Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Alpinisme : Aiguille du Grépon 4482 m - Grépon Mer de Glace

Publié le par Apoutsiak

La sortie mythique en grimpe pour moi !

Mon rêve etait de faire une jolie voie dans les aiguilles de Chamonix ! J'ai été servi

Avec Yannick Graziani (guide) MERCI !!!

 

Vidéo

Topo

Bon ben là, j'avoue mon incompétence en matière de topo de grimpe, et je vous renvoie sur l'excellent topo de camp2camp : Grépon Mer de glace

Juste une remarque : le temps de descente : 3 h à 5 h... Compter plutôt proche de 5 h (en 3 h ça me semble complètement infaisable pour le commun des mortels ! )

 

Et, comme je ne veux pas vous laisser sans repère: voici le topo du guide Vallot de 1947 !

Il y a même le détail pour grimper la fissure Knubel pas à pas (j'aurais du le lire avant !)

 

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Récit

Qu'est ce que moi, piètre grimpeur, je suis allé faire dans l'envers des Aiguilles ? Ben la réponse est simple, je voulais juste vivre mes rêves et j'allais être servi ! Mon rêve était simple, gravir une des aiguilles de Chamonix (hors aiguille du plan) si possible par le versant envers...

 

Afin d'éviter d'emmener un partenaire de cordée dans cette galère, et pour profiter de la compagnie de Yannick que je n'ai pas vu depuis notre énorme périple sur les 4000 (Blanche de Peuterey - Pilier de l'Angle et    Schreckhorn Lauteraarhorn. J'avoue que j'ai compris, avec Yannick, tu tiens l'horaire...

 

Bref, journée glandouille à Chamonix, passée à acheter des bouquins dans les librairies (pour refaire le stock pour l'hiver) et à regarder les dernières nouveauté en matière de matos. Je m'offre un cher mais excellent petit resto, puis une petite sieste dans un parc avant de revenir à ma voiture préparer mon matos et à filer à la gare du Montenvers attendre Yannick.

En l'attendant, je regarde les gens qui arrivent pour prendre le train, les pressés, les assoiffés, les tranquilles, les spécialistes, ce qui m'occupe l'esprit, quand enfin, Yannick arrive. Il me refile le pass 3 jours de son client précédent et on prend le train suivant, bondé, oui, c'est l'été à Chamonix !

Arrivé en haut, on peaufine les réglages et on lance les hostilités.

Il galope, et j'essaie de le suivre, comme un chien fou, mais je sais que c'est risqué. On quitte les touristes et on retrouve les échelles. Prudence. Les échelles, c'est long, et j'ai encore l'impression qu'il y en a plus que la dernière fois. J'essaie vainement de retrouver quelle course j'ai faite la dernière fois... Pas trouvé !

La mer de glace a reculé, énormément. La glace y est à peine visible et bien basse. On remonte sur sa crête tout en restant rive gauche. Le rythme est rapide, on n'est pas en avance, le repas est à 18 h 30, on a quitté le Montevers à 16 h et le topo annonce 3 h de montée ! On traverse quelques rivières sur glace, on croise quelques cordées et nous voici au pied des échelles, de longues échelles.

Yannick part, je le suis.

Elles sont mégalongues et quand il n'y en a plus, ben y'en a encore ! Sans fin, une petite sente et zou, encore des échelles, "Y'en a un peu plus, je vous le mets quand même !"

Pour le reste, le paysage est fantastique ! La vallée blanche et le glacier du Géant, les Grandes Jorasses et les arêtes de Rochefort, à droite, la tour Ronde, derrière l'aiguille verte, les Drus les Droites et les Courtes, grandiose. Bon, le temps est couvert, inconvénient, la lumière est moins belle, avantage, on ne cuit pas dans cette montée en cette période de canicule.

Au dessus, les aiguilles de Chamonix regardent l'intrus incongru dans leur domaine, qu'est ce que je fais là. J'ose à peine regarder vers le haut. Je n'ai sans doute rien à faire là. Je suis sans doute trop prétentieux ! On rattrape une cordée, puis on traverse sous le refuge.

Dernière montée, quelques lacets, petite descente, on se retrouve sur la terrasse du refuge... Que des grimpeurs, le matériel qui cliquette, les cordes qui sèchent, qu'est ce que je fais là ?

