veux tu en voilà, des téléskis, des télésièges et des câbles de téléphériques. Ce coin de glacier a perdu tout son charme.

 

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Trockerner Steg : c'est moche

 

Nous prenons un dernier coup d'aspirateur à porte monnaie en prenant nos tickets retour. Et hop, dans les oeufs, puis traversée de Zermatt à pied avec pèlerinage au cimetière puis train puis stop et enfin courte marche pour retrouver la voiture !

 

Merci Anne pour ce beau périple

Et ce qu'il y a de bien, c'est que le Cervin reste dans les trucs à faire !

 

Photo

 

P1020315Le Cervin vu de Matterhorn paradise

 

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Vue de Plan Maison : l'arête du Lion

 

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le breithorn et le petit cervin

 

P1020359Coucher de soleil

 

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Coucher de soleil et lever de lune

 

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le refuge Orionde - refuge du Duc des Abruzzes

 

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Anne

 

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La Croix Carrel

 

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Sous le Cervin

 

 

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Aux abords du col du Lion

 

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La Dent Blanche, le sommet de l'été passé !

 

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Le Lion et la Dent d'Herens

 

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Dans les cordes fixes

 

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Dans les cordes devant le lion et le col du Lion

 

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Cabane Carrel

 

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Anne a encore le sourire, pas de panique, ça va passer !

 

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Les cordes du réveil

 

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les Espagnols dans la descente du refuge

 

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Nettoyage du gourbi

 

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5 h 30, il a neigé

 

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Le beau temps est pourtant là !

 

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Dent d'Herens

 

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Anne au col du Lion

 

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Trockener Steg

 

Cervin 1

Cervin 2

 

Cervin 3Cervin4

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