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Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)

Publié le par Apoutsiak

Où comment rentrer des 4000 valaisans à Lauterbrunnen sans prendre le train !

 

Vidéo :

Topo

Descente de Hollandiahütte sur Fafleralp

Depuis Hollandiahütte, quitter le refuge (3240 m)  et rejoindre la Lötschenlücke (3140 m)

redescendre le Grossi Tola, d'abord en son centre puis en rive droite.

On rejoint le Langgletschher que l'on suit en rive droite.

S'il ya peu de neige, il faut sortir à droite sur le sentier qui permet de rejoindre l'Anenhütte (2358 m) De là suivre le sentier qui ramène au torrent de Lonza et de la à Fafleralp (1766 m)

 

Petersgrat depuis Fafleralp

Prendre le sentier qui part à l'Ouest de Fafleralp. et remonter le UistersTal. En fin de saison on remonte le sentier. Arrivé au fond du vallon prendre à gauche (Ouest) et remonter les pentes de celui ci. Vers 2540 m la pente devient moins raide, poursuivre à l'ouest et remonter les pentes qui passent entre les barres et permettent de gagner le plateau supérieur.

Prendre au Nord nord Est pour gagner le col de la Petersgrat 2115 m (possibilité de passer par le sommet un peu plus à l'Ouest (2202 m)

De la Petersgrat à Stechelberg (Lauterbrunnen)

Basculer versant Nord du glacier (Kanderfirn) et passer à proximité de la Mutthornhütte (2900 m) On emprunte alors le Tschingelfirn (sous la cabane) en restant plutôt en rive droite (attention avalanches possibles sur le bas dans les pentes) poursuivre vers l'Oberhoresee.

S'il n'y a plus de neige, prendre le sentier qui passe à flanc à l'ouest du vallon, il passe par les auberges Obersteinberg et Folla

S'il ya de la neige, la suite passe par le vallon (non testé)

 

 

 

Récit

Arrivés tôt  à la hollandiahütte, après avoir gravi la Face Nord de l'Äbeni Flue, nous grignotons un peu avant d'essayer de nous reposer.

Technique numero 1, afin d'éviter les ronflements d'Ovidiu, je le place en bas de la couchette tandis que j'occupe l'étage superieur. L'autre cordée se mettant en face. Il y a 12 places, nous sommes 4, ça devrait jouer.

J'essaie de m'endormir. Mes de nouveaux impétrants entrent dans le refuge. Et ils discutent. Et ils joue aux dés. Ô le doux bruits des dés qui s'entrechoquent quand tu veux t'endormir. Malheureusement le refuge ne fait qu'une seule pièce et il est impossible de s'isoler. La sieste est morte. Quand je me relève je constate que nous sommes beaucoup plus nombreux. Un groupe de 2 Suisses en provenance de la Guggiroute à la Jungfrau et 4 raquettistes.  Je regarde par la fenêtre, et je vois deux personnes qui grimpent à pied. Je refais plusieurs fois le calcul, et dans mon petit cerveau embrumé par l'altitude, ça fait Tilt et ça affiche : "Refuge complet" Bon, on se ratroupe avec Ovidiu, on range les affaires alors qu'on s'était quelque peu étalés... On décide de manger avant les autres, ceci afin d'éviter les les bouchons autour du poêle. Bref, vers 6 h 10 nous sommes à table, une vraie maison de retraite. On se restaure en papotant d'un mélange de pattes et de soupe au champignon, bien agréable pour mes papilles.

Ensuite, on monte se coucher, il n'y a pas d'autre solution...

Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)

Vers 21 h, il y a toujours du bruit. Nos amis Suisses, fort sympathiques au demeurant, braille comme s'ils étaient à la foire. Je finis par me lancer avec mon plus bel accent germanique : "Wir möchten schlafen", flûte, je ne sais plus 'il y a un ou deux f...

Malheureusement, avec les boules quies, je n'ai pas interpelé le bon groupe de coupables. Je réitère ma phrase. 10 minutes plus tard, c'est le calme plat dans le refuge, j'ai un peu honte d'avoir cassé l'ambiance. Mais bon, je voulais dormir.

Je me rendors, enfin... Réveil à 3 h 45, la journée va être longue.

 

3 h, A nouveau le bin'z dans le refuge, les cordées en partance pour la face Nord de l'Aletschhorn sont réveillés. Ovidiu me propose de nous réveiller, et vu que je ne dors pas, je valide l'idée. 45 minutes plus tard, nous sommes dehors, il fait tiède. Je filme les cordées en partance. Et nous partons, sur la neige dure, vers la Lötschenlücke.