Moi, je sais faire les faces Nord à 50°, les arêtes en AD à 4000, mais là, c'est 800 m de grimpe pure qui m'attendent, et c'est peut être une des courses les plus abordables de ce versant... Avec du V sup à la fin !

Le doute m'habite !

Pas pour longtemps, la gardienne nous appelle pour manger

 

 

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Et au menu, c'est Croziflette ! YEEEEEEEESSSSSS

Délicieuse.

Yannick veut commander un coca. Je lui indique que c'est un sacrilège, il persiste et va en cuisine. La gardienne est entièrement d'accord avec moi et refuse de le servir. On ne boit pas de coca avec une croziflette !

Bon, à table, je vois bien que je suis le vilain petit canard. Ça discute friend, dièdre, dalle et surplomb. Heureusement que la course est mythique... J'ai un peu la pression. trouvez l'usurpateur...

Le discussion dérive sur l'accès au Mont Blanc, les réservations de 2 jours par les guides, le Train du Mont blanc qui part trop tard, la mégalomanie du mer de S... G....

Le repas terminé, on a la chance d'avoir une chambre pour nous deux. Un petit comprimé pour dormir (j'avoue) et bonne nuit.

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Le réveil sonne à 3 h 30

Et zou, habillé, c'est parti pour le déjeuner, comme souvent, pas trop faim. J'enfile mon baudard, et on se retrouve dehors, il fait tiède. C'est partir, il est 4 h 15, la nuit est noire, pas une petite lune pour venir éclairer le ciel. On passe entre deux gros blocs et on retrouve le glacier. D'abord sans crampons puis quand a pente se redresse avec !

Le halo de ma frontale éclaire Yannick, on avance vite, c'est la seule portion facile de l'ascension. Là me vient une envie de "chier" oui je sais c'est pas classe, mais je trouvais que "déféquer" à cette altitude, ça ne passait pas. Et les récits occultent trop souvent nos petits problèmes du quotidien d'alpiniste. Je vais donc en profiter pour m’appesantir quelque peu ... désolé pour les âmes sensibles ou ceux qui pensaient encore que, comme les princesses, les alpinistes n'allaient pas aux toilettes. (pour les âmes sensibles, je vous propose de sauter ce chapitre, en tout bien tout honneur, et de vous retrouver après la prochaine série de photo laugh)

Bref, une petite envie, compte tenu de la situation, la pente raide, les crampons, je me dis que la rimaye, avec sa lèvre inférieur bien plate fera une bonne zone d’atterrissage pour mon étron. Le problème, c'est que la rimaye est loin et que mon envie augmente.

Malheureusement, j'ai mal jaugé entre la progression de ma future déjection et ma vitesse d'ascension. Une légère erreur de calcul (je me définie pourtant comme un scientifique !) . J'arrive à la rimaye, annonce mon intention à Yannick, mon corps a déjà décidé d'expulser. Dégrafer le baudard, le péristaltisme envoie dernière alerte, ça coince, flûte c'est pas le moment, je tente d’accélérer le mouvement, enfin ça passe, je sens que le sphincter est à bout. Sous les coups de boutoirs ils s'entrouvre, mon bide se contracte, une sensation d'humidité se fait sentir sur ma jambe droite, noooonn (bon je n'ai pas crié pour ne pas inquiéter mon guide) et ce pantalon qui ne veut pas s'ouvrir, trop tard, le mal est en parti fait. Enfin en position, je termine le travail, plus classiquement. Je nage dans la fange ! De ma frontale, j'inspecte rapidement les dégâts, avec un peu de neige et deux feuilles de PQ, je nettoie comme je peux les dégâts. Cette course sent mauvais.

Je termine cette aparté peu ragoutante, mais la qualité journaliste passe par ce genre de détail, malheureusement.

Je sais que pour certain, un mythe tombe ! Pour le moment, le mythe, je suis dedans, il va falloir gravir cette double rimaye gigantesque.

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Et c'est parti pour la première rimaye, j'assure Yannick qui descend dedans, un pont de neige fragile, il remonte de l'autre coté broche et m'attend au dessus. C'est mon tour, une pente peu inclinée pouyr entrer dans les entrailles du monstre. Un bloc de glace en guise de pont, pour combien de temps. Délicatement, je franchis l'obstacle, je me retrouve sur les rochers sous la lèvre supérieure, je rejoins Yannick. on attaque la lèvre supérieure. Corde fixe, qui s'étend quand tu la tires. Combien de fois faudra  t'il dire qu'on met une corde statique et non une corde dynamique en guise de main courante !!! Bilan, tu tires, et tu as l'impression d'être avec un élastique en main. Le passage est physique, simple mise en jambe. On rejoint la deuxième rimaye, dont je ne me souviens plus bien du passage. En rive gauche je crois, avec corde fixe et bourrinage, bilan je suis passé reste à sortir du glacier. Yannick est déjà haut, ses crampons ont crissé sur le rocher, de belles étincelles éclairants ses pas.

Vient mon tour, le glacier est séparé de la paroi par un espace de 50 cm, mais le dernier pas se fait sur une boule de glace qui ne demande qu'à s'effondrer. Derrière, la rampe est verticale. La vache ! Après avoir longuement hésité je me lance : être léger, mais ne pas rester dix plombes sur le bout de glace, au risque de le voir s'effondrer. Comme un chat (mais un chat lourdement équipé) je pause un pied sur la boule, bascule mon corps en avant, trouve une prise pour mon pied gauche sur la roche et me redresse. Ouf, ça a tenu. A mon tour de faire des étincelles ! Je devrai envoyer un film ou une photo à tous ceux qui prétendent que je ne suis pas une lumière; démenti formel ! (au moins là !)

Je rejoins Yannick, on enlève les crampons, les chaussures et on met les chaussons, une première pour moi depuis longtemps ! Le soleil se lève, la vue est magnifique, A nous deux, Grépon !

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Le départ est sympa, des dalles, de l'escalade en III , en IV, en chaussons, c'est quand même top ! C'est facile, on avance, le soleil fait son apparition, et chauffe la paroi. Ça y est, je grimpe ! Et j'aime ça. Le granit est bon, et les passages s’enchaînent. Des dalles en adhérence, des vires plus faciles, des dièdres... Yannick me donne quelques conseils.  J'essaie de progresser vite. J'essaie de grimper propre (ça change !)

Quelques dülfer, quelques passages en opposition, l'escalade est belle, le soleil nous réchauffe à présent. On passe au dessus de l'ancien refuge de la Tour, en ruine.

On approche de l'aiguille de Roc, Magnifique. Une vire permet de bien en profiter. Un petit rappel et on repart.

Les Dièdres s’enchaînent, et mon entrainement spécifique commence à se fait sentir, en entrainement spécifique , j'entends... l'absence de grimpe depuis 3 ans !

Et le résultat est là, les avants bras en feux ! Je les étire comme je peux pendant les pauses.

Un quart d'heure plus tard, ce sont les doigts qui crampent. Pas de grosses douleurs mais la main qui se referme sans que que je le lui demande. Impossible de la rouvrir sans utiliser mon autre main. Promis, la prochaine fois je m'entraine. reste encore 200 m , je vais en ch...er !

Un dièdre, je me hisse comme je peux, la polaire crisse le long du rocher. Je bourrine mais je m'élève.  J'ai remarqué, plus on s’élève, et plus la pente est raide. Le niveau augmente, mais mes capacités à grimper diminuent.

Je profite des passages d'escalade, tout en essayant de m’étirer des que je peux. Un V sup m'attend pour le final.

Autre dièdre. Je n'entend pas le conseils de Yannick qui m'annonce de ne pas m'y jeter. Je suis sur la dalle, tout en adhérence. Je dois traverser, vers le dièdre (en fait c'est trop tôt) , la prise est fine, je ne charge sans doute pas assez mon pied, qui ripe, Vlam, me voilà au fond du baudrier, dans le dièdre ! J'ai chu. Yannick, à juste titre, m'engueule, il fallait traverser au dessus !  Je repars, dans le dièdre (oui, la chute m'y  a emmenée), je le remonte, empoignant des grosses prises avec mes mains crampées. Je le rejoins.