Deux virages en dessous, il se croute, dans la croute. Rien de grave. On repart dans la nuit sur ce glacier, ou le halo de nos frontales fait apparaitre de sournoises crevasses. Brrrrr.

On décide de tirer à droite au départ. Puis on bascule vers le centre, on repéré que ça skiait plus bas à gauche. Dans les méandres du glacier et de ses moraines, je me retrouve dans un dédale de petites crevasses alors que je suis arrivé un peu trop rapidement dessus à ski. ça passe, simple avertissement, je ne m'attendais pas à en trouver là !

On fini par déchausser, plutôt au centre du glacier et on se met à descendre. Ovidiu m'annonce qu'il ne souhaite  pas revenir à ski à la voiture mais plutôt prendre le train. Je suis déçu. Il me propose que je fasse la traversée seul, mais ça ne m'enchante pas. Je poursuis en silence et tout en réflexion. On parvient devant le glacier,  à la confluence de deux torrents. Infranchissables. on regarde au dessus, celui de droite ne parait pas passable, alors qu'à gauche, c'est le bout de glacier qui forme une énorme arche, de 30 m de haut, il "suffit" de remonter au dessus pour se sortir de ce "mauvais" pas. Je pars devant et remonte le glacier. Quelques pierres pausées sur de la glace. J'essaie de me tenir à l'écart de l'arche et je redescends versant opposé. Quand je me retourne, Ovidiu est juste derrière, quel efficacité pour me rattraper. Malheureusement, on se rend compte qu'on est du mauvais coté du torrent. On voit un bon sentier à droite, alors qu'il n'y a rien chez nous. Mais on avance et on fini par trouver une sente. puis un bon sentier. Je pars un peu devant, toujours dans mes pensées. Je finis par me rendre à la raison, c'est plus simple de rentrer en train, mais c'est dommage, si j'avais su, on serait descendus hier !

Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)

Je déboule à Fafleralp, Ovidiu est 5 minutes derrière. Sur le parking il y a plein de voiture, je suis prêt à interpeller un gars pour faire du stop, mais il disparait dans un camping car. J'attends Ovidiu et lui annonce que le mieux est de rejoindre Blatten à pied, par la route, ça sera plus facile pour un éventuel Stop. On part ensemble et d'un coup, tel le Saint Esprit sur les apôtres, la Petersgrat se dégage, et Ovidiu hésite, et fini par se décider pour la traversée.

Flûte, j'ai bien bourriné depuis une heure en pensant que notre périple allait se terminer. Et on repart pour une potentielle galère  que je n'esperais plus. On fait une pause dans le village endormi, on s'abreuve à la fontaine et c'est reparti vers le haut, vers l'inconnu, j'ai vu que ça pouvait passer sur la carte, mais il n'y a pas de sentier en haut et une barre rocheuse pourrait rendre la remonter impossible, on ne le saura qu'en haut, il y a très peu d'info sur cette traversée dans ce sens là.

Un chevreuil traverse devant nous le sentier, puis on remonte, en ordre de bataille : Ovidiu loin devant, et moi, le lentosss, derrière. On retrouve un peu de neige, j'essaie de ne pas mouiller mes baskets, puis on surveille le sentier, qui remonte le vallon. tout se passe bien. On fini par traverser un grand névé pour s'élever vers l'Ouest, il fait frais, tout va bien. Je sens que le moral d'Ovidiu n'est pas au top. Il craint un portage trop important. Je ne peux le rassurer trop, C'est ça l'aventure, on ne sait pas ce qu'on va trouver... Et vers 2400 m... la neige !

Ca sent bon

On fait une petite pause casse croûte et on repart. D'abord entre les rochers dans une neige bien pourrie  puis le paysages s'ouvre au dessus. Ovidiu prend au plus court tandis que je vire sur une moraine pour voir ce qu'il y a au dessus. Et ça parait tout bon avec quelques passages raides - YES. Nous nous rejoignons et j'annonce la bonne nouvelle à Ovidiu. Je passe devant pour tracer. Et je remonte au mieux les pentes. C'est sans souci, sur le plateau terminal, on fait le point. Le col doit se situer sur la droite. Je prends mon azimut et je le tiens La distance est méga longue mais je suis motivé, je finis par larguer Ovidiu qui n'est devenu qu'un tout petit point, je ne m'arrêterai pas avant le col.

Le voilà

Derrière plus d'Ovidu

Il fini par arriver un peu plus tard...

Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)
Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)
Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)
Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)

Alors pour l'ambiance au col, il faut dire, ça n'était pas top, non qu'on ne se soit pas entendu avec Ovidiu mais pour l'aspect sonore.

Les hélicos tournent en continu !

Pas une minute de calme.

Alors quand il y a un hélico , ça va, c'est quand il y en a plusieurs que ça pause des problèmes ! Et là, c'est un relai continue avec un brouhaha. Les turbines chauffent, ils visitent l'arête rocheuse, se pause, les clients boivent un coup, tournent autour de l'hélico (de peur de se manger une crevasse) et repartent.

Bon au bout 'une demi heure, tu n'as qu'une seule envie ,c'est de  leur faire un d.... Mais j'ai reçu une bonne éducation et je ne l'ai pas fait. Je crois qu'Ovidiu n'a pas pu s'empêcher.

Et le paradoxe, c'est que ce sont les mêmes hélicos qui assurent le secours. E alors dans ces cas là, tu es tout content d'entendre l'énorme bruit de la turbine.

Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)
Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)
Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)

On reprend la carte pour la descente, il s'agit de ne pas se louper. Finalement on prend la bonne direction et on rejoint la Muttornhütte. En  dessous, ça ski bien dans une bonne pente. On décide de prendre à flanc ce qui nous permet de faire la course avec des chamois. Pas sûr que les chamois ai aimé... On n'a pas fait exprès.

Puis Ovidiu souhaite continuer à flanc. Je passe par en dessous, il me rejoint, à flanc, c'est plein de coulées d'avalanche. Ca sent déjà la fin, on retraverse le glacier à droite courte descente. Ovidiu se place à gauche, je trouve un petit couloir à droite, je lui annonce que ça passe à ski, il est loin pas sûr qu'il aie entendu. Je file, le couloir est super sympa. Et  me pose vers 2200 m, je déchausse pour remonter sur un promontoire qui me permettra de voir Ovidiu, mais je ne vois rien.

Je décide d'attendre un peu, il va sans doute devoir changer d'équipement. Je fais de même. 5 bonnes minutes plus tard, rien, je commence à m'inquiéter.  Je regarde de part et d'autres de la moraine, personne, en haut, personne, pourvu qu'on ne se soit pas loupés. Je gueule (et j'ai une grosse voie) l'echo me renvoie ma voie, mais pas d'Ovidiu.  Je surveille depuis mon mirador , je réfléchis aux différents passages qui pourraient être cachés. Flûte, chaque fois qu'on se sépare, c'est la merde. Je braille, je panique un peu. je rebraille. Rien. Mon belvédère devrait être parfait, mais j'ai un doute, et s'il s'était cassé la gueule, j'envisage tout. Quand d'un coup, je vois tout en haut, la haute stature d'Ovidiu, les skis sur le sac, qui se présente au dessus d'une barre. Ouf, la tension redescend ! Il descend prudemment, je l'appelle pour le remettre dans le bon sens afin qu'il trouve le sentier présent un peu plus bas. Il me rejoint. J'ai eu un bon moment de stress !

On repart vers le bas, et on passe devant un superbe lac avec plein de touristes et un panneau déprimant : Stechelberg 2 h 50  on n'est pas rendu. On repart, je m'arrête près d'une cascade pour me réhydrater et faire rafraichir la bête, il fait maintenant bien chaud.

 

Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)
Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)
Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)Petersgrat (3202 m) Traversée Hollandiahütte - Stechelberg (Lauterbrunnen)

Le sentier prend à flanc, on rejoint un premier alpage, un superbe chalet avec pas mal de randonneurs attablés. Ovidiu me propose de faire une pause mais je suis pressé de rentrer et pas très lucide, je luis dis qu'il me rattrapera. 5 minutes après je regrette, je regrette le bon saucisson et le bon comté. Trop tard.

J'aborde un second alpage, deux chiens sortent de la belle bâtisse tous crocs dehors. Bien agréable. Pas un proprio pour les rappeler, j'adore !  Bon ils sont petits, j'ai mes bâtons en guise de protection et je finis par passer, mais c'est bien désagréable. Je continue vers le bas. Je mesure le temps que je gagne par rapport aux panneaux d'indications, ben en fait... pas trop !

Le sentier devient moins bon, plus raide, on rejoint alors une piste et le village de Stechelberg. Enfin !

Ovidiu arrive quelques minutes plus tard. Ne reste plus qu'à quitter Lauterbrunnen la cupide. et rentre à la maison la tête pleine de souvenir.

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