On repart ver le haut. le paysage est magnifique, et je parviens à gérer mes muscles endoloris. J'avoue que j'ai parfois tiré sur les clous ... On rejoint le petit col qui permet de basculer versant Chamonix. Reste juste la fissure Knubel. Yannick part, sans sac. Je pensais qu'elle était longue cette fissure, mais il est vite au sommet.

Vient mon tour, je grimpe comme je peux. Mon corps entier grimpe, pas une portion qui n'est pas participée à l'ascension. Je sais, ça doit être moche à voir, mais il n'y a personne dans la voie et le bloc coincé empêche Yannick de me voir. Yannick, assez finement, donne des petites impulsions à la corde qui me permettent de lever mon postérieur ! Et voilà le sommet, Incroyable. Quelques photos, et Yannick est déjà reparti. Je papote avec la vierge, qui elle, reste peu loquace !  On se quitte bons amis, premier rappel, et pause dans la vire à son pied. Yannick me partage le coca qu'il a eu la bonne idée de montéer ! Le coca c'est bien meilleur là qu'avec la Croziflette  !

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Nouveau rappel avant une petite traversée vers le gendarme caractéristique qui marque le début des grands rappels !

Et c'est parti, le glacier des Nantillons est peu avenant ! 

Un rappel... On enchaîne... 2 rappels ...  ... ... 7 ou 8 rappels (on ne sait plus) Et hop, atterrissage sur le   glacier.

On se ré encorde et on remet les crampons pour une traversée express du glacier. Au pas de charge, pour éviter les chutes de séracs puis les chutes de pierre en provenance de la Blaitière. Et je galope sous les encouragements de Yannick. Et je ne mollie pas, 5 grosses minutes bien intense ! On se retrouve dans les rochers, ayant réussi à éviter un hypothétique projectile.

Le temps de récupérer et on repart vers le bas. Je sais qu'il y a une petite ligne de rappel (de 25m) mais Yannick préfère désescalader.

Je fatigue un peu et mon manque de lucidité est peu approprié à cette désescalade facile. On rejoint les abords du glacier on remet les crampons... Il va encore falloir courir

Les même projectiles que précédemment peuvent à nouveau nous atteindre. c'est gai, cette descente. Je savais que le glacier des Nantillons était mythique, mais là ...  On rejoint le glacier, on remonte, en courant, une pente de neige et glace à 40 ° puis on traverse, sur une petite glace péteuse pour se retrouver sous la paroi des Grands Charmoz... Charmant ! légère descente à l'abri (en fait, on ne le savait pas, mais il y a  eu  un énorme éboulement rocheux un peu au dessus de là où on était 15 jours plus tard... Oups ! )

Bref, on se sent à l'abri, et on rebascule pour une nouvelle traversée du glacier ! Pour enfin rejoindre le haut de la moraine et la fin des difficultés.

On s'offre une bonne pause pour papoter

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace
Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

 

In peto je me dis que dans une demi heure on est arrivé. C'est mal avoir étudié le topo (ou regarder les photos des aiguilles de Cham)

On démarre la descente. Et je vois, au loin, au très loin, le dernier pylone de l'aiguille .. Oh la vache, je ne voyais pas les choses comme ça.

En plus la traversée pour revenir est merdique, dans les blocs, on descend une moraine, on traverse comme on peut, on remonte. Yannick a la bonne idée de m'annoncer un torrent salvateur qui fera office de pause. En pratique, aucun torrent, on entendra juste le bruit de l'eau, à un moment, sous la moraine.

Et, derrière la moraine suivante.. on est toujours loin. Je prends mon mal en patience. C'est vrai que la course est terminée et que j'aimerai me reposer. Pense aux randonneurs, Guillaume, ils viennent là par plaisir.

Mon pouce de pied me rappelle à l'ordre, c'est vrai qu'il est cassé.

Dernière descente, enfin, le plan de l'aiguille s'approche. Dernière montée. Il y a plus de touristes, le lac, le monde.

Et le Plan de l'Aiguille. il y a une queue d'au moins 50 m à l’extérieur du bâtiment pour prendre le téléphérique à la descente. On prend 2 Cocas mérités en terrasse. Puis la queue, 50 minutes, je m'assoie quand elle se stoppe, enfin la descente, la benne bondée, les gens qui crient au passage des pylones  et Chamonix. Yannick fait un bout de chemin avec moi. Puis direction la voiture, surchauffée, sur le parking.

Reste à rentré chez ma maman pour me reposer un jour ou deux et préparer la suite des vacances !

Alpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de GlaceAlpinisme : Aiguille du Grépon  4482 m - Grépon Mer de Glace

Voir les commentaires

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Publié le par Apoutsiak

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Dans le cadre de l'ascension des 82 4000 sous le soleil, voici le second 4000 de la liste, après le Rimpfischhorn ce printemps, la Dent d'Herens...

Et bon choix, la vue au sommet est juste magique !

 

La précédente ascension avec Thibault et Anne en 2010

 

Vidéo :

Dent d'Herens - Juillet 2019 avec Benjamin

Topo

 

Refuge Aosta

 

La montée est annoncée en 4-5 heures, la descente est longue aussi (c'est plat !) 14 km aller !

On pourra prendre des VTT pour aller de Place Moulin jusqu'à Prarayer (voir un peu au dessus)

 

Du barrage de Place Moulin (1920 m env) suivre la piste qui longe la rive droite du lac des Places de Moulin, rejoindre Praraye et son refuge de Prarayé (2010 m). Poursuivre le long du torrent Buthier (belles cascades) et passer devant l'arbre Magnifique (plus de 500 ans) Vers 2200 m ça monte enfin pour rejoindre un lac et une sorte de Delta à 2400 m par des dalles équipées (balisage - cairn), balisage, rejoindre le refuge Aosta 2781 m

(il y a également un sentier à droite dans les moraines, apparemment moins sympa, mais non testé par nos soins ! )

 

Dent d'Herens

 

Du refuge , descendre sous le refuge 50 m (sentier) et rejoindre le pied de la moraine. Remonter la moraine (cairns) puis sentier jusqu'au glacier sous la tête de Valpelline (3000 m ) chausser les crampons et remonter au mieux le glacier passer sous le Tiefmatenjoch. (3400 m environ) Remonter le couloir du Tiefmatenjoch, équipé de corde. Attention, rocher ultrapeteux. Il est plus safe de s'y retrouver seul (pas toujours évident).

Du col (3562 m), remonter l'arête de Tiefmatten, tantôt sur le fil, tantôt versant Nord.  Le passage des cordées laisse des traces de crampons sur les rochers. Le rocher devient ultra pourri quand on quitte trop l'itinéraire. La portion de rocher n'est pas très longue, on rejoint le glacier vers 3700 m.

Remonter le glacier en restant globalement le long de l'arête ouest (40 - 45° max).  On se retrouve sur les rochers à 3900 m.

Le rocher  est de bonne qualité (équipé de broches scellées tous les 20 m, rejoindre l'antécîme puis par des rochers aériens mais solides, le sommet. 4171 m

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Récit

J'adore monté au col du Grand saint Bernard. Deux raisons à cela :

La première, moins avouable, est que l'économie du passage par le col, plutôt que de prendre le tunnel, est importante (en plus, on ne perd que 20 minutes environ !) Et comme, comme dirait mon frère Thibault à ses enfants   "Chez les Ledoux on est radin de père en fils !"

La seconde : ce col est beau, et , moi qui n'aime pas vraiment conduire, j'adore enchainer ses virages ! Le paysage est chouette, des aiguilles tordues, des sommets enneigés, J'adore !

Bref, je louvoie de droite et de gauche, derrière une voiture, un peu lente, j'ai assez vite compris qu'il était illusoire de vouloir dépasser. Trop dangereux, et, devant la voiture un peu lente, il y en a d'autres... toutes aussi lentes !

Bon, vous n'êtes pas venu pour avoir le récit d'un automobiliste égaré, mais plutôt celui d'un alpiniste éclairé... par quoi ? Dieu seul le sait.

Une heure de route qui tourne plus  tard, ("j'ai les dents du fond qui baignent !" aurait on dit il y a 30 ans ) je suis à Place maison, avec un monde de fou. Il y a des voitures garées partout. Je me trouve une petite place à 500 m du parking. Benjamin m'appelle 10 minutes plus tard. Je lui indique de se garer et de se préparer, on se retrouve après !

Et on part, tout en papotant, dans le monde des touristes des randonneurs et des rares alpinistes. On n'est pas tout seul. Tout est beau, la couleur émeraude de l'eau du lac, le vert des arbre, le blanc des cascades et le bleu du ciel.

On arrive à Prarayer où il y a une jolie fontaine, j'ai bien fait d'embarquer 3 litres d'eau :-( .  Des VTT nous dépassent. On en avait discuté avec benjamin, mais la logistique était trop compliquée pour moi de les emmener... On le regrettera plus tard.

Au dessus de Prarayer, on trouve un endroit calme, parfait pour le pique nique.

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Après avoir partagé quelques graines, on repart vers le haut. Enfin quand je dis vers le haut, tout est relatif : c'est très plat cette montée en refuge, mais très long !!! Il n'y a que 700 m de dénivelé, mais tout est dans la longueur. On traverse un torrent en furie, la canicule n'y est pas pour rien. Puis on croise un arbre remarquable : plus de 500 ans ! Il a connu Charles Quint, Henri VIII et François 1er, le magnifique camp du Drap d'Or, la bataille de Marignan, mais également celle de Pavie, souvent oubliée par les manuels d'histoire de France, étonnant quand on sait que c'est une énorme défaite de François 1er, fait prisonnier par Charles Quint et emmené en Espagne en prison, et échangé avec ses fils après une longue négociation (Henri II s'en souvient encore ! ).... Mais je m'égare, même si l'épisode est passionnant !

Quelques photos plus tard, on se retrouve dans de jolies pozzines, humides et fraiches. La végétation grasse.  Nouvelle ascension, belvédère sur des cascades gigantesques, au dessus, des glaciers géant, le paysage est grandiose, varié. C'est long, mais c'est beau !  Reste un nouveau plat, au loin le grand glacier qui permet en hiver de rejoindre le col du Mont Brulé et la Tête de Valpelline.

On passe le long d'un joli lac puis vient la portion technique : une petite via ferrata dans les rochers. Ça fait du bien de grimper un peu. C'est toujours aussi joli.  A droite, le refuge, sous nos pieds : de grandes dalles équipées, à gauche, une énorme cascade, au dessus le magnifique Haut glacier d'Arolla.

Reste quelques mètres à parcourir pour rejoindre le refuge. et son repos, ses Edelweiss.

 

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Le lendemain matin, ou plutôt au milieu de la nuit , les frontales brillent, telles des étoiles, sous les étoiles. benjamin est en forme, moi moins... je ne dois pas être du matin.  Je marche à mon rythme, Benjamin reste dans mes roues, je sens qu'il pourrait aller deux fois plus vite. On remonte une moraine sans fin, déprimante au possible, un jour, quand je serai Dieu, je supprimerai les moraines. Faudra pas que j'oublie !

Bref, on remonte cette trop longue moraine sous un coucher de lune et on rejoint le glacier, et les autres cordées.  J'ai la bizarre impression d'aller vraiment lentement. On met les crampons, et on se fait gratter par tout le monde. Première pente raide, la corde, les crevasses. On progresse. On se retrouve sous  l'inhospitalier couloir du Tiefmattenjoch. Deux cordées sont engagées, ça parpine dur, du gravillon, mais quelques blocs aussi. On attend que les cordées soient plus haut et on part.  La partie est physique. Une chaîne permet de passer un passage qui pourrait être le Crux de la voie sans celle-ci. La partie est physique, tout dans les bras, légèrement en dévers. On arrive à l'aube au col, les bras fourbus. La météo a tourné, il fait moche, les nuages sont là, je vais encore me retrouver au sommet sans la vue, comme en 2010... la loose !

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Je prends la tête de la cordée sur l'arête. Je m'applique à trouver le bon itinéraire, et à la montée, je me montre assez doué ! Je passe parfois sur l'arête, parfois dans son flanc Nord. Peu d'hésitation, je suis assez fier du résultat, on progresse vite, même si on est la dernière cordée sur la montagne !  Je grimpe des portions faciles (ça ne dépasse pas le III), à gauche, le raide glacier Nord-Ouest de la Dent d'Herens donne des idées d'ascension (pour plus tard)  et on rejoint la fin de l'arête rocheuse. Les cordées précédentes terminent leur pause tandis qu'on remet les crampons. On doit être à proximité de l'endroit où Thibault avait jeté l'éponge il y a 9 ans ! Il nous avait dit qu'il s’était construit un petit refuge (et en avait profité pour bouffer tous les Bastogne, le fourbe !) Pas de trace de son refuge, ni de miettes des précieux gâteaux !

il y a un peu de glace sur le glacier, et on avance prudemment dans la pente.  On croise une première cordée, un guide et son client, ce dernier a décidé de faire demi tour, trop fatigué. Étonnant, ils allaient beaucoup plus vite que nous !

On quitte les crampons un peu plus haut, avant de croiser une nouvelle cordée, en provenance du sommet, ... ils ont plus de 2 h d'avance sur nous ! On est vraiment des escargots ! La suite est en bon rocher, on se fait plaisir dans des dalles, pour rejoindre l'arête. Petite pause sous celle ci. On repart vers le haut pour, ce qui est dans mon souvenir un passage vertigineux (la faute sans doute aussi à Alpineiss qui a publié une vidéo où il n'en menait pas large, bon il faut avouer que pour lui, il y avait de la neige... Pour nous c'est tout sec !)

Bref, je passe la dalle vertigineuse avec brio,  je poursuis vers le haut, rien de bien difficile, juste faire attention à ne pas s'en coller une, ne pas se prendre un crampon dans les sangles de l'autre.

Derniers mètres, une cordée de 4 Italiens nous accueille au sommet ! Le temps est dégagé, il fait Grand beau ! ce sommet, c'est quand même mieux avec le soleil .

Le temps de consulter mon GPS... qui tombe en rade ! Puré, c'est énervant, tu achètes une montre, valeur marchande 700 €, régulièrement elle tombe en rade (2 fois au départ d'un trail !!!)  et là, après une belle ascension, Zou , plus rien. Et le SAV de Suunto qui me répond que tout va bien, que ça ne vient pas de la montre !

Bon bref, c'est énervant, mais vu qu'il fait beau, le moral reste bon.

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de TiefmattenAlpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Les Italiens sont partis, vient notre tour

Et zou sur l'arête, superbe !

Puis dans la facette en rocher où on merdouille plus, on a du mal à trouver la voie.

On rejoint le glacier, et c'est reparti. On déroule sur le glacier tout en restant prudents.  On regagne les rochers de l'arête de Tiefmatten, et comme pour le haut, on merdouille pour retrouver le bon itinéraire, alors que la montée avait été parfaite. La fatigue, sans doute. Bon heureusement, ça passe un peu partout et on s'en sort quand même. finalement, la descente est presque aussi longue que la montée !

On arrive au col. Reste sa descente, périlleuse. Benjamin passe devant et m'attend à un endroit un peu abrité, je le rejoins. Le délicat passage est là, en léger dévers, je l'assure lors de sa descente. Vient mon tour. Les gravillons partent sous mes chaussures peu précise. Agrippé à la corde je contourne l'obstacle. C'est physique, les mains sont crispés, le corps en arrière, la gravité qui l'attire vers le bas, vers le vide, vers la chute. Je dois récupérer les protections laissées par Benjamin, manœuvres qui prennent un peu de temps et un peu d'énergie à mes bras tous tétanisés. Je bascule sous l'obstacle. Les mains sont crispées sur la corde élimée, la chaussure cherche un appui précaire sur du gravillon instable. Par chance, ça tient, je progresse, délicatement, je déplace mon poids, que dis-je, ma masse, d'un appui vers l'autre. Benjamin me voyant dans une situation délicate m'encourage "après c'est fini" Tu parles. Je finis par avancer vers lui, la chute d'une grosse pavasse marque la fin du passage... Ouf. reste quelques mètres délicats, mais rien en comparaison au contournement du dévers.

Nous voilà sur le glacier, fin des difficultés, ou presque...

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten
Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

On attaque dré dans le pentu, puis sur le plat, et rapidement on se rend compte du problème lié au glacier : les crevasses. Une première, gentille, un pont de neige solide même si la neige commence à fondre. Corde tendue, 15 m entre nous, classique et efficace. Pas de problème. Puis une seconde, insondable, placer ses pieds, éviter de choir, pas envie d'explorer ses entrailles !  On poursuit, moi, devant, j'annonce les crevasses, je les passe puis benjamin m'indique de ralentir quand c'est à lui de passer l'obstacle.

Je n'avais pas compris les louvoiement de la trace cette nuit, de jour, tout est plus clair, il s'agissait de contourner des crevasses ! Les virages nous ralentissent un peu, ça augmente les manœuvres !

Dernière crevasse, la pire, la neige instable, un gros saut, réception incertaine, sauter loin mais rester léger et souple à la réception sous peine de tester la stabilité du manteau neigeux au niveau de la lèvre.  Tels deux danseurs étoiles, nous exécutons l'entrechat. Bon, avec les crampons , les fringues et le gros sac, c'est sans doute moins léché mais bon.

Au retour au refuge, le gardien nous avouera son inquiétude quant à l'évolution du glacier lié à la canicule.

 

On rejoint le sentier pour quitter la corde et les crampons.

Deux solutions s'offrent à nous : l'infâme moraine ou de gentils névés qui devraient se prêter à la ramasse. Je finis par convaincre Benjamin du gain de temps et d'énergie si on prend l'option neige. J'avoue, j'avais tout de même un doute quant à la raideur de la pente.

En fait, il sont nickels : la neige juste revenue, la pente est parfaite. On glisse presque jusqu'au sentier qui permet  de remonter au refuge, où on arrive quand même un poil fatigués !

 

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Les Italiens du sommet y font un bon repas. Nous, on opte pour une pause courte, si je ne veux pas arriver à point d'heure à Chamonix ce soir, il ne faut pas trainer. Bilan : on a 1 h de repos !

Juste le temps de refaire le sac, de se changer avant d'attaquer la descente.

Je n'ai pas pris d'eau, on va faire la descente d'une traite, on s'arrêtera juste à la fontaine de Prarayer pour boire...

C'est étonnant, à la montée, on avait adoré : les paysages variés, les falaises, les torrents, les glaciers, les cascades. Au retour, tu n'as qu'une seule idée : retrouver ta voiture. Et la descente est lonnnngue, très longue ! Tu n'avais pas remarqué à la montée : la via ferrata prend le même temps à la descente qu'à la montée. Le plat du lac est plus long que prévu (ça remonte même par endroit) Les pozzines sont beaucoup plus loin qu'avant, il y a même un plat que tu n'avais pas noté (en face des cascades, mais au retour tu t'en fous, tu les avais déjà vue ! ) L'arbre remarquable est super loin, il y a même de petites montées qui viennent te tuer ! Deuxième pause, deuxième fois que benjamin partage avec moi son eau, précieux breuvage. Bien joué, l'idée de se délester d'un litre d'eau pour économiser du poids ! 

Que c'est long, le retour après lui est infini, tu ne te souvenais même plus de l'endroit où vous avez pique niqué !

Enfin le refuge, grosse pause pour m'abreuver à la fontaine ! L'eau est fraîche, revigorante !

Reste le lac... le très long lac, le trop long lac. Je me souvenais juste qu'en 2010, Thib avait galéré pour se rentrer. J'ai complètement oublié pourquoi... La descente est ultra longue, et le lac aussi. Je regarde, versant opposé les cascades, pour prendre des repères et voir si je progresse !

Les Italiens nous rattrapent... En VTT ! Ils ont fait le bon choix, eux ! Bon, ben comme des "quichons", on se morfond à pied. Je finis par larguer benjamin, qui, je l'apprendrai plus tard, a fait la cours à une touriste... L'histoire ne dit pas ou, quand et comment otut ça s'est terminé, mais je note que je suis arrivé au parking très peu de temps avant lui. A  vous d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

 

Fin de la longue journée

Il est 17 h

Reste à reprendre la voiture et prendre la route de Chamonix pour la suite des vacances, qui sont parfaitement lancées !

Merci, Benjamin, pour ses heures en altitude

Le récit est, comme souvent, légèrement romancé. Chaque évènement est basé sur un fait réel, plus ou moins amplifié (en fait, c'est le principe du "romancé" )

Alpinisme : Dent d'Herens 4171 m - arête de Tiefmatten

Voir les commentaires

Portfolio : Aiguille d'Argentière couloir en Y

Publié le par Apoutsiak

Portfolio : Aiguille d'Argentière couloir en Y

Voir les commentaires